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6 mars 2020 5 06 /03 /mars /2020 06:19

Cet apophtegme est de Cavanna. Il figurait en lettres d’or (noires et blanches) sur la couverture d’un Hara Kirihebdo historique. Le premier numéro du mensuel parut en septembre 1960, à une époque de croissance économique soutenue et d’envahissement massif de la publicité. Ainsi, il ne faudrait pas longtemps pour que L’Express cessât d’être un journal d’opinion pour devenir un news, c’est-à-dire un support de publicité, à l’image des news étasuniensJean-Jacques Servan-Schreiber avait flairé le bon coup.


 

La pub nous prend pour des cons, la pub nous rend cons (1)

Nous fûmes abreuvés de publicités pour les voitures et pour les lessives « aux enzymes gloutons ». Non pas pour nous faire acheter des paquets d’Omo ou de Persil car nous les aurions acheté de toute façon, mais pour créer une vision du monde esthétique, dynamique et rassurante où les jeunes femmes blondes représentaient l’archétype de la beauté et où les cadres dynamiques montraient le chemin vers la réussite virile.

 

Cavanna et sa bande décidèrent de réagir par les premiers détournements publicitaires de l’histoire. Le professeur Choron se déchaîna dans le domaine du pipi-caca.

 

La pub nous prend pour des cons, mais la pub, par elle-même, est conne. Le problème, c’est qu’on ne s’en rend pas compte en temps réel. Mais ce qui est vraiment grave, c’est que la pub a imposé son discours, sa grammaire, à savoir la “ communication ”. Les politiques, les journalistes n’informent plus : ils communiquent. Or informer c’est donner à l’autre alors que l’acte de communication ne renvoie qu’à soi-même. Lorsque je communique, je n’apporte rien aux autres qui ne soit moi-même. J’offre une boucle, un discours clos. Communiquer, c’est en fait se parler à soi-même.

 

 

Alors je suis allé à la recherche de publicités françaises, britanniques et étasuniennes datant de quelques dizaines d’années. C’est effarant. Mais quand, dans cinquante ans, des curieux compulseront les publicités qui nous sont imposées aujourd’hui, ils seront tout autant effarés.

 

La pub nous prend pour des cons, la pub nous rend cons (1)
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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 06:07

Je souhaite m'attarder, ci-après, sur un mot utilisé par les journalistes lors des J.T. de France 2 et de France 3 : il s'agit du mot "opposition", qui sonne bizarrement à mes oreilles. Assez souvent ce terme intervient après l'annonce de mesures gouvernementales ou après des déclarations de membres du gouvernement. Et le journaliste de recueillir une déclaration de ces représentants de l'opposition, en qui j'ai eu la surprise de découvrir... Eric Ciotti ou Bruno Retailleau, tous les deux représentants du parti LR (Les Républicains), c'est-à-dire de la droite.

 

 

Remarque 1. Il est vrai qu'en dehors du Mouvement Démocrate et de l'UDI, qui soutiennent le gouvernement, le parti LR est effectivement le plus important groupe, à l'Assemblée Nationale, qui s'oppose à ce même gouvernement. Le parti LREM (celui du président) a 308 députés et le parti LR 112 députés (encore qu'en raison du scrutin majoritaire et du découpage des circonscriptions, ce nombre de députés ne reflète nullement le nombre de suffrages obtenus par chacun de ces partis, ni aux législatives ni aux présidentielles).

 

 

Remarque 2. On entend bien que le parti LR s'oppose au gouvernement, mais sur quoi s'oppose-t-il ? S'est-il opposé à l'actuelle réforme des retraites ? S'est-il opposé à la suppression de l'ISF ? S'est-il opposé au plafonnement des indemnités de licenciement ? Au changement des règles de licenciement ? A l'introduction subreptice des fonds de pension ? A la signature des grands traités TAFTA, CETA, TISA, et des traités équivalents avec la Corée, le Vietnam, Singapour, l'Amérique du Sud, etc. ? Certes, il a parfois élevé la voix... mais pour déplorer que le gouvernement ne favorise pas encore assez les patrons, les multinationales, les banques, les riches (voire les très riches).

 

 

Remarque 3. Le parti LR s'est-il opposé à la reconnaissance, par la France (et par une minorité de pays dans le monde) du putschiste Juan Guaido comme président du Venezuela ? S'est-il opposé aux menaces du gouvernement Trump à l'égard de la Corée du Nord ? Pas qu'on le sache. S'est-il opposé aux menaces du gouvernement Trump à l'égard du gouvernement iranien ? A-t-il protesté contre le manque d'énergie du gouvernement français à trouver des solutions pour aider le gouvernement iranien à contourner l'embargo américain ? A-t-il protesté contre la timidité du gouvernement français à s'élever contre la reconnaissance de Jérusalem, par Donald Trump, comme capitale d'Israël ? Ou contre cette même timidité à condamner l'approbation, par le même Trump, de l'annexion du plateau (syrien) du Golan par Israël ? 

 

 

Remarque 4. Dans aucun des domaines de la politique économique et sociale, qui déterminent le partage des richesses entre les classes sociales, le parti LR ne s'est opposé à la privatisation, à la dérèglementation, aux mesures en faveur des riches, et il ne s'est pas davantage opposé à la précarisation des classes moyennes et populaires. Il ne s'est pas plus opposé au suivisme du gouvernement Macron envers les États-Unis.

