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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 05:31
 
 
En mars 2015, j'ai publié un article où je tentais d'expliquer que le voile islamique (et au-delà) à l'université était une démarche politique et non religieuse. On comprendra que je me sente proche de la démonstration de la philosophe Catherine Kintzler publiée tout récemment dans Marianne. Catherine Kintzler est l'autrice de Penser la laïcité (Minerve).
 
 
 
 
 
Laïcité et liberté d'affichage

Pas plus que le port du voile ou d'une soutane dans la rue, le port du "burkini" ne soulève une question de laïcité. En effet, le principe réclamant l'abstention d'affichage religieux s'applique aux espaces qui participent de l'autorité publique, comme les tribunaux, les écoles publiques, etc. En revanche dans les espaces ordinaires accessibles au public (rue, transports, plages publiques, etc.), l'expression des opinions est libre dans le cadre du droit commun - par exemple, on a le droit d'y faire l'éloge de la servitude, de s'y déclarer anti-républicain. La réciproque est valide : on a le droit, aussi, et dans ce cadre, de dire tout le mal qu'on pense de telle ou telle opinion, de désapprouver publiquement tel ou tel affichage.

Un seuil d'acceptabilité de plus en plus sensible

Pour être une fausse question laïque, l'affichage du "burkini" n'en est pas pour autant anodin : il révèle un seuil d'acceptabilité de plus en plus sensible au sein de la cité. La réprobation se manifeste aujourd'hui avec une telle réactivité que cela touche parfois la notion d'ordre public comme l'avancent les arrêtés municipaux d'interdiction. Avec la saison balnéaire, le "burkini" passera, mais il vaut comme révélateur et déclencheur : l'opinion supporte de moins en moins les déclarations d'appartenance close, le marquage communautaire des corps et des "territoires", le contrôle des mœurs, les entreprises d'uniformisation qui se réclament d'une religion mais qui en réalité impliquent une politique.

Voir là une "intolérance", c'est mettre les choses à l'envers, c'est oublier (c'est-à-dire abandonner) toutes les musulmanes qui entendent échapper à ces stigmatisations infamantes et qui, en refusant le port du voile (ou du "burkini" lorsqu'elles vont à la plage), refusent une vision totalitaire du monde ; c'est les livrer sans un soupir de commisération à un amalgame funeste qui les étouffe.

Un jalon aggravé par les circonstances

La nouveauté est que l'opinion n'attend plus que des lanceurs d'alerte s'émeuvent, ni que le phénomène prenne une certaine extension : son degré d'inertie se réduit, elle est en alerte et le fait savoir sans délai. Pourquoi plus particulièrement en cette occasion ?

Le port du "burkini" est de fraîche date et s'inscrit parmi les jalons que plante une version politique ultra-réactionnaire et totalitaire de l'islam. La concomitance avec les attentats tragiques récents l'a particulièrement mis en lumière et immédiatement situé - notamment juste après le massacre du 14 juillet à Nice - comme une provocation politique. Comme l'a remarqué le , on est bien au-delà de la religiosité.

 

Toutes les femmes sont concernées

Ce qui compte ici n'est pas un événement isolé qui ne serait qu'anecdotique, mais la série dans sa cohérence. Une fois de plus, et dans un contexte qui l'aggrave, s'avance une tentative de banalisation du totalitarisme islamiste qui entend l'introduire comme une forme de "moralité" parmi d'autres. Une fois de plus s'affirme un contrôle absolu et véritablement obscène du corps des femmes. Au-delà de celles qui y consentent ou qui s'y plient malgré elles, cette assignation atteint toutes les autres. Partout où de tels accoutrements sont affichés toutes les femmes sont concernées, et d'abord celles de culture ou de confession musulmane qui le réprouvent, toutes celles qui ne portent pas le voile.

Le devoir de réprobation

Le motif d'ordre public peut parfois être avancé, mais y recourir n'a qu'un effet ponctuel ; en isolant un fait de la série qui le rend signifiant, ce recours en masque le moment politique. Plus généralement, la question n'est ni réglementaire ni législative*, elle demande une ampleur qui implique chacun dans la formation et l'expression de l'opinion. Il convient d'accompagner le cri réprobateur qui s'élève au vu de ces affichages totalitaires et ségrégationnistes ; il faut le faire sans enfreindre les lois, en recourant aux armes conceptuelles, seules propres à éviter l'écueil passionnel et la violence. Dans cette tâche critique, tous ceux qui, de culture ou de confession musulmane, s'opposent à ces visées, les désapprouvent, les craignent, ne sont pas seulement bienvenus : ils sont indispensables car ils savent mieux que d'autres de quoi il retourne. La division n'est pas religieuse ici : elle est politique, elle engage la conception et le fonctionnement de la cité.

*La loi ne peut être que générale : il faudrait alors interdire tout habillement sur une plage... Elle ne peut pas non plus contredire les libertés fondamentales dans leur co-exercice par l'ensemble des personnes. L'exemple de l'interdiction du masque intégral (loi du 11octobre  2010) vaut ici comme contre-exemple : elle vise toute tenue destinée à dissimuler le visage, et elle assure la liberté générale en assurant la sécurité publique.
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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 05:30

Une lectrice et néanmoins amie me signale le décès, le 10 avril 2016 à l’âge de 97 ans, de Jeannette Guyot, une grande dame dont je n’avais jamais entendu parler, une authentique héroïne de la Résistance. Seule la presse britannique (le Times, le Telegraph qui lui a consacré une pleine page) a évoqué son décès en temps opportun. Quelques médias français (Le Monde, Le Point) ont repris l’information en provenance d’outre-Manche.

Jeannette Guyot

Native de Chalon-sur-Saône, Jeannette Guyot a rejoint la résistance par le biais du réseau Amarante, rattaché au Bureau central de renseignement et d’action. Sa tâche est de faire passer des agents en zone sud. Elle rencontre ensuite le colonel Rémy auprès de qui elle continue ses activités de passeuse. Elle est arrêtée en février 1942. Elle subit dans les prisons de Chalon-sur-Saône et d’Autun des interrogatoires musclés. Elle nie toute activité de résistance et les Allemands la remettent en liberté. Suite à la trahison d’un des membres du réseau, elle se réfugie à Lyon. Elle rejoint le groupe Phratrie dont les missions consistent en des actions de sabotage, et à aider les aviateurs abattus à regagner le Royaume-Uni.

 

 

 La Gestapo étant sur ses traces, elle est exfiltrée vers l’Angleterre le 13 mai 1943 où elle retrouve le colonel Rémy. Avec 120 volontaires, elle est affectée à l’école de Praewood House où elle est formée aux techniques du renseignement militaire par L’Intelligence Service et l’Office of Strategic Service. Il s’agit de collecter un maximum de renseignements pour préparer le débarquement de Normandie.


Le 8 février 1944, Jeannette Guyot, promue lieutenant, est parachutée près de Loches. À Paris, le Jeannette Guyot cache l’opérateur radio de son équipe au « Café de l’Électricité », située à Montmartre, à deux pas d’un bureau de la Gestapo. Jeannette Guyot accomplit sa mission et envoie des renseignements de la plus haute importance à Londres.

Après la Libération de Paris, Jeannette Guyot retrouve un emploi de bureau à la nouvelle « Direction générale des études et recherches » (DGER). Elle apprend la déportation en Allemagne de ses parents. Son père n’en reviendra pas.

En juin 1945, Jeannette Guyot quitte le monde du renseignement. Elle n’a jamais évoqué publiquement son action au sein de la France Libre alors qu’elle fut la seule résistante française décorée par trois pays : Chevalier de la Légion d’honneur, Croix de Guerre avec palmes, British George Medal, Officier de l’Ordre de l’Empire britannique (OBE), Distinguished Service Cross (États-Unis), pour son « héroïsme extraordinaire lors d’opérations militaires. »

 

 

Jeannette Guyot
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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 05:56

Michel Goubet. La Résistance dans le Midi toulousain. Toulouse, Privat 2015.

