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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 05:31

Disons, pour simplifier, que si le concept de politiquement correct aux Etats-Unis est né dans les milieux d’extrême gauche il y a une cinquantaine d’années, il vit et prospère aujourd’hui dans les milieux d’extrême droite.

 

La très populaire chanteuse, compositrice (pardon : chanteure,  compositeure) Katie Perry vient d’en subir les ravages à son corps non défendant.

 

Les tresses de la honte de Katie Perry (Katie Perry's Shameful Plaits)

 

La société étasunienne a les débats politiques qu’elle veut et qu’elle peut. Fait rage actuellement la notion d’appropriation culturelle. Cette notion ne fonctionne que dans un sens, celui de l’appropriation par un groupe dominant de codes appartenant à un groupe dominé. Si à Lyon, en pleine canicule, une femme blanche (pardon : caucasienne – la notion de caucasien a été inventée par un anthropologue allemand qu'on peut difficilement qualifier d'antiraciste et qui considérait que dans la Caucase vivait la plus belle des races humaines, les Géorgiens qui constituaient, selon lui, le berceau de la race humaine) décide de se rendre à une soirée en sari, c’est mal. Si à Lyon, en plein hiver, un Noir (pardon : un Afro-Européen) se promène en moufles fourrées, c’est bien. Un jeune bourge lyonnais avec un sweat (pardon : un swit) à capuche, c'est mal. Un djeuns de Vaux-en-Velin en doudoune Napapijri, c'est bien. Voilà où nous en sommes.

 

Pharell Williams, qui n’est pas blanc, a dû s’excuser pour avoir posé en Indien sur la couverture d’un grand magazine féminin. La chanteuse Beyoncé, qui est encore moins blanche que son collègue, a été vilipendée pour s’être déguisé en déesse indienne.

 

Les tresses de la honte de Katie Perry (Katie Perry's Shameful Plaits)

 

Ce que les politiquement corrects étasuniens ne veulent pas voir, c’est leur vrai racisme, ce pourquoi ils sont authentiquement d’extrême droite. Une culture n’est pas la seule dépositrice (dépositeure ?) de ce qu’elle crée. Sinon, il n’y a plus qu’à interdire à un pianiste de jazz afro-étasunien de jouer la “ Pathétique ” de Beethoven. Aucune culture n’a jamais évolué en vase clos. Ou alors nos ancêtres les Celtes ne seraient jamais devenus gallo-romains. La richesse culturelle vient de l’échange, de l’inspiration-aspiration, de la réinterprétation, de la transformation. Les mazurkas de Chopin visent à l’universel parce qu’au départ des paysans polonais un peu patauds ont dansé devant les yeux et les oreilles du génial Frédéric (pardon : Fryderyk).

 

Lorsque, dans les années 80, l’actrice Bo Derek nous offrait ses tresses originales, participait-elle à un vol, à un viol, à une exploitation néocolonialiste de peuples qui avaient beaucoup souffert ? S’il est vrai que, à la même époque, des militants du parti des Panthères Noires coiffés de tresses furent victimes de discrimination à l’emploi, entre autre parce qu’ils arboraient des tresses, force est de reconnaître que ces mêmes tresses datent de 20 000 ans et que, bien avant l’Égypte des Pharaons, la Vénus (autrichienne) de Willendorf et, avant elle, la Dame (landaise pur sucre) de Brassempouy avaient vraisemblablement inventé la plus ancienne coiffure au monde.

 

Les tresses de la honte de Katie Perry (Katie Perry's Shameful Plaits)

 

Katie Perry s’est donc excusée d’avoir porté des tresses. Il faut dire que la brave Katie est une maîtresse es contrition. En 2014, son clip promotionnel pour Dark Horse avait été taxé de satanisme. Suite à une pétition lancée par un internaute musulman britannique, elle avait accepté de couper un passage où un médaillon portant le nom de Dieu était détruit.

 

La courageuse Katie connaît-elle ce chef-d’œuvre d’Auguste Renoir ?

Les tresses de la honte de Katie Perry (Katie Perry's Shameful Plaits)
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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 05:21

Je continue à emprunter généreusement à la revue Frustration. Elle s'intéressait en avril à l'aspect télévangéliste de notre nouveau Président-Soleil. Larges extraits :

 

 

 

Pourquoi les mots si creux et les énoncés si consensuels d'Emmanuel Macron déclenchent des tonnerres d'applaudissements durant ses meetings ? Nous avons passé trois heures dans l'univers surprenant du nouveau télévangéliste des classes supérieures françaises, lundi 17 avril à Bercy. Macron parle à toutes celles et ceux qui évoluent dans le monde des cadres supérieurs, des gens aisés et ambitieux qui n’ont jamais été contrôlés par la police ou galéré avec des CDD sous-payés et dont il est un des plus ardents défenseurs.

 

Comme beaucoup, nous sommes depuis des semaines perplexes face à la place de favori de Monsieur Macron dans les sondages. N’est-ce pas quelqu’un qui veut radicaliser la loi Travail,  à laquelle s’opposaient près de 2 français sur 3 ? Ne veut-il pas généraliser le Crédit Impôt Compétitivité, ce pack d’exonérations de cotisations sociales dont le très sérieux organisme France Stratégiea montré dans un rapport qu’il n’avait eu aucun impact sur l’emploi mais qu’il avait augmenté les marges et les dividendes ? N’est-il pas l’ancien secrétaire général puis ministre de l’économie du président le plus impopulaire de la Vème République ? Lui, ses discours creux et ses enfonçages de portes ouvertes, comment peut-il susciter autant d’adhésion ? Nous avons eu la réponse grâce à l’un d’entre nous qui a assisté, courageusement, à son discours de Bercy, le 17 avril dernier. Son discours impeccablement vide et sans aspérité ne dit rien de la société. Il rassure toutes celles et ceux qui ne veulent rien entendre à ce sujet, qui nient la violence qui la traverse car cette société leur convient.

 

Pas un programme, un projet

 

Le fameux « projet » est le mot phare du discours de Macron, et il le répète aussi souvent qu’il peut, comme s’il participait à une sorte de concours. « C’est notre projet » « nous allons mener ce projet » « car c’est ce projet qu’il faut pour la France », et la récurrence de ce terme sans définition me fait penser à mon éphémère passage au catéchisme en classe de 5ème, quand le père Bigot nous lisait de longs passages du Nouveau Testament où Jésus et ses apôtres serinaient à leur entourage cette « bonne nouvelle » qu’il fallait à tout prix annoncer à tout le monde. C’est la même chose avec Macron : il a un projet, mais il se garde bien de dire clairement de quoi il s’agit. Et on le comprend : c’est certain que l’harmonisation vers le bas de la fiscalité du capital ou le détricotage de l’impôt de solidarité sur la fortune n’est pas un projet très populaire en France, alors autant dire « le projet », c’est moins douloureux. Quand on sera tous dans la rue après un an de sa présidence il aura beau jeu de nous dire « ah mais c’était ça mon projet ! Surprise ! ».

