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5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 07:43

 

 

L’immense quotidien de référence du soir, Le Monde pour ne pas le nommer, s’intéresse vraiment aux problèmes essentiels de la planète : « S’il y a dans la presse américaine un consensus autour de Melania Trump et de son fils Barron, c’est qu’il est préférable de ne pas les prendre à partie. Sauf quand Melania Trump, ancienne mannequine, commet une faute de goût. Ce qui peut arriver à tout le monde, y compris à une First Lady. Comme lorsqu’elle porta des stilettos [le grand quotidien ne connaît pas le groupe nominal “ talon-aiguille ”] pour aller à la rencontre des sinistrés de la tempête Harvey, au Texas, en août 2017.

Mardi 30 janvier, pour le discours sur l’état de l’Union prononcé par Donald Trump, Melania Trump était néanmoins attendue au tournant par les médias américains. Doublement. Comment allait-elle apparaître alors que plusieurs élues démocrates du Congrès avaient annoncé qu’elles porteraient du noir, la couleur officielle du mouvement #MeToo ou une écharpe de motif kenté, pour protester contre les propos dégradants de M. Trump sur les « shithole countries » ? Et allait-elle seulement assister au premier « vrai » discours sur l’état de l’Union du 45e président des Etats-Unis alors que celui-ci doit faire face à des rumeurs d’infidélité ? La réponse ne s’est pas fait attendre. Melania Trump est arrivée séparément de Donald Trump. Et elle est apparue vêtue d’un « tailleur-pantalon ivoire de Dior, un chemisier Dolce & Gabbana et une paire de Louboutin ».

 


 

 

 

Revue de presse (230)

 

L’Obs nous informe que L'exécutif veut étendre "largement" dans la fonction publique le recours aux contractuels et travaille à un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires dans le cadre de l'objectif présidentiel de suppression de 120 000 postes.

Une "grande concertation" va être ouverte en février entre le gouvernement et les syndicats de la fonction publique, a annoncé Edouard Philippe [fils d’un enseignant fonctionnaire, frère d’une enseignante fonctionnaire et fonctionnaire lui-même] au terme d'un comité interministériel. Cette concertation doit courir sur l'ensemble de 2018. L'exécutif veut également développer davantage la rémunération au "mérite".

Communistes Hebdo dénonce les licenciements en préparation à Carrefour dont le but est d’optimiser des profits « déjà fabuleux » : « Carrefour Group, un des leaders mondiaux de la distribution, au 10ème rang des multinationales du CAC 40, c’est : 13 millions de clients par jour, implanté dans plus de 30 pays avec plus de 12 150 magasins (5 686 en France). Ces sites de e-commerce emploient plus de 384 000 collaborateurs dans le monde dont environ 115 000 salariés en France. Il a fait 900 millions d’euros de bénéfices nets en 2016.  Avec un chiffre d’affaires de 88,24 milliards d’euros sur l’année 2017, ses profits annoncés sont en hausse de 46,6% sur 2016.  Le jour de l'annonce, l'action carrefour a bondi de près de 5%. Le groupe touche 400 millions d’euros par an de fonds publics, en CiCe et bénéficie des exonérations de cotisations sociales. »

 

 

Por Christian de Brie dans Le Monde Diplomatique, l’assistanat est un fléau : « Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, zones franches, exonération de la taxe foncière, facilités comptables, niches et allégements en tous genres : au fil des décennies, les pouvoirs publics ont taillé un environnement fiscal et réglementaire sur mesure pour le patronat, sans aucune contrepartie. L’État-providence fonctionne donc très bien… pour les entreprises. »

Revue de presse (230)

 

Marianne se fait l’écho d’une juste décision : « Après Robert Ménard en 2016, c'est l'ancien candidat Les Républicains à l'élection présidentielle, François Fillon, qui remporte le prix du mensonge en politique en 2017.

Le jury a voté à l'unanimité pour celui qui s'est illustré par ses innombrables bobards lors d'une élection Des mensonges particulièrement nombreux autour de l’affaire Penelope. Quelques exemples :

- Promettre de retirer sa candidature en cas de mise en examen.

- Se tromper sur les dates d’embauche de son épouse.

- Assurer qu'il a rémunéré ses enfants avocats alors qu’ils n’étaient qu’étudiants.

- Assurer, à tort, que les médias ont annoncé le suicide de sa femme.

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4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 06:34

 

 

Serge Halimi nous révèle qui sont les « Idiots utiles » du Pentagone : « ÁWashington, démocrates et républicains s’accordent au moins quand il s’agit de combattre la Russie. Selon eux, M. Vladimir Poutine doute de la détermination des États-Unis à défendre leurs alliés et veut protéger son régime autoritaire contre une contagion démocratique et libérale. Il aurait donc choisi d’agresser l’Occident. Alors, pour garantir la paix et la démocratie, l’armée américaine et les parlementaires des deux partis ont décidé de contre-attaquer… L’armée américaine, tout d’abord. Répondant à une commande de la Maison Blanche, le Pentagone vient d’achever une étude qui préconise un emploi plus généreux de l’arme nucléaire. Celle-ci étant actuellement trop destructrice pour que son utilisation soit imaginable, et ne jouant donc pas son rôle de dissuasion, il conviendrait de la miniaturiser davantage afin de pouvoir y recourir contre un éventail plus étendu d’agressions. Y compris « non nucléaires » : destruction des réseaux de communication, « armes chimiques, biologiques, cyberattaques », etc.

 

 

Maxime Robin décrit les ravages des opiacés aux EU (“ Overdoses sur ordonnance ”) : « Ils tuent davantage que les accidents de la route ou les armes à feu. Après avoir ravagé les ghettos noirs dans les années 1990, les opiacés déciment désormais les banlieues pavillonnaires et la petite classe moyenne américaines. Inédite par son ampleur et par ses victimes, cette épidémie d’overdoses l’est aussi par son origine : les consommateurs sont devenus dépendants en avalant des antidouleurs prescrits par leur médecin. »

 

 

Rafael Correa, récent président de l’Équateur, explique comment les grands médias ramènent progressivement les forces réactionnaires au pouvoir (“ Gouverner sous les bombes... médiatiques ”) : « Au pouvoir en Équateur de janvier 2007 à mai 2017, M. Rafael Correa a décidé de ne pas se représenter. La rupture avec son successeur et ancien collaborateur l’a néanmoins conduit à reprendre le combat. Au-delà de cet affrontement singulier, il témoigne ici des conquêtes et des reflux de la gauche en Amérique latine. Et il relève à quel point les grands médias sont devenus une arme politique au service de la contre-offensive des partis conservateurs. »

 

 

