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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 06:35

 

 

Dans le numéro de janvier 2018, Serge Halimi évoque la « cible iranienne » : « Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 5 février 2003, le secrétaire d’État américain Colin Powell agite un flacon pouvant contenir de l’anthrax et commente des photos satellite de sites secrets où se fabriqueraient des armes chimiques. Cette affabulation — reconnue plus tard par son auteur — servira ensuite de rampe de lancement publicitaire à la guerre d’Irak. Le 11 décembre 2017, l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies Nikki Haley se plante devant les fragments énormes d’un missile prétendument iranien qui n’a pas atteint son objectif. Et, théâtrale, elle soutient qu’il fut tiré, du Yémen, contre un aéroport d’Arabie saoudite, « un pays du G20 ». « Au risque de tuer des centaines de civils innocents.(…) Imaginez seulement qu’il ait pris pour cible l’aéroport de Washington ou de New York. Ou celui de Paris, Londres ou Berlin. »La portée de l’arme lui interdisait d’arriver jusque-là ? Peu importe : une fois encore, il faut fabriquer la peur pour justifier la guerre. Quatorze ans après avoir détruit l’Irak, le gouvernement américain a pris l’Iran pour cible. »

 

 

Le glas de l’ère libérale a-t-il sonné (Pierre Rimbert) ? « De part et d’autre de l’Atlantique, la montée en puissance de dirigeants conservateurs et nationalistes place les partisans du projet européen et des « sociétés ouvertes » sur la défensive. L’Allemagne voit ainsi s’éloigner deux alliés stratégiques : l’Europe centrale, gagnée par l’autoritarisme, et l’Amérique, tentée par l’unilatéralisme. »

 

 

Pour Charles Enderlin, Jerusalem est l’erreur fondamentale du président des Etats-Unis : « En brisant le consensus international sur le statut de Jérusalem, ville sainte pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, le président Donald Trump a conduit son pays à l’isolement. Une large majorité de l’Assemblée générale des Nations unies dénonce une décision faisant obstacle à la paix. Mais, sur le terrain, la politique du fait accompli continue. »

 

 

Pierre Rimbert nous invite à nous méfier de l’idéologie des créateurs des réseaux sociaux (“ Censure et chaussettes roses ”) : « L’un, Google, prétend « organiser l’information du monde et la rendre universellement accessible et utile ». L’autre, Facebook, veut « rapprocher le monde » en connectant les gens. Chaque jour, plus d’un milliard de personnes utilisent ces services comme s’ils échappaient aux pesanteurs politiques avec autant d’agilité que leurs maisons mères esquivent leurs obligations fiscales. Générés par de froids algorithmes, les résultats d’une requête ou la sélection du fil d’actualité nous paraissent aller de soi : déformés par la publicité, certes, mais imperméables à l’idéologie. On n’accuserait pas un tuyau de gauchisme ou d’atlantisme. On devrait. »

 

 

 

Nabil Mouline  estime que le wahhabisme accepte de petits arrangements : « Héritier du trône, le prince Mohammed Ben Salman entend réformer le royaume saoudien de manière profonde et sur tous les plans. Ses promesses de s’attaquer aux causes de l’extrémisme ne sont pas forcément synonymes d’une « déwahhabisation » du pays. Soutien et caution religieuse de la monarchie, les dignitaires wahhabites ont toujours su s’adapter aux précédentes tentatives de contrôle. »

 


 

Le Monde Diplomatique (214)

 

La garde panarabe de Bachar Al-Assad dispose d’une garde panarabe (Nicolas Dot-Pouillard ) : « Le régime syrien doit sa reconquête du terrain non seulement à l’aviation russe, mais aussi aux unités étrangères qui combattent pour son maintien : Hezbollah libanais, brigades chiites irakiennes ou afghanes, cadres militaires iraniens. Moins connue, la Garde nationaliste arabe se revendique d’une idéologie panarabe socialisante et met systématiquement sa dimension islamique en avant. »

 

 

Au Burkina Faso, existent deux conceptions de la révolution (Rémi Carayol) : « Lors du soulèvement burkinabé ayant mené à la chute de Blaise Compaoré en 2014, un schisme était apparu entre les forces de changement « historiques », au premier rang desquelles les syndicats, et les organisations dites « champignons » qui émergèrent alors. L’effet d’une cassure générationnelle, mais aussi de divergences stratégiques et idéologiques. Qui demeurent sur fond de déception. »

 

 

Tandis que le mystère Thomas Sankara demeure : «  Saura-t-on un jour la vérité sur l’assassinat de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987 ? Depuis la chute de M. Blaise Compaoré, en octobre 2014, la chape de plomb qui pesait sur cet événement douloureux de l’histoire du pays a été levée. Petit à petit, les témoins, qui craignaient pour leur vie, ont accepté de parler, à l’image de M. Alouna Traoré. seul survivant de la tuerie au cours de laquelle Sankara et douze de ses collaborateurs furent criblés de balles. »

 

 

Les rappeurs tunisiens sont mis au pas (Thameur Mekki) : « La révolte populaire de janvier 2011 en Tunisie a entraîné de profonds changements dans les pratiques culturelles, particulièrement au niveau musical. Ferraillant contre une censure loin d’avoir disparu, les artistes de la scène émergente sont aussi confrontés à la précarité et aux risques de récupération politique. Certains échappent difficilement aux exigences de la visibilité et du conformisme. »

 

 

