Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 05:17
 

Dans cette livraison d’avril 2020 réalisée, comme il se doit, en espaces confinés en dehors de la salle de rédaction (comme pour les administrateurs du Grand Soir), Serge Halimi craint que tout recommence comme avant : « ne fois cette tragédie surmontée, tout recommencera-t-il comme avant ? Depuis trente ans, chaque crise a nourri l’espérance déraisonnable d’un retour à la raison, d’une prise de conscience, d’un coup d’arrêt. On a cru au confinement puis à l’inversion d’une dynamique sociopolitique dont chacun aurait enfin mesuré les impasses et les menaces. La débandade boursière de 1987 allait contenir la flambée des privatisations ; les crises financières de 1997 et de 2007-2008, faire tituber la mondialisation heureuse. Ce ne fut pas le cas.

 

Les attentats du 11 septembre 2001 ont à leur tour suscité des réflexions critiques sur l’hubris américaine et des interrogations désolées du type : « Pourquoi nous détestent-ils ? » Cela n’a pas duré non plus. Car, même quand il chemine dans le bon sens, le mouvement des idées ne suffit jamais à dégoupiller les machines infernales. Il faut toujours que des mains s’en mêlent. Et mieux vaut alors ne pas dépendre de celles des gouvernants responsables de la catastrophe, même si ces pyromanes savent minauder, faire la part du feu, prétendre qu’ils ont changé. Surtout quand — comme la nôtre — leur vie est en danger. »

 

Renaud Lambert et Pierre Rimbert attendent la prochaine fin du monde : « Un virus qui semblait abolir les frontières, sociales et nationales, a fini par les consolider. Qui profitera des appels à l’unité proférés au cœur de la lutte contre l’épidémie ? »

 

Théo Bourgeron explique la tentation de l’inéluctable au Royaume-Uni : « Soucieux d’éviter de mettre l’économie à l’arrêt, le premier ministre britannique Boris Johnson a envisagé un pari risqué : celui de l’immunité collective. Avant de faire machine arrière. »

 

André Grimaldi et Frédéric Pierru décrivent L’hôpital, le jour d’après : « Tous les spécialistes en conviennent : le confinement total est le prix du manque de moyens, notamment à l’hôpital, dû à l’incurie des gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans. C’est maintenant qu’il faut en tirer les leçons et revoir de fond en comble la politique de santé. »

 

Michael Marmot dénonce la grande faucheuse qu’est l’austérité : « Une étude conduite sur dix ans Michael Marmot le démontre : les politiques de contraction budgétaire menées depuis la crise de 2008 ont creusé le fossé qui sépare riches et pauvres en matière d’espérance de vie. En matière de progrès social, le Royaume-Uni a perdu dix ans, et cela se voit. Mesurée à l’aune de l’espérance de vie, la santé des Britanniques se dégrade, alors qu’ils s’étaient accoutumés depuis plus d’un siècle à son amélioration d’année en année. Parallèlement, les inégalités en matière de santé se creusent. Et ce qui est vrai pour l’Angleterre l’est plus encore pour l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord. »

 

Quentin Ravelli observe comment la maladie est devenue une mine d’or pour les laboratoires privés : « La France s’est révélée incapable de dépister massivement les malades du Covid-19, révélant la dépendance de la santé publique vis-à-vis des laboratoires privés. »

 

Une nouvelle mode ? Le refus de Sartre : « Le 19 avril 1980, l’enterrement de Jean-Paul Sartre mobilisa la foule, comme celui de Victor Hugo un peu moins d’un siècle plus tôt. Avec la disparition de Sartre, une époque d’engagements et de refus des corsets de la bienséance a semblé se refermer. L’exhibitionnisme médiatique ou l’enfermement universitaire ont ensuite caractérisé deux pôles du monde intellectuel. Aussi éloignés l’un que l’autre du modèle sartrien. »

 

Pierre Puchot analyse l’aggravation des inégalités au Maroc : « Reconnaissant que le modèle de développement du Maroc n’a pas atteint ses objectifs, notamment en matière de création d’emplois, les autorités du pays réfléchissent à une nouvelle stratégie. Une réflexion entamée dans un contexte marqué par l’aggravation des inégalités, par le retard accumulé dans des domaines tels que la santé et par la persistance de la contestation populaire incarnée par le « hirak » du Rif. »

 

Selon Georges Lefebvre, c’est la débandade en Afghanistan pour les Étatsuniens : « Drôle d’accord entre les talibans et Washington, qui entérine le retrait des troupes américaines sans aucune contrepartie ou presque pour les premiers. Quant au pouvoir de Kaboul, il est dans l’impasse. Même le secrétaire d’État Mike Pompeo, en visite-éclair le 23 mars, n’a pas réussi à l’en sortir. Conséquence : les États-Unis ont coupé leurs aides de 1 milliard de dollars (sur 5). »

 

Frédéric Thomas pense que l’action humanitaire peut prendre le monde sans changer le pouvoir : « Essentielle à la survie de millions de personnes à travers le monde — réfugiées, déplacées, affamées, malades, etc. —, l’action humanitaire brasse des milliards de dollars chaque année. Face aux États, aux associations, aux particuliers, elle constitue souvent un véritable pouvoir capable d’imposer ses choix et ses normes. Les victimes n’y trouvent pas toujours leur compte. »

 

L’autonomie aux Philippines est-elle en trompe-l’œil (Philippe Revelli) : « Un Bangsamoro élargi, doté d’un Parlement propre, d’une autonomie et de ressources accrues… Aux Philippines, ces revendications anciennes sont devenues réalité. Un gouvernement de transition a été nommé ; il dispose de trois ans pour asseoir les bases d’une paix durable dans la région. Une perspective qui suscite autant d’espoirs que de doutes. »

 

