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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 06:47

 

Evariste, dans Res Publica, est peu optimiste après la primaire socialiste : « elle a désigné Hamon et, immédiatement, ont fleuri les carambouilles et les carabistouilles en tous genres. Oubliés son aval au Traité budgétaire de l’UE, son refus de voter la censure du gouvernement, son européisme béat, son communautarisme débridé, etc. Quant à la potion magique du revenu universel qui passe pour une mesure de gauche, oublié le fait qu’en un mois il a changé trois fois de position sur cette mesure dont il a fini par avouer qu’il ne s’agissait en réalité que de faire du RSA une allocation universelle, toujours en dessous du seuil de pauvreté, étendue aux jeunes de 18 à 25 ans et distribuée à tous les ayants droit et non seulement à ceux qui la demandent.

 

Et Hamon ne dit rien sur les conditions de financement d’un tel revenu réellement universel, qui ne pourra que se réduire à une forme d’application de la proposition d’origine de Milton Friedman, l’impôt négatif, qui visait à tuer à terme l’extension des conquis sociaux de type Sécurité sociale. »

 

 

Toujours dans Res Publica, Bernard Teper observe que « la sphère de constitution des libertés est la grande absente de la campagne présidentielle. Alors que les dépenses publiques couvrent plus de la majorité des richesses produites pour un résultat de plus en plus éloigné des besoins sociaux, il est incroyable d’avoir aussi peu de débat dans cette campagne présidentielle. Il a fallu que François Fillon prenne comme modèle le système de santé le plus cher, le plus privatisé, et le moins efficient des pays développés (celui des États-Unis) pour que la campagne parle de cela. Depuis que Penelope Fillon fait la une des journaux, le débat sur la Sécu s’est estompé. Les candidats néolibéraux ont bien sûr fait des propositions qui vont dans le sens de la privatisation des profits et de la socialisation des pertes concernant ces trois piliers de la République sociale. Benoît Hamon a obscurci sa casquette de frondeur avec une proposition de revenu universel susceptible d’accélérer le recul de la Sécurité sociale – comme la CSG de Rocard fut un cheval de Troie dans le financement de la Sécu.

 

Seul Jean-Luc Mélenchon a fait un discours sur la Sécurité sociale intégrale mais sans entrer dans le détail des retraites, de la santé et de l’assurance-maladie, de la branche famille, de celle des accidents du travail et des maladies professionnelles, ce qui aurait intéressé au plus haut point les couches populaires ouvrières et employées ainsi que les couches moyennes intermédiaires. Le même a fait des propositions sur l’enseignement professionnel mais sans entrer dans le détail nécessaire de l’enseignement général. »

 

 

De qui François Fillon est-il le prête-nom, demandent François Denord et Paul Lagneau-Ymonet dans Le Monde Diploimatique ?

 

« La droite française présente à l’élection présidentielle un candidat incarnant ses valeurs les plus traditionnelles. Pour l’emporter, M. François Fillon devra non seulement réfuter les soupçons d’emplois fictifs visant son épouse, mais aussi et surtout élargir sa base sociale. La radiographie de son équipe – ses soutiens, ses alliés, ses conseillers – révèle à quel point son assise est étroite. […] Fillon, comme Macron, marquent l’aboutissement du processus de néolibéralisation qui affecte la structure du pouvoir depuis quarante ans. Il se traduit par un moindre contrôle politique sur l’ordre économique et par un retour en force des puissances financières, commerciales et industrielles privées. »

 

 

Enfin dans Le Grand Soir, Théophraste R. (Chef du département « Épuration des forces de l’ordre et séparation du MEDEF et de l’État ») encourage François Hollande à livrer au public le visage du présumé violeur de Théo et le nom du commissariat où il est protégé par les siens : « Non pas pour une exécrable vengeance populaire, mais pour que ses émules aient peur au lieu d’être assurés d’être acquittés sans procès (ou condamnés avec sursis 2 ou 3 ans plus tard), assurés de conserver l’estime de leur famille, de leurs voisins !

 

Vas-y François, après avoir réconforté sa proie innocente, dénonce le prédateur en bande organisé. Fais-toi aussi photographier devant lui, l’œil noir, l’index levé.

 

François, si la Police et la Justice t’échappent, place-les sous le contrôle du peuple.

 

Entre dans l’Histoire autrement que par la loi El Khomri, le CICE, ta soumission à Merkel et à Gattaz, ton choix de faire d’un obscur banquier de chez Rothschild le secrétaire général adjoint de la présidence de la République, puis un ministre de l’Économie. »

 

 

Revue de Presse pour les chtis
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 06:37

Ci-dessous un communiqué d'associations de défense de la langue française au moment où la gauche américaine vient de donner une gifle à notre langue et à la francophonie, non pour gagner des parts de marché mais pour exprimer, une fois de plus, sa soumission à l'impérialisme étasunien.

 

 

 

Plutôt Paris sans les J.O. que les J.O. à Paris sans, et contre, la langue française !

 

 

 

Scandalisées par l’annonce d’un slogan en anglais pour « vendre » au C.I.O. les J.O. de Paris, les associations de défense de la langue françaises avaient protesté ensemble auprès du Comité pour les J.O. de Paris. Une rencontre était prévue début mars pour engager le dialogue. Or c’est le vendredi 3 février à 18 heures qu’un slogan en anglais a été officialisé au mépris, non seulement des associations concernées, mais de l’article II de la Constitution, de la charte des J.O. (dont la langue officielle est le français !) et de la loi du 4 août 1994 (art. 2) qui dispose que « ... la langue française est obligatoire pour toute publicité, écrite, parlée ou audiovisuelle... »

 

 

Quant à l’argument du comité Paris-J.O-2024, selon lequel il faudrait désormais parler anglais « pour se faire entendre de tous », c’est le même que celui que vient d’employer M. Macron quand, parlant dans le cadre d’une campagne électorale française, il est allé discourir en anglais à Berlin, humiliant ainsi notre langue à l’international, sans respect aussi pour la langue allemande. Si désormais chacun procède ainsi dans son champ de compétence, c’en est fait de notre langue, déjà assaillie en tous domaines (enseignes, publicité, chanson, cinéma, recherche…) au profit du tout-anglais.

 

 

Nous exigeons que les autorités de l’État, chargées de faire respecter la langue nationale, qui se trouve être aussi la langue de la Francophonie internationale et la langue officielle des J.O. depuis P. de Coubertin, rappellent à l’ordre le comité pour les J.O. à Paris. Paris sans la langue française, c’est un couteau sans manche dont on a jeté la lame !

 

 

Nous interpellons les candidats à la présidentielle. Lesquels d’entre vous briseront la forclusion du débat sur la langue qui pèse sur les médias ?

 

 

L’universalité de l’olympisme n’a que faire d’une pseudo-langue unique mondiale, ce Business Globish totalitaire qui insulte à la fois la langue de Molière et la biodiversité culturelle indispensable à l’humanité. Si les communicants de Paris-J.O-2024 sont vraiment à court de vocabulaire, qu’ils sachent que les mots « amour » et « sport », mot anglais francisé, mais dont l’étymologie est française, sont compris partout ! L’affairisme et l’argent-roi ne doivent pas prévaloir sur la dignité de Paris, de la France et de la Francophonie !

 

 

Si le slogan en anglais insultant pour Paris, la France et la Francophonie était maintenu, nous appellerions les citoyens à le contrer par tous les moyens démocratiques possibles pour que le peuple français et tous les francophones aient un destin en français.

 

 

N'ayons pas un esprit de vaincus ou de colonisés, refusons ce diktat en appliquant la devise olympique : « plus vite, plus haut, plus courageusement ».

 

 

 

Léon Landini et Georges Gastaud, présidents de CO.U.R.R.I.E.L. (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistiques, 07 61 05 99 21), Marc Favre d’Echallens, président de Droit de comprendre, Albert Salon, président d’Avenir de la Langue française, Philippe de Saint-Robert, président de l’ASSELAF, Régis Ravat, président de l’A.FR.AV, Daniel Miroux, président de l’Alliance Champlain.

 

 
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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 06:48

C’est un très bon article de Lucie Delaporte dans Mediapart qui m’a incité à rebondir sur un fait divers qui ne fait pas diversion et dont on n’est pas près d’avoir fait le tour.

 

Comme beaucoup, lorsque j’ai découvert que la femme de François Fillon se prénommait Penelope (la prononciation anglaise est magnifique à l’oreille), m’est revenue en mémoire la facétieuse complainte de Brassens, encore plus prémonitoire que l’entretien accordé à la journaliste anglaise :

 

Toi l'épouse modèle

Le grillon du foyer

Toi qui n'as point d'accrocs

Dans ta robe de mariée

Toi l'intraitable Pénélope

En suivant ton petit

Bonhomme de bonheur

Ne berces-tu jamais

En tout bien tout honneur

De jolies pensées interlopes

De jolies pensées interlopes...

 

En toute honnêteté intellectuelle, je dois confesser (filons la métaphore religieuse, cela ne fera pas de mal) que frôler le monde de Fillon est pour moi encore plus hasardeux que si je me rendais chez les Bororos. Je ne « décrypte » pas (comme on dit dans les médias neuneux) spontanément. Les familles de notaire, le centre-ouest catholique intégriste (ah, mes randonnées à vélo en Vendée le dimanche matin, personne dans les rues, tout le monde à la messe !), la droite dure, ce monde où la femme idéale (n’est-ce pas Chirac ?) est celle de « l’ancien temps, dure à la peine, qui sert les hommes à table, ne s’assied jamais avec eux et ne parle pas », tout cela m’est très étranger. Après tout, sur la désormais célèbre photo montrant les six membres de la famille Fillon au cours d’une garden party devant la désormais célèbre « maison » dont la valeur vénale est passée en une semaine de 600 000 à 750 000 euros (750 000 euros, my foot !), la seule personne debout n’est autre que Penelope.

