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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 05:20

Ne nous y trompons pas : Jean-Michel Blanquer est une pointure. Pur produit de l’enseignement privé catholique (lycée Stanislas, un établissement en pleine expansion comme le veut l’air du temps), il a terminé son brillant parcours d’étudiant en droit à Assas, fief de l’extrême droite universitaire parisienne.

 

Sous Pétain, on n’hésitait pas à s’adresser directement aux jeunes par voie d’affiche propagandiste, comme dans les deux exemples ci-dessous :

Quand Blanquer fait sa propagande dans nos lycées
Quand Blanquer fait sa propagande dans nos lycées

 

Sous le banquier éborgneur, on est plus subtil, plus consensuel. On fait appel à l’évidence, aux bons sentiments, comme dans cette affiche placardée récemment dans tous les lycées de France :

Quand Blanquer fait sa propagande dans nos lycées

 

Qui trouverait à redire à un engagement « contre les violences homophobes et transphobes » ? Personne, mais, voyez-vous, depuis 1914, dans ma famille, on enseigne. On ne sait faire que cela. J’ai eu quatre enfants, dont deux sont encore en lycée. Tout comme mes petits-enfants. Je n’ai jamais entendu parler de violence transphobe.

 

Mettons que, chez moi, on ait été un peu myope. Mettons que nous ayons croisé une certaine violence transphobe latente, refoulée. Mettons qu’on n’ait pas compris que le combat contre cette violence aurait dû nous faire prendre conscience qu’il s’agissait là d’une cause nationale. Mettons qu’il nous avait échappé que, dans les lycées, les enfants étaient « tous égaux, tous alliés ». Là, je dis : première nouvelle. Les enfants de France seraient tous égaux ? Elle est bien bonne ! Les lycéens de « Stan » ou de La Providence d’Amiens seraient alliés à ceux du lycée Pablo Picasso de Fontenay-sous-Bois ? Ça m’étonnerait un peu.

 

Pour quoi faire, d’ailleurs ? Pour lutter contre les inégalités sociales, contre les ratonnades des flics, contre la précarisation des personnels, contre le délabrement de bâtiments construits il y a 60 ans et jamais rafraîchis depuis ?

 

Pas d’inquiétude : Blanquer est l’un des meilleurs serviteurs de l’empire ordo-libéral. Un empire qui impose à tous les citoyens un ordre social monocorde. Avec en appendice une École où la dialectique, l’esprit critique ne casseront plus de briques parce qu’au service d’États qui ne sont plus souverains puisqu'il ne leur est demandé que de servir le marché.

 

Faisons donc oublier aux enfants les vrais problèmes et intéressons-les à l’utilisation raisonnée des préservatifs. Le très bon score des écologistes français (et autres) lors des élections européennes s’inscrit lui aussi dans l’air du temps : le discours le plus creux, le moins authentique de la campagne a débouché sur la plus fulgurante des progressions. Imposons des débats sur la transphobie et les jeunes citoyens oublieront la dictature des marchés, l’accumulation sans précédent et sans fin du capital.

 

Blanquer est un vaillant soldat du « libéralisme autoritaire » qui sévit de plus en plus en Europe. Autoritaire, parce qu’avec lui on ne choisit pas son parcours, on subit l’orientation, la sélection. Autoritaire parce qu’il en est même venu à s’attaquer aux matières fondamentales de notre enseignement : mathématiques, philosophie, langues vivantes, sans parler du latin et du grec. Il est permis aux enfants de discuter de bonne conscience et de sujets consensuels pendant qu’un État fort, avec une police transformée en milice, protège les intérêts de l’hyper-bourgeoisie.

 

L’objectif de Blanquer, en tant que ministre de l’Éducation nationale, est de calquer notre système sur le modèle anglo-saxon en niant notre idiosyncrasie, en nous empêchant d’être ce que nous sommes. Pendant ce temps, nos djeuns’ débattrons du sexe des anges.

 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 05:17

Sur le site l’1dex, Vingtras dresse le bilan social de François Hollande. La gauche dite « de gouvernement» et ses alliés naturels ont perdu la confiance des classes populaires et se sont ipso facto condamnés à ne devenir que des supplétifs du néolibéralisme. Or la bourgeoisie préférera toujours une gestion de droite carrée à une gestion de gauche molle, même si cette dernière n’hésite pas à trahir les intérêts de ses électeurs. « Le capitaine de pédalo » a perdu progressivement toute popularité et a accouché d’un Brutus technocrate, parfait apprenti autocrate.

 

Le bilan est consternant : le système de protection sociale est gravement endommagé, la pauvreté et la précarité augmentent, l’Etat est devenu policier et menace toutes les libertés, bref la république monarchique se met à ressembler à sa matrice, celle que présida Adolphe Thiers à Versailles.

 

Dans Le Grand Soir, Jacques-Marie Bourget s’insurge contre le retour latent du pétainisme en France : «Effaçons le Front Popu, la Résistance, le CNR : buvons de l’eau de Vichy. Dans “ Les Grandes Gueules”, une émission de RMC qui est un vomissoir, un inculte haineux a affirmé que, pendant la Seconde Guerre mondiale, les membres du Parti Communiste Français ne s’étaient pas comportés en héros mais plutôt en collabos. Voilà où nous en sommes. De dérive en dérive, d’une négation l’autre et dans l’indifférence, l’histoire est gommée et les héros victimes d’une deuxième mort. Attendez-vous à savoir que, finalement, Jean Moulin était à Lyon le vrai patron de la Gestapo. » [L’inculte haineux évoqué par Bourget est Daniel Riolo, journaliste sportif. De Praud en Dassier en passant par Riolo, on ne s’étonne plus de voir des chroniqueurs sportifs incarner les valeurs de l’extrême droite dans les chaînes d’information en continu].

