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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 06:28

 

 

Marianne retrace longuement le parcours de Raphaël Glucksmann : « Ce passé d'adhésion au libéralisme que le parti socialiste traîne comme un boulet, Raphaël Glucksmann le partage. Si l'on fait l'inventaire des casseroles de l'essayiste en matière de subversion à droite, on trouve toute une argenterie. Fils d'André Glucksmann, chantre des "nouveaux philosophes" antitotalitaires dans les années 1970, Raphaël a un temps hérité de son père l'atlantisme, l'adhésion à l'économie de marché et le néoconservatisme en matière de politique étrangère.

 

En 2006, il participe à un événement d'Alternative libérale, petit parti qui propose tout bonnement de mettre fin à la Sécurité sociale. Edouard Filias, fondateur du mouvement, le présente alors comme "futur candidat" aux législatives. Sur les vidéos exhumées par le site Les Crises, Glucksmann est enthousiaste : « Moi, j'ai toujours été séduit par la philosophie libérale (...) ». « J’étais sur une position de libéralisme libertaire, de gauche libérale, plaide-t-il aujourd'hui . J’ai évolué sur ce point parce que je n’avais pas encore réalisé, comme toute cette gauche libérale avant la crise de 2008, à quel point le néolibéralisme a fracturé la société ».

Glucksmann a soutenu Nicolas Sarkozy en 2007. A l'époque, il grenouille dans tous les cercles néoconservateurs qui défendent la politique d'ingérence américaine à l'étranger : l'ONG Etudes Sans Frontières (où il fréquente Romain Goupil et Bernard Kouchner), la revue La Règle du jeu fondée par Bernard-Henri Lévy, le Cercle de l'Oratoire, think tankde soutien intellectuel à la guerre en Irak et sa publication Le Meilleur des mondes… A cet activisme théorique, Glucksmann joint la pratique : après sa rencontre en 2004 avec l'homme politique Mikheil Saakachvili, président de la Géorgie entre 2004 et 2013, il devient son conseiller officiel en janvier 2009. Et épouse Ekaterina Zgouladze, ministre du gouvernement. Quels conseils Glucksmann a-t-il donné au pouvoir géorgien de l'époque ? Difficile de le savoir, mais on sait quelle a été la politique de Saakachvili : libéralisme économique effréné, alignement fidèle sur les positions des Etats-Unis dans le but d'une adhésion à l'Otan et… répression autoritaire des opposants, dans une Géorgie alors minée par la corruption touchant le pouvoir. Glucksmann et son épouse d'alors ont dû quitter la Géorgie en catastrophe en 2012.

L'Ukraine est alors le lieu des nouvelles pérégrinations de Raphaël Glucksmann. Fin 2013, Ekaterina Zgouladze et l'intellectuel s'impliquent dans le mouvement Euromaïdan en Ukraine, et encouragent la révolution qui finit par renverser le pouvoir en place l'année suivante. La femme de Raphaël Glucksmann devient ministre du nouveau gouvernement, quand Saakachvili fait son retour en Europe pour prendre la tête d'une province ukrainienne dans un pays en pleine guerre avec le voisin russe. Quant à Glucksmann, il joue à nouveau un rôle de conseiller au sein du mouvement pro-Europe ukrainien, qui compte notamment des activistes d'extrême droite appartenant au parti Svoboda, très actif dans la révolution Maïdan.

La première épouse d'André Glucksmann

La première épouse d'André Glucksmann

 

Le blog Communistes analyse un nouvel aspect du discours de la classe dominante : la terreur climatique. La fin du monde est annoncée , « il faut réagir avant qu’il ne soit trop tard » nous dit-on. Des manifestations sont organisées partout, la jeunesse est honteusement manipulée pour la « bonne cause » avec le soutien des gouvernements et des partis politiques toujours prêts à dévoyer le débat.Ces opérations manipulation n’ont qu’un but : exonérer le capital de toute responsabilité.Personne ne parle des conséquences des délocalisations industrielles où les productions doivent faire parfois trois fois le tour de la terre pour être livrées.

Si la planète est en danger il faut la débarrasser du principal responsable qui pour le profit impose sa loi en utilisant tous les moyens. La course effrénée au profit capitaliste entraîne des conflits, des guerres, des destructions partout. Qu’en disent les écolos et tous les bien-pensants qui grenouillent autour de ces questions ? Silence… Les armements utilisés seraient-ils bons pour la planète ? Réchauffement climatique ? Un seul moyen pour refroidir la planète et la rendre vivable : se débarrasser de celui qui la met en danger : le capital.

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 06:27
 

 

Le phénomène Netflix s’est emparé de la planète, c’est un fait. Aujourd’hui le service de vidéo à la demande par streaming est un acteur incontournable du monde de la culture. Concentration du capital et des moyens de production culturelle, modèle économique et spécificités techniques, cet article vise à explorer les problématiques soulevées par le cas Netflix pour constituer la base d’un point de vue communiste.

 

Parler de Netflix, et plus généralement de toute innovation technique prise dans un contexte socio-historique particulier, implique d’abord de considérer objectivement ce sur quoi porte l’innovation en question : un outil. Netflix, en tant que plateforme de streaming vidéo adjointe d’un modèle commercial innovant (l’abonnement donnant un accès illimité à un certain contenu), est un moyen technique, “infrastructures”. Si l’on veut analyser Netflix dans l’usage qu’en fait la société – dans sa fonction culturelle et anthropologique – nous parlons non plus de l’outil lui-même, mais de la manière dont cet outil fonctionne, ou plutôt de la manière dont on le fait fonctionner.

 

L’outil Netflix (la plateforme de streaming avec ses serveurs, ses logiciels, son modèle commercial) conditionne l’usage, c’est une évidence. Il ne peut y avoir d’individus – ni de groupes sociaux – qui profitent du streaming s’il n’existe pas de plateforme de streaming. Mais ce serait une erreur que de considérer l’usage (la fréquence à laquelle on utilise Netflix, le type de contenu que l’on y visionne, les buts avoués ou inconscients de cette pratique, etc) comme strictement déterminé par le seul outil.

 

Notre analyse devra faire la critique aussi bien de l’usage (la pratique et la fonction sociale) que de la structure (les conditions matérielles de l’usage) qui font ensemble la totalité de notre cas d’étude.

 

Mais quitte à utiliser la catégorie de totalité, nous devons pousser la logique jusqu’au bout en considérant que la totalité que constitue Netflix en tant qu’objet d’étude se trouve elle-même prise dans une totalité d’ordre supérieur, à savoir la société capitaliste dans laquelle Netflix est pensé et utilisé.

 

Un point de vue communiste sur la question de Netflix doit donc partir de ce qui est le premier terme de notre équation : la réalité matérielle de Netflix. La principale innovation du site de streaming n’est pas son fonctionnement au point de vue strictement technologique. L’informatique rendait le streaming possible bien avant l’apparition de la plateforme. Son innovation majeure est son modèle commercial basé sur l’abonnement donnant accès à un contenu immense par sa quantité. Kinnari Naik de l’université de Leicester a calculé qu’il faudrait 3274 heures d’une vie pour regarder l’ensemble des contenus hébergés sur le site.

 

Notre première critique sera donc une interrogation quant à ce modèle commercial : permet-il de rémunérer justement l’ensemble des travailleurs participant au procès de production allant de l’écriture du scénario au partage en ligne du contenu audiovisuel ? Sans même avoir besoin de répondre par la négative de manière argumentée, nous pouvons d’ores et déjà dire que tant qu’une hiérarchie capitaliste exploite les travailleurs concernés le problème du modèle commercial est précédé par celui de la plus-value. Supprimer l’exploitation des travailleurs en remettant l’outil productif entre les mains de ceux qui l’utilisent est la condition à laquelle on peut envisager le problème de la plus-value sous un aspect “purement” technique et non plus politique - au sens de la lutte des classes. Dans une économie socialiste, un équivalent de Netflix serait possédé collectivement et son usage serait soumis à un débat démocratique. A cette condition on pourrait débattre sans entraves politiques de la répartition de la valeur économique dégagée par un modèle commercial innovant. Sans traiter le problème à la racine (la question de la plus-value), on se condamne à l’impuissance, en ce qu’on ne remet pas en cause le droit d’une minorité de donneurs d’ordres capitalistes à décider pour tous.

