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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 06:48

Aujourd’hui : Le Grand Soir et les Etats-Unis. De nombreux articles très intéressants sur ce site. Je n’avais que l’embarras du choix.

 

Michel Taupin, dans le Grand Soir, décrit ainsi les Etats-Unis : Un pays qui dépense des fortunes démentielles dans les guerres et l’armement, plus que tous les autres pays du monde rassemblés, un pays qui détient le record du monde des millionnaires (20 millions) mais qui plonge dans la pauvreté déjà près de 46 millions de ses habitants, un pays dont le nombre d’analphabètes (3,2 millions), augmente impitoyablement, un pays qui vit dans une violence quotidienne inouïe et où la population s’entretue (300 millions d’armes à feu et 30 000 morts par an), un pays dont la dette publique abyssale s’approche des 20 000 milliards de $ et dont le paiement des intérêts représente à lui seul un budget de 450 milliards par an (le second après les dépenses militaires), un pays dont la dette des entreprises privées est de 17 000 milliards et celle des ménages de 13 000 milliards de $, soit une dette totale de 50 000 milliards de $, autant dire une catastrophe géante en prévision, une bombe atomique au-dessus de nos têtes qui éclatera si les taux d’intérêts augmentent un tant soit peu, un pays malade jusqu’à l’os de son racisme, de son inculture, de ses sectes religieuses, du génocide amérindien, un pays qui ne peut survivre que par le pillage des ressources des autres pays qu’il "démocratise", un pays dont justement le "système démocratique" particulièrement discriminant, oublie près de 60% de son peuple.

 

 

 

Le Grand Soir reprend un article d’Ignacio Ramonet pour Mémoires des luttes du 21septembre 2016 où l’ancien directeur du Monde Diplomatique expliquait pourquoi Trump avait de bonnes chances de l’emporter. Par parenthèse, début octobre, Michael Moore arrivait aux mêmes conclusions sur son blog. Pour Ramonet, « Depuis la crise dévastatrice de 2008 (dont nous ne sommes pas encore sortis), plus rien n’est comme avant nulle part. Les citoyens sont profondément déçus, désenchantés et désorientés. La démocratie elle-même, comme modèle, a perdu une grande part de son attrait et de sa crédibilité. Tous les systèmes politiques ont été secoués jusqu’aux racines. En Europe, par exemple, les séismes électoraux inédits se succèdent, depuis la victoire de l’extrême droite en Autriche jusqu’au Brexit anglais ou la récente défaite de la chancelière allemande Angela Merkel dans son Land de Mecklembourg-Poméranie.

 

Mais le bouleversement ne se limite pas à l’Europe, il suffit de voir l’écrasante victoire électorale, en mai dernier, de l’inclassable et tonitruant Rodrigo Duterte aux Philippines... Tous les grands partis traditionnels sont en crise. On assiste partout à l’ascension de forces de rupture, soit des partis d’extrême droite (en Autriche, pays nordiques, Allemagne, France), soit des partis populistes et anti-système (Italie, Espagne).

 

En 1980, la victoire inattendue de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis avait fait entrer le monde dans un cycle de quarante ans de néolibéralisme et de globalisation économique. Une éventuelle victoire de Donald Trump le 8 novembre prochain pourrait, cette fois, faire entrer le monde dans un cycle géopolitique nouveau dont la caractéristique idéologique principale, que l’on voit poindre un peu partout et notamment en France, serait : l’autoritarisme identitaire.

 

 

Pour Paul Ariès, la victoire de Trump, c’est la victoire du protofascisme sur la corruption des élites... démocrates et républicaines.

 

Seul Bernie Sanders aurait pu faire gagner l’Amérique des pauvres contre l’Amérique des riches !

 

A défaut d’un grand projet émancipateur les naufragés du système ne pouvaient que voter pour celui qui transpire la haine, les pauvres ne pouvaient que se tromper de colère. Ils ne pouvaient qu’ajouter la lèpre au choléra.

 

Marine Le Pen, comme Trump, ajouterait le choléra à la peste. Les candidats des deux droites, ceux des républicains et ceux de la fausse gauche socialiste, ne peuvent qu’enfanter la haine ! Défendre à la fois la justice sociale, écologique et politique c’est la meilleure arme contre Trump/Le Pen.

 

 

Pour le philosophe communiste Georges Gastaud, Trump ne fait que dévoyer dans un sens fascisant cette légitime aspiration des peuples au progrès, à la solidarité et à la sécurité intérieure et extérieure. D’une autre façon que le libre-échangisme cultivé jusqu’au bout par Obama et Clinton, le protectionnisme bourgeois proposé par Trump représente lui aussi à terme un grave danger pour la paix mondiale.

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 06:57

 

La journée du 8 novembre a vu l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Sur les médias que je suis (France Inter, France 2 et France 3), les journalistes n’ont pu cacher à la fois leur effroi, leur incompréhension de ce vote et leur mépris à la fois du candidat Trump mais aussi de son électorat – en tant que cet électorat était formé d’une bonne partie de “petits Blancs”, c’est-à-dire de gens (pas forcément “Blancs”, d’ailleurs) ayant peu fait d’études, travaillant dur, et ne rechignant pas à la peine – pour des salaires à peine décents – et qui, d’un point de vue “sociétal” (rapports hommes/femmes, sexualité, autorité, police, justice, traitement de la délinquance, modalités de l’enseignement, conception de l’art, etc.) sont plutôt traditionnels, si ce n’est traditionalistes. Cet électorat est aussi, pour une part, en France, celui du Front national.

