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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 06:54

Paradoxalement, Thatcher a encouragé sous son règne le renforcement de l’État, bousculant les contradictions et les failles de son dogme politico-économique. Pour faire baisser l’inflation autoritairement et pour que la livre soit forte, elle a dû pratiquer, en contradiction avec les manuels de Monsieur Friedrich von Hayek, une politique de taux d’intérêts très élevés (14%). Ce qui, nous l’avons vu, a freiné l’investissement et produit du chômage.

 

Margaret Thatcher avait souhaité un désengagement massif de l’État, comme quand elle avait proposé de remplacer les bourses d’étudiants par des prêts, ce qui avait suscité un tollé au sein des classes moyennes, donc dans l’électorat conservateur. Mais en 1985, les dépenses budgétaires furent une nouvelle fois en progression (+6,4%). L’inflation finit par être modérée mais la hausse des salaires continua (7,5% en 1985), alors que le socialiste Mitterrand parvenait pour sa part à) faire passer les hausses salariales sous l’inflation. D’une manière générale, les entorses au monétarisme furent nombreuses. Pendant plus de deux ans, Thatcher ne réussit pas à contrôler la progression de la masse monétaire. L’État prêta de l’argent aux charbonnages, aux aciéries, à British Leyland,  à l’entreprise nationale de matériel informatique International Computers. Mais Thatcher dénationalisa la très prospère British Telecoms en faisant sciemment perdre de l’argent à l’État (la valeur des actions ayant doublé en trois heures. De même, en 1987, elle privatisa British Airways, troisième compagnie européenne, née de la fusion de les compagnies nationales British Overseas Airways Corporation (par laquelle les Beatles rentraient d’URSS dans “ I’m Back in the USSR ”) et de British European Airways. British Airways ne devint rentable que parce que 23 000 employés avaient été licenciés, que 62 lignes avaient été supprimées et que des dizaines d’avions avaient été vendus. L’État, donc les citoyens, avait donc effectué le sale travail au profit des actionnaires privés.

 

 

Mais Thatcher n’empêcha (bien au contraire) pas le Japon de faire de la Grande-Bretagne, en lui consacrant la moitié de ses investissements industriels européens, son cheval de Troie dans le vieux continent. C’est ainsi que Honda vendit en France de fausses Triumph japonaises (sous la marque Acclaim » en dehors des contingents d’importation japonaises dans ce pays.

 

PS : Sur la photo, les plus anciens auront reconnu les jambes de Marlene Dietrich (sans Photoshop).

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 10:41

 Le site Rebellyon (jeu de mots sur Lyon) a décidé de révolutionner la langue française en la féminisant. Partant de la juste constatation que la grammaire française a été normée par des hommes, le site propose des solutions aussi radicales qu'insensées pour féminiser notre langue.

 

Plus je lis ce genre d'âneries (pardon : d'ânesseries, il faut que cela fonctionne dans les deux sens) et plus je pense que j'ai eu raison d'écrire ceci.

 

On pourrait s'amuser de cette bouillie dans la tête lyonnaise. Malheureusement non, quand on s'aperçoit que les animateurs de ce site voient en Maxime Vivas un fasciste de la pire espèce. Quand, comme moi (et d'autres), on a participé avec Maxime à 300 manifestations politiques ou culturelles de la gauche de gauche, on frémit face à ces Torquemada du 69.

 

Voici déjà quel­ques pistes :


- Ne pas employer que les mas­­cu­­lins
Exemple : écrire « les patrons et patron­nes » plutôt que « les patrons ». 
- Accor­der les adjec­­tifs 
Exemple : « les patrons et patron­nes ont été pen­duEs ». 
- Favoriser l’uti­­li­­sa­­tion des mots neu­­tres et fémi­­nins
Exemple  : « les per­son­nes » plutôt que « les hommes » ou « les indi­vi­dus » 
- Féminiser les termes et être créa­­tive/fs ! 
Exemples :
les ber­gers et les ber­gè­res = les ber­ge­rEs 
les squat­teu­ses et les squat­teurs = les squat­teu­reu­ses ou les squat­teur­SEs 
ceux + celles = ceul­les 
eux + elles = eulles 
ils + elles = ielles
amigas + amigos = amig@s (ben oui, on n’écrit pas tou­jours qu’en fran­çais !).

 

 

Exemples de textes fémi­ni­sés : 


- Si quelqu’unE a perdu son chat, il est chez moi. 
- Si nous sommes devenu-e-s squat­­teu­­reu­­ses, c’est bien par néces­­sité, néces­­sité de vivre hors du monde qui ne nous laisse le choix que d’être exploité-e-s, humi­­lié-e-s, dépos­­sédé-e-s, névrosé-e-s. Nécessité de faire de nos exis­­ten­­ces à tous­­tes une ser­­rure explo­­sée, un car­­reau pété dans les murs érigés par ceul­­les qui nous domi­­nent. Tant qu’ielles joue­­ront avec nos vies, qu’ielles se méfient de nos sou­­ri­­res !

Il peut tou­te­fois être impor­tant, dans un objec­tif de dif­fu­sion large et d’acces­si­bi­lité, de garder en tête la com­pré­hen­sion et la lisi­bi­lité du texte : nous ne sommes pas tous et toutes égales et égaux face à la gram­maire et l’ortho­gra­phe, et les textes mili­tants sont par­fois déjà obs­curs. Mais ça c’est un autre pro­blème ! 

