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22 juin 2020 1 22 /06 /juin /2020 05:29

 

Selon le site Révolution, « Macron n’a rien dit sur la réforme des retraites et la réforme de l’assurance chômage, ce qui signifie qu’elles ne seront pas abrogées. Il n’ose pas encore le dire ouvertement, car il redoute un embrasement social. Dans l’immédiat, le chef de l’Etat voulait parer au plus urgent : apporter un soutien sans faille aux policiers – ou, plus exactement, aux éléments les plus réactionnaires de la police, qui exigeaient de Macron une claire condamnation des manifestations contre le racisme et les violences policières. C’est chose faite : aux centaines de milliers de jeunes et de travailleurs qui se sont mobilisés à travers le pays, ces 15 derniers jours, Macron a répondu en fustigeant le « communautarisme » et le «séparatisme », tout en bafouillant des choses sur les statues, l’Afrique, la méditerranée et la « réécriture haineuse ou fausse du passé ». Rien sur les violences policières. Rien sur le racisme dans la police et la gendarmerie.

 

Ce faisant, Macron a délivré une précieuse leçon à ceux qui pouvaient avoir de sincères illusions sur la « neutralité » de l’Etat bourgeois. En effet, la police est bien un pilier de « l’ordre », de l’ordre capitaliste (couvert d’un voile « républicain »). Les policiers, ce sont « des hommes en arme qui protègent la propriété bourgeoise » disait Marx. Et le racisme – dans la police, dans les médias, dans la bouche des politiciens réactionnaires – est aussi l’un des principaux piliers de l’ordre établi. Sous couvert de laïcité, de sécurité ou de lutte contre le terrorisme, la bourgeoisie française alimente sans cesse le racisme. C’est son arme de diversion massive : elle livre les immigrés à la vindicte populaire dans le but de protéger les véritables responsables de la misère et du chômage (c’est-à-dire : elle-même). »

 

 

Éric Fassin a adressé une longue lettre ouverte au banquier éborgneur, reprise dans plusieurs sites, dont Regard.fr : « Monsieur le Président, vous avez peur de votre police. C’est que vous en avez besoin pour imposer votre politique. Tout le monde l’a bien compris lorsqu’à la veille des mobilisations contre la réforme des retraites, les forces de l’ordre ont obtenu d’être épargnées : elles conservent leur “ régime spécial ” pour mieux réprimer dans la rue l’opposition à un projet prétendument universel. Votre peur est incarnée par le ministre de l’Intérieur qui recule à chaque fois que les syndicats de policiers élèvent le ton. Le contraste avec la campagne médiatique lancée par le ministre de l’Éducation contre les professeurs « décrocheurs » est frappante : Christophe Castaner est le ministre des policiers ; à l’évidence, Jean-Michel Blanquer n’est pas celui des enseignants.

 

Or les idées d’extrême droite sont aujourd’hui majoritaires parmi les forces de l’ordre. Pour se faire entendre, des policiers n’hésitent pas à participer à des manifestations illégales. Si celles-ci se multiplient, c’est qu’elles ne sont jamais sanctionnées. Ils se sentent en position de force – quitte à endosser la posture de victimes. La ministre de la Justice elle-même s’abstient de condamner des consignes syndicales contraires à la loi : « Non, c’est pas légal ; mais la question n’est pas celle-là ! », a-t-elle osé déclarer. Autrement dit, la police est au-dessus des lois. Vous avez peur de la jeunesse, et vous la réprimez ; vous avez peur de la police, et vous capitulez. Votre régime de la peur fait peur pour la démocratie.

 

 

Danny Sjursen disserte longuement dans Le Grand Soir (longue vie à ses infatigables administrateurs bénévoles !) sur les guerres menées actuellement par les Etats-Unis : « Comme c’est étrange. Les États-Unis se battent en Somalie par intermittence depuis le début des années 1990. Près de 30 ans plus tard, alors que le secrétaire général de l’ONU, soutenu par des dizaines de pays, a raisonnablement appelé à un cessez-le-feu mondial afin que l’humanité puisse se recentrer sur "le vrai combat de nos vies", en mettant Covid-19 sous contrôle, les Etats-Unis y sont toujours en guerre. Alors que les navires de la marine étasunienne se transforment en zones de pandémie et que l’homme de la Maison Blanche a dénoncé à plusieurs reprises les “guerres sans fin ridicules ” de ce pays, la guerre du Pentagone en Somalie contre un groupe terroriste insurgé du nom d’al-Shabaab s’intensifie en fait. » 

 

 

Revue de presse (327)
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17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 05:36

Vous connaissez bien sûr « le florilège des coulisses du tournage » de la dernière série de Canal +. Y a-t-il beaucoup de mots français plus jolis que « florilège », ce vocable apparu vers 1700 et qui signifie « choix de fleurs » ? Et comme vous aimez cette expression « les coulisses du tournage » qui nous emmène clandestinement là où nous ne devrions pas être, dans l’intimité du travail des acteurs et des techniciens, avec leurs réussites, leurs joies, leurs ratés !

 

Mais soyons modernes. Contrebalançons-nous de cette poésie, de cette précision, du génie de notre langue. Et disons « le best of du making of » de la dernière série de Canal +.

 

Il fut un temps où, dans ce contexte, on utilisait l’expression « le film du film », avec cette subtile mise en abyme d’un réalisateur qui filme un autre réalisateur. C’était moins joli mais on voyait clairement ce à quoi on avait affaire : un petit film documentaire sur le tournage d’un plus grand film.