 

 

Revue de presse (283)

 

Sur le site Le Vent Se Lève, François-Xavier Dudouet revient sur la problématique des privatisations : « La relance de la prospérité par l’accroissement de la concurrence n’a jamais été démontrée théoriquement. Mais les gens y ont cru. On y croyait d’autant plus qu’on était dans un contexte de Guerre froide, que le contre-modèle était vivant, c’était le communisme soviétique qui était en pleine décomposition. Il faut rappeler ce contexte de Guerre froide, et de remise en cause des paradigmes économiques du moment. Mais en retour je pense qu’il n’y a pas d’autres raisons qu’idéologiques aux privatisations.

En effet, la plupart des promesses qui étaient associées aux privatisations n’ont pas été tenues. L’idée de redynamiser l’économie pour réduire le chômage de masse ne s’est pas vérifiée. Même aujourd’hui ceux qui disent que le chômage a pu être réduit n’invoquent pas les privatisations, mais la dérégulation du travail, comme en Allemagne avec les lois Hartz. Les entreprises qui ont été privatisées n’ont pas créé d’emplois. Au contraire, elles en détruisent, comme toutes les grandes entreprises, quand elles n’ont pas tout simplement disparues (AGF, Péchiney, Alcatel). Une grande entreprise détruit des emplois. Je parle en équivalent temps plein, ce qui peut aussi signifier une augmentation du travail précaire, notamment chez les sous-traitants. »

 

 

Dans Mémoires de Luttes, Bernard Cassen rappelle un point important du fonctionnement de l’Union Européenne : « la Commission propose des actes législatifs ; ensuite le Conseil et le Parlement européen décident ; enfin la Commission exécute les décisions. Cette procédure vaut pour tous les domaines, sauf celui de la concurrence. Ainsi la commissaire Margrethe Vestager – qui a opposé son veto à la fusion de deux grandes entreprises européennes, le français Alstom et les activités ferroviaires de l’allemand Siemens, au motif qu’une telle opération serait néfaste à la concurrence dispose d’un pouvoir qui rend jaloux tous ses collègues : celui de décider sans que le Parlement européen et les Etats aient leur mot à dire. »

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22 mai 2019 3 22 /05 /mai /2019 05:16

 

 

Français, né en France, Bilal Hassani, représentant la télévision de service publique français, a proposé une chanson bilingue franco-anglaise. Sa 14èmeplace, dont je ne sais pas ce qu’elle vaut dans les faits car les mystères des votes sont insondables, a souligné le déshonneur d’avoir en partie renoncé à l’abandon de la langue française et d’avoir cédé aux sirènes culturelles et commerciales de l’anglicisation alors que la langue française a été la première langue officielle du concours. Ajoutons que pendant que Bilal Hassani chantait, des mots et des phrases anglaises apparaissaient en projection sur la scène. La soumission du chanteur fut donc à la fois orale et écrite. Pendant ce temps, le représentant de l’Italie, qui a chanté dans la langue de Dante, s’est classé deuxième. Bravo à lui ! On a par ailleurs remarqué que la représentante du jury français Julia Molkhou – qui sait, quand il le faut, faire preuve de courage comme lorsqu’en 2017 elle avait été renvoyée de LCI après avoir publié des messages anti FN sur son compte Twitter lors de l’élection présidentielle – s’est exprimé partiellement en anglais lors de son annonce des résultats. Pendant ce temps, les représentants de Saint-Marin et de la Belgique faisaient leurs annonces en français.

 

Aujourd’hui, l’anglais “ pèse ” 80% du concours. Il n’en a pas toujours été ainsi. Lors de la première édition en 1956 personne ne chanta en anglais, aucun pays anglophone n’ayant participé. L’année suivante, la galloise Patricia Bredin interpréta “ All ” en anglais et se classa à la septième place. Il fallut attendre 1965 pour qu’un non-anglophone, le Suédois Ingvar Wixell, chante en anglais, au prix d’une vraie polémique. L’Union européenne de radio et télévision imposa aux pays de présenter une chanson écrite dans une de leurs langues officielles. Sous la pression des Suédois, cette règle fut abandonnée en 1973. Pour le grand profit du groupe ABBA et de son immense succès “ Waterloo ”.

 

Les organisateurs (asiatiques) israéliens ont donc joué la carte de l’anglais. Du tout-anglais. Sans aucune protestation de la télévision française. France Télévisions est l’un des plus gros contributeurs financiers du concours. L’argent des contribuables français a donc servi à la promotion de l’anglais.

 

 

 

L’Eurovision organisée par un pays d’Asie, c’est le tout-anglais
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20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 05:18

 

 

Michel Marchand, dans Res Publica, conteste la réalité d’une crise migratoire en Europe. « Elle n’est ni massive, ni majoritairement clandestine comme le rappelle depuis plus de 10 ans François Héran, ancien directeur de l’Institut national des études démographiques et actuellement Professeur au Collège de France. En 2017, selon les données d’Eurostat, 650 000 demandes d’asile ont été déposées dans les pays de l’UE, marquant à une baisse de 43 % par rapport à l’année précédente. Les deux tiers des demandes d’asile se répartissent entre l’Allemagne, l’Italie et la France. Pour la même année, 120 000 demandes d’asile ont été enregistrées en France, environ 100 000 relevant de la procédure normale auprès de l’OFPRA et 20 000 relevant du règlement Dublin. En prenant en compte les « dublinés » requalifiés, la France a accordé la protection à 32 000 personnes. »

 

 

Le site CQFD fait s’exprimer des Gilets Jaunes de Perpignan, toujours aussi déterminés :

