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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 06:20
Y a-t-il des écoles normales d'institutrices aux Etats-Unis ?
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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 06:31

Dans son Web Magazine, Robert Bibeau se demande quels pays sont visés par la nouvelle politique belliqueuse des États-Unis :

- La Russie en tant que fournisseur d’énergie.

- La Chine en tant que première puissance concurrente de l’Amérique économique, financière, boursière et militaire.

- La Corée du Nord en tant que terrain de confrontation par procuration entre les deux géants se battant pour l’hégémonie mondiale.

- L’Iran en tant que fournisseur d’hydrocarbure à la Chine et en tant qu’État récalcitrant tenant tête aux visées hégémoniques américaines.

L’Union européenne alliée des États-Unis qui reçoit cet ultimatum « Vous êtes avec nous dans cette aventure belliqueuse nucléarisée ou vous êtes contre nous! »

- Tous les pays du monde, alliés ou ennemis des États-Unis, que le Pentagone menace de représailles nucléaires s’ils osent résister à son hégémonie.

- Le peuple des Etats-Unis lui-même, si jamais en réaction à sa misère grandissante il osait résister et se soulever contre ses geôliers.

 

Dans Le Grand Soir, Olivier Petitjean se demande si, à propos du démantèlement de la SNCF, Macron ne va pas répéter les mêmes erreurs que les Britanniques, avec des entreprises privées qui laissent tomber les lignes qu’elles gèrent :

Tout récemment, Virgin Trains et le groupe de transport Stagecoach, les deux entreprises privées qui ont obtenu la gestion de la ligne de la Côte Est ont annoncé qu’elles abandonneraient leur concession trois ans avant la fin du contrat et qu’elles ne payeraient pas les redevances qu’elles devaient verser à l’État. Cet abandon représente un manque-à-gagner de 2,25 milliards d’euros pour le trésor public britannique. Ironie de l’histoire : cette ligne a été gérée directement par le gouvernement de 2009 à 2014 suite à la défaillance successive de deux prestataires privés. Elle a été reprivatisée en 2015. Ces événements n’ont pas empêché le ministère britannique des Transports de confier – sans mise en concurrence – le contrat de concession d’une autre ligne ferroviaire, InterCity West Coast (donc sur la côte ouest, cette fois-ci), aux deux mêmes entreprises, Virgin et Stagecoach.

Le gouvernement britannique se trouve ainsi régulièrement contraint de renationaliser aux frais du contribuable des services qu’il avait privatisés. Le parti travailliste a adopté pour les élections de juin 2017 un programme radical de renationalisation des services publics, suscitant l’opprobre des milieux d’affaires et de l’aile néolibérale du parti. Ce programme semble avoir trouvé un écho dans l’électorat puisque le Labour reste en position de l’emporter en cas d’élections anticipées.

 

 

Revue de presse (232)

 

Dans Res Publica, Yvan Quiniou et Paul Ariès dénoncent la complicité de la gauche avec les religions :

 

Nous assistons à un retour catastrophique des religions. Que la gauche, dont l’identité est laïque et fondée sur une critique rationnelle et raisonnable des méfaits des religions dans l’histoire, s’en fasse la complice est surprenant. La gauche a choisi d’oublier que les Églises, en tant qu’appareils, ont toujours été du côté des puissants, des dominants. Nous devons nous en souvenir deux ans après la manif contre l’égalité des droits face au mariage et quelques jours après la mal nommée « marche pour la vie ».

 

 

Enfin selon L’Obs, Najat Vallaud-Belkacem se cherche : Recrutée en janvier chez Fayard où elle devait diriger une collection d’essais sur le progressisme, elle change d'orientation un mois et demi plus tard. L'ex-ministre de l'Education nationale vient d'être nommée directrice générale déléguée des Études internationales et de l'innovation au sein du groupe Ipsos. Elle interviendra dans le cadre du plan de refonte de l'institut de sondage, « dont l'objectif est de déployer de nouveaux outils de mesure afin de mesurer les données en temps réel ».

 

Je me permets de rappeler que, pour la présidentielle de 1988, François Mitterrand commanda à Ipsos un sondage par jour. Jean-Marc Lech, son ancien directeur décédé en 2014, rapportait dans ses mémoires comment, payé avec l'argent des fonds secrets, il repartait de l'Élysée avec des valises de billets de banque.

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 06:30
Hommage à Jean Bosc

Il signait ses dessins “ Bosc ”. Il s'est suicidé en 1973 à 48 ans. Il avait encore tant de choses à nous dire.

 

Hommage à Jean Bosc
Hommage à Jean Bosc
Hommage à Jean Bosc
Hommage à Jean Bosc
Hommage à Jean Bosc
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Hommage à Jean Bosc
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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 06:34

 

 

La réponse est évidemment : non !

 

Allons, soyez sérieux. Dans de nombreux pays semblables au nôtre, ils ne le sont pas ou plus. Précisons : outre-Manche, les professeurs ne sont pas fonctionnaires mais agents publics. Á aucun moment de leur carrière ils ne jouissent de la garantie de l’emploi. La situation peut varier d’un comté à un autre, d’une autorité locale (équivalent des académies) à une autre. L’enseignant signe un contrat avec l’autorité locale qui lui verse un salaire sur la base de grilles nationales (tout de même !).

 

 

En Allemagne, deux statuts coexistent, celui de fonctionnaire et celui d’employé du secteur public. Dans certains Länder (pas tous, ne rêvons pas !), les enseignants sont recrutés sous contrats gouvernementaux permanents. Leur statut est alors proche de celui des fonctionnaires. Mais, outre-Rhin, il faut montrer patte blanche, avec patience. Un premier contrat doit donner satisfaction aux autorités des Länder qui élaborent des statuts de stagiaire à géométrie variable. Si l’enseignant est réellement apprécié, il devient fonctionnaire pour une période probatoire d'environ trois ans (en France, les stages menant à la titularisation durent un an) puis, s’il donne à nouveau satisfaction après sa période probatoire, il est alors fonctionnaire à vie, l’équivalent d’un titulaire en France.

