Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 05:27

Les tribunaux islamiques, une petite centaine que l’on dénomme “Conseil de la charia” sont parfaitement tolérés au Royaume Uni, même s’ils ne sont pas légalement reconnus. Merveille du pragmatisme. Pour l’instant (peut-être ?) les autorités ferment les yeux sur les mariages et les divorces forcés prononcés sans l’assentiment des femmes. Dans ces tribunaux, l’homme doit se contenter de répéter trois fois « Je divorce de toi » à son épouse. La femme, elle, a besoin de l’accord d'hommes de foi sinon elle risque d'être considérée comme adultère en cas de remariage. L’argent n’ayant pas d’odeur, sauf celui de la sainteté, des avocats inscrits au barreau reçoivent une formation sur les préceptes de la loi islamique afin d'en tenir compte dans les procédures civiles concernant leurs clients musulmans.

 

En Suède, l’islamisation juridique avance à marche forcée. Des couples iraniens, mariés en Iran et souhaitant divorcer en Suède, font trembler le système sur ses bases. Les hommes exigent “l’avortement légal”. Selon la charia, au moment du divorce, les maris sont tenus de payer intégralement à leurs épouses une somme conséquente appelée mehriye. Des Iraniennes ayant entamé une procédure de divorce en Suède ont réclamé cet argent qui leur est dû conformément au contrat de mariage conclu en Iran. Récemment, un juge suédois a statué que la procédure devait être traitée selon les lois suédoises et que l'épouse n'avait aucun droit de réclamer les fonds garantis par la législation iranienne. En appel, l'épouse a gagné, la Cour d'appel ayant estimé que, même si le mehriye n’avait pas d'équivalent en Suède, il pouvait être considéré comme une dette. La Cour suprême de Suède a été saisie de la question épineuse de l’introduction d’éléments de la charia dans le droit suédois. Fatemeh Sanaei Nasab, juriste iranienne, est très confiante : « Aux termes de l'article 6 du Code civil de la République islamique d'Iran, en cas de litige, des questions telles que la conclusion du mariage, l'action en divorce, l'attribution d'un héritage ou la conclusion d'un marché doivent être traitées sans considération du pays où ce litige est instruit si les parties au procès ont la nationalité iranienne. Cela signifie qu'en cas de divorce, les normes de la législation iranienne doivent avoir priorité sur les lois locales si le mariage a été contracté en Iran. Le versement du mehriye est donc obligatoire ».

 

En février 2008, Rowan Williams, 104ème archevêque de Cantorbéry, estimait que « certaines dispositions de la Charia étaient reconnues par la société et par le système juridique ». Il jugeait nécessaires des « accommodements » raisonnables dans une société multiculturelle, excluant cependant la lapidation, les décapitations et le tranchage de mains ! Pour Williams, l'application de la Charia est « inévitable si nous voulons considérer sérieusement la religion des gens dans une société solidaire. Si nous voulons penser intelligemment la relation entre l'islam et le droit britannique nous devons largement “déconstruire” les antagonismes vulgaires et les mythologies, qu'il s'agisse de la nature de la Charia ou de celle des Lumières ».

 

L’islamisation rampante sait explorer des pistes tout à fait inattendues. Depuis janvier 2013, la vente d’alcool est interdite (temporairement peut-être mais on revient difficilement sur un avantage conquis) dans l’enceinte du parlement britannique par respect de la Charia. D'après le Times : « L'introduction de cette mesure est liée au fait que le parlement britannique devra déménager à Richmond House dans la rue de Whitehall, qui est située en plein cœur de Londres, à cause des travaux de rénovation du Palais de Westminster. Il y a quelques années, Richmond House a changé de système de financement, instaurant le système islamique des obligations (ou sukuk, mot, comme “chèque”, d’origine perse). Les députés britanniques devront séjourner à cette adresse deux ans durant.

 

Á communautarisme, communautarisme et demi. Face aux avancées islamistes à Berlin et sa “Sharia Polizei”, aux milices de la Charia (Sharia Patrols”) dans l’est de Londres qui voudraient voir toutes les femmes en Angleterre couvertes de la tête aux pieds, pouvoir « trancher la main des voleurs et lapider les femmes adultères », et pour qui « l’Angleterre ne peut exiger des musulmans qu’ils se limitent à une seule épouse », il se constitue désormais en Europe des milices chrétiennes, véritables organisations paramilitaires.

 

L'islamisme est-il conquérant ? (II)

Depuis 2014, le mouvement Britain First, proche des loyalistes de l’Ulster et grand admirateur du Premier ministre hongrois Viktor Orban, a réagi en organisant des milices chrétiennes (“Christian Patrols”) afin de ne pas céder de territoire aux islamistes. Ce mouvement a été fondé par Jim Dowson, un père de neuf enfants hostile à l’avortement. Lorsque lui ou d’autres chefs charismatiques comme Paul Golding se présentent à des élections, ils récoltent de 0,5 à 2% de voix (l'extrême droite n'a jamais vraiment pris en Grande Bretagne). En février 2014, Britain First s’est pavané dans le quartier de Tower Hamlets qui compte 30% de Bangladais. Il s’agissait de répondre aux manifestations des milices islamistes de 2013. Quelques dizaines de militants brandirent des drapeaux au nom de la “Résistance britannique” et jetèrent des canettes de bière vides contre une mosquée.

 

 

(Á suivre)

L'islamisme est-il conquérant ? (II)
Partager cet article
Repost0
10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 05:46

Sur le site Mirador, Romain Gélin se demande quelles sont les conséquences de la fusion Bayer/Monsanto : « Outre les travailleurs des deux entreprises, qui sont les premiers concernés, les craintes apparaissent également du côté des agriculteurs et des consommateurs. Pour les agriculteurs, le marché va se réduire à l’avenir. Des 6 acteurs présents sur le marché des semences il y a peu, il n’en restera plus que quatre. Le risque de voir les prix augmenter se profile et le choix entre les différents acteurs du marché sera donc désormais restreint. 70% du marché mondial des pesticides sera désormais entre les mains des 4 acteurs. Comme l’affirme Guy Kastler de la Confédération paysanne française, « en maitrisant l’ensemble de la filière, les firmes dictent aux paysans quoi faire, et comment le faire, et petit à petit, notre autonomie disparait. »

 

 

Sur son blog, Jean-Emmanuel Ducoin explique que réinventer l’industrie est une urgence : « En moins d’un quinquennat, 887 usines ont fermé leurs portes en France. Une débâcle industrielle. Le monde qui vient n’acceptera aucune fuite en arrière, aucun repli. Sommes-nous donc fous pour refuser de voir que la grande transformation de nos économies globalisées nourrit la déstabilisation et l’irrésistible montée des périls ? Et ce n’est pas fini : la robotisation des outils pourrait détruire trois millions de postes en France d’ici à 2025. Face à ces défis colossaux, la nécessité d’un grand projet industriel innovant s’avère d’une urgence absolue. Un projet délié des requins de la finance, en phase avec les mutations, mais non soumis à elles. La renaissance du travail et l’instauration d’une nouvelle économie politique et sociale n’ont rien d’un rêve : c’est une obligation ».

