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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 05:34
Un nouvel algorithme de Google limite l’accès aux sites Web progressistes et de gauche
 

Au cours des trois mois écoulés depuis que le monopole des moteurs de recherches sur Internet, Google, a annoncé qu’il fallait empêcher les utilisateurs d’accéder à de « fausses nouvelles » (fake news), le classement mondial du trafic d’une large gamme d’organisations de gauche, progressistes, anti-guerre et démocratiques a considérablement diminué.

 

Le 25 avril 2017, Google a annoncé qu’il avait mis en place des modifications de son service de recherche pour rendre plus difficile pour les usagers d’accéder à ce qu’il appelait des informations « de mauvaise qualité » telles que les « théories du complot » et les « fausses nouvelles ».

 

La société a déclaré dans un article de blogue que l’objectif central de la modification de son algorithme de recherche était de donner au géant des recherches un plus grand contrôle dans l’identification du contenu jugé répréhensible par ses directives. Il a déclaré qu’il avait « amélioré nos méthodes d’évaluation et effectué des mises à jour algorithmiques » afin de « contenir un contenu plus autorisé ».

 

Google a poursuivi : « Le mois dernier, nous avons mis à jour nos lignes directrices sur la qualité de la recherche (Search Quality Rater Guidelines) pour fournir des exemples plus détaillés de pages Web de mauvaise qualité pour que les évaluateurs puissent les signaler de manière appropriée ». Ces modérateurs sont invités à signaler « les expériences qui pourraient perturber des usagers », y compris les pages qui présentent de « théories du complot », sauf si « la requête indique clairement que l’usager recherche un autre point de vue ».

 

Google n’explique pas précisément ce qu’il entend par le terme « théorie du complot ». En utilisant la catégorie large et amorphe des « fausses nouvelles », l’objectif du changement dans le système de recherche de Google est de restreindre l’accès à des sites Web présentant des opinions différentes, dont la couverture et l’interprétation des événements s’opposent à celles des médias de l’establishment tels que le New York Times et le Washington Post.

 

En signalant le contenu de telle sorte qu’il n’apparaît pas dans les premières une ou deux pages d’un résultat de recherche, Google est capable de bloquer efficacement l’accès des usagers à celui-ci. Étant donné qu’une grande partie du trafic sur le Web est influencée par les résultats de recherche, Google peut dissimuler ou enterrer efficacement le contenu auquel il s’oppose, grâce à la manipulation des classements des recherches.

 

Le mois dernier, la Commission européenne a imposé une amende de 2,7 milliards de dollars à la société pour avoir manipulé les résultats des recherches pour orienter les usagers de manière inappropriée vers son propre service de comparaison, Google Shopping. Maintenant, il semble que Google utilise ces méthodes criminelles pour empêcher les utilisateurs d’accéder aux points de vue politiques que l’entreprise considère comme répréhensibles.

 

Le World Socialist Web Site fait partie des cibles des nouvelles « méthodes d’évaluation » de Google. En avril 2017, 422 460 visites au WSWS venaient de recherches Google, ce chiffre a chuté à environ 120 000 ce mois-ci, soit une baisse de plus de 70 pour cent.

 

Même si l’on utilise des termes de recherche tels que « socialiste » et « socialisme », les lecteurs nous ont informés qu’il leur était de plus en plus difficile de localiser le World Socialist Web Site dans les recherches de Google.

 

Les références des recherches de Google vers le WSWS ont diminué d’environ 70 pour cent

 

Selon le service d’outils pour les webmestres de Google, le nombre de recherches qui ont permis aux usagers de voir le contenu du World Socialist Web Site (c’est-à-dire un article WSWS apparu dans une recherche Google) est passé de 467 890 par jour à 138 275 au cours des trois derniers mois. La position moyenne des articles dans les recherches, entre-temps, est passée de 15,9 à 37,2 au cours de la même période.

 

David North, président du Conseil de rédaction international du WSWS, a déclaré que Google était engagé dans la censure politique.

 

« Le World Socialist Web Site existe depuis près de 20 ans », a-t-il déclaré, « et il a développé un large public international. Au cours du printemps dernier, le nombre de visites individuelles au WSWS par mois dépassait 900 000 ».

 

« Alors qu’un pourcentage significatif de nos lecteurs se rends directement sur le WSWS, de nombreux internautes accèdent au site via des moteurs de recherche, dont Google est le plus utilisé. Il n’y a pas d’explication innocente pour la chute extraordinairement forte du lectorat, pratiquement du jour au lendemain, en provenance des recherches Google ».

 

« L’affirmation de Google selon laquelle il protège ses lecteurs contre les « fausses nouvelles » est un mensonge politique. Google, un monopole massif, avec les liens les plus étroits avec les agences de l’état et du renseignement, bloque l’accès au WSWS et à d’autres sites Web progressistes et de gauche grâce à un système de recherches biaisé ».

 

Au cours des trois mois écoulés depuis que Google a mis en œuvre les modifications apportées à son moteur de recherche, moins de personnes ont eu accès aux sites d’information de gauche et anti-guerre. Sur la base des informations disponibles sur les analyses d’Alexa, d’autres sites qui ont subi des baisses dans le classement incluent WikiLeaks, Alternet, Counterpunch, Global Research, Consortium News et Truthout. Même les groupes de défense des droits démocratiques tels que l’Union américaine pour des libertés civiles et Amnesty International semblent avoir été touchés.

 

Un large éventail de sites de gauche, progressistes, et anti-guerre ont vu diminuer leur rang dans les palmarès du trafic au cours des derniers mois

 

Selon Google Trends, le terme « fausses nouvelles » a quadruplé en popularité au début de novembre, à l’époque des élections américaines, alors que les démocrates, les médias et les agences de renseignement cherchaient leur imputer la responsabilité de la victoire électorale de Donald Trump sur Hillary Clinton.

