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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 06:42

Mediapart : À la frontière italienne, des cheminots résistent à la « chasse aux migrants » :

 

Les agents SNCF sont directement sollicités par les forces de l’ordre. Le représentant syndical décrit : « Les policiers viennent nous demander : “ Est-ce que tu en as ? – De quoi tu parles ? Moi je ne sais pas reconnaître une personne en situation irrégulière. ” Les policiers nous montrent le visage pour dire noir. Ils m’ont aussi déjà demandé mes clefs de service pour ouvrir une cabine. » Avec le temps, ces contrôles discriminatoires deviennent « routiniers ». « On s'y est habitué, dit un cheminot. Ça s'est banalisé. On sait qu'à Vintimille, les policiers italiens et français sur le quai vont filtrer les voyageurs et qu'à Menton, les CRS vont fouiller le train et quand ils auront fini, ils nous donneront l'autorisation de repartir. Que peut-on faire ? Notre direction nous a bien fait comprendre qu'il ne fallait pas faire passer de gens et que nous nous exposions à des sanctions. Nous avons quelques agents qui sont de zélés délateurs. Le cheminot est un citoyen comme un autre, il regarde TF1 et a des problèmes de pouvoir d'achat... »

 

 

Adrien Guilleau, dans Mediapart revient sur la visite de Marine Le Pen en Guyane, une visite dans la droite ligne de l'extrême droite !

 

Malgré un comité d’accueil qui donnait de la voix à l'aéroport de Cayenne, Marine Le Pen a réussi à s'introduire en Guyane en passant par une sortie dérobée de l'aéroport.

 

Durant son séjour elle a rencontré les représentants patronaux des filières du bois et de l'orpaillage, promettant de faciliter les exploitations si elle accédait au pouvoir. Exploitations qui avec elle, n'en doutons pas, rapporteraient encore une fois plus à la France qu'à la Guyane, fidèle aux fondamentaux du colonialisme qui veut que l'on pille les richesses d'un territoire pour le profit de sa métropole ! Ensuite elle a visité le Centre Spatial Guyanais (CSG) qui est aux guyanais ce que les mines de Nikel sont aux Kanaks, le symbole de l'exploitation coloniale.

 

Durant sa visite, le seul homme politique guyanais ayant accepté de la rencontrer est Léon Bertrand, ancien ministre de Chirac, maire de Saint Laurent du Maroni depuis 1983, condamné à 3 ans de prisons ferme en 2013 pour délit de favoritisme et corruption passive, condamnation confirmée en Appel et en Cassation, il attend que soient rendues les modalités de sa peine, il a également été condamné pour complicité d'abus de bien sociaux.

 

 

 

Dans Mariane, Renaud Dély critique la propositions de certains socialistes de revenu universel :

 

Cruel défaitisme, significatif de l'impuissance des politiques en général et de la gauche en particulier. En fait, le «revenu universel» vient clore une histoire tragique ouverte par le sombre aveu soupiré par François Mitterrand au crépuscule de son règne : «Contre le chômage, on a tout essayé...» Depuis, les socialistes ont perdu le goût du travail. Plutôt que d'en créer, ils ont préféré soit le partager, soit inventer diverses prestations pour tenter de compenser sa perte. Entérinant l'existence durable d'un chômage de masse, ce renoncement idéologique s'est traduit par l'abandon de la valeur travail, récupérée il y a dix ans par Nicolas Sarkozy, aujourd'hui par Marine Le Pen.

 

 

Dans Le Grand Soir, Jean Ortiz rappelle qu’en Amérique latine comme ailleurs, rien n’est jamais acquis :

 

Mais qui a dit que les changements sociaux étaient irréversibles ? Pas plus ici qu’ailleurs. Le capital ne cède jamais sans qu’on le lui impose. Qui peut croire que l’on peut répondre une fois pour toutes aux revendications des peuples ? Depuis plus de cinq ans, depuis le coup de force « parlementaire » contre le président de gauche élu au Honduras, Zelaya, en juin 2009, Washington est parti à la reconquête du terrain perdu dans son historique « arrière cour ». L’impérialisme a les moyens d’influer sur les cours des matières premières, de mener la « guerre idéologique », de déstabiliser des économies, des situations politiques, d’acheter tel ou tel... Peut-être avions-nous oublié que l’impérialisme reste l’impérialisme ? Le Venezuela bolivarien a construit des hôpitaux, des Universités, 700 000 logements sociaux, a sorti de la pauvreté des milliers de familles des « ranchitos » dont beaucoup ont accédé au statut de « classe moyenne », et ont désormais d’autres revendications, notamment de consommation... Mais la consommation ne saurait être l’horizon d’une révolution. Débat à ouvrir peut-être...

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 06:31

Je garantis l'authenticité de cet échange. Il y a quelques années, le chanteur Renaud rencontre Magyd Cherfi. 

 

- Qui es-tu , demande à Magyd l'homme au foulard rouge ?

- Je suis Magyd, le chanteur-auteur-compositeur.

- Tu as écris quoi comme chanson ?

-  “Tomber la chemise”.

- Ah, cette merde !

 

Je rappelle que cette "merde" commence par ces paroles :

 

Tous les enfants de ma cité et même d'ailleurs
Et tout ce que la colère a fait de meilleur
Des faces de stalagmites et des jolies filles
Des têtes d'acné, en un mot la famille
Sont là

Oui tous les enfants de mon quartier et même d'ailleurs
Et tous ce que le béton a fait de meilleur
Des qui voulaient pas payer l'entrée trente balles
Ont envahi la scène, ont envahi la salle.

Y a là des bandits qu'ont des têtes de cailloux
Ceux qu'ont des sentiments autant que les voyous
Attendent qu'on allume un méchant boucan
Et que surgissent de la scène des volcans
Et c'est là :

{Refrain:}
Qu'on a tombé la chemise
tomber la chemise ....

 

Le reste de la chanson est au même niveau.

 

Alors que “Tomber la chemise” était devenue un énorme succès, les médiacrates de droite ne savaient plus trop comment la récupérer. Je me souviens que l'immense Jean-Pierre Pernaud avait trouvé le joint en disant que “Tomber la chemise” était de la même veine que “La danse des canards”.

 

 

Mais revenons à Renaud. A-t-il prononcé cette petite crapulerie dans un état d'ébriété avancée ? Je crois qu'on s'en fiche. C'est sa nature profonde qu'il a exprimée dans ce dialogue, cette nature qui lui avait fait adopter une posture de mitterrandolâtre primaire et qui, récemment, l'a poussé vers Fillon. Une nature de mec pas sympa, pleurnichard (comparons la promotion de son dernier disque et l'attitude constante du groupe Zebda qui n'a jamais pleurniché et qui est resté fidèle à ses valeurs), un poseur à l'ego boursouflé qui nous les casse avec son tabagisme, son alcoolisme et ses problèmes avec les femmes.

 

PS : ne me demandez pas pourquoi certaines parties de ce texte sont surlignées en blanc. Je n'en sais strictement rien.

