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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 06:28

Bon, il est 10 heures du matin. Tu es devant l'ordinateur depuis quatre heures (tu es matinal), tu te dis : je vais me faire plaisir en écoutant – à l'ordinateur – un chef d'œuvre, le concerto n° 3 de Sergueï Rachmaninov joué par Vladimir Horowitz, que les Zuniens, toujours poètes, appellent “ Rak 3 ”. Dans la version de 1951, celle que tu préfères. Donc le plus grand compositeur du XXe siècle (je sais : faire des classements à ce niveau est un peu sot), interprété par le plus grand pianiste du XXe siècle, peut-être de tous les temps. Un concerto que Rachmaninov avait écrit pour Horowitz et auquel il avait apporté quelques retouches sur les suggestions de son ami. Avec ce concerto, tu es dans des sommets de l'esprit humain.

 

Alors tu cliques, et que vois-tu apparaître à l'écran ? Ceci.

 

 

Rachmaninov, Horowitz et le capitalisme financier

 

Quelle saloperie, ce monde du capitalisme financier qui t'encourage partout à truander le reste de l'humanité !

 

Et pour parachever la colonisation de ton cerveau, le concerto est interrompu par une publicité pour Bouygues.

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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 06:32

N'empêche que dans une autre vie, j'irai enseigner au Luxembourg. Quand je pense que je suis assez vieux pour avoir connu l'Irlande quasiment au même niveau que l'Espagne (de l'époque) !


Heureusement qu'il y a la CFDT et l'UNSA pour nous expliquer qu'en Ouganda les profs gagnent nettement moins qu'en France et qu'il est donc indécent de se plaindre.

Les enseignants français sont des privilégiés !
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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 06:13

Communistes Hebdo revient sur le dernier congrès du FN. Le parti s’est déclaré comme parti de gouvernement. Avec le Parti Socialiste et la Droite, le Front National est bien le 3ème fer au feu du capital. Le FN mise  sur les élections Européennes qui auront lieu l’an prochain.

Le programme du FN c’est un programme au service du développement du capitalisme. Son congrès confirme «  l’Etat doit être au service des entreprises, il doit peser sur les lois pour libérer, faciliter leur travail ». M. Le Pen « ne proposera pas de hausse du SMIC. Cela entraîne une charge supplémentaire pour les entreprises qui sont déjà dans une très grande fragilité dans notre pays » affirme-t-elle. Elle approuve la casse du code du travail et condamne les manifestations organisées contre cette casse. Le FN est pour la diminution des charges sociales patronales et la disparition de l’Impôt sur la Fortune.

 

Le même Communistes Hebdo pense que le gouvernement « fragilise encore le monde du travail en érigeant une individualisation totale des travailleurs, désormais seuls responsables de leur employabilité ». Le passage du Compte personnel de formation (CPF) en euros et non plus en heures, fait « la part belle aux trop nombreux organismes de formations, qui ont les mains libres pour marchandiser la formation » constate la CGT. Les salariés seront des kleenex jetables et comme les téléphones, “ reconditionnés ” à pôle emploi avec une formation qu’ils se paieront.

 

 

Evariste (Res Publica) révèle ce que Macron a derrière la tête avec sa réforme de la SNCF. On a connu les scandales des PPP en matière hospitalière, voilà maintenant un nouveau scandale dans le ferroviaire. Lisea, filiale de Vinci, n’a financé qu’une partie de l’investissement de la ligne LGV (ligne à grande vitesse) Tours-Bordeaux mais touchera l’entièreté des recettes sous forme de péages payés par la SNCF pendant 44 ans. Donc pour permettre aux actionnaires privés de Lisea-Vinci d’avoir une rentabilité de 14% sur leurs apports privés, la puissance publique finance à hauteur de 42% les investissements et SNCF Réseau 26% ! Le concessionnaire, qui contribue pour moins d’un tiers à l’investissement, engrangera la totalité des recettes d’exploitation sans prendre de gros risques !

 

 

 

 

Revue de presse (235)

 

Dans son blog, Jean-Emmanuel Ducoin analyse la « sécession des Riches » en France. Il existe une « sécession » choisie et assumée, celle des citoyens les plus aisés. Une étude de la Fondation Jean-Jaurès, publiée fin février, vient nous éclairer sur une forme de «séparatisme social» qui non seulement provoquerait une «érosion de la mixité sociale» mais menacerait le modèle républicain. Une question brutale est ainsi posée clairement: les riches ont-ils cessé de « faire nation » ? C’est ce que pense le politologue Jérôme Fourquet dans cette note choc donnée à la Fondation Jean-Jaurès, intitulée «1985-2017: quand les classes favorisées ont fait sécession». Les couches les plus aisées se sont volontairement coupées du reste de la population au point d’exister par le seul entre-soi, en dehors de la communauté nationale, «comme exemptées de leurs responsabilités sociales ?

 

 

Sur le site Mémoires des Luttes, Bernard Cassen relève que le nouvel intitulé du ministère des Affaires étrangères n’a rien de neutre (ministère de l'Europe et des Affaires étrangères). Jusqu’alors, avec des dénominations variables selon les périodes et les présidents, les questions européennes apparaissaient dans les organigrammes gouvernementaux comme une sous-catégorie des relations internationales. Le nouveau nom du Quai d’Orsay a une double signification politique : d’une part, les affaires européennes ne sont pas des affaires étrangères pour la France – et donc pour tous les membres de l’UE –, comme le seraient, par exemple, leurs relations avec la Chine ou la Russie ; d’autre part, l’ordre des mots n’étant pas anodin (« Europe » vient avant « affaires étrangères »), elles indiquent une priorité, en même temps qu’un prisme à travers lequel sont appréhendés les rapports de l’UE avec le reste du monde. Pour paraphraser Donald Trump, c’est « Europe first »…

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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 06:28

Ci-dessous un article de Claire Guibert sur la situation linguistique que connaissent les Pays-Bas. On peut se demander si une dérive similaire ne va pas affecter la Belgique, où de nombreux Wallons refusent de parler flamand et où de nombreux flamands refusent de parler français. Combien de fois, il y a plus de cinquante ans, je me suis retrouvé face à des Flamands qui finissaient par me répondre quand je leur demandais mon chemin, après avoir compris que j'étais français et non belge ?

