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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 05:33

Les chasseurs d'Alaska, aux Etats-Unis, peuvent remercier Donald Trump. Leur nouveau président vient de révoquer les lois prévues par son prédécesseur pour protéger la vie sauvage. Désormais, ils ont le droit de tirer sur les ours en pleine hibernation et d'utiliser des avions ou des hélicoptères pour repérer leur cible.

 

 

La "beaufitude" du président américain resurgit, alors qu'il défend publiquement le présentateur vedette de Fox, Bill O'Reilly, embourbé dans un scandale de harcèlement sexuel.

 

Donald Trump comptait peut-être sur les frappes aériennes en Syrie, dans la nuit du jeudi 6 avril, pour apparaître, enfin, comme un grand chef de guerre.

 

Mais voilà qu’au lendemain de cet acte de bravoure, plutôt bien accueilli par les leaders européens, "Mister T" est é nouveau mis en cause sur son attitude envers les femmes. Le 5 avril en effet, Trump a eu la mauvaise idée de voler au secours de son ami Bill O’Reilly, 67 ans, vedette de Fox News, accusé de harcèlement sexuel.

 

Et Trump d’affirmer au New York Times, à propos de Bill : « Je le connais bien – c’est une bonne personne ! ». Rappelons qu’O’Reilly et son employeur, la 21st Century Fox de Rupert Murdoch, ont depuis 2002 versé environ 13 millions de dollars à cinq plaignantes, qui ont accepté de retirer leurs accusations.

 

 

De la Trumpitude (6)

Encore du golf. Le président américain Donald Trump voue une grande passion au golf, et elle coûte très cher aux contribuables étasuniens. Selon les médias américains, le montant dépensé depuis le début de son mandat est estimé à 20 millions de dollars.

 

Il a notamment passé plusieurs week-ends à Mar-A-Lago (Floride), où il a reçu le président chinois et le premier ministre japonais. Au total, il s’est adonné à sa passion durant neuf des dix derniers week-ends.

 

Depuis le début de son investiture, Donald Trump a joué 18 % du temps au golf, ce qui est bien plus que Barack Obama. Vanity Fair indique que s’il continue à ce rythme, le train de vie des Trump pourrait représenter un coup d’un milliard de dollars d’argent public durant son mandat.

 

 

Le directeur du Budget du président Donald Trump a lancé un appel au peuple des États-Unis : quelles administrations souhaitez-vous réformer, voire éliminer ? Une page internet permet de soumettre ses idées avant la grande réorganisation annoncée de la bureaucratie fédérale.

 

Dans un formulaire sur le site de la Maison-Blanche, un menu déroulant propose la liste des 20 grands départements et agences du gouvernement fédéral, de la CIA au ministère de l'Agriculture, ainsi que plus d'une centaine de directions à l'intérieur de ces départements, par exemple l'administration de l'inspection des grains, précédés de la question suivante : « Quelle agence voudriez-vous réformer ? »

 

L’animateur vedette David Pakman, dont le talk-show est distribué sur une centaine de chaînes câblées, n’y va pas avec le dos de la cuiller. Il y a quelques semaines, il évoquait les difficultés supposées du président Trump à lire un texte élaboré de manière fluide, se demandant même si le président, au fond, savait « vraiment » lire.

 

Sa démonstration, à la fois assez convaincante et un brin exagérée, avait fait grand bruit.

 

Cette fois, il enfonce le clou, et pose tout aussi sérieusement la question suivante : et si ces difficultés à lire, qui semblent par moment affecter le président, étaient liées à des premiers signes de démence, à un début de la maladie d’Alzheimer par exemple ?

 

Selon David Pakman, voilà qui expliquerait bien des choses : les comportements erratiques du président, ses brusques changements d’humeur, ses réponses bizarres et inappropriées lors des conférences de presse, les oublis récurrents, l’incapacité à se concentrer, tout comme l’absence de gêne ou de freins sociaux qui peuvent le conduire à se moquer en public d’un journaliste handicapé en l’imitant grossièrement ou à dire, candidement, qu’il est « le président le plus intelligent et le plus capable » de l’histoire des Etats-Unis…

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 05:20

En ce joli mois de mai 2017, Serge Halimi n’est guère rassuré par le bellicisme de Trump : « Quand un président erratique et peu soucieux d’apprendre tout ce qu’il ignore commande la plus puissante armée du monde, mieux vaut que les garde-fous soient nombreux. Or, lorsque M. Donald Trump a ordonné à ses généraux de bombarder la Syrie et d’engager des manœuvres navales en Asie, il a été ovationné par les parlementaires américains, républicains et démocrates, ainsi que par la quasi-totalité des médias, y compris en Europe. Un quotidien national français a même jugé que « les frappes sur la Syrie » avaient eu « quelque chose de libérateur ». Cinquante-neuf missiles tirés contre une base aérienne au Proche-Orient auraient donc presque métamorphosé un président empêtré dans l’impopularité, l’amateurisme et le népotisme en homme déterminé, sensible, incapable de contenir son humanité devant des photographies de « beaux bébés cruellement assassinés lors d’une attaque très barbare ». Un tel concert de louanges inquiète d’autant plus dans le climat international actuel, lourd de tensions, que M. Trump adore être adulé.»

 

Michael Klare lui emboîte le pas en constatant que Donald Trump s’épanouit en chef de guerre : « Comme il l’a souvent répété, M. Donald Trump entend mener une politique étrangère « imprévisible », et le bombardement d’une base du régime syrien a en effet beaucoup surpris les chancelleries. Cette attaque répond pourtant à une certaine logique : celle d’un président qui, depuis janvier, semble converti à l’usage de la force. »

 

 

Renaud Lambert :dénonce la Duplicité économique du Front national : « Afin de résumer les termes de son duel avec M. Emmanuel Macron, incarnation selon elle de l’« argent roi », Mme Marine Le Pen a célébré la France « qui protège nos emplois, notre pouvoir d’achat ». En matière économique, le Front national se situe volontiers sur un terrain jadis occupé par la gauche. Mais le libéralisme ne lui pose aucun problème dès lors qu’il reste hexagonal. »

 

 

Anne-Cécile Robert dénonce ceux pour qui c’est la faute au juge ! : « Des tensions inédites, et particulièrement vives, entre les juges et les responsables politiques auront marqué la campagne présidentielle française. Au-delà des événements particuliers de la compétition électorale, magistrats et élus rejouent ici une pièce ancienne mais actualisée par la montée en puissance, via la construction européenne, d’une notion ambiguë : l’État de droit. »

 

 

Loïc Ramirez explique que le Donbass apprend à vivre sans Kiev : « Trois ans après le début du conflit entre Kiev et la région séparatiste du Donbass, aucune solution ne semble se dégager. Le président ukrainien Piotr Porochenko souffle le chaud et le froid, hésitant entre l’instauration d’un blocus ferme et le rétablissement de liens économiques contrôlés. Du côté de Donetsk, la population s’organise, dans l’attente d’une hypothétique intervention militaire. »

 

 

Pour Rémi Carayol, le spectre d’un djihad peul se précise en Afrique : « À cause du réchauffement climatique et des politiques économiques suivies, la situation des éleveurs nomades du Sahel, traditionnellement difficile, se dégrade. Au point que de nombreux Peuls prennent désormais les armes pour faire entendre leurs revendications. Majoritairement musulmans, ils fournissent de plus en plus de troupes aux mouvements djihadistes qui déstabilisent la région. »

 

 

Agnès Sinaï met à nu le talon d’Achille du nucléaire français : « Pendant le prochain quinquennat, 53 des 58 réacteurs du parc atomique français dépasseront les quarante années de fonctionnement. Faudra-t-il prolonger leur exploitation au-delà de la durée prévue lors de leur conception, remplacer ces centrales par une nouvelle génération ou sortir progressivement du nucléaire ? L’histoire édifiante d’une pièce essentielle du dispositif de sûreté interroge les choix à venir.

