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25 septembre 2019 3 25 /09 /septembre /2019 05:28

 

Quand j’étais ado, avec des copains, il nous arrivait, pour faire bisquer, pour provoquer les filles qui refusaient de se laisser approcher, de disserter savamment sur la souffrance du violeur. On faisait cela sur le ton de la plaisanterie (hum…), mais il est vrai qu’il nous eût été difficile de tomber plus bas.

 

Hé bien dans le Canada hyper politiquement correct de l'inconscient Trudeau, c’est fait. Et par des adultes, et le plus sérieusement du monde. Une petite de 14 ans a été abusée par un Syrien – un migrant, une espèce particulièrement protégée au Canada –  qui a commencé par la draguer lourdement en compagnie d’un (ou deux selon les sources) de ses compatriotes. Puis il lui a caressé les seins, a glissé sa main dans sa culotte et lui a touché le vagin.

 

Apparemment, cela n’est pas allé plus loin. Mais c’était déjà beaucoup pour traumatiser cette enfant à vie.

 

La mère de la petite s’est aperçue que la direction de son école de danse avait pris le parti du jeune syrien. De plus, la police lui a demandé de considérer l’événement du point de vue du réfugié syrien, de prendre en compte le « contexte culturel » de cet acte, les vêtements occidentaux qui ne peuvent que provoquer et les « hormones en folie » d’un jeune homme résidant dans un pays autre que le sien.

 

L’abuseur présumé fut sanctionné d’un renvoi de l’école d’une semaine. Il a retrouvé les bancs de sa classe et la pauvre gamine suit une thérapie.

 

 

La souffrance et la solitude du violeur
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24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 05:36

Loin de moi l’idée de faire parler les morts, mais je me demande ce qu’aurait pensé Maître Jean Cornec, longtemps animateur de la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves, de la dernière initiative publicitaire de cette fédération.

 

Ces derniers temps, l’accoutrement des femmes musulmanes dans le cadre des activités périscolaires a été l’objet de controverses. La FCPE vient de trancher en faveur d’une visibilité de l’islam dans les activités de l’École de la République. Ce faisant, la fédération entérine le fait qu’il y a les musulmans et les autres, les premiers étant les seuls à vouloir et à pouvoir afficher librement ce qui les distingue des seconds en matière de croyances. Je doute en effet que la FCPE produise une publicité mettant en scène un juif en papillotes et chapeau noir.

 

 

La FCPE et les femmes iraniennes fouettées

 

Ceci est en contradiction avec les statuts et les objectifs de la fédération selon lesquels « l’École et la société doivent répondre aux principes fondateurs de la République. L’École doit transmettre des valeurs communes, au premier rang desquelles la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité. »

 

Le discours, l’argumentaire de cette publicité sont particulièrement hypocrites. Le questionnement « et alors ? » situe la femme musulmane dans l’évidence, le naturel, et donc dans l’argutie et l’intolérance ceux qui sont hostiles à la présence de l’islam dans les activités scolaires. Quant à la phrase « La laïcité, c’est accueillir tous les parents sans exceptions », on ne peut forcément qu’y souscrire en accompagnant peut-être demain nos enfants en tutu ou en string.

 

Pendant que la FCPE fait des mamours – pour des raisons électoralistes, n’en doutons pas – aux 30% de femmes musulmanes qui se voilent, d’autres femmes, extrêmement courageuses, essaient de se libérer de la domination d’un pouvoir religieux rétrograde qui a décidé en 1974 d’imposer aux femmes la manière dont elle doivent s’habiller. Ces résistantes sont parfois condamnées aux coups de fouet (châtiment brutal et humiliant), dont on peut mourir, rappelons-le.

 

Sans grand risque de se tromper, on peut penser que la petite fille de la publicité suivra plus tard l’exemple de sa mère. Elle pourra remercier la FCPE pour son prosélytisme.

 

PS : Après que j'ai eu rédigé cette note, le ministre Blanquer a demandé à la FCPE de modifier cette affiche. Quand je pense que je suis sur les mêmes bases que Blanquer, je me dis que la citoyenneté républicaine dans notre pays est devenue un énorme ventre mou ! J'aurais pu également évoquer le grand courage de ces femmes au Maroc qui se battent, à leurs risques et périls, pour avoir le droit de décider, seules, des modalités de leur vie sexuelle.

 

La FCPE et les femmes iraniennes fouettées
La FCPE et les femmes iraniennes fouettées
La FCPE et les femmes iraniennes fouettées
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21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 05:36

 

 

Je reprends ici des éléments d’un article publié par CNEWS, dans sa version lyonnaise (hé oui !) “ Fac : ces nouveaux militantismes qui font débat ”. L’auteur s’est penché sur les difficultés rencontrées par les étudiants de droite – disons LR – pour exprimer leurs convictions. Ces étudiants estiment par ailleurs que l’enseignement est fortement biaisé, de gauche évidemment : « Les mails, les plans de cours, les lectures obligatoires, une pensée militante enseignée sans arguments contradictoires. »

 

Est particulièrement visée l’UFR d’anthropologie, de sociologie et de science politique. En septembre 2016, j’avais signalé que le directeur de cette UFR, David Garribay, se faisait appeler « la directrice », les statuts de l’UFR employant le féminin générique. J’avais écrit ceci : « Cette (cet ?) UFR est dirigée (dirigé ?) par un directrice : le (la ?) professeur (professeuse ?) des universités (universitées ?) David GaribayPendant que ces éminences font mumuse, l'université lyonnaise impose depuis des années à ses personnels des conditions de travail uniques dans notre pays, au niveau des obligations d'enseignement en particulier, les universitaires de Lyon 2 acceptant de travailler en gros un tiers de plus que leurs collègues de France. Mais David, qui, sur la photo, a une bonne tête d'homme viril, est directrice. L'honneur est sauf (sauve ?). »

 

Depuis, on s’en doute, l’ordre établi n’a cessé de trembler sur ses bases Quai Claude Bernard à Lyon.

 

L’étudiant LR estime qu’il y a deux poids deux mesures : « On condamne et on stigmatise les très à droite, mais les très à gauche, on les laisse faire impunément. Quand on parle des “ racisés ” en plein cours, personnellement, ça me choque. » Nous y voilà : non seulement des professeurs se veulent au-dessus des sexes, pardon : des genres, mais en plus, ils campent sur la ligne d’une Rokhaya Diallo pour qui la race est le paradigme prioritaire et incontournable. Pendant ce temps, en toute illégalité car en contradiction avec une circulaire de 2017 du premier ministre, la présidente de l’université ne s’exprime, à l’écrit, qu’en écriture inclusive. L’analyse d’Édouard Philippe était frappée au coin du bon sens : « Les administrations relevant de l'État doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d'intelligibilité et de clarté de la norme ».