Il y a eu fraude électorale au Honduras (Alexander Main) : « De sérieux indices de fraude électorale jettent le discrédit sur le scrutin présidentiel hondurien du 26 novembre. Le président sortant, Juan Orlando Hernández, a été réélu au détriment du centriste Salvador Nasralla, engagé dans la lutte contre la corruption. Avec la bénédiction des États-Unis, omniprésents dans la vie politique et militaire du pays depuis le début des années 1980. »

 

 

Comment la France accueilla-t-elle les demandeurs d’asile dans les années trente (Anne Mathieu) : « Durant les années 1930, dans un contexte de chômage grandissant, plusieurs lois sont votées en France pour limiter l’immigration et refouler les étrangers « indésirables ». Face à des partis politiques et une grande presse qui multiplient les campagnes xénophobes, des intellectuels prennent la plume. Ils défendent la tradition nationale du droit d’asile pour les milliers de réfugiés espagnols, italiens, etc., qui fuient la répression dans leur pays. »

 

 

À Bure, on fabrique du consentement (Julien Baldassarra) : « L’État envisage d’enfouir les déchets nucléaires les plus dangereux à Bure, dans la Meuse. Dans le laboratoire souterrain, les scientifiques testent les propriétés de confinement de l’argile. En surface, les experts en relations publiques préparent l’opinion avant la demande d’autorisation à laquelle le gouvernement devra répondre. »

 

 

Tout s’achète et se vend, même nos ancêtres (Isabella Di Lenardo et Frédéric Kaplan ) : « À l’ère du numérique, les données généalogiques, comme de nombreuses collections photographiques, passent du statut de patrimoine historique à celui de capital économique possédé par quelques entreprises. La notion même de patrimoine comme bien commun universel est donc à réinventer. »

 

 

L’île d’Iki veut sauver le thon (Yagishita Yuta ) : « Sur une petite île du sud de la mer du Japon, plus de trois cents pêcheurs mènent une lutte pour endiguer le déclin des ressources de thon rouge dans le Pacifique. Ils mettent en cause la pêche intensive et dénoncent l’agence gouvernementale qui la défend. Dans le pays qui consomme le plus de thon dans le monde, leur combat s’avère difficile. »

 

 

Dans le temple de la « grande bouffe », le terroir est à à toutes les sauces (Jean-Baptiste Malet ) : « Fragilisés par la chute des revenus, la concurrence des centres commerciaux et l’expansion des magasins de rabais, les petits commerces transalpins subissent une véritable hécatombe. Une situation qui n’émeut guère les concepteurs de FICO Eataly World, à Bologne : inauguré en novembre dernier, ce parc d’attractions gastronomique célèbre une Italie de carte postale, pour le plus grand bonheur des multinationales. »

 

 

Et pendant ce temps, le petit commerce italien se meurt (Francesca Lancini ) : « Sur le rideau fermé du kiosque à journaux de Cesano Boscone, une inscription à l’encre rouge revient trois fois pour interpeller les passants : « Louez-moi ». L’invitation résonne comme une tentative désespérée de s’extraire du paysage désolé de cette banlieue, intégrée depuis 2015 à la ville métropolitaine de Milan (Lombardie), une entité qui regroupe 134 communes, trois millions d’habitants et se présente comme la capitale économique de l’Italie. Pourtant, sitôt franchi le périphérique, à quelques encablures du centre historique, l’agglomération se transforme en une cité-dortoir, où s’entassent immigrés et personnes âgées, tandis que les petits commerces disparaissent les uns après les autres. »

 

 

 

Vaccinations obligatoires : le débat a été confisqué (Leïla Shahshahani ) : « Tout enfant né en France à partir du 1er janvier 2018 devra obligatoirement recevoir avant ses 2 ans onze vaccins, contre trois auparavant. Désireux de rappeler les bienfaits incontestables de ce mode de prévention, le gouvernement recherche l’efficacité. Mais la volonté de clore le débat scientifique et politique pourrait au contraire relancer les soupçons qui l’empoisonnent, en renvoyant chacun à ses certitudes. »

 

 

Le juge européen peut-il être un contre-pouvoir au service de la démocratie (Vincent Sizaire) ?: « L’application du droit de l’Union européenne par la Cour de justice de Luxembourg verrouille l’empire du néolibéralisme sur la conduite des politiques publiques. Mais les ressources du droit européen dépassent ce cadre et cette grille de lecture. Déjà régulièrement garant des droits civils et politiques, le juge pourrait être saisi plus souvent sur l’application des droits sociaux. »

 

 

De quoi la figure du pirate est-elle le nom (Evelyne Pieiller) ?: « Rebelles et hors-la-loi font peau neuve. Au cinéma, dans l’édition… et dans l’action. Ils lancent des raids sur la réalité consensuelle pour en démonter le mensonge ou faire advenir un moment de joie. Mais, si la figure du pirate fait à nouveau rêver, quel message diffuse sa transgression des lois ? »

 

 

Maurice Herzog fut-il premier ou dernier de cordée ? (Philippe Descamps) : « Ses deux moignons firent le tour du monde, attendrissant le maharaja du Népal ou le président Kennedy avant de reposer sur la table du conseil des ministres, au temps du général de Gaulle. Gravement gelé aux mains et aux pieds en hissant le drapeau de la France sur l’Annapurna, « premier 8 000 » de l’histoire, le 3 juin 1950, Maurice Herzog sut transfigurer une épreuve en triomphe, et ses blessures en trophées. Traduit dans de nombreuses langues et vendu à plus de dix millions d’exemplaires, son récit sublima l’aventure des expéditions lointaines et suscita des vocations sur tous les continents. Pourtant, à la lumière de documents exhumés dans les années 1990, « l’admirable conte de fées raconté par Herzog se transforma en fable suspecte. Les iconoclastes commencèrent à jeter des pierres », explique l’écrivain et alpiniste américain David Roberts. »

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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 06:35

Merci Roger et bonne continuation !