 

 

Remarque 5. En qualifiant "d'opposition" le groupe L.R. du Parlement (Assemblée Nationale et Sénat), les journalistes de ces chaînes télévisées témoignent d'une conception  formaliste, artificielle, superficielle de la vie politique. A partir du moment où les députés LR ne votent pas avec le gouvernement, ils sont considérés comme étant d'opposition, sans que ces journalistes s'interrogent sur la consistance de cette opposition. Or, comment le parti LR pourrait-il s'opposer au gouvernement d’Édouard Philippe alors que trois des plus importants ministres du gouvernement, et non des moindres (le premier ministre, le ministre de l'économie, le ministre des comptes publics) sont issus de ses rangs ? Alors que, sur les retraites, Édouard Philippe reprend le scénario de démolition des retraites de son maître Alain Juppé ? Alors que les médias de droite - Le Figaro, Le Point, Valeurs actuelles, L'Express...- lus par les parlementaires LR témoignent d'une animosité sans faille envers les grévistes...

 

 

Remarque 6. Cette conception de la vie politique est une conception molle, qui s'est propagée depuis la disparition des régimes dits "communistes" à la fin des années 1980 - et du début du règne idéologique de "l'extrême centre", qui regroupe les partis politiques "raisonnables", du P.S. au Modem et à L.R. et rejette dans les marges des réprouvés, les "extrêmes" (P.C. France Insoumise, Rassemblement National, voire groupes islamistes pour faire bon poids...), partis de gouvernement qui s'entendent sur l'essentiel, comme les Républicains et les Démocrates aux États-Unis, les Conservateurs et les Blairistes au Royaume-Uni, la CDU et le SPD en Allemagne, L.R. et (ce qui reste du) P.S. en France et ne s'opposent que sur des questions sociétales, qui ne mangent pas de pain...

 

 

Remarque 7. Plus qu'à une véritable opposition, fondée sur des antagonismes de classe, des convictions idéologiques ou philosophiques, le véritable positionnement de L.R. à l'égard de LREM (et du gouvernement) est plutôt celui d'une lutte de clans au sein d'une même classe, d'une même clientèle, d'une même caste pour se partager des pouvoirs, des postes et des prébendes. Certes, cette lutte peut être âpre, féroce, impitoyable,  comme celle qu'on a vue, à l'UMP, entre Fillon, Copé, Sarkozy, Villepin ou Juppé, mais, sur l'essentiel tout le monde est d'accord. 

 

 

Un militant LREM se vantait à mon épouse que son parti avait réuni un large éventail de sensibilités autour des mêmes valeurs, allant de la droite "modérée" à la gauche "modérée". Je ne sais ce qu'est une droite "modérée", mais la "gauche modérée" n'est-elle pas comme la "glace chaude", un oxymore ? Car, lorsqu'on est de gauche, saurait-on être "modéré" ? 

 

De l'“ opposition ”, par Philippe Arnaud
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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 06:05

 

 

Quel que soit le parti, si les concepteurs de “ projets ” (plus de “ programme ”, désormais) n’utilisent pas le mot “ écolo ” à toutes les sauces, autant rester chez eux. Tout doit être écolo, vert, respirer le sent bon. La misère s’installe partout, les injustices s’aggravent, mais du moment qu’on peut convoquer trois brins d’herbe, la foi est sauve.

 

J’ai sous les yeux Met’, le magazine de la métropole de Lyon. Que souhaitent les édiles, non pas pour Vaux-en-Velin, mais pour “ Vaux-en-Velin Village ” (un gros village pour une ville qui compte 50 000 habitants) ? Je cite : « Les travaux de la rue de la République ont démarré. Vieillissante et peu adaptée aux modes doux, cette voix majeure du nord de Vaux va être réaménagée pendant deux ans. Objectif : apaiser la circulation automobile et améliorer les liaisons entre les lieux emblématiques du quartier. […] Et aussi créer des espaces [ah, la magie du mot “ espace ” !] pour les piétons et les cyclistes, des bancs, une piste cyclable [différente d’un espace pour cyclistes, donc] et des aires de jeux pour les enfants. » Les enfants que Khaled Kelkal n’a pas eus auraient sûrement aimé cette version originale d’un paradis vaudais. Même chose pour Lyon intra-muros : « Le projet [sic] a été choisi par concours : il prévoit 5 000 mètres carrés de pelouse et une cinquantaine d’arbres, pour apporter de l’ombre et de la fraicheur. Sur la place Louis-Pradel, un bassin et un ruisseau seront créés et les marche seront refaites en gradins : de quoi s’asseoir pour pique-niquer ou profiter de la vue sur l’architecture de la Presqu’île. » Rien dans cette brochure de la métropole de Lyon sur la spéculation immobilière ; le chômage, la vie des entreprises. Ou plutôt si, mais toujours selon le même biais : « Les industriels continuent de réduire leur consommation d’énergie. Pour les petites et moyennes entreprises, c’est la plateforme Lyon ÉcoÉnergie qui les accompagne dans leur transition énergétique. » Pendant ce temps-là, Lyon demeure la septième ville de France en matière de pollution. Selon Greenpeace, plus de la moitié des écoles et crèches lyonnaises sont dans le rouge et le taux d’oxydes d’azote dans l’air concerne, selon l’OMS, toute la métropole.