Pierre Rimbert revient sur la polémique suscitée par la présence de Rokhaya Diallo au Conseil national du numérique (“ Diversité et diversion ”) : « La controverse était presque parfaite : le 11 décembre dernier, les réseaux sociaux s’enflamment à l’annonce de la composition du Conseil national du numérique (CnNum), une commission consultative créée en 2011 et renouvelée régulièrement dans l’indifférence générale. Des tweets indignés de parlementaires socialistes et Républicains dénoncent la présence de Rokhaya Diallo, essayiste, réalisatrice et chroniqueuse dans plusieurs émissions de divertissement. Aux yeux de ses détracteurs, la militante a commis la faute impardonnable de critiquer le « racisme d’État » français, la loi sur le voile de 2004 et Charlie Hebdo. Sous pression, le secrétaire d’État chargé du numérique cède et l’écarte quarante-huit heures après sa nomination. Par solidarité, la présidente et la plupart des membres du CnNum démissionnent le 19 décembre. Comme une pièce dans un juke-box, l’affaire relance le tube du débat public, « Ma laïcité contre ton communautarisme », sur lequel politiques et polémistes se dandinent infatigablement depuis le début des années 1990. Aux crépitements des tweets s’ajoutent des articles, des pétitions et même un éditorial du New York Times (28 décembre). « L’indépendance du Conseil national du numérique n’est pas négociable », préviennent une brochette de journalistes, d’intellectuels et de militants classés à gauche, tous décidés à entrer en « résistance » (Libération.fr, 20 décembre). »

 

 

 

Pour Benoît Bréville, l’intégration devient à tort une obsession : « Dans l’incessant débat sur l’intégration des personnes d’origine arabe et africaine, certains prétendent que les Italiens, les Portugais, les Polonais étaient « moins différents » et s’assimilaient donc sans trop d’encombre. En faisant de cette question un enjeu essentiellement culturel, cette lecture néglige les leçons prodiguées par plus d’un siècle d’histoire de l’immigration.

 

 

Selon Akram Belkaïd et Olivier Pironet La jeunesse palestinienne ne s’avoue pas vaincue : « La décision de M. Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël, le 6 décembre dernier, a aggravé l’échec du « processus de paix » et provoqué d’importantes manifestations en Cisjordanie et à Gaza. Une contestation durement réprimée par Israël, qui multiplie les incursions militaires et les arrestations. Les jeunes Palestiniens, y compris des mineurs, sont les premiers visés. Nombre d’entre eux rompent avec les formes de militantisme de leurs aînés. »

 

 

Pour Bernard Hourcade, “ L’Iran se réinvente en puissance régionale ” : « Dans la guerre froide régionale qui l’oppose à l’Arabie saoudite, l’Iran peut s’appuyer sur un archipel de minorités chiites ou assimilées. La République islamique a su leur apporter un soutien décisif, en particulier pour combattre les djihadistes en Syrie et en Irak. Mais la source de la rivalité entre les deux puissances du Golfe apparaît bien davantage politique qu’ethnique ou religieuse. »

 

 

Loïc Ramirez explique pourquoi la construction de la santé publique en Équateur est difficile : « Ces dix dernières années, le pouvoir équatorien a tenté de restaurer le rôle de l’État, en particulier en garantissant à tous les citoyens l’accès aux soins médicaux. Une entreprise ambitieuse, mais parfois maladroite. »

 

 

Pour Zhang Zhulin, la Chine joue un double jeu sur les OGM : « Pour la première fois, un riz génétiquement modifié par des chercheurs de Wuhan, en Chine, a été validé par les autorités américaines de contrôle des aliments et des médicaments, le 11 janvier. Toutefois, il ne peut être produit sur le sol chinois. Tel est le paradoxe de Pékin, qui encourage la recherche mais, officiellement, limite la culture, face à une population réticente. »

 

 

 

La Hollande accueille de jeunes agronomes chinois (Jean Pouille) : « Depuis 2008 et le scandale du lait frelaté en Chine, l’Université agronome de Wageningue, aux Pays-Bas, attire nombre d’étudiants chinois passionnés par l’agriculture et l’alimentation. Elle accompagne aussi les industriels néerlandais vers le marché chinois. »

 

 

 

Pour Christian de Brie, l’assistanat est un fléau : « Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, zones franches, exonération de la taxe foncière, facilités comptables, niches et allégements en tous genres : au fil des décennies, les pouvoirs publics ont taillé un environnement fiscal et réglementaire sur mesure pour le patronat, sans aucune contrepartie. L’État-providence fonctionne donc très bien… pour les entreprises. »

 

 

 

Pierre Rimbert nous présente le “ Le Saint Empire économique allemand ” : « La fracture entre l’ouest et l’est de l’Union européenne ne se résume pas à l’opposition entre démocraties libérales et gouvernements autoritaires. Elle reflète une domination économique des grandes puissances sur les pays de l’ancien bloc de l’Est, utilisés comme des réservoirs de main-d’œuvre à bas coût. Dès les années 1990, les industries allemandes délocalisaient en Pologne, en Tchéquie, en Slovaquie et en Hongrie.

 

 

 

Pour Michel Bozon, la transformations de la sexualité n’empêche pas la permanence du sexisme : « Libérée, la parole des femmes a permis de prendre conscience de l’ampleur des violences ou du harcèlement qu’elles subissent au quotidien. Comment expliquer cette prolifération de comportements sexistes alors que les pratiques sexuelles ont, elles, évolué vers plus d’égalité entre les partenaires au cours de ces dernières décennies ? »

 

 

 

Aurélien Bernier décrit les “ batailles commerciales pour éclairer l’Afrique ” : « Fermes éoliennes, barrages, centrales solaires, géothermiques ou nucléaires… Le marché de l’énergie se développe sur tout le continent noir, suscitant la convoitise des géants mondiaux de l’électricité, mais aussi de certaines entreprises africaines. Il est vrai que les besoins sont immenses : près de 650 millions d’habitants n’ont toujours pas accès à l’électricité. »

 

 

 

Selon Anne-Cécile Robert, “ l’ordre international est piétiné par ses garants ” : « En violant les résolutions des Nations unies sur Jérusalem, les États-Unis illustrent l’un des dangers majeurs de la géopolitique actuelle : l’affaiblissement des fondements de la légalité internationale, née en 1945 d’une certaine idée de la civilisation. Alors que la fin de la guerre froide offrait l’occasion de réaffirmer une règle commune, les Occidentaux ont poussé leur avantage et donné le mauvais exemple. »

 

 

Selon François Carrel, les Alpins ne veulent plus des Jeux d’hiver : « À l’heure où les XXIIIe Jeux olympiques d’hiver s’ouvrent à Pyeongchang, en Corée du Sud, l’organisation d’une telle manifestation dans les Alpes ne paraît plus envisageable. Lorsqu’elles sont consultées par référendum, les populations des régions concernées refusent de sacrifier l’environnement et les deniers publics à un événement éphémère qui banalise la montagne. »

 

 