 

 

Aux Pays-Bas, les enseignants sont employés non par l’établissement, mais par l’entité qui gère cet établissement, ce qui facilite les mutations entre les établissements gérés par la même entité.

 

 

Les Polonais raffinent, eux qui ont élaboré quatre types de statut : stagiaire, contractuel, titulaire et agréé. La première étape dure neuf mois, les deux suivantes deux ans et neuf mois chacune. Aujourd’hui, seul un enseignant sur deux est agréé.

 

 

En Finlande, pays dont on nous vante régulièrement le système éducatif, les enseignants sont recrutés par le chef d’établissement (le rêve de notre droite classique et des macroniens) par délégation de la municipalité et ils sont payés par l’établissement. Après avoir obtenu son master en éducation, l’aspirant enseignant candidate dans les communautés ou les établissements scolaires qui publient les postes vacants dans la presse. Le chef d’établissement choisit le candidat après un entretien, choix entériné par la municipalité. L’entretien d’embauche se passe devant une commission présidée par le chef d’établissement et composée d’enseignants, de parents d’élève et parfois d’un représentant de l’autorité locale. Si le professeur recruté donne satisfaction, son contrat est pérennisé et il obtient un statut de fonctionnaire territorial dépendant de la municipalité de rattachement de l’école.

 

 

En Belgique francophone (pour comprendre le système flamand, il faut connaître la langue), la situation est complexe. Les établissements sont organisés et gérés par différentes instances, appelées « pouvoirs organisateurs ». Il s’agit soit du Gouvernement de la Communauté, soit d’entités juridiques publiques ou privées. Le pouvoir organisateur peut déterminer ses programmes d’enseignement, sous réserve d’approbation ministérielle, ainsi que ses méthodes pédagogiques et son organisation.

 

 

En Californie, il s’en est passé une bien bonne en 2014. Neuf élèves ont mené une action en justice visant à supprimer le statut de titulaire qui empêchait le licenciement de professeurs jugés incompétents. Le tribunal a estimé que le système violait les droits civiques de élèves en défavorisant ceux de milieux modestes qui ne pouvaient pas compenser par des cours particuliers la gabegie de leurs établissements. Á noter qu’aucun des neuf élèves n’a tiré dans le tas.

 

 

Bref, les enseignants sont rarement fonctionnaires. Alors, je pose la question : est-ce que le monde s’est arrêté de tourner pour autant ? Il faudrait être un enseignant russe gagnant environ 100 euros par mois (pas grave : 90% sont des femmes) pour répondre par l’affirmative.

 

 

Attendez-vous à savoir, comme disait Geneviève Tabouis, que la défonctionnarisation des enseignants français est plus qu’en marche. Elle court.

 

 

Malins, le banquier et son gang ne vont pas attaquer de front les enseignants du primaire et du secondaire, trop nombreux et, encore, trop syndiqués. Ils vont s’en prendre aux enseignants du supérieur, moins nombreux et beaucoup moins syndiqués.

 

 

Sous Sarkozy, la loi Pécresse a, parmi d’autres méfaits, instauré la concurrence entre les universités et a dépouillé les vrais universitaires (les enseignants et les étudiants) de pratiquement tout pouvoir. La contre-réforme avait commencé en 1984 avec les Solfériniens et la loi Savary sur l’enseignement supérieur. Une loi qui, d’abord, institutionnalisait l’annualisation des services, les universitaires servant de cobayes pour les autres travailleurs. Prudent, le pouvoir socialiste de l’époque avait d’ailleurs fait tester cette “ réforme ” par l’université de Côte d'Ivoire. La loi alourdissait considérablement le travail des enseignants en augmentant le nombre d’heures de cours et en leur infligeant des tâches administratives normalement dévolues à des personnels qualifiés pour cela. Aujourd’hui, modulation oblige, un enseignant de Lyon 2 dispense environ deux fois plus de cours qu’un enseignant de Paris 4 ou qu'un collègue qui travaille de l'autre côté de la rue, à l'Ecole normale supérieure. Le législateur supprima l’historique thèse d’État pour la remplacer par un parcours du combattant encore plus ardu : une thèse “ nouveau régime ” suivie d’une habilitation à diriger les recherches pour être promu professeur. Le tout constituait une attaque frontale extrêmement dure contre les personnels. Comme la France était dirigée par un gouvernement « de gauche », il fut expliqué qu’il ne fallait rien faire pour mettre en péril l’expérience « socialiste ». La CFDT accompagna ces “ réformes ” avec zèle. Le Snesup protesta, mais dans le contexte d’une désyndicalisation qui avait déjà commencé, sa voix ne se fit pas entendre comme il aurait fallu. Ces mesures encouragèrent le repli sur soi, l’individualisme (profils et services différenciés, obligation de réussite sans les moyens afférents). Mis à part 5% de cossards (pourcentage que l’on retrouve partout, tant dans le public que dans le privé) les universitaires français travaillent comme des malades (c’est pareil dans le monde entier). Les prises de conscience sont rarement le fait de gens exténués, de travailleurs prolétarisés à l’insu de leur plein gré. Dans ce contexte, on ne s’étonnera pas que les Solfériniens et l’UNEF ne furent jamais d’un grand recours. Lors de la campagne de 2007, Ségolène Royal avait dans ses cartons des projets similaires à ceux de Sarkozy/Pécresse.