 

Depuis que le scandale des activités monstrueusement surpayées de l’« assistante parlementaire » a éclaté, des élus de droite et des médias complaisants ont vanté, ad nauseam, la « discrétion » de Penelope, à leurs yeux le commencement et la fin des vertus cardinales du “deuxième sexe”. La pauvre Ségolène Royal, fille de militaire d’extrême droite, a embrayé : en demandant le respect pour Penelope, elle l’a ramenée à sa condition de « mère de famille respectable » ignorante des montages diaboliques de son mari aimant. Nous sommes à Sablé dans une droite aux antipodes de celle de Macron, celle des familles recomposées, urbaine, où un homme n’hésite pas, dans une démarche transgressive plutôt courageuse, il faut bien le dire, à épouser une femme un quart de siècle plus âgée que lui. En profondeur, Fillon est le candidat de certains banquiers et financiers (qui n’ont jamais autant prospéré que sous les Solfériniens) comme le montre l’article du Monde Diplomatique “De qui Fillon est-il le prête-nom ? ; en surface, le fils de notaire est le représentant de la France des manoirs et de valeurs proches de celles du pétainisme. Cela dit, on n'entre pas chez les Fillon comme dans du beurre : anglicane, Penelope Fillon dut se convertir à la religion catholique, ce qui, si l'on excepte une poignée de grands intellectuels ou créateurs au XXe siècle, reste une démarche très rare outre-Manche.

 

Je n’irai pas jusqu’à dire que, pour Penelope, Emma Bovary, c’est elle, mais on admettra sans peine qu’elle a un long et lourd passé de discrétion, et sûrement de soumission, comme tendrait à prouver cette courte séquence qui a fait le tour du monde où l’on voit François, non pas prendre la main de Penelope, mais se saisir fermement de son poignet. A-t-il fait de même lorsqu’elle lui a apprit que, onze ans après la venue au monde de leur quatrième enfant, elle en attendait un cinquième ? L’histoire le dira peut-être un jour. Quand le monde clos des Fillon, où l'une des sœurs de Penelope a épousé un des frères de François, aura fini d'exploser.

Le “mystère”  Penelope Fillon

 

Ce qui m'a frappé dans l'interview avec la journaliste anglaise – outre qu'elle dévoile rétrospectivement le pot aux roses (the skeleton in the closet) – c'est que Penelope Fillon se montre franchement décontractée avec une journaliste qu'elle ne connaît pas ou, en tout cas, pas plus que cela. Nous sommes loin de la personne timide, effacée, qui ne veut pas parler en public. Nous sommes sûrement au plus près de la jeune Anglo-Galloise de dix-huit ans qui a quitté le cocon familial pour étudier en France. Dans cet entretien, elle se livre en creux et en bosses. Au débotté, elle nous informe que, si elle a voulu reprendre des études (de littérature anglaise, of all subjects !), c’est pour montrer à ses enfants, diplômés comme il faut, qu’elle n’était pas une cloche (« that stupid »). C’est que, vraisemblablement, c’est ainsi qu’ils la percevaient. Il faut dire que, dans le monde de la ruralité fillonesque de la Sarthe, une épouse, même si elle a réussi une capacité d’avocat, est d’abord une mère. « Si je n’avais pas eu le dernier, je serais sans doute allée chercher un travail », dit-elle avec une pointe d’amertume. Par parenthèse, les soutiens de Fillon n’ont pas été intrigués que Penelope ait souhaité trouver un emploi… alors qu’elle travaillait pour son mari depuis dix ans, pour un salaire plus que confortable, mais sans adresse électronique, ce qui est singulier de nos jours. Comme elle le dit dans l’entretien, le travail était lui-même confortable : elle glissait de temps en temps des prospectus dans des boîtes au lettres, mais surtout elle s’asseyait au fond des salles où s’exprimait François car elle aimait bien écouter comment les gens réagissaient. Une tâche fort prenante, que dis-je, éreintante ! Et lorsqu’elle reconnaît ne s’être jamais occupée de sa communication, alors que lui affirme – droit dans ses bottes – le contraire, elle a un petit rire triste sur elle-même signifiant : « j’en eusse été bien incapable ».

 

Elle est mélancolique, au sens vrai du terme. En quittant l'Angleterre, elle s'est sûrement quittée elle-même. François a saisi un poignet inerte. Jean-Jacques Rousseau aurait dit que son vague à l'âme était peut-être sa volupté, sa jouissance secrète. A-t-elle, à ses yeux, manqué de reconnaissance, gâché sa vie de femme (pas d’épouse ou de mère) ? On finira par le savoir, forcément.

 

PS : un entretien d'octobre 2016 avec Penelope Fillon. Á l'évidence, elle sait penser par elle-même !

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 06:38

Sur son blog Mediapart, Cathy Cartier-Thomas, professeur des écoles, a récemment publié un long article sur la suppression d’un collège dans le quartier populaire de la Reynerie, à Toulouse, au nom de la « mixité sociale ».

 

Ci-dessous de larges extraits :

 

Dans le quartier du Mirail à Toulouse, deux collèges vont être vidés de leurs élèves puis détruits au nom d’une soi-disant mixité sociale, laissant un quartier de 16 000 habitants sans collège ! Les décisions imposées aux familles et aux professeurs sans concertation témoignent d’un mépris absolu pour ces enfants. Mais que sont-ils au regard de chacun et des institutions pour qu’on les traite ainsi ?

 

Le Conseil départemental de Haute-Garonne et l'Inspection académique sont à l’origine d’un dispositif censé lutter contre l'échec scolaire en développant une soi-disant mixité sociale. Dès la rentrée prochaine les enfants actuellement scolarisés en CM2 dans les écoles de La Reynerie ne pourront pas aller en 6ème au collège de ce quartier, le collège Raymond Badiou. Ils seront affectés sur des collèges « favorisés » du centre-ville et des banlieues résidentielles. Les élus promettent des transports scolaires gratuits mais ces collèges sont très éloignés du quartier (par exemple, le collège de Balma se trouve à l’Est de Toulouse, alors que le Mirail est au Sud-Ouest). L’objectif est de vider le collège de ses élèves et de le détruire dans 2 ans ! Le collège de Bellefontaine subirait le même sort avec un dispositif qui doit se mettre en place à la rentrée 2018. On ne sait pas actuellement ce qui est prévu sur les terrains laissés vacants. La reconstruction future du collège Badiou, reste floue. Elle n’est prévue que dans 5 ans, pour l’instant sans garantie ! Le Conseil départemental serait à la recherche d’un terrain. Le nouveau collège serait construit en périphérie du Mirail, toujours pour des raisons de mixité sociale !

 

 

 

 

Dès la rentrée prochaine 150 enfants de onze ans vont donc devoir traverser chaque jour une ville, particulièrement étendue, de 450 000 habitants, pour se rendre dans des collèges inconnus. S’est-on demandé une seule seconde ce que pouvait ressentir un enfant à qui on annonce en quelque sorte : « On va démolir ton collège. Tu iras à l’école dans un lieu que tu ne connais pas, avec des jeunes que tu n’as jamais vus. Ta meilleure copine n’ira pas au même collège que toi. Tu devras faire une heure et demie de bus chaque jour. Tu ne pourras plus rentrer déjeuner chez toi. Tu verras moins tes copains car tu ne pourras plus te rendre au club de sport à 17H. Mais tout ça, c’est pour ton bien ! ». Ces enfants ne seraient donc que des cobayes d’une expérimentation sur la mixité sociale, expérimentation réalisée dans la précipitation, imposée et sans autre contrepartie que « c’est pour votre bien » ? Malaise.

Les inquiétudes des parents et des profs sont tellement légitimes, naturelles, logiques, qu’on ne comprend pas comment des pouvoirs publics, avec l’approbation de certains syndicats enseignants et membres de la FCPE ont pu décider en leur nom et pour leur bien !

 

Alors, forcément, des parents d'élèves qui ne voient pourtant aucun problème à la mixité sociale se demandent pourquoi ce sont les enfants de la Reynerie qui doivent aller au centre-ville et pas l'inverse ! Eux seuls doivent faire les efforts ! On détruit le collège de leur quartier alors que depuis quelques années les collèges poussent comme des champignons dans toutes les banlieues riches.