Pour David Garcia, les pertes sont publiques et les gains sont privés à Athènes : « Ville symbole des Jeux olympiques, Athènes a vu affluer en août 2004, pour les Jeux d’été, plus de 10 000 athlètes représentant 201 nations. L’organisation de cet événement, avec son lot de constructions inutiles, a contribué à plomber les finances publiques de la Grèce et a aggravé l’engrenage de la dette. Treize ans après, le bilan est accablant. Mais pas pour tout le monde... »

 

 

 

Philippe Person revient sur l’admirable figure de Jean Rouch, le « griot gaulois » : « Pour être au plus près de ceux qu’il choisissait de filmer, Jean Rouch (1917-2004) se donna les moyens de tourner en toute liberté. Il bricola son matériel, se passa de fonds privés, refusa de s’en tenir à la séparation entre documentaire et fiction, et inventa ainsi le cinéma direct et les ethno-fictions. Intrépide et joyeux, il abattit des frontières. »

 

 


 

Le Monde Diplomatique (215)

 

Pour Thomas Frank, Harvey Weinstein était un homme de gauche à la sauce américaine : « Quand l’affaire Harvey Weinstein a fait irruption à la « une » des journaux, je n’avais jamais entendu parler de ce personnage. Sans doute étais-je le seul journaliste des États-Unis à faire preuve d’une ignorance aussi complète. Qui était donc ce producteur de cinéma accusé d’avoir agressé sexuellement un nombre incalculable de femmes ? En commençant à me documenter, j’ai découvert que, à une époque pas si lointaine, il était réputé pour un tout autre motif : sa relation intime avec le Parti démocrate et son soutien généreux à une variété de personnalités et de bonnes causes classées comme progressistes. Longtemps, il fut même considéré comme un adversaire intraitable du racisme, du sexisme et de la censure. On lui doit, par exemple, quantité de soirées fastueuses destinées à recueillir des fonds pour la lutte contre le VIH-sida. En 2004, il avait apporté son soutien à un groupe de femmes baptisé « les mères opposées à Bush ». Dans la foulée de l’attaque terroriste contre le journal français Charlie Hebdo, il brandit haut le flambeau de la liberté d’expression : « Personne ne pourra jamais détruire la capacité des grands artistes à dépeindre notre monde », proclamait-il le 11 janvier 2015 dans les pages du magazine Variety. »

 

PS : En cadeau, un petit bilan de la trésorerie du groupe Carrefour qui envisage de licencier des milliers de travailleurs. On appréciera ce que les contribuables français offrent chaque année aux familles Fournier et Defforey. Pendant ce temps, des présidents d'universités demandent aux personnels de se serrer la ceinture car il faut être réaliste et c'est pire en Zambie ...

Le Monde Diplomatique (215)
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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 06:26

 

80 à 90% de ce que mangent les Zuniens est une nourriture reconstituée, trafiquée. Cette nourriture provient de l’industrie agro-alimentaire qui, en bonne logique capitaliste,  est entre les mains de milliardaires de moins en moins nombreux. Ainsi, il y a cinquante ans, le pays comptait plusieurs milliers d’abattoirs. Il en compte aujourd’hui treize.

 

Ils en crèvent à petit feu car ils sont tous (à part les plus riches, et encore) contaminés par une nourriture standardisée dont une des caractéristiques forte est le sucre. Chaque Zunien en ingère plusieurs centaines de kilos par an. 35 grammes dans une canette de Coca Cola de 33 cl. D’où le nombre en croissance fulgurante de diabètes de type 2, cause de cécité.

 

Une plante qui entre dans la composition de centaines de produits – ne parlons pas d’aliments – est le maïs. Qu’on trouve dans le Coca, comme par hasard. Et aussi dans les Corn Flakes (évidemment !), dans les tortillas, dans le Ketchup, les Pringles, le jambon blanc, la polenta, les glaces (pas les Haagen Dazs), la bière, le chewing gum.

 

Aux États-Unis, le maïs a deux vertus principales : cultivé dans d’immenses propriétés par des travailleurs précaires généralement en situation illégale, il est très bon marché. Et très nourrissant. On en nourrit la volaille, et aussi les bovins à satiété. Les vaches sont des animaux végétariens. Mais pour qu’un bestiau pousse plus vite et devienne plus gros que de normal, on va lui faire ingérer toutes sortes d’« aliments » sauf de l’herbe. Par exemple – je ne parle pas des antibiotiques – des cadavres d’autres animaux, de la farine de poisson et du maïs.

 

Le problème est que l’appareil digestif de la vache n’est pas fait pour cela. Pas du tout. Alors il se produit quelque chose de tout à fait infernal dans le premier estomac du bovidé, la panse (ou le rumen). Je cite Wikipédia : « Le rumen est en fait une cuve à fermentation qui permet aux ruminants l'utilisation des fourrages et des autres aliments riches en cellulose. C'est au cours de leur séjour plus ou moins long dans le rumen que les aliments sont d'une part fractionnés (par la mastication lors de la rumination et) par l'action des micro-organismes et, d'autre part partiellement utilisés par la microfaune qui se multiplie dans ce pré-estomac. Le rumen contient une importante population microbienne qui dégrade et fermente une fraction de l’aliment. » 

 

Un régime à base de maïs favorise l’apparition de nouvelles Escherichia coli (0157H7) extrêmement dangereuses. On a vu des enfants mourir en quinze jours une fois que leurs reins ont été attaqués. Il faut donc régulièrement dégager cette culture mortelle du rumen. Ce qui n’est pas simple, à moins de creuser un trou permanent dans le flanc de la vache, bouché par un couvercle hermétique, donnant un accès direct à la panse. Aussi pratique qu’une pile pour les cardiaques et pas plus douloureux. Le progrès.

 

Amis de la poésie, bonsoir !

 

 

 

 

Source : ce documentaire terrifiant 

Ce que font les Zuniens aux vaches
Ce que font les Zuniens aux vaches
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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 14:48
Un musée de Manchester censure un tableau du XIXe siècle

 

Il s'agit de “ Hylas et les nymphes ” de John William Waterhouse qui a été enlevé le 26 janvier. Á la place, le musée (la Manchester Art Gallery) a accroché une feuille de papier expliquant que :  « Cette galerie présente le corps des femmes soit en tant que "forme passive décorative" soit en tant que "femme fatale". Remettons en cause ce fantasme victorien! Cette galerie existe dans un monde traversé par des questions de genre, de race, de sexualité et de classe qui nous affectent tous. Comment les oeuvres d'art peuvent-elles nous parler d'une façon plus contemporaine et pertinente ? »

 

Á ce jour, les réactions ont été majoritairement hostiles à la décision du musée qualifiée de “ censure politiquement correcte ”.

 

Par la plume de son critique Jonathan Jones, Le Guardian a vivement dénoncé cette initiative en se demandant si Picasso ne serait pas le prochain censuré.

 

Ben oui, quoi ! Les "Demoiselles d'Avignon ” était des prostituées.

 

L'art n'étant que très rarement moralement pure, on va finir par croire que ce sont les extrémistes islamistes qui ont raison lorsqu'ils interdisent, en public comme en privé, toute expression artistique.