 

 

Le gouvernement actuel prépare un bouleversement historique pour l’université de demain. Pour les étudiants, la sélection sera impitoyable et dictée par les exigences des patronats locaux qui fixeront les grandes lignes des politiques universitaires pour le long terme. Les enseignants perdront leur statut et le pouvoir au jour le jour sera entre les mains de DRH et assimilés non universitaires.

 

 

Alors, me direz-vous, les universitaires qui sont des gens intelligents et rationnels qui, menant pendant des années des recherches très pointues, sont capables d’écrire des thèses de 1 000 pages sur le double d’écriture chez Orwell, sur les participes présents détachés en rupture ou sur le dandysme littéraire à l’époque de Balzac, ont interrompu leurs cours, ont organisé dans tous les établissements des AG avec les étudiants pour les conscientiser sur les enjeux de la contre-réforme du baccalauréat, ont menacé de se jeter dans la Garonne, le Rhône et la Seine réunies.

 

 

J’déconne. Au moment où j’écris ces lignes, une poignée d'établissements universitaires sur une petite centaine sont en lutte. Et encore, les personnels qui se remuent sont ultra minoritaires. Les droites (l'officielle de Wauquier et l'officieuse du banquier) ont un boulevard à 16 voies devant elles.

 

 

 

 

Les enseignants français doivent-ils demeurer fonctionnaires ?

 

La vérité viendra d’outre-Manche, là où les enseignants-chercheurs sont salariés des établissements, sans le statut de fonctionnaire. Tous les postes permanents (contrats de type CDI) sont nécessairement rattachés à une université et liés à une activité d’enseignement. Les seuls chercheurs à temps plein le sont sur un contrat temporaire (de type CDD). Parmi les 27 000 chercheurs, beaucoup sont des post-doctorants. Au cours des dernières années, le nombre de post-doctorants a augmenté de façon très importante. La situation est meilleure pour les enseignants-chercheurs, avec seulement 23 000 CDD, mais varie selon les domaines de recherche : alors qu’en moyenne 28 % des personnes sont employées sur des CDD toutes matières confondues, si l’on considère uniquement les sciences et l’ingénierie ce chiffre monte à 42 %, et même à plus de 50 % dans les sciences de la vie. Ajoutons qu’il n’y a pas de retraite nationale au Royaume-Uni. Chaque université a son propre système qui varie en fonction des lois du marché, des fonds de pensions et du rapport de force entre l'équipe de direction et les salariés. Actuellement, une lutte très dure est menée par des universitaires britanniques qui ont enfin intériorisé que leurs pensions, comme leurs salaires, sont des variables d’ajustement. Le syndicat des universitaires britanniques (UCU) a entamé le 22 février un mouvement de grève pour s'opposer à la réforme proposée par l'équivalent britannique de la Conférence des présidents d'université qui voudraient que les pensions soient d'abord fonction de l'évolution des marchés. Le syndicat estime qu'un retraité pourrait perdre 10 000 euros par an (une baisse d'environ 40%). L'action devrait durer jusqu'au 16 mars 2018 (outre-Manche, on ne fait pas souvent grève mais quand on s'y met sérieusement, ce n'est pas pour rien).

 

 

Il y a trente ans, le salaire d’un enseignant du secondaire équivalait à deux fois le smic. On en est à 1, 25 aujourd’hui. Les enseignants français sont plus mal payés que les Portugais. Avant, ils pouvaient au moins exciper d’un statut très protecteur lorsqu’on évoquait leur paye modeste. Demain, littéralement demain, ils n’auront plus ni la paye ni le statut. Quant aux universitaires français, leurs émoluments sont nettement inférieurs à ceux de leurs collègues britanniques. Comme le maître de conférences allemand, le maître de conférences britannique débute à 3 000 euros par mois contre 2 000 euros pour le Français (qui a, par ailleurs perdu 25% de son pouvoir d’achat depuis 35 ans). Les Français doivent 192 heures d’enseignement par an contre 50 à 80 outre-Manche. Les Britanniques disposent donc de bien plus de temps pour mener leur recherche scientifique dans de bonnes conditions.

 

Les enseignants français doivent-ils demeurer fonctionnaires ?
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18 février 2018 7 18 /02 /février /2018 08:01

 

 

 

Vendredi 16 février, l’émission “ C dans l’air ” de La 5 proposait une réflexion sur l’avenir de la SNCF, en d’autres termes sa privatisation, l’ouverture au marché européen, la fin des « privilèges » des cheminots et de leur statut, du merveilleux grain à moudre pour les économistes de droite et d’extrême droite que l’émission invite régulièrement. Les débats (sic) étaient animés par Bruce Toussaint qui, parce qu’il est très pris sur d’autres antennes, a peu de temps pour préparer ses dossiers et donc choisit la posture du naïf. Seulement, Toussaint – et sa consœur Caroline Roux naturellement – donneraient à l'extrême droite au service du patronat le Bon Dieu sans confession.

 

 

Parmi les invités, un économiste qui a son rond de serviette dans l’émission : Bernard Vivier. Toussaint le présente comme responsable de l’Institut Supérieur du Travail. Ce faisant, il commet un énorme mensonge par omission, une authentique crapulerie. « Institut Supérieur du Travail », ça en jette. Ça fait presque officiel. On se dit que ça a un rapport avec l’enseignement supérieur, même si on n’a jamais vu d’« Institut Inférieur du Travail ». Ça résonne de manière au moins aussi glorieuse que la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques d’Agnès Verdier-Molinié.

