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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 06:45

Pour Perry Anderson, il faut être très vigilant par rapport au bouillonnement antisystème :

 

« Pas de flonflons pour célébrer le soixantième anniversaire du traité de Rome et du Marché commun, le 25 mars. La bannière européenne a perdu son éclat, tant les politiques de l’Union se sont révélées désastreuses. Partout ont fleuri des mouvements antisystème. Dans quelques pays, ils se situent résolument à gauche. Mais nombre d’entre eux font de la xénophobie leur fonds de commerce. »

 

 

En banlieue, on est autoentrepreneur faute de mieux (Hacène Belmessous :

 

« Au terme du mandat de M. François Hollande, les espoirs ont cédé place à la désillusion dans les banlieues populaires : les relations avec la police se sont détériorées, les inégalités scolaires demeurent abyssales et le chômage atteint des sommets. Exclus du marché du travail, nombre de jeunes issus de l’immigration aspirent à « créer leur boîte ». Les discriminations servent alors de carburant à l’idéologie patronale. »

 

 

Serge Halimi dénonce de nouveau l’acharnement européen :

 

« Consultés directement, les peuples occidentaux rejettent le libre-échange ; le Parlement européen vient pourtant de voter un nouveau traité — cette fois avec le Canada. Ses principales dispositions s’appliqueront sans attendre l’éventuelle ratification des Parlements nationaux. Une deuxième expérience aurait instruit des imbéciles, même endurcis. Saignée depuis mai 2010 par les « remèdes » de cheval de l’Eurogroupe, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, la Grèce est proche d’un nouveau défaut de paiement. Des seringues mal nettoyées se succèdent pourtant dans son corps labouré d’ecchymoses, en attendant que la droite allemande décide d’expulser Athènes de l’hôpital-caserne de la zone euro. Un dernier exemple ? Les budgets sociaux sont sous tension dans plusieurs États de l’Union, qui déjà rivalisent d’imagination pour moins payer les chômeurs et cesser de soigner les étrangers. Au même moment, tous semblent néanmoins s’accorder pour augmenter les crédits militaires, afin de répondre à... la « menace russe », bien que le budget de la défense de ce pays représente moins du dixième de celui des États-Unis. »

 

 

Pierre Rimbert s’étonne que les Britanniques mangent des salades qui ont fait 9 000 km en avion :

 

« Panique à Londres : au début du mois de février, plusieurs chaînes de supermarchés rationnaient les laitues iceberg, une variété aux feuilles fermes et croquantes dont les Britanniques raffolent. « Nous limitons les achats à trois par personne », indiquait un panneau laconique posé sur les rayons de l’enseigne Tesco. « Hier, sur le site de petites annonces Gumtree, un homme vendait pour 50 livres sterling un carton de laitues qui en coûte normalement 5 », s’alarmait le Telegraph (3 février 2017) dans un article au titre évoquant les heures sombres du Blitz : « Apparition d’un marché noir de la laitue dans un contexte de pénurie nationale de salades ».

 

 

 

 

Le Monde Diplomatique (104)

Pour Bruno Amable, la majorité sociale est une minorité politique :

 

« Étrange démocratie française : depuis trente-cinq ans, les programmes des grands partis de gouvernement ne correspondent pas aux attentes économiques des classes populaires, qui représentent pourtant plus de la moitié du corps électoral. Contrairement aux idées en vogue sur l’effacement des clivages idéologiques, les aspirations des ouvriers et des employés dessinent un bloc social de gauche. »

 

 

 

Romain Pudal décrit les pompiers français confrontés à la misère :

 

« Les pompiers – majoritairement de jeunes hommes blancs peu diplômés – sont en contact permanent avec les plus défavorisés. Ils assistent depuis une vingtaine d’années à la dégradation simultanée de leurs conditions de travail, sous l’effet des politiques de rigueur, et des conditions de vie de ceux qu’ils aident. Avec des conséquences politiques dont les progressistes peinent à mesurer l’ampleur. »

 

 

Mona Cholet se méfie du revenu garanti :

 

« Après s’être laissé séduire par les militants de longue date du revenu de base en France, qui l’ont convaincu de promouvoir cette mesure, le candidat socialiste Benoît Hamon a confié ce dossier à l’économiste Julia Cagé. Comme Thomas Piketty, également membre de l’équipe de campagne de M. Hamon, celle-ci propose de cette idée une version vidée de sa substance. Quel effet aura cette campagne sur l’avenir du revenu garanti, projet qui continue de diviser la gauche ? »

 

 

Pour François Denord et Paul Lagneau-Ymonet, Emmanuel Macron est un homme neuf habillé de vieux habits :

 

« Étroitement associé à la politique économique du président François Hollande, le candidat du mouvement En marche ! se présente pourtant comme un homme « hors système », loin des partis et des coteries. Cautionnée par la presse, la métamorphose de M. Emmanuel Macron en évangéliste politique masque mal la trajectoire banale d’un technocrate dont l’entregent lui a permis de brûler les étapes. »

 

 

Les Maghrébins du Québec sont de plus en plus désenchantés (Akram Belkaïd) :

 

Accueillis par la Belle Province parce qu’ils sont diplômés et qu’ils parlent français, les immigrés originaires d’Algérie, du Maroc et de Tunisie rencontrent d’importantes difficultés pour échapper au chômage ou pour trouver un emploi correspondant à leurs compétences. Le débat tendu et récurrent autour de la question identitaire et l’attentat contre une mosquée de Québec en janvier ont aggravé leur mal-être. »

 

 

Oû en est la situation des réfugiés en Allemagne après deux ans (Olivier Cyran) ?:

 

« Avec l’entrée en scène de M. Martin Schulz, candidat du Parti social-démocrate à la chancellerie contre Mme Angela Merkel, l’Allemagne s’installe dans la campagne pour les élections fédérales de septembre prochain. Les questions liées à la politique migratoire y occupent une place importante, tant l’accueil dans le pays de plus d’un million de réfugiés depuis deux ans a polarisé la société. »

 

 

Michel Le Bris a relu Jack London :

 

« Jack London (1876-1916) aura longtemps souffert des étiquettes qu’on lui a accolées : cette figure d’auteur héros de sa vie, durablement minorée comme romancier pour enfants (« Croc-Blanc »…), fut également et vigoureusement célébrée en tant que modèle d’écrivain engagé. Or il conjugua toutes sortes de contradictions. Bien plus qu’un idéologue, il fut, obstinément, au service d’une œuvre qui cherchait à dire les forces du vivant. »

 

 

Pour Frédéric Le Marcis, « Les maladies du Nord migrent en Afrique.