 

Le premier appel à résister dans la région toulousaine date du 15 juin 1940, trois jours avant l’appel du général De Gaulle. Il est publié dans La Dépêche sous la signature de « L’Observateur » qui cache le nom du consul général d’Italie à Toulouse Enrico Terracini. L’appel s’adresse aux Italiens de France : « Ce n’est pas seulement pour la France que nous combattrons, c’est pour notre vie et pour celles de nos fils. » Le 5 novembre 1940, des militants communistes jettent des tracts sur le cortège de Pétain en visite à Toulouse. En juin 1941, des socialistes créent un Comité d’action socialiste animé par le journaliste Daniel Mayer, futur président de la Ligue des droits de l’homme. Après l’entrée en guerre de l’URSS et en accord avec l’Internationale communiste, le parti communiste crée les Francs-Tireurs et Partisans. Charles Tillon est responsable de la lutte armée. Les maquis apparaissent à partir de 1943 dans la région de Toulouse. Plusieurs dizaines de réseaux (60 rien qu’en Haute-Garonne) se développent, comme Gallia, dirigé par Pierre Billières, fils d’un ancien maire socialiste de la ville.

 

Les mouvements de résistance se sont créés en dehors des partis politiques qui avaient failli dans la défense des valeurs de la République. À commencer par Combat, né fin 1941 de la fusion du Mouvement de Libération Nationale d’Henri Frenay, et de Liberté, du juriste François de Menthon qui, ministre de la Justice à la Libération, sera un épurateur plutôt modéré. Combat est bien implanté dans la région. Plus à gauche, le mouvement Libération-Sud compte dans ses rangs Jean-Pierre Vernant et François Verdier. Ses groupes paramilitaires sont très actifs. Franc-Tireur s’implante en octobre 1942. Libérer et Fédérer s’inspire des idéaux de Silvio Trentin. Le Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés est installé à Toulouse par un neveu du général De Gaulle.

 

 

 

 

Les partis politiques en tant que tels tarderont à entrer en résistance dans cette région dominée par les radicaux-socialistes et la SFIO. La restructuration est lente dans des forces qui n’ont pas été immédiatement hostiles à Vichy. Raymond Naves prend en charge le CAS au niveau régional, Pierre Bourthoumieux au niveau départemental. Mais les socialistes sont mal préparés à la clandestinité. Ils sont victimes de dénonciations (Navès, Eugène Thomas qui réchappera à la déportation à Buchenwald, Bourthoumieux). Le parti communiste tarde à trouver ses marques. Le 4 juillet 1940, on peut lire dans L’Humanité clandestine distribuée dans les Basses-Pyrénées : « Le peuple de France veut la paix. Il demande d’énergiques mesures contre tous ceux qui, par ordre de l’Angleterre impérialiste, voudraient entraîner les Français dans la guerre. » Une organisation secrète prépare le terrain. Gaston Plissonnier arrive à Toulouse le 1er mars 1943. Les FTP s’organisent minutieusement.

 

La Résistance armée devient prépondérante à partir de 1944. Une armée secrète était née dans la zone Sud après l’invasion allemande de novembre 1942, regroupant Combat, Libération et Franc-Tireur, sous le commandement du général Charles Delestraint qui mourra à Dachau en avril 1945. Jean-Pierre Vernant dirige l’AS en Haute-Garonne. Des groupes francs sont créés en 1942 pour les sabotages, les coups de main, les attentats. Les Francs-Tireurs (majoritairement communistes), les groupes Vény (socialistes), le Corps franc Pommiès (du nom de son chef un saint-cyrien qui veut combattre sur des bases apolitiques) attaquent les Allemands de manière frontale.

 

Les maquis apparaissent fin 1942, dans le Tarn et en Ariège. Les réfractaires au STO et des juifs y sont nombreux. Ces maquis sont généralement mal équipés et mal organisés. Ils essaiment et grossissent à partir de 1944.

 

Combat, Libération, Franc-Tireur mettent en place de grands Mouvements unis de la Résistance (MUR) en janvier 1943. Des Comités de Libération sont créés en mars 1944. Des commissaires de la République sont installés dans chaque région libérée. Jean Cassou est nommé pour Toulouse. Les Forces françaises de l’Intérieur (FFI) s’efforcent de fédérer des groupements différents. Des Allemands antinazis participent à la lutte. Des militants communistes du KPD. Une minorité d’immigrés italiens qui n’ont pas suivi l’évêque collaborationniste maurassien d’Agen, Mgr Torricella (proche du futur pape Jean XXIII), exécuté par des résistants le 7 janvier 1944. Depuis la Retirada, les Espagnols constituent le groupe le plus important parmi les résistants étrangers. Le parti communiste espagnol (PCE) s’est particulièrement bien réorganisé. Les guérilleros républicains sont plusieurs milliers dans la région. La brigade MOI Marcel Langer (du nom de l'ouvrier juif polonais communiste décapité à la prison Saint-Michel de Toulouse) compte des juifs étrangers, des Italiens, des Espagnols, des Tchèques, des Hongrois, des Russes. Parmi eux, Raymond et Claude Lévy, père et oncle de l’écrivain Marc Lévy. Et puis l’admirable italienne Damira Titonel (une des rares rescapées de Ravensbrück) qui inspirera, justement, Marc Lévy pour Les Enfants de la liberté. Un mot également sur les passeurs, ces “montagnards de la liberté”. Au moins 2 500 dont quelques poignées, il faut le dire, jouèrent personnel quand ce n’était pas double jeu.

 

Jusqu’à l’occupation allemande, il y eut des manifestations dans la région toulousaine. Le 1er mai 1942, à Toulouse, on crie « Vive De Gaulle ». Le 14 juillet de la même année, 20 000 personnes se retrouvent Place du Capitole. Le 10 avril 1943, des maquisards occupent Cajarc dans le Lot. Les communistes parviennent à organiser des grèves professionnelles, mais aussi patriotiques. Les sabotages s’intensifient à l’approche du 6 juin 1944, visant des voies ferrées, des lignes électriques, des écluses. La poudrerie de Toulouse explose le 26 mai. L’usine Hipano-Suiza de Tarbes, qui fournit des pièces pour les moteurs Daimler de la Luftwaffe, est sérieusement endommagée le 15 avril 1944. Un agent de la Gestapo est exécuté le 31 mars 1944 à Tarbes. Comme l’avait été le chef de la police de Toulouse en novembre 1943.

 

Après le 6 juin 1944, la Résistance régionale sort de la clandestinité. Les convois militaires allemands sont sur le qui-vive. Le 14 juillet, les maquisards défilent dans de nombreuses villes. La résistance régionale compte au moins 60 000 combattants. L’occupant réagit par des exécutions et des déportations. Après le débarquement allié en Méditerranée, les forces d’occupation et leurs supplétifs français vont s’effondrer plus rapidement que la Résistance l’avait imaginé. Un repli général allemand est ordonné le 16 août. Les Allemands quittent Toulouse après quelques actes de sabotage en pure perte.

 

La Résistance pourra-t-elle rompre avec le passé ? Les femmes seront-elles reconnues à la hauteur de leur rôle dans la clandestinité ? L’administration collaborationniste sera-t-elle suffisamment épurée ? Les communistes mobilisent les travailleurs pour gagner « la bataille de la production ». Vincent Auriol écrit que la SFIO s’est « purifiée » dans les épreuves de la résistance. Bien que n’ayant joué que des rôles marginaux pendant la guerre, le parti radical et les modérés du Mouvement républicain populaire (MRP) profitent de leur enracinement historique. Après la suspension de la Dépêche collaborationniste, de nouveaux journaux paraissent, reflétant tout l’éventail politique. Comme dans d’autres régions de France, l’épuration n’est bien souvent qu’une caricature d’elle-même, même lorsqu’elle a pour cadre des « tribunaux d’exception » (462 peines de mort et 1 468 peines de dégradation nationale prononcées à Toulouse). Rapidement, de plus en plus de Vichystes sont épargnés. La Dépêche de Toulouse reparaît en novembre 1947 sous le titre La Dépêche du Midi. On sait que René Bousquet y jouera longtemps un rôle prépondérant.

 

Les 30 000 réfugiés républicains espagnols de Haute-Garonne connaissent des luttes politiques intestines (communistes, socialistes, libertaires). Du « dynamisme espagnol d’antan », il ne restera à Toulouse que le célèbre hôpital Varsovie, géré par des résistants espagnols et d’anciens FFI.

 

Des chefs de la Résistance qui ont survécu connaîtront un parcours de vie fort honorable : Jean-Pierre Vernant au Collège de France, René Andrieu, rédacteur en chef de L’Humanité, Edgar Morin, Raymond Badiou. Et puis aussi Maurice Bourgès-Maunoury, Vincent Auriol.

