Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 05:11

      

 http://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2008/01/16/200801160307_zoom.jpgJ'en ai déjà parlé (link), mais j'y reviens à l'occasion de la publication au Journal Officiel du nom des membres du cabinet du ministre de l'Enseignement supérieur :

 

M. Yves Levy, conseiller spécial santé.
M. Jean-Richard Cytermann, directeur adjoint du cabinet.
M. Daniel Filâtre, conseiller premier cycle, formation des enseignants,
orientation, insertion.
M. Riadh Cammoun, conseiller recherche, technologie, espace,
développement durable.
M. Alexandre Aidara, conseiller juridique et immobilier.
M. Guillaume Houzel, conseiller social et vie étudiante, culture
scientifique et technique.
Mme Anne Bisagni, conseillère diplomatique.
M. Jacques Fontanille, conseiller sciences humaines et sociales.
M. Bruno Sportisse, conseiller transfert et innovation.
Mme Delphine Chenevier, conseillère affaires réservées, presse.
Mme Delphine Guerineau, secrétaire particulière.

 

Nous respirons : Daniel Filâtre est bien présent. Celui qui, sur ordre de Sarkozy et Pécresse, a piloté le démantèlement des IUFM, vient d'être nommé conseiller pour les rétablir.

 

À noter également que dans son université de Toulouse le Mirail la liste qui avait toute sa sympathie vient d'être battue par une liste de gauche. On cherche quelle peut bien être la légitimité d'un tel conseiller ministériel.

 

En matière d'enseignement supérieur, le changement, c'est pas maintenant, c'est pas demain, c'est même pas après-demain !

 


Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 16:52

http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgAuteur/058/Alleg_Henri.jpgJ’ai eu le grand plaisir de rencontrer tout récemment Henri Alleg à la Fête de L’Humanité de Toulouse. Comme, depuis quelque temps, je m’efforçais de mon mieux d’expliquer la Guerre d’Algérie à mes filles de dix et huit ans, ce fut pour moi un réel bonheur de leur présenter ce défenseur de la liberté des peuples. Très gentiment, il leur expliqua en quelques minutes le sens de sa vie militante.

 

Pour ma part, je n’avais pas trop envie de le faire parler sur son combat en Algérie. Que m’aurait-il dit qu’il n’avait déjà raconté mille fois auparavant ? Je lui demandai d’évoquer ses parents anglais, et de m’expliquer la ou les raisons pour lesquelles ils avaient émigré en France au début des années vingt. Je lus dans le regard d’Alleg une réelle surprise car on ne lui parlait pratiquement jamais de ses origines londoniennes. De fait, dans l’entre-deux-guerres, les Britanniques qui s’installaient en France étaient des intellectuels, des artistes, des écrivains qui voulaient changer d’atmosphère et, accessoirement, profiter de la parité très avantageuse de la livre sterling par rapport au franc. Très prosaïquement, les parents d’Alleg étaient venus en touristes pour quelques jours dans notre pays et avaient été emballés par un pays où l’on pouvait s’installer des heures durant à la terrasse d’un café. Ils décidèrent donc de se fixer en France avec leur marmot Henri sous le bras.

 

L’histoire est désormais bien connue : Alleg s’installe en Algérie en 1939, à l’âge de dix-huit ans. D’emblée, il milite au Parti communiste algérien. En 1951, il est nommé directeur d’Alger Républicain, un quotidien progressiste que la presse colonialiste appelait “ le petit mendiant ”, et qui accueillit dans ses colonnes Albert Camus, entre autres. Alleg entre dans la clandestinité en 1955. Il est arrêté le 12 juin 1957 par les parachutistes au domicile de son camarade et ami Maurice Audin qui sera torturé à mort et dont on ne retrouvera pas le corps. Il est séquestré et torturé pendant un mois à El-Biar. Il est transféré dans divers centres de détention où il parvient à écrire son célèbre ouvrage  La Question (publié par Lindon aux Éditions de Minuit en 1958). Pendant que je l’écoutais parler, j’essayais de me représenter ce petit homme chétif, ce trésor d’intelligence et de dignité aux mains des brutes de Massu et d’Aussaresses.

 

Un tout jeune militant communiste vint saluer Alleg et lui dit : « Vous êtes l’honneur de la France. J’ai commencé à militer grâce à vous, en lisant vos livres. » Puis un militant plus âgé vint faire dédicacer Mémoire algérienne. Souvenirs de luttes et d'espérances. Il souhaita prendre Alleg en photo et lui demanda la permission, ce que l’écrivain accorda tout naturellement.

