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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 06:02

Sans CO2, la vie sur terre, telle que nous la connaissons, n'existerait pas. Entre autres bienfaits, le CO2 permet la biomasse à travers la photosynthèse. Sans CO2, pas de chlorophylle.

 

 

Il y a une trentaine d’années, j’enseignais à l’université d’Abidjan. Je côtoyais journellement une bande de djeuns docteurs, spécialisés en physique de l’atmosphère, ce qu’on appelle plus communément la météorologie. Déjà à l’époque, on parlait du réchauffement, des émissions de gaz carbonique. Un peu pour se donner bonne conscience, les Blancs d’Afrique disaient que la cause principale du problème était les émissions de méthane des bovidés africains, en clair les pets des vaches, ainsi que les brûlis effectués par les paysans. Assurément, cela entrait en ligne de compte. J’avais personnellement du mal à imaginer que trois pets de zébu pouvaient polluer davantage que les usines de la Ruhr.

 

Lorsque je demandais à mes amis si nous nous dirigions vers une catastrophe écologique, eux qui avaient Bac + 10 me répondaient qu’ils n’en savaient rien, qu’il leur était impossible de trancher.

 

Aujourd’hui, on tranche, au nom du politiquement correct, d’un réel fascisme intellectuel. Ainsi, une chaîne de télévision publique a-t-elle viré un de ses collaborateurs qui pensait à contre-courant.

 

Je n’ai personnellement aucune opinion parce que je n’ai aucune compétence. Je propose ci-après les analyses d’un scientifique suisse à qui je ne conseillerais pas de fréquenter les couloirs de France 2.

 

En matière de sciences, le scepticisme est un devoir. Cette forte assertion n'est pas de moi mais d'un ancien directeur de recherches au CNRS, ancien élève de Pierre-Gilles de Gennes, et qui tient le blog Pensée unique.

 

Un entretien de Werner Munter et Laurent Grabet pour Le Matin.ch

 

Il y a une semaine, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pointait une nouvelle fois d’un doigt accusateur l’homme et le CO2 qu’il produit comme principaux coupables du réchauffement climatique. Pour Werner Munter, spécialiste mondialement reconnu des avalanches, qui se penche compulsivement sur le phénomène depuis trois ans, «ces gens sont des imbéciles qui répètent en boucle des bêtises, le savent et sont payés pour ! » Le Bernois nous a longuement reçus pour étayer ces accusations entre une tranche de viande séchée et deux verres de Cornalin. Son diagnostic climatosceptique, loin d’être celui d’un hurluberlu, est partagé par d’éminents scientifiques dont deux Prix Nobel. Il nous l’explique.

 

Vous affirmez que l’homme n’a rien à voir avec le réchauffement. Pourquoi ?

 

Précisons tout d’abord que je ne conteste pas le réchauffement lui-même. Je l’ai d’ailleurs constaté en tant que guide de montagne en voyant les glaciers reculer. Celui qui nous fait face par exemple a perdu 100 m depuis que j’ai acheté cet appart en 1989. En 2005, le pilier Bonatti des Drus s’est effondré à cause du réchauffement du permafrost. Ce que je remets en cause, ce sont les causes de ce réchauffement. Elles n’ont rien à voir avec l’homme ou avec le CO2 comme on nous le serine. Je suis arrivé à cette conclusion pour trois raisons.

 

Quelles sont ces raisons ?

 

La première, c’est tout simplement l’analyse des données climatiques reconstituées sur des millions d’années. Rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons. Ces optima correspondent à des cycles naturels. Au Moyen Age, il était par exemple possible d’aller en vallée d’Aoste depuis Arolla avec les troupeaux car le glacier n’existait plus. Lors des deux premiers optima, le Sahara était une savane avec des lacs, des arbres et des éléphants. Avant cela, pendant des centaines de milliers d’années, il a fait plus chaud qu’aujourd’hui. Et parfois jusqu’à 7 degrés plus chaud! Or le GIEC se concentre sur les 150 dernières années. Autant dire qu’il regarde autour de son nombril. Les reconstructions paléoclimatiques montrent aussi que, pendant des centaines de millions d’années, il n’y a pas eu de corrélations entre le CO2 dans l’atmosphère et la température sur terre.

 

Votre second argument ?