 

« Difficile de qualifier l’ambiance. Redynamisée, combative, fraternelle. Claude s’avance, tire le col de son maillot vers le bas et montre l’hématome auréolé de sang séché au-dessus de la clavicule : « Je me suis pris un tir de flash-ball, juste là ! » On imagine la balle déviée de quelques centimètres et explosant la trachée. « Je serais mort ! » diagnostique le quinquagénaire. Ailleurs, c’est Tom qui marche en grimaçant et en traînant les pieds. Il commente, laconique : « Grenades à tir tendu. Impossibles à éviter. »

 

C’est un fait : les Gilets sont remontés comme des coucous. Soudés en un nerf de bœuf. Des vieux militants libertaires observent, ébahis, ce regain de fierté inattendu. L’un susurre à l’autre : « Incroyable, c’est une véritable sécession. » Comme un fait exprès, quelqu’un propose que la prochaine AG se tienne non plus à l’abri des murs de la Maison du peuple mais sur le rond-point où tout a commencé : « Les Gilets jaunes, c’est avant tout un combat de visibilité. » La stratégie élyséenne – bastonner et déférer du manifestant en masse pour émietter le mouvement – a eu beau clairsemer les rangs des manifestants, celles et ceux ne lâchant pas l’affaire font montre d’une détermination qui laisse sans voix. Sandrine avoue avoir pleuré de trouille au cours d’une charge dans une manif à Toulouse. Foutue par terre, tâtonnant dans la purée des gaz, elle doit à un black-block d’avoir été remise sur pied et mise en sécurité. « J’y retournerai », promet-elle d’un ton placide.

 

 

Selon L’Obs,l’Alabama prépare une loi totalement réactionnaire sur l’avortement : « Le Sénat de l’Etat de l’Alabama a adopté ce mardi 14 mai le projet de loi le plus restrictif des Etats-Unis sur l’avortement, prévoyant notamment de lourdes peines de prison pour les médecins pratiquant des interruptions volontaires de grossesse.

Le texte, que le Sénat a transmis au cabinet de la gouverneuse républicaine de l’Etat en vue de sa promulgation, ne prévoit même pas d’exception en cas de viol ou d’inceste. Les médecins pratiquant l’avortement seront passibles de peines de prison de 10 à 99 ans, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’« anomalie létale » du fœtus.

 

 

Pour compléter l’article de Maxime Vivas de la semaine dernière sur France Télécom, je citerai la sociologue du travail Danièle Linhart sur le site Á l’encontre : « Auparavant, France Télécom était réputée pour ses prouesses technologiques, il y avait une fierté à travailler là. Brutalement, cette société a pris un virage commercial. Une entreprise publique est passée à la gestion du privé. Mais comment faire pour que les fonctionnaires aient envie de partir ? Cette réponse a été trouvée par l’encadrement : les mettre suffisamment mal à l’aise pour qu’ils comprennent qu’ils n’ont plus leur place.

Dans la seconde moitié des années 1990, j’avais assisté à un séminaire de cadres et l’un d’entre eux m’avait confié: «Vous savez ce qu’est mon travail ? Je suis là pour produire de l’amnésie. Pour que les agents oublient leurs valeurs professionnelles et de service public. » J’ai demandé : « Comment fait-on pour produire de l’amnésie ? » « C’est simple, m’a-t-il expliqué, on bouge tout, tout le temps, on casse les habitudes de travail. »

 

Revue de presse (282)
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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 05:21

 

 

L’enseignement supérieur français est, depuis bien longtemps, un ventre mou qui ne fait plus peur à aucun dirigeant. On ne voit plus passer le moindre mot d’ordre réellement fédérateur, la moindre analyse globale des méfaits et des manquements du système. La vie syndicale s’est réduite à une peau de chagrin. La majorité des membres de cette élite de la nation restent dans leur coin en courbant le dos.

 

Heureusement, il reste à certains universitaires – de plus en plus nombreux car le conformisme est ravageur – une véritable Sierra Maestra, ce que les Britanniques appellent, avec l’accent, une cause célèbre : l’écriture inclusive, le vrai combat des enseignants et chercheurs du XXIe siècle.

 

Officiellement, l’écriture inclusive est illégale dans les textes administratifs. Cette interdiction n’est pas respectée par de nombreux présidents d’universités et doyens d’UFR. Cette barbarie langagière est naturellement possible dans les textes militants.

 

J’en ai un sous les yeux qui, peut-être plus que d’autres, m’a fait bondir. En provenance du CNESER, il prône un juste combat, celui d’universitaires turcs opprimés par le pouvoir d’Erdogan. Le problème est que la forme laisse à désirer. Comme tous les fanatiques, les praticiens de l’écriture inclusive travaillent comme des cochons. Non seulement ce qu’ils produisent est ridicule, mais ils passent eux-mêmes pour des gens ridicules incapables d’observer leurs propres règles ineptes.

 

Je cite le tract du CNESER, une vraie horreur.

 

 

Le CNESER soutient les collègues turc.que.s

 

Les élu.e.s du CNESER sont très touché.e.s par la situation dramatique que vivent nombre d’enseignant.e.s-chercheur.e.s turc.que.s résidant et enseignant en France, pour certain.e.s titulaires de la fonction publique d’État et pour d’autres bénéficiaires du Programme national d’aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil (PAUSE).

Actuellement condamné.e.s en Turquie ou en passe de l’être, sans procès équitable et uniquement du fait de leur engagement contre les violences et pour les Droits de l’Homme et les libertés, nos collègues sont dans l’impossibilité totale de retourner dans leur pays sous risque d’être immédiatement interpellé.e.s et emprisonné.e.s. […]

Les élu.e.s du CNESER apportent tout leur soutien aux collègues tur.que.s et à celles et ceux qui enseignent en France pour qu’elles et ils puissent se rendre dans leur pays sans être inquiété.e.s et, si tel est leur souhait, y retrouver un emploi, dans le respect de leurs droits et de leur dignité d’êtres humains.