Globish en Seine-et-Marne
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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 06:32

Marianne cite Jeune Afrique : « Le comité religieux du Parlement égyptien a annoncé la dernière semaine de décembre qu'un projet de loi était en préparation pour interdire l'athéisme. Le projet n'a pas encore été voté par l'Assemblée mais il a reçu l'aval d'Al-Azhar, la plus haute autorité religieuse sunnite. Le député qui défend le texte considère dans le quotidien national Al-Chourouk, que l'athéisme est "un fléau qui se propage surtout au sein de la jeunesse égyptienne". Il souhaite infliger des peines d'amendes et de prison contre ces "criminels" et surveiller Internet et les réseaux sociaux. »

Le code pénal égyptien prévoit déjà des poursuites contre le blasphème et la diffamation religieuse. Ces dernières peuvent mener jusqu'à 5 ans de prison. Avec une telle loi, la seule absence de croyance deviendrait un crime.

Dans Le Grand Soir, Philippe Arnaud dénonce la manière dont Anne-Sophie Lapix a présenté les prétendues augmentations de salaire décidées par le gouvernement : « Elle utilise le terme "employé", qui désigne une catégorie de salariés exerçant plutôt un travail intellectuel que manuel (donc qui s’oppose au terme ouvrier), et non le terme de "salarié", qui désigne la très grande majorité des actifs français, quel que soit leur genre de travail, et qui représente un statut juridique. Ce glissement de termes, apparemment anodin, suggère deux choses : d’abord que, pour Anne-Sophie Lapix, les ouvriers ont disparu du paysage, et, d’autre part, que le statut s’efface devant le type d’activité exercé (ouvrier, employé du commerce, fonctionnaire). Ce qui ouvre la porte à toute une série d’activités... bien moins encadrées et protégées : auto-entrepreneur, prestataire payé à la tâche, chauffeurs "ubérisés", etc.

 

Un premier lecteur a réagi en ces termes : « Moi qui perçois une pension d’invalidité et une pension complémentaire d’invalidité, je perds à partir de janvier environ 85 euros par mois. Ce qui est énorme. Et avec une prestation de la CAF de 33 euros mensuel pour mon loyer. Je commence à sérieusement réfléchir à la vie "sans domicile". J’ai commencé à mettre en vente la plupart de mes biens immobiliers : des meubles, un vélo. Je résilie à la fin du mois mon abonnement internet et téléphonie fixe. Je me coupe donc d’une possibilité d’infos, d’éducation alternatives. »

 

Un autre lecteur s’interroge ainsi : « Mais sur quelle planète vit Madame Lapix ? Pour faire face aux prochaines diminutions (par l’augmentation de la CSG) de nos pensions de retraités fonctionnaires (double tare), ma femme et moi nous nous sommes désabonnés de trois revues. Nous avons en fait décidé de limiter notre consommation d’autant. (60 euros par mois chacun d’après nos estimations). Je ne savais pas qu’avec nos pensions au "médian des salaires des actifs" (1800 euros), nous étions en compagnie des "très hauts revenus". Nous savions cependant que nous étions "privilégiés" car cela nous est répété tous les jours, midi et soir ... et par rapport au 50 % qui sont en deçà de cette somme c’est une "réalité". Serons nous les seuls à réduire notre consommation afin de pouvoir continuer d’aider tant que nous le pourrons nos enfants et petits enfants en situation de salariés précarisés soumis ,comme nous, à la hausse des taxes et à la diminution des prestations sociales. Quel sera l’impact de ces décisions sur la consommation (notamment la presse écrite, le cinéma...?)

 

 

Dans Le Monde Diplomatique, Serge Halimi explique que, malheureusement, l’histoire peut se répéter : « Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 5 février 2003, le secrétaire d’État Colin Powell agite un flacon pouvant contenir de l’anthrax et commente des photos satellite de sites secrets où se fabriqueraient des armes chimiques. Cette affabulation – reconnue plus tard par son auteur – servira ensuite de rampe de lancement publicitaire à la guerre d’Irak. Le 11 décembre 2017, l’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies Nikki Haley se plante devant les fragments énormes d’un missile prétendument iranien qui n’a pas atteint son objectif. Et, théâtrale, elle soutient qu’il fut tiré, du Yémen, contre un aéroport d’Arabie saoudite. « Au risque de tuer des centaines de civils innocents.(…) Imaginez seulement qu’il ait pris pour cible l’aéroport de Washington ou de New York. Ou celui de Paris, Londres ou Berlin. » La portée de l’arme lui interdisait d’arriver jusque-là ? Peu importe : une fois encore, il faut fabriquer la peur pour justifier la guerre.

 

 

Revue de Presse (226)
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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 06:41

Une analyse de la JRCF reprise par Le Grand Soir

 

Dans le cadre des Macronleaks, Médiapart a publié il y a peu de temps un document interne de l’équipe d’En Marche, réalisé pour l’élaboration du programme présidentiel, en novembre 2016, rédigé par un certain Robert Gary-Bobo, professeur d’économie à l’ENSAE. Le document (10 pages), intitulé « Réforme souhaitables de l’enseignement supérieur français et éléments de stratégie de changement », a disparu du site car l’économiste en a demandé la suppression, mais heureusement on peut retrouver le texte sur plusieurs sites. Alors de quoi parle-t-il ?