 

Aux Pays-Bas, tous les étudiants parlent anglais

 

En 2014, le président de la Vrije Universiteit d’Amsterdam a fait son discours de rentrée en anglais, après ce préambule : « À terme, l’anglais deviendra notre langue de communication. » Prémonitoire ?

 

 

Le rapport de l’Académie royale a particulièrement ému le député socialiste Jasper Van Dijk. Le Néerlandais craint que se forme « une élite intellectuelle isolée, qui, au propre comme au figuré, ne parle plus la même langue que les gens, dit-il, citant le rapport de l’Union linguistique. Bientôt l’architecte diplômé ne pourra plus expliquer en néerlandais ce qu’il attend des ouvriers ; le médecin ne sera plus en mesure d’expliquer à son patient de quelle maladie il est atteint. »

 

 

Le néerlandais est une langue vivante qui peine à garder ses 28 millions de locuteurs dans le monde. Ils résident essentiellement aux Pays-Bas, ainsi que dans quelques-unes de leurs anciennes colonies comme le Surinam et dans la partie flamande de la Belgique. Mais la génération étudiante prend une méchante habitude : elle parle anglais, la langue que l’on utilise majoritairement dans les treize universités du royaume des tulipes.

 

 

Aux Pays-Bas, le journal NRC Handelsblad vient de publier un manifeste alarmant sur le choix de l’anglais au détriment de la langue néerlandaise. Signé par des écrivains, des linguistes et des scientifiques, il révèle des chiffres et des faits sans appel.


 

 
Pays-Bas : l'anglais à la place du néerlandais comme langue officielle ?

 

L’enseignement supérieur a sauté le pas : « De 2009 à 2013, l’ensemble des matières enseignées est passé de 64 % à 80 % », constate l’Académie royale des sciences des Pays-Bas, dans un rapport écrit à la demande des députés néerlandais.

 

En 2014, le président de la Vrije Universiteit d’Amsterdam a fait son discours de rentrée en anglais, après ce préambule : « À terme, l’anglais deviendra notre langue de communication. » Prémonitoire ?

Pays-Bas : l'anglais à la place du néerlandais comme langue officielle ?

 

L’anglais, langue de la fac

 

Mises en accusation, les universités se défendent avec des arguments. C’est la faute de l’internationalisation de l’enseignement, de la recherche, des sciences. Et du succès des programmes Erasmus qui facilitent la mobilité des étudiants.

 

 

Petit pays possédant une langue peu répandue et rarement enseignée en dehors de ses frontières, les Pays-Bas ont dû ouvrir la voie à l’introduction de l’anglais, pour attirer des étudiants étrangers. Précision : les universités néerlandaises sont payées par l’État au prorata des élèves qu’elles diplôment.

 

 

 

« Par ailleurs, le recrutement des professeurs est international. Donc, si le meilleur prof de maths est américain, on l’embauche », explique l’écrivain marocain Fouad Laroui, également professeur de français à l’Université d’Amsterdam. Ce polyglotte passionné de langues, auteur d’un recueil de poème en néerlandais, sa « nouvelle langue d’adoption », précise par ailleurs qu’il n’existe pas de manuels en néerlandais, dans de nombreuses matières, en mathématiques ou en économie, notamment.

 

 

Des étudiantes afghanes et pakistanaises profitent de cours en anglais à la Vrije Universiteit d’Amsterdam. Le fossé se creuse avec les élites

 

Contrairement à la France, les Flandres n’ont pas pris soin de pérenniser leur langue. Le milieu du cinéma et de la télévision n’a jamais investi dans le doublage, par exemple. Tous les longs-métrages d’Hollywood sont diffusés dans la langue originale, sous-titrés en néerlandais.

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 06:39

Sur son blog, Jean Lévy revient sur les 265 milliards possédés par les 40 familles françaises les plus riches : « Qui ne voit pas un lien entre l'appauvrissement des uns et l'enrichissement des autres ? Et de se poser la question, pourquoi cette injustice criante – qui  prospère depuis la promotion présidentielle d'un des banquiers de chez Rothschild – est si peu présente dans les médias ? Cette situation de monopole que détient la caste des plus riches en France, tant sur le plan économique politique et médiatique, conduit à une véritable dictature  d'une petite minorité sur l'immense majorité de notre peuple. Elle prive celui-ci du droit de décider de son avenir en le privant de sa souveraineté, confisquée au nom de “ l'Europe ”. Car tout se tient : les forces économiques qui détiennent le pouvoir en France font la loi sur presque tout notre continent devenu terrain de chasse des multinationales. Pour celles-ci, les frontières comme les lois de protection sociale sont autant d'obstacles à leur course aux profits en accélération constante. Seule compte la libre circulation des capitaux, et partant, des hommes et des marchandises. L'Europe de Bruxelles ne peut supporter que sa domination soit contestée. D'où la stigmatisation permanente et agressive de ce que ses penseurs nomment avec dédain le “ souverainisme ”, le simple droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. »

 

 

Figarovox questionne Thomas Guénolé à propos de son livre Antisocial où il décrit, entre autre, la transformation systématique des services publics de la France en grands marchés privés.

 

« Le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) interdit aux États de laisser des entreprises en situation de monopole. Et il confie à la Commission européenne le soin de lancer les réformes pour casser ces monopoles. Ce sont les articles 101 à 110 du traité.

 

Sur cette base, depuis les années 1990, on assiste à la répétition systématique du même engrenage contre nos services publics. D'abord, la Commission fait adopter à l'Union européenne un plan de transformation d'un service public en grand marché. Ensuite, en France, le service public étatique concerné est transformé en entreprise publique et les nouvelles recrues deviennent des salariés de droit privé. C'est présenté comme un simple « changement juridique », mais c'est le début de la fin. Car ensuite, au nom des règles européennes qui interdisent de laisser une entreprise en monopole, le service public est transformé en marché où des concurrents privés sont autorisés à s'installer. Et, parallèlement, l'entreprise publique est souvent plus ou moins massivement privatisée, cette fois en invoquant le manque d'argent de l'État : on vend l'argenterie.