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 06:12

J’avoue avoir éprouvé un vrai plaisir esthétique, il y a une bonne trentaine d’années, à lire les deux copieux tomes du Journal de Paul Claudel, que j’ai d’ailleurs lus en regard avec celui de Gide qui disait de son aîné (d’un an) : « Ma pensée s’affirme en offense à la sienne ». Je ne partage pas du tout l’opinion d’André-Paul Antoine (le fils du comédien fondateur du théâtre du même nom) prétendant que « Si M. Paul Claudel mérite quelque admiration, ce n'est ni comme poète, ni comme diplomate, ni comme Français, c'est comme maître-nageur. » Contrairement à Gide qui écrivit son Journal dans l’optique d’une publication globale, Claudel, peu enclin à l’introspection, ne souhaita pas donner à ses textes un fini de littérature et n’évacua pas ses contradictions, voire ses reniements.

 

Mais pour moi, Claudel restera à jamais comme le frère de l’offense à sa sœur. Elève, collaboratrice, compagne de Rodin qu’elle dépassa à certains égards, Camille Claudel fut internée en 1913 en asile d’aliénés, à l’instigation de son frère et juste après la mort de leur père, de manière particulièrement violente. Un fourgon s’arrêta devant son domicile du 19 quai Saint-Louis à Paris. Deux infirmiers tentèrent d’en forcer la porte. La sculptrice, qui avait prévu le mauvais coup, s’était barricadée. Les infirmiers durent passer par la fenêtre devant des passants effarés. Au lieu d’aider leur sœur et fille, assurément paranoïaque, à voir du monde, à s’aérer, Claudel et sa mère obtinrent un « placement volontaire » pour cette artiste de génie qui était toujours en pleine possession de ses facultés créatrices.

 

 

En trente ans, Claudel ne rendra visite à sa sœur qu’à douze reprises. Celle-ci ne touchera plus jamais à une motte de glaise ou à un crayon. Elle sera inhumée sans la présence de son frère au cimetière de Montfavet avant que sa dépouille soit transférée dans une fosse commune, aucun membre de la famille Claudel n’ayant suggéré une vraie sépulture.

 

En 1935, Claudel est nommé administrateur de la société des moteurs Gnôme et Rhône. Il touche 675 000 francs pour avoir assisté six fois à son conseil d’administration. Pendant la guerre, l’entreprise produira des moteurs sous licence BMW.

 

Lorsque la Deuxième Guerre mondiale éclate, Claudel, qui n’est pas spontanément collaborateur ni même collaborationniste, et qui n’est pas non plus un suppôt de l’hitlérisme, salue le vote de l’Assemblée nationale du 10 juillet donnant au président du Conseil Pétain les pleins pouvoirs : « Vote de l'Assemblée nationale et fin du régime parlementaire et de la domination des francs-maçons et des instituteurs». Il précise que « La France est délivrée après 60 ans de joug du parti radical et anti-catholique (professeurs, avocats, juifs, francs-maçons). Le nouveau gouvernement invoque Dieu et rend la Grande-Chartreuse aux religieux. Espérance d'être délivré du suffrage universel et du parlementarisme ». Le 24 septembre, il en remet une petite couche : « Ma consolation est de voir la fin de cet immonde régime parlementaire qui, depuis des années, dévorait la France comme un cancer généralisé. C'est fini... de l'immonde tyrannie des bistrots, des francs-maçons, des métèques, des pions et des instituteurs... » (Journal, tome 2, collection Pléiade).

 

En novembre 1940, la collaboration l’écœure. Il se scandalise d’un appel dans La Croix du cardinal Alfred Baudrillart (recteur de l’Institut catholique de Paris et membre de l’Académie française) qui appelle à collaborer « avec la grande et puissante Allemagne » et faisant miroiter à nos yeux les profits économiques que nous sommes appelés à en retirer ! » Il estime que les catholiques « de l'espèce bien-pensante sont décidément écœurants de bêtise et de lâcheté. »

 

 

 

 

Mais il finit par craquer. Le 10 mai 1941, il publie dans Le Figaro (vichyste) le poème “Paroles au Maréchal”, connu sous le titre “Ode à Pétain” :

 

Monsieur le Maréchal, il est question dans cette

Pièce de quelqu’un qui ressuscite

Vos bras lentement qui n’a que vous et qui ressuscite

Sept fois de suite.

Monsieur le Maréchal, voici cette France entre vos bras, lentement

qui n'a que vous et qui ressuscite a voix basse.

II y a cet immense corps, à qui le soutient si lourd et qui pèse de tout son poids.

Toute la France d'aujourd'hui, et celle de demain avec elle, qui est la

même qu'autrefois!

Celle d'hier aussi qui sanglote et qui a honte et qui crie tout de même

elle a fait ce qu'elle a pu!

C'est vrai que j'ai été humiliée, dit-elle, c'est vrai que j'ai été vaincue.

II n'y a plus de rayons à ma tête, il n'y a plus que du sang dans de la boue.

II n'y a plus d'épée dans ma main, ni l'égide qui était pendue à mon cou.

Je suis étendue tout de mon long sur la route et il est loisible au plus lâche de m'insulter.

Mais tout de même il me reste ce corps qui est pur et cette âme qui ne s'est pas déshonorée !

Et sans doute c’était un rêve baroque, cette baraque [la IIIe République !] où j’ai vécu soixante-dix ans.

Monsieur le Maréchal, rappelez-vous et c’était

Il n’y a pas si longtemps

Ces foules sur tous les chemins comme un fleuve

Qui devient torrent

De femmes et d’enfants et d’hommes comme un

Troupeau de bêtes affolées.

Monsieur le Maréchal, il y a un devoir pour les morts qui est de ressusciter.

Et certes nous ressusciterons tous au jour du jugement dernier.

Mais c'est maintenant et aujourd'hui même qu'on a besoin de nous et qu'il y a quelque chose a faire !

France, écoute ce vieil homme sur toi qui se penche et qui te parle comme un père.

Fille de Saint-Louis, écoute-le ! Et dis, en as-tu assez maintenant de la politique ?

Écoute cette voix raisonnable qui propose et qui explique

Cette proposition comme de l'huile et cette vérité comme de l'or...

 

Á Henri Guillemin, catholique mais anti-pétainiste, Claudel justifiera cette flagornerie à l’égard du chef de l’État français au motif qu’il avait su lutter contre l’alcoolisme et défendu l’enseignement confessionnel (Comœdia, 18 janvier 1962).

 

Claudel qui, au temps de l’affaire Dreyfus, avait répondu à Jules Renard que « la tolérance, il y avait des maisons pour ça », va de nouveau se coucher, trois ans et demi plus tard, toujours dans Le Figaro, devant De Gaulle. Depuis octobre 1944, l’habile homme fait désormais partie des “Poètes de la résistance” ! Banalement, il utilise la problématique du père et du fils (qui avait, on le sait, réuni symboliquement les deux hommes bien avant la guerre) :

 

 

“Au général De Gaulle”, poème

 

Tout de même, dit la France, je suis sortie !