 

Outre le modèle commercial, ce qui fait la force de Netflix (ainsi que nombreux autres services en ligne comme Facebook, Youtube, etc) est l’effet de plateforme. Un hébergeur de contenus sur internet bénéficie de cet effet à partir du moment où la quantité de données hébergées atteint une certaine “masse critique”. Plus la masse de données est grande, plus l’usager a de chances de trouver ce qu’il cherche sur une seule et même plateforme, moins il devient intéressant d’héberger des contenus ailleurs. En langage économique on pourrait dire que les coûts de transaction du passage d’un hébergeur à un autre augmentent au fur et à mesure que le passage se fait d’un “grand” à un “petit” hébergeur. Très simplement, il est plus intéressant de payer 10 euros par mois pour accéder à 5 millions de films que de payer la même somme pour accéder à 500 000 films, ces derniers fussent-ils de meilleure qualité.

 

Cet effet de plateforme pousse à la concentration des contenus de manière quasi inéluctable. Seule une innovation majeure peut briser un effet de plateforme préexistant, voyez par exemple comment Facebook a remplacé MySpace au milieu des années 2000 grâce à ses fonctionnalités et son interface radicalement neuves.

 

Une telle “disruption” a bien moins de chances d’avoir lieu aujourd’hui, car le marché des services en ligne est de plus en plus dominé par une fraction du capital qui s’est concentrée à mesure que se sont concentrés et amplifiés les contenus. Aujourd’hui Facebook se prémunit de toute concurrence en rachetant les services qui pourraient un jour avoir l’envie de chasser sur ses terres propres (Instagram, WhatsApp).

 

Le double mouvement de concentration des contenus et de concentration du capital sont pris par les communistes dans une perspective technique (l’avantage objectif qu’il y a à bénéficier des effets de plateforme, l’avantage objectif qu’il y a à concentrer les moyens de production pour faire accéder le plus grand nombre à la consommation de produits culturels) mais aussi dans une perspective politique. En menant le combat sur le terrain de la lutte des classes, nous luttons pour que les innovations socialement utiles apportées par Netflix soient remises entre les mains de tous ceux qui en bénéficient et qui y contribuent : les travailleurs, et en dernière analyse la société dans son ensemble. Dans une société socialiste il devient possible d’envisager un service public de la culture qui garantit à tous un accès égal aux contenus audiovisuels en question. Dans ce contexte l’infrastructure informatique et le modèle commercial par abonnement peuvent être de formidables supports d’une diffusion égalitaire de la culture. Dans la société capitaliste c’est un tout autre usage qui prévaut, ce que nous allons montrer ici.

 

Quant à l’usage qui est fait de la plateforme, il nous faut d’abord voir ce qu’est concrètement le catalogue que propose Netflix. Et il nous faut voir que de simple plateforme, l’entreprise étasunienne est passée au rang de producteur de grande envergure, avec 80 films en 2018. Avec un résultat net de 1,2 milliards de dollars en 2018, il s’agit là d’un géant dont le poids décisionnel dans le monde du business culturel va toujours grandissant. Et de la même manière que l’on peut critiquer la production du studio Marvel (propriété de Disney) comme accumulation de navets à la sauce super-héros, on se doit de critiquer Netflix pour le type de contenus proposés sur la plateforme.

 

Pour grandir, Netflix a fait le pari de l’éclectisme : en étant peu tatillonne, la société donne la chance à des scénaristes, réalisateurs et acteurs peu connus du public. Cette stratégie qui consiste à se constituer un répertoire le plus vaste, le plus diversifié (mais surtout le plus profitable) possible permet l’acquisition de perles rares insoupçonnées et la constitution d’une bande de contenus exclusifs permettant de contrer légèrement la dépendance vis-à-vis des grands producteurs que sont Warner Bros, Disney et consorts (car ce sont ces producteurs qui accordent à Netflix les licences de diffusion des œuvres dont ils sont propriétaires).

 

Si l’on peut louer le fait que Netflix donne des chances de briller à des artistes inconnus, il ne faut pas s’y tromper en voulant y voir de la bienveillance et de l’amour pour la diversité culturelle. Netflix doit faire face à une concurrence féroce sur le marché de la vidéo à la demande, et n’utilise l’éclectisme que par intérêt économique. Un service public de la culture qui utiliserait certaines méthodes de la firme de Los Gatos (siège social de Netflix en Californie) aurait pour mission de financer la création artistique la plus diversifiée possible, mais sans avoir pour objectif premier la rentabilité qui prévaut chez les grandes entreprises du secteur. Dans une telle perspective un abonnement payé chaque mois par les utilisateurs ne financerait pas qu’un échantillon prédéfini de grosses productions destinées au public de masse, mais pourrait au contraire instaurer une forme de solidarité envers les petites productions artistiques.

 

Il s’agit maintenant de constater ce vers quoi mène l’émergence des géants du secteur de la culture. Ici la critique embrasse de nombreux acteurs, d’Universal à Netflix en passant par Warner, Disney et l’ensemble des grandes sociétés qui forment l’hégémonie culturelle du capital dans la sphère de la production cinématographique et musicale.

 

Le risque est déjà constaté comme réalité. L’immense majorité des produits dont est gavé le public participent de la diffusion d’idéologies qui ne font qu’accroître la domination du capital dans les esprits. Voyons par exemple la dernière saison de la série House of Cards produite par Netflix. Suite aux démêlés de l’acteur vedette Kevin Spacey en proie à des accusations de harcèlement sexuel, l’ultime saison a pris un tournant dans la droite ligne d’un certain féminisme libéral. Le mouvement #MeToo apparaît en filigrane tout au long de la saison, à travers la figure de Claire Underwood (femme du président Frank Underwood joué par Spacey). Le combat féministe bourgeois qu’elle mène devient la thématique centrale d’une série dans laquelle le cynisme politicien est un fil conducteur intangible. Cela soulève de nombreuses questions quant à la sincérité de ce militantisme. Quid de l’émancipation des femmes prolétaires ? Quid du féminisme réel incarné par les figures communistes depuis Clara Zetkin jusqu’à Angela Davis ? Quelle sincérité prêter à la ligne politique implicite que défend la série dans sa dernière saison ? Soyons clairs : notre sujet n’est pas le mouvement MeToo (qui est en premier lieu l’expression légitime de personnes ayant subi des agressions sexuelles), mais bien la récupération par le capital des problématiques “sociétales” pour faire pièce aux revendications sociales que porte un prolétariat en lutte.

 

Le phénomène Netflix d’un point de vue marxiste

 

La comédie ordinaire de la bourgeoisie s’étale à l’écran sans discontinuer, les injonctions morales au politiquement correct jouent plus que jamais leur rôle d’écrasement de la conscience de classe. Ceux-là disent : “voyez les gilets jaunes réactionnaires, voyez les masses avides de sang juif, homosexuel ou féminin. Comment accorder à ces brutes le moindre sou en plus sur leur fiche paie ? Ils n’en feraient de toute façon pas bon usage.” Cette comédie dans laquelle les pires réactionnaires que sont les bourgeois se font parangons de vertu est le jeu du grand capital. Ce jeu impose les règles du débat à la majorité via l’influence des monopolistes de la culture. Face à cela, les communistes maintiennent que le grand capital continuera de répandre ses idéologies antisociales tant qu’il en aura les moyens : il en va de sa survie.