 

- Il fallait bien que je pose la question, dit cet homme. J’éclatai de rire intérieurement…

 

 

 

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 05:30

RP2Sur le site du Grand Soir, Guillaume de Rouville, en une phrase, nous offre un magistral portrait de Barak Obama :

 

Frantz Fanon dirait de lui qu’il a la peau noire et le masque blanc, on pourrait ajouter qu’il sert bien l’oligarchie qui l’a porté au pouvoir en ayant nommé dans son administration des dizaines de membres de la commission Trilatérale de son mentor Brzezinski (adepte de la domination de l’Eurasie par les États-Unis), ajouter qu’il a sauvé ses amis de Wall Street en imprimant des centaines de milliards de dollars sans exiger de contreparties (sans doute pour les remercier d’avoir financé sa campagne électorale), ajouter qu’il a approuvé les plus gros budgets militaires de l’histoire des États-Unis ainsi que la plus grande vente d’armes de son pays en faveur de l’Arabie Saoudite qui continue, pourtant, au vu et au su de tous, à financer le terrorisme islamique partout dans le monde et à violer les droits de l’homme les plus élémentaires, ajouter qu’il a approuvé le coup d’État sanglant au Honduras contre le Président de centre-gauche Zelaya (journalistes, syndicalistes, civils torturés et exécutés) qui a été remplacé par une junte militaire et ensuite un nouveau Président aux ordres de Washington, ajouter qu’il n’a pas fermé Guantanamo en dépit de ses engagements ni les centaines de prisons-goulags sous administration US où l’on torture à tour de bras les récalcitrants à sa vision du monde, ajouter qu’il n’a pas opposé son veto à la loi NDAA qui autorise la détention indéfinie et sans jugement de personnes étrangères ou américaines soupçonnées de terrorisme selon la perception subjective et sans contrôle judiciaire de ses agences de renseignement ou de lui-même, ajouter qu’il a abandonné la communauté noire de la Nouvelle Orléans à son triste sort depuis l’ouragan Katrina alors qu’il avait promis de s’occuper d’eux (la planche à billets ce n’est pas pour les Noirs), et, pour continuer ce contre-portrait, cet anti-portrait, ce méchant portrait, on pourrait encore ajouter que, s’il a élargit quelque peu la couverture médico-sociale à davantage de personnes sans ressources, il ne l’a fait qu’à condition de ne pas toucher à la rente de l’industrie pharmaceutique, autre grande contributrice de sa première campagne présidentielle, et ajouter qu’il n’a pas pris de mesures significatives pour lutter contre la pauvreté endémique qui touche plus de 15% de la population de son pays (la planche à billets ce n’est pas pour les pauvres), ajouter qu’il a reçu le Prix Nobel de la Paix en prévision de ses reniements futurs sur la question de l’existence d’un État Palestinien ou pour avoir soutenu le dictateur Moubarak jusqu’à sa chute, ou encore pour avoir instrumentalisé, comme son prédécesseur, les réseaux islamistes radicaux proches d’Al-Qaida pour déstabiliser à son profit et celui de ses amis du complexe militaro-industriel la Libye, la Syrie (et bientôt le Liban) sans demander ou obtenir l’aval de l’ONU et pour avoir commis des attentats en Iran ou interdire à ce pays d’avoir accès aux transactions financières internationales par le système mondial Swift (alors que l’Iran ne lui a pas déclaré la guerre) et, enfin, ajouter qu’il a massacré avec l’Otan plus de 50 000 civils en Libye pour les sauver d’un hypothétique massacre dont on n’a aucune preuve aujourd’hui, mais, qu’on se rassure, il sait faire de bons et longs discours et dans un monde où les mots, l’image et l’empathie comptent plus que les actes, il saura émouvoir, séduire et dompter les foules qui ne détestent rien tant que la dure réalité des faits bruts, ternes et déprimants.

 

Peut-être, mais vous en connaissez, vous, des présidents qui chantent aussi bien le blues et dont la femme est capable de faire dix pompes en direct à la télé ?

Guillaume de Rouville, auteur de La Démocratie ambiguë, et journaliste pour l’Idiot du Village.

  

 

L’histoire vue par le Tea Party

Le site resistance.fr nous explique comment sont élaborés les programmes d’histoire dans certains États des États-Unis d’Amérique :

 

L instance qui décident, par État, des programmes scolaires et de leurs contenus, sont ce que nous nommerions, en France, les rectorats. Ces programmes sont revus tous les dix ans. Or, ces « rectorats » sont composés de membres élus. Les éditeurs de manuel se calent sur les décisions de l’État où y a le plus d’écoliers, ce qui leur permet de n’éditer qu’une seule version pour tout le pays.

Et cet État, c’est le Texas !

Si les États-Unis sont réactionnaires, le Texas est très réactionnaire ! Sur les quinze membres élus de son « rectorat », 10 sont membres du Tea Party. Le leader s’appelle Don McLeroy. Il était président du rectorat lors des décisions de révision des manuels scolaires.

L’une des cibles de ces intégristes est la théorie de l’évolution de Darwin. Pour eux, c’est Dieu qui créa le monde, et en sept jours, s’il vous plaît, et il y a 6000 ans, et puis c’est tout !

Donc les enfants devront étudier le « créationnisme » à l’école !

Mais qui sont les terroristes, demande perfidement le site resistance.fr ?

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 14:36

 http://www.sudouest.fr/images/2012/05/22/rene-buffiere-88-ans-sera-le-doyen-national-des-candidats_774525_460x306.jpgÀ 88 ans, René Buffière prépare le baccalauréat. Pendant que Sarkozy et madame se reposent aux frais des miséreux du Maroc. René était jusqu’alors titulaire du certificat d’études primaires. Si ça tombe, il a lu La princesse de Clèves pour l’épreuve de français. Pour la beauté du geste, pour se cultiver.

