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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 05:31

Ce numéro s’intéresse particulièrement aux « nouveaux droits de la nature ». Les Zindignés ont interrogé les auteurs de l’important ouvrage (coordonné par Samanta Novella) Des droits de la nature. Leur conclusion tombe sous le sens : « Le pire ne sera évité que si les “ terriens ” (ceux qui savent qu’ils appartiennent à la Terre) l’emportent par leurs luttes et par le droit sur les “ modernes ” (ceux qui croient que la terre leur appartient).

 

Dans son édito (“ Rien ne va plus ”) Paul Ariès reprend une sombre analyse de Loïc Wacquant qui « expliquait que le nouveau projet des puissants était de punir les pauvres avec l’irrésistible ascension de l’État pénal qui ne répond pas à l’augmentation de la criminalité mais aux dislocations provoquées par le désengagement social de l’État et par l’imposition à tous du travail précaire comme nouvelle norme d’existence. »

 

Éva Lacoste explique pourquoi la nappe phréatique rhénane est en danger. « Les déchets toxiques entreposés près de Mulhouse risquent de contaminer la plus grande nappe phréatique d’Europe. Malgré l’opposition des citoyens et des élus locaux, le préfet a autorisé leur prolongation illimitée en couches géologiques profondes. »

 

Les Zindignés n° 42

Les Zindignés ont demandé à Marie Toussaint « comment les citoyens peuvent s’emparer du droit pour répondre à l’injustice climatique ». L’enjeu est immense, dit-elle : « à partir des nombreuses avancées en droit de l’environnement des multiples courants qui animent un débat juridique essentiel, inventer et donner corps aux concepts juridiques adaptés à la petite taille de notre planète et à son rythme biologique. »

 

Gilles Herlédan propose une analyse sur « Populisme et passions tristes » : « Il n’y a pas de politique sans affect. Mais lorsque la confusion rend difficile de penser, ils prennent barre sur tout raisonnement. Le populisme croissant l’atteste. Le populisme récuse les systèmes de représentation, se veut anti-intellectuel, il est complotiste et nie la différence entre droite et gauche. Pour l’auteur, le discours de François Fillon illustra parfaitement ces postures.

 

Thierry Brucvin revient longuement sur la planification écologique, principalement défendue, récemment, par La France Insoumise. Il convient de « trouver un équilibre entre le pôle de la décision collective et le pôle de la liberté d’initiative des organismes de production situés à la base.

 

Enfin un article passionnant de Jean-Marc Sérékien sur le drame vécu par les Saames, « peuple venu de la préhistoire face aux appétits de l’industrialisme et du capitalisme », peuple européen qui se voudrait encore autochtone.

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17 mai 2017 3 17 /05 /mai /2017 05:42

Un correspondant m'envoie ceci :

 

La réforme de l’orthographe imposée par la ministre française de l’Éducation nationale, prévoit de simplifier la (notre) langue française afin que les plus mauvais en orthographe n’aient plus de complexes… En obligeant les plus doués à rejoindre le niveau des plus nuls !
 
Ainsi, le "ph" de "pharmacie" sera remplacé par un "f" pour donner "farmacie" ; "orthographe" s’écrira "ortografe" et "analphabète" deviendra "analfabète".
 
Or, chaque mot prend son sens dans ses racines :
 
ainsi, le mot "analphabète" est issu des deux premières lettres de l'alphabet Grec, " alpha " et "beta " précédées du préfixe privatif " an " qui lui donnent son sens originel, à savoir : "qui ne connaît pas les lettres", donc qui ne sait ni lire, ni écrire.
 
Si désormais on écrit "analfabète", c'est totalement différent, et il faut revoir l'étymologie du mot ; et par conséquent, son sens.
 
Donc, "analfabète" est issu de :
 
- "anal" : qui a rapport à l'anus,
- "fa" : la quatrième note de la gamme,
- "bète" : personne un peu sotte.
 
Un "analfabète" est donc un con qui fait de la musique avec son trou de balle !
 
A ne pas confondre avec "les trous du cul" qui pondent "des réformes à la con" au ministère de l’Éducation nationale !
Réformer l'orthographe ?
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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 05:38

Je trouve qu'au nom de l'équité, chère à la CDFT, la France et l'Allemagne devraient augmenter substantiellement leurs droits d'inscription.

Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
Être étudiant, ça coûte !
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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 05:40

 

Gilles Raveaud, économiste à l’Institut d’études européennes (IEE) de l’université Paris 8, a récemment publié un livre sur l’économiste Bernard Maris, assassiné dans les locaux de Charlie Hebdo : Bernard Maris expliqué à ceux qui ne connaissent rien à l’économie (Les Échappés, 2017, 300 pages). Mireille Azzoug, directrice honoraire de cet institut, a rédigé le commentaire suivant :

 

Gilles Raveaud, économiste et maître de conférences à l’Institut d’études européennes (université Paris 8), dans lequel a également enseigné Bernard Maris, a consacré à celui qui était non seulement son collègue, mais aussi un maître et même un père spirituel, ce très beau livre, illustré par les dessinateurs Coco, Félix, Juin, Riss, Vuillemin et Willem.