 

Par ailleurs, l’université a accueilli des manifestations posant de vrais problèmes. En mars 2018, il s’est agi de la « semaine des féminismes ». Le programme de ce “ Fems’tival » (quel mot-valise !) s’offrait comme une bouillie réductrice et complètement orientée : « Fémicides, viol comme crime de guerre, transidentité et héritage colonial… Nous avons souhaité donner la parole à des personnes concernées et impliquées sur ces questions. Tous les détails du programme arrive très prochainement. » Par parenthèse, je recommande, à propos de “ féminicide ”, un article publié sur le site du Grand Soir par Rosa Llorens, une vraie militante de gauche (« de gauche » ?, quelle horreur machiste ringarde !), “Féminicides, fait social. Accidents du travail, faits divers. ” Dans ce Fems’tival, un atelier en « non-mixité » ne réunissait que les personnes du même sexe, ou de la même “ race ” supposée. Cette manifestation était soutenue par le syndicat étudiant l’Unef, qui a peut-être cessé de se demander pourquoi il était dans les choux. L’Unef voulait cette non-mixité car les femmes pouvaient prendre la parole « sans le regard de potentiels agresseurs dans la salle ». Le syndicat Solidaires n'était pas en reste, saluant dans les activités militantes l’arrivée des thèmes du genre et de la race.

 

Un an auparavant, l’université, laïque et républicaine, cela va sans dire, organisa le colloque “ Lutter contre l’islamophobie, un enjeu d’égalité ? ”. L’invité principal en était Abdelaziz Chaambi, cofondateur des Indigènes de la République qui n’a jamais caché qu’il souhaitait des lois spécifiques pour les musulmans : « Nous, citoyens français de confession musulmane, soucieux de l'avenir civilisationnel de la France, demandons au Président de la République un débat national sur la famille, le mariage et la filiation avant d'envisager quelque loi que ce soit concernant le mariage, l'adoption et la procréation médicalement assistée pour les couples de même sexe ». Cela ne veut peut-être pas dire grand-chose en Macronie, mais Chaambi est “ fiché S ”. Ancien militant de Lutte Ouvrière, devenue islamophobe à ses yeux, Chaambi est en sympathie avec Erdogan et milite pour un “ parti turc ” en France.

 

Des protestations contre cet événement fusèrent de toutes parts, si bien que la président-e de l’université annula la manifestation, de sa plus belle plume inclusive j’imagine.

 

Bref, selon CNews, le « féminisme islamique » est très en vogue à Lyon 2, même s’il s‘agit d’une «minorité bruyante ». Le problème est que, quand les majorités silencieuses se réveillent, il est trop tard et le fascisme n’a plus qu’à ramasser à la petite cuiller une société en déliquescence.

 

 

 

 

 

Préoccupante vie militante à l’Université Lyon2

 

Selon Le Progrès, il s'en est suivi ceci :

Après la publication de cette enquête, Eliott Savy indique avoir reçu des menaces et des insultes sur les réseaux sociaux. Un tag le nommant précisément et invitant à le « grand-remplacer » a été posé sur une station de tram à côté du campus de Bron.

 

Menace explicite ? Il a déposé plainte par courrier auprès du procureur de la République de Lyon. « Je ne veux pas laisser passer. C’est inacceptable, intolérable. C’est quoi la prochaine étape ? Me passer à tabac? J’ai l’impression que je suis une cible à abattre parce que j’ai osé en parler », confie-t-il au Progrès. « Ces gens se croient tout permis. Et ça se passe dans une université française, en 2019 », lâche-t-il.

 

Quand je pense que j'en suis à défendre la liberté d'expression d'étudiants de droite...

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17 septembre 2019 2 17 /09 /septembre /2019 05:06
Je reprends ici un excellent article du site Les Crises.
 

Aujourd’hui nous allons analyser le rendu par les médias des conclusions du rapport 2019 de l’OCDE sur l’enseignement ; ils se sont axés sur “le salaire des profs” – et cela a été grandiose, surtout sur LCI

I. La Chronique éco LCI, par François-Xavier Pietri

Nous vous proposons de regarder d’abord de regarder la Chronique éco de LCI du 11 Septembre en suivant ce lien présentée par François-Xavier Pietri, dans La Matinale présentée par Pascale de La Tour du Pin.

 

Notez bien les rires des intervenants (qui gagnent évidemment tous plus qu’un prof).

Mais on peut résumer en images :

“Eh non, les profs ne sont pas mal payés” :

“Alors que les professeurs estiment qu’ils sont mal payés, les chiffres publiés par l’OCDE révèlent le contraire. Selon ce rapport, les professeurs de lycée dans l’Hexagone gagnent près de 3 850 euros par mois, contre 3 457 euros pour la moyenne des pays de l’OCDE. Les professeurs de collège, eux, reçoivent en autour de 3 425 euros par mois, contre 3 211 euros pour la moyenne de l’OCDE. Ceux de l’enseignement élémentaire en gagnent moins. Ces derniers perçoivent près de 2 975 euros par mois, contre 3 058 euros pour la moyenne des pays de l’OCDE. “

Il est vrai que 3 850 € de salaire pour un prof de lycée, ce n’est pas mal du tout. Mais hélas…

 

II. La source OCDE

La source est donc le rapport de l’OCDE 2019, consultable ici.

Page notée 410, on a les chiffres des salaires indiciaires, pour différentes anciennetés. Mais c’est page notée 412 que se trouvent les chiffres dont on parle, l’OCDE ayant calculé une moyenne sur la carrière, comprenant les primes – ce qui st une bonne méthode. Comme nous sommes sympas, là voilà :

Tout est dans ce tableau. Bonne nouvelle, les 4 dernières colonnes sont les rémunérations des chefs d’établissement, et ne nous intéressent pas.

Il ne reste que 4 colonnes : les salaires dans les maternelles, en primaire, au collège et au lycée.

On se dit qu’il est alors simple d’en tirer les bonnes conclusions, mais nous allons voir que cela dépasse de loin les capacités d’analyse de certains grands médias en 2019.

 

III. L’Incompétence

Voici donc les chiffres pour la France :

Il est écrit 51 007 $ annuels, soit 4 250 $ mensuels. 1 euro valant aujourd’hui 1, 104 $ (et 1 $ valant donc 0,91 €), on arrive bien à 4250/1,104 = 3 850 € de LCI.

Mais il y a deux remarques.

La principale : c’est ce que nous avons surligné en jaune. Pour calculer le salaire en dollars des enseignants en français, l’OCDE n’a évidemment pas divisé par 0,91, en prenant le taux de change. Cela n’aurait aucun sens de comparer ainsi ; il faut corriger des différences de pouvoir d’achat (un salaire de 500 $ ne représente pas la même chose aux Etats-Unis et en Estonie.

La Parité de Pouvoir d’Achat (PPA, PPP en anglais) pour la France est de 0,8 :

Les chiffres de LCI dont donc 12 % trop élevés : le salaire moyen des profs de lycée est de 4 250 * 0,8 = 3 400 €.