 

« Signe des profondes transformations à l’œuvre en Afrique, les maladies dites « de pays développés », comme le diabète ou les défaillances cardio-vasculaires, se répandent dans la plupart des États du continent. Si les nouvelles habitudes alimentaires sont aussi en cause, cette dégradation de la santé des populations trouve sa source dans l’urbanisation accélérée et les pratiques de l’agro-industrie. »

 

 

Et si les écrivains wolof écrivaient en wolof, suggère Bobacar Boris Diop :

 

« La promotion de la langue française et de la diversité culturelle et linguistique figure en tête des missions de l’Organisation internationale de la francophonie. Écrivain sénégalais d’expression française, Boubacar Boris Diop écrit également en wolof depuis 2003. Il interpelle les auteurs africains : Prenez la francophonie au mot ! Défendez aussi les langues du continent noir ! »

 

 

Les autorités russes fêtent la révolution de 1917 très discrètement (Korine Amacher) :

 

« Le centenaire de la révolution de 1917 embarrasse les autorités russes, qui se félicitent de son retentissement mondial mais exècrent toute idée de renversement du pouvoir. Les rares commémorations doivent être l’occasion de réaffirmer l’importance de l’unité nationale, antidote à la lutte des classes. Les événements organisés en marge du cadre officiel pourraient cependant infléchir ce récit. »

 

 

Comment se débarrasser des robots-tueurs (Édouard Pfimlin) ?:

 

« Les premières discussions formelles des Nations unies pour interdire l’utilisation des systèmes d’armes létaux autonomes doivent se tenir l’été prochain à Genève. Sans un consensus pour encadrer les développements de l’intelligence artificielle en matière d’armement, la réalité pourrait bientôt rejoindre les fictions où sévissent des machines capables de tuer sans intervention humaine. »

 

 

Christophe Ventura note que la droite reprend du poil de la bête en Amérique Latine :

 

« Il s’en est fallu de peu qu’en Équateur le candidat de la gauche soutenu par l’ancien président Rafael Correa l’emporte au premier tour. Il n’en reste pas moins qu’en Amérique latine la droite gagne du terrain, y compris lorsqu’elle s’en remet aux rouages démocratiques qu’elle avait par le passé travaillé à discréditer. Rencontre avec l’un des artisans de ce renouveau stratégique. »

 

 

Pour les dirigeants chinois, la Chine sera une démocratie quand le peuple sera mûr (Jean-Louis Rocca) :

 

« À Pékin, la presse officielle a ironisé sur les élections américaines et leur contestation aux États-Unis mêmes. Une occasion de vilipender le système politique occidental. Si nombre d’intellectuels chinois débattent des voies démocratiques à imaginer pour leur pays, ils estiment que le peuple n’est pas prêt. Une réflexion qui n’est pas sans rappeler celle de certains politistes français. »

 

 

Pékin est devenue une scène rock (Léo de Boisgisson) :

 

« Fini le temps où les jeunes amateurs de musique occidentale devaient s’échanger sous le manteau les disques des groupes venus d’Europe ou d’Amérique. Les rockeurs les plus en vue sont désormais chinois et se produisent parfois sur les scènes internationales. Devenus très créatifs, ils découvrent les joies du marché sans être toujours à l’abri de la censure. »

 

 

Alain Garrigou narre une vieille histoire qui nous fait penser à une autre très récente :

 

« Le châtelain et la châtelaine. Si nous faisions la part de nos faveurs, le comte aurait nos voix, la comtesse nos cœurs », disait une brochure électorale du comte Joseph Dominique Aldebert de Chambrun, en Lozère, sous le Second Empire. L’essor de la démocratie parlementaire au XIXe siècle n’a pas convaincu les nobles d’abandonner la politique. Ces anciennes élites, souvent monarchistes, s’employèrent à être élues sous la république. Elles habitaient le château familial, plus ou moins constamment, et prétendaient avoir une légitimité naturelle à représenter les gens de leur pays. L’attachement de populations locales et rurales aux notables faisait de leur élection la « ratification de l’autorité sociale évidente », non sans qu’ils dépensent et se dépensent pour la communauté : gérer la mairie, accomplir les formalités administratives d’une population souvent illettrée, tenir un compte pour les pauvres chez les commerçants, pourvoir aux œuvres de bienfaisance de la paroisse. »

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6 mars 2017 1 06 /03 /mars /2017 06:23

Dans le cadre de la polémique suscité par les propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation génocidaire, N. Krim, dans Le Grand Soir, écrit ceci :

 