 

Remarque 1. Contrairement à ce qu’on imagine, une partie de cet électorat ne hait pas les très riches (représentés, aux États-Unis, par Donald Trump ou Bill Gates, en France par Bernard Arnault ou Vincent Bolloré). Elle a plutôt, pour eux, un mélange de répulsion/fascination : elle les sent très loin d’elle, elle les voit redoutables, d’une autre espèce que la sienne, vaguement dédaigneux, mais elle les admire, elle les envie, elle voudrait avoir leur vie, enfin la partie de leur vie la plus spectaculaire : une maison de 30 pièces avec piscine, un yacht, des voitures de luxe, des repas dans des “Trois étoiles”, etc.

 

Remarque 2. En revanche, ce que déteste, ce que hait cette classe (et d’une haine viscérale, comme j’en témoignerai ci-après), c’est la classe moyenne instruite (incomparablement plus proche d’elle, financièrement, que cette dernière ne l’est des très riche), la classe des enseignants, des cadres de la fonction publique, des journalistes, des avocats, des journalistes et lecteurs de L’Obs, de Libération, de Télérama (et notamment des pages culture de ces magazines) et des journalistes et lecteurs du Monde diplomatique. En gros ce qu’on appelle les “intellos”.

 

J’avais eu un aperçu de cette animosité à l’issue d’une réunion sur les retraites, il y a une dizaine d’années, à la mairie de Saint-Cyr-sur-Loire, où avait été invité un conférencier qui plaidait, à l’époque, pour la “réforme” des retraites. A la fin de sa conférence, je lui avais dit tout le mal que je pensais de cette réforme en général et des fonds de pension en particulier. Et un spectateur m’avait, à la fin, interpellé en me disant : « Vous, les enseignants, vous critiquez toujours tout ! ». A quoi je lui avais rétorqué : « Je ne suis pas enseignant ! ». Passant alors d’emblée au tutoiement, il m’avait lancé : « Tu pues le prof... ».

 

Remarque 3. Cette hostilité à fleur de peau, cette antipathie est liée, parfois, à de mauvais souvenirs scolaires, à des humiliations, en classe, au moment du rendu des compositions, des interrogations orales, des rencontres parents-professeurs, des “orientations” (le problème de l’orientation ne se pose jamais pour les “bons” élèves...). Elle est liée, aussi à la condescendance, au mépris (d’autant plus douloureusement ressenti qu’il est enveloppé dans des bons sentiments) avec lequel les “intellectuels” parlent à cette catégorie sociale ou parlent d’elle.

 

- Elle est liée aussi à ce que le genre de vie, les valeurs, les loisirs, les distractions de cette classe intellectuelle ne font pas rêver les classes populaires. Celles-ci ne vibrent pas pour les dernières sculptures de Damien Hirst ou de Jeff Koons, et ont vaguement l’impression qu’on se moque d’elles lorsque des “intellos” se pâment à la lecture de Télérama. Elles veulent de la consommation de luxe, des suites dans des hôtels, des repas à La Tour d’Argent, de la vie à grandes guides. D’où la popularité, la fascination du Loto, qui promet des gains autrement fabuleux, autrement mirifiques que les trois francs six sous des augmentations collectives gagnées par les mouvements sociaux.

 

 

 

 

Tant que la gauche, sans rien renier de ses valeurs, de ses idéaux, ne saura pas parler aux gens dans la langue de leurs rêves, la droite aura encore de beaux jours devant elle...

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 06:38

Pour ceux ceux – de plus en plus rares heureusement – qui ne savent pas à quoi peuvent servir les TAFTA et autres CETA, nous sommes désormais en présence, après d’autres exemples, de cas de figure d’école où l’on voit de grandes entreprises attaquer en justice l’expression démocratique des peuples. Et sans y aller avec le dos de la cuiller.

 

Pour une raison qu’il devrait normalement être interdit de discuter, les édiles de Florence ont adopté une procédure d’octroi de licence pour protéger la ville contre un déferlement de petites entreprises centrées sur le tourisme. Alors que, contre une franchise de 30 000 euros pas mois, MacDonald’s aura la possibilité d'implanter un restaurant de 500 mètres carrés à deux pas de la basilique Saint-Pierre de Rome (en attendant un Hard Rock Café qui va s’installer dans les locaux d’une ancienne librairie spécialisée dans les ouvrages religieux !), Florence a décidé qu’elle ne mangerait pas de ce pain bénit et refuse l’installation d’un restaurant au pied du Duomo. Prise par le maire de centre-gauche en juin dernier, la décision a été confirmée par la commission pour la protection des sites. Ayant prévu deux millions de repas par an sous la coupole de Brunelleschi, le géant zunien n’a pas aimé cette expression démocratique. Le maire Dario Nardella a reconnu à MacDonald’s le droit de candidater (Florence compte déjà neuf MacDo), mais il a rappelé qu’il avait, pour sa part, le droit de refuser cette candidature.

 

 

 

 

 

 

Dans la Piazza (et non pizza) del Duomo se dressent des bâtiments qui ont plus de dix siècles d’existence. Le but des élus – soutenus par une pétition de 25 000 citoyens – est de préserver ce site ô combien historique et, accessoirement, de continuer à favoriser les restaurants locaux, toscans, contre la restauration rapide pour randonneurs.