 

 

Sur son blog, Jean-Riad Kechaou estime que : « Le blanchiment de l’histoire a déjà commencé sous les coups de butoir répétés des réactionnaires. Exit des nouveaux programmes l’histoire des civilisations africaines en cinquième ou l’histoire de l’immigration au XXe siècle en troisième. Quant à la décolonisation, on peut traiter au choix de l’Inde britannique ou de l’Algérie française en troisième et ainsi laisser de côté une guerre qui déchaîne les passions. Cette possibilité donnée aux enseignants de zapper la guerre d'Algérie trouve peut-être son origine dans la loi mémorielle du 23 février 2005 demandant aux programmes scolaires de mettre en avant les côtés positifs de la colonisation. Ces adolescents ont pourtant besoin de savoir d’où ils viennent et pourquoi ils sont là pour adhérer à la nation française. Nous devons aussi regarder notre histoire d’une manière apaisée en soulignant ses avancées mais en reconnaissant aussi sa part d’ombre. L’absolutisme de Louis XIV, l’esclavage, les guerres sanglantes de Napoléon, la colonisation puis la décolonisation, Vichy, tous ces sujets font partie de notre histoire et nous ne pouvons pas les ignorer. Il ne s'agit pas d’apprendre aux enfants à « avoir honte » de la France comme le pense François Fillon  mais de comprendre que notre République est l’aboutissement d'une histoire complexe ce qui contribue au développement de l'esprit critique de nos élèves. »

 

J’aime la rubrique du Magazine Littéraire « le français à la loupe » :

 

Dit-on durant ou pendant ? Tandis que « durant » exprime une durée continue ; « pendant » marque un laps de temps, une durée qui peut être interrompue.

 

Qu’est-ce qu’une épluchette ? L’épluchette n’est pas un outil de cuisine mais une fête collective canadienne au cours de laquelle on épluche des épis de maïs, qu’on mange de préférence après les avoir fait cuire. 

 

Rebattre ou rabattre ? C’est simple : elle me rebat les oreilles avec son histoire de caniche. Me les rabattre serait un geste déplacé, qui me ferait lui rabattre le caquet. 

 

Qu’est-ce qu’un amélanchier (j’adore ce mot qui me fait penser à la France insoumise) ? L’amélanchier est un arbuste de terrains calcaires pauvres, à floraison précoce et à petites feuilles cotonneuses. C’est donc un végétal plein de bravoure et de ténacité.

 

 

Partager cet article
Repost0
9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 05:29

Au sens où il s'agit de transformer le système politique d'un pays en faisant de la Charia la seule source du droit, la réponse est oui.

 

Comme toutes les religions, celles du Livre en particulier, l'islam est prosélyte. Autrefois on a vu des papes en armure, des rois anglais massacrer pour raisons religieuses. Plus récemment, souvenons-nous d’Israël dans les années cinquante : un État laïque gouverné par des travaillistes. Aujourd’hui, un pays où la religion a le primat sur tout, régenté par des gens de droite et d’extrême droite qui colonisent illégalement des territoires occupés et exploitent les Palestiniens. Même le bouddhisme, une religion qui se veut une philosophie, se radicalise, comme en Birmanie où, en 2015, un Néo-zélandais a été condamné à deux ans et demi de prison avec travaux forcés pour avoir utilisé une image de Bouddha afin de faire de la publicité pour son bar. Inversement, en 1971 à Ispahan, lors de la célébration des 2 500 ans de la ville, on pouvait voir des jeunes filles en minijupes et des hommes brûler des Corans. Hé oui, cela a pu exister !

 

Certains diront : « Il ne faut pas stigmatiser, pensons au “vivre ensemble”, à l’intégration ». L’islamisme conquérant se fiche de l’intégration comme de sa première sourate. Il ne veut que se répandre et s’imposer au monde entier en utilisant des techniques, des tactiques multiples et variées qui s’étalonnent du massacre de masse au débat policé en passant, comme le font les militants d’extrême droite, par l’utilisation subtile du juridisme le plus scrupuleux en profitant – si l’on me permet cette métaphore un peu bancale – de la moindre faille dans le ventre mou de démocraties de plus en vides de sens.

 

Début septembre, j’avais publié ce texte sur le rouleau compresseur du religieux dans nos vies. Ce qui va suivre a été motivé par le harcèlement subi par Djemila Benhabib, cette très courageuse militante de la liberté d’expression qui avait cru pouvoir trouver la paix en se réfugiant au Canada. Algérienne, Djemila est la fille de parents de sensibilité communiste condamnés à mort en 1994 par le Front islamique du djihad armé. La famille se réfugia tout d’abord en France, à Saint-Denis, puis au Canada en 1997 où Djemila poursuivit de brillantes études. Elle collabora un temps à El Watan avant de devenir fonctionnaire du gouvernement fédéral.

 

 

 

 

Faut-il que la Belle Province soit tombée bien bas dans la soumission aux forces du communautarisme pour que Djemila Benhabib, Prix international de la Laïcité, se soit retrouvée assignée devant un tribunal par des musulmans obscurantistes faisant tout pour imposer leur loi aux tribunaux car elle avait dénoncé le fait que des petits musulmans du Québec aient été amenés à réciter des versets coraniques appelant à l’extermination des mécréants ?

