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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 05:01
 

Pour moi, la publicité est l'une des sources majeures de l'aliénation du genre humain.

La publicité, c'est le mensonge, le rêve éveillé. La publicité n'aide pas à vendre des produits, elle aide à vendre, de manière intransitive.

Je ne sais ce que la publicité ci-dessous vantait. De l'alcool, des cigarettes ? En “ flashant ” le QR code, je suis tombé sur une page expliquant qu'il fallait être vigilant. Un exemple était donné de ces pubs qui promeuvent, en Hollande, les voitures à moteur thermique. Tiens donc ! Comme si les moteurs électriques étaient la bonté, la beauté et la propreté. Bref, un mensonge contre un autre mensonge.

 

Stop Pub !
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23 juin 2022 4 23 /06 /juin /2022 05:43

L'écrivaine Sylvie Germain répond aux lycéens qui la harcèlent (Le Figaro Etudiant).

 

ENTRETIEN - Un texte de Sylvie Germain, tiré de son ouvrage Jours de colère (Gallimard), a été proposé aux candidats du bac de français 2022. Sur les réseaux sociaux, les élèves se sont déchaînés sur l’extrait qu’ils ont jugé trop difficile à analyser et ont insulté l’auteur.

 

LE FIGARO. - Qu’avez-vous ressenti en apprenant que votre texte avait été choisi au bac de français? 

Sylvie GERMAIN. - Je n’avais pas été prévenue, pour préserver la confidentialité de l’épreuve. Lorsqu’on accepte d’être publié et que notre texte devient public, on doit s’attendre à des surprises, bonnes ou mauvaises. J’ai été étonnée, et touchée par le choix d’un de mes livres, et aussi légèrement perplexe devant cet extrait peut-être peu évident hors contexte. Et puis, dès le lendemain, la polémique est arrivée, des lycéens mécontents ont déversé leur colère.

Comprenez-vous ce déferlement de haine sur les réseaux sociaux?

Je ne suis qu’un prétexte, je ne me sens pas concernée personnellement. Je suis plutôt inquiète du symptôme que cela révèle. C’est grave que des élèves qui arrivent vers la fin de leur scolarité puissent montrer autant d’immaturité, et de haine de la langue, de l’effort de réflexion autant que d’imagination, et également si peu de curiosité, d’ouverture d’esprit. Le passage à analyser n’était pas délirant, le vocabulaire était accessible, mais certains se contentent d’un vocabulaire si réduit, riche seulement en insultes et en invectives, que tout écrit un peu élaboré leur est un défi, un outrage.

Les plus «vénères» se sont donc défoulés (propos grossiers, goguenards, agrémentés parfois d’intimidations..., et montages photos et vidéos visant à me ridiculiser). Je n’éprouve même pas de colère, seulement de la désolation devant tant d’aveuglement et d’absence de remise en cause (s’ils ratent leur épreuve de français ce sera à cause de mon texte «de m... qui va niqué leur bac» (sic), pas du tout à cause de leur manque de travail et de réflexion), devant aussi leur rejet hargneux de la culture qui leur est dispensée au lycée. Ils veulent des diplômes sans aucun effort, se clament victimes pour un oui pour un non et désignent comme persécuteurs ceux-là mêmes qu’ils injurient et menacent. Quels adultes vont-ils devenir?... J’espère que cette flambée de rage, où comme toujours le mimétisme et le goût de la surenchère électrisent la meute, va retomber aussi vite qu’elle a éclaté. Tout cela est aussi absurde qu’affligeant.

Quels conseils auriez-vous pu donner aux élèves pour analyser votre texte?

Je n’ai pas de conseils à donner pour étudier ce texte, je n’écris pas pour proposer des analyses, juste des histoires susceptibles de faire rêver, imaginer, penser. Je ne peux que souhaiter aux élèves d’apprendre à lire, à s’efforcer de penser par eux-mêmes, et à aimer les mots, et aussi à en peser le poids, la justesse et les possibles conséquences quand ils les utilisent.

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20 juin 2022 1 20 /06 /juin /2022 05:01

Cette revue de presse a été conçue le samedi 18 juin, donc avant les résultats du second tour des législatives. J’ai voulu reprendre certains arguments chocs de la Macronie contre la gauche de gauche, c’est-à-dire la NUPES.

 

Á commencer par le banquier éborgneur et emmerdeur qui, sur un tarmac, devant un avion dont les moteurs ont tourné à vide une heure durant, a exhorté les Français à penser à « l’intérêt supérieur de la nation » et de voter pour une majorité qui assurerait « l’ordre à l’extérieur comme à l’intérieur de nos frontières ». « Rien ne serait pire », expliqua-t-il, que « d’ajouter un désordre français au désordre mondial ». Il demanda de « défendre nos institutions face à tous ceux qui les contestent et les fragilisent ».

 

Faisant encore moins dans la dentelle, Amélie de Montchalin, vaillante lancière de la Macronie, affirma que » ce que cherche Jean-Luc Mélenchon, ça n’est pas le pouvoir mais l’anarchie. Nous pouvons dimanche prochain faire un barrage très clair, au fond, presque un référendum pour l’Europe et contre la désobéissance, un référendum pour l’ordre contre le désordre dans la rue, contre la Nupes. Contre ces candidats, qui se sont alliés dans un accord électoral qui n’est pas un accord de fond et qui promet aux Français le désordre et la soumission."

 

 

Willy Schraen, le président des chasseurs de France, y alla d'une sortie fracassante. Invité sur le plateau des Grandes Gueules (RMC), il émit un lien de causalité entre la vague de chaleur actuelle et les élections législatives.

“ Il faut reconnaître qu’il va faire chaud pendant trois jours. Bizarre, on est entre le premier et le deuxième tour... ”. On nous explique du matin jusqu'au soir depuis deux jours 'Attention l'écologie machin...' Bon, dites-le carrément au niveau de la météo : votez la Nupes ! On va gagner du temps, on a bien compris...”.

 

Christophe Castaner a pour sa part noté que « Mélenchon nous propose – d’après l’Institut Montaigne - un déficit annuel de 219 milliards, c’est comme si une famille avec un revenu de 2 000 euros par mois en dépensait 3 800… ».

 

Le CRIF, par la bouche de son président Francis Kalifat, n’y est pas allé de main morte : « nous considérons que La France Insoumise représente un danger, en raison de l'antisionisme que l'on peut entendre dans certains discours du parti. Il y a un passif extrêmement important sur la position antisioniste de La France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon. Les candidats qui ont fait le choix de l'extrême gauche avec la NUPES, ou de l'extrême droite avec le RN représentent un danger pour la stabilité de nos institutions".

 

Élisabeth Borne a également revendiqué une certaine “radicalité”, qu’elle oppose à ses deux adversaires principaux du RN et de la Nupes. “Ces deux blocs extrêmes font assaut de mots forts pour masquer des idées courtes”, a-t-elle dénoncé, selon France Inter. “Ils ont la radicalité des slogans et des postures, quand nous incarnons la radicalité des actes et des résultats”, a déclaré la Première ministre. 