 

Politique, patriotique, la Résistance aura également été éthique, ontologique, comme l’exprimera magnifiquement Jean-Pierre Vernant en 2004 : « Pourquoi ces gens, alors que rien ne les y obligeait, se sont lancés dans une aventure qui a été, à certains moments, terrible ? Pour une raison qui est la clé de la Résistance : c’est qu’il y a des circonstances, des moments où, tout d’un coup, vous est rendu évident, vous est révélé que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue s’il n’y a pas en elle quelque chose qui la dépasse. 

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 05:52

Michel Goubet. La Résistance dans le Midi toulousain. Toulouse, Privat 2015.

 

Avec ce fort ouvrage de 450 pages, Michel Goubet, ancien professeur d’histoire en classes préparatoires du lycée Pierre-de-Fermat à Toulouse, nous offre la synthèse de recherches et de travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d’années.

 

L’auteur possède la distance requise lui permettant de prévenir en introduction que la Résistance a été « instrumentalisée pour faire oublier les mauvaises consciences de l’époque » et que sa représentation a été « déformée » jusqu’au « résistancialisme » qui a fleuri dans les années d’après-guerre. L’important reste cependant – et ce livre l’atteste par mille exemples – l’engagement authentique d’hommes et de femmes qui ont tout de suite compris que, par-delà la politique et l’histoire, l’acte de résistance portait en lui une dimension quasi ontologique. Voir, par exemple, ce que Jean Cassou, membre du cabinet de Jean Zay durant le Front populaire, conservateur en chef du Musée national d’art moderne, écrivait dans La Mémoire courte : « Pendant quatre ans, la France légale, officielle, publique, historique, s’est déclarée sous les traits du régime Pétain, lequel a vécu en bonne intelligence avec l’ennemi […] Il en demeure pour la conscience collective française une charge une blessure, le sentiment d’avoir vécu ensemble, un périlleux et pesant sacrifice : et nous, nous restons en dehors. La charge, la blessure ne sont pas pour nous. Nous étions ailleurs. »

 

 

Note de lecture n° 160 (I)

Le Midi toulousain est occupé lorsque les Allemands envahissent la zone sud le 11 novembre 1942. Avant cela, la région avait servi de refuge à diverses populations. Les républicains espagnols au début de 1939 ; les réfugiés de l’exode fuyant l’offensive allemande de 1940 ; des populations méditerranéennes évacuées par crainte d’un débarquement allié en 1943-1944.

 

Terre de résistance, le Midi toulousain est également une terre vichyste. Les parlementaires locaux – à l’exception de cinq d’entre eux – ont voté les pleins pouvoirs à Pétain. L’amiral Darlan, chef du gouvernement, est natif de Nérac où il a grandi dans une famille progressiste, dreyfusarde. Le secrétaire général de la police de Vichy, René Bousquet, est originaire d’une famille radicale-socialiste montalbanaise. Ministre de la Justice qui créera les sections spéciales des cours martiales, Joseph Barthélémy a bâti sa carrière politique dans le Gers. Le syndicaliste révolutionnaire, rallié au corporatisme et à la pensée fasciste Hubert Lagardelle, est haut-garonnais.

 

Le maréchalisme est vivace dans la région. Quantité de manifestations patriotiques et religieuses égaient le quotidien tandis que Monseigneur Saliège, l’archevêque de Toulouse, qui prendra ses distances par la suite, fustigent « l’éducation et la démocratie athées ». Peu nombreux sont les réfractaires au STO. Le Commissariat général aux questions juives est créé à Toulouse en juillet 1941. Joseph Lécussan, son directeur, est un cagoulard antisémite et milicien. Ce fils d’instituteur sera responsable de l’assassinat de Victor Basch (fondateur et président de la Ligue des droits de l’homme) en 1944 et sera fusillé à Caluire-et-Cuire en 1946. La Milice compte un petit millier d’adhérents en Haute-Garonne. Les résistants condamnés ou en attente de jugement souffrent dans des prisons au régime très dur : Saint-Michel à Toulouse, Eysses dans le Lot-et-Garonne, Castres dans le Tarn. Sans parler des camps d’internement réservés aux juifs et aux étrangers “indésirables” : Casseneuil dans le Lot-et-Garonne, Le Vernet en Ariège – où seront internés Luigi Longo (futur secrétaire-général du Parti communiste italien) et l’écrivain Arthur Koestler – Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques, où Hanna Arendt passera plusieurs mois.

 

L’armée allemande occupante s’installe au grand hôtel de la Poste à Toulouse. Elle entretient une impression de normalité. Les terrasses des cafés ne désemplissent pas. Maurice Chevalier, Fernandel viennent chanter dans la ville rose. Mais le 26 août 1942, de nombreux juifs étrangers sont raflés et déportés. Sans se rallier à la Résistance, trois prélats de la région, dont Mgr Saliège, critiquent ces mesures. Puis vient le tour des juifs français, le plus connu étant peut-être le champion du monde de natation Alfred Nakache, déporté à Auschwitz avec sa femme et sa fille qui, elles, n’en reviendront pas. Un dixième des juifs haut-garonnais seront déportés, un tiers des juifs étrangers.

 

Une résistance civile s’organise face à la barbarie. L’Église invoque le droit d’asile, procure de faux certificats de baptême. Une partie de la famille Debré, la famille Cohn-Bendit sont cachés dans des établissements religieux. Hubert Beuve-Méry et Jean-Marie Domenach trouvent refuge dans un petit séminaire près de Vabre. Dans de nombreuses couches de la population, l’esprit est “résistant” mais il faut s’organiser pour être efficace. On finira par compter une bonne quarantaine de milliers de FFI dans la région de Toulouse.

 

L’éventail politique des résistants est large. La CGT est réunifiée en 1943. Dès lors, l’action se durcit, des grèves éclatent. Quelques dirigeants d’entreprise sont dans l’esprit “résistant”. C’est le cas de Fernand Mauroux, vice-président de la chambre de commerce d’Auch. Le milieu enseignant est fort bien représenté, avec Raymond Naves, le chef régional du parti socialiste clandestin, l’helléniste futur professeur au Collège de France Jean-Pierre Vernant, chef des FFI en Haute-Garonne. À noter l’action efficace du libraire Silvio Trentin, universitaire, réfugié antifasciste italien, d'Ignace Meyerson qui crée la société toulousaine de psychologie, de Vladimir Jankélévitch, Edgar Morin, de Raymond Badiou, agrégé de mathématiques à 22 ans, maire socialiste de Toulouse à la Libération, père du philosophe Alain Badiou. Et celle du pharmacien authentiquement socialiste (dans les idées comme dans sa pratique) Pierre Bourthoumieux. La police elle-même est infiltrée. Plusieurs commissaires “ignorent” les renseignements qu’ils obtiennent sur les itinéraires d’évasion. Des gendarmes préviennent des personnes menacées de rafle. Les francs-maçons, dont Pétain voulait débarrasser la France de manière obsessionnelle dès le 13 août 1940 (« Un juif n’est jamais responsable de ses origines, un franc-maçon l’est toujours de son choix. »), adhèrent en nombre à la Résistance : Ernest Vila, François Verdier, l’italien Francesco Fausto Nitti. Des juifs s’engagent dans des réseaux de résistance juive nouvellement constitués ; d’autres nient leur singularité et s’engagent dans des organisations françaises existantes. C’est le cas du futur ministre de De Gaulle Léo Hamon.

 

Les femmes sont présentes, même si leur rôle est et sera toujours sous-estimé, voire nié. Comme, par exemple, Ariane Fixman, femme du poète David Knout, assassinée par la Milice en juin 1944. Jean-Pierre Vernant dira à Michel Goubet à propos de ses camarades féminines : « Elles ont une capacité de s’accrocher absolument extraordinaire. S’il n’y avait pas eu les femmes, on n’aurait rien pu faire. »

 

Et puis il y aura des vichystes ou des maréchalistes résistants. Le cas le plus connu étant celui d’Henri Frenay, chef du mouvement Combat, furieusement anticommuniste, anti-allemand et anti-gaulliste. Il ne rompra avec Vichy qu’en mars 1942, après avoir compris que le pouvoir était parfaitement maître de ses décisions.