 

Il fait cela en mémoire de son fils Daniel, un inspecteur du travail assassiné d’un coup de fusil par Claude Duviau, un agriculteur de la région. « Je n’ai jamais tourné la page », dit René. « S’il était là, il serait heureux comme tout. »

 

Le 2 septembre 2004, Daniel Buffière et sa collègue Sylvie Trémouille sont abattus à coups de fusil lors d’une inspection de routine dans une exploitation agricole de Saussignac en Dordogne. C’est la première fois depuis la création de l’inspection du travail en 1892 que des inspecteurs sont tués dans l’accomplissement de leur tâche. Sylvie Trémouille avait 40 ans ; Daniel Buffière 47 ans. Il était responsable du service contrôle de la Mutualité sociale agricole. Danièle fut tuée de face à bout portant. Sylvie de dos, alors qu’elle tentait de s’échapper. Ils avaient chacun un enfant. Quatre ministres assistèrent à leurs funérailles.

 

L’assassin fut jugé à Périgueux en mars 2007 et condamné à 30 ans de réclusion criminelle.

 

En 2004, Sarkozy était ministre de l’Intérieur. Il ne s’est pas rué sur ce fait divers sanglant pour proposer une loi prévoyant un châtiment exemplaire pour les assassins d’inspecteurs du travail.

 

 

 

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 14:40

http://www.jecfrance.org/website/images/Images/plantu/lru.jpgDes quatre "grands" candidats à l'élection présidentielle, seul Jean-Luc Mélenchon s'est clairement prononcé pour l'abolition de la LRU. Sauvons L'Université nous fait passer une proposition de loi déposée au Sénat le 23 mai 2012 tendant à abroger cette loi. Espérons que cela fera sortir de leur léthargie les trop nombreux représentants du peuple qui tiennent la LRU pour acquise.

 

Présentée par Mmes Brigitte GONTHIER-MAURIN, Cécile CUKIERMAN, M. Michel LE SCOUARNEC, Mmes Éliane ASSASSI, Marie-France BEAUFILS, M. Michel BILLOUT, Mmes Nicole BORVO COHEN-SEAT, Laurence COHEN, Annie DAVID, Michelle DEMESSINE, Évelyne DIDIER, MM. Christian FAVIER, Guy FISCHER, Thierry FOUCAUD, Robert HUE, Gérard LE CAM, Mmes Isabelle PASQUET, Mireille SCHURCH, MM. Paul VERGÈS et Dominique WATRIN, Sénateurs

(Envoyée à la commission de la culture, de l’éducation et de la communication, sous réserve de la constitution éventuelle d’une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement.)

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) a contribué à détruire les fondements du système éducatif français par la mise en concurrence des universités et des étudiants.

Cinq ans après son adoption, son bilan désastreux a conforté notre opposition aux dispositions qu’elle prévoit et c’est pourquoi nous en demandons l’abrogation. En effet, l’autonomie des universités telle que conçue par cette loi est un danger tant pour le fonctionnement financier que démocratique des universités.

Elle a renforcé le pouvoir des présidents d’universités et restreint le nombre de membres des conseils d’administration, tout en accroissant en son sein le nombre de représentants extérieurs à l’université, le rendant supérieur au nombre de représentants étudiants.

Quant au volet financier de cette réforme, il est plus que préoccupant. L’autonomie financière proposée aux universités n’a été qu’un leurre destiné à cacher le désengagement financier de l’État.

Les promesses de Nicolas Sarkozy sur l’augmentation d’1,8 milliard d’euros par an pour le budget Enseignement supérieur et recherche n’ont pas été atteintes, loin s’en faut, et huit établissements universitaires ont vu leur budget 2012 en déficit. Sept d’entre eux ont également vu leur budget placé sous tutelle du recteur, situation pour le moins contradictoire avec l’objectif affiché d’autonomie des universités.

La LRU a en effet transféré aux universités et à leur président la gestion de leur budget et, notamment, de leur masse salariale. Cependant, l’augmentation du coût des salaires liée au Glissement vieillissement technicité (GVT) ne peut plus être financée par tous les établissements universitaires tant le désengagement de l’État dans les sommes globales versées aux universités est important.

Et si le gouvernement s’est défendu d’appliquer la révision générale des politiques publiques (RGPP) à la recherche et à l’enseignement supérieur, cela n’a été que pour mieux en laisser l’application aux universités qui, par répercussion, réduisent leur masse salariale et recourent de manière accrue aux emplois précaires, alors qu’ils sont déjà très fortement développé dans la recherche et l’enseignement supérieur (50 000 à 55 000 personnes).

Le type d’autonomie mis en place par la LRU n’a pas permis de faire émerger des espaces de coopération et d’échanges nécessaires sur un même territoire, ne faisant que créer des super structures, non démocratiques, et renvoyant aux universités la gestion de la pénurie provoquée par un budget de l’enseignement supérieur en berne.

L’autonomie financière a mis en concurrence les universités et entrainés des disparités de moyens se répercutant indéniablement sur la qualité des diplômes délivrés par les universités les plus exposées.

Il y a urgence à rompre avec un système d’excellence et de compétitivité internationale des universités françaises qui n’a en réalité abouti qu’à l’affectation de l’essentiel des moyens à quelques grands pôles universitaires, délaissant le plus grand nombre des universités et des étudiants. Renforcée par les initiatives d’excellence, la LRU a achevé la rupture avec le principe d’égalité territoriale et du cadre national des diplômes.