 

Le 14 novembre, le New York Times a proclamé que Google et Facebook « ont fait face à de nombreuses critiques sur les fausses nouvelles sur leurs sites qui ont influencé le résultat des élections présidentielles » et qu’ils prendraient des mesures pour lutter contre les « fausses nouvelles ».

 

Dix jours plus tard, le Washington Post a publié un article intitulé « L’effort de propagande russe a contribué à diffuser de “fausses nouvelles” lors des élections, disent les experts », qui ont cité un groupe anonyme appelé PropOrNot qui a compilé une liste de « fausses nouvelles » diffusant « la propagande russe ».

 

La liste comprenait plusieurs sites classés par le groupe comme « de gauche ». De manière significative, il a ciblé globalresearch.ca, qui reproduit souvent des articles du World Socialist Web Site.

 

Après des critiques très répandues sur ce qui n’était pratiquement rien d’autre qu’une liste noire de sites anti-guerre et anti-établissement, le Washington Post a été obligé de publier une rétractation, en déclarant : « Le Post, qui n’a nommé aucun de ces sites, n’apporte aucune garantie quant à la validité des résultats de PropOrNot. »

 

Le 7 avril, Bloomberg News a rapporté que Google travaillait directement avec le Washington Post et le New York Times pour « vérifier les articles » et éliminer les « fausses nouvelles ». Ceci a été suivi par la nouvelle méthodologie de recherche de Google.

 

Trois mois plus tard, sur les 17 sites déclarés « fausses nouvelles » par la liste noire discutée du Washington Post, 14 avaient leur classement mondial en baisse. Le déclin moyen de la portée mondiale de tous ces sites est de 25 pour cent, et certains sites ont vu leur portée mondiale descendre de près de 60 pour cent.

 

« Les actions de Google constituent de la censure politique et sont une attaque flagrante contre la liberté d’expression », a déclaré North. « À un moment où la méfiance du public envers les médias de l’establishment est répandue, cette entreprise géante exploite sa position de monopole pour restreindre l’accès du public à un large éventail de nouvelles et d’analyses critiques ».

 

 

EN COMPLEMENT : L’UNESCO et le « symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire), où un patron de Google s’exprime sur la liberté d’expression.

 

Source

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 05:31

Ci-dessous un article des Jeunes pour la Renaissance Communiste en France.

 

 

« Je suis pour un rapport à l’autorité construit à l’école ». Emmanuel Macron au Grand Oral du Medef.

 

Dans un précédent article nous pointions déjà les dysfonctionnements de la plate-forme APB qui ont amené près de 87000 bacheliers dans l’attente, jusqu’au 19 juillet, pour avoir une proposition d’affectation dans une Université, ainsi que le manque de moyens donnés aux universités, encore amputées financièrement. Nous prédisions à long terme une destruction de l’enseignement supérieur. Eh bien l’on peut penser que bientôt il en sera de même du baccalauréat, premier grade universitaire, l’épreuve reine de la scolarité française.

 

Macron, lors de son passage au Grand Oral du Medef, avançait, entre autres, vouloir reconstruire un savoir à l’école, mais un savoir utilisable pour l’entreprise (les fameuses « compétences »), avec à la clé une accentuation de la mise en compétition des élèves, et tous les effets néfastes qu’elle apporterait sur le collectif, l’augmentation des stages durant le secondaire et une présence plus accentuée des entreprises à l’école. Dans le programme de l’ancien Ministre de l’Économie on retrouve l’idée d’imposer seulement quatre matières obligatoires au bac, le reste étant évalué par contrôle continu. Ce contrôle continue nous est justifié encore une fois par le soi-disant coût « exorbitant » du Bac.

 

Jean-Michel Blanquer, ancien directeur de l’école de commerce l’Essec et nouveau ministre de l’Education nationale, lors d’une interview, émettait son souhait de mettre très rapidement en place, en parallèle du contrôle continu, un bac « plus musclé » : un simple tour de passe-passe visant à faire passer la pilule de la sélection à l’entrée de l’université, véritable enjeu de la réforme du Bac et de l’enseignement supérieur.

 

Jetons un œil ensuite sur le fameux « Contrat de réussite étudiant ». Celui-ci repose sur quatre points : 1) les souhaits du futur étudiant, 2) les exigences de chaque cursus, 3) la capacité d’accueil des formations et 4) prendre « en compte sans s’y réduire, les attentes et les besoins exprimés par la société et l’économie française ». Ce dernier point trahit clairement une idée de mise en concurrence entre les jeunes concernés et qui aura pour effet, non pas de faire « sortir du lot » les meilleurs éléments, mais de créer un fossé entre les jeunes ayant de bonnes conditions pour étudier et ceux n’en ayant pas, cela alors que le « bac donne l’accès de droit en licence car c’est le premier grade de l’enseignement supérieur ». Ce projet va à l’encontre d’une orientation librement choisie sur le long terme à la fois pré-bac et post-bac.

 

On remarquera également que depuis plusieurs années l’entreprise s’installe à l’école. Citons dans le cas du Collège le fameux (et inutile) stage découverte d’une semaine en entreprise pour les élèves de troisième, institué en 2005, et qui fait chaque année perdre de l’argent aux écoles, du temps pour les élèves qui d’une part perdent des heures de cours et d’autre part, lors de ces stages, n’apprennent la plupart du temps rien car ils sont relégués aux tâches subalternes. *** Parlons aussi de l’« esprit d’entreprendre » qui a pris attache dans le secondaire sous Sarkozy. La présence dans les lycées d’associations idéologiques comme « Entreprendre pour apprendre », dont l’activité est entre autres d’aider les lycéens à faire une sorte de mini-entreprise au sein de l’établissement, avec une répartition du travail non par connaissances mais par traits de caractère, ce qui est typique du management capitaliste, n’est pas anodine.

