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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 14:43

À l'occasion de la marche du Front de gauche en l'honneur d'Émilienne Mopty à Montigny-en-Gohelle, Le Grand Soir publie, sous la plume d'Éric W. Faridès, un article très documenté sur cette grande figure de la résistance au nazisme.

 

Eric W. FARIDES


Les nazis au pays de l’or noir

En septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne. Le 3 du même mois, la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne. Le 22 juin 1940 Pétain signe l’Armistice. Le gouvernement se replie à Vichy (1) et le 24 octobre, à Montoire, le maréchal serre la main d’Adolphe Hitler. « C’est pour maintenir l’unité française (…) que j’entre aujourd’hui dans la voie de la collaboration », affirme-t-il (2). Les occupants ont vite compris l’intérêt économique (3) des industries minières dans le Nord et le Nord Pas-de-Calais (4). Le charbon servira la machine de guerre. « Afin d’accroître les rendements, les journées de travail sont allongées, les pauses supprimées tandis que les salaires restent bloqués » (5).


Au cours de l’hiver 1940-41, les conditions de travail se dégradent. Dehors les tickets de rationnement s’amenuisent et les files d’attente s’allongent (6). Les salaires ne suffisent plus pour vivre. Les conquêtes du Front Populaire sont loin. Les délégués mineurs ont été spoliés de leurs mandats. Les syndicalistes et représentants politiques progressistes sont poussés à la clandestinité (7). Les familles de mineurs ont faim. « Pas de charbon pour les boches ! » (8). C’est le sursaut patriotique, la grève. Les mouvements de protestation gagnent les fosses. Par palier. « La colère a le goût sauvage du charbon » (9).


Les grèves de mineurs


Avec les allemands et Pétain dehors, la lampe va mal et les lampistes sont tristes. Le ras le bol ne date pas d’hier. « Le 2 janvier 1941, les mineurs entament une série de grèves perlées, en procédant à des arrêts de travail d’une demi-heure au début ou en fin de service » (10). En mars, à l’Escarpelle, les troupes allemandes occupent les mines. Le 1er mai sera celui de la contestation. Des drapeaux rouges sont placés sur les fils électriques (11). Le 27 mai les puits débrayent. Les gueules noires exigent leur dû : « Dans un cahier de revendications, les mineurs demandent à leur direction des augmentations de salaire, de meilleures conditions de travail, l’amélioration du ravitaillement en beurre, viande rouge, savon.. » (12). Ils manquent de pommes de terre (13). Les doléances se communiquent aux autres concessions. Les campagnes de tractage appellent les habitants à la contestation « Pour le pain de vos enfants, femmes debout ! » (14). Les hommes sont incités à se joindre à la lutte.


Emilienne, la rebelle


Emilienne Marie Mopty-Wantiez prend la tête d’une manifestation de femmes, à Hénin-Liétard (Hénin-Beaumont) le 29 mai et à Billy-Montigny le 4 juin. C’est une « femme de mineur », mère de trois enfants, née à Harnes, le 29 octobre 1907. Une de ces travailleuses qui sait la dureté de la vie et la fierté du travail et des hommes. Qui sait l’humiliation de l’occupation, l’iniquité des lois vichystes, l’exploitation des patrons, le zèle des ingénieurs, les remontrances des porions. Elle « habite la cité du Dahomey à Montigny-en-Gohelle. Militante communiste, elle a fait ses premières armes dans les grèves de 1933-1934 » (15).


Emilienne Mopty et les manifestantes encouragent les mineurs à la lutte. Elles dissuadent les « jaunes » de reprendre le boulot (16). La gendarmerie réquisitionne les ex-prisonniers pour les envoyer dans les mines. Les allemands crient « Arbeit ! Arbeit ! ». Mais « pas question de faire les briseurs de grèves, confie un mineur, ex-détenu, en 1981, au fond [de la mine] on n’y faisait rien » (17). Jusqu’à la fin de la guerre les gueules noires vont ralentir les cadences (18). La marche des femmes est revendicative et patriotique (19).


Emilienne et les trieuses de charbon, les repasseuses, les couturières relèvent la tête en collectif. Et eux, les creuseurs, les galibots, les soutiers, les habitués de la mangeuse d’hommes (20), eux qui savent ce que c’est que de sillonner la terre, respirer l’air chaud et d’éviter le grisou, eux qui n’en peuvent plus de piocher, de porter, de pousser, sont à la révolte.


« Les femmes barrent les routes pour interdire la circulation des voitures de police et des automitrailleuses allemandes. (…). Elles s’adressent aux maires pour obtenir du ravitaillement, elles vont aux grands bureaux des mines ; elles parcourent des dizaines de kilomètres pour échapper aux réactions brutales des différentes polices. » (21).


Elles crient « Du pain, de la viande et du savon ! » (22). Ils crient « Vive la grève ! ». Elles crient « Pas de Galette pour l’ennemi » (23 ; 24). Ils écrivent « Mineurs, tous debout et unis pour la défense de vos droits » ; « Mineurs en avant ! » ; « Tous unis jusqu’à la victoire » (25). Les rapports des préfets précisent que « la grève qui s’est déroulée dans la semaine du 1er au 8 juin, a été pratiquement totale ». En tout, près de 100 000 mineurs et sidérurgistes Français et Belges (26) cessent le travail (27) malgré les pertes de salaire. C’est la première grève de masse des travailleurs français contre les occupants (28). La « grande grève » comme l’appelaient les mineurs (29).


En France, de juillet 1040 à avril 1942, les femmes descendent au moins 149 fois dans la rue (30).


La répression des grévistes


Les allemands ont besoin de « l’or noir ». Les troupes dispersent les manifestants et occupent les puits. Pour le Préfet Carles, la cause tient à « l’insuffisance des moyens de répression » (sic). Les forces de Vichy traquent les clandestins. Les salaires sont suspendus et les cartes de ravitaillement ne sont plus distribuées. « Dans certains centres, les boucheries ont été « invitées » à ne délivrer de viande qu’aux consommateurs munis d’une autorisation de la Kommandantur – laquelle était évidemment refusée aux grévistes » (31). Les cafés sont fermés. Sur les façades s’affichent les menaces du général-lieutenant Niehoff (32) : « Quiconque commettra des actes de sabotage contre les installations ou la propriété militaire allemande ou de ses membres propres (…), contre des câbles ou autres moyens de communication ou quiconque sabotera l’économie dans la région occupée, sera frappé de peine de mort » (33). 30 000 affiches sont placardées par les autorités (34).


Les occupants prononcent la fermeture des théâtres et des cinémas, la suppression des suppléments d’alimentation, l’interdiction aux femmes de sortir de leur domicile une demi-heure avant et après l’entrée ou la sortie des postes de relève, dans les mines (35). L’administration allemande a fait connaître au Préfet qu’elle « ne reculerait devant rien pour les mater à l’avenir ».