Il faut enfin donner de nouveaux moyens à l’université, à toutes les universités, afin que la France cesse d’être le pays de l’OCDE où le taux d’encadrement à l’université est le plus bas d’Europe avant la Grèce et afin qu’elle ne soit plus au 26e rang sur 32 pour la part de budget civil consacré à l’Enseignement supérieur et de recherche.

La présente proposition de loi qu’il vous est proposé d’adopter vise donc à supprimer une loi qui, loin de répondre aux besoins des universités, a définitivement rompu avec la vision républicaine de l’enseignement supérieur.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

La loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités est abrogée.

http://www.senat.fr/leg/ppl11-552.html


Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 05:46

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c1/Pierre_Moscovici_en_mai_2010.png/225px-Pierre_Moscovici_en_mai_2010.pngOn lira ci-dessous une lettre ouverte de l'AFRAV au président de la République :


 

Lettre ouverte à Monsieur le président de la République, M. François Hollande.

Objet : Code de déontologie : un volet linguistique !

 

 

Monsieur le Président de la République,

 

 

Vous avez fait signer récemment aux membres du gouvernement, un code de déontologie visant à ce qu' « ils ne mélangent pas les genres et qu'ils soient exemplaires dans leur comportement ». Bravo.

Toutefois, nous avons constaté qu'il n'existait dans ce document de deux pages aucun paragraphe sur la question linguistique et nous le regrettons.

Nous le regrettons d'autant plus que, comme vous l'avez certainement remarqué, la langue anglaise prenant une place de plus en plus excessive en France, en Europe et dans le monde, un nombre croissant de nos politiciens croient bon, désormais, de s'exprimer en anglais, en notre nom, pour défendre nos intérêts. Pourtant, s'il est de l'intérêt des Anglo-Américains que le monde entier adopte leur langue comme seule langue de communication internationale, il est du nôtre d'aller contre ce diktat, en affirmant l'existence de notre langue sur le plan diplomatique et sur le plan international, et en promouvant et en développant la Francophonie institutionnelle.

 

Notre intérêt est celui de défendre l'exception culturelle française, et avec elle en premier lieu, notre langue. Cet acte de résistance, loin d'être un repli sur soi, sera une invitation aux cultures et aux langues du monde à mener le même combat, car la mondialisation avec une seule langue, donc avec un seul schéma mental et économique est aussi destructrice que la disparition de la biodiversité.

Cela dit, force nous a été de constater qu'au lendemain de votre élection, M. Pierre Moscovici, votre directeur de Campagne, s'est exprimé en anglais lors de la conférence de presse qu'il a donnée en direct de votre QG à Paris.

M. Moscovici sera-t-il une Mme Lagarde-bis, qui avait l'anglais facile, elle aussi, et qui a obtenu pour cela le Prix de la Carpette anglaise, un prix d'indignité linguistique ? La folie d'anglais qui a animé la plupart des membres de l'équipe Sarkozy, va-t-elle animer aussi votre équipe ?

Allez-vous être comme lui, un promoteur de la langue des « Collabos de la pub et du fric » ?

- Non, nous espérons que non. Alors, Monsieur le Président de la République, voudrez-vous bien adjoindre un paragraphe sur la question linguistique au code de déontologie que vous avez soumis récemment aux membres du gouvernement ?

Un paragraphe pour rappeler que si la langue française est bien la langue de la République et de la Francophonie, elle est AUSSI notre langue diplomatique et notre langue internationale.

Un paragraphe pour rappeler que ce n'est pas parce que les Anglo-Américains ne veulent qu'une seule langue internationale pour le monde qu'il faut accepter cette dictature.

Un paragraphe pour rappeler que le courage politique, c'est aussi refuser de se mettre à genoux devant la langue du plus fort du moment.

Un paragraphe pour rappeler, enfin, que les Francophones ont le devoir de se battre pour la langue française, en évitant d'abord de parler anglais - ou franglais - en France, puis de parler anglais à l'étranger dans les pays non anglophones et même d'éviter l'anglais chez les anglophones, s'il n'y a pas de réciprocité.

Pour finir, nous nous permettrons de citer une parole du philosophe et patriote québécois, Pierre Bourgault, qui ne disait pas moins :

« Lorsque nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule ».

En vous remerciant de votre attention et dans l'espoir que cette lettre aura su vous convaincre de l'impérieuse nécessité d'ajouter un volet linguistique au code de bonne conduite que viennent de signer les membres du gouvernement, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de ma très haute considération.

 

Régis Ravat

Président de l'A.FR.AV (http://www.francophonie-avenir.com)

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 13:23

Censuré par qui ? Je vous le donne en mille : par les immenses consciences de nouvelobs.com.

 

Nouvelobs.com abrite (pour l'instant) le site des Aliboffis, où je me rends régulièrement (link). Ce site à tout pour déplaire aux immenses consciences : il traite de politique, mais aussi d'érotisme, de paillardise, de poésie et de gastronomie. Rien de tout cela ne peut seoir à des consciences amidonnées.