 

Les élu.e.s du CNESER demandent à la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et au Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères de faire tout le nécessaire pour que les droits fondamentaux de nos collègues soient respectés en Turquie et que des observateurs français ou éventuellement internationaux soient présents lors des procès.

 

Unanimité des 24 votant.e.s

 

 

On remarque que turcs au pluriel donne turc.que.s ou tur.que.s. Sont évoqués les Droits de l’Homme, donc pas ceux des femmes. Des observateurs français sont requis, mais pas des observatrices. Accessoirement, le mot ministre ne prend pas de majuscule dans ce contexte.

 

Les fanatiques de l’écriture inclusive dans l’enseignement supérieur
Les fanatiques de l’écriture inclusive dans l’enseignement supérieur
Les fanatiques de l’écriture inclusive dans l’enseignement supérieur
Les fanatiques de l’écriture inclusive dans l’enseignement supérieur

 

PS : En matière de politiquement correct, le CNESER fait de plus en plus fort. Selon Mediapart, il vient de déjuger une université en donnant raison à une étudiante voilée qui avait refusé de laisser ses oreilles apparentes pendant une épreuve écrite : “ Le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche a annulé une sanction visant une jeune étudiante en droit, musulmane, qui avait refusé de dégager ses oreilles durant toute la durée d’une épreuve en juin 2016. L’université de Bourgogne avait émis des consignes visant les étudiantes voilées. ”

 

Les religieux militants, musulmans ou autres, savent parfaitement utiliser les libertés formelles de la démocratie pour les retourner contre notre République.

 

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 16:36

 

 

Michel Marchand, dans Res Publica, conteste la réalité d’une crise migratoire en Europe. « Elle n’est ni massive, ni majoritairement clandestine comme le rappelle depuis plus de 10 ans François Héran, ancien directeur de l’Institut national des études démographiques et actuellement Professeur au Collège de France. En 2017, selon les données d’Eurostat, 650 000 demandes d’asile ont été déposées dans les pays de l’UE, marquant à une baisse de 43 % par rapport à l’année précédente. Les deux tiers des demandes d’asile se répartissent entre l’Allemagne, l’Italie et la France. Pour la même année, 120 000 demandes d’asile ont été enregistrées en France, environ 100 000 relevant de la procédure normale auprès de l’OFPRA et 20 000 relevant du règlement Dublin. En prenant en compte les « dublinés » requalifiés, la France a accordé la protection à 32 000 personnes. »

 

 

Le site CQFD fait s’exprimer des Gilets Jaunes de Perpignan, toujours aussi déterminés :

 

« Difficile de qualifier l’ambiance. Redynamisée, combative, fraternelle. Claude s’avance, tire le col de son maillot vers le bas et montre l’hématome auréolé de sang séché au-dessus de la clavicule : « Je me suis pris un tir de flash-ball, juste là ! » On imagine la balle déviée de quelques centimètres et explosant la trachée. « Je serais mort ! » diagnostique le quinquagénaire. Ailleurs, c’est Tom qui marche en grimaçant et en traînant les pieds. Il commente, laconique : « Grenades à tir tendu. Impossibles à éviter. »

 

C’est un fait : les Gilets sont remontés comme des coucous. Soudés en un nerf de bœuf. Des vieux militants libertaires observent, ébahis, ce regain de fierté inattendu. L’un susurre à l’autre : « Incroyable, c’est une véritable sécession. » Comme un fait exprès, quelqu’un propose que la prochaine AG se tienne non plus à l’abri des murs de la Maison du peuple mais sur le rond-point où tout a commencé : « Les Gilets jaunes, c’est avant tout un combat de visibilité. » La stratégie élyséenne – bastonner et déférer du manifestant en masse pour émietter le mouvement – a eu beau clairsemer les rangs des manifestants, celles et ceux ne lâchant pas l’affaire font montre d’une détermination qui laisse sans voix. Sandrine avoue avoir pleuré de trouille au cours d’une charge dans une manif à Toulouse. Foutue par terre, tâtonnant dans la purée des gaz, elle doit à un black-block d’avoir été remise sur pied et mise en sécurité. « J’y retournerai », promet-elle d’un ton placide.

 

 

Selon L’Obs,l’Alabama prépare une loi totalement réactionnaire sur l’avortement : « Le Sénat de l’Etat de l’Alabama a adopté ce mardi 14 mai le projet de loi le plus restrictif des Etats-Unis sur l’avortement, prévoyant notamment de lourdes peines de prison pour les médecins pratiquant des interruptions volontaires de grossesse.

 

Le texte, que le Sénat a transmis au cabinet de la gouverneuse républicaine de l’Etat en vue de sa promulgation, ne prévoit même pas d’exception en cas de viol ou d’inceste. Les médecins pratiquant l’avortement seront passibles de peines de prison de 10 à 99 ans, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’« anomalie létale » du fœtus.

 

Revue de Presse (282)

 

Pour compléter l’article de Maxime Vivas de la semaine dernière sur France Télécom, je citerai la sociologue du travail Danièle Linhart sur le site Á l’encontre : « Auparavant, France Télécom était réputée pour ses prouesses technologiques, il y avait une fierté à travailler là. Brutalement, cette société a pris un virage commercial. Une entreprise publique est passée à la gestion du privé. Mais comment faire pour que les fonctionnaires aient envie de partir ? Cette réponse a été trouvée par l’encadrement : les mettre suffisamment mal à l’aise pour qu’ils comprennent qu’ils n’ont plus leur place.