Pour Sonia Combe, « À Buchenwald, les antifascistes ont perdu la guerre mémorielle. Avec la libération du camp de concentration de Buchenwald en avril 1945 s’achève un calvaire et commence une histoire. Celle de prisonniers, souvent communistes, qui sauvèrent des vies au prix de choix déchirants. Mais leur geste, célébrée par le régime est-allemand, se trouve brutalement remise en question lors de la chute du Mur. Les vainqueurs de la guerre froide entreprennent alors de réécrire l’histoire. »

 

Daniel Marwecki expose les « singulières relations germano-israéliennes : Après la seconde guerre mondiale, l’Allemagne de l’Ouest tâche de s’acheter une virginité en appuyant la construction de l’État d’Israël. Bonn joua ainsi au Proche-Orient un rôle aussi important que méconnu. Mais, durant les années 1950 et 1960, cette diplomatie en quête d’absolution n’a pas toujours réussi à masquer l’expression d’un vieux fonds prêt à resurgir. »

 

Evelyne Piailler décrit ceux qui veulent réinventer l’humanité : « Activée par les ravages écologiques et les impasses du « système », une sensibilité nouvelle apparaît : le refus de la domination humaine sur la nature. S’opposant parfois à l’évidence supposée d’un égoïsme propre à l’espèce et célébrant, au contraire, les capacités d’entraide du vivant, cette entreprise de refondation anthropologique peut-elle s’inscrire dans une démarche politique d’émancipation collective ? »

 

Pour André Bellon et Anne-Cécile Robert, La Ve République est en coma politique : « Aucune Constitution occidentale ne pousse aussi loin le pouvoir personnel que celle de la France, dont le président fait figure de « monarque républicain ». Imposée dans le feu de la guerre d’Algérie sur les décombres d’une IVe République instable, cette vision des institutions a-t-elle encore un sens alors que se multiplient les défis collectifs, à la fois sociaux, sanitaires, géopolitiques ? »

 

Sandrine Baccara et Philippe Deschamps redoutent la géopolitique du brise-glace. Les océans Arctique et Austral suscitent des convoitises grandissantes. La déglaciation déjà bien perceptible en été dans le Nord pourrait ouvrir de gigantesques espaces maritimes et côtiers à la navigation comme à l’exploitation de ressources naturelles. L’évolution des flottes nationales de brise-glaces permet de mesurer l’ambition réelle des pays qui entendent tirer parti du réchauffement climatique à ces latitudes.

 

Anne Vigna dénonce la privatisation de Petrobras au Brésil : « Formé à l’école de Chicago, le ministre de l’économie brésilien Paulo Guedes ne fait aucun mystère de ses convictions libérales. Selon lui, l’intervention de l’État nuit à l’économie : il s’agit donc de la confier à la sagesse du marché… Même si Brasília nie avoir projeté de privatiser Petrobras, le joyau national du secteur pétrolier commence à faire les frais de cette vision du monde. »

 

Jean-Baptiste Mallet nous emmène au cœur d’Amazon, derrière les murs de l’usine à colis : « Partout dans le monde, les travailleurs des entrepôts logistiques Amazon font face à un afflux inédit de commandes. Que se passe-t-il dans les gigantesques plates-formes de la multinationale américaine ? »

 

Il fut un temps où le commerce propagea la peste à Marseille (Alain Garrigou) : « Les pères de l’Union européenne ont prêché que le commerce adoucirait les mœurs. Une foi moins partagée par temps d’épidémie. Même au siècle de Montesquieu, même dans le port de Marseille…« Nul plus que Montesquieu ne contribuera à accréditer la doctrine du doux commerce. Dans la partie de L’Esprit des lois qu’il consacre aux questions économiques, on relève, dès le premier chapitre, l’observation suivante : “C’est presque une règle générale, que partout où il y a des mœurs douces, il y a du commerce ; et que partout où il y a du commerce, il y a des mœurs douces”. » Dans son essai sur la façon dont les penseurs modernes tentèrent de trouver une solution aux guerres, Albert O. Hirschman en ignore une curieuse cécité : ils ne semblent pas apercevoir que le commerce n’est pas forcément aussi doux qu’ils le disent. »

 

Denis Duclos explique comment faire face au confinement : « Il est étrange d’être un participant désarmé devant la montée d’un cataclysme et de s’en vouloir observateur. Des passions contraires nous traversent. L’indifférence forcée et la peur incontrôlée : la première appelle à continuer comme si de rien n’était, la seconde à surveiller et à punir tout mouvement interdit. Laissons aux preux soignants (et spécialistes en infectiologie, épidémiologie ou virologie) déterminer la mesure de l’une et l’autre attitude. Après Pline l’Ancien (23-79 après Jésus-Christ) regardant les gens quitter tranquillement la pluie de cendres sur Pompéi sous des coussins – ces masques d’époque – , travaillons plutôt à repérer quelques traits parcourant notre « société-monde » en proie à la mathématique de la contagion. »

Partager cet article
Repost0
6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 05:09

 

Selon Désobéissant dans Le Grand Soir, « le G20 va jeter cinq mille milliards de dollars dans le gouffre capitaliste et cela ne suffira même pas à diminuer le creusement de l’abîme tant ce dernier croît à un rythme plus accéléré que le nombre de morts de la pandémie ! Aucun politicien, aucun économiste, aucun “ prédictionniste ” ne se hasarde à dire qu’il existe une chance de survie et de reprise économique. Ils se contentent d’affirmer que tous les moyens doivent être mis, sans limite, pour « aider l’économie » et, si ces sommes colossales parviennent bien aux mains des capitalistes, elles ne créent ni une relance, ni une prospérité et même pas une confiance des capitalistes eux-mêmes !

 

Trump verse 2200 milliards de dollars d’aide... aux capitalistes ! La BCE verse 750 milliards d’euros aux mêmes ! Le Japon leur verse 120 milliards de dollars...