 

Cette initiative du genre n’est pas la première en Occident. Souvenons-nous qu’avant d’avoir été exterminée dans ses locaux, l’équipe de Charlie Hebdo avait été poursuivie par la Mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (très inspirée par les Frères musulmans dont elle a repris la devise : « Le Coran est notre Constitution ») à l’occasion des caricatures de Mahomet. Pour sa part, Djemila a été poursuivie par l'association Les Écoles musulmanes de Montréal pour avoir dénoncé, en 2010, les méthodes pédagogiques qu'elle avait subies, enfant, en Algérie : « J'ai dénoncé le fait qu'on fait réciter à des petits enfants des versets coraniques appelant à l'extermination des mécréants. A leur âge, on m'ordonnait de répéter des phrases entières réclamant la destruction des juifs et la lapidation des femmes adultères. Je me suis également insurgée contre le port du voile imposé à des fillettes de moins de 9 ans. L'école qui me poursuit est l'établissement islamique le plus important du Québec ».

 

Créées en 1985, les Écoles musulmanes du Québec ne se contentent pas d’enseigner le calcul et la lecture aux jeunes enfants. Elles accueillent les sessions du Conseil de la charia. Cet organisme vise à influencer toutes les institutions afin que le droit musulman soit pris en compte dans le droit québécois. Ce que dénonce et combat sans relâche Djemila Benhabib qui aurait eu le bonheur de voir passer la charte de la laïcité défendu par le Parti québécois en 2014 si celui-ci avait gagné les élections. Las ! C’est le Parti libéral de Philippe Couillard (sic), nullement opposé à l’islamisation d’espaces de plus en plus nombreux dans la société, qui l’emporta nettement.

 

Les militants islamistes ont récemment obtenu le renfort de l'Association canadienne des avocats musulmans qui explique que la kafala musulmane est reconnue en droit civil québécois. Il s'agit d'une procédure d'adoption qui interdit l'adoption plénière et empêche d'adopter au nom de la famille. Un enfant né hors mariage peut être recueilli par une famille adoptive mais n'aura pas les même droits sur l'héritage qu'un enfant légitime. Tandis que la Faculté de droit de l'université de Montréal donne des cours sur la Charia, le barreau québecois organise des formations pour aider les avocats à mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette même Charia dans les tribunaux du Québec.

 

On peut dire que le djihad juridique contemporain a commencé en Egypte dans les années 1990, avec le harcèlement des actrices de Youssef Chahine ou les attaques en justice du prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz pour certains de ses romans. En 1994, l’écrivain, alors âgé de 83 ans, fut à deux doigts d’être assassiné chez lui par deux fanatiques islamistes. L’objectif du djihad juridique en Occident est aujourd'hui de faire passer la loi islamique avant la loi démocratique et régalienne des États. En cas de résistance, l’« islamophobie » sera brandie en signe de vertu outragée.

 

En 2012, le journaliste roumain Mihai Claudiu Cristea, surpris sur un marché aux puces par la vue d’une femme en niqab intégral, prend la dame en photo et rédige un article équilibré sur le problème. La dame et son mari – tout deux Tunisiens – portent plainte. Voici comment Claude Simard (professeur retraité et infatigable militant de la laïcité au Québec) raconte la suite juridique de cette affaire : « Un jugement de la Cour supérieure a condamné dernièrement à 7 000 dollars [150 000 dollars avaient été réclamés] en dommages le directeur du mensuel Les immigrants de la Capitale, Mihai Claudiu Cristea, pour avoir publié sans leur consentement une photographie d'une femme en niqab en compagnie de son mari au marché aux puces de Sainte-Foy. M. Cristea vient de se voir refuser l'autorisation de porter sa cause en appel. […] L'argumentation du juge de la Cour d'appel est d'une insondable vacuité. Il avance d'abord que son collègue de la Cour supérieure a suivi la démarche prescrite en la matière par la Cour suprême du Canada, et, pour le démontrer, il ne fait que recopier mot pour mot le jugement de son collègue sans ajouter aucun commentaire ni aucune justification. Le deuxième argument de l'honorable juge porte sur la question de l'identification des intimés sur la photo ; avec un aplomb déconcertant, il soutient que son collègue a fait preuve sur cette question d'une appréciation qui « appelle à la déférence ». On se demande bien comment on peut arriver à la conclusion qu'une femme en niqab, donc voilée de la tête au pied, peut être identifiée ! » [Selon le tribunal, elle pouvait l'être car la femme était accompagnée de son mari – barbu mais non voilé.] La conclusion de Simard coule de source : « Depuis l'insertion en 1982 de la Charte des droits et libertés dans la constitution canadienne, les juges n'ont de cesse de favoriser les droits individuels au détriment des droits collectifs. Cet individualisme exacerbé les empêche de considérer la dimension sociale du droit ainsi que la symbolique culturelle liée à certains agissements dans l'espace public. Une musulmane intégriste n'a pas hésité à s'afficher en niqab dans un lieu public de son pays d'accueil, en l'occurrence un marché dans une ville de culture occidentale, où ce genre de vêtement n'est pas seulement étranger, mais est même vu comme un symbole d'un sexisme fondé sur des préceptes religieux rétrogrades. N'est-ce pas là de la provocation ? N'est-ce pas là le signe d'un refus d'intégration à la société d'accueil ? N'est-ce pas là du fanatisme ethno-religieux ? »

 

Quand il tenta un dialogue, Cristea entendit des prédicateurs recommander « les tapes correctrices » contre les épouses (après tout, dans l'Angleterre du XVIIIe siècle, les maris pouvaient corriger leur femme avec une badine à condition qu'elle ne fût pas plus épaisse qu'un doigt) et avertir les croyantes que serrer la main d'un homme équivaut à forniquer. Il se fit en outre expulser d'une salle de l'université Laval par les videurs de l'Association des étudiants musulmans pour des questions sur la polygamie. Condamné « pour atteinte à l'identité » d'une personne qui se voile intégralement, le laïque Cristea rentra en Roumanie. Le couple salafiste tunisien est toujours au Québec.

 

L’Islamisme est-il conquérant (I) ?

