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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 06:10

 

Thierry Bodin, du site Les Cerises la Coopérative, veut qu'on se débarrasse des actionnaires de Sanofi : "Paul Hudson, le D.G. de Sanofi, veut une marge opérationnelle dépassant les 32% en 2025.Abandon d’axes thérapeutiques majeurs, où les besoins non satisfaits sont légion : médicaments anti-infectieux, système nerveux central, diabète et cardiovasculaire, jugés moins rentables, sans compter le plan d’économie de 2 milliards € à coup de suppression d’emplois et d’externalisation.

 

Arrêts de 200 médicaments sur les 300 actuels du groupe.

 

Externalisation de 6 sites de production en Europe dont 2 en France qui fabriquent des médicaments de synthèse.

 

Ce sont déjà 5000 emplois directs supprimés en 12 ans, des expertises abandonnées ; c’est toute la filière pharmaceutique qui est attaquée.

 

Pourtant SANOFI c’est plus de 20 ans d’augmentation de dividendes (4 milliards versés en 2020 soit en un seul versement plus de 40 années de dons au téléthon). SANOFI c’est aussi, cumulés sur 10 ans, plus de 1,3 milliards € d’argent public perçus sous forme de crédit d’impôt.

 

Avec de telles dépenses la France maîtrise-t-elle la chaîne du médicament ? La réponse est non !"

Revue de presse (334)

 

Le blog de Jean Lévy reprend une lettre ouverte d’Henri Peña-Ruiz à son « ami » Régis Debray sur la laïcité : « Quand il s’agit de laïcité, nombre de polémistes déguisent leur hostilité en se présentant comme "sociologues". Mélange des genres. La scientificité supposée du propos dissimule plus ou moins bien l’idéologie qui le sous-tend. Quand un livre rédigé par un "sociologue" s’intitule Pour une laïcité apaisée la charge idéologique est à mille milles du principe d’objectivité, et elle frise le scandale. Qui doit s’apaiser ? Les terroristes qui font la guerre au nom d’une religion, ou le cadre laïque qui assure à toute personne le libre choix de sa conviction spirituelle ? La laïcité n’a jamais tué personne. Ce n’est pas le cas de l’Inquisition catholique, hier, et du terrorisme islamiste, aujourd’hui. »

 

 

Le site ResPublica lance une pétition contre l’extension du fichage policier : « Du “ Livret ouvrier ” de Napoléon Ier aux fichiers de police actuels (le rapport Bauer en avait dénombré 37 en 2008), en passant par le “ fichier Tulard ” recensant les supposés communistes ou Juifs à la fin de la IIIe République qui fut remis gracieusement à la Gestapo à Paris en 1942, ou le carnet anthropomorphique des “ nomades ” créé par une loi de 1912, remplacé en 1969 par un “ carnet de circulation ” des “ gens du voyage ” (supprimé en 2015), l’histoire du fichage de la population en France s’est trop souvent confondue avec des outils de répression, voire d’extermination des personnes ainsi répertoriées. Les présents décrets sont une boîte de Pandore qui ne peut être mise entre les mains des dirigeants d’aujourd’hui et a fortiori entre celles de ceux de demain.  Cette extension du fichage doit être abrogée en ce qu’elle viole non seulement le principe constitutionnel de sûreté qui implique que tout citoyen soit protégé des éventuels abus du pouvoir, mais aussi le principe de laïcité qui contient le respect de la liberté absolue de conscience et le droit de changer à tout moment de “ convictions ”. »

 

Dans Médiapart, Aymen Barhoumi, un Tunisien de 35 an en situation irrégulière, décrit les violences qu’il a subies dans le commissariat de police de Nice le 13 décembre 2020 : « C’est alors qu’il m’a saisi par la gorge d’une main et plaqué contre le mur. Comme j’avais la gorge serrée, j’ai bavé. Ils ont cru que je crachais. Ils m’ont menotté dans le dos après m’avoir fait tomber au sol. Ils m’ont mis un casque de boxeur sur la tête et m’ont serré les chevilles et les genoux avec du Velcro. L’un d’eux m’a écrasé la tête par terre avec son pied, un autre a posé son genou sur mes bras, au niveau des menottes. Alors que j’étais а plat ventre sur le sol, j’ai reçu des coups de pied sur le côté droit de mon corps, dans les côtes et les parties génitales. » Á l’hôpital, les chirurgiens ont dû procéder à l’ablation d’un de ses testicules.

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3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 06:24

Cette photo retrouvée sur le site de L’Humanité m’a remis en mémoire un attentat de l’OAS aux conséquences horribles qui contribua à discréditer définitivement les partisans fascistes de l’Algérie française.

 

L’OAS visait Malraux et c’est une petite fille de quatre ans, Delphine Renard, qui fut criblée de morceaux de verre et perdit un œil ce jour-là.

 

Je me souviens parfaitement de ce drame de 1962 et, comme tous les gosses de mon âge, j’eus peur que cela puisse m’arriver d’autant que l’OAS affirmaient, à juste titre, pouvoir « frapper partout ».

 

Je suis allé voir sur Wikipédia quelle avait été la vie de Delphine après ce drame. Elle devient totalement aveugle en 1988. En 2011, elle soutient une thèse de psychologie intitulée “ Judïsme et psychanalyse : les « discours » de Lacan, publiée par les éditions du Cerf en 2012. Elle publie en 2013 Tu choisiras la vie, le récit de cet attentat. Elle exerce comme psychanalyste.

 

Elle est par ailleurs l’autrice de La Grande Maison de brique rose : la mémoire blessée dans l'attentat de l'OAS contre André Malraux, Tirésias, 2014 et Après Micheline : lettre à ma mère morte, Lyon, Éditions Baudelaire, 2016.

 

Éternelle vigilance contre les menées du fascisme
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2 janvier 2021 6 02 /01 /janvier /2021 06:04

 

 

Qui sera le prochain ennemi, demande Serge Halimi : « La carte de vœux de M. Anders Fogh Rasmussen n’a pas attendu la Saint-Sylvestre. L’ancien secrétaire général de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) a résumé ainsi la mission que celle-ci devrait remplir, selon lui, sitôt que M. Donald Trump aura quitté la Maison Blanche : « En 2021, les États-Unis et leurs alliés auront une occasion qui ne se présente qu’une fois par génération. Celle d’inverser le repli global des démocraties face aux autocraties comme la Russie et la Chine. Mais il faudra pour cela que les démocraties principales s’unissent (1). » Ce qu’ont fait nombre d’entre elles, il y a une génération, justement, en envahissant l’Afghanistan, puis l’Irak. Il est donc temps de s’attaquer à des adversaires plus puissants… »

 

 

Laurent Cordonnier nous projette vers le monde d’avant : « À quoi ressemblera l’après-pandémie ? Les politiques déployées pour faire face à la crise sanitaire ont accéléré les tendances de fond qui traversaient les sociétés et inquiétaient les populations : incertitude, précarité, machinisme dévorant, désincarnation des rapports humains. Pour l’essentiel, cette transition vers le capitalisme numérique aura été pilotée par l’État. »

 

 

Pour Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, les politiques identitaires sont dans l’impasse : « S’il s’enracine dans une longue histoire, le langage identitaire a explosé avec les réseaux sociaux et les chaînes d’information en continu. Jadis réservé à la droite, il imprègne désormais les discours des militants et dirigeants politiques de tous bords, au point de transformer la « race » en variable bulldozer, qui écrase toutes les autres. ».