Heinrich Niehoff somme les mineurs de reprendre le travail. Les condamnations tombent. Les soldats exécutent. Plus de 500 mineurs sont arrêtés. Cents seront fusillés. Les grévistes, hommes et femmes, sont condamnés aux travaux forcés (36). D’autres sont emprisonnés à Loos, Béthune, Douai et Arras. Deux casernes sont transformées en camp d’internement : celle de Kléber à Lille et celle de Vincent à Valenciennes (37). Des centaines d’hommes et de femmes sont conduits en Belgique (38). Le 6 juin, 244 personnes sont déportées en Allemagne. Ceux qui échappent aux arrestations rejoignent la clandestinité.


Déjà, dès janvier 1941, le représentant du Ministère de l’Intérieur affirmait que les allemands et leurs officiers soumettaient le département et les ouvriers à un « régime sévère ». Ces derniers avaient à supporter des « traitements que ne connaissent pas les autres parties du territoire » (39).


En attendant la libération


La grève n’est jamais vaine. S’il reste l’occupation et le régime de Vichy, le quotidien s’améliore à la marge. Des vêtements sont fournis par un service spécial de ravitaillement. Le gouvernement de Vichy décrète une augmentation des salaires. Le général Niehoff tente de sauver la face en annonçant des améliorations du rationnement : « En vue de remédier aux difficultés actuelles du ravitaillement en pommes de terre, une distribution supplémentaire de 500 gr de pain sera faite à tous les consommateurs pour la période du 16 au 22 juin… en outre, les travailleurs lourds recevront, durant 7 semaines, un supplément de 500 gr par semaine » (40). L’arrêt des extractions a fait perdre aux occupants 500 000 tonnes de charbon.


La grève des mineurs, « celle d’Emilienne Mopty », sonne comme un défi aux forces occupantes. Elle restera dans l’histoire des luttes ouvrières.


Emilienne, la résistante


Les mineurs retrouvent le chemin du terril. Mais quand on a le courage de l’indignation chevillé au cœur, comment ne pas résister ? Emilienne transportera des armes et des explosifs en qualité d’agent de liaison de Charles Debarge (41). Elle cherchera des planques pour résistants. « Elle est arrêtée une première fois par les gendarmes en janvier 1942, mais elle est relâchée huit jours plus tard, faute de preuves ». Le 14 mai au soir, les gendarmes français la serrent de nouveau. Mais elle s’évade de la gendarmerie, par la lucarne des toilettes.


Elle « rejoint le groupe Debarge. Son mari est arrêté et déporté en Allemagne. Emilienne partage la vie des francs-tireurs, sillonnant le Bassin Minier, en dépit des recherches incessantes de toutes les polices. Fin septembre 1942, elle reçoit mission de se rendre près de la citadelle d’Arras, dans le but d’attaquer un peloton d’exécution (…). Mais elle est trahie et au rendez-vous se trouve la Gestapo. Les Allemands, connaissant le rôle qu’elle joue chez les FTP veulent la faire parler, la livre à leurs tortionnaires : elle subit des traitements atroces ; son corps, bientôt, n’est plus qu’une plaie. » (42).


Emilienne est traduite devant le tribunal militaire « de la Feldkommandantur d’Arras, elle est condamnée à mort. Le 18 janvier 1943 à 19 h 30 (43), Emilienne Mopty est décapitée » à Cologne (44). Avant de poser la tête sur le billot, elle murmure « mes enfants », puis commence lentement le chant de l’Internationale, interrompu par la hache du bourreau » (45) :


Debout ! Les damnés de la terre !
Debout ! Les forçats de la faim ! …


Il faudra attendre la fin de la guerre pour que la France se débarrasse de la « Révolution Nationale » de Pétain et de l’occupation nazie. Il faudra encore attendre 1945, pour que le CNR propose de nouvelles lois sociales, pour que les femmes puissent poser dans l’urne un bulletin de vote, à l’occasion des élections municipales.


Eric W. Faridès


NOTES


1. Jean-Louis Tixier-Vignancour (1907-1989) sera nommé secrétaire général adjoint à l’Information de l’Etat Français du gouvernement de Vichy du 13 décembre 1940 au 25 janvier 1941. Puis il s’occupe des comités de propagande du Maréchal. Il est condamné à une peine d’inéligibilité de 10 ans, pour avoir voté les pleins pouvoirs à Pétain (4 décembre 1945). En 53-55, il fonde le « rassemblement national ». Jean-Marie Le Pen animera sa campagne présidentielle de 1965. Ce dernier est une des « chevilles ouvrières » de l’ancien secrétaire pétainiste. Voir site de l’assemblee-nationale.fr.

2. Pétain scandait « Travail, famine, Patrie » ; il voulait restaurer « l’autorité de l’État », la « France éternelle ». Il faisait de Jeanne d’Arc une « martyre ». Il luttait contre « l’Anti-France », les « étrangers », les « réfugiés », les communistes, les juifs, les francs-maçons, les… Il conduisit la France au désastre. Voir sur ce point Marc Ferro, Pétain, Paris, Fayard, 1987 et Gérard Miller, Les pousse-au-jouir du maréchal Pétain, Paris, Seuil, 1975.

3. La France devra débourser 150 milliards par an soit l’équivalent de son budget total pour, « officiellement », payer « l’entretien des troupes allemandes ».

4. Mai 1940, « Le Nord et le Pas-de-Calais sont immédiatement rattachés au commandement militaire de Bruxelles, puis l’administration de ces deux départements est confiée à l’OFK 670 (Oberfeldkommandantur) de Lille, dirigée par le général Niehoff », dans Collectif, « La grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais, 27 mai - 9 juin 1941 », Ministère de la défense et des Anciens Combattants, cheminsdememoire.gouv.fr, Collection "Mémoire et citoyenneté", N°16, extraction mai 2012.

5. Collectif, « La grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais, 27 mai - 9 juin 1941 », Ministère de la défense et des Anciens Combattants, cheminsdememoire.gouv.fr, Collection "Mémoire et citoyenneté", N°16, extraction mai 2012.

6. Malgré les rationnements différenciés suivant l’état, l’âge ou la pénibilité du travail, les rations imposées ne suffisaient pas à reconstituer les forces de travail.

7. Le 9 novembre 1940, Vichy interdit (dissolution) les centrales syndicales, les « organisations professionnelles nationales ». Le Parti Communiste est interdit (dissolution) depuis le 26 septembre 1939.

8. Voir à ce sujet le témoignage d’anciens mineurs, dans Jacques Renard, « La grève des mineurs de mai-juin 1941, Institut National de l’Audiovisuel (INA), Télévision Française 1, 2 décembre 1981. 9. Voir le poème de Louis Aragon, Enfer-les-Mines, sur le site : bernard-gensane.over-blog.com

10. « Les responsables communistes saisissent l’occasion de ce mécontentement pour engager les mineurs à l’action, par l’intermédiaire des militants qui sont dans les CUSA (Comités d’unité syndicale et d’action), c’est-à-dire les syndicats clandestins constitués à la suite de l’interdiction des centrales syndicales par le régime de Vichy », dans Collectif, « La grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais, 27 mai - 9 juin 1941 », Ministère de la défense et des Anciens Combattants, cheminsdememoire.gouv.fr, Collection "Mémoire et citoyenneté", N°16, extraction mai 2012. Parmi les grévistes, on compte des communistes puis des brigadistes, des CGTistes, des socialistes, des gaullistes…

11. Notamment par le Front National de lutte pour la Libération de la France (à ne pas confondre avec le FN, qui usurpe ce nom).