 

Les Aliboffis avaient proposé un sonnet particulièrement paillard (mais dans la bonne moyenne pour une époque qui avait été décoincée par Henri IV) de François de Malherbe, celui d'"Enfin Malherbe vint !", qui passa toute sa vie à épurer la langue française pour la rendre plus belle, mais aussi plus efficace. C'est lui qui consola un ami de la perte de sa fille avec ces deux vers à la sublime mélodie :

 


Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses
L’espace d’un matin.

Même quand, pour se défouler, il écrivait des vers grivois,  la précision de sa langue était inouïe. Bref, avec ce grand poète, nous sommes dans des sommets, non seulement inaccessibles pour les gens de nouvelobs.com, hors de portée de main (vous verrez dans un instant pourquoi j'évoque la main), mais tout simplement invisibles.

Voici donc comment ils ont censuré le poème sur le site des Aliboffis :

 

 

FRANÇOIS DE MALHERBE (1620)

Sonnet

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 


Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 


Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 


Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

Bip bip bip bip bip bip bip bip bip 

 

 

 malherbe françois de.jpg

 

Bien sûr, quand on censure de la sorte, on rate son coup car on attire l'attention du lecteur en pensant scotomiser l'objet du délit. Moi qui ne connaissais pas ce poème (il n'était pas dans le Lagarde et Michard de ma classe de seconde), je suis naturellement parti à sa recherche sur un autre site des Aliboffis hébergé par Mediapart (link).

 

Voici ce que cela donne :


Sy tost que le sommeil au matin m’a quitté,
Le premier souvenir est du Con de Nerée,
De qui la motte ferme et la motte dorée
Egale ma fortune à l’immortalité.

Mon Vit, de qui le foutre est la félicité,
S’alonge incontinent à si douce curée,
Et d’une eschine roide au combat préparée,
Monstre que sa cholere est à l’extrémité.

La douleur que j’en ay m’oste la patience,
Car de me le branler, c’est cas de conscience ;
Ne me le branler point, ce sont mille trespas.

Je le pense flatter afin qu’il me contienne ;
Mais en l’entretenant, je ne m’appercoy pas
Qu’il me crache en la main sa fureur et la mienne !

 bonobos Ginette.jpg

 

Chers Aliboffis, Nouvelobs.com ne vous mérite pas, ne mérite pas votre grande ouverture d'esprit, votre humour ravageur, votre intelligence. Faites comme moi, barrez-vous. Vous perdrez quelques lecteurs mais il ne vous restera que les vraiment bons.

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 14:40


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/6/69/Bertrand_Monthubert.jpg/220px-Bertrand_Monthubert.jpgÇa frémit doucement dans l'université. Depuis le renouvellement de certains conseils. Depuis l'élection de Hollande, aussi.

 

Le nouveau président de Toulouse 3, Bertrand Monthubert, qui a joué un rôle de premier plan, ces dernières années, au sein du collectif Sauvons l'Université, vient de prendre une décision très importante, à rebours de la politique sarkozyste qui diminuait la présence de l'État dans l'enseignement supérieur et qui, dans les faits, confiait la gestion et les intérêts de cet enseignement au secteur privé. 

 

Bertrand Monthubert vient en effet de suspendre le projet de Partenariat public-privé (PPP) pour la construction de nouveaux bâtiment dans son établissement.

 

"Cette suspension est nécessaire car c'est un processus très coûteux et qui engendrerait une dépense de 600.000 euros par an pour la maintenance, en attendant que le gouvernement se prononce sur un autre type de financement moins onéreux", a déclaré à l'AFP le président de l'Université Paul-Sabatier.

 

Le PPP a été conclu en 2009 à l'initiative du gouvernement sortant et, pour l'instant, les travaux n'ont pas commencé, pas même le dialogue entre le public et le privé.

 

Cette université qui compte 30.000 étudiants a besoin d'urgence de nouveaux bâtiments pour remplacer les infrastructures obsolètes, fait-il valoir.

 

Les PPP sont fortement critiquées à gauche. Le président PS de la région Aquitaine, Alain Rousset, estimait fin avril qu'ils "tuent" les petites entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) du bâtiment.

 

La députée PS de l'Isère, Geneviève Fioraso, a dénoncé pour sa part "l'opacité" de ces PPP qui bénéficient généralement, selon elle, aux "quatre majors" du bâtiment et des travaux publics, "Vinci, Bouygues, Eiffage et Spie". De bons amis, quoi !

 

PS : Extraits d'un entretient de Monthubert avec la Dépêche du Midi :

 

Mais qui payera ?

Les consortiums privés, toujours les mêmes, quatre grands groupes qui se partagent le marché, au détriment des PME locales, ne donnent pas d'argent à l'État dans cette procédure, où ce sont les loyers publics qui doivent financer les groupes privés pour effectuer ces travaux.

De nombreux observateurs, comme le conseil régional de l'Ordre des architectes Midi-Pyrénées, contestent ce type de partenariats ? On parle d'un coût supérieur de 20 % à un crédit normal ?