Tout de même, vous autres ! dit la France, vous voyez qu'on ne m'a pas eue et que j'en suis sortie !

Tout de même, ce que vous me dites depuis quatre ans, mon général, je ne suis pas sourde !

Vous voyez que je ne suis pas sourde et que j'ai compris !

Et tout de même, il y a quelqu'un, qui est moi-même, debout ! et que j'entends qui parle avec ma propre voix !

VIVE LA France ! II y a pour crier : VIVE LA France ! quelqu'un qui n'est pas un autre que moi !

Quelqu'un plein de sanglots, et plein de colère, et plein de larmes ! ces larmes que je ne finis pas de reboire

depuis quatre ans, et les voici maintenant au soleil, ces larmes ! ces énormes larmes sanglantes !

Quelqu'un plein de rugissements, et ce couteau dans la main, et ce glaive dans la main, mon général, que je me suis arraché du ventre !

Que les autres pensent de moi ce qu'ils veulent ! Ils disent qu'ils se sont battus, et c'est vrai !

Et moi, depuis quatre ans, au fond de la terre toute seule s'ils disent que je ne me suis pas battu, qu'est-ce que j'ai fait ?

...................................................................................................................

Et vous, monsieur le Général, qui êtes mon fils, et vous qui êtes mon sang, et vous, monsieur le soldat ! et vous, monsieur mon fils, à la fin qui êtes arrivé !

Regardez-moi dans les yeux, monsieur mon fils, et dites-moi si vous me reconnaissez !

Ah! c'est vrai, qu'on a bien réussi à me tuer, il y a quatre ans ! et tout le soin possible, il est vrai qu'on a mis tout le soin possible à me piétiner sur le cœur !

Mais le monde n'a jamais été fait pour se passer de la France, et la France n'a jamais été faite pour se passer d'honneur !

Regardez-moi dans les yeux, qui n'ai pas peur, et cherchez bien, et dites si j'ai peur de vos yeux de fils et de soldat !

Et dites si ça ne nous suffit pas, tous les deux, ce que vous cherchez dans mes yeux et ce que bientôt je vais trouver dans vos bras !

Le jour à la fin est venu ! ce jour depuis le commencement du monde qu'il fallait, à la fin il est arrivé !

Délivre-moi de cette chose à la fin, ô mon fils, que Dieu t'envoie pour me demander !

— Et que dois-je donc te demander ? dit le Général.

— La foi !

Les autres ça m'est égal ! mais dis que ça ne finira pas, cette connaissance à la fin qui s'est établie entre nous!

Le reste ça m'est égal ! Mais toi, donne-moi cette chose qui n'est pas autre chose que tout !

Ils ont cru se moquer de moi en disant que je suis femme !

Le genre de femme que je suis, ils verront, et ce que c'est dans un corps que d'avoir une âme !

Ils m'ont assez demandé mon corps, et toi, demande-moi mon âme !

Et le Général répond : Femme, tais-toi ! et ne me demande pas autre chose à mon tour que ce que je suis capable de t'apporter.

— Que m'apportes-tu donc ô mon fils ?

Et le Général, levant le bras, répond :

— La Volonté !

 

 

 

On pourra dire, mais c’est un autre débat, que la poésie engagée est, presque toujours, de la mauvaise poésie, en particulier quand elle exprime de la mauvaise foi.

 

Contentons-nous de replacer la fin de Claudel dans son contexte politico-littéraire. En 1952 meurt Paul Éluard. Il n’était pas catholique, ne croyait même pas en Dieu et ne s’était pas enrichi dans la grande industrie. Le gouvernement de Monsieur Laniel (figure typique de la IVe République mais qui avait participé à la fondation du Conseil National de la Résistance) interdit au cortège funèbre du poète de traverser la capitale. Un an auparavant, André Gide qui, lui non plus ne croyait pas en Dieu, avait été enterré sans les ors de la République avant que l’intégralité de son œuvre soit mise à l’index par le Vatican quelques semaines plus tard. Claudel, qui avait trompé sa femme à testicules rabattus et fait de la vie de sa sœur un enfer, eut droit à des obsèques officielles.

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 06:23

 

Basile Durand s’interroge sur le revenu universel, qui mérite d’être défini plus clairement. Il souhaite une avancée collective malgré la diversité des opinions et des questions sociétales qui en découlent.

 

Jean-Luc Debry observe une fuite en avant dans la problématique du travail et du crédit. Il cite Balzac : « Prodigues de tout ce qui s’obtient à crédit, ils sont avares de tout ce qui se paye à l’instant et semblent se venger de ce qu’il n’est pas en dissipant tout ce qu’ils peuvent avoir ».

 

Thierry Brugvin envisage en 2030 un effondrement de la population mondiale. Ce que prévoyait le club de Rome en 1972. « Après la catastrophe écologique et humanitaire », espère-t-il, « tout l’effort des mouvements alternatifs réalisés en amont pourra peut-être se révéler fructueux et permettre un virage et une issue plus probable vers le scénario vertueux de la décroissance solidaire, opposé aux scénarios d’une récession brutale, inégalitaire et destructreice. »

 

Pour Christian Laurut, l’oligarchie continue de récupérer l’écologie. Il parle de «COP Business », de « capitalisme vert ou de connivence », de profits réalisés « à la fois en polluant et en dépolluant ».

 

Pierre Jouventin explique comment l’éthologie « a remis en question notre supériorité » : selon lui, l’éthologie a dû attendre le XXe siècle pour atteindre son autonomie après les débats sur « l’âme des bêtes » du XVIIIe siècle. Il cite Karl Popper : « La science est une des très rares activités, peut-être la seule, où les erreurs sont systématiquement relevées et, avec le temps, assez souvent corrigées ».

 

Jean-Marc Sérékian analyse le « basculement de l’atome » bien avant le projet d’Hinkley Point : « Disons-le d’emblée, le point de basculement de l’atome est bien survenu très en amont du projet d’Hinkley Point… Il n’a pas non plus attendu Fukushima. Les pics des constructions de réacteurs et de production d’électricité nucléaire ont eu lieu tous les deux avant l’An 2000. Pour les mises en construction, les chiffres de la dégringolade générale sont suffisamment parlants: en 1979, année de la catastrophe de Three Mile Island, 230 réacteurs étaient en chantier, en 1986, année de Tchernobyl, on en comptait 120 en construction et au moment de Fukushima, en 2011, ils n’étaient plus que 64. […] Dans l’embourbement nucléaire national, la possibilité de lancer un chantier de construction de deux EPR en Angleterre change de l’ordinaire. A défaut de modifier la donne de l’atome pour le futur, il renoue avec un passé de grandes illusions où la génération plutonium auréolée de son savoir absolu s’imaginait un avenir radieux ».