 

 

Alors de quoi cet institut est-il le nom ? Il fut fondé en 1969 par Claude Harmel, mort à 95 ans en 2011, proche de Marcel Déat et de Georges Albertini dans sa jeunesse, et d’Alain Madelin, de Vivier, et d’Hervé Novelli dans sa vieillesse. Arrêté à la Libération, il est emprisonné à Fresnes, révoqué de l'enseignement, condamné en mai 1947 à quatre années de prison et à la dégradation nationale à vie. Il est libéré en novembre 1947 et amnistié en 1951.

 

 

 Sa vie durant, son obsession majeure aura été la mainmise du Parti Communiste sur la CGT, tout particulièrement après 1968, suite à la reconnaissance des sections syndicales dans les entreprises. Son institut va donc se consacrer à la formation des cadres d’entreprise dans la perspective de la lutte antisyndicale.

 

 

Bernard Vivier, ainsi que son frère Henri, furent nourris à ce lait. Dès 1978, âgé de 23 ans, il est proche du Front National, sans en être membre. Profondément chrétien, il est inspiré par l’Opus Dei et ne cache pas son effroi devant la libération des femmes et la révolution sexuelle après 1968. Bernard Vivier entre à la CFTC comme chargé d’études puis travaille pour les Notes de conjoncture sociale, éditées par le Centre d’observation sociale de la Fédération économique européenne (FEE). Ce Centre d’observation sociale se présente comme « un instrument de travail au service des entreprises créé et administré par des dirigeants d’entreprise ». Vivier a donc un pied dans le syndicalisme ouvrier et l’autre dans le syndicalisme patronal. De 1987 à 1991, il dirige le syndicat CFTC des journalistes ; de 2002 à 2008, il est vice-président de la Confédération chrétienne. L’entrisme qu’il pourfend chez les communiste ne lui pose pas de problème en tant militant syndicaliste chrétien. Il collabore à Radio Courtoisie, qui rassemble toute l’extrême droite républicaine et royaliste française et à la Revue universelle, organe maurassien d’Action Française.

 

 

De 1997 à 2010, il est membre du Conseil économique et social. Sa notoriété médiatique s’envole : il a participé, depuis vingt ans, à des centaines d’émissions. Il muscle la pensée économique de Christine Boutin et de son Parti Chrétien Démocrate. Il défend la cause de Denis Gauthier Sauvagnac lors du procès de l’UIMM (accusée d’avoir acheté des syndicalistes pour « fluidifier les relations sociales »).

 

Un vrai scientifique dégagé de toute contrainte idéologique, comme Toussaint et Roux les affectionnent.

 

 

 

 

La Cinq ment par omission (très souvent)

 

PS : Vivier a dû se réjouir d’un amendement surprise voté par les sénateurs et les députés le 15 février. Il permet à un employeur d’imposer à un salarié de passer en forfait jour, par delà la réglementation sur le temps du travail. S’y opposer, comme l’explique Mediapart, vaudra licenciement : « Le forfait jour, régime dans lequel le temps de travail est compté en jours par an plutôt qu’en heures par semaine, permet de faire sauter la borne des 35, 37 ou 39 heures hebdomadaires. Le salarié cadre, ou tout employé bénéficiant d’une « large autonomie », peut ainsi travailler, sans référence horaire, jusqu’à onze heures quotidiennement, en échange de contreparties sur le salaire ou les congés, plus ou moins bien négociées dans le cadre d’un accord collectif. Ce régime, totalement dérogatoire, était jusqu’ici basé sur le volontariat. Le salarié pouvait donc individuellement s’y opposer. Par quatre fois, le Comité européen des droits sociaux a d’ailleurs condamné la France pour l’utilisation d’un tel régime, unique dans l’UE. »

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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 06:36

 

Aux États-Unis, l’agro-alimentaire (exploitations agricoles, usines de transformation, points de vente) est sous la coupe d’une poignée de firmes transnationales qui échappent aujourd’hui à tout contrôle démocratique, divers textes de loi autorisant les entreprises à garder secrètes les informations concernant leurs pratiques. Elles ont de beaux jours devant elles car 80 à 90% de ce qu’ingèrent les Étatsuniens sont des produits transformés. La nourriture est de plus en plus industrielle et complètement déconnectée de la nature : on trouve en effet de tout à tout moment.

 

 

C’est toujours le même problème avec la poule et l’œuf : avant la Deuxième Guerre mondiale, on ne sait trop si l’agro-alimentaire industriel naquit de la demande de la restauration rapide ou si cette restauration n’était autre que le débouché inévitable de la production agricole industrielle. La restauration rapide (style McDonalds) répondit à un moment de l’exploitation des travailleurs étasuniens. Comme ils étaient employés de plus en plus loin de chez eux et qu’ils avaient de moins en moins de temps pour se sustenter, il fallut leur fournir une restauration rapide, donc standardisée et préparée par des employés sans grande qualification. Tous les coûts furent tirés vers le bas : nourriture, service, salaires des employés de la restauration et des travailleurs en général. Les dividendes, eux, grimpèrent.

 

 

La concentration capitaliste fut foudroyante. McDonalds devint le premier acheteur de bœufs, de pommes de terre, de pommes, de volaille et de laitues. Devenue énorme, la chaîne ne put faire appel qu’à des exploitations agricoles qui, elles-mêmes, étaient gigantesques. Dans les années 1970, les cinq plus grands grossistes en viande contrôlaient 25 % du marché ; quarante ans plus tard, les 4 plus importants contrôlent plus de 80 % de ce marché.