C'est plutôt le double, selon moi. Le problème de l'hôpital Sud Essonne (construit en PPP) a fait couler beaucoup d'encre. Si l'ordre des architectes me suit, je n'en suis pas mécontent. Il faut savoir qu'on est actuellement dans une phase où on n'a même pas engagé le dialogue constructif avec les groupes privés. On dialogue seulement avec ceux qui pourraient être intéressés de ce qui pourrait être réalisé. Le dialogue constructif durera un an et demi. C'était le bon moment, avant de s'engager dans cette phase de dialogue constructif, pour remettre à plat le mode de financement. Si on n'arrive pas à un schéma alternatif, si le PPP s'avère la meilleure solution, on y reviendra.

Le PPP prévu pour l'Université du Mirail est-il concerné par la suspension du plan Campus ?

Non, c'est une autre procédure, hors plan Campus.

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 05:33

http://lenumerozero.lautre.net/IMG/jpg/abrog_lru.jpgLors de la campagne pour l’élection présidentielle, seul Jean-Luc Mélenchon s’est prononcé clairement pour l’abolition de la LRU, cette loi scélérate qui vise à la privatisation et à la financiarisation de notre enseignement supérieur. François Hollande et les siens n’ont apporté que des réponses mitigées et ambiguës. J’ai alors pensé que ma rubrique sur les « ravages de la LRU » n’était pas près de mourir de sa belle mort. Et ce n’est pas la nomination comme ministre de l’Enseignement supérieur de Geneviève Fioraso qui risque de me faire changer d’avis. Encore moins, d’ailleurs, celle de son directeur de cabinet Lionel Collet, président de l’université de Lyon 1 de 2006 à 2011, mais surtout président de la Conférence des Présidents d’université de 2008 à 2010. En d’autres termes – et pour simplifier quelque peu – une personne aux marges de l’université mais franchement chef d’entreprise (socialiste, naturellement) et un universitaire de poids qui, globalement, a accompagné de ses vœux et de son zèle la loi de Pécresse et de Sarkozy. Voilà donc les deux personnes qui vont régenter l’enseignement supérieur à court et moyen termes.

Le discours inaugural du nouveau ministre fut un enfilage de lieux communs et de paroles verbales. Madame Fioraso s’y connaît en langue de bois :

« Je suis très honorée de la tâche que m’a confiée Jean-Marc Ayrault à la tête du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Je mesure les enjeux de ce domaine décisif pour le développement et l’avenir de notre pays.

Je suis engagée depuis plusieurs années dans un travail collectif avec les acteurs du domaine, sur le pôle grenoblois comme au niveau national. Les orientations prises au Forum des Idées de l’Enseignement supérieur et de la recherche que j’ai présidé pour le PS en mai dernier se sont précisées pendant la campagne des présidentielles.

François Hollande a mis la jeunesse au coeur de son projet. La vie étudiante, la réussite en premier cycle et l’orientation seront donc des axes d’action prioritaires.

Depuis cinq ans, les universités, les organismes de recherche et tout leur personnel ont été bousculés par des changements insuffisamment concertés. Il est donc urgent de rétablir le dialogue en confiance. C’est le sens du discours fort prononcé par le Président de la République le jour de sa prise de fonctions, devant la statue de Jules Ferry, suivi d’un hommage à Marie Curie. Il a réaffirmé sa priorité pour l’école, l’Université, la recherche de la République et sa confiance dans un progrès partagé et durable en France et en Europe. »

Aucune critique, donc, de la LRU. Une simple promesse de réenclenchement du dialogue qui ne mange pas de pain.

Parmi les objectifs du nouveau ministre pour l’université française de demain : une autonomie « réelle » des universités (à l’anglo-saxonne ?), et une « gouvernance plus collégiale » (plus collégiale que quoi, la « gouvernance » ?). Et qu’est-ce qu’« une gouvernance » ?

Geneviève Fioraso s’est fait remarquer il y a peu par un sobriquet qu’on lui a décerné en Isère : « l’élue augmentée ». Il fau dire que cette dame ne ménage pas ses efforts. Voici ce qu’en dit le site Sauvons l’Université ! (link):

 « Actuellement au poste de députée, d’adjointe à la Ville de Grenoble (chargée de l’économie, l’emploi, l’université et la recherche), de première vice-présidente de la Métro (chargée du développement économique, universitaire, scientifique et de l’innovation), et de présidente de la SEM Minatec Entreprises, c’est une innovation développée par le Parti socialiste en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et les grandes entreprises de la région. La preuve de la réussite de ce produit ? Geneviève Fioraso a été chargée de l’« innovation » dans l’équipe de campagne du candidat à la présidence de la République François Hollande. Tous les jours, Geneviève Fioraso se dépense sans compter pour « monter des projets » et « faire aboutir des dossiers ». Inlassablement, l’élue augmentée se dévoue avec le même élan pour la cause de l’Innovation, repoussant toujours plus loin les capacités de l’élu du peuple. La perfection du système est telle que Geneviève Fioraso ne s’arrête jamais, pas même pour penser : aucune réflexion ne vient retarder sa quête du Bien, c’est-à-dire du Progrès Technologique. Alors que Geneviève Fioraso se démène actuellement sur plusieurs fronts – de la ville intelligente à la promotion de la biologie de synthèse, de l’industrie innovante à sa réélection au poste de députée de la première circonscription de l’Isère –, partons à la découverte des fonctionnalités de cette post-élue. « Ils m’appelaient Miss dollar, s’amuse-t-elle. C’est vrai. Ça ne sert à rien de chercher à faire le top du top si on ne le vend pas. Il faut coller à un cahier des charges et dégager de la marge pour réinvestir dans la R&D...  ». Ainsi parle Geneviève Fioraso, alias Miss Dollar, surnom donné par ses collègues de la start-up Corys où elle a travaillé dans les années 1990. Chez elle, « le style spontané est direct, rapide, efficace, sans formules de politesse » et elle est « ‘‘à l’aise dans le monde du business, elle sait parler prix, profit...’’, note Guy Sarrey, de Grenoble École de Management [en français grenoblois, on ne dit pas « École grenobloise de Gestion » : on n’est pas des ploucs, on est presque des Ricains !] ». Dans le monde d’aujourd’hui, savoir parler prix et profit plutôt que salaires et acquis sociaux est un réel atout pour les représentants du peuple. »

