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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 05:19

Dans 20 Minutes, Ken Loach dénonce, un « énorme scandale » dans la gestion du NHS, le service de santé public, par les gouvernements successifs. « Cette crise a révélé un chaos absolu, qui devrait nous amener à exiger que, à l'avenir, cette offre relève du service public ». Les maisons de retraite sont détenues par des sociétés privées. Et les soignants sont employés par des sociétés privées. Ils y travaillent au jour le jour, sans contrat sur la durée, parfois via des boîtes d'intérim. Ils touchent le salaire minimum et, souvent, n'ont aucune garantie horaire. Ils peuvent être appelés ou renvoyés dans la minute. »

 

Communistes Hebdo rappelle les appréciations de diverses organisations mondiales concernant le système de santé à Cuba : Le constat des organisations mondiales sur Cuba est concordant. Cuba est :

« Un modèle » selon l’Organisation mondiale de la santé.
* Pour l’ONU, « le système de santé à Cuba a valeur d’exemple pour tous les pays du monde ».
* Selon Margaret Chan directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé jusqu’en 2017: « Cuba a basé son système de santé sur la médecine préventive et ses résultats sont exceptionnels. »
En 2019, Cuba a formé au sein de ses différentes universités plus de 35.000 personnels de santé de 136 nations du monde. 

 

 

RT France donne des détails sur l’espionnage subi par Julian Assange à l’ambassade d’Equateur : «Chargée de surveiller Julian Assange à l'ambassade d'Equateur, la société UC Global aurait fait chanter une diplomate avec des photos d'elle extrêmement intimes. Elle se serait également intéressée au bébé et à la famille du lanceur d'alerte.

 

L'intrigue autour de Julian Assange se poursuit. Une enquête ouverte à l'été 2019 contre l'espagnol David Morales et sa société de sécurité Undercover Global (UC Global), accusés d'avoir espionné durant des années le fondateur de Wikileaks à l'ambassade d'Equateur à Londres, révèle que la société espagnole s'est permise un zèle sans limite pour le compte des autorités étasuniennes. 

 

Dans une plainte lancée par des avocats du lanceur d'alerte devant la justice espagnole, David Morales et sa société sont accusés d'atteinte à la vie privée et à la confidentialité des échanges entre avocats et clients, ainsi que de corruption et de blanchiment. L'acte d'accusation révèle désormais que la société de sécurité espagnole se serait aussi intéressée de très près à la famille de Julian Assange. Toujours selon l'acte d'accusation, UC Global aurait aussi volé des photos extrêmement intimes d'une diplomate équatorienne pour la faire chanter. Objectif ? Empêcher qu'elle ne rompe le contrat permettant la surveillance de l'entreprise sur l'ambassade équatorienne.

 

 

 

Dans son blog, El Diablo reprend un entretien de Patrice-Hans Perier sur la géopolitique du Coronavirus : « Lorsque Macron nous dit « Nous sommes en guerre », il parle un langage crypté. Cela signifie la fin de l’habeas corpus au gré de l’imposition de mesures d’exception qui ne sont que les préliminaires à la suspension des libertés civiles et à l’instauration de la loi martiale. Ce confinement forcé pourrait fournir aux autorités publiques et privées l’occasion de mettre en œuvre les mesures d’exception suivantes :

 

– Traçabilité totale via les portables et cartes à puce ;

 

– Passeports intérieurs afin de pouvoir circuler d’un point à un autre au niveau local ;

 

– Enfermement des personnes contaminées ou récalcitrantes dans des camps ;

 

– Rationnement de la population au moyen d’un système de points « bonus-malus », tels que préconisés par Jacques Attali ;

 

– Contrôle total d’Internet avec, à la clef, fermeture des sites de réinformation ou des comptes des récalcitrants. Les fournisseurs de service étant obligé de transmettre aux services de renseignement l’historique de navigation et toutes les pages consultées par les citoyens « récalcitrants » ;

 

– Abolition de l’argent liquide et système faisant en sorte que les ministères des Finances puissent gérer toutes vos transactions : entrées et sorties d’argent numérique ;

 

– Vaccins obligatoires et, in fine, puçage de la population à des fins de traçabilité ;

 

– La technologie 5G sera mise en œuvre afin de tisser la nouvelle toile du confinement permanent.

 

 

 

 

Revue de Presse (319)
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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 05:29

Il s'agit tout de même de triple sec qui titre à 40° !

 

 

La pub nous prend pour des cons, la pub nous rend cons (10)

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23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 06:11

 

La gouvernance ou, plutôt, la « bonne gouvernance », est aujourd’hui un concept qui vaut jugement moral.

 

Le terme « gouvernance », selon Bernard Cassen dans un article du Monde Diplomatique  de 2001, a une histoire chargée et n’est pas le fruit du hasard. Utilisée en ancien Français du XIIIème siècle comme équivalent de « Gouvernement » (l’art et la manière de gouverner), il passe en anglais « Governance » au siècle suivant avec la même signification. Puis il tombe en désuétude. Son grand retour s’effectue à la fin des années 1980 dans le discours de la Banque mondiale, repris par les autres agences de coopération, le Fonds Monétaire International (FMI) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Confrontés aux échecs répétés des programmes économiques d’inspiration néolibérale mis en place par les institutions financières internationales dans un ensemble de pays en voie de développement, les experts incriminent le cadre politico-institutionnel défaillant de ces pays et recommandent d’agir en amont sur leur mode de gouvernement. Selon les experts, ce sont des distorsions d’ordre politique qui sont à l’origine de la plupart des problèmes économiques rencontrés en Afrique, en Amérique Latine, en Europe orientale ou encore dans les pays de l’Est.