 

 

Alessia Lo Porto-Lefébure décrit la formation à l’américaine pour les dirigeants chinois : « Le président Xi Jinping ne cesse de vilipender les valeurs occidentales et de mettre en avant les « caractéristiques chinoises ». Pourtant, les autorités de son pays ont adopté le programme de l’école d’administration publique de la prestigieuse université Harvard pour former leurs fonctionnaires. Des milliers d’agents suivent ce master, inauguré au début des années 2000 et adapté au contexte national. »

 

 

Élisa Perrigueur nous emmène à la frontière gréco-turque, « épicentre des tension » : « L’Union européenne entend sanctionner la politique de plus en plus expansionniste de la Turquie, qui ravive en Grèce les souvenirs des conflits du passé. Ligne de rupture, mais aussi d’échanges entre Orient et Occident, la frontière gréco-turque ne respire plus depuis la crise sanitaire. De Kastellorizo à la Thrace en passant par Lesbos, les deux pays ont pourtant tant de choses en commun, autour de cette démarcation qui fut mouvante et rarement étanche. »

 

 

Pour Olfa Lamloum, les braises persistantes de l’esprit de révolte brûlent toujours en Tunisie : « En janvier 2011, la révolte des Tunisiens contre le pouvoir de Zine El-Abidine Ben Ali provoquait une onde de choc dans le monde arabe. Du Maroc à Bahreïn en passant par la Libye, l’Égypte ou la Syrie, le slogan « Le peuple veut la chute du régime » témoignait de la vigueur de la tempête. Aujourd’hui, seule la Tunisie demeure engagée dans une transition démocratique – décevante aux yeux de la population. »

 

 

… Où « il n’y a que des faux-culs et des vendus qui veulent te palper : « En janvier 2011, la révolte des Tunisiens contre le pouvoir de Zine El-Abidine Ben Ali provoquait une onde de choc dans le monde arabe. Du Maroc à Bahreïn en passant par la Libye, l’Égypte ou la Syrie, le slogan « Le peuple veut la chute du régime » témoignait de la vigueur de la tempête. Aujourd’hui, seule la Tunisie demeure engagée dans une transition démocratique — décevante aux yeux de la population. »

 

 

Pour Pierre Bernin, les menées saoudiennes au Yémen vont vers le fiasco : « Malgré l’intervention militaire d’une coalition dirigée par l’Arabie saoudite et soutenue par les puissances occidentales, la rébellion houthiste accroît son emprise sur le Yémen. Au-delà des ressorts locaux du conflit, ses implications régionales, avec la rivalité irano-saoudienne et l’émergence des Émirats arabes unis en tant que puissance militaire, transforment les équilibres du Proche-Orient et du Golfe. »

 

 

Au Cameroun, selon Fanny Pigeaux, Bolloré est en disgrâce : « Soupçonné par la brigade financière italienne d’avoir manipulé les cours de titres financiers, accusé de promouvoir l’extrême droite sur sa chaîne de télévision CNews, l’homme d’affaires français Vincent Bolloré voit également son étoile pâlir dans le fleuron de son empire logistique africain : le Cameroun. S’il y demeure puissant, la perte de la concession du port de Douala signe la fin d’une époque. »

 

 

Arnaud Dubien se demande sir le retour de la Russie en Afrique n’est qu’un trompe-l’œil : « Après une longue éclipse, la Russie reprend pied en Afrique, comme le montre son soutien militaire appuyé à la Centrafrique. Présenté par Paris comme une manœuvre sournoise, ce retour signe en réalité la banalisation de la puissance russe. Moscou, qui, par le passé, a soutenu la décolonisation, se contente de remplir son carnet de commandes et de renforcer ses partenariats sécuritaires. »

 

 

Pour Owen Hatherley, le parti travailliste britannique se purge et vire à droite : « L’ancien chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn vient d’annoncer le lancement du Projet pour la paix et la justice, manière de poursuivre son combat contre les inégalités et l’impérialisme. L’initiative profitera sans doute de la dérive droitière de son successeur à la tête du Labour, M. Keir Starmer, élu pour réconcilier un parti divisé, mais qui s’emploie à en museler l’aile gauche. »

 

 

Marlène Benquet et Théo Bourgeron reviennent sur le rôle de la finance britannique lors de la campagne pour le Brexit : « « Folie », « erreur », « coup de poker »… Depuis le référendum de 2016, le Brexit a souvent été présenté comme le fruit d’un malheureux concours de circonstances. Il répond toutefois parfaitement aux attentes d’une frange émergente de la finance, que la réglementation européenne – pourtant soucieuse de cajoler les puissants – dérange encore trop. »

 

 

 

Le Monde Diplomatique (248)

 

Un dossier d’Étienne Peyrat sur l’origine des conflits en Transcaucasie : « Une haine féroce, des récits irréconciliables : la guerre du Haut-Karabakh a vu s’affronter deux nations que tout semble opposer. Pourtant, Arméniens et Azerbaïdjanais ont longtemps cohabité au sein des empires russe, ottoman ou perse. Dans un espace de peuples mêlés au sud du massif du Grand Caucase, la fondation d’États sur une base territoriale ethno-religieuse a mis le feu aux poudres. »

 

 

Pour Martine Bulard, le libre-échangisme contribue au dynamisme économique en Asie : « Pas de trêve attendue dans la confrontation sino-américaine. En signant avec quatorze autres pays asiatiques le partenariat économique régional global, le plus grand accord de libre-échange jamais conclu dans le monde, Pékin a marqué un point. Plus que des retombées économiques, cet accord apporte l’image d’une Asie dynamique, qui sait s’entendre malgré ses divergences politiques et stratégiques. »

 

 

Eugénie Mérieau explique pourquoi la jeunesse thaïlandaise est dans la rue : « a jeunesse thaïlandaise est dans la rue. Le 24 juin 2020, ils n’étaient qu’une petite cinquantaine à se retrouver au Monument de la démocratie, dans le centre de Bangkok, pour commémorer l’anniversaire de la révolution de 1932 ayant mis fin à la monarchie absolue dans ce qui s’appelait encore le « Siam », alors seul État indépendant d’Asie du Sud-Est. Trois mois plus tard, le 19 septembre, jour anniversaire du coup d’État militaire de 2006 qui mit un coup d’arrêt à la « transition démocratique », ils étaient plusieurs dizaines de milliers face au Palais royal.

 

La contestation actuelle s’inscrit dans la continuité du mouvement des « chemises rouges ». né en opposition à ce coup d’État — lequel appelait à « achever » la révolution de 1932 et à réhabiliter sa figure historique, Pridi Panomyong, juriste formé en France dans les années 1920, dans une IIIe République devenue le centre de formation des jeunes révolutionnaires de toute l’Asie. Mais, en 2010, ce mouvement est réprimé dans le sang : l’armée ouvre le feu sur les manifestants, en tuant quatre-vingt dix et en blessant près de deux mille, de quoi faire taire la contestation sociale. »

 

 

 

Pour Richard Keiser, les États Unis d’Amérique sont de plus en plus désunis : « a jeunesse thaïlandaise est dans la rue. Le 24 juin 2020, ils n’étaient qu’une petite cinquantaine à se retrouver au Monument de la démocratie, dans le centre de Bangkok, pour commémorer l’anniversaire de la révolution de 1932 ayant mis fin à la monarchie absolue dans ce qui s’appelait encore le « Siam », alors seul État indépendant d’Asie du Sud-Est. Trois mois plus tard, le 19 septembre, jour anniversaire du coup d’État militaire de 2006 qui mit un coup d’arrêt à la « transition démocratique », ils étaient plusieurs dizaines de milliers face au Palais royal.

La contestation actuelle s’inscrit dans la continuité du mouvement des « chemises rouges ». né en opposition à ce coup d’État — lequel appelait à « achever » la révolution de 1932 et à réhabiliter sa figure historique, Pridi Panomyong, juriste formé en France dans les années 1920, dans une IIIe République devenue le centre de formation des jeunes révolutionnaires de toute l’Asie. Mais, en 2010, ce mouvement est réprimé dans le sang : l’armée ouvre le feu sur les manifestants, en tuant quatre-vingt dix et en blessant près de deux mille, de quoi faire taire la contestation sociale. »

 

 

Romain Migus analyse la confusion politique au Pérou : « Les Péruviens éliront leur prochain chef d’État en avril 2021, pour la plupart sans grand espoir. Après une cascade de démissions et de destitutions, quatre présidents se sont succédé à la tête du pays depuis la dernière élection, en 2016. Des quatre précédents, élus à partir de 2001, trois ont été inculpés pour corruption et le dernier a préféré se suicider. Comment expliquer une telle instabilité ? »

 

 

Sonia Combe pose la question de l’antisémitisme en Allemagne de l’Est : « Dans le débat sur le racisme et la xénophobie qui agite l’Allemagne, l’antisémitisme occupe une place à part. Son écho résonne parfois bruyamment, comme en juillet dernier, à l’ouverture du procès de l’auteur de l’attaque contre la synagogue de Halle, le 9 octobre 2019, qui fit deux morts parmi les passants.