 

Dans la seconde moitié des années 1990, j’avais assisté à un séminaire de cadres et l’un d’entre eux m’avait confié: «Vous savez ce qu’est mon travail ? Je suis là pour produire de l’amnésie. Pour que les agents oublient leurs valeurs professionnelles et de service public. » J’ai demandé : « Comment fait-on pour produire de l’amnésie ? » « C’est simple, m’a-t-il expliqué, on bouge tout, tout le temps, on casse les habitudes de travail. »

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 04:57

 

Quitte à le faire rougir de la tête aux pieds, je suis dans l’obligation de citer Maxime Vivas du Grand Soir, dans un article visionnaire de 2009 sur les dérives capitalistiques de France Télécom, ce service public qui rapportait beaucoup d’argent avant sa privatisation : « L’actuel patron de France Télécom a sans doute sa part de responsabilité dans la vague de suicides, mais il n’est pas le seul. Il a suivi la voie mortifère où les salariés sont vus comme des citrons ou des fourmis à affoler à coups de pieds pour qu’elles s’agitent. Les personnels, sans qui l’entreprise n’est rien, figuraient et figurent dans des dossiers noirs étiquetés : « sureffectifs », « coûts à résorber », « postes à supprimer », « mutations d’office », « commercial ». J’extrais de mes archives un numéro spécial du journal « L’Autan » que le syndicat CGT des télécommunications de la Haute-Garonne avait édité pour dénoncer ces dérives en octobre 1990. On y lit que la direction sise à Blagnac venait de signer un contrat qui lui coûta 2 millions de francs (304 898 euros) avec deux joyeux drilles, beaux parleurs qui se faisaient fort de modifier l’état d’esprit de 6000 agents en deux jours de stage. En fait, les malins allaient former 20 animateurs de France Télécom qui auraient ensuite à appliquer la méthode aux autres avec les documents fournis (vendus !) : cassettes vidéo, transparents, stylo spécial, un livre écrit par les deux génies et un test permettant en quelques réponses de se classer soi-même dans un des 4 types de personnalités existants (4, pas un de plus). Un syndicaliste curieux découvrit que cette merveille d’introspection moderne était déjà utilisée dans l’armée étasunienne en 1928.

 

Le contrat comportait une règle idiote à laquelle il était pourtant impossible de déroger, le directeur national, ayant grade d’Ingénieur Général, y veillant personnellement : les formations devaient avoir lieu hors de la région d’affectation des personnels. Des milliers d’agents, souvent « volontaires-désignés-d’office », parcoururent la France en tout sens, les Marseillais visitant Brest, les Bordelais fonçant à Strasbourg, les Lillois découvrant Bayonne. Le chassé-croisé entraîna la perte de dizaines de milliers d’heures de travail et des millions de francs de dépenses supplémentaires, nullement inutiles pourtant, auraient dit ceux qui pensaient que la mobilité forcée doit s’apprendre assez tôt afin que chacun accepte demain une mutation tous les trois ans avec un minimum de pendaison sur les lieux de travail. »

 

 

L’anticapitaliste, hebdomadaire du NPA, estime que « la liberté de manifester n’est déjà plus un droit à défendre, mais à reconquérir. À Paris et ailleurs, beaucoup se posent la question : pourra-t-on encore, demain, manifester en France ?Si la question peut paraître provocatrice ou excessive, elle est bel et bien dans l’air du temps, et l’on ne peut guère douter de la sincérité de celles et ceux qui (se) la posent, et des craintes bien réelles que ressentent un nombre croissant de gens qui n’osent plus descendre dans la rue alors que, dans un autre contexte, ils et elles viendraient grossir les rangs des manifestations du samedi. Contrôles préventifs, violences policières, utilisation d’armes mutilantes, condamnations judiciaires, législation anti-manifestation : force est de constater que ces éléments ne font pas que s’additionner, mais forment, ensemble, un système cohérent, dont la finalité, malgré l’affichage sécuritaire, n’est autre que de décourager le plus grand nombre de participer à des manifestations. Lorsque l’on regarde le chemin parcouru au cours des 5 dernières années, on ose à peine imaginer ce que pourrait être la situation dans 5 ans si le rouleau compresseur n’est pas stoppé… »

 

 

Je ne saurais terminer cette revue sans une petite échappée concernant le prénom du dernier bébé Royal, Archie. Il s’agit du diminutif d’Archibald, qui signifie “ très audacieux ”. “ Archambaud ” est une version française de ce prénom. Chrétien vivant en Afrique du nord, Archibald y subit le martyre pendant la persécution de Genséric, roi des Vandales, au Ve siècle. Les Archibald se précipitent à corps perdu, non pas dans l'action, mais dans un dynamisme frénétique où ils subliment leurs instincts. Alors, hyperactif, le prinçounet ?

 

Revue de presse (281)
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6 mai 2019 1 06 /05 /mai /2019 04:56

 

Le site Bolivar Info revient en détail sur les sabotages dont a été victime le Venezuela récemment : 

 

« Le vice-président pour le secteur de la Communication, de la Culture et du Tourisme, Jorge Rodríguez, a fait savoir mardi que 5 personnes ont été arrêtées et 19 autres identifiées et recherchées comme responsables des attaques du Système d'Electricité.

 

Lors d'une conférence de presse donnée au salon Simón Bolívar du palais de Miraflores, le vice-président a déclaré que pendant ces 2 dernières années, « plus de 50% des plus de 500 sous-stations électriques ont été sabotées » à cause d’incendies provoqués, des actes destinés à endommager les interrupteurs et les transformateurs, le vol de câbles de cuivre et d'autres actions destinées à affaiblir le système de façon permanente.

