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28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 05:39

Tous les excès, toutes les initiatives sont possibles. Il ne faut pas s’étonner qu'en Allemagne, comme dans des temps pas si anciens que cela, des enfants aient paradé en uniforme en portant des armes (factices) dans une mosquée turque, gérée par l’Union turque Ditib, émanation du pouvoir central d’Ankara. Selon la mosquée, il s’agissait de commémorer la victoire des Dardanelles. Tandis qu’Angela Merkel souhaite que les négociations entre l’UE et la Turquie reprennent dare-dare, les religieux purs et durs ne font donc rien pour intégrer leurs ouailles. Tout récemment, un historien allemand, spécialiste de l’histoire du Vatican, ayant affirmé que « l’islam ne fait pas partie de l’histoire de l’Allemagne » – les membres du gouvernement ne sont pas à l’unisson sur ce sujet – a été empêché par Facebook d’utiliser son compte pendant trente jours. En réaction à l'identitaire islamiste, le ministre-président bavarois (CSU) a décidé que tous les bâtiments publics devraient être ornés d'un crucifix, « symbole d'identité culturelle ». Rappelons que l'Allemagne n'est pas un pays laïc. Il est ainsi demandé aux candidats à des emplois publics de préciser leur religion (ou absence de) dans leur CV.

 

 

La Constitution des États-Unis garantit totalement la liberté d'expression (la seule limite étant un propos performatif du genre : « je pense que cet homme doit mourir, donc je le tue »). Des étudiants remettent actuellement en cause cette liberté en demandant que l'université devienne une zone neutre, un espace sécurisé (“ safe space ”) où aucun propos hostile ne pourrait être tenu à l'encontre de minorités raciales ou sexuelles. Selon Libération, « cette évolution est perçue par les professeurs jusque dans les salles de classe au quotidien. Les étudiants s’attendent de plus en plus à être prévenus quand le contenu d’un cours peut les choquer. Certains vont jusqu’à quitter la salle lors des discussions de groupe, pour ne pas entendre des opinions qui les blessent. Les universités sont embarrassées face aux pétitions des élèves, car certaines dépassent le débat sur le 1er amendement et remettent en cause le programme scolaire : faut-il ne plus lire Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee [œuvre globalement anti-raciste, prix Pulitzer 1961, 4 millions d'exemplaires vendus, enseignée dans toutes les écoles] parce que le mot « nigger » y revient trop souvent ? Ne plus montrer d’images lors des cours d’histoire sur le Ku Klux Klan ? »

 

 

Chez nous, la sociologue Christine Delphy estime la non-mixité indispensable aux minorités « pour que leur expérience de discrimination et d’humiliation puisse se dire, sans crainte de faire de la peine aux bons Blancs ». Elle souhaite exclure de certains débats – pour permettre aux « opprimés » de s’émanciper d’une domination raciale ou masculine qui les oppresse, et de prendre librement la parole – ce qu'elle appelle les « groupes dominants », pour elle les hétérosexuels, les hommes, les personnes de couleur blanche. Apparemment pas les banquiers et les actionnaires du CAC 40. La LICRA a nettement critiqué cette approche : « des étudiants contre la sélection à l’université Paris organisent un “ atelier en non mixité raciale ”. Combien de temps encore l’université française va-t-elle supporter le rétablissement de pratiques racistes dans ses murs ! » Cette approche raciale (raciste, on ne sait comment dire ?) fait se rejoindre les extrêmes. C'est ainsi que la chaîne de télévision AJ+français, apparemment branchée et progressiste alors qu'elle est une émanation directe du très conservateur Qatar, critique d'un point de vue racial le choix du ministère des Sports qui a nommé comme ambassadeur contre le racisme Antoine Griezmann (un choix plutôt légitime, si l'on se place à ce niveau dans la mesure où le père de Griezmann est d'origine allemande et sa mère d'origine portugaise) : « Le ministère des Sports a choisi le footballeur Antoine Griezmann comme ambassadeur pour incarner la lutte contre le racisme dans le foot. Pas Blaise Matuidi. Pas Ousmane Dembélé. Pas Paul Pogba. Antoine Griezmann. » Griezmann étant blanc, il ne saurait promouvoir la lutte contre le racisme. Même s'il est un excellent footballeur, par ailleurs très populaire. Ce raisonnement (on passe sur le fait que, pour cette chaîne, Élisabeth Badinter est raciste avant d'être féministe) rejoint la fine analyse d'extrême droite d'un le Pen pour qui, la France étant majoritairement blanche, elle devrait être représentée par une équipe nationale de footballeurs moins colorée. On notera que, contrairement à ceux qui excipent du primat de la race, le cinéma français compte de plus en plus d'acteurs et de metteurs en scène de talent d'origine maghrébine, sans discrimination positive, sans piston de la mosquée. Simplement parce qu'ils sont très bons. On compte même désormais des comédiens originaires d'Afrique du Nord jouant des rôles de chtis ou d'auvergnats.

 

 

Dans les cités, dans les quartiers (mais aussi en milieu bourgeois), être homosexuel est de moins en moins une sinécure, que ce soit en famille, dans les immeubles ou sur internet. Nous sommes en plein tabou. Dans un supermarché, une jeune femme déverse un chapelet d’injures sur un client homosexuel : « pédé, tarlouzes, sales chbeb [enculé], une honte pour la France qui mérite de mourir, en Algérie, les mecs comme vous, on les égorge. » Les associations SOS et Stop homophobie s’étant constituées partie civile, cette femme devra répondre devant la justice. Il y a une dizaine d’années, Braïm Naït-Balk sortait du placard avec son récit Un homo dans la cité : La descente aux enfers puis la libération d'un homosexuel de culture maghrébine. Dans ce livre d’un très grand courage, il décrivait son calvaire. Libération rendit compte de l'ouvrage en ces termes : « Brahim aborde l’épisode terrible de viols subis dans la cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois, il y a vingt ans. Des types, qui avaient, selon son expression, « flairé » son orientation sexuelle, l’ont entraîné dans une cave, à tour de rôle. Il est l’un des premiers à témoigner ouvertement de cette histoire. La honte, toujours. Il n’en a soufflé mot à personne. Il ne reste pas trace de cette histoire, pas plus que de témoins. A l’époque, il n’a pas porté plainte, de peur d’être catalogué homo. « Les filles qui subissent des tournantes, elles ne portent pas plainte non plus », se justifie Brahim. Il rêve que cette situation évolue. « Quand il a commencé les émissions à la radio, il parlait de sport et ne se disait pas homo. Mais on sentait une souffrance, on ne savait pas ce que c’était exactement », explique Sylvain, chroniqueur, qui le connaît depuis sept ans. Un ami de vingt ans : « Ça nous paraît un peu irréel qu’il sorte cela dans un livre, mais s’il l’a fait, c’est qu’il devait en avoir besoin. » Contacté par téléphone, son frère dit que s’il savait pour l’homosexualité, il n’était pas au courant pour les viols. Brahim explique qu’il ne voulait pas passer pour une victime. » Comme, en plus, Brahim n’est pas croyant et vote plutôt à droite, rien ne doit être simple pour lui. L'ironie dramatique de cette effroyable désintégration de nos rapports sociaux est que, selon le linguiste Robert Chaudenson, « Le paradis musulman est, de toute évidence, gay ! La sourate 76, l’Homme (El-Insan – verset 19 indique que « Et là autour d’eux circuleront des enfants à l’éternelle jeunesse ; quand tu les verras, tu penseras que ce sont des perles éparpillées ». Aux vierges promises s’ajoutent donc sans conteste des éphèbes, comme on le constate à la sourate 56, l’Evénement (El-Waqi’ah) – verset 17, qui est sans ambiguïté : « Autour d’eux, des éphèbes toujours jeunes, avec des coupes, des aiguières et un verre rempli d’une liqueur de source ».

Pendant ce temps, Henda Ayari, à qui son mari avait imposé le port du jihab et du niqab, n’a reçu le soutien d’aucune association féministe après une plainte déposée contre Tariq Ramadan pour violences sexuelles.