 

 

On le sait, mais il faut quand même y revenir, Macron est le candidat des médias (Marie Bénilde) : « Le succès d’un candidat inconnu du public il y a trois ans ne s’explique pas seulement par la décomposition du système politique français. Inventeur d’une nouvelle manière de promouvoir les vieilles idées sociales-libérales qui ont valu au président François Hollande des records d’impopularité, M. Emmanuel Macron a trouvé dans les médias un solide point d’appui. Son histoire ressemble à un rêve d’éditorialiste. »

 

 

Une étude très intéressante sur la métamorphoses des classes populaires (Cédric Hugrée, Etienne Pénissat et Alexis Spire) : « Soudeur, auxiliaire de vie, guichetière, chauffeur… En Europe, les classes populaires ont connu d’importants bouleversements. De Londres à Bucarest, elles sont les grandes perdantes de la crise. En France, la vie des salariés modestes reste peu connue des professionnels de la politique, qui les tiennent souvent pour une masse grise dont il faut plaindre le sort pour gagner les suffrages. »

 

 

 

Étude corroborée par Pierre Rimbert (Dans les cuisines du marché électoral) : « Ce sont moins les électeurs qui choisissent leurs représentants que les formations politiques qui sélectionnent leur électorat. Censée « rassembler » une majorité de « citoyens » autour de grands thèmes fédérateurs, l’élection consiste surtout pour les partis à additionner des parts du marché démocratique — employés, fonctionnaires, cadres, etc. — en quantité suffisante pour conquérir ou conserver le pouvoir. Bref, à constituer une coalition politiquement majoritaire. Comment les états-majors découpent-ils ces portions et par quels moyens s’emploient-ils à les mobiliser ? En un mot, comment fabriquent-ils un électorat à partir d’une population ? »

 

 

Un éclairage original d’Elven Sicard sur ce qu’il s’est récemment passé en Guyane (Sous les pavés la Bible) : « En vingt-cinq ans, la Guyane a vu sa population doubler, pour atteindre 250 000 habitants. Délaissée par la métropole, dont elle dépend pour presque tout, elle reste coupée économiquement de ses voisins. La porosité de sa frontière la rend toutefois perméable aux trafics d’or comme au prosélytisme évangélique. En première ligne, les Amérindiens jouent leur avenir en tant que peuple. »

 

 

Á lire un lourd dossier sur le monde des camps, plus exactement « Un monde de camps » : « La planète compte aujourd’hui soixante-cinq millions de réfugiés et de déplacés. Faute de politiques d’accueil, un grand nombre d’entre eux sont contraints de vivre dans des camps, sortes de prisons à ciel ouvert dont les résidents sont privés de droits fondamentaux Longtemps confinées aux pays du Sud, ces structures prolifèrent et se banalisent en Europe depuis quelques années, s’ajoutant aux centaines de centres de rétention administrative qui servaient déjà à enfermer les migrants clandestins. Par leur nombre et leur pérennité – le temps de séjour moyen dans un centre du Haut-Commissariat pour les réfugiés est de dix-sept ans, les camps ont fini par représenter un marché que se disputent âprement organisations non gouvernementales et multinationales.

 

 

Le Monde Diplomatique (106)

Quelques savoureuses brèves, pas si fictives que cela d’Eduardo Galeano (Les mineurs, la mer et autres histoires) : « Célèbre auteur uruguayen, figure de la gauche latino-américaine et collaborateur de longue date du Monde diplomatique, Eduardo Galeano est décédé en 2015, à l’âge de 74 ans. Son dernier ouvrage (un recueil d’histoires et de contes parfois presque aussi brefs que des haïkus) paraît pour la première fois en français. Nous en publions, en exclusivité, quelques extraits. »

 

 

Pour François-Xavier Bonnet, les Philippines oscillent entre crimes et réformes : « L’année 2016 a été marquée par l’élection aux Philippines du président Rodrigo Duterte. Son programme de lutte contre les stupéfiants et la criminalité a capté l’attention des médias internationaux en raison des milliers de morts qu’il provoque. Mais, paradoxalement, le nouvel homme fort de Manille veut aussi mettre en œuvre de nombreuses réformes sociales, économiques et politiques. »

 

 

Pour Philippe Pons , la Corée du Nord est condamnée à posséder l’armement nucléaire pour survivre : « Les menaces et l’embargo américains répondent aux provocations et essais militaires nord-coréens. Après avoir envoyé un porte-avions en mer du Japon, le président des États-Unis réclame un engagement plus ferme de la Chine. Si Pékin a durci les sanctions contre Pyongyang, il est peu probable que les dirigeants nord-coréens renoncent au nucléaire, devenu leur assurance-vie. »

 

 

Deux articles importants sur la Tunisie : Grand déballage historique en Tunisie (Thierry Brésillon) et Le triple déni des cadres déchus (Jérôme Heurtaux) : « Entamé en novembre dernier, le processus de justice transitionnelle donne la parole à des victimes du régime de M. Zine El-Abidine Ben Ali mais aussi du « père de l’indépendance », Habib Bourguiba. Ce retour en force d’un passé occulté divise autant qu’il émeut la société tunisienne. Dans un contexte politique tendu, nombreux sont les anciens dirigeants qui refusent d’admettre leur responsabilité.