 

Quant au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, il n’a pas hésité à taxer Jean-Luc Mélenchon, de « Chavez gaulois »« autoritaire », à la tête d’un parti de la « soumission à une idéologie collectiviste ». « Son programme conduirait tout droit notre pays à la faillite. Une fois ruinés, nous n’aurions pas d’autre choix que de nous soumettre aux organisations financières internationales et à un plan d’austérité brutal ».

Revue de Presse 411
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16 juin 2022 4 16 /06 /juin /2022 05:01

Une analyse de Nicolas Framont publié par le site Frustration

 

Grâce aux réseaux sociaux, l’orientation idéologique des sujets du bac de spécialité Sciences Économiques et Sociales de cette année n’est pas passée inaperçue. Que cela soit dans les questions de cours comme dans l’étude de documents, les élèves ont été amenés à travailler dans le cadre étroit de la pensée dominante. « A l’aide d’un exemple, vous montrerez que l’innovation peut aider à reculer les limites écologiques de la croissance », pouvait-on ainsi lire : le cadre à respecter, c’est donc la sainte croissance, celle des richesses produites sous le capitalisme. C’est dans ces bornes étroites que la question écologique doit donc être pensée par les élèves. Après avoir donc dû affirmer que capitalisme et écologie étaient parfaitement compatibles, grâce à l’innovation (le MEDEF applaudit l’élève de Terminale), il a fallu ensuite suivre la consigne suivante : « À l’aide d’un exemple, vous montrerez que l’action des pouvoirs publics en faveur de la justice sociale peut produire des effets pervers ». Pascal Praud et l’ensemble des éditocrates peuvent se réjouir : l’élève doit montrer que les aides découragent le travail, l’effort et le mérite, et qu’elles pèsent sur les finances publiques ! (car on ne voit vraiment pas ce qu’il est possible de répondre d’autre).

 

Ces deux énoncés ont suscité de nombreuses réactions, à juste titre. Mais l’étude de document présente elle aussi un intérêt pour comprendre la façon dont on éduque notre jeunesse à penser dans les limites de la pensée dominante : il s’agit d’un texte de Danilo Martuccelli, sociologue universitaire contemporain qui explique que si l’on mettait des gens autour d’une table et qu’on leur demandait qui ils sont, ils répondraient par une série de choses complexes, pas seulement leur métier ou leur classe sociale, et cela tend à prouver que « hier, l’individu était cerné par une position sociale (…) associée d’une manière ou d’une autre à une perspective de classe, ou tout du moins à une strate sociale ». Cette nouvelle façon de se définir impliquerait l’extension du « goût pour les logiques affinitaires [logiques basées sur des intérêts communs, des raisons amicales, professionnelles… nous explique-t-on en note] au détriment des logiques sociales entre groupes ».

 

Ce petit extrait est de bien piètre qualité car il ne démontre rien, il ne comporte aucune donnée prouvant son propos, il se contente d’affirmer. Plus inquiétant pour un sociologue, il oppose un passé indéfini (“hier”) au présent, comme si dans ce passé, chacun affirmait son appartenance de classe en levant le poing, sur fond d’usine et de mines de charbon… Pourtant, les élèves doivent s’en servir pour « montrer que l’approche en termes de classes sociales, pour rendre compte de la société française, peut être remise en cause ».

 

 

Cette consigne est assez comique puisque l’approche en termes de classes sociales, dans l’Éducation nationale comme dans la sociologie française en général, n’a pas bonne presse. Qu’on demande aux élèves d’en remettre une couche en dit long.

 

Le livre dont ce petit texte est tiré a été publié en 2010. Il s’appelle La société singulariste, et s’inscrit dans la parfaite lignée de tous ces bouquins de sociologie qui ont pour point commun de dire que les classes sociales c’est dépassé, qu’il n’y a plus de luttes collectives, qu’à la place nous avons des individus « singuliers », des « tribus » (comme dit Michel Maffesoli, sociologue à nœud papillon), que l’individualisme aurait pris le dessus sur la lutte des classes et que c’est ainsi. Les classes sociales c’était vrai dans Titanic et Germinal, mais maintenant c’est ter-mi-né.

 

 

Le tout repose, comme dans ce petit texte, sur des démonstrations complètement douteuses ou factuellement erronées. Dans les cours de SES (Sciences Économiques et Sociales) auxquels j’ai assisté comme lycéen puis étudiant à la fac, on m’a ainsi asséné que “la classe ouvrière” avait “disparu”. Je revois encore ces manuels illustrés d’usines en grève dans les années 80, fermées les unes après les autres, entraînant leurs ouvriers dans le tourbillon de l’incontournable « mondialisation » (plutôt que victime de choix politiques néolibéraux et de dirigeants voleurs comme Bernard Tapie). C’est triste mais c’est ainsi : au revoir les ouvriers, place à la « grande classe moyenne ». Et qu’importe si les ouvriers représentent encore un quart de la population ! La sociologie de manuel scolaire a dit qu’ils avaient disparu, donc on ne parlera plus d’eux.

 

Nathalie, professeure de SES en Île-de-France, que j’ai questionnée pour l’occasion, a apporté un peu de nuance : il y a bien un chapitre du programme consacré aux classes sociales, qui n’est pas si mal fait. La notion y est soumise à débat, mais ce qu’elle constate, c’est que les démonstrations qui vont à l’encontre de la lutte des classes sont un peu fragiles, manquent de consistance.

 

Par exemple, l’argument toujours avancé en cours pour nier les classes sociales, c’est la “moyennisation”. En gros, l’idée qu’une grande classe moyenne aurait supplanté les classes antagonistes d’antan. Pourquoi ? Parce que « la toupie de Mendras » enfin ! Grand classique des copies des étudiants de fac lorsque j’étais chargé de cours, la « toupie de Mendras » est le nom d’une métaphore utilisée par le sociologue du même nom dans un ouvrage publié en 1988 (La seconde Révolution française. 1965-1984, Gallimard). Au milieu, une grande classe moyenne, au-dessus quelques riches, en dessous quelques pauvres : c’est la « moyennisation », l’idée que les conditions sociales vont s’homogénéiser et une douce égalité de mode de vie s’instaurer. Mendras professait cette idée à la fin des néolibérales années 80, un pari risqué donc… qui s’est avéré entièrement erroné puisque les inégalités de revenus et de conditions de vie se sont remises à augmenter dans les années 2000. Pourquoi continuer à enseigner Mendras ?

 

 

Nathalie confirme : « J’ai l’impression qu’il y a des gens comme ça qui sont utiles car ils permettent d’être un contrepoids à la sociologie critique [celle qui parle de classes sociales, à l’image des travaux du sociologue Pierre Bourdieu, ndlr]. Et ce alors même que c’est très faiblard. Mendras dit par exemple que la pratique généralisée du barbecue montrerait qu’il y a bien une moyennisation. Pourtant, même si on se fait toujours griller de la barbaque et que l’on regarde les mêmes émissions – ce qui n’est pas du tout démontré – ce n’est pas un argument suffisant : l’importance, dans la division en classes sociales, ce n’est pas la consommation, c’est le rapport de production ! »

 

 

La conséquence de tout cela (“la fin de la classe ouvrière”, “la moyennisation”…) ce serait donc la fin de notre sentiment d’appartenance de classe, nous dit l’extrait à partir duquel les lycéens ont dû montrer que la notion de classe sociale pouvait être remise en cause. On serait déterminé par autre chose que cela, on ne sait pas trop quoi au juste – des « intérêts communs, des raisons amicales et professionnelles » nous dit-on, comme si cela n’existait pas avant et que cela n’était pas profondément lié à notre appartenance de classe. Nous ne serions plus des membres d’une classe sociale mais bien des individus, « pluriels », « complexes » : « Par rapport aux précédents programmes de SES, il y a actuellement pas mal de choses qui servent à noyer le poisson : la multiplicité, la complexité… », soutient Nathalie. Bref, de parfaits consommateurs et travailleurs disciplinés et atomisés pour une société néolibérale que la bourgeoisie rêve de nous faire gober. 