12. Collectif, « La grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais, 27 mai - 9 juin 1941 », Ministère de la défense et des Anciens Combattants, cheminsdememoire.gouv.fr, Collection "Mémoire et citoyenneté", N°16, extraction mai 2012.

13. Jean-Marie Pontaut, Eric Pelletier, Chronique d’une France occupée, 1940-1945, les rapports confidentiels de la gendarmerie, « Pas-de-Calais, grève dans la concession des mines de Dourges, le 28 mai 1941 », Neuilly-sur-Scène, Michel Lafon, 2008.

14. Eric Alary, Bénédicte Vergez-Chaignon, Gilles Gauvin, Les français au quotidien 1939-1949, Paris, Perrin, 2006.

15. http://www.resistance62.net/mopty_emilienne.htm, « La résistance dans le Pas-De-Calais, mai 2012.

16. Jean-Marie Pontaut, Eric Pelletier, Chronique d’une France occupée, 1940-1945, les rapports confidentiels de la gendarmerie, « Pas-de-Calais, grève dans la concession des mines de Dourges, le 28 mai 1941 », Neuilly-sur-scène, Michel Lafon, 2008.

17. Voir à ce sujet le témoignage d’anciens mineurs, dans Jacques Renard, La grève des mineurs de mai-juin 1941, Institut National de l’Audiovisuel (INA), Télévision Française 1, 2 décembre 1981.

18. « En effet, les charbonnages avaient été arrêtés en mai 1940 à la suite de l’exode. La reprise de l’extraction se fit à la mi-juin, à une échelle réduite, du fait du manque de bois de mines. (…). Les niveaux qui restent de toute façon et jusqu’à la fin de la guerre très inférieurs à la production d’avant-guerre », Rapports des préfets, 29 août 1940 ; « Le rendement journalier par mineur au fond tombe de 1 294 kilos en avril 1940 à 1 070 en janvier 41, 1 041 en mars 41. On en est à 74 % des possibilités ». Avec les grèves, « L’ingénieur en chef des mines, dans son rapport au préfet, avoue que 387 862 journées ont été perdues au fond et 85 281 au jour » dans Jean-Marie Fossier, 1941, cent mille mineurs en grève, le Patriotes Résistant, mars 1981.

19. Daniel Mermet, Hénin-Beaumont, Front contre Front, Là-bas si j’y suis, France-Inter, 24 mai 2012.

20. Métaphore pour désigner la mine.

21. Jean-Marie Fossier, 1941, cent mille mineurs en grève, le Patriotes Résistant, mars 1981.

22. En absence de savon, les mineurs se lavent avec de l’argile.

23. Galette de Charbon.

24. Dora Isabel Paredes Bermudez, Le silence de la nièce : amour-passion ou syndrome de Stockholm ?, A propos de « Le silence de la mer » de Vercors, Faculté des Lettres, Ecole de Langue et de Civilisation Françaises, Mémoire de Diplôme d’Etudes Françaises, Université De Genève, Février 2004, http://semiotique.perso.sfr.fr/spip.php?article71, 11 novembre 2008.
25. « Tract appelant à la poursuite de la grève », Musée de la Résistance Nationale – Champigny.

26. Sur un total de 143 000 ouvriers. Pour la journée du 4 juin, les rapports de police du Pas-de-Calais totalisent 64 086 grévistes. Voir à ce sujet Jean-Marie Fossier, Zone interdite, Paris, Editions Sociales, 1977.

27. Collectif, « La grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais, 27 mai - 9 juin 1941 », Ministère de la défense et des Anciens Combattants, cheminsdememoire.gouv.fr, Collection "Mémoire et citoyenneté", N°16, extraction mai 2012.

28. Il existait une multitude de formes de contestation : la grève, le ralentissement des cadences, les sabotages, les manifestations…

29. Voir à ce sujet Jacques Sémelin, Sans armes face à Hitler, la résistance civile en Europe, 1939-1943, Paris, Payot, 1988.

30. Sur un total de 238 démonstrations classifiées dans les archives des préfets, dans Danièle Tartakowsky, Les manifestations de rue en France, 1918-1968, Thèse de doctorat, Paris I, 1994.

31. Rapport des préfets, 7 mai 1941, IHTP, Cnrs.fr.

32. « Général Heinrich Niehoff (1882-1946), chef de la OFK 670 de juillet 1940 à novembre 1942, puis Kommandant des Heeresgebiets Südfrankreich », in IHTP, Cnrs.fr.

33. Jean-Marie Fossier, 1941, cent mille mineurs en grève, le Patriotes Résistant, mars 1981.

34. « Les commissaires de police reconnaissent que toutes les affiches officielles (de la préfecture ou de la Kommandantur) sont immédiatement lacérées, » dans Jean-Marie Fossier, 1941, cent mille mineurs en grève, le Patriotes Résistant, mars 1981.

35. Rapports des préfets, 25 juin 1941, IHTP, Cnrs.fr.

36. Rapport des préfets, 7 mai 1941, IHTP, Cnrs.fr.

37. Centritis.fr, le site des « gueules noires ».

38. « 300 hommes et 150 femmes auraient récemment été embarqués pour la Belgique », dans Rapport des préfets 7 mai 1941.

39. Rapport des préfets, 14 janvier 1941, IHTP, Cnrs.fr.

40. Jean-Marie Fossier, 1941, cent mille mineurs en grève, le Patriotes Résistant, mars 1981.

41. Groupe « Organisation Spéciale » dit FTP en avril 1942. Louis Aragon évoque cette figure de résistant dans L’Homme communiste, Paris, Gallimard, T.1, 1946.

42. Jacques Estager, Ami entends-tu ? La Résistance populaire dans le Nord-Pas-de-Calais. Paris, Editions Sociales, 1986. Pour la mention relative au réseau Saint-Jacques, voir également René Lesage, dans les fonds du BCRA aux Archives Nationales, cité dans http://www.resistance62.net/mopty_emilienne.htm, « La résistance dans le Pas-De-Calais, mai 2012.

43. Il s’agit du mois de janvier et non de juin comme indiqué dans le document. Voir à ce sujet, Jean-Marie Fossier et Chemins de mémoire.gouv.fr.

44. De Cologne.

45. Jacques Estager, Ami entends-tu ? La Résistance populaire dans le Nord-Pas-de-Calais. Paris, Editions Sociales, 1986.