Interrogé sur la situation au Québec par Marianne (n° 2013), le juge Trévidic, qui exerça pendant neuf ans au pôle antiterrorisme, s’est montré particulièrement alarmant : « En 2004, j'ai suivi de très près ce qu'il s'est passé là-bas. La charia civile a failli passer, de justesse. Il y a eu tout un débat, et des hommes politiques, laïques, avaient des arguments pour justifier son acceptation, notamment dans le domaine des affaires familiales. On entendait des gens dire : “Comme les femmes ne viennent pas dans les tribunaux laïques, pour les procédures de divorce, la garde des enfants, ou en cas de violence conjugale, au moins avec l'instauration de ces tribunaux islamiques ce sera un moindre mal, elles iront, ce sera un minimum de protection.” C'était assez surprenant. Du moment que le reste de la population ne devait pas s'y soumettre, cela leur paraissait acceptable. Ils avaient aussi pensé à le faire pour certaines affaires commerciales. Ce n'est ni plus ni moins que la stratégie de certains groupes radicaux, qui estiment qu'ils sont solidaires du djihad mais ne vont pas prendre les armes, en préférant se consacrer à l'établissement de la charia sur certaines parties du territoire : c'était le cas de Charia For Belgium, Shar'ia For Britain et, en France, de Forsane Alizza. »

 

(Á suivre)

Partager cet article
Repost0
7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 05:42

La scène se passe en 2008 dans une université anglaise, au beau milieu des JO de Pékin. Un de mes amis, professeurs de sciences politiques, un homme authentiquement de gauche, s’adresse à ses étudiants en leur disant en gros : « Ces JO, c’est bien beau, mais n’oubliez pas que ce pays dit communiste est en fait une dictature capitaliste ».

 

Deux jours plus tard, il reçoit un courriel de son doyen lui expliquant que l’on ne doit pas critiquer une grande puissance amie qui, bien souvent, dans les instances internationales sportives, apporte son soutien au Royaume-Uni.

 

Avant de vous révéler (ne zappez pas) quelle fut la réaction de mon ami, je vous fait remarquer que lorsque lui et moi avons débuté dans le métier au début des années 70, ce genre de remarque de la part d’un supérieur hiérarchique était impensable des deux côtes de la Manche, et dans bien d’autres lieux.

 

Mon ami se paya le luxe de la réponse vengeresse suivante : « Cher collègue, vous seriez-vous tu face au nazisme lors des JO de Berlin en 1936 ? ».

 

 

 

 

Le second épisode se passe dans une université autrichienne au début des années 1990. Un autre de mes amis (je n’en ai pas tant que cela mais ils sont tous formidables) pose sa candidature à une chaire de littérature. Son curriculum vitae est éblouissant : une quinzaine d’ouvrages scientifiques, 200 articles, un vrai rayonnement international. Face à lui, une universitaire de fort bon aloi mais qui ne lui arrive pas à la cheville. La commission de recrutement (qui compte des étudiants qui se plaisent à écarter les enseignants à la réputation de sévérité !) classe tout naturellement mon ami devant la dame. Mais elle lui recommande de ne pas trop s’emballer car le choix doit être entériné par le ministre de l’Education en personne (il en va théoriquement de même en France).

 

Le ministre va prendre son temps, hésiter, atermoyer pendant environ trois mois, en sollicitant l’avis politique de nombreux conseillers. En effet, à cette époque, la Fonction publique autrichienne est en plein prurit de discrimination positive : il faut nommer, promouvoir des femmes partout, à tour de bras.

 

Finalement, la raison scientifique l’emportera et mon ami sera recruté, mais il aura eu chaud.

Partager cet article
Repost0
5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 05:39

Serge Halimi voit les États-Unis tentés par le risque (Monde Diplomatique, octobre 2016) :

Une candidate aussi expérimentée et entourée que Mme Hillary Clinton peut-elle être battue par un homme aussi brutal et controversé, y compris dans son camp, que M. Donald Trump ? Même si elle n’est pas la plus probable, cette issue, qui dépendra du vote d’une Amérique oubliée, n’est plus exclue.

 

Pour Philippe Descamps, l’Islande est dans tous ses états (“Des Pirates à l’assaut de l’Islande”) : 

Touchée de plein fouet par la crise financière et l’effondrement de son système bancaire en 2008, l’Islande affiche aujourd’hui une santé économique resplendissante. Si ce petit pays a pu très vite se redresser en s’écartant de l’orthodoxie libérale, les promesses de refondation du contrat social restent à accomplir.

 

 

L’ivraisemblable panade de la filière bois française (“Braderie forestière au pays de Colbert”, par Guillaume Pitron) :

Couvrant près d’un tiers du territoire, la forêt française constitue un fabuleux trésor. Mais il y a loin de l’arbre brut au bois travaillé : faute de politique industrielle concertée, la sylviculture est devenue le deuxième poste du déficit commercial. Plongée au sein d’une filière saccagée, entre matière première vendue à l’étranger, scieries en liquidation et timides tentatives de redressement.

 

Pour Anne-Cécile Robert, les dirigeants européens ignorent les peuples, au nom d’une saine gouvernance, bien sûr :

La plupart des candidats à la présidentielle française proposent de réformer, d’une façon ou d’une autre, les institutions de la Ve République. Si de nombreux élus, chercheurs ou militants diagnostiquent une « crise de la démocratie », le mal pourrait se révéler plus profond : l’installation rampante d’un nouveau régime politique, la gouvernance, dont l’Europe est le laboratoire.

 

Olivier Piot pense qu’au Gabon, la mécanique du népotisme est enrayée :

Contrairement à un scénario bien ficelé depuis des décennies, la France n’a pas reconnu immédiatement l’élection, contestée et suivie d’émeutes, du président gabonais le 31 août dernier. Que M. Ali Bongo parvienne ou non à se maintenir au pouvoir, il s’agit d’un tournant dans l’histoire de ce petit pays d’Afrique centrale, symbole d’une « Françafrique » vacillante.

 

Sophia Marchesin qualifie les combattants druzes du Golkan d’irréductibles :

Déjà morcelée entre cinq groupes armés eux-mêmes composites, bombardée par les grandes puissances, la Syrie a vu le nord de son territoire envahi à la fin août par l’armée turque, décidée à empêcher la jonction entre les territoires kurdes. Ce dépeçage a commencé il y a bien longtemps, lorsque Israël décida d’occuper le plateau du Golan, où seuls les Druzes ont pu s’accrocher.

 

Sümbül Kaya explique comment M. Erdoğan a maté l’armée turque :

La stratégie d’endiguement menée par M. Recep Tayyip Erdoğan pour contrer la mainmise traditionnelle des militaires sur la vie politique n’a pas empêché le putsch de juillet dernier. Sorti victorieux de cette épreuve de force, le président turc a lancé une vaste opération de purge pour conforter son pouvoir. Au risque de diviser et d’affaiblir une institution engagée dans deux opérations d’envergure.