 

Problème : à chaque fois, les seuls qui aient les ressources suffisantes pour devenir acteurs privés sur ce nouveau marché, c'est une petite poignée de très grandes firmes. On aboutit donc à un grand oligopole où un tout petit nombre de grandes firmes se partagent une situation de rente sur le dos des consommateurs. »

 

 

 

Revue de presse (234)

 

Dans Initiatives Communistes, Floréal dénonce l’hypocrisie de Marlène Schiappa qui, lorsqu’elle joue Les Monologues du vagin, se trompe de combat : « Marlène Schiappa feint de libérer les femmes alors qu’elle sert un gouvernement thatchérien qui vient de détruire le Code du travail et qui s’apprête à dynamiter les statuts, les retraites par répartition et l’enseignement professionnel. Honte à cette dame qui se la joue en « libératrice » alors que Macron a banalisé les licenciements abusifs (c’est-à-dire la délinquance patronale !) en plafonnant leur pénalisation, donc en nuisant aussi aux employeurs et employeuses qui ne se comportent pas en gangsters. Ainsi, les « porcs » qui existent dans les hiérarchies patronales pourront-ils encore plus se lâcher à l’encontre des gêneurs, et plus encore, comme toujours, des gêneuses : qui portera plainte contre les harceleurs désormais, sachant que de grosses boîtes vont provisionner des fonds permettant de licencier à plaisir les syndicalistes, mais aussi les « emmerdeuses », « emmerdantes » et autres « emmerderesses » pour parler comme Valéry et Brassens, qui n’auront pas obtempéré aux caprices professionnels ou non professionnels desdites hiérarchies ? »

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8 mars 2018 4 08 /03 /mars /2018 06:19

Depuis une vingtaine d'années, sous des gouvernements de droite et de drauche, la place et le rôle des langues vivantes dans l'enseignement secondaire n'ont cessé de reculer. La "réforme" du baccalauréat pourrait leur donner le coup de grâce.

 

 

Paris, le 18 février 2018

Monsieur le Ministre,

 

L’APLV se permet de vous écrire aujourd’hui pour vous faire part de son incompréhension par rapport au rôle laissé aux langues vivantes étrangères et régionales (LVER) dans la réforme du lycée et du baccalauréat que vous avez présentée le 14 février.

 

Le président de la République a clairement fait part de l’importance que les LVER ont à ses yeux. Vous-même nous avez assuré, lors de l’entretien que vous nous avez accordé le 15 septembre 2017, de votre conviction de l’importance des LVER pour les jeunes Français. Et la réforme du lycée semble avoir oublié ces discours positifs et volontaristes pour diminuer encore davantage l’importance des LVER dans le lycée français. Nous ne comprenons pas vos choix.

 

L’APLV a été consultée à deux reprises pendant la phase d’élaboration de la réforme. Elle a d’abord été reçue par la commission Mathiot le 29 novembre 2017. Le rapport publié le 24 janvier 2018 par la commission ne nous satisfaisait pas, pour quatre raisons majeures : 
1. l’évaluation numérique des épreuves orales 
2. l’ambiguïté de l’intitulé « Langues et littératures étrangères » 
3. l’absence de parcours dévolus aux langues en dehors de cette spécialité 
4. l’absence de référence aux langues régionales. 


Nous avons expliqué nos griefs au directeur de la DGESCO, qui nous a reçus le 7 février.

 

Le nouveau lycée et le nouveau baccalauréat, que vous avez présentés le 14 février, tiennent compte de notre objection sur les modalités des épreuves orales du baccalauréat. L’APLV avait clairement expliqué au directeur de la DGESCO qu’il n’y avait aucun sens à évaluer un enseignement actionnel des langues vivantes étrangères et régionales (LVER), c’est-à-dire fondé sur des activités de communication aussi authentiques et en tout cas naturelles que puisse le permettre un contexte scolaire, par des épreuves numériques, qui ne pouvaient évaluer qu’une compétence linguistique ou une prise de parole en continu décontextualisées. Dans la réforme, vous renoncez à cette proposition de la commission Mathiot et maintenez les épreuves orales « selon les dispositions actuelles ». Même si celles-ci ne sont pas parfaites et si nous avons suggéré une modification de la durée de la partie restitution de l’épreuve actuelle de compréhension orale, nous nous félicitons d’avoir été entendus.

 

Cependant, l’APLV ne l’a pas été sur les autres points, fondamentaux, qu’elle a développés.

 

En premier lieu, la réforme place deux langues vivantes dans le socle de culture commune à raison de 4.30 globalisées en 1re et 4.00 en terminale, soit le maintien de l’horaire actuel, très insuffisant. L’APLV ne peut accepter que la détérioration des conditions de travail des élèves et des professeurs non seulement se poursuive, mais s’accentue, en donnant à l’enseignement des LVER des horaires insuffisants pour permettre des progrès substantiels aux lycéens qui n’ont pas la chance et/ou les moyens de pouvoir faire des séjours linguistiques.

 

La réduction de l’horaire d’enseignement par le ministre Claude Allègre, sur laquelle aucun de ses successeurs n’est revenu, et l’augmentation de la taille des classes ont rendu le travail des élèves et des professeurs de LVER souvent très difficile. Sauf lorsque les chefs d’établissement et les conseils d’administration ont favorisé en particulier l’enseignement des LVER, les classes de second cycle ont des effectifs pléthoriques allant jusqu’à 35 élèves, au moins en anglais et en espagnol. En classe de terminale, préparer des élèves à quatre épreuves de baccalauréat à raison de deux heures hebdomadaires dans des classes de 35 élèves relève d’une gageure. Se plaindre que les jeunes Français ne communiquent pas bien en LVER et leur offrir de telles conditions de travail montre un manque de de cohérence de la part du ministère de l’Education Nationale.

 

Par ailleurs, dans la réforme annoncée, les LVER n’apparaissent parmi les disciplines de spécialité que dans un seul cas, « Langues et littératures étrangères ». L’APLV avait demandé à la commission Mathiot et à la DGESCO la mise en place d’autres spécialités autour des LVER susceptibles d’intéresser les élèves non littéraires. Nous n’avons pas été entendus. Les conséquences du choix que vous avez fait seront très graves pour l’enseignement des LVER, puisque, dans le futur lycée, très peu de lycéens feront le choix de la spécialité « Langues et littératures étrangères » et que la plupart seront donc limités à l’horaire du socle de culture commune.