 

Le plus triste c’est que les anglophones n’utilisent pas spontanément cette expression que nous leur avons singée. On trouvera « making of » dans, par exemple, « the making of beer » (le brassage de la bière) ou «the makings of a revolution » (les caractéristiques d’une révolution), ou encore « the makings of new songs » (les ébauches de nouvelles chansons).

 

Les mots chéris des médias et des politiques (20)
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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 05:29

 

 

 

 Dans Le Grand Soir, Tristan Cork explique qu’en 2015 les contribuables de Bristol payaient encore des dettes aux propriétaires d’esclaves de la ville. Depuis 1833, ils ont versé308 milliards de livres, en «compensation » aux propriétaires d’esclaves, a admis le Trésor. Les 20 millions de livres sterling que le gouvernement a dépensés en 1833 pour rembourser les riches propriétaires d’esclaves étaient si importants qu’il a fallu 182 ans au contribuable pour les rembourser.

 

L’information a été révélée par le Trésor dans le cadre d’une demande de liberté d’information – mais lorsque les fonctionnaires ont décidé de tweeter la révélation, la façon dont ils l’ont fait a déclenché une réaction si furieuse qu’ils ont rapidement supprimé le tweet.

 

Le Trésor a confirmé que lorsque le gouvernement britannique a aboli l’esclavage et interdit aux gens de posséder des esclaves en Grande-Bretagne ou dans les colonies britanniques partout dans le monde, ces propriétaires d’esclaves ont tous reçu une compensation.

 

 

 

Toujours dans Le Grand Soir, Dominique Muselet analyse le sentiment de culpabilité qui nous taraude depuis le début de la pandémie : D’après les psychologues, c’est d’abord le confinement lui-même qui engendre des sentiments de culpabilité... Le confinement peut causer un fort sentiment d’isolement, de rejet et de culpabilité. Pour d’autres personnes, la première image qui leur vient à l’esprit lorsqu’ils sont à l’isolement, c’est la prison. Ce qui signifie symboliquement qu’ils sont dangereux pour l’autre et qu’ils ont fait quelque chose de mal. D’où le sentiment de culpabilité alors que nous sommes victimes. 

Il y a aussi la peur de contaminer ses proches : des soignants en grande détresse qui ont peur de transmettre le virus à leurs patients et à leurs proches.

 

Les enfants aussi peuvent ressentir des émotions fortes, comme la peur, la culpabilité, la honte, après l’annonce de la fermeture de leur école. Comment en parler avec eux ? Comment les rassurer ? Et comment vivre ce confinement de manière enrichissante ?

 

 

Dans son blog du Monde Diplomatique, Frédéric Lordon ironise sur les clusters : Il faut être capable de le reconnaître : il y a des clusters en France. Des clusters de violence institutionnelle, de racisme, de mensonge et de déni. Nous ne sommes pas complètement démunis : nous pouvons les localiser avec une grande certitude : la préfecture de police, la Place Beauvau, l’Élysée – on a repéré également des super spreaders : CNews, LCI, France Télévision, BFM, Radio France (notamment à l’étage de France Info). Nous devons aussi admettre que nous n’avons pas été assez vigilants pendant trop longtemps : nous n’avons pas appliqué convenablement les gestes barricades, pas assez porté nos masques. Et voilà où nous en sommes. Mais nous pouvons nous ressaisir. Nous le devons même : nous sommes en guerre.

 

 

Res Publica nous remet en mémoire un extrait du formidable livre de Frantz Fanon, Peau noire, masques blancs, paru en 1952 : « Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de rechercher en quoi ma race est supérieure ou inférieure à une autre race. Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur de souhaiter la cristallisation chez le Blanc d’une culpabilité envers le passé de ma race. Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de me préoccuper des moyens qui me permettraient de piétiner la fierté de l’ancien maître. Je n’ai pas le droit ni le devoir d’exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués. Il n’y a pas de mission nègre ; il n’y a pas de fardeau blanc. Je me découvre, moi homme, dans un monde où les mots se frangent de silence. Dans un monde où l’autre, interminablement, se durcit. Non, je n’ai pas le droit de venir et de crier ma haine au Blanc. Je n’ai pas le devoir de murmurer ma reconnaissance au Blanc. Il y a ma vie prise au lasso de l’existence. Il y a ma liberté qui me renvoie à moi-même. Non, je n’ai pas le droit d’être un Noir. […] Qu’il me soit permis de découvrir et de vouloir l’homme, où qu’il se trouve. Le nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. Tous deux ont à s’écarter des voix inhumaines qui furent celles de leurs ancêtres respectifs afin que naisse une authentique communication. »

 

Revue de presse (326)
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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 05:06

 

Absolument : la cigarette qui vous empêche d'avoir mal à la gorge ! Quand j'étais jeune ado et que je fumais en douce, il m'arrivait de me procurer des Pall Mall. Ça déglinguait bien plus que les Gauloises.

La pub nous prend pour des cons, la pub nous rend cons (15)

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8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 05:26

A propos de l’enseignement privé, Philippe Dufau nous remémore dans Res Publica le Serment de Vincennes du 19 juin 1960 : La Guerre scolaire public/privé  (tout comme la lutte des classes) est toujours d’actualité mais ce sont les Églises qui la conduisent, notamment catholique, et les républicains qui font profil bas.

 

L’anniversaire du Serment de Vincennes est l’occasion de faire un bilan, bilan dans lequel nous constaterons que c’est la République laïque et son socle, l’enseignement public qui y a laissé des plumes, enseignement public qui, contre vents et marées, est maintenu à flots par ses soutiers que sont les enseignants.