 

Résister, c’est vouloir une France radicalement différente de celle d’avant l’Occupation : « Notre tâche : l’insurrection républicaine […]. L’effondrement militaire de l’Allemagne ne saurait, en effet, assurer à lui seul notre libération. Notre Libération française sera l’insurrection pour la conquête de la liberté garantie par la République […]. » (Libération, 15 décembre 1943). Le programme du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944 prévoit de veiller au « châtiment des traîtres » et d’instaurer une « véritable démocratie économique et sociale impliquant l’éviction des grandes féodalités. » Cela dit, le CNR “oublie” le vote des femmes et la décolonisation. Consensuels en 1943, les engagements du CNR le seront beaucoup moins après la Libération.

 

 

(À suivre)

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 06:03

On sait qu'il est très difficile d'interpréter une photo. Dès qu'elle devient culte, elle a sa propre vie et peut faire l'objet de récupérations qui font oublier les analyses rigoureuses. En 2009, j'avais rendu compte du livre de Frédéric Rousseau sur la célébrissime photo de l'enfant juif de Varsovie levant les bras devant les SS. Même ce document, publié mille fois, posait problème.

 

Tourne actuellement sur la toile la photo d'un petit garçon syrien hébété, couvert de poussière suite au bombardement de son immeuble et, semble-t-il blessé à la tête. Le très bon site étasunien Moon of Alabama est très dubitatif quant à la véracité des faits. Bien sûr Alep et d'autres villes syriennes sont atrocement bombardées mais il semble que ce petit garçon tombe bien à propos pour véhiculer une certaine propagande.

 

Cette photo fait le tour des médias « occidentaux » accompagné du récit larmoyant de « militants » d’un quartier d’Alep-est, occupé par al-Qaïda


Un petit garçon, apparemment blessé, est assis tranquillement dans une ambulance flambant neuve et très bien équipée. À moment donné, il touche ce qui ressemble à une blessure à la tempe gauche. Ce geste ne provoque chez lui aucune réaction.

 



 

Dans la vidéo de deux minutes, d’où provient la photo, on voit que le petit garçon est remis, dans l'obscurité, à une personne vêtue d’une veste de sauvetage qui le transporte dans l'ambulance. Il est assis là tranquillement, sans recevoir de soins, pendant que plusieurs personnes prennent des vidéos et des photos de lui. Un autre enfant, qui n’a pas l’air d’être blessé, est ensuite amené dans l'ambulance.


Voilà comment l'histoire est racontée:


Mahmoud Raslan, le photojournaliste qui a fait la photo, a déclaré à Associated Press que les urgentistes et les journalistes avaient essayé d'aider l'enfant de 5 ans, identifié comme Omran Daqneesh, ainsi que ses parents et ses trois frères et sœurs, qui ont, respectivement, 1, 6 et 11 ans.


« Nous les avons passés d'un balcon à l'autre », a déclaré Raslan, « Nous avons envoyé immédiatement les plus jeunes enfants à l'ambulance, mais la fillette de 11 ans a attendu que sa mère soit dégagée. Sa cheville était coincée sous les décombres. »


Quand on recherche « Mahmoud Raslan », le prétendu «  photojournaliste », sur Internet on ne trouve aucune autre photo ou vidéo à ce nom.  


Il y a une quinzaine d’hommes debout autour de la scène qui ne font rien. Tout près d’un site  « qui vient juste d’être bombardé » dans une zone de guerre? Sans aucune crainte d'un nouveau bombardement ? Au moins deux autres hommes, sans compter le vidéographe, prennent des photos ou des vidéos.

 

Un autre enfant est transporté dans l'ambulance. On voit quelqu'un qui porte un casque blanc et une chemise des « Casques blancs », un groupe de propagande financé par les États-Unis et l’Angleterre.


Un homme blessé, mais qui se déplace normalement, est amené à l'ambulance.
 
Comme le petit garçon, l'homme semble avoir une blessure à la tête. Mais comme le garçon, il ne saigne pas du tout. Il y a quelque chose de rouge sur son visage, mais le sang ne coule pas. C'est étonnant. Quand j’étais ambulancier urgentiste, les personnes atteintes de blessures à la tête saignaient toujours comme des porcs (elles mettaient souvent du sang partout dans la voiture que je devais alors nettoyer). Comme le note WebMD :


{Les petites coupures sur la tête saignent souvent abondamment parce qu’il y a beaucoup de vaisseaux sanguins sous la peau du visage et sous le cuir chevelu. Bien que l’importance du saignement puisse être impressionnante, souvent la blessure n’est pas grave ...}


La quantité de substance rouge qu’on voit sur le garçon et sur l'homme ne correspond pas à la quantité de sang habituelle d’une blessure, même mineure, à la tête. On ne voit pas non plus de bandages, ni rien d’autre qui aurait pu servir à arrêter le saignement d’une vraie blessure à la tête.

 

Comparez les photos ci-dessus à cette photo récente d’un garçon prise dans Alep-ouest. Aucun média « occidental » n’a fait état de ce jeune garçon et de sa souffrance. Il n’est pas de « notre côté ». L’enfant souffre d’une blessure à la tête infligée par un missile improvisé d’al-Qaïda et de ses associés qui a frappé son quartier. On le soigne. L’écoulement de sang a été stoppé. La quantité de sang qui a coulé sur son corps et trempé son vêtement est sans comparaison avec celle qu’on observe dans les images précédentes. On voit aussi que le sang se mélange sur son visage, à la poussière, qu’il n’est pas comme appliqué dessus. Cela ressemble aux patients de mon ambulance. Cela semble vrai.

 

Le "petit garçon blessé dans le siège orange" - Un nouveau coup monté des "Casques blancs"

Je pense que la vidéo ci-dessus est une mise en scène tout comme les autres vidéos et images des « Casques blancs ». La blessure de l'enfant semble un peu plus réaliste que d'habitude, mais le manque d’épanchement de sang, le fait que personne ne soigne l'enfant, son absence de réaction quand il touche sa « blessure » et le cadre général de la scène vidéo me permettent de conclure qu’il s’agit bien d’une mise en scène.
 

Tout ce qu’on voit dans la scène du « petit garçon sur le siège orange » et sur la vidéo se retrouve à l’identique dans des dizaines de vidéos des « Casques blancs ». C’est le même thème que nous retrouvons encore et encore dans notre collection de photos de Sauvetage dramatique ! Un homme portant un enfant se dirige vers la caméra !

 

Cette nouvelle vidéo de propagande, largement diffusée, arrive encore à un moment où al-Qaïda et ses associés en Syrie sont en difficulté. La force aérienne russe les frappe à l’arrière de leur attaque contre Alep-ouest, et elle leur fait beaucoup de mal. Un « cessez-le-humanitaire », qui pourra ensuite être utilisé pour se réorganiser et se réapprovisionner, leur est absolument nécessaire. La propagande contribue à augmenter la pression pour l’obtenir.

 

Certains de leurs sponsors veulent que les « Casques blancs » soient nommés pour le Prix Nobel de la Paix. L’organisation elle-même fait du lobbying dans ce but sur son site Web. Quelqu’un d’autre a-t-il jamais fait une chose pareille ?

 
Le "petit garçon blessé dans le siège orange" - Un nouveau coup monté des "Casques blancs"

N’ont-ils pas honte de se proposer eux-mêmes pour le prix ? La photo juste ci-dessus est une autre version de leur principale image de marque, le « Sauvetage dramatique ! Un homme portant un enfant se dirige vers la caméra ! ». Est-ce que cette dernière mise en mise a pour but de soutenir leur candidature au prix Nobel ?

 

Et pourquoi pas ? Obama n’était rien d’autre qu’un produit de marketing lorsqu’il a reçu le prix Nobel de la paix. Il a ensuite réduit en poussière des habitants dans sept pays à majorité musulmane. Il n’y a vraiment aucune raison de ne pas remettre ce prix à un autre instrument de propagande guerrière.

 

Mais je trouve tout de même qu’une nomination aux Oscars, peut-être dans la catégorie des « effets spéciaux les mieux commercialisés » serait plus appropriée.

 

 

Traduction : Dominique Muselet. Article repris par Le Grand Soir.