 

 

Je n’évoquerai pas, car ce serait sans fin, les multiples altercations ayant opposé des personnels hospitaliers à des maris musulmans refusant que leur femme soit examinée par des hommes. Je préfère terminer en disant qu’une certaine forme de résistance – l’application pure et simple de la loi – se fait jour. Un maire a récemment refusé d’inscrire à l’état civil un garçon sous le nom de Jihad (les musulmans de France verraient-ils d’un œil favorable qu’un petit Blanc blond aux yeux bleus soit prénommé “ Bataille de Poitiers ” ?). Certes, en soi, le nom de Jihad (effort, résistance) n’a rien de pendable. Mais dans le contexte actuel, ce choix relevait d’une provocation très malveillante. Jihad a été transformé en Jahid et tout est rentré dans l’ordre. Mais un ordre malfaisant, où le remède est pire que le mal puisque les langues sémitiques sont à base triconsonnantique. Autrement dit, sur la racine, ici J-H-D, quand on fait varier les voyelles, on obtient un autre mot du même paradigme. Ici, ce sur quoi débouche notre juge, qui aurait mieux fait de se renseigner, c'est l'impératif du verbe (donc, en gros “ fais la guerre sainte ”, ou “ fais l'effort sur toi-même ”, si l'on prend la version optimiste).

 

Á Vaux-en-Velin, près de Lyon, le centre d’Assistance médicale à la procréation de la clinique a fermement rappelé que « le visage des patientes doit être découvert » et que « les couples doivent serrer la main de tous les praticiens ». Ces personnels de santé se sont ainsi conformés à un arrêt de principe du Conseil d’État selon lequel « le refus d’une femme de serrer la main d’un homme lors de la cérémonie d’accueil dans la nationalité française signe son défaut d’assimilation. »

 

PS : pour ma part, j'ai pris conscience de ces phénomènes il y a une quinzaine d'années. Je me retrouvais pour des raisons familiales dans un chef-lieu de canton du Lot-et-Garonne, une bourgade que je connais depuis 1954 et où la piscine olympique (inaugurée par Christine Caron) dans laquelle je barbotais quand j’étais ado fut incendiée un beau jour d’avril 1999 par des esprits facétieux et désœuvrés, après avoir été fermée parce que saccagée par ces mêmes esprits. J'étais installé à la terrasse d'un café. Á deux mètres de moi, trois ados d'origine maghrébine dont deux avaient incontestablement moins de seize ans et auraient dû être en classe. J'écoutais d'une oreille distraite quand, soudain, je notai ce qu'avait d'incongru leur parler. Ces gosses nés dans ce canton, comme leurs parents et leurs grands-parents (dans ce département, l'immigration nord-africaine date d'avant la guerre d'Algérie), ces gosses, qui n'avaient jamais été plus loin qu'Agen ou Villeneuve-sur-Lot, parlaient avec l'accent des banlieues, un univers totalement inconnu d'eux. Face à ces ados désintégrés, dont les parents et grands-parents s'exprimaient en français avec l'accent du Lot-et-Garonne, je me dis que nous avions tout raté et que réparer nos erreurs prendrait plusieurs générations.

 

 

Le paradigme islamiste s’impose au monde (II)
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27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 05:27

 

Lyon intra muros. Il fait un temps superbe, une magnifique journée de printemps, chaude et ensoleillée. Deux adolescentes d’une quinzaine d’années se promènent. L’une porte un jeans tailladé selon cette mode qui est en train de se démoder. Elle a de longs et beaux cheveux très blonds qu’elle laisse flotter au vent. L’autre est brune. Elle porte un short qui laisse apparaître un début de bronzage. Un homme d’une vingtaine d’années, disons de type méditerranéen, les siffle. Pas en signe d’admiration, même s’il exprime par là sa frustration. Il s’agit d’un sifflet d’autorité qui veut dire « vous êtes des traînées ». Les deux jeunes filles ne demandent pas leur reste et s’esquivent rapidement. La prochaine fois qu’elles se promèneront en ville, elles s’habilleront et se coifferont peut-être différemment. Je pense à faire remarquer à ce type que je ne me permettrais pas de siffler sa sœur ou sa femme voilées des pieds à la tête. Ce serait en pure perte, donc je ne dis rien. Je suis dans le renoncement.

 

 

Simplifions : dans la deuxième agglomération de France qui, pour d’aucuns (pas pour moi qui ne suis pas croyant), est la capitale des Gaules, une certaine pratique de l'islam dicte sa loi morale et comportementale. Il en va de même, en pire, dans tout le monde occidental : de Vancouver à Bruxelles, de Stockholm à Naples. Des centaines de millions de gens sont tétanisés devant les exigences – non pas de l’islam – mais d’un caïdat rigoriste qui, avec la complicité du capitalisme financier, est un train de transformer le monde en un immense champ de communautarismes divers et déflagrateurs.

 

Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d'État, remarquait tout récemment que les contentieux liés au principe de laïcité avaient fortement décru pendant l'entre-deux-guerres et quasiment disparu depuis le milieu du XXe siècle. Ils ont ressurgi, dans notre société « divisée, voire fracturée »avec la question du port des signes religieux.

 

 

Les grandes puissances occidentales ont choisi leur camp : celui des pays où l’on coupe les mains des voleurs, où l’on pend les homosexuels quand on ne les précipite pas du haut d'un immeuble, des pays qui balancent des armes chimiques sur les populations civiles yéménites. Des pays arabo-musulmans sont attaqués de front, non parce qu’ils ne sont pas parfaits, mais parce qu’ils sont – plus ou moins – laïques. Ce fut le cas de la Libye de Kadhafi. C’est le cas de la Syrie de Bachar al-Assad. Comme son père avant lui (personne n’a oublié les massacres de Hama en 1982, des représailles d’une extrême férocité en réponse aux exactions des Frères musulmans), Bachar a du sang sur les mains. Beaucoup de sang. Mais, comme Kadhafi, il avait réussi à épargner à son pays le moyen âge mental dans lequel il risquait de sombrer. La Syrie est une République qui ne connaît pas la Charia. Les femmes ont les mêmes droits que les hommes dans le domaine de l’éducation. Le port de la burqa est déconseillé. La communauté chrétienne représente environ 10% de la population, en baisse, cela dit (sept papes étaient d’origine syrienne). Pendant et après la guerre impérialiste étasunienne contre l’Irak, la Syrie a accueilli 1 500 000 ressortissants de ce pays. En 2010, la dette publique syrienne représentait 30% du PIB et le pays ne s'était pas obéré auprès du FMI.

 

Nous vivons un paradoxe extraordinaire : les pays qui se sont libérés du danger islamiste sont de moins en moins des modèles pour des musulmans qui tirent parti de la liberté et du bien être en Occident (quand on pense que, même en Arabie saoudite, les choses bougent !). Et ces musulmans rigoristes n’ont de cesse d’imposer leurs mœurs, d’envoyer dans les cordes des pratiques démocratiques séculaires et d’amener à résipiscence des populations qui ne se défendent même plus par mauvaise conscience. Á ce niveau, la Grande-Bretagne est une championne.

 

 

Outre-Manche (où, dans certaines rues, les trottoirs de gauche sont réservés aux hommes juifs et ceux de droite à leurs femmes), une éducation religieuse facultative est dispensée dans les écoles d’État. Des enseignants progressistes ont récemment qualifié de « racistes » des parents qui refusaient que leurs enfants suivent des cours d’islam. Selon ces enseignants, on ne saurait préparer les jeunes au monde moderne sans cet enseignementJamais ces mêmes enseignants n’ont fustigé les parents qui refusaient à leurs enfants des cours d’éducation religieuse à tonalité anglicane. Toujours au Royaume-Uni, une femme réfugiée d’origine sri-lankaise (non musulmane), qui n'a fait aucun effort pour apprendre des rudiments d’anglais, ne savait pas allaiter son enfant. L’enfant souffre désormais de séquelles sérieuses (paralysie cérébrale). La justice estime que les sages-femmes auraient dû s’attaquer à la « barrière de la langue » (suivre des cours accélérés de cinghalais ou de tamoul ?), mais pas la mère, ni le père. La mère va recevoir plusieurs millions de livres de dommages et intérêts de l’ÉtatLe Royaume-Uni est devenu un agrégat de communautés vivant les unes à côté des autres, sans intégration des différents groupes et individus qui ne souhaitent pas relever d’une identité britannique qui n’existe plus car elle s’est effacée derrière les exigences des religions. Contre l’avis de la Cour européenne des Droits de l’Homme, un motard sikh n’a pas l’obligation de porter un casque sur – ou à la place – de son turban (à noter qu’au Québec, où le port du casque est obligatoire, il est permis aux élèves sikhs d’aller à l’école avec leur poignard)Le primat de la religion, couplé au capitalisme le plus débridé qui soit – outre-Manche, nombre d’écoles primaires publiques sont gérées comme des entreprises privées – ont considérablement augmenté la violence : les attaques à l’acide, au poignard, à la machette, les viols collectifs impunis et la prostitution en bande organisée sont devenus monnaie courantesmoins cependant, proportionnellement, qu’en Suède, pays qui a décidé en 1975, de devenir multiculturel. Un des résultats de cet éclatement est qu'en 2017 l'administration responsable de l'environnement du travail a reçu 450 notifications de violence sur des enseignants. Les syndromes d'épuisement se multiplient dans la profession. 70% des municipalités suédoises ont renforcé la sécurité dans les écoles.