 

Pour résumer très brièvement, cela explique comment briser l’enseignement supérieur tel qu’il est actuellement, et pas dans un sens progressiste ! Dans cet optique, l’économiste développe son raisonnement en deux parties : 1) ce qu’il est souhaitable de faire et 2) comment faire passer la pilule.

 

Assez fastidieux à lire, nous allons essayer de résumé le plus important du document (et de fait, le plus dangereux).

 

Financement des études : faire payer les étudiant et risquer une crise financière

 

Pour l’économiste ce sont les frais d’inscription qui doivent être le moyen pour l’université de se rémunérer. Il propose d’augmenter les droits d’inscription à environ 1000 euros (en master cela pourra être plus), ce qui doit nécessairement passer par la mise en place d’un système de crédit aux étudiants supervisés par l’Etat et passant par les grandes banques commerciales (« les mieux placées pour développer le crédit aux étudiants »). Quels sont les prêts recommandés ? Les crédits sont à remboursement contingent au revenu : « les étudiants ne remboursent, une fois leurs études terminées, que si leurs revenus passent un certain seuil (...) et les amortissements peuvent être progressifs. Donc pas d’étudiants au chômage contraints de rembourser, pas de faillite personnelle due aux dettes étudiantes (sauf cas extrêmes). » Ce sera au moment de l’inscription que l’étudiant choisit une banque prêteuse (un droit en première année), et dans le même mouvement il signera un chèque à son université.

 

Comment on fait passer ça ? On commence par le crédit bien sûr ! Selon l’économiste, il faut assurer le développement d’un large accès à un crédit à remboursement contingent pas cher et distribué par les banques. C’est possible selon l’économiste si le taux d’intérêt est très bas : « Avec le prêt à remboursement contingent l’étudiant(e) devra ne rembourser que s’il (elle) trouve un travail assez rémunérateur ». Et essayer à tout prix de faire passer l’étudiant par les banques, même s’il est riche !

 

Revenons un moment sur le prêt. « Que » signifie bien qu’il ne remboursera exclusivement que s’il trouve un travail dit « rémunérateur », et donc à l’inverse, s’il n’en trouve pas, la dette ne sera pas payée. Alors certes, un crédit de 1000 euros cela reste moins cher qu’au Royaume-Uni, mais on peut penser qu’il va se passer deux choses :

 

1) les étudiants voyant le trop grand risque financier pour eux n’iront pas à l’université et le système marchera,

 

2) soit - et c’est plus probable - les étudiants iront tout de même à l’université et prendront le crédit.

 

Le problème c’est qu’un nombre important d’étudiants français ont du mal même à manger à cause de leur situation financière ou du mal à se loger, sans compter les 46% qui cumulent travail et études (un énorme facteur d’échec). Ces jeunes-là n’auront sans doute pas les moyens même à la fin de leurs études de rembourser et on verra s’accumuler plusieurs petites dettes qui à la fin mènera à une crise comme cela risque de se passer en Angleterre et aux Etats-Unis, ce qui est intéressant à noter car l’économiste, comme il le dit lui-même, ne fait que transcrire le modèle anglais en France.

 

Ensuite sur la notion de salaire rémunérant, il faudrait savoir de quoi il parle. On s’en doute, salaire rémunérant c’est au-dessus de 1000 euros. Mais dans une conjoncture où l’on veut diminuer le SMIC et où même l’équivalent du SMIC ne suffit pas à vivre décemment dans une grande ville (où se trouve la majorité des universités), il est risqué de croire que les étudiants, ces « futurs riches », auront tous à la fin un salaire rémunérant leur permettant de rembourser. Bref, cette politique nous mène à une crise certaine.

 

A côté de ces écoles payantes, l’auteur signale l’importance stratégique de garder des formations quasi-gratuites à côté du nouveau système avec une capacité minimum, comme « droit opposable » à tous les bacheliers à s’inscrire à l’université, avec pour but que ces formations soient bientôt désertées, « sauf par les militants de l’UNE, qui mettent 6 ans à faire une licence. »

 

Sur la sélection, il insiste sur le fait de s’attaquer au diplôme national : les licences doivent ensuite être transformée en « bachelors » (1) qui pourront sélectionner à l’entrée à leur guise et faire payer des droits d’inscription. Le « bachelor » ne valant que par rapport à la renommée de l’établissement, idéalement, Gary-Bobo entend que cela soit un facteur pour obliger les universités à changer, dans le sens du tout-compétitifs et tout-ouvert aux entreprises.

 

Je ne résiste pas et je retranscris le paragraphe en entier tant il est révélateur de la fourberie du projet : « On pourra même exiger dans un premier temps que les universités maintiennent ouvertes au moins quelques formations de licence selon le mode ancien : au nom de la « défense du service public contre la marchandisation », mais en même temps, on doit permettre aux universités d’innover et d’affronter la concurrence internationale en Europe. »

 

Dernière recommandation de Gary-Bobo : ne plus parler de concurrence et d’excellence, mais d’ouverture et de diversité. Changement nécessaire selon lui car il permettra d’éviter la grogne des syndicats de professeurs et d’étudiants.