 

D’autres inquiétudes se profilent. Le collège est essentiel pour la vie du quartier : c’est un lieu de vie, un lieu de rencontres, un lieu d’apprentissage, un lieu de savoirs. Il y a aussi une forme particulière de mixité sociale car les profs qui y travaillent, souvent depuis de nombreuses années, viennent des quartiers favorisés où ils vivent. En venant travailler dans ces quartiers, les profs comprennent mieux la vie de leurs élèves et c’est essentiel pour enseigner. Ils sont en lien avec les éducateurs qui travaillent dans le quartier et le connaissent. Surtout, la proximité du collège et des habitations permet aux familles, aux parents, aux grands frères et sœurs, de venir facilement rencontrer professeurs, administration, les portes leur sont toujours ouvertes et les rencontres fréquentes. La plupart des familles ne sont pas motorisées et l'éloignement des enfants empêchera forcément ce lien. C’est aussi un lieu de réussite pour des élèves, une ouverture sur l’avenir. L’été dernier, un ancien élève du Collège de la Reynerie, Sofiane Oumiha, joueur de rugby et champion de boxe a été médaillé d’argent aux J.O. de Rio. Aller au collège du quartier et pouvoir s’identifier aux anciens élèves qui font rêver c’est aussi une fenêtre sur l’espoir. La destruction d’un collège dans ces conditions ne peut envoyer qu’un message négatif d’une grande agressivité : « Ici c’est tellement mauvais qu’on va vous sortir de là ! Il va falloir faire des sacrifices, mais c’est pour votre bien ! » Il me semble qu’un tel message ne peut être que contre productif. Dire aux habitants, qui n’ont déjà pas des vies faciles, ce qui est bon pour eux avec un tel mépris, c’est prendre le risque de renforcer un sentiment de repli sur soi et de colère ! Il y a une grande violence symbolique dans la destruction d’un lieu qui représente le savoir.

 

Il paraît aberrant de créer une mixité sociale en envoyant des enfants de 8h à 17h en dehors de leur lieu de vie, pour les ramener et les laisser, les soirs, les week-end, les vacances dans leur quartier de vie ! C'est un concept étrange que de créer un mélange de divers milieux sociaux encadré par des horaires précis ! Déconnecter l’école de la vie, c’est tuer toute idée de transmission !

 

Au Mirail, on aurait pourtant pu avoir une belle occasion de mixité sociale. Il y a peu de temps, le Rectorat de Toulouse a déménagé. Un aménagement complet d'une ancienne caserne a été fait, avec certainement beaucoup d'argent, assez proche du centre-ville. L'idée d'installer ce nouveau Rectorat dans une "barre d'immeuble désaffectée" du quartier Reynerie, que l’on aurait réhabilitée, aurait été particulièrement bien accueillie dans un quartier où l’Education est prioritaire : un joli symbole. Proche de la rocade, à deux pas du métro, le très nombreux personnel du rectorat, les très nombreux passages, auraient peut-être apporté au quartier un souffle nouveau avec le développement de petits commerces, restaurants, lieux de rencontre… Mais ce choix n’a pas été fait. On peut aussi préciser que dans la commune où je travaille, durant des années, les parents se sont battus pour obtenir l’implantation d’un lycée : leurs principaux arguments étaient que « une commune de 25 000 habitants ne peut demeurer sans lycée » et que « les jeunes ne pouvaient plus supporter ces temps de transport pour se rendre au lycée de secteur », le lycée du Mirail, situé à 5 km mais difficile d’accès aux heures de pointe en raison du trafic routier.

 

Un quartier de 16 000 habitants privé de collège ! Comment a t-on pu en arriver là ? La justification officielle, c’est la lutte contre l’échec scolaire ! Mais lors de réunions d’informations les propos du Conseil Départemental laissent deviner d’autres motivations : le collège ne serait qu'une "poudrière", un ghetto ethnique et un foyer de radicalisation. On entend parler de « République en danger ». On peut aussi s’interroger sur les raisons d’une telle précipitation dans les prises de décisions. On ne peut, en songeant aux terrains laissés vacants, s’empêcher de songer aux spéculations immobilières dans une ville en constante expansion.

 

Le projet s’est construit dans la précipitation. Dans un article paru le 1er février 2017 dans Le Monde, on peut lire : « Il fallait faire quelque chose de nouveau. Ce projet, on y travaille depuis un an. Il est le fruit d'un grand dialogue citoyen, qui nous a conduits à changer souvent notre fusil d'épaule, pour aboutir à une solution relativement consensuelle. Propos de George Méric, Président PS du Conseil départemental. »Les professeurs n’ont pas vraiment le souvenir d’un grand dialogue citoyen. Au sujet du manque de concertation et de la difficulté des professeurs et des familles à se battre dans l’urgence, on peut préciser que le 19 janvier une réunion publique fut organisée par des professeurs du collège de Bellefontaine. Une occasion d'aller à la rencontre des parents d'élèves et des habitants du quartier pour les entendre et dialoguer avec eux. A l'entrée de la salle de réunion, les représentantes des élèves avaient pris l'initiative de faire remplir un questionnaire nominatif : pour ou contre la fermeture du collège ? 16 personnes ont répondu être pour la fermeture ; 18 ne savaient pas ; 134 sont contre la fermeture. On peut aussi trouver dommage que l’on n’ait pas demandé leur avis aux chercheurs de l'Université Jean Jaurès qui se trouve à quelques centaines de mètres. Ces sociologues, dans différents labos, travaillent justement sur l'intégration des diverses populations, le radicalisme et d’autres institutions font appel à eux. Leur avis aurait sans doute été précieux.

 

Alors comme si tout cela n’était déjà pas assez triste et choquant, un élément de cette histoire vient apporter une certaine confusion. Un des collèges vers lequel vont être affectés quelques enfants du Mirail est le collège Michelet. Ce collège se situe dans le centre de Toulouse. Il est un collège d’accueil pour des jeunes du Conservatoire régional de Toulouse qui suivent les cours en horaires aménagés (HA). Actuellement, une structure HA collège existe dans l'enceinte même du conservatoire de Toulouse : c’est une antenne du collège Michelet. Les quatre niveaux de collège y sont représentés. L'effectif des classes reste faible. Les élèves bénéficient de studios de répétitions, d'horaires souples pour travailler leur instrument ou pour continuer à danser. Le projet actuel prévoit de fermer cette "antenne" du collège Michelet (actuellement donc dans l'enceinte même du conservatoire) pour "rapatrier" ces élèves vers le collège Michelet situé à 20 mn à pied. Le déménagement de cette petite structure, globalement favorisée (qui possède bien plus en aménagement horaire et en dotation globale que les collèges Reynerie et Bellefontaine) provoque la colère des parents. Il est évident qu’il faut défendre, pour la musique, pour la danse, pour ces jeunes, la poursuite d’une formation exigeante et maintenir les conditions qui permettent d’atteindre l’excellence artistique. La structure HA du conservatoire a depuis longtemps fait ses preuves en ce sens. En décembre, sur France Musique, Hervé Niquet, dans sa chronique, prend contre les politiques la défense des conservatoires, qui sont, dit-il, des espaces d’espoirs. Concernant l’envoi des jeunes du conservatoire vers le collège Michelet et autres, une pétition a donc été lancée sur le site change.org. Elle a déjà recueilli près de 7000 signatures. Y sont évoqués le temps perdu par les élèves dans les transports entre le conservatoire et le collège, le problème du transport de l’instrument, la fatigue occasionnée, etc.… A la rentrée prochaine, le collège Michelet devrait donc recevoir la structure musique des HA et une vingtaine d'élèves du collège Badiou.

 

 

 

 

Enseignants en milieux favorisés, de la maternelle au lycée, nous connaissons des parents qui ont fait le choix de sortir leur enfant de l’école publique car deux ou trois élèves dans une classe, parfois un seul, posant problème, ils ne supportaient plus l’idée que leur enfant doive « supporter » dans la classe cet enfant à problème. Nous savons combien les préjugés sont tenaces quand il s’agit de faire croire que ce sont les élèves en difficulté qui tirent les autres vers le bas. Nous savons surtout comment l’esprit de compétition associé à la peur primitive de l’autre-différent alimente encore et encore les écoles privées et fabrique les débrouilles pour obtenir les lycées d’élite. Les dispositifs du Conseil départemental et de l’Inspection académique sont des fausses solutions à la difficulté scolaire car elles vont renforcer cet esprit de l’entre soi pour les plus favorisés tout en renforçant le sentiment d’abandon des plus faibles. Les écoles privées ont de beaux jours devant elles !

http://actu.cotetoulouse.fr/esperance-banlieues-ecole-hors-contrat-toulouse_56888/

 

Enfin, des parents, des profs et des élèves du Mirail luttent pour préserver leur collège. Ils se réunissent, réfléchissent, informent, manifestent avec leurs moyens modestes… Voici leur pétition.

Les enfants ne sont pas de la poussière

Pétition Collège Badiou (pdf, 71.6 kB)

Mail : assembleeparentsprofshabitants@gmail.com

 

https://www.facebook.com/profile.php?id=100014886767714

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 06:23

Sur son blog, Jacques Sapir s’interroge sur Benoît Hamon :

 

La victoire de Benoît Hamon se fait dans un contexte très détérioré. Elle va donc très probablement accélérer la décomposition du dit parti. D’ores et déjà, un certain nombre de députés P « S » et de responsables se préparent à passer avec armes et bagages du côté de Macron. Nous assistons à la phase finale de l’agonie du parti crée à Epinay en juin 1971. Cela présage de recompositions politiques importantes, voire décisives, dans les mois qui viennent.

 

Cette victoire de Benoît Hamon est celle, avant tout, d’une politique de réseaux. Réseaux que l’intéressé a cultivés avec soin depuis de nombreuses années. Il faut se souvenir que Hamon entra en politique comme un « jeune rocardien », et qu’il y fréquenta alors Manuel Valls. Mais, surtout, Benoît Hamon s’est construit un personnage politique sur le mode « de gauche, mais pas trop ». Il n’hésite pas à reprendre des thèmes comme le « revenu universel » ou à piocher dans le programme de candidats plus à gauche que lui, comme dans celui de Jean-Luc Mélenchon où il a trouvé l’idée de « constitutionnaliser » les Biens Communs.