 

Et pourtant... Netflix faisant le pari de l’éclectisme et de la loi du marché, il lui faut bien satisfaire une certaine demande venue de la part des franges contestataires de la population. C’est par exemple la série Brésilienne “3%”, dans laquelle est dépeint une société dystopique où 3% de privilégiés maintiennent sous leur coupe le reste de la société, qui incarne à merveille l’émergence d’un discours de plus en plus désillusionné quant à la société capitaliste. On pourrait se dire que Netflix aurait mieux à faire que de subventionner de telles productions, qui risquent d’éveiller dans l’esprit des gens certaines aspirations politiques contraires à ses intérêts. Comme disait Lénine : “les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons.”

 

Mais les communistes ne doivent pas non plus se faire d’illusions quant au réel potentiel subversif de telles productions, d’abord parce qu’elles participent avant tout d’un même complexe culturel au sein duquel l’alternative au capitalisme qu’est le socialisme-communisme n’est jamais présentée sous un jour favorable. Si les séries et films dystopiques fleurissent, on tarde encore à voir des artistes proposer dans leurs oeuvres un futur enviable auquel vouer un combat politique. Il est même avantageux pour le capital que les gens se morfondent dans un univers mental dystopique : l’espoir n’y vit plus, on n’a plus rien à faire que se lamenter sur son sort réel ou fantasmé en se targuant de subversion.

 

En conclusion nous pouvons parler d’un avis mitigé sur la question Netflix. En tant que fraction concentrée du grand capital mondial, en tant qu’instrument d’une hégémonie culturelle vacillante mais bien vivante, Netflix compte parmi les ennemis politiques du communisme. En tant que modèle économique et technique innovant, Netflix apporte des éléments intéressants à qui veut construire une culture démocratisée pour un monde socialiste.

 

 

Thibaud-JRCF

 

 

Je pars quelques jours faire un grand reportage à la piscine de Dunkerque où Rébecca participe aux Championnats de France junior. Mais le blog ne s'interrompt pas. C'est magique !

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 06:31

 

 

Dans Marianne, Mickaël Faujour dénonce « le grand foutage de gueule de l’art contemporain : « Le monde politique semble incapable d'acter le caractère antisocial d'œuvres prétendument « subversives », cédant au chantage et à l'autorité des « experts ». Si, en particulier, la gauche s'abstient de critiquer politiquement ce type d'art soutenu par les institutions, c'est d'abord parce qu'elle en reste à une défense abstraite et sacralisée de « la culture » qui en élude toujours le contenu. L'atteste la récente proposition de création d'un fonds de soutien à la création artistique par la France insoumise, à l'Assemblée nationale.

 

Faute d'examiner la vision du monde qui s'y joue, elle se condamne à ne proposer de solutions que techniques (augmentation des budgets, en premier lieu) et rate l'essentiel : « Le capitalisme libéral (…) est parvenu à créer un art à son image, un art affranchi des injonctions et des illusions modernistes, un art sans modèles, sans valeurs, sans idéaux, sans perspective humaniste, bref, un art "conforme", témoin désabusé, très peu contestataire », comme l'analysait Marc Jimenez dans L'art dans tous ses extrêmes (2012).

 

Sans être donc capable de penser ce que le capitalisme fait à l'art, la gauche s'interdit de comprendre que la « culture », qu'elle encourage, porte souvent un contenu politique contraire à son projet émancipateur : quand le gag, la dérision, l'absence d'idéal et le narcissisme régressif prévalent, on observe, écrit Annie Le Brun, « (…) du haut en bas de l'échelle sociale, une désensibilisation sans précédent, par ailleurs induite depuis longtemps – de théâtre en musée, de centre d'art en fondation – à travers des mises en spectacle, performances ou installations où, de plus en plus, le cynisme va de pair avec l'indifférence » (Ce qui n'a pas de prix, 2018). »

 

 

Le site Moutons Rebelles : Huit « Sages » nommés ont donc plus de pouvoir que tous les députés et sénateurs, et toutes les associations et ONG consultées lors des États généraux de l’alimentation. L’article 78 de la loi dite Egalim sur « la cession à titre onéreux de variétés de semences relevant du domaine public » a donc été censuré, parmi bien d’autres par le Conseil Constitutionnel. Il permettait à quiconque de donner, échanger mais également vendre des semences de variétés non inscrites au catalogue officiel des utilisateurs non-professionnels.

 

Les « Sages de la République » seraient-ils discrètement sensibles au lobbying ? L’association Les Amis de la Terre demande à ce que soient publiées publiquement les « contributions extérieures » transmises par des groupes d’intérêts privés, avant de prendre des décisions, et non après. L’association a donc déposé avec l’Observatoire des multinationales… il y a un an un recours contre le Conseil constitutionnel afin que soit mieux encadrée l’influence des lobbies sur les Sages. Depuis, silence radio !

 

Le Blog d’El Diablo reprend une analyse d’Acrimed. « "Emmanuel Macron, le président des ultra-riches", c’est la thèse que vous défendez dans ce dernier livre, vous allez nous expliquer pourquoi » claironne en début d’émission Ali Baddou, animateur de l’émission « C l’hebdo » sur France 5, qui recevait comme invitée le 2 février Monique Pinçon-Charlot. Le journaliste aurait pu se passer d’une telle promesse, car en réalité, Monique Pinçon-Charlot ne pourra guère expliquer quoi que ce soit : d’un tribunal médiatique à une discussion rigolarde entre amis journalistes, l’émission tenue par six chiens de garde va progressivement évincer l’invitée principale du plateau, et avec elle, les idées défendues dans son dernier livre.

 

C’est une émission cas d’école. Une émission qui est en actes la chronique du mépris que racontent justement les Pinçon-Charlot dans leur dernier livre. Une émission qui démontre – encore une fois – la difficulté d’exposer des idées radicales sur un plateau de télévision, gardé par des journalistes récidivistes dans leur hostilité aux travaux et idées des deux sociologues. Une émission de « débat » sur le service public, dont les dispositifs privilégient l’expression des éternels mêmes éditorialistes – une nouvelle fois – aux dépens des invités hétérodoxes.

 

 

Communiste Hebdo dénonce les menées actuelles de la mouvance social-démocrate : Pour accompagner cette politique, lui donner un appui populaire, dans le même temps où Macron dessine les lignes de « l’affrontement » entre « progressistes » et « populistes », le courant réformiste et de collaboration de classe: syndical avec la CFDT, l’UNSA et la CFTC, la mutualité et des organisations environnementales et sociales s’active pour reconstruire une social-démocratie Macron-compatible basée sur « l’environnement et le social » tout en évitant, lui aussi, de dénoncer la responsabilité du capitalisme. L’initiative Hulot-Berger longuement relayée par la presse, le jour même où la tribune de Macron est rendue publique [et qui sera lue par à peine 4% des Français], est bien le complément indispensable à la poursuite et à l’aggravation de la politique du pouvoir et du patronat.

 

 

L'arbre qui tourne (en béton) à Dijon.

L'arbre qui tourne (en béton) à Dijon.

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 06:30

  

Ci-dessous de larges extraits d'un article très intéressant de Mikaël Faujour sur l'idéologie véhiculée par l'art contemporain.

 

Pas un an sans un scandale qui place l'art dans les catégories du grotesque, du sordide ou de l'obscénité financière. Pourtant, hormis à l'extrême droite, le sujet reste politiquement tabou. Comme si, pas même la gauche ne voulait voir ce que le capitalisme fait à l'art et comment la vision néolibérale du mondes'y joue symboliquement.

 

Passionnante, foisonnante, la création contemporaine est souvent éclipsée par des « scandales » commis au nom de l'art, où l'ignominieux le dispute souvent à l'infantile. À chaque occasion, les élites – culturelles, politiques, économiques – s'y offrent une victoire symbolique facile, se dressant face au « Mal » : la « Réaction », l'extrême-droite, la « France moisie ». Si le mécanisme politique, permettant aux néolibéraux de rester au pouvoir – Emmanuel Macron l'a compris – ne trompe que les naïfs, dans l'art, l'illusion fonctionne parfaitement.