Quant à Lionel Collet, son chef de cabinet, ce n’est pas lui qui nous illusionnera avec des promesses sur l’université au service de la République. Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul Valéry et qui fut une des rares directrices d’établissement d’enseignement supérieur à résister à la politique sarkozyenne, a exprimé, dans une lettre au candidat François Hollande, sa stupéfaction de voir un socialiste recruter ses conseillers « parmi ceux qui ont aidé à mettre en place la LRU […] et ont eu la naïveté de croire au marketing de l’excellence et de l’autonomie » (link).

En mars 2010, Collet évoquait dans Libération la précarisation grandissante des personnels universitaires en ces termes :  « La LRU nous donne aussi de la souplesse dans le recrutement. On établit plus rapidement le profil des postes à pourvoir, les affichages sont plus brefs, sans nécessité de repasser par le ministère. Tout cela est extrêmement positif. Nos établissements sont responsabilisés. Plus il y a d’autonomie, plus on voit une dynamique s’enclencher, notamment vers l’international. » Le bon manager que voilà !

Bien sûr ce grand visionnaire n’a pas manqué d’apporter son commentaire au sujet du Grand Emprunt et des investissements d’avenir au sujet desquels il déclarait en mai 2010, à l’occasion d’une interview à La lettre de l’Education : « Les règles du jeu du grand emprunt se précisent en effet. Sur le fond, la CPU est extrêmement favorable à cet important effort financier sur l’enseignement supérieur et la recherche. Le 1er avril, la ministre nous a rassurés sur la gouvernance des universités. Non seulement, l’Etat n’exigera pas que tous les établissements ou regroupements d’établissements optent pour une gouvernance unique, mais le gouvernement a rappelé que tout projet présenté aux différents appels d’offres [laboratoire d’excellence, institut de recherche technologique, institut hospitalo-universitaire, etc.], doit s’inscrire dans une politique de site. L’enjeu est désormais d’internationaliser nos universités, et non un seul chercheur ou un seul laboratoire. Cela dit, il reste une interrogation concernant la définition des différents cahiers des charges pour les appels d’offre annoncés. Nous attendons toujours d’être associés à leur définition. Le ministère nous l’avait promis, mais pour l’instant nous ne voyons rien venir. » Autrement dit, Collet anticipait les désirs de Valérie Pécresse. Quant à son mépris pour l’action revendicatrice syndicale, elle éclatait dans un entretien accordé à Libération en avril 2009 : « Il y a ceux (le gouvernement, NDLR) qui donnent et ne veulent pas dire qu’ils donnent, et ceux (les syndicats, NDLR) qui reçoivent, et ne veulent pas reconnaître qu’ils ont obtenu des choses. »

 

Bref, les universitaires risquent de beaucoup souffrir avec ce couple infernal, partisan d’une soumission de l’université à l’entreprise, d’une université qui doit rechercher le profit et qui doit être prête à l’économie de marché.

 

J’aimerais tant me tromper ! Mais ce ne sont pas les nominations des anciens présidents de Toulouse 2 et Limoges, Filâtre et Fontanille, nageurs dans toutes les eaux, applicateurs zélés de la LRU qui viennent de découvrir qu'ils étaient de gauche (si, si !) qui me rendront optimiste.

 

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article
19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 06:18

http://www.mfpg.be/photos%20articles/moise.jpgOn sait que pour le kleiner Mann (vous vous souvenez du kleiner Mann ?) le curé est plus important que l’instituteur. Petite question qui, je l’espère, n’a rien à voir : avez-vous remarqué qu’Hollande a une bonne tête de chanoine de Latran ?

 

Pour certains, aux États-Unis et ailleurs, la Bible est prise au pied de la lettre. Ainsi, ceux qui communient mangent littéralement le corps du Christ. Ceux sont les mêmes, j’imagine, qui suivent aveuglément et de toute éternité les enseignements de textes écrits plusieurs siècles avant Jésus-Christ et constitués en canon 800 ans plus tard.

 

Récemment une célèbre animatrice de radio étatsunienne rappela l’enseignement biblique suivant : l'homosexualité est une perversion. Elle précisa : « c'est ce que dit la Bible dans le livre du Lévitique, chapitre 18, verset 22 : “ Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme : ce serait une abomination ”.
La Bible le dit. Un point c'est tout », asséna-t-elle.