 

Pour Pierre Daum, le Maroc est toujours pétrifié par son roi :

Le scrutin législatif du 7 octobre ne devrait pas modifier la donne dans le royaume chérifien, confronté à un climat social difficile. L’opposition peine à défendre les maigres concessions obtenues avec la Constitution de 2011. Dans un contexte de mise au pas des médias, questionner le pouvoir du roi Mohammed VI reste un tabou.

 

Gideon Levy voit Israël en pleine religion de la sécurité :

Après les attentats qui ont ensanglanté la France, de nombreux responsables politiques ont érigé en modèle la gestion par Tel-Aviv des questions de sécurité. Au risque d’en taire les effets pervers sur les plans politique, économique et social. Dans la société israélienne comme dans les territoires occupés, la réponse militaro-policière au terrorisme a montré ses limites.

 

 

Avec Benjamin Fernandez, rencontrons les vengeurs masqués de la rue mexicaine :

Moins connu que son frère nord-américain, le catch mexicain — ou « lucha libre » —, avec ses lutteurs masqués, ses justaucorps et son iconographie bariolée, inspire et fascine bien au-delà de son pays d’origine. La popularité de cette « comédie humaine » apparue au début du XXe siècle s’enracine dans la culture, l’histoire et la vie politique mexicaines, dont elle révèle des aspects inattendus.

 

Qui a tué Berta Cáceres, demande Cécile Raimbeau ?

L’assassinat de Berta Cáceres le 3 mars dernier au Honduras a suscité une vague d’indignation. Ce meurtre s’ajoute à celui de nombreux militants amérindiens et écologistes opposés aux barrages hydroélectriques qui prolifèrent en Amérique centrale. Sous prétexte d’accompagner la « transition énergétique », les bailleurs internationaux sont peu regardants sur la nature des projets et les intérêts en jeu.

 

 

En Moldavie : un casse du siècle (Julia Beurq) :

À Chişinău, une gigantesque fraude financière a jeté la population dans la rue. Prorusses et pro-occidentaux ont défilé ensemble contre le système oligarchique. Mais, à l’approche de l’élection présidentielle du 30 octobre, la classe politique se complaît dans les anciennes fractures, semblant ignorer que les Moldaves se sont lassés des clivages géopolitiques.

 

Gibraltar est toujours la dernière colonie d’Europe (Lola Parra Craviotto) :

En votant très massivement contre le « Brexit », les habitants de Gibraltar ont montré leur attachement à l’Union européenne, qui leur accorde de nombreuses dérogations et joue les médiateurs avec l’Espagne. D’une superficie à peine plus grande que celle du 20e arrondissement de Paris, ce territoire est à la fois l’un des plus riches du monde et le dernier à décoloniser en Europe, selon les Nations unies.

 

Martine Bulard décrit l’incurie de l’industrie face aux appétits chinois :

Les investissements français en Chine sont six fois plus importants que les investissements chinois en France. Tandis qu’à Pékin personne ne s’inquiète d’une invasion hexagonale, les convoitises de l’empire du Milieu effarouchent nombre de commentateurs à Paris. Cet afflux de capitaux étrangers n’est pourtant possible qu’en l’absence d’une politique industrielle ambitieuse.

 

Éric Frécon revient sur les tendances autoritaires dans le Sud-Est asiatique :

Quoi de commun entre l’icône birmane Aung San Suu Kyi et le sulfureux président philippin Rodrigo Duterte ? Leur présentation caricaturale dans les médias, notamment occidentaux, prompts à prendre parti au nom de considérations morales. Les peuples d’Asie du Sud-Est s’avèrent souvent moins sensibles aux accusations d’autoritarisme qu’aux résultats qu’ils escomptent de l’action de leurs élus.

 

Anthony Glinoer est séduit par la bohème :

Une bande de copains joyeux, fauchés, un peu provocateurs, prêts à s’inventer un autre avenir que celui des bons bourgeois : la bohème avec ses légendes, héritée du XIXe siècle, fait si bien rêver que le XXIe n’en finit pas de la recycler. Romantique, insolente, est-elle un geste de liberté ou un supplément d’âme ?

 

Soyons heureux avec les Ressources Humaines (Julien Brygo & Olivier Cyran) : 

Les patrons n’exagèrent-ils pas un peu dans leur souci de faire le bonheur de leurs salariés ? Aux forçats du travail qui rament pour des queues de cerise et n’auraient peut-être pas songé à se poser pareille question, l’émission « Envoyé spécial », sur la chaîne publique France 2, vient d’administrer une édifiante leçon de rattrapage. Dans un reportage diffusé le 1er septembre, elle nous emmène sur les pas de Sophie, chief happiness officer dans une start-up parisienne spécialisée dans la vente en ligne d’articles de mode faits main. Inventé aux États-Unis, ce nouveau métier, que l’on pourrait traduire par « chef du service bonheur », consiste à « créer une bonne ambiance au bureau » en égayant le personnel par des repas, des soirées ou des sorties propres à souder le groupe et à galvaniser son ardeur à la tâche. Après le petit déjeuner offert aux salariés, la journée de Sophie « se poursuit à la supérette du coin, où elle fait les courses pour préparer un barbecue que l’équipe va déguster », indiquent les auteurs du reportage, apparemment subjugués, eux aussi, par le bain d’allégresse managériale où trempent les cinquante employés de l’entreprise.

Partager cet article
Repost0
3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 05:38

L’Humanité revient une fois encore sur la criminalisation des luttes sociales :

 

Détention provisoire, prison avec sursis et peines de prison ferme : les sentences prononcées contre les manifestants poursuivis pendant le mouvement contre la loi travail sont parfois lourdes et rendues de manière expéditive. Le résultat de la stratégie de tension du gouvernement.

 

« La régression que l’on vit n’est pas que sociale, elle se retrouve aussi au niveau de la justice. On a l’impression d’être revenu à une justice bourgeoise d’avant 68 », s’indigne Me Élise Brand, avocate au barreau de Caen. L’un de ses clients a écopé de trois mois de prison ferme et de 1 500 euros d’amende pour... outrage et organisation d’une manifestation non autorisée. Depuis le début de la mobilisation contre la loi travail en mars dernier, les procédures judiciaires contre les manifestants se sont multipliées partout en France, avec parfois à la clé des peines très lourdes. Si le ministère de la Justice ne fournit que ses données arrêtées début juillet, alors que de nombreux procès doivent encore se tenir, ces chiffres donnent une idée de l’ampleur de la répression.