 

Pas de classes sociales, des « générations »

 

Le discours de Macron s’adresse à tout le monde et à personne à la fois. Ce  lundi à Bercy il n’a quasiment pas prononcé des noms de métiers ou de catégories socio-professionnelles (ouvriers, employés, cadres...) et n'a même pas mentionné la fameuse « classe moyenne », marotte des politiques qui s’essayent à parler de la classe sociale à laquelle le plus de monde s’identifie. Non, Macron va plus loin que ça dans le consensuel, il parle de « génération » : le terme apparaît au moment où il évoque dans son discours toute notre histoire contemporaine, de façon disons… synthétique : « Il y a eu une génération, après la guerre, qui a reconstruit et libéré le pays ! Ensuite il y a eu mai 68, et une génération qui a voulu plus de liberté, et qui a fait aller son souffle jusqu’à faire chuter le mur de Berlin en 1989!». Ni classes sociales, ni politique, ni conflits, non, « une génération ». Et maintenant, nous dit-il ensuite, « nous sommes cette génération qui va à son tour reconstruire son pays, une génération débout, une génération en marche !!! ». On ne sait pas quelle génération crie le plus fort, car il y en a pourtant plusieurs dans la salle, de la génération ORTF à la « minikeum génération » en passant par la génération Hélène et les garçons, mais ça n’a pas d’importance parce que «génération » est un terme flou, non conflictuel, qui désigne tout le monde et personne à fois, et qui ne blesse ni n’exclut donc qui que ce soit.

 

Pas le peuple, la « société civile »

 

Dans le même genre, Macron multiplie les références à la « société civile », terme qui déclenche les applaudissements nourris du public, en opposition avec la «vieille classe politique » qui suscite des moues de désapprobation. Car Macron veut la renouveler et la sortir de ses vieilles routines, et veut que « chacun et chacune » puisse prendre part aux décisions du pays. Il veut donc rendre le pouvoir au peuple ? Non ! A la « société civile » ! Le terme est séduisant, car la «société civile », ça peut être vous et moi, ça peut être Bernard Arnault ou Philippe Martinez, mais il ne faudra pas non plus s’étonner si « la majorité parlementaire composée pour la moitié de membres de la société civile » que Macron appelle de ses vœux compte plus de Bernard Arnault que de Philippe Martinez. Quand on s’étonnera de la surreprésentation de cadres, de patrons et d’avocats à l’Assemblée Nationale (comme c’est déjà le cas, puisque 81% de nos députés sont cadres et professions intellectuelles supérieures), Il aura beau jeu de nous dire : « ah mais c’était ça ma société civile ! Surprise ! ».

 

Des termes vides de sens ? Pas pour tout le monde

 

On pourrait croire que la juxtaposition de ces termes creux, entrecoupée de déclarations d’une platitude quasi insultante pour les spectateurs qui ont fait le déplacement (Macron annonce d’un air exalté qu’il veut porter « la confiance contre la défiance, l’unité contre la division, la lucidité contre les chimères, la générosité contre la cupidité, l’espoir et le courage contre la résignation ») devrait susciter ennui et rejet, y compris de la part de ses fans s’ils avaient un peu d’honnêteté intellectuelle. Mais non, le public de Bercy, dont une bonne partie arbore un tee-shirt « En marche ! » ou « Emmanuel Macron président » dans des tons jaunes délavés, roses pâles ou bleus ciel (qui évoquent les couleurs des glaces en pot de cantines scolaires), agite ses drapeaux européens et ses pancartes aux couleurs vives sans tiquer sur le vide du discours qu’on leur tient.

 

Et c’est compréhensible : pour les plus fervents supporters de Macron, ces termes creux sont chargés de sens, ils sont autant de codes qui peuplent leurs quotidiens et qui rythment leurs vies de citadins qualifiés du secteur tertiaire. Un monde où les «workaholic » du marketing ou de la com’ multiplient le nombre de « projets », un monde où l’important est de mettre en scène sa créativité et sa capacité à « innover» et où donc le projet est un concept phare auquel tout le monde doit s’identifier, de gré ou de force. Cette idéologie du projet s’étend à tous les corps de métiers, et envahit les lycées et les universités, où les étudiants sont sommés de réaliser des affiches et des exposés sur leur « projet professionnel », histoire de leur donner l’illusion que tous finiront par travailler eux aussi dans un open space bien décoré au dixième étage d’une tour en verre ou dans un atelier reconverti avec goût.

 

Dans ce monde, être un « acteur de la société civile » est une sorte de titre honorifique qui salue l’appartenance à un univers où la mondialisation est un atout, où de nombreuses « opportunités » sont à saisir et où rien n’est pire que «s’enferrer dans sa petite routine » ou de travailler à un guichet. Ce monde des cadres et des créatifs des centre-villes, la majorité de la population n’en fait pas partie, mais il constitue le modèle que les médias, la fiction et la publicité nous montrent le plus, et Macron en est le stéréotype.

 

Un journaliste de l’émission Quotidien, Hugo Clément, disait le 4 février dernier, à propos des participants aux meetings de Macron  : « En fait, pour résumer mon impression : Macron attire des gens heureux, qui réussissent. Pas de colère ni de hargne dans ses meetings ». 

 

Ne nous y trompons donc pas : les discours de Macron ne sont pas creux, ne sont pas vides, ils sont saturés de signaux clignotants à destination de ce monde des cadres riches et heureux, content d’eux-mêmes parce qu’ils « créent » et qu’ils «innovent ». Ces gens aisés qui jusqu’à présent votaient tantôt PS  – pour la beauté du geste – tantôt UMP – pour la santé de leur portefeuille – la moindre des syllabes des discours de Macron tentent de leur dire « venez me soutenir, je suis votre candidat ! ». Car, à eux, Macron promet monts et merveille, moins d’impôts et plus d’argent, moins de syndicats et plus de décisions par ordonnances, moins de régulations et plus de libre-échange. Aux autres, il réserve seulement quelques tirades compatissantes et un programme de guerre sociale sur fond d’ubérisation de la société. Espérons que les seconds, majoritaires dans notre société, ne se laissent pas duper par les mots creux pour beaucoup mais en réalité profondément bourgeois d’Emmanuel Macron.

 

Les mots de Macron

Dans ce monde, être un « acteur de la société civile » est une sorte de titre honorifique qui salue l’appartenance à un univers où la mondialisation est un atout, où de nombreuses « opportunités » sont à saisir et où rien n’est pire que «s’enferrer dans sa petite routine » ou de travailler à un guichet. Ce monde des cadres et des créatifs des centre-villes, la majorité de la population n’en fait pas partie, mais il constitue le modèle que les médias, la fiction et la publicité nous montrent le plus, et Macron en est le stéréotype.

 

Un journaliste de l’émission Quotidien, Hugo Clément, disait le 4 février dernier, à propos des participants aux meetings de Macron  : « En fait, pour résumer mon impression : Macron attire des gens heureux, qui réussissent. Pas de colère ni de hargne dans ses meetings ». 

 

Ne nous y trompons donc pas : les discours de Macron ne sont pas creux, ne sont pas vides, ils sont saturés de signaux clignotants à destination de ce monde des cadres riches et heureux, content d’eux-mêmes parce qu’ils « créent » et qu’ils «innovent ». Ces gens aisés qui jusqu’à présent votaient tantôt PS  – pour la beauté du geste – tantôt UMP – pour la santé de leur portefeuille – la moindre des syllabes des discours de Macron tentent de leur dire « venez me soutenir, je suis votre candidat ! ». Car, à eux, Macron promet monts et merveille, moins d’impôts et plus d’argent, moins de syndicats et plus de décisions par ordonnances, moins de régulations et plus de libre-échange. Aux autres, il réserve seulement quelques tirades compatissantes et un programme de guerre sociale sur fond d’ubérisation de la société. Espérons que les seconds, majoritaires dans notre société, ne se laissent pas duper par les mots creux pour beaucoup mais en réalité profondément bourgeois d’Emmanuel Macron.