 

La concentration de CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un poison – dans l’atmosphère est négligeable. Il y en a un peu moins de 0,5‰ dans l’atmosphère, et au maximum 5% de cette quantité est imputable à l’homme. Pour un million de molécules d’air, il y a seulement 20 molécules de CO2 produites par l’homme. Et chaque année, notre industrialisation rajoute 4 molécules de CO2 pour chaque million de molécules d’air, mais la moitié est absorbée par les océans et les plantes. Et on veut nous faire croire que cette infime proportion due à l’homme est une catastrophe? J’ai beaucoup de peine à le croire (rires).

 

 

 

Pourquoi dès lors la thèse officielle fait quasi consensus ? Vos collègues scientifiques ne sont pas tous des imbéciles !

 

Ces théories visent à nous culpabiliser. Quand des scientifiques comme ceux du GIEC disent qu’ils veulent sauver la planète, je dis qu’ils ne sont pas crédibles. Ils mentent pour préserver des intérêts économiques dont les leurs. Car il y a tout un business derrière la lutte contre le réchauffement. Il y a une volonté de faire peur aux gens par exemple en dramatisant la montée des océans, alors que ceux-ci ne s’élèvent que de 2 à 3 mm par an! C’est aussi une manipulation intellectuelle de parler de CO2 en tonnes plutôt qu’en proportion. Des tonnes, ça impressionne, mais rappelons que l’atmosphère pèse 5 000 000 000 000 000 tonnes !

 

Votre dernier argument est que la thèse officielle contredit les lois de la physique. C’est-à-dire ?

 

Celle de la thermodynamique en particulier. Pour faire simple: la terre fait 15° en moyenne. L’atmosphère censément polluée de CO2 est grosso modo à -30° à 10 km d’altitude. Qu’elle réchauffe la Terre qui est bien plus chaude qu’elle est une aberration. La thermodynamique nous dit que la chaleur va toujours vers le froid et jamais dans le sens inverse, ce que correspond à notre expérience quotidienne.

 

Finalement, comment expliquez-vous ce fichu réchauffement ?

 

Je n’ai pas de réponse car trop de facteurs entrent en jeu. Par contre, j’ai des hypothèses. Je soupçonne par exemple les variations de l’intensité du rayonnement solaire – qui répondent à des cycles – de jouer un rôle central, tout comme les processus nucléaires complexes et méconnus qui sont à l’œuvre au centre de notre Terre. Quoi qu’il en soit, c’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat. La nature est bien plus forte que l’homme, nous ne sommes pas les maîtres de la Terre!

 

 

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 06:25

 

 

Ceci n'est pas un article iconoclaste, provocateur, de Maxime Vivas (publié à l'origine par Le Grand Soir) : c'est du vrai journalisme, celui d'un observateur et d'un analyste qui ne se contente pas de répéter confortablement la doxa de la gent à laquelle il appartient, celui d'un homme de culture qui est allé sur place et qui prend suffisamment de recul pour ne pas livrer à ses lecteurs une information prédigérée.

 

 

 

 
 
Celle qui appelle gentiment « minorité remuante » les auteurs d’attentats aveugles !
 
 
 

Pour lire sans a priori ce qui va suivre, il faut avoir remarqué que l’auteur d’un article sur les EU (un film, un livre, des inondations, le Grand Canyon du Colorado...) n’a jamais à préciser au préalable qu’il se démarque du génocide des Peaux Rouges ou des massacres de l’armée étasunienne au Vietnam (ou en plein d’autres endroits, il n’en manque pas).

 

De même, il devrait être possible d’écrire sur l’engagement russe en Syrie sans commencer par une longue dénonciation du goulag. Par conséquent, il devrait être admis d’écrire sur un événement précis survenu en Chine sans être obligé de prendre ses distances avec la Révolution culturelle, Mao, le culte de la personnalité, le système politique, médiatique, policier, judiciaire chinois, sans jurer que l’auteur n’y voit pas un modèle dont il souhaiterait l’importation en France.

 

Oui, il devrait être permis d’éviter pareil préambule mais, en vérité, il est préférable d’y faire une halte, faute de quoi les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs attaquent sur une étiquette, sur une supposée allégeance politique, pour ne pas avoir à contre-argumenter sur le fond.

 

Parlons maintenant d’Ursula Gauthier.

 

Le 18 septembre 2015, des extrémistes ouïgours (que le ministre sarko-socialiste Kouchner appela les « Yoghourts ») habitants du Xinjiang, République autonome chinoise « géographiquement plus proche de Kaboul que de Pékin », armés de couperets et autres armes blanches, ont assassiné une cinquantaine de mineurs Han travaillant dans une mine de charbon. La chasse policière aux terroristes s’est soldée par la mort de 28 d’entre eux.