Mais nous en arrivons au deuxième point, que LCI n’a pas évoqué sur ses infographies : la définition (source)

Eh oui, on parle bien ici de salaires bruts.

Comme les cotisations salariales pour les fonctionnaires sont de l’ordre de 26 % (source), la salaire net perçu, en moyenne par les profs de lycée est de 3400 * 0,74 = 2 520 € (assez loin des 3 850 € de LCI).

Grâce au tableau de la page 410 du rapport OCDE :

on apprend que le salaire net perçu par un prof de lycée débutant sera de l’ordre de 1 600 € – soit quand même même 133 % du SMIC.

France, ce pays de cocagne pour les profs..

L’épisode LCI est déjà significatif, mais nous sommes loin d’avoir épuisé le sujet…

 

 

IV. La presse est unanime (ou presque…)

Voici le rendu de la presse, c’est éloquent. Mention aux Echos (source) :

Les mots ayant un sens, si les salaires sont plus élevés en France “qu’ailleurs”, la France a donc les salaires les plus hauts du monde pour ses profs – cocorico !

Quoique (source) :

Mais :

Alors que (source) :

Mais surprise (source Capital) :

Et pourtant (source) :

Et (source) :

Et (source) :

Quoique (source) :

Alors que (source France Info) :

Et (source) : 

Et (source) :

Il semble que certains journaux, à force de copier-coller, comme ici, la même dépêche AFP, en changeant simplement le titre, aient même perdu la compétence pour ce dernier point…

Alors qu’il est évident, à la lecture des (8 !) chiffres, que la France est assez nettement “au-dessus de la moyenne de l’OCDE”, sauf au primaire, où elle est un peu en dessous.

Mais…

 

V. La manipulation des chiffres

Certains d’entre vous auront peut-être, à ce stade, vu le pot aux roses.

Il est intéressant de comparer le salaire des enseignants avec d’autres pays, pour le situer.

Mais pourquoi diable avec “la moyenne de l’OCDE” ?

Qu’y a t il dans l’OCDE ? L’UE entière (avec l’Europe de l’Est), les Etats-Unis, l’Australie, la Turquie, Israël, le Mexique, le Chili, la Colombie…

Réécoutez François-Xavier Pietri sur LCI, au début il dit “[les profs] ne sont pas plus mal payés que leurs voisins” : nos voisins les Chiliens, les Turcs, les Australiens… Dommage, ils auraient mis les enseignants tchadiens et vietnamiens, on aurait pu conclure qu’il fallait baisser les rémunérations indécentes des Français.

L’écart de niveau de vie entre ces pays est colossal, et la conversion PPA ne rééquilibre pas tout, loin de là…

En bonne logique, il faut comparer le salaire des enseignants français avec ceux des grands pays très proches, à niveau de vie comparable (et même monnaie si possible). Et là, les choses changent complètement avec un échantillon de pays comparables (d’où la manipulation des chiffres, sans doute involontaire d’ailleurs vu le niveau de compétence) :

Ainsi les enseignants des pays comparables gagnent 20 % à 30 % de plus que les Français, et les Allemands de 60 % à 75 % de plus. 

Si on appliquait fictivement un taux de cotisations salariales de 26 % à tous les pays (le taux est variable en réalité), on obtiendrait ceci pour des salaires nets (ceci est un simple exercice théorique pour donner des ordres de grandeur) :

On peut enfin représenter ces résultats sur ce graphique :

La France, ce pays de cocagne pour les profs…

 

VI. Le salaire net des enseignants français

Un lecteur, que nous remercions, a signalé ce document du SNES sur les salaire net des enseignants en France, qui comprend cette grille pour 2019 :

Ce qui donne les salaires nets en province (3% de plus à Paris) pour le second degré :

  • certifiés :
    début de carrière : 1 432 € (indice 388)
    fin de carrière normale : 2 491€ (indice 669)
    fin de carrière hors classe : 2 977 € (indice 798)
  • agrégés :
    début de carrière : 1 658 € (indice 448)
    fin de carrière normale : 3 098 € (indice 830)
    fin de carrière hors classe : 3 633 € (indice 972)

La France, ce pays de cocagne pour les profs…

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16 septembre 2019 1 16 /09 /septembre /2019 05:24

 

On peut avoir été condamné à de la prison ferme et être dans la souffrance. Voir les révélations d’Isabelle Balkany à propos de son mari dans Paris-Match : « Isabelle Balkany a révélé que son mari  avait été opéré d'un cancer. « Mon mari, qui est un être digne parce que son père lui a appris qu'il avait survécu aux camps de concentration parce qu'il était resté digne et orgueilleux, et lui qui est digne et orgueilleux a un pépin de santé qui fait qu'il a fini aux urgences de Pompidou avec perfusion de morphine, et que, hier matin, il l'a passé à l'institut Marie Curie ».

 

 

Après les étudiants étasuniens qui font faire leur devoir, contre rétribution, par des étudiants kenyans (les Indiens sont sur les rangs), Paris Match, décidément très en verve nous apprend que Felicity Huffman, fille d’un grand banquier et célébrissime actrice du feuilleton Les ménagères désespérées (Desperate Housewives),a été condamnée vendredi à deux semaines de prison pour avoir payé 15 000 dollars afin de falsifier les tests d'entrée à l'université de sa fille aînée. Felicity a fait acte de contrition : « Dans ma volonté désespérée d'être une bonne mère, je me suis convaincue que je ne faisais que donner à ma fille une chance honnête. Je vois maintenant l'ironie qu'il y a là-dedans car ce que j'ai fait était le contraire d'honnête. J'ai enfreint la loi, trompé le monde éducatif, trahi ma fille et n'ai pas été à la hauteur de ma famille. »

 

 

Toujours dans Paris-Match (j’ai passé du temps chez mon coiffeur récemment), on apprend qu’une crise cardiaque survenue pendant un rapport sexuel lors d'un déplacement professionnel peut être considérée comme un accident du travail. Un salarié a droit à la protection prévue par la Sécurité sociale « pendant tout le temps de la mission qu'il accomplit pour son employeur, peu importe que l'accident survienne à l'occasion d'un acte professionnel ou d'un acte de la vie courante » – catégorie dans laquelle se range un rapport sexuel. L’avocate Sarah Balluet, une avocate basée à Rouen (nord-ouest de la France) estime que ce cas inédit abaisse le seuil de ce qui peut être défini comme un accident du travail.

 

 

Le racisme, l’anti-racisme, le contre-racisme et le racisme inversé sont désormais partout. Paris Match (mais oui !) nous informe qu’une lycéenne étasunienne a été disqualifiée lors d'une compétition de natation car une arbitre jugeait que son maillot dévoilait trop ses fessesLe maillot de l'adolescente ne la couvrait pas suffisamment et elle pouvait voir une fesse toucher l'autre. Une entraîneuse a vu rouge. Elle a publiquement contesté la décision, accusant sur son blog l'arbitre de s'en être pris à la jeune fille, métisse, en raison de ses origines ethniques et de sa morphologie. « Ces jeunes nageuses ne sont pas sanctionnées parce qu'elles portent leur maillot de manière scandaleuse ou provocante, mais bien à cause de leurs hanches larges, de leur poitrine développée et de leur teint foncé qui les démarquent de leurs coéquipières minces, élancées et majoritairement pâles ».