 

Nous, délégués des pétitionnaires des communes de France, représentant 10.813.697 Français et Françaises de toutes origines et toutes opinions ayant signé la pétition solennelle contre la loi scolaire de division du 31 décembre 1959 (dite loi Debré) faisons le serment solennel :

 

— de manifester en toutes circonstances et en tous lieux notre irréductible opposition à cette loi contraire à l’évolution historique de la Nation,

— de lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation,

— et d’obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’École de la Nation, espoir de notre jeunesse. »

 

Revue de presse (325)

 

 

Le Monde nous explique que, durant une décennie, des sociétés comme Capgemini ont accompagné les réductions de lits et les plans d’économies. Le coronavirus leur a donné un nouveau terrain d’exercice.

 

« Nous vivons et travaillons dans une période sans précédent », constate Capgemini sur la page d’accueil de son site. Et le groupe français, leader du consulting dans l’Hexagone avec 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, s’est adapté. 

 

La société fait partie des groupes qui ont été sélectionnés pour le développement de la fameuse application de « tracking » StopCovid, qui permet de référencer les malades et leurs contacts.

 

Capgemini a aussi mis sur pied durant la crise, toujours pour l’AP-HP, un centre d’appels pour « accélérer le processus de mobilisation des professionnels de santé d’Ile-de-France ». La société réalise aussi de l’analyse de données pour l’Institut Pasteur ou encore une prestation de services auprès de la centrale d’achats hospitaliers RESAH pour « sécuriser les approvisionnements » en masques et autres matériels médicaux cruciaux.

 

 

Selon le site Communistes, pour accroître leurs profits, les multinationales cherchent à intensifier l’exploitation des salariés par l’allongement du temps de travail, la baisse ou le gel des salaires, l’augmentation des cadences, la précarisation des contrats, la remise en cause des conventions collectives... 

 

« Sachons nous réinventer, moi le premier », disait Emmanuel Macron le 13 avril. Se réinventer, oui, pour mieux servir les exigences du capital. Avec son gouvernement il met les bouchées doubles pour assurer la reprise et développer les profits des multinationales.

 

Ainsi, la ministre du Travail déclare : « On va être dans une situation difficile économiquement. Donc il y a un risque sur l’emploi, mais il y a des alternatives. Je pense qu’il faut se serrer les coudes […] on peut aussi négocier des accords de performance collective » a affirmé Muriel Pénicaud sur LCI dimanche 31 mai.

 

Le Medef a sorti son plan de relance : « un catalogue de mesures dans lequel le gouvernement pourra puiser ». Il propose un " dispositif complémentaire " au chômage partiel afin d'éviter les licenciements et de conserver les compétences. " Il s'agit d'une alternative qui permettrait de garder l'ensemble des effectifs mais d'adapter l'activité, donc de faire un temps partiel obligatoire en compensant financièrement les salariés en question."

 

L'organisation patronale souhaite aussi renforcer les fonds propres des entreprises en encourageant l'annulation de l'ensemble de ces charges fiscales reportées.

 

Le Medef intègre également à son plan une revendication déjà connue : la baisse des impôts de production. De Bézieux s'est montré ferme sur le sujet : " Nous demandons la mise en œuvre du pacte productif déjà lancé par le gouvernement, avec la suppression dès 2021 de la C3S (contribution sociale de solidarité des sociétés) et une réduction du taux de CET (contribution économique territoriale), pour un coût total de 5,5 milliards d'euros."

 

 

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6 juin 2020 6 06 /06 /juin /2020 05:28

Pour intégrer la Fonction publique, pour bénéficier de promotions internes, une seule solution : les concours ou les inspections.

 

Les concours ne sont pas la panacée, ils ne frôlent pas la perfection mais, pour l’instant, on n’a rien trouvé de mieux. On sait depuis les études d’éminents sociologues dans les années soixante que les concours ne corrigent que très marginalement les inégalités sociales et que l’égalité des chances est un vœu pieux. On sait également que les doubles corrections, à l’écrit, donnent parfois lieu à des empoignades féroces entre membres d’un même binôme tant les appréciations peuvent diverger. On sait que, lors des épreuves orales, des candidats issus de milieux favorisés, socialement ou intellectuellement s’expriment plus facilement que d’autres et peuvent installer une connivence avec les membres des jurys.

 

Pendant longtemps, l’Éducation nationale a été le seul ministère à refuser des concours internes, comme le Capes et l'agrégation. Ce sont les socialistes qui, à la fin du siècle dernier, ont fini par imposer ces procédures. Aujourd’hui, l’agrégation interne comporte deux épreuves à l’écrit et deux ou trois épreuves à l’oral. Ainsi, en lettres modernes, il y a deux dissertations à l’écrit et un commentaire de texte à l’oral. L’existence de cette épreuve est particulièrement pertinente dans la mesure où, durant toute sa vie professionnelle, l’enseignant sera amené à donner ce type d’épreuve à ses élèves. Il n’est point utile d’insister sur l’utilité fondamentale des épreuves orales dans les concours internes de langues vivantes.

 

J’ai eu le grand bonheur de participer, il y a une vingtaine d’années au jury de l’agrégation interne d’anglais. Grand bonheur car j’avais affaire à des candidats dont le profil et la personnalité me plaisaient particulièrement. Des collègues (le mot est important) majoritairement âgés de 35 à 45 ans, donc ayant déjà un vécu en tant qu’enseignant et en tant qu’être humain et souhaitant, alors qu’ils entraient dans l’âge mûr, se perfectionner, se remettre en question, échapper à une certaine routine … et progresser plus vite dans les échelles de la Fonction publique.