 

Pour Nathalie, le programme de SES ne contient pas tant un biais idéologique en niant la notion de classe sociale, mais c’est dans la partie “économie” que les dégâts sont les plus importants : « Dans le programme de première, il y a une réification du marché, une conception de l’économie très libérale qui décrit des individus qui ne sont mus que par de la rationalité en finalité… la théorie de l’acteur rationnel qui compare les coûts/avantages de ses choix s’impose depuis longtemps dans le programme. L’économie est étudiée sans tenir compte d’aucun rapport social ! » En gros, dans les chapitres d’éco : “la croissance c’est bien”, et le travail est analysé comme un marché laissant complètement de côté les rapports sociaux de production. « C’est une économie qui est complètement autonomisée de la socio. Donc en gros, les concepteurs de programme ont séparé l’éco et la socio, alors qu’à l’origine les SES liaient les deux. On se retrouve à enseigner l’économie des économistes libéraux qui ne veulent pas tenir compte de l’apport des sciences sociales. »

 

Le triomphe des notions d’individualisme et de marché montre surtout que l’école et l’université choisissent le mensonge plutôt que les faits pour des raisons politiques : c’est ce qu’on appelle l’idéologie, prétendre qu’un récit est vrai et objectif, alors qu’il est lié à des intérêts. Quel est l’intérêt d’enseigner la fin de la classe ouvrière, la moyennisation et le fait que nous ne sommes plus déterminés par notre classe mais par autre chose (on ne sait pas trop quoi) ? C’est obtenir l’adhésion de chacun au récit bourgeois selon lequel il suffit de se bouger le cul, « mobiliser son réseau » (qu’importe si vous n’en avez pas, faites-le quand même) et travailler dur pour « réussir » et ainsi prendre « l’ascenseur social ».

 

En bref, la classe dominante ne décrit jamais la société telle qu’elle est : elle serait alors obligée de reconnaître l’existence de classes sociales aux intérêts antagonistes, et le sale rôle qu’elle joue dans tout cela, si c’était le cas. Non, elle décrit la société telle que l’on doit penser qu’elle est pour que le système fonctionne et que notre soumission soit heureuse et consentie.

 

Sur la plupart des plateaux télé comme dans nombre de colloques universitaires, l’analyse en termes de lutte des classes était décrite comme « dépassée » voire « pas du tout scientifique ». La société serait devenue « trop complexe » pour qu’on puisse utiliser une grille d’analyse développée au XIXe siècle par Marx et l’ensemble du mouvement ouvrier. D’ailleurs, pour eux, la bourgeoisie, ça n’existe pas vraiment. Les travaux de Monique et Michel Pinçon-Charlot, en immersion pendant des années dans le monde des grands bourgeois ? Des travaux “engagés”, peu dignes de confiance enfin ! 

 

Et puis le monde du travail s’est « atomisé », chacun est isolé, dans son coin, et qu’importe si les grandes entreprises concentrent de plus en plus d’emplois depuis trente ans, et qu’en proportion de la population il y ait plus de salariés soumis à un patron qu’à l’époque de Marx : cette évidence continuait d’infuser dans toutes les conversations que j’avais. 

 

 

Au lycée, les profs de SES se sont mobilisés contre les réformes de modification des programmes (qui réduisaient notamment l’approche de l’économie autour de la seule théorie néoclassique), la sociologie universitaire dominante n’est pas du tout une idéologie de gauchiste, comme on le lit souvent sur les réseaux sociaux. Il s’agit dans de nombreux endroits (pas tous, heureusement) d’une pensée conservatrice au diapason des intérêts de la bourgeoisie, avec au mieux une dose de compassion pour les « moins bien dotés socialement ». Le milieu universitaire fait largement partie de la sous-bourgeoisie, cette classe dont nous parlons régulièrement à Frustration et qui est la courroie de transmission de la bourgeoisie vers les classes laborieuses. 

 

Il existe heureusement des chercheuses et des chercheurs qui utilisent leur statut pour autre chose que tenter de briguer des places dans le système universitaire (dont la baisse des moyens fait qu’il faut être de plus en plus complaisant avec sa hiérarchie pour espérer obtenir un poste de titulaire… à 35 ans). Tels proposent des travaux qui articulent la notion de classe sociale avec des paramètres géographiques (par exemple Benoît Coquard dans Ceux qui restent), des facteurs de genre (comme Haude Rivoal dans La fabrique des masculinités au travail), urbains (Monique et Michel Pinçon-Charlot avec Les ghettos du gotha)… Et nous permettent de mieux comprendre la société qui nous entoure afin de la transformer.

 

 

Comment on nous enseigne à ne pas voir la lutte des classes

Pour en revenir aux sujets de bac, on attend donc de nos chers élèves qu’ils restituent bien les leçons apprises au lycée : quand on veut, on peut, il n’y a pas de classes sociales dans lequel on serait coincé, oui, même toi petit prolétaire qui vis dans ton HLM, même toi jeune fille du monde rural…Tout vous est ouvert, croquez la vie à pleines dents et surtout ne venez pas vous plaindre. Ironie du sort, cet exercice de récitation de la pensée dominante se déroule pendant le baccalauréat, examen national qui symbolise l’illusion de la méritocratie à la française. Ces sujets du bac en disent bien plus long sur les objectifs de celles et ceux qui les font que sur leurs effets réels sur la jeunesse. Par exemple, l’enquête Arte-France Culture de 2021 montre que, parmi les répondants français, 77% jugent le capitalisme incompatible avec l’écologie, que la majorité veut s’épanouir au travail, qu’une minorité seulement veut créer une entreprise, qu’ils sont prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur (63%), que les trois quarts d’entre eux pensent qu’il faut multiplier les référendums…

 

 

L’idéologie dominante est toujours en échec. C’est cela qui rend ses partisans si hargneux. Puisqu’ils décrivent une réalité sociale qui est fausse, ils construisent de fausses évidences et de grandes théories qui finissent toujours par tomber face aux événements. La croissance verte, la mondialisation heureuse, le ruissellement, la méritocratie. Il suffit de regarder autour de soi pour s’apercevoir de la fausseté de ses affirmations. Seuls celles et ceux qui bénéficient de ces mensonges – les bourgeois et les sous-bourgeois (parmi lesquels se situent donc nos sociologues-idéologues et leurs équivalents télévisuels éditocrates) y croient. Forcément, quand on est né avec une cuillère en argent dans la bouche, qu’on a eu les voyages linguistiques, les prépas concours, les grandes écoles sélectives, le réseau de papa, il est plus sympa de se dire qu’on a eu tout ça à la force de notre poignet que grâce à son lieu de naissance. Mais lorsque le réel de notre société de classes fait irruption dans leurs vies, ils hallucinent. Chaque mouvement social est une surprise pour eux, puisqu’ils se racontent le reste du temps que le travail n’est pas pénible, que les salaires sont bons, que la croissance profite à tous et que les seuls problèmes de ce pays sont les arabes qui refusent de s’intégrer et les assistés qui ne veulent pas faire d’effort.