Exemples de textes fémi­ni­sés : 
- Si quelqu’unE a perdu son chat, il est chez moi. 
- Si nous sommes devenu-e-s squat­­teu­­reu­­ses, c’est bien par néces­­sité, néces­­sité de vivre hors du monde qui ne nous laisse le choix que d’être exploité-e-s, humi­­lié-e-s, dépos­­sédé-e-s, névrosé-e-s. Nécessité de faire de nos exis­­ten­­ces à tous­­tes une ser­­rure explo­­sée, un car­­reau pété dans les murs érigés par ceul­­les qui nous domi­­nent. Tant qu’ielles joue­­ront avec nos vies, qu’ielles se méfient de nos sou­­ri­­res !

Il peut tou­te­fois être impor­tant, dans un objec­tif de dif­fu­sion large et d’acces­si­bi­lité, de garder en tête la com­pré­hen­sion et la lisi­bi­lité du texte : nous ne sommes pas tous et toutes égales et égaux face à la gram­maire et l’ortho­gra­phe, et les textes mili­tants sont par­fois déjà obs­curs. Mais ça c’est un autre pro­blème !

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 08:14

Aujourd’hui, spéciale peine de mort.

 

Le Monde interroge maître Badinter :

 

Aujourd'hui, la peine de mort a disparu du continent européen et de la plus grande partie du continent américain, excepté quelques îles des Caraïbes et des États du sud des Etats-Unis, notamment le Texas. Le nombre d'exécutions, depuis George W. Bush, a diminué de moitié, et, dans les dernières années, six  États ont aboli la peine de mort. Les derniers noyaux durs sont en Asie : la Chine, l'Indonésie, le Vietnam, même l'Inde et le Japon qui ont repris les exécutions. Et les États islamistes du Moyen et Proche- Orient : Iran, Irak, Pakistan, Arabie saoudite, et les Emirats du golfe.

 

L'abolition est largement majoritaire aux Nations unies alors que c'était l'inverse il y a moins de trente ans. Le mouvement vers l'abolition universelle s'accélère, et il n'y a pas de retour en arrière, sauf cas rarissime.

 

 

Nhat Vo Tran évoque dans Mediapart le cas du Vietnam :

 

La peine capitale au Vietnam constitue un tragique triptyque : Le système judiciaire est inique, le couloir de la mort est un enfer à lui tout seul et les exécutions sont inhumaines.

 

Les procès au Vietnam ne sont pas équitables et bafouent trop souvent les normes internationales en la matière : les droits de la défense ne sont pas garantis dans les faits et il n’est pas rare que les avocats, inféodés à l’État-Parti, se fassent les auxiliaires des procureurs ; la culpabilité est souvent décidée à l’avance ; les juges manquent singulièrement d’humanité. Le risque est grand que des innocents soient condamnés à mort, ou au moins que la peine capitale soit infligée alors qu’elle ne le devrait pas.

 

La toute première exécution par injection létale a eu lieu au Vietnam, le 6 août dernier. Le gouvernement vietnamien a dû modifier ses lois et autoriser l’emploi d’autres substances chimiques qui, elles, pourraient être achetées hors d’Europe ou fabriquées sur place. C’est un jeune homme de 27 ans, Nguyen Anh Tuan, qui a expérimenté la nouvelle exécution « plus humaine ».

 

Le journal Saigon Giai Phong indique qu’« après deux heures, l’injection létale a fait effet » ! L’injection létale a été dénoncée aux États-Unis comme une forme de torture, même quand l’exécution se passe bien car, en dépit des apparences, le condamné souffrirait. Une exécution par injection létale aux États-Unis dure en moyenne moins de 10 minutes. Une agonie de deux heures, comme celle qu’aurait subie Nguyen Anh Tuan, est un véritable scandale.

 

Comme beaucoup d’ONG et d’experts de l’ONU, nous ne pouvons donc que déplorer que le gouvernement vietnamien ait mobilisé tant d’énergie pour rendre si monstrueux les derniers instants des condamnés à mort, alors qu’il aurait pu poser les bases d’une véritable réflexion sur l’abolition de la peine de mort, l’amélioration des conditions de détention et du système judiciaire.

 

 

Aux États-Unis, nous dit José Fort dans L’Humanité, aucun enfant ne mourra sur la chaise électrique ou par injection létale, car, en 2005, la Cour suprême, dans sa grande mansuétude, a enfin aboli la peine de mort pour les mineurs. Mais soixante-quinze enfants de moins de quatorze ans sont actuellement en prison, condamnés à perpétuité sans possibilité de réduction de peine.

Deux mille cinq cents mineurs condamnés eux aussi à perpétuité ont une chance de bénéficier d’une réduction de peine. Deux tiers sont des Noirs.

 

Le Monde :

 

Le 9 septembre 1977, Hamida Djandoubi, manutentionnaire tunisien coupable du meurtre de sa compagne, est guillotiné à la prison des Baumettes de Marseille. Juste après l'exécution, la doyenne des juges d'instruction de la ville, Monique Mabelly, consigne par écrit ce qu'elle a vu et ressenti.