 

Le monde politique semble incapable d'acter le caractère antisocial d'œuvres prétendument « subversives », cédant au chantage et à l'autorité des « experts ». Si, en particulier, la gauche s'abstient de critiquer politiquement ce type d'art soutenu par les institutions, c'est d'abord parce qu'elle en reste à une défense abstraite et sacralisée de « la culture » qui en élude toujours le contenu. L'atteste la récente proposition de création d'un fonds de soutien à la création artistique par la France insoumise, à l'Assemblée nationale.

 

Faute d'examiner la vision du monde qui s'y joue, elle se condamne à ne proposer de solutions que techniques (augmentation des budgets, en premier lieu) et rate l'essentiel : « Le capitalisme libéral (…) est parvenu à créer un art à son image, un art affranchi des injonctions et des illusions modernistes, un art sans modèles, sans valeurs, sans idéaux, sans perspective humaniste, bref, un art "conforme", témoin désabusé, très peu contestataire », comme l'analysait Marc Jimenez dans L'art dans tous ses extrêmes (2012).

 

Sans être donc capable de penser ce que le capitalisme fait à l'art, la gauche s'interdit de comprendre que la « culture », qu'elle encourage, porte souvent un contenu politique contraire à son projet émancipateur : quand le gag, la dérision, l'absence d'idéal et le narcissisme régressif prévalent, on observe, écrit Annie Le Brun, « (…) du haut en bas de l'échelle sociale, une désensibilisation sans précédent, par ailleurs induite depuis longtemps – de théâtre en musée, de centre d'art en fondation – à travers des mises en spectacle, performances ou installations où, de plus en plus, le cynisme va de pair avec l'indifférence » (Ce qui n'a pas de prix, 2018).

 

Cet art se caractérise par son rejet de ce qui fonde l'homme en « animal social » et fonde donc la société : le langage, le respect, la recherche du sens, l'affirmation d'un lien entre les hommes. Faute de l'entendre, impossible de voir que l'art se fait le relais de cette « conviction forgée bientôt à large échelle, que l'on va partager sur fond de permissivité et d'"interdiction d'interdire" […], c'est qu'il y a plus à glaner à se déciviliser qu'à se civiliser. Car il y a avantage à libérer plutôt qu'à retenir », selon Paul Ardenne (Extrême, esthétiques de la limite dépassée, 2006).

 

Joana Vasconcelos : l'art en XXL et en LVMH

 

Ce 14 février, Porte de Clignancourt, est inauguré le Cœur de Paris de Joana Vasconcelos qui, au sommet d'un mât de neuf mètres, tourne sur lui-même, s'allume et s'éteint à la fréquence d'un battement de cœur. Des fâcheux s'indignent : 650 000€, ça fait cher pour une œuvre à l'esthétique toc façon Las Vegas. Mais qui n'a jamais cassé la tirelire pour la Saint-Valentin jette la première pierre à Christophe Girard, « qui se présente volontiers comme l'"adjoint à la Culture et à l'Amour" » de la Mairie de Paris. Le chiffre est à la mesure d'une artiste XXL. Ici, 3800 azulejos peints à la main par des artisans portugais. Ailleurs, 14 000 tampons hygiéniques (La Fiancée, 2005), 600 casseroles formant un escarpin pour la collection Louis Vuitton (groupe LVMH), des milliers de fourchettes en plastique fondues (Cœurs indépendants). Actuellement visible au Bon Marché Rive Gauche de Paris (groupe LVMH), l'installation Branco Luz de 30,50 x 12 x 10m confirme l'inclination au gigantisme de celle que Connaissance des Arts (propriété de LVMH) a qualifié d'« immense artiste ». Avis sûrement partagé par Christophe Girard... ex-directeur de la stratégie mode chez LVMH (1999-2015), parallèlement à son mandat d'adjoint à la Culture de 2001 à 2012.

 

 

Paul McCarthy : le caca, le cul-cul, les zizis et les nazis

 

Le 16 octobre 2014, place Vendôme, haut lieu parisien du luxe, se dresse Tree, structure gonflable d'un vert vif, qui évoque moins l'arbre qu'un plug anal. Paul McCarthy, spécialiste du gag hénaurme, en convient : « Tout est parti d’une plaisanterie, à l’origine, je trouvais que le plug anal avait une forme similaire aux sculptures de Brâncuși ». L'extrême droite s'affole, l'œuvre est vandalisée et Les Inrockuptibles dénoncent cette « société française gangrenée ». N'écoutant que son courage à deux mains, Fleur Pellerin, ministre de la Culture, dégaine un tweet : « Curieux... On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d'une définition officielle de l'art dégénéré... #EntarteteKunst »..

 

Directrice de la Foire internationale d'art contemporain (Fiac), qui l'a commandée, Jennifer Flay signale que l'œuvre a « reçu toutes les autorisations nécessaires : de la Préfecture de police, de la Mairie de Paris et du ministère de la culture, en lien avec le Comité Vendôme, qui regroupe les commerçants de la place. À quoi sert l’art si ce n’est de troubler, de poser des questions, de révéler des failles dans la société ? » Reste à savoir qui doit « troubler » une œuvre avalisée par l'État et commandée par une foire majeure du circuit mondial du financial art ?

 

En 2008, c'est le vent qui « vandalisait » Complex Shit, structure de 15 mètres de haut en forme d'étrons de chien, à Berne. Amarres rompues, l'œuvre avait détruit une ligne électrique et une serre proche. Nul n'a jamais su si la rafale était d'extrême droite.

Pour Éric Loret et Marie Ottavi, du quotidien libéral-libertaire Libération, si son art rend « fou furieux à la fois les tenants de l’ordre et ceux d’un libéralisme décomplexé, c'est qu'en exhibant de la "merde" symbolique comme résultat de notre société de consommation, il défie à la fois le retour à l’ordre moral et met à jour la production de l'homme comme déchet »Confondant leur fantasme et la réalité, les journalistes n'ont pas vu combien Paul McCarthy illustre que, « [a]u mieux, la rébellion contre-culturelle est une pseudo-rébellion : un ensemble de gestes spectaculaires, entièrement dépourvus de conséquences politiques ou économiques progressistes, qui font oublier l'urgence de bâtir une société plus juste. Autrement dit, il s'agit d'une rébellion qui, tout au plus, divertit les rebelles », selon Joseph Heath et Andrew Potter (Révolte consommée : le mythe de la contre-culture, 2005).

 

Maurizio Cattelan, le canul'art au service du pouvoir

Connu pour son pape Jean-Paul II écrasé par une météorite (La Nona Ora, 1999) et son Hitler à genoux, sage comme un communiant (Him, 2001), l'Italien a un jour déclaré : « Pour être vaincu, le pouvoir doit être abordé, récupéré et reproduit à l'infini. » Propriétaire de cette dernière, son collectionneur François Pinault, trentième fortune du monde en 2018, approuve sûrement.

Son art semble pourtant moins s'opposer au « pouvoir » que communier avec l'imaginaire de l'oligarchie et son mépris de l'Autre. Par exemple, quand il effraie les Milanais, découvrant avec surprise, pendus à un arbre, trois enfants en pyjama – en fait, des sculptures hyperréalistes (Hanged Children, 2004). Ou bien avec L.O.V.E., doigt d'honneur en marbre placé devant (et non orienté vers) la Bourse de Milan (2011). Fonctionnant dans un esprit « novlangue », le titre signifie son contraire : un fuck you de la finance en guerre contre les peuples. Pour cause : de ces « hold-up du sens chaque jour perpétrés par les "vainqueurs", estime Annie Le Brun, (…) Maurizio Cattelan est un des plus brillants complices. C'est très légitimement qu'il dit son désir d'être "à l'intérieur", c'est-à-dire du côté des maîtres, à l'intérieur de cette nouvelle classe dominante pour qui l'accumulation des richesses va de pair avec la manipulation du sens à travers celle des sens. »

 

 

 

 

Jeff Koons, le profanateur

 

Des débuts artistiques autofinancés par la spéculation boursière, un kitsch obstinément insignifiant, une tendance à la disporportion (gigantisme, dizaines d'employés, cotes faramineuses), une absence de symbole, de transcendance : Jeff Koons est par excellence l'artiste du néolibéralisme, parangon de cet « art des vainqueurs pour les vainqueurs », dont parlait l'historien de l'art Wolfgang Ullrich. Comble de cynisme, les ultra-riches se disputent ses imitations agrandies de camelotes de la production de masse. Celles mêmes qui sont d'ordinaire réservées aux classes populaires qu'ils écrasent.