« Nous avons amené la civilisation par effraction. » Encore un euphémisme ! La colonisation œuvre civilisatrice en Algérie ? Parlons-en ! Quelle civilisation la France a-t-elle apportée à l’Algérie ? En 1830 – arrivée des Français – la population de l’Algérie était estimée, selon diverses données de l’époque entre 9 et 10 millions d’habitants. Le Bulletin des Lois de 1856, avançait le chiffre de 2330 000 «indigènes» (Algériens). En prenant uniquement l’estimation la plus basse en 1830, selon d’autres sources, de trois millions d’Algériens, et celui de 1856, 2 330 000 «indigènes », nous avons donc 670 000 personnes manquantes. Où sont-elles passées ? En 1962 la population totale de l’Algérie était de 11 690 000 habitants (dont un million d’Européens). En janvier 2016, la population algérienne a dépassé les 41 millions d’habitants. Ce qui veut dire que la population algérienne avait stagné durant 132 ans, alors qu’elle a plus que quadruplé en 54 ans. A l’indépendance, l’espérance de vie des Algériens était de 47,04 ans. Elle est évaluée à 75,34 ans en 2016. Entre 1900 et 1960 la peste, le choléra, la gale, les poux, induits par l’extrême pauvreté de la population, tuaient en masse les Algériens. Ces pandémies ont totalement disparu d’Algérie dès les années 1970. Ce sont celles-là les réalités des bienfaits de la colonisation : jusqu’à 1882 (52 ans après l’arrivée des Français) la scolarisation des musulmans était nulle, en 1921 on ne comptait que 84 garçons, d’âge scolaire, sur 1 000 à être inscrits dans une école. Ce chiffre tombait à 7 sur 1 000 pour les filles. Une seule petite université de 500 places pour les seuls colons. Pour faire des études supérieures, les Algériens étaient contraints d’aller à l’étranger. En 2016, il y a plus de 50 universités et une trentaine de grandes écoles en Algérie avec plus de 2 millions d’étudiantes et d’étudiants.

 

 

L’allocution de François Ruffin aux Césars (reprise par de nombreux médias) a fortement marqué les esprits : « Mon film, il parle d’une usine qui part en Pologne et qui laisse derrière un paquet de misère et un paquet de détresse. Et au moment où je vous parle, c’est une usine d’Amiens, qui s’appelle Whirlpool, qui fabrique des sèche-linges, qui subit la même histoire puisque maintenant ça part là aussi en Pologne. Ça fait maintenant trente ans que ça dure dans l’ameublement, dans le textile, dans la chimie, dans la métallurgie, ainsi de suite. Pourquoi ça dure depuis trente ans ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés, et donc on n’en a rien à foutre. Si c’étaient des acteurs qui étaient mis en concurrence de la même manière avec des acteurs roumains, ça poserait problème immédiatement. Si c’étaient des journalistes, quand on touche à l’avance fiscale des journalistes, ça fait des débats. Mais imaginons que ce soit les députés, qu’on dise que les députés ne sont pas assez compétitifs. Un député français coûte 7610 euros par mois, un député polonais coûte 2000 euros par mois. Mais imaginons qu’on dise : demain, il faut délocaliser l’hémicycle à Varsovie. »

 

 

Dominique, un des lecteurs suisses du Grand Soir, explique comment son pays a vendu toutes ses données sensibles à de grandes sociétés étasuniennes : « En Suisse notre administration pléthorique a simplifié le problème : l’ensemble de l’informatique de la Confédération est gérée par une société étrangère, IBM. Nous savons tous, grâce à des affaires comme Snowden ou Wikileaks, que l’ensemble des géants étasuniens sont parties prenantes dans cette entreprise globale d’espionnage et de scannage de nos données qu’est Big Data. Big Brother est mort, vive Big Data.

 

Nous savons par ailleurs que la Confédération collabore avec le Mossad au développement des logiciels utilisés par Big Data, et grâce aux Spy Files 3 de Wikileaks dans l’entité sioniste qui colonise la Palestine. Ce qui implique que les secrets de la Confédération sont bien gardés par des agences comme le Mossad, la CIA ou la NSA.

 

Pendant ce temps, notre même administration fédérale est en train de construire des camps pour y mettre les expatriés étrangers pauvres dès qu’ils se présentent à nos frontières, et dans le même temps, elle offre des procédures accélérées d’admission aux expatriés étrangers riches. »

Revue de Presse (196)
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 06:45

 

Pour Marianne, Emmanuel Macron n’a pas besoin de chaîne YouTube, il a BFMTV. BFMTV diffuse autant de Macron que de Fillon, Hamon, Mélenchon et Le Pen réunis ! Macron a cumulé 7 heures de meetings sur BFMTV, contre 3 pour Fillon. Les discours de Macron ont été retransmis pendant un total de 426 minutes ces quatre derniers mois, 135 de Jean-Luc Mélenchon. Alors que ses meetings sont nettement plus longs que ceux de ses rivaux, BFMTV s'est toujours refusée à couper les interventions du fondateur d'En Marche. Ce dernier est par ailleurs le seul candidat à compter comme conseiller spécial un ancien haut-gradé de Altice Média, le groupe qui possède BFMTV

 

Le Monde nous parle d'une nouvelle passée presque inaperçue : l’ex-président du FMI Rodrigo Rato a été condamné à quatre ans de prison. L’ex-ministre espagnol de l’économie, figure éminente du Parti populaire (droite) a été condamné dans l’affaire dite des « cartes Black », pour laquelle étaient jugés 65 anciens dirigeants et membres des conseils d’administration de Caja Madrid et Bankia pour avoir détourné 12 millions d’euros grâce à des cartes bancaires non déclarées entre 2003 et 2012.


 

Revue de Presse (195)

Rodrigo Rato plonge avec l'argent détourné...

 

Selon L’Humanité, dans les Hauts-de-Seine, les PMI redoutent une mort subite. Le département le plus riche de France projette de déconventionner les structures de santé préventives destinées aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 6 ans. Les professionnels du secteur s’organisent pour éviter la casse de ce service public.

Depuis quelques années déjà, le conseil départemental dirigé par le député (LR) Patrick Devedjian traîne des pieds. En 2016, il a attendu le mois de décembre pour finalement signer la convention avec la ville pour le financement des PMI. Il a également déjà commencé à réduire le personnel dans les deux PMI départementales, faisant passer le nombre de puéricultrices de 9 à 4,5 et celui d’auxiliaires de puériculture de 10 à 5. Quatre heures de vacations médicales ont aussi été supprimées, ainsi qu’un poste de psychologue. Si la décision de déconventionnement des deux PMI devient effective, elles ne pourront plus fonctionner, avec un impact important sur les habitants. La crainte est aussi alimentée par l’exemple du département des Yvelines, qui doit fusionner avec celui des Hauts-de-Seine : là-bas, le nombre de PMI a fondu de 55 à 22…

 

Selon le Huffington Post, une quarantaine d'employés de l'usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux, ont manifesté le 22 février, devant le ministère de l'Économie à Paris. À l'intérieur de Bercy, une réunion sur l'avenir de leurs emplois avait lieu entre les dirigeants de l'entreprise étasunienne et des responsables du gouvernement.