 

Alors que la Chine est sous le choc, Ursula Gauthier, correspondante de L’Obs à Pékin, nie le caractère terroriste du pogrom anti-mineurs puisque, à ses yeux, ce qui s’est passé au Xinjiang n’avait rien de commun avec les attentats parisiens de janvier et novembre : il s’agissait d’une réplique à la politique de la Chine qui brime ses minorités ethniques.

 

Le monde entier a exprimé son émotion après les attentats du 13 novembre à Paris. La Chine aussi, mais Ursula Gauthier décèle dans ce pays (et dans lui seul) une « arrière-pensée ». Arrière-pensée qui vise ici à créer « un amalgame entre la lutte contre le terrorisme international et la répression contre la minorité ouïgoure, dans le Xinjiang ».

 

Ces partis pris de la journaliste ont indisposé les autorités de Pékin et le visa de presse d’Ursula Gauthier ne lui a pas été renouvelé. Elle doit quitter la Chine.

 

L’immuable ONG pro-étasunienne Reporters sans frontières dénonce le « lynchage médiatique » et la« campagne de diffamation et d’intimidation » visant la journaliste. Son patron, Christophe Deloire (un Ménard-bis, à croire qu’ils en font l’élevage, à RSF) demande au gouvernement français « une défense ferme », etc.

 

La plupart des médias hexagonaux se déclarent solidaires de la journaliste de l’Obs, mais se gardent de publier l’article qui a ulcéré Pekin.

 

Le magazine Challenge  ici s’étonne de l’adhésion du peuple chinois à la réaction chinoise : « Chine : 95% des internautes "soutiennent l’expulsion" de la journaliste française Ursula Gauthier, selon la presse officielle.


Selon un pointage réalisé lundi soir, 202.318 votes sont en faveur de la décision d’expulsion, soit 94,4% du total.


La plupart des internautes chinois n’ont cependant pas pu lire l’article de la journaliste, non traduit intégralement en mandarin et désormais inaccessible dans sa version française sur le web en Chine, où les autorités maintiennent une stricte censure des contenus en ligne. » 

 

La plupart des citoyens français ne l’ont pas lu non plus. Il n’est même pas sûr que tous les journalistes qui font corps l’ont lu. Probablement des extraits. Pour combler cette lacune, LGS vous invite donc à lire l’article dans son intégralité ici.

 

A présent, nous allons en examiner quelques détails ensemble.

 

Ursula Gauthier  : « Or, aussi sanglante qu’elle ait été, l’attaque de Baicheng [le 18 septembre 2015] ne ressemble en rien aux attentats du 13 novembre [en France]. Il s’agissait en réalité d’une explosion de rage localisée ». En effet,  « Poussé à bout, un petit groupe de Ouïgours armés de hachoirs s’en était pris à une mine de charbon et à ses ouvriers chinois han, probablement pour venger un abus, une injustice, une expropriation ... »

 

Traduire « s’en était pris » par « ont massacré plusieurs, dizaines de... ». Comprendre dans le « probablement » que la journaliste n’en sait rien, mais il importe de nous persuader que les tueurs répondaient à une possible agression antérieure sur laquelle les historiens nous en diront plus un de ces quatre, mais dont il semble établi que les ouvriers saignés à l’arme blanche n’étaient pas responsables.

 

Et encore : « Mais pour Pékin qui refuse de reconnaître sa propre responsabilité dans la montée de l’exaspération de ses minorités, la multiplication récente des incidents sanglants au Xinjiang ne peut être que l’œuvre d’une organisation djihadiste internationale. » 

 

Si vous êtes joueur, remplacez dans la phrase ci-dessus, Pékin par Paris, Xinjiang par Bataclan et calculez à quelle heure le RAID va débarquer chez vous, vous plaquer à terre et vous déboiter l’épaule devant vos enfants.

 

Et encore : « Le hic, c’est que de nombreux experts doutent que l’ETIM [mouvement terroriste ouïgour] soit ce groupe cohérent et dangereux décrit par la Chine. Certains vont même jusqu’à douter de son existence. Après les attentats du 11 septembre, George Bush, désireux par dessus tout de nouer une alliance avec Pékin, avait accepté d’inscrire l’ETIM sur sa liste des organisations terroristes. Aujourd’hui, il ne figure plus sur cette liste ». 