 

La hiérarchie de l’Éducation nationale, les grands médias et la majeure partie du monde intellectuel nous apprennent à ne pas voir la lutte des classes mais, inévitablement, la vie réelle nous y ramène. Qu’ils parlent, qu’ils trépignent, qu’ils mentent : nous, nous avançons.

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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 05:01

Courrier International a relevé la température record au Koweit de 52°. Cette température, mesurée à l’ombre, correspond à 70° au soleil, la plus élevée enregistrée cette année dans le monde. Dans le même temps, selon L’Obs, une forte quantité de neige est tombée en Bavière à quelques jours de l’arrivée de l’été.

 

 

Longue réflexion, dans Res Publica sur les suites de l’affaire des burkinis de Grenoble :

 

La nature de l’offensive islamiste contre la République par le biais des tenues prescrites aux femmes n’est pas une révélation : rappelons-nous l’affaire du foulard de Creil en 1989. Faudra-t-il renouveler le même long combat que celui qui a mené à la loi du 15 mars 2004 ? La situation n’est pas la même pour des raisons liées à la géopolitique de l’islamisme jusque dans ses manifestations terroristes, qui ont conduit dans notre pays, d’un côté au durcissement des positions sécuritaires extrêmes, de l’autre à l’adoption de stratégies plus souterraines et bien ciblées sur les angles morts des textes. Sans compter que la France constitue une cible de choix par son attachement aux principes laïques.

 

La première victoire des fondamentalistes de l’islam serait de parvenir à diviser non seulement le peuple, mais en outre les femmes, et de renforcer ainsi une domination masculine qui n’a point besoin de prétextes pour reprendre du poil de la bête !

 

Il faut reconnaître la nature politique de ce combat. Or, sur un sujet hautement inflammable en période électorale, les partis politiques, syndicats et mouvements féministes de la gauche se signalent à ce jour par un silence prudent sinon embarrassé !

 

Dans L’Obs, les dinosaures de Hollywood sont des « machines à fric du fond des âges. La saga des dinosaures a déjà réuni 5 milliards de spectateurs. Son sixième et dernier volet sera à coup sûr un des succès de l’été. Les films précédents ont rapporté suffisamment d’argent en trente ans pour combler le déficit d’un État africain. Les dinosaures sont des machines à fric : fabriqués par ordinateurs, tripotés par des programmes informatiques, incroyablement réalistes, ils sont la preuve (presque) vivante de l’invasion des effets spéciaux, créatures de métavers (univers virtuels) lâchés dans nos imaginations. »

Revue de presse 410

 

L’Humanité a enquêté sur la piraterie sociale et les pavillons de complaisance des ferries transmanche :  « 786 marins licenciés en trois minutes... Le quotidien a enquêté en Angleterre afin de retracer la façon dont, le 17 mars, la compagnie britannique P&O Ferries a remplacé ses équipages par une main-d’œuvre intérimaire étrangère, employée par une société tiers et sous-payée. C'est tout un modèle de dumping social maritime qui est mis au jour. Un phénomène qui, de surcroît, contribue à rendre la Manche, empruntée par 25 % du trafic maritime mondial, toujours plus périlleuse.

 

Quand Joe embarque pour la première fois sur le Pride of Kent en 1998, il est âgé de 16 ans et rêve de devenir cuisinier. Une photographie prise à Douvres (Kent) cette année-là le montre souriant et fier en train d’exhiber, aux côtés de sa mère, un trophée récompensant le meilleur gâteau de Noël confectionné par un apprenti de la compagnie maritime P&O.

 

Vingt-quatre ans plus tard, le 17 mars 2022, en fin de matinée, Joe travaille toujours, coiffé de sa toque de cuisinier, à bord du Pride of Canterbury, lorsqu’un commando d’une quinzaine d’hommes portant des bottes de combat, des pantalons de treillis noir, des menottes accrochées à la ceinture et des blousons de sécurité jaunes lui intime l’ordre de débarquer. « Vous venez d’être licenciés ! » aboient les hommes de main à l’ensemble de l’équipage. Recruté par la société de sécurité privée Interforce, le commando agit pour le compte de la compagnie P&O Ferries. »

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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 05:01

En 2008, j'ai publié deux articles consacrés à la famille royale britannique sur le site du Grand Soir. Je me permets, jubilé oblige, de les reprendre ici.

Je voudrais évoquer ici quelques secrets de famille, qui ne le sont plus vraiment, concernant la famille royale britannique. Pour l’anecdote, ces secrets expliquent peut-être les comportements franchement déviants des plus jeunes rejetons royaux : port d’accoutrements nazis, beuveries multiples et variées.

On pourrait par exemple commencer par l’attitude de la défunte princesse Margaret, sœur cadette de la reine, lors d’une projection officielle, en 1993, du film de Steven Spielberg, La liste Schindler. L’épisode qui met en scène des soldats nazis et des chiens policiers se jetant sur des prisonniers juifs terrorisés provoqua chez la princesse une réaction très vive : elle se leva de son siège en déclarant qu’elle refusait de rester une minute de plus car elle ne voulait plus « entendre un seul mot sur les Juifs ou sur l’holocauste », en ayant suffisamment soupé « pendant la guerre ».

 

Dans la famille royale, le tropisme allemand est indéniable. La reine mère, décédée en 2002 à l’âge de 102 ans, dont certains affirment – seul l’ADN pourrait l’attester – que sa mère était une servante dans le château du comte où elle est née (la Reine d’Angleterre serait alors issue de bâtarde !), avait des cousins qui, pendant la Première Guerre mondiale, se sont battus contre les Anglais. Sa belle-mère parlait anglais avec l’accent allemand.

 

En 1893, le futur George V avait épousé Marie de Teck (issue d’une vieille famille allemande), précédemment fiancée à son frère Albert, mort brutalement d’une pneumonie. Il avait coutume de dire que les pays étrangers étaient horribles : « Je le sais, j’y suis allé. » Il avait honte de la santé de son plus jeune fils John, épileptique et légèrement débile. Il le fit enfermer dans une ferme du Norfolk, où il mourut en 1919 à l’âge de 13 ans, après n’avoir eu comme contact familial que celui de sa mère.