 

Plus de 280 incendies de forêts sont survenus tout le long des 35 000 km de lignes électriques que compte le Venezuela : « « Sur ce réseau, ils ont perpétré ce que l'histoire appellera l'attaque terroriste le plus brutale et la plus criminelle contre un peuple. »

 

Après avoir rappelé qu'il y a eu 2 grandes attaques du complexe hydroélectrique Simón Bolívar (l'attaque informatique des 7 et 9 mars et les attaques mécaniques et physiques des 25, 26, 27, 28 et 29 mars), il a révélé qu'il y avait eu 45 attaques de moindre importance dont une tentative pour déclencher des incendies de forêt mais qu'on « a pu affronter et vaincre ces terroristes. »

 

 

Comment miner la capacité de résistance des salariés, se demande Le Monde Diplomatique :

« À chaque gouvernement ses remises en cause sociales. Prochaine étape : les retraites. La réforme prétend établir un régime universel, mais elle bouleverse la philosophie du système. Les salariés risquent de devoir choisir : partir à la retraite avec une faible pension ou rester en activité avec l’espoir de recevoir un peu plus.

 

Avec la loi travail concoctée en 2016 par Mme Myriam El Khomri, les lois puis les ordonnances imposées par M. Emmanuel Macron (2016-2017), le recours aux conseils de prud’hommes, chargés de juger les litiges liés au travail, a encore baissé : 127 000 saisines en 2017, contre 187 651 en 2014. Et ce n’est pas, on s’en doute, parce que les conflits ont disparu. Plusieurs facteurs expliquent ce retrait.

 

En hausse constante, les ruptures conventionnelles individuelles se substituent tout d’abord à la démarche prud’homale. En 2018, selon les chiffres du ministère du Travail, 437 700 d’entre elles ont été homologuées, soit une hausse de 3,9 % par rapport à 2017, qui avait déjà vu leur nombre grimper de 8 %. Or ces ruptures conventionnelles sont souvent négociées selon les minima légaux, le coût financier de la rupture étant reporté de l’employeur vers Pôle emploi, qui verse des indemnités de chômage. Le gouvernement a amplifié ce mouvement en créant les ruptures conventionnelles collectives ; soixante ont été signées en 2018.

 

 

Également dans Le Monde DiplomatiqueSophie Eustache explique pourquoi les « patientes informées » sont des bonnes affaires : « L’émergence des sites grand public sur la santé, au début des années 2000, promettait la démocratisation de l’information médicale et l’émancipation de la tutelle du médecin. Mais les « patients informés » – des femmes, pour la plupart – représentent aussi une mine d’or pour les annonceurs et les industriels. Doctissimo, le leader du secteur, a été racheté par TF1 en octobre 2018. »

 

 

Enfin, dans Le Grand Soir, Craig Murray et Naomi Wolf se demandent où est « le mandat d’arrêt suédois » de Julian Assange : « La Suède a eu sept ans pour achever l’enquête. Cela fait plus de deux ans qu’ils ont interviewé Julian Assange à l’ambassade équatorienne. Ils ont eu des années pour recueillir toutes les preuves et préparer les accusations.

 

Julian Assange n’a jamais été accusé de quoi que ce soit en Suède. Il était simplement "recherché pour interrogatoire". Il est désormais évident qu’il n’y a jamais eu la moindre intention de l’inculper de quoi que ce soit en Suède.

 

 

Quel est l’intérêt d’exiger qu’Assange soit extradé vers la Suède alors qu’il n’y a pas de demande d’extradition de la Suède ? À quoi cela sert-il d’exiger qu’il soit traduit en justice en Suède alors qu’il n’y a pas d’accusations ? 

 

 

La réponse est le silence.

Revue de presse (280)
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3 mai 2019 5 03 /05 /mai /2019 05:33

 

 

Je me souviens bien de son père, Pierre-Elliott. Premier ministre du Canada de 1968 à 1984. Brillant intellectuel, catholique pratiquant et mâle conquérant.  Sa liaison avec Barbara Streisand est restée dans les annales. Son fils Justin est Premier ministre depuis 2015, après une brillante victoire de son parti dans les élections législatives.

 

Le Canada compte 37 millions d’habitants. Trudeau et son gouvernement se sont lancés dans une ambitieuse politique d’immigration. En 2017, le pays a décidé d’accueillir un million d’immigrés, à raison de 300 000 par an. La plupart sont d’origine arabe et de confession musulmane. Il se glisse naturellement dans ce flot migratoire des musulmans intégristes pour qui la seule loi est la Charia mais qui savent profiter des libertés formelles du pays d’accueil. Plus multiculturaliste que Trudeau (catholique mais de manière moins ardente que son père), on meurt : surtout depuis qu’il s’est fait tatouer l’emblème d’une tribu autochtone sur son biceps gauche.

 

Pour Trudeau, tous les immigrés ne se valent pas. Ainsi, le leader indépendantiste catalan Carles Puidgemont est sûrement plus dangereux qu’un djihadiste de base. Trudeau lui a récemment refusé l’entrée dans le pays alors qu’il n’a jamais commis le moindre crime et qu’il a été élu président de sa province lors d’une élection transparente et démocratique.

 

Au Canada, le prosélytisme religieux peut s’exprimer en toute liberté, jusque dans la sphère publique. On a vu récemment Harjit Sajjan, né au Penjab en 1970, arrivé au Canada à l’âge de 5 ans, nommé ministre de la Défense nationale par Trudeau en 2015, expliquer dans une école à des enfants comment se couvrir la tête d’un turban sikh. Selon lui, « l'apprentissage de la religion et la culture de l'autre ouvre les esprits». Il faut dire qu’en matière de morale, Jarjit est un vrai exemple pour de jeunes enfants : soldat en Afghanistan, il a remis des prisonniers de guerre aux autorités afghanes, qui les ont ensuite torturés. II a également participé à des opérations illégales d’enlèvements ciblés et de transferts de prisonniers.