 

Pour l'anecdote, Le Nouvel Observateur a illustré la marche du Front de Gauche par une photo de Jean-Luc Mélenchon et de quelques militants dans un des beaux quartiers de Paris. Les reporters photo, ça coûte cher.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 05:11

      

 http://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2008/01/16/200801160307_zoom.jpgJ'en ai déjà parlé (link), mais j'y reviens à l'occasion de la publication au Journal Officiel du nom des membres du cabinet du ministre de l'Enseignement supérieur :

 

M. Yves Levy, conseiller spécial santé.
M. Jean-Richard Cytermann, directeur adjoint du cabinet.
M. Daniel Filâtre, conseiller premier cycle, formation des enseignants,
orientation, insertion.
M. Riadh Cammoun, conseiller recherche, technologie, espace,
développement durable.
M. Alexandre Aidara, conseiller juridique et immobilier.
M. Guillaume Houzel, conseiller social et vie étudiante, culture
scientifique et technique.
Mme Anne Bisagni, conseillère diplomatique.
M. Jacques Fontanille, conseiller sciences humaines et sociales.
M. Bruno Sportisse, conseiller transfert et innovation.
Mme Delphine Chenevier, conseillère affaires réservées, presse.
Mme Delphine Guerineau, secrétaire particulière.

 

Nous respirons : Daniel Filâtre est bien présent. Celui qui, sur ordre de Sarkozy et Pécresse, a piloté le démantèlement des IUFM, vient d'être nommé conseiller pour les rétablir.

 

À noter également que dans son université de Toulouse le Mirail la liste qui avait toute sa sympathie vient d'être battue par une liste de gauche. On cherche quelle peut bien être la légitimité d'un tel conseiller ministériel.

 

En matière d'enseignement supérieur, le changement, c'est pas maintenant, c'est pas demain, c'est même pas après-demain !

 


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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 16:52

http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgAuteur/058/Alleg_Henri.jpgJ’ai eu le grand plaisir de rencontrer tout récemment Henri Alleg à la Fête de L’Humanité de Toulouse. Comme, depuis quelque temps, je m’efforçais de mon mieux d’expliquer la Guerre d’Algérie à mes filles de dix et huit ans, ce fut pour moi un réel bonheur de leur présenter ce défenseur de la liberté des peuples. Très gentiment, il leur expliqua en quelques minutes le sens de sa vie militante.

 

Pour ma part, je n’avais pas trop envie de le faire parler sur son combat en Algérie. Que m’aurait-il dit qu’il n’avait déjà raconté mille fois auparavant ? Je lui demandai d’évoquer ses parents anglais, et de m’expliquer la ou les raisons pour lesquelles ils avaient émigré en France au début des années vingt. Je lus dans le regard d’Alleg une réelle surprise car on ne lui parlait pratiquement jamais de ses origines londoniennes. De fait, dans l’entre-deux-guerres, les Britanniques qui s’installaient en France étaient des intellectuels, des artistes, des écrivains qui voulaient changer d’atmosphère et, accessoirement, profiter de la parité très avantageuse de la livre sterling par rapport au franc. Très prosaïquement, les parents d’Alleg étaient venus en touristes pour quelques jours dans notre pays et avaient été emballés par un pays où l’on pouvait s’installer des heures durant à la terrasse d’un café. Ils décidèrent donc de se fixer en France avec leur marmot Henri sous le bras.

 

L’histoire est désormais bien connue : Alleg s’installe en Algérie en 1939, à l’âge de dix-huit ans. D’emblée, il milite au Parti communiste algérien. En 1951, il est nommé directeur d’Alger Républicain, un quotidien progressiste que la presse colonialiste appelait “ le petit mendiant ”, et qui accueillit dans ses colonnes Albert Camus, entre autres. Alleg entre dans la clandestinité en 1955. Il est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes au domicile de son camarade et ami Maurice Audin qui sera torturé à mort et dont on ne retrouvera pas le corps. Il est séquestré et torturé pendant un mois à El-Biar. Il est transféré dans divers centres de détention où il parvient à écrire son célèbre ouvrage  La Question (publié par Lindon aux Éditions de Minuit en 1958). Pendant que je l’écoutais parler, j’essayais de me représenter ce petit homme chétif, ce trésor d’intelligence et de dignité aux mains des brutes de Massu et d’Aussaresses.

 

Un tout jeune militant communiste vint saluer Alleg et lui dit : « Vous êtes l’honneur de la France. J’ai commencé à militer grâce à vous, en lisant vos livres. » Puis un militant plus âgé vint faire dédicacer Mémoire algérienne. Souvenirs de luttes et d'espérances. Il souhaita prendre Alleg en photo et lui demanda la permission, ce que l’écrivain accorda tout naturellement.

 

- Il fallait bien que je pose la question, dit cet homme. J’éclatai de rire intérieurement…

 

 

 

 

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 05:30

RP2Sur le site du Grand Soir, Guillaume de Rouville, en une phrase, nous offre un magistral portrait de Barak Obama :

 

Frantz Fanon dirait de lui qu’il a la peau noire et le masque blanc, on pourrait ajouter qu’il sert bien l’oligarchie qui l’a porté au pouvoir en ayant nommé dans son administration des dizaines de membres de la commission Trilatérale de son mentor Brzezinski (adepte de la domination de l’Eurasie par les États-Unis), ajouter qu’il a sauvé ses amis de Wall Street en imprimant des centaines de milliards de dollars sans exiger de contreparties (sans doute pour les remercier d’avoir financé sa campagne électorale), ajouter qu’il a approuvé les plus gros budgets militaires de l’histoire des États-Unis ainsi que la plus grande vente d’armes de son pays en faveur de l’Arabie Saoudite qui continue, pourtant, au vu et au su de tous, à financer le terrorisme islamique partout dans le monde et à violer les droits de l’homme les plus élémentaires, ajouter qu’il a approuvé le coup d’État sanglant au Honduras contre le Président de centre-gauche Zelaya (journalistes, syndicalistes, civils torturés et exécutés) qui a été remplacé par une junte militaire et ensuite un nouveau Président aux ordres de Washington, ajouter qu’il n’a pas fermé Guantanamo en dépit de ses engagements ni les centaines de prisons-goulags sous administration US où l’on torture à tour de bras les récalcitrants à sa vision du monde, ajouter qu’il n’a pas opposé son veto à la loi NDAA qui autorise la détention indéfinie et sans jugement de personnes étrangères ou américaines soupçonnées de terrorisme selon la perception subjective et sans contrôle judiciaire de ses agences de renseignement ou de lui-même, ajouter qu’il a abandonné la communauté noire de la Nouvelle Orléans à son triste sort depuis l’ouragan Katrina alors qu’il avait promis de s’occuper d’eux (la planche à billets ce n’est pas pour les Noirs), et, pour continuer ce contre-portrait, cet anti-portrait, ce méchant portrait, on pourrait encore ajouter que, s’il a élargit quelque peu la couverture médico-sociale à davantage de personnes sans ressources, il ne l’a fait qu’à condition de ne pas toucher à la rente de l’industrie pharmaceutique, autre grande contributrice de sa première campagne présidentielle, et ajouter qu’il n’a pas pris de mesures significatives pour lutter contre la pauvreté endémique qui touche plus de 15% de la population de son pays (la planche à billets ce n’est pas pour les pauvres), ajouter qu’il a reçu le Prix Nobel de la Paix en prévision de ses reniements futurs sur la question de l’existence d’un État Palestinien ou pour avoir soutenu le dictateur Moubarak jusqu’à sa chute, ou encore pour avoir instrumentalisé, comme son prédécesseur, les réseaux islamistes radicaux proches d’Al-Qaida pour déstabiliser à son profit et celui de ses amis du complexe militaro-industriel la Libye, la Syrie (et bientôt le Liban) sans demander ou obtenir l’aval de l’ONU et pour avoir commis des attentats en Iran ou interdire à ce pays d’avoir accès aux transactions financières internationales par le système mondial Swift (alors que l’Iran ne lui a pas déclaré la guerre) et, enfin, ajouter qu’il a massacré avec l’Otan plus de 50 000 civils en Libye pour les sauver d’un hypothétique massacre dont on n’a aucune preuve aujourd’hui, mais, qu’on se rassure, il sait faire de bons et longs discours et dans un monde où les mots, l’image et l’empathie comptent plus que les actes, il saura émouvoir, séduire et dompter les foules qui ne détestent rien tant que la dure réalité des faits bruts, ternes et déprimants.