Le père de la Reine Élisabeth, George VI, souffrit, sa vie durant, d’une santé très précaire. Il bégayait, son corps était ulcéreux, ses poumons faibles, ses jambes rachitiques. Dans l’intimité avec sa femme, le pauvre George était, comme on disait pudiquement, « nerveux », si bien que la future reine-mère dut être fécondée artificiellement à deux reprises, une procédure rarissime à l’époque. Cette reine-mère, dans les années soixante, soutint la cause des colons blancs en Rhodésie. Elle en voulut toute sa vie à Lord Mountbatten et à sa femme (« dont la mère était à moitié juive », serinait-elle) d’avoir dirigé le processus d’accession de l’Inde à l’indépendance. Deux de ses nièces (Katherine et Nerissa, cousine germaines de la Reine Élisabeth), handicapées mentales, vécurent jusqu’à leur mort dans le secret le plus absolu dans un hôpital psychiatrique du sud de l’Angleterre. Nerissa mourut en 1986. Katherine en 2014 à l’âge de 81 ans. Trois de leurs cousines (également apparentées à la reine) passèrent également plusieurs années en institution psychiatrique. Il faut savoir que ces cousines, à proprement parler déficientes mentales, savaient parfaitement à quelle famille elles appartenaient.

 

Encore que cette histoire ne soit pas totalement attestée (mais on a écrit des livres fort détaillés sur le sujet), il semble bien que la reine mère eut dans sa lignée un véritable monstre, Thomas, l’un des fils de ses arrière-arrière-grands-parents. Ressemblant à un « énorme œuf flasque » (enormous flabby egg), il naquit en 1821 dans l’aristocratie écossaise. Il vécut au moins cinquante ans dans l’un des châteaux de la famille. D’autres secrets purent être cachés : l’alcoolisme du roi George VI, l’homosexualité, avant son mariage, du prince Édouard. Avant la Deuxième Guerre mondiale, la reine mère était en faveur de la politique d’apaisement, et même de réelles concessions au Reich. En sirotant l’un de ses nombreux gins quotidiens, elle lut Mein Kampf dans son intégralité, avant de le recommander en ces termes à un ami : « même une lecture rapide vous montre à quel point l’homme est à l’évidence sincère. » Juste avant d’abdiquer, un mois avant l’occupation de la Rhénanie en mars 1936, le futur duc de Windsor envoya ses « vœux de bonheur » à Hitler pour son 47ème anniversaire (selon le biographe Andrew Morton dans Seventeen Carnations – The Windsors, The Nazis and the Cover-Up).

 

On ne saurait clore ce bref survol sans s’arrêter un instant sur Philippe d’Édimbourg, le mari de la reine. Bien que descendant de quatre familles royales (grecque, anglaise, danoise, russe), Philippe est né, après ses quatre sœurs, en 1921, sur la table de cuisine d’une petite maison de Corfou, sans eau, sans gaz, ni électricité. Son premier contact avec le monde fut donc une toile cirée. Son père était un Allemand, prince de Grèce, et sa mère une Allemande de la famille des Battenberg (« Mountbatten » étant la version anglicisé de ce patronyme allemand). Il apprit à communiquer par la langue des signes avec sa mère, sourde depuis la petite enfance. Son père, ayant servi le roi Constantin 1er obligé de s’exiler après la guerre gréco-turque de 1919-1922, fut banni de Grèce et s’installa neuf ans en banlieue parisienne (dans une maison louée par Marie Bonaparte, la protectrice de Freud), où il vécut de la charité de ses royales familles. En 1930, les autres sœurs de Philippe, qui avaient été élevées en Allemagne, épousèrent des dignitaires allemands. L’une des sœurs de Philippe baptisa son fils aîné Karl Adolf en l’honneur du Führer. Une autre sœur épousa Christophe de Hesse-Cassel, membre du Parti Nazi et de la Waffen-SS. Deux oncles du Prince Philippe, appartenant à cette branche, avaient été, pour l’un, messager de Hitler auprès de Mussolini et, pour l’autre, un des créateurs de la Gestapo. Philippe fut abandonné par son père à l’âge de dix ans. Sa mère fut internée, pendant deux ans, dans une clinique après une grave dépression nerveuse et un diagnostic de schizophrénie. Elle ne put assister aux mariages de ses filles. Philippe fut alors pris en charge par ses oncles George et Louis Mountbatten. En dix ans, Philippe fréquenta quatre écoles, dont la célèbre Gordonstoun, fondée par un Juif allemand réfugié en Grande-Bretagne. Il y régnait une discipline militaire de fer (deux douches froides par jour). Pendant les cinq ans de son séjour à Gordonstoun, Philippe ne reçut aucune visite de sa famille. Ce qui ne l’empêchera pas, plus tard, d’y envoyer son fils le Prince Charles. En 1944, la mère de Philippe vivait à Athènes dans « des conditions très humbles, pour ne pas dire sordides », selon le futur Premier ministre anglais Harold MacMillan. Lorsque Philippe épousa la future reine, sa mère était présente, mais pas ses sœurs. La mère du Duc d’Édimbourg, dont les filles doivent beaucoup à l’Allemagne nazie, demanda à être enterrée sur le Mont des Oliviers, en Israël. Elle fut honorée comme une « Juste parmi les nations » pour avoir caché une famille juive pendant la guerre. Sur les photos, c’est une très belle femme.

 

 

Revue de presse 409
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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 05:01

Serge Halimi revient sur le souhait du président Biden d’affaiblir la Russie, de la saigner, en fait:  « En février dernier, quelques jours avant l’invasion russe, le président Joseph Biden a intimé aux Américains de quitter l’Ukraine dans les quarante-huit heures. Depuis, les États-Unis sont revenus dans ce pays, mais autrement. Sans risquer la vie d’un seul soldat, ils profitent de la succession de catastrophes provoquées par le président Vladimir Poutine pour engranger les percées stratégiques : une Russie durablement affaiblie ; une Chine embarrassée par les déboires de son voisin ; une Alliance atlantique renforcée par l’adhésion prochaine de la Suède et de la Finlande ; une moisson de contrats pour les exportateurs américains de céréales, d’armes, de gaz ; des médias occidentaux qui reprennent en cadence la propagande du Pentagone. Pourquoi les stratèges américains souhaiteraient-ils qu’une guerre aussi providentielle s’achève ?

 

Ils ne le souhaitent pas. Depuis quelques semaines, on dirait même que la seule conclusion du conflit à laquelle les États-Unis consentiraient vraiment serait un triomphe romain des armées occidentales à Moscou, avec M. Biden à la tribune et M. Poutine dans une cage de fer. Et pour réaliser leur objectif désormais proclamé, « affaiblir la Russie », la saigner en vérité, les États-Unis ne lésinent plus sur les moyens : livraison d’armes plus offensives et plus sophistiquées à l’Ukraine, assistance probable à ce pays afin qu’il puisse localiser et liquider des généraux russes, voire couler le navire amiral de leur flotte. Sans compter que, depuis trois mois, le Congrès américain a déjà voté 54 milliards de dollars d’aide à Kiev, soit plus de 80 % du budget militaire russe. »

 

 

Aurélien Bernier dévoile la face cachée des sommets de la Terre : « Alors que les températures atteignent des records en Inde et au Pakistan, où le mercure a flirté avec les 50° C pendant plusieurs jours, les Nations unies organisent, les 2 et 3 juin en Suède, une vaste conférence internationale sur l’environnement. Son titre, « Stockholm + 50 », souligne le temps perdu depuis le premier sommet de la Terre, en 1972, pour engager la lutte contre le changement climatique. »

 

 