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 04:34

 

Jean Lévy publie sur son blog un article à propos du livre de Bernard Legoux La désinformation autour du régime de Vichy. Il replace tout d’abord cette publication dans son contexte. Puis il reproduit le texte de l’éditeur justifiant la parution de cet ouvrage. En PS, j’ajoute le résumé du livre proposé par les éditions Chiré. Bernard Legoux est également l'auteur de 39-45. Les mensonges de JUIN 1940. La réalité que l'on cache aux Français depuis 70 ans.

 

 

Il y a 76 ans, à la faveur d'une défaite militaire qu'il avait, non seulement souhaitée, mais qu'il avait préparée par haine de la République, Philippe Pétain devenait "chef de l'Etat français" sur le territoire restreint que lui avait accordé l'Occupant allemand.

 

Chacun connaît la suite : le démantèlement des institutions démocratiques, la prison, les camps, la torture et la mort  pour les opposants, les Français qui vont résister au nouveau régime, puis l'annonce, trois mois après, de la politique de Collaboration avec l'Allemagne, décidée à Montoire avec Hitler. 

 

Inutile de rappeler ce que fut le régime de Vichy, avec sa Milice du tueur Darnand, nommé par le Maréchal à la tête du Maintien de l'Ordre, et dont il a avalisé tous les crimes...

 

Et, en contrepoint, la Résistance, lancée dès juin 40 à Londres par le général De Gaulle et mise en œuvre en France même par les patriotes, en tête desquels les communistes jouèrent un rôle déterminant...

 

Et il se trouve aujourd'hui, un "historien" qui ose publiquement insulter cette Résistance et la France Libre, en réhabilitant Pétain, sa politique et son régime.

 

Pourquoi maintenant cette scandaleuse attitude, qui s'apparente au négationnisme ?

 

L'auteur du livre sent que l'heure de la revanche a sonné : les dirigeants de notre pays ont à nouveau largué l'indépendance de la France au sein de l'Union européenne, comme hier au sein de "l'Europe nouvelle", dominée comme aujourd'hui par l'Allemagne.  Toujours "au nom de la Paix" et de la collaboration économique au profit de la nation dominante et du mark, appelé Euro de nos jours. Et comme au bon vieux temps de l'Occupation, ne sont pas en odeur de sainteté, ceux qui mettent en cause cette nouvelle collaboration, seule politique qui trouve écho dans les médias, comme c'était déjà le cas du temps de la censure allemande, la tristement célèbre Propaganda Abteilung.

 

Voilà pourquoi nulle indignation officielle ne se profile à l'horizon.

 

Voilà pourquoi il appartient aux Français de refuser le nouveau révisionnisme qui justifie la politique actuelle et d'agir pour une nouvelle libération de la France.

 

 

 

canempechepasnicolas publie donc ci-dessous pour ses lecteurs le texte de l'éditeur du livre en question pour que ceux-ci puissent juger en connaissance de cause du bien-fondé de nos commentaires :

 

Bernard Legoux, capitaine de frégate honoraire, est membre de la Commission française d’histoire militaire. Il est reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes de l’année 1940.

 

Adversaire résolu de la déformation intentionnelle de l’Histoire, Bernard Legoux s’indigne en constatant la désinformation qui règne actuellement sur le gouvernement de Vichy et le maréchal Pétain. Depuis 1980, un nouveau courant historique, souvent qualifié d’ « historiographie nouvelle », présente le régime de Vichy comme le mal absolu en ne tenant, le plus souvent, aucun compte de tous les écrits et témoignages des années 1950 à 1980. Bernard Legoux analyse les procédés de désinformation utilisés par ces soi-disants historiens ayant abandonné toute objectivité.

 

L’auteur tente également de définir les groupes de pression qui font actuellement tous leurs efforts pour propager une image tronquée du régime de Vichy et essaie de replacer ce dernier dans le contexte et les multiples atrocités de la seconde guerre mondiale. Il montre que Vichy est très loin de partager la responsabilité des nombreux crimes accomplis non seulement par les nazis et les Soviétiques, mais souvent par les Alliés occidentaux eux-mêmes.

 

Enfin, l’auteur souligne combien le gouvernement d’armistice était une nécessité, combien également la diabolisation immédiate du gouvernement légal du pays adoptée par De Gaulle avait contribué à la division des Français.

 

Un ouvrage très documenté qui rend ainsi indirectement hommage au maréchal Pétain qui s’est chargé de cette tâche indispensable de protection de la population et des prisonniers qui est le devoir primordial du gouvernement d’un pays vaincu militairement et occupé.

 

 

 

PS : De 1940 à 1944, la France, vaincue militairement en juin 1940, a connu la période douloureuse d'une occupation allemande à laquelle nul ne pouvait alors s'opposer. Grâce à un armistice inespéré, cette dernière a pu conserver une zone libre jusqu'en novembre 1942, sa flotte de guerre et son Empire à l'abri de l'ennemi. Des gouvernements français dirigés par le maréchal Pétain ont assumé avec courage la tâche indispensable de protéger le mieux possible la population et le million et demi de prisonniers de la barbarie nazie. Grâce à eux, la France a connu un des sorts les moins dramatiques de tous les pays occupés par les Allemands.

 

Après quelques décennies relativement équilibrées quant aux appréciations portées sur ces gouvernements, un nouveau courant, souvent baptisé "historiographie nouvelle", apparu dans les années 1980, a assimilé abusivement le régime de Vichy au nazisme et au "Mal absolu".

 

Dans cet ouvrage, Bernard Legoux analyse les causes et les procédés de la désinformation utilisée par ces nouveaux censeurs de Vichy pour stigmatiser avec virulence ce régime qui a cependant permis, quelles qu'aient pu être ses erreurs, inévitables sous la terrible pression des occupants, la survie du pays, de ses habitants et de ses prisonniers dans des conditions certes très difficiles, mais pas insupportables, jusqu'à leur libération par les armées alliées, dont faisait partie l'armée française d'Afrique du Nord organisée par les chefs militaires de Vichy. 

 

Bernard Legoux, capitaine de frégate honoraire, a étudié dans plusieurs ouvrages l'armistice de juin 1940 et démontré sa nécessité. Il est reconnu comme l'un des meilleurs spécialistes de l'année 1940.

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 05:58

Dans ce qui suit, le site Résistance reprend les travaux d'Emmanuel Todd sur l'héritage. Passionnant.

 

 

Todd définit essentiellement deux paramètres pour comprendre la façon dont les familles fonctionnent. D’abord, l’autorité, ou la non-autorité des parents sur leurs enfants mariés. En effet, tous les parents ont autorité sur leurs enfants, mais, quand ils deviennent adultes et se marient, doivent-ils quitter le domicile familial pour fonder leur propre famille de façon autonome, ou restent-ils au domicile des parents avec leurs épouses, restant ainsi sous l’autorité du père ? Todd mesure cette question par la proportion de ménage à trois générations : dans les pays ou les régions où elle est significative, il conclut à l’existence de familles « autoritaires ». Si les enfants doivent quitter le domicile des parents dès leur mariage, la famille est « non-autoritaire ». Deuxième paramètre, les parents regardent-ils leurs enfants comme égaux ou non ? Curieuse question me diras-tu, mais Todd observe la façon dont est transmis l’héritage familial, idéalement la ferme. À la mort des parents, soit les biens sont partagés à égalité entre les enfants, et la famille est égalitaire (c’est ce que dit, par exemple, la loi française), soit les biens sont attribués uniquement, ou principalement, à l’un des enfants, généralement l’ainé, les autres enfants n’ayant rien… ou peu. La répartition se fait alors par testament (c’est le système anglo-saxon), et la famille est inégalitaire.

 

Deux fois deux critères, cela donne quatre types familiaux. Todd les nomme « famille communautaire » quand il y a à la fois autorité et égalité, « famille nucléaire » quand il y a à la fois égalité et non-autorité, « famille souche » quand il y a à la fois autorité et inégalité, et enfin, « famille nucléaire absolue » quand il y a à la fois non autorité et non-égalité.

 

Alors, on s’aperçoit que ces types familiaux ne sont ni isolés ni dus au hasard, mais forment de vastes ensembles. Ainsi, l’Allemagne, le Japon et la Corée sont de type « souche », c’est-à-dire autoritaire et inégalitaire, l’Angleterre et les États-Unis sont de type « nucléaire absolu », c’est-à-dire non-autoritaire et non-égalitaire, la Chine et la Russie sont de type « communautaire », autoritaire et égalitaire. En France, les quatre types familiaux existent, mais, depuis la Révolution Française, ce sont les principes de la famille nucléaire (égalitaire et non-autoritaire) qui dominent.