En 2016, Anne-Cécile Robert, publie, toujours dans Le Monde Diplomatiqueun article intitulé “ De l’art d’ignorer les peuples ”. Elle explique que la plupart des candidats à la présidentielle française proposent de réformer, d’une façon ou d’une autre, les institutions de la Ve République. Si de nombreux élus, chercheurs ou militants diagnostiquent une « crise de la démocratie », le mal pourrait se révéler plus profond : l’installation rampante d’un nouveau régime politique, la gouvernance, dont l’Europe est le laboratoire.

Par un retournement spectaculaire, dans nos démocraties modernes, ce ne sont plus les électeurs qui choisissent et orientent les élus, ce sont les dirigeants qui jugent les citoyens. C’est ainsi que les Britanniques, comme les Français en 2002 (échec de M. Lionel Jospin au premier tour de l’élection présidentielle) et en 2005 (« non » au référendum sur le traité constitutionnel européen), ont subi une psychanalyse sauvage à la suite du « Brexit » du 23 juin 2016. Alain Minc estima que le résultat piteux pour les “ élites ” au référendum n’était pas « la victoire des peuples sur les élites, mais des gens peu formés sur les gens éduqués.  »

 

Les « élites » gouvernent sans le soutien du peuple, au moment même où on organise, traité après traité, des transferts de souveraineté de plus en plus importants à Bruxelles. Parmi les plus déterminants figurent les pouvoirs monétaire et budgétaire. La démocratie est délégitimisée. Place aux experts et à la société civile.

 

Entré en vigueur en 2009, l’article 11 du traité de Lisbonne recommande aux institutions européennes d’entretenir « un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les associations représentatives et la société civile ».On peut donc y trouver des syndicats et des associations très progressistes, mais aussi des lobbys, des groupements patronaux, des cabinets d’experts, voire des sectes, etc. La « société civile » ne repose en effet sur aucun critère de représentativité ou de légitimité. Le peuple est un lobby parmi d’autres.

 

Loin d’être purement technique, la gouvernance est un concept idéologique tiré de la science administrative anglo-saxonne, notamment étasunienne, contemporain de l’essor du néolibéralisme. La gouvernance vise au moins d’État, à l’extension du marché. Avant d’avoir croisé le chemin de Nafissatou Diallo, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, saluant la Tunisie de M. Zine El-Abidine Ben Ali en 2009 par des mots déconnectés de la réalité, ne prévoyant en aucun cas le révolution de janvier 2011 : « La politique économique adoptée ici est une politique saine et constitue un bon modèle à suivre pour de nombreux pays émergents. »

 

Les résultats des derniers référendums (« Brexit » au Royaume-Uni, rejet par les Pays-Bas de l’accord d’association avec l’Ukraine) laissent penser que l’État-nation demeure, pour la plupart des peuples du Vieux Continent, le cadre légitime de la démocratie.

 

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (18)
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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 05:18
La pub nous prend pour des cons, la pub nous rend cons (9)

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 05:29

 

Philippe Barre, dans Res Publica, envisage le monde d’après : « Tout d’abord se rappeler que nous ne sommes pas dans un débat rationnel et argumenté entre « démocrates. Non, les violences policières contre les manifestants en lutte contre les lois travail, contre les Gilets Jaunes, contre les manifestantes de la Santé ou celles des retraites… Les contrôles policiers dans les quartiers populaires… La géolocalisation numérique de la population. Les attaques contre les droits sociaux, au nom de la « guerre contre le virus »… Tout cela nous démontre que le gouvernement et le patronat se radicalisent. Si nous sommes en guerre, c’est une « guerre sociale ». La lutte des classes quoi !

 

Pour construire un autre monde d’après, un « Plus jamais cela », il faut se poser dès aujourd’hui la question de l’urgence sociale qui va arriver : hyper inflation, explosion du chômage etc. Très concrètement, « la France d’en bas », qui est en première ligne sur le front, va être la première à subir les conséquences du « capitalovirus ». Le très faible pouvoir d’achat, les difficultés pour payer les loyers, pour s’alimenter touchent déjà les classes sociales les plus pauvres. D’autres couches de salariés, d’autoentrepreneurs, d’artisans vont être pris dans la tourmente d’une crise sociale et économique comme nous n’en avons jamais connue. Il faut repolitiser le quotidien pour pouvoir le changer… »

 

 

 

Pour Pascal Fourier dans Medipart, les enseignants ne seront pas les futurs “ héros ” : « Qu'est-ce qu'un collège ou un lycée ? 600 ou 800 élèves, parfois plus encore, rassemblés dans un bâtiment et encadrés par une cinquantaine d'enseignants (auxquels on doit ajouter le personnel de direction et le personnel technique). Disons 70 adultes environ pour un établissement de 800 élèves.


Qu'est-ce qu'un collège ou un lycée par temps d'épidémie ? Une vaste marmite à diffusion du virus. Le Président Macron a annoncé des tests pour les personnes présentant des symptômes. Les enfants et adolescents n'en présentent pas. Pourtant, ils peuvent diffuser le virus... Autant donc de diffuseurs potentiels du virus que d'élèves, chaque élève ayant des contacts avec les membres de son foyer, qui peuvent être porteurs du virus de façon asymptomatique dans ces débuts.