 

Apocope d’écologiste, “ écolo ” date de 1970. Écologiste datant du début des années soixante, on peut dire qu’écolo a bien pris et a supplanté puis remplacé son originel. Dans les années soixante-dix, les écolos critiquaient durement la société industrielle basée sur le rendement et le profit. Souvenons-nous de La Gueule ouverte. Le mot “ Ökologie ”a été forgé en 1866 par le biologiste évolutionniste allemand Ernst Haeckel. Il fut adopté par les Britanniques en 1873 sous la forme d’“ oecology ” avant  d’arriver en France. Á l’origine, il s’agissait d’étudier la relation entre les êtres vivants et leur milieu (oikos, la maison en grec). Le mot “ écolo ” devient réellement populaire en France lors de la candidature de René Dumont à l’élection présidentielle de 1974. On se souvient de ce premier candidat écologiste brandissant un verre d’eau pendant la campagne électorale à la télévision en craignant que l'eau du robinet ne soit plus consommable avant peu.

 

Depuis le succès – certes relatif – de Dumont, de nombreux partis et organisations ont intégré le mot “ écolo (giste) ” à leur programme ou dénomination. Sous l’influence des Allemands et des Britanniques (grün, green), les Français ont adopté la couleur verte : « un élu vert ». Tel parti a opéré la synthèse : Europe Écologie – les Verts. On y pratique, naturellement, l’écriture inclusive, mais pas avec la plus grande rigueur (toujours la tendance au joyeux bordel chez les Vert-e-s) : « Isabelle Sévère et Rémy Batiot, co-présidents du groupe des élu.e.s Europe Ecologie Les Verts de Le Mans Métropole, tiennent à marquer leur désaccord avec la décision du maire du Mans d’offrir une gratuité d’une heure les vendredis, samedis et dimanches sur les parkings de centre-ville du 6 au 31 décembre. »

 

Pas de petits combats chez les écolos. Au fait : pas de féminin pour le mot “ écolo ” ?

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (13)
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3 mars 2020 2 03 /03 /mars /2020 06:04

 

 

“ Discrimination positive ”. Encore une expression, un concept, donc une vision du monde qui nous vient des pays “ anglo-saxons ”. 

 

Au départ, on a, en anglais, l’expression “ affirmative action ”, condensée de “ positive discrimination ” (que le français va reprendre), et “ positive action ”, ces deux expressions signifiant le soutien à des groupes victimes de discrimination en matière d’éducation ou d’emploi. Avec l’oxymore “ discrimination positive ”, le français est allé plus loin que l’anglais. Par le biais du volontarisme républicain, le français a rendu positif le terme odieux de “ discrimination ”.

 

Ce concept fut créé par l’ancien président des Etats-Unis John Kennedy, puis repris par son successeur Lyndon Johnson. En mars 1961, Kennedy signa un décret interdisant aux services de l’État de discriminer « les employés, les candidats à un emploi en raison de leur race, de leur croyance, de leur couleur ou de leur origine nationale. » En septembre 1965, Lyndon Johnson  signa un décret obligeant le gouvernement fédéral à « promouvoir et à mettre en œuvre l’égalité pour tous en matière d’emploi grâce à un programme positif et continué » dans tous les services publics. En 2003, la Cour suprême des Etats-Unis jugea que la race était « un facteur positif dans l’évaluation globale des candidats à un emploi » et, dans le même temps, interdit l’utilisation de quotas.

 

Au Royaume Uni, il est illégal de recruter quelqu’un au nom de son appartenance à un groupe et sans avoir évalué ses compétences. Cela dit, pragmatisme oblige, il est possible de recruter une personne, à mérite égal, si l’on considère qu’elle appartient à un groupe sous-représenté. La notion de « bris d’égalité» est alors admise.

 

En Allemagne, la loi garantit des droits identiques pour tous les citoyens, quels que soient leur sexe, leur race et leur origine sociale. Mais dans bien des domaines, à qualification égale, une femme sera préférée à un homme et un handicapé à une personne valide. L’objectif officiel étant de « promouvoir la diversité ».

 

Les Indiens utilisent le terme de “ réservation ”. Celle-ci est mise en œuvre lorsque 17% des emplois publics sont réservés aux “ intouchables ” et quand, plus généralement, 25% des citoyens du pays bénéficient de mesures spéciales parce qu’ils appartiennent à des groupes marginalisés de la société.

 

Une critique aisée de la discrimination positive est qu’elle peut se retourner contre ceux qui en bénéficient. Un présentateur de télévision, parfaitement compétent mais n’étant pas français d’origine pourra se voir soupçonnée d’avoir bénéficié de quotas implicites et tacites. Si, en plus, il s'agit d'une présentatrice...

 

La discrimination positive est assurément une manière de corriger le système à la marge sans aller à la racine des choses. On a vu en France, dans les années 80, la création de zones d’éducation prioritaires où des moyens substantiels étaient affectés à des écoles situées dans des quartiers défavorisés. Il fut enfantin à ceux qui préféraient le bien-être des banques à celui des pauvres de faire disparaître, progressivement ou d’un trait de plume, ces ZEP qui coûtaient trop cher.

 

 

Ci-dessous, l'entrée du campus de Berkeley. Des Blancs, des Asiatiques, mais pas de Noirs. J'imagine qu'il y en a tout de même un peu.