 

Le géant zunien se dit victime d’une « discrimination » et d’une « réglementation mettant en péril la liberté d’entreprendre ». Le pôvre...

 

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 06:35

Le site Mirador s’intéresse à la BNP et à la fuite de capitaux et le blanchiment d’argent en Argentine :

 

Jeudi 22 septembre, la justice argentine confirme la sortie illégale de 805,4 millions d’euros du pays entre 2001 et 2008, à travers des filiales que la banque française BNP Paribas possède dans des paradis fiscaux. Dix-neuf personnes sont dès lors mises en examen par la justice : cinq cadres français et quatorze membres de la filiale argentine. Ces derniers sont accusés d’avoir fait fonctionner un bureau clandestin destiné au blanchiment d’argent en réalisant des transferts financiers vers des paradis fiscaux ou des opérations de change illégales.

 

BNP Paribas s’est installée en Argentine durant les années de dictature militaire (entre 1976 et 1983). Déjà en 1995, la justice détecte les premières manœuvres concernant des fuites des capitaux. Mais, à l’époque, l’enquête n’aboutit pas. En 2007, alors qu’ils enquêtent sur une affaire de corruption, de falsification de médicaments et de détournement d’argent public, les enquêteurs tombent sur un document indiquant l’existence « d’un compte en dehors du système » chez BNP Paribas Genève. La personne de contact en Argentine est un employé d’un bureau de BNP Paribas de la City de Buenos Aires. Une perquisition est alors menée dans ce bureau qui fonctionnait depuis janvier 200, sans autorisation de la Banque Centrale de la République argentine. Le bureau était placé dans l’orbite de la branche banque privée de la BNP mais il ne figurait pas dans l’organigramme officiel communiqué par la banque à la BCRA. Ce qui laisse peu de doutes sur l’implication de BNP dans ces opérations frauduleuses. Selon le juge en charge de l’affaire « l’oubli de la BNP résulte d’une décision délibérée des autorités de la banque de soustraire les activités de ce bureau au contrôle de la BCR ».

 

 

Le site Mirador évoque par ailleurs les centaines de millions de travailleurs ignorés des multinationales :

 

Une étude réalisée pour le compte de la Confédération syndicale internationale, portant sur 50 multinationales étasuniennes, européennes et asiatiques, estime que celles-ci emploient pas moins de 116 millions de personnes dans le monde entier. Seulement 6% d’entre elles sont des salariés directs des entreprises concernées. Les 94% restantes sont reléguées dans la pénombre de leurs chaînes d’approvisionnement, parmi les fournisseurs et sous-traitants, souvent avec des salaires bien moindres et des conditions de travail au rabais.

 

 

Avec environ 160 000 employés en France et 381 000 au niveau mondial, Carrefour est déjà l’un des plus importants employeurs privés de la planète. Mais, en réalité, si l’on tient compte de la main d’œuvre des divers fournisseurs et sous-traitants du groupe, l’effectif de Carrefour devrait plutôt être évalué à 3,3 millions de personnes. Soit près de dix fois plus. La firme française est loin d’être seule dans ce cas, comme le souligne une étude réalisée par la Confédération syndicale internationale, intitulée “Scandale. Dans les chaînes d’approvisionnement globales de 50 entreprises mondiales”. 2,3 millions pour Apple contre seulement 98 000 officiellement, 5,7 millions pour Coca-Cola (contre 129 000), 4,1 millions pour Nestlé (officiellement 339 000), 2,5 millions pour Nike (officiellement seulement 48 000 !), ou encore 10 millions pour Walmart (contre tout de même 2,2 millions de salariés directs).

 

 

Dans Marianne, la députée Isabelle Attard se prononce contre le fichier liberticide mis en place en catimini par le gouvernement :

 

Il y a une inadéquation totale entre le moyen choisi et le but officiellement recherché. On nous dit qu'il s'agit de lutter contre les faux papiers. Mon avis est que le gouvernement souhaite disposer d'un tel fichier pour en savoir plus sur la population, au cas où... Le plus grave est que le contexte sécuritaire actuel, les attentats, l'état d'urgence, permettent au gouvernement de faire passer ce texte sans aucun débat, sans aucune délibération.

 

Avec ce genre de fichiers, des détournements ont toujours eu lieu. Aux Etats-Unis, le gouvernement s'est servi du Patriot Act pour surveiller la population, notamment des personnalités écologistes qui ne représentaient aucune menace terroriste. En France, François Hollande avoue, dans Un président ne devrait pas dire ça, s'être servi de l'état d'urgence pour mater des militants écologistes pendant la COP21. Donc comment avoir confiance avec ce fichier ? En cas d'attentat, le risque sera fort de recourir à ce fichier. Et quand les données auront fuité, il ne sera plus possible de revenir en arrière.

 

 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 06:20

Après l'exécution d'Olympe de Gouges, le procureur de la Commune de Paris, Pierre Gaspard Chaumette, évoqua une « virago, l’impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son ménage, voulut politiquer et commit des crimes [...]. Et vous voudriez les imiter ? Vous sentirez que vous ne serez vraiment intéressantes et dignes d’estime que lorsque vous serez ce que la nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes soient respectées, c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »

 

Celle qui avait dénoncé les excès sanglants de la Révolution et la place indigne faite aux femmes par les révolutionnaires fut exécutée après un procès de dix minutes où elle parvint néanmoins à défendre magnifiquement sa cause sans l'aide d'un avocat qui lui avait été refusé. Par peur de perdre sa place, son fils, adjudant-général, la renia.

