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1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 06:28

 

J’ai été récemment destinataire d’un courriel collectif qui comportait ces deux phrases :

 

« En l’état actuel de nos démarches, nous devons encore réunir une MCF femme, deux PR femmes et deux PR hommes. Un(e) au moins des membres sera de préférence spécialiste en Linguistique anglaise. »

 

L’auteur en était un maître de conférences en Littératures du Commonwealth.

 

Deux mots d’explication. Il revenait au collègue la tâche de constituer un « comité de sélection » en vue du recrutement d’un.e maître.e de conférences en grammaire et linguistique anglaises. Il s’agit de la procédure normale depuis Pécresse et sa sinistre loi LRU.

 

Ce qui me choque dans les deux phrases du collègue c’est qu’elles sont genrées. Dans la Fonction publique, aucune loi ne prévoit de contingents selon le sexe. Un comité de sélection peut être paritaire, composé exclusivement de femmes ou d’hommes. Or il est très clair que, dans l’appel du collègue, le sexe comptait davantage que la spécialisation. Il est d’ailleurs plutôt singulier qu’un spécialiste de littérature fût responsable du recrutement d’un linguiste.

 

J’ai soumis cette phrase à deux ou trois proche.e.s qui, se faisant l’avocat du diable m’ont dit : « dans un système inégalitaire, il faut donner des coups de pouce. » Ce que les Zuniens.nes appellent, depuis Kennedy en fait, « affirmative action », en bon français discrimination positive. Á une époque où les Noir.e.s étaient très nettement désavantagé.e.s, Kennedy avait voulu leur faciliter l’accès à l’Université, l’administration. Mais il ne s’agissait nullement, dans l’esprit du président des États-Unis, d’une politique de quotas (illégale selon la Cour suprême). L’initiative de Kennedy a fait bouger les lignes dans la mesure où la proportion de Noir.e.s appartenant à la classe moyenne a quintuplé en quarante ans.

 

Notre collègue, comme beaucoup d’autres, a détourné ce principe de discrimination positive, justement en pratiquant une politique de quotas, donc sur des bases de droite. Ce, à l’heure où, dans les facultés de Lettres, pour ne parler que de celles-là, les femmes sont plus nombreuses que les hommes, y compris au niveau professoral (le plus gros département d’anglais de France compte 120 femmes et une cinquantaine d’hommes).

 

Je me fiche éperdument qu’Oprah Wimfrey soit une femme et une Noire. Ce qui m’importe c’est qu’elle soit productrice de télévision et qu’à ce titre elle crée des émissions sur lesquelles je peux porter un jugement. Mais il m’intéresse plus encore de savoir que, milliardaire (en dollars), elle est la deuxième fortune au monde de l’industrie du divertissement. Cela est dû à son talent, assurément, mais aussi au fait qu’elle a profité, autant ou plus que d’autres, des conditions d’existence des travailleurs de cette industrie, de la grande précarité qui y règne, de l’esprit de jungle qui y sévit. Quand une personne cautionne et renforce un système profondément injuste, la couleur de sa peau est totalement secondaire.


 

J’ai besoin de 130 kilos de professeur

 

J’en reviens aux comités de sélection. La loi Pécresse, voulue mordicus, de manière obsessionnelle, par un Sarkozy qui avait péniblement décroché un DEA dans des conditions douteuses et qui avait des comptes à régler avec les universitaire.e.s, a remplacé les commissions de spécialiste.e.s par des comités ad hoc. Sûrement pas parfaites, ces commissions souffraient d’une tare rédhibitoire pour le kleiner Mann, la droite et le patronat : elles étaient démocratiques et lisibles. Elles étaient élues pour trois ans, éventuellement sur des bases syndicales (celles que j’ai présidées le furent systématiquement). Elles comportaient, au niveau national, la même proportion de professeur.e.s et de maître.e.s de conférences. Leurs président.e.s et vice-président.e.s étaient élu.e.s par leur.e.s pair.e.s. Les candidat.e.s aux postes, aux promotions, savaient donc à qui ils.elles avaient à faire. Il n’en va pas du tout de même des comités de sélections. Ils sont constitués, dans l’opacité la plus totale, par les président.e.s d’universités, qui chargent un.e collègue de leur choix d’établir un jury (quand ils n'assument pas eux-mêmes cette tâche). Cela est accompli au coup par coup. Un.e enseignant.e qui a l’oreille du président peut siéger dans quinze comités, sans avoir été reconnu par ses collègues, tandis que son.a voisin.e de bureau ne siègera dans aucun.

 

Le problème n’est donc pas une affaire de sexe mais de pratiques démocratiques. Cela s’inscrit dans le cadre de toutes les mesures prises par Sarkozy, Hollande et maintenant Macron, visant à abolir la démocratie dans l’enseignement supérieur et à transférer le pouvoir que détenaient les seuls universitaire.e.s de l’université (les enseignant.e.s et les étudiant.e.s) vers des non universitaire.e.s : personnel.e.s administratifs du style DRH et « personnalité.e.s » extérieures.

 

PS : l'écriture inclusive : quelle merde !

 

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 06:27

 

 

Le site Communistes.org dénonce les projets de Macron pour l’enseignement supérieur, une politique dans le droit fil de celles de Sarkozy et de Hollande : « Depuis que Macron a annoncé que : « il faut en finir avec le mythe de l’université pour tous » les choses se sont précipités et l'annonce de la loi d'Orientation et de Réussite des Étudiants suscite de l'inquiétude. Les nouvelles universités qui voient le jour, sont conçues comme des entités de plus en plus autonomes avec des « universités d'élites » où se fera la recherche et des futurs « collèges universitaires » sans recherche délivrant des diplômes au rabais. Déjà, certains regroupements comme Paris Science et Lettres qui regroupe, entre autre, des écoles d'ingénieurs et l’École Normale Supérieure (ENS) entendent devenir des « Grands Établissements » dérogatoires du statut commun et,  comme l'université de « Paris Dauphine », pratiquer une sélection drastique y compris par l'argent en rendant les études payantes. Pour mettre en œuvre  cette politique, il faut aussi s'attaquer aux personnels en liquidant leur statut de la Fonction publique. Utilisation des contrats à durée déterminée,  systèmes de primes qui différencient les salaires à qualification égale sont les armes de guerre utilisées pour détruire les statuts qui représentent un verrou important contre une autonomie accrue des universités, premier pas vers leur privatisation partielle ou totale. »

 

 

Pour Bernard Tepper dans Res Publica, une des conditions d’une vraie résistance populaire est la reconstruction du lien social et politique entre le mouvement social et politique et les couches populaires ouvrières et employées. En 81, François Mitterrand est élu président de la République avec près de 80% des voix ouvrières et employées. Ce vote massif fut l’une des conditions de la victoire. Aujourd’hui, les ouvriers et les employés représentent sur le plan objectif 53% de la population française, mais plus de 60% d’entre eux s’abstiennent aux élections politiques. La réalité est qu’une large majorité des membres de ces couches sociales ne se reconnaissent pas subjectivement comme ouvriers et employés et elles ne peuvent donc pas passer d’une classe en soi à une classe pour soi. Cette réalité explique en partie que le mouvement de résistance aux ordonnances Macron a été bien plus faible que lors d’autres mobilisations, alors que ce fut pourtant là une attaque bien plus antisociale que les attaques précédentes.