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 05:20

 

 

Ci-dessous de larges extraits d'un article du blog Descartes :

 

 

L’élection de François de Rugy à la présidence de l’Assemblée nationale devrait provoquer l’indignation de tous les hommes d’honneur, de tous ceux pour qui la parole donnée a encore une valeur, de tous ceux pour qui la politique est autre chose qu’une course aux places.

 

 

Et je ne dis pas ça parce que Rugy n’est pas de mon bord idéologique. Non, le problème est tout différent : Rugy est un homme sans honneur, un homme qui a renié publiquement à sa signature pour aller à la soupe.

 

 

Le 15 décembre 2016, François de Rugy dépose sa candidature aux « primaires de la belle alliance populaire » – nom complet des primaires organisées par le Parti socialiste et ses alliés. Le dépôt de candidature nécessite la signature d’une charte de bonne conduite ainsi que de la promesse ainsi libellée : « Je m’engage à soutenir publiquement le ou la candidate qui sera désignée à l’issue des élections des Primaires citoyennes et à m’engager dans sa campagne. ». Le 28 janvier, le deuxième tour de la primaire désigne François Hamon candidat de la « belle alliance populaire ». Le 22 février, six semaines à peine après avoir signé l’engagement de « soutenir le candidat désigné par la primaire et de s’engager dans sa campagne », Rugy déclare soutenir et s’engage dans la campagne d’Emmanuel Macron.

 

 

Comment justifie-t-il son reniement ? « Je préfère la cohérence à l’obéissance »… On voit mal où est la « cohérence » quand on renie un engagement six semaines après l'avoir signé. Mais peut être faut-il entendre par « cohérence » une forme de continuité : tout au long de sa carrière, Rugy est allé là où la soupe était la meilleure. En quittant Hamon pour Macron, il ne fait que se placer dans cette continuité.

 

   

L’engagement pris par Rugy n’est pas un engagement de nature politique, c’est un engagement personnel, la promesse de se lier à une certaine éthique. C’est aussi un engagement contractuel : c’est en échange de cette promesse que les organisateurs de la primaire ont permis à Rugy de disposer des moyens et de l’espace médiatique pour faire campagne.

 

 

Et ce personnage est maintenant président de l’Assemblée nationale. Par la grâce de Macron, certes. Mais surtout, par l'inertie d’un groupe de parlementaires godillots qui semblent insensibles aux questions morales et éthiques, et incapables de peser par eux-mêmes. Après avoir choisi comme président de leur groupe un homme qui a profité de son poste de président d’une mutuelle pour faire faire une bonne affaire à son épouse, ils ont fait d’un homme sans honneur le quatrième personnage de l’État.

  

Descartes 

 

Á noter que Ganelon, l'archétype du félon, eut une fin douloureuse :

 

François de Rugy : un nouveau Ganelon ?

PS qui n'a rien à voir. Ce matin, un journaliste neuneu de France Info interroge un industriel de la pâte à mâcher (chewing gum) :

 

— Au niveau du packaging, enfin, je veux dire de l'emballage...

 

[…] 

 

— Concernant les parfums, quel est le blockbuster, la chlorophylle ?

 

Pauvre connard...

François de Rugy : un nouveau Ganelon ?
François de Rugy : un nouveau Ganelon ?
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3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 05:38

 

 

Pour Serge Halimi, nos démocraties sont friandes d’entourloupes démocratiques : « Auréolé d’une élection remportée avec trois millions de suffrages de moins que sa concurrente, le président Donald Trump a choisi l’Arabie saoudite pour y dénoncer l’absence de démocratie… en Iran. Puis, à Miami, devant des rescapés d’une équipée militaire ratée montée en avril 1961 par la Central Intelligence Agency (CIA) contre le gouvernement de Fidel Castro, il a prétexté la « liberté du peuple cubain » pour durcir les sanctions américaines contre la population de l’île. »

 

 

Fatiha Dazi-Héni  évoque la drôle de guerre qui se poursuit dans le Golfe : « La traditionnelle rivalité géopolitique entre l’Arabie saoudite et l’Iran prend un tour belliqueux, sur fond d’affrontements indirects en Syrie et au Yémen. Confortés par les États-Unis, où ils disposent d’un influent groupe de pression, les Saoudiens entendent dicter leur ligne de conduite à leurs voisins arabes. Et gare à ceux, comme le Qatar, qui ne rentrent pas dans le rang. »

 

 

 

Pour Guillaume Pitron, « la Chine se présente en champion de la lutte contre le réchauffement climatique. Dans le pays le plus pollué de la planète, le pouvoir central voit d’un bon œil les initiatives des défenseurs de l’environnement… à condition de ne pas être lui-même remis en cause. »

 

 

 

Pierre Rimbert traque ceux qui sont au mieux malvoyants, au pire malfaisants : « En 2016, sondeurs et journalistes ont donné M. Donald Trump battu, prédit le « non » au Brexit, promis la victoire à M. Alain Juppé. Raté, raté, encore raté. Cette assiduité dans l’erreur s’explique-t-elle par une malchance insigne ou par la pesanteur des préjugés ? L’agenda politique du début de l’année 2017 offre une situation quasi expérimentale pour trancher cette alternative : le traitement médiatique comparé de deux dirigeants sociaux-démocrates, M. Martin Schulz outre-Rhin et M. Jeremy Corbyn au Royaume-Uni. »

 

 

Pierre Musso   nous rappelle que l’industrie naquit dans les monastères : « Faire de l’entreprise le cœur des sociétés : ce projet, claironné par M. Emmanuel Macron, est d’ordinaire identifié au néolibéralisme contemporain. Il marque en réalité l’aboutissement d’une longue histoire. Celle de la rationalisation du travail et du temps, qui commence dans les monastères au XIIIe siècle. Celle aussi de l’édification d’une croyance commune dans le salut par le progrès industriel. »

 

 

Le Monde Diplomatique (108)

 

 

 

Florence Beaugé  est partie à la recherche du modèle écologique suédois : « Incapables de mettre en place une taxe carbone ou un plan sérieux d’efficacité énergétique dans les logements, les dirigeants français se permettent de donner des leçons aux États-Unis sur le réchauffement climatique. Pendant ce temps, les pays d’Europe du Nord avancent concrètement dans la transition écologique depuis un quart de siècle, comme on peut s’en rendre compte auprès de ceux qui la mettent en œuvre en Suède. »

 

 

 

Pour Gérard Prunier, cela va de mal en pis au Soudan : « Six ans après son indépendance, le Soudan du Sud est ravagé par la guerre civile. Les médiateurs se portent, en ordre dispersé, au chevet du petit pays pétrolier d’Afrique centrale. Mais aucune paix durable n’est envisageable sans écarter les simplifications médiatiques : le conflit n’est pas « ethnique » mais politique. Ses racines remontent à la colonisation britannique. »

 

 

 

Au Maroc, le Rif défie le roi, selon Aboubakr Jamaï : « La persistance de la contestation populaire dans le nord-est du Maroc et ses revendications de mieux-être social mettent en relief l’échec des programmes de développement économique et des projets d’infrastructure pilotés par la monarchie. Malgré la répression, l’ampleur des manifestations pose la question d’une nouvelle réforme constitutionnelle sur des bases plus ambitieuses qu’en 2011. »