 

Aucun Etat et aucune banque centrale ne verse aux peuples, aux travailleurs, aux petites gens ! Oui, le système capitaliste tentera de se maintenir quoiqu’il en coûte à la société humaine ! Il est prêt à payer, et surtout à faire payer aux peuples n’importe quel prix, en argent comme en vies humaines, pour sauver la domination de la minorité capitaliste sur l’humanité exploitée ! »

 

 

UFAL, dans Res Publica, dénonce le cléricalisme du banquier éborgneur : « Dans un communiqué du 23 mars 2020, le conseil scientifique COVID-19 instauré par le Président de la République pour « éclairer la décision publique » considère « le soin pastoral » comme « essentiel dans toute réponse à une crise épidémique ». Il recommande donc la « création d’une permanence téléphonique nationale d’accompagnement spirituel inter-cultes ».

 

Dans un pays dont 60 % des habitants environ se disent incroyants, ou détachés de leur religion d’origine, une instance officielle peut-elle, en temps d’épidémie, ne se préoccuper que des 40 % restants ? C’est déjà contraire à toute règle prophylactique… « Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » (La Fontaine) : « celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas » (Aragon). Un conseil institué officiellement par le Président d’une République laïque auprès d’un ministre se doit de respecter absolument la liberté de conscience, et de ne reconnaître aucun culte – principes constitutionnels. Le bricolage « inter-cultes », c’est le cléricalisme, qui prétend soigner avec la « clériquine » – autrement dangereuse que la chloroquine chère au professeur Raoult ! »

 

 

 

Jack Dion, dans Marianne, expose ce que sera le jour d’après selon Thierry Breton [dont Macron fut le banquier en 2010 et 2011] : « Si la plupart des festivals d’été sont menacés, le festival Breton (Thierry) a bien eu lieu. Le commissaire européen en charge du marché intérieur a eu droit à une interview dans Paris Match et une invitation sur France Inter. A chaque fois, il a expliqué que l’Union Européenne n’avait rien à se reprocher, qu’elle était formidable, qu’elle avait 20/20 sur tous les sujets, et que si les règles des traités européens avaient été mises sous le boisseau pour cause de crise, il faudra les rétablir au plus vite.

Bref, le jour d’après sera le jour d’avant ripoliné. Pour le commissaire, le maître mot doit être « la solidarité ». Il a raison. Mais comment peut-on exhiber un tel principe dès lors que l’on a laissé les groupes multinationaux liés de près ou de loin à la santé fuir le vieux continent pour aller s’installer à l’autre bout de la planète, en Chine ou en Inde ? Certes, la crise sanitaire est mondiale et nul ne l’avait envisagé. Mais il était prévisible qu’en corsetant les pays dans des règles budgétaires drastiques, en démantelant les services publics en général – et l’hôpital en particulier – le moindre accident d’envergure aurait des conséquences catastrophiques.

On y est. On ne peut s’en tirer, à l‘instar de Thierry Breton, en effaçant les responsabilités de Bruxelles, celles des Etats qui se sont pliés au diktat des Eurocrates, et celles des PDG qui ont mis le cap sur l’exode sans se poser la moindre question sur les retombées de leur stratégie, sauf en ce qui concerne le niveau des dividendes versés à des actionnaires accros au « pognon de dingue ». »

 

Revue de Presse (316)
Partager cet article
Repost0
30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 05:12

Alain Bertho explique magistralement dans les colonnes du Grand Soir en quoi la pandémie du Coronavirus n’a aucun précédent :

 

« Si la grippe de Hongkong est entrée dans l’histoire comme la première pandémie de l’ère moderne, celle des transports aériens rapides, la pandémie de Covid-19 restera sans doute comme la première pandémie de la mondialisation sauvage, celle de l’explosion du trafic aérien, de l’interdépendance planétaire des économies, de la destruction de la biodiversité et de l’interconnexion généralisée. Et celle « de l’absence de quartier général sanitaire planétaire. La pandémie que nous subissons est aussi un événement politique.

 

[…] En France la colère monte et l’inquiétude avec. Colère contre les dizaines d’années de casse du service public de la santé, depuis trois années de casse effrénée de tous les dispositifs de solidarité. Colère contre l’impréparation ahurissante d’un des Etats les plus riches du monde devant une menace vitale. Et inquiétude devant l’amateurisme, les atermoiements, les mensonges en cascade du pouvoir.

 

[…] Depuis une trentaine d’années, la mondialisation libérale, financière et dévastatrice n’a eu qu’un credo : la planète entière, sa vie, ses ressources, ses habitantes et habitants, leur travail, leurs rêves, leur pauvreté, leurs maladies, les pénuries auxquelles elles et ils devaient faire face, tout, absolument tout, pouvait être transformé en produit financier. Il n’y a pas un aspect de nos vies qui se trouve à l’abri de la sangsue d’un profit sans limite qui dévore le temps, la vie, l’intelligence. L’Australie brûle, l’eau est cotée en Bourse. L’espérance de vie progresse, la retraite doit être financiarisée. Même l’explosion des inégalités devient exploitable par cette inversion généralisée du « ruissellement » qu’est l’explosion du crédit : ils n’ont rien, qu’ils s’endettent. »

 

 

 

Selon Gilles Questiaux, dans Réveil communiste critique la réponse du pouvoir à la pandémie : « Le confinement généralisé et le langage autoritaire du pouvoir français, qui succède sans transition au laxisme et à la minimisation au plus haut niveau crée une ambiance nécessaire pour essayer de faire oublier les manquements caractérisés et les responsabilités qui peuvent être retracées ad hominem.La posture guerrière dont se délecte le chef de l’État, déjà ridicule en temps normal, est infantile.