 

Dans son blog, Jean-Emmanuel Ducoin cite un conseiller d’État : « «Demain, après-demain, le président Macron aura tellement poussé ses pions que tout retour en arrière sera presque vain.» Autre manière de nous suggérer que nous sommes en guerre. Cette guerre, économique et sociale, est une guerre de classes, l’une des plus brutales auxquelles nous ayons été confrontés depuis quarante ans. Elle provoque ses blessés, ses collabos et ses résistants aussi, tapis dans la clandestinité – pour l’instant. 

 

Le Monde évoque une institutrice au Mexique (où l’on a compté 25 000 assassinats en 2017) qui fait chanter les enfants pour les protéger des balles : » Allongés sur le ventre, des enfants de 7 ou 8 ans chantent une comptine dans une école de l’Etat de Sonora. A l’extérieur, des tirs retentissent. « C’est une simulation », rassure l’institutrice d’une voix calme tout en filmant sa classe avec son téléphone portable. Ce 12 janvier, la fusillade est pourtant à balles réelles. Elle fera deux morts à cent mètres de l’établissement.

 

Pour protéger les élèves de cette violence, le ministère mexicain de l’éducation distribue, aux professeurs de primaire un protocole d’actions en cas d’affrontements armé aux abords des écoles. A côté des mathématiques, de l’espagnol, les élèves apprennent ainsi les gestes qui sauvent lors d’une attaque : « s’allonger sur le sol, loin des portes et des fenêtres », « garder le silence », « éteindre son téléphone portable », « ne pas rentrer en contact avec les agresseurs ». Les professeurs et les élèves sont alors sommés de « rester dans leur classe », d’« éteindre les lumières », de « fermer la porte à clé et la bloquer  avec une chaise ou une table », puis de « compter les présents ».

Revue de presse (229)
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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 06:27

J'ai regardé tous les JT du Média. En différé pour prendre mon temps. Ma première réaction fut : c'est mou du genou. J'ai demandé l'opinion de parents sûrs. Leur déception est grande. L'un de mes amis, Maxime Vivas pour ne pas le cacher, me dit avoir tenté de contacter quelques responsables du Média pour, respectueusement, leur faire quelques propositions constructives. En particulier sur l'Amérique Latine dont il est un spécialiste. Pas de réponse. Le Media est incommunicando. Or les gens du Média savent pertinemment que, lorsque Mélenchon descend à Toulouse, il rencontre Maxime dont il a préfacé un des livres. Mélenchon a affirmé ne pas vouloir s'occuper du Média. Intention louable. Si la télé de Gérard Miller continue sur cette pente, il a intérêt … à s'en désintéresser encore plus.

 

Je pose la question : pendant combien de temps Le Média livrera-t-il un JT alla Lapix, un peu rosâtre ? Sans vraiment se démarquer de tous les autres JT. Le médium est le message, écrivait Marshall McLuhan il y a près de soixante ans. Pour l'instant, Le Média est un médium comme les autres. Son message est donc, pour l'instant, sensiblement le même que celui des autres médias.

 

Je propose ici une prise de position vigoureuse de Pierre Carles, un observateur des médias qui ne s'en est jamais laissé compter. Carles était devenu célèbre en 1992 en prouvant que l'entretien accordé par Fidel Castro à Patrick Poivre d'Arvor et Régis Faucon de TF1 était un faux. Le Média n'a apparemment pas proposé de collaboration à Carles. Ce dernier et Miller s'étaient pourtant fréquentés à la fin des années quatre-vingts dans l'équipe de Bernard Rapp qui avait produit “ L'assiette anglaise ”, une émission d'Antenne 2 fort rafraîchissante.

 

La naissance de la web télé « Le Media » avait suscité un grand espoir. On allait enfin voir surgir dans le paysage audiovisuel français cette télévision de gauche qu'appelait de ses vœux le journaliste devenu député François Ruffin dans « Hollande, DSK, etc... » (2012). Il y aurait désormais un media audiovisuel proposant tous les jours un autre son de cloche que le point de vue dominant (pro-capitaliste, pro-productiviste, pro-atlantiste, anti-communiste, ultra-sécuritaire...).


On imaginait que les journalistes et réalisateurs/trices mettant en valeur des points de vue rompant avec le préchi-précha néo-libéral, tout en bâtissant une critique radicale du système médiatique, allaient être sollicités par Le Media. On était persuadé que des Gilles Ballaster (réalisateur des « Nouveaux chiens de garde » et auteur de plusieurs documentaires sur la casse des services publics), Julien Brygo (« Glasgow contre Glasgow », « Profession domestique »), Nina Faure (« Dans la boite », « On revient de loin »), Les Mutins de Pangée, allaient être appelés à commenter l'actualité. Et que des snipers comme Nadir Dendoune (« Nos rêves de pauvres »), Nadja Harek (« BGirls »), Henri Maler (Acrimed) ou Pierre Souchon (ex « Fakir », « Moins une ») se verraient offrir une tribune. En réunissant tous ces francs-tireurs de l'audiovisuel, il y avait moyen de fabriquer un JT complètement différent du JT de droite des chaînes de télévision traditionnelles. Mais aucuns de ses réfractaires n'a été contacté par Le Média. Plutôt qu'un duo Gilles Balbastre/Nina Faure pour diriger cette web télé aspirant à incarner une alternative aux médias dominants, c'est l'attelage Sophia Chikirou/Gérard Miller, issus du vieux système des médias ou de la com' , devenus subitement critiques à l'égard de ce dernier, que l'on a vu débarquer. Et qui donc a été embauché pour diriger la rédaction ? Aude Rossigneux, formée à la télé par... Yves Calvi et Serge Moati, des apparatchiks du PAF inféodés au pouvoir économique ou politique. Dans sa profession de foi publiée sur le site du « Média », Rossigneux se garde bien de citer le nom de ses anciens employeurs tout en affirmant, sans rire : « J’ai (…) été rédactrice en chef pour des émissions de débat et de confrontation d’idées ». Parmi les chroniqueurs de « Le Média », on trouve aussi Isabelle Alonso venue recaser son féminisme soft compatible avec les chaînes du PAF.