 

Halle se trouve sur le territoire de l’ex-République démocratique allemande (RDA), cette Allemagne communiste née en 1949 et disparue en 1990. Bien que l’assassin soit né après la chute du Mur, ce fait a conforté les partisans d’une thèse à la mode : si les Juifs sont à nouveau en danger en République fédérale, la faute en incombe à la défunte RDA, comme l’affirme par exemple le professeur de sciences de l’éducation (ouest-)allemand Micha Brumlik. Dans un article intitulé « À quel point la RDA était-elle brune ? » (c’est-à-dire « nazie »), l’universitaire avance plusieurs éléments à charge : cet État reposait sur des « structures hiérarchiques autoritaires » qui attesteraient une continuité avec le IIIe Reich ; il aurait refusé de procéder à une « confrontation avec son passé » ; il aurait réintégré d’anciens nazis pour s’assurer de leur fidélité en les faisant chanter. Enfin, la RDA, non contente de ne pas indemniser les victimes du génocide et l’État d’Israël, aurait mené une politique antisioniste douteuse avec le soutien de Juifs est-allemands. « L’antisémitisme est le “socialisme des imbéciles”, avait déclaré le dirigeant social-démocrate Auguste Bebel. L’antisémitisme est le socialisme d’une dictature nommée RDA, est-on tenté de compléter », conclut Brumlik. »

 

 

 

Laurent Binet nous propose un retour salutaire sur les Versets sataniques : « La fatwa prononcée en 1989 par l’imam Rouhollah Khomeiny contre Salman Rushdie a transformé « Les Versets sataniques » en un objet de scandale dont on continue de discuter sans l’avoir lu. Or, si cette œuvre de sept cents pages, qui mêle aventures vécues et rêvées, a été jugée blasphématoire, c’est simplement, estime l’écrivain Laurent Binet, parce qu’un bon roman est le contraire d’un texte sacré. »

 

 

Agathe Mélinand revient sur la “ génération de l’inquiétude ” après la Première Guerre mondiale : « Mil neuf cent vingt et un. Ouverte deux ans auparavant, la conférence de la paix a redessiné l’Europe ; Paris semble la capitale artistique du monde. La Grande Guerre a massacré dix millions de soldats, la grippe espagnole fait cinquante millions de victimes. « Plus jamais ça ! » La vie humaine ne valait plus grand-chose, les vieilles valeurs s’étaient écroulées. Les Américains entraient sur la scène internationale, la révolution d’Octobre ouvrait un horizon nouveau et annonçait la polarisation des antagonismes. L’horreur des tranchées accouchait paradoxalement d’une explosion de fête et de créativité.

 

Dans la France du surréalisme et de dada, le neurasthénique président Paul Deschanel venait de démissionner, le premier congrès du Parti communiste se réunissait. Dans l’Amérique de la Prohibition, le président Warren G. Harding se noyait dans les scandales ; sur fond de grèves et d’attentats, un tribunal du Massachusetts condamnait à mort les anarchistes Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti ; une voiture piégée faisait sauter les bureaux de la banque JP Morgan à Wall Street — quarante morts, des centaines de blessés.»

 

 

 

Nathalie Quintane expose les bienfaits de la dictée : « Personnellement, j’ai jamais vraiment arrêté de donner des dictées. C’est un moment vraiment sympa. Les mômes sont extrêmement concentrés, à faire une seule chose à la fois, impossible de lever le nez sinon tu rates un mot, tout le monde est bien aligné dans la même position, on entend les mouches. Bref, c’est très reposant. Et puis ils sentent qu’ils font quelque chose d’important. En tout cas, ils font comme s’ils le sentaient. La tentation, ce serait de tout dicter histoire d’avoir la paix. Mais ça marche pas. Si tu dictes autre chose qu’une dictée, t’as le bordel. Le bordel, le brouhaha, ou un peu de bruit, c’est ce que tu as quand tu ne dictes pas une dictée, et ça, faut bien se le mettre dans la tête et le plus vite possible si on veut pas être déçu. Après, il y a des moments de concentration très aigus, seuls ou à plusieurs, mais la qualité de silence que t’as avec la dictée, y a rien de comparable. Seuls les profs qui font régner la terreur l’obtiennent. Je suppose qu’on pense que ces profs-là n’existent plus, mais y en a encore, par petites unités, un par bahut. Y a un deuxième avantage que t’as avec la dictée c’est à la correction. Rien de plus cool à corriger qu’une dictée : ça demande zéro concentration. Tu peux très bien écouter la radio ou regarder la télé en même temps ; c’est de la mécanique. Toujours les mêmes fautes sur les mêmes mots, du coup tu finis par passer à vitesse grand V sur toutes les copies et t’abats un paquet de trente en une demi-heure max. Y a rien de plus rapide à corriger qu’un paquet de dictées. T’as des notes, tu les rends, les parents comprennent et tout le monde est content. On a pu faire chier des profs pour une phrase dans Artaud ou dans Zola, un geste ou de l’humour mal compris, mais on a jamais emmerdé personne parce qu’il donnait trop de dictées — en tout cas, j’en ai jamais entendu parler. »

 

 

 

 

 

 

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1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 05:55

Hergé, le père de Tintin se raconte, Hors série des Cahiers de la BD, Paris : 2020.   

 

S’il y a un  créateur qui a conçu un personnage qui ne lui ressemblait vraiment pas, c’est bien Hergé. Tintin, c’est non seulement une version supérieure de lui-même, mais aussi une projection fantasmée et idéalisée : « Tintin est certainement né de mon désir inconscient d’être parfait, d’être un héros », disait le créateur. Heureusement pour nous les enfants de 7 à 77 ans (fichtre, il ne me reste que cinq ans de lecture !), celui qui fut sa vie durant un être dépressif, bourré de contradictions, a créé un personnage lisse, plein d’allant, sans réels problèmes, avec un visage qui n’en était pas un (son visage est un masque disait Hergé), sans aucune appétence pour l’alcool, sans sexualité alors que celle de son créateur dut enchanter les psys qu’il consulta. Les relations d’Hergé avec les femmes furent placées – nous rappellent les auteurs de cet ouvrage – sous le double signe de l’infantilisme, l’impossibilité de comprendre son rapport profond à sa mère, et du mythe de la petite fille. Et nous devons toujours garder en mémoire que le père d’Hergé était le fruit d’une union illégitime entre une servante et un comte chez les parents duquel travaillait la domestique. Certains évoquèrent même un géniteur dans la famille royale.

 

Contrairement à Tintin sans cesse en mouvement, Hergé ne quitta guère Bruxelles, ce qui ne l’empêcha pas d’imaginer et de recréer le monde comme peu de dessinateurs surent le faire. Un peu comme Blaise Cendrars qui affirmait que l’important n’était pas qu’il se fût rendu dans les pays de ses reportages mais que nous ayons cru, en le lisant, qu’il y était allé…

 

Après son service militaire en 1927, son retour à Bruxelles fut marqué par sa rencontre avec l’abbé Wallez, son père d’adoption, la « rencontre de sa vie », selon ses dires. Un curé nationaliste, catholique, conservateur, réactionnaire et qui adhéra au nazisme en 1940. Il rencontra le Duce et l’admira éperdument. Il fut l’éminence noire de Léon Degrelle, négationniste après la guerre et nazi jusqu’à sa mort sous le chaud soleil de Malaga. Wallez rêva d’une Belgique qui se serait unie à la Rhénanie pour donner naissance à un État autoritaire au nord de l’Europe. Au début de sa carrière, Hergé voulut envoyer Tintin en Amérique, mais l'abbé lui imposa la destination africaine pour faire l'apologie de la colonisation belge. L'abbé n'aimait pas les États-Unis réputés protestants, où la société était infectée par l’argent du capitalisme « judéo-américain ». De ce catholicisme, il ne restera rien. Dieu est absent des albums de Tintin, tout comme, à de rares exceptions près, la lumière du soleil (cherchez les ombres, il n’y en a guère).