 

Que disent, après coup, les anciennes figures du régime de M. Zine El-Abidine Ben Ali des violations des droits humains commises alors ? Dans le cadre d’une recherche que nous menons depuis 2011 sur les recompositions des élites en Tunisie, nous avons conduit des entretiens biographiques approfondis avec une cinquantaine de cadres du régime déchu : anciens premiers ministres, ministres, députés, gouverneurs, ambassadeurs, conseillers présidentiels, etc. Ces rencontres montrent que, à l’opposé des réactions célébrant le caractère historique du processus de justice transitionnelle mené par l’Instance vérité et dignité (IVD), il en existe d’autres qui présentent une lecture très négative des auditions. Un député de l’ancien régime nous les décrit avec ironie comme « les journées théâtrales de Sidi Bou Saïd », en référence à la petite ville de la banlieue nord de Tunis où les premières d’entre elles ont lieu. »

 

 

Laurent Bonelli plaide pour une décroissance sécuritaire : « La politique offre parfois un spectacle amusant. Lorsque M. François Fillon (Les Républicains), mis en examen par trois juges pour complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de bien sociaux, puis pour faux et usage de faux et escroquerie aggravée, en appelle à « une détermination sans faille, des principes simples : tolérance zéro, impunité zéro ». Ou lorsque Mme Marine Le Pen (Front national), qui souhaite « appliquer la tolérance zéro et en finir avec le laxisme judiciaire », refuse de se rendre avant fin juin aux convocations de la police dans l’affaire de recel d’abus de confiance qui touche ses proches assistants, en se drapant dans son immunité de parlementaire européenne. »

 

 

Á lire un Supplément du Secours populaire français sur les réfugiés en Europe : «Les conflits qui ravagent le Proche-Orient, singulièrement la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan, ont jeté des centaines de milliers de personnes (hommes, femmes et enfants) sur les routes de l’exil. Si les pays frontaliers, comme le Liban, assurent le gros de l’effort d’accueil, les États de l’Union européenne sont également sollicités au nom du droit d’asile. Mais leur réponse varie selon les capitales et est souvent parcimonieuse. À Bruxelles, la Commission a tenté en vain d’organiser une réponse coordonnée des Vingt-Huit. Sur le terrain, les associations se mobilisent pour prodiguer aux réfugiés les premiers soins, leur fournir gîte et nourriture : un devoir de solidarité, comme le rappelle M. Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français. En Grèce, l’afflux inattendu de dizaines de milliers de migrants met à rude épreuve toute la société. Le bilan de la crise révèle le non-respect de la convention internationale relative au statut des réfugiés et un certain oubli des leçons de l’histoire ».

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 05:42

Selon Res Publica : « Le vote Mélenchon est un vote urbain comme celui de Macron. Les quelques départements ruraux qui donnent un vote Mélenchon important correspondant aux endroits où une action syndicale et politique forte et une activité intense d’éducation populaire se sont inscrites dans le paysage depuis longtemps. Le vote Mélenchon est plus faible dans la France périphérique, périurbaine, rurale et déclassée où vivent de très nombreux ouvriers et employés. Cela pourrait accréditer l’idée d’une insuffisance de préoccupations pour l’aménagement du territoire et sans doute de l’insuffisance de militants dans ces zones.

 

Sur l’avenir, comme sans doute Macron sera élu président de la République, et qu’il va durant son mandat continuer de conforter, par une politique de plus en plus austéritaire, le développement ultérieur du vote Front national comme l’ont fait ses prédécesseurs, c’est bien à une confrontation entre les électeurs du FN renforcés par une partie de la droite et ceux de Mélenchon que nous allons vivre dans les années 20 de ce siècle comme dans les années 30 du précédent. De ce point de vue, le FN a une longueur d’avance. »

 

 

Pour Pierre Mascomère (Res Publica) : « La santé constitue l’un des thèmes majeurs de l’action politique. Elle est, depuis 1946, un droit inscrit dans la Constitution, celle de 1946 confirmée par celle de 1958. Toute remise en cause de ce droit suscite de vives et légitimes réactions de la part de l’ensemble des assurés sociaux.

 

Les gouvernements successifs du quinquennat de François Hollande s’y sont employés. Très discrètement, au travers d’un minuscule décret paru ces dernières semaines – en pleine campagne électorale, le gouvernement actuel a remis en cause l’un des acquis importants de la présidence de François Mitterrand.

 

Le quart environ des dépenses de santé est à la charge de l’assuré social, soit sous la forme d’une cotisation à un organisme d’assurance santé complémentaire, soit par ce qui reste directement à sa charge après intervention de la Sécurité sociale et de sa mutuelle santé.

 

En revanche, ce qui vient de changer pour les retraités, c’est le tarif auquel les organismes assureurs pourront désormais assurer une complémentaire santé. Des facteurs principaux qui influencent le risque santé : l’âge, le sexe la catégorie socio-professionnelle, c’est bien sûr l’âge qui pose le plus de problème puisque le coût de la santé croit constamment selon l’âge de la personne. Cela veut dire que si l’assurance complémentaire santé est individuelle et libre, dans un contexte concurrentiel et non réglementé, le tarif évoluera en hausse toute la vie de la personne pour atteindre des niveaux exorbitants pour les personnes très âgées. Et ce, quelques soient les efforts de certains organismes pour ne pas aboutir à ces extrémités et mutualiser le risque sur toute la durée de la vie humaine. Malheur d’ailleurs aux organismes assureurs qui s’efforcent de mutualiser les jeunes et les plus âgés, car ils seront rapidement menacés de faillite face à la concurrence sauvage des assureurs privés qui ne couvrent que les bons risques et écartent impitoyablement les mauvais risques … »

 

 

Dans Mémoires des Luttes, Maurice Lemoine replace ce qu’il appelle « la guerre totale au Venezuela » dans le contexte plus large de l’histoire récente de l’Amérique Latine : « Les renversements de Manuel Zelaya au Honduras (2009), de Fernando Lugo au Paraguay (2012), puis de Dilma Rousseff au Brésil (2016) par des coups d’Etat dits « institutionnels », ont amené les adeptes de « la fin de cycle » – un supposé recul définitif de la « vague de gauche » – à croire l’affaire bien engagée. Alors que, après douze ans de « kirchnérisme », l’entrepreneur multimillionnaire Mauricio Macri venait de remporter l’élection présidentielle, l’ambassadeur des Etats-Unis Noah Mamet se félicitait en mars 2016 : la décision de Barack Obama de visiter l’Argentine était « une reconnaissance à la détermination de Macri de la réinsérer dans l’économie globale ». Le 7 septembre suivant, le vice-président américain Joe Biden appelait à ce qu’un référendum révocatoire soit tenu rapidement au Venezuela ».

Revue de Presse (204)
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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 05:44

Mes amis suisses de l'1dex ont publié récemment cet article qui m'a beaucoup plus.

 

Las d’entendre toujours les mêmes intonations à la télévision, Arte Radio a demandé à un ancien rédacteur en chef du « 20 heures » de France 2 pourquoi les journalistes prenaient toujours ce ton grave.

C’est une question qu’on s’est déjà tous posée : pourquoi les voix off des journaux télévisés se ressemblent-elles tant ? Arte Radio, la webradio de la chaîne franco-allemande, a tenté d’y répondre sérieusement avec humour. Formatage des journalistes, demande expresse des rédactions TV ou juste mauvaise habitude… dans un podcast, Victoire Tuaillon raconte son expérience de jeune journaliste passée par la rédaction de France 2.