 

 

Fakir revient sur l’action de DSK au service du grand patronat :

 

Ce petit matin de février 1993, tout le CAC 40 défile en haut des Champs-Elysées. De leurs voitures avec chauffeurs, descendent Lindsay Owen-Jones (PDG de L’Oréal), Didier Pineau-Valenciennes (Schneider), Vincent Bolloré, Jean Gandois (Péchiney), Louis Schweitzer (Renault), Jean-René Fourtou (Rhône-Poulenc), Bertrand Collomb (Lafarge), François Michelin, Francis Mer (Usinor), Guy Dejouany (Compagnie Générale des Eaux), Serge Tchuruk (Total)…

 

À l’appel de leur ministre, Dominique Strauss-Kahn , trente-cinq patrons se rendent au siège de Publicis. Et à sa demande, encore, ils acceptent de verser 200 000 F chacun pour son futur « Cercle de l’Industrie ». À partir de septembre 1993, donc, tous les deux mois, une vingtaine de PDG se retrouvent à dîner. Autour de l’ancien ministre, ils rencontrent les commissaires européens, le président de l’OMC, celui de la Commission. Grâce à ce groupe de pression, une première taxe sur le CO2 est repoussée.

 

Qu’y gagne DSK ?

 

« On lui payait une secrétaire, un chauffeur et un téléphone », se souvient Raymond Lévy, ancien président de Renault et du Cercle. Via des comptes secrets, sa collaboratrice est payée par Elf. Tandis que lui ne touche rien, en apparence : c’est son bénévolat.

 

Et c’est naturellement cet ami du patronat qui sera choisi, en 1997, comme ministre de l’Économie. Et c’est naturellement que DSK mènera une politique pro-patronale : c’est lui qui convainc Lionel Jospin de jouer à fond la carte de l’euro, lui qui privatise les services publics à tout-va, lui qui offre Airbus en cadeau à Lagardère, lui qui diminue la fiscalité sur les stock-options, lui qui réclame des « fonds de pension à la française », etc.

 

 

 

Dans son blog, Robert Chaudenson évoque ce qu’occultent la plupart des grands médias : la petite entreprise de François Fillon, 2F Conseils :

 

Cette jeune entreprise est en effet un modèle de réussite ( plus d'un million d'euros de chiffre d'affaires entre 2012 et 2015), d’autant qu'elle ne compte qu'un seul salarié... Monsieur François Fillon lui même, qui s'est versé 624 000 euros de salaire net en 3 ans et demi. Presque 18.000 euros de salaire mensuel, cette rémunération s’ajoutant à son traitement de député (5 357 euros net).

 

L’entreprise, d’après ses statuts, a pour objet social "le conseil, l’assistance, la formation, la réalisation d’études, de veille, d’audits, d’analyses ou de prestations (…)" en faveur "de toute personne physique (…), personne morale (…), tout Etat et de tout organisme international européen, national, étatique, régional, départemental, municipal ou local (…) ».

 

Tout au plus précise-t-on, dans son entourage, non sans réticences : l'essentiel de l'activité de 2F Conseil est constitué "des conférences données par François Fillon. Des conférences (dont une au Kazakhstan en 2013) auxquelles s'ajoutent "quelques analyses de conjoncture et des notes portant sur l'état des relations internationales". On nie en revanche que François Fillon ait été rémunéré pour une conférence en 2013 en Russie et une autre en Iran en 2016.

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5 février 2017 7 05 /02 /février /2017 06:26

Dans ce numéro de février 2017, Serge Halimi (« L’Amérique d’abord ! ») explique que, désormais, les masques tombent avec Trump :

 

« Dès son premier discours de président, M. Donald Trump rompt avec ses prédécesseurs. Promettant, le ton rogue et le poing serré, que le slogan « America First » (« L’Amérique d’abord ») résume la « nouvelle vision qui gouvernera le pays», il annonce que le système international créé depuis plus de soixante-dix ans par les États-Unis n’aura plus pour fonction que de les servir. Ou pour destin de dépérir. Une telle franchise perturbe la tranquillité des autres nations, notamment européennes, qui feignaient de croire à l’existence d’une « communauté atlantique » démocratique, réglée par des arrangements mutuellement avantageux. Avec M. Trump, les masques tombent. Dans un jeu qu’il a toujours jugé être à somme nulle, son pays entend « gagner comme jamais », qu’il s’agisse de parts de marché, de diplomatie, d’environnement. Malheur aux perdants du reste de la planète. »

 

 

De qui François Fillon est-il le prête-nom, demandent François Denord et Paul Lagneau-Ymonet ?

 

« La droite française présente à l’élection présidentielle un candidat incarnant ses valeurs les plus traditionnelles. Pour l’emporter, M. François Fillon devra non seulement réfuter les soupçons d’emplois fictifs visant son épouse, mais aussi et surtout élargir sa base sociale. La radiographie de son équipe — ses soutiens, ses alliés, ses conseillers — révèle à quel point son assise est étroite. »

 

Pauline Perrenot & Vladimir Slonska-Malvaud nous emmènent dans les villes rebelles espagnoles :

 

« En Espagne, la jeune formation Podemos a manqué son objectif de « prendre le ciel d’assaut » : renverser le système politique par le biais des élections générales. De Barcelone à Madrid en passant par Valence ou Saragosse, les forces progressistes critiques de l’austérité ont toutefois conquis plusieurs municipalités-clés. Mais changer de maire permet-il de changer le monde ? »

 

 

Pierre Rimbert a repéré un espion trop bavard :

 

« Certaines révélations sur les ingérences étrangères dans la vie politique d’une nation prennent la dimension d’un cataclysme mondial. D’autres restent cantonnées à la rubrique des faits divers. Nul ne doute cependant que si un régime proche-oriental dirigé par une coalition incluant l’extrême droite et possédant l’arme nucléaire intervenait en douce pour fausser le fonctionnement des partis dans un pays européen, analystes et journalistes sonneraient le tocsin. Justement, en janvier dernier, une enquête au long cours réalisée par Al-Jazira dévoilait l’activité d’un cadre politique de l’ambassade israélienne à Londres. Filmé en caméra cachée, M. Shai Masot explique comment il s’emploie à mettre sur pied au sein du Labour une branche jeunesse des « Travaillistes amis d’Israël » (LFI), association qui cherche notamment à discréditer le mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS). En toute confiance vis-à-vis du journaliste, qui se fait passer depuis des mois pour un militant pro-israélien, M. Masot charge ce dernier de diriger le groupe. Pour sensibiliser les membres du Labour à la cause sioniste, l’agent dispose d’importants financements israéliens (« plus de 1 million de livres sterling ») ; mais il déplore le peu d’enthousiasme des nouveaux adhérents. »

Razmig Keucheyan analyse ce dont nous avons (vraiment) besoin :

 

« Le génie du capitalisme d’après-guerre aura consisté à réorienter la volonté de changement vers l’insatiable désir de consommer. Ce modèle trouve à présent sa limite dans l’épuisement des ressources naturelles. Pour imaginer un mode de vie à la fois satisfaisant et durable, récuser l’empire de la marchandise ne suffit pas. Il faut d’abord réfléchir à ce dont nous avons besoin. La transition écologique suppose de faire des choix de consommation. Mais sur quelle base ? Comment distinguer les besoins légitimes, qui pourront être satisfaits dans la société future, des besoins égoïstes et déraisonnables, qu’il faudra renoncer à assouvir ? »

 

 

Un gros dossier sur le Vietnam qui se rêve en atelier de la planète (Martine Bulard) :

 

« En moins de quarante ans, la population vietnamienne a connu une amélioration de son niveau de vie. La faim a disparu, les jeunes sont branchés sur les réseaux sociaux, les familles regardent des séries sud-coréennes ou japonaises. Mais les conditions de travail demeurent très dures et l’économie devient de plus en plus dépendante de l’étranger. L’espoir du gouvernement de nouer un partenariat privilégié avec les États-Unis risque d’être déçu. »

 

 

Le Monde Diplomatique (103)

 

Pour Francis Gendreau, l’Agent orange de Monsanto est mis en accusation :

 

« Si, en mai 2016, la visite au Vietnam de M. Barack Obama, alors président des États-Unis, a marqué une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays, le problème de l’agent orange est resté en suspens. Ce défoliant massivement utilisé durant la guerre contenait une substance extrêmement toxique, la dioxine, qui a des effets encore aujourd’hui sur la santé et sur l’environnement.

 

Une plainte contre les fabricants du défoliant, soit vingt-six sociétés, dont Monsanto et Dow Chemical, a été déposée aux États-Unis par l’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange/dioxine (VAVA) début 2004. Mais elle a été rejetée en première instance en mars 2005, en appel en février 2008, et enfin par la Cour suprême en février 2009.