 

Attention, si destruction du baccalauréat il y a ce n’est point forcément par une baisse de niveau, quand bien même l’acquisition de la langue et de certaines bases a baissé à cause de classes surchargées et de programmes ne s’attardant pas assez sur certains points, car le niveau de culture est lui relativement élevé par rapport à avant. Le vrai problème c’est que continuer à dire « tu auras un bon travail si tu bosses bien à l’école » est à l’heure actuelle une pure escroquerie. Non, actuellement, on a une surqualification à l’embauche et une déqualification à l’emploi, c’est-à-dire qu’une personne ayant un haut niveau universitaire doit prendre un travail à qualification inférieure, prenant ainsi l’emploi de celui qui a les qualifications requises ! Nous ne saurions qu’inciter le lecteur à regarder la très bonne vidéo sur le sujet réalisée par le camarade Loïc Chaigneau : « Travaille à l’école, tu auras un bon job... OU PAS ! »

 

Au fond la bourgeoisie souhaite détruire le bac parce qu’il ne répond plus aux exigences du patronat et représente encore trop cette idée que tout un chacun, même le plus modeste d’entre nous, peut accéder aux études supérieures. Elle essaye de conserver son pouvoir en le transformant, par l’intermédiaire d’une mise en place d’une présélection à l’entrée en Université (ou désormais en Master, l’obtention de la licence ne permettant plus de droit l’entrée en Master) et en implantant l’entreprise à tous les échelons de l’école afin de créer, au plus tôt, des générations pour qui « l’école est faite pour trouver un travail », en réalité des serviteurs.

 

L’école est faite pour instruire et enseigner, pour former la jeunesse à sa future citoyenneté !

La destruction du Baccalauréat ?
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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 06:23

 

A quand un menu spécial dans les restaurants casher pour les unijambistes mormons nés en 1952, noirs, divorcés, adorateurs du nombril, tatoués sur la verge et auvergnats ? Vu la tendance lourde du communautarisme dan le monde, on s’en approche.

 

Ne voilà-t-il pas que le maire de Londres a imposé que, dans les métros et trains locaux, on n’accueille plus les passagers par « Good Morning, Ladies and Gentlemen » mais par « Hello everybody ». A la demande insistante des trans qui ne se définissent ni comme des ladies ni comme des gentlemen.

 

Cela doit concerner environ 14 personnes pour tout le Grand Londres. Allez, mettons 22.

 

Que le maire de Londres ait cédé aussi facilement ne m’étonne qu’à moitié. Cela fait des années que je le soupçonne d’être, sous des dehors souriants et tellement consensuels, un islamiste crypto. Tout ce qui peut affaiblir la cohésion nationale l’intéresse.

 

Source

Quand les "trans" anglais prennent le train
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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 05:56

 

En ces temps absurdement politiquement corrects, la question n’est pas aussi farfelue qu’elle en a l’air. On vient d’apprendre que le vénérable collège va enlever des bustes de fondateurs blancs au motif qu’ils « intimident les minorités ethniques ». Pourquoi pas, en effet ? Tenez, moi, l’autre jour, je me promenais dans je ne sais plus quelle ville et je tombe nez à nez avec un buste de Victor Hugo. Je ne m’y attendais pas du tout et je me sentis foudroyé par autant de génie poétique et de puissance intellectuelle. Qu’étais-je, moi, petit étron de la terre face à un tel demi-dieu ? Que n’ai-je demandé au maire de la commune de briser cette idole et d’enlever cette figure ô combien «intimidante» du passage public où elle se situait ? Qu’était Hugo sinon un homme blanc, mort et âgé de plus de cinquante ans ? Une pauvre merde fasciste, donc.
 
Dans l’entrée de l’Institut de psychiatrie du vénérable collège royal fondé - par George IV, un roi honni à la fin de son règne, et par le duc de Wellington - toute personne normalement « intimidée » se sentira agressé par des bustes des fondateurs du collège, blancs de peau comme seuls les Anglais savent l’être. La direction du collège (un collège aux 12 prix Nobel) a donc décidé de mettre un terme à ce climat de terreur en enlevant les bustes de deux professeurs (Henry Maudsley et Frederick Mott) qui ont brillé au début du XXe siècle en fondant l’Institut de psychiatrie, de psychologie et de neuroscience du College.
 
Mais aujourd’hui, cachez-moi ces Blancs que nous ne saurions voir. Cachez ces bustes qui, selon le doyen Patrick Leman, « intimident » au plus haut point les minorités ethniques. Et oublions que ces mâles Blancs morts ont contribué à faire de cet établissement l’un des plus prestigieux de la planète dans la spécialité. Pendant ce temps, comme tous ses collègues, le doyen pourra continuer à recruter de brillants jeunes docteurs sur des contrats précaires, ce qui n’est pas du tout « intimidant », on le sait bien.
 
Le courageux professeur Leman a donc pris en compte les récriminations de « minoritaires ethniques » en estimant que des hommes blancs et barbus du XIXe siècle n’étaient plus représentatifs de la science d’aujourd’hui. Les représentations de Maudsley, de Mott et de quelques autres brillants savants d’antan seront remplacés par un « mur de la diversité ». Les figures des grands savants seront déplacées et réinstallés ailleurs dans un lieu moins passant et moins majestueux.
Que la recherche psy ne soit plus, aujourd’hui, l’apanage de l’Europe et des Etats-Unis tout le monde en convient. Que d’éminents chercheurs soient asiatiques ou africains, c’est une évidence. Mais on ne réécrit pas l’histoire, sauf si on a trop et mal lu 1984 et si on accepte d’être un savant hors sol pour qui l’histoire ne compte plus.
 