Mais ce n'est pas tout : qui a été le premier invité du JT du Média ? Quel homme ou femme de gauche a été approché pour parrainer les débuts de cette première télé de gauche ? Serge Halimi, le directeur du Monde Diplomatique ? Aline Pailler, la journaliste communiste proche de feu Pierre Bourdieu ? François Ruffin, le réalisateur de Merci patron ! ? Non, c'est une des figures emblématiques de la chaîne privée Canal +, Bruno Gaccio, proche du multi-millionnaire Pierre Lescure, qui a été l'invité du premier JT. Un cadre de Canal +, symbole de l'arrogance et la fausse impertinence de la vieille télé, pour parrainer un média prétendant se démarquer du système, il fallait y penser ! Il ne s'agit pas d'un accident ni d'une erreur de programmation. Le Média a ainsi révélé sa fonction première : redorer le blason des pseudo rebelles du PAF cherchant à se refaire une virginité, cherchant par ce biais-là à ne pas être assimilées au vieux système médiatique en perte de vitesse dont ils ont été les collabos. Contrairement à ce qui a été annoncé ici et là, l'objectif du Média, n'était pas de permettre à la fine fleur du journalisme audiovisuel indépendant de proposer un son de cloche dissident, d'offrir aux spectateurs le JT alternatif tant attendu. C'est dommage.

 

Le Média : pour l'instant, ne casse pas trois pattes à un canard
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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 06:36

 

Suite à l’ignoble invective de Trump sur les « pays de merde », Erno Renoncourt, qui se définit dans Le Grand Soir comme un « citoyen haïtien vivant dans un trou de merde qui en a marre de respirer la merde et veut s’en débarrasser sans avoir envie d’aller vivre ailleurs », pousse un cri « merdique » : « On peut rappeler entre autres que les réserves d’or de la banque d’Haïti ont été emportées par les Étasuniens le 17 décembre 1914, et ce serait encore une histoire d’or qui serait à la base des élections de merde de 2010, de 2015 et de 2016. Une façon de rappeler que c’est à partir de la merde extraite de ce trou à rats qu’est Haïti que bien des fortunes étrangères ont été construites. Donc, en admettant qu’Haïti regorge d’ordures par le fait d’être un trou de merde, on peut légitimement se questionner sur le statut de ceux et celles, d’ici et d’ailleurs, qui ont réussi et qui continuent de réussir, à partir d’une telle indigence. Si vous en avez assez de la merde que l’on vous sert sur Haïti, joignez votre voix à ce cri pour dire une grande MERDE à ces MERDES qui gouvernent Haïti et qui font de ce pays un trou de merde au bénéfice des MERDES des groupes économiques haïtiens et étrangers, avec le soutien des MERDES de la communauté internationale. »


 

Revue de presse (228)

 

Dans Res Publica, Évariste lance un cri d’alarme à propos du Service national de santé outre-Manche en craignant que l’on en arrive aux mêmes expédients dans la France de Macron : « Du jamais vu : 68 des plus importants spécialistes de médecine d’urgence de toute l’Angleterre et du Pays de Galles ont adressé une lettre ouverte à la Première ministre pour dénoncer le « grave et chronique » sous-financement des services d’urgence hospitaliers, certains soins n’étant plus sûrs dans le royaume. 10-12 heures d’attente dans les services d’urgence pour trouver un lit. Des patients qui meurent sur les chariots. Dans certains services, plus de 50 personnes attendent en même temps avant de voir quiconque. La première ministre Theresa May a suggéré aux journalistes que c’était dû à la grippe. Pour les médecins spécialistes de la médecine d’urgence, c’est une crise à l’échelle du système, provoquée par 7 années d’austérité croissante. Comme le dit le journal Le Guardian, la succession des plans d’austérité ne fabrique pas des lits d’hôpital ni ne crée de nouveaux postes pourvus en médecins et infirmières. »

 

Selon Marianne, l’Arabie saoudite est de plus en plus répressive pour les femmes : « "Le droit saoudien est volontairement selonYahya Assiri, fondateur de l'ONG de défense des droits humains d'Arabie Saoudite ALQST. Les lois sont appliquées différemment selon les juges, les régions… Les infractions ne sont pas exactement définies. Ce qui favorise la criminalisation des personnes exerçant leur droit à la liberté d'expression." Dans ce contexte, même créer une association peut être puni par la loi. La faute, encore, à des "restrictions et des contours flous". S'il leur est demandé de respecter "la charia, l'ordre public, les bonnes mœurs et l'unité nationale", ces limites donnent aux juges une "large marge d'interprétation". Et peut donc faire interdire n'importe quelle structure. Dans cet "environnement très fermé pour la défense des droits humains", difficile pour les femmes d'aller vers l'émancipation note le rapport. "Si dans les textes on nous accorde des droits, la culture du patriarcat nous les retire dans la réalité", se désole Hala Al-Dosari, militante saoudienne des droits de l'homme. La faute au tutorat imposé par la charia. »

 

Initiative Communiste dénonce la réforme du baccalauréat envisagée par Macron. Il s’agit de « Sous-dimensionner l’enseignement supérieur, supprimer l’examen national du baccalauréat, réformer le lycée en machine à sélectionner. » Le site précise : Le choix des options (appelées  majeures ou mineures dans un enseignement de spécialisation), sera dicté par les attendus de l’enseignement supérieur, lui même déjà largement gagné à une logique utilitariste. Bref, c’est un enterrement de première classe pour toutes les disciplines émancipatrices qui ne rentreront pas dans une stratégie efficace de poursuite d’études…

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 06:30

Liliane Laffond est une femme de gauche que je ne connais pas mais que je suis régulièrement sur Facebook. Á rebours de plusieurs personnalités “ féministes de gauche ”, elle prend position sur la Tribune signée par Catherine Deneuve dans Le Monde. Elle n'y va pas avec le dos de la cuiller.

 

La tribune courageuse publiée par cent femmes dans Le Monde, qui critique la campagne #MeToo, a provoqué une réaction furibonde de l'élite dirigeante française. La tribune, cosignée par notamment les actrices Catherine Deneuve et Ingrid Caven, et les écrivaines Catherine Millet et Catherine Robbe-Grillet, est claire. Elle démontre que le déchaînement autour de #MeToo, qui est ressortie l'année dernière de la campagne médiatique pour accuser le producteur de cinéma américain Harvey Weinstein d'abus sexuels, est UNE CAMPAGNE POLITIQUE DE DROITE !

 

Se refusant à confondre «la drague insistante ou maladroite» et le viol, elle s'oppose à «l’incursion de procureurs autoproclamés dans la sphère privée» et à ceux qui exigent que la vie intellectuelle et artistique se conforme au diktat de #MeToo. Elle déclare qu'en exigeant la censure d'œuvres d'art sexuellement explicites et des confessions publiques humiliantes d'hommes accusés de méfaits sexuels, #MeToo participer à installer «comme un climat de société totalitaire».

 

Cette réfutation de #MeToo a enragé les forces qui, depuis longtemps, présentent une politique sociétale de droite comme étant la «gauche». Le Parti socialiste (PS), le parti de gouvernement social-démocrate en France depuis la grève générale de Mai-juin 1968 qui est un soutien important de la politique de genre, a sonné la charge. Des dirigeants du parti, qui se disloque après son effondrement aux élections de 2017 face à la colère contre sa politique d'austérité et de guerre, ont dénoncé de manière hystérique Deneuve et les autres signataires en tant qu'apologistes du viol.

 

Un examen de leurs arguments – qui mêlent accusations non corroborées, des menaces et des diffamations grossières visant les signataires de la tribune, et surtout Deneuve – confirme le jugement porté par la tribune: #MeToo est un mouvement antidémocratique et de droite.