 

 

Par exemple, Tyson, le plus important grossiste en volaille au monde qui a la force de frappe d’un boxeur célèbre. Il vous élève aujourd’hui en quarante-huit jours un poulet deux fois plus gros que ceux des années cinquante qui vivaient soixante-dix jours. Á noter que le poulet n’est pas, harmonieusement, deux fois plus gros que son ancêtre : le maïs et les hormones développent le poitrail démesurément. Le volailler n’est généralement plus le propriétaire de ses volailles. Au pays de la libre entreprise sans entraves et non faussée, l’exploitant agricole est employé par une entreprise qui, visant la standardisation à outrance, l’oblige à produire des poulets ayant tous le même poids. Les pauvres bêtes sont entassées par centaines de milliers dans des hangars où elles ne voient jamais la lumière du jour. Elles grandissent au milieu de la saleté et de leurs excréments (d’où les bains de chlore qui ne les débarrassent cependant pas de tous leurs germes et autres microbes mais qui donnent au poulet ce fumet incomparable) et, du fait de la nourriture chimique qu’elles ingèrent, elles poussent plus vite que ce pour quoi leur corps avaient été programmé. Leurs os se brisent et elles deviennent alors des accidents industriels.

 

 

Les travailleurs ont à peu près autant d’autonomie que la volaille. Il s’agit aujourd’hui le plus souvent de Latino-américains en situation irrégulière sans contrat qui acceptent de très faibles salaires. Pour qu’ils se pénètrent de l’idée qu’ils ne sont pas grand-chose, des rafles sont régulièrement opérées par la police de l’immigration et 5 à 10 % sont renvoyés dans leur pays selon un taux de rotation bien planifié.

 

 

Endettés auprès des entreprises agro-alimentaires qui les obligent à acheter du matériel toujours plus coûteux, les éleveurs subissent les diktats de conglomérats qui les poussent à emprunter. Les éleveurs n’ont alors plus aucune autonomie, aucune liberté quant à leur propre métier. Il est courant qu’un éleveur ayant emprunté 500 000 dollars ne gagne que 1 500 dollars par mois. Durée du remboursement : trente ans.

 

 

La plupart des aliments transformés sont des sous-produits du maïs que l'on trouve en effet dans 90% des produits vendus dans les grandes surfaces : coca, sirop, vinaigrette, corn flakes (évidemment !), tortillas, Ketchup, Pringles, jambon blanc, polenta, glaces (pas les Haagen Dazs), bière, chewing gum. Même dans les piles ! Le maïs nourrit de nombreux animaux d’élevage (bovins, porcins et poissons). La production à l’hectare a décuplé en 100 ans grâce aux engrais, aux pesticides et à la sélection des plantes. 30 % des terres cultivables sont réservées au maïs. Un immense réseau de routes et de chemins de fer a été construit pour transporter le maïs des champs jusqu’aux exploitations d’élevages intensifs. Les bovins sont, contre leur nature, forcés de manger du maïs au lieu de l’herbe, ce qui crée de nouvelles bactéries (type E-Coli) dans le premier estomac de la vache qu’on élimine en faisant un trou dans le flanc de la bête. La bactérie se retrouve même dans les légumes (épinards, salade..). Les vaches pataugent dans leurs excréments, dans les abattoirs la viande est souvent contaminée. Il y avait des milliers d’abattoirs en 1970, aujourd’hui il n’en reste plus que treize, ce qui augmente le risque de contamination. Á noter que l’agriculture « moderne » nécessite de plus en plus de pétrole : il faut 285 litres de carburant pour amener le bétail à l’abattoir.

 

 

 

 

Chez les Étasuniens : nourriture, capitalisme et barbarie (I)

 

Les contrôles ministériels (US Department of Agriculture) se raréfient : 50 000 inspections en 1972 contre 9 000 en 2006. Dans un univers de plus en plus toxique, la mort plane. Un enfant de deux ans, Kevin a été foudroyé par la bactérie E-Coli en mangeant un burger. La bactérie a détruit ses reins et le petit garçon est mort au bout de 12 jours. Sa mère se situait à la droite du parti républicain. Elle a perdu ses repères mais se bat courageusement contre le Moloch. Le gouvernent (USDA) a imposé des tests dans différentes entreprises agro-alimentaire pour dépister la salmonelle et l’e-cili.  Les tribunaux l’ont empêché de faire fermer les entreprises qui contaminaient. Un projet de loi, dite “ loi Kevin ” a été déposé en 2005. Cette loi, qui aurait redonné à la l’USDA son pouvoir de décision, n’a jamais été votée. Redonner de l’herbe aux animaux pendant cinq jours supprimerait 80 % de la bactérie E-Coli de leur système digestif.

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14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 06:35

 

Michel Cornaton. La Guerre d’Algérie n’a pas eu lieu – Du déni à l’oubli, chronique d’une tragédie. Paris : L’Harmattan, 2018.

 

Bon, je ne vous cacherai rien : je connais Michel Cornaton depuis une petite quarantaine d’années. Nous fûmes collègues à l’Université nationale de Côte d’Ivoire, ce lointain proche où des amitiés très solides pouvaient se nouer entre expatriés. Michel est l’une des personnalités les plus singulières, les plus riches et les plus attachantes qu’il m’a été donné de rencontrer.

 

Il est l’auteur d’une œuvre importante, dans les deux acceptions du terme. Entre autre d’une étude sur les camps de regroupement en Algérie dont j’ai rendu compte ici. Dans son étude et sa dénonciation de ces camps, il s’opposa à Pierre Bourdieu, dont la démarche, ou plutôt l’absence de démarche, fut une faute grave.

 

Toutes les vies sont des romans. Á condition de savoir les raconter, c’est-à-dire de partager ce postulat de Roland Barthes selon lequel le monde a été créé pour se terminer dans un livre. Avec Michel Cornaton, nous sommes servis. Trop bien, dirais-je. Avec le volumineux récit qu’il nous fournit, il aurait pu écrire deux ouvrages. Le titre est en effet un peu trompeur car la Guerre d’Algérie, qui fut la grande affaire, la grande cause de sa vie, n’occupe en gros que la moitié du livre.