 

Abattre la démocratie à l’université

 

En plus de chercher en creux l’aggravation des mesures d’autonomie financière des universités par rapport à l’Etat, son but est aussi de réorganiser les instances de l’université : ici nous aurions d’un côté un Conseil d’administration avec effectifs limités, composé pour l’essentiel de membres extérieurs rémunérés, avec un président manager professionnel de l’enseignement supérieur pas forcément élu par les professeurs, et de l’autre un Sénat universitaire composé seulement de professeurs titulaires afin de désyndicaliser l’université (c’est dit explicitement dans le texte !), ayant un certain nombre de compétence mais passant par un dialogue avec le CA (donc pas de pouvoir effectif en théorie). Belle leçon de démocratie !

 

Ensuite permettre aux établissements d’aller sur le marché des docteurs avec des offres de tenure track (2) : « services d’enseignements réduits, salaires en hausse et titularisation - ou non - après évaluation, au bout de 7 ans, pour des jeunes qui demain constitueront la nouvelle élite intellectuelle du pays. »

 

Le maître mot selon Robert Gary-Bobo est la liberté d’option. Voyons un peu ce qui se cache derrière ce mot :

 

« Par ce moyen, on permettra à la gauche traditionnelle de continuer à contrôler certains établissements en s’appuyant sur des coalitions syndicales alliant personnel ATOS, enseignants et représentants étudiants. Faire la part du feu de cette manière est donc ce qui anéantira l’essentiel des oppositions à la réforme. Une grande part du blocage vient en effet de ce qu’il faut à tout prix semble-t-il, que l’UNE, le SNEsup et d’autres syndicats puissent continuer à contrôler des bastions universitaires (...). Pendant ce temps, d’autres universités pourront adhérer à un autre système (...). Lorsque le mouvement sera engagé les facs réfractaires voudront aussi se doter des nouvelles institutions pour ne pas louper le coche. Mais cela prendra du temps – le temps que ces gens se disputent entre eux et règlent leurs comptes. »

 

Enfin, créer une nouvelle catégorie d’établissement public, « l’université autonome », qui comporterait toutes les réformes prévues plus haut et qui passerait bien grâce au terme « autonome » (un piège à gogo en somme).

 

Sauvegarder le système des grandes écoles, détruire le statut de la recherche

 

Surtout ne pas s’attaquer aux Grandes écoles car pour lui c’est un système qui marche ! Au contraire il faut faire en sorte que les universités aient un système semblable à celui des Grandes écoles pour leur faire concurrence, ainsi les différences s’amenuiseront... en faveur du modèle des Grandes écoles !

 

A contrario, l’économiste Gary-Bobo semble plus enclin à vouloir la peau de la dualité enseignement supérieur-recherche (« une plaie française ») : faire évoluer les relations universités-labos vers une forme d’association souple, « clause du grand-père » qui permettrait aux anciens de garder leurs droits acquis mais avec une possibilité d’opter pour un rapprochement avec l’université, plus de recrutement à vie, transformer le « CNRS en agence de moyens et cesser complètements de recruter des personnels administratifs ou techniques avec un statut de fonctionnaire. »

 

Son but affiché : la fin progressive et lente du chercheur à vie et du jacobinisme scientifique.

 

Conclusion

 

Tout le document est empreint de l’idéologie macroniste, c’est-à-dire que l’auteur répète à plusieurs reprises que l’unique but des études c’est de devenir riche et d’échapper à la classe sociale de ses parents. Ainsi le seul horizon des études est utilitariste. Les jeunes doivent avoir envie de devenir millionnaire, comme le dirait Jupiter 1er. Nous pourrions être taquins et demander si le but des études est de devenir riche, comment restera-t-il de la richesse pour ceux qui passeront après, et même comment qualifier quelqu’un de riche si tous le monde est riche. On comprend bien que ce qui trotte dans la tête de ce macroniste, c’est la fameuse théorie du ruissellement ou une parfaite incompréhension du fait simplissime que la richesse de quelques-uns se fait toujours au détriment des autres (les riches sont riches du travail des autres). Enfin, il faudrait peut-être expliquer à ces gens l’aberration de vouloir devenir tous riche alors que les richesses sont finies.

 

Un petit mot de conclusion sur la violation manifeste de la démocratie à l’université. Le but textuellement de l’auteur c’est de désyndicaliser l’université, aussi bien syndicat professionnel que syndicat étudiant, et ainsi d’empêcher tout contrepoids à une politique ultracapitaliste qui transforme les élèves en client d’entreprise et l’enseignement en service de l’employeur. Il est extrêmement urgent que les syndicats d’étudiants comme professionnels lisent ce document, notamment sur la stratégie a adopté pour les contourner afin d’empêcher la catastrophe qui s’annonce.

 

Une révolution est nécessaire, car sinon demain c’est la précarité pour tous.

 

PS : Qu’est-ce que le bachelors ? : c’est un cursus équivalent à la licence mais non reconnue par l’Etat (ce qui signifie qu’il ne vaut que par rapport à la renommée de l’établissement). Pour ses partisans, il offre plusieurs avantages : « Un socle académique solide (comme la licence) ; mais aussi, à la différence de la licence, un début de spécialisation, une ouverture sur le monde de l’entreprise (notamment par le biais de stages conséquents), et une forte dimension internationale. Un cocktail apprécié par les recruteurs. Sans compter que les grandes écoles peuvent y appliquer les méthodes qui ont fait leur succès : suivi des étudiants, effectifs limités, liens avec les entreprises ». Le Monde, « Bachelor, bien plus qu’une mode, un tournant majeur ? », 17 février 2016. Ce type de diplôme est actuellement donnée dans des établissements privés.