 

Pour Éva Lacoste, Stévia a une « douceur au goût amer » : elle suscite la convoitise des multinationales. Le savoir ancestral du peuple garani est « détourné avec, à la clé, recours à la biologie de synthèse et publicité mensongère. » Les découvreurs de « l’herbe sucrée » ne bénéficient d’aucune retombée financière.

 

 

 

 

 

 

 

Yvon Quiniou voit chez Deleuze une « dérive littéraire » de la philosophie. Certes, il a eu le mérite de dénoncer « l’imposture des nouveaux philosophes » mais « son œuvre personnelle est d’une grande pauvreté théorique, tout en étant habillée d’une réthorique verbale extrêmement sophistiquée, voire alambiquée, qui en masque le vide ».

 

Yann Fiévet lance un « avis de régression générale » : « A chaque année qui passe les espoirs d’une « mondialisation heureuse » s’éloignent. Certes, seuls les hommes les plus naïfs et ceux qui avaient intérêt à leur faire croire à cette fable grossière usaient ces dernières années de cet adjectif collé à un processus mortifère puisque orchestré par « les nouveaux maîtres du monde » contre les « multitudes ». Partout, les possesseurs du capital exploitent de manière éhontée puis jettent sans vergogne des « flux » de main-d’œuvre qui viennent alors grossir les rangs des outsiders. Partout, une économie de dévoration ravage les écosystèmes pour nourrir en « ressources » épuisables la méga-machine dont les rejets nocifs sont, de plus, impossibles à contenir désormais. Partout, les fractures sociales et écologiques poussent des pans entiers des sociétés humaines vers le désespoir. Sur ce terreau fertile des hommes et des femmes se prétendant de bonne volonté se font élire pour diriger à leur tour le système qui les a si bien servi jusqu’alors. Ils ne feront ensuite qu’aggraver le sort des plus humbles et renforcer celui des nantis car telle est la loi du capitalisme débridé dont ils ne songeront surtout pas à inverser le sens profond. »

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 06:16

Avec la verve qu’on lui connaît, François Ruffin, dans Fakir, propose de faire le ménage : Alors, voilà ma bonne résolution pour 2017 : qu’on dégage les Arnaud Leparmentier, Laurent Joffrin et autres Dominique Seux des antennes. Que ça change un peu, qu’ils prennent notre place sur les strapontins, qu’on leur octroie quelques minutes de « débat », à l’occasion, pour se prévaloir de « pluralisme ».

 

Le même Fakir s’entretient avec un militant socialiste picard à propos de Vincent Peillon et de son passage dans la Somme comme député du Vimeu pendant cinq ans:

 

« Au départ, j’étais très content de faire la connaissance de Vincent Peillon, un jeune, qui parle bien, la relève. Très peu de monde l’a conspué, à l’époque, parce qu’il était ‘parachuté’. La difficulté, c’est plutôt maintenant, dix ans plus tard, quand tu as le sentiment que c’est toujours un parachuté. »

 

Les militants sont vite revenus de leur enthousiasme initial :

 

« Il venait assez peu aux réunions de section, et quand il venait, il faisait des discours de tactique, sur les autres dirigeants socialistes, un peu commère de la rue de Solférino. Il ne s’intéressait pas à la situation de la métallurgie. Un jour, des ouvriers l’ont évoquée, et il leur a dit : ‘Faites-moi une note là-dessus’, comme s’il se trouvait dans un cabinet ministériel, et pas dans le Vimeu. Mais il ne perdait pas le nord : à la sortie des meetings, il vendait ses bouquins ! Moi aussi, je me suis fait avoir. Je lui ai acheté Jean Jaurès et la religion du socialisme… Dedans, il recycle ses cours de philo sur Bergson, sur le matérialisme… Fallait voir ça : le pauvre travailleur qui se procure religieusement, c’est le cas de le dire, le livre d’un camarade et qui se retrouve avec une approche du temps chez Bergson !

 

Jamais il n’est venu à Cayeux, pendant son mandat, pour rencontrer les habitants.

 

 

Dans les Zindignés, Jean-Marc Sérékian analyse le « basculement de l’atome » bien avant le projet d’Hinkley Point : « Disons-le d’emblée, le point de basculement de l’atome est bien survenu très en amont du projet d’Hinkley Point… Il n’a pas non plus attendu Fukushima. Les pics des constructions de réacteurs et de production d’électricité nucléaire ont eu lieu tous les deux avant l’An 2000. Pour les mises en construction, les chiffres de la dégringolade générale sont suffisamment parlants: en 1979, année de la catastrophe de Three Mile Island, 230 réacteurs étaient en chantier, en 1986, année de Tchernobyl, on en comptait 120 en construction et au moment de Fukushima, en 2011, ils n’étaient plus que 64.

 

 

Dans son blog, Jean-Emmanuel Ducoin nous envoit ses « vœux grondants » : «Depuis Hugo, Marx, Jaurès et même Jack London (relisez absolument le ''Talon de fer'', 1907, que vient de rééditer le Temps des cerises), nous savons irréconciliable le conflit entre le travail et le capital. Plus que jamais, d’ailleurs, tant le capitalisme a retrouvé sa sauvagerie – désormais globalisée – et poursuit son unique chemin, sa rudimentaire disposition spoliatrice: avoir tout ce qu’il peut prendre et contrôler les esprits.

 

Ne lire ni amertume ni manichéisme dans ces mots. Juste de la lucidité, mâtinée de colère brute, que rehaussent encore les injustices d’une France sens dessus dessous qui oublie autant son histoire singulière que le socle sur lequel elle a adossé sa raison d’être au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : la République de progrès».

 

 

Enfin, sur le site de Mémoire des Luttes, Bernard Cassen s’en prend aux méfaits institutionnels de l’Union européenne : « Au lieu de constituer un bouclier contre les ravages sociaux et environnementaux de la mondialisation libérale, l’UE en est un agent actif, en particulier par son acharnement à promouvoir le libre-échange en son sein et dans ses relations avec les pays tiers. Demander « plus d’Europe » équivaut, dans les circonstances actuelles, à donner davantage de pouvoir aux instances non élues que sont la Commission et la BCE, et à déposséder les Etats des maigres marges de manœuvre qui leur restent pour répondre aux aspirations – pas toutes progressistes – de leurs citoyens.

 

La crise de la représentativité politique qui frappe pratiquement tous les Etats européens peut en partie être considérée comme un « dommage collatéral » d’une forme de construction européenne qui a délibérément ignoré les peuples.