 

 

La France ne serait pas la France sans ses litiges insensés, comme le rapporte … Paris Match, évidemment : « Des canards de Soustons, dans les Landes, accusés de caqueter trop fort devront attendre quelques semaines de plus pour connaître leur sort : l'audience du procès intenté par des voisins gênés par le bruit des volatiles, a été renvoyée mardi au 1er octobre. Dominique Douthe, 67 ans, propriétaire de la cinquantaine de canards et oies incriminés, présente à l'audience, s'est déclarée devant la presse “ très sereine mais déçue de devoir attendre quatre semaines de plus ”. “ Il y a 36 ans que je suis là, 36 ans que j'ai des canards. Je n'ai jamais eu aucun souci avec les autres voisins, seulement avec ce nouvel arrivant, c'est tout ”, a-t-elle encore dit. »

 

 

Enfin, Paris Matchs’intéresse à notre santé : « Santé publique France a mesuré les niveaux d'imprégnation de la population française par six familles de substances polluantes présentes dans l'environnement et a cherché à identifier les sources d'exposition probables – produits ménagers, cosmétiques, emballages alimentaires. Des niveaux d'imprégnation plus élevés sont retrouvés chez les enfants comparativement aux adultes, ce qui peut s'expliquer par le fait qu'ils touchent et portent davantage les objets à la bouche, qu'ils sont plus exposés aux poussières domestiques ou que leur poids est relativement plus faible par rapport à leurs apports alimentaires. »

 

 

Revue de presse (291)
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4 septembre 2019 3 04 /09 /septembre /2019 05:31

 

 

Serge Halimi revient sur l'élection d'Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne, et ce n'est pas triste : " Providentielle, la canicule de juillet 2019 ! Elle a occulté une affaire tout aussi révélatrice des dérèglements actuels, mais démocratiques, ceux-là. Aveuglés par la sueur, peu d’Européens ont en effet remarqué que le discours politique dont on les abreuvait depuis au moins trois ans venait d’être dynamité. Et la presse, occupée à d’autres « investigations », ne s’est pas démenée pour le leur signaler.

 

Des centaines de millions d’électeurs européens étaient jusque-là bercés par un grand récit manichéen. La politique de l’Union et le scrutin de mai dernier se résumaient, leur disait-on, à l’affrontement entre deux camps : les libéraux contre les « populistes » (1). Le 2 juillet, un sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union recommande que la ministre chrétienne-démocrate allemande Ursula von der Leyen devienne présidente de la Commission européenne. L’idée serait venue de M. Emmanuel Macron. Sa suggestion est naturellement reprise par la chancelière allemande Angela Merkel, mais aussi par… le premier ministre hongrois Viktor Orbán.

 

 

 

Peu de temps avant sa mort, Pierre Péan écrivit cet article sur la lutte anticorruption : « Depuis le milieu des années 1980, la vie publique française semble marquée par un paradoxe. D’un côté, la montée du chômage, des inégalités sociales et géographiques, la mondialisation économique, le désengagement de l’État- providence tel qu’il fut conçu après la seconde guerre mondiale et son redéploiement au profit des entreprises privées ont scandé notre temps. De l’autre, le monde médiatique a hissé au sommet de sa hiérarchie non pas l’enquête sociale ou le reportage économique, susceptibles d’éclairer ces transformations, mais un genre et une figure qui d’ordinaire prospèrent quand tout se délite : le scandale de corruption politico-financière et le journaliste dit « d’investigation ».

 

 

Faut-il sermonner le monde ou le changer, demandent Benoît Bréville et Renaud Lambert ? : « En 2017, en France, M. François Fillon, candidat des Républicains, voit s’évanouir ses chances d’accéder à l’Élysée lorsqu’une enquête est ouverte contre son épouse, accusée d’avoir bénéficié d’emplois fictifs. En 2018, la justice brésilienne soupçonne l’ancien chef de l’État Luiz Inácio « Lula » da Silva d’avoir touché des pots-de-vin et lui interdit de se présenter à l’élection présidentielle. En 2019, l’ancien président de l’Assemblée nationale française François de Rugy démissionne de son poste de ministre de l’écologie quand la presse révèle qu’il a servi homards et grands crus à des proches aux frais de l’État… De Paris à Brasília, de Londres à Séoul, la vie politique semble rythmée par les « affaires ». Le fléau – que le pape François a récemment qualifié de « cancer » des sociétés modernes – préoccupe tant que, chaque 9 décembre, sous l’impulsion des Nations unies, la planète célèbre la Journée internationale de lutte contre la corruption… deux jours après celle de l’aviation civile et deux jours avant celle de la montagne. »

 

 

 

Perry Anderson nous fait découvrir les arcanes d’un coup d’État au Brésil : « La destitution de la présidente brésilienne Dilma Rousseff en 2016, le procès à grand spectacle et l’incarcération en 2018 du favori de l’élection présidentielle, M. Luiz Inácio « Lula » da Silva, se fondaient sur un même motif : la lutte contre la corruption. Nombre d’observateurs ont approuvé ce coup de balai donné au nom de la justice républicaine. Avant de s’apercevoir qu’il s’agissait d’un coup d’État judiciaire qui a fini par profiter à l’extrême droite. »

 

 

 

Pour Tony Wood, les opposants russes sont toujours corrompus : « La destitution de la présidente brésilienne Dilma Rousseff en 2016, le procès à grand spectacle et l’incarcération en 2018 du favori de l’élection présidentielle, M. Luiz Inácio « Lula » da Silva, se fondaient sur un même motif : la lutte contre la corruption. Nombre d’observateurs ont approuvé ce coup de balai donné au nom de la justice républicaine. Avant de s’apercevoir qu’il s’agissait d’un coup d’État judiciaire qui a fini par profiter à l’extrême droite. »

 

 

 

Akram Belkaïd nous fait découvrir les colloques sous influences dans le Golfe : « Inviter à grands frais des personnalités renommées pour des conférences ou accueillir les réunions de prestigieuses institutions internationales : autant de procédés que les monarchies pétrolières utilisent pour renforcer leur notoriété. »

 

 

 

En Inde, la corruption est un mal endémique, selon Jean-Luc Racine : « Quand le premier ministre indien Narendra Modi se présenta en chowkidar (« protecteur ») de la nation, après les accrochages indo-pakistanais qui suivirent l’attentat commis au Jammu-et-Cachemire en février 2019, M. Rahul Gandhi, président du Parti du Congrès, répliqua aussitôt : « Le protecteur est un voleur. » Au vu du succès remporté par M. Modi, réélu en mai 2019 avec une majorité encore plus grande qu’en 2014, la formule n’a pas fait mouche. La corruption n’en reste pas moins une constante de la vie politique, et de la vie tout court, en Inde. »

 

 

 

Oliviet Pironet évoque le sort du peuple en cage à Gaza : « depuis le milieu des années 1980, la vie publique française semble marquée par un paradoxe. D’un côté, la montée du chômage, des inégalités sociales et géographiques, la mondialisation économique, le désengagement de l’État- providence tel qu’il fut conçu après la seconde guerre mondiale et son redéploiement au profit des entreprises privées ont scandé notre temps. De l’autre, le monde médiatique a hissé au sommet de sa hiérarchie non pas l’enquête sociale ou le reportage économique, susceptibles d’éclairer ces transformations, mais un genre et une figure qui d’ordinaire prospèrent quand tout se délite : le scandale de corruption politico-financière et le journaliste dit « d’investigation ».