 

Tenure track  : comme le « bachelor », il vient du système anglo-saxon, plus précisément étasunien. Il signifie une titularisation conditionnelle du chercheur. Cela se fait sous la forme d’un contrat d’une durée de 6 ans maximum. Pour obtenir la titularisation au bout du contrat (la « tenure » , le chercheur doit démontrer son aptitude à mener des recherches de qualité, à publier, à diriger une équipe, de sa capacité à enseigner, et de son aptitude à attirer des crédits sur son nom et ses projets (en gros, arriver à se vendre aux entreprises pour la plupart du temps... qui n’ont pas forcément intérêt à l’innovation).

 

Le plan antisocial prévu par un conseiller LREM contre l’enseignement supérieur
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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 06:15
Par Philippe Arnaud

 

Le journal télévisé de 20 h de France 2 de ce jour annonce en entrée, comme deuxième sujet, après la tempête : "Votre salaire va augmenter ; vous le découvrirez à la fin du mois, c’est l’effet de la baisse des cotisations chômage et maladie. Nous verrons qui en bénéficiera le plus".

 

Le sujet

Anne-Sophie Lapix : "Dans quelques semaines, les employés recevront leur tout premier bulletin de salaire de l’année 2018 et une bonne surprise les attend : une petite hausse du chiffre du bas. Elle est due à la baisse des cotisations-chômage et maladie, atténuée malgré tout par la hausse de la CSG. Reportage dans une entreprise de Laurent Desbonnet et Olivier Gardette."

 

Le reportage

"L’heure des calculs dans cette entreprise pour établir les prochaines fiches de paye. Car ce mois-ci plusieurs lignes vont bouger. La CSG, d’abord, va augmenter : plus 1,7 point. Une hausse qui sera plus que compensée par des baisses de cotisations : moins 0,75 points pour la maladie et pour l’assurance-chômage moins 1,45 point. Résultat : une augmentation du salaire net. Un changement simple et rapide, selon le patron."

 

Le patron : "Pour nous, ça ne nous coûte rien. C’est quelque chose qui me semble très positif puisque encore une fois, ça donne du pouvoir d’achat aux salariés sans peser sur les entreprises."

 

Le journaliste : "Pour ce salarié, par exemple, payé 1275 euros nets, une augmentation d’environ 8 euros par mois. Dans cette agence de photo et vidéo, c’est donc une bonne nouvelle."

 

Un salarié : "C’est toujours bon à prendre, c’est toujours du pouvoir d’achat supplémentaire. Donc.. non, non, je suis pour..."

 

Le journaliste : "Et les cotisations baisseront à nouveau en octobre prochain".

 

Anne-Sophie Lapix : "Bonsoir Jean-Paul Chapel. Évidemment, on a envie de savoir combien la réforme peut nous faire gagner."

 

Jean-Paul Chapel : "Alors, effectivement, première étape en janvier. Pour un salarié au SMIC, le gain de pouvoir d’achat sera de 7,34 euros nets par mois grâce à la baisse de cotisations. Il bénéficiera par ailleurs de la revalorisation du SMIC en début d’année. Deuxième étape en octobre. Là, le salaire net va augmenter de 14,23 euros, 14 euros supplémentaires. Au total, la réforme représentera donc un gain de 21,57 euros pour un smicard. La baisse des cotisations est proportionnelle au salaire. Donc, pour un employé qui gagne deux fois le SMIC, c’est un peu plus de 2300 euros nets par mois, le gain en janvier sera de 14,86 euros. En octobre, il verra son salaire net augmenter encore : 28,47 euros.

 

Anne-Sophie Lapix : " Il y a quand même des Français qui vont perdre, dans la réforme ?"

 

Jean-Paul Chapel : "Oui, les très hauts revenus [sur l’écran : très hauts revenus, à partir de 32 000 euros par mois] perdent un petit peu puisque la baisse des cotisations est plafonnée mais les grands perdants sont les retraités. Hausse de la CSG sans baisse de cotisation. Alors pour une pension de 1400 euros, c’est la moyenne en France, la baisse sera de de 23,80 euros par mois pour une personne seule. Au-dessous de 1200 euros par mois, ils ne perdront rien. Quant aux fonctionnaires, ils ne perdront rien mais ils ne gagneront rien. La réforme sera neutre pour eux".

 

Remarque liminaire. Anne-Sophie Lapix utilise le terme "employé", qui désigne une catégorie de salariés exerçant plutôt un travail intellectuel que manuel (donc qui s’oppose au terme ouvrier), et non le terme de "salarié", qui désigne la très grande majorité des actifs français, quel que soit leur genre de travail, et qui représente un statut juridique. Ce glissement de termes, apparemment anodin, suggère deux choses : d’abord que, pour Anne-Sophie Lapix, les ouvriers ont disparu du paysage, et, d’autre part, que le statut s’efface devant le type d’activité exercé (ouvrier, employé du commerce, fonctionnaire). Ce qui ouvre la porte à toute une série d’activités... bien moins encadrées et protégées : auto-entrepreneur, prestataire payé à la tâche, chauffeurs "ubérisés", etc.