 

 

Marie Kostrz croit en l’indéfectible creuset des élites libanaises : « Cet établissement prestigieux vieux d’un siècle et demi a su résister aux turbulences qui ébranlent de manière régulière le pays du Cèdre. Incubateur politique et lieu de débats, l’Université américaine de Beyrouth a longtemps offert une tribune à la cause palestinienne. La dégradation de la situation économique locale en fait désormais un viatique pour poursuivre ses études à l’étranger. »

 

 

 

Peut-on être arabe en Amérique latine (Lamia Oualalou) : « Le racisme existe en Amérique latine. Il touche le plus souvent les populations noires, ainsi que les migrants boliviens, péruviens ou colombiens. Les communautés arabes, en revanche, ne souffrent que rarement des stigmates qui leur sont associés en Europe. Expliquer le phénomène implique d’observer les modalités de l’arrivée de ces personnes dans la région et les positions sociales qu’elles occupent. »

 

 

 

Daniel Lazare évalue a redoutable influence de Riyad à Washington : « Tièdes durant la dernière présidence de M. Barack Obama, les relations entre l’Arabie saoudite et les États-Unis se sont réchauffées depuis l’entrée en fonctions de M. Donald Trump. Une amélioration surprenante quand on connaît la virulence des attaques de ce dernier contre la monarchie wahhabite avant son élection, mais qui doit beaucoup à l’efficacité du lobby américain prosaoudien. »

 

 

 

Marina Da Silva montre à l’envi que l’art est têtu à Bagdad : « Malgré la violence, le manque de moyens et d’infrastructures, la capitale irakienne foisonne de projets culturels. Théâtre, danse et même cinéma refusent avec opiniâtreté toute résignation et entendent défendre une vision progressiste de leur société. Des ponts sont construits avec la France pour mieux faire connaître les œuvres et contribuer à assurer la formation des jeunes comédiens. »

 

 

 

N’en soyons pas surpris, les sociaux-démocrates allemands sont sans boussole (William Irigoyen) : « Les élections législatives allemandes du 24 septembre prochain ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices pour le Parti social-démocrate. Au-delà de ses déboires électoraux lors des derniers scrutins régionaux et de ses alliances acrobatiques, le noyau même de son idéologie paraît désintégré. Dans les municipalités, les militants déconcertés cherchent en vain une ligne claire. »

 

 

 

Rachel Knaebel démontre comment l’extrême droite mène la bataille des idées : « Imposer ses thèmes dans le débat public, mener la bataille culturelle parallèlement au combat politique : en Allemagne comme ailleurs, les formations national-conservatrices veillent à remplir cette double tâche. Cela passe par la création de revues, de maisons d’édition ou de journaux. Exemple avec un hebdomadaire allemand qui a connu un essor fulgurant ces dernières années. »

 

 

 

Un fait de langue rare : la langue sans nom des Balkans (Jean-Arnault Dérens & Simon Rico) : « L’éclatement de la Yougoslavie et l’exacerbation des différences nationales ont eu des conséquences linguistiques : il convenait de parler le bosnien à Sarajevo, le croate à Zagreb, le serbe à Belgrade ou le monténégrin à Podgorica. Tout en identifiant des variantes régionales, les linguistes reconnaissent pourtant à ces peuples une même langue, que certains souhaitent retrouver en partage. »

 

 

 

Dieter Grimm met en garde contre le pouvoir des juges en Europe (Quand le juge dissout l’électeur) : « La justice de l’Union européenne est devenue un terrain d’affrontement insoupçonné pour les entreprises et les gouvernements, sur fond de construction du Marché commun. Au fil du temps s’est ainsi élaborée en dehors de tout contrôle une jurisprudence qui contribue à délégitimer l’Union. Dès les années 1970, la Cour constitutionnelle allemande avait détecté ce déficit démocratique. »

 

 

 

Danièle Linhart imaginer un salariat sans subordination : « Espérant amadouer les opposants à sa réforme du code du travail, le gouvernement a planifié pas moins de quarante-huit réunions avec les syndicats d’ici à septembre. Mais consulter n’est pas négocier et encore moins coécrire la loi. Le temps n’est-il pas venu de prendre un autre chemin pour en finir avec les rapports de subordination propres au contrat de travail, tout en renforçant les droits sociaux ? »

 

 

 

Bernard Dujon prévient que nous sommes tous des mutants : « Faut-il modifier le vivant en changeant l’information que les organismes se transmettent d’une génération à l’autre : leur patrimoine génétique ? On dispose désormais d’outils permettant d’intervenir sur les génomes d’une manière dirigée et précise, ce que la nature fait de manière aléatoire. Plutôt que l’extase ou l’effroi, cette perspective appelle une réflexion rationnelle : pour qui et pour quoi faire ? »

 

 

 

Jacques Testart lance un sombre avertissement : Dernier pas vers la sélection humaine : « Le terme « eugénisme » a été inventé à la fin du XIXe siècle par Francis Galton, un anthropologue cousin de Charles Darwin, pour définir la « science de l’amélioration des races ». L’infanticide, la gestion des mariages, la stérilisation, l’extermination ou l’avortement risquent bientôt d’apparaître comme de bien piètres moyens pour améliorer la qualité humaine au regard des apports de la génétique moléculaire, alliée à l’informatique et à la biologie cellulaire. »

 

 

Catherine Dufour  se demande si la science-fiction est dépassée : « Déplier les possibilités incluses dans le présent et rêver l’avenir qui le travaille obscurément sont des tâches majeures de la science-fiction. Longtemps considérée comme un foyer d’élucubrations juvéniles, elle est aujourd’hui saluée pour sa valeur prospective. Mais que va-t-elle pouvoir anticiper, quand la science et la technologie semblent l’avoir rattrapée ? »

 

 

 

Pour Raphaël Kempf, tous les Français sont désormais suspects : « Au soir du premier tour des élections législatives, le 11 juin dernier, le premier ministre Édouard Philippe interprétait la victoire de son parti d’adoption. Les Français, expliquait-il, auraient manifesté « sans ambiguïté » leur soutien à « l’adaptation de notre droit aux nouvelles exigences de sécurité liées au risque terroriste ». La formule faisait référence au projet de loi « renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure » présenté le 7 juin au conseil de défense par le gouvernement. Ce texte ambitionne de transférer dans le droit commun des mesures d’exception rendues possibles par la déclaration de l’état d’urgence au soir des attentats du 13 novembre 2015 : sur la base d’un simple soupçon, le préfet et le ministre de l’intérieur peuvent ordonner assignations à résidence, perquisitions administratives, placements sous bracelet électronique… »

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 05:42

 

 

George Orwell avait remarqué que les Britanniques hésitaient entre six appellations différentes pour nommer leur pays : l’Angleterre, la Bretagne, la Grande-Bretagne, les Îles britanniques, le Royaume-Uni et Albion. Lui, dont le nom de plume était on ne peut plus anglais, mais dont le vrai patronyme était d’origine écossaise, utilisa presque toujours “England”, l’Angleterre.

 

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il écrivit trois essais restés célèbres sur sa relation intime à l’Angleterre : “ L’Angleterre, votre Angleterre ”, “ Le Peuple anglais ” et “ My Country Right or Left ”, qui peut se traduire par “ Mon pays, de droite comme de gauche ” ou “ Mon Pays, qu’il ait raison ou tort ”.