 

En tant que créateur, Hergé ne venait bien sûr pas de nulle part. Ses influences furent Alain Saint-Ogan (Zig et Puce), son ami le sculpteur Tchang Tchong-jen, Benjamin Rabier (Gédéon, “  La Vache qui rit ”), Charlie Chaplin, Jerome K. Jerome, George McManus (La famille Illico), l'illustrateur René Vincent.

 

Bien que de droite toute sa vie, Hergé ne fut pas monolithique. Sous l’influence de son ami Tchang, il soutiendra la Chine contre le Japon, futur puissance due l’Axe. Il saura prendre le parti d’étudiants républicains espagnols lors d’une manifestation à Genève. Ses héros Quick et Flupke (pour lesquels Hergé eut toujours un petit faible) sauront défier l’autorité et se moquer des éditions Rex dirigées par Léon Degrelle. Tintin prendra la défense de Zorrino dans Le Temple du soleil et des romanichels dans Les Bijoux de la Castafiore.  Ces romanichels qui lui tireront une des très rares larmes de sa saga. Mais au début de la guerre, Hergé se rangera du côté de ceux qui voulaient être « embochés », faire vivre la BD car la collaboration était un moindre mal. Après la guerre, Hergé sera quelque temps interdit de publication avant que son dossier soit classé sans suite par la Justice.

 

Enfant, Hergé fut très probablement abusé sexuellement par son oncle maternel. Dans les albums, on remarque une hantise du corps poilu : le savant délirant dans Le Manitoba ne répond plus, le premier Haddock à la barbe folle, le singe Ranko, le yéti. Sans parler de cette scène extraordinaire – rêvée – de viol (Le Crabe aux pinces d’or, p. 34) où un Haddock hirsute, aux dents terrifiantes, viole Tintin avec un tire-bouchon.

 

La mère d’Hergé meurt aliénée en 1946. Jusqu’en 1959, alors qu’il est en pleine gloire, il va vivre une longue période dépressive, interrompant, par exemple, la saga lunaire pendant un an.

 

Les retrouvailles avec Tchang, cinquante ans plus tard seront décevantes. Sculpteur, Tchang est toujours dans l’académisme alors qu’Hergé a abandonné le réalisme pour se tourner vers le non-figuratif. Il soutient le Tibet quand son ami lui explique que cette province est chinoise depuis 2 000 ans.

 

Á l’École de recherche graphique, Tchang montre ses œuvres. Hergé, atteint d’une leucémie, n’est pas là. Tchang fait admirer ses talents de calligraphe et se fend d’une délicieuse pirouette. Il lit ce que son pinceau a tracé : « Travail donne Travail et produit de la Patience. Patience donne Patience et produit de la Force. » Les spectateurs méditent ce proverbe chinois, jusqu’à ce que Tchang les surprenne par un : « C’est une pensée de Rodin. »

 

Devrais-je le cacher plus longtemps ? Je considère Hergé comme l’un des quatre ou cinq grands génies créatifs du XXe siècle, au niveau de Charlie Chaplin ou Picasso.

 

Note de lecture (193)
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30 décembre 2020 3 30 /12 /décembre /2020 06:05

Par Gilles Questiaux

 

C’est un média qui relaye les messages de propagande capitalistes et impérialistes, en les présentant comme de l’information objective.

 

On le reconnaît notamment à ce qu’il participe aux campagnes mondiales qui ciblent un pays non occidental : cette année nous avons eu droit à la Biélorussie, Hong Kong, le Xinjiang, la Bolivie, et dans un passé récent aux campagnes infructueuses contre la Russie, la Corée, la Chine le Venezuela, l’Iran, Cuba, la Syrie, ou victorieuses en Ukraine, en Libye, en Birmanie, en Irak, etc.

 

Une seule cause anti-impérialiste a eu une certaine ouverture dans les médias, mais de moins en moins, celle de la Palestine, sans doute parce que la situation est verrouillée, et peut servir à montrer de manière répétée et redondante qu’il n’y a pas d’autre alternative à l’Empire que la défaite.

 

Ces médias peuvent aussi se révéler dans leur participation unanimiste à des campagnes politiques considérées par leurs propriétaires comme de grande importance, comme la campagne en faveur du oui au TCE en 2005, ou contre le Brexit.

 

Un média mainstream est ou bien :

 

Un média capitaliste, qui appartient à des capitalistes qui le financent et dépensent beaucoup d’argent pour ça, et qui fait sous ses diverses variantes la promotion idéologique du capitalisme par la diffusion des idéologies libérales qui sont variées, mais qui tournent principalement à notre époque autour d’un consensus libéral-libertaire qui va allouer aux conservateurs traditionalistes un rôle de repoussoirs, comme les barbons ridicules des comédies de Molière.

 

Comme par hasard, les médias professionnels de droite qui doivent assumer ce rôle peu flatteur (le Figaro, certains titres de la presse éco) en deviennent un peu plus crédibles que les autres, tant que le portefeuille n’est pas directement en jeu.

 

La quasi totalité des médias privés, qui ont une notoriété dans le grand public, et bien diffusés sont de tels médias.

 

Ou bien c’est un média d’État d’un État capitaliste relevant de la sphère impériale occidentale où l’information est encore plus verrouillée, et qui a surtout une mémoire plus longue : alors que les médias privés considèrent souvent qu’en ce qui concerne le communisme la partie est gagnée, la messe est dite et qu’il n’y a plus à s’en occuper, les médias d’État comme Arte ou France Culture organisent la prison mémorielle où ils veulent le placer, en falsifiant, salissant, ou détournant l’histoire révolutionnaire. Ces médias font aussi la promotion des intellectuels gauchisants inoffensifs qui ont tout à tour leur moment de célébrité.

 

 

Et un média mainstream c’est de toute manière un média occidental (nord américain, européen, océanien) qui recycle avec une tonalité compassionnelle dans le langage des ONG les préjugés occidentaux néocoloniaux, et qui est nourri exclusivement par les récits émanant des agences de presse occidentales qui produisent la plus grande partie de l’information accessible au grand public : Reuters, AP, AFP. Il n’y a en dehors de quelques grandes capitales occidentales, à domicile, presque plus aucun correspondant étranger attitré de ces médias qui pourrait produire une information originale.

 

Ce monde des médias gravite autour d’un petit nombre de titres de presse qui sont considérés comme des références de sérieux et d’objectivité, palme qu’ils ne manquent pas de se décerner à eux mêmes : le Monde, le New York Times, le Washington Post, et qui ne valent pas mieux que les autres. La seule différence étant que leurs rédacteurs principaux ont un statut des notables dans les milieux politiques décisionnels occidentaux qui dépasse celui que devrait leur apporter le niveau de leur rémunération.

 

Il y a des médias capitalistes ou d’État extérieurs à cette sphère géographique et culturelle, en Russie, en Chine, et dans la plupart des pays non occidentaux, mais leur contenu est jugé suspect à moins qu’il ne reflète servilement le contenu des grandes agences de presse occidentales, et dans ce cas il aura les honneurs d’une sélection dans « Courrier International ». Un média non-occidental n’est coopté dans le circuit de l’information mondialisée que s’il soutient les interventions de l’Occident dans le monde non-occidental, ou s’il reflète des positions caricaturalement réactionnaires pour servir de faire-valoir au discours de propagande du premier monde.

 

C’est pourquoi les médias russes sont devenus indispensables à qui veut s’informer aujourd’hui en Occident : ce sont les seuls médias dynamiques et professionnels qui ont un intérêt objectif partiel à un dévoilement du réel. Ce qui explique les opérations de censure directe dont ils font l’objet.

 

Sinon la censure habituelle porte plutôt que sur la publication et l’édition, sur la diffusion et le référencement, comme le savent bien les animateurs de sites socialistes ou communistes de par le monde.

 

Le point le plus important à retenir est en même temps le plus banal et le plus facile à comprendre : l’information sur le réel est aliénée à des intérêts privés.