 

 

Note de lecture (175)

Michel Cornaton derrière le poète Jean Tardieu

 

 

Né dans un milieu modeste de la région de Bourg-en-Bresse, Cornaton fut tout : fils, petit-fils, écolier, séminariste, sportif de bon niveau, soldat, père de famille, travailleur en usine, professeur des universités, syndicaliste, sociologue, psychologue.

 

Il y a chez Cornaton une force intellectuelle tranquille et désarmante à laquelle je me suis frotté pendant des années à Abidjan, quand il introduit mine de rien un argument, une réflexion dans la conversation, avec humour et en soulevant, en un effort feint, des montagnes d’esprit qui désarçonnent. « Parler c’est vivre », disait Claude Halmos. Dans cette Guerre d’Algérie n’a pas eu lieu, Cornaton libère la parole, le discours et le langage dont il dénonce la « dénaturation » : « Á leur retour au pays, la plupart des deux millions de jeunes hommes enrôlés n’ont rien pu dire sur l’enfer vécu en Algérie ».

 

Pour retrouver et dire les mots de ses souvenirs – il a la chance (?) d’être hypermnésique – il a installé dans son récit un double de lui-même qu’il observe avec une distance légère. Mais avec la précision et les exigences d’un entomologue, à la recherche des « vies obscures » (Virginia Woolf) ou des « vies minuscules » (Pierre Michon). Dans le monde bressan du petit Michel, on va au cinéma (le Vox) une fois par an. Alors on en parle avant, pendant et après pendant des jours. Des cousines s’appellent Anthelmette. On écoute « La famille Duraton » grâce à Radio Luxembourg (ah ! Ded Rysel, Jean Carmet jeune…). On vibre à “ Quitte ou double ” de Zappy Max et au “ Radio Crochet ” de Jean Nohain. Au séminaire, chacun est tétanisé par le crime monstrueux de l’abbé d’Uruffe. Mais « Face au “ S ” du Scandale, la stratégie des trois “ S ”, Silence-Sacré-Secret, a parfaitement opéré. » Quant à la vie militaire, c’est « un monde du “ je ne veux pas le savoir ”, du “ marche ou crève ”, le mieux étant, une nouvelle fois, de rentrer dans sa coquille et de brancher le pilotage automatique. » Un monde où, dans les dortoirs, un muret sépare les vrais Français des FSNA (Français de souche nord-africaine). Un monde de conditionnement, de harcèlement dont on s’échappe un instant en allant voir Et Dieu créa la femme (avec « Brigitte Bardot à poil »).

 

Quant à la sale Guerre d’Algérie qui n’a jamais dit son nom (on parlait d’« événements », de « pacification »), cette horreur traumatisa à jamais Michel : 1500 condamnations à mort, « en ne comptabilisant que ceux qui eurent droit à un procès, sans que figurent non plus dans les statistiques tous ceux qui furent pendus, étranglés, jetés d’avion ou d’hélicoptère, et nombre de ceux qui furent exécutés à l’occasion des “ corvées de bois ”. Il y eut 222 hommes guillotinés [et non fusillés car ils ne s’agissait pas de soldats en guerre mais de bandits de grand chemin] entre 1956 et 1962, l’équivalent du quart de l’épuration officielle de la Seconde Guerre mondiale. Sur ces 222, les quarante-cinq premiers le furent sous la responsabilité de François Mitterrand qui, du temps où il fut Garde des sceaux, refusa systématiquement le recours en grâce. » Sans parler des prisonniers abattus en campagne d’une balle dans le dos parce qu’il fallait faire du chiffre. Chaque jour de cette guerre durant laquelle Michel parvint à ne jamais tirer sur un adversaire, dix soldats français moururent, cent furent blessés. La France officielle écrivit l’histoire de la Guerre d'Algérie avec une gomme. Par exemple, en amnistiant en 1962 les coupables d’infractions commises dans le cadre de la répression contre l’insurrection algérienne et en effaçant en 1968 toute peine pénale en lien avec la Guerre d’Algérie.

 

Cornaton retourna en Algérie pour y étudier, en vue d’une thèse, les centres de regroupement, zones où les occupants français concentrèrent des centaines de milliers de civils. Il trouva sur son chemin Pierre Bourdieu, pour qui l’Algérie était un peu une chasse gardée : « L’histoire ne m’intéresse pas. L’urgence que vous évoquez n’est pas là. Vous pouvez me dire l’intérêt d’étudier des centres de regroupement qui n’existent plus ? Les habitants en sont partis et ils n’y remettront pas les pieds. » Ce à quoi Cornaton répondit : « Ce n’est peut-être plus le cas. Je viens seulement de redécouvrir le pays et m’apprête à y retourner prochainement. Sans les rechercher particulièrement, j’ai pu apercevoir nombre de regroupements habités. Vous avez les nouveaux arrivants qui ont pris la place de ceux qui s’étaient dégroupés.  Vous avez des milliers, pour ne pas dire des millions d’Algériens qui continuent à vivre en marge de leur société. » Michel (ou son double d’écriture ?) fut alors à deux doigts de flanquer une grosse baffe dans la figure du prestigieux sociologue. Il eut, en fin de comptes, le grand mérite de soutenir, en France, la première thèse sur la Guerre d’Algérie.