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (12)
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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 08:18

- Les handicapés victimes de choix de la “ réforme ” des retraites

 

- Du mot “ séparatisme ”

 

- Le sabotage de l'économie vénézuélienne par l'étranger

 

 

 

Selon le blog d’El Diablo, le projet de loi sur les retraites du banquier éborgneur va pénaliser tout particulièrement les handicapés : « Les travailleurs handicapés connaissent un taux d’emploi plus faible que le reste de la population et des parcours professionnels souvent plus hachés.Il est facile de comprendre qu’avec le calcul des droits sur toute la carrière (et non les vingt-cinq dernières années) et la dégradation des droits pendant les périodes de chômage, les travailleurs handicapés verront leur niveau de retraite diminuer brutalement. De plus, la pension minimum à 85 % du SMIC annoncée dans le projet de loi ne leur bénéficiera absolument pas, car elle est réservée aux carrières complètes. 

 

Aujourd’hui, près de 3 000 personnes en situation de handicap bénéficient d’un dispositif de départ anticipé à la retraite : au lieu de 62 ans, elles peuvent liquider leur retraite à partir de 55 ans pour « handicap » ou à 60 ans pour « incapacité permanente ». Le gouvernement annonce la suppression de la condition de durée d’assurance validée, mais il maintient deux conditions : une durée minimale de cotisation en tant qu’handicapé et la reconnaissance d’une incapacité permanente d’au moins 50 %. 

 

Ainsipour remplir la condition minimale de cotisation en tant qu’handicapé, il faudrait avoir été handicapé dès l’âge de 25 ansTant pis pour les travailleurs qui deviennent handicapés en milieu de carrière professionnelle. »

 

 

 

Revue de presse (311)

 

Dans Res Publica, Zorha Ramdane revient sur le choix du mot “ séparatisme ” par notre banquier national : « Contrairement à ce que dit un président qui change les mots parce qu’il ne veut pas s’attaquer aux racines du mal, le communautarisme est une politique qui, non seulement, nuit à l’universel mais aussi aux communautés qui acceptent l’universalité de la loi. Le communautarisme, c’est la politique des « accommodements raisonnables » négociés par les dirigeants de L’État directement avec des responsables de structures communautaristes largement minoritaires dans leur propre communauté ! La République sociale ne doit pas ignorer les communautés mais elle ne doit en reconnaître aucune. Pour établir sa Constitution et ses lois, la République sociale doit délibérer uniquement dans la sphère politique des citoyens et non avec les directions des structures communautaires. »

 

 

Sur le site Recherches Internationales, Maurice Lemoine décrit le sabotage de l’économie au Venezuela par l’étranger : « D’un seul coup (en 2016 et 2018), l’argent liquide disparaît. Le moindre achat devient un casse-tête. Incurie du pouvoir ? En mars 2016, la police fluviale colombienne intercepte un chargement de 16,5 millions de bolivars en coupures de 100 ; en décembre, l’armée vénézuélienne en saisit pour 88 millions ! Le 13 février 2017, au… Paraguay, un poids lourd sort de la route, une partie de son chargement vole sur le bas-côté : vingt-cinq tonnes de billets de banque vénézuéliens ! Entrés dans le pays par le Brésil après un passage par la Colombie.

 

Les mesures coercitives unilatérales (rebaptisées « sanctions ») des États-Unis ne feraient qu’« aggraver » une situation économique caractérisée par les pénuries (bien réelles) dont souffre la population. Une conjoncture due plus que tout, bien avant la mise en œuvre de la « punition » impériale, à la gestion de Nicolás Maduro. Cette approche met délibérément de côté le torpillage de la révolution bolivarienne par une « guerre économique » entamée avant même l’arrivée à la présidence du successeur d’Hugo Chávez.

 

Exemple concret (parmi dix mille autres) : en obligeant les producteurs et les commerçants à travailler « à perte », les « prix régulés » – cette horreur socialiste qui interdit une marge bénéficiaire supérieure à 30 % sur certains produits de première nécessité – font que plus personne ne produit. Cherchez l’erreur : sur les 42 marchandises mises sur le marché par le géant agroalimentaire national Polar, seules quatre ont un prix « régulé » (la farine de maïs, le riz, l’huile et les pâtes alimentaires) ; cela n’a pas empêché que, avant l’élection présidentielle d’avril 2013 (gagnée par Maduro), l’ensemble de sa production, et non ces seuls produits, ait reculé de 37 %; puis de 34 % au moment de « La Salida » (période insurrectionnelle de l’extrême droite en 2014) ; de 40 % avant les législatives de décembre 2015. Effet recherché : la gestion caviste vous fait « crever de faim », votez pour l’opposition. »

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 06:02

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, est ce qu'on appelle une “ tête ”. Titulaire de plusieurs diplômes universitaire, il est agrégé de droit public.

 

Le problème est qu'il ne sait pas conjuguer le verbe “ courir ”. Et pourtant, il a fait ses études dans le plus prestigieux établissement privé français : le collège Stanislas. 