 

« Pas de bonne voix, pas de contrat », lance-t-elle, évoquant les reproches de ses chefs sur son ton apparemment peu adapté aux formats télévisuels. « Un soir j’en ai eu marre (…) alors dans la cabine de mixage, j’ai pensé à Vincent Maronnier de Groland (la voix off caricaturale de l’émission satirique), j’ai baissé ma voix de trois octaves, et là de l’autre côté de la vitre j’ai vu mon chef me faire des grands signes, tout content. Ce soir-là j’ai même reçu des textos de félicitations : “Bravo ! Tu vois, tu l’as enfin trouvée ta voix.” »

 

La journaliste d’Arte Radio, qui confie ne pas être sûre de retravailler un jour à la télé, ne s’arrête pas à sa propre expérience et tend également le micro à Pascal Doucet-Bon, directeur adjoint des rédactions de France Télévisions. « Les chefs sont paradoxaux, ils se plaignent de l’uniformisation mais ne font rien pour que ça change », reconnaît celui qui a été rédacteur en chef du « 20 heures » de France 2.

 

Il l’admet, « on massacre la ponctuation »« on crée des virgules qui n’existent pas ». A bien se pencher sur les extraits de reportages, deux styles de voix semblent largement utilisés dans la profession : le ton grave et important, qu’on peut entendre sur des sujets aussi effrayants que les trottoirs enneigés ou le début des soldes ; et l’intonation qui donne l’impression de finir ses phrases sans point, « en l’air ».

« Les têtes qui dépassent, on les renvoie dans leurs régions »

 

Autre élément pointé par Arte Radio : tous les journalistes ont un accent parisien à la télévision. Les accents régionaux semblent en effet bannis des écrans nationaux. Tristement honnête, Pascal Doucet-Bon avoue : « Les têtes qui dépassent, on les renvoie dans leurs régions. Si un journaliste perpignanais avec un accent à couperau couteau arrivait à la télévision, bah, non, je ne vais pas le prendre. Et je défendrai l’idée de ne pas le prendre parce qu’on ne comprend pas ce qu’il raconte. »

 

Pour le directeur adjoint des rédactions de France Télévisions, le problème de l’accent n’existe pas vraiment puisque la sélection est faite a priori dans les écoles de journalisme. Les aspirants porteurs de micro sont invités à gommer leur accent ou à se tourner vers la presse écrite…

 

Mais qui a demandé à ces journalistes de parler ainsi ? Pour l’ancien rédacteur en chef du « 20 heures » de France 2, c’est un exemple de mimétisme ambiant, chacun pensant qu’il faut parler de cette manière. « Il [le journaliste] pense que ses chefs attendent ça de lui, ses chefs ne le détrompent qu’à moitié. Et c’est seulement quand le mal est fait, qu’il y a une généralisation de ce ton, qu’il commence à y avoir une remise en cause. Et en général on passe à l’acquisition d’un nouveau défaut : une mode en chasse une autre. » Alors, à quand la mode de l’accent catalan ?

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 05:45

On dira, en simplifiant quelque peu, que si l’université de Cambridge (le pont sur la rivière Cam) est plutôt de gauche, celle d’Oxford (le gué où passent les bœufs) est assez nettement de droite. Ça tombe bien, le politiquement correct étant fondamentalement de droite, on ne peut pas ne pas dénoncer le prurit qui a saisi cette année les autorités d’Oxford qui jaugent le racisme à l’aune de postures, de comportements très superficiels.

 

Il a été ainsi décidé que si l’on évite de regarder quelqu’un dans les yeux, on fait preuve de racisme à son égard. La Commission pour la diversité et l’égalité (à noter que la diversité prend le pas sur l’égalité) vient de faire savoir aux étudiants que de pas s’adresser aux autres les yeux dans les yeux pouvait être « considéré comme une micro-agression raciste » assimilée à « une maladie mentale ».

 

Un délit beaucoup plus grave consiste à demander à un collègue étudiant « de quelle partie du monde il est originaire ». Dans sa grande bonté, la Commission pour la diversité et l’égalité explique que ces comportements peuvent partir d’une bonne intention mais que, néanmoins, ils « offensent » l’autre à qui ils nient le sens d’appartenance à l’institution.

 

Dans le même temps, les étudiants en droit ont désormais le droit de ne pas assister à des cours qui exposent des affaires violentes s’ils craignent d’être « bouleversés » par la relation des faits. De même, il existe désormais des signaux d’avertissement pour les étudiants en théologie lorsque, durant les cours, les professeurs sont amenés à présenter des images violentes de la crucifixion. Comme disait Coluche, heureusement que le Christ n’a pas été noyé sinon il y aurait des bocaux avec des poissons rouges au-dessus des lits dans les hôtels ! Ce qui signifie que l’université d’Oxford se plie aux exigences de la nouvelle génération d’étudiants « flocons de neige » (snowflake, une expression qui vient des Etats-Unis, naturellement), des jeunes qui ont peur des tout, qui sont incapables, par extrême sensibilité, de résister à l’adversité, à des défis qui les dépassent.

 

Qu’Orwell revienne, car nous sommes à l’évidence dans la pensée-crime. Il est insensé que dans un pays qui se prétend démocratique des autorités universitaires s’arrogent le droit de dire aux étudiants ce qu’ils doivent penser, ce qu’ils doivent ressentir.

 

Nous sommes aux antipodes de l’égalité dans la mesure où l’autre, le non-Blanc (ces recommandations visent les Blancs à 99%) est perçu dans sa différence d’individu de couleur et de religion différente. Il eût été difficile de trouver un moyen plus sûr de réintroduire du racisme. Mais ce que ces crétins de la Commission n’ont pas compris, dans leur combat pour « l’égalité des chances » et contre toute forme de « discrimination », c’est à quel point ils étaient anglo-centrés. De par le monde, les gens ne se regardent pas de la même manière, ne se serrent pas la main de la même manière, ne se remercient pas de la même manière, ne s’insultent pas de la même manière. Lorsque je résidais en Côte d’Ivoire, un de mes collègues avait rédigé une thèse sur les centaines de manières de se saluer dans une ethnie (il y en avait une soixantaine d’autres dans le pays). J’avais découvert une code extraordinairement riche : un homme ne salue pas sa mère comme le fait sa sœur ; un beau-fils ne salue pas sa belle-mère comme sa marâtre ; un frère ne salue pas son frère comme son cousin etc.


 

Dans l’université britannique, tu as vite fait d’être raciste

Avec ces crétins d’Oxford, plus de naturel, plus de spontanéité.

 

Dans le même ordre d’idées, l’université de Cardiff, qui a forcément quelque chose à se faire pardonner car elle n’est pas à 100% galloise, a décidé d’interdire sur le campus et dans les écrits officiels l’expression « bras droit » qui contient en anglais le mot « man » et l’expression – reprise telle quelle en français – « gentleman’s agreement ». Elle a par ailleurs recommandé l’utilisation de vocables du genre neutre chaque fois que c'est possible (je lui souhaite bien du plaisir).

 

Tout cela est tout de même beaucoup plus important que le fait qu'il y a quarante ans les études universitaires étaient gratuites outre-Manche alors qu'aujourd'hui elles coûtent une fortune.