 

Le négationnisme de la France officielle poursuivra Cornaton jusqu’à l’université de Lyon 2 où il sera nommé professeur et terminera sa carrière universitaire. Par une ironie dramatique dont la France a le secret, c’est dans la ville de Marc Bloch où s’est illustré Jean Moulin qu’a fleuri le pire des négationnismes. Á Lyon 1 et Lyon 3, l’établissement que la bourgeoisie lyonnaise considère comme « son » université, de manière militante, et à Lyon 2 de manière moins ostentatoire mais pas moins efficace. Dans une page très courageuse, Michel Cornaton fait le tour de la question : « Lyon a revêtu les deux aspects d’une capitale de la résistance et de la collaboration puis du révisionnisme. l’Université Claude Bernard Lyon 1 s’est empêtrée toute seule dans l’affaire de l’eugéniste Alexis Carrel, dont la Faculté de médecine portera le nom avant d’être rebaptisée Laennec, sous la pression de l’opinion publique. L’Université Lyon 3, paradoxalement nommée Jean Moulin, au moment où elle réussissait à se défaire d’une partie de ses oripeaux de la honte, n’a pas été capable de régler par elle-même la question Notin, un enseignant négationniste. Quant à Lyon 2, elle n’a rien trouvé de mieux, en 1987, que de choisir comme parrains deux Bisontins, les frères Auguste et Louis Lumière, au long passé pétainiste [et admirateurs du fascisme italien]. Le palmarès révisionniste de Lyon 2 ne manque pas d’être éloquent lui aussi : Robert Faurisson en lettres, Pierre Zind, un frère mariste enseignant en sciences de l’éducation, plus tard François Robert, un ex-collaborateur d’une revue négationniste. »

 

Malgré l'utilisation d'un double, d'un intercesseur (ou peut-être grâce à), on peut dire qu'il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre l'œuvre et l'homme. Michel Cornaton ne reconstruit pas son passé : il le déconstruit pour en offrir une vision construite bourrée de sens. L'empathie qu'il éprouve pour son double est contagieuse. Comme Montaigne, c'est lui-même qu'il peint mais il n'a pas besoin d'avertir son lecteur que son œuvre est « de bonne foi ». Comme Montaigne  il « forge son âme ». Il quête ce que les Allemands appellent Erfahrung, c'est-à-dire l'expérience accumulée, et il nous en donne l'origine. Et comme son écriture est aussi précise que limpide, on sort enrichi et heureux de l'avoir lu.

 

 

Note de lecture (175)

 

Á côté de Michel Cornaton, ma fille aînée Isabelle.

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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 06:40

Un article très utile de Marianne sur l’IFRAP d’Agnès Verdier-Molinier : faux institut de recherche et vrai lobby ultra libéral, dans le conseil d’administration duquel on compte forcément Denis Kessler :

« Agnès Verdier-Molinié squatte les écrans pour parler d'économie, auréolée d'une réputation de chercheuse à l'Ifrap. Une prouesse extraordinaire pour une fondation ultra-libérale très éloignée de toute rigueur scientifique, experte du lobbying au Parlement, arrosée par de mystérieux mécènes et noyautée par des chefs d'entreprise...

 

C’est le diablotin qui sort de la boîte médiatique, dès que le mot « dépense publique » apparaît à l’écran. A moins d’éviter soigneusement ce type de programmes, difficile de louper Agnès Verdier-Molinié et ses analyses chiffrées dégainées à chaque fois qu’une réforme sur les retraites ou les fonctionnaires revient au menu d’une émission. Depuis le début de l’année, la directrice de la Fondation Ifrap est sur les antennes presque un jour sur deux : LCI trois fois, France 5, M6, Canal+, Arte, Europe 1, RTL, RMC, France Inter, Sud Radio, BFM Business, I24news, le service vidéo du Figaro(trois fois)… Sur son site web, l’institution se félicite d’ailleurs de cette aura impressionnante : « En 9 ans, les travaux de la Fondation sont devenus une référence pour les médias. »

 

 

Marianne épingle la gestion d’Alain Bauer du Conseil national des activités privées de sécurité à une époque où les vigiles privés sont désormais plus nombreux que les forces de l’ordre publique, à la grande satisfaction du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb :

Pour la Cour des comptes, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) fonctionne mal. Un homme avec 31 délits a son actif s'est par exemple vu délivrer une carte professionnelle…

 

« Le dernier rapport de la Cour des comptes va être sanglant pour Alain Bauer ». La rumeur disait vrai. Dans son rapport public annuel 2017, publié ce mercredi 7 février, le chapitre consacré aux activités privées de sécurité est un réquisitoire contre l'institution dirigée par le consultant. Le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), créé en 2012 pour - et par, disent les mauvaises langues - Alain Bauer qui en a pris la direction opérationnelle pour 6 ans, est l’autorité chargée de réguler le secteur des sociétés privées de sécurité. Et ce, tant sur le plan du contrôle, puisque c’est cet organisme qui délivre ou non les autorisations d'exercer, que sur celui de la régulation car c'est à lui que revient l’action disciplinaire au sein de la profession. Or, selon les magistrats de la rue Cambon, son bilan est globalement très négatif…

 

Comme le note la Cour des comptes, cet établissement public s'apparente volontiers à un ordre professionnel, et se vit comme tel. Il en partage donc les objectifs… et les dérives, comme les déchirements entre petits et grands acteurs du secteur. Au chapitre régulation, c’est l’adjectif lacunaire qui s’impose dans le rapport. De fait, 92,7% des demandes déposées auprès du CNAPS ont obtenu le sésame entre 2012 et 2016. Le nombre de dossiers a pourtant explosé, réduisant mécaniquement leur qualité, mais rien n'y a fait : c’est "oui" dans plus de 9 cas sur 10. Rien que sur 2016, sur les 155.242 demandes, seules 11.232 ont été refusées.

 

 

 

Marianne, toujours elle, estime que face aux religions qui envahissent les débats, les athées sont les oubliés de la République :

 

Discrets dans le débat public, absents des rencontres institutionnalisées avec l'Etat, les non-religieux semblent parfois inaudibles alors que la France est l'un des pays les moins croyants au monde. Faut-il aller jusqu'à leur garantir une représentation officielle ?