 

Au 7 juillet, la chancellerie recensait 909 gardes à vue, 796 poursuites ayant donné lieu notamment à 158 peines prononcées et 180 classements sans suite. Preuves de la sévérité des jugements, 32 peines de prison ferme ont été prononcées, ainsi que 36 peines de prison avec sursis simple et 23 peines de prison avec sursis et mise à l’épreuve. À la CGT comme à SUD, on essaie d’établir ses propres statistiques. « On n’a jamais vu autant de camarades interpellés en manifestation, et cela donne lieu à plus de poursuites que pendant le mouvement contre la réforme des retraites en 2010 », estime Céline Verzeletti, membre de la direction confédérale de la CGT. Au-delà du nombre de procédures, les militants dénoncent également la lourdeur des peines. D’autant que, de l’aveu même du garde des Sceaux, « en prenant seulement les gardes à vue de Paris, 72 % d’entre eux n’avaient jamais été condamnés et étaient même complètement inconnus des différents services de la chancellerie ».

 

Toujours à propos de criminalisation, le Cégétiste Miguel Fortea s’exprime à propos d’une chemise déchirée vue 1 milliard 700 millions de fois sur internet : « De quelle violence parle-t-on ?" Il ne s'agit pas que d'une chemise arrachée, lui a fait remarquer un avocat des parties civiles. "Non, a enchaîné le délégué syndical, il y avait 2.900 emplois sur la table." » L’homme à la chemise, normalien et énarque, travaille maintenant chez Bolloré.

 

 

 

Orwell plus vivant que jamais. Le Monde nous apprend que pour améliorer la sécurité, les chauffeurs d’Uber devront prendre des selfies. La société étasunienne de transport urbain a expliqué que ses chauffeurs devront bientôt prendre des photos d’eux-mêmes afin de confirmer leur identité. Ces contrôles inopinés visent à empêcher que plusieurs personnes n’utilisent le même compte. Pour le moment, ils ne concerneront que les Etats-Unis mais ils seront aussi mis en place dans les autres pays où la plate-forme est présente.

 

« Nous voulons être certains que le chauffeur qui conduit est le chauffeur dont nous avons vérifié les antécédents judiciaires », justifie Joe Sullivan, le responsable de la sécurité de l’entreprise, interrogé par le Washington Post. Le dirigeant assure cependant que le phénomène est peu fréquent. Il concernerait essentiellement des proches. Mais utiliser le compte d’un autre peut aussi être un moyen de contourner les règles de sécurité, en permettant à une personne refusée ou exclue par Uber de transporter des passagers.

 

 

Selon Le Canard Enchaîné – et là il faut bien dire que la campagne électorale pour l’élection présidentielle est bien lancée et à un haut niveau, Macron a affublé Hollande du surnom de sociopathe, tant il est indifférent à ce qui l’entoure. Hollande aurait surnommé Macron “ Couac 40 ”.

Partager cet article
Repost0
1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 05:39

Á première vue, comme ça, avec sa coiffure savamment désordonnée et ses manières brut de décoffrage, on peut le prendre pour un ruffian. L’impression est trompeuse. Il vient de la grande bourgeoisie et descend du roi George II. Il a fréquenté les meilleures écoles (l’école européenne de Bruxelles, le collège d’Eton et l’université d’Oxford) et parle couramment quatre langues.

 

Lui qui a été chargé de négocier la sortie du Royaume Uni de l’UE – sortie qui, je prends tous les paris – n’aura pas lieu selon les espérances des Britanniques qui ont voté pour le Brexit – a travaillé pendant seize ans pour la Commission européenne et a été député européen.

 

Ses gaffes longuement mûries sont le plus souvent répugnantes : « Si vous votez Tory, votre femme aura de plus gros seins et vous augmenterez vos chances d'avoir une BMW », « les djihadistes sont des branleurs qui pratiquent la masturbation intensive ».

 

Malgré la forte antipathie que suscite en moi ce sire qui joue au bouffon, j’avoue avoir ri avec admiration devant son dernier limerick. Inventé par les Britanniques, le limerick est un poème de cinq vers rimés selon le schéma aabba. Il est entendu que les deux premiers vers ont trois accents, et riment entre eux, que les deux suivants ont deux accents, riment entre eux et que le dernier a trois accents, et rime avec les deux premiers.

 

Le limerick est généralement salace. On dit qu'il y a trois sortes de limericks : ceux que l'on peut dire aux dames ; ceux que l'on peut répéter aux curés ; et les vrais. Un des plus célèbres, qui rappelle un peu l’histoire du Petit Chaperon rouge, est celui de la jeune dame du Niger (en gras les syllabes accentuées) :

 

 

There was a young lady from Niger,

Who smiled as she rode on a tiger;

They came back from the ride

With the lady inside,

And the smile on the face of the tiger.

 

Il y avait une jeune dame du Niger

Qui souriait en chevauchant un tigre

Lorsqu'ils revinrent de la promenade

La dame était à l'intérieur

Et le sourire aux lèvres du tigre.

 

 

En mai dernier, Boris Johnson (dont l’un des arrière-grands-pères était turc) remporte un concours de limericks, et les 1 000 livres qui vont avec, à l’initiative du Spectator (dont il fut autrefois le rédacteur en chef). Ce en solidarité avec l’humoriste allemand Jan Böhmermann, poursuivi en Allemagne, par Angela Merkel à la demande d'Erdogan. Böhmermann avait suggéré que l’autocrate turc avait des penchants pédophiles et zoophiles. Pour défendre l’humoriste allemand, Johnson avait déclaré : « Si quelqu'un veut faire une blague sur l'amour qui fleurit entre le président turc et une chèvre, il devrait pouvoir le faire, dans n'importe quel pays européen, y compris en Turquie. C'est formidable qu'un leader politique britannique montre que la Grande-Bretagne ne va pas s'agenouiller devant le présumé califat à Ankara ». Et il en avait rajouté une couche en disant que les chèvres turques étaient agréables à regarder et qu’il appréciait la Turquie puisque sa machine à laver était turque. Il se lança alors dans ce limerick apparemment improvisé où il évoque un jeune « branleur » (wankerer, rime riche avec Ankara) qui s'envoie en l'air avec une chèvre. Sans imaginer que, quelques mois plus tard seulement, il rencontrerait Erdogan en tant que ministre des Affaires étrangères.

 

 

There was a young fellow from Ankara

Who was a terrific wankerer

Till he sowed his wild oats

With the help of a goat

But he didn’t even stop to thankera.