 

Bref, il a accepté de jouer le jeu devant des élèves et il s'est pris une gamelle. Ou bien il lui manque littéralement une case, celle de la conjugaison, ou bien l'enseignement privé n'est pas meilleur que l'enseignement public. Ce que je crois et que j'ai pu vérifier par expérience il y a une vingtaine d'années quand je siégeais au jury de l'agrégation interne et que j'interrogeais à l'oral des candidats très méritants qui voulaient améliorer leur statut.

 

Le ministre de l'Éducation nationale ne sait pas conjuguer le verbe “ courir ”
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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 06:15

Benoît Vitse et moi, nous ne nous sommes pas vus depuis cinquante ans. Nous nous sommes retrouvés sur internet. Metteur en scène de théâtre, Benoît a longtemps vécu et travaillé de l'autre côté du Rideau de fer comme directeur de centres culturels français. Il est l'auteur de ce texte très poignant :

 

En voyant une émission sur ARTE à propos du goulag, une parole d'un des commandants de camp adressée à un prisonnier politique m'a bouleversé. Il disait ce petit chef à un « zek » (bagnard) qui n'en pouvait plus : « Votre travail m'importe peu ; c'est votre souffrance qui m'intéresse. » Au début, en effet, ces camps étaient sensés redresser les esprits faibles ou retors par le travail. Ce n'était pas une idée nouvelle. La réhabilitation par le travail. Le travail régénère les dégénérés, c'est bien connu. Et Staline a appliqué cette maxime jusqu'à la limite de l'inimaginable pour réaliser de grands travaux, pour creuser des canaux ou des lignes de chemin de fer sur des centaines de kilomètres dans le froid et la glace, pour faire travailler dans des mines d'or et d'uranium des êtres humains qui s'épuisaient avant d'être remplacés par d'autres. Et il l'a fait sur la plus grande échelle qu'on puisse imaginer : quarante millions de personnes sont passées par ces camps. 

 

On comprend mieux la portée de cette parole : « Votre travail m'importe peu » quand on sait que toutes les plus grandes réalisations de cette période, imposant le travail forcé et causant des milliers de morts, ont été des fiascos complets. Ainsi le canal de la Mer Blanche, qui fut pourtant creusé en un temps record (25 000 prisonniers moururent en le creusant), n'a servi à rien, parce que sa trop faible profondeur ne permettait pas la navigation des navires de commerce, même de faible tonnage. Un autre canal est resté à l'état de tracé et est surnommé le canal mort. De même, la voie ferrée du transsibérien par le Nord, à peine terminée, fut inondée par les pluies du printemps est rendue définitivement inutilisable. Et d'ailleurs, à la mort de Staline, différents rapports expliquent que le travail du goulag, malgré le nombre croissant de prisonniers, n'est pas rentable. Et c'est une des raisons qui ont forcé les autorités à l'abandonner progressivement.

 

Il y a quelques années, en Roumanie, à Craiova plus précisément, j'ai rencontré une dame qui était institutrice du temps de Ceaucescu. Elle devait une fois par semaine emmener ses élèves pour récolter les pommes de terre. En fait, les machines ramassaient les plus grosses patates, mais il en restait beaucoup de plus petites qui n'étaient pas collectées. On donnait aux enfants des paniers pour qu'ils s'acquittent de cette tâche. Cette maîtresse d'école alla trouver le chef de section et lui expliqua : « Vous avez donné aux enfants des paniers percés de trous, ce qui fait que les pommes de terre une fois ramassées passent à travers. » Le camarade répondit à la camarade : « Peu importe. Ce qui est important, ce n'est pas que les pommes de terre soient ramassées, c'est que les enfants les ramassent. » Au pays natal de Ionesco, il fallait apprendre aux enfants les notions de l'absurde, comme dans le pays de Dostoïevski, il fallait inculquer à tous le sens de la douleur.

 

Certains ont daté la mort du communisme : 1989, avec la fin de l'Union Soviétique. Mais à mon avis, il faut faire un choix. Ou le communisme est mort en 1924 avec Staline, ou il dure encore avec Poutine, ex-chef du KGB.

 

 

Votre travail m'importe peu ; c'est votre souffrance qui m'intéresse (par Benoît Vitse)
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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 06:28

Je reprends cette analyse du Groupe Jean-Pierre Fernand. Je me répète, mais tous les enseignants du supérieur devraient immédiatement se croiser les bras et descendre dans la rue !

 

Nous avons reçu un courrier abondant après la publication de notre billet de désenfumage, nous posant des questions à propos du projet de loi pluriannuelle pour la recherche (LPPR), de ses initiateurs, de son calendrier ou encore des sommes en jeu. Dans ce complément au billet, nous répondons à ces questions à partir des informations dont nous disposons.

 

 

I Quel est le calendrier prévisionnel de la LPPR ?

 

Le calendrier parlementaire ne permet pas l’examen de la LPPR avant l’automne. La date avancée par la ministre, Frédérique Vidal, pour rendre public le projet de loi (fin mars-début avril) correspond à la date du probable du remaniement ministériel.

 

Un examen de la loi par le Parlement à l’automne pose cependant un problème de communication à l’exécutif, puisqu’il coïnciderait avec la phase préparatoire du budget 2021, faisant apparaître explicitement l’absence de création de postes et d'augmentation du budget de l’Université et de la recherche publiques pour la troisième année du quinquennat. Rappelons qu’en 2019 et 2020, le nombre de postes pérennes mis au concours a fortement baissé et le budget n’a été augmenté que du montant de l’inflation, ne permettant pas la compensation du Glissement Vieillesse Technicité. 