Le candidat à l'élection présidentielle Philippe Poutou, lui-même ouvrier à l'usine de Blanquefort, était présent parmi les manifestants. Depuis plusieurs mois, les salariés du géant de l'automobile craignent la fermeture de leur lieu de production et le licenciement des 930 personnes en CDI qui y travaillent actuellement. En 2013, Ford s'était engagé au maintien des emplois sur le site pendant cinq ans, engagement conditionnant le versement d'aides publiques.

 

Dans Slate, Laurent Sagalovitsch rend un vibrant hommage à Jacques Brel qui «aimait tous les hommes. Quand il s'est tu, c'est qu'il n'en pouvait plus. Il avait trop donné, il lui fallait s'éloigner de la société des hommes pour permettre à son cœur et à son esprit de respirer et de respirer encore, de bouffer cette vie qui ne sert à rien mais dont on n'est jamais rassasié, cet inlassable combat pour toujours se dépasser, tenter d'aller au bout de ses rêves afin de mourir sans regret. Avant de partir, il est revenu dans la grande ville, il a déposé à nos portes un dernier disque qui a la beauté grave d'une oraison funèbre et l'élégiaque splendeur d'un chant écrit par un homme revenu de tout, fatigué mais assez lucide pour célébrer encore et toujours l'amitié, l'amour, la tendresse, l'infinie compassion d'un poète qui aura passé son existence à consoler le cœur chagrin des hommes. »

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 06:35

 

Laurent Lesnard, dans L’Humanité, revient sur le travail du dimanche. « La perte des liens familiaux et amicaux n’est jamais compensée ». Hors agriculture, on estimait à 6,5 % la part de la population active qui travaillait le dimanche en 1970. En 2010, cette proportion est passée à 14 %. Nous faisons donc face à un renversement historique total. Il est important de discerner le travail à domicile et hors domicile. À domicile, ce temps de travail ne dure statistiquement en moyenne que deux heures. Le travail hors domicile concerne, lui, la journée entière et implique des contraintes de lieu. Or, le dimanche, il est plus facile d’intégrer des activités amicales, familiales et récréatives lorsque l’on n’a qu’une heure ou deux de travail chez soi à réaliser. Avec un dimanche entièrement travaillé à l’extérieur, les temps de sociabilité diminuent mécaniquement. Le dimanche est en effet consacré aux liens parents-enfants et à la sociabilité amicale. Pour le travail dominical hors domicile, ces temps sont perdus car ils ne peuvent être compensés par un jour de repos en semaine. Pour le travail dominical à domicile, c’est surtout les relations amicales qui sont touchées.

 

 

Le Grand Soir, sous la plume de Thomas Vescovi, évoque ces citoyens français complices de la politique israélienne en Palestine. La communauté juive française semble être prise en étau entre plusieurs dynamiques. D’une part, bien qu’une partie significative des juifs de France ne ressente pas d’ancrage particulier au Proche-Orient, l’atmosphère politique les y renvoie perpétuellement. Lorsque le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) défend inconditionnellement le gouvernement Netanyahou, ses responsables renforcent dans les esprits les plus influençables l’idée d’un lien entre la politique israélienne et les citoyens français de confession juive.

 

D’autre part, depuis les années 1990, la droite israélienne appelle les grandes puissances à reconnaître Israël comme « l’État du peuple juif ». Déjà en 1985, la Knesset avait débattu autour d’un amendement visant à définir Israël comme « l’État du peuple juif et de ses citoyens arabes ». À l’époque, une majorité de députés avaient vigoureusement rejeté cette formulation, considérant que la notion de citoyenneté renvoie à un statut juridique qui confère des droits et des devoirs et institue une nation d’égaux sur un territoire où ils sont souverains. De fait, l’État ne pouvait pas appartenir à la fois à des individus qui n’en sont pas citoyens tandis que d’autres qui sont citoyens mais pas juifs seraient clairement considérés comme extérieurs à cet État. Désormais, le gouvernement Netanyahou use à tort et à travers de cette rhétorique, profitant de toute attaque contre des juifs de par le monde pour appeler ces derniers à émigrer en Israël.

 

Revue de Presse (194)

Toujours dans Le Grand Soir, Naomie Klein évoque la « bande de copains » de Trump qui gouverne à Washington. C’est Andrew Puzder que Trump a nommé ministre de l’Emploi (un ministre qui préfère les robots aux travailleurs en chair et en os). En tant que PDG de son empire du fast-food, cela ne lui suffisait pas de payer ses travailleurs d’un salaire scandaleux tout à fait insuffisant pour vivre, mais son entreprise a également été condamnée pour vol dans divers procès : des travailleurs n’étaient pas payés pour leur tâche et pour leurs heures supplémentaires.

 

Trump a réalisé une prise de contrôle des commandes par le monde de l’entreprise. Ceux qui achetaient les deux plus grands partis pour défendre leurs intérêts ont décidé qu’ils en avaient marre de jouer le jeu. Apparemment, tous ces dîners fins avec les politiciens, toutes ces cajoleries et pots-de-vin légalisés insultaient leur sentiment de pouvoir de droit divin.

 

Désormais, ils suppriment l’intermédiaire et font ce que tout grand chef fait quand il veut que quelque chose soit fait comme il l’entend : ils le font eux-mêmes. C’est Exxon qui est ministre des Affaires étrangères. C’est Hardee qui est ministre de l’Emploi. C’est General Dynamics qui est ministre de la Défense. Et, pour tout le reste, ce sont les types de Goldman Sachs.

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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 06:43

 

Un de mes proches décide de résilier son abonnement à Canal+. Il envoie un courriel à cette fin. Le lendemain, une employée du groupe l’appelle par téléphone. Á Canal+, on sait saboter de forts bonnes émissions, mais au niveau du commercial, on est réactif !