 

La dernière cigarette est refusée, et, pour en finir, on le presse de terminer son verre. Il boit la dernière gorgée. Tend le verre au gardien. Aussitôt, l'un des aides du bourreau sort prestement une paire de ciseaux de la poche de sa veste et commence à découper le col de la chemise bleue du condamné. Le bourreau fait signe que l'échancrure n'est pas assez large. Alors, l'aide donne deux grands coups de ciseaux dans le dos de la chemise et, pour simplifier, dénude tout le haut du dos.

 

On lui a lié les mains derrière le dos avec la cordelette. On met le condamné debout. Les gardiens ouvrent une porte dans le couloir. La guillotine apparaît, face à la porte. Presque sans hésiter, je suis les gardiens qui poussent le condamné et j'entre dans la pièce (ou, peut-être, une cour intérieure ?) où se trouve la "machine". A côté, ouvert, un panier en osier brun. Tout va très vite. Le corps est presque jeté à plat ventre mais, à ce moment-là, je me tourne, non par crainte de "flancher", mais par une sorte de pudeur (je ne trouve pas d'autre mot) instinctive, viscérale.

 

J'entends un bruit sourd. Je me retourne – du sang, beaucoup de sang, du sang très rouge –, le corps a basculé dans le panier. En une seconde, une vie a été tranchée. L'homme qui parlait, moins d'une minute plus tôt, n'est plus qu'un pyjama bleu dans un panier. Un gardien prend un tuyau d'arrosage. Il faut vite effacer les traces du crime... J'ai une sorte de nausée, que je contrôle. J'ai en moi une révolte froide.

 

Nous allons dans le bureau où l'avocat général s'affaire puérilement pour mettre en forme le procès-verbal. D. vérifie soigneusement chaque terme. C'est important, un PV d'exécution capitale ! A 5 h 10 je suis chez moi.

 

 

Revue de presse (74)
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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 09:15

Sur le site de Sauvons l’Université !, j’ai repéré cette prise de parole d’un collègue du nom de Joël Pothier, que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam :

 

Je vais me faire bien voir, mais je pense qu'il faudrait plutôt des diminutions de salaires pour ceux qui enseignent peu ou mal, et ne passent pas un minimum de temps à chercher…Et ce n'est pas de la provocation (ou à peine… ;-), car, AMHA, souvent on diminuerait alors le salaire de ceux qui ont des primes, justement.

 

Pour le reste, si on trouve qu'on est mal payé, on peut juste jeter un coup d'œil derrière soi. Au 9e échelon, un maitre de conf classe normale est quasiment dans le décile supérieur des salaires, vérifiez sur http://www.inegalites.fr/spip.php?page=salaire (ne pas oublier de rajouter la MGEN à votre salaire net :-))

 

Et je ne parle pas des profs classe exceptionnelle qui finissent dans les 3% les mieux payés (5154€). C'est en effet exceptionnel ! (au moins pour ceux auxquels je pense :-).

 

On peut enfin se souvenir qu'on parle de personnes – nous – dont les longues études ont été payés par les impôts de leurs concitoyens, souvent moins payés… :-( (et ceci même si on a fait ses études en étant salarié à côté).

 

Augmenter le point d'indice ? Pourquoi pas, mais de manière inversement proportionnelle au salaire alors. Je n'ai toujours pas compris pourquoi certains auraient plus de besoins que d'autres...

 

Amicalement,

 

Joël

 

 

Je suggère à Joël Pothier de quitter l'Éducation Nationale et d’aller travailler comme mineur de fond au Lesotho. Lui qui aime tant regarder « derrière lui » regardera alors sous lui. Cesseront alors ses privilèges scandaleux et son sentiment de culpabilité.

 

Est-il besoin de rappeler que le MCF débutant (Bac + 8) est le meilleur rapport qualité prix de la Fonction publique, que si le salaire d'un prof en classe exceptionnelle est exceptionnel (en fait, il ne l'est pas, il y a beaucoup mieux dans la FP d'État), c'est que l'on est en présence d'un niveau de technicité exceptionnel, que l'écart entre les salaires des enseignants et les salaires ouvriers n'a cessé de se réduire depuis trente ans – en tirant vers le bas, bien entendu, que le métier d'universitaire est de plus en plus secondarisé, que les gens de mon âge appartiennent à la dernière génération qui aura connu une réelle liberté dans leur travail d'enseignant et de chercheur (pauvre Joël qui ne connaîtra pas cela, par sa faute !), qu'un EC qui ne veut pas couler est obligé de travailler 70 heures par semaine, en concurrence permanente avec ses collègues, sous l'œil de l'administration et des patronats locaux qui ont pris le pouvoir dans les établissements ?

 

Cette dégradation extraordinaire en si peu de temps n'a été possible que parce que les facs ont été investies par des dizaines de Joël qui acceptent tout.

 

Pauvres de nous !

 

PS : 17 présidents d'université viennent de lancer un appel à nos gouvernants pour dénoncer la situation budgétaire gravissime des établissements. Bravo à ces 17, mais que 17 ! Beaucoup de Joël Pothier chez les non-signataires. Par parenthèse, 4 parmi les 17 sont d'origine musulmane. Et 5 sont des femmes. Les choses bougent. Au niveau du symbole, pas de la misère.