 

Pourquoi peut-on penser que le choix de la spécialité « Langues et littératures étrangères » sera très minoritaire ? D’abord, parce que, dans le lycée d’aujourd’hui, de très nombreux élèves pas vraiment scientifiques font le choix de la série S parce qu’ils ne se sentent pas à l’aise en cours de lettres et n’ont pas d’appétence pour la littérature. Ceux-là risquent d’être rebutés par le couplage des langues et de la littérature, surtout si l’enseignement de littérature étrangère est dispensé, comme nous l’a laissé entendre le directeur de la DGESCO, par des professeurs de lettres. La deuxième raison est que les lycéens devront choisir 3 spécialités en 1re, puis 2 seulement en terminale, et que, vu l’absence des disciplines scientifiques et des SES dans le socle de culture commune, les élèves qui choisiront la spécialité « Langues et littératures étrangères » en 1re l’abandonneront en masse en terminale, pour conserver pour leurs épreuves finales du baccalauréat et pour l’enseignement supérieur des disciplines plus en rapport avec la ou les dominante(s) de leur parcours.

 

Lettre de la présidente de l'Association des professeurs de langues vivantes au ministre

 

Cela signifie donc que les élèves se destinant à des études de sciences humaines, économie et sciences recevront encore moins d’heures de cours de LVER qu’aujourd’hui.

 

Cette situation est, pour l’APLV, totalement inacceptable, d’autant plus, et nous l’avons clairement répété à la commission Mathiot et au directeur de la DGESCO, que le pays a besoin de commerciaux et d’ingénieurs capables de pratiquer les LVER à un très haut niveau. Nous renouvelons donc notre demande de création de spécialités « économie et langues » et « sciences et langues », en plus de la spécialité « langues et littératures étrangères ».

 

Le souci de l’APLV est de donner au pays un enseignement de LVER efficace dans son propre intérêt et dans celui des générations futures. Les professeurs de LVER ne comprendraient pas que la réforme du lycée et du baccalauréat rende leur tâche plus difficile encore et moins créative que la situation actuelle. Elle vous demande de bien vouloir amender deux des éléments de la réforme que vous avez annoncée le 14 février, en augmentant de manière sensible l’horaire dévolu aux langues vivantes dans le socle de culture commune, et en annonçant la création d’autres spécialités, comme « économie et langues » et « sciences et langues ».

 

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de nos sentiments respectueusement dévoués.

 

Françoise Du, présidente de l’APLV

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 06:29

En écho à mon article récent consacré à la protection de l'imaginaire de nos enfants (Protégeons nos enfants contre le bon français et un imaginaire trop riche), je reprends ici un article de Fald (germaniste émérite) publié dans les colonnes du Grand Soir le 29 janvier 2013.

J’ai lu récemment dans un journal allemand que les classiques des livres pour enfants étaient réédités avec des corrections conformes au politiquement correct. On supprime en particulier le mot « nègre ».

 

Ainsi, dans un épisode de La Petite Sorcière de Otfried Preussler, paru en 1957, les enfants jouent à se déguiser : en chinois, en turcs, et en nègres. L’éditeur veut changer tout cela mais se demande encore comment. Tout déguisement peut être insultant pour celui qu’on imite, si celui-ci est assez con pour voir le Ku Klux Klan dans un jeu d’enfants.

 

La célèbre Fifi Brindacier, Pippi Langstrump en VO suédoise des années 40 et Pippi Langstrumpf en allemand, ne pourra plus rêver d’être une « princesse nègre », mais devra se contenter d’être une « princesse des mers du sud ». Si on garde les illustrations d’origine, on aura une Océanienne dans le texte et une Africaine sur l’image. Bravo la leçon de Géo pour les gosses !

 

Michael Ende, l’auteur de L’Histoire sans fin, a écrit le conte de Jim Knopf et Lukas le chauffeur de locomotive. A l’époque de la vapeur, Lukas n’arrive jamais à se blanchir complètement de la suie qui couvre son visage, et Jim Knopf est un « petit nègre ». Michael Ende raconte leur histoire de manière loufoque en se moquant de tout le monde, sauf justement de ces deux « gueules noires », isolées dans un monde de blancs. Eh bien, on va aplanir tous les gags, se livrer à un vrai massacre, pour enlever partout le mot « nègre ».

 

Et le « Struwwelpeter » de 1845, traduit par Cavanna sous le titre de « Crasse Tignasse » et dans d’autres versions par « Pierre l’Ebouriffé ». Dans ce livre, Saint Nicolas punit trois garnements qui se moquent d’un « petit nègre » en les trempant dans de l’encre. L’article ne dit pas ce qu’on va en faire. Mais comme, en plus, c’est écrit en vers, bonjour le respect de la métrique !

 

Avec mon goût prononcé pour la provoc, je propose que l’on aille plus loin.

 

Ainsi, Agatha Christie a écrit Dix statuettes d’enfants de couleur, Léo Ferré chantait « Dieu est un Américain d’origine africaine » (Bien du plaisir à celui qui adaptera la musique !), Picasso a été très influencé par l’art des mers du sud, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor ont été les chantres de l’hommedecouleuritude, ce qui expliquerait pourquoi Césaire a fini assez diminué pour soutenir Sarkosène Royal. Bien entendu, tout le monde a entendu un jour la célèbre chanson d’Yves Montand « Mon pote issu des gens du voyage ». (Bien du plaisir de nouveau pour l’arrangeur musical !)

 

En réalité, je proposerais plutôt qu’on arrête les conneries.

 

D’abord, les enfants ne deviennent pas racistes parce qu’il y a le mot « roi nègre » dans une histoire de déguisement. Ils le deviennent si leurs parents leur apprennent à détester l’autre pour sa race. Tous les vieux militants antiracistes ont lu Tintin au Congo dans leur enfance (pardon ! Les militants antiracistes « du troisième âge »).