 

Le titre se veut un clin d’œil à la démarche de Bernard Maris, qui sa vie durant s’était acharné à mettre à la portée de tous une « science économique » dont il récusait la prétention scientifique – « science au mieux de l’incertitude », disait-il – dénonçant la mathématisation, « instrument de terreur » et procédé d’exclusion du peuple. Pour lui l’économie n’était rien de plus qu’un « discours » qu’il s’évertuait à déconstruire et à démystifier, en l’extrayant de sa gangue idéologique et académique.

 

Dans une langue alerte, non dénuée d’humour, Gilles Raveaud, après avoir rappelé le parcours universitaire et intellectuel de Bernard Maris, expose les principales prises de position de cet économiste « citoyen » profondément hétérodoxe. Pour Bernard Maris « parler d’économie c’était parler de l’homme, de la vie des gens, de ce dont les gens ont besoin ». L’économie devait rester une science sociale, qu’il confrontait sans cesse à « la science politique ou à la sociologie mais aussi, à la psychologie, à la psychanalyse, à la littérature, à l’art ».

 

Contestant le libre marché et la concurrence, qui sont tout sauf libres, le règne de l’argent et de l’individualisme, la croissance et la mondialisation dite « heureuse », il rappelait sans cesse que l’économie est aussi le discours du pouvoir.

 

En quelque 300 pages, Gilles Raveaud passe en revue le testament économique de Bernard Maris, à travers la vingtaine d’ouvrages et les très nombreuses chroniques dans la presse et aussi sur les ondes qu’il nous a légués.

Un livre hommage à Bernard Maris
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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 05:24

Le site Ruptures nous met en garde contre l’association Pulse of Europe. Il s’agit d’une « initiative citoyenne » visant à vanter les mérites de l’intégration européenne. Elle a été lancée à Francfort (comme son nom ne l’indique pas) fin 2016. Le représentant légal et président avait pour nom Daniel Röder.

 

Dans le civil, le Dr Röder est avocat d’affaires. Et comme la curiosité de nos confrères ne s’est pas arrêtée là, ces derniers ont trouvé que ledit cabinet a pour spécialités : le conseil en réduction d’effectifs (« plans sociaux, négociations, licenciements collectifs ») ; en acquisitions et cessions d’entreprises, et vente aux enchères de celles-ci ; et en privatisations. Le cabinet du bon docteur Röder a ainsi été maître d’œuvre dans le rachat par des Chinois de l’aéroport de Francfort-Hahn.

 

Donc, un président de Pulse of Europe dont la spécialité est la cession d’entreprises, les plans sociaux et les privatisations… Tout d’un coup, les motivations de cette émouvante passion pro-européenne s’éclairent…

 

 

Toujours dans Ruptures on apprend que la Commission européenne a annoncé qu’elle engageait « une procédure d’infraction contre l’Autriche concernant l’application de la loi autrichienne visant à lutter contre le dumping social et salarial dans le secteur du transport routier ».

 

Vienne est donc poursuivi pour avoir mis en place des mesures protectrices, la Commission estimant que « cette pratique limite le marché intérieur de l’UE de manière disproportionnée ».

 

Voici comment l’institution suprême de l’UE justifie la procédure d’infraction : « Tout en soutenant pleinement le principe du salaire minimum national, la Commission estime que l’application de la législation autrichienne à toutes les opérations de transport international comportant un chargement et/ou déchargement effectué sur le territoire autrichien constitue une restriction disproportionnée à la libre prestation de services ainsi qu’à la libre circulation des marchandises. »

 

Les quatre piliers de la libre circulation (capitaux, marchandises, services et main-d’œuvre) sont non négociables quand on appartient à l’Union européenne. Ils font partie de ce qu’on appelle « l’acquis communautaire ». L’effet cliquet auquel recourt la construction européenne depuis ses débuts garantit qu’aucune entorse majeure au dogme néolibéral n’est possible.

 

 

Théphraste R ; du Grand Soir, nous explique que, désormais, Macron peut tout : « Un banquier peut promettre de ne pas abroger la loi El Khomri, de ne pas défendre les intérêts de la France face à l’Allemagne, il peut rabrouer ses soutiens (Pour Valls : « Je n’ai pas fondé une maison d’hôtes »), singer Sarkozy et son Bouquet’s avec son repas à la Rotonde, traiter des ouvrières d’illettrées et les habitants du Pas-de-Calais d’alcooliques.

 

Via le secrétaire d’En Marche il peut faire dire à Attali de se taire.

 

Il peut couper l’herbe sous les pieds de Hollande en se présentant à l’élection quand le président sortant hésitait.