 

C’était sans compter sans le banquier éborgneur et son gang. Le ministre Blanquer, qui a fait presque toutes ses études dans le privé mais qui a brillamment réussi l'agrégation de droit, l’un des concours les plus difficiles et prestigieux de la République français, vient d’annoncer que les épreuves orales de l’agrégation interne étaient supprimées. Elle avaient été, dans un premier temps, reprogrammée à partir du 16 juin. Naturellement pour des raisons matérielles et sanitaires. Les épreuves écrites de l’agrégation interne se sont déroulées en janvier. Les épreuves orales devaient se tenir en avril. Pendant trois mois, les candidats ont donc été dans les affres, ne sachant pas quand et si les épreuves orales auraient lieu.

 

Ces épreuves auraient pu se tenir car elles impliquaient un faible nombre de candidats et d’examinateurs. Mais dans les faits, Blanquer veut la peau de l’agrégation interne pour de médiocres histoires de sous. Il est assez onéreux pour l’État de donner de meilleurs salaires à des certifiés qui sont promus agrégés à l’âge de 40 ans. 

 

Les membres de l’exécutif viennent de prouver durant l’épisode du Coronavirus qu’ils étaient les dirigeants les plus inaptes et ineptes depuis Attila. De fait, ils veulent tout brûler. Détruire la Fonction publique. Ils ont provisoirement raté leur coup avec l’hôpital mais ils reviendront à la charge. Quitte à prendre pour argent comptant un article payant (très cher) du Lancet, hostile à un médicament français efficace et bon marché et dont ce même Lancet a a reconnu qu’il (l’article) ne valait pas tripette.

 

Nous sommes en présence d’une mafia capable de tout.

 

 

Fin de l’agrégation interne ?
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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 05:23

 

Décidément, je n’aime pas beaucoup cette expression désormais malheureusement courante. Je ne sais qui l’a utilisée le premier dans notre pays : une officiel, un média, des médecins. Ce que je sais, en revanche, c'est qu'elle fut empruntée à … l'anglais.

 

Les deux mots me gênent. Á distanciation j’aurais préféré distance. Le mot distanciation est apparu récemment dans la langue française, en 1959 exactement, pour traduire le verfremdung forgé par Brecht qui signifiait par là qu’un auteur et des spectateurs devaient prendre des distances par rapport aux personnages (Verfremdungseffekt, inventé par le théâtre grec antique et ses chœurs). Dans la foulée, le concept de distanciation a exprimé le recul pris ou devant être pris par rapport à quelque chose ou à quelqu’un. En linguistique, la distanciation est la distance prise par un locuteur par rapport à sa propre énonciation.

 

L’adjectif social a diverses acceptions qui tournent autour des relations entre les êtres. La connotation de ce terme est globalement positive, renvoyant aux valeurs de solidarité ou sociabilité. On parlera de contrat social, de mouvements sociaux, de réseaux sociaux bien sûr, ou d’inégalités sociales … qu’il faut combattre.

 

Donc « distanciation » ne va pas, et « sociale » est beaucoup trop vague. Il aurait beaucoup mieux valu utiliser, vu le contexte, l’expression « distance sanitaire». En utilisant le mot distanciation, les pouvoirs publics français ont préféré le processus à l’état de fait. En occultant le côté sanitaire de la situation qui caractérisait pourtant parfaitement le problème et en lui préférant le terme social comme si la pandémie consignait les rapports sociaux, les pouvoirs publics ont imposé une expression peu précise et fausse.

 

Je suis allé voir chez nos voisins ce qu’il en était. Les Britanniques ne m’ont pas surpris. Après avoir nié, non seulement la gravité de la situation mais l’existence même de la pandémie, il a fallu que le chef de l’exécutif soit à deux doigts de mourir pour qu’outre-Manche soit imposée l’expression « social distanciation » (là aussi, préférence du processus à l’état de fait). Les Allemands ont utilisé le terme «Absonderung », un terme authentiquement allemand signifiant isolement. Et puis, comme c’est souvent le cas lorsqu’il s’agit d’avoir recours à des mots abstraits, ils ont utilisé des termes un peu bâtards, découlant du français comme «Distanzierung », « Distanzierkeit » ou encore «Distanzlösigkeit » («Lösigkeit » signifiant relâchement). Signalons que pour exprimer la distance, il existe le mot typiquement allemand « Entfernung ».

 

Les Espagnols ont utilisé l’expression « distancia fisica » et les portugais l’expression « distanciamento social » (ou «publico »). Pour leur part, les Néerlandais ont choisi « publike distantiëring ».

 

 

PS : en publiant ce billet le 7 mai 2020 sous la rubrique “ extensions de sens abusives ”, l'Académie Française s'est montrée beaucoup plus rigoureuse que moi :

 

L’expression distanciation sociale est une transcription de l’anglais social distancing ; elle est assez peu heureuse, et ce, d’autant moins que ce syntagme existait déjà avec un tout autre sens. On le trouve en effet dans Loisir et culture, un ouvrage, paru en 1966, des sociologues Joffre Dumazedier et Aline Ripert ; on y lit : « Vivons-nous la fin de la “distanciation” sociale du siècle dernier ? Les phénomènes de totale ségrégation culturelle tels que Zola pouvait encore les observer dans les mines ou les cafés sont en voie de disparition. » Distanciation, que les auteurs prennent soin de mettre entre guillemets, désigne le refus de se mêler à d’autres classes sociales. On suppose pourtant que ce n’est pas le sens que l’on veut donner aujourd’hui à ce nom. Distanciation a aussi connu une heure de gloire grâce au théâtre brechtien, mais même s’il s’agit, comme on le lit dans notre Dictionnaire, pour le spectateur, de donner « priorité au message social ou politique que l’auteur a voulu délivrer », il est difficile de croire que ce soit le sens de la « distanciation sociale» dont on nous parle aujourd’hui. Peut-être aurait-on pu parler de « respect des distances de sécurité », de « distance physique » ou de « mise en place de distances de sécurité », comme cela se fait dans d’autres domaines ?