 


 

Le paradigme islamiste s’impose au monde (I)

 

En Écosse, le SNP (parti national écossais), pour sa part, demande aux enseignants de ne plus évoquer en cours les « valeurs britanniques » car cette expression « offense et peut radicaliser » les élèves musulmans. Or, jusqu’en 2007, la gauche écossaise était fière de défendre ces mêmes valeurs « britanniques » (et non « anglaises » (« liberté, démocratie, dignité du peuple »), comme gages d’unité et d’identité commune. Le gouvernement écossais propose d’utiliser l’expression « valeurs partagées » et déconseille fortement de lancer en classe des débats sur le terrorisme : « Le concept est problématique, il peut offenser et faire le jeu des groupes qui cherchent à affirmer qu’il y a un conflit inhérent entre le fait d’être britannique et celui d’être musulman. » Les enseignants sont priés de ne pas utiliser les expressions « guerre contre le terrorisme », « terrorisme islamiste », « djihadisme ». Dans une Écosse constamment au bord de la tentation sécessionniste, ne plus parler de « valeurs britanniques » peut contribuer à la désintégration du pays alors que de nombreuses autorités écossaises musulmanes revendiquent ces valeurs britanniques qui, affirment-elles, ne sont nullement en contradiction avec leur foi.

 

Le chirurgien britannique Peter Duffy, exerçant dans le cadre public du Système national de santé (NHS), élu “ docteur de l'année dans son hôpital ”, a été obligé de démissionner après avoir été accusé de racisme par trois de ses collègues, Kalinda Madhra, Ashtosh Jaïn et Saleel Nassem. Il avait déclaré au tribunal avoir signalé que l'un de ces médecins était incapable d'utiliser un échographe, qu'il avait mal soigné plusieurs cancers et qu'il jouait au golf au lieu de soigner un patient en état de septicémie avancée. Duffy avait également affirmé que ces praticiens étaient impliqués dans des affaires de fraude aux heures supplémentaires. Ses accusations n'étaient en rien racistes.

 

Après la maladie, la mort. Après une plainte déposée au nom de la Loi sur l'Égalité et les Droits Humains, un magistrat (sikh) a décidé que les pompes funèbres ne traiteraient plus les enterrements en fonction du principe “ premier arrivé premier servi ” mais feraient passer les défunts juifs et musulmans avant les chrétiens ou les athées (agnostiques, adorateurs de Vishnu etc.) en raison de leurs « croyances religieuses profondes ». Le maire (musulman) de la ville de Londres s'est félicité de cette décision.

 

 

De manière plus anecdotique (mais tout se tient), en Grande-Bretagne il est devenu difficile de se raccrocher aux branches. Des jardiniers ont ainsi affirmé que les espèces invasives étrangères végétales, comme la renouée du Japon, étaient une menace pour le pays. Elle a certes été inscrite à la liste des 100 espèces les plus préoccupantes de l’Union internationale pour la conservation de la nature car elle peut grandir de quatre mètres en deux mois. Des scientifiques ont répondu aux jardiniers que, comme ils ne s’en prenaient pas aux plantes invasives indigènes, ils faisaient preuve de racisme ! Voilà où en sont les débats de fond dans ce pays !

 

 

La mauvaise conscience taraude également des  éminences de gauche françaises. Edwy Plenel, le journaliste sans cravate, a toujours soutenu Mehdi Meklat qui appela à tuer Charb et la rédaction de Charlie Hebdo (« après l’avoir enculé avec des couteaux Laguiole »). TéléramaLes Inrockuptibles, France Inter ou Christiane Taubira semblent avoir regretté leur soutien. Quand, comme Plenel, on voit dans l’islam rigoriste un substitut aux luttes prolétariennes (de sa jeunesse), tout est possible.

 

 

Á Paris, le 17 avril 2018, dans l’université en grève de Tolbiac, des étudiants ont organisé un « atelier en non-mixité raciale ». En contradiction formelle avec les principes constitutionnels de la République française mais la droite ligne des horaires dans les piscines en non-mixité sexuelle qui existent depuis plusieurs années. 

 

 

De manière plus modérée mais franchement grotesque, la garde rapprochée de Macron de Rothschild se contorsionne comme elle peut. Interrogé sur le voile islamique, Christophe Castaner se défausse en prétendant qu’il y a quelques années, « toutes les femmes étaient voilées en France. » Les gens de ma génération savent que c’est archi-faux. Des femmes portaient la mantille ou un fichu à l’Église, lieu privé où l’obligation pour les femmes de se couvrir la tête a cessé en 1983. Á l’extérieur, dans les usines ou dans les champs, des femmes pouvaient porter un fichu pour se protéger les cheveux contre les machines ou la saleté.

 

 

En Belgique, la communauté musulmane représente environ 7% de la population totale, principalement dans la région bruxelloise. Á l’intérieur de cette communauté – constituée au départ d’ouvriers marocains arrivés dans les années soixante – la frange particulièrement activiste regroupée autour du parti – pour l'instant très minoritaire dans les sondages – Au chœur d’Islam (« Intégrité, Solidarité, Liberté, Authenticité, Moralité »), veut instaurer la Charia en Occident. Concrètement, cela passerait, par exemple, par des bus où les hommes montent à l’avant et les femmes à l’arrière ou par l’abattage privée, au domicile des individus, des animaux à consommer. Lors d'un débat télévisé, Redouane Ahrouch, conseiller communal à Anderlecht et employé d'une compagnie de transport public, a refusé de serrer la main des femmes présentes, d'être maquillé par une femme et même de regarder ses contradictoires pendant le débat. Au nom de ses préférences culturelles. La chroniqueuse Emmanuelle Praet s'est dite « choquée et offusquée par son comportement, c’est terrible à voir et humiliant à vivre. On se sent comme une moins que rien et ce qui fait peur, c’est que je ne pense pas que ce soit un jeu de sa part ».

 

Tout récemment, outre-Quiévrain, un réfugié syrien ayant violé une femme de 27 ans a bénéficié d’une mansuétude toute religieuse : le tribunal lui a infligé un an de prison au lieu de trois car il avait invoqué la « différence culturelle ».

 

 

En Italie, la population immigrée – en situation régulière – a triplé entre 2001 et aujourd’hui. On l’évalue aujourd’hui à 4 millions sur une population totale de 60 millions. Les immigrés sont principalement concentrés dans le Piémont, en Lombardie, en Toscane et dans le Latium. Les musulmans sont nettement moins nombreux en Italie qu’en France (2,5% contre 5% de la population totale). Mais il leur arrive d’exprimer lourdement leur présence. Récemment, à Savone, la communauté musulmane s’était réunie en congrès dans le théâtre communal de la ville. Au centre de cette salle trône la statue d’un homme nu. L’un des participants s’empressa de recouvrir la moitié basse du corps d’un drap symbolisant pour lui les « dunes du désert ». Les responsables musulmans de Ligurie refusèrent qu’on les accuse de censure : « nous avons couvert cette statue, seulement pour quelques heures ; notre islam est modéré ». Mais en Italie on va jusqu’à devancer des exigences musulmanes pas même exprimées. On se souvient qu’en 2016, à l’occasion de la venue du président iranien, les statues romaines de la mairie de Rome avaient été recouvertes de boites tandis que le Premier ministre Matteo Renzi avait accepter d’enlever le vin de sa table (François Hollande avait annulé un repas officiel pour ne pas avoir à se soumettre à ce diktat).

 

(Á suivre)

 

 

 

 

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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 05:20

 

Le moment est propice à un mouvement offensif de refondation de l’Université, dans un retour aux sources  [1]. Comment, à partir de nos pratiques, repenser l’institution sociale dédiée à la production, à la transmission, à la critique et à la conservation des savoirs ? Comment reprendre possession de nos métiers et, simplement, faire ? Ce point de vue, stratégique et fondateur, à l’opposé de toute tentation réactionnaire faisant miroiter un âge d’or auquel il s’agirait de revenir, nous avait jusqu’à présent retenus de formuler une analyse des réformes du baccalauréat et de la licence. Pourquoi s’opposer à une loi sur le mode du “non à…” quand il y a pareille nécessité à tout recommencer, à tout reconstruire, à tout ré-instituer à partir de l’idée même d’Université? N’est-il pas temps qu’une coordination des universitaires voie le jour, qui porte les exigences d’une pareille auto-institution ?