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 05:33

 

Bernard Teper, dans Res Publica brosse un bref tableau de la politique de Marisol Touraine à la Santé, qui n’aura rien fait pour empêcher les dentistes d’être les champions du dépassement d’honoraires : « Le résultat des gesticulations de l’hypermédiatique ministre de la santé, Marisol Touraine, est affligeant. 3,2 millions de Français vivent dans un désert médical. Et le projet néolibéral promet d’agrandir ces déserts médicaux. Déjà dans plusieurs endroits de la France métropolitaine, des médecins refusent les malades atteints de pathologies lourdes faute de temps pour pouvoir les suivre. Les internes sont en grève contre le projet de raccourcissement d’un an de leur formation au moment où celle-ci se complexifie. L’espérance de vie n’a pas augmenté du 31 décembre 2014 au 31 décembre 2016. Les réformes néolibérales ont fait croître comme jamais les dépassements d’honoraires. Ils sont aujourd’hui de 14,5 milliards d’euros avec 2,8 milliards pour les médecins, 5,9 milliards pour l’optique, 4,8 milliards pour les dentistes et 1 milliard pour les audioprothésistes. Sans compter certains actes techniques. »

 

 

Le site Mémoire des Luttes s’étonne de la découverte très opportune de l’ALBA par France Inter et Europe 1 : « C’est sans doute la première fois que le mot ALBA était prononcé sur les radios concernées. Il s’agissait d’associer les noms de deux repoussoirs présumés, Fidel Castro et Hugo Chavez, à celui de Jean-Luc Mélenchon en vue de discréditer le candidat de la France Insoumise, et donc de le faire dégringoler dans les sondages.

 

Pour ce qui concerne la place d’une adhésion à l’ALBA dans le programme de Jean-Luc Mélenchon, on relèvera qu’il s’agit seulement de l’une des 8 grandes mesures rassemblées dans le chapitre 62 sous le titre « Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes ». Ces mesures concernent non seulement l’Amérique latine et les Caraïbes, mais aussi l’Afrique, la Chine, la Banque de développement des BRICs, l’ONU, l’aide au développement, etc.

 

 

Sur son site Uranopole, Pierre Verhas nous remet en mémoire une conversation entre Danièle Mitterrand et son mari : « Danielle Mitterrand rapporta dans ses mémoires un entretien avec son mari, le président François Mitterrand, où elle lui posa la question fondamentale.

 

« Pourquoi maintenant que tu es au pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ? Il me répondit qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. J’appris ainsi qu’être le gouvernement, être le président ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes au capitalisme. »

 

 

Le Monde consacre un hors-série à l’écrivain autrichien Stefan Zweig, présenté en ces termes : « Au départ, il y eut le pacifisme, non pas une idée fade et pasteurisée, mais un cri suffoqué contre une guerre qui, pour la première fois dans l’histoire, avait causé en une poignée d’années des millions de morts.

 

A côté des revanchards de tout bord, il y a eu cette minorité pensante, glorieuse, fragile, tenace. Une minorité représentée surtout par un Autrichien humaniste qui ne pleurait pas la perte d’un empire, minorité admirablement décrite par Romain Rolland dans une conférence de 1939 à Paris. « Stefan Zweig appartient à une espèce qui n’est peut-être pas en voie de disparaître – du moins, je l’espère – mais qui est sérieusement menacée par les conditions actuelles, et qui ne se perpétue qu’à travers toutes sortes de difficultés : celles de grands Européens. »

 

Revue de Presse (203)

Le critique gastronomique de l’Observer, Jay Rayner, est allé déjeuner au Ritz parisien avec une amie. Cela lui a coûté 600 euros. “Je n’ai jamais rien mangé de plus immonde”, écrit-il. Á titre d’exemple, l’apéritif : La mise en bouche par laquelle on nous intime de commencer consiste en une bille transparente posée sur une cuillère : la chose, dans la vogue de la sphérification mise au point il y a vingt ans par Ferran Adriá dans son restaurant El Bulli [en Catalogne], ressemble à un implant mammaire en silicone taille Barbie. Quand elle éclate en bouche, la bille lâche une odeur de renfermé goût gingembre. Ma commensale grimace : ‘On a l’impression de manger un vieux préservatif oublié par terre au fond d’un magasin de fruits et légumes.’

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 05:45

Avant, mais c’était avant, on aurait dit : le « programme » du « parti ». Que penser de cette dérive ?

 

Je vais suivre ici Le Robert.

 

Le mot programme date du XVIIe siècle. Il vient du grec programma qui signifie « ce qui est écrit à l’avance ». Au XVIIe siècle, il va prendre le sens de « sujet d’un concours » ou « description d’un cours ». Le mot programme implique donc une description précise de ce qui va advenir, se dérouler. On affiche un programme, on le distribue. Dans le programme d’un spectacle peut figurer une analyse de la pièce. Lorsque l’on organise une fête, on parle de « programme des réjouissances » avec, là encore, une description précise de ce qui va advenir. Si, dans un programme de concert, on annonce la sonate avant la passacaille, le concertiste ne prendra pas la liberté d’inverser l’ordre établi. Lorsque le ministère de l’Éducation nationale publie le programme de l’agrégation, il ne peut pas s’y reprendre à deux fois. Renan observait en son temps qu’on ne plaisantait pas avec les programmes : « Si un professeur a pour devoir évident de ne pas sortir de son programme, il ne peut, dans l’intérieur de son programme, accepter de restrictions sans manquer à la première de ses obligation, qui est l’absolue sincérité. »

 

Une autre acception du terme programme est « une suite d’actions que l’on se propose d’accomplir pour arriver à un résultat. » L’expression « C’est tout un programme » suffit à faire prévoir ce que sera la suite. Même, ironiquement, pour De Gaulle : « Vaste programme » (« Mort aux cons ! »). Pour un parti politique, pour un gouvernement ou pour une entreprise, un programme expose les intentions, les projets d’un individu ou d’un groupe. On parlera de « programme de réformes », des « résolutions d’un programmes à long terme ». Sans confondre les programmes et les actes.

 

Enfin, on parlera de « programme informatique » et, plus intéressant peut-être, de « programme génétique » : chaque individu possède un programme génétique strictement personnel.

 

Le « projet » de la « famille »

Le mot « programme » était donc trop lourd de sens, trop commettant ou compromettant pour que les politiques, d’abord ceux de droite puis ceux de la fausse gauche, ne s’en débarrassent pas. Ils préfèrent le mot « projet », un déverbal de « projeter », qui vient du latin projectare, jeter en avant. Un projet est l’image d’une situation que l’on pense atteindre, une « idée qu'on met en avant ; un plan proposé pour réaliser cette idée ». Le mot a pour synonyme « dessein », « intention », « plan », « esquisse ». « Le projet de l'ouvrage que j'entreprenais », dit Descartes dans Le Discours de la méthode. « Il y a loin de la coupe aux lèvres » car « le chemin est long du projet à la chose ». Un projet peut être raisonnable, mais aussi fantasque ou chimérique. On parlera avec la laitière de Jean de la Fontaine dont l’esprit « bat la campagne » de « châteaux en Espagne ». On évoquera avec Pascal le « sot projet » qu’avait Montaigne « de se peindre ». On pourra même poursuivre deux projets (ou lièvres) à la fois. « Il faut être capable d’inspiration et d’action », écrivait Chateaubriand : « l’une enfante le projet, l’autre l’accomplit ». Le projet est donc une quête, une tentative de réalisation : « Nous tentons de nous fuir dans le projet, c’est-à-dire dans ces mille petites activités qui n’ont qu’un sens restreint et qui masquent la contradiction de l’existence par les fins qu’elles projettent devant soi » (Jean-Paul Sartre).