 

Peut-être, mais vous en connaissez, vous, des présidents qui chantent aussi bien le blues et dont la femme est capable de faire dix pompes en direct à la télé ?

Guillaume de Rouville, auteur de La Démocratie ambiguë, et journaliste pour l’Idiot du Village.

  

 

L’histoire vue par le Tea Party

Le site resistance.fr nous explique comment sont élaborés les programmes d’histoire dans certains États des États-Unis d’Amérique :

 

L instance qui décident, par État, des programmes scolaires et de leurs contenus, sont ce que nous nommerions, en France, les rectorats. Ces programmes sont revus tous les dix ans. Or, ces « rectorats » sont composés de membres élus. Les éditeurs de manuel se calent sur les décisions de l’État où y a le plus d’écoliers, ce qui leur permet de n’éditer qu’une seule version pour tout le pays.

Et cet État, c’est le Texas !

Si les États-Unis sont réactionnaires, le Texas est très réactionnaire ! Sur les quinze membres élus de son « rectorat », 10 sont membres du Tea Party. Le leader s’appelle Don McLeroy. Il était président du rectorat lors des décisions de révision des manuels scolaires.

L’une des cibles de ces intégristes est la théorie de l’évolution de Darwin. Pour eux, c’est Dieu qui créa le monde, et en sept jours, s’il vous plaît, et il y a 6000 ans, et puis c’est tout !

Donc les enfants devront étudier le « créationnisme » à l’école !

Mais qui sont les terroristes, demande perfidement le site resistance.fr ?

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 14:36

 http://www.sudouest.fr/images/2012/05/22/rene-buffiere-88-ans-sera-le-doyen-national-des-candidats_774525_460x306.jpgÀ 88 ans, René Buffière prépare le baccalauréat. Pendant que Sarkozy et madame se reposent aux frais des miséreux du Maroc. René était jusqu’alors titulaire du certificat d’études primaires. Si ça tombe, il a lu La princesse de Clèves pour l’épreuve de français. Pour la beauté du geste, pour se cultiver.

 

Il fait cela en mémoire de son fils Daniel, un inspecteur du travail assassiné d’un coup de fusil par Claude Duviau, un agriculteur de la région. « Je n’ai jamais tourné la page », dit René. « S’il était là, il serait heureux comme tout. »

 

Le 2 septembre 2004, Daniel Buffière et sa collègue Sylvie Trémouille sont abattus à coups de fusil lors d’une inspection de routine dans une exploitation agricole de Saussignac en Dordogne. C’est la première fois depuis la création de l’inspection du travail en 1892 que des inspecteurs sont tués dans l’accomplissement de leur tâche. Sylvie Trémouille avait 40 ans ; Daniel Buffière 47 ans. Il était responsable du service contrôle de la Mutualité sociale agricole. Danièle fut tuée de face à bout portant. Sylvie de dos, alors qu’elle tentait de s’échapper. Ils avaient chacun un enfant. Quatre ministres assistèrent à leurs funérailles.

 

L’assassin fut jugé à Périgueux en mars 2007 et condamné à 30 ans de réclusion criminelle.

 

En 2004, Sarkozy était ministre de l’Intérieur. Il ne s’est pas rué sur ce fait divers sanglant pour proposer une loi prévoyant un châtiment exemplaire pour les assassins d’inspecteurs du travail.

 

 

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 14:40

http://www.jecfrance.org/website/images/Images/plantu/lru.jpgDes quatre "grands" candidats à l'élection présidentielle, seul Jean-Luc Mélenchon s'est clairement prononcé pour l'abolition de la LRU. Sauvons L'Université nous fait passer une proposition de loi déposée au Sénat le 23 mai 2012 tendant à abroger cette loi. Espérons que cela fera sortir de leur léthargie les trop nombreux représentants du peuple qui tiennent la LRU pour acquise.

 

Présentée par Mmes Brigitte GONTHIER-MAURIN, Cécile CUKIERMAN, M. Michel LE SCOUARNEC, Mmes Éliane ASSASSI, Marie-France BEAUFILS, M. Michel BILLOUT, Mmes Nicole BORVO COHEN-SEAT, Laurence COHEN, Annie DAVID, Michelle DEMESSINE, Évelyne DIDIER, MM. Christian FAVIER, Guy FISCHER, Thierry FOUCAUD, Robert HUE, Gérard LE CAM, Mmes Isabelle PASQUET, Mireille SCHURCH, MM. Paul VERGÈS et Dominique WATRIN, Sénateurs

(Envoyée à la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, sous réserve de la constitution éventuelle d’une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement.)

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) a contribué à détruire les fondements du système éducatif français par la mise en concurrence des universités et des étudiants.

Cinq ans après son adoption, son bilan désastreux a conforté notre opposition aux dispositions qu’elle prévoit et c’est pourquoi nous en demandons l’abrogation. En effet, l’autonomie des universités telle que conçue par cette loi est un danger tant pour le fonctionnement financier que démocratique des universités.

Elle a renforcé le pouvoir des présidents d’universités et restreint le nombre de membres des conseils d’administration, tout en accroissant en son sein le nombre de représentants extérieurs à l’université, le rendant supérieur au nombre de représentants étudiants.

Quant au volet financier de cette réforme, il est plus que préoccupant. L’autonomie financière proposée aux universités n’a été qu’un leurre destiné à cacher le désengagement financier de l’État.

Les promesses de Nicolas Sarkozy sur l’augmentation d’1,8 milliard d’euros par an pour le budget Enseignement supérieur et recherche n’ont pas été atteintes, loin s’en faut, et huit établissements universitaires ont vu leur budget 2012 en déficit. Sept d’entre eux ont également vu leur budget placé sous tutelle du recteur, situation pour le moins contradictoire avec l’objectif affiché d’autonomie des universités.