 

Admettons la typologie, mais concrètement, ça sert à quoi ?

 

Eh bien, les enfants qui baignent dans une culture familiale, jamais explicite, mais très prégnante, se projettent dans le monde en fonction de ces critères. Ainsi, les populations issues de familles égalitaires concevront un monde « universaliste », où chaque individu, au- delà de ses différences d’aspect physique ou culturel, est l’égal de tous les autres. Mais les populations issues de familles inégalitaires vivront un monde « différencialiste », où les individus, malgré leurs similitudes, seront vus comme différents. Par exemple, la France, qui est globalement universaliste, ne fait pas obstacle à l’union matrimoniale entre ses enfants et les enfants de populations accueillies sur son sol, même si l’assimilation n’est pas totalement achevée. Nous sommes les champions du monde du « mariage mixte » ! Par contre, les Étasuniens, vivement différentialistes, continuent à ne pas accepter d’union matrimoniale avec leur population noire, qui est pourtant totalement étasunienne. Ils continuent à en faire une catégorie à part, en les appelant « Afro-américains », alors même qu’ils n’ont aucun lien ni culturels, ni familiaux avec l’Afrique.

 

Les chiffres sont parlants : selon l’INED, en France, entre le quart et le tiers des populations issues de l’immigration sont en « union matrimoniale mixte », alors qu’aux États-Unis, moins de trois pour cent de la population noire sont en union matrimoniale avec un blanc. Pour plus de détails sur ce sujet, tu peux lire : Le destin des immigrés, d’Emmanuel Todd.

 

 

 

 

Tout ça est un peu trop « déterministe » à mon goût. Parce que si on poursuit ton raisonnement, il y a une sorte de mécanique qui nous dépasserait tous et ne laisserait que peu de choix !

 

Pas vraiment. Essentiellement parce qu’il s’agit d’un phénomène statistique. Cela explique les attitudes de populations suffisamment importantes, jamais celles d’un individu, ni même celles d’un groupe d’individus. Ainsi, dans un océan différentialiste, aux États-Unis par exemple, on peut trouver des individus qui vont protester contre l’attitude selon laquelle on doit voir un terroriste potentiel dans chaque musulman. Mais c’est un positionnement qui se situe à la marge de la société dans son ensemble. Globalement, chaque population baigne dans un bruit de fond anthropologique qui la prédispose à envisager telle ou telle solution pour résoudre ses problèmes, en accord avec son système familial.

 

Je vais te donner un autre exemple. Au XVIe siècle, lors de la conquête des Amériques, des Espagnols, au sud, vont être horrifiés des massacres d’Indiens. Et ils vont protester en Espagne même. Cela donnera un débat, qui s’appellera La Controverse de Valladolid. Ils concluront que toutes les sociétés sont d’égale dignité. Il y a bel et bien eu des massacres quand même, mais pas de génocide. Au nord, les Anglo-saxons n’ont pas eu ces états d’âme, et ont fait disparaître l’essentiel des populations autochtones. Sur ces deux exemples, on voit bien la différence entre universalisme et différentialisme !

 

Tu as dit tout à l’heure qu’en France, nous avions les quatre systèmes familiaux. Comment ça se présente ?

 

En gros, le bassin parisien est porteur de la famille nucléaire (égalitaire et non-autoritaire), ainsi que la façade méditerranéenne autour de Marseille. Ce fut le cœur de la Révolution Française, avec la devise Liberté-Egalité-Fraternité, qui est le marqueur du type familial. C’est aussi dans le bassin parisien que se développera l’anarcho-syndicalisme, qui adoptera (plus ou moins) le marxisme. Dans la périphérie de cet axe, c’est-à-dire à l’Est (l’Alsace par exemple), au Nord-est (le Lyonnais), à l’Ouest (la Bretagne) et au Sud-ouest (le Béarn, le Pays Basque, par exemple), on a des familles de type souche (inégalitaires et autoritaires) avec quelques zones de familles communautaires (égalitaires et autoritaires), dans le Limousin par exemple. Tout cela n’est pas sans conséquences : la grande propriété foncière de la Beauce, au Sud-ouest de Paris, vient de l’héritage égalitaire ; les parcelles reçues en héritage deviennent, au fil des générations, si petites, que certains héritiers, attirés par la ville, préfèrent les vendre à ceux qui restent sur place. Par contre dans le Béarn, l’héritier unique maintient des domaines à peu près intacts.

 

Et alors, tu as une préférence pour quel type familial ?

 

Oh, mauvaise question grand-mère ! Il faut être convaincu que chaque population a d’excellentes raisons d’avoir adopté, au cours d’une histoire millénaire, tel ou tel type familial. Il n’y a pas de bonne et de mauvaise famille, mais simplement chacun fait au mieux dans les conditions qui sont les siennes. Mais on peut en tirer quelques conclusions. D’abord, que les positions adoptées par un pays, sont forcément en adéquation avec son type familial. Par exemple, les Russes et les Chinois, de type communautaire, c’est-à-dire universaliste, sont favorables à un monde « multipolaire », où chacun est à égalité, quelle que soit sa puissance. Sur cette base, ils rejettent la position étasunienne, inégalitaire, qui s’acharne à construire, puisqu’elle croit en avoir les moyens, une position hégémonique.

 

En fait, les peuples sont tous équivalents, mais tous différents ! Cela montre qu’il n’y a pas de modèle : ce qui marche à un endroit, n’est, en général, pas transposable à un autre endroit. Tu vas peut-être trouver ça consternant, mais il n’y avait pas de modèle soviétique, il n’y a pas de modèle chinois, ni suédois, ou tout ce que tu veux. Il y a des expériences qu’il faut étudier, pour en tirer les solutions les plus adaptées à nos propres conditions !

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 05:49

Une des crétineries de ce XXIe siècle de tous les dangers et de toutes les folies est le double concept de visibilité et lisibilité. Noyé dans un déferlement continuel d’informations de toute nature (qui tuent l’information, comme chacun le sait), les individus, les choses, les concepts doivent à tout prix être visibles, puis lisibles. Plus prosaïquement, il lui faut être repéré et compris par les Zuniens et, désormais, les Chinois. Il lui faut donc faire à la fois simple, folklorique, et international (c’est-à-dire Ricain, mâtiné de Chinois). Interdiction d’être sui generis, authentique, soi-même. Il faut partir du principe que nos qualités, nos manques, ne nous feront plus jamais repérer. Que l’on soit génial ou débile, beau ou laid, original ou banal, c’est à nous d’attirer l’attention de l’autre par des stratagèmes où la forme compte beaucoup plus que le fond.

 

Les universités françaises s’y sont mises. Voir, par exemple, ma note de blog sur l’université d’Albi. Les régions (ne me parlez plus du Nord mais des Hauts de France, ce qui fait une belle jambe aux chômeurs et aux précarisés chtis), et les villes sont également de la partie.

 

Prenons le cas de Châlons-sur-Marne, qui est officiellement devenue Châlons-en-Champagne. C’est ainsi que la ville se nommait au Moyen Âge. C’est que « champagne » est un concept de géographie qui signifie tout bêtement plaine crayeuse. On parle ainsi de la champagne de Saintonge. En ce temps-là, ni les Chinois ni les prolos français ne fêtaient leurs anniversaires avec la désormais mondialement connue boisson à bulles (nullement inventée par un Champenois, vlan dans les gencives !). Aux XVIIIe et XIXe siècle, Châlons se dénomma à la fois « sur-Marne » et « en-Champagne ». Vers les années 1980, commerce et image obligeant, les habitants et leurs élus firent campagne pour que la ville retrouve son nom médiéval, ce qui fut fait officiellement en 1998.

 

D’autres villes de France se sont auto-rebaptisées de manière officieuse. C’est le cas d’Auch qui fait tout pour se faire appeler « Auch en Gascogne » (il est vrai que d’Artagnan est né à quelques encablures).

 

 

 

Toujours dans le Gers, c’est aussi le cas – qui me fait rire sous cape – de Condom. La capitale mondiale du préservatif hésite entre « Condom-en-Armagnac » et Condom-sur-Baïse. Je choisirais sans hésitation la seconde solution en enlevant le tréma du i.