 

Deux ans auparavant, Olympe, croyant qu'elle trouverait auprès de la reine de France une oreille emphatique, adressa à Marie-Antoinette une lettre où elle réclamait l'égalité entre les hommes et les femmes. Cette lettre fut jointe à sa célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, rédigée, en le pastichant, sur le modèle de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

 

Olympe croyait, peut-être, en la solidarité spontanée, “de femme”, de la reine de France.

 

Madame,

 

 

 

Peu faite au langage que l’on tient aux Rois, je n’emploierai point l’adulation des Courtisans pour vous faire hommage de cette singulière production. Mon but, Madame, est de vous parler franchement ; je n’ai pas attendu pour m’exprimer ainsi, l’époque de la Liberté : je me suis montrée avec la même énergie dans un temps où l’aveuglement des Despotes punissait une si noble audace. Lorsque tout l’Empire vous accusait et vous rendait responsable de ses calamités, moi seule, dans un temps de trouble et d’orage, j’ai eu la force de prendre votre défense. Je n’ai jamais pu me persuader qu’une Princesse, élevée au sein des grandeurs, eût tous les vices de la bassesse.

 

Oui, Madame, lorsque j’ai vu le glaive levé sur vous, j’ai jeté mes observations entre ce glaive et la victime ; mais aujourd’hui que je vois qu’on observe de près la foule de mutins soudoyée, et qu’elle est retenue par la crainte des lois, je vous dirai, Madame, ce que je ne vous aurais pas dit alors. Si l’étranger porte le fer en France, vous n’êtes plus à mes yeux cette Reine faussement inculpée, cette Reine intéressante, mais une implacable ennemie des Français.

 

Ah ! Madame, songez que vous êtes mère et épouse ; employez tout votre crédit pour le retour des Princes. Ce crédit, si sagement appliqué, raffermit la couronne du père, la conserve au fils, et vous réconcilie l’amour des Français. Cette digne négociation est le vrai devoir d’une Reine. L’intrigue, la cabale, les projets sanguinaires précipiteraient votre chute, si l’on pouvait vous soupçonner capable de semblables desseins. Qu’un plus noble emploi, Madame, vous caractérise, excite votre ambition, et fixe vos regards. Il n’appartient qu’à celle que le hasard a élevée à une place éminente, de donner du poids à l’essor des Droits de la Femme, et d’en accélérer les succès. Si vous étiez moins instruite, Madame, je pourrais craindre que vos intérêts particuliers ne l’emportassent sur ceux de votre sexe.

 

 

 

 

 

Vous aimez la gloire ; songez, Madame, que les plus grands crimes s’immortalisent comme les plus grandes vertus ; mais quelle différence de célébrité dans les fastes de l’histoire ! l’une est sans cesse prise pour exemple, et l’autre est éternellement l’exécration du genre humain. On ne vous fera jamais un crime de travailler à la restauration des moeurs, à donner à votre sexe toute la consistance dont il est susceptible. Cet ouvrage n’est pas le travail d’un jour, malheureusement pour le nouveau régime. Cette révolution ne s’opérera que quand toutes les femmes seront pénétrées de leur déplorable sort, et des droits qu’elles ont perdus dans la société. Soutenez, Madame, une si belle cause ; défendez ce sexe malheureux, et vous aurez bientôt pour vous une moitié du royaume, et le tiers au moins de l’autre. Voilà, Madame, voilà par quels exploits vous devez vous signaler et employer votre crédit. Croyez-moi, Madame, notre vie est bien peu de chose, surtout pour une Reine, quand cette vie n’est pas embellie par l’amour des peuples, et par les charmes éternels de la bienfaisance. S’il est vrai que des Français arment contre leur patrie toutes les puissances, pourquoi ? pour de frivoles prérogatives, pour des chimères. Croyez, Madame, si j’en juge par ce que je sens, le parti monarchique se détruira de lui-même, qu’il abandonnera tous les tyrans, et tous les cœurs se rallieront autour de la patrie pour la défendre. 

 

Voilà, Madame, voilà quels sont mes principes. En vous parlant de ma patrie, je perds de vue le but de cette dédicace. C’est ainsi que tout bon citoyen sacrifie sa gloire, ses intérêts, quand il n’a pour objet que ceux de son pays.

 

Je suis avec le plus profond respect, Madame, Votre très-humble et très-obéissante servante, De Gouges.

 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 05:49
Quand la ministre de l'Education nationale reçoit une leçon d'histoire, science qu'elle semble ne pas maîtrisée...Á Sarkozy et ses Gaulois, Najat Vallaud-Belkacem a récemment répondu ceci :
 
« La ministre de l'Éducation que je suis connaît parfaitement les premières phrases de ce livre, Le Tour de France par deux enfants, d'Ernest Lavisse, sous la IIIe République, qui commence par : « Autrefois, notre pays s'appelait la Gaule et les habitants les Gaulois ». 

Bien imprécis et faux, tout cela.