 

 

Il y avait un jeune type d’Ankara

Qui était un formidable branleur

Jusqu’à ce qu’il s’envoie en l’air

Avec une chèvre

Mais il ne s'arrêta même pas pour la remercier.

 

 

Désolé que ma pauvre traduction affaiblisse cette petite merveille.

 

Un limerick de Boris Johnson
Partager cet article
Repost0
27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 05:31

 

On le sait, sur sa page d’accueil, Orange (privatisée) fait systématiquement dans le “people” sans intérêt, se hissant péniblement au niveau du France Dimanche et autre Ici Paris  d’il y a cinquante ans.

 

Tout récemment, Orange se proposait de nous révéler les véritables noms et prénoms de quelques “ stars ”. Parmi elles, la journaliste Léa Salamé. Hé oui, dans le monde merveilleux d’Orange privatisée, une journaliste peut être une “star”. Sur cette journaliste, Orange nous donne les informations capitales suivantes : « Née d'un père libanais et d'une mère arménienne, Léa salamé a choisi de changer non pas de nom de famille mais de prénom, très jeune, ce qu'elle expliquait à L'Hebdo Magazine, en 2015. “ En France, on prononçait Hala, Allah, et je subissais des méchancetés inouïes parce qu'on liait mon prénom à celui d'Allah. C'était hyper violent à mes oreilles. Alors, à 12 ans, je décide de changer de prénom ” »  (Léa Salamé lors de la conférence de presse de rentrée de Radio France à Paris, le 31 août 2016).

 

Orange laisse ensuite la parole à ceux qui s'empressent de réagir à ce petit texte. Et c’est là que tout part en vrille. A titre personnel, je n’éprouve pas – on s'en doute – une sympathie débordante pour cette personne plutôt brillante, qui est aussi une “fille de” et une femme de réseaux bien de droite. Je me retrouve assez bien dans cette réaction d’un usager de la page d’accueil : « Hargneuse, discourtoise, partisane, ego démesuré, ne laisse pas parler sans interrompre. Elle pose la question fait la réponse et agresse si la réponse ne lui convient pas ».

 

Le problème est que la plupart des autres commentaires ne sont pas du même tonneau, aucun intervenant n’ayant le courage de signer de son nom. Un “ Alves ” (qui pourrait être d’origine portugaise) réagit ainsi : « elle a honte de ses origines ? qu'elle S...... ». “ Reine ” lui emboite le pas en mettant sa propre faute sur le dos de Léa : « ce n'est pas en changeant de prénom que l'on cache d'où on vient. Elle est raciste ? ».

 

“ Briegtredo ” va plus loin : « Son prénom ? Était çe fatma ??? Lol. On s'en branle de çette meuf et de ses émissions à la con. Quelle nôus donne pas des leçons cette grosse conne », elle qui, selon p2m commence à « épaissir aux hanches et devrait faire attention à son régime libanais ».

 

Avec Calme [sic] 263, on entre dans le vrai vif du sujet : « Enfin on reconnait la famille qui a le meme sang la famille de Benguigui , LANG, Sarkosy Eli Cemoun Ben a ordures tous des batisés aux sécateurs. Les bras m en tombent !!!!!! ».

 

Même musique, en mezzo voce, chez Macgyver77 : « Tout en partageant bon nombres des avis précédents, ce qui est étonnant, toutes chaines confondues ce sont de plus en plus les origines des présentatrices ....Elles sont souvent halées au prénom Halal ....Il doit faire bon en France ou l'ORTF organisme de télé FRANCAISE les paierai moins cher ? ».

 

Loldujour fait dans la concision : « une bougne un point c'est tout ! ». Tout comme Toupourie : « On voit bien que c'est pas une Gauloise, pas besoin de la C.I ».

 

A1C5 a la fibre patriotique de Gringoire (je me demande si les gens d'Orange connaissent cette publication) : « qu'on la vire de tous ces médias corrompus, et que l'on expulse de notre beau pays qu'elle sali ».

 

Tout comme Orange, j’ai gardé les orthographes d’origine.

 

Honte, non pas à ces pauvres frustrés racistes, mais à ce service qu’on appelle encore public qui véhicule les pires immondices de la pensée ordinaire.

 

Quand Orange héberge le racisme
Partager cet article
Repost0
26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 05:37

 

Le Grand Soir reprend un article de Nobert Trenkle sur l’islamisme :

 

Il existe un point commun fondamental entre les fanatiques islamistes et leurs adversaires militants de Pegida et du Front National. Dans les deux cas, la force motrice est l’impulsion régressive d’évacuer la pression sociale produite par la crise à travers la discrimination d’un ennemi imaginaire. Face à cela, on s’égare complètement en en appelant à une compréhension « interculturelle » ou « interreligieuse » ; car on n’a pas affaire ici à un conflit entre différentes « cultures », mais à une polarisation agressive entre diverses identités collectives régressives au sein même du système capitaliste mondial, une confrontation qui devient elle-même un facteur de la crise globale, en ce sens qu’elle engendre une sorte d’état de guerre permanent. Il est également vain, dans cette situation, de mettre en avant les valeurs républicaines ou démocratiques de liberté et d’égalité. Ces valeurs ont perdu depuis longtemps leur force de rayonnement parce que l’exclusion sociale et raciste, la monétarisation de tous les domaines de la vie et les incessantes campagnes étatiques de contrôle, y compris dans les démocraties occidentales, les ont vidées de leur contenu.

Revue de presse (176)

Marianne nous informe qu’en ce 26 septembre 2016 s’ouvre le procès de Djemila Benhabib au palais de justice de Montréal, procès intenté par un établissement scolaire privé portant le nom d’Écoles musulmanes de Montréal. Ce procès est cruellement symbolique. D’un côté, des religieux qui encouragent au hijab dès le plus jeune âge dans un pays démocratique. De l’autre une femme libre, militante de l’égalité des sexes et de la laïcité, originaire d’un pays qui a été laminé par l’islamisme. Deux camps, deux visions de la femme, deux conceptions du monde. Beaucoup de féministes, universitaires engagées dans le débat intellectuel et politique, ayant accès à la parole publique, s’expriment très régulièrement dans les médias. Dans ce procès, leur mutisme n’en est que plus révélateur.