 

 

 

 

Plus sérieusement, Villefranche-sur-Saône tente d’imposer « Villefranche-en-Beaujolais. Afin que ce vin, qui en vaut d’autres (mais sans plus) coule rapidement à flots dans les rues de Nankin.

 

Il ne faut pas en rester là. Je propose « Vire-en-Andouille », « Cambrai-en-Bêtises », « Le Mans-en-Rillettes » (au fait, on ne devrait pas dire « Je vais au Mans » mais «Je vais à Le Mans », « le » n’étant pas l’article défini mais la déformation de « ce » au début de « Celmans », nom de la ville au VIIIe siècle). Allez, on s'entraîne : “Les 24 heures de Le Mans ”. Je suggère également « Caen-en-Tripes » et « Dunkerque-en-Moules Frites ».

 

 

PS qui a un peu à voir : Il y a quelques semaines, je passe une nuit dans un hôtel Campanile des Hauts de France. Le lendemain, je constate que ma voiture est flanquée d'un superbe autocar bourré de touristes chinois. Classes moyennes, âge moyen. Je demande au réceptionniste ce que font tous ces Chinois dans la ville bien peu touristique où nous sommes. « Ils sont ici chez eux, me dit l'employé : la société Campanile appartient désormais en grande partie aux Chinois. » Je me suis dit que ces braves gens étaient des proies potentielles idéales pour détrousseurs de ZAD et de ZI. Le 2 août 2016, le Campanile de Gonesse en a fait la triste expérience.

 

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 06:00

Dans son éditorial, Paul Ariès rappelle la nécessité de l’antimilitarisme et du pacifisme (1676 milliards de dollars dépensés chaque année pour les armes) et il moque l’ineffable Jean-Vincent Placé (il fallait des Solfériniens pour faire mousser un type pareil) qui a intégré les forces armées avec le grade de colonel, au sein du 13e RDP, régiment spécialisé dans le renseignement espionnage.

 

Mathilde Detcheverry et Danielle Lanquetuit préviennent : « Nanotech’ ; la commercialisétion progresse, la vigilance patine ! ». Il faut veiller à l’utilisation des nanomatériaux dans l’agriculture, dans le domaine des nanocapteurs (1 nanomètre = 1 milliardième de mètre).

 

Jean-Claude Paye se demande si Hollande a renoncé à l’état d’urgence permanent, même si, par manque de consensus, il n’est plus prévu de l’inscrire dans la constitution.

 

Pour Frédéric Thomas, tout ne finit pas en chanson en Haïti (l’ancien président Martelly était un chanteur populaire). Au lieu d’organiser des élections locales, il a déclenché une série de conflits. Haïti est « ouvert » aux investisseurs étrangers mais, suite au séisme de 2010, 60 000 personnes vivent toujours dans des camps.

 

Pour Jean-Marc Serekian, l’atome tricolore terrorise l’Europe : « Il n’y a plus de capitaine pour piloter le bateau France à la dérive. Et, mauvaise surprise, ceux que l’on regardait encore comme de risibles potiches politiques subalternes sont devenus les garde-chiourmes de la galère. Au poste de contrôle du navire ils s’activent comme des forcenés. Tel est, en image maritime, le tableau possible pour décrire le deux poids deux mesures de la nouvelle politique gouvernementale: état d’urgence férocement répressif contre les activistes écologistes d’un côté, atermoiement permanent dans l’indécision face à la Bérézina nucléaire française de l’autre. « Société nucléaire, société policière » disait un vieux mot d’ordre scandé dans les manifestations en Alsace contre Fessenheim… Nous y sommes… Et chaque jour se confirme partout en France, la pertinence politique de cette sombre association des origines. »

 

Anna Bednik montre les dessous de la croissance. Elle se méfie de l’expression « dématérialisation de la croissance » qui laisse entendre que l’économie mondiale peut croître plus vite en consommant moins de matières. »

 

Thierry Brugvin pose la question : « comment concilier solidarité et liberté démocratique en Europe ? » Depuis que l’Etat français est membre de l’Europe, qui se situe entre l’association d’Etats et la fédération, la question se pose directement aux Français.

 

Suite à la parution de son livre sur « capitalisme et djihadisme », Les Zindigné(e)s se sont entretenus avec Michel Surya. Pour le philosophe, « à ceux qui ont des mansuétudes pour la religion islamique, parce que c’est là que se recueillerait la plainte justifiée des peuples de l’histoire de l’islam, il faut se souvenir que l’islam n’est pas moins asservissant que toute religion, qu’il l’est plus même depuis qu’il regarde en arrière, jusqu’au vertige. » Dans son liuvre, Surya expose ce point important : « La difficulté qu’on n’a alors vu presque personne aborder : les rapports ne sont-ils pas en train de changer au point que penser selon les termes des puissances respectives du capitalisme et de son opposition ne suffit plus. Une autre puissance émerge qui ravage des territoires entiers, y répandant la terreur (terreur qui n’atteint encore l’Europe qu’épisodiquement), qui n’est sans aucun doute pas moins hostile à l’anticapitalisme qu’au capitalisme lui-même. De là que l’étau se resserre : plus de gauche ou presque, où que ce soit ; un plébiscite au contraire pour un libéralisme sans fard ni frein ; une extrême droite à l’affût et aux portes du pouvoir ; et, enfin, le déferlement d’un archaïsme historique qu’on ne voit pas à quoi comparer sinon à une variante du fascisme. »

 

Christian Araud (un polytechnicien qui vit dans les quartiers nord de Marseille , explique qu’il faut oser la solidarité face à la crise globale : « le collectif est une occasion pour chacun de penser à sa propre transition intérieure. »

 

Les Zindigné(e)s se demandent, suite à C.L.R. James, s’il ne faudrait pas décoloniser la révolution. Tout au long de sa carrière militante et intellectuelle, James se sera attaché à défaire la réduction de l’Histoire du monde à l’Histoire de l’Occident en donnant à voir la multiplicité des sujets et des lieux de l’initiative révolutionnaire.

 

Le survivalisme est-il politiquement compatible avec le projet éco-socialiste, demande l’anarchiste de droite Piero San Giorgio ? Un penseur stimulant qu’on s’étonne de voir dans cette revue dans la mesure où il organise des stages de survie (des camps d’entraînement) pour l’extrême droite.

 

 

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 06:21

 

Dans ce numéro d'août 2016, Serge Halimi dénonce les nouvelles provocations atlantistes :

 

Les dirigeants des États européens membres de l’Alliance atlantique ont-ils voulu prendre exemple sur M. José Manuel Barroso, devenu lobbyiste pour Goldman Sachs après avoir présidé l’Union européenne ? Ont-ils, par conséquent, profité du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) pour préparer leur reconversion comme conseillers d’une société américaine d’armements ? Assurément absurde — enfin… on l’espère —, l’hypothèse est à peine plus effarante que la décision annoncée à l’issue de leur réunion de Varsovie, en juillet : le déploiement d’une nouvelle unité mobile de quatre mille hommes en Pologne ou dans l’un des États baltes. À portée de tir d’artillerie de Saint-Pétersbourg et du siège de la flotte russe en mer Baltique.

 

 

 

Finn Brunton dialogue avec les extraterrestres :

La Chine a achevé en juillet la construction de l’un des plus grands radiotélescopes de la planète. L’engin scrutera l’espace à la recherche de signaux extraterrestres. Depuis des siècles, l’humanité rêve d’établir un contact avec d’autres mondes. Des plus loufoques aux plus sérieuses, ces tentatives s’appuient sur une représentation commune : cet Autre radical serait une intelligence pure, froide et logique. De sorte qu’en voulant saluer les Martiens les humains ont appris… à parler aux machines.

 

 

 

Akram Belkaïd analyse la situation de l’école algérienne face au piège identitaire :

En dépit du volontarisme de la ministre de l’éducation, le système scolaire algérien, confronté à un taux d’échec important, peine à se moderniser. Exposé à la concurrence d’un enseignement privé en expansion, le secteur public souffre d’un déficit d’infrastructures. La résurgence de la bigoterie et les polémiques à propos de l’usage de la langue arabe contribuent à l’affaiblir.