 

​​​​​​​Harvey Weinstein n'avait pas prévu cela.

 

Source

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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 06:28

 

J’ai été récemment destinataire d’un courriel collectif qui comportait ces deux phrases :

 

« En l’état actuel de nos démarches, nous devons encore réunir une MCF femme, deux PR femmes et deux PR hommes. Un(e) au moins des membres sera de préférence spécialiste en Linguistique anglaise. »

 

L’auteur en était un maître de conférences en Littératures du Commonwealth.

 

Deux mots d’explication. Il revenait au collègue la tâche de constituer un « comité de sélection » en vue du recrutement d’un.e maître.e de conférences en grammaire et linguistique anglaises. Il s’agit de la procédure normale depuis Pécresse et sa sinistre loi LRU.

 

Ce qui me choque dans les deux phrases du collègue c’est qu’elles sont genrées. Dans la Fonction publique, aucune loi ne prévoit de contingents selon le sexe. Un comité de sélection peut être paritaire, composé exclusivement de femmes ou d’hommes. Or il est très clair que, dans l’appel du collègue, le sexe comptait davantage que la spécialisation. Il est d’ailleurs plutôt singulier qu’un spécialiste de littérature fût responsable du recrutement d’un linguiste.

 

J’ai soumis cette phrase à deux ou trois proche.e.s qui, se faisant l’avocat du diable m’ont dit : « dans un système inégalitaire, il faut donner des coups de pouce. » Ce que les Zuniens.nes appellent, depuis Kennedy en fait, « affirmative action », en bon français discrimination positive. Á une époque où les Noir.e.s étaient très nettement désavantagé.e.s, Kennedy avait voulu leur faciliter l’accès à l’Université, l’administration. Mais il ne s’agissait nullement, dans l’esprit du président des États-Unis, d’une politique de quotas (illégale selon la Cour suprême). L’initiative de Kennedy a fait bouger les lignes dans la mesure où la proportion de Noir.e.s appartenant à la classe moyenne a quintuplé en quarante ans.

 

Notre collègue, comme beaucoup d’autres, a détourné ce principe de discrimination positive, justement en pratiquant une politique de quotas, donc sur des bases de droite. Ce, à l’heure où, dans les facultés de Lettres, pour ne parler que de celles-là, les femmes sont plus nombreuses que les hommes, y compris au niveau professoral (le plus gros département d’anglais de France compte 120 femmes et une cinquantaine d’hommes).

 

Je me fiche éperdument qu’Oprah Wimfrey soit une femme et une Noire. Ce qui m’importe c’est qu’elle soit productrice de télévision et qu’à ce titre elle crée des émissions sur lesquelles je peux porter un jugement. Mais il m’intéresse plus encore de savoir que, milliardaire (en dollars), elle est la deuxième fortune au monde de l’industrie du divertissement. Cela est dû à son talent, assurément, mais aussi au fait qu’elle a profité, autant ou plus que d’autres, des conditions d’existence des travailleurs de cette industrie, de la grande précarité qui y règne, de l’esprit de jungle qui y sévit. Quand une personne cautionne et renforce un système profondément injuste, la couleur de sa peau est totalement secondaire.


 

J’ai besoin de 130 kilos de professeur

 

J’en reviens aux comités de sélection. La loi Pécresse, voulue mordicus, de manière obsessionnelle, par un Sarkozy qui avait péniblement décroché un DEA dans des conditions douteuses et qui avait des comptes à régler avec les universitaire.e.s, a remplacé les commissions de spécialiste.e.s par des comités ad hoc. Sûrement pas parfaites, ces commissions souffraient d’une tare rédhibitoire pour le kleiner Mann, la droite et le patronat : elles étaient démocratiques et lisibles. Elles étaient élues pour trois ans, éventuellement sur des bases syndicales (celles que j’ai présidées le furent systématiquement). Elles comportaient, au niveau national, la même proportion de professeur.e.s et de maître.e.s de conférences. Leurs président.e.s et vice-président.e.s étaient élu.e.s par leur.e.s pair.e.s. Les candidat.e.s aux postes, aux promotions, savaient donc à qui ils.elles avaient à faire. Il n’en va pas du tout de même des comités de sélections. Ils sont constitués, dans l’opacité la plus totale, par les président.e.s d’universités, qui chargent un.e collègue de leur choix d’établir un jury (quand ils n'assument pas eux-mêmes cette tâche). Cela est accompli au coup par coup. Un.e enseignant.e qui a l’oreille du président peut siéger dans quinze comités, sans avoir été reconnu par ses collègues, tandis que son.a voisin.e de bureau ne siègera dans aucun.

 

Le problème n’est donc pas une affaire de sexe mais de pratiques démocratiques. Cela s’inscrit dans le cadre de toutes les mesures prises par Sarkozy, Hollande et maintenant Macron, visant à abolir la démocratie dans l’enseignement supérieur et à transférer le pouvoir que détenaient les seuls universitaire.e.s de l’université (les enseignant.e.s et les étudiant.e.s) vers des non universitaire.e.s : personnel.e.s administratifs du style DRH et « personnalité.e.s » extérieures.

 

PS : l'écriture inclusive : quelle merde !

 

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 06:27

 

 

Le site Communistes.org dénonce les projets de Macron pour l’enseignement supérieur, une politique dans le droit fil de celles de Sarkozy et de Hollande : « Depuis que Macron a annoncé que : « il faut en finir avec le mythe de l’université pour tous » les choses se sont précipités et l'annonce de la loi d'Orientation et de Réussite des Étudiants suscite de l'inquiétude. Les nouvelles universités qui voient le jour, sont conçues comme des entités de plus en plus autonomes avec des « universités d'élites » où se fera la recherche et des futurs « collèges universitaires » sans recherche délivrant des diplômes au rabais. Déjà, certains regroupements comme Paris Science et Lettres qui regroupe, entre autre, des écoles d'ingénieurs et l’École Normale Supérieure (ENS) entendent devenir des « Grands Établissements » dérogatoires du statut commun et,  comme l'université de « Paris Dauphine », pratiquer une sélection drastique y compris par l'argent en rendant les études payantes. Pour mettre en œuvre  cette politique, il faut aussi s'attaquer aux personnels en liquidant leur statut de la Fonction publique. Utilisation des contrats à durée déterminée,  systèmes de primes qui différencient les salaires à qualification égale sont les armes de guerre utilisées pour détruire les statuts qui représentent un verrou important contre une autonomie accrue des universités, premier pas vers leur privatisation partielle ou totale. »

 

 

Pour Bernard Tepper dans Res Publica, une des conditions d’une vraie résistance populaire est la reconstruction du lien social et politique entre le mouvement social et politique et les couches populaires ouvrières et employées. En 81, François Mitterrand est élu président de la République avec près de 80% des voix ouvrières et employées. Ce vote massif fut l’une des conditions de la victoire. Aujourd’hui, les ouvriers et les employés représentent sur le plan objectif 53% de la population française, mais plus de 60% d’entre eux s’abstiennent aux élections politiques. La réalité est qu’une large majorité des membres de ces couches sociales ne se reconnaissent pas subjectivement comme ouvriers et employés et elles ne peuvent donc pas passer d’une classe en soi à une classe pour soi. Cette réalité explique en partie que le mouvement de résistance aux ordonnances Macron a été bien plus faible que lors d’autres mobilisations, alors que ce fut pourtant là une attaque bien plus antisociale que les attaques précédentes.