 

 

 

Razmig Keucheyan réfléchit sur la consommation frénétique des biens : « Comment sortir du consumérisme ? En étendant la durée de garantie des objets. Un simple constat justifie cette proposition : 80 % des marchandises tombées en panne pendant la garantie sont rapportées au vendeur ou au constructeur pour réparation. La proportion varie bien entendu selon les cas : on tient moins à une imprimante qu’à une montre, et on attend de la seconde une plus grande longévité, quand bien même toutes deux affichent le même prix. Même s’il représente une estimation globale, ce chiffre peu connu indique que l’écrasante majorité des consommateurs fait valoir son droit quand l’occasion se présente. »

 

 

Clothilde Dozier et Samuel Dumoulin nous invitent à nous méfier de la “ bienveillance ”, cache-misère de la sélection sociale à l’école : « République », « excellences », « bienveillance » : des trois mots choisis par le ministre de l’éducation nationale, M. Jean-Michel Blanquer, pour lancer sa première rentrée, en septembre 2017, c’est le dernier qui surprend. Depuis Jules Ferry, on ne saurait parler de l’école sans invoquer la République. L’excellence est également entrée dans le vocabulaire quotidien des établissements scolaires. Elle désigne le souci de l’institution, partagé par une partie des enseignants, de ne pas concentrer les efforts et les moyens de manière disproportionnée sur les élèves en difficulté au « détriment » des autres. Traduisant la volonté de se montrer attentif, avant tout, à ne pas défavoriser les favorisés, ce mot est devenu l’expression officielle – quoique euphémisée – justifiant les écarts de réussite scolaire. »

 

 

 

Serge Cospérec et Frédéric Le Plaine doutent de la démocratisation de la philosophie : « La philosophie se présente volontiers comme l’emblème par excellence de la démocratie. Elle se veut sans frontières, universellement émancipatrice, championne tout-terrain de l’esprit critique. Jamais abrogées, les « Instructions » du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts Anatole de Monzie datant de 1925 proclament que « c’est dans la classe de Philosophie que les élèves font l’apprentissage de la liberté par l’exercice de la réflexion, et l’on pourrait même dire que c’est là l’objet propre et essentiel de cet enseignement ». Quand il s’agit de l’enseigner, pourtant, force est de reconnaître qu’on est loin du compte. »

 

 

 

Mickaël Correya est allé à la recherche de la face cachée du miracle portugais : « Souvent loué pour avoir tenu tête à la Commission européenne et relancé le pouvoir d’achat, le gouvernement portugais est désormais à la peine. Plusieurs mouvements sociaux agitent le pays, telle la grève des chauffeurs routiers pour de meilleurs salaires. En plein été, le premier ministre a même dû réquisitionner des camions pour alimenter les stations-service. Les luttes contre la précarité et pour une hausse du pouvoir d’achat concernent les salariés du public comme du privé. »

 

 

 

Martine Bulard a enquêté sur la “ poudrière géopolitique ” qu’est devenue Hongkong : « Ils ont commencé par demander le retrait du projet de loi sur l’extradition ; ils réclament maintenant des élections au suffrage universel. Descendus dans la rue par centaines de milliers, les Hongkongais ne faiblissent pas, malgré la répression du pouvoir local et les menaces des dirigeants chinois. Un conflit qui tombe mal pour Pékin, au moment où Washington cherche à contenir sa montée en puissance. »

 

 

 

Selon Gérard Prunier, l’« État profond » est à la manœuvre au Soudan : « Á Khartoum, le 3 juin dernier, des hommes armés, censés agir au nom de l’État, dispersent les civils rassemblés depuis près de deux mois devant le quartier général des forces armées soudanaises (FAS). La répression, qui provoque la mort de cent trente à cent cinquante manifestants, choque par son ampleur dans une Afrique arabe en ébullition.

 

Depuis juin 1989, le Soudan, pays charnière entre l’Afrique et le Proche-Orient, se trouvait aux mains d’un groupe islamiste arrivé au pouvoir par un coup d’État militaire. Si le plus grand pays du continent subissait alors les conséquences de la guerre froide, les Soudanais se déchiraient déjà pour des raisons culturelles profondes. Le gouvernement islamiste, dirigé par M. Omar Al-Bachir, chercha pendant des années à promouvoir un programme fondamentaliste révolutionnaire global censé mettre fin à la « guerre religieuse » entre le Nord (majoritairement musulman) et le Sud (majoritairement chrétien). La volonté d’autonomie du Sud avait suscité un long affrontement militaire depuis l’indépendance, en 1956. »

 

 

 

La gauche bolivienne a-t-elle enfanté ses fssoyeurs, demande Maëlle Mariette ?: « Arrivé au pouvoir en 2006, le président bolivien Evo Morales briguera un quatrième mandat en octobre. Les politiques de redistribution qu’il a mises en œuvre ont permis l’émergence d’une classe moyenne diverse et parfois très prospère, à l’image des « cholos », les indigènes urbanisés. Moins militantes qu’autrefois, ces franges de la population ne partagent pas forcément les valeurs des dirigeants auxquels elles doivent leur ascension. »

 

 

 

Christophe Jaffrelot a repéré des alliances insolites autoor de la mer d’Omzan : « Au cours des six derniers mois, les accords qu’ont conclus le Pakistan et l’Arabie saoudite d’un côté, l’Inde et l’Iran de l’autre, donnent à penser que deux axes bilatéraux sont en train de se constituer. Toutefois, l’Iran et le Pakistan sont loin de la rupture, et le rapprochement indo-saoudien se poursuit malgré le coup de force du premier ministre indien au Jammu-et-Cachemire. »

 

 

 

Romain Mielcarek décrit l’impuissance ou le cynisme face aux ventes d’armes européennes en Arabie saoudite : « Après quatre ans de la guerre menée par Riyad au Yémen et au moins dix mille tués, le débat sur les ventes d’armes peine toujours à s’imposer. Entre belles déclarations et raison d’État, la plupart des pays européens, et en particulier les grands exportateurs d’armement, ont choisi de poursuivre les livraisons à destination de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. »

 

 