 

Les victimes n’ont pas renoncé pour autant. Française d’origine vietnamienne, Mme Tran To Nga a assigné en justice les sociétés américaines accusées d’avoir fourni à l’armée américaine cet herbicide devant le tribunal de grande instance d’Évry (Essonne – son département de résidence), en juillet 2014. En effet, depuis la loi de 2013, une victime de nationalité française peut saisir la justice française pour un tort commis par un tiers étranger à l’étranger. »

 

 

Au Tadjikistan, on construit un grand barrage pour une petite nation (Régis Genté) :

 

« Gageure technique et financière, la construction du plus haut barrage du monde, relancée en octobre dernier, constitue une question cruciale pour le développement du Tadjikistan. Mais, en menaçant l’économie et l’environnement du bassin de la mer d’Aral, elle suscite des tensions géopolitiques en Asie centrale. La mort du président ouzbek, son plus farouche opposant, pourrait cependant relancer la coopération pour la gestion de l’eau dans la région. »

 

 

Au Pentagone, la peur sert de carburant (Andrew Cockburn) :

 

« Agitant la menace de la Chine ou de l’Organisation de l’État islamique, M. Donald Trump a promis d’étoffer les effectifs de l’armée, de moderniser son arsenal nucléaire, d’acquérir de nouveaux navires et avions de combat. Il reprend ainsi une stratégie de la guerre froide encore utilisée par M. Barack Obama : attiser la peur de l’adversaire pour augmenter les dépenses militaires. »

 

 

Jordy Cummings démysthifie Justin Trudeau, l’envers d’une icône :

 

« Charmeur et habile communicant, le premier ministre canadien Justin Trudeau séduit dirigeants syndicaux et patrons. En prônant l’ouverture à la fois économique et culturelle, il prétend incarner le renouveau du camp progressiste et apparaît comme l’antithèse de M. Donald Trump. Pourtant, à l’instar de son homologue américain, il participe de la recomposition des clivages politiques traditionnels. »

 

 

Anne Vigna décrit l’effroyable chaos pénitentiaire au Brésil :

 

« En janvier, les affrontements entre organisations criminelles ont causé la mort de plus de cent dix détenus dans les prisons brésiliennes. La population carcérale du pays a été multipliée par sept en vingt ans. Sans conduire aux avancées promises en termes de sécurité ou de « guerre contre la drogue », cette politique a fortifié les gangs qui régissent tant la vie derrière les barreaux que le retour à la liberté. »

 

 

Georgi Lazarevski a découvert au sud de l’Amérique latine le supermarché du bout du monde :

 

« Le besoin de fuir le fracas du monde invite parfois à rêver de ses marges : des espaces éloignés, des recoins préservés, des îlots de fraîcheur encore empreints de la pureté d’antan. La pointe méridionale du continent américain exerce son attraction sur des voyageurs en quête d’ailleurs. Au milieu des grands espaces, ils y découvrent… un supermarché et ses rayonnages familiers. »

 

 

Pour Olivier Cachard, les ondes magnétiques sont une pollution invisible :

 

« Alors que la société industrielle générait des nuisances perceptibles à l’odorat ou à la vue, la pollution électromagnétique de la société de l’information est invisible et inodore. Pourtant, on ne peut négliger les effets de l’usage massif tant des moyens de télécommunication – en particulier le téléphone portable – que des infrastructures et des équipements électriques. »

 

 

Un fort dossier sur les recettes du système Bédier : le clientélisme au quotidien (avec un long entretien de celui qui défraya la rubrique judiciaire à la fin du XXe siècle (David Garcia ) :

 

« Pourfendu à chaque élection présidentielle, le monarchisme républicain français s’avère d’autant plus difficile à réformer qu’il prolifère à tous les échelons de la vie politique et sociale. La faiblesse des contre-pouvoirs et une culture de la hiérarchie entretiennent la déresponsabilisation et les dérapages. Le système en place dans le département des Yvelines en donne une bonne illustration. »

 

 

Le même David Garcia demande si l’exemplarité passe par l’inéligibilité :

 

« En ce 13 octobre 2016, les sept candidats à la primaire « de la droite et du centre » débattent à la télévision. Parmi les thèmes abordés, « l’intégrité des dirigeants politiques ». En toile de fond, la longévité incontestée de ces responsables condamnés par la justice ou mis en examen dans des procédures interminables. Cette toute-puissance réelle ou supposée peut nourrir le soupçon d’impunité et faire le lit de l’extrême droite, sur l’air du « tous pourris ». M. Bruno Le Maire déroule une proposition inscrite dans son programme : « Quand on veut être candidat à la fonction publique, il faut présenter un extrait de son casier judiciaire. Et on n’exigerait pas la même chose d’un candidat à une élection locale, à une élection nationale ? Oui, c’est une exigence de transparence ; oui, c’est une exigence d’exemplarité. Ça ne vise personne, mais ça concerne tout le monde. »

 

L’ancien ministre de l’agriculture visait tout de même un peu le favori d’alors, M. Alain Juppé, condamné pour prise illégale d’intérêt dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, en décembre 2004. Quatorze mois de prison avec sursis furent infligés à l’ex-premier ministre, assortis d’une peine complémentaire d’un an d’inéligibilité. M. Nicolas Sarkozy, quant à lui, se présentait devant les électeurs sous le coup de plusieurs mises en examen. »

 

 

Les remèdes à la crise financière ne peuvent-ils être que toxiques (Cédric Durand) ?:

 

« Si je vous avais dit, il y a huit ans, que nous sortirions d’une grande récession, vous m’auriez répondu que j’étais trop ambitieux », s’est vanté l’ancien président américain Barack Obama lors de son discours d’adieu. Mais la crise financière est-elle vraiment derrière nous ? La stratégie mise en œuvre pour sauver les banques n’a-t-elle pas, au contraire, créé les conditions de la prochaine conflagration ?

 

 

Dominique Vidal explique pourquoi, en Cisjordanie, la colonisation mène à l’annexion :

 

« En quelques jours, le premier ministre israélien a annoncé la mise en chantier de plus de trois mille nouveaux logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie – plus que durant toute l’année 2016. Cette surenchère n’empêche pas M. Benyamin Netanyahou d’être débordé sur sa droite par son concurrent Naftali Bennett, qui se prononce pour l’annexion des territoires palestiniens occupés. »

 

 

Une petite lichette de Dracula et de volupté du sang (Hubert Prolongeau ) :

 

« Quand, en 1897, l’Irlandais Bram Stoker invente avec son roman « Dracula » l’archétype du vampire, prince de toutes les ténèbres, celles de la nuit et celles des désirs inavouables, les temps sont nerveux : attentats anarchistes, prodiges techniques – débuts de l’aviation –, agitation ouvrière. Le retour actuel du vampire accompagne peut-être un trouble comparable. »

 

 

Pierre Rimbert décrit les acrobaties de Jacques Julliard :

 

« À quoi ressemble l’emploi du temps d’un intellectuel « proche de la pensée libertaire », tendance « catho-proudhonien », à la fin du XXe siècle ? Ouvrons à la date du lundi 20 mars 1995 le journal de cet oiseau rare, devenu depuis l’un des éditorialistes français les plus en vue. « Le soir, dîner chez Caroline Lang [fille de l’ancien ministre de la culture Jack Lang], qui reçoit Salman Rushdie. (…) Il y a là tout le gratin de la presse, Franz-Olivier Giesbert, Patrick Poivre d’Arvor, Christine Ockrent, quelques intellectuels, Bernard-Henri Lévy, etc. » Vendredi 31 mars : « Dîner avec Nicolas Sarkozy chez Bernard-Henri Lévy. » Et, tout à coup, cette réflexion pénétrante : « Si la gauche a perdu le contact avec le peuple, c’est que ses dirigeants se désintéressent de lui et préfèrent fréquenter les élites : patrons, intellectuels, journalistes. En France, les élites vivent entre elles ». Inconséquence ? Hypocrisie ? Grand écart ? Non : Jacques Julliard. »

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 06:38

Quand la messe trumpienne aura été dite, je suis sûr que des dizaines de linguistes de par le monde s’intéresseront à sa manière de parler, son idiolecte. Bérengère Viennot a pris les devant en expliquant, dans un article judicieusement intitulé “Lost in Trumpslationà quel point il est difficile de traduire Trump.

 

Pour elle, le discours de Donald Trump est « facile à comprendre », mais son manque de vocabulaire est tel qu’il complique considérablement la tâche du traducteur. Au printemps dernier, une étude réalisée par l’université Carnegie Mellon, largement relayée aux Etats-Unis, avait expliqué que le niveau de grammaire des discours de Donald Trump se situait juste en dessous du niveau sixième (6th grade).

 

Il apparaît que Trump ne constitue pas à lui seul une exception. Un article du Washington Post montrait récemment à quel point la qualité du vocabulaire et de la grammaire des hommes et femmes politiques étasuniens s’était détériorée depuis 150 ans. Trump est bon dernier, mais pas très loin derrière George W. Bush tandis que Hillary Clinton est nettement battue par Ronald Reagan (qui s'était peut-être forgé un vocabulaire riche à l'époque où il était acteur et syndicaliste de gauche).

Parlez-vous le Trump ?

D’où la difficulté, comme le faisait remarquer Bérengère Viennot, de traduire Trump. Parmi ceux qui vont devoir s’adapter à la nouvelle situation, remarque-t-elle, les « traducteurs de la parole politique ». Nous sommes désormais loin d’Obama avec son « débit régulier, sa diction impeccable, son éloquence, ses discours construits et logiques, son autodérision, son humour tout en finesse ».

 

Avec Trump, voisi venu le temps des déclarations chocs et des tweets assassins.

 

Trump est extrêmement facile à comprendre, écrit Viennot : « Contrairement à son prédécesseur, il n’emploie pas le second degré, ne fait jamais la moindre référence culturelle et il n’a pas encore prononcé de très long discours. En outre, il utilise un vocabulaire très simple ».