 

 

 

 

Revue de Presse (318)

 

Pour le site Révolution, la continuité pédagogique a débouché sur un chaos dans l’Education nationale. La continuité pédagogique a en réalité été mise sur pied dans un mélange d’approximation et d’improvisation. 

 

Le jeudi 12 mars, alors que l’épidémie commençait à se répandre dans tout le pays et que quatre départements avaient déjà fermé l’ensemble des établissements éducatifs, Blanquer assurait à la matinale de France Info, qu’il n’avait « jamais envisagé la fermeture totale de toutes les écoles de France ». Malheureusement pour lui, Emmanuel Macron lui apportait un démenti cinglant le soir même en annonçant la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités pour au moins 15 jours. 

 

Réagissant à l’allocution du président, Blanquer affirma ensuite que « la France a les moyens d’un enseignement à distance. ». Mais dès le week-end, le site du CNED et son dispositif de classes virtuelles étaient déjà en maintenance, surchargés par le grand nombre d’enseignants qui tentaient de préparer leurs cours du lundi. L’annonce de Macron ne laissait en effet aux enseignants que trois jours pour s’y préparer. 

 

Le vendredi, les directions d’établissements ont donc organisé en urgence des réunions le lundi suivant, pour mettre au clair avec toutes leurs équipes ce qu’il conviendrait de faire. 

 

Dès la fermeture des bureaux de vote, les consignes gouvernementales changèrent. Il était maintenant demandé aux personnels de l’Éducation nationale de ne pas organiser de réunions en présentiel.

 

Les problèmes techniques se sont aussi multipliés. Même si les documentalistes des différents établissements se démenaient pour identifier tous les outils numériques utilisables pour les cours à distance, ceux-ci n’avaient pas été conçus pour être utilisés aussi massivement que l’exigeait la « continuité pédagogique ». Les espaces numériques de travail (ENT) et l’application Pronote ont ainsi régulièrement planté lors de la première semaine de cours à distance.

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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 05:22


Ils sont désormais partout, dans le sport, dans l’Éducation nationale ou dans les hôpitaux. Des décisions sont prises en fonction de la combinaison de millions, de milliards de paramètres dont on ne sait pas grand-chose. Pour notre bonheur, bien sûr.

 

C’est peut-être dans le football que cela a commencé. Grâce ou à cause de Valeri Lobanovski, entraîneur du Dynamo de Kiev dans las années 70-80. Pour lui, le football était un grand système composé de deux systèmes comprenant 22 sous-systèmes, interagissant les uns avec les autres dans une aire de jeu. Lobanovsli eut pour héritier Arsène Wenger, entraîneur d’Arsenal. Surnommé « le professeur » dans le milieu footballistique, Wenger était obsédé par les statistiques. Il connaissait ses joueurs au millimètre près.

Sous le banquier éborgneur, tous les citoyens, les enfants y compris, sont en compétition les uns avec les autres. Il n'est donc pas étonnant que les évaluations mathématiques passent avant les évaluations humaines. Dans l’Éducation nationale, les algorithmes furent longtemps tenus secrets. Ainsi, en 2016, l’EN attendit que les vœux des élèves de Terminale sur la plateforme Admission PostBac fussent définitivement renseignés et classés par ordre de préférence pour publier l’algorithme qui allait décider de leur orientation future. Opacité et illégalité (tout citoyen a en droit accès à ce qui le concerne dans l’administration) régnèrent ainsi un bon moment au détriment des élèves. Le ministère finit par dévoiler une infographie expliquant le fonctionnement de l’algorithme et révélant les critères utilisés pour départager les candidats dans les filières dites « en tension » comme les staps, la psycho, ou la médecine.

Retenons bien l’expression « en tension » car on nous la ressert à toutes les sauces. Aujourd’hui, par exemple, on ne dit pas que la quantité de masques est notoirement insuffisante mais qu’elle est « en tension ». Dans les faits, la gestion par algorithmes a servi ces dernières années au banquier éborgneur et à sa bande pour masquer (sic) puis organiser la pénurie de manière incompréhensible pour les citoyens, et aussi pour mettre en place une sélection sociale qui n’a jamais dit son nom mais qui est de plus en plus efficace.

Á côté des résultats bruts aux examens, le ministère introduisit un paramètre en soi intéressant mais tout aussi arbitraire que les autres, celui de la valeur ajoutée des établissements, c’est-à-dire de la capacité à faire progresser les élèves. Un algorithme fait la différence entre le taux de réussite obtenu par un lycée une année donnée et celui que l'on pouvait attendre, compte tenu de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet. Quand un bachelier provient d’un milieu social défavorisé ou qu’il a obtenu des notes un peu faibles au brevet des collèges, l’algorithme prend en compte le résultat qu’il aurait dû obtenir au bac et le résultat réel. Et si le résultat réel est supérieur au résultat attendu, cela signifie que le lycée a permis de faire progresser cet élève.

Tout cela est bien gentil mais ne prend pas réellement en compte les réalités du terrain.

Un exemple vécu. Le lycée que fréquentait ma fille nageuse avant de partir pour Font-Romeu est situé dans un quartier plutôt populaire de Lyon. Le proviseur et les enseignants, pénétrés de leur mission républicaine, n’hésitèrent pas ces dernières années à recruter des élèves à problèmes issus de milieux défavorisés. Très bonne élève, Rébecca avait une moyenne générale de 17,5/20 (qu'elle a gardée au lycée de Font-Romeu). Si elle était restée dans cette établissement en première et terminale, le risque était pour elle de voir ses notes baissées au bac dans la mesure où cet établissement avait la réputation – fondée, je n'en sais trop rien ? – de surnoter les élèves faibles. Dans les classements officiels, ce lycée est à la traîne, avec une note de 7,3/20. Comme il y a tout de même une justice, le lycée le plus bourgeois de Lyon qui pratique une vraie sélection sociale n’a que 12,3/20 alors que le lycée climatique de Font-Romeu que fréquente actuellement Rébecca est noté 14,3/20, ce qui est plutôt bien au niveau national.