 

La justification libérale de cet état de fait, selon laquelle un média honnête aurait plus de succès (et donc rapporterait davantage de profits à son propriétaire) et éliminerait les médias malhonnêtes ne tient pas la route une seule seconde : ces médias perdent presque tous de l’argent, à part les nouveaux médias des GAFAM, dont l’information est un produit secondaire. A part le fait que la concurrence développe au détriment de l'information sérieuse l’espace dévolu à la distraction et aux faits divers, il est patent que les médias sont les danseuses des grands groupes capitalistes, qui leur servent à distiller des messages qui favorisent leur intérêts, mais aussi dans leur croisade permanente contre tout ce qui n’est pas capitaliste et occidental (après tout ces gens peuvent être désintéressés).

 

Ce problème est ancien : les législateurs de la Libération avaient à cet effet interdit la concentration dans les entreprises de presse.

 

En gros le message mainstream est le suivant : le capitalisme produit des marchandises en abondance pour tout le monde, et une société tolérante où chacun fait ce qu’il lui plaît, et si ce n’est pas encore le cas partout, ce le sera bientôt grâce aux interventions de l’Occident. Nous ne vivons pas au sein d’un Empire mais dans une communauté internationale respectueuse de tous ses membres, et d’ailleurs cet empire qui n’existe pas est l’empire le plus bienveillant de l’histoire, auquel on ne peut reprocher qu’une seule chose : ne pas envahir assez de territoires pour y apporter la paix et la prospérité. Mais il s’affaire pour porter la démocratie et la liberté partout où le capitalisme ne règne pas, ou pas autant qu’on le voudrait, comme en Chine.

 

Toutes les information dites sérieuses qui sont diffusées doivent concourir à ce récit.

 

Lorsque des voix s’éloignent de ce consensus, elles deviennent de moins en moins audibles, sont diabolisées par la « théorie de la théorie du complot », ou s’enferrent d’elles-même dans des contradictions ou des polémiques stériles, parce qu’elles acceptent une partie des présupposés de la presse capitaliste en rejetant arbitrairement le reste.

 

Dans le passé, les médias appartenaient déjà à des capitalistes, mais l’impression reste que des messages opposés au capitalisme pouvaient davantage s’exprimer. C’est en partie une impression fausse, car l’information dont on a disposé sur des points cruciaux, sur l’URSS tant qu’elle existait, et qui s’est déposées dans les livres d’histoire, est encore moins fiable que le contenu de l’actu d’aujourd’hui. Mais le capitalisme avait des contradictions internes, des contradictions internationales, et il y avait une contradiction principale entre le capitalisme et le socialisme, et de part le monde un nombre non négligeable de situations socio-économiques mixtes qui reflétaient un compromis instable entre les deux systèmes. Une minorité dans la bourgeoisie occidentale, petite mais impossible à négliger, avait même fait le choix du socialisme, entre 1945 et 1975 environ, pour des raisons objectives qu’on ne peut pas développer ici sans sortir du sujet, et la bourgeoisie du Tiers Monde s’affichait volontiers marxiste.

 

Il y avait donc grâce aux contradictions dans le réel une ouverture vers l'expression de la vérité, qui n’existe plus aujourd’hui.

 

Maintenant pour s'y orienter, on doit conjuguer les deux principes opposés : a priori, rien de ce qu’annonce la presse capitaliste n’est crédible ; et d’autre part, qu’il est très difficile de s’en passer complètement pour s’informer de ce qui se passe vraiment. Il faut mettre au point des grilles de déchiffrement au cas par cas.

 

Ne croire en rien de ce que propage la presse capitaliste ne signifie pas croire en tout ce qu’elle ne propage pas, ou en ce qu’elle propage en lui affectant un coefficient négatif (comme les produits du blogueur Soral).

 

La règle de bon sens est de ne pas prendre position, de ne même pas évoquer les questions sur lesquelles on n’a pas de connaissance, ou pour lesquelles on n’éprouve pas d’intérêt ou d’attirance. Ne pas en parler signifie ne même pas dire qu’on n’en parle pas et feindre l’étonnement et l’ennui en présence d’un faux débat sociétal.

 

Cela semble assez facile de conserver assez de recul de jugement, mais il est incroyable de voir à quel point le public, et notamment le public militant relativement cultivé qui se recrute dans la classe moyenne, peut être crédule, ou au moins sidéré par les informations d’officines qu’il sait pourtant clairement se situer dans le camp ennemi.

 

L’affaire Biélorusse est assez exemplaire d’un autre aspect de la situation actuelle : les médias capitalistes occidentaux interviennent comme des partis politiques dans les affaires des petits pays. Ils suppléent aux partis pro-empire qui n’y existent pas spontanément. En ce sens le journaliste indépendant en vient à nourrir le camp politique qui attaque les institutions ou l'État visés par les groupes de médias capitalistes. Les trouvailles du reporter free lance seront sélectionnées selon leur conformité à l’objectif. En Biélorussie l’impression qui en résulte est que le pouvoir n’a absolument aucun soutien, ce qui serait quand même bien surprenant, puisqu’on avoue maintenant qu’il en avait beaucoup auparavant (ce que l'on n'avait jamais dit).

 

Qu’est ce qu’un « média mainstream » ?

Les mensonges actuels sont pour une part les aveux des mensonges précédents.

 

Le parallèle avec le mouvement en Bolivie contre le report des élections montre aussi comment un vrai mouvement populaire qui ne bénéficie pas des soutiens massifs des médias et des services occidentaux peut être occulté par les images d’une foule savamment manipulée dans une situation émotionnelle et hystérisée où on ne fait même pas semblant de vérifier les informations.

 

Comme disait Gil Scott-Heron the revolution will not be televised !

 

Il existait autrefois une presse liée à la classe ouvrière qui pouvait totalement ou partiellement relayer un message anti-capitaliste ou anti-impérialiste. Mais le conformisme social et l’intimidation produite sur les journalistes par des médias mainstream qui se confirment les uns les autres sont tels que petit à petit ces espaces se ferment, de l’Humanité au Guardian.

 

L’affaire Assange quant à elle est la chronique de la mise au pas du journalisme d’investigation, et témoigne de la fin des perspectives libératrices liées à l’agitation anarchisante dans le cyber-espace, au hacking et au piratage sur la toile. La persécution cruelle dont ce journaliste indépendant de grand format fait l’objet est une manière d’avertissement pour tous les autres.

 

Ce tableau peut paraître sombre, mais il faut tenir compte du renouvellement incessant des contradictions, et des efforts renouvelés aussi d’une partie des professions médiatiques d’être à la hauteur de leur déontologie, en créant des espaces indépendants. Le monde des réseaux sociaux et notamment Youtube offre aussi malgré la censure arbitraire qui s’y exerce des opportunités de communication et de diffusion des médias non-capitalistes.

 

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29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 06:16

Il fallait bien que ça arrive : habitant une rue Garibaldi, je me devais, un jour où l'autre, de rendre hommage à cet extraordinaire combattant pour la liberté et le progrès que fut Giuseppe Garibaldi. Par exemple en reprenant un article du blog de Jean Lévy.

 

Depuis maintenant quelques semaines une campagne mémorielle se déploie autour la chute de Napoléon III et de la guerre de 1870.

Cela aurait pu être fort intéressant tant est forte et décisive cette période, ses liens avec la réinstauration la République (IIIe), celle qui conduira à la Commune mais aussi donnera légitimité à ses massacreurs, celle des guerres coloniales et de l’assise durable de la révolution industrielle capitaliste, ses luttes des exploités, ses sanglantes répressions.

Cette fin 1871 début 1871 est un de ces moments pivots qui ont fait entrer la France dans ce qu’on nomme l’histoire contemporaine.

Si la somme des batailles et défaites, les potins de l’état major, les trahisons en chaîne sont évoquées, si les discours et articles commémoratifs tombent comme à Gravelotte, si comme d’habitude chaque mort n’est compté que comme une unité de chair à canon ; il y a un absent intimement lié au peuple et son combat républicain.

L’Oublié des Commémoration a qui le peuple a consacré rues, places, Boulevards, gares et stations, peuple qui lui a érigé des monuments et dont personne ne parle.