 

Ségolène Royal, candidate présidentielle vaincue du PS, néolibérale et sécuritaire, en 2007, a attaqué Deneuve sur Twitter. Insinuant que Deneuve se désintéresse de la dignité des femmes, elle écrit: «Dommage que notre grande Catherine Deneuve se joigne à ce texte consternant. Toutes nos pensées, hommes et femmes soucieux de la dignité des femmes, vont aux victimes de violence sexuelle, écrasées par la peur d’en parler.»

 

Des dénonciations au vitriol ont fait florès autour du Tweet de Royal. Une internaute, Jessica (@JessRtr) s'est moquée du titre de la tribune, «Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle». Elle a proposé aux sympathisants de #MeToo de harceler Deneuve sexuellement: «N'oubliez pas d'utiliser votre droit d'importuner en mettant une grosse main aux fesses de Catherine Deneuve quand vous la croisez.»

 

Le centre de la réaction du PS était était une tribune grossière et diffamatoire rédigée par Caroline De Haas, du PS, et signée par 30 militantes féministes. Publiée sur le site Web de France Télévisions, c'est la réaction officielle approuvée par l'État à la tribune du Monde: d'accuser faussement les femmes qui ont signé cette tribune de faire l'apologie du viol.

 

Dans la page Web sur laquelle cette tribune est affichée, De Haas déclare, sans fournir de preuve ou de précision: «Les signataires de la tribune du Monde sont pour la plupart des récidivistes en matière de défense de pédocriminels ou d’apologie du viol. Elles utilisent une nouvelle fois leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles. Elles méprisent de fait les millions de femmes qui subissent ou ont subi ces violences.»

 

C'est là une déformation vicieuse de la tribune du Monde, qui ne fait pas l'apologie du viol. En réalité, la tribune commence en établissant une distinction claire: «Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste.»

 

Cette distinction entre le viol et la drague fait bondir De Haas. Elle écrit: «Les signataires de la tribune mélangent délibérément un rapport de séduction, basé sur le respect et le plaisir, avec une violence. Tout mélanger, c’est bien pratique. Cela permet de tout mettre dans le même sac.»

 

Ce ne sont pas les signataires de la tribune du Monde qui veulent «tout mettre dans le même sac», mais – comme l'expliquait bien la tribune du Monde – De Haas et le mouvement #MeToo. La réaction de De Haas à la tribune a l'effet d'anéantir toute distinction entre une proposition sexuelle faite à une femme qui ne s'y intéresse pas et le viol: l'un et l'autre sont de la «violence».

 

De là, De Haas tire une conclusion toxique et réactionnaire. Selon elle, toutes les femmes, partout, doivent vivre dans une terreur constante de violences sexuelles horribles: «Les violences pèsent sur les femmes. Toutes. Elles pèsent sur nos esprits, nos corps, nos plaisirs et nos sexualités... Nous avons le droit fondamental de vivre nos vies en sécurité. En France, aux États-Unis, au Sénégal, en Thaïlande ou au Brésil : ce n’est aujourd’hui pas le cas. Nulle part.»

 

Cette vision infernale est celle que critiquait correctement la tribune du Monde en s'opposant à l'idée que les femmes sont «de pauvres petites choses sous l’emprise de phallocrates démons».

 

La tribune de France-Télévisions traite avec mépris les questions démocratiques fondamentales soulevées par les signataires de la tribune du Monde contre #MeToo. Ces dernières pointaient le caractère extrajudiciaire de la persécution d'hommes mis en cause puis licenciés sans aucune forme de procès, ou même d'inculpation. Elles protestaient contre la censure de nus d'Egon Scheide ou de tableaux de Balthus, les appels à interdire une rétrospective de Roman Polanski, et les intimations que les écrivains devraient récrire leurs œuvres pour se conformer aux exigences de #MeToo.

 

De Haas dédaigne de mentionner ces questions, réagissant avec des caricatures simplistes. Se moquant de l'idée qu'après #MeToo, «On ne peut plus rien dire», elle écrit: «Comme si le fait que notre société tolère – un peu – moins qu’avant les propos sexistes, comme les propos racistes ou homophobes, était un problème. "Mince, c’était franchement mieux quand on pouvait traiter les femmes de salopes tranquilles, hein?" Non. C’était moins bien.»

 

On ne peut comprendre de telles remarques en dehors de l'hostilité envers les droits démocratiques et la classe ouvrière de la social-démocratie européenne et sa périphérie petite-bourgeoise.

 

Sous l'ancien président, François Hollande, le PS a imposé un état d'urgence pendant deux ans, de 2015 à 2017, qui suspendait les droits démocratiques. Fondé sur l'incitation d'une peur des musulmans après les attentats islamistes de novembre 2015 à Paris, l'état d'urgence a servi à réprimer violemment des manifestations contre la loi travail, impopulaire et anti-ouvrière, du PS. Macron en a transcrit les principales dispositions – pour des assignations à résidence, l'espionnage de la population, et les perquisitions, tous arbitraires – dans le droit commun.

 

À l'intérieur du PS et de son réseau d'alliés petit-bourgeois, dont le Nouveau Parti anticapitaliste, il n'y a eu aucune opposition réelle à l'état d'urgence. À présent, les grandes sociétés essayent d'utiliser la loi travail du PS pour imposer des salaires en dessous du SMIC dans la chimie, et des réductions d'emplois en masse dans l'automobile.

 

De Haas conclut, toutefois, en se présentant comme une femme «de gauche». Elle critique les signataires de la tribune du Monde en prétendant – sans fournir la moindre preuve – qu'elles sont biaisées contre les travailleurs. Elle écrit, «Beaucoup d’entre elles sont souvent promptes à dénoncer le sexisme quand il émane des hommes des quartiers populaires. Mais la main au cul, quand elle est exercée par des hommes de leur milieu, relève selon elles du "droit d’importuner". Cette drôle d’ambivalence permettra d’apprécier leur attachement au féminisme dont elles se réclament.»

 

Liliane Laffond sur la Tribune de Catherine Deneuve

 

Cette attaque contre Deneuve et les autres signataires est répugnante. Dans ce débat sur #MeToo, qui défend les droits démocratiques des femmes et des travailleurs?

 

Est-ce que ce sont les partisans de #MeToo? Les larbins du PS, un parti formé il y a presque 50 ans en tant qu'alliance des banques, de l'appareil d'État et de sections du mouvement soixante-huitard, et qui s'est depuis effondré pour devenir un petit croupion méprisé des Français pour ses politiques réactionnaires ? Est-ce De Haas, qui tente de salir Deneuve et d'autres actrices et artistes en les accusant d'apologie de viol avec le soutien de France-Télévisions et du président Macron ?

 

Ou est-ce Deneuve, une des plus grandes actrices françaises du dernier demi-siècle, connue pour ses engagements à gauche dont les luttes pour la légalisation de l'avortement en 1973 et contre la loi Hadopi en 2009, ainsi que pour deux Césars de meilleure actrice – pour avoir joué une femme courageuse qui cache son mari juif sous l'Occupation dans Le Dernier Métro (1981), ou une propriétaire de plantations coloniales d'hévéas dans un portrait dévastateur de l'impérialisme français dans Indochine (1992) ?