 

Les textes critiques consacrés à ParcourSup et à la loi Vidal [2] laissent pendantes plusieurs questions importantes, auxquelles nous consacrerons un billet en deux parties – mais trois points :

  • Les algorithmes qui sous-tendent les systèmes APB et ParcourSup sont radicalement différents. Que nous apprend leur comparaison sur l’idéologie des hauts-fonctionnaires qui ont conçu ParcourSup et sur leurs capacités de mise en œuvre? Que va-t-il se passer lors du crash-test en conditions réelles, la dernière semaine de mai?
  • La loi Vidal suscite l’adhésion d’une partie significative des universitaires, insoupçonnables de croire aux éléments de langage indigents propagés du ministère aux militants d’En Marche en passant par les bureaucraties universitaires [3]. Dès lors, à quels problèmes réels pensent-ils que cette loi répond? Comment poser correctement les problèmes du niveau des étudiants et des rapports entre Université et grandes écoles?
  • Les réformes en cours ne sont pas des mesures techniques puisqu’elles ont été théorisées dès le rapport Aghion-Cohen de 2004 [4]. Dès lors, il devient primordial de remettre ces mesures en perspective par rapport au projet global de mutation du système universitaire, d’essence néolibérale. et ces de dégradation continue, le cœur de la reconstruction nécessaire d’un système scolaire fondé sur l’exigence, la liberté et l’émancipation.

 

Ce qui a bougé dans APB, ce n’est pas le logiciel, mais bien l’Etat. – Cédric Villani

 

Le passage du système APB [5] au système ParcourSup traduit une tentative de plateformisation gestionnaire de l’Etat, ici pour orienter les bacheliers dans les filières d’enseignement supérieur. De prime abord, il s’agit d’affecter au mieux 887 681 étudiants dans 13 200 formations, ce qui constitue un problème d’optimisation bien posé en théorie des jeux: le “problème des mariages stables”. Sa résolution nécessite d’avoir posé au préalable les critères en vertu de quoi l’optimisation est opérée, c’est-à-dire le choix politique, l’idéologie. Dans le système APB, les candidats formulaient des vœux ordonnés. L’affectation y était faite de sorte à optimiser globalement les formations proposées aux étudiants selon l’ordre de préférence qu’ils avaient au préalable spécifié, en suivant le meilleur algorithme connu pour le problème des mariages stables: celui conçu par Gale et Shapley en 1962. Ainsi, APB a pu réussir à attribuer un vœu à 4 étudiants sur 5 dès le premier tour, témoignant de la puissance de l’algorithme pour remplir l’objectif politique assigné.

 

A l’évidence, la plateforme ParcourSup ne vise pas le même objectif puisqu’elle repose sur les règles suivantes :

  • Les candidats ne classent plus leurs vœux mais fournissent des éléments d’appréciation de leur “capital humain” (notes scolaires, lettres de motivation, CV, lycée d’origine, hobbies, etc., ce qui fournit des indications claires sur leur milieu social). [6]
  • Les universités sont dotées d'outils de classement des candidats, locaux et opaques, permettant de contourner la loi Informatique & Liberté, qui prohibe toute décision fondée sur un algorithme aveugle.
  • Les résultats seront donnés de manière synchrone et les choix des candidats se feront “au fil de l'eau”.
  •  

ParcourSup est en premier lieu une entreprise de contrôle des subjectivités, conforme à la théorie du capital humain [7]. Ce contrôle passe par un système de normes produites par la techno-bureaucratie et qu’il s’agit de faire intégrer aux universitaires, aux étudiants et à leurs familles: il s’agit de les occuper — au sens commun comme au sens militaire. En imaginant que l’on puisse classer un candidat en passant 5 minutes sur son dossier, le classement des 7 millions de vœux déposés sur ParcourSup consommerait en pure perte deux siècles de travail — 80 000 journées de 7 h. On réalise alors que le CV et les lettres de motivation ne serviront pas à classer les candidatures: elles ne sont exigées que pour imposer l’image d’un recrutement professionnel et faire disparaître le baccalauréat comme certification nationale ouvrant droit aux études universitaires. L’anxiété que ces éléments aussi absurdes qu’inutiles a généré dans les familles des lycéens a donc été pensée pour marquer les esprits.

 

Si la plateforme ParcourSup ne repose plus, à l’évidence, sur la maximisation du niveau de satisfaction des bacheliers vis-à-vis de leurs vœux, puisque les vœux n’y sont plus ordonnés, elle ne repose pas plus sur une optimisation du niveau de satisfaction des formations – qui eût permis l’utilisation du même algorithme de Gale et Shapley. La raison est fort simple: toutes les formations ont intérêt, pour leur propre logique d’appréciation, à attirer les mêmes étudiants. Dès lors, la probabilité est forte qu'un candidat en tête d'un classement réalisé pour une formation le soit également dans les classements de toutes les autres formations dans lesquelles il aura déposé des voeux. La pondération de différents critères entre les formations n’affectera que marginalement ce fait. Le jour où les candidats recevront leurs réponses, l’élite scolairement et socialement dominante sera donc mécaniquement sélectionnée pour la quasi totalité des places disponibles: winners take all. Parions, en vertu du principe de Pareto, que 20% des candidats monopoliseront 80% des places disponibles au soir du 22 mai, provoquant un mouvement d’angoisse à quelques semaines du bac et un mouvement de fuite des mieux dotés en “capital humain” vers les formations privées, chères et de très mauvaise qualité. Les candidats non retenus seront placés dans des files d’attente qui seront résorbées avec des temps de réponse de 7 jours du 22 mai au 25 juin, de 3 jours du 26 juin au 20 août et de 1 jour à partir du 21 août. Selon toute probabilité, un candidat moyen devra attendre longtemps pour se voir proposer un de ses vœux, qui n’a qu’une faible chance d’être la formation la plus désirée, le conduisant à un choix par défaut.

Il existe un palliatif risqué pour atténuer la taille des files d'attente : surbooker les filières en pariant sur le nombre de candidats qui refuseront la proposition. En vertu du principe de Murphy – tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera mal – plus les responsables du tri sélectif se croiront astucieux et pratiqueront la spéculation et plus le chaos s’installera. Si les commissions de tri visent trop bas, elles risquent le “sousbooking” et si elles visent trop haut, le surbooking.

 

En résumé, la plateforme ParcourSup a remplacé l’algorithme APB d’optimisation de la satisfaction des étudiants vis-à-vis de leurs vœux par une usine à gaz bureaucratique et chronophage. Elle agit comme un révélateur de l’idéologie hégémonique: l’ensemble du dispositif se focalise sur les “meilleurs étudiants” qu’il s’agit d’attirer dans les “meilleurs formations”. Cette fiction du “premium” est obtenue en dégradant ce qui est proposé au plus grand nombre: explosion des délais d’attente, encouragement à fuire vers les formations médiocres du privé, rejet de l’idée d’un optimum de satisfaction collective, solution de “mariage” étudiant/formation sous-optimale. Elle agit également comme révélateur de l’absence de formation à la recherche des hauts-fonctionnaires ministériels, qui ignorent manifestement tout des conditions d’expérimentation qui eussent permis à la plateforme de ne pas optimiser… le mécontentement général et la dégradation de l’Université.

 

 
ParcourSup analysé par le Groupe Jean-Pierre Vernant

 

[1] Des grandes écoles se vantant d’être sélectives mais souffrant de demeurer invisibles dans l’inepte classement de Shanghai opèrent le mouvement inverse, se contentant d'usurper le label “université”, comme si ce changement cosmétique pouvait leur conférer la grandeur de celle-là…

 

[3] Dans un premier temps, les éléments de langage à répéter en boucle étaient: “Etre contre ParcoursUp, c’est être pour le tirage au sort.”, “Nous investissons un milliard dans l’Université.”, “Ce n’est pas une sélection, c’est une orientation qui met l’étudiant au cœur du système.”, “Les examens, c’est la sélection par l’échec.”, “Il faut arrêter la désinformation.”, etc. Le perroquet doit maintenant disqualifier le mouvement étudiant: “Le mouvement est minoritaire et vient d’agitateurs professionnels politisés.” “Cette minorité prend en otage pour planter les partiels.”, “Des éléments violents”, “Rien de commun avec 68 où il y avait un vrai rêve; en 2018, il y a une véritable angoisse à laquelle il faut répondre par plus de pédagogie”. 
Contredire ces mots d’ordre nécessiterait un travail à temps plein. Prenons un exemple. Pour connaître le budget de l’Université, il convient de regarder dans les 
jaunes budgétaires jaunes budgétaires, non l’enveloppe budgétaire globale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (qui augmente pour financer le déplafonnement du Crédit d’Impôts Recherche) mais les programmes 150 et 231. Il apparaît alors que ce budget est passé de 13,01 milliards € à 13,19 milliards € entre 2017 et 2018, sans prendre en compte de possibles annulations de crédits en fin d’année. Cette différence correspond exactement à l’inflation. Du milliard annoncé il n’existe pas le plus petit centime. Pour plus d’information, on pourra se reporter au diaporama de réponse de Sauvons l’Université.