 

  • Je peux vous demander pourquoi vous souhaitez résilier votre abonnement ?
  • Pour plusieurs raisons. La principale est que je n’aime pas votre patron. Pour lui, la chaîne n'est qu'un produit et on a bien vu qu'au début de l'affaire Fillon i-télé faisait de la rétention d'information.
  • Mais enfin, si vous avez l’électricité, c’est grâce à lui !

 

Le futur ex-abonné ne s’attendait absolument pas à ce type d’argument.

 

  • Je croyais que l’électricité nous était fournie par EDF.
  • 15% d’EDF est possédée par des actionnaires privés, dont Monsieur Bolloré.

 

Elle aurait pu ajouter que 1,8 % de l’entreprise étaient possédés par des salariés d'EDF (les sots !), et qu’EDF possédait 0,09 % d’elle-même !

 

Rappelons que, selon la loi, l'État doit conserver 70% des parts de l'entreprise. Aujourd'hui, est de 84,49%, donc il possible de privatiser 15% de plus. Wikipedia expose clairement la situation : « Le changement de régulation du secteur électrique, d'un régime historique de monopole régulé, privés ou publics, à un régime de concurrence à la production, découle d'un choix politique au niveau européen. Cette évolution s'inscrit dans le mouvement général de déréglementation connu dans les pays occidentaux depuis le milieu des années 1970 et qui a affecté jusqu'à nos jours de nombreux secteurs de services d'infrastructure : transport aérien, télécommunications, transport ferroviaire, etc. Elle s'inscrit dans la perspective de construction d'un marché intérieur de l'Union européenne dessinée par l'Acte unique européen de 1986. »

 

Le futur ex-abonné tenta d’expliquer à la petite main de Bolloré que, s’il avait du courant, ce n’était pas par la miséricorde du milliardaire breton qui possède à peu près la moitié de l’Afrique de l’Ouest mais grâce aux travail de dizaines de milliers d’ouvriers, de techniciens et d’ingénieurs dont on ne parle guère chez les Solfériniens, chez les Républicains, à Paris, à Bruxelles ou ailleurs.

 

Il ajouta en guise de coup de grâce que, « provisoirement », il conservait Canal Sat pour ses enfants et petits-enfants mais que, si Bolloré continuait à ravager ses antennes (Le Grand Journal est passé en trois ans de 1,5 million à 100 000 téléspectateurs), il se délesterait de ces chaînes sans état d’âme.

 

Sur une résiliation d’abonnement à Canal+

Est-ce que le futur ex-abonné s'est détourné de Canal+ depuis que la présentation des nouvelles par Émilie Besse est beaucoup moins sexy ?

 

PS : Quant à moi, je viens de recevoir une longue lettre de Canal qui commence bizarrement ainsi, comme s'ils avaient envie qu'on se sépare :

 

"Nous sommes ravis de vous compter parmi nos abonnés et nous vous informons que la reconduction de votre contrat d'abonnement interviendra automatiquement à son échéance.

Si toutefois vous ne souhaitez pas que votre contrat soit reconduit, vous pouvez nous adresser un courrier écrit à la main ou à l'aide du formulaire disponible sur votre Espace Client, avant la date figurant dans l'encadré ci-dessus."

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 06:33

Mes amis valaisans de l'1dex (et ici) ont publié récemment cette analyse de ce petit chef-d'œuvre de Brassens, “Le Vent”. Comme quoi Trump est – malheureusement – dans toutes les consciences et à tout moment.

Georges Brassens a fait paraître cette courte et magnifique chanson en 1953, dans son deuxième album.

Elle présente d’abord le vent comme une force naturelle violente et facétieuse qui, au hasard, vient semer le désordre dans la société. Il est « fripon » (gaillard, grivois) et « maraud »(coquin, impudent) et vient soulever les « jupon(s) » des filles et les « chapeau(x) » des hommes. Il ne respecte rien, « rebrouss’ les bois, détrouss’les toits, retrouss’les robes » et se moque indistinctement des « jean-foutre », indignes et des « gens probes », honnêtes, poétiquement rapprochés par la similitude des sons « jean-« et « gens », qui se plaignent également de lui.


Une deuxième partie des paroles corrige la première impression: « une attention profonde » permet de voir que le vent ne s’en prend pas au petit bonheur à tout le monde, mais qu’il vise spécialement les « fâcheux »(ceux qui sont déplaisants, importuns). Le vent est désormais doté d’une autre fonction: il vient rectifier le désordre du monde en punissant ceux qui l’empêchent de fonctionner correctement. Si les « fâcheux » ne sont pas remis en place par les lois ou les règles de la vie commune, ils passent au moins à la caisse grâce au vent. Imaginons que le vent s’intéresse plus aux « jupons » des ministres et banquières, et davantage aux « chapeaux » des candidats aux présidentielles et des milliardaires. Brassens nous entraîne avec lui quand il rit sous cape de voir se lever les jupons et s’envoler les chapeaux des puissants.

Brassens, avec son habituel sens du comique, nous fait prendre de la distance par rapport aux grands chefs qui se croient tout permis. A l’heure de l’élection du mégalomane Trump, il est bon de penser qu’il y a quelque chose comme le vent qui saura lui déplaquer sa mèche comme il saura lui faire perdre de sa vanité. C’est une satisfaction pour le simple citoyen de savoir qu’il y a quelque chose comme le « vent » qui vient remettre les pendules historiques à l’heure, comme on l’a vu mille fois, alors même que sur le moment on se sent écrasé par les tendances négatives qui semblent définitivement nous emporter !

Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc’, prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

Les jean-foutre et les gens probes
Médis’nt du vent furibond
Qui rebrouss’ les bois, détrouss’ les toits, retrouss’ les robes
Des jean-foutre et des gens probes
Le vent, je vous en réponds
S’en soucie, et c’est justic’, comm’ de colin-tampon

Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc’, prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

Bien sûr, si l’on ne se fonde
Que sur ce qui saute aux yeux
Le vent semble une brut’ raffolant de nuire à tout l’monde
Mais une attention profonde
Prouv’ que c’est chez les fâcheux
Qu’il préfèr’ choisir les victimes de ses petits jeux

Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent fripon
Prudenc’, prends garde à ton jupon
Si, par hasard
Sur l’Pont des Arts
Tu croises le vent, le vent maraud
Prudent, prends garde à ton chapeau

http://www.parolesmania.com/paroles_georges_brassens_9624/paroles_le_vent_334332.html

Le Pont des Arts à Paris

 

Le Pont des Arts à Paris

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:13

 

L’origine de cette fable humoristique semble remonter à 1997. Il en existe de nombreuses variantes.

 

Deux universités ont pour habitude de se confronter annuellement dans une compétition d’aviron. Le doyen de l’université A, qui a perdu les deux confrontations précédentes contre l’université B, décide d’appliquer à son équipe les techniques managériales modernes enseignées dans son établissement. Il débloque un budget conséquent pour ce projet et fait appel au cabinet de conseil Mc Delsen fondé par d’anciens élèves. Les deux équipes s’entraînent dur, mais l’équipe A est réorganisée à la lumière des méthodes de management modernes.

 

L’heure de la course arrive enfin, malheureusement, le bateau A perd avec un kilomètre de retard sur l’équipe B. Le doyen de l’université A et les consultants de Mc Delsen en sont très affectés. Ils se réunissent pour rechercher les causes de cet échec. Une mission d’audit composée de seniors managers est constituée. Après enquête, elle constate que leur équipe est constituée d’un barreur, de cinq consultants et de trois rameurs, alors que l’équipe B comporte un barreur et huit rameurs. La direction décide de lancer une nouvelle mission de conseil pour l’année suivante, mission confiée à un groupe d’experts de haut niveau.

 

Ceux-ci proposent de procéder à une réorganisation totale du bateau de l’université A. Il est question de manuel qualité, de procédures d’application, de documents de suivi. Une nouvelle stratégie est mise en place, basée sur une forte synergie. Elle doit améliorer le rendement et la productivité grâce à des modifications structurelles. On parle de Zéro Défaut, de Qualité Totale. La nouvelle équipe supervisée par Mc Delsen comprend désormais un directeur général d’aviron, un directeur adjoint d’aviron, un manager d’aviron, un superviseur d’aviron, un consultant qualité, un contrôleur de gestion, un chargé de la communication interne, un barreur et… Un rameur !

 

Il est demandé au rameur de rédiger un rapport d’activité tous les vingt coups de rame. Une brève réunion de suivi et d’évaluation des objectifs est programmée tous les kilomètres. La course a lieu et l’équipe A termine cette fois avec trois kilomètres de retard sur l’équipe B qui s’obstine à fonctionner avec un barreur et huit rameurs ! Le doyen et les consultants de Mc Delsen en sont profondément affectés et prennent une décision rapide, mais logique et courageuse : ils licencient le rameur, celui-ci n’ayant pas atteint ses objectifs. Ils vendent le bateau et annulent la mission ainsi que tous les investissements prévus pour la réorganisation.

 

Avec l’argent ainsi économisé, le doyen rénove son bureau, et l’associé Mc Delsen en charge du projet octroie une prime aux managers et aux superviseurs. Il augmente les salaires des directeurs et s’attribue une indemnité exceptionnelle de fin de mission.

 

La Revanche du rameur est un livre écrit par Dominique Dupagne, publié chez Michel Lafon (février 2012).

La revanche du rameur
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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 06:47

 

Evariste, dans Res Publica, est peu optimiste après la primaire socialiste : « elle a désigné Hamon et, immédiatement, ont fleuri les carambouilles et les carabistouilles en tous genres. Oubliés son aval au Traité budgétaire de l’UE, son refus de voter la censure du gouvernement, son européisme béat, son communautarisme débridé, etc. Quant à la potion magique du revenu universel qui passe pour une mesure de gauche, oublié le fait qu’en un mois il a changé trois fois de position sur cette mesure dont il a fini par avouer qu’il ne s’agissait en réalité que de faire du RSA une allocation universelle, toujours en dessous du seuil de pauvreté, étendue aux jeunes de 18 à 25 ans et distribuée à tous les ayants droit et non seulement à ceux qui la demandent.

 

Et Hamon ne dit rien sur les conditions de financement d’un tel revenu réellement universel, qui ne pourra que se réduire à une forme d’application de la proposition d’origine de Milton Friedman, l’impôt négatif, qui visait à tuer à terme l’extension des conquis sociaux de type Sécurité sociale. »

 

 

Toujours dans Res Publica, Bernard Teper observe que « la sphère de constitution des libertés est la grande absente de la campagne présidentielle. Alors que les dépenses publiques couvrent plus de la majorité des richesses produites pour un résultat de plus en plus éloigné des besoins sociaux, il est incroyable d’avoir aussi peu de débat dans cette campagne présidentielle. Il a fallu que François Fillon prenne comme modèle le système de santé le plus cher, le plus privatisé, et le moins efficient des pays développés (celui des États-Unis) pour que la campagne parle de cela. Depuis que Penelope Fillon fait la une des journaux, le débat sur la Sécu s’est estompé. Les candidats néolibéraux ont bien sûr fait des propositions qui vont dans le sens de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes concernant ces trois piliers de la République sociale. Benoît Hamon a obscurci sa casquette de frondeur avec une proposition de revenu universel susceptible d’accélérer le recul de la Sécurité sociale – comme la CSG de Rocard fut un cheval de Troie dans le financement de la Sécu.

 

Seul Jean-Luc Mélenchon a fait un discours sur la Sécurité sociale intégrale mais sans entrer dans le détail des retraites, de la santé et de l’assurance-maladie, de la branche famille, de celle des accidents du travail et des maladies professionnelles, ce qui aurait intéressé au plus haut point les couches populaires ouvrières et employées ainsi que les couches moyennes intermédiaires. Le même a fait des propositions sur l’enseignement professionnel mais sans entrer dans le détail nécessaire de l’enseignement général. »

 

 

De qui François Fillon est-il le prête-nom, demandent François Denord et Paul Lagneau-Ymonet dans Le Monde Diploimatique ?