 

Lors de l’interview qu’il accorda au New York Times fin novembre 2016, son manque de vocabulaire apparut évident très vite : dès lors qu’il s’agissait de parler d’autre chose que de sa victoire, il s’accrochait désespérément aux mots contenus dans la question qui lui est posée, sans parvenir à l’étoffer avec sa propre pensée.

 

Question du journaliste : « So, I’d love to hear you talk about how you’re going to manage that group of people who actually may not be the larger group but who have an expectation for you and are angry about the country and its – along racial lines. My first question is, do you feel like you said things that energized them in particular, and how are you going to manage that ? »

 

J’aimerais beaucoup que vous me disiez comment vous comptez gérer ce groupe de gens, qui ne sont peut-être pas réellement majoritaires mais qui ont certaines attentes vis-à-vis de vous, et qui sont mécontents à cause du pays et de son approche raciale. Ma première question est la suivante: avez-vous l’impression d’avoir tenu un discours qui les a particulièrement galvanisés, et comment allez-vous gérer cela?

 

Réponse de Trump :

 

« I don’t think so, Dean. First of all, I don’t want to energize the group. I’m not looking to energize them. I don’t want to energize the group, and I disavow the group. They, again, I don’t know if it’s reporting or whatever. I don’t know where they were four years ago, and where they were for Romney and McCain and all of the other people that ran, so I just don’t know, I had nothing to compare it to.

 

But it’s not a group I want to energize, and if they are energized I want to look into it and find out why.

 

What we do want to do is we want to bring the country together, because the country is very, very divided, and that’s one thing I did see, big league. It’s very, very divided, and I’m going to work very hard to bring the country together.

 

I mean, I’m somebody that really has gotten along with people over the years. It was interesting, my wife, I went to a big event about two years ago. Just after I started thinking about politics.

 

And we’re walking in and some people were cheering and some people were booing, and she said, you know, ‘People have never booed for you.’

 

I’ve never had a person boo me, and all of a sudden people are booing me. She said, that’s never happened before. And, it’s politics. You know, all of a sudden they think I’m going to be running for office, and I’m a Republican, let’s say. So it’s something that I had never experienced before and I said, ‘Those people are booing,’ and she said, ‘Yup.’ They’d never booed before. But now they boo. You know, it was a group and another group was going the opposite.

 

No, I want to bring the country together. It’s very important to me. We’re in a very divided country. In many ways divided. »

 

Traduction de Bérengère Viennot (extraits) :

 

« Je ne crois pas, Dean. Tout d’abord, je ne veux pas galvaniser le groupe. Je ne cherche pas à les galvaniser. Je ne veux pas galvaniser le groupe, et je veux désavouer le groupe. Ils, encore une fois, je ne sais pas si c’est les journalistes ou quoi. Je ne sais pas où ils étaient il y a quatre ans, et où ils étaient pour Romney et McCain et tous les autres qui se sont présentés, donc je ne sais pas, je n’avais rien comme élément de comparaison.

 

Mais ce n’est pas un groupe que je veux galvaniser, et s’ils sont galvanisés je veux me pencher sur la question et savoir pourquoi. »

 

Ensuite, Trump explique sans transition que, depuis qu’il fait de la politique, les gens le huent et que sa femme lui a fait remarquer que ça n’était jamais arrivé avant:

 

«C’est un truc qui ne m’était jamais arrivé et j’ai dit: “ces gens huent” et elle a dit : “ouaip.” Ils n’avaient jamais hué avant. Mais maintenant ils huent. Vous savez, c’était un groupe et un autre groupe faisait le contraire, hein. »

 

La pauvreté du vocabulaire est frappante, conclut Bérengère Viennot, avec des mots et des expressions qui reviennent en boucle. Mais là réside la difficulté à traduire : «En cassant les codes du discours, en utilisant un vocabulaire limité et une syntaxe hachée et décousue, cet homme politique force le traducteur, il ME force, à réviser, à réduire et à appauvrir mon champ sémantique de travail ». Trump utilise toujours les mêmes adjectifs : « great (qui revient 45 fois dans l’entretien accordé au New York Times), tremendous, incredible, strong, tough ». Un vocabulaire hyperbolique exprimant la violence.

 

 

Á l’appui de sa démonstration, Bérengère Viennot donne l’exemple suivant : « lors d’un entretien conduit le 10 novembre par un journaliste de Fox News, Trump a déclaré : «You know, I’m, like, a smart person. I don’t have to be told the same thing in the same words every single day for the next eight years.» Ce qui signifie «Vous savez, je suis, heu, un gars malin. J’ai pas besoin qu’on me redise la même chose avec les mêmes mots tous les jours pendant huit ans, hein» (oui, huit ans, vous avez bien lu). Attardons-nous sur la traduction du groupe nominal a smart person. Si l’on ne disposait pas de contexte, on traduirait simplement par « une personne intelligente ». Si c’était Obama qui l’avait dit (Obama ne l’aurait jamais dit, sauf au second degré), ou n’importe quel autre dirigeant mondial, j’aurais peut-être choisi d’écrire « je suis quelqu’un d’intelligent », qui aurait été sans doute le plus harmonieux dans une phrase. Et je n’aurais pas rajouté « hein » à la fin. En fonction des choix de traduction de ceux qui seront chargés de transmettre la parole de Trump, il sera possible de le faire passer pour un sombre crétin, un crétin tout court, un orateur moyen ou un beau parleur. Vous ne le croyez pas? Et si j’avais plutôt écrit cela: Vous savez, mes capacités mentales sont assez conséquentes. Il sera inutile de me répéter continuellement les mêmes instructions au cours des huit prochaines années. Avouez que ça ne fait pas la même impression. Pourtant, le message est le même. »

 

Pour Bérengère Viennot le vocabulaire limité de Trump reflète une pensée étriquée : « le fait que le leader de la plus grande puissance occidentale tienne un discours politique simpliste, pauvre et sans aucune sophistication est plutôt alarmant. En termes de politique, car il sera aisément manipulable, mais aussi parce qu’il est susceptible de donner le ton à une parole politique plus générale. En gros, le risque est celui d’un nivellement par le bas du discours et de la pensée des dirigeants qui s’aligneraient sur le niveau de Trump. Car comme il aime à le répéter, après tout, il a gagné ».

 

PS : Le Guardian a donné d'autres exemples :

 

1) Trump uses a pretty small working vocabulary. This doesn’t seem to be a conscious strategy, though it works as well as if it had been. Much was made during primary season of the way in which reading-level algorithms (unreliable though they are) found his speeches pitched at fourth-grade level, ie the comprehension of an average nine-year-old.

2) His syntax, spelling and punctuation are – in conventional terms – a catastrophe. In his tweets, he is prone to run-on sentences, shouty capitalisations, unpresidented misspellings and malapropisms, quote marks used for emphasis and verbless exclamations. In speaking, he is prone to anacoluthon – sentences whose grammar collapses – and reflexive repetition.

3) The workhorses of his rhetoric are charged but empty adjectives and adverbs. Things are “great”, “wonderful”, “amazing”, “the best”, or they’re “crooked”, “fake”, “unfair”, “failing”. He sprinkles intensifiers liberally: “a very, very, very amazing man, a great, great developer”.

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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 06:40

 

Le Monde a bien rendu compte de l’entrée en matière de Trump le jour de son investiture :

 

Il n’a fait aucun effort pour éclairer un peu sa mine renfrognée. Sans doute voulait-il, à la façon des autocrates fascistes, renvoyer le visage d’un homme dur qui n’hésitera pas à se montrer brutal pour appliquer ses idées et faire respecter le nouvel ordre trumpien.

 

Le pouce levé pour saluer la foule était déjà limite. Le poing levé pour conclure le discours a, lui, volontairement dépassé les bornes. On sait à quel point les dictateurs jouent avec ce genre de symbole de brutalité pour ancrer dans l’imaginaire du peuple une image de puissance.

 

Il faut désormais être lucides : c’est bien un homme d’extrême droite qui a pris le pouvoir dans les urnes le 8 novembre dernier et qui fera tout pour le conserver. La démocratie américaine, fragilisée, ne le digèrera pas si facilement.

 

 

Dans les colonnes du Grand Soir, John Pilger l’explique : « Le problème, ce n’est pas Trump, c’est nous », sous-entendus nous qui n’avons pas suffisamment protesté contre la politique belliciste d’Obama : « Chaque mardi – comme l’a rapporté le New York Times – Obama a personnellement choisi ceux qui seraient assassinés, principalement par des missiles Hellfire tirés depuis des drones. Des mariages, des funérailles et des bergers ont été attaqués ». Lindsey Graham, sénateur républicain a estimé que les drones d’Obama ont tué 4 700 personnes.

 

Tout comme le fascisme des années 1930, de grands mensonges sont livrés avec la précision d’un métronome : grâce à un média omniprésent dont la description correspond désormais à celle du procureur de Nuremberg : « Avant chaque grande agression, à quelques exceptions près, ces médias lançaient une grande campagne de presse visant à affaiblir leurs victimes et à préparer psychologiquement le peuple allemand… Dans le système de propagande… c’était la presse quotidienne et la radio qui étaient les armes les plus importantes.