 

[6] Cette règle a fait la fortune d’officines douteuses de coaching en orientation.

 

[7] Nous allons consacrer le troisième volet de notre synthèse sur le néolibéralisme à la théorie du capital humain.

 

"Le vrai courage c’est, au-dedans de soi, de ne pas céder, ne pas plier, ne pas renoncer."
 
Groupe Jean-Pierre Vernant.
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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 16:02

Imaginons une manif' à Lyon : des défenseurs de l'élevage des pantoufles à semelle compensée fabriquées dans le Beaujolais marchent avec ardeur pour défendre les intérêts des producteurs.

 

La police charge violemment. Quatre personnes sont tuées. La presse titre : “ La mobilisation des producteurs de pantoufles fait quatre morts. ”

 

Le bon peuple, abreuvé de BFM-TV, opine : “ Ben oui, quoi, zavaient qu'à pas y aller ”.

 

J'exagère, je caricature ? Pas vraiment ! Pour l'AFP, à Gaza, les Palestiniens s'auto-tuent.

Qui tue qui ?
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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 05:33

 

 

Sur le site Mémoires des Luttes, Bernard Cassen évoque le « vernis social » que l’Union européenne est prête à concéder aux peuples : « D’ici aux élections au Parlement européen, diverses initiatives verront sans doute le jour pour tenter de donner un vernis « social » à l’UE et fournir ainsi quelques munitions électorales utilisables contre les partis et mouvements eurosceptiques. Mais il ne faut pas s’illusionner : elles ne pourront pas s’extraire de la logique libérale des traités et de sa traduction dans les politiques nationales. A cet égard, il est hautement significatif que, dans ses propositions de relance de l’UE, Emmanuel Macron ne soit intéressé que par l’intégration économique, financière et politique de la zone euro. Quiddu « social » ? La réponse est simple : quelques mesures cosmétiques et des campagnes de communication à forts budgets pour les « vendre » aux opinions publiques… »

 

 

Dans Le Grand Soir, Christian Rodriguez évoque les conditions de détention de Lula : « Comme l’a dit Tarso Genro, l’ex-ministre de la justice brésilienne, les conditions de détention de Lula sont lamentables. Non seulement sa sécurité n’est pas assurée car dans les locaux de la police fédérale, il circule beaucoup de contractuels et il est impossible de tout contrôler mais aussi les locaux ne sont pas adaptés à la détention et il ne peut même pas sortir faire la promenade.

Par ailleurs, Leonardo Boff, une des figures les plus importantes de la théologie de la libération, et Adolfo Peréz Esquivel, prix Nobel de la paix, se sont vus refuser la possibilité de lui rendre visite. » 

 

Marianne dénonce la dernière campagne publicitaire de Burger King. Des affiches dans toutes les villes où Burger King est installé. D'abord, l'image d'un jeune garçon outrageusement barbu dévorant avec enthousiasme un hamburger, avec le slogan : "Bienvenue dans la cour des grands". Ensuite, celle d'une petite fille d'environ 6 ans, dénombrant les différentes étapes de sa vie : ses "premiers pas", son "premier amoureux" et… son "premier Burger King". Puisqu'il n'y a pas d'âge pour la malbouffe, l'enseigne cherche à attirer les enfants. En leur faisant miroiter cette promesse : pour être comme un grand, mange un hamburger. »

 

Jeff Bezos, 54 ans, est l’homme le plus riche du monde avec une fortune dépassant les 110 milliards de dollars, selon le classement FORBES 2018. Il est devenu le baron de l’e-commerce grâce au succès planétaire d’Amazon en reléguant ainsi Bill Gates à la deuxième position de ce classement, en particulier grâce à ce qu’on appelle pudiquement l’optimisation fiscale.

 

 

Revue de presse (240)

 

De son côté, le blog “ Anti-K, nos vies pas leurs profits ”, nous informe qu’aux 18 avril la cagnotte de soutien aux cheminots avait dépassé 800 000 euros. 

 

L’Obs dénonce la démarche de Macron qui se fait interroger par Fox News,la télé sur laquelle on n'aurait jamais cru voir un président français : « Comme un prélude à sa visite d'État du 23 au 25 avril, cette séquence sera diffusée dans l'émission dominicale de référence aux Etats-Unis, et donc très regardée. Mais pourquoi diable sur cette chaîne emblématique – et très réac –  et pas ailleurs ? A priori surprenante, cette décision est dans le fond assez cohérente : outre ses positions politiques ultraconservatrices et réactionnaires, Fox News reste la chaîne d’info la plus regardée aux Etats-Unis. Propriété de Rupert Murdoch, elle n'est assurément pas réputée pour sa sobriété, et a ses obsessions et même ses propres "no-go zones éditoriales" : le réchauffement climatique par exemple. Après les attentats parisiens de 2015 elle avait choqué l'Hexagone en affirmant qu'il existait en plein cœur de Paris des quartiers régis par la charia où la police ne mettrait plus les pieds. Un épisode qui avait notamment amené Anne Hidalgo à porter plainte contre la chaîne. »

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20 avril 2018 5 20 /04 /avril /2018 05:41

Ci-dessous un article d'Annabelle Allouch, maîtresse de conférences en sociologie à l'université de Picardie, publié dans Le Monde Diplomatique.

 

 

L’intérêt général à la casse

 

La réforme du baccalauréat et l’instauration de critères de sélection à l’entrée des universités bouleversent l’articulation entre enseignements secondaire et supérieur. Dès la classe de seconde, les élèves sont désormais sommés de se projeter dans l’avenir, au risque de prendre la mauvaise voie.

 

Quand le ministre de l’enseignement supérieur Alain Devaquet projeta, en 1986, d’instaurer la sélection à l’entrée des universités, des centaines de milliers d’étudiants et de lycéens descendirent dans la rue, et le gouvernement recula. Avec la loi relative à l’orientation et à la réussite étudiante (dite loi ORE, ou « plan étudiants ») concoctée par l’actuel gouvernement, la sélection est devenue une réalité. Malgré la mobilisation de nombreux enseignants-chercheurs, les manifestations sont — pour l’heure — restées clairsemées, et aucune résistance ne semble s’organiser. Comment l’expliquer Une partie de la réponse se trouve dans la reconfiguration des rapports de forces au sein des établissements. Côté étudiants, les syndicats classés à gauche sont en perte de vitesse. La Fédération des associations générales étudiantes (FAGE), qui soutient la réforme, ne cesse de gagner du terrain dans les instances représentatives. Côté enseignants, le souvenir de la longue et infructueuse grève de 2007 contre l’« autonomie des universités » alimente toujours un certain découragement, tandis que la dégradation des conditions de travail (amphithéâtres surchargés, recours croissant aux vacataires, tâches administratives de plus en plus lourdes…) conduit parfois au fatalisme.Cette dégradation est largement organisée par l’État, qui se désinvestit de l’université à mesure que les effectifs augmentent : entre 2009 et 2015, on a compté 280 000 étudiants de plus, quand 7 147 postes de titulaires ont été supprimés (1). Pour faire passer son projet, le gouvernement a joué sur le refus du tirage au sort, pis-aller hérité du mandat de M. François Hollande, qui n’avait pourtant concerné que 0,9 % des candidats à l’entrée à l’université en 2017 : la sélection au mérite n’est-elle pas plus juste que le hasard.

Les étudiants livrés au marché de l’anxiété

La loi ORE réalise une promesse formulée par le président Emmanuel Macron : « Nous ferons en sorte que l’on arrête de faire croire à tout le monde que l’université est la solution pour tout le monde »(Le Point,31 août 2017). Fondée sur deux volets, l’un relatif à l’instauration de critères de sélection à l’université, l’autre sur la réforme du baccalauréat et du lycée, ce texte sonne le glas des politiques de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur menées depuis les années 1960 dans le but d’élargir le nombre de salariés qualifiés.