Cette phrase n'est pas la première du Tour de la France par deux enfants, livre qui n’est pas d'E. Lavisse, mais de G. Bruno, pseudonyme – inspiré du philosophe dominicain Giordano Bruno – d'Augustine Fouillée (née Augustine Tuillerie, décidément !). Publié en 1877, inspiré par la pédagogie de Jean Macé, ce “livre de lecture courante” sera vendu à des millions d'exemplaires, réédité 500 fois jusqu'en 1950. Il commence par une évocation de la guerre de 1870 : « Par un épais brouillard du mois de septembre, deux enfants, deux frères, sortaient de la ville de Phalsbourg en Lorraine. Ils venaient de franchir la haute porte fortifiée qu'on appelle Porte de France. » Deux frères fuient l'occupation allemande par la Porte de France de Phalsbourg, à l'ouest, et non évidemment par la Porte d'Allemagne, au sud-est.

Ce manuel ne fut pas seulement utilisé « sous la IIIème république » mais aussi sous la IVème, voire sous la Vème dans certaines écoles. Ce livre ne manque pas de qualités mais il est essentiellement moral et se permet certaines propositions qui aujourd'hui ne passeraient plus, comme celle qui veut que l'humanité serait divisée en quatre races, la blanche étant la plus parfaite. Lors de la séparation de l'Église et de l'État, toute référence à Dieu sera supprimée, cette autocensure choquant jusqu'à Jean Jaurès. La Saint Barthélémy, la Révolution française et la Commune étaient absentes d'un ouvrage sous-titré “Devoir et Patrie”.

Cela dit, dans ses manuels de Cours moyen et Cours moyen et Certificat d’Etudes, Ernest Lavisse parlait du pays mais pas du peuple : « Il y a deux mille ans la France s’appelait la Gaule. La Gaule était habitée par une centaine de petits peuples »

La ministre explicite sa pensée en ces termes : « Oui, il y a parmi nos ancêtres des Gaulois, mais aussi des Normands, des Celtes, des Burgondes… Les Niçois nous ont rejoints, les Corses, les Franc-Comtois, la Guadeloupe, la Martinique et puis après aussi des Arabes, des Italiens, des Espagnols…C’est ça la France. » 

Elle commet ce faisant quelques imprécisions. Les Gaulois étaient des Celtes, comme le rappelait Jules César dans son De Bello Galico, Commentaires sur la Guerre des Gaules. Les Franc-Comtois étaient des Gaulois (Séquanes passés sous domination romaine après la mort de Vercingétorix). Les Celtes peuplaient l'Europe du sud de l'Espagne à la Roumanie.

 

Á l'époque de ce même Vercingétorix, la Gaule comptait 10 millions d'habitants (4 millions d'habitants 2 000 ans plus tôt). Les invasions multiples et variées, comme la normande, ne concernèrent que quelques dizaines de milliers d'hommes. L'apport exogène, Germains, Normands, Sarrasins, compta pour moins de 5% de la population. Dans L'identité de la France, Fernand Braudel (pour qui la France était constituée de “France différentes cousues ensemble”) évaluait à 90% l'héritage génétique gallo-romain.

 

 

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 05:51

Décidément, nos amis alsaciens aiment la proximité de Dieu. En novembre 2014, j'avais publié un article sur l'enseignement de la finance islamique dans l'université publique de Strasbourg.

 

Un prêtre, enseignant, chercheur, fonctionnaire, va peut-être présider aux destinées de l'UNISTRA. Une question que certains se posent : un individu ayant prêté allégeance à l'Église peut-il présider une université de la République ?

 

Je propose à ce sujet la réflexion de l'association laïque EGALE.

 

L’Université de Strasbourg, est un fleuron du système d’enseignement supérieur et de recherche français, le cinquième établissement de notre pays, si l’on en croit le « Classement de Shanghai ». Or, il est envisagé l’élection au siège de président de l’UNISTRA, fonction loin d’être uniquement honorifique, d’un prêtre catholique.

 

Il n’est évidemment pas question ici de mettre en cause les capacités intellectuelles ni la moralité du candidat, Michel Deneken, spécialiste de christologie et d’ecclésiologie, ancien Doyen de la Faculté de théologie catholique. Il convient seulement de rappeler le statut de cette faculté et de ses membres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au centre : Michel Deneken

 

La Faculté de théologie catholique de Strasbourg est une création de l’Empire d’Allemagne à l’époque où celui-ci avait annexé l’Alsace. Le 5 décembre 1902, une Convention est signée, entre le Vatican et le Gouvernement impérial, une Convention en vue de l’érection d’une Faculté de théologie. Elle précise que :

 

- « la nomination des professeurs se fera après entente préalable avec l’évêque. Avant d’entrer en fonction, les professeurs auront à faire la profession de foi entre les mains du Doyen, selon les formes et règles de l’Église »

 

-  « Si la preuve est fournie par l’autorité ecclésiastique qu’un des professeurs doit être considéré comme incapable de continuer son professorat […] pour manque d’orthodoxie[…], le Gouvernement […] prendra les mesures propres à faire cesser la participation dudit professeur aux affaires confiées à la Faculté ».

 

Cette Convention fut confirmée après le retour de l’Alsace à la France, en 1923, et reste ainsi toujours en vigueur.

 

 « Je suis un fonctionnaire d’État » ne cesse de répéter Monsieur Deneken…actuel vice-président de l’UNISTRA et candidat à la présidence. Un fonctionnaire bien particulier, avec une double allégeance, à la France et au Vatican !