 

 

L’épidémie a révélé de la part des autorités françaises un niveau d’impréparation sidérant : pas de masques ni de gels désinfectants, non pas seulement pour le grand public mais pour le personnel soignant, pas assez de place en soins intensifs et en réanimation, aucune réquisition du secteur privé. Disparition des stocks de matériel ou de médicaments, malade laissés sans soin chez eux, tri des malades en état critique pour l'accès aux respirateurs, incapacité à produire des tests de dépistage, la liste des manquements graves de ce gouvernement et de ceux qui l’ont précédé depuis 2012 au moins semble sans fin. »

 

 

 

 

 

Revue de Presse (315)

 

Pendant la pandémie, la présence des forces armées étasuniennes en Europe s’amplifie. Manlio Dinucci, dans Il Manifesto décortique le rôle des forces nucléaires étasuniennes en Europe, rôle clarifié par le général Wolters dans son audition au Sénat. Quand le sénateur Fischer lui demande ce qu’il pense de la non-première-utilisation des armes nucléaires, le général répond : « Sénateur, je soutiens une politique flexible de la première utilisation. »

 

 Face à une déclaration d’une telle gravité, silence complet des gouvernements, des parlements et des grands médias européens. Dans la même audition le général Wolters affirme que « depuis 2015 l’Alliance a mis surtout l’accent sur le rôle des capacités nucléaires et que le Commandement Européen des États-Unis soutient pleinement les recommandations, contenues dans la Nuclear Posture Review2018, de déployer le missile balistique à faible puissance W76-2. » La tête nucléaire à faible puissance W76-2, déjà installée sur des missiles lancés depuis un sous-marin (annonce faite par le Pentagone le 4 février), peut être installée aussi sur des missiles balistiques avec base à terre au bord du territoire ennemi.

 

 

Un peu de divertissement en ces temps douloureux : l'1dex nous propose une bonne rasade d'anagrammes par André Guinnard :

 

 

En ces temps de moiteurs que subit notre tourisme, nous devons être toniques et nous poser la bonne question. Nous aurons ainsi des semaines animées, avec, dans le viseur, la survie des populations alpines malmenés par celles de la plaine. Les meetings seront les gisements de nos idées, y faire barrage ouvrirait la bagarre.

Alors, sans se mettre en pétard, on prend le départ sans éviter la vérité, pour ne pas passer pour des menteurs. C’est sûrement la magie de l’imagemais mes amis, le touriste urbain, voyant trop de toitures, misa sur le droit fédéral, lequel déferla sur nos riches chéris. Acheter un hectare ou une résidence secondaire n’est plus permis. Ce mépris favorise, certes la religion de l’original, car nos voisins du bas ont des visions à court terme de gérants de stations sans apports d’argents. Dorénavant, pour offrir des services, il faudra se sortir les viscères, voir usiner dans nos ruines, en espérant un jour, avoir le droit de manger nos tommes sur nos sommets.

Le messie à l’origine du séisme Weber se voulait soigneur mais échoue lamentablement pour la guérison. Son présent, un vrai serpent de mer, promis indolore, a endolori. Alors on retient que l’intérêt de Weber est de spéculer sur le sépulcre des montagnards et de jouer au timonier des minorités. Il suggère d’explorer la Chine, une niche intéressante, croit-il, comme aussi le client coréen ou encore d’Arménie, voire  de faire destrucs avec les turcs. Il ne comprend pas que de cette manière, on peut craindre que les Emirats ne deviennent les maitres de nos audits et de nos futurs taudis. Pour lui, cette emprise étrangère serait permise. Mais nous savons que notre ténor promet et se trompe.

Nous, nous préférons nous réunir, plutôt que de nous laisser ruiner par un amateur un peu marteau etinviter chacun à faire de notre action une vitrine, pour que les stations de ce rêveur ne ressemblent pas à uneverrue sur le visage d’une vierge givrée. Nous allons discuter sans se trucider, de suite, sans se reposer sur un lit de lichen (ça ferait chenil), sans bailler, en restant libéral et responsable.

Partager cet article
Repost0
28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 06:18

 

Gagnant-gagnant. Encore un concept qui nous vient des Etats-Unis (win-win). Selon la définition de Wikipedia, « Un accord par lequel chaque partenaire se préoccupe de l'intérêt de l'autre, d'une façon également favorable à son propre intérêt. Il ne s'agit pas de rechercher le meilleur compromis de partage des gains, mais de trouver un accord qui augmente les gains de chacun. »

 

Ce type de stratégie a une soixantaine d’années. Il a été pensé par des psychologues étasuniens pour la résolution des conflits entre parents et enfants, puis adapté au monde de l’entreprise privée. Ce concept est désormais très utilisé par les médias et le personnel politique du monde entier.

 

C’est peut-être Ségolène Royal qui, lors de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2007, l’utilisa chez nous en premier. Ce qui surprit de la part d’une femme politique officiellement de gauche. Il s’agissait – semble-t-il, puisqu’elle n’eut pas l’heur de mettre son programme en pratique – de repenser les rapports entre le collectif et l’individuel, entre les patrons et les salariés. Ce que le banquier éborgneur prolongerait avec son « en même temps ». L’illusion qu’un équilibre raisonné pourrait triompher des égoïsmes, des individualismes décomplexés, pourrait imposer du social, mais aussi du politique. Plus de contrat léonin, plus de pâté de cheval et d’alouette (« Pour faire du pâté d’alouette, prenez un cheval et une alouette… »), critiqué par Laurent Fabius lui-même en 2010 : « Cette résignation, ce fut le social-libéralisme, une sorte de pâté d’alouette : on voit bien en quoi il est libéral, pas trop en quoi il est social. »

 

La société française est de plus en plus injuste, elle qui privatise les gains et socialise les pertes, elle qui exclue les pauvres des bénéfices en leur faisant supporter les pertes des riches.

 

Les mots chéris des médias et des politiques (17)
Partager cet article
Repost0
27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 06:16

Le titre est de moi. Ce qui suit est de Philippe Arnaud, bien sûr, champion de France des téléspectateurs du service public.

 

Les journaux télévisés de France 3 de 19 h 30 et de France 2 de 20 h 25 mars 2020 annonçaient que le gouvernement allait adopter des ordonnances qui "assouplissent" le droit du travail.  Les salariés pourront travailler 60 heures sur une semaine au lieu de 48 heures aujourd'hui. Et, sur une période consécutive de 12 semaines, ils pourront travailler 48 heures au lieu de 44 heures. Le travail du dimanche pourra être assoupli pour travailler 7 jours sur 7. Des règles qui pourraient s'appliquer jusqu'en décembre prochain. [Et un bandeau portant "la semaine des 60 heures" défilait sur l'écran].