Comment donc croire au désintéressement quand il propose d'offrir à Paris une sculpture en hommage aux victimes des attentats du 15 novembre 2015 ? Comment un Bouquet de tulipes, dont il a déjà réalisé cinq exemplaires, marquerait-il la mémoire d'un événement sans précédent, nié ainsi dans son horrible unicité ? Alors qu'une œuvre mémorielle aurait exigé à l'artiste de s'effacer, c'est la « marque Koons » que son clinquant et sa démesure (douze mètres, 33 tonnes) valorisent. À supposer que cet empilement de marshmallows embrochés aux couleurs métalliques soit bien un bouquet de tulipes, l'œuvre montre son inocuité symbolique puisque, dans le langage des fleurs, la tulipe n'a rien à voir avec la mort, le deuil, la mémoire.

Près du Petit Palais, la sculpture devrait rehausser la cote de Koons (-52% sur les 6 premiers mois de 2018). Si art il y a, c'est celui de détourner la mémoire des victimes à son profit, confirmant « la destruction de l'Autre en tant qu'obstacle à [la] revendication pathologique de liberté sans limites » diagnostiquée par François Chevallier dans La Société du mépris de soi (2010).

  

Art contemporain : le grand foutage de gueule

 

Témoignage de Maxime Vivas :

 

Année 60. Je vivais alors à Paris et je visitai le musée Beaubourg. Je n’étais pas rétif aux expressions artistiques modernes et je vénérais Picasso, Miro, Braque et plein d’autres qui se démarquaient des peintres flamands…  Mais, dans une grande salle, je reste perplexe devant une oeuvre monumentale (4X4m, de mémoire) clouée sur un mur. Un type avait cousu ensemble des couvertures de l’armée, avait trempé le bas dans du savon qui, ayant séché, permettait au bas des couvertures de s’étaler sur le sol dans d’écoeurants plis. De chaque côté de l’oeuvre, on avait posé une batterie de voiture.

Sur le toit en terrasse de Beaubourg, d’autres œuvres, dont un empilement de bidons rouillés de 100 litres, cabossés. Je suis perplexe et je n’ose rien dire. Derrière moi, un moins provincial lâche « C’est peut-être de l’art, mais si je trouve ça dans mon jardin demain matin, ça va gueuler ».

Années 80 (je crois) au musée d’art moderne de Toulouse qui se trouvait alors dans le secteur de Labège. Un artiste à collé au mur, côtes à côtes, deux briques creuses peintes en blanc et d’où sortent et pendouillent, deux morceaux de ficelle.

Année 90. Toulouse. Mix’Art, espace alors attribué à des artistes en plein centre ville. En vitrine « Papiers froissés ». L’artiste a froissé des papiers et les a posés derrière la vitre. A l’intérieur, toute une série de photos sur un mur : l’artiste a photographié et exposé sa bite.

Années 2010. Le musée des Abattoirs, à Toulouse. L’artiste a fait sortir d’un mur des bouts de fils électriques et a posé devant, protégé des visiteurs (et des coups de balais ?) par une barrière, des bouts de câbles, des morceaux d’interrupteurs. Un ami me dit : c’est du « FDG » et il traduit : « Foutage de gueule ».

Quelqu’un a dit que rien n’a entendu autant de bêtises qu’un tableau. Et donc on la ferme, craignant d’être un béotien ou de passer pour tel.

Mon argument ultime que je dis à mes enfants est : Est-ce qu’il y a du travail dans l’œuvre ? Déjà, voir ça. S’il y en a, ça peut possiblement ne pas être fameux, mais s’il n’y en a pas, c’est tout autant possiblement de la fumisterie. Picasso disait que pour dessiner sa colombe d’un coup de pinceau, il lui avait fallu des années de travail.

Bon, je n’ai pas le temps de développer, mais en tout cas, je prends le risque de parler devant un tableau. Désormais.

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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 06:10

 

 

Pour Serge Halimi, le président français joue les pyromanes en reconnaissant le « président » autoproclamé du Venezuela : « Le pire n’est point arrivé tant qu’on peut dire : “Ceci est le pire. ” » Ces jours-ci, la diplomatie française fait penser à ce vers du Roi Lear. À l’issue du quinquennat de M. François Hollande, on croyait avoir atteint le fond  ; quelques-uns prédisaient même un sursaut d’orgueil. Après tout, dès lors que les États-Unis affichaient leur souverain mépris envers les capitales européennes et leur désir de se dégager des obligations du traité de l’Alliance atlantique, pourquoi ne pas en profiter pour quitter l’OTAN, renoncer à la politique de sanctions contre Moscou et imaginer la coopération européenne « de l’Atlantique à l’Oural » dont rêvait le général Charles de Gaulle il y a soixante ans ? Enfin libre de la tutelle américaine – et adulte !

 

 

Pour Frédéric Lordon, il faut sortir de l’impasse européenne : « Plutôt que de porter sur les problèmes communs de l’Union, les élections européennes juxtaposent vingt-sept scrutins de politique intérieure. Dans la plupart des États, les électeurs se prononcent surtout pour ou contre l’équipe au pouvoir. Mais la marge de manœuvre dont dispose chacun de ces gouvernements nationaux est très largement contrainte par les traités européens. Dans ces conditions, que faire ? Et, pour la gauche, comment s’en sortir ?

 

 

Où va l’opposition à Nicolás Maduro, demande Julia Buxton  ? « Coup d’État, lock-out, boycott des élections... L’aile radicale de l’opposition vénézuélienne a tout tenté pour renverser le président Hugo Chávez, puis son successeur Nicolás Maduro. Alors que le chaos économique et social favorisait ses desseins, elle a saboté les tentatives de dialogue avec le pouvoir en 2018 et compte désormais sur une intervention américaine pour parvenir à ses fins. »

 

 

Bernard Pudalanalyse la philosophie du mépris du président français : « Depuis son accession à la présidence de la République, M. Emmanuel Macron a souvent assimilé les classes populaires à un groupe de fainéants incultes et braillards. Ce faisant, il rompt avec la duplicité des chefs d’État successifs vis-à-vis des milieux défavorisés : les comprendre en parole, mais négliger leurs revendications. Et surtout ignorer la domination structurelle dont ils font l’objet. »

 

 

La Vieillesse est en détresse dans les Ehpad (Philippe Baqué ) : « Familles et professionnels estiment que le plan sur le vieillissement et la dépendance préparé par le gouvernement n’est pas à la hauteur de l’évolution démographique de la France. La préservation de la dignité des personnes âgées représente un défi quotidien pour les salariés – très présents dans le mouvement des « gilets jaunes », tandis que le coût de l’hébergement en maison de retraite devient inabordable pour beaucoup. »

 

 

Les Ouïgours sont à l’épreuve du « vivre-ensemble » chinois, selon Rémi Castets : « S’il est difficile d’évaluer le nombre de Ouïgours embastillés ou passés par les centres de rééducation — on parle d’un million —, il est certain qu’un système de surveillance sans précédent traque les musulmans du Xinjiang, qui ne sont pas sanctionnés pour ce qu’ils ont fait, mais pour ce qu’ils pourraient faire. M. Xi Jinping veut promouvoir cette politique de répression et de sinisation comme un modèle sécuritaire. »

 

 

Au Congo, le candidat battu… est élu (François Misser) : « Organisées avec deux ans de retard, les élections en République démocratique du Congo se sont conclues par un arrangement politique sans rapport avec la réalité des urnes. Cet épilogue a suscité des divisions nouvelles en Afrique. Éclipsant les habituelles réactions de la « communauté internationale », ces fractures éclairent les transformations politiques du continent. »