Gabrielle Schütz nous conseille de faire de notre sourire un métier : « Tiens-toi droite ! », « Souris ! », « Recoiffe-toi ! », « Ne tourne pas le dos ! » : ces injonctions ne sortent pas de la bouche d’une mère acariâtre, mais de celles de supérieures hiérarchiques s’adressant à de jeunes employées en tailleur. Payées au smic horaire, les hôtesses d’accueil sont majoritairement embauchées par des agences qui les placent chez des sociétés clientes. Peuplant les manifestations sportives, les inaugurations, les congrès ou les salons grand public, comme le Mondial Paris Motor Show (anciennement Mondial de l’automobile de Paris), elles orientent le public, essuyant au passage les « blagues » des visiteurs, qui les complimentent sur leur « carrosserie » ou demandent si elles sont incluses dans le prix de la voiture. Elles assurent aussi des missions en entreprise, en général plus longues. On les retrouve alors postées derrière des comptoirs pour recevoir visiteurs et employés, et tenir le standard téléphonique. Âgées généralement de moins de 30 ans, elles représentent environ treize mille salariées en France placées en entreprise, sans compter les milliers d’autres dépêchées lors d’événements ponctuels. »

 

 

 

 

 

 

Photo d’illustration : Mircea Suciu. – « Ghost (2) » (Fantôme 2), 2014

 

Le Monde Diplomatique (233)
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22 août 2019 4 22 /08 /août /2019 05:01

 

Par Frank Lepage, militant de l'éducation populaire.

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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 05:35

Serge Halimi nous donne un exemple effarant du politiquement correct sévissant actuellement en Californie : « Pour bien « résister » au racisme américain, faut-il détruire les peintures murales d’un artiste communiste financé par le New Deal ? La question peut paraître d’autant plus absurde que Life of Washington, l’ensemble de treize œuvres de Victor Arnautoff condamné par certains « résistants » californiens, affiche un contenu antiraciste, révolutionnaire pour l’époque. Sur une surface totale de cent cinquante mètres carrés, elles pourfendent l’hypocrisie des proclamations vertueuses des Pères fondateurs de la Constitution américaine, dont George Washington. »

 

Julien Brygo se demande si on peut encore vivre sans Internet : « Sera-t-on bientôt contraint de faire scanner son téléphone portable ou d’utiliser Internet pour prendre le métro, le train, l’avion, faire ses courses ou payer ses impôts ? Pas de problème, nous explique-t-on, c’est plus commode, et tout le monde s’habitue. Or, justement, beaucoup de gens ne s’y font pas. »

 

Kan Naoto évoque « Le jour où le Japon a failli disparaître » : « À un an des Jeux olympiques de Tokyo, le Japon veut montrer au monde que la région de Fukushima, dévastée par le raz de marée et la catastrophe atomique du 11 mars 2011, retrouve une vie normale. C’est loin d’être le cas. Le premier ministre de l’époque témoigne des difficultés à gérer ce désastre. Depuis, il milite pour l’arrêt du nucléaire civil. »

 

Sarah Seo décrit le mouvement antiradars aux Etats-Unis : « Aux Etats-Unis, le mouvement visant à supprimer les caméras de surveillance routière gagne du terrain. Déjà, les radars automatiques ne sont plus utilisés que dans neuf États sur cinquante. En juin 2019, le Texas a rejoint la trentaine d’États qui interdisent les caméras de contrôle du franchissement des feux rouges. »

 

Jean-Baptiste Mallet pens que « La fin du monde n’aura pas lieu. Agit-on mieux le dos au mur, quand il n’y a plus d’échappatoire, quand tout bascule ? C’est la thèse défendue par certains courants écologistes : l’humanité aurait détruit son environnement au point de provoquer l’effondrement imminent de la biosphère. Il s’agirait dès lors de se préparer matériellement et spirituellement à vivre dans le monde d’après. Catastrophisme éclairé ou grande peur obscurantiste ? »

 

Pour nos petits-enfants, le ciel sera-t-il encore étoilé (Razmig Keucheyan) : « Revoir les étoiles, naissance d’une revendication. L’un des effets les plus visibles de l’activité humaine moderne est aussi l’un des moins vus : le ciel étoilé s’efface, dévoré par la lumière artificielle. Au point qu’on institue des zones réservées où l’on peut encore admirer la Voie lactée. Par-delà ses effets sur la santé, la pollution lumineuse pose une question à laquelle les sociétés devront répondre tôt ou tard : de quoi avons-nous réellement besoin ? »

 

Rick Fantasia analyse la gauche cannibale dans les universités étasuniennes : « Les universités américaines sont devenues les bastions privilégiés d’une analyse identitaire de la société. Les conflits ordinaires qui y surgissent sont donc souvent interprétés comme l’expression de telle ou telle domination. Avec le risque que les étudiants imaginent pouvoir lutter pour la justice sociale sans quitter leur campus. »

 

Loïc Ramirez analyse les rapports de forces guérilla-Etat à Bogota : « En novembre 2016, Bogotá et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) signaient un accord de paix. Tandis que les mesures d’accompagnement alors imaginées prennent fin le 15 août 2019 et que la réforme agraire à laquelle le gouvernement s’était engagé piétine, le processus s’enraye. Depuis trois ans, plus de cinq cents militants de mouvements sociaux et près de cent cinquante anciens combattants ont été assassinés. Le 20 mai 2019, l’ancien négociateur de la paix pour les FARC Iván Márquez déclarait : « Déposer les armes a été une grande erreur. » Il est revenu à la clandestinité. »

 

Pour Akram Belkaïd, la réforme sur l’héritage en Tunisie a échoué : « Lancé à grand bruit médiatique il y a un an, le projet de loi tunisien sur l’égalité hommes-femmes en matière d’héritage est en passe d’être enterré. À la veille d’échéances électorales cruciales (législatives et présidentielle), les parlementaires préfèrent temporiser, conscients des réticences d’une partie de la société vis-à-vis de ce texte. »

 

Pour Rose Schembri, l’homosexualité en Algérie peine à s’affirmer : « Dans un pays marqué par les contraintes sociales et religieuses, ainsi que par une vision figée de la virilité, l’homosexualité masculine demeure clandestine et, en théorie, réprimée par la loi. L’ouverture sur le monde, notamment grâce à Internet et aux réseaux sociaux, permet néanmoins aux hommes concernés de vaincre l’obstacle du rejet de soi. »

 