 

Remarque 1. Le verbe assouplir est révélateur par ses connotations positives, c'est-à-dire par ce à quoi il s'oppose, par ce à quoi il est contraire. Il est révélateur par ses antonymes, ses opposés. "Assouplir", c'est rendre plus souple. Or, quels sont les contraires de souple ? Ce sont les adjectifs buté, cassant, dur, empesé, gourd, inflexible, intraitable, intransigeant, lourd, rigide, sévère, strict...

 

C'est-à-dire des termes à connotation négative, qu'ils soient pris au sens propre (physique) ou au sens figuré (moral). On peut donc en déduire que si on "assouplit" le droit du travail ce droit est quelque chose de buté, cassant, dur, empesé, gourd, inflexible, intraitable, intransigeant, lourd, rigide, sévère, strict... donc, de souverainement antipathiquedésagréablegênantanti-naturel, etc.

 

Remarque 2. Il est à cet égard révélateur - et, au passage scandaleux - que le droit (et, spécialement le droit du travail) soit présenté d'une façon aussi négative alors que, selon la belle formule de Lacordaire "entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit". En effet, depuis le XIXe siècle, tout le droit du travail a été élaboré pour encadrer et limiter les pouvoirs discrétionnaires du patron en matière de salaire ou de condition de travail. Si, au journal télévisé, on présente ainsi le droit c'est donc qu'implicitement, au journal télévisé, on se place du point de vue patronal...

 

Remarque 3. Le journal ajoute que les syndicats sont inquiets et l'on donne la parole à une porte-parole de la CFDT, qui dit qu'il y a des risques d'épuisement et d'accident de travail... mais le tout en quelques secondes, après un panoramique sur l'immeuble de la CGT et un autre sur celui de F.O. Ce que l'on peut noter, au passage, c'est que la communication de la télévision est pour ainsi dire uniquement gouvernementale. On entend très peu les syndicats, les partis de gauche, les journaux de gauche, les intellectuels de gauche, les associations de gauche.

 

Remarque 4. Il est dit, dans le reportage, que les mesures (des 60 heures, du travail le dimanche...) pourraient s'appliquer jusqu'en décembre prochain. Or, décembre, c'est bien au-delà des dates de fin probable de l'épidémie et du confinement, prévus en mai ou en juin. [Déjà, le journal signale que la situation sanitaire a arrêté de se dégrader en Italie, pays le plus touché au monde]. 

 

Il est néanmoins possible que le gouvernement affirme qu'en décembre le pays n'aura toujours pas remonté la pente et qu'il faudra rattraper les retards de production. Mais pourquoi, sur sa lancée, ne prolongerait-il pas la période de rattrapage jusqu'à la mi-2021 ? Jusqu'à décembre 2021 ? Jusqu'à l'été 2022 ? Et pourquoi, tant qu'il y serait, n'en reviendrait-il pas en catimini aux 39 heures, voire aux 40 heures ? Après tout, il pourrait prétendre que 40 heures, c'est moins que 60 heures et pourrait même présenter cette régression subreptice comme un cadeau ! Même chose pour le travail du dimanche : une fois qu'on aura travaillé tous les dimanches jusqu'à la Saint-Sylvestre 2020, pourquoi ne pas étendre le travail du dimanche à tous les corps de métier ? Notamment à ceux auxquels les syndicats s'opposaient le plus fermement ?

 

Remarque 5. Ces questions posent le problème des faits accomplis et des habitudes acquises. Une fois que l'on a fait passer dans la réalité un certain nombre de choses, il est très difficile de revenir à la situation antérieure. Cela se vérifie dans les deux sens : il y a 76 ans (depuis la Libération) que la droite, les riches et le patronat ne cessent de miner, saboter, détruire, annihiler les conquêtes sociales du C.N.R. Et ils se disent peut-être que l'actuelle pandémie constitue une occasion rêvée (une "divine surprise") pour en finir avec les régimes honnis existant depuis 1944.

 

France 2 et France 3 aiment les virus qui cassent le Code du Travail (Philippe Arnaud)
Partager cet article
Repost0
23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 06:12

Dans Res Publica, Kyle Harper, professeur d’histoire à l’Université d’Oklahoma, explique que le climat et les épidémies ont précipité la chute de Rome : « Ce ne sont pas les épidémies seules qui se sont avérées aussi disruptives mais la conjonction de ces épidémies et de faiblesses structurelles sous-jacentes ou d’autres événements géopolitiques. Prenons l’exemple de la Peste de Cyprien, une épidémie du milieu du IIIe siècle. Nous ne savons pas quel agent pathogène l’a provoquée, mais nous avons les preuves qu’il s’agissait d’un microbe particulièrement mortel. Pourtant, la Peste n’a pas agi seule. L’économie romaine était déjà affaiblie. L’agriculture avait déjà souffert de sécheresse. Le système politique était traversé de tensions et de faiblesses intrinsèques, et l’Empereur bataillait pour maintenir sa légitimité à travers l’ensemble d’un immense territoire. C’est la combinaison de tous ces facteurs au même moment qui a emporté la résilience de l’Empire romain. Le résultat, ce fut la « première chute de l’Empire romain ». Le système impérial qui a émergé après cette crise s’est révélé assez différent, avec un empereur d’un autre type, un nouveau système monétaire, et même un nouveau Dieu. »

 

Revue de Presse (314)

 