 

 

Serge Halimi et Pierre Rimbert traquent les nouvelles erronées : « Si « retard », « réforme » et « ouverture » ont constitué les mots-clés de la pensée dominante des trente dernières années, « fake news » semble résumer sa hantise actuelle. Un fil rouge unit d’ailleurs les deux périodes : seules les fausses informations qui ciblent le parti de la réforme et de l’ouverture indignent journalistes professionnels et dirigeants libéraux. Aux États-Unis ou en Allemagne comme en France, ces derniers élèvent la lutte contre les « infox » au rang de priorité politique. « La montée des fausses nouvelles, a expliqué M. Emmanuel Macron lors de ses vœux à la presse en janvier dernier, est aujourd’hui totalement jumelle de cette fascination illibérale. » Pendant ce temps, la désinformation traditionnelle prospère. Son écho sans cesse répercuté lui confère un caractère de vérité — sans stimuler l’ardeur des décodeurs. »

 

 

Eric Altermana observé le retour du « secrétaire d’État aux sales guerres » : « Depuis quelques années, le sulfureux Elliott Abrams aimait à se présenter comme un vieux sage, un expert de la diplomatie toujours soucieux de donner son avis éclairé. Chargé par le président Donald Trump de « restaurer la démocratie au Venezuela », il est de retour aux affaires. À voir ses états de service, les habitants de sa terre de mission peuvent légitimement s’inquiéter… »

 

 

Olivier Koch brosse le portrait de l’intellectuel en soldat : « La mise en données de l’existence humaine n’a pas seulement des conséquences sur la vie privée, mais parfois aussi sur la vie elle-même. De plus en plus d’entreprises liées aux armées utilisent les informations collectées pour localiser des individus supposés dangereux et, le cas échéant, les éliminer. Un vieux fantasme du renseignement se ravive : prédire les insurrections au sein d’une population. »

 

 

Les chemins tortueux de la paix au Yémen restent tortueux (Pierre Bernin) : « Les négociations directes entre le gouvernement yéménite soutenu par la coalition internationale et les rebelles houthistes dessinent des perspectives pour le règlement d’un conflit qui entrera bientôt dans sa cinquième année. Mais ce dialogue ne réussira qu’avec la participation officielle d’autres acteurs locaux, ainsi qu’avec celle des puissances régionales, dont l’Iran et l’Arabie saoudite. »

 

 

Quand, ô paradoxe !, Washington manipulait la présidentielle russe (Hélène Richard) : « Alors que la justice américaine traque des manipulations russes dans l’élection de 2016, Washington s’emploie à renverser le président Nicolás Maduro au Venezuela. Intolérable sur le territoire américain, l’ingérence serait-elle justifiée quand les États-Unis sont à la manœuvre ? C’est ce que suggère l’élection russe de 1996. À l’époque, Washington et ses alliés avaient pesé de tout leur poids pour sauver un président malade et discrédité… au nom de la démocratie.

 

 

En Inde, les « beaux jours » attendront (Naïké Desquesnes) : « En avril-mai, 850 millions d’Indiens doivent se rendre aux urnes pour élire les membres de la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement, qui désignera le prochain premier ministre. Si le pays a connu début janvier l’une des plus puissantes grèves générales de ces dernières années, nul ne sait quel en sera l’impact sur les élections. »

 

 

Evelyne Pieillier reprend une réflexion de Michelet sur le peuple : « C’est avec la Révolution française que le peuple surgit — dans la rue et dans les discours politiques. Mais qu’est-ce que le peuple ? La nation, les masses populaires, la populace ? L’historien Jules Michelet ne dissipe pas les ambiguïtés, mais il exalte une figure idéale, porteuse de fraternité. »

 

 

Antoine Schwartz  fait le bilan de l’euro, vingt ans après : « À l’été 2016, l’économiste américain Joseph Stiglitz publiait L’Euro. Comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe,réquisitoire contre la monnaie unique en circulation dans dix-neuf des vingt-huit pays membres de l’Union européenne. Sa singularité ne tient pas tant à l’analyse des défauts structurels de l’euro (l’application d’une même politique monétariste à des pays aux économies hétérogènes) ni de leurs conséquences (pression à la baisse sur les salaires, faible croissance, chômage, austérité) qu’aux solutions proposées. »

 

 

Thomas Guénolé se demande si, face à Bruxelles, il faut oser le pari de l’insoumission : « Faut-il désobéir ? Et, si oui, comment ? L’ensemble de la gauche estime que les traités actuels interdisent une politique de progrès social. Ensuite, les stratégies divergent. Pour l’ancien ministre de l’économie grec Yanis Varoufakis, seul un mouvement transnational transformera l’Union. Candidat de La France insoumise, Thomas Guénolé juge indispensable, lui, la remise en cause immédiate des traités européens.

 

 

Un vent de révolte souffle des Balkans à la Hongrie (Jean-Arnault Dérens & Simon Rico ) : « Depuis le 8 décembre 2018, des dizaines de milliers de Serbes manifestent chaque fin de semaine contre le régime de M. Aleksandar Vučić. En Albanie, les étudiants font trembler le gouvernement social-démocrate de M. Edi Rama, tandis que la colère gronde dans la Hongrie de M. Viktor Orbán. Au-delà des différences nationales, les populations d’Europe centrale se mobilisent contre les mêmes politiques. »

 

 

Anne-Cécile Robert explique pourquoi en France la justice est transfigurée par les victimes : « Depuis toujours, l’intensité dramatique de certaines affaires criminelles défie la sérénité de la justice. Cette tension propre au procès pénal s’accroît avec la déification contemporaine des victimes. Le tribunal ne doit plus seulement sanctionner un coupable, il doit réparer les souffrances. Ce faisant, la victime devient procureur, les peines s’alourdissent mécaniquement. »

 


 
Le Monde Diplomatique (227)
L’Alsace fait le pari de la route envers et contre tout (Véronique Parasote ) : « Avec la prise de conscience de la dégradation de l’environnement, de nombreux garde-fous et dispositifs d’expertise des grands projets ont été mis en place. Mais leur efficacité reste faible, car l’État peut s’en affranchir en toute impunité, comme le démontre le plan de contournement routier de Strasbourg. »

 

 

L’OTAN, pour Gabriel Robin, est un donjon d’un autre âge : « La position de la France à l’égard de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) pose deux questions qui, en réalité, n’en font qu’une : à quoi sert l’OTAN ? À quoi sert à la France d’être dans l’OTAN ? Ces questions peuvent être envisagées de trois points de vue. Du point de vue classique de l’histoire politique, les choses sont claires : l’OTAN ne répond plus à aucun des besoins pour lesquels elle avait été conçue, ni à aucune des utilités de substitution dont on a cherché à la doter après la fin de la guerre froide. Le pacte atlantique a été conclu en 1949 pour faire face à la menace soviétique. L’Union soviétique a disparu, et la menace avec elle. L’Alliance s’est doublée, après l’éclatement de la guerre de Corée, d’une organisation militaire intégrée pour dissuader l’Armée rouge d’envahir l’Europe de l’Ouest. Il n’y a plus d’Armée rouge, et l’armée russe campe plus de deux mille kilomètres plus à l’est. »

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 06:33

 

 