 

 

II Qui soutient ce train de réformes de l’Université et de la recherche ?

 

Alors que la communauté académique s’alarme du contenu des rapports préparatoires à la “grande loi darwinienne” pour la recherche et l’Université, les initiateurs et rapporteurs de la LPPR (Gilles Bloch, Jean Chambaz, Christine Clerici, Michel Deneken, Alain Fuchs, Philippe Mauguin, Antoine Petit, Cédric Villani et Manuel Tunon de Lara) ont fait paraître une pétition dans le Monde daté du 20 février 2020 :
LA COMMUNAUTE SCIENTIFIQUE a lancé cette pétition adressée à Emmanuel Macron. 

 

Se sont associés à leur texte une centaine de chercheurs retraités qui ont tous bénéficié au cours de leur carrière des conditions (postes pérennes, liberté de recherche et moyens récurrents) dont les réformes à venir vont achever de priver les jeunes générations de chercheurs [1]. Les plus connus d’entre eux avaient déjà signé une tribune à la veille du premier tour de la présidentielle pour faire connaître leur attachement au mille-feuille d’institutions bureaucratiques créées depuis quinze ans (ANR, HCERES, etc).

 

Est-ce dû à leurs convictions d’un autre temps les conduisant à prétendre parler au nom de “la communauté scientifique” — c’est le nom d’administration de la pétition — communauté à laquelle ils n’appartiennent de facto plus ? Leur pétition de soutien à la LPPR a rassemblé deux cents signatures en quatre jours. 

 

 

III Qui est à l’origine de ce train de réformes de l’Université et de la recherche ?

 

La majorité des mesures de précarisation et de dérégulation qui accompagneront la loi de programmation budgétaire ont été conçues par la Coordination des Universités de Recherche Intensive Françaises (CURIF), association de présidents et d’anciens présidents d’universités qui travaillent depuis quinze ans à la suppression progressive des libertés académiques et à la dépossession des universitaires. La CURIF comprend dix-sept membres, dont huit, indiqués en gras, véritablement actifs : Philippe Augé, David Alis, Jean-Francois Balaudé, Yvon Berland, Jean-Christophe Camart, Jean Chambaz, Christine Clerici, Frédéric Dardel, Michel Deneken, Barthélémy Jobert, Frédéric Fleury, Alain Fuchs, Corinne Mascala, Sylvie Retailleau, Manuel Tunon De Lara, Fabrice Vallée, Frédérique Vidal, Jean-Pierre Vinel. La CURIF a déclaré son allégeance à la candidature de M. Macron lors d’une réunion avec Jean Pisani-Ferry, le 28 avril 2017. Le programme de la CURIF est simple : différencier les statuts et les financements des établissements, supprimer le CNRS, et accorder les pleins pouvoirs aux présidents d’université. Les apports de la CURIF au programme présidentiel de M. Macron figurent dans les deux documents suivants :
http://groupejeanpierrevernant.info/CURIF_EM.pdf
http://groupejeanpierrevernant.info/positions_CURIF_avril_2017.pdf 
La place des courtisans de la techno-bureaucratie universitaire dans la structure en cercles concentriques d’En Marche est discutée dans ce billet :
http://www.groupejeanpierrevernant.info/#LuttePlaces3

 

Amélie de Montchalin revendique avoir obtenu la LPPR grâce à sa proximité avec Édouard Philippe. Elle ambitionne de devenir ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, et donc de porter elle-même cette loi devant le Parlement à l’issue du remaniement qui devrait suivre les élections municipales.

 

S’il importe de nommer les managers à l’origine de la loi, il ne faut pas ignorer ce qu’elle doit aux normes de “bonnes pratiques” gestionnaires rappelées par l’Inspection Générale des Finances dans son rapport récent sur le pilotage et la maîtrise de la masse salariale des établissements :
https://www.education.gouv.fr/cid149541/le-pilotage-et-la-maitrise-de-la-masse-salariale-des-universites.html

 

 

IV Le “Pacte productif” de Bercy empiète-t-il sur le pilotage et le budget de la recherche ? 

 

Frédérique Vidal n’a emporté aucun arbitrage budgétaire depuis le début du quinquennat. Ni Bruno Le Maire ni les hauts fonctionnaires du ministère de l'Economie et des Finances n’ont été convaincus de la nécessité de financer l’Université et la recherche. Mieux, ils se chargent eux-mêmes du volet “innovation” du Pacte productif : 
https://www.economie.gouv.fr/pacte-productif 

 

Ce financement par l’impôt du secteur privé est pris sur la même enveloppe globale que le budget de la recherche publique. Il est hélas probable qu’un programme pour “l’innovation” serve davantage les intérêts politiques de M. Macron que le financement de la recherche et de l’Université publiques, pourtant vitales pour répondre aux trois crises, climatique, démocratique et économique, qui minent nos sociétés. 

Mais l’emprise de Bercy sur la politique de recherche ne s’arrête pas à la ponction de nos cotisations retraites pour financer des programmes d’“innovation” et la niche fiscale du Crédit d’Impôt Recherche (CIR) plutôt que de financer la recherche. Comme l’a précisé Bruno Le Maire, “la loi de programmation de la recherche devrait être l’occasion de réfléchir à une augmentation des moyens consacrés à des programmes de recherche publique en contrepartie de leur orientation vers un développement industriel précis.” [2] Tout est dit. 