Le dossier du mois est consacré à la guerre de l’énergie. Avec un article de Mathias Reymond et Pierre Rimbert : « Impatients de renoncer aux combustibles russes pour asphyxier le Kremlin, les pays européens ont improvisé des solutions de rechange. Ils paient désormais leur impréparation : envolée des prix, ralentissement économique, nouvelles allégeances diplomatiques. Les États-Unis, eux, se frottent les mains… »

 

 

 

Evelyne Pieiller nous parle du bon usage de l’ennemi : « Qu’est-ce qu’une démocratie libérale ? L’histoire récente, marquée par ce qui est qualifié de « crise », a vu ce type de régime en appeler à la dénonciation des extrêmes, et utiliser la peur pour recourir à diverses modalités de l’état d’urgence. Ce penchant autoritaire n’est-il que conjoncturel, ou serait-il intrinsèque à un libéralisme à la fois politique et économique ? »

 

 

 

Anne Vigna  nous emmène au bout de la Transamazonienne : « C’est la troisième route la plus longue du Brésil : l’équivalent de la distance entre Lisbonne et Helsinki. Mais une route inachevée, dont une partie n’a jamais connu le bitume. Projet pharaonique lancé au début des années 1970, la Transamazonienne devait relier le Brésil à l’océan Pacifique. Elle a surtout apporté les flammes qui dévorent la grande forêt sud-américaine. »

 

 

Heikki Patomäki  estime que la Finlande et  la Suède ont brisé l’idéal nordique : « En attaquant l’Ukraine pour l’empêcher de rejoindre un jour l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), le président russe Vladimir Poutine vient de précipiter la Suède et la Finlande vers l’Alliance atlantique. L’abandon de leur neutralité, qui était encore plébiscitée par la population il y a six mois, conduit ces deux pays nordiques à renoncer à ce qui faisait une partie de leur identité. »

 

William Bourdon  se demande si on peut légiférer contre les invasions armées : « En quelques décennies, la justice pénale internationale a accompli de considérables progrès, ne laissant théoriquement aucun chef d’État ou dignitaire soupçonné de crimes de masse hors d’atteinte de son glaive. Immense ambition pour l’humanité, elle reste cependant entravée et sujette aux accusations de partialité. Les responsables de la guerre en Ukraine seront-ils jugés ? »

 

 

Quand la gauche russe se déchire sur l’Ukraine (Ilya Budraitskis ) : « Portée par de bons résultats aux élections législatives de septembre 2021, une nouvelle génération d’élus communistes espérait devenir la principale force d’opposition au Kremlin. C’était avant la guerre. Depuis, leur direction encourage les opérations armées en Ukraine tout en évinçant les dissidents. En dehors du Parlement, des militants de gauche continuent le combat. »

 

Pour Christelle Gérand, la Fondation Gates sème la faim : « Jugeant la crise alimentaire imminente en raison de la guerre en Ukraine, la Banque africaine de développement a approuvé, le 23 mai, un plan d’urgence pour augmenter la production continentale. Dicté par les circonstances, ce choix productiviste, à base de « semences et engrais améliorés », conforte le tropisme agro-industriel des grands donateurs, parmi lesquels la Fondation Gates. »

 

 

Khaled Al-Khaled et Adlene Mohammedi   évoquent, au Yémen, les si précieux Frères musulmans : « Le parti Al-Islah, souvent décrit comme la branche yéménite des Frères musulmans, est la force militaire indispensable au camp dit « loyaliste », qui combat les houthistes depuis 2014. Mais le vent tourne. La perspective d’un retour durable à la paix et la volonté des Émirats arabes unis de marginaliser cette mouvance la placent sur la défensive, tant sur le plan politique que militaire.

 

 

L’Irlande du Nord se dirige-t-elle vers l’indépendance (Daniel Finn) ? : « Depuis la victoire du Parti national écossais (SNP) aux élections législatives du 6 mai 2021, l’idée de l’indépendance écossaise préoccupe Londres. Les autorités d’Édimbourg ont promis un référendum avant 2023. Les logiques centrifuges s’accumulent également de l’autre côté de la mer d’Irlande, où, en position de force, le Sinn Féin promet de soumettre la question de l’unité de l’île d’Émeraude au vote avant dix ans. »

 

Ipour Yuta Yagishita, les yakuzas sont sur le déclin : « Longtemps, la mafia nippone a fait partie de la légende. Avec l’arrêté visant à les exclure de la société et le renforcement des contrôles de la police, le nombre de yakuzas a chuté de 70 % en quinze ans. Ils ont même de plus en plus de mal à subsister. En perdant leurs liens avec les dirigeants économiques et politiques, ils ont abandonné le « code d’honneur » qui faisait leur réputation. »

 

 

Selim Derkaoui met le doigt sur les cancers professionnels qui tuent en silence : « Si le scandale de l’amiante est désormais connu, d’autres, qui concernent également la santé des salariés, restent enfouis. Le patronat y veille. Ainsi, faire reconnaître un cancer professionnel relève souvent du parcours du combattant. Mais des médecins du travail, des oncologues, des chercheurs de Seine-Saint-Denis regroupent leurs compétences pour aider les malades. »

 

 

Le collectif de recherche citoyenne sur les cahiers de doléance dénoncent les cahiers de la colère : « Alors que M. Emmanuel Macron a été réélu après n’avoir attiré que 20 % des inscrits au premier tour du scrutin présidentiel, les institutions de la Ve République arrivent à bout de souffle. En 2019, la révolte des « gilets jaunes » avait été un coup de semonce. Mais les cahiers de doléances qui l’ont suivie sont restés dans les cartons. Des chercheurs et des citoyens les ont dépouillés. Qu’y trouve-t-on ? »

 

 

Pour Damien Lefauconnier, l’actuelle réforme sur le chômage est dévastatrice : « Nommée première ministre le 16 mai dernier, Mme Élisabeth Borne avait sept mois plus tôt mis en place une réforme de l’assurance-chômage qui entraîne une baisse importante des allocations pour de nombreux demandeurs d’emploi. Présentées comme un moyen de lutter contre les contrats courts, les nouvelles règles pénalisent d’abord ceux qui les subissent, a fortiori s’ils ont connu une baisse d’activité. »

 

 

Le Monde Diplomatique (274)

Pascal Corazza  nous parle du son au cinéma : « À l’heure où la fiction sonore « Calls » connaît un grand succès à la télévision, le son demeure le parent pauvre d’une création cinématographique qui privilégie l’image et la musique tout en redoutant le silence. Pourtant, des réalisateurs d’envergure ont compris l’importance du travail sur les intonations dans les dialogues, les bruits et les ambiances. Pour eux, le son d’un film se pense en amont. »

 

 