 

Il peut dénoncer la « laïcité revancharde » de Vals.

 

Il peut promettre au peuple de France la perte de ses droits sociaux, la soumission à la Finance, la capitulation devant l’Europe des marchands. »

 

 

Sophie Fontanel (L’Obs) s’esbaudit devant les tenues de Bri-Bri d’amour Macron : « Anne Sinclair avait eu cet hiver quelques paroles cinglantes sur Brigitte Macron ; on lui avait en effet rapporté qu'à l'enterrement de Michel Rocard, Brigitte aurait opté pour une tenue (noire) un peu trop Vie et pas assez Mort et surtout, très "fashion week".

 

C'est quoi cette police des bonnes mœurs ?! Non mais on rêve ! Ah la bienséance, cette engeance...

 

Alors qu'au fond (et même en surface), c'est assez encourageant que Brigitte Macron se mette des jupes un peu trop courtes, et des talons un peu trop hauts.

 

Et ce que j'ai découvert me rend Brigitte Macron très sympathique. Je ne suis pas certaine qu'il faille la "relooker", comme j'entends dire. Car sa manière de s'habiller, en fait, exprime quelque chose de primordial : l'amour de la vie. Et de la mode. »

Revue de presse (205)
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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 05:33

Les chasseurs d'Alaska, aux Etats-Unis, peuvent remercier Donald Trump. Leur nouveau président vient de révoquer les lois prévues par son prédécesseur pour protéger la vie sauvage. Désormais, ils ont le droit de tirer sur les ours en pleine hibernation et d'utiliser des avions ou des hélicoptères pour repérer leur cible.

 

 

La "beaufitude" du président américain resurgit, alors qu'il défend publiquement le présentateur vedette de Fox, Bill O'Reilly, embourbé dans un scandale de harcèlement sexuel.

 

Donald Trump comptait peut-être sur les frappes aériennes en Syrie, dans la nuit du jeudi 6 avril, pour apparaître, enfin, comme un grand chef de guerre.

 

Mais voilà qu’au lendemain de cet acte de bravoure, plutôt bien accueilli par les leaders européens, "Mister T" est é nouveau mis en cause sur son attitude envers les femmes. Le 5 avril en effet, Trump a eu la mauvaise idée de voler au secours de son ami Bill O’Reilly, 67 ans, vedette de Fox News, accusé de harcèlement sexuel.

 

Et Trump d’affirmer au New York Times, à propos de Bill : « Je le connais bien – c’est une bonne personne ! ». Rappelons qu’O’Reilly et son employeur, la 21st Century Fox de Rupert Murdoch, ont depuis 2002 versé environ 13 millions de dollars à cinq plaignantes, qui ont accepté de retirer leurs accusations.

 

 

De la Trumpitude (6)

Encore du golf. Le président américain Donald Trump voue une grande passion au golf, et elle coûte très cher aux contribuables étasuniens. Selon les médias américains, le montant dépensé depuis le début de son mandat est estimé à 20 millions de dollars.

 

Il a notamment passé plusieurs week-ends à Mar-A-Lago (Floride), où il a reçu le président chinois et le premier ministre japonais. Au total, il s’est adonné à sa passion durant neuf des dix derniers week-ends.

 

Depuis le début de son investiture, Donald Trump a joué 18 % du temps au golf, ce qui est bien plus que Barack Obama. Vanity Fair indique que s’il continue à ce rythme, le train de vie des Trump pourrait représenter un coup d’un milliard de dollars d’argent public durant son mandat.

 

 

Le directeur du Budget du président Donald Trump a lancé un appel au peuple des États-Unis : quelles administrations souhaitez-vous réformer, voire éliminer ? Une page internet permet de soumettre ses idées avant la grande réorganisation annoncée de la bureaucratie fédérale.

 

Dans un formulaire sur le site de la Maison-Blanche, un menu déroulant propose la liste des 20 grands départements et agences du gouvernement fédéral, de la CIA au ministère de l'Agriculture, ainsi que plus d'une centaine de directions à l'intérieur de ces départements, par exemple l'administration de l'inspection des grains, précédés de la question suivante : « Quelle agence voudriez-vous réformer ? »

 

L’animateur vedette David Pakman, dont le talk-show est distribué sur une centaine de chaînes câblées, n’y va pas avec le dos de la cuiller. Il y a quelques semaines, il évoquait les difficultés supposées du président Trump à lire un texte élaboré de manière fluide, se demandant même si le président, au fond, savait « vraiment » lire.

 

Sa démonstration, à la fois assez convaincante et un brin exagérée, avait fait grand bruit.

 

Cette fois, il enfonce le clou, et pose tout aussi sérieusement la question suivante : et si ces difficultés à lire, qui semblent par moment affecter le président, étaient liées à des premiers signes de démence, à un début de la maladie d’Alzheimer par exemple ?