 

Remarque 1. Cette somme de 21,57 euros dont va "bénéficier" un smicard (et encore, en fin d’année) est à mettre en regard du cadeau fiscal que le gouvernement offre aux 1000 premiers contributeurs de l’ISF, soit 400 millions d’euros, c’est-à-dire 400 000 euros par foyer fiscal. Ce qui, par rapport à un SMIC brut (1498,47 euros), représente 22 ans et 3 mois de salaire. Si on calcule le "gain" d’un smicard sur un an, ce gain est de 258,84 euros. Emmanuel Macron fait donc un cadeau aux très riches qui représente plus de 1545 fois le cadeau fait aux pauvres...

 

Remarque 2. La somme de 21,57 euros, "généreusement" accordée par. Macron aux smicards représente 72 centimes d’euro par jour sur un mois de 30 jours, c’est-à-dire pas même le prix d’une baguette ! C’est ce qu’un clochard peut se payer, pour ne pas mourir de faim, quand il a collecté toutes les pièces jaunes de sa sébile. [Et, bien entendu, j’exclus la tranche de jambon...].

 

Remarque 3. Dire que les salariés vont y gagner est une double supercherie : d’abord parce que les cotisations (maladie, retraite, chômage, prestations familiales) sont aussi une partie intégrante du salaire. C’est du salaire socialisé, du salaire différé, que le salarié touche quand il est malade, quand il est licencié ou quand il prend sa retraite. On dit qu’on va augmenter les salariés alors qu’on ne fait que prendre de l’argent dans leur poche gauche pour le leur glisser dans leur poche droite. Même un enfant de CM1 le comprendrait... [Mais cette atteinte aux prestations sociales fait partie d’une opération idéologique de longue haleine qui vise à délégitimer toutes les prestations sociales comme étant des dépenses publiques "indues"].

 

Remarque 4. C’est aussi une supercherie car cela signifie que lorsque les salariés seront remboursés, ils seront moins pris en charge, moins bien remboursés et, quand ils seront au chômage, qu’ ils toucheront moins d’indemnités et moins longtemps. Ou, s’ils souscrivent à des assurances privées (ce qui est des buts à long terme de la manœuvre), qu’ils les paieront bien plus cher. Comme cela se pratique, par exemple, aux États-Unis...

 

Remarque 5. Jean-Paul Chapel prend comme référence le montant moyen de la retraite, ce qui, là aussi, est une supercherie. Alors que la véritable valeur référence est la médiane des pensions de retraite (50 % de retraités touchent plus et 50 % touchent moins). Or, en règle générale, la médiane est toujours plus basse que la retraite.

 

Remarque 6. Lorsque Jean-Paul Chapel dit que les très hauts revenus vont perdre, il se moque du monde [et il s’en rend bien compte d’ailleurs, puisqu’il tempère par "un petit peu" et qu’il se garde de dire à combien est ce plafonnement]. En fait, les très hauts revenus ne perdent rien du tout, car, pour eux aussi, on baisse les cotisations ! Donc, eux aussi y gagnent... mais moins que ce qu’ils pourraient gagner. Lorsqu’on augmente tout le monde, et les riches encore plus que les autres, une diminution potentielle de cette augmentation ne peut pas être considérée comme une perte ! C’est une perte par rapport à un gain hypothétique, pas par rapport à un revenu réel.

 

Remarque 7. Lorsque Jean-Paul Chapel dit que la réforme sera neutre pour les fonctionnaires, il suscite indirectement une jalousie latente envers les fonctionnaires (d’ailleurs bien entretenue par la presse de droite), car l’opinion majoritaire va moins retenir l’idée que les fonctionnaires ne gagneront rien que celle qu’ils ne perdront rien (par rapport au très grand nombre de ceux qui perdront quelque chose), notamment les retraités à 1400 euros, somme qui n’est tout de même pas une fortune...

 

Remarque 8. Présenter ces "augmentations" comme des gains est une malhonnêteté lorsqu’on fait la liste de tout ce qui va augmenter en début d’année : le prix du gaz (pour se chauffer, se laver, laver les vêtements et la vaisselle et faire la cuisine), le prix des carburants, notamment du diesel, pour garnir les réservoirs des pauvres qui habitent loin des villes. Le prix du contrôle technique des voitures, le prix des amendes de stationnement irrégulier, le prix des parcmètres, et toutes les taxes indirectes (lesquelles sont des taxes sur les pauvres) qui vont dévorer - et bien au-delà - les gains "mirifiques" présentés par les journalistes lors de ce sujet en trompe-l’œil...

 

Quand Anne-Sophie Lapix voit nos salaires s’envoler
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3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 06:31

 

 

Ci-dessous, de larges extraits d’un article de Véronique Alzieu.

 

 

Depuis 2015 un fichier contenant les noms de 96 492 Français ayant collaboré avec les Allemands est accessible. Mais la France est-elle capable de regarder cette histoire en face ?

 

C'est un fichier resté inaccessible jusqu'en 2015. Y figurent les nom des 96 492 personnes ayant collaboré avec l'occupant allemand. Dominique Lormier raconte l'histoire de ce fichier dans Les 100 000 collabos - Le fichier interdit de la collaboration française (éd. Cherche Midi). En septembre 2017, l’hebdomadaire L'Express y a consacré deux pages.

 

La collaboration économique n'est représentée que par 500 noms environ, alors que c'est la forme de collaboration qui a été la plus importante

 

 

Tout le monde peut-il avoir accès à ce fichier ?