 

 

 

 

De la “ distanciation sociale ”
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 05:00

 

Le site Regards.fr interroge Mathilde Panot (LFI) sur les mensonges et les fiascos de la gestion du Covid. 

 

Avant d’entrer dans le vif, pourquoi avez-vous considéré nécessaire de mener cette enquête et comment a-t-elle eu lieu concrètement ?

 

Mathilde Panot. « Au début du confinement, on a été convoqué pour voter l’état d’urgence sanitaire qui concentre encore plus les pouvoirs autour du Président et du gouvernement que ce que ne permet la Vème République, avec un contrôle des parlementaires quasiment inexistant. En avril, il est apparu de façon très claire que tout ceci n’est qu’une mascarade démocratique. Je me rappelle la première séance – où l’on a auditionné le Premier ministre. On a eu deux minutes de parole au bout de 2h30 d’audition. Puis, Richard Ferrand, qui préside la mission d’information, a décidé de réduire le temps de parole à une minute pour auditionner les ministres. Ils ont confiné la démocratie, concentré tous les pouvoirs autour d’eux pour tout décider seuls dans un moment où une mobilisation populaire était possible et le besoin de démocratie fort, notamment dans l’entreprise. La seule histoire qui a été racontée pour l’heure, c’est la version gouvernementale. »

 

 

L’Humanité explique comment le banquier éborgneur a tenté de récupérer “ les jours heureux ” : « Le président de la République avait tenté de récupérer la référence historique en la vidant de son sens. 

 

« Nous retrouverons les jours heureux. » Lors de son discours du 13 avril sur la crise sanitaire, le président de la République prononçait cette phrase remarquée. La référence historique a de quoi faire grincer des dents. Depuis le début de la crise sanitaire, Emmanuel Macron a endossé à plusieurs reprises le costume de chef d’un État en guerre, s’affichant dans les pas du général De Gaulle en se rendant à Montcornet le 17 mai dernier.

 

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, dont le parti fut l’un des piliers du CNR, a rendu un hommage à ce programme élaboré par la Résistance française. « Ils sont gaullistes, militaires et hommes blessés de voir la nation abaissée, vendue aux ambitions d’idéologues lointains, rappelait-il au sujet de ces résistants. Ils sont hommes de foi, chrétiens, musulmans, juifs, qui ne pouvaient supporter le traitement infligé à des êtres humains. Ils sont communistes, antifascistes résolus, qui avaient refusé le putsch de Franco ou la capitulation de Munich, déterminés à défendre la classe ouvrière et le bonheur commun. » Fabien Roussel a également insisté sur « l’ambition portée par les membres du Conseil national de la Résistance ». Ce programme avait permis de mettre en œuvre des avancées majeures : le droit de vote des femmes, la création de la Sécurité sociale et du système de retraite par répartition, les nationalisations des houillères, de Renault, des banques de dépôts, de la Banque de France, de l’électricité et du rail. « Un tel programme, mis en place au sortir d’une déflagration aussi traumatisante, fait écho à notre propre défi, à l’heure où notre pays, mis brutalement à l’arrêt par la pandémie, affronte une crise d’une ampleur inédite », a rappelé Fabien Roussel.

 

 

Communistes Hebdo explique pourquoi la pandémie accroît les concurrences et les tensions au sein de l’impérialisme : « En Europe, les conséquences de la pandémie ne sont pas moindres qu’ailleurs, elles accentuent les tendances anciennes. Les solutions mises en œuvre consistent à alimenter la formation d’une dette à caractère spéculatif tandis que se préparent de grandes opérations de restructurations et de concentration du capital. C’est le cas par exemple dans des secteurs aussi importants que l’industrie mécanique, la chimie et la pharmacie. Chaque pays entend défendre ses champions monopolistes et ses intérêts propres en se mettant de fait à la remorque des États-Unis. Pour les pays dominés par l’impérialisme et qui sont les plus pauvres et les plus exploités, l’épidémie ajoute une difficulté majeure : celle d’un accroissement sans précédent depuis des décennies des problèmes alimentaires et sanitaires. Ils sont une proie encore plus facile pour tomber sous la domination des puissances impérialistes qui les pillent.

 

Revue de presse (324)
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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 05:01

 

Faut-il vendre des Audi en Birmanie, demande Serge Halimi : « De la création en 1950 de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) à celle de l’Union européenne, en passant par le traité de Rome et le Marché commun, les architectes de l’Europe ont eu pour ennemis déclarés le protectionnisme et la souveraineté. On ne doit donc pas s’étonner que, même à un moment où l’économie internationale périclite et où le chômage s’envole, l’Union concocte, imperturbable, de nouveaux élargissements (Albanie, Macédoine du Nord) et qu’elle négocie de prochains accords de libre-échange (Mexique, Vietnam). Le Royaume-Uni a claqué la porte ? Eh bien, les Balkans arrivent. Et demain s’il le faut, ce sera bonjour l’Ukraine ! Nul ne peut convaincre un forcené d’agir contre sa nature. Or l’Europe a l’obsession de construire un grand marché. Sans frontières, droits de douane ou subventions. Faute de nouvelles libéralisations commerciales, elle tomberait en effet par terre. C’est ce qu’on appelle la « théorie de la bicyclette » : on doit pédaler vers davantage d’intégration, ou c’est la chute. Le monde dont rêve Bruxelles ressemble depuis longtemps à une énorme flaque d’huile bien lisse sur laquelle des cargos de marchandises glissent au son de l’Hymne à la joie.