 

Le Canada ethnicisé de Justin Trudeau

 

Mine de rien, ce multiculturalisme, cet empiètement de la religion dans la sphère publique fascinent notre banquier éborgneur, d’autant qu’ils sont souhaités par le monde de la finance internationale. Mais ceux des dirigeants qui les ont réellement pratiqués, quand ils ne les ont pas eux-mêmes mis en œuvre, en sont revenus. Dès 2010, Angela Merkel, dès 2011, David Cameron, le Premier ministre britannique d’alors ont admis l’échec de cette politique. Ils ont reconnu que la politique de trop grande « tolérance » adoptée à l'égard de ceux qui rejettent les valeurs occidentales avait échoué.

 

Au Québec, le combat pour la laïcité se poursuit. Le 27 mars 2019, le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion a déposé à l’Assemblée nationale un projet de loi sur la laïcité de l’État. Il propose ainsi une interdiction du port de signes religieux chez les agents qui incarnent l’autorité de l’État et qui exercent un pouvoir coercitif : les juges, les policiers et les procureurs de la Couronne. Si elle est votée, cette loi sera vraisemblablement taxée, au niveau fédéral, de discriminatoire, d’attentatoire aux droits fondamentaux des personnes appartenant à des minorités religieuses. En effet, la restriction faite au port de signes religieux contrevient au droit à l’égalité fondé sur la religion et le sexe, ainsi qu’au droit à la liberté de conscience et de religion, un droit protégé tant dans la Charte canadienne des droits et libertés que dans la Charte des droits et libertés de la personne.

 

Cette ethnicisation – comme celle de l'armée, par exemple, peut prendre des aspects effrayants. Voir ce défilé en armes de soldats sikhs commémorant la constitution de la communauté sikh au Canada en 1999.

 

On n’a pas fini d’entendre parler des turbans et des voiles dans la Belle Province…

Le Canada ethnicisé de Justin Trudeau
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29 avril 2019 1 29 /04 /avril /2019 05:12

 

 

Selon Libération, l’organisation d’opposition armée, qui vient de l’extrême gauche iranienne, a largement financé le parti d’extrême droite espagnol Vox à ses débuts. Itinéraire d’une formation prête à tout pour arriver au pouvoir.

 

On savait les Moudjahidine du peuple capables d’innombrables compromissions pour rester visibles sur la scène internationale et se présenter comme une alternative au régime de Téhéran, mais pas au point de soutenir financièrement une formation d’extrême droite espagnole qui honnit à la fois l’islam et le socialisme, ce dont la formation iranienne se réclame.

Il est vrai que depuis la chute de Saddam Hussein, en avril 2003, qui lui accordait sa protection et lui permettait d’entretenir des bases militaires sur le territoire irakien et une armée de plusieurs milliers de combattants, l’organisation d’opposition armée au régime de Téhéran, issue de l’extrême gauche iranienne mais mâtinée d’islamisme, était en chute libre. Du moins jusqu’à la nomination de John Bolton, le conseiller de Donald Trump à la Sécurité nationale, qui lui a redonné un second souffle.

 

Pour Le Grand Soir, Philippe Arnaud a revisionné le JT de 13 heures du 16 avril concernant l’incendie de Notre-Dame : « Bien que l’incendie ait touché un édifice religieux et non politique (comme le palais de l’Élysée), culturel (comme le Louvre), financier (comme la Bourse) ou un haut lieu du luxe (comme l’hôtel Ritz), j’ai néanmoins été frappé par le caractère paradoxalement a-religieux des commentaires. En effet, les termes qui revenaient périodiquement pour l’évoquer, étaient "culture", "historique", "histoire", "monument", "patrimoine", "destin français", "trésor", "icône", "rassemblement des Français", etc. Et nullement des termes religieux comme "sacrements", "foi", "grâce", "Incarnation", "péché", "Providence", "Révélation", "sacerdoce", "salut", etc.

Tout se passait, de fait, comme si ne subsistait plus, de la cathédrale, que sa fonction culturelle (comme s’il s’était agi de la destruction du musée du Louvre, du château de Versailles ou de la grotte Chauvet). Sa fonction proprement cultuelle semblait être passée su second plan, à la façon dont on parle du Parthénon, dont on imagine vaguement qu’il s’agissait d’un temple, mais sans plus savoir, au juste, quelles cérémonies il abritait. La fonction cultuelle de Notre-Dame n’avait plus alors qu’un caractère accessoire, dès lors qu’elle était estampillée "édifice religieux" par les guides touristiques ou les encyclopédies, comme les musées du Louvre, d’Orsay ou Beaubourg sont estampillés "édifices culturels", avec assez d’étoiles pour inciter le touriste à faire le détour. Ce caractère culturel a été renforcé par l’inévitable rappel du roman éponyme de Victor Hugo et de ses produits dérivés (films, comédies musicales) – et de la non moins inévitable référence au "kilomètre zéro" inscrit dans le parvis de Notre-Dame.

 

 

Selon L’Humanité, plusieurs associations et syndicats ont annoncé jeudi le dépôt d’un recours en Conseil d’État contre la multiplication par 15 ou 16, jugée discriminatoire, des frais d’inscription des étudiants étrangers non européens. Un tiers des universités françaises (25 sur 75) ont décidé de passer outre en usant de leur droit d’exempter 10 % des étudiants – UE et non UE – des frais d’inscription. Toutes ne pourront pas le faire, pour des raisons budgétaires – d’autant que leur décision risque de créer vers elles un flux d’étudiants étrangers, et que certaines en accueillent déjà beaucoup. Mais au moins, elles auront cherché à préserver « l’image et les valeurs de la France » qui sont la première des raisons pour lesquels de nombreux étudiants africains choisissent la France.