 

Cela fait des années que, sur ces thématiques corrélées les unes aux autres – du blasphème à la laïcité, de la liberté de conscience et d’expression à l’égalité des sexes – des féministes envoient des signaux particulièrement dangereux. Où étaient-elles ces derniers mois ? Au nom de l’inclusion et de l’ouverture inconditionnelle à l’Autre, elles défendaient le droit au burkini, caressant les militantes du voile et autres « féministes islamiques » dans le sens du poil. Elles défendaient, par exemple, le droit de la pakistanaise Zunera Ishaq à prêter le serment de citoyenneté canadienne le visage dissimulé conformément à la tradition pachtoune. Le paroxysme de l’incivilité.

 

 

Le site Action Consommateurs Travailleurs  pointe du doigt le manque dramatique de régulations mondiales :

 

Imaginez un policier au carrefour, dépourvu de l’autorité de sanctionner un automobiliste qui passe au feu rouge, n’offrant aucun recours aux piétons renversés et exigeant encore moins réparation auprès du contrevenant… Vous aurez alors un assez bon aperçu de la démission des Etats vis-à-vis du respect des droits de l’Homme par les entreprises qui chapeautent des filières d’approvisionnement internationales. Et on en vient à un jeu de dupe où les entreprises envoient la balle aux Etats nationaux qui à leur tour s’en débarrassent vers des organisations internationales dépourvues de pouvoir de contrainte. Reste alors la sanction du marché : aux entreprises de montrer patte blanche, aux consommateurs de choisir.

 

La mondialisation et la complexification des filières d’approvisionnement diluent le lien de responsabilité entre une enseigne et les travailleurs des usines de confection de vêtements.

 

Plongés dans une économie basée sur la concurrence, les Etats sont à la recherche permanente d’avantages comparatifs. Pour préserver les contrats et les investissements et attirer de nouvelles entreprises, ils sacrifient les normes sociales, environnementales ou fiscales. Ils créent des zones franches d’exportation, qui dans la grande majorité des cas sont synonymes de zones de non-droit défiscalisées. Ils sous-investissent dans l’inspection du travail, avec comme résultat des drames comme l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh. Ou encore, ils refusent d’augmenter le salaire minimum légal au niveau d’un salaire vital, laissant de la sorte les travailleuses et leurs familles vivre dans la pauvreté.

 

 

Partager cet article
Repost0
19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 05:46

Guillaume Sayon, adjoint à la culture de la ville d'Avion (tout près d’Hénin-Beaumont) et membre de la direction départementale du PCF dans le Pas-de-Clais, s’interroge dans son blog sur le vrai changement :

 

Le changement réel et brutal auquel nous aspirons par millions, il est évident qu’il n’émanera pas de la farce républicaine [de l’élection présidentielle]. Il est impératif de travailler dur pour recréer de la solidarité à la base, entre nous, de nous former, d’acquérir des savoirs, de nous doter d’une puissante organisation étrangère à toutes ces manipulations malhonnêtes et surtout de lutter. Comme le font les salariés des usines liquidées, les étudiants dans leurs universités, les élus locaux contre les expulsions locatives et les fermetures de fluides … Tant que nous ne serons pas en capacité d’établir un véritable rapport de force avec ceux qui tirent les ficelles dans l’arrière-boutique, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer. Ce qui divise notre société, ça n’est pas le dieu qu’on prie, la tenue vestimentaire que l’on porte, l’orientation sexuelle des uns et des autres ou la couleur de la peau ; ce qui nous divise et nous a toujours divisé, c’est de savoir si le matin je me lève pour échanger ma force de travail contre un salaire ou chercher à pouvoir le faire en cas d’inactivité professionnelle temporaire, ou bien si je me lève en étant propriétaire de l’usine, de la banque ou de ce complexe agro-alimentaire.

 

 

Sur les antennes de RTL, Jean-Pierre Chevènement analyse la situation à Alstom :

 

Il souhaite que l'État « monte au capital, ne se contente pas des droits de vote que Monsieur Bouyges lui a accordés pour une durée limitée. Je pense que Monsieur Bouygyes a 28% et il serait honnête de le désintéresser complètement, c'est-à-dire que l'État soit à 28% et aille un peu plus loin peut-être, parce que ce qui est en jeu c'est tout l'équilibre des accords passés avec General Electric. » Pour Jean-Pierre Chevènement, il est clair que les dirigeants d'Alstom ont cherché à prendre les pouvoirs publics par surprise. « Ça c'est inacceptable, et nous ne pouvons pas avoir confiance dans les dirigeants d'Alstom. On a nationalisé Renault pour moins que ça à la Libération. »

 

Jean-Pierre Chevènement réfute les justifications avancées par l'entreprise pour transférer son site de production. Comme il le rappelle, le site de Belfort est la plus vieille usine de locomotives de France, depuis plus de 140 ans et « tout le savoir-faire, les ouvriers, les techniciens, les ingénieurs, on ne va pas les déplacer comme ça. » Il pense plutôt que cette manœuvre est la suite logique d'un mouvement de revente à General Electric, lancé avec la revente de la branche énergie de l'entreprise. « Dans tout cela, il n'y a que félonie, traîtrise, coups tordus, mensonges... Il est temps qu'une volonté politique s'affirme. »

 

 

Dans le Grand Soir, Jérôme Duval montre à quel point la France est indulgente avec le Panama, délicieux paradis fiscal :

 

Sarkozy a obtenu la sortie du Panama de cette liste grise. Tout d’abord en signant le 30 juin 2011, une convention fiscale entre la France et le Panama « en vue d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion et la fraude fiscales en matière d’impôts sur le revenu ». Actant cette décision, le pays est naturellement sorti de la liste noire française des paradis fiscaux qui est mise à jour tous les ans au 1er janvier (Notons au passage, qu’en janvier 2014, Jersey et les Bermudes sortent de cette même liste noire, après avoir été inscrits pendant seulement six mois !).

 

Tout comme Noriega, qui reçut la Légion d’honneur des mains de François Mitterrand en 1987, le multimillionnaire et ancien président du Panama de 2009 à 2014, Ricardo Martinelli, a été décoré le 14 juillet 2013 par François Hollande qui l’a élevé au rang de Grand-Croix de la Légion d’honneur. Actuellement visé par une douzaine d’enquêtes pour détournement de fonds, crimes financiers, distribution de pots-de-vin et poursuivi pour avoir fait surveiller illégalement plus de 150 opposants en utilisant des fonds publics, Martinelli, en cavale, est visé par un mandat d’arrêt.

Revue de Presse (175)
Partager cet article
Repost0