 

La réforme promeut une conception « tubulaire » de l’orientation, qui relie directement la classe de seconde au marché du travail dans une suite ininterrompue d’épreuves sélectives et de choix d’orientation « rationnels », selon une approche parfois appelée « bac — 3 - bac + 3 ». Avec le futur lycée à la carte, qui verra disparaître les filières scientifique, littéraire et économique, un élève souhaitant entrer à l’université devra, dès la seconde, s’assurer que les « disciplines de spécialité » et les modules choisis correspondent bien aux critères de sélection (les « attendus ») de l’établissement qu’il veut intégrer. Cela suppose non seulement d’avoir une idée claire de l’offre de formation disponible, mais aussi d’être certain de son choix d’orientation, à un âge de découverte, et non de projection dans l’avenir. Au risque de se retrouver coincé dans une mauvaise voie.

La loi fait ainsi reposer sur l’élève — et sur des choix effectués à 15 ou 16 ans — la responsabilité de sa réussite ou de son échec. Fini les errements, les tâtonnements que permettait dans une certaine mesure l’ancien système : désormais, chacun doit anticiper la place qu’il veut se donner dans la société, sous peine qu’on la lui impose. Bien sûr, de ce point de vue, la réforme n’invente pas tout. Elle renforce des logiques déjà présentes dans l’univers scolaire, en particulier ce que Pierre Bourdieu nommait dès 1964 la « culture de la précocité »,c’est-à-dire la prime donnée aux trajectoires linéaires et aux « voies royales » (2).

 

 

 

« Société du concours » et apologie de la performance individuelle

 

À bien des égards, l’adhésion — ou tout au moins le consentement — au principe de tri à l’entrée de l’université renvoie à une approbation plus générale des multiples formes de classement et de sélection qui parsèment les sociétés contemporaines. Peu importe que la sélection génère des inégalités, les élèves des classes populaires étant moins bien représentés dans les filières sélectives qu’à l’université : elle est porteuse d’un idéal de société méritocratique pure, fondée sur l’idée platonicienne d’un gouvernement des meilleurs. L’élargissement des publics scolaires joue à plein dans ce processus. Les individus acceptent d’autant plus les hiérarchies scolaires qu’ils ont baigné dedans durant leur formation (3). Ainsi, la scolarisation obligatoire et son extension à l’enseignement secondaire auraient eu pour effet d’accélérer, auprès d’un nombre de plus en plus large d’individus aspirant à un diplôme de l’enseignement supérieur, l’adhésion et la croyance à cette forme institutionnelle d’évaluation de soi et de comparaison avec autrui (4).

La familiarité avec ce type de recrutement « par les capacités » fait écho à la méconnaissance de l’université par les élites politiques, souvent passées par les grandes écoles et par des filières sélectives élitistes : des trajectoires marquées par l’expérience du concours. Seuls dix des vingt-cinq ministres de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur qui se sont succédé entre 1958 et 2016 étaient diplômés d’une université, et tous avaient présenté (et réussi) au moins un concours (5). Quant aux présidents de la République, de Charles de Gaulle, formé à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, aux énarques Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac, François Hollande et Emmanuel Macron, en passant par l’agrégé de lettres Georges Pompidou, le diplomé de l’École libre des sciences politiques François Mitterrand et l’avocat Nicolas Sarkozy, ils partagent tous l’expérience du concours. L’absence de résistance au « plan étudiants » apparaît comme le fruit de cette « société du concours », qui a érigé l’expérience commune du classement en parangon démocratique, dans un contexte d’apologie permanente de la performance individuelle.

 

 

Pour les bacheliers et leurs familles, la réforme ne se contente pas de fermer l’accès de droit à l’université : elle organise les conditions d’un marché de l’anxiété. Les lycéens avaient jusqu’au 13 mars dernier pour formuler leurs vœux d’affectation sur la plate-forme virtuelle Parcoursup, ouverte fin janvier. La phase de préparation des candidatures a été vécue par de nombreuses familles comme une période de stress intense, à cause de l’inflation des démarches : pour le dépôt de chacun des dix vœux, il fallait proposer un curriculum vitae (CV) et une lettre de motivation adaptés, en plus du dossier scolaire rassemblant tous les bulletins. Sujet de nombreux films et romans d’apprentissage, l’angoisse précédant le passage dans l’enseignement supérieur n’a rien de nouveau. Mais, désormais, elle s’impose comme un passage obligé pour tous, quelle que soit la filière choisie. Un marché ad hoc est déjà apparu pour aider les familles à atténuer ce sentiment désagréable. Moyennant 560 euros, la société Tonavenir.net propose une « formule sérénité », qui comprend des conseils d’orientation, une aide à l’écriture de lettres de motivation, et même la gestion du dépôt des vœux sur la plate-forme…

 

 

La réforme aura également des conséquences immédiates sur les personnels (enseignants-chercheurs, vacataires…), qui se voient chargés d’une nouvelle mission : le tri des dossiers de candidature. Cela modifiera le sens même de leur métier, en les détournant des tâches qui assurent ordinairement la réussite des élèves : le suivi, l’encadrement, la préparation des cours. Le décret d’application de la loi précise que les enseignants qui s’engageront dans les commissions seront tenus de classer les dossiers, excluant de fait la possibilité de les admettre tous sans les trier.

 

 

Ces changements affecteront également les enseignants du secondaire, qui doivent émettre un avis sur chacun des dix projets d’orientation des lycéens, transformant les conseils de classe en précomités de sélection pour l’université. Par ailleurs, tout cela ne manquera pas d’entretenir les inégalités entre les établissements : pour une même note et une même orientation, un avis émanant d’un lycée prestigieux de centre-ville pourra être interprété différemment d’un autre, provenant d’un établissement plus populaire, situé en milieu rural ou à la périphérie d’une grande ville.

 

 

Pour les personnels administratifs, la sélection représente aussi une mission supplémentaire, et non des moindres. Dans tous les établissements sélectifs, des grandes écoles aux universités d’« excellence » étrangères, le tri des candidatures occupe des départements entiers, qui disposent de moyens importants pour réceptionner les dossiers, les examiner, etc. Certaines grandes écoles ont même récemment ouvert des centres d’appels pour informer les familles des raisons d’un refus. Or, à ce jour, le gouvernement ne s’est pas engagé à octroyer des moyens à la hauteur de cette nouvelle tâche.

 

 

Bientôt, les médias établiront un palmarès des meilleures filières

 

Lors des discussions sur la loi ORE, de nombreux étudiants désabusés ne se sentaient pas concernés, puisque déjà entrés à l’université. Mais la nécessité d’une solidarité avec les lycéens n’est pas le seul argument à leur opposer. En renforçant la concurrence entre établissements pour attirer les meilleurs élèves, Parcoursup transforme les élèves en consommateurs obligés de comparer les offres de formation. Pour les aider dans ce choix difficile, les médias ne tarderont pas à établir des palmarès des meilleures filières, comme ils le font déjà pour les écoles de commerce, les écoles d’ingénieurs ou les masters. Une batterie de critères épars (quel taux de réussite en licence ? Quel taux d’encadrement ?…) seront convertis en notes qui détermineront la valeur d’un établissement et, par extension, la valeur de ses diplômes. À n’en pas douter, d’anciens étudiants en pâtiront quand ils enverront leur CV pour trouver un travail.

 

 

Le gouvernement de M. Édouard Philippe a bouleversé l’articulation entre enseignements secondaire et supérieur en un temps record. Cette rapidité laisse augurer de nouvelles initiatives : réforme de la licence, augmentation des frais d’inscription, modification du statut des enseignants-chercheurs. De ce point de vue, le « plan étudiants » fait de l’université le laboratoire des réformes à venir dans la fonction publique.

 

 

(1) « La réforme de l’accès à l’université. Faits et chiffres », Syndicat national de l’enseignement supérieur - Fédération syndicale unitaire (Snesup-FSU), Paris, février 2018.

(2) Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les Héritiers. Les étudiants et la culture,Éditions de Minuit, coll. « Le sens commun », Paris, 1964.

(3) Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, La Reproduction. Éléments d’une théorie du système d’enseignement,Éditions de Minuit, coll. « Le sens commun », 1970.

(4) Sur cette hypothèse, cf. La Société du concours. L’empire des classements scolaires,Seuil, coll. « La République des idées », Paris, 2017.