 

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 08:33

Une de mes filles fréquente un collège situé dans un quartier populaire. Pour parler clairement, dans sa classe, elle est la seule fille d’origine 100% européenne. Dans ce collège, les conditions d’enseignement sont très bonnes : 24 élèves par classe (30 dans un établissement privé du voisinage), enseignants motivés, du matériel pédagogique en quantité suffisante.

 

Une enseignante de mathématiques est en congé de maternité. L’Inspection académique a trouvé un remplaçant jusqu’au 30 novembre. Après, plus personne.

 

L’association des parents d’élèves, dont je suis solidaire même si je n’en suis pas une cheville ouvrière, se démène tant qu’elle peut.

 

Je lui suggère ceci : faire observer aux autorités que si nous étions au collège Fermat (hé oui, Pierre de Fermat était de la région), le collège de l’hypercentre bourgeois toulousain, il n’y aurait pas de problème de remplacement d’un prof de math.

 

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 06:22

L’Humanité : Le travail du dimanche et de nuit ne profite pas aux salariés

En voie de concentration sans cesse accentuée (en dix ans, les grandes surfaces ont gagné 15 points de parts de marché), le secteur se heurte cependant aux limites du marché, particulièrement en cette période de crise. Et ouvrir le dimanche « ne stimule pas la croissance, car les budgets des Français ne sont pas extensibles », rappelle-t-on au Credoc. C’est dans ce contexte qu’intervient la compétition entre les groupes. «Il faut des perdants pour qu’il y ait croissance du chiffre d’affaires chez d’autres», soulignait il y a quelques mois, dans nos colonnes, Claude Jacquin, expert du cabinet Apex. Les enseignes usent de deux armes, expliquait-il : l’extension du réseau et des ouvertures de plus en plus amples d’une part, une pression grandissante sur les fournisseurs, de l’autre. Cependant, accroître les amplitudes horaires entraîne des charges supplémentaires. «Alors, poursuit l’expert, pour s’offrir de telles amplitudes horaires, la première mesure porte généralement sur le coût salarial et le temps de travail ultraflexible. Et c’est ainsi que la recherche obstinée d’un petit supplément d’activité arraché à la concurrence conduit à un système socialement low cost ».

 

 

Travailler six semaines gratos pour Leclerc : j’ai craqué (Rue 89)

Grégory Roumier, Chercheur d'emploi

 

Un Leclerc Drive a ouvert ses portes le 20 août à Auxerre. Je devais y travailler six semaines, sans que cela ne coûte un centime à Leclerc. J’ai tenu six jours.

Tout a commencé lorsque j’ai répondu à une offre sur le site de Pôle emploi. La semaine suivante, je décroche un entretien dans leurs locaux, avec un de leurs conseillers et une personne de chez E. Leclerc.

C’est là qu’on m’explique qu’avant d’être embauché, je dois faire six semaines de formation. Je demande quelle sera la rémunération. Le conseiller me répond que je continuerai à percevoir mes indemnités, en Allocation de solidarité spécifique, soit 477 euros ce mois-ci. Mis à part cela, je ne pourrai prétendre qu’à des indemnités de frais de repas : 6 euros par jour ! Leclerc me promet un CDI à l’issue de ces six semaines de formation.

 

L’Humanité :

Au cours de son histoire, la France a connu des explosions de rejet de l’étranger. L’historien Jean-Noël Jeanneney rappelait ce vendredi matin sur France Inter le massacre de 150 Italiens travailleurs de la compagnie des Salins à Aigues-Mortes en 1883 par les villageois et les ouvriers français. Les Roms livrés à la vindicte populaire, 130 ans après le Italiens d’Aigues-Mortes, c’est du pain béni pour Mme Le Pen. C’est surtout un recul historique des valeurs de la France des Lumières et de la République. Après les Roms, à qui le tour ?"

 

Sur son blog, Jean-Emmanuel Ducoing dit Adieu à Plantu :

Adieu Plantu: le bloc-noteur n’a pas été le seul à penser spontanément à ces mots, cette semaine, en découvrant l’un de ses dessins en une du journal le Monde –qui du coup nous est tombé des mains tout aussi spontanément. Plantu, encore Plantu, fidèle à sa désormais célèbre vulgarité boboïsante des dernières années, capable cette fois de dresser un parallèle entre un islamiste qui interdit à une jeune fille d’aller à l’école et un syndicaliste qui interdit à une salariée d’aller travailler le dimanche… Est-ce donc cela, la caricature, un mélange de bêtise innommable, ambiguë et carrément populiste, fameux travers qu’il prétend combattre chaque jour? Dangereux récidiviste, Plantu. Multirécidiviste même. Contre les salariés en lutte, contre la CGT héritière du CNR, contre les communistes et le Front de gauche, contre bien des idées qui ne parcourent pas fréquemment la rive gauche. De quoi Plantu est-il dorénavant le nom? De l’ultradroitisation des bien-pensants qui s’amusent du climat pourri comme on joue avec le pire. Avouons-le, ce dessin aurait pu être signé par Nicoléon, par Buisson ou par l’un des sbires de fifille-la-voilà, autant de chiens de garde du capitalisme auxquels Plantu prête la main en alimentant l’islamophobie et l’antisyndicalisme de caniveau, allant jusqu’à assimiler l’obscurantisme religieux à des syndicalistes qui se battent pour l’intérêt général et contre la régression sociale. Honte à lui! Pendant la présidentielle, il avait osé associer la fille de papa-nous-voilà à Jean-Luc Mélenchon. Le procédé était déjà ignoble et scandaleux, nous nous étions alors promis de ne plus y retourner. S’engager, c’est se souvenir. Fors l’honneur! Adieu Plantu.