Dans Le Grand Soir, Georges Gastaud conseille de « virer la mondialisation virale » : « La pandémie en cours montre que la mondialisation capitaliste a tout d'un fleuve en crue rompant ses digues et arasant tout sur son passage. L'alternative à la désegmentation sauvage et néolibérale du monde n'est pas dans la juxtaposition nationaliste d'étangs d'eau croupie (= l'emmurement du "on est chez nous !" lepéniste), mais dans un internationalisme re-segmentant rationnellement le monde à la manière d'écluses canalisant un fleuve. Le but est de permettre l'échange durable par la mise à niveau égalitaire des dénivelés territoriaux existants : la coopération égalitaire d'Etats souverains et solidaires planifiant leur sortie du capitalisme et s'orientant vers un communisme de nouvelle génération. La crise du coronavirus ouvre un nouveau cycle historique de lutte entre les partisans d’un système obsolète, le capitalisme-impérialisme-exterminisme, et les porteurs d’un mode de production tourné vers l’homme, le socialisme-communisme. Après une période d’abattement prévisible, où il faudra surmonter la tentation du chacun pour soi et résister à la tentation de fascisation du système capitaliste en faillite, des millions de gens se mettront inévitablement en mouvement contre la mondialisation capitaliste, contre la « construction » européenne et contre l’oligarchie capitaliste. »

 

 

L’1dex nous rappelle comment l’Académie française définit le verbe “ confiner ”, et ce n’est pas gai :

 

« xiiie siècle. Dérivé de confins.

1.  V. tr. Reléguer dans un endroit précis, dans un espace limité. Confiner un prisonnier dans sa cellule. Confiner quelqu’un dans un bureau. Il vivait confiné au fond de sa province. Pron. Il se confinait dans sa chambre. Fig. Confiner quelqu’un dans un emploi subalterne. Pron. Se confiner dans la solitude.

 

Spécialement. Air confiné, qui n’a pas été renouvelé. L’atmosphère confinée de la chambrée.

2.  V. intr. Être contigu à, toucher aux confins d’un pays, d’une terre. La France confine à la Belgique, au Luxembourg, à l’Allemagne, à la Suisse, à l’Italie et à l’Espagne. Ces prés confinent à la forêt. Fig. Leur imprudence confine à la folie. »

 

 

Dans un article repris par de nombreux médias, Frédéric Lordon se demande si nous n’allons pas vers un krach général : « Jusqu’à présent cependant, les crises financières se présentaient comme des événements propres à leur sphère seulement – la sphère des marchés, des banques, etc. Or la situation présente offre ce caractère remarquable, et inédit, que la crise financière y est, non pas « isolée », mais comme la métonymie d’une multitude de crises sectorielles arrivant à synchronisation : les crises du néolibéralisme, en cours de fusion-totalisation ; l’ensemble de la construction au bord du syndrome chinois. L’hôpital, l’école, la recherche : tout comme à propos de la finance, on peut dire que le virus est le choc de trop survenant sur des institutions tellement démolies – par le néolibéralisme – qu’un supplément de tension les menace d’effondrement. S’il y a coronakrach, il ne s’agira pas « simplement » de krach financier : mais de krach général : tout était déjà au bord de craquer, tout va craquer pour de bon. »

 

 

 

Partager cet article
Repost0
21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 06:20

Au journal de 19 h 30 de France 3 (17 mars), il a été question, entre autres, de l'autorisation nécessaire pour sortir de chez soi, ne serait-ce que pour acheter une baguette ou faire uriner le chien. Il est curieux (et sans doute prudent...) qu'aucun journaliste n'ait eu l'idée de rapprocher cette mesure de son équivalent, imposé en France par les Allemands, entre 1940 et 1944. Cette mesure était connue sous le nom de "Ausweis" (autrement dit de "Laissez-passer"). 

 

 

Ce qui est frappant, c'est le parallélisme des formes entre le document réclamé par le gouvernement Macron/Philippe, d'une part, et celui de la Kommandantur, d'autre part :

 

 

1. Les résidents sur le territoire français doivent, outre l'autorisation de sortir, être munis d'une pièce d'identité avec photo. Mais les Ausweisse des années d'Occupation comportaient également deux volets où se trouvaient tous les éléments d'une carte d'identité : nom, prénom, date et lieu de naissance, éléments anthropométriques, et, bien entendu, photo.

 

 

2. Sur le document que j'ai trouvé sur Internet, se trouve la reproduction d'un Ausweis délivré à un résident de Vierzon (à la limite de la ligne de démarcation), ayant pour justification générale  : "Für den kleinen Grenzverkehr" (autrement dit pour les petits va-et-vient frontaliers). L'adjectif "petits" renvoie précisément à ce qui est accordé aux résidents français de mars 2020 : des déplacements dans un périmètre limité autour de leur domicile.

 

 

3. De même, les motifs autorisés de déplacement ressemblent beaucoup, en 2020, à ce qu'ils étaient en 1942. Le deuxième motif actuel est le déplacement pour effectuer des achats de première nécessité. Et sur l'Ausweis auquel je me réfère, le motif du déplacement du titulaire de la carte est "Verproviantierung" (autrement dit "ravitaillement", "approvisionnement"), ce qui est cohérent avec la profession de l'intéressé : "Gastwirt" (c'est-à-dire aubergiste").

 

 

Mais il n'y a pas que ces aspects techniques, car, au-delà, l'esprit qui préside à cette mesure est le même :

 

 

4. Le gouvernement a appelé la mesure "confinement" mais, pour les Français nés avant 1939, ou pour ceux qui ont vécu des épisodes de la guerre d'Algérie, cette mesure porte un autre nom : "le couvre-feu", qui interdit à la population de sortir durant une certaine période de la journée - en général la nuit - afin de mieux assurer la sécurité de la zone et d'interdire, par exemple, la circulation des mineurs. [Laquelle circulation est, de facto, interdite auxdits mineurs depuis plusieurs jours par la suspension des activités scolaires]. Et, à certains égards, la mesure est même plus large que le couvre-feu, car alors que celui-ci prohibe la circulation de nuit, l'actuel confinement la prohibe 24 heures sur 24.