Revue de presse (189)
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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 06:17

Michael Klare explique ce qu’est “Le monde selon Donald Trump” :

 

« L’Amérique d’abord ! » Martelé depuis des mois par le prochain président des États-Unis, ce slogan suggère ce que sera sa politique étrangère. Un mélange d’unilatéralisme – le dédain des accords internationaux, de brutalité – une augmentation des budgets militaires – et de mercantilisme – la subordination de la plupart des autres objectifs à l’intérêt commercial de son pays. Sans oublier une certaine imprévisibilité… »

 

 

Dans “Marionnettes russes”, Serge Halimi estime que l’Occident est à nouveau en proie à des démons maccarthistes :

 

« Le 9 février 1950, au plus fort de la guerre froide, un sénateur républicain encore obscur tonne : « J’ai entre les mains la liste de deux cent cinq personnes que le secrétaire d’État sait être membres du Parti communiste, et qui pourtant déterminent la politique du département d’État. » Joseph McCarthy venait d’entrer dans l’histoire des États-Unis par la porte de l’infamie. Sa liste n’existait pas, mais la vague d’hystérie anticommuniste et de purges qui suivit fut, elle, bien réelle. Et fracassa l’existence de milliers d’Américains. »

 

 

Qu’est-ce qui attend l’Amérique latine après la mort de Castro (Alexander Main) ?:

 

« Le décès du dirigeant historique de la révolution cubaine Fidel Castro a plongé dans l’affliction une grande partie des progressistes latino-américains. De l’Argentine au Venezuela, une droite atlantiste et libérale accumule depuis quelque temps les victoires. Doit-elle également se réjouir de l’arrivée au pouvoir du nouveau président américain Donald Trump ? »

 

Jean-Michel Quatrepoint explique comment les Etats-Unis dictent leur droit économique au monde, sans vraie réaction de ce même monde (“Au nom de la loi… américaine”) :

 

« Les entreprises européennes ont dû payer aux États-Unis un pactole de plus de 40 milliards de dollars (38,5 milliards d’euros) ces dernières années. La justice américaine les accuse de ne pas respecter les sanctions décidées par Washington (et non par les Nations unies) contre certains États. Le droit devient alors une arme pour absorber ou éliminer des concurrents. »

 

 

Pierre Rimbert dénonce “Les chauffards du bobard” de notre médiacratie :

 

« Depuis la défaite de Mme Hillary Clinton à l’élection présidentielle, les chefferies éditoriales de New York, Londres ou Paris découvrent une effarante vérité : les médias mentent. Pas eux, bien sûr : les autres. Des journaux en ligne proches de la droite radicale américaine, d’obscurs blogs créés en Macédoine, des « trolls » qui publient à la pelle des fausses nouvelles (fake news) : la ministre de la justice aurait ordonné d’« effacer immédiatement tous les tatouages représentant le drapeau confédéré », le pape soutiendrait M. Donald Trump, Mme Clinton dirigerait un réseau pédophile basé dans l’arrière-salle de la pizzeria Comet Ping Pong à Washington... Ces boniments relayés par Facebook, Twitter et Google auraient altéré le jugement des esprits simples qui ne lisent pas chaque jour le New York Times.” »

 

 

Willy Pelletier pense à tous ces Français dont le « voisin vote Front national » :

 

« Combattre un parti impose-t-il de condamner ceux qu’il a réussi à séduire ? Un militant de longue date de diverses organisations antiracistes d’extrême gauche interroge les formes de lutte dont il a usé, sans succès, contre le Front national. Son témoignage aide à comprendre comment celui-ci a réussi à devenir l’un des acteurs décisifs de la prochaine élection présidentielle française. »

 

 

 

 

 

L’icône de la démocratie birmane ménage les militaires, selon Christine Chaumeau :

 

« Depuis le 1er novembre 2016, près de trente mille Rohingyas, victimes d’exactions, ont fui la Birmanie. Si Mme Aung San Suu Kyi a instauré une conférence de paix avec tous les groupes armés, les divisions ethniques demeurent. Un an après son élection, toujours tributaire des généraux, elle doit aussi faire face aux problèmes économiques intérieurs. »

 

 

Selon Sung Il-kwon, les choses bougent en Corée du Sud (« Révolution des bougies » à Séoul) :

 

« Bravant des températures inférieures à 0°C, plus d’un million de Sud-Coréens ont manifesté chaque semaine pendant plus de deux mois. Du jamais-vu depuis la chute de la dictature, en 1987. Ils ont obtenu la mise à l’écart de la présidente Park Geun-hye, accusée de corruption et de faiblesse – le tout sur fond de chamanisme. Désormais, ils se battent pour des changements plus profonds. »

 

 

La gauche brésilienne est face à un double défi (Guilherme Boulos ) :

 

« Le 31 août 2016, le Sénat brésilien a voté la destitution de Mme Dilma Rousseff. Le nouveau président, le conservateur Michel Temer, pourrait connaître le même sort. Quant à la gauche, elle fait face à un double défi : son crédit est entamé alors même que la droite repart à l’offensive. Le dirigeant de l’un des principaux mouvements sociaux présente son analyse. »

 

 

Anne-Cécile Robert perçoit des “Trafics d’influence en Afrique” :

 

« Passé quasiment inaperçu, le quatrième sommet afro-arabe s’est tenu à Malabo, en Guinée-Équatoriale, les 23 et 24 novembre 2016. Cette rencontre traduit l’intérêt croissant des pays du Golfe pour l’Afrique et, pour celle-ci, une diversification inédite de ses partenaires. Les pays situés au sud du Sahara redessinent leur insertion, jusqu’ici subie, dans la géopolitique mondiale. »

 

 

Vicken Cheterian voit dans les Yézidis des « éternels boucs émissaires » :

 

« Alors que la bataille pour la reprise de Mossoul semble s’enliser, les Yézidis qui ont fui le nord-ouest de l’Irak en 2014 hésitent à regagner leur région natale. Persécutés par l’Organisation de l’État islamique, qui considère les membres de cette minorité kurdophone comme des hérétiques à asservir ou à mettre à mort, ils reprochent aux peshmergas de les avoir abandonnés à leur sort. »

 

 

Hé non, rappelle Maxime Lancien , l’Australie n’a jamais été vide (« Terra nullius », une fiction tenace) :

 

« Lors des Jeux olympiques de Sydney, en 2000, l’Australie avait célébré dans l’allégresse la réconciliation nationale entre Aborigènes et descendants de migrants européens. La cérémonie d’ouverture mettait en scène l’histoire de son peuple premier, et l’athlète d’origine aborigène Cathy Freeman allumait la flamme olympique. Dix-sept ans plus tard, la question du droit à la terre et de la dette coloniale empoisonne à nouveau la société. »

 

 

Olivier Barancy revient sur la période où “Le Corbusier redessinait Paris” :

 

« Classée au patrimoine mondial de l’Unesco en juillet 2016, l’œuvre architecturale de Le Corbusier est célébrée comme une contribution exceptionnelle au mouvement moderne. Mégalomane, fasciné par l’ordre, l’architecte suisse était aussi, selon un ouvrage à paraître, un urbaniste doctrinaire qui rêvait de réduire la taille des appartements et de raser le centre des villes. Paris échappa au projet qu’il avait conçu à son intention. »

 

 

Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner se demandent si Ankara et Téhéran sont alliés ou concurrents :

 

« Ravivées par la guerre en Syrie et par l’afflux de réfugiés en Europe, des tensions opposent de manière récurrente la Turquie à son partenaire historique allemand et à son rival ancestral iranien. Elles devraient persister, malgré une dynamique de rapprochement diplomatique entre Ankara et Téhéran pour la recherche d’un cessez-le-feu durable entre tous les acteurs du conflit syrien. »