On peut aussi se demander si cette démarche prétendument interculturelle n’est pas un appel du pied aux étudiants lointains qui acceptent, parce qu’ils le peuvent, de payer des frais universitaires exorbitants. Quand la science est une marchandise, elle est négociable.
 
Ce n’est pas la première (ni la dernière) fois que des étudiants « ethniquement minoritaires » s’en prennent au système universitaire par ailleurs très accueillant dans ce type de combat imbécile. Récemment, des étudiants de l’Ecole des études orientales et africaines de l’Université de Londres avaient demandé que des philosophes aussi insignifiants que Platon, Aristote, Descartes ou Kant soient exclus des programmes au profit d’auteurs africains et asiatiques. En d'autres termes, la seule culture illégitime en Europe serait la culture européenne.

 

 

La Tour Eiffel, le château de Versailles et celui de Bleinheim ont été conçus et réalisés (pardon : conçu.e.s et réalisé.e.s) par des Blancs (pardon : des Blanc.e.s). Il serait peut-être temps de les raser.

 

A quand Shakespeare en djellabah ?

 

Le King’s College de Londres a-t-il été fondé par l'opération du Saint-Esprit ?

Intimidants ces deux Blancos, non ?

 

PS qui n'a rien à voir, à propos de l'humanité hors sol que j'évoquais plus haut. Un employé de France Telecom (pardon : Orange) m'explique qu'il doit changer de poste après chaque client. Il ne faut surtout pas que lui et ses collègues se sentent "propriétaires" des chaises minables et des tables de bar minables sur lesquelles se trouvent leur ordinateur. Il faut qu'ils bougent sans cesse, hors sol, désorientés, jamais proches du même collègue.

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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 05:42

On me fait passer ce texte dont je ne connais pas l'auteur. Il donne à réfléchir !

 

Il a déjà été mentionné que dans 10 ans.... la majorité de ce que l'on fait aujourd'hui, voiture, voyages, nourriture, travail, etc....va complètement disparaitre...

Que nous réserve l'avenir ?

 

 

En 1998 Kodak avait 170,000 employés et vendait 85% du papier photo au monde. En quelques années leur modèle d'affaire a disparu et ils sont tombés en faillite. Ce qui est arrivé à Kodak va arriver à de nombreuses compagnies dans les 10 prochaines années et la plupart des gens ne le voit pas venir.

 

 

En 1998 auriez-vous pensé que 3 ans plus tard vous ne prendriez plus jamais d'images sur du papier film?

 

 

Les cameras numériques ont été inventées en 1975. Au début elles avaient une résolution de 10,000 pixels, elles ont maintenant plusieurs millions de pixels.

 

 

Comme avec toutes les nouvelles technologies elles étaient décevantes pendant longtemps, soit avant qu'elles deviennent de beaucoup supérieures et chef de file en peu d'années.

 

 

Le même phénomène se produira avec l'intelligence artificielle, Dans le monde de la santé, les autos électriques et autonomes, l'éducation, l'impression 3D, l'agriculture et le monde du travail.

 

 

Bienvenue à la IVème révolution industrielle.

 

 

Dans les 5 à 10 prochaines années les logiciels vont transformer la plupart des industries traditionnelles.

 

 

Uber est tout simplement un outil logiciel, même s'ils ne possèdent aucune voiture, ils sont devenus la plus grosse compagnie de taxi au monde.

 

 

Airbnb est présentement la plus grosse chaîne hôtelière au monde même s'ils ne possèdent aucun établissement.

 

 

À propos de l'intelligence artificielle : les ordinateurs sont meilleurs, de façon exponentielle, pour comprendre le monde.

 

 

Cette année, un ordinateur a battu le meilleur joueur de Go au monde, 10 ans plus tôt qu'on s'y attendait.

 

 

Aux États-unis, de jeunes avocats ne trouvent pas de travail. Ceci parce que l'ordinateur Watson de IBM peut donner un avis légal en quelques secondes, pour des causes plus ou moins compliquées, le tout avec 90% de justesse en comparaison de 70% pour les humains. Donc si vous étudiez en droit, laissez tomber à l'instant. À l'avenir il y aura 90% moins d'avocats, seulement ceux qui sont spécialisés survivront.

 

 

L'ordinateur Watson aide déjà à diagnostiquer le cancer avec 4 fois plus de précision que les humains.

 

 

Facebook a déjà un logiciel de reconnaissance

 des visages supérieure aux humains.

 

 

En 2030 les ordinateurs seront devenus plus intelligents que les humains.

 

 

Voitures sans conducteur : En 2018 les gens auront accès aux premières autos sans conducteur.

 

 

Vers 2020 toute l'industrie automobile sera bouleversée. Vous n'aurez plus à posséder une automobile. Vous n'aurez qu'à appeler une voiture avec votre téléphone, celle-ci arrivera où vous êtes et vous conduira à destination. Vous n'aurez pas à vous stationner, vous n'aurez qu'à payer pour la distance parcourue et pourrez être productif pendant le trajet.

 

 

Nos enfants n'auront jamais besoin de permis de conduire et n'achèteront plus jamais d'automobile.

 

 

Tout ceci va transformer nos villes parce que nous aurons besoin de 90-95% moins de voitures.

 

 

On pourra transformer les stationnements en parcs. Chaque année dans le monde, 1.2 millions de personnes meurent dans des accidents d'auto.

 

 

Actuellement il y a un accident tous le 100,000 kilomètres. Avec les autos sans conducteur,

il y aura un accident à tous les 10 millions de kilomètres. On sauvera ainsi 1 million de vies chaque année.