Je signale pour la bonne bouche que le lycée La Providence, celui de Bri-Bri d’amour et du banquier éborgneur, a la plus mauvaise note des lycées privés d’Amiens. C'est bien beau de faire du théâtre...

Parlons algorithmes
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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 05:12

L’expression « Françafrique » est utilisée depuis les années soixante pour désigner la relation spéciale établie entre la France et ses anciennes colonies.

 

Cette relation a été théorisée et construite par De Gaulle et son homme de main et de l’ombre Jacques Foccart, secrétaire général de l’Élysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974. Il faut avoir à l'esprit que, pendant la Deuxième Guerre mondiale, Foccart a travaillé avec les Allemands de l'organisation Todt (selon Pierre Péan, Foccard a rejoint les forces de libération de la France en avril 1945). Il sera rappelé aux affaires par Chirac en 1986 et 1995. Derrière ce mot : des réseaux, des barbouzes, des coups tordus, des coups d’État aidés en sous main par la France. Et puis beaucoup d’argent. Mitterrand nommera un “ conseiller pour les affaires africaines ”, dentiste “ de gauche ”, franc-maçon influent. Lui succèdera le fils cadet du président, Jean-Christophe, connu en Afrique pour son surnom “ Papamadi ”. Nicolas Sarkozy supprimera la cellule africaine, ne conservant qu’un conseiller diplomatique, Claude Guéant, comme par hasard. François Hollande ne recréera pas de cellule africaine.

 

C’est Félix Houphouët-Boigny, le futur président ivoirien qui utilisa le premier ce terme en 1955. Dans son esprit, il s’agissait d’une notion positive. Plus tard, on jouerait sur le mot : France-Afrique, France-à-fric.

 

Les anciennes colonies françaises étant considérées comme une chasse gardée, le Quai d’Orsay n’était pas concerné par une politique opaque, sous l’égide de la cellule foccardienne relayée par le ministère de la Coopération, aujourd’hui disparu. La Françafrique, c’était aussi des milliers de fonctionnaires de toutes sortes, de l’instituteur au conseiller spécial de président de telle ou telle République (Houphouët-Boigny confiant les clés de son cabinet à des préfets ou d’anciens gouverneurs français) en passant par des médecins et des militaires.

 

La Françafrique, c’était aussi des flux financiers incontrôlés : de l’argent français déversé dans des projets pharaoniques avec d’énormes commissions à des potentats africains, de l’argent africain revenant en France alimenter les caisses noires de partis politiques (les rétro-commissions).

 

Dans le domaine économique, la Françafrique, c'était la garantie pour la France de l’accès aux matières premières stratégiques comme l’uranium et aux cultures d’exportation  comme le café ou le cacao, des cultures imposées aux Africains au détriment des cultures vivrières. Dans le domaine politique, la Françafrique, c’était la grandeur de la France, à l’ONU en particulier où, pendant longtemps, les anciennes colonies votèrent comme un seul homme selon les desiderata de la “ Métropole ”.

 

Entre la France et les anciennes colonies ont été signés de nombreux accords de coopération militaire, avec des clauses secrètes qu’on ne découvrira qu’en temps de crise. Par exemple, l'Accord de Défense entre les Gouvernements de la République française, de la République de Côte d'Ivoire, de la République du Dahomey et de la République du Niger du 24 avril 1961, établit l'installation de bases militaires françaises dans ces trois pays, et évoque des « Accords spéciaux » selon lesquels ces trois pays peuvent demander l'aide de la France en matière de défense. La deuxième annexe de cet accord de Défense, concernant les « matières premières et produits stratégiques » (uranium, hydrocarbure), stipule que ces mêmes pays, « pour les besoins de la Défense, réservent par priorité leur vente à la République française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s'approvisionnent par priorité auprès d'elle » et « lorsque les intérêts de la Défense l'exigent, elles limitent ou interdisent leur exportation à destination d'autres pays ».

 

En 2008, Nicolas Sarkozy décide la fermeture de bases françaises situées en Afrique : le 43eBima (Abidjan), Ouakam (Dakar), les Forces Françaises du Cap-Vert. Il ne reste alors que deux bases militaires françaises dans des pays africains, à Djibouti et à Libreville. Néanmoins, la présence militaire française reste importante au Tchad, au Mali et en Côte d’Ivoire. 200 soldats sont maintenus à Bangui.

 

En 2011, Sarkozy engage l’armée française dans une intervention militaire en Libye. En 2013, Hollande fait de même au Mali et en Centrafrique. L’opération Barkhane (contre les salafistes djihadistes) est lancée en août 2014. Au 1er janvier 2017, les forces françaises stationnées en Afrique sont de 3 600 hommes.

 

La Françafrique, ce sont aussi d’énormes magouilles. Un réseau considérable de politiques corrompus impulsé par Elf dans les années 1980. Des enrichissements inouïs de dirigeants africains sous l’agide de banques françaises, mais aussi de celle du Vatican. Au moins 150 milliards d’euros ont été détournés par les dirigeants africains. D’après l’ONG Transparency International, les avoirs en France de Denis Sassou Nguesso du Congo, de Teodoro Obiang de Guinée équatoraiale et de feu Omar Bongo du Gabon s’élèvent à 160 millions d’euros.