 

Les lecteurs peuvent tirer leurs propres conclusions.

 

 

Source

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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 06:23

 

 

Paul Ariès attend les JO de 2024 de pied ferme. Oserais-je dire que moi aussi, car Rébecca, ma petite dernière, si elle continue comme elle a commencé, pourrait faire partie de la sélection française de natation (surtout depuis que Maxime Vivas préside la section “ Écrivains ” de son club de supporteurs). Dans son article, Ariès brosse un bref historique des accointances du sport de compétition – surtout l’automobile – avec le fascisme, l’extrême droite en général : Ecclestone, Mosley, Balestre, ancien Waffen SS qui déclara : « Nous le pensons et nous l'affirmons : le salut ne nous viendra que du combat. L'heure des hommes virils a sonné. Il faut choisir entre le national-socialisme et la juiverie » avant d’être décrété résistant et de recevoir la Légion d’honneur. Á propos de l’Afrique du Sud, Ariès rappelle cette fine analyse d’Alain Prost qui avait participé au Grand Prix en 1985 alors que le pays faisait l’objet d’un boycot : « Il faudrait un dictateur intelligent qui prenne les cinq ou six mesures indispensables pour remettre le pays dans les rails. »

 

 

Christophe Courtin se demande si l’Europe connaîtra bientôt ses marchés aux esclaves : « Une fois ces problèmes techniques réglés, on pourra envisager d’ouvrir des marchés dans le sud de la France pour le consommateur européen mais il faudra se heurter à quelques résistances bien compréhensibles, le Barbaresque fait encore peur dans les Maures et l’Estérel. Un bon marketing vintage péplum, jeux du stade, footballeurs noirs, devrait aider. On aura ainsi réglé de manière efficace quelques défis européens : la crise migratoire, la libre circulation des biens et des personnes en estimant celles-ci comme des biens, la démographie africaine. De grands groupes mondialisés organiseront le marché, le vivant est déjà privatisé. Non, non, le libéralisme n’est pas immoral, il est a moral. Vous êtes sûrs ? Ce qui est certain, c’est que nous sommes les témoins effarés d’un signe des temps : une immense régression anthropologique. »

 

 

Juliette Grange, autrice d’un ouvrage sur la question, débusque les réseaux de l’ombre des Néoconservateurs : « Le conservatisme classique propose la pérennité d’un ordre social. Le néoconservatisme impose de faire retout volontairement et brusqauement à une forme supposée plénière et supérieure de vie sociale passé. »

 

 

Pour Éva Lacoste, la mégacentrale de Gardanne-Meyreuil, projet « irresponsable », menace les forêts environnantes : « Il fut un temps où Nicolas Hulot, avant d’accepter un poste de ministre auprès d’un président peu sensible aux questions de l’environnement, avait cette formule : “ Macron n’a pas compris que c’est bien le modèle ultra libéral qui est à l’origine de la crise écologique. ” On serait tenté de le croire. »

 

 

Éva Lacoste s’entretient longuement avec Quentin Parrinello, porte-parole d’Oxfam, à propos des Paradise Papers : « La question fiscale devient de plus en plus un sujet d’intérêt public. On a besoin de cette pression citoyenne sur les politiques afin de changer les règles. On a besoin de ce contrôle citoyen sur els grandes entreprises afin de les dissuader de faire de l’évasion fiscale. Sans pression citoyenne, on ne réussira pas à pousser les responsables politiques à changer les règles du jeu. »

 

 

Nicolas Latteur, auteur de Travailler aujourd’hui : des salariés témoignent nous emmène au cœur du salariat : « Ce ne sont pas les salariés qui parlent du travail mais ceux qui entendent le régenter. Les pouvoirs propagent une idéologie selon laquelle le travail a un coût et est un impératif moral. »


 

Les Zindignés n°45-46

 

 

Pour Jean-Marc Sérékian, l’expression « mine responsable » est le nouvel oxymore : « Le projet orwellien du “ New Digital Age ” avec le transfert généralisé d’intelligence artificielle à tous les objets en substitution et confrontation à l’intelligence des êtres vivants, impose un extractivisme à outrance généralisé à la planète. L’impérialisme numérique, voilà pourquoi on meurt aujourd’hui en Afrique, ebn Asie et en Amérique latine. Et probablement demain en Europe … »

 

 

Gilles Herlédan rend hommage à Françoise Héritier : « Elle montré en quoi un fait naturel –  – la capacité des femmes de faire des enfants – a conduit les hommes à se rendre culturellement maîtres du corps de celles-ci. »

 

 

Ce même auteur traite de la surprise du harcèlement ou la violence en question : « Cette soudaine manifestation collective appelle quelques réflexions sur le potentiel de violence qui anime notre société par delà les complexités de la sexualité. »

 

 

Éva Lacoste revient sur l’occasion manquée su projet de loi Hulot sur les hydrocarbures : « Les grands engagements de la Conférence de Paris de 2015 s’effacent au profit des opérateurs miniers. »

 

 

Paul Ariès revient sur la publication de son ouvrage Les rêves de la jeune Russie des soviets. Il renvoie dos à dos les analyses antitotalitariennes et nostalgiques et affirme que l’URSS n’avait rien de communiste. Laurent Paillard (par ailleurs auteur d’un article sur “ Le libéralisme, un étatisme ”) analyse l’ouvrage d’Ariès dans un article intitulé “ La révolution buissonnière d’un antiproductiviste ”.

 

 

Florence Bussy interroge la question de la mortalité, « de la mort qui fait de l’homme un être fragile qui a besoin du secours des autres, ce qui fonde la sociabilité. »

 

 

Laurent Fiévet (dans “ Premiers de corvée ”) évoque une “ grande crevasse ” très périlleuse : « La figure du premier de cordée n'est pas celle qui convient en matière de gouvernement des sociétés humaines. Cette montagne-là ne peut être vaincue que par une entreprise solidaire et non par un homme seul maître du destin de ceux qui le suivent aveuglément. »

 

 

Enfin, Thierry Brugvin estiment que les déterminismes de classe unissent : en se concentrant sur les structures des élites, il analyse comment la classe des élites économiques influence la classe des élites politiques et des pouvoirs publics.