 

Sous Obama, les Etats-Unis ont étendu les opérations secrètes de « forces spéciales » à 138 pays, soit 70 % de la population mondiale. Le premier président afro-américain a lancé ce qui représentait une invasion à grande échelle de l’Afrique. Rappelant le partage de l’Afrique à la fin du XIXe siècle, le US African Command (Africom) a construit un réseau de quémandeurs parmi les régimes africains collaborateurs avides de pots-de-vin et d’armements étasuniens. La doctrine du « soldat à soldat » d’Africom embarque les officiers étasuniens à tous les niveaux de commandement, du général à l’adjudant. Il ne manque plus que les casques coloniaux.

 

En 2014, l’administration Obama a supervisé et financé un coup d’État fasciste en Ukraine contre le gouvernement démocratiquement élu, menaçant la Russie dans cette frontière occidentale par laquelle Hitler avait envahi l’Union soviétique, causant la perte de 27 millions de vies. C’est Obama qui a pointé des missiles en Europe de l’Est en direction de la Russie. Et c’est le lauréat du Prix Nobel de la Paix qui a augmenté les dépenses en ogives nucléaires à un niveau supérieur à celui de tous les gouvernements depuis la guerre froide — alors qu’il avait promis, dans un émouvant discours prononcé à Prague, d’« aider à débarrasser le monde des armes nucléaires »

 

 

 

L’Humanité dénonce un aspect de la politique prétendument sociale de Valérie Pécresse : « Ils n’ont pas honte ! Après avoir sucré plus de 7 millions aux associations, la présidente de la région IDF leur octroie… 100 000 euros pour cause de grand froid.

 

Retirer discrètement 7,2 millions d’euros d’un côté, puis en redonner 100 000 de l’autre à grand coup de communiqué ronflant, voilà sans doute ce que Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, veut dire quand elle affirme vouloir piloter la collectivité « la plus économe de France », selon l’expression utilisée, il y a dix jours, lors de la présentation à la presse de son budget 2017 (lire notre édition du 10 janvier). Problème : les victimes de ces tours de passe-passe, en réalité des coupes claires et brutales, ne sont autres que les associations franciliennes œuvrant pour les personnes les plus démunies et les sans-abri… »

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 06:34

François Rosenblatt se présente sur son blog comme « Coach de Managers ». Faute de goût car il semble tout de même assez bien connaître le français, mais il rachète sa faute en proposant une liste des 50 expressions pro les plus exaspérantes du moment. Malheureusement, re-faute de goût, il appelle cela «le Top 50 des expressions… ». Il commet deux erreurs en français : « Top » (la majuscule est inutile) n’est pas un mot français mais, surtout, il est superfétatoire. François Rosenblat n’allait évidemment pas nous proposer les 50 expressions les moins exaspérantes. Comme des millions de gens désormais, il se calque sur l’anglais qui dit « the second best performance » alors qu’en français la « deuxième performance» suffit puis qu’on ne va pas chercher la deuxième plus mauvaise.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir et profitons du travail de quelqu’un qui a encore la force d’être choqué.

 

 

Le monde professionnel a bien des spécificités, dont celui d'être un formidable outil de création d'expressions ridicules qui ont la particularité de se répandre comme une trainée de poudre, et de se reproduire comme des Aliens.

 

La vie pro est telle qu'elle réussit néanmoins à nous imposer l'utilisation de ce sabir grotesque, que nous finissons par parler couramment, et avec le plus grand naturel, nous rendant à notre tour passablement risible.

 

Force est de constater que si vous n'entrez pas dans le moule en baragouinant vous aussi la prolangue « qui va bien » (hérissement de poils momentané), vous serez certainement moins prise au sérieux que votre concurrent à l'embauche.

 

Voici notre palmarès des expressions pro les plus énervantes du moment, leurs définitions et leur utilisation.

 

« Qui va bien » = dans « Mets-moi le p’tit graphique qui va bien dans la prez’ ». Employé très abusivement dans le milieu de la com’. Expression à vomir.

 

« Juste » = comme dans « C’est JUSTE exaspérant ! »

 

Être à l’aise / en phase / confortable avec… = associer des mots de cocooning au jargon pro, pour plus de douceur dans ce monde de brutes ?

 

Deadline = jour après lequel si t’as pas fini ton taf t’es mort.

 

Ça fait du sens = abominable utilisation de la langue française qui semble signifier que ça a du sens, voire que ça en fabrique. Littéralement traduit de l’anglais « to make sense ».

 

Asap = as soon as possible = expression complètement has-been qui s’enracine malgré tout = « J’attends ton retour asap ».

 

Charrette = comme asap, « charrette » est vieux comme le monde et veut dire « être en retard » comme dans « Je suis charrette sur ma prez’ ». Expression d’architecte à l’origine.

 

 

Sous l’eau = charrette = tellement submergée de trucs à faire qu’on se noie. Souvent utilisé comme excuse aux copines pour ne pas avoir répondu à un mail : « Sorry je te réponds tard mais je suis sous l’eau ».

 

Le pipe (prononcé « païpe ») = « avoir des projets dans le pipe » = dans les tuyaux.

 

La To-do = « C’est sur ta To-Do ? » = To-do liste = liste où tu notes indéfiniment les mêmes trucs que tu dois faire depuis des semaines.

 

Au jour d’aujourd’hui = atrocité du langage courant actuel. Qu’on retrouve l’auteur initial et qu’on l’embroche ! [Cette expression est un affreux barbarisme. “Aujourd’hui” est composé d’“au jour”, renforcé par “ hui” (abréviation de “hoc die”) qui signifie “en ce jour”. “Demain de demain demain” ?]

 

Next step = « quelles sont les prochaines étapes du projet ? » = assez désagréable, utilisé sans introduction ni rien. Juste : « Alors, next step ?! »

 

Prendre le lead = se positionner en chef sur un projet = « Je vais prendre le lead si ça t’ennuie pas ».

 

Faire un retour = « Tu me fais un retour là-dessus ? » = utilisation totalement incorrecte !

 

LMK (Let Me Know) = à la fin d’un mail ou sur une note = Fais-moi savoir ce qu’il en est / ce que tu en penses. Très snob. (à associer à TBD = to be done, to be determined).

 

Á date = « on fait un point à date ».

 

Merci de… = tournure à la mode qui fait soit disant gagner du temps aux utilisateurs de smartphones mais reste excessivement autoritaire.

 

Drafter = faire un brouillon. Bref, ébaucher, faire un truc vite fait pas très bien fait.

 

Pres’ = présentation = « Tu m’envoie ta prez’ asap stp ?

 

Brainstormer = réfléchir ensemble parce qu’à plusieurs y’a plein d’idées qui fusent et d’où vont jaillir des concepts innovants = se branler la nouille.

 

Revenir vers = « Tu reviens vers moi avec une proposition ? » = c’est à toi de me contacter, et ne reviens pas seulement VERS moi mais JUSQU’A moi. (« Sisi, je suis revenue vers toi mais je me suis arrêtée en chemin… »).

 

Mutualiser = regrouper les savoirs-faire pour dépenser moins = expression de rapiat.

 

Googliser = chercher sur Google = « Tu l’as googlisée la nouvelle stagios ? »

 

Best practices = bons usages comme dans « Merci de partager vos best practices ».

 

Faire atterrir une proposition = la terminer (Baaaaaaam !).

 

Updater = mettre à jour = « J’ai pas été updaté sur le dernier projet ».

 

Full = full time, full acess, full tout et n’importe quoi pour rendre sa phrase chic et riche.

 

Feed-back = retour = « J’attends ton feed-back asap ». Utilisée également pour dire « impression» dans « J’ai pas eu ton feed-back sur la nouvelle stagios ».

 

FYI = For Your Information = Jette un coup d’œil à ce doc mais de toute façon ça ne te concerne pas vraiment.

 

Dans mon scope = de mon ressort.

 

Deal-breaker = « J’espère que notre devis que constituera pas un deal-breaker » = rupture d’accord mais évoquer un « deal-breaker » est moins angoissant pour les deux parties, ceux qui essayent de conclure le deal.

 

Brief = topo = instructions. Peut également désigner une réunion de début de projet. « On se voit au brief ? »

 

REX = retour d’expérience.

 

Donner son go = dire qu’on a bien tout vérifié et que quand on a dit GO si y’a un problème malgré tout on est mort.

 

Clivant = diviseur.

 

Shooter = « shooter un mail » = l’envoyer mais à plein de gens comme avec une mitraillette.

 

Conf call = conference call = conversation téléphonique à plusieurs. Une horreur où seules deux personnes parlent pendant que les autres se font les ongles ou dessinent des arabesques sur leur cahier.

 

A minima = le « au minimum » 2012, manifestement jugé has been après des siècles de bons et loyaux services.

 

Être force de proposition = prendre des initiatives, être créatif.

 

Out of the box = dans « Laissez fuser vos idées, mêmes les plus out of the box ». Utilisé dans les réunions de brainstorming pour parler d’une pensée non conventionnelle, différente, originale.

 

Compiler = « On compile nos notes ? » = ajouter les unes aux autres pour en faire une synthèse.

 

Collecter = récupérer.

 

BTW = By the Way = très snob, comme unique phrase dans un transfert de mail. A rapprocher de FYI.

 

Confusant = « est-ce que ce wording ne risque pas d’être confusant ? » = qui embrouille au lieu d’expliquer.

 

Itération = allers-retours (dans des mails).

 

From scratch = version anglaise de notre « ex nihilo » lucrécien = démarrer un projet à partir du grand néant.