La LRU a en effet transféré aux universités et à leur président la gestion de leur budget et, notamment, de leur masse salariale. Cependant, l’augmentation du coût des salaires liée au Glissement vieillissement technicité (GVT) ne peut plus être financée par tous les établissements universitaires tant le désengagement de l’État dans les sommes globales versées aux universités est important.

Et si le gouvernement s’est défendu d’appliquer la révision générale des politiques publiques (RGPP) à la recherche et à l’enseignement supérieur, cela n’a été que pour mieux en laisser l’application aux universités qui, par répercussion, réduisent leur masse salariale et recourent de manière accrue aux emplois précaires, alors qu’ils sont déjà très fortement développé dans la recherche et l’enseignement supérieur (50 000 à 55 000 personnes).

Le type d’autonomie mis en place par la LRU n’a pas permis de faire émerger des espaces de coopération et d’échanges nécessaires sur un même territoire, ne faisant que créer des super structures, non démocratiques, et renvoyant aux universités la gestion de la pénurie provoquée par un budget de l’enseignement supérieur en berne.

L’autonomie financière a mis en concurrence les universités et entrainés des disparités de moyens se répercutant indéniablement sur la qualité des diplômes délivrés par les universités les plus exposées.

Il y a urgence à rompre avec un système d’excellence et de compétitivité internationale des universités françaises qui n’a en réalité abouti qu’à l’affectation de l’essentiel des moyens à quelques grands pôles universitaires, délaissant le plus grand nombre des universités et des étudiants. Renforcée par les initiatives d’excellence, la LRU a achevé la rupture avec le principe d’égalité territoriale et du cadre national des diplômes.

Il faut enfin donner de nouveaux moyens à l’université, à toutes les universités, afin que la France cesse d’être le pays de l’OCDE où le taux d’encadrement à l’université est le plus bas d’Europe avant la Grèce et afin qu’elle ne soit plus au 26e rang sur 32 pour la part de budget civil consacré à l’Enseignement supérieur et de recherche.

La présente proposition de loi qu’il vous est proposé d’adopter vise donc à supprimer une loi qui, loin de répondre aux besoins des universités, a définitivement rompu avec la vision républicaine de l’enseignement supérieur.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

La loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités est abrogée.

http://www.senat.fr/leg/ppl11-552.html


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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 05:46

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c1/Pierre_Moscovici_en_mai_2010.png/225px-Pierre_Moscovici_en_mai_2010.pngOn lira ci-dessous une lettre ouverte de l'AFRAV au président de la République :


 

Lettre ouverte à Monsieur le président de la République, M. François Hollande.

Objet : Code de déontologie : un volet linguistique !

 

 

Monsieur le Président de la République,

 

 

Vous avez fait signer récemment aux membres du gouvernement, un code de déontologie visant à ce qu' « ils ne mélangent pas les genres et qu'ils soient exemplaires dans leur comportement ». Bravo.

Toutefois, nous avons constaté qu'il n'existait dans ce document de deux pages aucun paragraphe sur la question linguistique et nous le regrettons.

Nous le regrettons d'autant plus que, comme vous l'avez certainement remarqué, la langue anglaise prenant une place de plus en plus excessive en France, en Europe et dans le monde, un nombre croissant de nos politiciens croient bon, désormais, de s'exprimer en anglais, en notre nom, pour défendre nos intérêts. Pourtant, s'il est de l'intérêt des Anglo-Américains que le monde entier adopte leur langue comme seule langue de communication internationale, il est du nôtre d'aller contre ce diktat, en affirmant l'existence de notre langue sur le plan diplomatique et sur le plan international, et en promouvant et en développant la Francophonie institutionnelle.

 

Notre intérêt est celui de défendre l'exception culturelle française, et avec elle en premier lieu, notre langue. Cet acte de résistance, loin d'être un repli sur soi, sera une invitation aux cultures et aux langues du monde à mener le même combat, car la mondialisation avec une seule langue, donc avec un seul schéma mental et économique est aussi destructrice que la disparition de la biodiversité.

Cela dit, force nous a été de constater qu'au lendemain de votre élection, M. Pierre Moscovici, votre directeur de Campagne, s'est exprimé en anglais lors de la conférence de presse qu'il a donnée en direct de votre QG à Paris.

M. Moscovici sera-t-il une Mme Lagarde-bis, qui avait l'anglais facile, elle aussi, et qui a obtenu pour cela le Prix de la Carpette anglaise, un prix d'indignité linguistique ? La folie d'anglais qui a animé la plupart des membres de l'équipe Sarkozy, va-t-elle animer aussi votre équipe ?

Allez-vous être comme lui, un promoteur de la langue des « Collabos de la pub et du fric » ?

- Non, nous espérons que non. Alors, Monsieur le Président de la République, voudrez-vous bien adjoindre un paragraphe sur la question linguistique au code de déontologie que vous avez soumis récemment aux membres du gouvernement ?

Un paragraphe pour rappeler que si la langue française est bien la langue de la République et de la Francophonie, elle est AUSSI notre langue diplomatique et notre langue internationale.

Un paragraphe pour rappeler que ce n'est pas parce que les Anglo-Américains ne veulent qu'une seule langue internationale pour le monde qu'il faut accepter cette dictature.

Un paragraphe pour rappeler que le courage politique, c'est aussi refuser de se mettre à genoux devant la langue du plus fort du moment.

Un paragraphe pour rappeler, enfin, que les Francophones ont le devoir de se battre pour la langue française, en évitant d'abord de parler anglais - ou franglais - en France, puis de parler anglais à l'étranger dans les pays non anglophones et même d'éviter l'anglais chez les anglophones, s'il n'y a pas de réciprocité.

Pour finir, nous nous permettrons de citer une parole du philosophe et patriote québécois, Pierre Bourgault, qui ne disait pas moins :

« Lorsque nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule ».

En vous remerciant de votre attention et dans l'espoir que cette lettre aura su vous convaincre de l'impérieuse nécessité d'ajouter un volet linguistique au code de bonne conduite que viennent de signer les membres du gouvernement, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de ma très haute considération.

 

Régis Ravat

Président de l'A.FR.AV (http://www.francophonie-avenir.com)

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 13:23

Censuré par qui ? Je vous le donne en mille : par les immenses consciences de nouvelobs.com.

 

Nouvelobs.com abrite (pour l'instant) le site des Aliboffis, où je me rends régulièrement (link). Ce site à tout pour déplaire aux immenses consciences : il traite de politique, mais aussi d'érotisme, de paillardise, de poésie et de gastronomie. Rien de tout cela ne peut seoir à des consciences amidonnées.

 

Les Aliboffis avaient proposé un sonnet particulièrement paillard (mais dans la bonne moyenne pour une époque qui avait été décoincée par Henri IV) de François de Malherbe, celui d'"Enfin Malherbe vint !", qui passa toute sa vie à épurer la langue française pour la rendre plus belle, mais aussi plus efficace. C'est lui qui consola un ami de la perte de sa fille avec ces deux vers à la sublime mélodie :

 


Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses
L’espace d’un matin.