 

La LPPR est le volet de la réforme de la recherche porté par la CURIF, organisant la dérégulation des statuts et le contournement du recrutement par les pairs, en renforçant le pouvoir démesuré de la technostructure managériale des établissements. Le “pacte productif” apparaît comme le volet de cette même réforme portée par Bercy, instaurant des outils de pilotage qui lui permettent de contrôler cette même technostructure. 

 

 

V Quelles sont les sommes dégagées par l’article 18 de la loi retraite ? 

Le budget brut salarial pour l’Université et la recherche s’élève à 10,38 milliards € par an. La baisse de cotisation patronale de l’État de 74,3% à 16,9% sur 15 ans permettra à terme de redistribuer les 6 milliards € par an prélevés sur notre salaire socialisé. Pour la période 2021-2027 couverte par la LPPR, l’article 18 conduira en cumulé à 11 milliards € de prélèvement dans nos cotisations de retraite [3]. Il convient donc de comparer les annonces de “revalorisation” du salaire des jeunes chercheurs et d’augmentation du budget de l’ANR (120 millions € par an) à ces sommes. 

 

 

VI Que contient le projet de loi relatif à la programmation pluriannuelle de la recherche 2021-2027 ?

La version stabilisée de la LPPR se compose de 20 articles.

Titre Ier: Dispositions relatives aux orientations stratégiques de la recherche et à la programmation budgétaire.
Art 1: Approbation du rapport annexé.
Art 2: Programmation budgétaire 2021-2027, financements ANR, trajectoires de l’emploi scientifique.

Titre II: Attirer les meilleurs scientifiques
Art 3: Chaires de professeur junior (tenure tracks)
Art 4: Fixer un cadre juridique spécifique pour le contrat doctoral. Développer les contrats post-doctoraux.
Art 5: Développer des CDI de mission scientifique.
Art 6: Faciliter avancements et promotions en cours de détachement ou de mise à disposition.

Titre III: Piloter la recherche et encourager la performance
Art 7: Lier évaluation et allocation des moyens par une rénovation de la contractualisation.
Art 8: Unités de recherche.
Art 9: Orienter les thèmes de recherche par l’Agence Nationale de la Recherche.

Titre IV: Diffuser la recherche dans l’économie et la société
Art 10: Elargissement des dispositions de la « loi Allègre ».
Art 11: Elargissement des mobilités public-privé par les dispositifs de cumul d’activités à temps partiel.
Art 12: Elargissement des mobilités public-privé par les dispositifs d’intéressement des personnels.
Art 13: Droit de courte citation des images.

Titre V: Mesures de simplifications et autres mesures
Art 14: Mesures de simplification en matière d’organisation et de fonctionnement interne des établissements. Délégations de signature. Rapport sur l'égalité femmes-hommes. Suppression de la mention des composantes dans le contrat d'établissement. Limitation des élections partielles en cas de vacance tardive. Approbation des conventions de valorisation des EPST. Mesure de simplification du régime des dons et legs à l’Institut de France ou aux académies.
Art 15: Mesures de simplification en matière de cumul d’activités.
Art 16: Mesures de simplification en matière de formation. Prolongation de l’expérimentation bac pro BTS. Possibilité de stage dans les périodes de césure.
Art 17: Ratification de l’ordonnance sur les établissements expérimentaux
Art 18: Simplification du contentieux relatif au recrutement des enseignants-chercheurs et chercheurs.
Art 19: Habilitations à légiférer par ordonnance.
Art 20: Entrée en vigueur de la loi.

Titre VI: Rapport annexé

[1] La sociologie de ce groupe, composé à 93% d’hommes, sans chercheur en SHS, et la hiérarchie des statuts qu’ils affichent, témoignent du fait que le temps où ils ont été pleinement productifs (la moyenne d’âge est de 72 ans et demi) ne saurait être considéré comme un âge d’or de la recherche. 

[2] Le pacte productif. Discours de Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances à Bercy, le mardi 15 octobre 2019.
https://www.economie.gouv.fr/pacte-productif/discours-de-bruno-le-maire-ministre-de-leconomie-et-des-finances

[3] Le calcul affiné, séparant primes et salaires, conduit à -4,98 milliards € au lieu de -6 milliards € et à -9,12 milliards € pour la période 2021-2027, et non -11 milliards €. Nous avons gardé le calcul approximatif pour permettre à chacun de vérifier le calcul. 

 

"Le vrai courage c’est, au-dedans de soi, de ne pas céder, ne pas plier, ne pas renoncer."
 
Groupe Jean-Pierre Vernant.
 