David Garcia analyse les approches des journalistes Vincent Hervouet et Pierre Haski : « Vingt avril 2022. Finalistes de l’élection présidentielle française, M. Emmanuel Macron et Mme Marine Le Pen débattent à la télévision entre les deux tours. « Vous parlez à votre banquier quand vous parlez à la Russie, Mme Le Pen ; vous dépendez du pouvoir russe », tance M. Macron, en référence au prêt bancaire accordé par une banque russe au Front national, en 2015. Atlantiste et militant de l’Union européenne, le chroniqueur géopolitique de France Inter, Pierre Haski, salue le lendemain la « punchline » du président sortant. Ce dernier aurait « réussi à jeter le doute sur l’autonomie réelle de Marine Le Pen vis-à-vis du pouvoir russe, malgré sa condamnation de l’invasion de l’Ukraine ». Conservateur et nationaliste, l’éditorialiste international d’Europe 1 Vincent Hervouët tient un discours opposé : « Alors est-ce qu’une dette implique une dépendance ? On peut y croire ou on peut balayer la calomnie comme l’a fait Marine Le Pen en relevant que les services de renseignement le sauraient et le diraient, si les Russes dictaient sa ligne politique au Rassemblement national. »

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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 05:01

Selon Denis Fougère et Mirna Safi, sur l'ensemble de la période allant de 1968 à 1999, 11% des immigrés avaient acquis la nationalité française (hors acquisition par mariage). Les immigrés originaires d'Algérie, du Portugal et de Turquie sont les moins fréquemment naturalisés, par opposition à ceux venus d'Asie du Sud-Est et des l'Afrique subsaharienne. Être inactif ou ouvrier diminue les chances de naturalisation. L'acquisition de la nationalité a un impact positif sur l'accès à l'emploi des immigrés (In “ L'acquisition de la nationalité française : quels effets sur l'accès à l'emploi des immigrés ? ”).

 

Les naturalisations sont en baisse depuis 2005. Les naturalisés étaient plus de 92 000 en 1995, 168 826 en 2004, puis un peu plus de 150 000 en 2005. 113 608 en 2015, 110 014 en 2018,  109 821 en 2019 et 84 864 en 2020 première année de la crise sanitaire. Entre 2016 et 2020 les acquisitions de la nationalité française par mariage se chiffraient respectivement à 20 702, 17 476, 21 000, 25 262 et 18 223. Les femmes sont aussi nombreuses que les hommes à acquérir la nationalité française, avec une chute des Maghrébines qui sont passées de 50% en 2005 à 37% en 2014.

 

Un problème sérieux est que, dans notre culture, dans notre imaginaire, un Français maghrébin reste un immigré. Selon le démographe Hervé Le Bras, hier tout était simple : on était français ou étranger. Aujourd’hui on peut être français, mais Français “ immigré ”. La “nocivité” du mot est de faire “fi de la naturalisation”, et plus grave, d’avoir “gonflé la partie étrangère en lui adjoignant les naturalisés, ce qui a creusé l’écart entre ces derniers et les Français”. Ainsi, en renvoyant le naturalisé à son étrangeté on élargissait, “le fossé […] entre les Français de naissance et les immigrés”.

 

L'immigration ad vitam aeternam est-elle un frein à l'assimilation, et même à l'intégration ?

 

Naturellement, on ne réécrit pas l'histoire et il est vain de revenir sur les occasions manquées. Il n'est pas interdit cependant de se demander si l'immigration perpétuelle a empêché l'assimilation d'une bonne partie de l'immigration. La continuation d'un flot d'immigration important en provenance d'Afrique du Nord dans un contexte de chômage massif et structurel a empêché de nombreux immigrés de bénéficier de conditions économiques et sociales décentes, ce qui a fait obstacle à une vraie assimilation et a, en revanche, nourri dans l'Hexagone un fondamentalisme né en Algérie.

 

Il semble que l'actuel président de la République soit en faveur d'un multiculturalisme “ à la française ”. En 2017, ce pur produit de l'enseignement supérieur français et homme de culture qualifiait la culture française de “ diverse et multiple ” en assénant qu'il “ n'y a[vait] pas de culture française ”, après avoir, au Puy du Fou et ailleurs, évoqué son amour pour les belles lettres et la pensée française. Il semble bien que sa vision la moins incohérente est celle d'un monde ouvert où il faut constamment s'adapter et où l'économie, le social et la culture ne sont pas enracinés dans la tradition, n'ont pas d'assignation particulière. L'actuel président envisage-t-il une société pluriethnique avec des normes majoritaires dominantes que respecteraient des cultures minoritaires qui seraient elles-mêmes respectées ? Il faudra alors s'accommoder de dirigeants du style Erdogan qui, voulant le beurre et l'argent du beurre, demande à ses ressortissants migrant vers la France de réclamer la nationalité française tout en affirmant que l'assimilation est “ un crime contre l'humanité ”. Pour Erdogan, la nationalité est, à proprement parler, de papier : “ rendre un passeport français ne vous fait pas perdre votre identité turque ”. Il est clair que pour lui les Turcs résidant en Europe sont les “ diplomates ” de la Turquie.

 

Pour simplifier, on dira que l'assimilation est l'acceptation de la société en tant qu'État tandis que l'intégration est l'entrée dans une société d'individus, principalement par le biais de l'emploi. L'assimilation abolit les différences : vous croisez dans la rue un Sicilien d'origine sans penser un seul instant que ses parents ou grands-parents ont émigré il y a peu (comme les Bretons ou les Auvergnats de Paris dans la première moitié du XXe siècle). L'intégration n'abolit pas les différences : elle les dissout dans l'économie, étant basée sur un contrat. On comprend donc pourquoi l'Union Européenne met en avant le modèle intégrationniste car il est, selon ses termes, “ un processus dynamique à double sens d'acceptation mutuelle de la part de tous les migrants et résidents des États membres. Ce processus […] est essentiel pour mettre à profit le potentiel qu'offre les migrations ainsi que pour améliorer la cohésion sociale. ”

 

Pendant ce temps, l'acceptation des mœurs de la société dominante est passée par pertes et profits. Mais bien des faits de société, impensables il y a quarante ans, sont entrés dans la norme : le voile islamique contre lequel des femmes se battent courageusement en Iran, l'abattage halal qui concerne désormais la moitié de la viande vendue dans notre pays, la polygamie et l'excision pratiquées discrètement, l'interdiction du blasphème de plus en plus répandue, la critique d'une religion immédiatement taxée de “ racisme ”, l'existence de “ territoires perdus de la République ”, la baisse du niveau scolaire pour quantités d'enfants issus de l'immigration, le clientélisme  régulateur de paix dans les cités et de statu quo, les subventions versées à des associations dites “ culturelles ”.

 

Assimilation ou intégration ? (II)
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23 mai 2022 1 23 /05 /mai /2022 05:01

Le Monde se demande comment un étudiant en médecine à Tours a pu continuer ses études à Limoges après le dépôt de cinq plaintes à son encontre pour des faits de viol et d’agressions sexuelles survenus entre 2013 et 2020 ? C’est un cas d’école, révélateur des dysfonctionnements de l’université dans le traitement des violences sexuelles et sexistes, sur lequel s’est penchée l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche.

 

Á la mi-avril 2022, des inscriptions en lettre capitales noires sur fond blanc ont fait leur apparition sur les murs de la faculté de médecine de Tours. « Aujourd’hui ton violeur, demain ton docteur » ; « Ici sont formés et protégés des violeurs » : les messages, collés par un collectif féministe, sont explicites et l’émoi est véritable. Après deux mois de détention provisoire, entre septembre et novembre 2020, un étudiant accusé de viol et d’agressions sexuelles par des étudiantes a pu s’inscrire à la faculté de médecine de Limoges, pour y poursuivre son cursus, en attendant la tenue de son procès. Le jeune homme, âgé de 24 ans, a réalisé un stage au service de gynécologie d’un centre hospitalier de Nouvelle-Aquitaine.