Celui dont les morts au combat de ses troupes n’ont pas toujours droit de cité sur les monuments au morts de Bourgogne, des Vosges et Franche comté. Le général qui libérera Dijon, dont les troupes (c’est comme un affront jusqu’à nos jours fait à l’amicale des culottes de peau) seront celles qui arracheront le seul drapeau à l’ennemi durant un maëlstrom de défaites et forfaitures d’un état major qui se préparait plus à s’en prendre ultérieurement à Dreyfus qu’à faire ce pourquoi il était – grassement – payé.

Celui dont les chemises rouges faisait trembler le bourgeois et faisait jaillir la haine d’un Thiers : Guiseppe Garibaldi.

 

 

Ce qui suit n’est pas pour faire étalage d’une culture qu’il n’a pas mais parce que la place de Garibaldi est aussi immense dans l’histoire de notre pays qu’elle est masquée par l’histoire officielle et ses manuels  ; l’actualité des commémoration le confirme.

C’est que le personnage n’est pas que celui de l’indépendance italienne.

C’est aussi l’inventeur d’une solidarité internationaliste et d’une théorisation de la guerre populaire héritière des soldats de l’an 2, pas une armée de conquête territoriale mais de Libertés. Cela fera de Garibaldi un stratège Républicain une affirmation et un engagement dont ceux qu’on appelle toujours les garibaldiens sont porteurs.

Nous les retrouverons tant dans les brigades internationale en Espagne dans la Brigade Garibaldi, qu’en France dans la Résistance. Les liens entre les Garibaldiens, l’immigration italienne en France tant sur les rives de la méditerranée que dans les pays miniers, de la naissance d’un parti communiste jusqu’à sa mémoire dans les combats (un des détachements FTP des combats de la libération de Paris avait pris son nom) que dans le fait que la lutte armée reprend l’idée garibaldienne de ces Francs-Tireurs du front de Bourgogne-Franche comté. Anna Marly, Russe blanche immigrée, via Londres et son Chant, apportant celui de Partisan nom de ceux qui avaient agit de même en Russie contre l’oncle de Badinguet. Les deux rassemblés donnant leur nom aux FTP.

L’épopée garibaldienne est en soit une immense histoire qui doit être explorée avec plus singulièrement en France cette prise en compte des évènements de 1870 -71.

Pour ne pas faire long et parce que pour un rappel ou une prise de connaissance cela n’est pas trop mal tourné – les spécialistes trouveront certainement à y redire, c’est tant mieux si cela participe à faire monter un flot de débats troublant la bien-pensance officielle – voici ce qu’en dit une des pages de Wikipédia :

« Deux jours après la défaite de Sedan pendant la guerre franco-prussienne de 1870, au cours de laquelle Napoléon III est fait prisonnier, une révolution à Paris abat le Second Empire et la Troisième République est proclamée206,207.

Garibaldi suit les événements de près. À la proclamation de la République, il envoie un message au Gouvernement de la Défense nationale, qui reste sans réponse « Ce qui reste de moi est à votre disposition, disposez208,209 ». La frange conservatrice et catholique ne voit en lui qu’un révolutionnaire et l’adversaire de 1849 et 1867.

Finalement, certain du soutien des Comités populaires et de personnalités du gouvernement, Garibaldi, bien qu’affaibli par son arthrite, embarque pour Marseille où l’accueil est enthousiaste (7 octobre). Il réitère son soutien à la France républicaine : « Je viens donner à la France ce qui reste de moi. La France est une patrie que j’aime », « J’étais trop malheureux quand je pensais que les républicains luttaient sans moi »

Commandant de l’Armée des Vosges

Il rejoint Tours, siège de la délégation gouvernementale hors de Paris assiégé. Gambetta, ministre de l’Intérieur et de la Guerre et organisateur de la lutte contre les Prussiens ne lui offre qu’un petit commandement, aucun officier supérieur français n’acceptant d’être sous ses ordres. Craignant le départ de Garibaldi, Gambetta lui confie le commandement de tous les corps francs de la zone des Vosges, de Strasbourg à Paris et une brigade de gardes mobiles qui, comme il en a l’habitude, sont mal armés et mal équipés pour affronter un hiver particulièrement froid.

Garibaldi place son état-major à Dole (14 octobre) et, le 11 novembre, il organise l’Armée des Vosges en quatre brigades sous le commandement de ses deux fils, Ricciotti et Menotti, de Delpech qui sera remplacé par Cristiano Lobbia et du Polonais Jozef Bossak-Hauké. Son ami Philippe Toussaint Joseph Bordone est quant à lui chef d’état-major et le gendre de Garibaldi, Stefano Canzio, chef du quartier général avant de devenir commandant d’une 5e brigade.

Le 19 novembre, Ricciotti inflige une défaite aux Prussiens du général Werder à Châtillon-sur-Seine mais le théâtre des opérations reste Dijon. Le 26 novembre, la ville qui est occupée depuis le 31 octobre ne peut être reprise aux Prussiens. Ceux-ci sont repoussés lors d’une contre-offensive le 1er décembre. Il faut attendre le 21 janvier 1871 pour que Garibaldi s’installe à Dijon, évacuée par les Prussiens le 17 décembre, ces derniers étant informés de l’arrivée depuis le nord des troupes régulières françaises menées par le général Bourbaki. Les 21, 22 et 23 janvier 1871, Dijon est attaquée par 4 000 Prussiens : Garibaldi sort victorieux tandis que Ricciotti s’empare d’un drapeau du 61e régiment poméranien.

Garibaldi pourra donc offrir à la France le seul drapeau pris à l’ennemi pendant la durée du conflit. Un armistice entre en vigueur le 28 janvier 1871 mettant fin à la participation de Garibaldi.

En février 1871, Alors que Bordeaux est la capitale provisoire de la France220 et que l’Assemblée nationale siège au Grand Théâtre, Garibaldi est élu sur les listes de l’Union républicaine, sans avoir été candidat, à l’Assemblée nationale française comme député de la Côte-d’Or, de Paris, d’Alger et de Nice. À Paris, il arrive en quatrième position derrière Louis Blanc, Gambetta et Victor Hugo.

En raison de sa nationalité italienne qui invalide l’élection et face aux accusations de la nouvelle majorité monarchiste de la Chambre, qui affirme qu’il n’a pas vraiment combattu, il décline ses mandats avant même de se présenter à l’Assemblée nationale, auprès de laquelle il se rend afin de défendre la cause des hommes qu’il a commandés. La droite s’oppose violemment à toute intervention, aussi Garibaldi se retire. En descendant les escaliers du Grand Théâtre, spontanément les gardes nationaux lui font la haie d’honneur et lui présentent les armes.

 

 

Thiers en colère, demande « pour qui un tel honneur ? ». Les gardes lui répondent « parce que c’est Garibaldi et qu’il a pris un drapeau aux Prussiens ». Des mouvements divers secouent la foule, les députés monarchistes et républicains s’insultent réciproquement. Garibaldi rejoint sa voiture et quitte Bordeaux précipitamment en déclarant « je suis venu non pour m’associer à des agissements monarchistes, mais pour défendre la République. Vive la France républicaine à jamais. »

Garibaldi est de nouveau élu en Algérie lors des élections supplétives, ce que l’Assemblée invalide, en mars, en raison du fait qu’il ne dispose pas de la nationalité française.

La haine de Thiers ne vaut- elle pas toutes les décorations ?

A la lecture de ce qui précède, ne serait-il pas utile de trouver un moyen pour qu’à l’occasion de ce cent cinquantenaire la mémoire de Guiseppe Garibaldi soit saluée ? Que, animée par cette dimension populaire, elle puisse s’exprimer d’une façon ou d’une autre tant pour ce qu’il représente que pour venir cingler la figure de ceux qui s’obstine à la contourner ?

J’en profite pour saluer les Garibaldiens de Paris (et certainement d’ailleurs) porteur de leur si belle part de la Résistance et son histoire participent depuis sa première édition à la bonne réalisation de la Journée nationale de la Résistance à Paris.

Hommage à Garibaldi
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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 06:38

 

Pourquoi le succès du “populisme macho” auprès des femmes ne se dément-il pas, demande Foreign Policy?