 

 

La plupart des constructeurs d'automobiles feront faillite. Ces compagnies traditionnelles cherchent à évoluer et fabriquent de meilleures voitures. Pendant ce temps, les nouveaux Tesla, Apple, Google ont une approche révolutionnaire et construisent des ordinateurs sur roues.

 

 

Nombre d'ingénieurs chez Volkswagen et Audi admettent être complètement terrifiés par Tesla.

 

 

Les compagnies d'assurance se retrouveront dans un immense pétrin. Sans accidents, les assurances vont devenir 100 fois moins dispendieuses.

 

 

Leur modèle de commerce d'assurance-automobile va disparaître.

 

 

Parce que vous pouvez travailler pendant que vous voyagez, nombreux sont ceux qui vont s'éloigner pour vivre dans un meilleur environnement.

 

 

Les autos électriques deviendront en tête d'ici 2020. Les villes deviendront moins bruyantes.

 

 

L'électricité va devenir incroyablement propre et peu dispendieuse.

 

 

Depuis 30 ans, la production solaire se développe de façon exponentielle. On commence seulement a en voir l'impact. L'an passé, dans le monde, il y a eu plus d'énergie produite de source solaire que de source fossile.

 

 

Le prix de l'énergie solaire va devenir si bas que toute les mines de charbon vont cesser d'être exploitées d'ici 2025.

 

 

L'électricité à bas prix signifie de l'eau abondante et à bas prix.

 

 

La désalinisation n'a maintenant besoin que de 2kWh par mètre cube.

 

 

Dans la majorité des cas, l'eau n'est pas rare, c'est l'eau potable qui est rare !

 

 

Imaginez ce qui serait possible si tous pouvaient avoir de l'eau propre à volonté pour presque rien.

 

 

 

Il y a des compagnies qui produiront un instrument médical appelé Tricorder X qui sera contrôlé par votre téléphone qui prendra un scan de votre rétine, analysera votre respiration et votre sang. Il analysera 54 marqueurs biologiques pouvant identifier

presque toutes les maladies. Ce sera peu dispendieux et ainsi dans quelques années tous sur la planète auront accès presque gratuitement à une médecine de pointe.

 

 

Imprimantes 3D :

En 10 ans, le prix des imprimantes 3D de base est passé de 18,000$ à 400$. En même temps elles sont devenues 100 fois plus rapides.

 

 

Tous les grands manufacturiers de chaussures ont commencé à imprimer des chaussures.

 

 

Dans les aéroports les pièces de rechange sont déjà imprimées en 3D.

 

 

La station spatiale a une telle imprimante qui élimine le besoin d'avoir un grand nombre de pièces de rechange comme avant.

 

 

À la fin de l'année, les nouveaux téléphones intelligents auront des possibilités de numériser en 3D. Vous pourrez alors numériser vos pieds et imprimer vos chaussures parfaites à la maison.

 

 

En Chine, ils ont déjà imprimé en 3D un édifice de 6 étages complet.

 

 

En 2027, 10% de tout ce qui sera produit le sera en 3D.

 

 

Monde du travail :

Dans les 20 prochaines années, 70-80% des emplois disparaîtront.

 

 

Il y aura beaucoup de nouveaux emplois, mais ce n'est pas sûr qu'il y en aura suffisamment en si peu de temps.

 

 

Tout va trop vite

Agriculture :

 

Il y aura un robot agriculteur de 100$ dans l'avenir.

Les fermiers du tiers monde pourront alors gérer leurs champs

plutôt que d'y travailler à la journée longue.

 

 

La culture hydroponique nécessitera beaucoup moins d'eau.

 

 

La viande de veau produite en labo est déjà disponible

et deviendra moins dispendieuse que la naturelle dès 2018.

Actuellement 30% de toutes les terres agricoles servent au bétail.

Imaginez si nous n'en avions plus besoin.

 

 

Plusieurs nouvelles compagnies mettront bientôt des protéines d'insectes sur le marché. Elles sont plus riches que les protéines animales. Elles seront étiquetées source de protéines alternative.

 

 

Il y a une application appelée moodies qui peut déjà dire dans quel état d'esprit vous êtes.

 

 

D'ici 2020 il y aura des applications qui pourront établir

par vos expressions faciales si vous dites la vérité.

Imaginez un débat politique où on démontre si on dit la vérité ou non.

 

 

Durée de vie :

Actuellement l'espérance de vie augmente de 3 mois par année.

Il y a 4 ans l'espérance de vie était de 79 ans, actuellement elle est de 80 ans.

 

 

En 2036 l'espérance augmentera de plus d'un an par année.

Aussi nous vivrons probablement bien plus que 100 ans.

 

 

Education :

 

Les téléphones intelligents les moins dispendieux sont déjà à 10$ en Afrique.

D'ici 2020. 70% de tous les  humains auront leur téléphone intelligent.

Ce qui signifie que tout le monde aura le même accès

à une éducation de classe mondiale.

 

PS : un correspondant me fait passer les réflexions suivantes :

 

À propos de l'intelligence artificielle : les ordinateurs sont meilleurs, de façon exponentielle, pour comprendre le monde. Non, ils sont meilleurs pour tout ce qui relève d’un calcul, d’une probabilité, et ils seront formidablement plus puissant dans quelques années. Mais ils ne sauront jamais lire entre les lignes, ils ne seront jamais équivoque, et donc ils ne parleront jamais même s’ils communiquent mieux que nous et s’ils miment nos émotions, voire apprennent des échanges avec nous. Ils ont battu les meilleurs joueurs du monde aux échecs, au go, et même gagné des parties au poker menteur ! Mais ils ne le savent pas. Pire, ils n’ont pas la culture du go et ils contribuent à la défaire. Car l’humain n’est pas réductible aux valeurs algorithmiques qui permettent de calculer tout ce qui est calculable chez lui avant lui : il doit mettre sa vie en récit, lui conférer un sens. Et cela est lié au fait qu’il est mortel, qu’il a un corps (et pas seulement un organisme), une sexualité, un désir : et cela fait beaucoup de choses que l’ordinateur ne connaîtra jamais, même si l’humain paie cet « avantage » d’une fragilité ontologique…

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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 05:43

Il fait chaud, c'est les vacances ; je reprends donc ma bonne vieille habitude de faire faire mon blog par d'autres. Ainsi par Le Point, qui raconte ce qu'il se passa lorsque les scénaristes de "Homeland" reconstituèrent Beyrouth avec des palmiers et des bédouins...