 

 

Selon Frédéric Lordon, la zizanie règne chez les « sages » européens : « Sitôt annoncée par Mme Angela Merkel et M. Emmanuel Macron, la proposition franco-allemande de relance européenne impliquant une dette commune a été critiquée par plusieurs États membres de l’Union. La dépression consécutive à la pandémie de Covid-19 porte au point de rupture les contradictions de celle-ci, comme l’illustre également un récent jugement de la Cour constitutionnelle allemande. »

 

 

Le nouveau Triptyque de notre République : Travail, Famille, Wi-fi (Julien Brygo) : « Les géants du numérique pouvaient difficilement imaginer qu’un test grandeur nature de leur vision de la société serait un jour justifié par un motif sanitaire. Or, pendant quelques semaines, producteurs et consommateurs ont dû régler toutes leurs affaires par écran interposé. Y compris quand il s’agissait d’école, de divertissement, de santé. »

 

 

Alain Garrigou dénonce la grande illusion de la paix par le commerce : « Au début du XXe siècle, l’écrivain Norman Angell développa une réflexion sur le caractère irrationnel d’un conflit majeur en Europe. Selon lui, l’importance des relations économiques et commerciales entre les nations du Vieux Continent devait faire obstacle à une telle éventualité. Démentie par la première guerre mondiale, sa pensée a néanmoins irrigué le pacifisme libéral et donné des arguments au néolibéralisme. »

 

 

Pour Thomas Frank, rien ne changera fondamentalement aux Etats-Unis : « Aucun pays ne dénombre autant de victimes du Covid-19 — près de cent mille le 21 mai — que les États-Unis. Et l’absence d’un filet de protection médical et social y provoque une crise sans précédent depuis un siècle. En année électorale, un tel tableau aurait pu provoquer un séisme politique. Pourtant, la réélection du président sortant n’est pas exclue. Et son rival n’ambitionne que le retour aux années Obama. »

 

 

D’autant que le Texas est en armes contre le finement (Maxime Robin) : « Tout État d’Amérique a noué sa propre histoire avec le virus. Celle du Texas a démarré brutalement le 6 mars dernier, quand le maire démocrate de la capitale, Austin, M. Stephen Adler, décrétait l’état d’urgence municipal et annulait un festival international une semaine avant qu’il ne commence. Aucun cas de Covid-19 n’avait encore été signalé dans la ville ; M. Adler a tranché après que plusieurs entreprises californiennes – comme Apple, Facebook, Intel et Netflix – ont annulé leur venue, inquiètes à l’idée d’envoyer leurs employés au contact d’un demi-million de festivaliers du monde entier. Le festival, South by Southwest, est essentiel pour la culture américaine ; il rassemble quinze jours durant l’élite du divertissement, de la musique, du cinéma et de la technologie. Entre deux concerts, on aurait pu écouter là des personnalités aussi diverses que Kim Kardashian-West, Noam Chomsky et le patron de Twitter. Le badge « platinum » pour assister aux conférences coûte 1 600 dollars (1 450 euros). L’événement suffit à faire vivre à l’année une petite armée de travailleurs saisonniers dans l’événementiel : l’hôtellerie, les véhicules de transport avec chauffeur (VTC) ou la livraison de pizzas. Sa disparition a fait figure de prélude au désastre économique et sanitaire qui frappe aujourd’hui le pays. »

 

 

Philippe S. Golub décrit trois hypothèses géopolitiques : « Le brutal ralentissement de l’économie mondiale oblige les grandes puissances à repenser leurs stratégies industrielles et commerciales. Outre les effets d’annonce destinés à amadouer des populations que la crise sanitaire a angoissées, de nombreux pays promettent de tout faire pour moins dépendre de la Chine. Mais les reconfigurations à venir dépendront surtout de la tension qui oppose Washington à Pékin. »

 

 

Anne-Dominique Correa et Renaud Lambert dressent le portrait de missionnaires médiatiques et de leur regard biaisé quant à l’Amérique Latine : « Pourquoi M. Juan Guaidó est-il le vrai président du Venezuela ? À quelle vitesse le chef de l’État brésilien doit-il amputer les retraites ? Comment les péronistes vont-ils aggraver la crise argentine ? Du Mondeau Financial Times, une poignée d’« experts » latino-américanistes passent l’actualité politique de la région à la moulinette de leurs obsessions : le libre-échange et l’anticommunisme. »

 

 

Carine Milicent explique Pourquoi il faut se méfier des chiffres chinois sur le coronavirus : « L’assemblée générale de l’Organisation mondiale de la santé (18-19 mai 2020), sous le feu des critiques, a proposé de traiter tout futur vaccin contre la pandémie de Covid-19 comme un « bien commun ». Pas de quoi calmer les États-Unis, qui accusent Pékin d’être responsable du désastre sanitaire et soulignent la faiblesse du nombre de morts déclarés. Mais que cache la polémique sur ces chiffres ? »
 
Estelle Levresse explique que la Russie a réagi à la pandémie rapidement, mais avec des infrastructures obsolètes : « L’expérience de la Russie dans la lutte contre les maladies infectieuses et ses capacités hospitalières ont permis de gagner du temps contre le Covid-19. Ces atouts dissimulent, cependant, de profonds déséquilibres dans le système de santé. Alors que les cas se multipliaient début mai, la population pourrait faire les frais des faiblesses de celui-ci. »

 

 

Selon N’Dongo Samba Sylla, en Afrique, la promesse de l’« émergence » reste un mirage : « Sans cesse agité pour louer les performances prometteuses de nombreuses économies africaines, le concept d’« émergence » offre un label aux pays qui se plient aux dogmes néolibéraux, ainsi qu’aux injonctions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Surtout, il cache mal des croissances en trompe-l’œil, qui ne profitent qu’à une minorité. »
 