 

Selon David Pakman, voilà qui expliquerait bien des choses : les comportements erratiques du président, ses brusques changements d’humeur, ses réponses bizarres et inappropriées lors des conférences de presse, les oublis récurrents, l’incapacité à se concentrer, tout comme l’absence de gêne ou de freins sociaux qui peuvent le conduire à se moquer en public d’un journaliste handicapé en l’imitant grossièrement ou à dire, candidement, qu’il est « le président le plus intelligent et le plus capable » de l’histoire des Etats-Unis…

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 05:20

En ce joli mois de mai 2017, Serge Halimi n’est guère rassuré par le bellicisme de Trump : « Quand un président erratique et peu soucieux d’apprendre tout ce qu’il ignore commande la plus puissante armée du monde, mieux vaut que les garde-fous soient nombreux. Or, lorsque M. Donald Trump a ordonné à ses généraux de bombarder la Syrie et d’engager des manœuvres navales en Asie, il a été ovationné par les parlementaires américains, républicains et démocrates, ainsi que par la quasi-totalité des médias, y compris en Europe. Un quotidien national français a même jugé que « les frappes sur la Syrie » avaient eu « quelque chose de libérateur ». Cinquante-neuf missiles tirés contre une base aérienne au Proche-Orient auraient donc presque métamorphosé un président empêtré dans l’impopularité, l’amateurisme et le népotisme en homme déterminé, sensible, incapable de contenir son humanité devant des photographies de « beaux bébés cruellement assassinés lors d’une attaque très barbare ». Un tel concert de louanges inquiète d’autant plus dans le climat international actuel, lourd de tensions, que M. Trump adore être adulé.»

 

Michael Klare lui emboîte le pas en constatant que Donald Trump s’épanouit en chef de guerre : « Comme il l’a souvent répété, M. Donald Trump entend mener une politique étrangère « imprévisible », et le bombardement d’une base du régime syrien a en effet beaucoup surpris les chancelleries. Cette attaque répond pourtant à une certaine logique : celle d’un président qui, depuis janvier, semble converti à l’usage de la force. »

 

 

Renaud Lambert :dénonce la Duplicité économique du Front national : « Afin de résumer les termes de son duel avec M. Emmanuel Macron, incarnation selon elle de l’« argent roi », Mme Marine Le Pen a célébré la France « qui protège nos emplois, notre pouvoir d’achat ». En matière économique, le Front national se situe volontiers sur un terrain jadis occupé par la gauche. Mais le libéralisme ne lui pose aucun problème dès lors qu’il reste hexagonal. »

 

 

Anne-Cécile Robert dénonce ceux pour qui c’est la faute au juge ! : « Des tensions inédites, et particulièrement vives, entre les juges et les responsables politiques auront marqué la campagne présidentielle française. Au-delà des événements particuliers de la compétition électorale, magistrats et élus rejouent ici une pièce ancienne mais actualisée par la montée en puissance, via la construction européenne, d’une notion ambiguë : l’État de droit. »

 

 

Loïc Ramirez explique que le Donbass apprend à vivre sans Kiev : « Trois ans après le début du conflit entre Kiev et la région séparatiste du Donbass, aucune solution ne semble se dégager. Le président ukrainien Piotr Porochenko souffle le chaud et le froid, hésitant entre l’instauration d’un blocus ferme et le rétablissement de liens économiques contrôlés. Du côté de Donetsk, la population s’organise, dans l’attente d’une hypothétique intervention militaire. »

 

 

Pour Rémi Carayol, le spectre d’un djihad peul se précise en Afrique : « À cause du réchauffement climatique et des politiques économiques suivies, la situation des éleveurs nomades du Sahel, traditionnellement difficile, se dégrade. Au point que de nombreux Peuls prennent désormais les armes pour faire entendre leurs revendications. Majoritairement musulmans, ils fournissent de plus en plus de troupes aux mouvements djihadistes qui déstabilisent la région. »

 

 

Agnès Sinaï met à nu le talon d’Achille du nucléaire français : « Pendant le prochain quinquennat, 53 des 58 réacteurs du parc atomique français dépasseront les quarante années de fonctionnement. Faudra-t-il prolonger leur exploitation au-delà de la durée prévue lors de leur conception, remplacer ces centrales par une nouvelle génération ou sortir progressivement du nucléaire ? L’histoire édifiante d’une pièce essentielle du dispositif de sûreté interroge les choix à venir.