 

« La droite française présente à l’élection présidentielle un candidat incarnant ses valeurs les plus traditionnelles. Pour l’emporter, M. François Fillon devra non seulement réfuter les soupçons d’emplois fictifs visant son épouse, mais aussi et surtout élargir sa base sociale. La radiographie de son équipe – ses soutiens, ses alliés, ses conseillers – révèle à quel point son assise est étroite. […] Fillon, comme Macron, marquent l’aboutissement du processus de néolibéralisation qui affecte la structure du pouvoir depuis quarante ans. Il se traduit par un moindre contrôle politique sur l’ordre économique et par un retour en force des puissances financières, commerciales et industrielles privées. »

 

 

Enfin dans Le Grand Soir, Théophraste R. (Chef du département « Épuration des forces de l’ordre et séparation du MEDEF et de l’État ») encourage François Hollande à livrer au public le visage du présumé violeur de Théo et le nom du commissariat où il est protégé par les siens : « Non pas pour une exécrable vengeance populaire, mais pour que ses émules aient peur au lieu d’être assurés d’être acquittés sans procès (ou condamnés avec sursis 2 ou 3 ans plus tard), assurés de conserver l’estime de leur famille, de leurs voisins !

 

Vas-y François, après avoir réconforté sa proie innocente, dénonce le prédateur en bande organisé. Fais-toi aussi photographier devant lui, l’œil noir, l’index levé.

 

François, si la Police et la Justice t’échappent, place-les sous le contrôle du peuple.

 

Entre dans l’Histoire autrement que par la loi El Khomri, le CICE, ta soumission à Merkel et à Gattaz, ton choix de faire d’un obscur banquier de chez Rothschild le secrétaire général adjoint de la présidence de la République, puis un ministre de l’Économie. »

 

 

Revue de Presse pour les chtis
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 06:37

Ci-dessous un communiqué d'associations de défense de la langue française au moment où la gauche américaine vient de donner une gifle à notre langue et à la francophonie, non pour gagner des parts de marché mais pour exprimer, une fois de plus, sa soumission à l'impérialisme étasunien.

 

 

 

Plutôt Paris sans les J.O. que les J.O. à Paris sans, et contre, la langue française !

 

 

 

Scandalisées par l’annonce d’un slogan en anglais pour « vendre » au C.I.O. les J.O. de Paris, les associations de défense de la langue françaises avaient protesté ensemble auprès du Comité pour les J.O. de Paris. Une rencontre était prévue début mars pour engager le dialogue. Or c’est le vendredi 3 février à 18 heures qu’un slogan en anglais a été officialisé au mépris, non seulement des associations concernées, mais de l’article II de la Constitution, de la charte des J.O. (dont la langue officielle est le français !) et de la loi du 4 août 1994 (art. 2) qui dispose que « ... la langue française est obligatoire pour toute publicité, écrite, parlée ou audiovisuelle... »

 

 

Quant à l’argument du comité Paris-J.O-2024, selon lequel il faudrait désormais parler anglais « pour se faire entendre de tous », c’est le même que celui que vient d’employer M. Macron quand, parlant dans le cadre d’une campagne électorale française, il est allé discourir en anglais à Berlin, humiliant ainsi notre langue à l’international, sans respect aussi pour la langue allemande. Si désormais chacun procède ainsi dans son champ de compétence, c’en est fait de notre langue, déjà assaillie en tous domaines (enseignes, publicité, chanson, cinéma, recherche…) au profit du tout-anglais.

 

 

Nous exigeons que les autorités de l’État, chargées de faire respecter la langue nationale, qui se trouve être aussi la langue de la Francophonie internationale et la langue officielle des J.O. depuis P. de Coubertin, rappellent à l’ordre le comité pour les J.O. à Paris. Paris sans la langue française, c’est un couteau sans manche dont on a jeté la lame !

 

 

Nous interpellons les candidats à la présidentielle. Lesquels d’entre vous briseront la forclusion du débat sur la langue qui pèse sur les médias ?

 

 

L’universalité de l’olympisme n’a que faire d’une pseudo-langue unique mondiale, ce Business Globish totalitaire qui insulte à la fois la langue de Molière et la biodiversité culturelle indispensable à l’humanité. Si les communicants de Paris-J.O-2024 sont vraiment à court de vocabulaire, qu’ils sachent que les mots « amour » et « sport », mot anglais francisé, mais dont l’étymologie est française, sont compris partout ! L’affairisme et l’argent-roi ne doivent pas prévaloir sur la dignité de Paris, de la France et de la Francophonie !

 

 

Si le slogan en anglais insultant pour Paris, la France et la Francophonie était maintenu, nous appellerions les citoyens à le contrer par tous les moyens démocratiques possibles pour que le peuple français et tous les francophones aient un destin en français.

 

 

N'ayons pas un esprit de vaincus ou de colonisés, refusons ce diktat en appliquant la devise olympique : « plus vite, plus haut, plus courageusement ».

 

 

 

Léon Landini et Georges Gastaud, présidents de CO.U.R.R.I.E.L. (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistiques, 07 61 05 99 21), Marc Favre d’Echallens, président de Droit de comprendre, Albert Salon, président d’Avenir de la Langue française, Philippe de Saint-Robert, président de l’ASSELAF, Régis Ravat, président de l’A.FR.AV, Daniel Miroux, président de l’Alliance Champlain.

 

 
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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 06:48

C’est un très bon article de Lucie Delaporte dans Mediapart qui m’a incité à rebondir sur un fait divers qui ne fait pas diversion et dont on n’est pas près d’avoir fait le tour.

 

Comme beaucoup, lorsque j’ai découvert que la femme de François Fillon se prénommait Penelope (la prononciation anglaise est magnifique à l’oreille), m’est revenue en mémoire la facétieuse complainte de Brassens, encore plus prémonitoire que l’entretien accordé à la journaliste anglaise :

 

Toi l'épouse modèle

Le grillon du foyer

Toi qui n'as point d'accrocs

Dans ta robe de mariée

Toi l'intraitable Pénélope

En suivant ton petit

Bonhomme de bonheur

Ne berces-tu jamais

En tout bien tout honneur

De jolies pensées interlopes

De jolies pensées interlopes...