 

 

Son pays, Orwell l’aimait encore plus sous les bombes qu’en temps de paix. Lorsqu’il l’évaluait, il précisait par honnêteté le lieu d’où il parlait : « Je suis né dans la frange inférieure de la bourgeoisie anglaise ». De ce point de vue, les Anglais étaient pour lui doués d’un « patriotisme inconscient » et étaient frappés d’une « inaptitude à penser de manière logique ». Il comparait – avec gentillesse – ses compatriotes à des bulldogs, « obstinés, laids et stupides ». Le sentiment revendiqué d’insularité était une saine défense contre les étranges étrangers : « la plupart des Anglais d’origine ouvrière trouvent efféminé de prononcer un mot étranger correctement ». Dans son essai “ Le Déclin du meurtre à l’anglaise ”, il regrettait que les « gentils empoisonneurs » aient été remplacés par des tueurs brutaux inspirés par Hollywood.

 

 

Pour Orwell, l’antimilitarisme était consubstantiel aux Anglais : on ne verrait jamais des soldats anglais défiler au pas de l’oie car « cela ferait rigoler tout le monde ». Les Anglais, ajoutait-il, sont le seul peuple au monde capable de commémorer ses défaites : La Corogne, Gallipoli, Dunkerque. Le poème de guerre le plus émouvant (“ La Charge de la brigade légère” d’Alfred Tennyson ») racontait l’extrême déconvenue d’une « brigade qui chargea dans la mauvaise direction ».

 

 

Orwell détestait l’arrogance, le sentiment de supériorité de la classe dirigeante britannique. Il qualifiait les aristocrates de « parasites », « moins utiles à la société que des puces à un chien ». Mais lui qui avait longtemps vécu sur le continent, qui connaissait parfaitement le français, l’espagnol et le latin et dont la mère était d’origine française, méprisait « l’intelligentsia européanisée ». Ne méritaient pas non plus le qualificatif d’anglais : les « végétariens en sandalettes », les antialcooliques, les adorateurs de Jésus. Rien ne valait une bonne bière au pub ou une bonne tasse de thé bien fort siroté près de la cheminée.

 

 

Les migrants qui, par centaines de milliers chaque année, souhaitent s’installer en Grande-Bretagne, sont bien sûr en quête de meilleures conditions de vie, de travail, mais aussi des qualités sociétales qu’Orwell chérissait : l’intimité de la vie privée, le respect de la loi, le progrès qui ne balaye pas la tradition, un patriotisme intelligent. En moins d’une génération, le migrant appréciera ce qui n’existe nulle part ailleurs, comme le Monty Python ou les “ Folly Towers ”, ces centaines d’extravagances architecturales qui ne servent strictement à rien, sûrement pas de tour de défense ou de château d’eau, et dont certaines furent construites au XIXe siècle pour donner du travail aux paysans ruinés lors des grandes famines.

 

De l’anglicité

 

L’immigré devra se coltiner les délices de la monnaie anglaise, savoir qu’un penny (qui a aujourd’hui la valeur d’un centième de livre mais qui, avant 1971, en valait le deux cents quarantième) peut être divisé en quatre sous (farthings). Il n’oubliera pas que 2 shillings (traduction du latin solidus) font un florin (frappé autrefois à Florence), que 5 shillings font une couronne, que 20 shillings font une livre et que 21 shillings font une guinée (qui n’est plus utilisée sauf pour exprimer certains montants). Á bas l’euro !

 

 

La monnaie n’est rien comparée aux volumes. Mot d’origine hollandaise, le firkin (que l’on pourrait traduite en français par « petit fût ») est un quart de tonneau de bière, équivalent à 72 pintes ou 9 gallons (en gros 40 litres). Son grand-frère, le kilderkin, vaut 18 gallons.

 

 

Les distances d’outre-Manche valent également le détour. Le furlong (long sillon, en français) vaut 201,168 mètres ou 220 yards. Pourquoi cette longueur ? Parce qu’elle représente ce qu’une paire de bœufs peut labourer sans s’arrêter. Mais ceci n'est qu'un début. Soyons complets :

 

 

De l’anglicité

 

Demandez à un Anglais combien il pèse. Malgré 45 ans de système décimal, il ne vous répondra pas en kilos. Il répondra en stone, sachant qu’une stone vaut 14 livres ou 6,35029318 kilos. Il ne mettra pas d’s au pluriel à stone (10 stone 3). L’Étasunien vous donnera son poids en livres. Pour les petits poids (une dose de farine dans la pâtisserie, par exemple), l’anglais s’exprimera en onces (28,349 grammes).

 

Il est difficile de s’imaginer à quel point les Britanniques sont des buveurs de thé. Depuis la Seconde Guerre mondiale, tout véhicule blindé (tank ou autres) doit embarquer un nécessaire à thé.

 

De l’anglicité

 

Imaginons ces braves bidasses contraints de s’arrêter devant le premier salon de thé qui n’a pas été rasé par leurs soins. Impossible !

 

Les Brits sont aussi de formidables buveurs de bière pour qui le plaisir de la dégustation tranquille passe avant tout. Comme l’a récemment démontré le Liverpuldien Paul Armstrong lors des attentas terroristes de Londres. Il fit l’admiration de dizaines de milliers d’abonnés à Twitter pour ne pas avoir lâché sa pinte.

 

De l’anglicité

Toujours pendant les attentats, il y eut cette affiche placardée ici et là, à Londres :

De l’anglicité

 

Nous rappelons poliment à tous les terroristes qu'

ICI, C'EST LONDRES

Et que quoi que vous fassiez

Nous boirons du thé

Et continuerons à coup sûr à vivre comme avant

Merci

 

 

Orwell vantait les bonnes manières, la décence du peuple anglais.  En revanche, le flegme, la stiff upper lip, la lèvre supérieure qui ne frémit en aucune circonstance, ne le branchaient pas vraiment. Ce flegme britannique n’est pas un mythe. En 1982, des cendres volcaniques bloquèrent les quatre moteurs d’un Boeing 747. Le commandant de bord brancha le pilote automatique en position descente puis fit la déclaration suivante : « Bonsoir Mesdames et Messieurs. Ici votre commandant de bord. Nous avons un petit problème. Les quatre moteurs de l’avion sont à l’arrêt. On fait tout ce qu’on peut pour les faire repartir. Croyez-moi, la situation n’est pas si grave que cela ». Après 15 minutes de chute libre (de 37 000 à 12 000 pieds), les moteurs purent repartir, les cendres s’étant solidifiées.

 

 

Les Anglais commémorent leurs défaites, mais ils ont tout de même conquis le monde, même si, aujourd’hui, comme l’avait repéré Salman Rushdie en 1983, l’Empire a contre-attaqué. 90% des terres du globe furent, à un moment ou à un autre, envahis par les Britanniques qui régnèrent sur un empire « où le soleil ne se couchait jamais ». Il en est resté toutes sortes d'échanges culturels, humains, absolument déterminants. Le thé anglais vient de Chine. Le cricket fut exporté dans des colonies qui, une fois indépendantes, jouèrent bien mieux que les anciens maîtres. Comme d’autres pays asservis par les Britanniques, l’Inde se dépêcha, en 1947, d’adopter le système parlementaire anglais. Sans parler de la langue anglaise, langue officielle de 54 pays. Plus les Britannique sont rentrés chez eux, plus ils ont façonné le monde à leur image (pensons à l’Union européenne : on n'en a pas fini avec le Brexit, croyez moi).