 

 

Hans Kundnani & Astrid Ziebarth estiment qu’entre l’Allemagne et la Turquie existe “l’enjeu des réfugiés” :

 

 

« En mars 2016, la chancelière allemande Angela Merkel a négocié pour le compte de l’Union européenne un accord controversé avec la Turquie, afin de dissuader les migrants de traverser la mer Égée en bateau, souvent par l’entremise de passeurs. Dans le cadre d’un plan d’action complexe, ingénieux ou machiavélique selon le point de vue, le président turc Recep Tayyip Erdoğan acceptait de multiplier les patrouilles en mer et d’accueillir les demandeurs d’asile arrivés en Grèce après la signature des accords. En échange, pour chaque migrant syrien renvoyé en Turquie au départ des îles grecques, l’Union s’engageait à réinstaller en Europe un Syrien vivant dans un camp de réfugiés turc. Bruxelles verserait une aide de 6 milliards d’euros à destination des 2,7 millions de Syriens réfugiés en Turquie ; elle promettait également de rouvrir les négociations au sujet de l’adhésion de la Turquie et, plus important encore du point de vue d’Ankara, d’offrir à ses ressortissants la possibilité de voyager en Europe sans visa. »

 

 

En Europe, les choses bougent dans le domaine de la prostitution (William Irigoyen, “Prostitution, la guerre des modèles” :

 

« Au nom de la lutte contre les violences faites aux femmes, la Suède est devenue, le 1er janvier 1999, le premier pays à pénaliser l’achat de services sexuels, tandis que d’autres, comme l’Allemagne en 2001, choisissaient de légaliser les maisons closes. Quinze années de recul permettent d’observer les effets de ces deux approches opposées de la prostitution. »

 

 

Raffaele Laudani estime que “Matteo Renzi se rêve en phénix” :

 

« Alors que les arrestations et démissions pour corruption se multiplient dans l’entourage de la maire de Rome, issue du Mouvement 5 étoiles, ce dernier apparaît comme le grand vainqueur du référendum organisé par le président du conseil, M. Matteo Renzi. Les électeurs n’ont pas seulement rejeté le projet de réforme constitutionnelle : ils ont massivement condamné la politique menée depuis février 2014. »

 

 

La résistance wallonne, “bluff ou brèche”, demande Raoul Marc Jennar ?

 

« L’Accord économique et commercial global entre l’Union européenne et le Canada (en anglais CETA) a finalement été signé le 30 octobre 2016. L’opposition farouche de la Wallonie et de son ministre-président Paul Magnette en avait bloqué l’adoption pendant plusieurs semaines. Habitués à l’échec, les opposants au libre-échange ont imaginé en avoir subi un nouveau. Ont-ils raison ? »

 

 

Pour Sandra Szurek , les casques bleus font l’objet de “vives critiques” :

 

« Mise en échec en Syrie, l’Organisation des Nations unies (ONU) a pu obtenir du Conseil de sécurité l’autorisation d’envoyer des observateurs pour superviser l’évacuation d’Alep. L’ONU semble plus démunie que jamais. Même ses opérations de maintien de la paix suscitent de vives critiques, comme au Rwanda en 1994, en ex-Yougoslavie en 1995 ou plus récemment en Centrafrique. »

 

 

Marion Leclair évoque William Morris, créateur britannique unique (“Un esthète révolutionnaire” :

 

« Au XIXe siècle, le Britannique William Morris, promis par son éducation, son aisance financière et ses talents à une belle carrière d’artiste et d’écrivain, choisit d’accorder son action et ses convictions politiques : il entreprend de réhabiliter l’artisanat et de vulgariser la pensée marxiste, au nom d’une radicalité qui, chez lui, s’affirmera progressivement. »

 

 

“Mais que fait la police ?”, feignent de s’interroger Anthony Caillé & Jean-Jacques Gandini :

« Le soir est tombé sur l’avenue des Champs-Élysées, à Paris. Bravant l’état d’urgence, plusieurs centaines d’individus bloquent la circulation. Certains sont encagoulés ; armés, peut-être, à en juger par les bosses sous leurs blousons. Ils marchent vers le « périmètre interdit », celui de la résidence du président de la République et du ministère de l’intérieur, place Beauvau, cœur de l’État où, d’ordinaire, nul ne doit manifester. D’un instant à l’autre, la police déchaînera sur eux grenades lacrymogènes, matraques et tirs de Flash Ball. Pas cette fois. Cette fois, ils sont la police. »

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 07:02

De Jules César à Kim Il-Sung et à son fils en passant par Hitler, Perón et Bokassa, les hommes forts ont toujours été très soucieux de leur image. Et puis les dirigeants des pays démocratiques ont fait de même, de manière plus subtile.

 

On a retrouvé il y a peu des photos commanditées par Hitler, où il avait posé après avoir mûrement réfléchi. Ces photos ont disparu de la circulation lorsque le dictateur a fini par se trouver ridicule.

 

Il y avait bien sûr les photos prises par son photographe officiel Heinrich Hoffman où l'on voit Hitler s'exercer pendant des heures à l'art oratoire :

 

Hitler et son image

 

Et puis il y eut des photos plus intimes, plus “spontanées”, faisant partie à l'origine d'une campagne de propagande intitulée “Que l'Allemagne s'éveille”. Elles furent publiées par Trevor Salisbury dans son livre The Rise of Hitler

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 06:33

 

Il est parfois impossible de traduire parfaitement parce que le mot (ou le groupe de mots) sur lequel vous butez existe dans votre langue mais pas dans la langue cible.

 

De nombreux termes français n’existent dans aucune autre langue (ou alors n'ont pas forcément le même sens). J’en propose ici quelques-uns. Je me dis que ces mots, bien à nous, en disent long sur notre culture, sur la manière dont nous nous représentons, sur nos hiérarchies et nos valeurs.

 

Amour de soi. L’anglais a self-esteem.

 

Amour propre. Pour l’allemand, langue agglutinante, tout est possible : Selbstwertgefühl. L’anglais dit self-esteem, tout comme l’espagnol (autoestima).

 

S’apprivoiser. L’anglais s’en sort avec to become accustomed (mais où sont l’amour, la confiance, la relation mutuelle ?).

 

Arriviste. En anglais go-getter. L’allemand n’a rien, si ce n’est Parvenü. Reconnaissons que l’espagnol a arribista et l’italien arrivista.

 

Beau geste. Surtout s’il est gratuit. L’anglais dit noble gesture. L’allemand dit große Geste.

 

Bon vivant. L’anglais le reprend tel quel. Tout comme l’allemand et le néerlandais. L’espagnol a vividor. L’italien edonista.

 

Bricolage. L’anglais a do it yourself (DIY). L’allemand Heimwerker (qui travaille à la maison). Comme le portugais, l’italien a repris bricolage ou utilise fai da te.