 

Le sens du mot « parti », dans l’acception de « parti politique » est ancien. Avec Froissart (XIVe siècle), il s’agissait d’une détermination choisie pour résoudre une situation : « entrer en un parti », « prendre un parti ». Boileau conseillait de « prendre le bon parti », faire un choix radical, en l’occurrence et sur le mode de l’ironie, de laisser « là tous les livres ». Dès le XVe siècle, un parti est un groupe à part, un groupe de personnes unies contre d’autres de par leurs opinions communes : « Estre du parti des gens de bien » (Jean Nicot). Parallèlement aux individus ayant les mêmes convictions ou intérêts, on trouve au XVIIe siècle la notion de « groupe de soldats détachés pour accomplir une mission ». « Faire parti» c’était faire un coup de main. Recouvrant ces deux notions, nous eûmes « le parti des Armagnacs », « le parti de la fronde », des partis qui vivront de leur mystique et mourront de leur politique (Péguy).

 

Le « projet » de la « famille »

« Parti (politique) » vient du latin pars, partes. Un parti est une organisation dont les membres partages des convictions identiques, les font connaître et mènent une action pour les faire triompher. Dès lors, on n’a que l’embarras du choix : parti militaire, monarchiste, républicain, démocrate, ouvrier, fasciste, conservateur, radical, socialiste, communiste. On trouvera chez Balzac le parti-niais et le parti-prêtre : « Nous sommes Ronquerolles, Montriveau, les Grandlieu (...), tous alliés contre le parti-prêtre, comme dit ingénieusement le parti-niais représenté par le Constitutionnel (Le Contrat de mariage) ; « Le parti libéral se réjouissait de voir échouer dans une scène publique (...) le parti-Prêtre, expression inventée par Montlosier, royaliste passé aux constitutionnels et entraîné par eux au-delà de ses intentions (Le Curé de village).

 

Les synonymes péjoratifs de « parti politique » ne manquent pas : « brigue, cabale, coterie, faction, clan, chapelle, secte, camarilla. Un « homme de parti » n’agit que dans le seul intérêt de son parti. André Malraux notait que les intellectuels avaient le goût des dissidents, mais qu’en politique les dissidents étaient des « exclus ». Un parti se caractérise par le sérieux, l’« idée unitaire », comme disait Maurras, pour qui les programmes étaient « les mots de la tribu ». Tout parti implique une forme de « discipline » (Maurice Duverger).

 

Le Robert classe les partis selon qu’ils sont attachés à une personne (parti monarchiste, parti gaulliste), selon qu’ils défendent une idéologie (parti des Girondins), ou selon qu’ils s’affirment par leur politique (parti socialiste, parti communiste). Avec des nuances ou des entre-deux : parti boulangiste, parti carliste. Bref, tout parti qui se respecte a une étiquette, une couleur, une ligne, des slogans, un siège, des publications, des dirigeants, un appareil. Il n’est pas bon d’en être exclu, ni même de le quitter car on lui fait défaut (defectio = désertion).

 

Une « famille », c’est bien autre chose. Ce mot vient du latin famulus, le serviteur. « Dans la ville, chaque citoyen vivait renfermé au milieu de sa famille ; femme, enfants esclaves, par le même mot il désignait tous les êtres auxquels il commandait en maître absolu » (Prospère Mérimée, La Conjuration de Catilina). Au XVIe siècle, dans la même optique, « instruire la famille » c’était instruire les chambrières et autres serviteurs. Pour distinguer le personnel des membres de la famille proprement dits, on parlait de « grossière famille ». Á la Renaissance, une famille était un « ensemble des personnes vivant sous le même toit, et unies par les liens du sang » (Bernard Palissy), sous l’autorité implicite ou explicite d’un pater familias. Ces personnes présentaient généralement des caractères communs. Le concept de famille mettait l’accent sur l’apparentement, les liens (mariage, sang, adoption) : « Et puis, voyez-vous, la haine, c'est dans notre sang, dans notre famille, dans nos traditions » (Victor Hugo, Angelo, tyran de Padoue). Fustel de Coulanges évoquait la « religion du foyer», impliquant davantage que « le sentiment ou la force physique », régnant dans des familles qui pouvaient « se ramifier sans se diviser ».

 

Les expressions recourant au mot « famille » sont généralement positives : « un air de famille », « un fils de famille », « ces messieurs de la famille », « de bonne famille », un déjeuner en famille », un « album de famille », une pièce de théâtre « des familles » (sans prétention, visible par tous). Mais : « laver son linge sale en famille », la « famille tuyau de poêle », « les deux cents familles ». En Suisse, une « grande famille » est une « famille nombreuse ». En Belgique, une femme enceinte « attend famille ». La famille rassemble, malgré tout, ce qu'Émile Zola postule en rédigeant l’introduction aux vingt volumes de ses Rougon-Macquart : « Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d'êtres, se comporte dans une société, en s'épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus qui paraissent, au premier coup d'œil, profondément dissemblables, mais que l'analyse montre intimement liés les uns aux autres. »

 

Le « projet » de la « famille »

Par extension, une famille est un « ensemble d'individus apparentés par des similitudes dans les croyances, l'idéologie, le tempérament, la technique artistique» : « Le personnel de la Crêperie devenait une grande famille, dont le lien se nouait de plus en plus étroit » (Émile Zola, Travail). Critiquant le chef du Front populaire, De Gaulle juge : « Léon Blum fut très vite ressaisi par les penchants habituels de la famille socialiste » (Mémoires de guerre). Qui dit famille dit généralement atavisme (du latin atavus, quadrisaïeul), cette tendance en botanique qu'ont les hybrides à retourner à leur type primitif (Littré). De fait, en botanique comme en zoologie, une famille est un « groupe naturel inférieur à l'ordre et supérieur au genre » : « Les espèces, bien que variant beaucoup comme coloration, ont cependant un air de famille indéniable (Henri Coupin, Animaux de nos pays).

 

Bref, le « projet de notre famille » n’a pas grand-chose à voir avec le « programme de notre parti ». Finis les argumentaires structurés élaborés au cours de nuits fiévreuses par des groupes mus avant tout par des visions, des idéaux, ce qui n’empêche pas le facteur humain des enjeux personnels, des petites combines, des amitiés à géométrie variable. Parler de « famille », c’est croire que l’essence précède l’existence dans un monde apeuré où, par l’autorité du verbe, les contradictions internes, les hiérarchies, les différences et la violence de l'extérieur disparaissent par magie.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 05:19

 

Pour Jean-Emmanuel Ducoin, dans son blog, “ les sondages restent l’une des armes des puissants ; pour une fois, utilisons cette force jadis à leur disposition pour la retourner contre eux !