 

Dans son blog, Jean-Emmanuel Ducoin cite un conseiller d’État : « «Demain, après-demain, le président Macron aura tellement poussé ses pions que tout retour en arrière sera presque vain.» Autre manière de nous suggérer que nous sommes en guerre. Cette guerre, économique et sociale, est une guerre de classes, l’une des plus brutales auxquelles nous ayons été confrontés depuis quarante ans. Elle provoque ses blessés, ses collabos et ses résistants aussi, tapis dans la clandestinité – pour l’instant. 

 

Le Monde évoque une institutrice au Mexique (où l’on a compté 25 000 assassinats en 2017) qui fait chanter les enfants pour les protéger des balles : » Allongés sur le ventre, des enfants de 7 ou 8 ans chantent une comptine dans une école de l’Etat de Sonora. A l’extérieur, des tirs retentissent. « C’est une simulation », rassure l’institutrice d’une voix calme tout en filmant sa classe avec son téléphone portable. Ce 12 janvier, la fusillade est pourtant à balles réelles. Elle fera deux morts à cent mètres de l’établissement.

 

Pour protéger les élèves de cette violence, le ministère mexicain de l’éducation distribue, aux professeurs de primaire un protocole d’actions en cas d’affrontements armé aux abords des écoles. A côté des mathématiques, de l’espagnol, les élèves apprennent ainsi les gestes qui sauvent lors d’une attaque : « s’allonger sur le sol, loin des portes et des fenêtres », « garder le silence », « éteindre son téléphone portable », « ne pas rentrer en contact avec les agresseurs ». Les professeurs et les élèves sont alors sommés de « rester dans leur classe », d’« éteindre les lumières », de « fermer la porte à clé et la bloquer  avec une chaise ou une table », puis de « compter les présents ».

Revue de presse (229)
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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 06:27

J'ai regardé tous les JT du Média. En différé pour prendre mon temps. Ma première réaction fut : c'est mou du genou. J'ai demandé l'opinion de parents sûrs. Leur déception est grande. L'un de mes amis, Maxime Vivas pour ne pas le cacher, me dit avoir tenté de contacter quelques responsables du Média pour, respectueusement, leur faire quelques propositions constructives. En particulier sur l'Amérique Latine dont il est un spécialiste. Pas de réponse. Le Media est incommunicando. Or les gens du Média savent pertinemment que, lorsque Mélenchon descend à Toulouse, il rencontre Maxime dont il a préfacé un des livres. Mélenchon a affirmé ne pas vouloir s'occuper du Média. Intention louable. Si la télé de Gérard Miller continue sur cette pente, il a intérêt … à s'en désintéresser encore plus.

 

Je pose la question : pendant combien de temps Le Média livrera-t-il un JT alla Lapix, un peu rosâtre ? Sans vraiment se démarquer de tous les autres JT. Le médium est le message, écrivait Marshall McLuhan il y a près de soixante ans. Pour l'instant, Le Média est un médium comme les autres. Son message est donc, pour l'instant, sensiblement le même que celui des autres médias.

 

Je propose ici une prise de position vigoureuse de Pierre Carles, un observateur des médias qui ne s'en est jamais laissé compter. Carles était devenu célèbre en 1992 en prouvant que l'entretien accordé par Fidel Castro à Patrick Poivre d'Arvor et Régis Faucon de TF1 était un faux. Le Média n'a apparemment pas proposé de collaboration à Carles. Ce dernier et Miller s'étaient pourtant fréquentés à la fin des années quatre-vingts dans l'équipe de Bernard Rapp qui avait produit “ L'assiette anglaise ”, une émission d'Antenne 2 fort rafraîchissante.

 

La naissance de la web télé « Le Media » avait suscité un grand espoir. On allait enfin voir surgir dans le paysage audiovisuel français cette télévision de gauche qu'appelait de ses vœux le journaliste devenu député François Ruffin dans « Hollande, DSK, etc... » (2012). Il y aurait désormais un media audiovisuel proposant tous les jours un autre son de cloche que le point de vue dominant (pro-capitaliste, pro-productiviste, pro-atlantiste, anti-communiste, ultra-sécuritaire...).


On imaginait que les journalistes et réalisateurs/trices mettant en valeur des points de vue rompant avec le préchi-précha néo-libéral, tout en bâtissant une critique radicale du système médiatique, allaient être sollicités par Le Media. On était persuadé que des Gilles Ballaster (réalisateur des « Nouveaux chiens de garde » et auteur de plusieurs documentaires sur la casse des services publics), Julien Brygo (« Glasgow contre Glasgow », « Profession domestique »), Nina Faure (« Dans la boite », « On revient de loin »), Les Mutins de Pangée, allaient être appelés à commenter l'actualité. Et que des snipers comme Nadir Dendoune (« Nos rêves de pauvres »), Nadja Harek (« BGirls »), Henri Maler (Acrimed) ou Pierre Souchon (ex « Fakir », « Moins une ») se verraient offrir une tribune. En réunissant tous ces francs-tireurs de l'audiovisuel, il y avait moyen de fabriquer un JT complètement différent du JT de droite des chaînes de télévision traditionnelles. Mais aucuns de ses réfractaires n'a été contacté par Le Média. Plutôt qu'un duo Gilles Balbastre/Nina Faure pour diriger cette web télé aspirant à incarner une alternative aux médias dominants, c'est l'attelage Sophia Chikirou/Gérard Miller, issus du vieux système des médias ou de la com' , devenus subitement critiques à l'égard de ce dernier, que l'on a vu débarquer. Et qui donc a été embauché pour diriger la rédaction ? Aude Rossigneux, formée à la télé par... Yves Calvi et Serge Moati, des apparatchiks du PAF inféodés au pouvoir économique ou politique. Dans sa profession de foi publiée sur le site du « Média », Rossigneux se garde bien de citer le nom de ses anciens employeurs tout en affirmant, sans rire : « J’ai (…) été rédactrice en chef pour des émissions de débat et de confrontation d’idées ». Parmi les chroniqueurs de « Le Média », on trouve aussi Isabelle Alonso venue recaser son féminisme soft compatible avec les chaînes du PAF.