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15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 06:28

Dans Res Publica, Évariste est toujours aussi combatif : « D’abord ne pas se faire voler le mot patriotisme car il est nécessaire pour combattre les nationalismes. Ni le terme de démocratie, au vu des reculs actuels dans l’État mais aussi dans les organisations. Pour nous qui plaçons au plus haut point la démocratie, et la pratique de type autogestionnaire de la Sécurité sociale à ses débuts, il est fondamental de comprendre pourquoi les dérives ont eu lieu, comment le processus de dénaturation a eu lieu. Car il n’y a pas de troisième voie. Toutes les troisièmes voies ont échoué ou échoueront. Donc, dans un affrontement, il faut comprendre pourquoi ceux que nous aurions suivis si nous vivions à leur époque ont échoué face aux dérives et ce que nous devons faire pour éviter ces dérives. »

 

Dans l’Obs, Baptiste Legrand nous dit ce qu’il faut répondre à notre beau-frère quand il nous parle du « grand remplacement » : « Dans la bouche de Wauquiez et consorts, ce n'est pas l'étranger qui pose problème, mais celui qui se voit, celui dont la présence est censée nous "sauter au visage". Inutile de se cacher derrière son petit doigt, on ne parle donc pas ici des retraités britanniques. Mais des Arabes, des Asiatiques, des Noirs. On voit d'emblée sur quel terrain nous invitent l'extrême droite et la droite identitaire. C'est celui d'une grille de lecture ethnique de notre société, et même raciste puisqu'elle définit les gens non pas en raison de leur identité juridique (nationalité, citoyenneté) ou culturelle, mais simplement par leur apparence. »

 

 

Dans Marianne, Alexandra Saviana se demande si les Smartphones ne vont pas détruire une ou plusieurs générations : « En termes d'enjeu dramatique, la question se pose là. Depuis, toutefois, la multiplication des polémiques au centre desquelles se trouvent les plus grandes firmes de la Silicon Valley interroge. En décembre dernier, Bill Gates, grand pape de l'informatique, expliquait ainsi interdire à ses enfants le portable avant l'âge de 14 ans. De son vivant, Steve Jobs expliquait ne pas laisser ses enfants s'approcher de sa propre création, l'ipad  Désormais, les études s'accumulent pour faire le lien entre mal-être de la nouvelle génération et addiction aux téléphones portables. »

 

 

Dans L’Humanité, Caroline Bréhat réagit à la tribune de Catherine Deneuve et des cent autres femmes qui défendent la « liberté d’importuner » : « L’agresseur dénoncé devient une victime, celle qui dénonce devient une harceleuse, c’est aux filles qu’il faut apprendre à courber l’échine, et non les garçons qu’il faut éduquer à se « tenir », car la pulsion brute est respectable, alors que l’interdit est puritain. Le monde n’est plus, hélas, celui des 20 ans d’une Catherine Deneuve, d’une Catherine Millet ou d’une Brigitte Lahaie : il est hyperviolent, les interdits y sont devenus flous, les jeunes hommes sont biberonnés à la pornographie. Ainsi, la « galanterie » n’est plus gratuite, l’amour n’est plus l’amour, et une femme qui résiste à un désir immédiat n’est pas respectable : on le voit de plus en plus, elle se prend des coups, c’est-à-dire des fractures, ou de l’acide, ou un viol. »

 

 

 

Revue de presse (227)

 

Au Real Madrid, Raymond Kopa touchait, en gros, le salaire d’un agrégé, ce qui était considérable pour l’époque (au début des années soixante, j’ai personnellement connu le gardien de but de l’équipe professionnelle de Valenciennes : ses enfants étaient boursiers). Le Monde nous apprend que Lionel Messi va gagner 100 millions d’euros par an, en salaires et droits à l’image, soit « 286 140 euros par jour, ou 11 922 euros pour chaque heure qui s’écoule.  A quoi s’ajouteraient une prime de signature de 63,5 millions d’euros et un « bonus de loyauté » de 70 millions d’euros s’il ne quitte pas le club avant la fin du contrat, en 2021. »

 

PS : je ne suis pas responsable du blanchiment aléatoire de mes textes.

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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 06:44

 

 

Quand je pense que j’ai vécu sept ans à quelques dizaines de mètres de cet établissement !

 

Décidément, le lycée Gallieni de Toulouse (spécialisé dans les métiers de l’automobile) est maudit. Situé à 300 mètres d’AZF, il fut pulvérisé par l’explosion de 2001. Par miracle, il n’y eut, si je puis dire, qu’un seul mort. Le lycée fut reconstruit au même endroit.

 

Les premiers ennuis commencèrent. Le proviseur et l’intendant du lycée furent condamnés à deux ans de prison, dont un avec sursis, et à 126 000 euros d'amende. Le chef de travaux de l'établissement, lui aussi prévenu dans cette affaire de détournements de fonds, écopa d'un an de prison, dont six mois avec sursis, et de 23 000 euros d'amende. Ces trois messieurs furent reconnus coupables d’avoir détourné des sommes d’argent de l’aide financière attribuée à l’établissement pour réparer les dégâts dus à la catastrophe.

 

Depuis, la Garonne a coulé à deux pas mais cet établissement, de grande taille et magnifique est devenu un enfer pour les profs. Agressés et humiliés en permanence par certains élèves, ils ont observé récemment un mouvement de grève. 60 d’entre eux (un sur deux seulement, les autres réagiront peut-être quand l'un d'entre eux aura été égorgé) ont réclamé un « Plan Marshall ».

 

 

C’est littéralement un « appel au secours » qu’ont lancé, ce mardi matin, une soixantaine d’enseignants du lycée Joseph-Gallieni (sur 120), route d’Espagne à Toulouse. Devant l’entrée de l’établissement qui accueille plus de 1 000 élèves du CAP au bac professionnel et technologique, une large banderole réclame « un plan Marshall ».

 

Le malaise ne date pas d’hier, mais la coupe est pleine. Les cours ont été suspendus, et remplacés par des ateliers pour que la parole s’exprime et atténue les maux d’un lycée qui est devenu un espace de non-droit. Les profs sont au bord de la crise de nerfs, certains pleurent en racontant leur quotidien fait d’incivilités et de violences.

 

Agressions verbales et physiques « qui se généralisent et se banalisent », « intrusion d’élèves extérieurs qui viennent semer le trouble et commettent des infractions », vols en classe, à l’internat, généralisation de bagarres violentes dans l’enceinte de l’établissement, violences sexistes subies par les filles, élèves et parents qui viennent la peur au ventre, souffrance des enseignants, trafic de stupéfiants, etc. La liste est longue et les moyens pour lutter plutôt aux abonnés absents, considèrent les équipes pédagogiques en colère.

 

Djihadisme et bracelets électroniques au lycée Gallieni de Toulouse

 

Le pot aux roses, c’est la découverte de lycéens fichés S. Cette fameuse fiche émise par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) concerne des individus soupçonnés de visées terroristes ou d’atteinte à la sûreté de l’Etat, sans pour autant qu’ils aient commis de délit ou de crime. Elles peuvent ainsi être attribuées à de simples relations d’un terroriste connu.

 

« À une prérentrée, un collègue a demandé à la police de connaître les élèves qui ont un casier judiciaire et le policier lui a répondu qu’il ne préférait pas lui donner ces informations, pensant qu’on aurait peur de rentrer dans certaines classes, raconte Virginie, professeur de lettres et histoire. On a eu, une année, des élèves partis pour tenter d’aller faire le jihad. Quand ils sont revenus, le rectorat nous a répondu de faire appel à notre bon sens pour gérer le problème ».