 

Carte blanche. L’anglais l’a repris tel quel. S’il ne veut pas faire français, il dira free reign, free hand (freie Hand en allemand).

 

Chic. Repris tel quel en anglais. L’allemand a germanisé en schick.

 

Coup de foudre. L’anglais est moins violent : love at first sight. Même chose en allemand : Liebe auf den ersten Blick. Ou en espagnol : amor a primera vista.

 

Dépayser. L’anglais n’a rien de vraiment équivalent. L’allemand non plus. Pas plus que l’espagnol ou l’italien. Cette notion de se sentir ailleurs et d’agréable manière, c’est à nous, ça.

 

Différance. Concept derridesque qui contient la différence et l’ajournement du sens. Ne pas confondre avec la rilance de The Guard.

 

S’entendre. L’anglais a to get along well, ce qui est plus banal. L’allemand a les 15 tonnes de miteinander auszukommen. L’italien dit andare d’accordo.

 

L’esprit de l’escalier. Autrefois, dans les grandes maisons, le salon était généralement à l’étage. Avoir l’esprit de l’escalier (ou d’escalier), c’est penser à tout ce que l’on aurait pu dire d’intelligent une fois parvenu au rez-de-chaussée. C’est à nous, ça.

 

Exaucer. Terme d’origine religieuse : élever quelqu'un pour la satisfaction de ses vœux. L’anglais a tout bêtement to grant. L’allemand erfüllen. L’espagnol conceder.

 

 

Frimousse de l'ancien français frume, la mine). En anglais sweet little face ou baby face !

 

Frisson. Mélange de peur et d’excitation. Dans l’anglais shiver, il y a le froid, la fièvre, l’épouvante, le désir, le plaisir. C'est trop ! L’allemand agglutine : Nervenkitzel.

 

Joie de vivre. L’anglais s’en tire avec un placage moyen (joy of life) ou reprend carrément – c’est ce qu’il a de mieux à faire – joie de vivre.

 

Jouissance. Ce  mot connote le physique, l’intellectuel et le sensuel. Les anglais pleasure et enjoyment ne sont pas satisfaisants. L’allemand, l’espagnol, l’italien n’ont rien d’équivalent.

 

Laissez-faire. L’anglais a repris l’expression. L’allemand et l’espagnol de même.

 

Nombrilisme. L’anglais contemple son nombril (navel-gazing), tout comme l’allemand (Nabelschau) ou l’espagnol (mirarse el ombligo).

 

Recherché. Au sens d’inhabituel, d’exotique, de rare. Á part studied, l’anglais n’a rien. L’allemand, n’en parlons pas. L’italien a ricercato (raffiné, précieux).

 

Retrouvailles. L’anglais a, platement, reunion. L’allemand Wiedervereinigung. L’espagnol reencuentro.

 

Savoir-faire. L’anglais a tout bêtement know-how (ou savoir-faire). Repris par l’allemand (Knowhow) et l’italien. L’espagnol a conocimientos.

 

Savoir-vivre. En anglais good manners. En allemand gute Manieren. En espagnol modales.

 

Terroir. L’anglais a country ou soil. L’allemand a Boden (le sol). L’espagnol a repris terroir et utilise aussi terruño. L’italien a, simplement, terra ou luogo.

 

PS : un mot que j'adore en français du Sénégal : campanilisme (esprit de clocher). N'est pas passé dans le français hexagonal.


 

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 06:42

Pour Olivier Morin, dans L’Humanité, la droite s’acharne sur le PCF du département du Nord : « Un responsable départemental du PCF était convoqué hier chez le juge à la suite d’un tract dénonçant les propos xénophobes de candidats de droite lors des municipales de 2014 à La Madeleine.

 

Tout commence en mars 2014, quand le PCF de La Madeleine, sort un matériel de campagne dénonçant les propos haineux et xénophobes de responsables locaux et nationaux de l’UMP sur les réseaux sociaux. Parmi ceux qui s’épanchent sur le Net, « des candidats de la liste conduite par Sébastien Leprêtre pour l’élection municipale de 2014 et plusieurs de ses soutiens », selon la fédération PCF du Nord. Insupportable pour le futur maire, qui porte alors plainte contre le parti pour injure publique et lance son ami et avocat Frank Berton sur l’affaire. Sûr de son bon droit et qualifiant le tract de « torchon », l’édile de La Madeleine a pourtant pris soin de ne pas porter plainte pour diffamation, « ce qui l’aurait obligé à répondre sur le fond », témoigne Éric Boucher, responsable départemental du PCF, mis en examen hier au motif qu’il était « responsable départemental de la communication du PCF » au moment des faits. »

 

 

Sud Ouest nous donne des nouvelles de la France telle qu’elle est : « À la surprise générale, les commerces de Belvès, Monplaisant, Le Buisson et Siorac ont été fermés. 20 personnes sont au chômage.

 

C’est par un SMS laconique que, mercredi dernier, Christian Léothier, le maire de Pays-de-Belvès (Dordogne), a appris la fermeture imminente des quatre boulangeries-pâtisseries, dont celle de Belvès, Tourte de la Nauze par son propriétaire, M. Méchaussier. Le lendemain matin, les serrures de ses quatre établissements (à Monplaisant, Belvès, Le Buisson-de-Cadouin et Siorac-en-Périgord) étaient changées, empêchant du coup les 20 salariés, qui n’avaient pas été prévenus, d’aller travailler.

 

Christian Léothier a informé les Belvésois de l’affaire vendredi, lors la sixième rencontre publique, réunion qui avait pour ordre du jour un compte rendu d’activités.

 

Pour comprendre la décision du chef d’entreprise, il faut remonter le fil du temps. Car M. Méchaussier est bien connu des riverains. En mars 2015, cet homme a été condamné par les prud’hommes de Bergerac à indemniser neuf de ses anciens salariés qui avaient porté plainte contre lui pour harcèlement moral et non respect du code du travail – une décision pour laquelle il a interjeté appel (l’audience est prévue le 29 mai 2017). Enfin, M. Méchaussier était sous le coup d’une procédure de redressement judiciaire d’une période de six mois, et aurait pris les devants en fermant ses boulangeries avant le passage des huissiers. »

 

 

Res Publica relaie la Convergence nationale de défense et de développement des services public à propos de la privatisation de moins en moins rampante de La Poste. Il est urgent de :

 

– Refuser le contrat de présence postale pour 2017-2019 tel qu’il est et en élaborer un autre tourné vers l’emploi, le développement des services publics, la démocratie, notamment l’accord préalable du maire et du conseil municipal avant toute fermeture.

 

– Se battre partout, pied à pied, pour empêcher toute fermeture d’un bureau de poste.

 

– Demander que les Commissions Départementales de Présence Postale et Territoriale soient élargies aux associations d’usagers et organisations syndicales représentatives du personnel et qu’elles soient consultées sur l’ensemble des évolutions en cours au sein du réseau postal local ou sur les réorganisations de services qui impactent les conditions de travail et le service rendu aux usagers.