 

Des artistes arabes embauchés par la production de la série Homeland lui ont joué un bon tour. Leur mission sur le plateau : écrire des graffitis dans un camp de réfugiés syriens censé être situé à la frontière libano-syrienne. Selon le Guardian,qui rapporte l'histoire, les artistes ont d'abord songé à décliner la proposition. "Jusqu'à ce que nous réalisions que nous pouvions faire passer notre désaccord - et celui de tant d'autres personnes - avec la série. C'était l'occasion de faire valoir notre point de vue en subvertissant le message dans la série elle-même."

 

Personne ne sait lire l'arabe

 

Bien joué ! Ainsi, quand Carrie entre dans le camp, elle passe devant un graffiti qui proclame "Homeland est raciste". Et les artistes s'en sont donné à coeur joie : "Homeland n'est pas une série". "Ne faites pas confiance à cette histoire". "Ce programme ne reflète pas la vision des artistes". Mais personne ne sait donc lire l'arabe dans l'équipe de tournage de Homeland ? Non, visiblement pas. Et c'est le plus drôle de l'histoire ! Car c'est évidemment ce que reprochent ces artistes à une série qui, sous le couvert de nous narrer les tribulations d'agents américains plongés dans l'Orient compliqué, a bien souvent commis des bourdes monumentales, se mettant à dos la diplomatie des pays qu'elle caricaturait. En 2012, la saison 2 provoque l'ire des Libanais qui goûtent peu de voir leur pays représenté en nid de terroristes. Lors de la saison 3, c'est l'Iran qui s'émeut. En découvrant la saison 4, le Pakistan prend la mouche.

 

Sunnite ou chiite ?

 

Des protestations fondées ? Qu'on en juge à la lumière de cette 5e saison qui se déroule une nouvelle fois au Liban, un pays "en guerre" selon Carrie Mathison (atteinte d'une crise de démence peut-être ?), plus précisément dans un "camp de réfugiés syriens venus de la région de Raqqa, et contrôlé par le Hezbollah. La région de Raqua – fief de l'EI en Syrie – est très majoritairement sunnite, nous rappelle Slate. Le Hezbollah, lui, est chiite. Oups ! Qu'un Syrien sunnite fuyant les bombes du régime d'Assad (un chiite) soutenu par l'Iran (chiite) via le Hezbollah (chiite) se réfugie dans une zone contrôlée par le Hezbollah est donc très peu probable.

 

Mais les scénaristes de Homeland ne sont pas sectaires : pour eux, sunnite-chiite, c'est bonnet blanc-blanc bonnet. On voit ainsi, relève encore Slate, Carrie négocier son entrée dans le camp tenu par le Hezbollah avec un cheikh dont les vêtements laissent penser qu'il est… sunnite. À croire que le scénariste en chef de la série Homeland n'est autre que le célèbre commandant Sylvestre des Guignols...

Comment des artistes arabes ont saboté la série Homeland
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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 05:52

Je reprends ici un texte de Marugil publié dans son blog Mediapart le 14 mai 2017. On peut le lire comme une suite, ou une entrée en matière à mon texte sur l'anglais de Macron et à l'article de la revue Frustration sur les mots de Macron.

 

Chairman Macron,

Monsieur le Président, vous avez avec votre mouvement En Marche! révolutionné la vie politique française aux dires des la vie politique française aux dires descommentateurs. En un an, "from scratch", avec les "helpers" et les "teams ambiance", et une approche "bottom-up", vous avez ringards ces vieux partis de l’ancien monde avec leurs militants et leurs bénévoles.

 

Désormais investi Président de la République, vous qui parlez si bien la langue des affaires et en comprenez parfaitement la grammaire, vous avez la possibilité – que dis-je, le devoir - de faire entrer la République dans la modernité dès votre entrée en fonction.

 

"Président de la République Française", n’est-ce pas un peu vieillot ? Songez que Louis Napoléon Bonaparte l’était déjà il y a près de 170 ans! Il est grand temps de changer : Chairman et Chief Executive Officer (CEO) de France S.A., voilà un titre qui donnerait un sacré coup de jeune à la fonction.

 

Comme le prévoient les règles de gouvernance de France S.A. (ce que l’on appelait jadis une Constitution), il vous appartient de nommer un Chief Operating Officer (COO), dont vous conviendrez que c'est un titre bien plus moderne que le désuet "Premier Ministre". Quant aux Directeurs de Bercy, ils seront assurément ravis d’être placés sous l’autorité d’un Chief Financial Officer (CFO) et non plus d’un Ministre des Finances.

 

A tous vos "C-Level Execs" (ceux que l’on appelait les Ministres avant votre ère), vous ne manquerez pas de fixer des "targets" qui soient "challenging", et de les soumettre à des "performance reviews".

 

Last but not least, allez-vous céder au rituel du Conseil des Ministres dans le salon Murat de l’Elysée ? N’en faites rien : rebaptisez-le "Excom"  et réunissez-le dans le "Board Room" tous les mercredis. De temps à autre, faites cela en "conf call" car cela contribuera à vos objectifs de "cost reduction" ainsi qu’il convient désormais de renommer la réduction des dépenses.