Même quand, pour se défouler, il écrivait des vers grivois,  la précision de sa langue était inouïe. Bref, avec ce grand poète, nous sommes dans des sommets, non seulement inaccessibles pour les gens de nouvelobs.com, hors de portée de main (vous verrez dans un instant pourquoi j'évoque la main), mais tout simplement invisibles.

Voici donc comment ils ont censuré le poème sur le site des Aliboffis :

 

 

FRANÇOIS DE MALHERBE (1620)

Sonnet

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 


Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 


Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 


Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

 

 

 malherbe françois de.jpg

 

Bien sûr, quand on censure de la sorte, on rate son coup car on attire l'attention du lecteur en pensant scotomiser l'objet du délit. Moi qui ne connaissais pas ce poème (il n'était pas dans le Lagarde et Michard de ma classe de seconde), je suis naturellement parti à sa recherche sur un autre site des Aliboffis hébergé par Mediapart (link).

 

Voici ce que cela donne :


Sy tost que le sommeil au matin m’a quitté,
Le premier souvenir est du Con de Nerée,
De qui la motte ferme et la motte dorée
Egale ma fortune à l’immortalité.

Mon Vit, de qui le foutre est la félicité,
S’alonge incontinent à si douce curée,
Et d’une eschine roide au combat préparée,
Monstre que sa cholere est à l’extrémité.

La douleur que j’en ay m’oste la patience,
Car de me le branler, c’est cas de conscience ;
Ne me le branler point, ce sont mille trespas.

Je le pense flatter afin qu’il me contienne ;
Mais en l’entretenant, je ne m’appercoy pas
Qu’il me crache en la main sa fureur et la mienne !

 bonobos Ginette.jpg

 

Chers Aliboffis, Nouvelobs.com ne vous mérite pas, ne mérite pas votre grande ouverture d'esprit, votre humour ravageur, votre intelligence. Faites comme moi, barrez-vous. Vous perdrez quelques lecteurs mais il ne vous restera que les vraiment bons.

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 14:40


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/69/Bertrand_Monthubert.jpg/220px-Bertrand_Monthubert.jpgÇa frémit doucement dans l'université. Depuis le renouvellement de certains conseils. Depuis l'élection de Hollande, aussi.

 

Le nouveau président de Toulouse 3, Bertrand Monthubert, qui a joué un rôle de premier plan, ces dernières années, au sein du collectif Sauvons l'Université, vient de prendre une décision très importante, à rebours de la politique sarkozyste qui diminuait la présence de l'État dans l'enseignement supérieur et qui, dans les faits, confiait la gestion et les intérêts de cet enseignement au secteur privé. 

 

Bertrand Monthubert vient en effet de suspendre le projet de Partenariat public-privé (PPP) pour la construction de nouveaux bâtiment dans son établissement.

 

"Cette suspension est nécessaire car c'est un processus très coûteux et qui engendrerait une dépense de 600.000 euros par an pour la maintenance, en attendant que le gouvernement se prononce sur un autre type de financement moins onéreux", a déclaré à l'AFP le président de l'Université Paul-Sabatier.

 

Le PPP a été conclu en 2009 à l'initiative du gouvernement sortant et, pour l'instant, les travaux n'ont pas commencé, pas même le dialogue entre le public et le privé.

 

Cette université qui compte 30.000 étudiants a besoin d'urgence de nouveaux bâtiments pour remplacer les infrastructures obsolètes, fait-il valoir.

 

Les PPP sont fortement critiquées à gauche. Le président PS de la région Aquitaine, Alain Rousset, estimait fin avril qu'ils "tuent" les petites entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) du bâtiment.

 

La députée PS de l'Isère, Geneviève Fioraso, a dénoncé pour sa part "l'opacité" de ces PPP qui bénéficient généralement, selon elle, aux "quatre majors" du bâtiment et des travaux publics, "Vinci, Bouygues, Eiffage et Spie". De bons amis, quoi !

 

PS : Extraits d'un entretient de Monthubert avec la Dépêche du Midi :

 

Mais qui payera ?

Les consortiums privés, toujours les mêmes, quatre grands groupes qui se partagent le marché, au détriment des PME locales, ne donnent pas d'argent à l'État dans cette procédure, où ce sont les loyers publics qui doivent financer les groupes privés pour effectuer ces travaux.

De nombreux observateurs, comme le conseil régional de l'Ordre des architectes Midi-Pyrénées, contestent ce type de partenariats ? On parle d'un coût supérieur de 20 % à un crédit normal ?

C'est plutôt le double, selon moi. Le problème de l'hôpital Sud Essonne (construit en PPP) a fait couler beaucoup d'encre. Si l'ordre des architectes me suit, je n'en suis pas mécontent. Il faut savoir qu'on est actuellement dans une phase où on n'a même pas engagé le dialogue constructif avec les groupes privés. On dialogue seulement avec ceux qui pourraient être intéressés de ce qui pourrait être réalisé. Le dialogue constructif durera un an et demi. C'était le bon moment, avant de s'engager dans cette phase de dialogue constructif, pour remettre à plat le mode de financement. Si on n'arrive pas à un schéma alternatif, si le PPP s'avère la meilleure solution, on y reviendra.

Le PPP prévu pour l'Université du Mirail est-il concerné par la suspension du plan Campus ?

Non, c'est une autre procédure, hors plan Campus.

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 05:33

http://lenumerozero.lautre.net/IMG/jpg/abrog_lru.jpgLors de la campagne pour l’élection présidentielle, seul Jean-Luc Mélenchon s’est prononcé clairement pour l’abolition de la LRU, cette loi scélérate qui vise à la privatisation et à la financiarisation de notre enseignement supérieur. François Hollande et les siens n’ont apporté que des réponses mitigées et ambiguës. J’ai alors pensé que ma rubrique sur les « ravages de la LRU » n’était pas près de mourir de sa belle mort. Et ce n’est pas la nomination comme ministre de l’Enseignement supérieur de Geneviève Fioraso qui risque de me faire changer d’avis. Encore moins, d’ailleurs, celle de son directeur de cabinet Lionel Collet, président de l’université de Lyon 1 de 2006 à 2011, mais surtout président de la Conférence des Présidents d’université de 2008 à 2010. En d’autres termes – et pour simplifier quelque peu – une personne aux marges de l’université mais franchement chef d’entreprise (socialiste, naturellement) et un universitaire de poids qui, globalement, a accompagné de ses vœux et de son zèle la loi de Pécresse et de Sarkozy. Voilà donc les deux personnes qui vont régenter l’enseignement supérieur à court et moyen termes.

Le discours inaugural du nouveau ministre fut un enfilage de lieux communs et de paroles verbales. Madame Fioraso s’y connaît en langue de bois :

« Je suis très honorée de la tâche que m’a confiée Jean-Marc Ayrault à la tête du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Je mesure les enjeux de ce domaine décisif pour le développement et l’avenir de notre pays.