 

 

On le sait, mais il faut quand même y revenir, Macron est le candidat des médias (Marie Bénilde) : « Le succès d’un candidat inconnu du public il y a trois ans ne s’explique pas seulement par la décomposition du système politique français. Inventeur d’une nouvelle manière de promouvoir les vieilles idées sociales-libérales qui ont valu au président François Hollande des records d’impopularité, M. Emmanuel Macron a trouvé dans les médias un solide point d’appui. Son histoire ressemble à un rêve d’éditorialiste. »

 

 

Une étude très intéressante sur la métamorphoses des classes populaires (Cédric Hugrée, Etienne Pénissat et Alexis Spire) : « Soudeur, auxiliaire de vie, guichetière, chauffeur… En Europe, les classes populaires ont connu d’importants bouleversements. De Londres à Bucarest, elles sont les grandes perdantes de la crise. En France, la vie des salariés modestes reste peu connue des professionnels de la politique, qui les tiennent souvent pour une masse grise dont il faut plaindre le sort pour gagner les suffrages. »

 

 

 

Étude corroborée par Pierre Rimbert (Dans les cuisines du marché électoral) : « Ce sont moins les électeurs qui choisissent leurs représentants que les formations politiques qui sélectionnent leur électorat. Censée « rassembler » une majorité de « citoyens » autour de grands thèmes fédérateurs, l’élection consiste surtout pour les partis à additionner des parts du marché démocratique — employés, fonctionnaires, cadres, etc. — en quantité suffisante pour conquérir ou conserver le pouvoir. Bref, à constituer une coalition politiquement majoritaire. Comment les états-majors découpent-ils ces portions et par quels moyens s’emploient-ils à les mobiliser ? En un mot, comment fabriquent-ils un électorat à partir d’une population ? »

 

 

Un éclairage original d’Elven Sicard sur ce qu’il s’est récemment passé en Guyane (Sous les pavés la Bible) : « En vingt-cinq ans, la Guyane a vu sa population doubler, pour atteindre 250 000 habitants. Délaissée par la métropole, dont elle dépend pour presque tout, elle reste coupée économiquement de ses voisins. La porosité de sa frontière la rend toutefois perméable aux trafics d’or comme au prosélytisme évangélique. En première ligne, les Amérindiens jouent leur avenir en tant que peuple. »

 

 

Á lire un lourd dossier sur le monde des camps, plus exactement « Un monde de camps » : « La planète compte aujourd’hui soixante-cinq millions de réfugiés et de déplacés. Faute de politiques d’accueil, un grand nombre d’entre eux sont contraints de vivre dans des camps, sortes de prisons à ciel ouvert dont les résidents sont privés de droits fondamentaux Longtemps confinées aux pays du Sud, ces structures prolifèrent et se banalisent en Europe depuis quelques années, s’ajoutant aux centaines de centres de rétention administrative qui servaient déjà à enfermer les migrants clandestins. Par leur nombre et leur pérennité – le temps de séjour moyen dans un centre du Haut-Commissariat pour les réfugiés est de dix-sept ans, les camps ont fini par représenter un marché que se disputent âprement organisations non gouvernementales et multinationales.

 

 

Le Monde Diplomatique (106)

Quelques savoureuses brèves, pas si fictives que cela d’Eduardo Galeano (Les mineurs, la mer et autres histoires) : « Célèbre auteur uruguayen, figure de la gauche latino-américaine et collaborateur de longue date du Monde diplomatique, Eduardo Galeano est décédé en 2015, à l’âge de 74 ans. Son dernier ouvrage (un recueil d’histoires et de contes parfois presque aussi brefs que des haïkus) paraît pour la première fois en français. Nous en publions, en exclusivité, quelques extraits. »

 

 

Pour François-Xavier Bonnet, les Philippines oscillent entre crimes et réformes : « L’année 2016 a été marquée par l’élection aux Philippines du président Rodrigo Duterte. Son programme de lutte contre les stupéfiants et la criminalité a capté l’attention des médias internationaux en raison des milliers de morts qu’il provoque. Mais, paradoxalement, le nouvel homme fort de Manille veut aussi mettre en œuvre de nombreuses réformes sociales, économiques et politiques. »

 

 

Pour Philippe Pons , la Corée du Nord est condamnée à posséder l’armement nucléaire pour survivre : « Les menaces et l’embargo américains répondent aux provocations et essais militaires nord-coréens. Après avoir envoyé un porte-avions en mer du Japon, le président des États-Unis réclame un engagement plus ferme de la Chine. Si Pékin a durci les sanctions contre Pyongyang, il est peu probable que les dirigeants nord-coréens renoncent au nucléaire, devenu leur assurance-vie. »

 

 

Deux articles importants sur la Tunisie : Grand déballage historique en Tunisie (Thierry Brésillon) et Le triple déni des cadres déchus (Jérôme Heurtaux) : « Entamé en novembre dernier, le processus de justice transitionnelle donne la parole à des victimes du régime de M. Zine El-Abidine Ben Ali mais aussi du « père de l’indépendance », Habib Bourguiba. Ce retour en force d’un passé occulté divise autant qu’il émeut la société tunisienne. Dans un contexte politique tendu, nombreux sont les anciens dirigeants qui refusent d’admettre leur responsabilité.