Mais ce n'est pas tout : qui a été le premier invité du JT du Média ? Quel homme ou femme de gauche a été approché pour parrainer les débuts de cette première télé de gauche ? Serge Halimi, le directeur du Monde Diplomatique ? Aline Pailler, la journaliste communiste proche de feu Pierre Bourdieu ? François Ruffin, le réalisateur de Merci patron ! ? Non, c'est une des figures emblématiques de la chaîne privée Canal +, Bruno Gaccio, proche du multi-millionnaire Pierre Lescure, qui a été l'invité du premier JT. Un cadre de Canal +, symbole de l'arrogance et la fausse impertinence de la vieille télé, pour parrainer un média prétendant se démarquer du système, il fallait y penser ! Il ne s'agit pas d'un accident ni d'une erreur de programmation. Le Média a ainsi révélé sa fonction première : redorer le blason des pseudo rebelles du PAF cherchant à se refaire une virginité, cherchant par ce biais-là à ne pas être assimilées au vieux système médiatique en perte de vitesse dont ils ont été les collabos. Contrairement à ce qui a été annoncé ici et là, l'objectif du Média, n'était pas de permettre à la fine fleur du journalisme audiovisuel indépendant de proposer un son de cloche dissident, d'offrir aux spectateurs le JT alternatif tant attendu. C'est dommage.

 

Le Média : pour l'instant, ne casse pas trois pattes à un canard
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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 06:36

 

Suite à l’ignoble invective de Trump sur les « pays de merde », Erno Renoncourt, qui se définit dans Le Grand Soir comme un « citoyen haïtien vivant dans un trou de merde qui en a marre de respirer la merde et veut s’en débarrasser sans avoir envie d’aller vivre ailleurs », pousse un cri « merdique » : « On peut rappeler entre autres que les réserves d’or de la banque d’Haïti ont été emportées par les Étasuniens le 17 décembre 1914, et ce serait encore une histoire d’or qui serait à la base des élections de merde de 2010, de 2015 et de 2016. Une façon de rappeler que c’est à partir de la merde extraite de ce trou à rats qu’est Haïti que bien des fortunes étrangères ont été construites. Donc, en admettant qu’Haïti regorge d’ordures par le fait d’être un trou de merde, on peut légitimement se questionner sur le statut de ceux et celles, d’ici et d’ailleurs, qui ont réussi et qui continuent de réussir, à partir d’une telle indigence. Si vous en avez assez de la merde que l’on vous sert sur Haïti, joignez votre voix à ce cri pour dire une grande MERDE à ces MERDES qui gouvernent Haïti et qui font de ce pays un trou de merde au bénéfice des MERDES des groupes économiques haïtiens et étrangers, avec le soutien des MERDES de la communauté internationale. »


 

Revue de presse (228)

 

Dans Res Publica, Évariste lance un cri d’alarme à propos du Service national de santé outre-Manche en craignant que l’on en arrive aux mêmes expédients dans la France de Macron : « Du jamais vu : 68 des plus importants spécialistes de médecine d’urgence de toute l’Angleterre et du Pays de Galles ont adressé une lettre ouverte à la Première ministre pour dénoncer le « grave et chronique » sous-financement des services d’urgence hospitaliers, certains soins n’étant plus sûrs dans le royaume. 10-12 heures d’attente dans les services d’urgence pour trouver un lit. Des patients qui meurent sur les chariots. Dans certains services, plus de 50 personnes attendent en même temps avant de voir quiconque. La première ministre Theresa May a suggéré aux journalistes que c’était dû à la grippe. Pour les médecins spécialistes de la médecine d’urgence, c’est une crise à l’échelle du système, provoquée par 7 années d’austérité croissante. Comme le dit le journal Le Guardian, la succession des plans d’austérité ne fabrique pas des lits d’hôpital ni ne crée de nouveaux postes pourvus en médecins et infirmières. »

 

Selon Marianne, l’Arabie saoudite est de plus en plus répressive pour les femmes : « "Le droit saoudien est volontairement selonYahya Assiri, fondateur de l'ONG de défense des droits humains d'Arabie Saoudite ALQST. Les lois sont appliquées différemment selon les juges, les régions… Les infractions ne sont pas exactement définies. Ce qui favorise la criminalisation des personnes exerçant leur droit à la liberté d'expression." Dans ce contexte, même créer une association peut être puni par la loi. La faute, encore, à des "restrictions et des contours flous". S'il leur est demandé de respecter "la charia, l'ordre public, les bonnes mœurs et l'unité nationale", ces limites donnent aux juges une "large marge d'interprétation". Et peut donc faire interdire n'importe quelle structure. Dans cet "environnement très fermé pour la défense des droits humains", difficile pour les femmes d'aller vers l'émancipation note le rapport. "Si dans les textes on nous accorde des droits, la culture du patriarcat nous les retire dans la réalité", se désole Hala Al-Dosari, militante saoudienne des droits de l'homme. La faute au tutorat imposé par la charia. »

 

Initiative Communiste dénonce la réforme du baccalauréat envisagée par Macron. Il s’agit de « Sous-dimensionner l’enseignement supérieur, supprimer l’examen national du baccalauréat, réformer le lycée en machine à sélectionner. » Le site précise : Le choix des options (appelées  majeures ou mineures dans un enseignement de spécialisation), sera dicté par les attendus de l’enseignement supérieur, lui même déjà largement gagné à une logique utilitariste. Bref, c’est un enterrement de première classe pour toutes les disciplines émancipatrices qui ne rentreront pas dans une stratégie efficace de poursuite d’études…

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 06:30

Liliane Laffond est une femme de gauche que je ne connais pas mais que je suis régulièrement sur Facebook. Á rebours de plusieurs personnalités “ féministes de gauche ”, elle prend position sur la Tribune signée par Catherine Deneuve dans Le Monde. Elle n'y va pas avec le dos de la cuiller.

 

La tribune courageuse publiée par cent femmes dans Le Monde, qui critique la campagne #MeToo, a provoqué une réaction furibonde de l'élite dirigeante française. La tribune, cosignée par notamment les actrices Catherine Deneuve et Ingrid Caven, et les écrivaines Catherine Millet et Catherine Robbe-Grillet, est claire. Elle démontre que le déchaînement autour de #MeToo, qui est ressortie l'année dernière de la campagne médiatique pour accuser le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein d'abus sexuels, est UNE CAMPAGNE POLITIQUE DE DROITE !

 

Se refusant à confondre «la drague insistante ou maladroite» et le viol, elle s'oppose à «l’incursion de procureurs autoproclamés dans la sphère privée» et à ceux qui exigent que la vie intellectuelle et artistique se conforme au diktat de #MeToo. Elle déclare qu'en exigeant la censure d'œuvres d'art sexuellement explicites et des confessions publiques humiliantes d'hommes accusés de méfaits sexuels, #MeToo participer à installer «comme un climat de société totalitaire».