Dans Le Grand Soir, Rémy Herrera analyse longuement la politique répressive du banquier éborgneur : « Celles et ceux qui ont récemment participé à des manifestations en France ont sans doute été les témoins de ce que dénoncent depuis quelques mois des organisations de défense des droits humains françaises ou internationales : nombre d’interventions des forces de l’ordre s’avèrent disproportionnées, excessivement violentes – en recourant même parfois à des armes de guerre. Sont ainsi devenus systématiques l’usage de grenades lacrymogènes et de canons à eau à haute pression contre des protestataires pacifiques ; très fréquents, des tirs tendus à hauteur d’homme de lanceurs de balles de défense (LBD et autres armes dites « à la létalité limitée »), l’utilisation de grenades assourdissantes ou de désencerclement, la pratique « de la nasse » de confinement pour empêcher de rejoindre d’autres manifestants, des interpellations aléatoires et arbitraires, des intimidations verbales, des provocations gratuites, voire des agressions physiques. Dans les rues de la capitale ont été déployés des véhicules blindés, des policiers à cheval, des brigades cynophiles… À maintes reprises, des traitements dégradants ont été infligés à des contestataires, y compris à des mineurs. Il est fréquemment arrivé que des personnes soient matraquées ou maintenues enfermées sans que le moindre acte répréhensible n’ait été commis. Du matériel de soins a été confisqué à des « médecins de rue », bénévoles suivant les cortèges et portant secours aux blessés… Autant de faits qui ont choqué les Français. Et c’est ce qui est recherché, afin que cesse leur révolte. De telles violences policières sont absolument inacceptables. »

 


 

 

Revue de Presse (272)

 

Dans la même optique, Anne-Cécile Robert explique, dans Le Monde Diplomatique, pourquoi en France la justice est transfigurée par les victimes : « Depuis toujours, l’intensité dramatique de certaines affaires criminelles défie la sérénité de la justice. Cette tension propre au procès pénal s’accroît avec la déification contemporaine des victimes. Le tribunal ne doit plus seulement sanctionner un coupable, il doit réparer les souffrances. Ce faisant, la victime devient procureur, les peines s’alourdissent mécaniquement. »

 

 

Sur le site Regards.fr, Frédéric Martel s’exprime sur l’homosexualité dans l’Église catholique : « L’homosexualité est très ancienne dans l’Eglise à cause du célibat mais aussi – et c’est quelque chose qu’on ne comprend pas forcément en 2019 – parce que l’Eglise a été un refuge pour les homosexuels pendant très longtemps. L’Eglise attire les homosexuels, les sélectionne et les promeut. Avant Paul VI, l’homosexualité est partout un crime et il n’y a donc pas de différence fondamentale entre l’intérieur et l’extérieur de l’Eglise. Après Paul VI, après 1969, dans les années 70 et encore plus dans les années 80, l’homosexualité va être tolérée, acceptée puis va même devenir visible (…) et l’Eglise va se retrouver en déphasage grave parce que son homosexualité intérieure risque d’être connue. Elle va donc renforcer un discours homophobe au moment même où la société se libère. Cela va créer un gouffre immense qui est un piège dans lequel, aujourd’hui, elle est complètement coincée, sans solution sauf à changer sa doctrine – ce qu’elle n’est pas prête à faire. »

 

 

Sur le site Anti-K, François Chesnais conclut un long article économique par une réflexion sur les Gilets Jaunes : « A cet égard le mouvement des gilets jaunes – « mouvement autonome qui s’est, si l’on ose dire, spontanément auto-organisé »[18] – est profondément français, mais il en annonce d’autres ailleurs, similaires dans leur nature tout en étant différents dans leur forme. Il est certain d’autre part qu’en Europe occidentale, l’Etat français et la bourgeoisie française ont pris sous le gouvernement Macron de l’avance sur ceux des autres pays dans l’établissement un modèle d’Etat néolibéral-autoritaire, pour employer le terme d’Ugo Palheta,[19] possédant des moyens de répression policiers et judiciaires très développés qu’il ne fait que renforcer. Ils sont destinés à être utilisés contre les salariés et les jeunes lors des combats pour leurs droits élémentaires que ceux-ci vont être obligés de mener. Ce sont des affrontements extrêmement durs que la loi anticasseur annonce. »

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2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 06:23

Danièle Sallenave est une essayiste de renom qui a écrit de vrais grands livres, ce qui n’est pas forcément le cas de tous ses collègues de l’Académie française.

 

Elle a dirigé un groupe de travail de cette vénérable institution sur la féminisation des noms de métiers. Il était temps en effet que l’Académie tourne la page des années Druon/Dutourd, une époque où une ambassadrice était la femme d’un ambassadeur (la personne qui organisait les petits fours et l’eau gazeuse) et non une haute fonctionnaire représentant la France à l’étranger.

 

Ras le bol, en effet, des « Madame le Ministre », de « Madame le Sous-Préfet ». Au diable « c’est une écrivain » ou « la Professeur des Universités.

 

Je n’en ai pas été étonné, mais Danièle Sallenave a buté sur le féminin d’auteur. Sa préférence était la mienne : « Si je prends "auteur", "autrice" est parfait. "Acteur, actrice". "Présentateur, présentatrice". Cela ne pose aucun problème. "Auteure", c'est acceptable, c'est un peu bizarre du point de vue de l'évolution de la langue, mais ça finira par passer. Mais "autrice" était beaucoup plus logique. » Beaucoup plus logique, peut-être, si l’on se réfère à l’histoire de ce mot qui eut pour féminin “ auteresse ”, “ autoresse ” et même “ authoress ”, un anglicisme de Taine qui n’a pas survécu.

 

Si elle a hésité, c’est qu’elle n’a pas réalisé que, comme je l’ai dit cinquante fois – après d’autres, la langue est traversée, est travaillée par la lutte des classes, qui est elle-même dans la langue. Le féminin de la désinence “ eur ” sera donc “ naturellement ” en “ trice ” ou en “ esse ” pour les prolétaires (avec des exceptions : l'impératrice, la cantatrice – calque de l'italien), les travailleuses de base, les manuelles : factrice, fraiseuse, agricultrice, semeuse, serveuse, planteuse, sauteuse (en longueur).

 

Les femmes de pouvoir, matériel ou intellectuel, veulent le beurre et l’argent du beurre. Donc la féminisation des noms de métier et les testicules. D’où une auteure, une professeure, une chercheure (douée d’une tête chercheuse). D'où également la Garde des Sceaux qui a autorité sur les gardiennes de prison.

 

Pour terminer, un petit exemple de délire, que j'ai cité par ailleurs et qui concerne l'écriture inclusive qui a bien du mal à entrer dans les mœurs, même chez ses adepte-e-s les plus ardents-e-s. Dans l’annuaire d’un institut d’enseignement et de recherches parisien, j'ai lu ceci : « L’[…] compte près d’une centaine d’enseignan-t-e-s, intervenant-e-s professionnels et conférencier-e-s. » Bizarrement, " professionnels " ne porte que la marque du masculin (le problème est peut-être – ce texte ayant été rédigée par une femme –qu’une " professionnelle " pourrait faire penser à " prostituée " ) ; " intervenant " est un adjectif substantivé dont le féminin, depuis le début du XVIIe siècle, est " intervenante " ; " conférencier " a pour féminin " conférencière " depuis au moins le XIXe siècle ; " enseignant " est un adjectif et un nom dont le féminin est " enseignante " depuis le milieu du XVIIIe siècle.

 

Et, pour la route, deux exemples d'écriture militante, le premier de Maxime Vivas, le second de moi :

 

« Les électeurs (électrices) venu(e)s écouter les élu(e)s sont reparti(e)s contents (contentes) et nombre d’entre eux (elles) voteront pour les nouveaux (nouvelles) candidats (candidates) recommandé(e)s par les talentueux( talentueuses) orateurs (oratrices) toulousains (toulousaines) venus exalter la fraternité (sororité) des maires (mairesses) et des militant(e)s nationaux (nationales) ».

 

« Hier, je suis allé au zoo ; j’ai vu des lion-n-es, une tigre [tigresse est impossible à cause de " bougresse " ou "diablesse " ], une âne [pas d’ânesse pour la même raison], un girafe [renversons la problématique, comme on dit dans les médias], un ours et une ours avec ses ourson-n-es, une chameau [là , je suis tiraillé : une chameau " est insultant mais " une chamelle " fait penser à " femelle" , insulte possible] et une éléphanteau ».

 

Danièle Sallenave est allée chez sa coiffeure après avoir salué sa facteure
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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 06:34

Vu dans le métro de Lyon cette énorme affiche. Responsable : des intellectuels, des scientifiques de l'Université de Lyon.