Mr. Chairman, les "shareholders" de France S.A (que l’on appelait autrefois des citoyens) attendent beaucoup de vous. Ne les décevez pas et osez faire table rase de ces titres et de ces dénominations surannés.

 

Lettre à Macron l'Américain
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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 05:24
Insupportable et intolérable boucherie !
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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 05:37

 

 

Je reprends ici de larges extraits d’un article de Mathieu Slama paru dans Figarovox

 

 

« Une gare, c'est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Parce que c'est un lieu où on passe. Parce que c'est un lieu qu'on partage ».

 

 

Cette petite phrase d'Emmanuel Macron, prononcée dans le cadre d'un discours sans note et manifestement improvisé, est sans aucun doute une maladresse de langage qui n'est en rien comparable avec l'expression «sans dents» que l'on attribue à l'ancien chef de l'État. La suite de la phrase, que nous avons indiquée, l’atteste. Cependant elle révèle une vérité cachée, une arrière-pensée qui dit énormément du Président de la République et de ses habitudes de langage - qui sont aussi et surtout des habitudes de pensée.

 

 

Le gouvernement Macron est le gouvernement de la classe dominante élu par la classe dominante. Cela n'est pas une interprétation abstraite du phénomène En Marche mais une constatation vérifiée par les études de sociologie politique réalisées lors de l'élection présidentielle et des élections législatives. Et l'on sait aussi, grâce à une enquête remarquable du Cevipof, que les députés En Marche issus de la société civile sont dans leur immense majorité des cadres dirigeants et des managers, dont beaucoup travaillent dans les métiers des ressources humaines et de la communication. On sait, enfin, que l'entourage du chef de l'État compte un nombre anormalement élevé de personnalités issues du monde de l'entreprise, dont certains ont exercé en tant que lobbyistes de grands groupes du CAC 40. Le renouvellement dont on parle tant est incontestable : il marque la prise de pouvoir et l'hégémonie de cette nouvelle bourgeoisie managériale dont les principes directeurs sont le pragmatisme, le management et l'efficacité.

 

 

Les nouveaux députés En Marche ont eux-mêmes été recrutés par le biais d'un processus de recrutement identique à celui d'une entreprise : envoi d'un CV et d'une lettre de motivation, travail sur des cas une fois le premier « round » de recrutement passé. Et la séance de formation aux us et coutumes de l'Assemblée nationale s'est également inspirée des séminaires de coaching des entreprises, sessions de « media training » (entraînement à la parole publique, très courant en entreprise) comprises.

 

 

Le phénomène Macron ne se résume pas à la transposition, au sein du monde politique, des méthodes propres au monde des entreprises. C'est aussi l'esprit même de l'entreprise qui est transposée à la sphère politique. La victoire de Macron est celle d'un habitus spécifique qui appartient à la sphère de l'entreprise. Dans cette sphère, il y a ceux qui sont efficaces et ceux qui ne le sont pas, il y a ceux qui bénéficient de promotions et ceux qui sont laissés sur le côté, ceux qui gagnent et ceux qui perdent. Il y a la « gestion des ressources humaines » et la mise en place, par le management, d'une organisation faussement égalitaire et empathique qui, en réalité, introduit une couche supplémentaire d'inégalité et de hiérarchie à l'intérieur d'une société déjà minée par les injustices sociales. Le monde de l'entreprise n'est pas un monde d'épanouissement et de réussite mais souvent un monde de souffrance, de ressentiment, au sein duquel la compétition des uns avec les autres est organisée de telle sorte que le système non seulement se perpétue mais se renforce.

 

 

Dans ce monde, on parle de nouvelles frontières technologiques, d'innovation, de disruption, d'inclusion ou encore d'industrie du futur. On y partage une même foi dans la culture et les valeurs d'entreprise, dans l'individualisme, dans l'ouverture au monde, dans la technologie et la connexion permanente. Le modèle de cette bourgeoisie managériale, ce sont les patrons d'Uber et de Facebook. Ses théoriciens sont des « coaches » en leadership comme Simon Sinek. Cette bourgeoisie n'a que faire de ces vieilles lunes que sont le sentiment national ou la justice sociale. Les représentations de cette nouvelle classe dominante sont tout entières définies par les codes de l'entreprise et du management, codes qui, sous couvert de tolérance et de modernité, sont profondément hiérarchiques et inégalitaires.

 

 

C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre la petite phrase de Macron. Par « ceux qui ne sont rien », Emmanuel Macron entendait certainement « les exclus et les laissés pour compte ». Mais l'habitus managérial a pris le dessus à cette occasion, et l'a amené à formuler une arrière-pensée : ne pas réussir, au sens économique du terme, c'est « être rien ». Gagner beaucoup d'argent, exercer un poste à haute responsabilité et manager des équipes : c'est cela la réussite dont parle Macron. Rappelons-nous de sa formule « Les jeunes Français doivent avoir envie de devenir milliardaires ».

 

 

« Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » : ce que révèle la petite phrase de Macron

Avec cette petite phrase, c'est en réalité toute la présidence Macron, ce qu'elle représente et signifie comme rupture, qui est définie. Gouvernement des classes dominantes, gouvernement du fossé qui se creuse avec les classes populaires, et de la sortie de ces dernières du champ politique. Jamais cette rupture n'a été aussi grande. Rappelons-nous : même Adolphe Thiers, le grand persécuteur de la Commune, avait le soutien d'une partie du monde paysan. Macron, lui, n'a ni le monde rural, ni le monde ouvrier, ni le monde des petits employés. Ceux « qui ne sont rien » n'ont, aujourd'hui, aucun représentant capable de peser politiquement sur le cours des choses. Ils sont à la merci, par exemple, d'une ministre du Travail, ancienne directrice des ressources humaines d'une multinationale de l'agroalimentaire, qui déclarait récemment que le « Code du travail n'est fait que pour embêter 95 % des entreprises ». D'un Premier ministre qui est l'ancien lobbyiste d'un géant français de l'énergie. D'un Secrétaire d'État à l'économie qui est l'ancien directeur des affaires publiques d'un leader mondial de l'immobilier commercial. Quelle place reste-t-il pour la politique dans un tel contexte ? Comment ne pas s'inquiéter d'une soumission totale ou partielle du monde politique au monde économique, là où c'est du contraire dont nous avons besoin ?