 

En toute honnêteté intellectuelle, je dois confesser (filons la métaphore religieuse, cela ne fera pas de mal) que frôler le monde de Fillon est pour moi encore plus hasardeux que si je me rendais chez les Bororos. Je ne « décrypte » pas (comme on dit dans les médias neuneux) spontanément. Les familles de notaire, le centre-ouest catholique intégriste (ah, mes randonnées à vélo en Vendée le dimanche matin, personne dans les rues, tout le monde à la messe !), la droite dure, ce monde où la femme idéale (n’est-ce pas Chirac ?) est celle de « l’ancien temps, dure à la peine, qui sert les hommes à table, ne s’assied jamais avec eux et ne parle pas », tout cela m’est très étranger. Après tout, sur la désormais célèbre photo montrant les six membres de la famille Fillon au cours d’une garden party devant la désormais célèbre « maison » dont la valeur vénale est passée en une semaine de 600 000 à 750 000 euros (750 000 euros, my foot !), la seule personne debout n’est autre que Penelope.

 

Depuis que le scandale des activités monstrueusement surpayées de l’« assistante parlementaire » a éclaté, des élus de droite et des médias complaisants ont vanté, ad nauseam, la « discrétion » de Penelope, à leurs yeux le commencement et la fin des vertus cardinales du “deuxième sexe”. La pauvre Ségolène Royal, fille de militaire d’extrême droite, a embrayé : en demandant le respect pour Penelope, elle l’a ramenée à sa condition de « mère de famille respectable » ignorante des montages diaboliques de son mari aimant. Nous sommes à Sablé dans une droite aux antipodes de celle de Macron, celle des familles recomposées, urbaine, où un homme n’hésite pas, dans une démarche transgressive plutôt courageuse, il faut bien le dire, à épouser une femme un quart de siècle plus âgée que lui. En profondeur, Fillon est le candidat de certains banquiers et financiers (qui n’ont jamais autant prospéré que sous les Solfériniens) comme le montre l’article du Monde Diplomatique “De qui Fillon est-il le prête-nom ? ; en surface, le fils de notaire est le représentant de la France des manoirs et de valeurs proches de celles du pétainisme. Cela dit, on n'entre pas chez les Fillon comme dans du beurre : anglicane, Penelope Fillon dut se convertir à la religion catholique, ce qui, si l'on excepte une poignée de grands intellectuels ou créateurs au XXe siècle, reste une démarche très rare outre-Manche.

 

Je n’irai pas jusqu’à dire que, pour Penelope, Emma Bovary, c’est elle, mais on admettra sans peine qu’elle a un long et lourd passé de discrétion, et sûrement de soumission, comme tendrait à prouver cette courte séquence qui a fait le tour du monde où l’on voit François, non pas prendre la main de Penelope, mais se saisir fermement de son poignet. A-t-il fait de même lorsqu’elle lui a apprit que, onze ans après la venue au monde de leur quatrième enfant, elle en attendait un cinquième ? L’histoire le dira peut-être un jour. Quand le monde clos des Fillon, où l'une des sœurs de Penelope a épousé un des frères de François, aura fini d'exploser.

Le “mystère”  Penelope Fillon

 

Ce qui m'a frappé dans l'interview avec la journaliste anglaise – outre qu'elle dévoile rétrospectivement le pot aux roses (the skeleton in the closet) – c'est que Penelope Fillon se montre franchement décontractée avec une journaliste qu'elle ne connaît pas ou, en tout cas, pas plus que cela. Nous sommes loin de la personne timide, effacée, qui ne veut pas parler en public. Nous sommes sûrement au plus près de la jeune Anglo-Galloise de dix-huit ans qui a quitté le cocon familial pour étudier en France. Dans cet entretien, elle se livre en creux et en bosses. Au débotté, elle nous informe que, si elle a voulu reprendre des études (de littérature anglaise, of all subjects !), c’est pour montrer à ses enfants, diplômés comme il faut, qu’elle n’était pas une cloche (« that stupid »). C’est que, vraisemblablement, c’est ainsi qu’ils la percevaient. Il faut dire que, dans le monde de la ruralité fillonesque de la Sarthe, une épouse, même si elle a réussi une capacité d’avocat, est d’abord une mère. « Si je n’avais pas eu le dernier, je serais sans doute allée chercher un travail », dit-elle avec une pointe d’amertume. Par parenthèse, les soutiens de Fillon n’ont pas été intrigués que Penelope ait souhaité trouver un emploi… alors qu’elle travaillait pour son mari depuis dix ans, pour un salaire plus que confortable, mais sans adresse électronique, ce qui est singulier de nos jours. Comme elle le dit dans l’entretien, le travail était lui-même confortable : elle glissait de temps en temps des prospectus dans des boîtes au lettres, mais surtout elle s’asseyait au fond des salles où s’exprimait François car elle aimait bien écouter comment les gens réagissaient. Une tâche fort prenante, que dis-je, éreintante ! Et lorsqu’elle reconnaît ne s’être jamais occupée de sa communication, alors que lui affirme – droit dans ses bottes – le contraire, elle a un petit rire triste sur elle-même signifiant : « j’en eusse été bien incapable ».

 

Elle est mélancolique, au sens vrai du terme. En quittant l'Angleterre, elle s'est sûrement quittée elle-même. François a saisi un poignet inerte. Jean-Jacques Rousseau aurait dit que son vague à l'âme était peut-être sa volupté, sa jouissance secrète. A-t-elle, à ses yeux, manqué de reconnaissance, gâché sa vie de femme (pas d’épouse ou de mère) ? On finira par le savoir, forcément.

 

PS : un entretien d'octobre 2016 avec Penelope Fillon. Á l'évidence, elle sait penser par elle-même !

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