 

 

Mais il est une chose qu'ils n'ont pas encore réussi à enseigner au reste du monde : l'art de faire la queue.

De l’anglicité

 

Parce qu'il faut bien finir, on reviendra sur l'arrogance de la classe dominante. En 1945, souhaitant la défaite de Churchill dont il avait admiré l'action pendant la guerre, Orwell écrira que les Anglais n'avaient pas souffert pendant cinq ans pour que les gens à particules continuent à se pavaner dans leur Rolls-Royce avec leur Pékinois sur les genoux. 

 

 

Durant cette guerre, le ministère du Travail s’efforça de réquisitionner un maximum d’adultes pour la défense passive, le transport des enfants, le déblaiement des ruines après les bombardements. Il s’adressa en priorité aux riches qui pourraient peut-être libérer quelques serviteurs pour le bien public. Il écrivit au 10ème duc du Devonshire, l’homme le plus riche du royaume à l’époque, pour solliciter son aide : « Votre Grâce, nous comprenons parfaitement que vous ayez besoin de  conserver 15 jardiniers, 12 gardiens, 14 palefreniers, le responsable de votre haras, le responsable de la meute des chiens, 5 hommes à tout faire, votre jardinier en chef, 5 garde chasse, votre couturière, vos pages, vos femmes de chambre, vos suivantes, vos cuisinières, vos blanchisseuses, vos nurses, vos filles de cuisine, votre garçon de hall, vos valets de pied, votre valet personnel, votre précepteur, votre gouvernante, vos chauffeurs, votre majordome, votre cuisinier, mais nous pensions que vous pourriez faire quelques petites économies. Votre Grâce a-t-elle réellement besoin de deux chefs pâtissiers ? »

 

 

Ce à quoi le duc répondit, la lippe tordue par une morgue ancestrale : « Merde à vous ! Et si j’ai besoin d’un biscuit ? »

 

 

 

 

Merci à Adolph Haleter de m’avoir fait découvrir le site quora.

 


 

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 05:17

 

 

Dans la nuit du 28 au 29 Novembre 1974, 284 députés contre 189 adoptent la loi autorisant l'IVG. Parmi ces députés, 55 UDR sur les 174, 26 centristes sur 52, 105 socialistes sur 106, 74 communistes. Pour défendre cette loi, Simone Weil, ministre de la Santé, va subir pendant deux jours les pires insultes racistes et sexistes. La saisine du Conseil constitutionnel par Jean Foyer, une des plus grossières incarnations de la réaction française de l’époque qui déclara lors du débat : « Le vice des riches ne doit pas devenir le vice des pauvres », n'aboutit pas.

 

 

Dans les années qui précédèrent ce vote historique, le combat pour le droit à l’avortement avait été mené par diverses personnalités et mouvements : entre autres Simone de Beauvoir, le prix Nobel de médecine Jacques Monod, Choisir. Mais sans Simone Veil, magistrate, grande bourgeoise de droite qui prendrait – avec énormément de courage assurément – le train en marche.

 

 

Á l’actif de la magistrate Simone Veil, l’organisation de transferts vers la France, pendant la guerre d’Algérie, de prisonnières algériennes soumises à des violences sexuelles. Á son passif, elle empêcha l’ORTF (elle était membre de son conseil d’administration) d’acheter en 1971 le film Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophüls, qu’elle jugeait « partisan ». On le sait, ce film de quatre heures montrait que la population française n’avait pas été aussi résistante que la vulgate gaulliste l’avait seriné pendant 25 ans.

 

 

En 1971, pendant que Simone Veil est secrétaire générale du Conseil  supérieur de la magistrature, l’avocate Gisèle Halimi, qui s’est précédemment illustrée dans la défense de militants algériens, signe le Manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le droit à l’accès aux moyens anticonceptionnels et à l’avortement.

 

 

La même année, aux côtés de Simone de Beauvoir et du biologiste Jean Rostand, elle fonde le mouvement féministe Choisir la cause des femmes et milite en faveur de la dépénalisation de l’avortement. Elle prend la présidence de cette association à la mort de Simone de Beauvoir.

 

 

Au procès de Bobigny, en 1972, elle défend une mère qui avait aidé sa fille mineure à avorter après un viol. Deux mots sur les circonstances de ce viol car elles nous disent beaucoup sur la France de l’époque. À l'automne 1971, Marie-Claire Chevalier, âgée de 16 ans, est violée par un garçon fréquentant le même lycée qu’elle. Marie-Claire tombe enceinte. Sa mère, employée à la RATP, élève seule ses trois enfants. La mère de la jeune fille se renseigne alors sur le prix d'un avortement clandestin pratiqué, en cachette, par certains médecins : 4500 francs. La mère de Marie-Claire ne gagne que 1500 francs par mois. Elle décide donc de faire appel à une « faiseuse d'anges » qui, pour 1200 francs, se chargera du travail. L'avorteuse introduit une gaine de fil électrique dans le vagin de Marie-Claire. Trois semaines plus tard, la jeune fille est conduite aux urgences : une infection s'est déclarée. Les médecins qui la soignent se contentent de la « gronder » sans lui lancer des noms d’oiseaux. En rentrant chez elle, l’adolescente croise son violeur et lui raconte qu’elle s’est débarrassée de l’enfant. Quelque temps plus tard, le garçon est arrêté pour vol dans une voiture. Il négocie la bienveillance des policiers en échange de la dénonciation de l'avortement de Marie-Claire.

 


 

Simone Veil ? Non, Gisèle Halimi !

 

Marie-Claire passe en jugement à Bobigny. Gisèle Halimi veut faire de ce procès un cas de jurisprudence, comme Badinter le fera au même moment, pour la peine de mort, dans sa plaidoirie au procès de Bontemps. La plaidoirie de l’avocate est traversée par la lutte des classes :

 

 

« C’est toujours la même classe, celle des femmes pauvres, vulnérables économiquement et socialement, cette classe des sans-argent et des sans-relations qui est frappée.

 

 

Voilà vingt ans que je plaide, Messieurs, et je pose chaque fois la question et j’autorise le tribunal à m’interrompre s’il peut me contredire. Je n’ai encore jamais plaidé pour la femme d’un haut commis de l’État, ou pour la femme d’un médecin célèbre, ou d’un grand avocat, ou d’un P-DG de société, ou pour la maîtresse de ces mêmes messieurs.

 

 

Je pose la question. Cela s’est-il trouvé dans cette enceinte de justice ou ailleurs ? Vous condamnez toujours les mêmes. Ce que nous avons fait, nous, la défense, et ce que le tribunal peut faire, ce que chaque homme conscient de la discrimination qui frappe les mêmes femmes peut faire, c’est se livrer à un sondage très simple. Prenez des jugements de condamnation pour avortement, prenez les tribunaux de France que vous voudrez, les années que vous voudrez, prenez cent femmes condamnées et faites une coupe socio-économique : vous retrouverez toujours les mêmes résultats :

 

 

- 26 femmes sont sans profession, mais de milieu modeste, des « ménagères » ;

- 35 sont employées de bureau (secrétaires-dactylos) : au niveau du secrétariat de direction, déjà, on a plus d’argent, on a des relations, on a celles du patron, un téléphone ;

- 15 employées de commerce et de l’artisanat (des vendeuses, des coiffeuses) ;

- 16 de l’enseignement primaire, agents techniques, institutrices, laborantines ;

- 5 ouvrières ;

- 3 étudiantes.