 

 

 

Pour Benoît Duteurtre, l’agriculture montagnarde disparaît silencieusement :

 

Alors que l’on ne cesse de mettre en avant l’agriculture biologique et durable, les normes européennes calquées sur l’hygiénisme américain poussent à l’éradication de la paysannerie traditionnelle — sans empêcher la multiplication des scandales sanitaires. Quelque part dans les Vosges, Josette Antoine résiste encore.

 

 

 

Voter plus n’est pas voter mieux, explique Alain Garrigou :

 

Selon le résultat obtenu ou espéré, l’opinion des commentateurs et des dirigeants politiques sur le référendum varie du tout au tout. On l’encense quand la réponse est conforme et on le voue aux gémonies quand elle déplaît. Si ce type de consultation, longtemps rejeté par la gauche, peut apparaître comme le nec plus ultra dans une démocratie en crise, sa banalisation n’est pas sans danger.

 

 

La population de l’Irak ne peut compter que sur elle-même (Peter Harling ) :

 

Treize ans après son invasion militaire par les États-Unis et leurs alliés, l’Irak ne parvient pas à sortir du chaos et de la violence. Alors qu’une partie de son territoire reste contrôlée par l’Organisation de l’État islamique (OEI), le gouvernement et la classe politique s’avèrent incapables d’unifier le pays et de garantir la sécurité d’une population épuisée.

 

 

Du même Harling, Bassora se donne en sacrifice :

 

Sur le papier, Bassora, deuxième ou troisième plus grande ville d’Irak, aurait toutes les raisons d’être une métropole plus dynamique que Dubaï, Abou Dhabi, Doha ou Koweït, et pourrait dominer le golfe Arabo-Persique. Son port, Oum Qasr, connecte au reste du monde l’un des principaux pays producteurs de pétrole, qui se trouve être aussi un vaste marché de consommateurs en puissance. Dans la zone, les hydrocarbures abondent et sont particulièrement peu coûteux à exploiter, laissant des marges importantes quelles que soient les variations du prix du baril.

 

 

 

Pour Vincent Sizaire, le « terrorisme » est une notion piégée :

Le 14 juillet, un homme au volant d’un camion fonçait sur la foule à Nice, tuant quatre-vingt-quatre personnes et en blessant des centaines. Le massacre a aussitôt été qualifié d’attentat « terroriste ». Mais, pour lutter efficacement contre ce type d’actes, l’emploi de ce terme a-t-il une utilité quelconque ?

 

 

 

Tom Bissell est allé visiter Israël avec quatre cent cinquante chrétiens sionistes :

 

L’alliance entre les fondamentalistes chrétiens américains et l’État d’Israël repose sur une idéologie conservatrice et antimusulmane… qui se heurte parfois à la réalité. Comme lors d’un voyage organisé de croyants américains.

 

 

Autour de Hillary Clinton, l’union est « forcée » (John R. MacArthur) :

Laborieuse, la victoire de Mme Hillary Clinton à la primaire démocrate n’aura pas suffi à faire oublier son impopularité. Les électeurs progressistes continuent de lui reprocher sa proximité avec Wall Street, mais n’ont pas vraiment d’autre choix que de voter pour elle. Au risque de s’allier avec les milieux d’affaires, qui la préfèrent à l’incontrôlable Donald Trump.

 

 

« Brexit » : Paul Mason  épépine les raisons de la colère :
 

Les commentateurs ont estimé que le vote des Britanniques en faveur de la sortie de l’Union européenne, le 23 juin dernier, avait révélé les réflexes anti-immigrés d’une population « fermée au monde ». Rien n’a été dit des déterminants sociaux du résultat : austérité, chômage de masse, augmentation du nombre de travailleurs pauvres, etc. Autant de fléaux qui poussent les plus démunis à s’opposer entre eux.

 

 

 

Une étude très intéressante de Matthieu Grossetête : en gros, plus tu es pauvre, plus tu te tues en voiture :

 

À chaque période de vacances, tandis que le risque d’accidents de la route s’accroît, le thème de la sécurité au volant revient dans l’actualité. Le gouvernement multiplie alors les consignes de bon sens : ne pas conduire trop vite, se reposer régulièrement, attacher sa ceinture, etc. En se focalisant sur le comportement individuel des conducteurs, ces préconisations négligent les causes profondes de la mortalité routière.

 

 

Christophe Lucand explique pourquoi Le « pinard » fut le sang des poilus :

 

Avec 6 400 morts par jour chez les militaires — le double si l’on ajoute les civils —, la première guerre mondiale a été l’une des plus meurtrières de l’histoire. Pour tenir, les soldats français se sont bien souvent réfugiés dans l’alcool, encouragés par leur hiérarchie, qui veillait à ce qu’ils ne manquent jamais de « pinard ». En quelques années, le vin a ainsi gagné le statut de breuvage patriotique, paré de toutes les vertus.

 

 

La guérilla des FARC attend la paix (Loïc Ramirez) :

 

Le 23 juin, Bogotá et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont signé un accord historique instaurant un cessez-le-feu définitif et prévoyant le désarmement des rebelles. Après plus de cinquante ans de conflit, la perspective d’une paix durable implique un changement de vie pour les combattants de base, dont certains n’ont connu d’autre quotidien que celui de la guérilla.

 

 

Bientôt des robots au chevet des patients japonais (Arthur Fouchère) ?

 

Qui aurait pu imaginer être accueilli dans un hôpital par un humanoïde, ou dans un hôtel par une femme au visage en latex parlant plusieurs langues ? Pour l’heure, ces cas demeurent exceptionnels. Mais le Japon, leader de la robotique industrielle depuis cinquante ans, se lance sur le marché des robots de services. Il espère ainsi compenser son déclin démographique et relancer son économie.

 

 

 

Qui furent les envoyés spéciaux de la guerre d’Espagne (Anne Mathieu) ?
 

Il y a quatre-vingts ans, un coup d’État militaire précipitait l’offensive contre la République espagnole. Très vite, la presse française allait dépêcher sur place ses reporters et publier les observations de militants : communistes, socialistes, anarchistes. (Re)lire leurs textes offre une immersion dans un moment politique hors du commun, lorsque l’espoir le disputait à l’inquiétude.

 

 

 

Comment Erik Satie inventa la musique du silence (Agathe Mélinand) :

 

La postérité réduit souvent les artistes les plus inventifs à leurs œuvres les plus aimables. Tel est le sort du compositeur Erik Satie, un siècle et demi après sa naissance. Ses célèbres et soyeuses « Gymnopédies », qui meublèrent tant de génériques, reflètent mal la personnalité abrasive de ce communiste de la Belle Époque.

 

 

Trump, c’est pire que pipi-caca (Mona Chollet) :

 

Propriétaire entre 1996 et 2015 du concours de beauté Miss USA, M. Donald Trump avait promis « de réduire la taille des maillots de bain et d’augmenter la hauteur des talons ». Le jour de l’édition 2005, il clamait : « Si vous voulez voir un génie, n’allumez pas votre télévision ce soir ; mais si vous voulez voir une très belle femme, vous devriez regarder. »Le milliardaire a fait l’objet de plusieurs plaintes pour viol, dont l’une concernant une adolescente de 13 ans. Tout en se vantant sans relâche de ses propres conquêtes et exploits sexuels, il avait envisagé en 2007 de produire un reality-show dans lequel des jeunes filles « aimant faire la fête » seraient envoyées dans un pensionnat où on leur « apprendrait les bonnes manières ».

 

Sa passion pour la plastique féminine va de pair avec une profonde répulsion pour le corps des femmes. L’avocate Elizabeth Beck a raconté (CNN, 29 juillet 2015) qu’en 2011 elle avait dû interrompre une réunion pour aller tirer son lait ; M. Trump s’était alors levé, le visage rouge, et avait agité son index dans sa direction en répétant : « Vous êtes dégoûtante ! » Traumatisé par une interview tendue avec la journaliste de la Fox Megyn Kelly, il frissonnait : « Vous pouviez voir du sang jaillir de ses yeux, de son… Bref ! » (CNN, 7 août 2015). Et, le 21 décembre 2015, au cours d’un meeting, il commentait une brève absence de Mme Hillary Clinton, qui avait profité d’une pause publicitaire pendant un débat du Parti démocrate pour se rendre aux toilettes : « Je sais où elle est allée. C’est trop dégoûtant, je ne veux pas en parler. Non, ne le dites pas ! »

 

 

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