 

Que disent, après coup, les anciennes figures du régime de M. Zine El-Abidine Ben Ali des violations des droits humains commises alors ? Dans le cadre d’une recherche que nous menons depuis 2011 sur les recompositions des élites en Tunisie, nous avons conduit des entretiens biographiques approfondis avec une cinquantaine de cadres du régime déchu : anciens premiers ministres, ministres, députés, gouverneurs, ambassadeurs, conseillers présidentiels, etc. Ces rencontres montrent que, à l’opposé des réactions célébrant le caractère historique du processus de justice transitionnelle mené par l’Instance vérité et dignité (IVD), il en existe d’autres qui présentent une lecture très négative des auditions. Un député de l’ancien régime nous les décrit avec ironie comme « les journées théâtrales de Sidi Bou Saïd », en référence à la petite ville de la banlieue nord de Tunis où les premières d’entre elles ont lieu. »

 

 

Laurent Bonelli plaide pour une décroissance sécuritaire : « La politique offre parfois un spectacle amusant. Lorsque M. François Fillon (Les Républicains), mis en examen par trois juges pour complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de bien sociaux, puis pour faux et usage de faux et escroquerie aggravée, en appelle à « une détermination sans faille, des principes simples : tolérance zéro, impunité zéro ». Ou lorsque Mme Marine Le Pen (Front national), qui souhaite « appliquer la tolérance zéro et en finir avec le laxisme judiciaire », refuse de se rendre avant fin juin aux convocations de la police dans l’affaire de recel d’abus de confiance qui touche ses proches assistants, en se drapant dans son immunité de parlementaire européenne. »

 

 

Á lire un Supplément du Secours populaire français sur les réfugiés en Europe : «Les conflits qui ravagent le Proche-Orient, singulièrement la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan, ont jeté des centaines de milliers de personnes (hommes, femmes et enfants) sur les routes de l’exil. Si les pays frontaliers, comme le Liban, assurent le gros de l’effort d’accueil, les États de l’Union européenne sont également sollicités au nom du droit d’asile. Mais leur réponse varie selon les capitales et est souvent parcimonieuse. À Bruxelles, la Commission a tenté en vain d’organiser une réponse coordonnée des Vingt-Huit. Sur le terrain, les associations se mobilisent pour prodiguer aux réfugiés les premiers soins, leur fournir gîte et nourriture : un devoir de solidarité, comme le rappelle M. Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français. En Grèce, l’afflux inattendu de dizaines de milliers de migrants met à rude épreuve toute la société. Le bilan de la crise révèle le non-respect de la convention internationale relative au statut des réfugiés et un certain oubli des leçons de l’histoire ».

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 05:42

Selon Res Publica : « Le vote Mélenchon est un vote urbain comme celui de Macron. Les quelques départements ruraux qui donnent un vote Mélenchon important correspondant aux endroits où une action syndicale et politique forte et une activité intense d’éducation populaire se sont inscrites dans le paysage depuis longtemps. Le vote Mélenchon est plus faible dans la France périphérique, périurbaine, rurale et déclassée où vivent de très nombreux ouvriers et employés. Cela pourrait accréditer l’idée d’une insuffisance de préoccupations pour l’aménagement du territoire et sans doute de l’insuffisance de militants dans ces zones.

 

Sur l’avenir, comme sans doute Macron sera élu président de la République, et qu’il va durant son mandat continuer de conforter, par une politique de plus en plus austéritaire, le développement ultérieur du vote Front national comme l’ont fait ses prédécesseurs, c’est bien à une confrontation entre les électeurs du FN renforcés par une partie de la droite et ceux de Mélenchon que nous allons vivre dans les années 20 de ce siècle comme dans les années 30 du précédent. De ce point de vue, le FN a une longueur d’avance. »

 

 

Pour Pierre Mascomère (Res Publica) : « La santé constitue l’un des thèmes majeurs de l’action politique. Elle est, depuis 1946, un droit inscrit dans la Constitution, celle de 1946 confirmée par celle de 1958. Toute remise en cause de ce droit suscite de vives et légitimes réactions de la part de l’ensemble des assurés sociaux.

 

Les gouvernements successifs du quinquennat de François Hollande s’y sont employés. Très discrètement, au travers d’un minuscule décret paru ces dernières semaines – en pleine campagne électorale, le gouvernement actuel a remis en cause l’un des acquis importants de la présidence de François Mitterrand.

 

Le quart environ des dépenses de santé est à la charge de l’assuré social, soit sous la forme d’une cotisation à un organisme d’assurance santé complémentaire, soit par ce qui reste directement à sa charge après intervention de la Sécurité sociale et de sa mutuelle santé.