 

 

5. L'autre parallèle est le déploiement de la police et de la gendarmerie, (presque) toutes affaires cessantes, pour faire respecter les mesures du confinement, comme, en 1940-44, les Français pouvaient être contrôlés par la police ou la gendarmerie française, ou, dans d'autres circonstances, par la Milice ou la Wehrmacht.

 

6. On rétorquera que la France n'est pas en guerre, qu'elle n'est pas bombardée, qu'elle n'est pas menacée par une puissance étrangère, qu'elle n'est pas occupée par une armée ennemie, comme entre 1940 et 1944 (et 1945 pour certaines portions du territoire). Et que le mot "guerre" – sans doute pas innocemment – prononcé à plusieurs reprises par le président de la République dans son discours du 16 mars n'est que métaphorique puisqu'il ne s'agit pas de combattre une armée ennemie mais un virus. Mais comme le Covid-19 se moque assurément des péroraisons d'Emmanuel Macron, le message subliminal en réalité adressé aux Français semble plutôt être : "Attendez-vous à ce qu'on vous applique des mesures de guerre si vous n'obéissez pas au doigt et à l'oeil...".

 

 

7. Ces mesures de confinement, de surveillance généralisée de la population, de "flicage" n'éveilleraient pas autant la suspicion si elles n'émanaient pas d'un gouvernement qui, par de multiples aspects, s'est comporté en ennemi de ses concitoyens : lois fiscales outrageusement favorables aux riches et aux entreprises, dégradation des conditions d'indemnisation du chômage, aggravation des lois El-Khomri prises sous François Hollande, sabotage méthodique des retraites par répartition, via une loi très mal ficelée, usage de l'article 49.3, répression violente des manifestations - peines de prison sévères, usage de LBD (lanceurs de balles de défense qui mutilent des yeux ou des mains, voire tuent), arrestations préventives de citoyens avant même que ceux-ci aient entamé la moindre manifestation...

 

 

8. La nécessité de juguler l'épidémie pour justifier les actuelles mesures de confinement apparaît plutôt comme un prétexte hypocrite pour tester, grandeur nature, un rêve de nombreux gouvernements - et pas seulement seulement des dictatures : la surveillance, le flicage, la mise au pas de la population. Les techniques modernes actuelles (surveillance d'Internet, de l'usage des cartes de crédit, caméras urbaines, drones, logiciels de reconnaissance faciale...) y pourvoient déjà largement. Il ne suffirait que d'un événement, même mineur, d'ordre géopolitique, social ou économique, pour que cette société se mette en place.

 

 

 

 

9. Certes, le gouvernement peut invoquer les meilleures raisons - ici, la protection de ses concitoyens contre une pandémie - pour justifier ses agissements. Mais ses raisons ne sont peut-être pas la raison et sans doute, dans la haute Administration, dans ceux qui constituent l’État profond, certains ne sont-ils pas dupes des raisons qu'ils invoquent. L'enfer est pavé de bonnes intentions : lorsque le bras séculier ou l'Inquisition livrait des hérétiques au bourreau, c'était pour sauver leur âme...

 

Philippe Arnaud

 

Philippe Arnaud a-t-il connu l'Occupation ?
Partager cet article
Repost0
19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 06:21
La pub nous prend pour des cons, la pub nous rend cons (4)

Partager cet article
Repost0
16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 06:34

 

Selon le site Communistes Hebdo, les troisièmes élections législatives en un an en Israël ont été marquées par un taux de participation important de plus de 70 % et par le succès de la liste du premier Ministre sortant Benjamin Netanyahu qui devance clairement celle du parti qualifié de centriste « bleu et blanc » de Benny Gantz. Ces résultats ne sont guère étonnants tant les politiques menées par les gouvernements israéliens successifs avec le soutien des EU et de l’Union Européenne ont été axées sur la liquidation des accords d’Oslo et l’accentuation de la colonisation de la CisJordanie au détriment du peuple palestinien.Les récentes positions des EU concernant l’avenir de la Palestine et qui sont la négation de l’existence d’un État palestinien ont donc reçu un appui de masse de la population juive israélienne. Ce climat de violence entretenu par les dirigeants israéliens est en rapport avec leur volonté d’en finir avec leurs obligations internationales de constitution de deux États souverains sur le territoire de la Palestine.

 

 

Dans les colonnes du Grand Soir, Jean-Luc Mélenchon réfléchit – il est l’un des rares politiques français à réfléchir – à l’après pandémie : « De nos jours, ce qui sera remarquable c’est que les chaînes d’interdépendance dans la production, qui se seraient autrefois rompues et réparées à échelle locale, seront rompues à échelle du monde parce que l’atelier général de notre époque est en Chine. Il faudra quelques semaines pour observer concrètement cette rupture et il en faudra de nombreuses autres pour rétablir les circuits antérieurs à l’épidémie. Le sol de la production est malgré tout réuni par des canaux très divers avec celui de la bulle financière mondiale et du système des valeurs fictives qui s’y trouvent. Le nuage des dettes innombrables des États et des particuliers peut percer à tout moment par quelque créancier des plus improbables, quelque part dans cette nébuleuse de valeurs plus ou moins fictives. Nos sociétés sont donc promises à une rude mise à l’épreuve de la validité de leurs principes d’organisation, de la hiérarchie de leurs normes et des cultures collectives qui les animent. Dès lors, tout est possible : le meilleur comme le pire. Solidarités impérieuses ou violences du « chacun pour soi ». La logique de ce que nous observons dans le monde depuis que déferlent partout des révolutions citoyennes donne une idée du meilleur. C’est cette volonté d’auto-organisation et d’autocontrôle dont sont saisies des masses humaines immenses. Elles ont résisté contre tous les types de pouvoirs et à toute la violence que ceux-ci sont capables de déchaîner contre les gens. Cet épisode pourrait venir à nous en France où se conjuguent le discrédit profond du pouvoir et des institutions politiques avec une mobilisation sociale motivée et argumentée comme celle qui vient de se dérouler à propos du droit à la retraite. Je ne me risquerais pas aujourd’hui à prévoir quoi que ce soit à ce sujet. Mais la pente est prise et je ne vois pas pourquoi elle s’inverserait.