 

Il faut arrêter de rendre des mots tabous indépendamment de leur contexte.

 

Et surtout, arrêter l’hypocrisie qui va avec. Car ceux qui n’osent pas prononcer les mots pour dire si quelqu’un est noir, juif, jaune, vieux ou infirme, ce sont ceux qui sont encore gênés en présence des Noirs, des Juifs, des Jaunes, des vieux, des infirmes et que sais-je encore ?

 

Moi, je m’en fous d’être vieux, sourd, chauve, petit avec de grandes oreilles et un peu fou sur les marges. Et je ne suis pas gêné en présence de ceux qui le sont aussi. Ni en présence de Noirs, de Juifs et autres homos !

 

Et je n’ai pas envie de me gêner avec les tartuffes. Montrons leur ce sein qu’ils ne sauraient voir !

 

Personnellement, je trouve superbes les beautés noires, et ceux qui y voient du sexisme et du racisme sont des cons et je les emmerde. Le racisme m’est étranger, ce qui me permet d’appeler un chat un chat sans que les chats se sentent insultés (mais les chats sont souvent moins cons que les humains). Et la Nature est d’accord avec moi, elle qui est quasiment incapable de produire une métisse moche (les dames et les homos seront sans doute du même avis en ce qui concerne les garçons métis).

 

Une fois, j’avais écrit un texte sur le danger de dérive antisémite de l’anti-sionisme. Quand la nécessaire critique de Tsahal vire à la haine contre le boucher kasher du coin chez certains jeunes banlieusards. Une dame très à gauche a compté le nombre de fois que j’utilisais le mot « juif » dans le texte, mais sans le lire, et a fini par y voir de l’antisémitisme. Et comme j’évoquais, en bon germaniste, le danger de voir les Juifs liés pour des générations aux crimes sionistes comme les Allemands aux crimes nazis, un participant au forum a soutenu cette dame en me traitant par dessus le marché de « guttural », puisque germaniste. Bon vieux racisme anti-allemand, qui veut que le « ach », équivalent de la « jota » espagnole, symbolise la brutalité de tout un peuple, racisme d’autant plus ridicule que l’un des dialectes germaniques qui utilise le plus ce son guttural, c’est le yiddish !

 

Une autre fois, dans mon anti-carrière de prof, je suis passé pour raciste. Un Marocain bousculait un petit Turc, et quand je lui en ai fait reproche, il m’a dit : « Mais Monsieur, c’est un Gitan ! ». Pauvre con que j’étais, j’ai essayé de lui expliquer qu’étant lui-même très typé, il risquait un jour d’être brimé par des racistes et que ce n’était pas malin de se servir du mot « Gitan » comme insulte. Il en a conclu que je n’aimais pas les Arabes. Depuis, quand je raconte qu’on m’a pris pour un raciste parce que j’engueulais un Marocain qui traitait un Turc de Gitan, les gens rigolent. Je ne sais pas si c’est de l’humour « d’origine africaine », mais moi, ça me fait rire « asiatique ».

 

Merde ! Voilà que je m’y mets moi aussi, au politiquement correct. Décidément, on y passe tous.

 

Mais vive les Nègres quand-même, nom d’un Gitan !

 

Et avec maître François, pas Villon mais l’autre, je vous dis merde, à vous, hypocrites, bigots, vieux matagots, souffreteux bien enflés, torcols, idiots plus que n’étaient les Goths ou les Ostrogoths, précurseurs des magots, porteurs de haires, cagots, cafards empantouflés. gueux emmitouflés, frappards écorniflés, bafoués, enflés, qui allumez les fureurs.

 

Ce n’est pas parce que Rabelais ignorait l’expression « politiquement correct » qu’il manquait de vocabulaire. Faut pas croire !

 

PS (BG) : Dix petits nègres a été vendu à plus de 100 millions d'exemplaires. Sixième vente mondiale tous genres confondus. Il est connu en anglais sous trois titres différents :

  • - Ten Little Niggers (version originale britannique, conforme au titre de la chanson de Frank Green écrite en 1869) :
  •  
  • Ten little nigger boys went out to dine

    One choked his little self, and then there were nine.

    Nine little nigger boys sat up very late
    One overslept himself, and then there were eight.

  • - Ten Little Indians (version alternative étasunienne, calquée sur le titre de la chanson de Septimus Winner publiée 1868).
  •  
  • - And Then There Were None (version originale étasunienne, tirée du dernier vers de la chanson).

Dans la version de Green, le dernier petit nègre se pend. Dans celle de Winner, il se passe la corde au cou (il se marie).

 

 

   

Vive les Nègres, nom d’un Gitan !
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5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 06:19

Initiatives Communistes brosse un portrait sévère mais juste de Bruno Le Maire : « Bruno Le Maire n’a jamais caché son étiquette de droite. Ayant obtenu 2,4 % des voix aux primaires de la droite, il a prudemment décidé de passer chez Macron.

 

Face à un camarade de la CGT de Peugeot-Mulhouse, le ministre Le Maire a choisi l’invective et la provocation : disant aux syndicalistes CGT qu’ils "font partie de ces gens qui mènent le pays à la ruine". Que "Le peuple français compte plus que trois syndicalistes qui ne veulent pas discuter, c’est lui que nous écoutons", a dit encore le ministre. Puis il a conclu avec les mâles accents de celui qui a la force "Nous ne nous laisserons impressionner par personne. Nous avons reçu des Français le mandat de réaliser enfin la transformation du pays ". Un mandat pesant 24% des suffrages exprimés, avec 56% d’abstentions au second tour des législatives, rappelons-le.

 

Mais finalement entendre Le Maire confirmer qu’il est animé d’une hargne de classe contre les militants syndicaux n’est franchement pas une surprise, même pour les plus inattentifs de nos concitoyens. »

 

 

 

Alexandre Lantier, dans le blog Les Crises, décortique le budget de la Défense nationale française : « Le Conseil des ministres a examiné la Loi de programmation militaire (LPM) française pour 2019-2025, qui prévoit une large augmentation de l’effort de défense. Les dépenses militaires totales sur cette période seront au-delà de 300 milliards d’euros, et le budget annuel augmentera plus de 35% pour s’établir à 44 milliards d’euros. Ceci réaliserait l’engagement de Macron lors de sa campagne présidentielle, de porter l’effort de défense à 2% du Produit intérieur brut (PIB).