 

En revanche, ce qui vient de changer pour les retraités, c’est le tarif auquel les organismes assureurs pourront désormais assurer une complémentaire santé. Des facteurs principaux qui influencent le risque santé : l’âge, le sexe la catégorie socio-professionnelle, c’est bien sûr l’âge qui pose le plus de problème puisque le coût de la santé croit constamment selon l’âge de la personne. Cela veut dire que si l’assurance complémentaire santé est individuelle et libre, dans un contexte concurrentiel et non réglementé, le tarif évoluera en hausse toute la vie de la personne pour atteindre des niveaux exorbitants pour les personnes très âgées. Et ce, quelques soient les efforts de certains organismes pour ne pas aboutir à ces extrémités et mutualiser le risque sur toute la durée de la vie humaine. Malheur d’ailleurs aux organismes assureurs qui s’efforcent de mutualiser les jeunes et les plus âgés, car ils seront rapidement menacés de faillite face à la concurrence sauvage des assureurs privés qui ne couvrent que les bons risques et écartent impitoyablement les mauvais risques … »

 

 

Dans Mémoires des Luttes, Maurice Lemoine replace ce qu’il appelle « la guerre totale au Venezuela » dans le contexte plus large de l’histoire récente de l’Amérique Latine : « Les renversements de Manuel Zelaya au Honduras (2009), de Fernando Lugo au Paraguay (2012), puis de Dilma Rousseff au Brésil (2016) par des coups d’Etat dits « institutionnels », ont amené les adeptes de « la fin de cycle » – un supposé recul définitif de la « vague de gauche » – à croire l’affaire bien engagée. Alors que, après douze ans de « kirchnérisme », l’entrepreneur multimillionnaire Mauricio Macri venait de remporter l’élection présidentielle, l’ambassadeur des Etats-Unis Noah Mamet se félicitait en mars 2016 : la décision de Barack Obama de visiter l’Argentine était « une reconnaissance à la détermination de Macri de la réinsérer dans l’économie globale ». Le 7 septembre suivant, le vice-président américain Joe Biden appelait à ce qu’un référendum révocatoire soit tenu rapidement au Venezuela ».

Revue de Presse (204)
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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 05:44

Mes amis suisses de l'1dex ont publié récemment cet article qui m'a beaucoup plus.

 

Las d’entendre toujours les mêmes intonations à la télévision, Arte Radio a demandé à un ancien rédacteur en chef du « 20 heures » de France 2 pourquoi les journalistes prenaient toujours ce ton grave.

C’est une question qu’on s’est déjà tous posée : pourquoi les voix off des journaux télévisés se ressemblent-elles tant ? Arte Radio, la webradio de la chaîne franco-allemande, a tenté d’y répondre sérieusement avec humour. Formatage des journalistes, demande expresse des rédactions TV ou juste mauvaise habitude… dans un podcast, Victoire Tuaillon raconte son expérience de jeune journaliste passée par la rédaction de France 2.

 

« Pas de bonne voix, pas de contrat », lance-t-elle, évoquant les reproches de ses chefs sur son ton apparemment peu adapté aux formats télévisuels. « Un soir j’en ai eu marre (…) alors dans la cabine de mixage, j’ai pensé à Vincent Maronnier de Groland (la voix off caricaturale de l’émission satirique), j’ai baissé ma voix de trois octaves, et là de l’autre côté de la vitre j’ai vu mon chef me faire des grands signes, tout content. Ce soir-là j’ai même reçu des textos de félicitations : “Bravo ! Tu vois, tu l’as enfin trouvée ta voix.” »

 

La journaliste d’Arte Radio, qui confie ne pas être sûre de retravailler un jour à la télé, ne s’arrête pas à sa propre expérience et tend également le micro à Pascal Doucet-Bon, directeur adjoint des rédactions de France Télévisions. « Les chefs sont paradoxaux, ils se plaignent de l’uniformisation mais ne font rien pour que ça change », reconnaît celui qui a été rédacteur en chef du « 20 heures » de France 2.

 

Il l’admet, « on massacre la ponctuation »« on crée des virgules qui n’existent pas ». A bien se pencher sur les extraits de reportages, deux styles de voix semblent largement utilisés dans la profession : le ton grave et important, qu’on peut entendre sur des sujets aussi effrayants que les trottoirs enneigés ou le début des soldes ; et l’intonation qui donne l’impression de finir ses phrases sans point, « en l’air ».

« Les têtes qui dépassent, on les renvoie dans leurs régions »

 

Autre élément pointé par Arte Radio : tous les journalistes ont un accent parisien à la télévision. Les accents régionaux semblent en effet bannis des écrans nationaux. Tristement honnête, Pascal Doucet-Bon avoue : « Les têtes qui dépassent, on les renvoie dans leurs régions. Si un journaliste perpignanais avec un accent à couperau couteau arrivait à la télévision, bah, non, je ne vais pas le prendre. Et je défendrai l’idée de ne pas le prendre parce qu’on ne comprend pas ce qu’il raconte. »

 

Pour le directeur adjoint des rédactions de France Télévisions, le problème de l’accent n’existe pas vraiment puisque la sélection est faite a priori dans les écoles de journalisme. Les aspirants porteurs de micro sont invités à gommer leur accent ou à se tourner vers la presse écrite…

 

Mais qui a demandé à ces journalistes de parler ainsi ? Pour l’ancien rédacteur en chef du « 20 heures » de France 2, c’est un exemple de mimétisme ambiant, chacun pensant qu’il faut parler de cette manière. « Il [le journaliste] pense que ses chefs attendent ça de lui, ses chefs ne le détrompent qu’à moitié. Et c’est seulement quand le mal est fait, qu’il y a une généralisation de ce ton, qu’il commence à y avoir une remise en cause. Et en général on passe à l’acquisition d’un nouveau défaut : une mode en chasse une autre. » Alors, à quand la mode de l’accent catalan ?