 

Dorénavant, plus personne ne nie que ce vent porteur modifie en profondeur le sens d’une campagne en pleine ligne droite, ce que nous observons autour de nous quotidiennement. Même Les Echos s’inquiètent du « risque Mélenchon » et des conséquences de son élection « sur les marchés ». C’est bon signe, la peur change de camp. Ce projet en question, qui « fait société » en incluant une révolution citoyenne, n’est pas qu’une affaire technique. Nous parlons là d’une visée, de critères d’évaluations, d’une mise en commun, d’une démocratie d’implication, bref, d’une méthode pour y parvenir autour d’une nouvelle République. Ne l’oublions pas : la bataille d’idées se gagne dans la capacité à mobiliser les familles politiques en leur noyau, et pas sur leur marge. ”

 

 

Les chasseurs d'Alaska, comme l'ont relevé les médias du monde entier, peuvent remercier Donald Trump. Le nouveau président vient de révoquer les lois prévues par son prédécesseur pour protéger la vie sauvage. Désormais, ils ont le droit de tirer sur les ours en pleine hibernation et d'utiliser des avions ou des hélicoptères pour repérer leur cible.

 

 

Pour Bernard Cassen, dans Mémoire des Luttes, Donald Trump s’inscrit dans une grande tradition étasunienne de pragmatisme qu’avait fort bien décrite Ulysses Grant, président des États-Unis de 1869 à 1877 : « Pendant des siècles, l’Angleterre s’est appuyée sur la protection, l’a pratiquée jusqu’à ses plus extrêmes limites, et en a obtenu des résultats satisfaisants. Après deux siècles, elle a jugé commode d’adopter le libre-échange, car elle pense que la protection n’a plus rien à lui offrir. Eh, Messieurs, la connaissance que j’ai de notre pays me conduit à penser que dans moins de deux cents ans lorsque l’Amérique aura tiré tout ce qu’elle a à offrir, elle adoptera aussi le libre-échange ».

 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont imposé directement ou indirectement le dogme libre-échangiste à la partie du monde qu’ils contrôlaient. Les traités européens sont un pur produit de cette logique. Mais les temps ont changé et, pour Washington, la ligne officielle est désormais le protectionnisme. Jusqu’au prochain revirement, quand les circonstances l’exigeront… Paralysée par ses certitudes quasi-religieuses, l’UE assiste passivement à ce va et vient, comme les vaches regardent passer les trains… ”

 

 

Le président américain Donald Trump voue une vraie grande passion au le golf, et elle coûte très cher aux contribuables étasuniens. Selon 20 Minutes, le montant dépensé depuis le début de son mandat est estimé à 20 millions de dollars. Il a notamment passé plusieurs week-ends à Mar-A-Lago (Floride). Au total, il s’est adonné à sa passion durant neuf des dix derniers week-ends.

 

Depuis le début de son investiture, Donald Trump a joué 18 % du temps au golf, ce qui est bien plus que Barack Obama. Vanity Fair indique que s’il continue à ce rythme, le train de vie des Trump pourrait représenter un coup d’un milliard de dollars d’argent public durant son mandat.

 

Avant d’arriver au pouvoir, Donald Trump avait pourtant longtemps critiqué son prédécesseur sur son temps passé à manier le club. « Le président Obama n’est pas occupé à parler de la Syrie au Congrès… Non, Monsieur joue au golf… », avait-il tweeté en 2013. Il lui reprochait même de passer ses vacances d’hiver dans l’État d’Hawaii, son île natale.

 

 

Revue de Presse (202)

L’Obs nous indique que le directeur du Budget du président Donald Trump a lancé un appel inhabituel au grand public : quelles administrations souhaitez-vous réformer, voire éliminer ?

 

Dans un formulaire sur le site de la Maison-Blanche, un menu déroulant propose la liste des 20 grands départements et agences du gouvernement fédéral, de la CIA au ministère de l'Agriculture, ainsi que plus d'une centaine de directions à l'intérieur de ces départements, par exemple l'administration de l'inspection des grains, précédés de la question suivante : « Quelle agence voudriez-vous réformer? »

 

Le formulaire se poursuit sous la forme d'un appel aux suggestions pour réorganiser l'Etat fédéral. Mick Mulvaney, le directeur du Budget dont l'agence figure elle-même dans la liste, en appelle à tous ceux qui ont « déjà eu à faire avec l'Etat fédéral, que vous ayez eu des expériences bonnes ou mauvaises sur la façon dont l'Etat vous a aidés ou pas ».

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 05:48

Pascal Maillard vient de publier dans Mediapart un article sur la politique universitaire de Macron. Rien à attendre du banquier si ce n'est une privatisation accrue de l'enseignement supérieur et la défonctionnarisation totale des universitaires.

 

Je crains que la résistance ne s'organise pas : dans mon université d'origine, lors d'élections professionnelles récentes, les maîtres de conférences ont émis des votes modérés tandis que les professeurs votaient à gauche. Les jeunes enseignants ne savent plus à quels saints se vouer, ils ont peine à penser des revendications collectives et ils craignent – à juste titre, il faut le dire – pour leur carrière s'ils bougent un cil.

 

 

Emmanuel Macron, affiche un positionnement « ni droite, ni gauche ». Or son programme pour l’Enseignement supérieur et la Recherche ne comporte aucune ambiguïté : il prolongera et aggravera les politiques néolibérales de ces dix dernières années, en faisant sauter les derniers verrous des cadres nationaux de l’ESR et en mettant en œuvre une politique radicale de « défonctionnarisation ». 

 

Le programme pour l’Enseignement supérieur et la Recherche d’Emmanuel Macron porte le titre suivant : « Donner aux universités une autonomie réelle ». Le concept d’autonomie doit ici s’apprécier à l’aune de ce que le candidat préconise pour les établissements primaires et secondaires : une autonomie administrative forte, mâtinée de contractualisation, possible prélude à une privatisation de l’enseignement. L’autonomie des universités sera quant à elle élevée au carré, avec des modèles de gouvernance à la carte et un recrutement des présidents par des comités composés de membres extérieurs et internationaux. Exit le rôle des CA et les élections démocratiques. Il en ira de même avec le recrutement des enseignants-chercheurs, effectué en dehors de tout cadre national. Le candidat d’« En Marche » entend bien supprimer le Conseil national des universités (CNU), une proposition qui mettra le feu à l’université et qui suscite déjà une polémique et des réactions indignées, aussi bien des organisations syndicales que de certains présidents d’université.

 

Concernant le financement des universités, même si Emmanuel Macron entend « sanctuariser » le budget de l’ESR, il ne prévoit d’allouer des moyens supplémentaires à certaines universités que sur la base d’une contractualisation. Seules en bénéficieront les grandes universités de recherche, accentuant ainsi la dérive vers une Université française à deux vitesses : les grands pôles d'excellence et les petites et moyennes universités, transformées en collèges universitaires de premier cycle. Nous ne sommes donc pas étonné que Macron valorise les financements par appels à projets, au détriment des crédits pérennes. Un choix politique en totale continuité avec les réformes de Pécresse-Sarkozy  et Fioraso-Hollande, et bien sûr en totale cohérence avec les orientations européennes en matière de financement de la recherche. La libéralisation des offres de formation est également conçue comme un levier fort de l’autonomie des établissements. Sans que le programme ne l’explicite, nous comprenons que les cadres nationaux qui font la spécificité du service public de l’ESR seront considérablement affaiblis. Chose singulière pour un ancien Ministre de l’Economie, son programme n’est pas du tout chiffré.