 

L'évêque de Saint-Denis, le Grand rabbin de France, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), le pasteur représentant la Fédération protestante de France… Ils étaient tous à l'Elysée, le 21 décembre dernier, invités par Emmanuel Macron à un dialogue entre l'Etat laïc et les représentants des cultes. Mis à l'aise par un président de la République qui a partagé leur inquiétude face à une prétendue "radicalisation de la laïcité", les religieux de toutes obédiences en ont profité pour demander davantage d'aumôniers dans les services publics, et prévenir qu'ils souhaitaient être au cœur des débats à venir sur la PMA ou la fin de vie.

 

 

Ma retraite ayant été sérieusement ratiboisée ce mois-ci, je n’ai pu m’acheter qu’un seul organe de presse.

Revue de presse (231)

 

Marianne épingle la gestion d’Alain Bauer du Conseil national des activités privées de sécurité à une époque où les vigiles privés sont désormais plus nombreux que les forces de l’ordre publique, à la grande satisfaction du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb :

Pour la Cour des comptes, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) fonctionne mal. Un homme avec 31 délits a son actif s'est par exemple vu délivrer une carte professionnelle…

 

« Le dernier rapport de la Cour des comptes va être sanglant pour Alain Bauer ». La rumeur disait vrai. Dans son rapport public annuel 2017, publié ce mercredi 7 février, le chapitre consacré aux activités privées de sécurité est un réquisitoire contre l'institution dirigée par le consultant. Le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), créé en 2012 pour - et par, disent les mauvaises langues - Alain Bauer qui en a pris la direction opérationnelle pour 6 ans, est l’autorité chargée de réguler le secteur des sociétés privées de sécurité. Et ce, tant sur le plan du contrôle, puisque c’est cet organisme qui délivre ou non les autorisations d'exercer, que sur celui de la régulation car c'est à lui que revient l’action disciplinaire au sein de la profession. Or, selon les magistrats de la rue Cambon, son bilan est globalement très négatif…

 

Comme le note la Cour des comptes, cet établissement public s'apparente volontiers à un ordre professionnel, et se vit comme tel. Il en partage donc les objectifs… et les dérives, comme les déchirements entre petits et grands acteurs du secteur. Au chapitre régulation, c’est l’adjectif lacunaire qui s’impose dans le rapport. De fait, 92,7% des demandes déposées auprès du CNAPS ont obtenu le sésame entre 2012 et 2016. Le nombre de dossiers a pourtant explosé, réduisant mécaniquement leur qualité, mais rien n'y a fait : c’est "oui" dans plus de 9 cas sur 10. Rien que sur 2016, sur les 155.242 demandes, seules 11.232 ont été refusées.

 

 

 

Marianne, toujours elle, estime que face aux religions qui envahissent les débats, les athées sont les oubliés de la République :

 

Discrets dans le débat public, absents des rencontres institutionnalisées avec l'Etat, les non-religieux semblent parfois inaudibles alors que la France est l'un des pays les moins croyants au monde. Faut-il aller jusqu'à leur garantir une représentation officielle ?

 

L'évêque de Saint-Denis, le Grand rabbin de France, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), le pasteur représentant la Fédération protestante de France… Ils étaient tous à l'Elysée, le 21 décembre dernier, invités par Emmanuel Macron à un dialogue entre l'Etat laïc et les représentants des cultes. Mis à l'aise par un président de la République qui a partagé leur inquiétude face à une prétendue "radicalisation de la laïcité", les religieux de toutes obédiences en ont profité pour demander davantage d'aumôniers dans les services publics, et prévenir qu'ils souhaitaient être au cœur des débats à venir sur la PMA ou la fin de vie.

 

 

Ma retraite ayant été sérieusement ratiboisée ce mois-ci, je n’ai pu m’acheter qu’un seul organe de presse.

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10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 06:16

Ils ont une origine multiple et variée. Par exemple du Congo où des enfants creusent des mines pour extraire le cobalt nécessaire à la fabrication de nos téléphones intelligents.

D'où viennent les produits Apple ?
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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 06:31

 

Selon SUD-Rail, quatre ruptures de liaison électrique sortant un train des radars, ont eu lieu depuis 24 octobre. Le syndicat déplore "l'absence de vraies mesures" pour éradiquer ce risque pouvant occasionner une collision entre deux trains ou avec un automobiliste, ce que la SNCF conteste.

 

Le "déshuntage". Un mot peu connu pour nommer une réalité qui peut pourtant s'avérer mortelle. Les déshuilages sont des ruptures de liaison électrique sortant brièvement un train de la SNCF des radars. Selon SUD-Rail, quatre ont eu lieu en France depuis le 24 octobre.  

 

Lorsqu'un train "déchante", il devient un train "fantôme": les passages à niveau ne s'abaissent plus et les signaux ne se ferment plus, pouvant occasionner une collision entre deux trains. Cela concerne plus particulièrement certains matériels récents, notamment le TER X73500. La salissure du rail ou des roues par la poussière ou des feuilles favorise ce dysfonctionnement. 

 

PS : en anglais, to shunt signifie aiguiller, détourner, garer un train. Le verbe to deshunt n'existe pas, ou alors, peut-être dans des endroits extrêmement confidentiels ou spécialisés. Ne parlons même pas de deshuntage. Orwell l'avait dit le premier : lorsqu'on utilise un terme étranger alors qu'on pourrait très bien avoir recours à un vocable de sa propre langue, on ment. Á tout le moins, on ne dit pas totalement la vérité, on a quelque chose à cacher.

La SNCF et le deshuntage
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