La Mauritanie est obsédée par la couleur de peau (Pierre Daum) : « « La Mauritanie, c’est du pur racisme ! Tout le monde le sait, mais personne n’en parle, c’est interdit ! » Ibrahim, Abdallah, Mohamed, Amadou et Ahmed, à peine 20 ans, sont assis en rond sur des chaises bancales installées dans la rue devant la maison de la tante d’Ibrahim, autour d’une petite bouteille de gaz posée sur la terre battue. Amis depuis l’enfance, ils ont donné un nom à leur joyeuse bande : Free like a bird (« libres comme un oiseau »). Ici, à Basra, quartier périphérique de Nouakchott, loin des avenues cossues du centre-ville de la capitale, aucune rue n’est goudronnée, et toutes les habitations semblent bâties sur du sable. L’électricité subit des coupures fréquentes, et l’eau s’achète à des gamins qui l’apportent sur des charrettes tirées par des ânes. C’est Ahmed qui fait le thé et Abdallah qui parle, alternant le français et le peul (appelé pulaar en Mauritanie). À quelques mètres, des enfants jouent au football, pieds nus dans la poussière. « En haut, il y a les Beïdhane, les Maures blancs. C’est eux qui ont tout. Ensuite, nous, les Négro-Africains [il montre avec son index la peau de son avant-bras]. Et, encore en dessous, il y a les Haratine. Ils sont maures eux aussi, ils parlent la même langue que les Beïdhane, mais ils sont noirs comme nous [il refait le geste de l’index]. En fait, ce sont les anciens esclaves des Beïdhane, et aujourd’hui ils sont encore plus méprisés que nous. »

 

Pour Jean-Arnaud Dérens et Laurent Geslin, dans les Balkans, les frontières bougent, les logiques ethniques demeurent : « Le principe d’intangibilité des frontières n’a cessé d’être transgressé dans les Balkans, où l’on reparle d’un échange de territoires entre le Kosovo et la Serbie. Depuis deux siècles, la quête d’une homogénéité ethnique obnubile cette région d’une grande diversité culturelle et religieuse, détournant l’attention des enjeux économiques et sociaux. »

 

Christophe Trontin nous propose une histoire de la datcha : « Îlot de propriété privée durant la période communiste, refuge de l’agriculture vivrière à l’époque de la collectivisation, lieu de toutes les créativités architecturales et d’évasion intellectuelle sous Leonid Brejnev, la datcha reste la face cachée de la Russie. Une zone de droit coutumier dans laquelle la nouvelle loi entrée en vigueur le 1er janvier 2019 veut mettre de l’ordre. Encerclée par les banlieues qui s’étendent à l’infini, boudée par ceux qui lui préfèrent les plages de la mer Rouge, la maisonnette d’été doit se réinventer. »

 

Anne Mathieu revient sur les camps de réfugiés politiques espagnols en France : « À l’issue de la guerre civile déclenchée par le général Francisco Franco, la défaite des républicains espagnols est consommée. Certains qu’une répression sans pitié les attendait en Espagne, des centaines de milliers d’entre eux se réfugient en France au début de l’année 1939. Des journalistes de gauche — mais pas seulement — témoignent alors de leur sort. »


 

Le Monde Diplomatique (232)

 

Serge Halimi et Pierre Rimbert observent le face à face Iran/Etats-Unis : « Entre l’Iran et les États-Unis, les incidents se multiplient. Depuis que le président Donald Trump a décidé de dénoncer l’accord sur le nucléaire conclu avec Téhéran par les grandes puissances en 2015, durant le mandat de son prédécesseur Barack Obama, les drones abattus succèdent aux déclarations martiales et aux embargos. La presse américaine n’est pas étrangère à cette surenchère. »

 

Evelyne Pieillier a repéré la « La bande-son de l’air du temps. Des rythmes qui font bouger sur la piste de danse aux voix des banlieues, de la French touch au rap, la musique qui rencontre depuis plusieurs années un succès commercial de plus en plus marqué recueille aussi désormais les suffrages d’une bonne part des élites. Qu’est-ce donc qui se joue dans cette légitimation culturelle ? »

 

Pour Mona Cholet, Michelle Obama nous propose de devenir elle : « Une bougie parfumée ornée des mots « Trouve ta flamme et maintiens-la allumée » ; un mug portant l’inscription « Trouve ta voix » ; un tee-shirt avec la célèbre phrase « Quand ils [nos adversaires] s’enfoncent, nous nous élevons » (« When they go low, we go high »), prononcée à la convention démocrate de 2016 ; un cahier intitulé « Devenir moi » — slogan qu’on retrouve sur des layettes roses ou bleues... Ces articles proposés sur la boutique en ligne liée aux Mémoires de Mme Michelle Obama témoignent bien de la reconversion de l’ancienne première dame des États-Unis en reine du développement personnel. Peut-on en effet imaginer une inspiratrice plus digne de confiance que cette femme « partie de rien », selon la formule consacrée et parvenue au sommet du monde. »

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20 juillet 2019 6 20 /07 /juillet /2019 05:11

François Goulet de Rugy a épousé en secondes noces la journaliste Séverine Servat. Il convient tout de suite de dépasser la surface des choses et le galbe de la jambe droite. Aller au-delà de la teinture de cheveux caricaturale et du rouge à lèvres “ Suivez-moi-jeune-homme ” de chez Tentation de Mes Deux qui la font irrésistiblement ressembler à la Cicciolina qui fut unie maritalement à Jeff Koons pendant un an. 

Madame de Goulet de Rugy
Madame de Goulet de Rugy

 

Rien de tel que de puiser dans la presse “ people ”, par exemple Femmes actuelles du 5 septembre 2018 pour nous pénétrer d’une personnalité peu banale qui, vu ses antécédents, aurait pu être journaliste au Monde mais qui a préféré la hauteur du caniveau de Gala (qui appartient au même groupe que Femmes Actuelles).

 

On nous la décrit – attention le vitriol – comme « fantasque, cultivée, drôle, impertinente, piquante», aussi à l’aise dans la lecture de Proust qu’à un spectacle de Shakira. Son allure est «tonique et élancée ». Dans sa jeunesse, elle a suivi une prépa littéraire, obtenu un DEA d'Histoire suivi d'un Master en Communication et Marketing à l'ESCP, a été au pair à New York, ce qui lui a donné des notions de « débrouillardise » et elle a travaillé à TF1 au service communication (où elle écrivait les dossiers de presse des émissions) et fait des chroniques culturelles (“ sur le théâtre, surtout ”) à Radio Notre-Dame (tout de même !).

 

Elle ne s’est jamais cachée d’être une macroniste de la première heure, avant même son mari François : « Je suis très pro-Macron. J'ai embêté tout le monde. Sur Facebook, j'étais à fond la caisse ! » Avouons qu’embêter tout le monde sur Facebook, c’est tout de même autre chose que prendre la Bastille… Cette femme de convictions n’en admirera que plus son mari lorsqu’il critiquera le banquier futur éborgneur: « Oui, mais bon… Franchement, s'il y va, c'est qu'il y croit. C'est quand même compliqué. C'est enfourcher un cheval de bataille. Je suis très fière de lui car ce sont des convictions avant tout. Il n'a pas choisi la voie de la facilité et ça ne me facilite pas la vie non plus. »

 

Sa conscience écolo, moindre que celle de son mari, avoue-t-elle, s’est affermie au fil des temps : «On a envie de se nourrir bio, de mieux respirer. Grâce au travail, j'ai pas mal voyagé. On va en Chine, on s'inquiète pour la pollution, on va en Inde, on s'inquiète pour la pollution, à Paris, on a des alertes ! Je trouve ça grave. » C’est vrai, quoi ! La pollution, c’est grave. Á la maison, elle pratique le tri sélectif (un homard, une alouette ?). Elle éteint les lumières. Elle est « traumatisée » lorsque François va rechercher dans la poubelle un pot de yaourt vide en verre qu’elle y a jeté.