 

Depuis Clinton, les Etats-Unis ont progressé à grands pas dans le “ pré carré  ” de la France, un peu plus, pour l’instant, que la Chine, troisième partenaire économique de l’Afrique. La coopération chinoise a ceci de très particulier qu’elle construit par elle-même. Ce sont des ouvriers chinois qui bâtissent, ce qui ne diminue pas le chômage de masse des Africains. Quant au transfert de technologie, il ne faut pas rêver.

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (18)
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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 05:17
 

Dans cette livraison d’avril 2020 réalisée, comme il se doit, en espaces confinés en dehors de la salle de rédaction (comme pour les administrateurs du Grand Soir), Serge Halimi craint que tout recommence comme avant : « ne fois cette tragédie surmontée, tout recommencera-t-il comme avant ? Depuis trente ans, chaque crise a nourri l’espérance déraisonnable d’un retour à la raison, d’une prise de conscience, d’un coup d’arrêt. On a cru au confinement puis à l’inversion d’une dynamique sociopolitique dont chacun aurait enfin mesuré les impasses et les menaces. La débandade boursière de 1987 allait contenir la flambée des privatisations ; les crises financières de 1997 et de 2007-2008, faire tituber la mondialisation heureuse. Ce ne fut pas le cas.

 

Les attentats du 11 septembre 2001 ont à leur tour suscité des réflexions critiques sur l’hubris américaine et des interrogations désolées du type : « Pourquoi nous détestent-ils ? » Cela n’a pas duré non plus. Car, même quand il chemine dans le bon sens, le mouvement des idées ne suffit jamais à dégoupiller les machines infernales. Il faut toujours que des mains s’en mêlent. Et mieux vaut alors ne pas dépendre de celles des gouvernants responsables de la catastrophe, même si ces pyromanes savent minauder, faire la part du feu, prétendre qu’ils ont changé. Surtout quand — comme la nôtre — leur vie est en danger. »

 

Renaud Lambert et Pierre Rimbert attendent la prochaine fin du monde : « Un virus qui semblait abolir les frontières, sociales et nationales, a fini par les consolider. Qui profitera des appels à l’unité proférés au cœur de la lutte contre l’épidémie ? »

 

Théo Bourgeron explique la tentation de l’inéluctable au Royaume-Uni : « Soucieux d’éviter de mettre l’économie à l’arrêt, le premier ministre britannique Boris Johnson a envisagé un pari risqué : celui de l’immunité collective. Avant de faire machine arrière. »

 

André Grimaldi et Frédéric Pierru décrivent L’hôpital, le jour d’après : « Tous les spécialistes en conviennent : le confinement total est le prix du manque de moyens, notamment à l’hôpital, dû à l’incurie des gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans. C’est maintenant qu’il faut en tirer les leçons et revoir de fond en comble la politique de santé. »

 

Michael Marmot dénonce la grande faucheuse qu’est l’austérité : « Une étude conduite sur dix ans Michael Marmot le démontre : les politiques de contraction budgétaire menées depuis la crise de 2008 ont creusé le fossé qui sépare riches et pauvres en matière d’espérance de vie. En matière de progrès social, le Royaume-Uni a perdu dix ans, et cela se voit. Mesurée à l’aune de l’espérance de vie, la santé des Britanniques se dégrade, alors qu’ils s’étaient accoutumés depuis plus d’un siècle à son amélioration d’année en année. Parallèlement, les inégalités en matière de santé se creusent. Et ce qui est vrai pour l’Angleterre l’est plus encore pour l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord. »

 

Quentin Ravelli observe comment la maladie est devenue une mine d’or pour les laboratoires privés : « La France s’est révélée incapable de dépister massivement les malades du Covid-19, révélant la dépendance de la santé publique vis-à-vis des laboratoires privés. »

 

Une nouvelle mode ? Le refus de Sartre : « Le 19 avril 1980, l’enterrement de Jean-Paul Sartre mobilisa la foule, comme celui de Victor Hugo un peu moins d’un siècle plus tôt. Avec la disparition de Sartre, une époque d’engagements et de refus des corsets de la bienséance a semblé se refermer. L’exhibitionnisme médiatique ou l’enfermement universitaire ont ensuite caractérisé deux pôles du monde intellectuel. Aussi éloignés l’un que l’autre du modèle sartrien. »

 

Pierre Puchot analyse l’aggravation des inégalités au Maroc : « Reconnaissant que le modèle de développement du Maroc n’a pas atteint ses objectifs, notamment en matière de création d’emplois, les autorités du pays réfléchissent à une nouvelle stratégie. Une réflexion entamée dans un contexte marqué par l’aggravation des inégalités, par le retard accumulé dans des domaines tels que la santé et par la persistance de la contestation populaire incarnée par le « hirak » du Rif. »

 

Selon Georges Lefebvre, c’est la débandade en Afghanistan pour les Étatsuniens : « Drôle d’accord entre les talibans et Washington, qui entérine le retrait des troupes américaines sans aucune contrepartie ou presque pour les premiers. Quant au pouvoir de Kaboul, il est dans l’impasse. Même le secrétaire d’État Mike Pompeo, en visite-éclair le 23 mars, n’a pas réussi à l’en sortir. Conséquence : les États-Unis ont coupé leurs aides de 1 milliard de dollars (sur 5). »