 
Milan Rivié décrit le jeu de dupes sur la dette des pays pauvres : « Contrairement aux déclarations du président français, la dette des pays africains ne sera pas annulée, et la suspension momentanée des remboursements qui a été consentie ne réglera pas les problèmes aggravés par la pandémie de Covid-19. Le refus de payer mérite désormais d’être envisagé. »
 
Sebastian Castelieret Quentin Müller critiquent la charité omanaise pour le Yémen : « En accueillant des réfugiés yéménites et en assurant une aide humanitaire ciblée à sa frontière, le sultanat d’Oman veille à préserver sa marque dans le sud-est de la péninsule arabique. Une présence qui se heurte aux ambitions hégémoniques de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, lesquels soupçonnent leur voisin de complaisance avec la rébellion houthiste. »
 
Adlene Mohammedi observe leretour feutré de la Syrie dans la « famille arabe » : « Dans l’attente de la réintégration de la Syrie au sein de la Ligue arabe, les rapprochements bilatéraux se multiplient, notamment avec les pétromonarchies du Golfe, l’Égypte et le Maghreb, largement encouragés par la puissance tutélaire russe. La victoire militaire du régime est loin d’être définitive, mais elle renforce une reconfiguration géopolitique à l’œuvre depuis quelques années. »
 
 

Pour Sadek Boussena, il y a beaucoup d’accords et de désaccords dans l’industrie du pétrole : « Longtemps, les États-Unis ont délégué à Riyad le soin d’assurer un prix du baril suffisamment élevé en échange de leur protection militaire. En obligeant Washington à négocier directement avec les autres grands producteurs, l’actuel plongeon des cours éclaire l’épuisement de cet arrangement. Sans que l’on sache par quoi il sera remplacé : la concurrence sans règle ou une autre forme de régulation. Ce 21 avril 2020 restera certainement dans l’histoire le jour où l’« or noir » a coûté moins cher que l’eau de pluie. À la clôture de la Bourse des matières premières à New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) s’est échangé au prix négatif de — 37,63 dollars sur le marché à terme. Une moitié de l’humanité est alors confinée en raison de la pandémie de Covid-19. La demande pétrolière est au plus bas, les pipelines et tankers déversent leur trop-plein dans des capacités de stockage approchant la saturation. Les acteurs financiers, qui spéculent sur le cours, se retrouvent avec du brut sur les bras dont ils cherchent désespérément à se débarrasser… y compris en payant les acheteurs. »

 

 

Julien Vercueil pose le problème de la thérapie de choc ou gradualisme pour les pays de l’Europe de l’Est par rapport au système capitaliste :« Trente ans après leur rupture avec le système communiste, plusieurs pays d’Europe centrale et orientale boudent l’Union européenne, en dépit de l’aide financière que celle-ci leur apporte. Souvent présentées comme exemplaires, les trajectoires de la Pologne et de la Slovénie éclairent ce paradoxe et les choix économiques des pays de la région, qui naviguent entre souveraineté retrouvée et nouvelles subordinations. »
 
 
Andrew Murray décrit les Adieux discrets au corbynisme dans le parti travailliste : « Après avoir suscité l’espoir bien au-delà des frontières du Royaume-Uni sous la direction de M. Jeremy Corbyn, le Parti travailliste vient de se doter d’un nouveau dirigeant, sir Keir Starmer, parvenu à n’incarner ni la continuité ni un retour au New Labour de M. Anthony Blair. Son principal atout ? Le fiasco de la gestion de la pandémie en cours par le premier ministre conservateur Boris Johnson. »
 
Philippe Bacqué décrit la condition des personnes âgées dépendantes et sacrifiées : « À la mi-mai, la moitié des décès du Covid 19 en France provenaient d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Pénurie de tests, de masques. Incurie dans la gestion de la crise. L’hécatombe était cependant bien prévisible. Depuis des mois, le personnel alertait sur le manque de moyens et la dégradation des conditions de travail. »
 
Denis Duclos décrit le monde terrifiant des humains confinés dans la matrice : « Comptages quotidiens macabres, toxicité du voisin, prévisions apocalyptiques, images morbides en boucle : sous couvert de protection contre le Covid-19, les médias ont organisé la terreur sanitaire au sein d’une population française prise pour aussi mûre qu’un enfant en bas âge. Devenus l’interlocuteur unique d’une audience confinée pendant deux mois, ils ont fini par absorber la réalité. »
 

Un article très intéressant d’Évelyne Pieiller sur J.R.R. Tolkien : « Vendue à 150 millions d’exemplaires, « Le Seigneur des anneaux » est une œuvre qui, au fil des décennies, loin de se démoder, a été saluée de plus en plus largement. Elle semble avoir rencontré, voire nourri, un imaginaire collectif toujours plus partagé. Or le système de valeurs et la conception de la société de la Comté déploient une morale politique dont le charme archaïque n’est pas sans ambiguïté. »

 

 

Marion Leclair et Edward Lee-Six nous parlent de Shaw et son engagement ironique : « La bourgeoisie victorienne applaudissait George Bernard Shaw, qui, pourtant, la condamnait, tout en la faisant rire, malgré des sujets un peu « scandaleux ». Sa rupture avec le marxisme et son choix d’accompagner le mouvement qui donnera naissance au Parti travailliste rendirent désirables ses étincelantes démonstrations progressistes. »
 