 

 

L’Humanité reprend le communiqué que le Secours populaire vient de publier suite au décès accidentel, à 93 ans, de son président Julien Lauprêtre : « Dès son arrivée en 1954, Julien et un petit groupe d’hommes et de femmes vont faire du Secours populaire, l’une des plus importantes associations de solidarité de notre pays. Très vite, il a compris que l’association avait tout à gagner à se recentrer sur son rôle d’association de solidarité plutôt que d’intervenir sur le champ politique. Il en a fait une association rassemblant toutes les bonnes volontés pour que se développe une solidarité populaire indépendante des pouvoirs établis, qu’ils soient publics ou privés, philosophiques, confessionnels, politiques ou syndicaux. »

Revue de presse (279)

 

PS : Je rappelle que cette revue de presse est d'abord destinée à l'émission “ Excusez-moi de vous interrompre ”, diffusée en direct le lundi à 17 heures par Radio Mon Païs. Mon collègue et camarade Francis Pornon qui, chaque semaine, propose une chronique sur l'histoire et les lieux de Toulouse, a proposé ce texte très émouvant sur la pharmacie Gensane-Bouthoumieux :

 

Il existe au coin de l’avenue de Muret et de la rue Roc, une pharmacie dite Gensane-Bourthoumieux, officine dont le nom est doublement évocateur. D’une part il résonne pour nous au studio car le patronyme Gensane est celui de notre chroniqueur de presse prénommé Bernard, lequel a quitté Toulouse et nous adresse régulièrement l’enregistrement de son texte fort compétent. Bernard me précise que les Gensane sont originaires des villages de Joch et Finestrer au pied du Canigou.

 

D’autre part le second patronyme est celui d’un autre pharmacien du même nom : Pierre Bourthoumieux qui fait l’objet de cette chronique en souvenir de la pharmacie qu’il tint sur la même avenue de Muret, un peu plus près de la place de la Croix de Pierre, au N° 122. J’ai eu la chance de rencontrer sa fille actuellement encore pharmacienne au N° 65, qui fit des études pour prendre la suite de son père malheureusement décédé alors qu’elle était toute jeune. J’inviterai prochainement cette dame à ce même micro et ensuite Greg Lamazères, auteur d’un livre sur son grand-père.

 

Le passant curieux peut s’arrêter avenue de Muret pour contempler la plaque apposée sur la maison où se situait la pharmacie du Bourthoumieux résistant, non loin de la plaque signalant que le rond point dit de la Croix de Pierre fut baptisé de même Pierre Bourthoumieux. Car il s’agit d’un homme ayant marqué de sa personne et son action la ville sous Vichy. Par ailleurs, né à Cahors où il passa son enfance, il se signala par son caractère et ses qualités sportives. Très doué pour le rugby, il fut sélectionné en équipe de France universitaire en tant que brillant trois-quarts centre de l’équipe de la faculté de médecine et de pharmacie de Toulouse.

 

Délaissant bientôt le ballon ovale et, poussé par ses tendances démocrates et humanistes, il organisa dans son quartier toulousain de la Croix-de-Pierre une association et un terrain de basket sous la bannière du club de l’ « Emancipatrice toulousaine », mouvement laïque correspondant à ses idées. Dans le même temps, il fonda une coopérative de produits alimentaires à destination des familles des ouvriers de la Cartoucherie et de l’Onia (devenue par la suite AZF).

 

Ce sont ses activités politiques qui le rendirent en quelque sorte immortel. En effet, il fut un tribun et journaliste socialiste connu et apprécié avant de verser dans la Résistance où il s’engagea de bonne heure dès 1940 sous le pseudo de « Bonnard » aux côtés de Raymond Naves et il intégra le réseau de renseignements Froment qui deviendra par la suite le réseau Brutus. Repéré par la Gestapo en 1943, il quitta Toulouse pour le Lot où il participa à la création des maquis paramilitaires Vény, avant d’être grillé à Toulouse et de filer sur Lyon ou, malheureusement, il fut arrêté un an plus tard avec ses camarades pour être envoyé dans les camps de la mort d’où il n’est naturellement pas revenu, quoique sa famille n’ait reçu un avis de décès que par défaut.

 

Cette évocation d’un militant socialiste résistant de la première heure dans le quartier est émouvante pour moi qui vécus aussi mon enfance tout près de la Croix de Pierre et dont le père, résistant aussi, était plutôt compagnon de route du Parti Communiste. Mais comme on sait, les résistants étaient clandestins et fort discrets, si bien que je ne sais pas qu’ils se sont connus.

 

Je l’ai annoncé, nous aurons parmi nous prochainement la fille Bourthoumieux qui, orpheline de bonne heure, est restée fidèle aux idées de son père et sait raconter ce qu’elle a vécu auprès de lui, ainsi que Greg Lamazères, son petit-fils qui fut journaliste à TLT, la chaîne de télévision où il m’invitait régulièrement, et surtout qui fut l’auteur d’un livre préfacée par l’ancien Premier ministre Pierre Mauroy : Pierre Bourthoumieux, vie et mort d’un résistant socialiste toulousain.

 

Á l'occasion de la parution en 2011 du livre de Greg Lamazères Pierre Bourthoumieux, vie et mort d’un résistant socialiste toulousain (préface de Pierre Mauroy), j'avais rédigé cette recension.

 

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