 

Mais que peuvent-elles donc bien leur trouver ? Voilà, résumée de façon un peu triviale, la question que s’est posée Foreign Policy après avoir constaté que, “bien qu’ayant échoué à se faire réélire, Donald Trump avait vu son soutien de la part des femmes augmenter en 2020”. Mais aussi que “des leaders mondiaux comme [le président brésilien, Jair] Bolsonaro, le président des Philippines, Rodrigo Duterte, et le président polonais, Andrzej Duda, continuent eux aussi de profiter du fort soutien de nombreuses femmes”.

 

Et ce “en dépit de l’hostilité envers les femmes” de ces représentants de ce que le magazine américain appelle le “populisme macho” : Bolsonaro “a dit un jour à une députée qu’il ne la violerait pas parce qu’elle ‘ne le méritait pas’”. Duterte “a attribué l’augmentation des viols dans sa ville d’origine au fait que l’on y trouvait ‘beaucoup de belles femmes’”. Duda “a défendu une décision de justice décrétant que les avortements motivés par des anomalies fœtales – qui représentent la plupart des avortements réalisés dans le pays – étaient anticonstitutionnels”. Et l’expression “grab them by the pussy” (“les attraper par la chatte”) de Donald Trump, par laquelle il exprimait sa satisfaction de l’effet supposé de son pouvoir sur les femmes, a fait le tour du monde.

 

 

Le site Communistes relate que l’organisation Mondiale de la Santé (OMS) souligne la nécessité de protéger toutes les populations, qu’elles appartiennent, selon sa terminologie à des pays « riches » ou «pauvres ». Cette volonté se heurte aux intérêts mercantiles et jusqu’à présent, cette orientation ne permet pas d’espérer une protection vaccinale rapide dans les pays les plus démunis. Comme pour le traitement de la pandémie, les inégalités sociales dues à la division de la société en classes et/ou liées à la domination impérialiste pèsent lourd.

 

Il en va ainsi, par exemple, à l’échelle de la Palestine où les discriminations sont flagrantes entre les colonisateurs israéliens et les colonisés palestiniens. Ainsi, l’état d’Israël qui a validé le vaccin de Pfizer et en a commandé 8 millions de doses s’active-t-il à déployer une grande campagne de vaccination en direction de la population juive en y incluant les colons, tandis que des millions de palestiniens vivant de fait sous contrôle israélien devront attendre beaucoup plus longtemps. L’autorité palestinienne (AP) n’a aucunement les moyens de répondre aux besoins financiers pour la mise en œuvre d’une vaccination de masse, pas plus que le système hospitalier ne peut répondre aux exigences de mise en œuvre du vaccin Pftizer exigeant une chaîne de froid rigoureuse.

 

 

Sur le site Anti-K, Ahmed Cheniki rend hommage à Aimé Césaire : « Il a toujours pensé que le colonialisme était tout simplement la négation de l’humanité. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a refusé de recevoir Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, en réaction à la loi du 23 février 2005 sur les « aspects positifs de la colonisation ». Alors qu’un romancier algérien avait intitulé un de ses romans, paru en 2008, Ce que le jour doit à la nuit, comme si la « nuit » coloniale pouvait enrichir « le jour ».

 

 

Enfin Res Public nous rappelle ce que la Révolution française signifia pour Emmanuel Kant : « « Un tel phénomène dans l’histoire du monde ne s’oubliera jamais car il a ouvert au fond de la nature humaine une possibilité de progrès moral qu’aucun homme n’avait jusqu’à présent soupçonné. Même si le but poursuivi ne fut pas atteint, ces premières heures de liberté ne perdent rien de leur valeur. Car cet événement est trop immense, trop mêlé aux intérêts de l’humanité et d’une trop grande influence sur toutes les parties du monde pour que les peuples, en d’autres circonstances, ne s’en souviennent pas et ne soient conduits à en recommencer l’expérience. »

 

Revue de Presse (333)
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26 décembre 2020 6 26 /12 /décembre /2020 06:11

 

 

Cette photo retrouvée sur le site de L’Humanité m’a remis en mémoire un attentat de l’OAS aux conséquences horribles qui contribua à discréditer définitivement les partisans fascistes de l’Algérie française.

 

L’OAS visait Malraux et c’est une petite fille de quatre ans, Delphine Renard, qui  fut criblée de morceaux de verre et perdit ce jour-là un œil.

 

Je me souviens parfaitement de ce drame de 1962 et, comme tous les gosses de mon âge, j’eus peur que cela puisse m’arriver d’autant que l’OAS affirmaient, à juste titre, pouvoir « frapper partout ».

 

Je suis allé voir sur Wikipédia quelle avait été la vie de Delphine après ce drame. Elle devient totalement aveugle en 1988. En 2011, elle soutient une thèse de psychologie intitulée “ Judïsme et psychanalyse : les « discours » de Lacan, publiée par les éditions du Cerf en 2012. Elle publie en 2013 Tu choisiras la vie, le récit de cet attentat. Elle exerce comme psychanalyste.

 

Elle est par ailleurs l’autrice de La Grande Maison de brique rose : la mémoire blessée dans l'attentat de l'OAS contre André Malraux, Tirésias, 2014 et Après Micheline : lettre à ma mère morte, Lyon, Éditions Baudelaire, 2016.

 

Éternelle vigilance contre les menées du fascisme
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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 06:22

 

Le site regards.fr évoque le récent putsch marseillais : « À Marseille, le coup est rude pour les électeurs enthousiastes du 28 juin dernier : ils avaient voté pour Michèle Rubirola, une femme écologiste, une sorte d’esprit libre et courageux qui avait réussi à s’émanciper des organisations partisanes de la gauche et ils se retrouvent avec Benoît Payan, un apparatchik socialiste, comme maire.

 

La dynamique qui a permis le renouveau après la longue ère de Jean-Claude Gaudin est passée par le Printemps marseillais, une formation unique en son genre, qui avait réussi à susciter enthousiasme. Composé de manière équilibrée par des personnalités de la ville, d’écologistes, de communistes, d’insoumis et de socialistes, il s’était s’incarné dans la personne de Michèle Rubirola. »

 

 

Dans des Publica, Philippe Hervé voit la laïcité comme un élément du dispositif sécuritaire.

 

« Le président Macron se pare avec délectation d’éléments idéologiques auxquels jamais il n’a cru une seconde. Dans la confusion du « et en même temps », il s’affiche comme un converti de fraîche date à la laïcité républicaine. C’est pourtant lui qui en 2018, au collège des Bernardins, dénonçait « la radicalisation laïque » poussée par des « laïcards extrémistes ».

 

Dans l’espace économique capitaliste, la désagrégation politique et idéologique s’approche de son paroxysme avec la crise sanitaire du Covid-19. Donc, pour éviter toute progression du débat raisonné, on le rend le plus confus possible et impossible à critiquer sur le fond. Aussi, les polémiques s’enchaînent au rythme de tweets incohérents et sans substance politique. C’est ainsi qu’il faut apprécier la nouvelle posture laïque du gouvernement : une posture face aux tragédies terroristes des tueurs islamistes. Une fois l’actualité braquée sur un autre sujet, le pouvoir jettera la laïcité, conçue comme un fond de décor du spectacle politique, par-dessus bord comme un kleenex usagé. L’époque vire à « l’absurdie », érigée en système de pouvoir. »

 

 

Dans Le Grand Soir, Marc Vandepitte, présente « des faits marquants, des chiffres et des citations du monde entier qui n’ont guère attiré l’attention des autres médias, mais qui méritent certainement d’être mentionnés pour comprendre le monde chaotique d’aujourd’hui.