 

Cette réfutation de #MeToo a enragé les forces qui, depuis longtemps, présentent une politique sociétale de droite comme étant la «gauche». Le Parti socialiste (PS), le parti de gouvernement social-démocrate en France depuis la grève générale de Mai-juin 1968 qui est un soutien important de la politique de genre, a sonné la charge. Des dirigeants du parti, qui se disloque après son effondrement aux élections de 2017 face à la colère contre sa politique d'austérité et de guerre, ont dénoncé de manière hystérique Deneuve et les autres signataires en tant qu'apologistes du viol.

 

Un examen de leurs arguments – qui mêlent accusations non corroborées, des menaces et des diffamations grossières visant les signataires de la tribune, et surtout Deneuve – confirme le jugement porté par la tribune: #MeToo est un mouvement antidémocratique et de droite.

 

Ségolène Royal, candidate présidentielle vaincue du PS, néolibérale et sécuritaire, en 2007, a attaqué Deneuve sur Twitter. Insinuant que Deneuve se désintéresse de la dignité des femmes, elle écrit: «Dommage que notre grande Catherine Deneuve se joigne à ce texte consternant. Toutes nos pensées, hommes et femmes soucieux de la dignité des femmes, vont aux victimes de violence sexuelle, écrasées par la peur d’en parler.»

 

Des dénonciations au vitriol ont fait florès autour du Tweet de Royal. Une internaute, Jessica (@JessRtr) s'est moquée du titre de la tribune, «Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle». Elle a proposé aux sympathisants de #MeToo de harceler Deneuve sexuellement: «N'oubliez pas d'utiliser votre droit d'importuner en mettant une grosse main aux fesses de Catherine Deneuve quand vous la croisez.»

 

Le centre de la réaction du PS était était une tribune grossière et diffamatoire rédigée par Caroline De Haas, du PS, et signée par 30 militantes féministes. Publiée sur le site Web de France Télévisions, c'est la réaction officielle approuvée par l'État à la tribune du Monde: d'accuser faussement les femmes qui ont signé cette tribune de faire l'apologie du viol.

 

Dans la page Web sur laquelle cette tribune est affichée, De Haas déclare, sans fournir de preuve ou de précision: «Les signataires de la tribune du Monde sont pour la plupart des récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d’apologie du viol. Elles utilisent une nouvelle fois leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles. Elles méprisent de fait les millions de femmes qui subissent ou ont subi ces violences.»

 

C'est là une déformation vicieuse de la tribune du Monde, qui ne fait pas l'apologie du viol. En réalité, la tribune commence en établissant une distinction claire: «Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste.»

 

Cette distinction entre le viol et la drague fait bondir De Haas. Elle écrit: «Les signataires de la tribune mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence. Tout mélanger, c’est bien pratique. Cela permet de tout mettre dans le même sac.»

 

Ce ne sont pas les signataires de la tribune du Monde qui veulent «tout mettre dans le même sac», mais – comme l'expliquait bien la tribune du Monde – De Haas et le mouvement #MeToo. La réaction de De Haas à la tribune a l'effet d'anéantir toute distinction entre une proposition sexuelle faite à une femme qui ne s'y intéresse pas et le viol: l'un et l'autre sont de la «violence».

 

De là, De Haas tire une conclusion toxique et réactionnaire. Selon elle, toutes les femmes, partout, doivent vivre dans une terreur constante de violences sexuelles horribles: «Les violences pèsent sur les femmes. Toutes. Elles pèsent sur nos esprits, nos corps, nos plaisirs et nos sexualités... Nous avons le droit fondamental de vivre nos vies en sécurité. En France, aux États-Unis, au Sénégal, en Thaïlande ou au Brésil : ce n’est aujourd’hui pas le cas. Nulle part.»

 

Cette vision infernale est celle que critiquait correctement la tribune du Monde en s'opposant à l'idée que les femmes sont «de pauvres petites choses sous l’emprise de phallocrates démons».

 

La tribune de France-Télévisions traite avec mépris les questions démocratiques fondamentales soulevées par les signataires de la tribune du Monde contre #MeToo. Ces dernières pointaient le caractère extrajudiciaire de la persécution d'hommes mis en cause puis licenciés sans aucune forme de procès, ou même d'inculpation. Elles protestaient contre la censure de nus d'Egon Scheide ou de tableaux de Balthus, les appels à interdire une rétrospective de Roman Polanski, et les intimations que les écrivains devraient récrire leurs œuvres pour se conformer aux exigences de #MeToo.

 

De Haas dédaigne de mentionner ces questions, réagissant avec des caricatures simplistes. Se moquant de l'idée qu'après #MeToo, «On ne peut plus rien dire», elle écrit: «Comme si le fait que notre société tolère – un peu – moins qu’avant les propos sexistes, comme les propos racistes ou homophobes, était un problème. "Mince, c’était franchement mieux quand on pouvait traiter les femmes de salopes tranquilles, hein?" Non. C’était moins bien.»

 

On ne peut comprendre de telles remarques en dehors de l'hostilité envers les droits démocratiques et la classe ouvrière de la social-démocratie européenne et sa périphérie petite-bourgeoise.

 

Sous l'ancien président, François Hollande, le PS a imposé un état d'urgence pendant deux ans, de 2015 à 2017, qui suspendait les droits démocratiques. Fondé sur l'incitation d'une peur des musulmans après les attentats islamistes de novembre 2015 à Paris, l'état d'urgence a servi à réprimer violemment des manifestations contre la loi travail, impopulaire et anti-ouvrière, du PS. Macron en a transcrit les principales dispositions – pour des assignations à résidence, l'espionnage de la population, et les perquisitions, tous arbitraires – dans le droit commun.

 

À l'intérieur du PS et de son réseau d'alliés petit-bourgeois, dont le Nouveau Parti anticapitaliste, il n'y a eu aucune opposition réelle à l'état d'urgence. À présent, les grandes sociétés essayent d'utiliser la loi travail du PS pour imposer des salaires en dessous du SMIC dans la chimie, et des réductions d'emplois en masse dans l'automobile.

 

De Haas conclut, toutefois, en se présentant comme une femme «de gauche». Elle critique les signataires de la tribune du Monde en prétendant – sans fournir la moindre preuve – qu'elles sont biaisées contre les travailleurs. Elle écrit, «Beaucoup d’entre elles sont souvent promptes à dénoncer le sexisme quand il émane des hommes des quartiers populaires. Mais la main au cul, quand elle est exercée par des hommes de leur milieu, relève selon elles du "droit d’importuner". Cette drôle d’ambivalence permettra d’apprécier leur attachement au féminisme dont elles se réclament.»

 

Liliane Laffond sur la Tribune de Catherine Deneuve

 

Cette attaque contre Deneuve et les autres signataires est répugnante. Dans ce débat sur #MeToo, qui défend les droits démocratiques des femmes et des travailleurs?

 

Est-ce que ce sont les partisans de #MeToo? Les larbins du PS, un parti formé il y a presque 50 ans en tant qu'alliance des banques, de l'appareil d'État et de sections du mouvement soixante-huitard, et qui s'est depuis effondré pour devenir un petit croupion méprisé des Français pour ses politiques réactionnaires ? Est-ce De Haas, qui tente de salir Deneuve et d'autres actrices et artistes en les accusant d'apologie de viol avec le soutien de France-Télévisions et du président Macron ?