 

L’augmentation des crédits militaires passera de 1,7 milliards d’euros par an en 2018-2022 à 3 milliards par an en 2023-2025. Ceci laisse entendre que le sabordage des retraites et des dépenses de santé pour la fin du mandat de Macron est voué en grande partie au financement de l’appareil militaire.

 

A travers l’Otan, les gouvernements déversent des centaines de milliards d’euros sur les armées, alors que Washington a déclaré que la Russie et la Chine, des puissances nucléaires, sont des cibles prioritaires plus importantes qu’Al Qaïda. »

 

 

 

Révolution consacre un article à « la guerre du rail » : L’attaque contre les cheminots et les usagers de la SNCF est une nouvelle étape de la « guerre éclair » que mène le gouvernement. La direction de la CGT-Cheminots a immédiatement réagi en annonçant « un mois de grève, si nécessaire ». Le lendemain, cependant, une réunion des directions syndicales des cheminots déclarait qu’une stratégie de lutte serait arrêtée lors d’une nouvelle réunion, fixée au 15 mars.

 

D’ici là, le gouvernement invitera les dirigeants syndicaux à des concertations et des tables rondes. Il s’efforcera de diviser les syndicats en proposant de fausses concessions, tout en intensifiant sa campagne de propagande contre les prétendus « privilèges » des cheminots. Sur les plateaux de télévision, des gens qui dépensent le montant du SMIC en une ou deux soirées, dans de grands restaurants parisiens, s’indigneront des « avantages insoutenables » des agents de la SNCF. Ce travail de sape aura pour objectif de miner la grève avant même qu’elle ne commence. Le gouvernement fera tout pour que cette grève soit partielle, impopulaire et isolée.

 

 

Marianne critique un raisonnement de Gérald Darmanin. Dire que la SNCF coûte de l'argent "à chaque Français, même ceux qui ne prennent pas le train", remet en cause… le principe même du service public. Celui-ci relève en effet d'un choix de société : faire supporter à toute la population, via les impôts et taxes, le prix du service plutôt que le faire peser uniquement sur ses usagers. Bref, socialiser les pertes mais également les profits. Avec la logique du ministre, on pourrait donc tout autant s'indigner que les personnes qui n'ont pas d'enfants financent l'école publique, ou se révolter contre le fait que les citoyens en bonne santé mettent la main à la poche pour contribuer à soigner les malades.

 

 

 

 

Revue de presse (233)
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4 mars 2018 7 04 /03 /mars /2018 06:31

 

 


Un ancien ministre de l’économie socialiste qui, plus tard, créera un parti libéral à son image a un jour détaillé l’art et la manière d’enfanter une société de marché : « N’essayez pas d’avancer pas à pas. Définissez clairement vos objectifs et approchez-vous en par bonds en avant qualitatifs afin que les intérêts catégoriels n’aient pas le temps de se mobiliser et de vous embourber. La vitesse est essentielle, vous n’irez jamais trop vite. Une fois que l’application du programme de réformes commence, ne vous arrêtez plus avant qu’il soit terminé : le feu de vos adversaires perd en précision quand il doit viser une cible qui bouge sans arrêt. » M. Emmanuel Macron ? Non, M. Roger Douglas, en novembre 1989, en Nouvelle-Zélande. Il livrait alors les recettes de la contre-révolution libérale que son pays venait d’expérimenter.

 

 

Pour Michael Klare, Washington relance l’escalade nucléaire : « La pression politique intérieure oblige chaque jour davantage M. Donald Trump à s’opposer frontalement au Kremlin, soupçonné d’avoir manipulé l’élection présidentielle américaine de 2016. Dans un tel climat, l’augmentation massive du budget militaire des États-Unis ne suscite guère d’opposition. D’autant que le Pentagone met en avant le danger des cyberattaques étrangères et la nécessité de moderniser son arsenal nucléaire, déjà considérable.

 

Comment politiser les colères du quotidien, demande Clément Petitjean ?: « En cette soirée de novembre 2017, une centaine de personnes sont réunies dans une salle de l’Est parisien à l’invitation du pôle auto-organisation de La France insoumise. L’atelier du jour est consacré à la méthode Alinsky, du nom du théoricien de l’« organisation communautaire » (community organizing). Cette forme de militantisme de quartier est apparue aux États-Unis il y a près de quatre-vingts ans, mais demeure largement méconnue en France. Les deux intervenants, M. William Martinet et Mme Leïla Chaibi, louent une « méthode d’auto-organisation citoyenne » qui part « des préoccupations immédiates et concrètes » des habitants afin de leur « redonner du pouvoir ». « J’ai été bluffée par la capacité du community organizing à aller chercher les gens », explique Mme Chaibi ; la méthode Alinsky, « ça marche ».

 

 

Pierre Rimbert évoque le prolétariat numérique : « La fée penchée sur l’aube de l’année 2018 a-t-elle fumé sa baguette magique ? Le 13 janvier, The Economist, l’organe officiel du libre-échange, s’inquiétait du sort du « prolétariat numérique » ; deux semaines plus tard, Le Point consacrait un dossier à l’urgence de « reprendre le contrôle » sur nos données personnelles, ces informations que tout internaute abandonne aux géants de la Silicon Valley, qui, eux, les monnaient à prix d’or. « Et si Facebook et Google nous rémunéraient pour les data que nous leur livrons ? », interrogeait ce magazine d’ordinaire plus mobilisé contre l’augmentation du salaire minimum (25 janvier). « Utilisateurs de réseaux sociaux de tous les pays, unissez-vous ! », interpellait peu après le Financial Times (6 février), qui incitait les accros de Facebook à adopter le slogan « Pas de publication sans rémunération ! ».