 

« Dans les 1 000 élèves du lycée, on a des profils très particuliers, poursuit l’enseignante. Certains sont très volontaires, mais on a aussi une minorité qui relève de structures spécialisées, médicales, ou relatives à la justice : des élèves qui sortent de prison, qui viennent en cours avec le bracelet électronique, d’’autres qui ont un casier judiciaire assez fourni qu’on nous demande d’intégrer. On fait tout pour que la poudrière explose. »

Pour l’heure, Jacques Caillaut, directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), assure prendre le problème du lycée Gallieni à bras-le-corps. « Nous apportons déjà des réponses et pas seulement quand les gens se mettent en grève », indique l’inspecteur académique.

 

GÉRALD CAMIER

 

Ici, l'article de La Dépêche et le témoignage d’enseignants.

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11 janvier 2018 4 11 /01 /janvier /2018 06:29

Dominique Lormier. Les 100 000 collabos. Le fichier interdit de la collaboration française. Paris : Le Cherche Midi, 2017.


 

Nous voyageons avec cet ouvrage dans la zone grise de la France occupée, un pays qui ne compta ni 40 millions de pétainistes ni 40 millions de résistants. Une zone où un Mitterrand se mut comme un poisson dans l’eauUne France où des hommes et des femmes d’extrême gauche dans les années 30 deviendront des tortionnaires au service des nazis et où d’anciens fachos prendront les armes contre l’occupant et connaîtront les camps de concentration ou les pelotons d’exécution.

 

Ce fichier comporte exactement 96 492 noms, équivalant en gros au nombre de personnes épurées. Comme par hasard. Avec des aberrations. On y trouve le tout jeune acteur François Périer, certes d’origine bourgeoise et de droite, mais pas Pétain ! Une raison en sera donnée a posteriori par Alexandre de Marenches, ancien directeur des services secrets, dans le long entretien que Christine Ockrent lui consacrera en 1986 pour son livre Dans le secret des princes. Il révélait, sibyllin, que de prétendus résistants étaient en fait des collabos. Le colonel Paul Paillole (1905-2002), ancien responsable du contre-espionnage français, se sentit visé et réagit vivement. Le ministre de la Défense André Giraud étouffa l’affaire, au point qu’il ne fut pas possible de verser ce fichier au dossier d’instruction du procès Papon. Paillole, maître d’œuvre du fichier, avait été résistant maréchaliste.

 

La collaboration avec le régime nazi avait débuté bien avant le déclenchement du conflit. Dès 1936, l’Abwehr (le service de renseignement de l'état-major allemand) avait entrepris de noyauter les milieux journalistiques, politiques, syndicaux et religieux. Le Reich gagna sans peine la guerre de l’intox. Les services secrets français purent bien communiquer à l’état-major français les plans d’invasion allemande, le très médiocre général Gamelin n’en tint aucun compte et commit des erreurs fatales à l’armée française. Puis les Allemands profitèrent de l’invraisemblable fatras qui grenouillait à Vichy : « des maréchalistes germanophobes, des collaborateurs zélés, des partisans de l’entre-deux, des antisémites et anglophobes notoires, des agents secrets des Allemands, des admirateurs du régime hitlérien, des anticommunistes viscéraux, des antigaullistes fanatiques. »

 

La propagande de la France occupée visait à faire croire que Pétain représentait un moindre mal, un bouclier. Mais la collaboration brilla par son zèle, devançant les ordres. 40% des Juifs arrêtés le furent avec l’implication de la police française. À elle seule, la Milice en arrêta 26 000. Heureusement, la population se mobilisa, avec tous les risques encourus, si bien que 75% des Juifs (254 000) présents en France furent sauvés de la déportation. Dans ses mémoires (Une vie), Simone Veil rappela la réalité suivante : « J’avais suffisamment travaillé sur la Shoah pour savoir que la France avait été de loin le pays où le pourcentage de Juifs déportés s’était révélé le plus faible, un quart de la communauté et, toujours en proportion, très peu d’enfants. »

 

S’il y eut 96 492 collaborateurs (en fait davantage car le fichier sous-estime la collaboration économique), 1 425 000 Français combattirent le Reich : résistants, Forces françaises libres, armée régulière.

 

Lormier revient sur les grandes figures de la collaboration. J’en cite quelques-unes, à commencer par Joseph Marnand.  Issu d’un milieu modeste, ce catholique reçut la médaille militaire des mains de Pétain en 1918. Fasciné par Mussolini et Salazar, il rejoint les Croix de feu puis le PPF ainsi que la Cagoule, mouvement violent qui visait à abattre la République. En 1939, il s’engage comme volontaire. Fait prisonnier, il s’évade. En 1941, nationaliste xénophobe, raciste et antisémite, il veut lutter contre les communistes et les Juifs, mais pas encore aux côtés des Allemands. En 1942, Hitler réclame à Laval une police supplétive. Darnand crée la Milice en janvier 1943. Il prête serment au régime hitlérien et qui le nomme lieutenant de la Waffen-SS. On compte dans la Milice des « modérés » pétainistes et nationalistes et des extrémistes qui veulent faire de la France un pays nazi. Au premier chef, Francis Bout de l’An. Enseignant, proche du parti communiste, il tourne casaque après un voyage en URSS. Durant la guerre, il ordonne des exactions horribles. Il rejoint Laval à Sigmaringen. Condamné à mort par contumace, il se cache en Italie où il meurt en 1977. Il portait le nom de son grand-père paternel, un enfant trouvé. En janvier 1944, Darnand entre au gouvernement. Il commande 30 000 miliciens, 45 000 gendarmes, 6 000 gendarmes mobiles. Capturé en Italie par les Britanniques, Darnand est remis à la France. Il est condamné à mort et fusillé le 10 octobre 1945.

 

Lui aussi issu d’un milieu modeste, Marcel Déat intègre l’École normale supérieure en 1914. Il adhère à la SFIO. Au retour de la guerre où il a fait preuve d’un grand courage, il publie, sous un pseudonyme, Cadavres et maximes, philosophie d’un revenant où il exprime son horreur pour la guerre et son pacifisme viscéral. Il passe l’agrégation de philosophie. En 1925, il est élu sur une liste socialiste au conseil municipal de Reims, puis député. Il rejette totalement le marxisme. Il est membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Il entre dans le gouvernement Sarraut en 1936. Il fréquente le colonel De Gaulle qui l’apprécie beaucoup. Totalement antiraciste, il déclare, lors de la proclamation des lois racistes de Nuremberg de 1935 : « Nous sommes un peuple métis ». Il est soutenu par Le droit de vivre, journal de la LICA . En mai 1939, dans L'OEuvre, il crée une énorme polémique avec son article « Mourir pour Dantzig ». Il appuie l’armistice demandé par Pétain et la nomination de Pierre Laval comme vice-président du Conseil. Il tente vainement d’unifier les divers mouvements collaborationnistes de la zone occupée. Il est nommé ministre du Travail et de la Solidarité nationale en mars 1944 et soutient une politique de collaboration totale avec les nazis. Il fuit à Sigmaringen puis se cache en Italie, échappe à la condamnation à mort par contumace et meurt en 1955 dans un couvent italien.