 

Lorsqu'on dit d'un document qu'il est “ déclassé ”, tout le monde, et surtout les historiens, peuvent le consulter. Dans le cas du fameux fichier conservé aux archives départementales, le travail des archivistes n'est pas achevé.

 

En 1997, lors du procès Papon, il avait toutefois a été communiqué aux parties civiles, avant de retourner aux archives. Et Daniel Cordier, résistant de la première heure et secrétaire de Jean Moulin, en avait manifestement connaissance. Par ailleurs, Alexandre de Marenches y faisait référence dans le livre écrit avec Christine Ockrent, Dans le secret des princes (1986) : cela avait « provoqué un véritable tollé en France » précise Dominique Lormier, « et ça avait tout de suite été étouffé volontairement pour des raisons politiques ».

 

 

Qui a écrit le fichier et que contient-il ?

 

Il s'agit de deux tomes de 2 000 pages qui recensent, à raison de 50 personnes par page, les noms, prénoms, parfois adresse et profession de 96 492 personnes ayant collaboré avec les Allemands. Classés par ordre alphabétique, ils sont tapés à la machine. Et parfois accompagnés des sigles de mouvements auxquels appartenaient ces personnes, par exemple PPF (Parti populaire français) ou RNP (Rassemblement national populaire), mais aussi GO pour Gestapo, SD (Sicherheitsdienst), service de sécurité interne au parti nazi dirigé dans un premier temps par Reinhard Heydrich, ou encore LVF pour légion des volontaires français. Avec une répartition approximative de 95% d'hommes et 15% de femmes. Et, en guise d'introduction, un texte explique pourquoi ce fichier a été réalisé.

 

Ce fichier est l'œuvre en 1945 du Service du contre-espionnage de l'armée, le 5è bureau, qui était sous la houlette du colonel Paul Paillole (1905-2002), chef du renseignement français durant la Seconde Guerre mondiale. Il était d'ailleurs le seul officier français à connaître le jour et l'heure prévus pour le débarquement de Normandie en 1944. 

 

Dans quelques jours, une recension de ce livre passionnant.

 

Le fichier interdit des 96 492 collabos
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2 janvier 2018 2 02 /01 /janvier /2018 20:51

La gloire a fait tourner bien des têtes. Pas la sienne !

 

 

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28 décembre 2017 4 28 /12 /décembre /2017 06:32

Á vrai dire, je n'en sais rien, si ce n'est que la photo de cette Iranienne a été prise en Iran en 1970.

 

Total respect pour les femmes iraniennes qui manifestent régulièrement contre l'obligation du voile.

Qui est cette naïade ?
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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 06:12

 

Ci-dessous un article de Régis Ravat concernant une décision de justice historique. Gageons que les universitaires vendus au globish, au dollar et à la recherche zunienne respecteront scrupuleusement cette décision.

Enfin une bonne nouvelle pour la langue française !

 

L'emploi d'une marque avec des termes anglais 

est interdit aux établissements publics et

personnes privées chargées d'un service public

 

 

Une décision de justice qui fera date, du moins si le jugement est confirmé en appel, au cas où l'Université Paris Sciences Lettres1 déciderait de faire appel.

 

C'est une application de la loi Toubon, particulièrement spectaculaire et aux conséquences significatives.

 

Motif de la décision du 7 septembre 2017 :

 

Annulation pour méconnaissance de l'article 14 de la loi du 4 août 1994. Injonction de mettre le logo de l'université de recherche PSL Research University en conformité avec les dispositions de la loi du 4 août 1994 au plus tard à la rentrée universitaire 2018­-2019.

 

En voici le dispositif :

 

Article 1er : La décision implicite de rejet opposée par l'université de recherche Paris Sciences et Lettres à la demande de l'association Francophonie Avenir tendant au retrait de la mention anglaise du logotype de l'université est annulée.

 

Article 2 : Il est enjoint à l'université de recherche Paris Sciences et Lettres de procéder au retrait de la mention " Research University " de son logotype sur l'ensemble des supports sur lesquels il figure, d'ici le 15 septembre 2018.

 

Article 3 : L'université de recherche Paris Sciences et Lettres versera à l'association Francophonie Avenir la somme de 50 euros au titre de l'article L. 761­1 du code de justice administrative.

 

Article 4 : Les conclusions de l'université de recherche Paris Sciences et Lettres au titre de l'article L. 761­1 du code de justice administrative sont rejetées.

 

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association Francophonie Avenir et à l'université de recherche Paris Sciences et Lettres

 

1 - L'Université Paris Sciences et Lettres est constituée des Etablissements suivants : l'École normale supérieure, de l'Institut Curie, de l'École des Arts décoratifs, de l'École des mines, de l'Université Dauphine, de l'Observatoire de Paris, de l'ESPCI, du Collège de France. Pour en savoir plus sur l'usage du logo PSL Research University Paris.

 

2 - Voici le texte de l'article 14 de la loi du 4 août 1994 : I. L’emploi d’une marque de fabrique, de commerce ou de service constituée d’une expression ou d’un terme étrangers est interdit aux personnes morales de droit public dès lors qu’il existe une expression ou un terme français de même sens approuvés dans les conditions prévues par les dispositions règlementaires relatives à l’enrichissement de la langue française.

 

Cette interdiction s’applique aux personnes morales de droit privé chargées d’une mission de service public, dans l’exécution de celle-ci.

 

 

Commentaire :

 

   PSL n'a pas fait appel, le jugement est donc confirmé et vaut jurisprudence. Régis Ravat

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 16:01
Qui est ce type accorte ?
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