 

 

Encore un petit coup de massacre du français

 

Alors branle-Dieu de pompe à merde et de curé à roulettes (cela vous surprend mais c'est mon juron préféré quand je suis poli) : on ne dit pas “ digital ” mais “ numérique ”, bande de nazes prétentieux et inféodés à l'Empire.

 

Les Anglais, les vrais, pas vous, disent “ digital ” parce ce que ce mot vient de “ digit ” qui signifie “chiffre ”. Ou “ doigt ” ou “ orteil ”.  En français, on doit dire “ numérique ”, du substantif “ nombre ”.

 

Récemment, je lis un texte militant, signé par des signataires tous plus prestigieux les uns que les autres, pour la plupart en provenance du monde rural. Á plusieurs reprises, je sui tombé sur telle signature féminine agrémentée de “ éleveure ”, sur le calque inepte de “ auteure ”. Il y a à peine quatre siècles que le mot “ éleveuse ” existe, mais non, ça fait trop plouc.

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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 06:22

 

 

Evariste, dans Res Publica, estime que la France est en marche (sic) vers une forme de démocrature : « L’histoire des renoncements de la gauche syndicale et politique est longue. Déjà, la Chambre du Front populaire, avec à sa tête Daladier, portait atteinte aux libertés publiques en votant des lois et en organisant sa police que le maréchal Pétain utilisera plus tard. C’est exactement ce que fait le dispositif macroniste, avec ses anciens socialistes, avec sa loi anticasseurs (qui sanctionne sans délits), avec l’utilisation des blindés de l’armée et avec le déploiement militarisé des « Détachements d’action rapide », véritables milices fascisantes sans foi ni loi, qui nous font froid dans le dos quand on pense à ce que pourrait faire la future union des droites sous la direction du RN avec ces dispositifs.

 

« On se croit revenu sous le régime de Vichy ! » a dit le député de droite Charles de Courson à l’Assemblée nationale. Reconnaissons à Charles de Courson la même rigueur que son grand-père le marquis de Moustier qui fut le seul député de droite qui vota contre les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. Il est incroyable de donner au parquet et aux préfets les mesures d’investigation dévolues jusqu’ici aux juges d’instruction ; incroyable de voir l’ancien socialiste Christophe Castaner se transformer en Daladier. », conclut Evariste.

 

 

Pour Roger Martelli, du site Regards.fr, le quotidien L’Humanité est propriété publique et nationale : « L’Humanité fut longtemps "l’organe central du PCF". Ce n’est pas pour autant la seule propriété d’un parti. Le titre magnifique est une propriété publique, une pièce du mobilier national. Le journal a en effet participé de la sociabilité populaire du XXe siècle. En stimulant la politisation ouvrière, il a contribué à ce qui fut la grande conquête de l’entre-deux-guerres : la réinsertion des ouvriers dans la cité qui les reléguait et le retissage des liens entre la gauche et ce qui était le peuple d’hier. Faire disparaître le journal de Jean Jaurès et de Marcel Cachin, c’est tirer un trait sur ce qui fut le grand acquis démocratique de toute une époque. L’argent réussirait-il ce que les fascismes n’ont jamais réussi à obtenir ? »

 

 

 

 

 

Revue de Presse (271)

 

Toujours dans Regards.fr, Guillaume Liégeard estime que les fonctionnaires n’ont pas fini de souffrir : « Victime du gel du point d’indice, l’indicateur qui permet de calculer leur rémunération, ils n’ont eu que 1,2% d’augmentation depuis le 1er juillet 2010, soit il y un peu plus de huit ans. Nul doute qu’avec le retour de l’inflation, cela va tousser un peu. En 25 ans, de janvier 1994 à août 2018, le point d’indice aura donc augmenté de 20,6% quand l’inflation progressait, elle, de 41%. C’est donc une forme de smicardisation généralisée de la Fonction publique qui est à l’œuvre.

 

Au gel des salaires s’ajoute, en plus, les réductions de postes : 4.500 dans la fonction publique d’État en 2019, plus de 10.000 en 2020. En réalité, comme environ 3.300 postes seront créés aux ministères de l’Intérieur et de la Justice, c’est donc près de 8.000 postes qui devraient disparaître dans les autres ministères. Où ? Nul ne le sait encore. »

 

 

Le site Les Crises.fr revient sur la vision qu’a notre banquier national des boxeurs gitans : « “Le boxeur, la vidéo qu’il fait avant de se rendre… il a été briefé par un avocat d’extrême gauche. Ça se voit ! Le type, il n’a pas les mots d’un gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan.”, aurait dit le banquier selon Le Point.

 

Boxeur gitan” dans la bouche d’un Président de la République comme d’autres sifflent “travail d’Arabe”ou “banquier juif” ? Christophe Dettinger, qui s’est présenté à la police 36 heures après les faits, n’était plus un homme d’1 mètre 91 rapidement reconnu pour sa notoriété dans le monde de la boxe, père de famille au casier judiciaire vierge, résidant en Région parisienne. “Le Gitan de Massy” devenait en quelques heures à peine “le boxeur gitan”. Et les médias de relayer rapidement le pédigrée d’un “enfant de l’Essonne” qui avait poussé dans un monde gitan auprès d’un père “chauffeur pour une société de traitement des déchets”, dans une maison où l’on se lavait “à la bassine” même si on avait quand même l’électricité. Ultime précision noctambule : le portrait-robot nous apprenait au passage qu’il y a vingt ans de ça, c’est “en boîte de nuit” qu’il avait rencontré sa femme, avec qui il aura trois enfants. »

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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 06:17

 

J’ai publié des dizaines d’articles, dont nombre ont été repris par Le Grand Soir, sur cette loi infâme contre laquelle fort peu d’universitaires se sont levés quand il en était encore temps. Voulue par Sarkozy, cette loi avait été  élaborée dans l’ombre par des technocrates à la solde du kleiner Mann et défendue au Parlement et dans des médias généralement enthousiastes par la ministre Pécresse, fille de celui qui restera dans l’histoire comme le premier authentique universitaire homme d’affaires français. Il est bon que les fifilles fassent plaisir à leur papa chéri.

 

J’y reviens, brièvement à l’occasion de passages dans les transports en commun de Lyon (métro, gares).

 

La LRU implique que les universités françaises sont en concurrence permanente les unes avec les autres et que, en leur sein, les structures et les personnels sont également en concurrence permanente.

 

Ci-dessous un élément d’une campagne publicitaire aussi habile qu’agressive de l’Université de Saint-Étienne au cœur de la cité Lyonnaise. Pour mes lecteurs lointains, je rappelle que Saint-Étienne est une ville moyenne située à quelques encablures de la seconde conurbation française. Son université (Université Jean Monnet, du nom d’un technocrate européen de droite qui avait pensé en son temps cette évolution de l’enseignement supérieur) compte 20 000 étudiants. L'Université de Saint-Etienne et les autres composantes de l'Université de Lyon (communauté créée en 1995) sont partenaires dans plusieurs domaines. En particulier, elles appartiennent au même PRES, Pôle de recherche et d'enseignement supérieur. Depuis 2008, l'Université de Saint-Etienne est financièrement autonome. Elle est donc mise en concurrence avec d'autres entités de l'Université de Lyon, Lyon 2, Lyon 3, par exemple.

 

 

Raison pour laquelle, peut-être, l'Université Jean Monnet a décidé de titiller – ou de tailler des croupières, nous verrons – sa grande sœur voisine en essayant d’attirer des étudiants lyonnais vers les hauteurs stéphanoises.

 

Je ne sais combien coûte une telle campagne. Mais, par la grâce de Pécresse,  de l’argent qui aurait pu être consacré au bien-être des étudiants, aux promotions des enseignants et des personnels administratifs, au recrutement sur des vrais postes de la Fonction publique, a atterri dans les poches de publicitaires ravis.

Une conséquence de la Loi LRU
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