 

 

Razmig Keucheyan   explique Ce que la bataille culturelle n’est pas : « Au cours des années 1980 et 1990, l’idée qu’il n’existait aucune solution de rechange aux démocraties de marché a entraîné une forme de fatalisme. A contrario, le réarmement contestataire observable depuis deux décennies replace sur le devant de la scène les affrontements idéologiques. Au point, parfois, d’attribuer à la bataille des idées un rôle et un pouvoir qu’elle ne possède pas. »

 

 

 

Pour Jean-Michel Dumay , les lycées professionnels, sont le parent pauvre de l’éducation : « Elle est la face cachée de la planète éducative, invisible dans les discours officiels, qui lui préfèrent l’apprentissage. La voie professionnelle scolaire instruit pourtant un tiers des lycéens et les trois quarts des jeunes qui s’orientent vers des métiers d’ouvrier ou d’employé. Jadis instrument d’émancipation, cette « école du peuple », promise à une « rénovation », souffre d’une double relégation : scolaire et sociale. »

 

 

 

Anaïs Llobet  décrit l’Échange de bons procédés entre le Kremlin et l’Église orthodoxe : « La réélection de M. Vladimir Poutine le 18 mars semble assurée. Son dernier mandat a été marqué par des rapports de plus en plus tendus avec les pays occidentaux, mais aussi par un virage conservateur. Depuis six ans, le chef de l’État s’affiche avec les dignitaires orthodoxes. Il instrumentalise ainsi leur influence pour revigorer le patriotisme et rayonner à l’étranger. »
 
Pierre Daum  se demande où en est la « Place Tahrir, sept ans après la « révolution » : « Les Égyptiens sont appelés aux urnes le 26 mars pour élire leur président. L’opposition dénonce un scrutin joué d’avance, aucun candidat d’envergure n’ayant eu le droit d’affronter le président sortant, le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi. Le vote se déroule dans un contexte où les espoirs nés du soulèvement de janvier 2011 se sont évaporés, et où la population est confrontée à une dégradation de sa situation économique ainsi qu’à la main de fer du régime. »
 
Pour Gilbert Achcar, « Au Proche-Orient, la stratégie saoudienne dans l’impasse » : « L’Arabie saoudite entend empêcher l’éclosion d’un mouvement démocratique dans la région et contrer l’influence de son rival iranien. Le nouveau pouvoir multiplie les initiatives, dont la plupart se soldent par un échec. Incapable de favoriser la défaite militaire du régime de M. Bachar Al-Assad en Syrie, Riyad s’enlise dans le conflit au Yémen et ne parvient pas à mettre au pas le Qatar. »
 
 
L’ANC est aux « origines d’un parti-État », selon Sabine Cessou : « Après de longs mois de tractations et huit motions de défiance du Parlement, le président sud-africain Jacob Zuma, impliqué dans plusieurs scandales de corruption, a fini par démissionner, le 14 février, au profit de M. Cyril Ramaphosa. Le Congrès national africain affronte de graves tensions internes qui fragilisent une hégémonie acquise avec la fin de l’apartheid, en 1991. »
 
 
Pour Renaud Lambert , Cuba est le pays du vert olive : « Le président cubain Raúl Castro quittera le pouvoir au mois d’avril. Pour la première fois de son histoire, l’île va probablement être dirigée par une personne née après la chute du dictateur Fulgencio Batista, en 1959. Un tel bouleversement soulève de nombreuses questions. Une certitude demeure cependant : l’armée jouera un rôle déterminant dans la phase qui s’ouvre. »
 
 
Maëlle Mariette  évoque ces populations « à la recherche de la Pachamama » : « De nombreuses organisations tentent de consoler les Occidentaux inquiets de la crise écologique. Loin de leurs métropoles frénétiques, en Amérique latine, des indigènes auraient conservé leur proximité avec la nature, érigée au rang de divinité : la Terre mère, ou Pachamama. Une fois sur place, se mettre en quête de ces communautés protégées peut réserver quelques déconvenues. »
 
 
Dalel Benbabaali  décrit « les laissés-pour-compte du miracle indien » : « L’Inde est sur le point de devenir la cinquième puissance du monde. Les inégalités y progressent, et aux divisions de classe vient s’ajouter la hiérarchie des castes. Si le système de quotas dans l’enseignement et la fonction publique a permis à un petit nombre de dalit (intouchables) d’intégrer la classe moyenne, la majorité vit dans la pauvreté. Tout comme les peuples autochtones (« adivasi »). »
 
 
Serge Halimi  s’est rendu compte qu’Arte voulait « faire saigner la Russie » : « L’annexion de la Crimée, la guerre en Ukraine, la diffusion de fausses informations par des sites liés à la Russie ont transformé Moscou en cible régulière, voire obsessionnelle, des médias occidentaux. Une chaîne publique vouée à la connaissance et à la culture aurait pu résister à ce travers. Mais, sous la forme de séries ou de documentaires, Arte semble s’obstiner à faire le choix inverse. »
 
 
Pour Téo Cazenaves, certaines victimes des attentats sont moins victimes que d’autres : « Loin du cœur, loin des yeux » : « Parce qu’elle coûte cher et génère moins d’audience que les commérages sur la vie privée des vedettes, l’information internationale ne constitue pas une priorité pour les dirigeants éditoriaux. Certains pays géographiquement et culturellement proches bénéficient cependant d’une meilleure couverture que d’autres. Le traitement médiatique des attentats illustre cette dynamique d’une manière éclairante. »
 
Pour Gérard Pommier, on en vient à médicaliser toute expérience humaine : « Une perturbation de l’humeur, des moments de chagrin ou de tension sont-ils toujours signes de maladie ? La psychiatrie européenne a longtemps su en évaluer la gravité et trouver les prescriptions appropriées, du médicament à la cure psychanalytique. L’industrie pharmaceutique incite en revanche, sous couvert de science, à transformer des difficultés normales en pathologies pour lesquelles elle offre une solution. »
 
Pourquoi manger bio ?, demande Claire Lecœuvre : « L’association Générations futures a dévoilé le 20 février un rapport sur la présence de pesticides dans les produits agricoles : 73 % des fruits analysés pendant cinq ans et 41 % des légumes étaient contaminés. De quoi renforcer encore l’intérêt pour l’agriculture biologique. Mais que disent les études scientifiques sur les bienfaits de cette dernière en termes d’environnement comme de santé ? »
 