 

La rencontre avec son François se passa comme dans un rêve, mais avec quelques hoquets tout de même : « Ce n'est pas comme dans les films américains où le héros se met à genoux avec une rose. C'était sur un canapé, au détour d'une conversation. Pas très formel… Il en ressortait qu'apparemment, si je voulais être sa femme, c'était une option. Il est très pudique mais c'était très mignon. Je ne comprenais pas bien donc j'ai dû lui demander de préciser. »

 

Sa manière de s’intéresser à la politique est assez originale : « Je travaille dans un magazine people. Je pense que c'est une prise de position dans la société, c'est comme ça que je le vis. » Écrire, ce n'est pas simple. Raconter les gens, c'est raconter la société. Cela peut s'apparenter à des convictions politiques, à des convictions sociales. »

 

Cette femme, qui concède « avoir trop de personnalité » pour être simplement la femme de François, estime qu’être « femme de ministre, c'est être au service de la France. Cela donne des devoirs d'exemplarité. » Comme de prendre tous les jours la ligne 13 du métro. En pensant au «service de la France ».

 

Avec de telles personnes, l’entre soi du monde du banquier va au-delà de la caricature !

 

 

PS : Je pars quelques jours pour cause de compte. Le blog continue.

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19 juillet 2019 5 19 /07 /juillet /2019 05:14

 

Pierre Serna. L’extrême centre ou le poison français, 1789-2019. Paris, Champ Vallon, 2019.

 

En tant qu’historien, Serna (proche politiquement de Jean-Luc Mélenchon et collaborateur régulier de L’Humanité) opère, dans les deux sens, un aller et retour permanent entre le passé et le présent. L’historien « débusque dans le présent des formes rejouées, renouvelées, réinventées du passé. » Il montre que, depuis la Révolution française, notre pays s’épuise, non dans l’affrontement droite gauche, mais sous le poids de l’extrême centre. Avec le banquier éborgneur, la situation est devenue paroxystique. Pour l'historien, en effet, l'extrême centre est un mode de gouvernement qui prône une politique modérée conduite par un exécutif autoritaire.

 

Nous vivons désormais avec un pouvoir qui se veut courtois sous les lambris de l’Élysée mais brutal et policier au ras du sol : des centaines de personnes ont été blessées à vie par l’utilisation de tirs de balles de défense le plus souvent à hauteur du visage, sur ordre du banquier éborgneur. Les classes laborieuses sont redevenues des classes dangereuses. Le chômeur est aux limites de la délinquance, un “ Gaulois réfractaire ” qui n’a qu’à traverser la rue pour trouver du travail. Les manifestants sont des jaloux sans conscience politique de bon aloi. Pour leur apprendre la vie, en mars 2019, 19 personnes avaient perdu un œil, 4 mains avaient été arrachées par des explosifs, 3 000 personnes avaient été blessées, 9 000 cartouches de LBD (arme de guerre) avaient été tirées par les forces de l’ordre. On comptait par ailleurs une octogénaire tuée, vraisemblablement, par un tir policier. Du jamais vu depuis 150 ans. Pleure dans ta tombe, Germaine !

 

Depuis Rome et l’Italie de la Renaissance, bien des républiques ont pu être autoritaires. Comme les Etats-Unis de G-W Bush, la république du banquier éborgneur a banalisé l’état d’urgence en l’intégrant dans la loi et en rognant quotidiennement sur les libertés individuelles au nom de la protection contre le terrorisme mondial. La peur amène les citoyens à accepter toujours davantage de surveillance, plus généralement de “ technopouvoir ”. Nous construisons l’Autre comme un danger potentiel. Á l’intérieur comme à l’extérieur des frontières.

 

Le centre au pouvoir est caractérisé – en théorie du moins – par sa modération. Souvenons-nous des grands exemples : Pinay, Giscard, Edgar Faure, Raymond Barre qui aimait tant la Suisse et sa discrétion feutrée. Il se caractérise également par le girouettisme, en accueillant, en débauchant, en réconciliant. Le girouettisme justifie tout recentrement par la défense des intérêts supérieurs de la patrie-nation en se plaçant ni à droite ni à gauche et en prétendant apaiser les esprits. La ur-girouette macronienne aura naturellement été le maire juppéiste du Havre, par ailleurs lobbyiste patenté, Édouard Philippe. Enfin, ce centre est performatif : il est exécution, action, régalien, parfois au mépris des pratiques démocratiques.


 

 

Note de lecture (189)

 

La grande trouvaille institutionnelle du banquier éborgneur aura été de bouleverser la logique de l’élection présidentielle qui voulait qu’au premier tour on choisit et au deuxième tour on élimine en ratissant large. Le banquier a « inventé la pertinence d’un choix radical au premier tour, pour neutraliser les partis anciens », puis a laissé celle qui aura été « son adversaire au second tour s’enferrer dans sa radicalité. » Il aura joué avec le feu puisque moins de 1 million de voix le séparaient de son adversaire du second tour. Mais une fois victorieux, il aura prestement accueilli les ralliés “ constructifs ” de droite ayant compris que le programme économique du nouveau prince irait, dans la réaction, au-delà de ce que proposait leur héraut déchu François Fillon.

 

La base électorale du banquier est maigrelette, peu représentative, mais elle compte. Sur les 521 candidats à la députation de la République en marche, 75% appartenaient aux couches intellectuelles supérieures. 15% étaient des chefs d’entreprise. Le tout représentant 13% de la représentation française. Une aile marchande et marchante, un parlement « troufion et croupion ». Les médias sont aux ordres, le reflet du narcissisme du banquier qui demande à ce que l’information soit « neutre », avec des « garants journalistes qui assurent la neutralité ». Il aura pu, sans coup férir, s’attaquer, humilier, caricaturer les figures autrefois chéries des Français, celles du service public de proximité : les médecins hospitaliers (comme son propre père), les enseignants (comme sa propre grand-mère chérie). Et il aura rendu la vie impossible – en les instrumentalisant – aux pompiers, aux sauveteurs, aux policiers. Pendant ce temps, les dividendes versés aux actionnaires auront explosé.

 

Gouvernés par cet extrême centriste, les Français, appauvris, fracturés, sont aujourd’hui en extrême danger. Le pays se transforme en un « cauchemar orwellien d’une société fuyant les charges des policiers, tétanisée par la peur de l’autre, potentiel casseur terroriste ou policier violent. »

 

La reconquête des droits et des libertés est un devoir urgent.

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