 

Le Monde nous en apprend une bien bonne. En 1938, c'est l'immense chercheur italien Enrico Fermi qui reçoit la distinction suprême pour, je cite, "sa découverte de nouveaux éléments radioactifs, développés par l’irradiation des neutrons, et sa découverte à ce propos des réactions de noyaux, effectuées au moyen des neutrons lents". Le communiqué explicite cette découverte ainsi : “Fermi a en effet réussi à produire deux nouveaux éléments, dont les numéros d’ordre sont 93 et 94, éléments auxquels il a donné le nom d’ausénium et d’hespérium.” Seulement voilà, d'ausénium et d'hespérium il n'y avait en réalité point dans l'expérience du savant transalpin. Fermi s'était trompé dans son interprétation et il avait néanmoins eu le prix Nobel pour la découverte de deux éléments imaginaires...

Revue de presse (73)
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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 06:00

La Grande-Bretagne thatchérienne fut la plus duale depuis Disraeli qui avait fondé le concept de « Deux nations » dans son roman à thèse de 1845. Aggravées, les inégalités n’étaient pas un phénomène nouveau. Déjà en 1966, 7% de la population possédaient 84% des biens privés. L’atténuation de la pression fiscale chère à Madame Thatcher ne bénéficia guère aux couches les plus populaires. Si, pendant deux ans, 1 300 000 foyers furent exemptés d’impôts, ce qui leur rapporta 4 livres par semaine, ce cadeau fut annihilé par l’augmentation massive de la TVA, une inflation de 19% en 1979 et le relèvement du taux des hypothèques. Mais en 1986, la Grande-Bretagne aura l’impôt sur les sociétés le plus bas d’Europe (35% contre 50% en France) tandis que le taux maximum sur le revenu des personnes physiques aura été ramené de 65 à 50%.

 

Lorsque les inégalités s’accroissent, il est difficile de préserver la paix sociale. Pendant l’été 1981, alors que le monde entier n’avait d’yeux que pour le mariage du prince Charles et de Lay Diana, de très violentes émeutes éclatèrent dans les banlieues populaire. Ces émeutes ne venaient pas de nulle part. Le harcèlement, la brutalité policière faisaient désormais partie du quotidien des banlieues. De nombreuses aides sociales avaient été supprimées. À Londres, des assistants sociaux se virent signifier qu’ils ne seraient désormais plus payés. Le 2 mars 1981, une Journée d’action des populations noires rassembla 20 000 personnes. L’été 1981 fut marqué par de véritables émeutes, souvent autour d’événements musicaux. À Southall, un concert rassemblant divers groupes skinhead se termina pare de graves affrontements avec des Asiatiques de cette banlieue. On assista également à des scènes de pillage, de destruction, spontanées mais violentes où se mêlaient, dans une même détestation de Margaret Thatcher, des jeunes d’origines étrangères et des Blancs.

 

 

Selon Bernard Cassen, alors universitaire spécialiste de civilisation britannique, cette profonde exaspération était provoquée par cinq facteurs différents (Le Monde Diplomatique, août 1981). Le manque de mobilité dans la société britannique frappait particulièrement la classe ouvrière qui s’auto-reproduisait, et dont la dernière génération subissait de plein fouet les conséquences de la désindustrialisation. Par ailleurs, depuis les années cinquante, il s’était créé parmi les générations successives de jeunes Britanniques différentes sous-cultures : teddy-boys, rockers, skinheads, punks (voir mon livre de 1971 L’autre Angleterre). Ces sous-cultures s’exprimaient systématiquement en marge des canaux et des canons traditionnels. Un autre facteur était à rechercher dans les vingt années d’immigration conçue sur le mode défensif. Sans oublier le laisser-aller urbaniste (critiqué par le prince Charles en personne !) qui, dans les grandes villes, conduisit à l’opposition entre les ghettos des centres et la relative aisance des banlieues. Enfin, Cassen estimait que, depuis les années soixante, aucun gouvernement ne s’était révélé capable de définir un projet de société susceptible d’accueillir les nouvelles composantes de la nation britannique. Si « mal anglais » il y a, il réside avant tout, selon Cassen dans le vieillissement de l’appareil productif qui s’est accompagné d’une “ pétrification ” de la classe ouvrière. 75% des ouvriers de la génération précédente ont vu leurs enfants devenir ouvriers contre 50% aux Etats-Unis et 40% en France. Le prolétariat britannique est le plus “ héréditaire ” du monde occidental. L’ouvrier des années 80 avait toutes les chance de se retrouver ouvrier ou chômeur et la fille d’ouvrier d’épouser un ouvrier ou un chômeur. Les perspectives de promotions offertes par un système scolaire très ségrégatif étaient très limitées pour les enfants des travailleurs manuels.

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 15:13

 

Sophie Tissier se bat pour les intermittents (L’Humanité):

L'intermittente a été rayée des effectifs de D8 pour avoir dénoncé une baisse de salaire des techniciens dans l'émission de Cyril Hanouna. Elle raconte sa lutte contre les pratiques salariales à l'encontre des précaires dans les grands groupes d'audiovisuel.