 

 On est en droit de s’inquiéter de la « liberté » d’un président qui a prêté allégeance à l’Église, comme on peut craindre pour la liberté des recherches acceptées par l’université si doivent être exclus par principe les thèmes non approuvés par l’Église. On peut aussi redouter de voir s’installer durablement la confusion entre science et spiritualité comme ce fut le cas, le 19 septembre dernier, lors d’un colloque scientifique organisé en présence …du Dalaï lama. Ce colloque était organisé par le même Michel Deneken qui brigue aujourd’hui la présidence de l’université.

 

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 05:44

Floréal nous rappelle dans Le Grand Soir que les Français sont majoritairement athées et se demande si le fait irreligieux n’est pas au cœur de l’évolution sociale ?

 

Alors que la crise du capitalisme bat son plein, la machine médiatique de l'oligarchie capitaliste ne cesse d'attiser le communautarisme en s'appuyant sur les intégristes religieux de tous poil, dans une nouvelle tentative – façon Georges W. Bush – d'installer une guerre des soit disant civilisations faisant voler en éclat la Nation. Tentant de pousser artificiellement le retour du religieux sur la scène politique. Pour mieux diviser la classe des travailleurs. Et faire diversion et détourner l'attention de la formidable offensive menée par la classe capitaliste contre les travailleurs, leurs salaires, leurs droits sociaux et démocratiques. Mais quelle est la place du fait religieux dans notre pays ? Plusieurs enquêtes d'opinions permettent de répondre à cette question, démontrant que les français sont majoritairement athées.

 

 

 

Toujours dans Le Grand Soir, Robert Gil dénonce l’illusion du CICE :

 

L’année 2013, avec la mise en œuvre d’une politique économique qui, sous couvert de compétitivité, est essentiellement axée sur le soutien à la rentabilité des entreprises, aura été le tournant du quinquennat de ­François Hollande. Cette stratégie que l’on peut assimiler à une fusée à trois étages est désormais totalement déployée. Le premier étage de la fusée aura été le crédit d’impôt compétitivité emploi, le fameux CICE : 24 milliards. Le second étage est constitué du pacte de responsabilité : 20 milliards. Le troisième étage consiste en une mesure de suramortissement de 40 % des investissements des entreprises dont l’effet fiscal se répartit sur l’ensemble de la vie du bien correspondant. Au final, le taux de marge des entreprises fait un bond, les profits s’accroissent de 16%... sans que la situation de l’emploi ne s’améliore. On nous aurait menti ?

 

 

A propos des lettres de Mitterrand à Anne Pingeot, Jean-Emmanuel Ducoin écrit sur son blog :

 

Comment, en effet, l’animal politique Mitterrand, que nous avons tant détesté (et pour cause !), pouvait-il cacher à ce point son talent pour l’amour, et les mots pour le dire ? L’écrivain Mitterrand s’y lit, magistralement. Comme si nous devions, sur le tard, et improprement, de manière segmentée, le réévaluer à la hausse, au moins par comparaison avec ses successeurs, lui qui vénérait la langue française à s’en damner.

 

 

 

 

Ils étaient au moins trois sur la photo à être au courant …

 

 

 

L’Humanité fait écho à la Lettre ouverte contre l’invasion de l’agrochimie dans nos assiettes :

« Le rachat du groupe américain Monsanto par l’allemand Bayer, en septembre 2016, ne peut pas laisser les professionnels de la restauration indifférents. Avec cette acquisition, ce nouveau mastodonte des semences et des pesticides a une ambition : contrôler toute la chaine alimentaire, de la terre où pousse la semence jusqu’à l’assiette du consommateur. Une telle entreprise n’a qu’une ambition : accroitre ses activités, donc ses bénéfices, sur tous les continents, au mépris de la biodiversité et de la santé des populations. Si l’Union européenne s’est montrée inquiète suite à ce rapprochement, les citoyens ne peuvent se contenter de regarder la chimie remplir leurs assiettes.

Ardents défenseurs du bien manger, engagés quotidiennement dans la valorisation du bon produit et des petits producteurs, les professionnels de la restauration veulent rappeler leur attachement à quelques valeurs fondamentales : le soutien à la biodiversité, le respect de l’environnement et la santé des consommateurs. Ce rapprochement agrochimique constitue un danger pour nos assiettes, mais il est également une source d’inquiétude pour les paysans et les agriculteurs qui voient se limiter leur liberté de planter et cultiver telle ou telle semence. Demain, à cause des OGM, du Roundup et des différents produits chimiques sortis des usines, les diversités culturale et culturelle n’existeront plus. La nature vivante ne sera plus qu’un produit, transformé, muté au service d’un Léviathan. »

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 05:33

 

Il vaut toujours mieux savoir de quoi on parle et à qui on a affaire. La France ne connaît pas de tribunaux islamiques. Pour l’instant et, en tout cas, pas de manière manifeste, à ciel ouvert. Ce qui n’est pas le cas du Royaume Uni qui en compte une centaine, reconnus officieusement d’utilité publique par les pouvoirs du même nom, comme je l’évoquai dans une note de blog précédente.