 

 

Simone de Beauvoir vous l’a très bien expliqué. On fabrique à la femme un destin : un destin biologique, un destin auquel aucune d’entre nous ne peut ou n’a le droit d’échapper. Notre destin à toutes, ici, c’est la maternité. Un homme se définit, existe, se réalise, par son travail, par sa création, par l’insertion qu’il a dans le monde social. Une femme, elle, ne se définit que par l’homme qu’elle a épousé et les enfants qu’elle a eus.

 

 

Telle est l’idéologie de ce système que nous récusons.

 

 

Savez-vous, Messieurs, que les rédacteurs du Code civil, dans leur préambule, avaient écrit ceci et c’est tout le destin de la femme : « La femme est donnée à l’homme pour qu’elle fasse des enfants… Elle est donc sa propriété comme l’arbre à fruits est celle du jardinier. » Certes, le Code civil a changé, et nous nous en réjouissons. Mais il est un point fondamental, absolument fondamental sur lequel la femme reste opprimée, et il faut, ce soir, que vous fassiez l’effort de nous comprendre. »

 

 

Lors des débats de 1974 à l’Assemblée  nationale, certains hommes politiques de droite se montrèrent abjects. Un député lança à Simone Veil qu’elle voulait brûler des fœtus dans des fours crématoires. Il s’en excusa le lendemain auprès de la ministre, expliquant qu’il ne savait pas qu’elle avait été elle-même déportée. Comme si cela changeait quoi que ce soit à sa scandaleuse accusation !

 

 

Tout sucre, Bernard Debré s’est lancé dans un vibrant hommage posthume à Simone Veil, oubliant peut-être que son père, l’inénarrable Michel, hostile à la loi Veil, à la Réunion dont il était l'élu, pour les petits Blancs. Il préconisait en effet la limitation des familles pour les Noirs et les métis.

 

 

Dans un monde d’hommes fous, on aura toujours besoin d’humanistes comme Gisèle Halimi. Et aussi de juristes comme Simone Veil. Mais l'histoire qui se fait précèdera toujours le droit.

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24 juin 2017 6 24 /06 /juin /2017 05:24

Jean Ortiz. Vive le Che !. Paris : Les Éditions Arcane, 2017.

 

En exergue de ce livre de braises, Jean Ortiz cite Marx (« Le révolutionnaire doit être capable d’entendre l’herbe pousser »), Hugo (« Une révolution est un retour du factice au réel ») et Char (« celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égard ni patience »).

 

Le temps passe : il y a exactement un demi siècle, Ernesto “ Che ” Guevara était assassiné sur ordre de la CIA, au bout d’un combat qui s’était transformé en calvaire. Dans une magnifique préface, le poète toulousain Serge Pey relate que Mario Terán, le tueur dont les sbires étasuniens avaient armé le bras, avait dû boire de l’alcool de maïs pour « faire le crime », contre une montre et un voyage à West Point. Mais l’histoire ne s’arrêta pas là. Terán vécut sous une autre identité et, en 2007, il fut opéré – gratuitement bien sûr – de la cataracte par des médecins cubains. Son fils tint à remercier, dans les colonnes d’El Deber de Santa Cruz, les médecins qui avaient rendu la vue à son père dans un hôpital offert par Cuba et inauguré par le président Evo Morales. Il est des héros et des révolutions qui ne mourront jamais dans le cœur et les yeux des humains.

 

Une des raisons pour lesquelles Ortiz a souhaité écrire ce livre est qu’en cette ère de capitalisme financier assurant son hégémonie par une idéologie totalitaire, il faut combattre « l’inversion totale du sens par le système néolibéral, riposter à l’anéantissement des contenus par la politique spectacle et le marketing politique ». Il fallait rappeler que Guevara n’était pas “ que ” – même si c’était déjà beaucoup – la photo de Korda.

 

Lorsque le Che, Fidel et leurs compagnons entament la lutte armée contre le pouvoir sanglant, infect et corrompu d’un Battista qui, avec l’aide de la CIA, avait interrompu le processus démocratique qui devait amener une équipe progressiste au pouvoir, l’île compte 500 000 enfants privés d’école et un million d’adultes illettrés (en un an, grâce à une campagne saluée par l’UNESCO, l’analphabétisme aura complètement reculé). 90% de la population des campagnes est dénutrie. 13 des 22 latifundios de canne à sucre appartiennent au grand voisin du nord. Celui de la Cuban Atlantic Sugar Company (fondé en 1935) a la taille d’un département français. Ortiz rappelle qu’il faut toujours « contextualiser » ce dont on parle. Se souvenir – pour savoir d’où vient la violence originelle – que, dès mars 1960, le président Eisenhower donna le feu vert à une puissante opération de déstabilisation de Cuba, qui commença par l’explosion criminelle du cargo français La Coubre, bourré d’armement acheté à la Belgique, qui fit 75 morts et 200 blessés. C’est lors des obsèques des victimes qu’Alberto Korda prit la célébrissime photo du Che.

 

Note de lecture (168)

 

L’impérialisme étasunien n’oubliera jamais sa première défaite en Amérique latine dans la Playa Girón de la Baie des Cochons. Le 3 février 1962, Kennedy instaura un blocus économique total de l’île, au mépris du droit international.

 

Ortiz qualifie Guevara – par ailleurs médecin dans le civil – d’« intellectuel communiste de haut niveau, de penseur marxiste, de “ guerillero ” de la pensée et de l’action ». Il ancre son communisme dans Marx et Lénine, mais aussi dans les actions et les écrits de José Martí. Ainsi que dans ceux de Gramsci et, naturellement, de Castro. Dans sa très belle lettre d’adieu à Fidel en 1965, il le remerciera pour ses conversations très nourries.

 

Guevara repèrera très rapidement la spécificité de la révolution cubaine, le fait qu’elle soit « sorti du moule orthodoxe courant ». Il pense ainsi que la tentative de l’URSS de “ rattraper ” les Etats-Unis ne peut être un objectif révolutionnaire, qu’il faut faire « autre chose ». Dans ses Notes critiques d’économie politiques, il remet en cause le socialisme d’État de l’URSS, l’habitude soviétique de « considérer comme des “ lois ” des évolutions historiques spécifiques ». Son Discours d’Alger du 24 février 1965 est un discours de rupture dans lequel il accuse l’URSS de complicité avec les États-Unis dans l’exploitation des peuples du Tiers-Monde. Mais Ortiz relève que Guevara était communiste avant Castro, « marqué par ses périples à travers le continent, ses contacts avec les travailleurs, l’influence de son père ».

 

Bien sûr, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. L'auteur ne cèle pas la période de l’épuration, de l’élimination des tueurs à la solde de Battista qui, en sept ans, avaient assassiné 20 000 Cubains. L’épuration guevariste (Fidel l’avait chargé de cette besogne qu’il accomplit dans les règles judiciaires) fit 500 victimes (9 000 en France après 1945). Les tribunaux révolutionnaires furent fermés le 1er décembre 1959.