 

Rappel des faits:

 

Mi-septembre, la direction de D8 a signifié à Sophie Tissier qu’elle ne travaillerait plus pour le groupe Canal Plus. La jeune femme était intervenue le 30 mai dernier dans l’émission de Cyril Hanouna Touche pas à mon poste, sur D8, devant l’invité Jean-Luc Mélenchon pour dénoncer une baisse de 22 % des salaires des techniciens. La direction de D8 avait alors usé d’un subterfuge pour changer de convention collective, sans négociations avec les salariés concernés.

 

Sophie Tissier a pris acte le 30 août de la décision définitive du groupe : elle est désormais persona non grata sur D8 et Canal Plus. Elle a demandé à la directrice des ressources humaines ce qu’il en était du soutien affirmé à l’antenne de Cyril Hanouna : la DRH affirme n’avoir reçu aucune demande en ce sens de l’animateur. Aujourd’hui, la jeune femme travaille pour France Télévisions. Croisé par la jeune femme sur un plateau, l’animateur Patrick Sébastien, de France 2, a envoyé un SMS à Hanouna : « Le business, c’est bien, mais pour durer, c’est l’humain avant tout. »

 

 

 

Sur son blog, Gérard Filoche nous parle des « centimiers » (des patrons qui rognent sur chaque centime du salaire de leurs ouvriers) :

Comment « économiser » sur la vie, la sueur, le salaire de ses salariés ? Une catégorie de patrons du bâtiment innove. Ce sont les patrons de la « démolition ».

 

C’est un secteur de travail pénible, un de ceux les plus risqués, avec le plus de pénibilité et le plus d’accidents. A tel point qu’il y a eu des négociations qui ont abouti à une convention collective appropriée avec des compensations modestes mais réelles auprès des salariés. Horaires, salaires minimaux, indemnités de repas, de petits déplacements, primes d’insalubrité, de nuisance, de pénibilité, ont été concédées dans ce secteur bien précis.

 

Les ouvriers effectuant les travaux présentant un caractère de pénibilité énumérés ci-dessous bénéficient suivant les cas d’une ou de plusieurs interruptions quotidiennes de travail égales à 10 % du temps de travail pénible effectué. Cette interruption est rémunérée et considérée comme du temps de travail effectif. Les travaux concernés sont :

 

- Travaux de montage et démontage occasionnels d’échafaudages volants, d’échafaudages de pied, de grues, de sapines, à une hauteur supérieure à 10 mètres au bord du vide, mesurée à partir de la surface de réception ou, à défaut, du sol (…/…)

 

- Travaux dans plus de 25 cm d’eau,

- Travaux avec utilisation manuelle d’un marteau-piqueur ou brise-béton,

- Travaux effectués dans des vapeurs d’acide,

- Travaux dans les égouts en service et dans les fosses d’aisance,

- Travaux dans des excavations dont l’ouverture est inférieure à deux mètres et à une profondeur supérieure à six mètres…

 

Ces patrons ont décidé qu’ils ne feraient plus de démolition, mais du « curage », de la « déconstruction » en amont de la démolition, en se rattachant à la convention du nettoyage, bien moins avantageuse pour les salariés.

 

 

Marianne se pense sur le triste sort d’intellectuels de gauche qui ont appelé à voter Hollande en 2012 et qui font comme si leur engagement avait été une erreur de jeunesse :

 

D'après Roland Gori, c'est au Bourget que la campagne a basculé et que tout le monde «s'est fait avoir» : «Au Bourget, il a invoqué le diable pour nous faire croire au caractère évangélique de sa parole politique. Il a dit ces mots-là, mais je ne crois pas qu'ils témoignent de sa pensée profonde, que je crois enlisée dans un réformisme européen.» La suite est connue : nuit de liesse place de la Bastille le 6 mai 2012, et puis, bien vite, trop vite, le soufflé retombe. Et les intellectuels disparaissent brutalement du champ.

Un président qui montre les muscles, c'est aussi ce qu'attendaient un grand nombre d'économistes qui avaient placé leurs espoirs dans le candidat de la gauche, le chantre des «75 %», le héraut, pensaient-ils, du «Grand Soir fiscal». En tête de la fronde, Thomas Piketty. Le cofondateur de l'Ecole d'économie de Paris livre son ressentiment en une phrase lapidaire : «Je n'étais pas très optimiste avant l'élection, mais, là, je trouve qu'on est en dessous des anticipations les plus basses. Il n'y a aucune vision, aucune ambition.» Une réponse qui résume toute la déception de l'auteur de Pour une révolution fiscale, un programme livré clés en main, aussitôt remisé au placard par le candidat devenu chef d'Etat.

 

 

Je finirai – et je m’en excuse – par une note publiée par moi-même sur mon blog : “ L’hôpital Rangueil de Toulouse ne répond plus. ”

Une amie, atteinte d’un cancer en phase terminale ou préterminale, je ne sais trop, appelle mercredi l’hôpital Rangueil où elle a déjà été hospitalisée.

Elle souffre atrocement, vomit le moindre verre d’eau. Elle ne peut subir de chimio car le cancer a progressé dans une zone très sensible. Elle est médecin et a pleinement conscience de ce qui se passe.

 

Elle demande à être hospitalisée immédiatement.

 

– Ce n’est pas possible avant lundi, lui répond-on au téléphone.