Quelques réponses aux questions fréquemment posées sur la loi pluriannuelle pour la recherche (LPPR)
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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 06:29

 

 

Sur le site de l’1dex, Vingtras dénonce l’abaissement du niveau de la vie politique française : « Alors qu’une poignée de vaillants députés s’affaire dans une bataille de tranchées autour des crapouillots afin de bombarder d’amendements une majorité cynique qui exécute les volontés du prince pour accoucher d’une loi scélérate, l’opinion publique reste accaparé par les tribulations grivoise.Et tandis que l’Assemblée nationale ressemble de plus en plus à la guerre des boutons, sa majesté Emmanuel jacte doctement sur les différences qu’il y a lieu de distinguer entre le communautarisme et le séparatisme…ce qui n’empêche nullement le rubicond et moustachu-barbu avocat-vedette Dupont-Moretti de venir donner des leçons de bienséance juridique sur le plateau de « C à vous ».Dans ce monde franchouillard faisandé où dominent les approximations et les faux semblants, la médiocrité est en train de s’emparer du fond de l’air dont on tolère encore que la commune atmosphère polluée à la bêtise contrôlée soit à disposition pour tout un chacun…Mais le 4/40 se porte bien et les coffres forts des bourgeois sont bien garnis !

 

Alors que nous importe le sort d’un Assange ? Et des Syriens pilonnés par Assad.

Paris vaut bien une fesse… »

 

 

Communiste Hebdo analyse la stratégie militaire de la France dans la concurrence impérialiste : « Emmanuel Macron, en représentant des intérêts capitalistes, ne néglige pas que la question de la puissance ne se résout pas dans la force de frappe et dans les capacités de projections de forces armées. Il affirme : « Mais la liberté d’action européenne, la défense et la sécurité de l’Europe, ne peuvent reposer sur une approche uniquement militaire. Pour construire l’Europe de demain, nos normes ne peuvent être sous contrôle américain, nos infrastructures, nos ports et aéroports sous capitaux chinois et nos réseaux numériques sous pression russe ». Nous voila donc bien revenu à l’essentiel ; les luttes au sein du système impérialiste pour s’assurer la suprématie technologique, celle de la production et des échanges.

Ce discours nous éclaire sur l’état des concurrences violentes qui sont à l’œuvre au sein de l’impérialisme et qui explique la montée en puissance des politiques de renforcement des arsenaux militaires et éclaire les conflits régionaux mais fortement internationalisés qui se déroule sous nos yeux. Quel rapport avec les mesures et lois anti-sociales que chaque pays capitaliste met en œuvre et qui soulèvent la colère des peuples ? La réponse est simple : TOUT. En effet, c’est bien parce que la loi de développement du capitalisme est celle du profit maximum et de l’accumulation du capital que les puissances impérialistes à ce stade de développement sont amenées à une guerre sans merci pour contrôler et exploiter les ressources matérielles et humaines et qu’elles ont besoin d’aller encore plus loin dans la liquidation des conquêtes qui entravent à leurs yeux ces objectifs. »

 

 

 

Anti-K analyse l’adieu d’Anticapistalistas à Podemos. L’ensemble de l’exécutif d’Anticapitalistas de Podemos Andalousie quittera ses fonctions en mai. La démarche adoptée est étonnante : ces démissions ont en effet été négociées avec la direction centrale de Podemos. Il s’agit d’un passage de témoin en douceur qui amènera ces militants à se consacrer désormais exclusivement à Adelante Andalucía (En Avant l’Andalousie), la coalition militante et électorale qu’ils ont construite en 2018 avec Izquierda Unida Andalousie et deux organisations andalousistes. Ce cadre unitaire est vite devenu la pomme de discorde entre Podemos A et la direction centrale iglésiste : les Anticapitalistas ont très tôt adopté une orientation « nationaliste » de gauche (ce qui signifie internationaliste mais favorable à un renforcement de l’autonomie de l’Andalousie dans le cadre formulé comme d’un projet fédéraliste) qu’ils ont essayé de faire accepter en vain à celle-ci. En construisant Adelante Andalucía, ils ont pris acte de l’impossibilité de déboucher sur une la reconnaissance comme une entité jouissant dans Podemos d’une large autonomie, non seulement politique, en particulier sur les choix des candidatures électorales, mais aussi financière, et en devenant seuls gestionnaires des listes d’adhérents.

 

 

 

 

Revue de Presse (310)
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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 06:14

 

J’aborde aujourd’hui l’un des mots dont l’utilisation me fait sortir de mes gonds : dédier (dédié).

 

Il s’agit non seulement d’un anglicisme, mais d’un faux anglicisme au sens où les anglophones en font un usage beaucoup plus raisonné que nous.

 

Á l’origine, « dédier » connote la religion. Une chapelle est dédiée à saint Antoine de Padoue. On peut aussi dédier un objet profane : Victor Hugo dédiait « aux dents blanches d'Ève Tous les pommiers de [son] verger ». On peut se dédier corps et âme à un club de sport. Et même à un blog. On peut dédier un poème, un roman à un dédicataire.

 

C’est là que sont intervenus, il y a une trentaine d’années, les neuneux des médias. Tout fiérots, ils avaient repéré le verbe anglais « to dedicate ». Ce verbe a deux sens : consacrer (une église) et dédier : “ Dedicated to the One I Love ” (chanson de 1957 du groupe de blues et gospel les “5” Royales, superbement reprises par les Mamas et les Papas dix ans plus tard).

 

Donc, à cause des neuneux, finis les « consacrer », les « dévouer », les « offrir », les « réserver », les « vouer ». La chaîne parlementaire est dédiée aux débats. La place de parking est dédiée aux handicapés. On peut même faire l’économie d’un complément : « les cyclistes doivent utiliser une voie dédiée. Au bureau, ils se brancheront sur un serveur dédié.

 

Tout est bon quand il s’agit d’appauvrir la langue française.

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (11)
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