(5) Christophe Charle, « Élites politiques et enseignement supérieur. Sociologie historique d’un divorce et d’un échec (1968-2012) », « La France et ses élites », Pouvoirs,no 161, Seuil, 2017.

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17 avril 2018 2 17 /04 /avril /2018 05:13

 

 

Des personnels de l’université viennent de lancer une pétition intitulée “ L’Université ne mérite pas ça – Appel de l’Université Toulouse - Jean Jaurès ”.

 

Cette pétition est une réponse à celle lancée par les collègues de la Maison de la Recherche qui soutiennent la politique de sélection du gouvernement et appellent à demi-mots à une intervention policière sur le campus. Ce texte a l’extrême singularité d’être signé anonymement (je n’avais personnellement jamais vu cela en cinquante ans de pratique de l’université française).

 

La Dépêche a repris la pétition des anti-grévistes tandis que les appels à vider l’Université des crypto-zadistes (les personnels et étudiants en lutte) se multiplient. Cette pétition invite la minstre à « ne pas reculer » et affirme que repousser le calendrier des examens serait « criminel ». Le texte est ici.

 

L’appel des grévistes est plus large et plus positionné sur le fond : contre la ORE (loi Orientation et réussite des Etudiants), maintien d’un vrai baccalauréat national. Les signataires estiment que les valeurs de progrès et d’égalité sociale sont mises à mal par :

 

-  la réforme du baccalauréat, diplôme qui ne garantira plus un accès universel à l’Enseignement Supérieur. Son contenu ne sera également plus commun à l’échelle nationale mais modulé selon les établissements du secondaire ;


-  la sélection à l’entrée à l’université instaurée par la loi ORE et Parcoursup, et l’augmentation prévisible des frais d’inscription (comme l’expérimente actuellement l’Université de Nice – anciennement présidée par la Ministre Frédérique Vidal – avec 3 Masters passés à 4000€), qui vont exclure nombre de lycéens fragiles des études supérieures ;


-  les coupes budgétaires dans les domaines de l’éducation, la santé, la justice et la culture, qui sont autant d’attaques envers notre modèle social. Depuis une décennie, la stagnation des budgets de l’enseignement supérieur corrélée à l’augmentation du nombre d’étudiants provoque mécaniquement une baisse de la dotation par étudiant.

 

Pour en savoir plus et pour signer, c’est ici.

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 05:32

 

Pour Henri Pena Ruiz dans Res Publica, c’est l’intérêt général que défendent les cheminots :

 

Á la Libération, la France a choisi de lier la reconquête de sa liberté au souci de justice sociale. D’où le programme du Conseil national de la Résistance. La Sécurité sociale s’est construite sur le principe qui veut que l’on cotise selon ses moyens et que l’on reçoive des soins selon ses besoins. Délivré de la loi du marché, le sens du bien commun a prévalu. L’idée de service public, déjà incarnée en 1937 par la SNCF avec le Front populaire, permet à chaque personne d’accéder aux biens de première nécessité. La France a ainsi montré la voie d’une société solidaire et juste, soucieuse des biens communs, et de la solidarité redistributive. L’Europe aurait pu faire de même. Malheureusement, c’est l’homme d’affaires atlantiste Jean Monnet qui en a impulsé la construction par le biais d’une économie dissociée du social.

 

Revue de presse (239)

 

Toujours dans Respublica, Evariste estime que le capitalisme est aujourd’hui obligé de casser les conquis sociaux : « le nouveau gérant du capital, Emmanuel Macron, soutenu par les dirigeants de la finance internationale, de l’Union européenne, du grand patronat, de la haute technocratie administrative, de la quasi-totalité des médias, des intellectuels organiques du capital, et des artistes également organiques du capital, veut aller vite. Voilà pourquoi le dispositif macronien se concentre sur l’attaque contre les cheminots et la privatisation massive des services publics, la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires via le Comité Action Publique 2022. Le Premier ministre a annoncé le 13 octobre dernier que le but était d’organiser « des transferts au secteur privé, voire des abandons de missions ». Outre les suppressions de postes de fonctionnaires et la déstructuration des missions de service public, on aura des embauches de contractuels de droit privé, la rémunération à la rentabilité, la généralisation du « nouveau management public ».

 

 

Dans Le Grand Soir, Karim Mohsen estime que, désormais, Israël et l’Arabie Saoudite marchent « la main dans la main ». En 2014, Israël et l’Arabie saoudite ont exprimé les mêmes griefs à l’encontre des Etats-Unis qui n’ont pas concrétisé leurs menaces de frappes contre la Syrie. En outre, l’Etat hébreu et Riyadh avaient très mal pris, à l’époque de la présidence Obama, l’apaisement intervenu dans les relations entre Washington et Téhéran. Cette convergence entre les sionistes et les Saoudiens est plutôt bizarre et détonante eu égard aux réactions courroucées des uns et des autres. En fait, l’acharnement d’Israël – par Étasuniens interposés – à vouloir frapper les sites nucléaires iraniens n’a d’égale que la haine que les Saoudiens vouent à Téhéran, lui contestant son leadership sur le Moyen-Orient. Il n’est donc pas surprenant que Mohammed ben Salmane endosse cette imposture du « droit » d’Israël – seule puissance nucléaire de la région moyen-orientale – à son « Etat-nation » alors que c’est de la Palestine qu’il est question.

 

 

Russia Today nous informe que la société allemande Flixbus exploite désormais  la ligne Paris-Amiens avec des autobus fabriquée en Chine. Une première sur l'ensemble du réseau européen, couvert par FlixBus, mais aussi dans le monde. On peut voir avec cette nouvelle le démantèlement de l’industrie française.

Deux cars, un dans chaque sens, effectueront chaque jour un aller-retour. Les premiers passagers ont pu embarquer à partir du 12 avril, a appris Xinhua récemment de source de cette entreprise basée à Munich.

Pourquoi choisir le constructeur chinois ? Parce que « les modèles de cars chinois représentent la pointe du progrès en matière de mobilité électrique », a expliqué Yvan Lefranc-Morin, directeur général de FlixBus France.

Ces autocars équipés de technologies propres du constructeur chinois Yutong sont comfortables et sans bruit, assurant zéro émission de CO², a déclaré le conducteur de cet autocar.

Bonne route vers la Picardie et à la semaine prochaine !

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14 avril 2018 6 14 /04 /avril /2018 05:33

 

Remarquable livraison (comme toujours) des Zindigné.e.s !

 

Dans son éditorial Paul Ariès présente la nouvelle formule de la publication et les combats qui l’attendent.

 

 

Pour Jean-Marc Sérékian, Macron ubérise notre santé en imposant une batterie de nouveaux vaccins à des bébés « gavés de mal bouffe, saturés d’OGM et de pesticides et de perturbateurs endocriniens, asphyxiés par les particules ».

 

 

Jean-Paul Galibert analyse « le mode de destruction hypercapitaliste ». Il donne une définition de l’hypercapitalisme (« mode de destruction rentable qui exploite les consommateurs et qui transforme les classes sociales en classes vitales » par rapport au capitalisme traditionnel.

 

 

Un entretien très intéressant entre Jean-Marie Harribey et Paul Ariès sur « comment financer les services publics gratuits ». On peut réfléchir sur cette analyse très fine d’Harribey : « à force de pratiquer l’austérité salariale et diriger la valeur créée vers les actionnaires, le capitalisme se heurte à un problème de débouchés pour transformer en monnaie, donc en capital accru, le fruit du travail. D’où la fuite en avant financière qui vise à transformer biens naturels et connaissances en actifs financiers pour grossir un capital fictif. »

 

 

Paul Ariès s’entretient avec l’économiste Bernard Perret sur l’épuisement du “ cœur du réacteur ” de l'économie capitaliste, c'es-à-dire du mécanisme de transformation des besoins en marchandises. »

 

 

Benoît Bost revient sur « le mantra de la réduction des charges ». La France se singularise en Europe car les cotisations sur les faibles salaires sont ridiculement basses, ce qui tire les salaires vers le bas. Bost relève également que le nombre d’emplois qualifiés est passé de 3 à 40% en vingt ans alors que la pays a perdu 300 000 emplois d’ouvriers.