 

Elle pense, peut-être à tort, que lundi elle sera morte.

 

 

Revue de presse (72)
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 05:52

Les Zindigné(e)s – La vie est à nous prend donc officiellement la suite du Sarkophage, avec Paul Ariès, encore et toujours comme ange tutélaire. Décidément, je ne me ferai jamais à la désinence « é(e)s » (pas plus qu’à la sénateure et à l’auteure), mais enfin passons.

 

Dans son éditorial, Paul Ariès désigne clairement les ennemis :

Les Z’indigné(e)s ne feront aucune concession ni avec Hollandréou ni avec ceux qui confondant décroissance et récession sont devenus les fossoyeurs de l’écologie. Nous pensons au contraire qu’il est possible d’écrire de nouveaux « jours heureux » et de susciter le désir pour construire un nouveau pacte social plus émancipateur. Les chroniqueurs du journal appartiennent à toutes les familles de pensée qui depuis des siècles s’opposent sur le choix du bon chemin pour accomplir la révolution, héritiers de Marx comme de Proudhon ou d’Orwell, militants syndicalistes, féministes, régionalistes… Nous remercions la société « Les Temps Mauvais » - éditrice entre le 14 juillet 2007 et septembre 2013 du bimestriel La vie est à nous !/Le Sarkophage – de nous avoir autorisé à reprendre comme complément de titre « La vie est à nous ! » en signe de continuité politique.

Nous lançons donc ce mensuel dans un contexte paradoxal, avec d’un côté la difficulté à construire du peuple et d’un autre côté, mille et une révolutions positives et la volonté de faire converger les forces de l’écologie sociale, en faisant une richesse de notre diversité. Nous vous donnons donc rendez vous chaque mois pour faire gagner ensemble le pari qu’il est possible de faire vivre un journal d’analyse politique accessible au plus grand nombre, avec des textes courts, incisifs, polémiques. Je souhaite bon vent à toutes et à tous même si nous sommes encore pour longtemps au cœur de la tempête ! Première escale : le samedi 26 octobre à 
Grigny (Rhône) pour le 3e Forum national de la désobéissance ! Pour penser un Buen vivir à la française et faire la fête ! Nous vous disons à bientôt dans les colonnes de cette nouvelle publication. Merci d’avance pour votre soutien.

 

Pierre Descottes, militant de la pédagogie Freinet, nous parle de l’école du “ bien-vivre ” :

La refondation de l’école a occupé les premières lignes de l’agenda des socialistes au pouvoir. On sait aujourd’hui que la montagne annoncée en grandes pompes a accouché une nouvelle fois d’une timide petite souris, boiteuse de surcroît. Peut-on refonder l’école, comme toutes les institutions en crise, sans toucher à l’essentiel : la place de l’humain ?

 

Khaled Gaiji dénonce le « dangereux conditionnement publicitaire à l’école » :

L’extension des espaces marchands nuit à la neutralité de l’école publique. Les éléments signés y sont toujours présents. Pire, les firmes remplacent ou forment de plus en plus les professeurs. Les activités du marketing à l’école ont été pensées en parallèle du mécanisme du mécanisme de privatisation de l’éducation, fruit d’un projet politique des entreprises pour capter ce marché.

 

Jean-Claude Paye se demande si le grand marché transatlantique sera un OTAN économique, un État supranational, si comme on le promet, il engendrera des gains évalués à 100 milliards d’euros par an et surtout si, ce qui est nettement plus certain, il débouchera sur un nouvel ordre politique.

 

 

Aurélien Bernier dénonce les « aberrations de la monnaie unique » :

Dans le monde merveilleux de l’ultralibéralisme, c’est bien connu, les marchandises et les capitaux doivent pouvoir circuler sans entraves. Sans cette liberté de commercer, de faire des bénéfices et de les rapatrier dans des paradis fiscaux, les peuples se haïraient et les États se bombarderaient joyeusement pour les plus chanceux à coups de bombes atomiques. […] En imposant l’euro, les capitalistes allemands ont réalisé une prouesse : un coup d’État monétaire simultané dans dix-sept pays.

 

Eva Lacoste a enquêté sur la « violence oubliée au Honduras :

Depuis le coup d’État de juin 2009 qui déposait le président Manuel Zelaya, une dictature sévit dans le silence assourdissant des médias pour le plus grand bénéfice de l’oligarchie sans foi ni loi et des multinationales. Intimidations, enlèvements, assassinats d’opposants et de leaders communautaires se poursuivent dans un climat d’impunité.

 

Bernard Legros analyse les « zones d’ombre de la décroissance » :

Elle recèle ses zones d’ombre, ses tabous, ses angles morts et ses concepts en voie de « dégagement ».

 

Pour l’oncologue Nicole Delépine, le cancer est exploité « à des fins commerciales » :

La plus grande source de profit dans le monde, en dehors peut-être du marché opaque des armes et du pétrole, est l’industrie pharmaceutique. De son côté, le marché hospitalier a vu son chiffre d’affaires passer de 3 à 6 milliards d’euros de 2002 à 2011. Où est la crise ?