Dans leur prérapport, Patrick Allal et Cristelle Gillard, coresponsables de la mission sur les violences sexuelles et sexistes à l’inspection générale, font état d’un paradoxe : une réactivité réelle de la part de la présidence de l’université de Tours et du doyen de la faculté de médecine, et une confusion totale des genres lorsqu’il s’est agi de prendre des mesures concrètes contre l’étudiant.

 

 

Selon Communiste Hebdo, la nouvelle Première ministres mandatée pour mener la réforme de la retraite à 65 ans. Dans les transports, la colère gronde. L'intersyndicale CGT-RATP, UNSA-RER, et FO ont appelé les conducteurs à faire grève contre la casse de leurs conditions de travail et pour l'augmentation des salaires. Le 25 mai, une grève nationale de tous les métiers est également appelée par une intersyndicale CGT, SUD Rail, UNSA Ferroviaire et CFDT Cheminots. Á la RATP,  sur le réseau bus et tramways est également prévue une grève pour les 23, 24 et 25 mai.

 

 

Le World Socialist Website s'est montré scandalisé par les références du président ukrainien Zelensky au film de Charlie Chaplin Le Dictateur. Dans ce film, Chaplin faisait une satire des dirigeants fascistes d’Allemagne et d’Italie à une époque où Hollywood n’osait pas faire une telle critique. Chaplin jouait deux rôles dans le film, le dictateur nazi et un barbier juif d’apparence identique.

 

Lorsque le barbier était pris pour Hitler, le premier prononçait devant une foule un discours passionné dans lequel il déplorait « un système qui faisait torturer des hommes et emprisonner des innocents ».

 

Zelensky, dont la promotion par son gouvernement d’un capitalisme de libre marché sans entraves et d’un nationalisme extrême qui inclut un soutien total au célèbre bataillon fasciste Azov, et ses partisans des États-Unis et de l’OTAN, défendent tout ce que Chaplin abhorrait.

 

La promotion éhontée de la guerre de l’OTAN contre la Russie et sa marionnette Zelensky par les médias et les gouvernements bourgeois du monde entier s’accompagne de l’annulation et de la diabolisation des artistes russes. Les responsables du Festival de Cannes ont interdit toute délégation officielle ou reporter de Russie. Le seul réalisateur russe autorisé à figurer au festival est Kirill Serebrennikov, dont le nouveau film La femme de Tchaïkovski, a été financé en partie par le milliardaire russe Roman Abramovich, dont la fortune avoisinait les 15 milliards de dollars en 2021.

 

 

Facétieux comme jamais, le site suisse l’1dex affirme que le banquier éborgneur et emmerdeur aurait proposé à Emmanuel Valls le ministère de la Documentation et de l’énergie. Celui-ci aurait décliné l’offre après avoir compris qu’il s’agissait du ministère des Photocopies et du café.

 

Revue de presse (407)
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16 mai 2022 1 16 /05 /mai /2022 05:01

Selon France Culture, dans certaines villes de France, à l’instar de Nantes, Lyon, Bordeaux ou Marseille, se déplacer relève parfois du labyrinthe, ou de la jungle. 

 

Depuis quelques décennies, les palissades, barrières, murs ou portails automatiques avec digicodes et caméras de surveillance fleurissent dans l’espace public afin d’empêcher les passages, voire clôturer les rues, les résidences et les copropriétés.

 

Ce phénomène de "gated communities", de quartier résidentiel fermé, était jusque-là plutôt fréquent à l’étranger : en Afrique du Sud, aux États-Unis, au Brésil.

 

Mais si le processus de séparation spatiale des classes sociales n’est pas un phénomène récent en France, l’Hexagone voit aussi ce séparatisme gagner ses villes et villages, et ce bien au-delà des quartiers huppés, composés de très riches. En somme, cet espace de l’entre soi se démocratise. 

 

Pourquoi voit-on se multiplier ces enclaves dans la ville ? Qui sont ces “ enfermés ” ? 

 

Quelles sont les conséquences de ces choix privés sur l’espace public ? Que dit-il de notre capacité à vivre ensemble et à faire commun ? 

 

 

Selon le World Socialist Website, la décision de la Finlande d’adhérer à l’OTAN marque une escalade majeure dans la guerre contre la Russie menée par les États-Unis. Le président Finlandais et le premier ministre ont annoncé dans une déclaration commune que le pays devrait rejoindre “ sans délai ” l'alliance militaire de l'OTAN. Cette décision, qui met fin à plus de sept décennies de neutralité formelle de la Finlande, marque une escalade massive dans la course à l'impérialisme américain et européen vers une guerre totale contre la Russie.

L’adhésion de la Finlande fera plus que doubler la frontière de l’OTAN avec la Russie. Le pays partage une frontière de 1 300 kilomètres avec la Russie, et sa capitale, Helsinki, n’est qu’à trois heures et demie de Saint-Pétersbourg en train. Le vote du parlement requis pour soumettre officiellement une demande d’adhésion, attendu la semaine prochaine, est considéré comme une formalité. Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a déclaré jeudi que le processus d’adhésion de la Finlande à l’alliance se ferait « sans heurts et rapidement ». On s’attend à ce qu’elle soit rapidement suivie par l’adhésion de la Suède voisine. Les sociaux-démocrates au pouvoir s’apprêtent à renverser dimanche leur opposition de plusieurs décennies à l’adhésion à l’OTAN. Selon certaines informations, le gouvernement fera ensuite une annonce officielle lundi.

 

 

L’Humanité relève un bien étrange deux-poids-deux-mesures. Détournement de fonds publics, violences sexuelles, harcèlement dans la Macronie. On en parle bien peu.

Le chef de l’État a donné son feu vert à l’investiture de personnes loin d'être exemplaires, comme Thierry Solère, Laetitia Avia, Gérald Darmanin, Éric Woerth, Sira Sylla, Anne-France Brunet, Jérôme Peyrat. Sans rien trouver à redire au fait que ceux qui pourraient voter la loi la bafouent.

Lors de sa campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron avait promis une « République exemplaire ». Non seulement rien de tout cela n’a été respecté durant son mandat, mais sur les 548 candidats investis ou soutenus par sa majorité pour les élections législatives des 12 et 19 juin, certains ont fait l’objet de condamnations judiciaires ou trempent dans plusieurs affaires.

 

Il y a bien sûr le cas Thierry Solère, doté d’un CV riche en mises en examen pour treize chefs d’accusation, dont « fraude fiscale », « emploi fictif », « détournement de fonds publics » ou « trafic d’influence passif ». Pas de quoi empêcher le parti présidentiel de l’in­vestir dans la 9e circonscription des Hauts-de-Seine.

Même traitement de faveur pour Éric Woerth (ex-LR), candidat sous la bannière Ensemble ! dans l’Oise. L’ancien ministre du Budget est toujours mis en examen pour « financement illégal de campagne électorale » concernant celle de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2007.

Revue de presse (406)
Revue de presse (406)
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