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Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 05:45

On dira, en simplifiant quelque peu, que si l’université de Cambridge (le pont sur la rivière Cam) est plutôt de gauche, celle d’Oxford (le gué où passent les bœufs) est assez nettement de droite. Ça tombe bien, le politiquement correct étant fondamentalement de droite, on ne peut pas ne pas dénoncer le prurit qui a saisi cette année les autorités d’Oxford qui jaugent le racisme à l’aune de postures, de comportements très superficiels.

 

Il a été ainsi décidé que si l’on évite de regarder quelqu’un dans les yeux, on fait preuve de racisme à son égard. La Commission pour la diversité et l’égalité (à noter que la diversité prend le pas sur l’égalité) vient de faire savoir aux étudiants que de pas s’adresser aux autres les yeux dans les yeux pouvait être « considéré comme une micro-agression raciste » assimilée à « une maladie mentale ».

 

Un délit beaucoup plus grave consiste à demander à un collègue étudiant « de quelle partie du monde il est originaire ». Dans sa grande bonté, la Commission pour la diversité et l’égalité explique que ces comportements peuvent partir d’une bonne intention mais que, néanmoins, ils « offensent » l’autre à qui ils nient le sens d’appartenance à l’institution.

 

Dans le même temps, les étudiants en droit ont désormais le droit de ne pas assister à des cours qui exposent des affaires violentes s’ils craignent d’être « bouleversés » par la relation des faits. De même, il existe désormais des signaux d’avertissement pour les étudiants en théologie lorsque, durant les cours, les professeurs sont amenés à présenter des images violentes de la crucifixion. Comme disait Coluche, heureusement que le Christ n’a pas été noyé sinon il y aurait des bocaux avec des poissons rouges au-dessus des lits dans les hôtels ! Ce qui signifie que l’université d’Oxford se plie aux exigences de la nouvelle génération d’étudiants « flocons de neige » (snowflake, une expression qui vient des Etats-Unis, naturellement), des jeunes qui ont peur des tout, qui sont incapables, par extrême sensibilité, de résister à l’adversité, à des défis qui les dépassent.

 

Qu’Orwell revienne, car nous sommes à l’évidence dans la pensée-crime. Il est insensé que dans un pays qui se prétend démocratique des autorités universitaires s’arrogent le droit de dire aux étudiants ce qu’ils doivent penser, ce qu’ils doivent ressentir.

 

Nous sommes aux antipodes de l’égalité dans la mesure où l’autre, le non-Blanc (ces recommandations visent les Blancs à 99%) est perçu dans sa différence d’individu de couleur et de religion différente. Il eût été difficile de trouver un moyen plus sûr de réintroduire du racisme. Mais ce que ces crétins de la Commission n’ont pas compris, dans leur combat pour « l’égalité des chances » et contre toute forme de « discrimination », c’est à quel point ils étaient anglo-centrés. De par le monde, les gens ne se regardent pas de la même manière, ne se serrent pas la main de la même manière, ne se remercient pas de la même manière, ne s’insultent pas de la même manière. Lorsque je résidais en Côte d’Ivoire, un de mes collègues avait rédigé une thèse sur les centaines de manières de se saluer dans une ethnie (il y en avait une soixantaine d’autres dans le pays). J’avais découvert une code extraordinairement riche : un homme ne salue pas sa mère comme le fait sa sœur ; un beau-fils ne salue pas sa belle-mère comme sa marâtre ; un frère ne salue pas son frère comme son cousin etc.


 

Dans l’université britannique, tu as vite fait d’être raciste

Avec ces crétins d’Oxford, plus de naturel, plus de spontanéité.

 

Dans le même ordre d’idées, l’université de Cardiff, qui a forcément quelque chose à se faire pardonner car elle n’est pas à 100% galloise, a décidé d’interdire sur le campus et dans les écrits officiels l’expression « bras droit » qui contient en anglais le mot « man » et l’expression – reprise telle quelle en français – « gentleman’s agreement ». Elle a par ailleurs recommandé l’utilisation de vocables du genre neutre chaque fois que c'est possible (je lui souhaite bien du plaisir).

 

Tout cela est tout de même beaucoup plus important que le fait qu'il y a quarante ans les études universitaires étaient gratuites outre-Manche alors qu'aujourd'hui elles coûtent une fortune.

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