 

Pour Patrice Bouveret et Christine Bergé, il faut « ouvrir le débat du désarmement nucléaire » :

Un certain nombre de responsables politiques, militaires et parlementaires poursuivent leur réflexion en faveur du désarmement nucléaire. Aujourd’hui, 146 pays soutiennent un projet de convention pour l’élimination des armes atomiques. La France pourra-t-elle longtemps maintenir une doctrine jugée « obsolète » ?

 

Pour Jean Gadrey, « quand on veut noyer ses vieux », on fait une réforme des retraites. Il faut délibérer des la vie après celle du travail et des autres activités et moments qui font que la vie vaut d’être vécue.

 

« Pas dans nos slips, la prostitution », clame Gérard Biard.

Des hommes pour l’abolition de la prostitution. L’idée n’est pas si incongrue que ça. Tout dépend de la société dans laquelle on souhaite vivre. La prostitution n’a pas sa place dans un État de droit.

 

Pour Laurent Paillard, « le concept d’opinion est une construction médiatique » :

Si on postule qu’une personne est le résultat d’un processus de socialisation jamais achevé, on doit reconnaître que le fait de passer un quart de son temps à être le spectateur d’une représentation déformée du réel a des effets sur le jugement.

 

Pour Christian Jakse, « l’emploi vert, le filtre diesel, le tri sélectif sont des cautères sur une jambe de bois si l’objectif visé est la préservation de la vie. »

 

Yannis Youlountas réfléchit à « ce que cache le mot crise » :

Comment un élément de langage détourné de son sens premier (un moment positif et parfois même nécessaire) contribue à la résignation.

 

Pour le politologue Gaël Brustier, « l’idée du déclin nourrit la pensée occidentaliste » :

De nouvelles formes de régulation voient le jour. Les « dictatures de l’identité » au Sud, les citadelles identitaires dans certains secteurs de nos société et, évidemment, l’occidentalisme qui est l’idéologie de notre époque.

 

« Détrompons-nous », recommande Yann Fiévet :

En butant bientôt sur les limites physiques indépassables, le capitalisme s’approche dangereusement du possible effondrement global. D’emblée nous devons envisager le trompe-l’œil dans une double intention.

 

Eva Lacoste nous révèle le plat préféré de Paul Ariès : la barbue cauchoise (ah, le pays de Caux, cher à Maupassant !). Paul arrose ce poisson d’un Mâcon-Igné blanc, pour son « charme insolent ».

 

On sait vivre à Lyon !

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 05:48

De nombreux monétaristes anglais, ceux de l’Institute for Fiscal Studies, par exemple, pensaient que les bases économiques de la société britannique étaient saines, que si la stabilité monétaire était rétablie et que le pays continuait de s’ouvrir à l’économie mondiale, il réussirait à s’adapter, au besoin en fermant des industries  et en devenant une nation prestataire de services (c’est un peu la logique sur laquelle reposait la logique économique de Giscard et de Barre). Les économistes progressistes pensaient au contraire que le déclin du pays n’avait été relatif et supportable que parce qu’il était advenu dans une phase d’expansion économique mondiale (les années cinquante et soixante). Dès lors qu’à partir de 1973 cette phase fut terminée les défauts structurels de l’économie britannique apparurent d’autant plus nettement que Madame Thatcher ne fit rien pour y remédier : de nombreux secteurs industriels demeurèrent archaïques, la balance commerciale resta nettement déficitaire (au début des années 80, 55% des voitures achetées dans le pays provenaient de l’étranger), des postes par centaines de milliers étaient supprimés dans l’industrie, la productivité était basse. Les exportations de produits finis (le fameux made in England) ne parvenaient plus à couvrir les importations de produits alimentaires et de matières premières. Les difficultés sérieuses que rencontrait le pays furent fortement atténuées par le pétrole providentiel de la Mer du Nord (en 1999, 6 millions de barils de pétrole brut et 280 000 000 m³ de gaz naturel par jour, dont une bonne partie pour le Royaume-Uni). Cette exploitation créa de nombreux emplois et permit l’autosuffisance énergétique.

 

Avant de dresser un bilan global des premières années du règne de Madame Thatcher, un mot sur la fausseté (théorique) de la théorie monétariste. Le monétarisme veut en effet que l’accroissement excessif de l’offre de monnaie soit la cause principale de l’inflation. Il vaut mieux penser que l’offre de monnaie n’est pas à l’origine de la demande des biens et des services mais que la demande de monnaie a toujours été le reflet de la demande de marchandises. C’est l’expression du niveau général de la production qui a rendu rentable le développement de la production de monnaie-marchandise (l’or ou les coquillages) parallèlement à celui des marchandises en général.

 

 

Margaret Thatcher a remporté quelques succès. Facilités par les « efforts » de ses prédécesseurs travaillistes (la continuité entre ces clans est étonnante : voir les Solfériniens en France ou l’actuel chef du parti travailliste Ed Milliband qui se qualifie de « marxiste raisonné »). La réduction des dépenses publiques avait commencé dès 1976 sur injonction du FMI. Durant les premières années du gouvernement Thatcher, la dette publique passa de 6 à 2,5% du PIB. L’inflation, qui avait dépassé les 20%, retomba à moins de 5%. Le taux de croissance tourna autour de 3%. En 1984, le déficit budgétaire était au plus bas depuis dix ans et la productivité industrielle avait retrouvé son niveau de 1979. 300 000 postes de travail nouveau furent créés, le plus souvent du travail à temps partiel non qualifié, cela dit.

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