 

Provoquer une réunion = la monter.

 

Cascading = transmission comme dans « Les managers doivent cascader la vision et la stratégie de l'entreprise et partager leurs best practises ».

 

Monter une réunion = l’organiser = envoyer un mail aux personnes présentes pour leur demander si elles sont dispos. Bref, une tâche compliquée !

 

Rencontrer un impondérable (« Je n’ai pas pu venir ce matin j’ai rencontré un impondérable »)… Euh… du genre « Hello, ravi de vous rencontrer je suis un impondérable » ??

 

 

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 06:32

A la veille de l'élection présidentielle, 30 personnalités de tous horizons lancent un appel pour la défense de la francophonie et de la diversité linguistique.

C'est l'heure du choix pour les candidats et pour les électeurs français : face à MM. Macron et Gattaz, chevaux de Troie du tout anglais en France et en Europe, REPRENONS LA LANGUE !

 

Prenant la parole à Berlin dans le cadre de sa candidature à la présidence de la République… française, Emmanuel Macron a prononcé son discours en anglais « pour être compris de tous » (sic).

 

Le 11 janvier, s’exprimant sur France-Info dans l’émission de J.-M. Aphatie, le chef de file du MEDEF, Pierre Gattaz, a salué ce reniement macronien de la langue française en expliquant laborieusement que l’avenir de la Francophonie passe par l’anglais (Aphatie a relevé l’ « oxymore »), « langue universelle des affaires » : une assertion à la fois fausse et hors-sujet, sauf à réduire l’activité à venir d’un futur chef de l’Etat à une forme d’affairisme international. Le patron des patrons a même précisé que les jeunes Français devaient apprendre à « lire, écrire, compter  » en anglais, même s’il a ajouté, pour adoucir l’énormité de son propos, que bien sûr ils devaient aussi maîtriser le français (on respire !).

 

Dans cette même émission, M. Gattaz a aussi expliqué que pour « gagner », la France devait accepter les délocalisations industrielles, limiter les droits sociaux et les garanties du code du travail qui freinent, selon lui, les entreprises. La question est de savoir si cette prétendue « France qui gagne » à l’international serait autre chose, une fois privée de sa langue et de ses acquis sociaux, qu’un « couteau sans manche dont on a perdu la lame »… Bref, une « France » dénaturée dont ne bénéficierait qu’une minorité de privilégiés.

 

De plus en plus il apparaît qu’une part croissante de nos « élites » (?) économiques et politiques est déterminée à liquider notre langue au niveau international comme au niveau national, quitte à violer grossièrement l’article II de la Constitution, lequel dispose que « la langue de la République est le français ». Déjà l’ex-président du MEDEF et du syndicat patronal européen Ernest-Antoine Seillière avait déclaré en 2004 qu’il n’officierait plus, en tant que patron de Businesseurope, qu’ « en anglais, la langue de l’entreprise et des affaires ». Déjà Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, affirmait lui aussi cyniquement que « l’avenir de la Francophonie passe par l’anglais » (sic). Déjà, Geneviève Fioraso, ministre de François Hollande, a fait de l’anglais une langue universitaire en France au mépris de la loi Toubon qui institue notre langue en « langue de l’enseignement ». Déjà de grandes entreprises comme Renault ou PSA basculent toute leur documentation interne à l’anglais en France même, sans parler de la grande distribution qui privilégie l’anglais (Carrefour City, Simply Market, etc.), des « services publics » et des ex-services publics (SNCF, EDF, Orange…) qui affichent trop souvent leur publicité et leurs enseignes en frenglish ou en mauvais anglais ; ni de la « France » qui chante en anglais à l’Eurovision, des films tournés en anglais en France sur subvention de l’Etat, des émissions intitulées en anglais sur des chaînes publiques, etc.

 

 

 

 

Manifestement, l’aile marchante de l’oligarchie politico-financière « française » a décidé, à l’occasion des présidentielles, de franchir un seuil décisif dans l’assassinat programmé de la langue nationale, qui est aussi, rappelons-le, la langue officielle de dizaines de pays dans le monde : après la loi du silence qui, depuis des années, interdit de fait aux grands médias de mettre en débat le basculement linguistique insidieusement en cours en France, voici que certains milieux – dont MM. Macron et Gattaz sont l’avant-garde – passent à l’arrachage officiel, quitte à tenir à mi-voix à l’égard du français d’hypocrites propos élogieux en forme de soins palliatifs…

 

Nous refusons et refuserons avec acharnement cet attentat cynique contre le peuple français et les autres peuples de la Francophonie. C’est le moment ou jamais pour les amis du français et de la Francophonie d’interpeller vigoureusement les candidats aux prochaines élections, présidentielle et législatives :

  • oui ou non, condamnez-vous l’attitude anti-francophone caractérisée de M. Macron et de ses « hampers » (ainsi se nomment ses partisans) ?
  • oui ou non, ferez-vous enfin respecter et renforcerez-vous la loi Toubon, y compris en sanctionnant les « collabos de la pub et du fric » (dixit Michel Serres) qui ne recourent au français dans leur « com » que pour mieux le polluer et introduire le « Globish Business»?

 

La résistance et le civisme linguistique sont décisifs pour sauver notre langue, premier service public de France et socle du lien social, pour imposer le respect dû à tous les Francophones de France et d’ailleurs, pour sauvegarder l’égalité entre les citoyens français dont l’écrasante majorité n’est pas « English Mother Tongue » (1). Cette résistance est également vitale pour préserver la diversité des langues qui n’importe pas moins à la culture mondiale que la diversité des espèces n’importe aux défenseurs de la nature.

 

Au demeurant, Macron n’a pas seulement piétiné le français en parlant anglais à Berlin, il a aussi humilié les germanophones, qui ne sont pas tous censés parler la langue du « business » macronien ! Il est vrai qu’en Allemagne aussi la trahison linguistique fait rage à l’initiative du haut patronat : la société Volkswagen ne vient-elle pas de passer toute sa communication d’entreprise à l’anglais au mépris des ouvriers et des consommateurs allemands ? Assez de ce totalitarisme linguistique, d’autant plus odieux et ridicule que l’Angleterre est en passe de quitter l’U.E., si bien que légalement, l’anglais ne peut plus être la langue officieuse, et encore moins, la langue officielle, des institutions européennes !

 

Macron se donne des airs de « transgresseur » et de « moderniste » en humiliant sa langue maternelle à l’international. Or il n’y a rien de moins moderne que cet assassinat de la diversité culturelle, rien de plus conformiste que cette allégeance au tout-anglais et à ce qu’il signifie de soumission à l’Empire néolibéral anglo-saxon…

 

Résistance ou collaboration linguistique, l’heure du choix est venue pour tous les citoyens épris de dignité. Ensemble, sauvons notre langue, et avec elle, la diversité linguistique mondiale, de l’oppression du tout-anglais porté par le monde de la finance.

 


(1) = « langue maternelle anglais » : nombre d’offres d’emploi de postes de hauts cadres réservées aux anglophones, ce qui revient à introduire indirectement une préférence nationale à l’envers qui n’est pas moins douteuse que son inverse.

 

Signataires (11.01.2017)

  • Georges Gastaud, philosophe, président exécutif de l’Association CO.U.R.R.I.E.L. (COllectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistiques)
  • Stéphane Sirot, historien du syndicalisme
  • Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Paris-VII
  • Bernard Guillaumin, trésorier national de l’Association CO.U.R.R.I.E.L.
  • Philippe Loubière, docteur ès lettres
  • Matthieu Varnier, secrétaire général de l’Association CO.U.R.R.I.E.L., roboticien
  • Philippe de Saint-Robert, ancien Commissaire général à la langue française, président de l’Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF)
  • Guy Chausson, Association Lotoise des Amis de la langue française
  • Francis Combes, poète
  • Albert Salon, docteur d’Etat ès lettres, ancien ambassadeur, président d’association pour le français et la Francophonie
  • Pierre Pranchère, ancien Franc Tireur et Partisan de France, ancien député de Corrèze
  • Aurélien Djament, mathématicien, CNRS
  • Rose-Marie Serrano, traductrice d’espagnol
  • Patricia Latour, journaliste
  • Daniel Miroux, président de l’Alliance Champlain
  • Benoît Foucambert, syndicaliste (81)
  • Christophe Pouzat, neurobiologiste
  • Christian Darlot, chercheur CNRS
  • André Tosel, professeur émérite de philosophie, Université de Nice
  • Marcel Girardin, administrateur de Défense de la langue française en Pays de Savoie
  • Anna Persichini, secrétaire, militante syndicale CGT (06)
  • Jean-Luc Pujo, président des Clubs Penser la France
  • Denis Foucambert, professeur de psycholinguistique, Université du Québec (Montréal)
  • Alain Fleury, auteur, comédien, metteur en scène (76)
  • Aymeric Monville, éditeur
  • Daniel Dubois, syndicaliste, libre-penseur, élu (Adjoint au Maire, 59).
  • Giovanni Di Mino, professeur de langue vivante (13)
  • Christian Champiré, maire de Grenay (62)
  • Romain Vignest, président de l’Association des professeurs de Lettres
  • Laurent Lafforgue, mathématicien, professeur à l’IHES
  • Anna-Maria Campogrande, pour Athena, Association pour la défense et la promotion des langues officielles de la Communauté Européenne, Italie.
  • Barbara Flamand, poétesse (Belgique)
  • "canempechepasnicolas"

 

 

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