 

Ou est-ce Deneuve, une des plus grandes actrices françaises du dernier demi-siècle, connue pour ses engagements à gauche dont les luttes pour la légalisation de l'avortement en 1973 et contre la loi Hadopi en 2009, ainsi que pour deux Césars de meilleure actrice – pour avoir joué une femme courageuse qui cache son mari juif sous l'Occupation dans Le Dernier Métro (1981), ou une propriétaire de plantations coloniales d'hévéas dans un portrait dévastateur de l'impérialisme français dans Indochine (1992) ?

 

Les lecteurs peuvent tirer leurs propres conclusions.

 

 

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 06:23

 

 

Paul Ariès attend les JO de 2024 de pied ferme. Oserais-je dire que moi aussi, car Rébecca, ma petite dernière, si elle continue comme elle a commencé, pourrait faire partie de la sélection française de natation (surtout depuis que Maxime Vivas préside la section “ Écrivains ” de son club de supporteurs). Dans son article, Ariès brosse un bref historique des accointances du sport de compétition – surtout l’automobile – avec le fascisme, l’extrême droite en général : Ecclestone, Mosley, Balestre, ancien Waffen SS qui déclara : « Nous le pensons et nous l'affirmons : le salut ne nous viendra que du combat. L'heure des hommes virils a sonné. Il faut choisir entre le national-socialisme et la juiverie » avant d’être décrété résistant et de recevoir la Légion d’honneur. Á propos de l’Afrique du Sud, Ariès rappelle cette fine analyse d’Alain Prost qui avait participé au Grand Prix en 1985 alors que le pays faisait l’objet d’un boycot : « Il faudrait un dictateur intelligent qui prenne les cinq ou six mesures indispensables pour remettre le pays dans les rails. »

 

 

Christophe Courtin se demande si l’Europe connaîtra bientôt ses marchés aux esclaves : « Une fois ces problèmes techniques réglés, on pourra envisager d’ouvrir des marchés dans le sud de la France pour le consommateur européen mais il faudra se heurter à quelques résistances bien compréhensibles, le Barbaresque fait encore peur dans les Maures et l’Estérel. Un bon marketing vintage péplum, jeux du stade, footballeurs noirs, devrait aider. On aura ainsi réglé de manière efficace quelques défis européens : la crise migratoire, la libre circulation des biens et des personnes en estimant celles-ci comme des biens, la démographie africaine. De grands groupes mondialisés organiseront le marché, le vivant est déjà privatisé. Non, non, le libéralisme n’est pas immoral, il est a moral. Vous êtes sûrs ? Ce qui est certain, c’est que nous sommes les témoins effarés d’un signe des temps : une immense régression anthropologique. »

 

 

Juliette Grange, autrice d’un ouvrage sur la question, débusque les réseaux de l’ombre des Néoconservateurs : « Le conservatisme classique propose la pérennité d’un ordre social. Le néoconservatisme impose de faire retout volontairement et brusqauement à une forme supposée plénière et supérieure de vie sociale passé. »

 

 

Pour Éva Lacoste, la mégacentrale de Gardanne-Meyreuil, projet « irresponsable », menace les forêts environnantes : « Il fut un temps où Nicolas Hulot, avant d’accepter un poste de ministre auprès d’un président peu sensible aux questions de l’environnement, avait cette formule : “ Macron n’a pas compris que c’est bien le modèle ultra libéral qui est à l’origine de la crise écologique. ” On serait tenté de le croire. »

 

 

Éva Lacoste s’entretient longuement avec Quentin Parrinello, porte-parole d’Oxfam, à propos des Paradise Papers : « La question fiscale devient de plus en plus un sujet d’intérêt public. On a besoin de cette pression citoyenne sur les politiques afin de changer les règles. On a besoin de ce contrôle citoyen sur els grandes entreprises afin de les dissuader de faire de l’évasion fiscale. Sans pression citoyenne, on ne réussira pas à pousser les responsables politiques à changer les règles du jeu. »

 

 

Nicolas Latteur, auteur de Travailler aujourd’hui : des salariés témoignent nous emmène au cœur du salariat : « Ce ne sont pas les salariés qui parlent du travail mais ceux qui entendent le régenter. Les pouvoirs propagent une idéologie selon laquelle le travail a un coût et est un impératif moral. »


 

Les Zindignés n°45-46

 

 

Pour Jean-Marc Sérékian, l’expression « mine responsable » est le nouvel oxymore : « Le projet orwellien du “ New Digital Age ” avec le transfert généralisé d’intelligence artificielle à tous les objets en substitution et confrontation à l’intelligence des êtres vivants, impose un extractivisme à outrance généralisé à la planète. L’impérialisme numérique, voilà pourquoi on meurt aujourd’hui en Afrique, ebn Asie et en Amérique latine. Et probablement demain en Europe … »

 

 

Gilles Herlédan rend hommage à Françoise Héritier : « Elle montré en quoi un fait naturel –  – la capacité des femmes de faire des enfants – a conduit les hommes à se rendre culturellement maîtres du corps de celles-ci. »

 

 

Ce même auteur traite de la surprise du harcèlement ou la violence en question : « Cette soudaine manifestation collective appelle quelques réflexions sur le potentiel de violence qui anime notre société par delà les complexités de la sexualité. »

 

 

Éva Lacoste revient sur l’occasion manquée su projet de loi Hulot sur les hydrocarbures : « Les grands engagements de la Conférence de Paris de 2015 s’effacent au profit des opérateurs miniers. »

 

 

Paul Ariès revient sur la publication de son ouvrage Les rêves de la jeune Russie des soviets. Il renvoie dos à dos les analyses antitotalitariennes et nostalgiques et affirme que l’URSS n’avait rien de communiste. Laurent Paillard (par ailleurs auteur d’un article sur “ Le libéralisme, un étatisme ”) analyse l’ouvrage d’Ariès dans un article intitulé “ La révolution buissonnière d’un antiproductiviste ”.

 

 

Florence Bussy interroge la question de la mortalité, « de la mort qui fait de l’homme un être fragile qui a besoin du secours des autres, ce qui fonde la sociabilité. »

 

 

Laurent Fiévet (dans “ Premiers de corvée ”) évoque une “ grande crevasse ” très périlleuse : « La figure du premier de cordée n'est pas celle qui convient en matière de gouvernement des sociétés humaines. Cette montagne-là ne peut être vaincue que par une entreprise solidaire et non par un homme seul maître du destin de ceux qui le suivent aveuglément. »

 

 

Enfin, Thierry Brugvin estiment que les déterminismes de classe unissent : en se concentrant sur les structures des élites, il analyse comment la classe des élites économiques influence la classe des élites politiques et des pouvoirs publics.

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