 

Depuis le livre Ils nous ont oubliés de Peter Mertens, président du Parti du Travail de Belgique, nous savons que la COVID est un virus de classe. Un virus qui touche plus durement les classes du bas que celles du haut dans la population. Mais saviez-vous que le virus touche aussi plus durement les femmes que les hommes ? Suite à la pandémie, les femmes risquent davantage que les hommes de perdre leur emploi. Car en moyenne elles sont plus nombreuses à travailler dans des secteurs frappés par les confinements. Les femmes ont aussi dû plus souvent renoncer à leur travail pour s’occuper des enfants suite aux interruptions scolaires ou au manque de garderies d’enfants. »

 

 

Le site Anti-K revient sur la désindustrialisation dans les pays méditerranéens : « Pourquoi l’industrie se concentre-t-elle autour de la mer du Nord et déserte la Méditerranée ? Tout simplement parce que si on les laisse circuler librement, les capitaux s’agglomèrent spontanément dans les régions les plus denses industriellement. Les populations suivent, avec retard, les pôles d’attraction industriels. C’est une loi générale connue depuis le XIXe siècle et développée notamment par l’économiste britannique Alfred Marshall. À l’époque, il s’agissait de comprendre pourquoi l’unification économique des nations engendrait l’exode rural et le développement de grands centres urbains. La même dynamique est aujourd’hui à l’œuvre sur le continent européen unifié par le marché unique. Mais au lieu que ce soient des départements qui se désindustrialisent et se dépeuplent, ce sont à présent des pays entiers qui disparaissent lentement.

 

Alors pourquoi la mer du Nord et non la Méditerranée ? Pour des raisons historiques et géographiques. L’Allemagne a connu un boum industriel dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Elle a accumulé des infrastructures qui la rendent aujourd’hui plus efficace que les autres régions européennes. Or, avec la libre circulation du capital, les petits écarts hérités de l’histoire ne peuvent que s’approfondir. Les effets d’agglomérations permettent aux pays les plus industrialisés d’attirer les investissements industriels, tandis que les régions les plus fragiles perdent en attractivité. Ce phénomène est cumulatif. »

 

Revue de presse (332)
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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 06:13
Je reprends ici un article du site Les Crises sur la privatisation de la recherche universitaire française par le banquier éborgneur.
 
 

Le projet de modernisation de la recherche française s’appuie sur le modèle américain. Il favorise les financements privés, une logique commerciale et compétitive, suscitant de vives critiques de la communauté scientifique.

par Amelia Veitch

Le modèle universitaire américain séduit par son prestige. Est-il transposable en France ? Frédérique Vidal, ministre qui a mené la Loi de Programmation de la Recherche (LPR) jusqu’à son adoption finale le 20 novembre, semble penser que oui. En important des mesures du système universitaire anglo-saxon, la LPR ambitionne de « porter la France à la pointe de la recherche scientifique mondiale pour relever les défis de demain » et à « améliorer l’attractivité des métiers scientifiques ».

En premier lieu, la LPR prévoit d’augmenter le budget de la recherche, afin qu’il atteigne 3% du PIB et ainsi « rattraper le retard de la France ». Plutôt que de miser sur les dotations publiques des laboratoires, la loi favorise les financements par « appels à projets ». Ces derniers sont le mode de financement dominant aux États-Unis : ils prennent la forme de dons ou de contrats avec des structures privées, publiques, et les nombreuses fondations philanthropiques.

« Une défiscalisation des revenus qui financent la recherche garantit le succès économique du système » explique Romain Huret, membre du Centre d’études nord-américaines. Dans ce contexte, les universitaires bénéficient à la fois d’un cadre de recherche exceptionnel ainsi que de salaires très valorisants.

Si les conditions sont nettement moins attractives en France, la recherche par projet inquiète. Selon les Économistes Atterrés, ce genre de subvention ponctuelle a deux défauts : les chercheurs passeraient plus de temps à séduire les potentiels financeurs plutôt que de se consacrer à la recherche en elle-même; et la sélection des projets serait soumise à des « effets de mode ». Les thématiques les plus médiatisées et orientées vers les intérêts du secteur privé seraient valorisées, plutôt que celles ayant le plus d’intérêt scientifique.

Pour François Garçon, historien et maître de conférence à Paris 1, admirateur du modèle anglo-saxon, « la concurrence est un excellent moyen de savoir qui sont de bons chercheurs ». Or, le comité d’éthique du CNRS avertit que la compétition entre les laboratoires pour obtenir des financements serait « propice au développement de méconduites et fraudes telles que le plagiat et la falsification des résultats ».

Ensuite, la LPR promet l’amélioration des salaires des universitaires, nettement inférieurs à ceux de leurs collègues américains. En revanche, l’accès au statut d’enseignant-chercheur, un véritable chemin de croix actuellement, ne sera pas facilité. Deux dispositifs « facultatifs », précise le texte, sont créés : les CDI de mission, qui prendraient fin avec le projet de recherche, et les chaires de professeur junior. Ces derniers sont l’équivalent des tenures tracks américaines : un dispositif de pré-titularisation sous conditions.

Dans une tribune au Monde, cinq professeurs du Collège de France expliquent qu’il s’agit d’une « norme internationale largement répandue » qui permet aux jeunes chercheurs « d’entrer dans la carrière académique après avoir fait la preuve de leur autonomie ». Déjà mise en place à Sciences Po, la tenure track est perçue comme étant un dispositif d’évaluation stimulant. Mais l’Association Française de Sociologie dénonce la « fétichisation dérisoire des systèmes de recrutement en vigueur à l’étranger, expurgés des limites pourtant bien réelles (standardisation sociale et scolaire des profils des étudiants, émergence d’une anxiété généralisée chez les doctorants et les universitaires en tenure tracks) et déjà bien connues ».

Un « réseau Science et Médias » chargé des liens entre la recherche et la société, sera également créé, sur le modèle du Science Media Center britannique. Celui-ci est pourtant critiqué dans The Guardian pour agir comme une agence de communication, voir un groupe de lobbyiste, plutôt qu’une source d’information fiable.

Malgré la contestation déjà forte contre la philosophie néolibérale du texte, le gouvernement a glissé en dernière lecture deux amendements faisant polémique. L’un, sécuritaire, sanctionne durement les intrusions en réunion dans les universités – réprimant ainsi tout mouvement contestataire. L’autre permet l’embauche de professeurs sans l’exigence de qualification délivrée par le Conseil National des Universités (CNU). Son fonctionnement collégial attaqué, celui-ci a riposté en demandant la démission de la ministre.

Inquiets de la précarisation du personnel, les opposants à la LPR auraient préféré l’embauche massive de permanents, afin de mener de la recherche de fond dans un contexte de sérénité de l’emploi. Pour Gabriel Marais, chercheur au CNRS, le modèle américain est à « bout de souffle ». Il serait dommage, selon lui, de mettre de côté les spécificités de la recherche française, qui font également des envieux chez les chercheurs étrangers : démocratie scientifique, liberté de revendiquer, statut stable des personnels, valorisation de l’autonomie. La créativité scientifique serait davantage stimulée par une organisation « positive » plutôt que par « l’hyper-compétitivité » que favorise la LPR.

Dans un contexte sanitaire qui souligne plus que jamais la nécessité, pour la science, de se mettre au service de la société, la réforme est vue comme mettant la recherche aux petits soins du secteur privé. Le seul recours réside désormais dans la saisine du Conseil constitutionnel.

Références :

Dossier législatif LPR : https://www.vie-publique.fr/loi/275347-loi-de-programmation-de-larecherche-2021-2030-lppr

Romain Huret, « Un modèle américain ? », Revue internationale d’éducation de Sèvres, 45 | 2007, 127-134.

Note des Economistes Atterrés : 

http://atterres.org/article/loi-de-programmation-dela-recherche-une-loi-de-pr%C3%A9carisation

Avis du Comité d’Ethique du CNRS (COMETS) sur la LPR : https://comiteethique.cnrs.fr/avis-comets-lppr/

Tribune au Monde pour la LPR : https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/09/21/laloi-de-programmation-pluriannuelle-permettra-a-la-france-de-rester-un-phare-de-la-recherche-europeenne_6052987_3232.html

Note de l’Association Française de Sociologie : 

https://afs-socio.fr/gouverner-par-lesinegalites/

Le Science Media Center par The Guardian : https://www.theguardian.com/science/2002/jun/02/gm.observersciencepages

Gabriel Marais sur la LPR : https://blogs.mediapart.fr/gmarais/blog/181120/loi-pourla-recherche-lpr-consequences-pour-la-qualite-de-vie-au-travail

 

 

La Loi sur la Recherche française : le Gouvernement poursuit sa croisade néolibérale
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