 

Or, ce n’était pas tout. Les textes sacrés précisent que « Si un homme couche avec un autre homme comme on couche avec une femme, ils se rendent tous les deux coupables d'une action monstrueuse et doivent être mis à mort. Ils sont seuls responsables de leur mort. » (Chapitre 20, verset 13). Il ne faut donc pas mégoter et appliquer séance tenante la peine de mort, comme cela se fait d’ailleurs dans certains pays. Oui, mais quid du mariage homosexuel cher au président satanique Obama ?

 

Quelques jours plus tard, un auditeur lui adressa une lettre
ouverte qui disait : Merci de mettre autant de ferveur à
éduquer les gens à la Loi de Dieu. J'apprends beaucoup à
l'écoute de votre émission et j'essaie d'en faire profiter
tout le monde. Mais j'aurais besoin de conseils concernant
d'autres lois bibliques.


 

- Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante,
comme c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21,
verset 7 (« Si un homme vend sa fille pour être esclave, elle ne sortira point comme sortent les esclaves. »). À votre avis, quel serait le meilleur prix ?
Ce même chapitre précise en outre, ce qui est encore plus savoureux, que si un maître donne une femme à un esclave et que celui-ci, après sept ans, quitte le maître, la femme et les enfants demeurent la propriété du maître.

 

- Le Lévitique, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux
posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu'ils soient
achetés dans des nations voisines (« C'est des nations qui vous entourent que tu prendras ton esclave et ta servante qui t'appartiendront, c'est d'elles que vous achèterez l'esclave et la servante »). Un ami affirme que ceci est
applicable aux Mexicains, mais pas aux Canadiens. Pourriez-vous
m'éclairer sur ce point ? Pourquoi ne pourrais-je
posséder des esclaves canadiens ?


 

- J'ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L'Exode,
Chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné
à mort (« On travaillera six jours, mais le septième jour il y aura sainteté pour vous; car c'est le Sabbat du repos consacré à l'Eternel; quiconque travaillera en ce jour-là, sera puni de mort »). Suis-je obligé de le tuer moi-même ? Pourriez-vous apporter une réponse satisfaisante à cette question qui me taraude ?


 

Autre chose : le Lévitique, chapitre 21, versets 18 à 20, dit qu'on
ne peut pas s'approcher de l'autel de Dieu si on a des problèmes de santé (« Car aucun homme en qui il y aura quelque défaut n'en approchera; savoir l'homme aveugle, ou boiteux, ou camus, ou qui aura quelque superfluité dans ses membres. Ou l'homme qui aura quelque fracture aux pieds, ou aux mains. Ou qui sera bossu, ou grêle, ou qui aura quelque suffusion en l'oeil, ou qui aura une gale sèche, ou une gale d'ulcère, ou qui sera rompu »).

 Or j’ai des problèmes de vue. Mon acuité visuelle
doit-elle être de 100% ? Serait-il possible de revoir cette
exigence à la baisse ?


 

Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le
Lévitique, chapitre 19, verset 19, car il plante deux types de
culture différents dans le même champ. Sa femme s’écarte également des textes sacrés car elle porte des vêtements faits de différents tissus : coton et
polyester. De plus, mon oncle passe ses journées à médire et à
blasphémer. Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la lourde
procédure qui consiste réunir tous les habitants du
village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le
prescrit le Lévitique, chapitre 24, verset 10 à 16 (« Et l'Éternel parla à Moïse, disant : 
Fais conduire en dehors du camp celui qui a blasphémé, et que tous ceux qui l'ont entendu posent leurs mains sur sa tête et que toute l'assemblée le lapide. 
Et tu parleras ; aux fils d'Israël en disant : Qui que ce soit qui blasphème son Dieu, il portera son péché ; 
et s'il prononce le nom de l'Éternel, il sera puni de mort ; toute l'assemblée le lapidera, étranger ou indigène ; il mourra pour avoir blasphémé le nom de l'Éternel ») ?

 

Ne pourrait-on pas plutôt les brûler vifs au cours d'une
simple réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux
qui dorment avec des parents proches, tel qu'il est indiqué
dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14 (« Et quand un homme aura pris une femme, et la mère de cette femme, c'est une énormité, il sera brûlé au feu avec elles, afin qu'il n'y ait point d'énormité au milieu de vous ») ?

 

Ces questionnements nous renseignent sur un point irréfragable : ça ne rigolait pas en Judée !

 

Ajoutons qu’on ne sait pas d’une manière certaine où se trouve le Mont Sinaï de la Bible, quand Moïse a vécu, et s’il a même existé. Ce qu’on sait de manière quasi certaine, c’est que les textes qu’il est censé avoir “ écrits ” le furent des siècles après sa mort. Ce qui est donc, pour la productrice de radio étatsunienne, une véritable « bible » n’est en fait que le produit d’une tradition orale (ah, le téléphone arabe !) qui s’est perpétuée cahin-caha jusqu’à elle. Et je ne parle pas du mythe de l'enfant sauvé des eaux que l'on retrouve chez de nombreux peuples depuis des millénaires.

 

(Information transmise par le mécréant Pierre Verhas (link).

 

http://static.skynetblogs.be/media/132848/moise.jpg

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture et politique
commenter cet article

  • : Le blog de Bernard Gensane
  • Le blog de Bernard Gensane
  • : Culture, politique, tranches de vie
  • Contact

Recherche