 

Frédéric Thomas pense que l’action humanitaire peut prendre le monde sans changer le pouvoir : « Essentielle à la survie de millions de personnes à travers le monde — réfugiées, déplacées, affamées, malades, etc. —, l’action humanitaire brasse des milliards de dollars chaque année. Face aux États, aux associations, aux particuliers, elle constitue souvent un véritable pouvoir capable d’imposer ses choix et ses normes. Les victimes n’y trouvent pas toujours leur compte. »

 

L’autonomie aux Philippines est-elle en trompe-l’œil (Philippe Revelli) : « Un Bangsamoro élargi, doté d’un Parlement propre, d’une autonomie et de ressources accrues… Aux Philippines, ces revendications anciennes sont devenues réalité. Un gouvernement de transition a été nommé ; il dispose de trois ans pour asseoir les bases d’une paix durable dans la région. Une perspective qui suscite autant d’espoirs que de doutes. »

 

Pour Sonia Combe, « À Buchenwald, les antifascistes ont perdu la guerre mémorielle. Avec la libération du camp de concentration de Buchenwald en avril 1945 s’achève un calvaire et commence une histoire. Celle de prisonniers, souvent communistes, qui sauvèrent des vies au prix de choix déchirants. Mais leur geste, célébrée par le régime est-allemand, se trouve brutalement remise en question lors de la chute du Mur. Les vainqueurs de la guerre froide entreprennent alors de réécrire l’histoire. »

 

Daniel Marwecki expose les « singulières relations germano-israéliennes : Après la seconde guerre mondiale, l’Allemagne de l’Ouest tâche de s’acheter une virginité en appuyant la construction de l’État d’Israël. Bonn joua ainsi au Proche-Orient un rôle aussi important que méconnu. Mais, durant les années 1950 et 1960, cette diplomatie en quête d’absolution n’a pas toujours réussi à masquer l’expression d’un vieux fonds prêt à resurgir. »

 

Evelyne Piailler décrit ceux qui veulent réinventer l’humanité : « Activée par les ravages écologiques et les impasses du « système », une sensibilité nouvelle apparaît : le refus de la domination humaine sur la nature. S’opposant parfois à l’évidence supposée d’un égoïsme propre à l’espèce et célébrant, au contraire, les capacités d’entraide du vivant, cette entreprise de refondation anthropologique peut-elle s’inscrire dans une démarche politique d’émancipation collective ? »

 

Pour André Bellon et Anne-Cécile Robert, La Ve République est en coma politique : « Aucune Constitution occidentale ne pousse aussi loin le pouvoir personnel que celle de la France, dont le président fait figure de « monarque républicain ». Imposée dans le feu de la guerre d’Algérie sur les décombres d’une IVe République instable, cette vision des institutions a-t-elle encore un sens alors que se multiplient les défis collectifs, à la fois sociaux, sanitaires, géopolitiques ? »

 

Sandrine Baccara et Philippe Deschamps redoutent la géopolitique du brise-glace. Les océans Arctique et Austral suscitent des convoitises grandissantes. La déglaciation déjà bien perceptible en été dans le Nord pourrait ouvrir de gigantesques espaces maritimes et côtiers à la navigation comme à l’exploitation de ressources naturelles. L’évolution des flottes nationales de brise-glaces permet de mesurer l’ambition réelle des pays qui entendent tirer parti du réchauffement climatique à ces latitudes.

 

Anne Vigna dénonce la privatisation de Petrobras au Brésil : « Formé à l’école de Chicago, le ministre de l’économie brésilien Paulo Guedes ne fait aucun mystère de ses convictions libérales. Selon lui, l’intervention de l’État nuit à l’économie : il s’agit donc de la confier à la sagesse du marché… Même si Brasília nie avoir projeté de privatiser Petrobras, le joyau national du secteur pétrolier commence à faire les frais de cette vision du monde. »

 

Jean-Baptiste Mallet nous emmène au cœur d’Amazon, derrière les murs de l’usine à colis : « Partout dans le monde, les travailleurs des entrepôts logistiques Amazon font face à un afflux inédit de commandes. Que se passe-t-il dans les gigantesques plates-formes de la multinationale américaine ? »

 

Il fut un temps où le commerce propagea la peste à Marseille (Alain Garrigou) : « Les pères de l’Union européenne ont prêché que le commerce adoucirait les mœurs. Une foi moins partagée par temps d’épidémie. Même au siècle de Montesquieu, même dans le port de Marseille…« Nul plus que Montesquieu ne contribuera à accréditer la doctrine du doux commerce. Dans la partie de L’Esprit des lois qu’il consacre aux questions économiques, on relève, dès le premier chapitre, l’observation suivante : “C’est presque une règle générale, que partout où il y a des mœurs douces, il y a du commerce ; et que partout où il y a du commerce, il y a des mœurs douces”. » Dans son essai sur la façon dont les penseurs modernes tentèrent de trouver une solution aux guerres, Albert O. Hirschman en ignore une curieuse cécité : ils ne semblent pas apercevoir que le commerce n’est pas forcément aussi doux qu’ils le disent. »

 