 

Emmanuel Macron ou l'université entreprise

Fidèle à la ligne libérale et managériale des réformes de ces dernières années, le programme d’Emmanuel Macron décline l’excellence et l’innovation à tous les niveaux : « l’excellence en matière de formation, d’insertion professionnelle et de mobilité sociale, … l’excellence en matière de recherche fondamentale et d’innovation ». Cette rhétorique creuse de l’excellence et de l’innovation est aussi une caractéristique majeure des politiques destructrices de ces dernières années. Aucune « révolution » en ce domaine, sinon celle du néolibéralisme. Les modèles de l’ESR sont pour Macron « les pôles d’innovation comparable à la « Silicon Valley » ou la « Route 128 » aux Etats-Unis ». Il va même jusqu’à souhaiter « l’encouragement des chercheurs à l’entreprenariat ».L’université Macron est fortement orientée par une stratégie de professionnalisation et de soumission au marché de l’emploi et au secteur privé. Mettre encore davantage la recherche au service des entreprises du CAC 40, tel est l’objectif de Macron.

 

A noter que les propositions concernant la réussite étudiante sont indigentes : renforcement de l’offre de logements et plages horaires élargies pour l’ouverture des bibliothèques. Il est vrai que les étudiants bénéficieront de la possibilité d’évaluer les cours des enseignants-chercheurs et se verront attribuer des bourses au mérite, point commun avec les programmes de Le Pen et de Fillon. D'une manière plus générale, on observe des ressemblances frappantes entre les propositions pour l'ESR de Macron, Fillon et même Hamon. Une aggravation des politiques antérieures pour les deux premiers, une forte continuité pour le troisième. Alors que Mélenchon propose une rupture profonde avec les politiques néolibérales.

 

Le candidat du mouvement « En marche ! » poursuivra ainsi, en les aggravant, les logiques délétères des lois LRU et Fioraso. Mais son programme pour l’ESR ne relève pas seulement d’une conception néolibérale et entrepreneuriale de la recherche et de l’enseignement supérieur. L’université Macron est post-démocratique. Elle est « en marche » vers la « défonctionnarisation ».

 

Pascal Maillard

 

PS : Pour prolonger utilement cette analyse critique du programme de Macron sur l’ESR, on peut se reporter à l’étude très solide du Groupe Jean-Pierre Vernant. Je précise par ailleurs que mon billet constitue la reprise d’un article paru dans la revue Le Snesup qui a consacré un dossier à l’étude comparative des programmes pour l’ESR de 8 candidats à l’élection présidentielle. Le dossier peut être téléchargé en deux parties grâce à ce lien.

 

Source.

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 05:35

 

Le JDD a récemment publié un entretien entre David Revault d’Allonnes et le linguiste Damon Mayaffr sur le discours de Macron, les mots qu’il utilise, en concluant à la « vacuité idéologique » de l’ancien associé de la banque Rothschild.

 

Parmi ces mots, le verbe « porter » mis à toutes les sauces. Je ferai observer très modestement qu’en novembre 2016 je dénonçais déjà la dérive idéologique qui se cachait derrière un abus qui n'est pas spécifiquement macronien.

 

 

 

Comment définir le discours du candidat Macron?

 

C'est un discours assez enivrant, très dynamique dans sa forme, sans que l'on puisse faire apparaître de manière évidente un contenu ou des thèmes marqués. Sur le plan lexical, c'est vérifié par la statistique. Les mots caractéristiques sont très nets : il est question de "transformation", d'"innovation", de "réforme", voire carrément de "révolution". On retrouve aussi le mot "défi". Ces substantifs correspondent à un constat sur la société, mais surtout à un mouvement puisqu'il s'agit d'"innover" et de "réformer". Mais sans que l'on sache encore exactement en quoi consiste ce mouvement…

 

Est-ce à dire qu'il promet des lendemains qui chantent, mais sans préciser lesquels ?

 

Le mot de Macron le plus caractéristique, en statistique, c'est : "projet". Même si ce "projet" reste à définir! Pareil pour les verbes qu'il utilise. Il y a "construire", "porter" : "je porterai un projet", "nous porterons une innovation"… Il y a aussi "réussir" ou "transformer". Macron est dans la projection d'une innovation future et de réformes à venir plus que dans l'exposé programmatique d'un contenu. C'est pour cela qu'il y a ce ressenti sur le fait qu'"il n'a pas de programme". Quand bien même le programme a été présenté, il y a toujours ce soupçon. On se demande toujours ce qu'il veut faire…

 

Le macronisme lexical est donc d'abord une promesse d'avenir ?

 

Absolument. Il y a une cohérence rhétorique et linguistique. Ce "projet" qui est "en marche" donne une impression de mouvement face à l'immobilisme des grands partis et à l'impuissance de ceux qui ont gouverné. Macron a réussi à créer cette dynamique, et ses mots sont les agents lexicaux de cette réussite.


 

Les mots de Macron

Quels sont ses autres registres ?

 

Macron cultive "l'espoir", qui est un de ses mots favoris, et mieux encore le "rêve". C'est aussi un langage entrepreneurial, un vocabulaire de l'entreprise. C'est enfin un discours très pédagogique, voire didactique. Parmi les mots qu'il utilise le plus, on trouve "parce que" ou "cela veut dire". C'est là où il peut cliver : si on est militant ou convaincu, on trouvera cela charismatique. Si on l'est moins, on trouve cela scolaire, ou laborieux…

 

Le revers de la médaille n'est-il pas ce sentiment de vide programmatique, voire d'absence de contenu politique ?

 

Quand on écoute un meeting de Macron, on entend tous ces mots, mais au bout du compte il reste une impression de vacuité idéologique. Le seul point sur lequel il évoque du contenu, c'est la question de l'Europe. C'est d'ailleurs l'un des rares candidats qui embrasse la question européenne quand les autres l'évitent, la contournent ou la dénoncent.

 

Cela veut-il dire que son discours a moins de contenu politique que celui de ses concurrents ?

 

En tout cas, on constate l'absence des mots les plus chargés idéologiquement. Fillon parle de l'"ordre" et de la "famille" ; Hamon évoque le "sexisme", le "féminisme", les "discriminations" ; Mélenchon emploie les mots "humanité", "ouvrier" ou ressuscite la "vertu" ; et Le Pen, elle, utilise le mot "peuple" toutes les deux phrases, et bien sûr "islamiste" ou "mondialisme". Autant de substantifs qui ont une identité historico-politique et qui permettent d'identifier un candidat à une tradition politique. Je crois que Macron s'applique à ne pas utiliser précisément ces mots-là.

 

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