 

– Agir pour augmenter sensiblement les ressources du fonds de péréquation en faveur du maintien et de la rénovation des bureaux de postes.

 

– Agir pour maintenir et renforcer le maillage des services publics.

 

 

Je termine par deux chiffres repris par de nombreux médias :

 

571 français sont morts d’accidents du travail l’année dernière. Sans compter la poignée de soldats tombés sous le feu de l’ennemi.

 

L’évasion fiscale coûte à chaque citoyen 136,24 euros par mois.

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 06:42

Face à Trump, Paul Ariès a « la nausée » : « c’est la victoire de la haine sur l’espoir, la victoire du protofascisme sur la corruption des élites. »

 

La pensée d’André Gorz est « toujours d’actualité » (Willy Gianinazzi) : « Le capitalisme doit compter sur la création de besoins artificiels qui satisfont l’offre incessante de marchandises. En privilégiant ces besoins hétéronomes, il met sous le boisseau d’autres besoins. Non pas les besoins authentiques […] mais des besoins consciemment construits par notre vie en société et que l’on peut donc définir comme autonomes ».

 

Pour Thierry Brugvin, il faut s’attendre à « un réchauffement climatique de 4°c » : « Les prévisions s’avèrent nettement plus dramatiques que celles de la décroissance, puisque c’est carrément la survie d’une très large part de l’humanité qui est en péril et non plus seulement son niveau de vie ou son mode de vie. »

 

Faut-il plus de flexibilité pour s’adapter aux changements climatiques, demande Romain Felli : « Il n’y a pas d’action internationale sérieuse pour éviter un réchauffement climatique dangereux. » Lire de Romain Felli La Grande Adaptation Climat, capitalisme et catastrophe.

 

Pour Jean-Claude Paye, les banques sont dans le déni : « L’action de la Deutsche Bank est chahutée sur les marchés financiers. Après que les autorités américaines ont annoncé – une nouvelle déjà connue depuis plusieurs mois – une amende de 14 milliards de dollars à la suite de l’affaire des subprimes, la valeur de l’action de la Deutsche Bank – la plus importante banque d’affaires européenne – a atteint son niveau le plus bas depuis trente ans. Elle avait déjà perdu plus de la moitié de sa valeur depuis le début de l’année. La valeur boursière de la banque correspond actuellement à un tiers de ses fonds propres. Pourtant, le 30 septembre, après avoir perdu 9 % de sa valeur, l’action de la Deutsche Bank récupère ses pertes du jour et termine sur une hausse de 6 %. La Bourse a réagi à une rumeur parlant d’une réduction substantielle de l’amende à 5,4 milliards de dollars. Cependant, les ennuis de la banque ne sont pas terminés. La dernière chute a été causée par le transfert massif de fonds de hedge funds vers d’autres institutions. »

 

Frédéric Thomas écrit que la Chine s’installe aux Caraïbes : « Méga-complexe touristique dont l’ouverture ne cesse d’être reportée, Baha Mar reflète jusque dans ses déboires la stratégie chinoise dans les Caraïbes et la confusion entretenue entre tourisme et développement. Il donne ainsi à voir l’envers d’un paradis fiscal et touristique. Le 10 avril 2016, à Nassau, capitale des Bahamas, se clôturait l’Assemblée générale annuelle de la Banque interaméricaine de développement (BID). Le lieu et la date de ce Sommet sont emblématiques des aléas de la mondialisation et des contradictions des politiques de développement mises en œuvre dans la région. […] Alors que ses hôtels, le centre des congrès, son casino, tous vides, se dégradent à force d’être inoccupés et non entretenus, les Bahamiens peuvent se réjouir d’avoir bientôt deux casinos géants pour leur si petit pays... où il leur est interdit de jouer pour de l’argent. Se donne ainsi à voir jusqu’à l’absurde le rapport inégalitaire produit et reproduit par « l’ordre touristique » international. Si son expansion est intimement liée au « développement », c’est donc avant tout à celui du néolibéralisme, participant ainsi « de cette marchandisation généralisée des lieux et des comportements, de ces politiques d’ouverture des frontières au commerce mondialisé et de privatisation du patrimoine et des biens publics  ». En ce sens, Baha Mar est bien un marqueur emblématique de la mondialisation actuelle et du rôle joué par la Chine dans la région... et du piège dont ils relèvent. »

 

Pour Coline Tison, Internet (5ème consommateur mondial d’électricité) possède « une face énergétique caché » : «  Internet, c’est un réseau de milliers de kilomètres de câbles enfouis sous les mers, sous les autoroutes, dans les canalisations des villes. Des millions de routeurs et quelques millions de serveurs sont nécessaires pour faire marcher les annuaires, les routeurs, les protocoles. Internet est une industrie. » Á voir à ce sujet.

 

Pour Jean-Michel Sérakian, le fleuron industriel français ne s’est jamais remis de la « catastrophe soviétique de Tchernobyl » de 1986 : « Pourquoi cet enfermement persistant dans un négationnisme du risque de catastrophe nucléaire sur le territoire non pas seulement français mais européen ? » Dans ce même niméro, Yves Lenoir dénonce « l’arrogance des experts contre ceux qui contestent leur déni des dégâts sanitaires causés par l’accident ».

 

Eve Lacoste explique pourquoi la dictature du Honduras est « mal connue » : « Depuis le coup d’État militaire de 2009, se multiplient assassinats de militants écologistes et de leaders communautaires, accaparement de terres et déplacements de population, en même temps que les grands projets hydroélectriques et miniers qui ont partie liée avec l’oligarchie locale, le pouvoir en place et ses soutiens. Les grandes entreprises ne reculent devant rien lorsque s’effacent les barrières du droit. »

 

Yvon Quiniou soutient que l’œuvre de Foucault est « immense en quantité mais, comme sa réputation, elle ne résiste pas à une analyse critique un peu fouillée.

 

L’ambition intime des politiques pousse-t-elle cette dernière vers le caniveau (Yann Fiévet) ? : « Cela sonne comme un aboutissement, l’aboutissement d’une époque calamiteuse au plan de l’indécence notoire de la classe politique dominante et des médias de masse tout à la fois. Cela se passe à la télévision telle qu’on la fait aujourd’hui dans l’espoir de crever le plafond de l’audience. Cela a lieu sur M6, là où voilà une quinzaine d’années « Loft story » lançait le cycle vulgaire de la télé-réalité. En 2016, à quelques mois de la prochaine Présidentielle, la chaîne à sensations bon marché invente avec « Une ambition intime » un nouveau concept racoleur ; tous les candidats à la magistrature suprême vienne y répandre les avatars de leur vie privée. Les mêmes qui dénonçaient la « télé-poubelle » que constituait les batifolages de la pathétique Loana et de ses comparses se précipitent désormais sur le plateau de la nouvelle émission afin d’être la proie consentante de l’instinct voyeur de leurs congénères à l’ambition culturelle minimale. »

 

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