Denis Duclos explique comment faire face au confinement : « Il est étrange d’être un participant désarmé devant la montée d’un cataclysme et de s’en vouloir observateur. Des passions contraires nous traversent. L’indifférence forcée et la peur incontrôlée : la première appelle à continuer comme si de rien n’était, la seconde à surveiller et à punir tout mouvement interdit. Laissons aux preux soignants (et spécialistes en infectiologie, épidémiologie ou virologie) déterminer la mesure de l’une et l’autre attitude. Après Pline l’Ancien (23-79 après Jésus-Christ) regardant les gens quitter tranquillement la pluie de cendres sur Pompéi sous des coussins – ces masques d’époque – , travaillons plutôt à repérer quelques traits parcourant notre « société-monde » en proie à la mathématique de la contagion. »

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 05:09

 

Selon Désobéissant dans Le Grand Soir, « le G20 va jeter cinq mille milliards de dollars dans le gouffre capitaliste et cela ne suffira même pas à diminuer le creusement de l’abîme tant ce dernier croît à un rythme plus accéléré que le nombre de morts de la pandémie ! Aucun politicien, aucun économiste, aucun “ prédictionniste ” ne se hasarde à dire qu’il existe une chance de survie et de reprise économique. Ils se contentent d’affirmer que tous les moyens doivent être mis, sans limite, pour « aider l’économie » et, si ces sommes colossales parviennent bien aux mains des capitalistes, elles ne créent ni une relance, ni une prospérité et même pas une confiance des capitalistes eux-mêmes !

 

Trump verse 2200 milliards de dollars d’aide... aux capitalistes ! La BCE verse 750 milliards d’euros aux mêmes ! Le Japon leur verse 120 milliards de dollars...

 

Aucun Etat et aucune banque centrale ne verse aux peuples, aux travailleurs, aux petites gens ! Oui, le système capitaliste tentera de se maintenir quoiqu’il en coûte à la société humaine ! Il est prêt à payer, et surtout à faire payer aux peuples n’importe quel prix, en argent comme en vies humaines, pour sauver la domination de la minorité capitaliste sur l’humanité exploitée ! »

 

 

UFAL, dans Res Publica, dénonce le cléricalisme du banquier éborgneur : « Dans un communiqué du 23 mars 2020, le conseil scientifique COVID-19 instauré par le Président de la République pour « éclairer la décision publique » considère « le soin pastoral » comme « essentiel dans toute réponse à une crise épidémique ». Il recommande donc la « création d’une permanence téléphonique nationale d’accompagnement spirituel inter-cultes ».

 

Dans un pays dont 60 % des habitants environ se disent incroyants, ou détachés de leur religion d’origine, une instance officielle peut-elle, en temps d’épidémie, ne se préoccuper que des 40 % restants ? C’est déjà contraire à toute règle prophylactique… « Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » (La Fontaine) : « celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas » (Aragon). Un conseil institué officiellement par le Président d’une République laïque auprès d’un ministre se doit de respecter absolument la liberté de conscience, et de ne reconnaître aucun culte – principes constitutionnels. Le bricolage « inter-cultes », c’est le cléricalisme, qui prétend soigner avec la « clériquine » – autrement dangereuse que la chloroquine chère au professeur Raoult ! »

 

 

 

Jack Dion, dans Marianne, expose ce que sera le jour d’après selon Thierry Breton [dont Macron fut le banquier en 2010 et 2011] : « Si la plupart des festivals d’été sont menacés, le festival Breton (Thierry) a bien eu lieu. Le commissaire européen en charge du marché intérieur a eu droit à une interview dans Paris Match et une invitation sur France Inter. A chaque fois, il a expliqué que l’Union Européenne n’avait rien à se reprocher, qu’elle était formidable, qu’elle avait 20/20 sur tous les sujets, et que si les règles des traités européens avaient été mises sous le boisseau pour cause de crise, il faudra les rétablir au plus vite.

Bref, le jour d’après sera le jour d’avant ripoliné. Pour le commissaire, le maître mot doit être « la solidarité ». Il a raison. Mais comment peut-on exhiber un tel principe dès lors que l’on a laissé les groupes multinationaux liés de près ou de loin à la santé fuir le vieux continent pour aller s’installer à l’autre bout de la planète, en Chine ou en Inde ? Certes, la crise sanitaire est mondiale et nul ne l’avait envisagé. Mais il était prévisible qu’en corsetant les pays dans des règles budgétaires drastiques, en démantelant les services publics en général – et l’hôpital en particulier – le moindre accident d’envergure aurait des conséquences catastrophiques.

On y est. On ne peut s’en tirer, à l‘instar de Thierry Breton, en effaçant les responsabilités de Bruxelles, celles des Etats qui se sont pliés au diktat des Eurocrates, et celles des PDG qui ont mis le cap sur l’exode sans se poser la moindre question sur les retombées de leur stratégie, sauf en ce qui concerne le niveau des dividendes versés à des actionnaires accros au « pognon de dingue ». »

 

Revue de Presse (316)
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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 05:12

Alain Bertho explique magistralement dans les colonnes du Grand Soir en quoi la pandémie du Coronavirus n’a aucun précédent :

 

« Si la grippe de Hongkong est entrée dans l’histoire comme la première pandémie de l’ère moderne, celle des transports aériens rapides, la pandémie de Covid-19 restera sans doute comme la première pandémie de la mondialisation sauvage, celle de l’explosion du trafic aérien, de l’interdépendance planétaire des économies, de la destruction de la biodiversité et de l’interconnexion généralisée. Et celle « de l’absence de quartier général sanitaire planétaire. La pandémie que nous subissons est aussi un événement politique.

 

[…] En France la colère monte et l’inquiétude avec. Colère contre les dizaines d’années de casse du service public de la santé, depuis trois années de casse effrénée de tous les dispositifs de solidarité. Colère contre l’impréparation ahurissante d’un des Etats les plus riches du monde devant une menace vitale. Et inquiétude devant l’amateurisme, les atermoiements, les mensonges en cascade du pouvoir.