 

 

Sputnik évoque les nombreux pays qui se méfient comme de la peste de la France et de son Corona : « Quoi qu’il en soit, alors qu’hier la France se refusait à prendre des mesures à ses frontières, aujourd’hui d’autres pays les prennent à l’égard de ses ressortissants. C’est notamment le cas du Brésil, qui a mis en place des contrôles pour les passagers des vols en provenance de France. En Égypte, que Sibeth Ndiaye accusait de mal dépister les cas, les Français doivent à présent remplir une fiche d’information sanitaire et se soumettre à un contrôle de température à leur arrivée. En Colombie, au Laos, à Macao, aux Samoa, au Burundi, au Congo, au Tchad, en Ouganda, au Liberia, au Vietnam ou encore dans la ville de Moscou, c’est la quarantaine qui attend ceux qui rentrent de France. Par ailleurs, le Népal ne délivre plus de visa aux ressortissants Français. Quant à Israël, qui impose une quarantaine à domicile, elle interdit l’entrée des non-résidents arrivant de l’Hexagone. Le Salvador, la Jordanie, l’Irak ou encore les îles Marshall ont quant à eux interdit toutes entrées de Français sur leur territoire.

 

Revue de Presse (313)
Partager cet article
Repost0
14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 06:04

 

 

Lors de sa création en 1915, Le Canard Enchaînéavait popularisé le concept de « bourrage de crâne ». Ses fondateurs, les époux Maréchal, avaient vite repéré à quel point le gouvernement et la presse dominante mentaient à propos de l’évolution de la guerre mondiale en cours.

 

La langue française dispose de plusieurs mots pour désigner, non pas les erreurs que peuvent commettre les journalistes ou les politiques, mais la manière dont ils trompent sciemment le public : désinformation, mésinformation, canular, intoxication, propagande, contre-vérité, ragot. Des mots simples, clairs, qui enrichissent la pensée au lieu de l’appauvrir par un concept vague d’origine étrangère. Car dans notre pays, comme dans le reste du monde, c’est l’expression – d’origine étasunienne – fake news qui s’est imposée, parce que reprise par nos médias et nos politiques paresseux et inféodés au grand Maître d’outre-Atlantique.

 

Il existe en anglais des mots au singulier qui renvoient à des items au pluriel. Par exemple, le mot « furniture» signifier « des meubles ».  Un meuble se dira « a piece of furniture ». « Hair », au sens de « cheveu », est toujours au singulier. Tout comme « aircraft » ou « baggage ». Pour ce qui est de « news », c’est le contraire : il s’agit d’un mot qui porte la marque du pluriel mais le verbe qui le suit est au singulier : « The news is excellent. » Autre exemple : « Billiards is a popular game ». Enfin – tout cela pour dire que la grammaire anglaise n’est pas si simple que cela, il y a des mots qui portent uniquement la marque du pluriel, qui sont suivis d’un verbe au pluriel mais qui renvoient à un objet unique : « My trousers [mon pantalon] are of excellent quality », « Those glasses [cette paire de lunettes] are cheap ».

 

Pour ce qui nous concerne ici, le mot « fake » ne manque pas d’intérêt. Son étymologie est un peu confuse mais systématiquement péjorative. L’adjectif apparaît comme adjectif dans la langue anglaise au XVIIIe siècle avec le sens de « contrefait ». Puis comme verbe au début du XIXe siècle avec le sens de « dérober ». Enfin comme substantif, toujours au XIXe siècle, avec le sens d’« escroc ». En vieil anglais, on a le mot « feague », en provenance de l’allemand, qui signifie « enjoliver par des moyens artificiels ». Au milieu du XXe siècle, « to fake » prend le sens qu’il a encore aujourd’hui de « simuler ». Attestée en 1894, l’expression « fake news » a été popularisée par Donald Trump en 2016 à l’occasion de la campagne présidentielle.

 

La « fake news » est une tromperie délibérée, controuvée. Ce n’est pas une erreur, comme le serait une « wrong news », dont le contraire est « true news ». Le contraire de « fake » sera quant à lui « genuine », c’est-à-dire authentique. Dire « fake news » dans la langue de l’Autre que l’on connaît de manière rudimentaire, c’est un peu comme dire « black » et non « noir » : c’est beaucoup moins méchant, parlant, qu’« information fallacieuse ». Dire sans dire tout en le disant. Du politiquement correct à l'état pur.

 

On ne le répètera jamais assez : un mot n’a pas d’équivalent exact à 100% dans une autre langue car il renvoie à une vision particulière du monde, y compris chez les locuteurs d’une même langue. Lorsqu’un habitant du Pas-de-Calais dit : « le ciel est bleu », il ne “ voit ” pas la même chose que l’habitant de la Côte d’Azur. Ce n’est pas le même ciel, ce n’est pas le même bleu. Je rejoins le journaliste William Audurau qui estime que l’expression « fake news » « contribue lui-même à la duperie et au flou sémantique, puisqu'il désigne en même temps un pastiche humoristique, un appeau à clics, une publication engagée politiquement et même, par abus de langage, un article de presse factuellement erroné. »

 

En théorie, une loi du 27 juillet 1849 punit « la publication ou la reproduction faite de mauvaise foi de nouvelles fausses de nature à troubler la paix publique ». Le terme « infox », composé de « information » et de « intoxication », a été proposé par la Commission d’enrichissement de la langue française le 4 octobre 2018. Ce mot-valise semblait fort à propos et bien fichu mais il fut inventé en pure perte car nos médias et nos politiques ne purent résister au rouleau compresseur étasunien, à Donald Trump en particulier qui, en 2016, utilisa l’expression, dans Twitter en particulier, quarante fois en vingt semaines.

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (15)
Partager cet article
Repost0