 

 

La crise politique révélée par la prise de pouvoir de Macron n'est pas institutionnelle ou encore idéologique: elle est avant tout sociale. Et sans le savoir, Emmanuel Macron a désigné dans sa formule malheureuse le vrai clivage de la société française. « Le vrai rideau de fer c'est entre riches et les miteux… les questions d'idées sont vétilles entre égales fortunes… » écrivait Céline. Nous y revoilà.

 

Source 

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 05:24

 

A l'occasion de la fête nationale, j'ai été frappé – plus que les années précédentes – par l'insistance des journalistes sur le défilé du 14-Juillet à Paris, sur son caractère ordonné, réglé, discipliné, hiératique et hiérarchique (en un mot, militaire), c'est-à-dire sur tout le contraire de ce qui fut à l'origine de cette cérémonie : la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789.

 

[Certes, des esprits ergoteurs feront valoir que le 14 Juillet fêté est celui de la commémoration de la Fête de la Fédération, le 14 Juillet 1790, censée célébrer l'union retrouvée des Français après les événements violents de 1789. Mais il s'agit d'une argutie : que se serait-il passé si, après la prise de la Bastille, le roi avait réprimé la révolte parisienne – comme Thiers le fit de la Commune, en 1871 ? Eh bien, il n'y aurait rien eu du tout, donc pas de fête de la Fédération l'année suivante. Et la preuve que certains sentirent qu'un événement décisif, bouleversant, renversant s'était produit, c'est que le comte d'Artois, frère du roi (et futur Charles X) émigra dès le 17 juillet 1789, trois jours après la Bastille, alors que la royauté ne devait être renversée que trois ans plus tard, le 10 août 1792...]

 

1. Le 14 juillet, tel qu'il est célébré, met en honneur l'armée, c'est-à-dire l'ordre, la hiérarchie au service du pouvoir, contre l'étranger... mais aussi contre le peuple lui-même. On y voit des soldats impeccablement vêtus, aux uniformes bien repassés, propres, sans un pli de travers, marcher du même pas et exhiber leurs dernières armes, des chars aux avions. Or, en 1789, ce fut tout le contraire qui se passa : ce furent des sujets qui se révoltèrent contre l'autorité, des civils contre l'armée – laquelle, en les personnes des Gardes françaises, mit crosse en l'air, passa du côté des émeutiers, et aida à prendre la Bastille. Le 14 Juillet 1789 fut donc un témoignage de désordre, de rébellion, d'insoumission, de renversement des valeurs et des hiérarchies, d'anarchie – même si celle-ci ne fut que temporaire.

 

Le 14 Juillet dévoyé, par Philippe Arnaud

2. Symboliquement, le 14 Juillet 1789 eut lieu à l'est de Paris, dans un quartier populaire de petits artisans, dans un quartier de ruelles étroites, de maisons entassées, où les soldats entraient difficilement et où les émeutiers et révolutionnaires avaient la partie belle (comme dans le reste de Paris), comme ils le firent sentir à l'autorité lors des journées de juillet 1830 et de février 1848. En revanche, le 14 Juillet de la Cinquième République est célébré à l'ouest de Paris, dans des quartiers bourgeois, riches, près de l'Arc de Triomphe, sur l'avenue des Champs-Élysées, avenue large, rectiligne (conforme à l'esprit du baron Haussmann et de la bourgeoisie du second Empire), avenue où il est difficile de dresser des barricades, et où les insurgés peuvent être balayés par les charges de cavalerie et les tirs de canons (et, aujourd'hui, les tirs de mitrailleuses et de canons rotatifs des hélicoptères).

 

- Symboliquement aussi, contrairement au lacis de ruelles de l'ancien Paris, l'avenue des Champs-Élysées est droite, rectiligne : sa forme inspire le défilé, la station debout, le garde-à-vous, le spectacle devant le maître (comme le Cirque devant la tribune de l'empereur à l'époque romaine). Bref, en 230 ans, l'esprit de 1789 a été pire que détourné, il a été inversé : de subversif, il est devenu conformiste, de révolté soumis, de spontané guindé, de populaire bourgeois, de révolutionnaire conservateur, de démocratique nationaliste.

 

- Une célébration du 14 juillet conforme à son esprit devrait être plus être un 1er Mai-bis que la parade des horse-guards de la reine qu'est devenue la fête nationale : elle devrait fourmiller de drapeaux rouges, de slogans revendicatifs et vindicatifs, de mots d'ordre subversifs, de chants révolutionnaires, de cris de colère et de grands patrons et de capitalistes pendus en effigie.

 

3. Un autre aspect de la fête nationale mis en avant par les médias est celui auquel j'assiste en ce moment, par télévision interposée : celui des chants, des bals, des concerts et des feux d'artifice, où le potentiel de violence et de révolte du peuple est dégradé en carnaval et son aspiration de transformation sociale en fièvre patriotarde. Deux siècles après, les classes dominantes, comme des boas, ont avalé la révolte du peuple, l'ont malaxée, triturée, digérée et régurgitée sous forme de Pierre Servent et de Stéphane Bern.

Le 14 Juillet dévoyé, par Philippe Arnaud
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