 

[…] Depuis une trentaine d’années, la mondialisation libérale, financière et dévastatrice n’a eu qu’un credo : la planète entière, sa vie, ses ressources, ses habitantes et habitants, leur travail, leurs rêves, leur pauvreté, leurs maladies, les pénuries auxquelles elles et ils devaient faire face, tout, absolument tout, pouvait être transformé en produit financier. Il n’y a pas un aspect de nos vies qui se trouve à l’abri de la sangsue d’un profit sans limite qui dévore le temps, la vie, l’intelligence. L’Australie brûle, l’eau est cotée en Bourse. L’espérance de vie progresse, la retraite doit être financiarisée. Même l’explosion des inégalités devient exploitable par cette inversion généralisée du « ruissellement » qu’est l’explosion du crédit : ils n’ont rien, qu’ils s’endettent. »

 

 

 

Selon Gilles Questiaux, dans Réveil communiste critique la réponse du pouvoir à la pandémie : « Le confinement généralisé et le langage autoritaire du pouvoir français, qui succède sans transition au laxisme et à la minimisation au plus haut niveau crée une ambiance nécessaire pour essayer de faire oublier les manquements caractérisés et les responsabilités qui peuvent être retracées ad hominem.La posture guerrière dont se délecte le chef de l’État, déjà ridicule en temps normal, est infantile.

 

 

L’épidémie a révélé de la part des autorités françaises un niveau d’impréparation sidérant : pas de masques ni de gels désinfectants, non pas seulement pour le grand public mais pour le personnel soignant, pas assez de place en soins intensifs et en réanimation, aucune réquisition du secteur privé. Disparition des stocks de matériel ou de médicaments, malade laissés sans soin chez eux, tri des malades en état critique pour l'accès aux respirateurs, incapacité à produire des tests de dépistage, la liste des manquements graves de ce gouvernement et de ceux qui l’ont précédé depuis 2012 au moins semble sans fin. »

 

 

 

 

 

Revue de Presse (315)

 

Pendant la pandémie, la présence des forces armées étasuniennes en Europe s’amplifie. Manlio Dinucci, dans Il Manifesto décortique le rôle des forces nucléaires étasuniennes en Europe, rôle clarifié par le général Wolters dans son audition au Sénat. Quand le sénateur Fischer lui demande ce qu’il pense de la non-première-utilisation des armes nucléaires, le général répond : « Sénateur, je soutiens une politique flexible de la première utilisation. »

 

 Face à une déclaration d’une telle gravité, silence complet des gouvernements, des parlements et des grands médias européens. Dans la même audition le général Wolters affirme que « depuis 2015 l’Alliance a mis surtout l’accent sur le rôle des capacités nucléaires et que le Commandement Européen des États-Unis soutient pleinement les recommandations, contenues dans la Nuclear Posture Review2018, de déployer le missile balistique à faible puissance W76-2. » La tête nucléaire à faible puissance W76-2, déjà installée sur des missiles lancés depuis un sous-marin (annonce faite par le Pentagone le 4 février), peut être installée aussi sur des missiles balistiques avec base à terre au bord du territoire ennemi.

 

 

Un peu de divertissement en ces temps douloureux : l'1dex nous propose une bonne rasade d'anagrammes par André Guinnard :

 

 

En ces temps de moiteurs que subit notre tourisme, nous devons être toniques et nous poser la bonne question. Nous aurons ainsi des semaines animées, avec, dans le viseur, la survie des populations alpines malmenés par celles de la plaine. Les meetings seront les gisements de nos idées, y faire barrage ouvrirait la bagarre.

Alors, sans se mettre en pétard, on prend le départ sans éviter la vérité, pour ne pas passer pour des menteurs. C’est sûrement la magie de l’imagemais mes amis, le touriste urbain, voyant trop de toitures, misa sur le droit fédéral, lequel déferla sur nos riches chéris. Acheter un hectare ou une résidence secondaire n’est plus permis. Ce mépris favorise, certes la religion de l’original, car nos voisins du bas ont des visions à court terme de gérants de stations sans apports d’argents. Dorénavant, pour offrir des services, il faudra se sortir les viscères, voir usiner dans nos ruines, en espérant un jour, avoir le droit de manger nos tommes sur nos sommets.

Le messie à l’origine du séisme Weber se voulait soigneur mais échoue lamentablement pour la guérison. Son présent, un vrai serpent de mer, promis indolore, a endolori. Alors on retient que l’intérêt de Weber est de spéculer sur le sépulcre des montagnards et de jouer au timonier des minorités. Il suggère d’explorer la Chine, une niche intéressante, croit-il, comme aussi le client coréen ou encore d’Arménie, voire  de faire destrucs avec les turcs. Il ne comprend pas que de cette manière, on peut craindre que les Emirats ne deviennent les maitres de nos audits et de nos futurs taudis. Pour lui, cette emprise étrangère serait permise. Mais nous savons que notre ténor promet et se trompe.

Nous, nous préférons nous réunir, plutôt que de nous laisser ruiner par un amateur un peu marteau etinviter chacun à faire de notre action une vitrine, pour que les stations de ce rêveur ne ressemblent pas à uneverrue sur le visage d’une vierge givrée. Nous allons discuter sans se trucider, de suite, sans se reposer sur un lit de lichen (ça ferait chenil), sans bailler, en restant libéral et responsable.

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