 
Marion Leclair   revient sur « une aurore du féminisme » incarnée par Mary Wollstonecraft (mère de Mary Shelley) : « Mary Wollstonecraft eut une pensée hardie et une vie peu conformiste. Partie prenante des débats que la Révolution française suscita en Angleterre et activement liée au radicalisme, elle politisa sa réflexion sur l’oppression des femmes, notamment à la lumière de la critique du despotisme. »
 
 

 Pour Pierre Rimbert, il faut savoir « choisir ses héros » : « Le 22 janvier dernier, Reporters sans frontières et Universal Pictures International France conviaient leurs invités au cinéma Publicis Drugstore, sur les Champs-Élysées, à Paris. Ils allaient assister à l’avant-première d’un film qui « ausculte les notions de vérité et d’investigation et place le journalisme au cœur de l’intrigue » : The Post, de Steven Spielberg, diffusé dans les salles françaises sous le titre Pentagon Papers. L’histoire, inspirée de faits réels, se déroule aux États-Unis en 1971. Daniel Ellsberg, analyste d’un think tank du Pentagone, a pris tous les risques pour photocopier un document classé secret-défense prouvant que John Kennedy et Lyndon Johnson ont menti au Congrès ainsi qu’au public sur la guerre du Vietnam, qu’ils savaient ingagnable. Le New York Times en publie une synthèse, mais une décision de justice lui interdit de poursuivre. Modeste quotidien régional, le Washington Post va-t-il prendre le relais de son prestigieux confrère ? Ce lundi soir, à Paris, les journalistes sont venus nombreux admirer le jeu de Meryl Streep dans le rôle de Katharine Graham, la propriétaire du Post, et celui de Tom Hanks, qui campe le rédacteur en chef.

 

 

 

Le Monde Diplomatique (216)
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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 05:16
Ci-dessous un article de François Barraud pour Le Café pédagogique où l'on voit qu'après avoir privatisé son école la Suède fait marche arrière.
 
La Suède est-elle allée trop loin dans la décentralisation de son système éducatif ? C'est la championne de la désétatisation de l'Ecole qui est priée par l'OCDE le 4 mai à se réformer une nouvelle fois mais en marche arrière. L'organisation internationale invite la Suède à réformer en profondeur son système éducatif pour améliorer le niveau de compétences des élèves et réduire les inégalités. Un appel qui clôt la réforme éducative la plus libérale des pays de l'Ocde. Déjà un démenti pour nos futurs dirigeants ?

 

La réforme la plus libérale de l'Ocde

 

C'est un champion de la réforme éducative qui est ciblé par l'étude de l'Ocde.  Dans les années 1990, la Suède a pris la tête des pays réformistes dans l'optique du New Management. Le pays est passé en quelques années d'un système éducatif étatique et centralisé à une décentralisation totale. Les enseignants sont devenus des employés communaux. Les établissements sont gérés par des chefs d'établissement qui ont une totale liberté de gestion sous tutelle de la municipalité et une large autonomie pédagogique. L'Etat attribue aux communes une enveloppe globale pour ses services en échange de services. Les parents peuvent inscrire leur enfant dans l'école de leur choix à l'intérieur de la commune. Ils disposent d'un chèque éducation. C'est son apport qui alimente le budget de chaque école. On a donc la plus large décentralisation parmi les pays de l'Ocde et elle a été effectuée en un temps record.

 

Le triste bilan de la réforme

 

Vingt ans après la réforme, le diagnostic dressé par l'OCDE sur l'école suédoise relève des points forts. Malgré le chèque éducation, les différences entre les écoles sont faibles. Les relations profs élèves sont bonnes. Mais l'OCDE pointe le faible niveau de compétences des élèves suédois et la baisse régulière des performances en compréhension de l'écrit, en maths et en sciences dans les évaluations PISA depuis 10 ans. Celle ci découle en partie du manque de discipline dans les classes : les élèves suédois sont les plus souvent en retard dans l'Ocde. Elle provient aussi de l'émiettement du système de formation des enseignants dont l'embauche est maintenant municipale. L'Ocde pointe aussi le faible niveau du statut social des enseignants : seulement 5% d'entre eux estiment que leur métier est valorisé dans la société, un taux très proche de celui de la France. Autre proximité, dans un contexte fort différent : l'étude souligne le manque de clarté dans l'administration de l'Ecole et dans ses objectifs.

 

Le retour à une certaine étatisation

 

L'Ocde invite d'abord à revoir le financement de l'Ecole. Elle estime qu'il est insuffisant et qu'il faut apporter de nouvelles ressources. Cela remet en question le choix opéré dans les années 1990 du chèque éducation. Elle invite aussi à revoir la formation des enseignants et à la "re-étatiser" à travers un institut national. L'éclatement du système a conduit à multiplier les instituts de formation et à abaisser le niveau de formation. L'Ocde demande aussi un effort pour valoriser le métier enseignant en encourageant un pilotage partagé des établissements, ce qui remet en cause sa municipalisation, et en encourageant la coopération entre les enseignants. Enfin l'organisation invite à faire des efforts pour améliorer le niveau scolaire des élèves issus de l'immigration en renforçant l'enseignement du suédois et l'école primaire.

 

Des leçons pour la France

 

Pour nous, ces critiques portées par l'Ocde prennent leur sens par rapport à la situation actuelle de l'école française. Celle-ci partage bien des maux avec l'école suédoise : baisse des performances, inégalités scolaires accrues, dévalorisation du métier. L'intérêt pour nous c'est que ces mauvais résultats sont le résultat d'une réforme libérale de l'éducation, en gros celle qui mijote dans les chaudron de la droite. Le chèque éducation avec le libre choix parental, l'autonomie totale laissée aux écoles, le management local, la toute puissance du chef d'établissement, tout cela a été expérimenté en Suède et a échoué. Les municipalités ont maintenant du mal à recruter des chefs d'établissement  qui jugent avoir trop de responsabilités tout en étant maintenus sous pression par les petits chefs des municipalités, comme le montre un excellent article de Dan Collberg publié par la Revue de Sèvres. Les performances baissent. Le système développe des inégalités ethniques. Ce qu'envisage l'Ocde c'est une recentralisation partielle des formations et des curricula. Un désaveu pour nos futurs dirigeants ?

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