 

 

Pour Philippe Robert et René Zauberman, il est facile de passer d’un « sentiment d’insécurité à l’État sécuritaire ». Les auteurs mettent en regard l’insécurité et la peur de la précarité depuis une quarantaine d’années. Ils concluent par « tout se passe comme si monde politique et médias prenaient soin de verser régulièrement du sel sur la plaie de l’insécurité. Cette alarme sécuritaire éloigne les petites classes moyennes et le salariat traditionnel – pourtant menacés eux aussi par la ‘ mondialisation ’ de la vie économique et financière – d’un néo-prolétariat à forte dimension immigrée. »

 

 

Á lire un long article d’André Koulberg sur la banalisation de Front National qui a su imposer ses mots ou le sens de mots qui ne lui appartenaient pas : diabolisation, Français de souche, laïcité, économie.

 

 

Vincent Bruyère, dans la perspective de 10 milliards d’humains en 2050, suggère d’imaginer une bonne fois pour toutes « le revenu éco-compatible ».

 

 

Albert Ogien et Sandra Laugier « débusquent l’antidémocratie ». Ils étudient les raisons avancées pour justifier la limitation de l’intervention des citoyens ordinaires dans la prise de décisions politiques en usant de l’argument de “ l’incompétence ” du peuple. »

 

 

Laurent Paillard propose une critique sévère et très complète des “ réformes ” Blanquer-Macron (lycée et Parcours-SUP). Ces pseudos réformes sont un écran de fumée qui masquent le fait très prosaïque que le pays compte aujourd’hui 150 000 étudiants de plus pour 10 000 enseignants de moins dans le supérieur.

 

 

Enfin Thierry Brugvin poursuit sa réflexion entamée dans le numéro précédent sur « les déterminismes de classe qui unissent les élites économiques ». Pour accéder au pouvoir, puis le conserver, il faut « montrer ses capacités à être le gardien de la tradition ».

 

 

 

PS : Ceci est, provisoirement peut-être, ma dernière recension de cette revue. J’ai en effet décidé, il y a déjà un bon moment de cela, de ne plus relayer des textes écrits en écriture inclusive. Ce qui me prive de donner écho à des prises de position, politiques ou syndicales, que je soutiens.

 

Dans son éditorial, Paul Ariès expose sa philosophie – à mes yeux branlante – en la matière : « Notre comité de rédaction [d’après l’ours : trois personnes] a décidé de satisfaire la demande de lectrices en changeant l’écriture du titre de la revue qui devient ainsi les Zindigné.e.s ! [précédemment : les Zindigné(e)s !]. Nous ne considérons pas, pour autant, le débat sur l’écriture inclusive comme clos, car il est loin de faire l’unanimité au sein de notre équipe y compris féminine, mais nous n’avons jamais voulu mettre la moitié de l’humanité entre parenthèses. »

 

Lisant Ariès depuis des années, je n’en doute pas une seconde. Peut-être, un jour, celui-ci admettra-t-il-t-il que l’écriture inclusive montre et marque la féminité comme un élément parasite, un « e » à jamais muet. La philosophie d’Ariès en la matière est d’autant plus chancelante que, s’il utilise l’écriture inclusive dans son édito (militant.e.s, chacun.e, seul.e.s), il ne fait pas preuve de la rigueur qu’on lui connaît habituellement (amis, conservateurs). Je note par ailleurs qu’Ariès ne nous impose pas cette écriture qui fait mal aux yeux dans ses entretiens.

 

Seules (seul.e.s ?) Albert Ogien et Sandra Laurier (dans l'article “ Débusquer l’antidémocratique ”) utilisent l’écriture inclusive, mais de manière débile, au sens clinique du terme, ratant de très nombreuses occurrences : chefs, ils, adhérents, mandants, habitués, amateurs. Le politiquement correct (qui vient de la droite universitaire étasunienne) doit les épuiser.

 

Jean-Marc Sérékian a (se crée) des problèmes avec le mot “ ministre ” : il hésite entre “ le ministre ”, “ la ministre ” et – comme c'est charmant ! – “ la ministresse ”. Quand on veut bien faire et qu'on ne sait pas faire, on fait mal.

 

Enfin, un dernier mot à Laurent Paillard : lorsqu’on se croit obligé de passer sous les fourches caudines du globish, il faut le faire avec soin : « Fact shecking pour une fake réforme » est ridicule et incorrect.

 

Quand la revue saura comment elle s’intitule, quand elle saura se passer des innombrables anglicismes qu’elle utilise à chaque livraison, et surtout quand elle aura fait un sort à l’écriture inclusive, je reviendrai sûrement vers elle. Loin de moi l’idée de surestimer ma force de frappe, mais les lecteurs militants qui défendent ce titre sur la toile ne sont pas si nombreux que cela. J’étais peut-être son soutien le plus régulier et le plus historique.

 

 

Les Zindignés ! n° 47
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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 05:45

 

Dans Res Publica, Evariste revient sur l’attitude du président du CRIF lors de la marche blanche en l’honneur de Mireille Knoll :

 

« Le président du CRIF, l’ancien membre du Betar (extrême droite sioniste) Kalifat, a permis à la Ligue de défense juive (autre organisation d’extrême droite sioniste) d’avoir une attitude inqualifiable vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon à la marche blanche d’hommage à Mireille Knoll. D’ailleurs des personnalités en désaccord politique avec Jean-Luc Mélenchon comme Laurent Joffrin (directeur de la rédaction de Libération), Alain Jakubowicz (ancien président de la Licra),  Raphaël Glucksman, Natacha Polony, Raphaël Enthoven ont notoirement critiqué l’attitude inqualifiable du président du CRIF. Quel communautarisme étriqué que de ne pas faire la différence entre le combat radical contre le racisme vis-à-vis des juifs et la critique du gouvernement de l’Etat d’Israël ! »

 

Toujours dans Res Publica, Bernard Teper expose que « La critique de la religion doit être liée à la critique sociale et à la critique de l’État : il ne suffit pas de nier la religion, encore faut-il expliquer dialectiquement pourquoi, à un moment ou à un autre, une société se donne une expression idéologique sous telle ou telle forme de religion. Dans le chapitre du Livre I du Capital consacré au « fétichisme de la marchandise », Marx analyse le travail humain exactement comme il analysait le rapport de l’homme à la religion : « Car la misère religieuse est tout à la fois l’expression de la misère réelle et la protestation contre la misère réelle. La religion est le soupir de la créature accablée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses où il n’est point d’esprit. Elle est l’opium du peuple. »

 

 

Dans Le Monde Diplomatique, Pierre Rimbert estime qu’il faut refonder plutôt que réformer : « « C’est une bataille ritualisée entre des adversaires inégaux. Elle commence toujours ainsi : au nom de la modernité, un gouvernement impose la mutilation du système d’intérêt général créé après-guerre comme un point d’appui pour des conquêtes à venir : le régime général de la Sécurité sociale, les retraites, le statut des fonctionnaires, le secteur nationalisé où les salariés échappent à l’arbitraire du « marché du travail ». Aussitôt, les dirigeants éditoriaux déploient la « pédagogie de la réforme ». La déréglementation serait « inéluctable » puisque nécessaire (ou l’inverse) ; sans appel, car révélatrice du « courage politique » d’un exécutif décidé à contourner le Parlement ; « juste », car pensée pour araser les « privilèges » de ceux qui travaillent dans des conditions un peu moins précaires que les autres. »

 

 

Le député LREM Gabriel Attal a récemment utilisé le concept de « gréviculture ». Marianne note que ce terme date de la fin du XIXe siècle et que son grand promoteur fut le dénommé Pierre Biétry : « Député de Brest entre 1906 et 1910, cet ouvrier horloger est le fondateur de la Fédération nationale des Jaunes de France en 1902, un syndicat conservateur et antisémite dont la devise était « Patrie, famille, travail ». En 1908, Biétry qualifie ainsi lors d’un débat à la Chambre des députés Alfred Dreyfus, tout juste réhabilité, de « misérable juif ». Auparavant, dans son ouvrage phare de 1906 Le socialisme et les Jaunes, il avait raillé les syndicats marxistes « à la tête desquels se trouvent, vivant du travail des autres, tous les meneurs de la gréviculture, les partisans de la lutte des classes ».

 


 

Revue de presse (238)

 

Même Paris Match a évoqué la cagnotte de soutien aux grévistes cheminots de la CGT : « Nous avons de la sympathie pour les cheminots grévistes», ont écrit les fondateurs de la cagnotte, parmi lesquels figurent les écrivains Laurent Binet, Didier Daeninckx et Annie Ernaux, les philosophes Bernard Stiegler et Étienne Balibar, ou encore le réalisateur Robert Guédiguian. « Ils défendent un de nos biens communs, une entreprise de service public que le gouvernement cherche à transformer en "société anonyme"» ; les journées de grève coûtent et que pour le succès de leurs revendications, il importe que le mouvement puisse durer ».

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