Je suis engagée depuis plusieurs années dans un travail collectif avec les acteurs du domaine, sur le pôle grenoblois comme au niveau national. Les orientations prises au Forum des Idées de l’Enseignement supérieur et de la recherche que j’ai présidé pour le PS en mai dernier se sont précisées pendant la campagne des présidentielles.

François Hollande a mis la jeunesse au coeur de son projet. La vie étudiante, la réussite en premier cycle et l’orientation seront donc des axes d’action prioritaires.

Depuis cinq ans, les universités, les organismes de recherche et tout leur personnel ont été bousculés par des changements insuffisamment concertés. Il est donc urgent de rétablir le dialogue en confiance. C’est le sens du discours fort prononcé par le Président de la République le jour de sa prise de fonctions, devant la statue de Jules Ferry, suivi d’un hommage à Marie Curie. Il a réaffirmé sa priorité pour l’école, l’Université, la recherche de la République et sa confiance dans un progrès partagé et durable en France et en Europe. »

Aucune critique, donc, de la LRU. Une simple promesse de réenclenchement du dialogue qui ne mange pas de pain.

Parmi les objectifs du nouveau ministre pour l’université française de demain : une autonomie « réelle » des universités (à l’anglo-saxonne ?), et une « gouvernance plus collégiale » (plus collégiale que quoi, la « gouvernance » ?). Et qu’est-ce qu’« une gouvernance » ?

Geneviève Fioraso s’est fait remarquer il y a peu par un sobriquet qu’on lui a décerné en Isère : « l’élue augmentée ». Il fau dire que cette dame ne ménage pas ses efforts. Voici ce qu’en dit le site Sauvons l’Université ! (link):

 « Actuellement au poste de députée, d’adjointe à la Ville de Grenoble (chargée de l’économie, l’emploi, l’université et la recherche), de première vice-présidente de la Métro (chargée du développement économique, universitaire, scientifique et de l’innovation), et de présidente de la SEM Minatec Entreprises, c’est une innovation développée par le Parti socialiste en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et les grandes entreprises de la région. La preuve de la réussite de ce produit ? Geneviève Fioraso a été chargée de l’« innovation » dans l’équipe de campagne du candidat à la présidence de la République François Hollande. Tous les jours, Geneviève Fioraso se dépense sans compter pour « monter des projets » et « faire aboutir des dossiers ». Inlassablement, l’élue augmentée se dévoue avec le même élan pour la cause de l’Innovation, repoussant toujours plus loin les capacités de l’élu du peuple. La perfection du système est telle que Geneviève Fioraso ne s’arrête jamais, pas même pour penser : aucune réflexion ne vient retarder sa quête du Bien, c’est-à-dire du Progrès Technologique. Alors que Geneviève Fioraso se démène actuellement sur plusieurs fronts – de la ville intelligente à la promotion de la biologie de synthèse, de l’industrie innovante à sa réélection au poste de députée de la première circonscription de l’Isère –, partons à la découverte des fonctionnalités de cette post-élue. « Ils m’appelaient Miss dollar, s’amuse-t-elle. C’est vrai. Ça ne sert à rien de chercher à faire le top du top si on ne le vend pas. Il faut coller à un cahier des charges et dégager de la marge pour réinvestir dans la R&D...  ». Ainsi parle Geneviève Fioraso, alias Miss Dollar, surnom donné par ses collègues de la start-up Corys où elle a travaillé dans les années 1990. Chez elle, « le style spontané est direct, rapide, efficace, sans formules de politesse » et elle est « ‘‘à l’aise dans le monde du business, elle sait parler prix, profit...’’, note Guy Sarrey, de Grenoble École de Management [en français grenoblois, on ne dit pas « École grenobloise de Gestion » : on n’est pas des ploucs, on est presque des Ricains !] ». Dans le monde d’aujourd’hui, savoir parler prix et profit plutôt que salaires et acquis sociaux est un réel atout pour les représentants du peuple. »

Quant à Lionel Collet, son chef de cabinet, ce n’est pas lui qui nous illusionnera avec des promesses sur l’université au service de la République. Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul Valéry et qui fut une des rares directrices d’établissement d’enseignement supérieur à résister à la politique sarkozyenne, a exprimé, dans une lettre au candidat François Hollande, sa stupéfaction de voir un socialiste recruter ses conseillers « parmi ceux qui ont aidé à mettre en place la LRU […] et ont eu la naïveté de croire au marketing de l’excellence et de l’autonomie » (link).

En mars 2010, Collet évoquait dans Libération la précarisation grandissante des personnels universitaires en ces termes :  « La LRU nous donne aussi de la souplesse dans le recrutement. On établit plus rapidement le profil des postes à pourvoir, les affichages sont plus brefs, sans nécessité de repasser par le ministère. Tout cela est extrêmement positif. Nos établissements sont responsabilisés. Plus il y a d’autonomie, plus on voit une dynamique s’enclencher, notamment vers l’international. » Le bon manager que voilà !

Bien sûr ce grand visionnaire n’a pas manqué d’apporter son commentaire au sujet du Grand Emprunt et des investissements d’avenir au sujet desquels il déclarait en mai 2010, à l’occasion d’une interview à La lettre de l’Education : « Les règles du jeu du grand emprunt se précisent en effet. Sur le fond, la CPU est extrêmement favorable à cet important effort financier sur l’enseignement supérieur et la recherche. Le 1er avril, la ministre nous a rassurés sur la gouvernance des universités. Non seulement, l’Etat n’exigera pas que tous les établissements ou regroupements d’établissements optent pour une gouvernance unique, mais le gouvernement a rappelé que tout projet présenté aux différents appels d’offres [laboratoire d’excellence, institut de recherche technologique, institut hospitalo-universitaire, etc.], doit s’inscrire dans une politique de site. L’enjeu est désormais d’internationaliser nos universités, et non un seul chercheur ou un seul laboratoire. Cela dit, il reste une interrogation concernant la définition des différents cahiers des charges pour les appels d’offre annoncés. Nous attendons toujours d’être associés à leur définition. Le ministère nous l’avait promis, mais pour l’instant nous ne voyons rien venir. » Autrement dit, Collet anticipait les désirs de Valérie Pécresse. Quant à son mépris pour l’action revendicatrice syndicale, elle éclatait dans un entretien accordé à Libération en avril 2009 : « Il y a ceux (le gouvernement, NDLR) qui donnent et ne veulent pas dire qu’ils donnent, et ceux (les syndicats, NDLR) qui reçoivent, et ne veulent pas reconnaître qu’ils ont obtenu des choses. »

 

Bref, les universitaires risquent de beaucoup souffrir avec ce couple infernal, partisan d’une soumission de l’université à l’entreprise, d’une université qui doit rechercher le profit et qui doit être prête à l’économie de marché.

 

J’aimerais tant me tromper ! Mais ce ne sont pas les nominations des anciens présidents de Toulouse 2 et Limoges, Filâtre et Fontanille, nageurs dans toutes les eaux, applicateurs zélés de la LRU qui viennent de découvrir qu'ils étaient de gauche (si, si !) qui me rendront optimiste.

 

 

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