Ibrahim Warde explique ce qu’est la “ kakistocratie ” : « Stanley Hoffmann considérait que la meilleure explication du déclenchement de la seconde guerre mondiale se trouvait dans Rhinocéros, la pièce d’Eugène Ionesco. Pour cet éminent universitaire américain, l’absurde de la pièce « saisit, mieux que n’importe quel ouvrage d’histoire ou de sciences sociales, toutes les absurdités et tragédies de cette longue descente aux enfers   ». L’allégorie, qui porte sur la transformation de la population entière (à l’exception d’un seul homme) en rhinocéros, illustre en effet la dynamique d’un totalitarisme qui gagne jusqu’aux esprits les moins dociles.
Plus souvent, c’est dans le registre satirique que les artistes ont abordé les grands problèmes de leur temps. Dans Le Dictateur,qu’il a réalisé en 1940, Charlie Chaplin interprète deux rôles : celui du dictateur Adenoïd Hynkel, bien évidemment inspiré d’Adolf Hitler, et celui d’un pauvre barbier juif confronté aux persécutions. Dans les scènes les plus mémorables, le tragique se profile derrière le burlesque. Tout est dit lorsque le dictateur saisit une mappemonde, qu’il caresse affectueusement avant d’en faire un ballon (qui va bientôt se dégonfler) avec lequel il joue avec entrain, en imaginant être devenu « empereur du monde ». Ou lorsqu’il reçoit dans un salon de coiffure son collègue Benzino Napoleoni, sosie de Benito Mussolini, et que tous deux se préoccupent de la hauteur de leurs sièges respectifs. »

 

Le Monde Diplomatique (241)
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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 05:12

 

Selon le site Head Topics France (ben voyons…), « la fille de Brigitte Macron, Tiphaine Auzière, va ouvrir un lycée privé à Paris dont elle présidera le conseil d’administration. Tiphaine anime le projet “ Le Lycée Autrement ” qui vise à réduire « les inégalités sociales à l’école et à lutter contre la fracture territoriale. » La mission de ce nouveau lycée sera «de permettre à tous de bénéficier d’un enseignement d’excellence», en accueillant 50% d’élèves boursiers. Leur emploi du temps sera aménagé de façon à permettre aux jeunes de se consacrer à des projets personnels et collectifs. L’équipe du “Lycée Autrement” ne compte pas s’arrêter là, puisque l’ouverture d’un deuxième site sur la Côte d’Opale (au Touquet) est également prévue pour la rentrée 2021. Un jumelage entre les deux établissements, à Paris et dans le nord de la France, devra permettre « tantôt aux élèves du site parisien de profiter d’un cadre privilégié pour des révisions au calme et au grand air, tantôt aux élèves des sites en région de profiter du programme culturel du site parisien. »


 

Revue de presse (323)

 

Rachel Haller, dans Res Publica estime que les quartiers populaires ont été plus contrôlés et verbalisés que les autres : « Le confinement a en tout cas jeté une lumière crue sur les inégalités à tous les niveaux qui ont accru les difficultés : maillage des commerces alimentaires plus lâche, illectronisme empêchant de pouvoir se servir des attestations numériques… Le montant unique de l’amende (135 euros) pour non-respect du confinement va sûrement encore amplifier les difficultés de familles déjà défavorisées. De plus, les voies de recours pour contester les verbalisations sont extrêmement difficiles et cette même contestation peut entraîner une majoration significative. De nombreux procès-verbaux semblent pourtant avoir été soumis à l’arbitraire en raison du flou qui entourait les consignes. »

 

 

Le site Carnet de notes a répertorié les interventions extrêmement courageuses et républicaines (comme toujours) des forces de l'ordre pendant le confinement, grâce auxquelles elles sont devenues les premières caisses enregistreuses de notre État déconfit. Il fait la liste de PV arbitraires ou abusifs.

 

Ainsi on eut le droit de faire les courses, mais pas d’y inclure des paquets de gâteaux.

 

L’achat de coca-cola seul méritait un PV. Même chose pour les serviettes hygiéniques. On pouvait acheter une baguette, mais uniquement par lot de deux. Sauf qu’à Parmain (Val-d’Oise), un habitant pourtant muni de son attestation a pris une amende alors qu’il se rendait à la boulangerie, comme il le rapportait au Parisien. « J’avais coché la deuxième case du formulaire : déplacement pour effectuer des achats », précisa Jean-François, auquel un gendarme aurait rétorqué qu’il ne s’agissait pas d’un motif d’urgence, dressant un PV que Jean-François entend bien contester.

 

 

 

Pendant le confinement, nos cheveux ont été laissés au repos. Nadège Dubessay, dans L’Humanité, explique ce que nous avons perdu en cette circonstance : «  le cheveu s’inscrit dans un esprit d’opposition ou de revendication. L’une des plus célèbres révoltes de la paysannerie française, au XVIIe siècle, menée contre la levée d’impôt fut baptisée « la révolte des cheveux courts » car les manifestants se taillaient les cheveux. En Chine, Mao fera couper la natte des mandarins. Dans les années 1960 aux États-Unis, la militante communiste Angela Davis brandit sa coupe afro, symbole d’insoumission aux standards de beauté des Blancs. Dans les années 1960 toujours, les féministes coupent leurs cheveux longs, perçus par les hommes comme un indicateur de jeunesse, de reproduction et de séduction. En 1956, dans la Sierra Maestra, les barbudos de Fidel Castro font le vœu de ne plus se couper les cheveux jusqu’à ce que Cuba redevienne libre.

 

Qu’elle soit courte ou longue, la tignasse rebelle affiche toujours des codes opposés à la norme. Une coiffure n’enferme plus autant qu’avant dans un statut social. Michel Messu explique : « Dans cet individualisme mondialisé, nous cherchons aujourd’hui à donner une image différente des autres. La norme ne vient plus de l’extérieur. Elle est une création de nous-même. » 

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