 

Né dans une famille ouvrière, Jacques Doriot est ouvrier d’usine à l’âge de 15 ans. Il reçoit la croix de guerre durant la Première Guerre. Il intègre la SFIO, puis le parti communiste. Il rencontre Lénine et est nommé à la tête des Jeunesses communistes. En 1923, il est condamné à un an de prison pour avoir rédigé des tracts hostiles à la guerre du Rif appelant les soldats français à la désobéissance. L’Internationale communiste l’empêche de prendre la tête du parti où il jouit d’une très grande popularité. Il souhaite un rapprochement avec les socialistes au sein d’un vaste front antifasciste, estimant que la division de la gauche a permis l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Le 27 juillet 1934, l'Internationale adopte la politique d'alliance avec la gauche, pourtant considérée auparavant comme hérétique.  Maurice Thorez, de retour de Moscou, abandonne la ligne « classe contre classe » et, le 26 juin, prononce devant la conférence nationale du parti un discours affirmant la nécessité de conclure « à tout prix » un accord avec la SFIO afin d'« arracher les classes moyennes à la démagogie du fascisme ». Mais le refus de Doriot d'aller à Moscou, ses désobéissances et ses ambitions personnelles de direction du PCF  ne sont plus tolérées. Il est exclu du parti.. Il démissionne de sa fonction de député-maire de Saint-Denis. En juin 1936, il fonde le Parti populaire français (PPF), avec l’appui d’une parti du patronat et de militants de gauche et d’extrême gauche. Il prône un pacifisme total. Sous l’influence de Drieu La Rochelle et de Bertrand de Jouvenel, le PPF se fascise. En 1941, Doriot soutient la création de la LVF. Il combat en Russie sous uniforme allemand et reçoit la croix de fer. Le 22 février 1945, sa voiture est mitraillée par un avion allié à Mengen où il est inhumé.

 

 

Commensal de Mitterrand à Latche (ce qui n’était pas donné à tout le monde), René Bousquet était le fils d’un notaire de gauche. Ce surdoué entra dans la vie adulte de manière héroïque en sauvant de la noyade plusieurs dizaines de personnes durant les inondations de 1930. Chef de cabinet adjoint d’un ministre à 22 ans, sous-préfet à 26 ans, il se voit confier en 1936 par Roger Salengro la responsabilité du fichier central à la Sûreté nationale. Ce, dans la mouvance radicale-socialiste. Plus jeune préfet de France en 1941, il parvient à maintenir en fonction des élus radicaux-socialistes et francs-maçons. La presse d’extrême droite se déchaîne contre lui. En avril 1942, Laval le nomme secrétaire général de la police. Trois mois plus tard, il met ses effectifs au service de l’occupant dans la traque contre les Juifs étrangers (enfants compris) dans les deux zones. S’il a, semble-t-il, sauvé 2 500 Juifs, il est responsable de l’arrestation de 40% des Juifs déportés durant la guerre. En 1943, il prend contact avec la Résistance, protège François Mitterrand, sabote quelques opérations montées contre des maquis. En juin 1944, les Allemands l’envoient en résidence surveillée en Bavière. Les Alliés le libèrent en avril 1945. Il refuse l’invitation à se rendre aux Etats-Unis pour travailler dans le renseignement politique et militaire. Il rentre en France et est incarcéré à Fresnes. Jugé en bout de chaîne des grands collaborateurs, il est acquitté par la Haute Cour de justice. Le Conseil d’Etat lui rend sa Légion d’honneur et il est totalement amnistié en 1958. Il siège au conseil d’administration de La Dépêche du Midi (dont la propriétaire est juive). Il fréquente le communiste Doumeng, et aussi Edgar Faure ou Edmond Giscard d’Estaing. Il intègre le conseil d’administration de la compagnie d'aviation UTA (dirigée par Antoine Veil, le mari de Simone). Une procédure est lancée contre lui en 1989, que Mitterrand fait tout pour freiner. Il est inculpé en 1991 mais est assassiné le 8 juin 1993.


 

Note de lecture (172) (1)

 

Dans un tout autre genre, Drieu La Rochelle voit le jour dans une famille bourgeoise et déchirée par des problèmes familiaux. Durant la Première Guerre, Drieu part au front « avec l’espoir de devenir un surhomme nietzschéen ». Il se brouille avec Aragon en 1925 après cinq années d’amitiés. Il est l’ami de Breton, Malraux, Mauriac, Daniel Halévy. Il est partisan d’une droite qui se veut « au-dessus des partis, républicaine et démocratique, élitiste, antimilitariste, déiste et anticléricale ». En 1930, il devient l’amant de la femme de Louis Renault. Cet homme aux multiples conquêtes féminines « est hanté par l’impuissance et l’homosexualité ». En 1931, la LICA salue son combat contre l’antisémitisme et le fascisme. Mais lors d’un voyage en Allemagne en 1934, il est fasciné par la Hitler Jugend. Il fréquente assidûment Otto Abetz et se déclare socialiste et fasciste. Il adhère au PPF de Doriot. Il prend position contre les accords de Munich et se brouille avec Doriot. En 1941, collaborateur assumé et engagé, il dirige la NRF. Il exprime son antisémitisme dans La Gerbe et Je suis Partout. Il fait libérer de Drancy son ancienne épouse (juive) Colette Jéramec. Il est l’un des rares collabos de haut vol à assumer son engagement. Il refuse d’intégrer la brigade FFI Alsace-Lorraine que commande son ami Malraux. Il se suicide le 15 mars 1945. Le spécialiste de la IIIe République Jean-Marc Proust dira de l’auto dénigrement de ce dandy : « La haine de lui-même le recouvrait comme de la sueur ».

 

 

 

(à suivre)

 

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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 06:28

 

Depuis plusieurs années, ce sont maternités, bureaux de poste, gendarmeries, perceptions qui ont été fermés à tour de bras dans la France des campagnes et des petites villes.

 

Aujourd’hui, le mouvement s’amplifie de par la fusion des communautés de communes. L’espace constructible dans les communes est diminué, ce qui empêche les maires d’envisager de nouvelles constructions d’écoles ou d’autres établissements publics.

 

Dans les Hautes-Pyrénées, 18 postes d’enseignants seront supprimés à la rentrée 2018-2019. Sans la moindre concertation préalable. On reproche à ce département d’avoir 70% d’écoles de une à trois classes, avec des effectifs en baisse. Les habitants et leurs élus ont choisi de faire vivre la ruralité.

 

Les écoles rurales n’empêchent pas, bien au contraire, un enseignement de qualité, la proximité garantissant un temps de transport réduit.

 

Dans ce département, les écoles ont été rénovées, mises aux normes.

 

Les écoles disposent d’un service de transport, de cantine, de garderie.

 

Les établissements scolaires induisent des emplois pérennes.

 

Stopper la construction d’établissements publics dans un département rural, c’est le déchirement du tissu scolaire et la mort de ce territoire.

 

 

Tuer le service public dans la France rurale
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