 

Je reprends ici un article de Guy Adams pour le Daily Mail qui nous emmène dans les arcanes d’un de ces Sharia Courts. J’ai choisi cet article parmi d’autres, en raison principalement des réactions des lecteurs, généralement bien à droite. Á commencer par le premier qui l’a commenté : « On les laisse faire. Ça nous épargne des emmerdes et on fait des économies ». Sans être toutes aussi brutes de décoffrage, les réactions vont dans le même sens et sont généralement défensives. Comme si au nom du “pragmatisme” bien connu d’Outre-Manche, il fallait faire avec ce qui est là parce que c’est là. Mais la tonalité de ces commentaires nous dit quelque chose de plus sérieux. La société britannique est maintenant constituée de deux groupes qui se regardent en chiens de faïence : pour simplifier les Blancs, les Brits de souche d'un côté, et les musulmans, d'origines africaine, asiatique etc., de l'autre. Ces deux groupes – qui ont remplacé les Them et Us de la société de classe des années cinquante – vivent dans des mondes différents. Á l’activisme du second, le premier n’oppose qu’un humour dérisoire de dérision.

 

 

 

 

 

Dans une pièce du tribunal, une jeune femme musulmane évoque avec un religieux d’âge mûr l’état précaire de son mariage avec un homme de 50 ans.

 

« Il m’a asservie tant qu’il a pu », dit-elle. « Il est violent, physiquement, et il me traite comme une chienne. »

 

Cette femme, qui semble n’avoir guère plus de 25 ans, décrit son époux comme quelqu’un de grossier, en paroles comme dans ses gestes, chaque fois qu’elle prend une petite initiative.

 

Quand son mari est là, il l’oblige à porter un foulard. Quand il est absent, ce qui est le cas le plus fréquent, il aime voyager en Tunisie où elle le soupçonne d’avoir épousé en secret plusieurs autres femmes. Pour ce qu’elle en sait, ajoute-t-elle, le chiffre se monte peut-être à dix. Retenant ses larmes, alors qu’elle en termine avec le récit de cette trahison, la femme jette un coup d’œil au religieux, qui a une longue barbe blanche et qui siège derrière un bureau surélevé devant une bibliothèque remplie de textes islamiques. Peut-être espère-t-elle un sourire de soutien qui lui confirmerait qu’elle n’est pas fautive. Peut-être recherche-t-elle la confirmation que cet homme va tenir compte du fait que son mari est misogyne et qu’il la bat.

 

Au lieu de cela, le religieux, dont le nom est Suhaib Hasan, éclate de rire. «Pourquoi avez-vous épousé un tel homme ? » demande-t-il en gloussant.

 

Plus loin dans le couloir, une autre femme musulmane vulnérable raconte  à un autre religieux d’un certain âge son mariage désastreux. Cette femme dans la trentaine dit avoir été contrainte par sa famille d’épouser à 19 ans un immigrant bangladais clandestin qui a ensuite obtenu la citoyenneté britannique en bonne et due forme. Ils ont deux enfants, mais leur union a sombré.

 

« On en est venu aux mains. Il m’a lancé des objets à la figure. Il m’a endetté », dit elle.

 

Le mari, à qui elle avait donné 38 000 livres quand ils étaient ensemble, est retourné au Bangla Desh où il s’est marié une deuxième fois. Cela fait quatre ans qu’elle ne l’a pas vu et elle demande en conséquence le divorce.

 

Mais le religieux refuse. Au lieu de cela, selon un témoin, il décide de lui expliquer « les raisons biologiques scientifiques de la polygamie ».

 

Pour finir, ce religieux, du nom de Maulana Abu Sayeed, fait un effort, selon le témoin, pour « persuader la femme d’accepter le mariage dans le cadre de la polygamie ».

 

Comme nous sommes au XXIe siècle, la femme n’est pas prête à jouer ce jeu. Elle quitte le tribunal fort mécontente.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ailleurs, dans ce même bâtiment, se tient une troisième audience, présidée par un religieux beaucoup plus jeune, Furqan Mahmood. Devant lui, un couple de musulmans qui semble nerveux. Ils ont plusieurs enfants. Ils expliquent qu’ils craignent que leur mariage, célébré plusieurs années auparavant, puisse ne plus être valable. En cause, un aspect technique de la loi islamique : l’épouse a divorcé de son premier mari dans un tribunal britannique mais n’a pas réussi à obtenir le divorce religieux, le talâq. Le couple craint donc que cette infraction par inadvertance à la coutume islamique puisse signifier que, selon les textes, l'épouse vive en état d’adultère.

 

Le religieux se montre réellement très soucieux. « L’affaire va être difficile », dit Mahmood (vêtu d’une longue djellaba blanche) au couple. « Nous allons demander à nos érudits de vous apporter une réponse. »

 

Un moyen possible permettant à cette homme et cette femme de respecter la lettre de la loi islamique serait de se soumettre au Nikah Halala. Ils devraient d’abord divorcer, ce qui permettrait à un religieux de déclarer en toute légalité que la première union de la femme est terminée. Puis, avant de réépouser son second mari, la femme devrait se marier provisoirement avec un troisième homme. Il faudrait qu’elle ait des relations sexuelles (avec le troisième homme), puis qu’elle divorce et qu’elle attende le temps de trois cycles menstruels. Alors elle pourrait vivre de nouveau avec le père de ses enfants.

 

Cette procédure moyenâgeuse est apparemment tirée d’un passage du Coran qui stipule qu’il « n’est pas légal » pour une femme divorcée de coucher avec son ancien mari « jusqu’à ce qu’elle épouse un autre homme que lui ».

 

Il s’agit donc simplement d’une des étapes où Mahmood peut (ou non) leur recommander de s’engager.