 

Le Che n’est pas parti pour la Bolivie (après 40 heures de discussion avec Fidel dont on ne sait toujours rien) pour « prendre le pouvoir » mais pour créer une base pour des guérilleros avant de les introduire au Venezuela, au Pérou et en Argentine. Il écrit ensuite à son compagnon d’armes : « J’ai le sentiment d’avoir rempli cette part de mon devoir qui m’a lié à la révolution cubaine sur son territoire et je vous dis adieu à toi et aux compañeros, à votre peuple qui est déjà le mien. » Ortiz explique le fiasco de l’expédition par son « enfermement », par le fait qu’un « Blanc » ne pouvait entraîner le soutien des Quechuas, des Amayras, des populations qui avaient résisté à la colonisation et « se méfiaient de toute greffe extérieure ” occidentale ” ».

 

Comme le disait le sociologue marxiste Michæl Löwy, quand le Mur de Berlin est tombé, il n’est pas tombé sur le Che car sa figure révolutionnaire reste présente dans l’imaginaire rebelle. Son engagement, précise Jean Ortiz, fut « sincère, désintéressé, absolu ». Tous ceux qui eurent 20 ans en 1968, mais qui ont changé de trottoir, ont pris un coup de vieux. Pas Ernesto Guevara qui, bien qu’il ait été vaincu, « garde aujourd’hui tout son incandescence ».

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 05:29
Presque un haïku sur le bitume lyonnais

Á côté, une autre œuvre au pochoir s'en prenait vertement au bon maire de Lyon. Elle a été effacée au bout de deux heures.

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:46

 

Oui, je sais, j’aurais dû écrire “ toulousain-e-s ”. Mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas.

 

Dans l’Espagne de Franco des années 50-60, il était exclu qu’une femme, ou un homme, se promène en short dans les rues. De même, une femme ne pouvait visiter une église sans se couvrir la tête.

 

Pour évoquer la canicule actuelle, la ville de Toulouse a publié sur les réseaux sociaux une photo de deux jeunes filles se promenant en plein cagnard dans une ruelle du centre de Toulouse. Il s’agit d’une photo prise au débotté par un photographe professionnel, en l’occurrence Patrice Nin que je vous invite à découvrir, qui a apprécié le contraste entre le soleil écrasant et le parapluie noir. Les deux jeunes filles sont deux passantes anonymes. Leur tenue est parfaitement décente.

 

Les réactions ont fusé. Toulouse utilisait le corps des femmes pour faire sa promotion. Pourquoi avoir « choisi deux paires de fesses féminines pour mettre en avant une ville qui propose, surtout l’été, un super programme culturel ? » La ville de Toulouse n’encourage-t-elle pas « le harcèlement de rue » ? Le militant socialiste François Carbonnel y est allé de son petit couplet. Il est vrai que les Solfériniens n'ont que ces causes à défendre en ce moment !

 

Heureusement des internautes ont réagi sainement en demandant à leurs collègues de « ne pas voir la petite bête partout ».

 
Les féministes toulousains nostalgiques de l'Espagne de Franco
Les féministes toulousains nostalgiques de l'Espagne de Franco
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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 05:34

Granma raconte la guerre bactériologique qu’eut à subir Cuba dès les années 60:

 

Plusieurs maladies frappèrent le pays : la peste porcine, la pseudo-dermatose nodulaire bovine, la brucellose du bétail, le charbon et la rouille de la canne à sucre, la moisissure bleue du tabac, la rouille du caféier, la maladie de New Castle et la bronchite infectieuse des volailles, la conjonctivite hémorragique, la dysenterie et la dengue de type 2.

 

Des recherches et des études minutieuses effectuées tout au long de ces années ont prouvé que chacune de ces épidémies fut introduite délibérément sur le territoire national. La dengue hémorragique fut la plus mortelle de toutes. Très peu de familles cubaines furent épargnées par la maladie, qui toucha 344 203 personnes et provoqua 158 décès, dont 101 enfants de moins de 15 ans.

 

                   *                                                                                               *

 

Avec la miséricorde qu’on lui connaît, Théophraste R., du Grand Soir, s’est penché sur le CV de plusieurs candidats aux législatives de La République en Marche : « Le Premier ministre est mouillé avec Areva en Afrique, deux ministres sont sur la sellette pour emplois fictifs et, comme il a bien fallu trouver des candidats aux législatives pour assurer son pouvoir, Macron a pris ce qui venait.

 

Visant des candidats LREM, on entend : fraude fiscale, évasion fiscale (compte non-déclaré à Hong Kong), domiciliation de sociétés dans un paradis fiscal, viol, enrichissement personnel, tentative d’escroquerie au jugement, inéligibilité (ancienne condamnation), harcèlement moral, spéculation boursière douteuse, falsification d’un diplôme, location d’un logement insalubre, prise illégale d’intérêt, escroquerie à l’Assurance maladie, propos homophobes, misogynie, et même travail dissimulé de voyance.

 

Passons sur le floutage des métiers dans les « professions de foi » (les patrons membres du MEDEF y deviennent « Ingénieurs, cadres »…) »

 

                         *                                                                                               *

 

Plus modéré, Etienne Girard, brosse un tableau approchant dans Marianne : « Une petite troupe de professionnels de la politique s'apprête à intégrer l'Assemblée, pour y représenter Emmanuel Macron. Proches les uns des autres, ils présentent tous le même profil : ce sont des hommes, jeunes et issus du Parti socialiste.

 

Le renouvellement, oui, mais pas pour tous. Parmi la grande cohorte de nouveaux députés de La République en marche (LREM) qui investiront l'Assemblée nationale lundi prochain, tous ne seront pas dépaysés. Il y aura quelques députés sortants, mais aussi un petit groupe de permanents politiques, assistants parlementaires ou collaborateurs d'élus de carrière qui ont réussi à prendre la vague En Marche malgré le changement des profils promis par Emmanuel Macron. Leur connaissance des rouages de l'Assemblée pourrait leur permettre d'acquérir rapidement une grande influence au sein du groupe parlementaire.

 

                             *                                                                                               *

 

Adeline François revient pour RTL sur le destin tragique du grand footballer Jean-Pierre Adams : « Dans So Foot de ce mois-ci s’affiche le visage d’un footballer qui a eu deux vies, celle de footballeur pendant 35 ans, défenseur central mythique de l'équipe de France aux côtés de Marius Trésor dans les années 70. Et puis la vie d'après, qui dure depuis maintenant un peu plus de 35 ans. Il y a quelques jours, la longueur du coma végétatif dans lequel est plongé Jean-Pierre Adams depuis 1982 a dépassé l'âge qu'il avait quand est survenu l'accident d'anesthésie qui a privé son cerveau d'oxygène pendant une banale opération du genou. 35 ans que Bernadette, sa femme, veille sur lui chez eux dans leur maison près de Nîmes. L'ancien footballeur alterne phase de sommeil et phase éveillée, les yeux grands ouverts.

 

Bernadette est en colère, les visites se font de plus en plus rares. « Ça me fait trop mal », explique Charly Loubet. Marius Trésor, lui, n'y arrive plus non plus. « Les autres, explique Bernadette, sont morts. » « J'espère qu'il se réveillera un jour, dit-elle. De toute façon, il n'est pas question de le débrancher puisqu'il n'est branché à rien si ce n'est à moi ! » Elle raconte aussi au journaliste la fois où elle a mis un disque de Chuck Berry et soudainement son mari a écarquillé les yeux. « J'aurais juré que ça lui évoquait quelque chose ». Coïncidence ou non, quand Bernadette évoque cette anecdote, une larme se met à couler sur la joue de Jean-Pierre Adams.

Revue de Presse (210)
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