 

Après le départ du couple, un homme qui a assisté à cette audience demande à Mahmood s’il y aurait des « conséquences » sérieuses dans le cas où le couple décidait d’agir contre ces derniers conseils.

 

« Quoi ? » répond-il. « Tu penses que nous allons les lapider à mort ou quelque chose dans le genre ? »

 

Cette répartie est naturellement à prendre comme une plaisanterie.

 

Cependant, ce n’est pas le cas d’autres situations étranges et profondément préoccupantes dont j’ai déjà eu à traiter. […]

 

 

 

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 05:45

Selon L’obs : Les jeunes travailleurs aux Etats-Unis gagnent moins que ceux de la génération précédente au même âge alors que, pourtant, ils travaillent plus.

 

Le salaire médian des 16-24 ans, qui était de 28 131 dollars par an en 1980, a baissé de 11% en 35 ans. Le salaire annuel médian pour cette tranche d'âge n'était plus que de 25 000 dollars en 2015. Dans le même temps, les plus âgés, au-delà de 65 ans, gagnent beaucoup plus qu'en 1980. La paye médiane, pour ceux qui ne sont pas encore à la retraite, a grimpé de 37%. Ceux dans la tranche d'âge de 55 à 64 ans ne gagnent que 10% de plus qu'en 1980.

 

Tous âges confondus, le salaire horaire moyen est passé de 19 dollars en 1990 à 22 dollars en 2015, soit une augmentation de 16% en 25 ans. Globalement, les Étasuniens travaillent plus longuement qu’en 1980 (38h7 contre 38h1 et 46,8 semaines contre 43).

 

Les avantages sociaux ont aussi régressé. 69% des salariés sont assurés médicalement par leurs employeurs contre 77% en 1980. Quant à la retraite, seulement 45% des employés bénéficient de contributions de leurs employeurs à un plan retraite, contre 57% en 2001 et 50% en 1980.

 

 

Dans Res Publica, Evariste se demande où en est la gauche en France :

 

La situation française est le produit d’un ras le bol populaire à l’égard de la direction politique du pays depuis 2012 (avec les politiques d’austérité et la criminalisation de l’action syndicale organisée par le gouvernement), d’un processus de décomposition de toute la gauche qu’elle soit gouvernementale et néolibérale ou qu’elle soit la gauche de la gauche. Cette décomposition a pour principale cause le fait que la classe populaire ouvrière et employée qui représente 53 % de la population française s’abstient à 60 % aux élections.

 

Rappelons que François Mitterrand a été élu le 10 mai 1981 principalement parce qu’il a eu les suffrages de plus de 70  % des ouvriers et des employés. Le contraste est saisissant. Dans les colonnes de ReSPUBLICA, nous avons à de nombreuses reprises fourni un discours explicatif du pourquoi de ce désamour : politiques néolibérales, poussée du communautarisme dans la gauche de la gauche de préférence à la laïcité, facteur important en France d’unification du peuple mobilisé, refus des organisations à construire des campagnes d’éducation populaire refondée, ligne politique qui ne rompt pas avec le néolibéralisme et le communautarisme, stratégie électorale opportuniste, formation économique et politique quasi inexistante dans les partis et les syndicats, refus d’une analyse diachronique, refus de comprendre le réel du capitalisme aujourd’hui, etc.

 

 

Soyons heureux avec les Ressources Humaines, suggèrent ironiquement Julien Brygo et Olivier Cyran dans Le Monde Diplomatique 

 

« Les patrons n’exagèrent-ils pas un peu dans leur souci de faire le bonheur de leurs salariés ? Aux forçats du travail qui rament pour des queues de cerise et n’auraient peut-être pas songé à se poser pareille question, l’émission « Envoyé spécial », sur la chaîne publique France 2, vient d’administrer une édifiante leçon de rattrapage en nous emmenant sur les pas de Sophie, chief happiness officer dans une start-up parisienne spécialisée dans la vente en ligne d’articles de mode faits main. Inventé aux États-Unis, ce nouveau métier, que l’on pourrait traduire par « chef du service bonheur », consiste à « créer une bonne ambiance au bureau » en égayant le personnel par des repas, des soirées ou des sorties propres à souder le groupe et à galvaniser son ardeur à la tâche. Après le petit déjeuner offert aux salariés, la journée de Sophie « se poursuit à la supérette du coin, où elle fait les courses pour préparer un barbecue que l’équipe va déguster », indiquent les auteurs du reportage, apparemment subjugués, eux aussi, par le bain d’allégresse managériale où trempent les cinquante employés de l’entreprise. »

 

 

 

Dans La Tribune des Travailleurs, Daniel Gluckstein nous invite à découvrir la députée solférinienne Élisabeth Pochon :

 

« Mme Pochon couvre sa circonscription d’affiches proclamant que « depuis 2012 la gauche agit ». Pour preuve : « Maintenant, dans l’industrie, le coût du travail est moins élevé en France qu’en Allemagne. »
 On se frotte les yeux. Et pourtant, c’est bien là, imprimé blanc sur fond rouge : le coût du travail a baissé, c’est-à-dire que les salaires des travailleurs ont diminué, et la députée « socialiste » s’en réjouit. Il est vrai que les 50 milliards d’euros du pacte de responsabilité offerts aux patrons, le pillage incessant de la Sécurité sociale, le blocage des salaires, la déréglementation des droits par la réforme El Khomri, tout cela, c’est l’œuvre de son gouvernement de « gauche » ! »

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