 

Notez : de « nombreux experts » (Lesquels ?) doutent de l’existence de ce groupe naguère inscrit sur la liste des organisatioins terroristes par G. W. Bush dont on connaît la faiblesse, la naïveté et le refus de créer une CIA ou une NSA pour lui ouvrir les yeux.

 

Ursula Gauthier invoque aussi comme explication « la radicalisation de jeunes poussés à bout par la répression impitoyable qui écrase tous les aspects de la vie des Ouïgours : culture, langue, religion, accès à l’éducation, au travail, voire à un simple passeport »

 

Le problème est que ce genre d’affirmations a déjà été avancé pour le Tibet et que les observateurs pour qui le goût de la vérité journalistique l’emporte sur la sinophobie ont démontré qu’elles étaient fausses (Voir mon livre : « Le dalaï lama pas si zen » , éditions Max Milo, 2011). Elles entrent en contradiction avec d’autres informations. Par exemple, dans son livre publié chez Denoël, « Les Chinois sont des hommes comme les autres » , Zheng Ruolin, grand ami de la France où il a vécu une vingtaine d’années, révèle que dans le Xinjiang, quand l’assemblée des élus se réunit il faut 5 interprètes pour qu’ils se comprennent. Cinq langues pratiquées, donc.

 

L’article d’Ursula Gauthier est un article à charge contre le gouvernement chinois. Et pourquoi pas ? C’est son droit. Il n’a jamais été exigé (et c’est heureux) aux correspondants de presse occidentaux d’adhérer au PCC.

 

Cette correspondante de l’Obs a même le droit (tenez-vous bien), de trafiquer un peu la réalité, de manipuler le lecteur, de parer des atours de l’information un texte de propagande que des terroristes ne renieraient pas. En France, on est habitué à ça. Le Grand Soir, Acrimed, Investig’action (pour ne citer qu’eux) en font régulièrement la démonstration.

 

Mais dans ce cas précis se posent trois problèmes spécifiques  :

 

1- Ursula Gauthier escamote la réalité d’un terrorisme ouïgour. Les autorités chinoises, en butte à une minorité de Ouïgours musulmans contaminés par les propagandistes d’Al Qaida à travers leurs centaines de kilomètres de frontière poreuse avec le Pakistan (et une autre, plus courte, avec l’Afghanistan) doivent faire face à un terrorisme réel, sanglant, appuyé depuis l’étranger. Les EU déploient (financent), via la National Endowment for Democracy (NED) plusieurs programmes en direction du Xinjiang (comme en direction du Tibet d’ailleurs, ces deux régions voisines étant chacune un talon d’Achille de la Chine). La plupart des figures historiques de la CIA ont siégé un jour ou l’autre au Conseil d’administration ou à la direction de la NED, dont John Negroponte, nommé ensuite ambassadeur en Irak occupé, puis, de retour aux EU, big chief de tous les services de renseignements US (à ce titre, c’est lui qui avait la charge de nommer le directeur de la CIA).

 

  • La responsabilité d’un commando ouïgour est établie dans l’attaque d’un poste de police le 4 août 2008 au moment des jeux Olympiques de Pékin dans le Xinjiang : 16 morts.
  •  
  •  Le 28 octobre 2013, un commando ouïgour commet un attentat sur la place Tian’anmen à Pékin : 5 morts et 40 blessés.
  •  
  • Le 1er mars 2014, un commando ouïgour commet un attentat à la gare de Kunming, capitale du Yunnan : 29 tués au couteau et 130 blessés.
  •  
  • Le 18 septembre 2015 donc, c’est l’assassinat d’une cinquantaine de mineurs.
  •  

Policiers, touristes et promeneurs, voyageurs, travailleurs, telles sont les catégories de victimes dont on serait étonné d’apprendre qu’elles ont commis  un abus, une injustice, une expropriation au Xinjiang avant d’être rassemblées par pas-de-chance sur le lieu de leur mort.

 

2- Dans une vidéo, Ursula Gauthier se défend ici en disant qu’à aucun moment elle n’a approuvé le terrorisme. Certes, mais à aucun moment elle ne l’a dénoncé, à aucun moment elle n’a exprimé de la compassion envers les victimes, à aucun moment elle n’a eu une once de compréhension pour le gouvernement chinois qui prend des mesures (trop nombreuses, trop tatillonnes, trop brutales ?) pour préserver sa population des attentats et massacres aveugles contre des innocents.

 

A aucun moment elle n’a des mots d’amitié pour le peuple chinois, sentiment qu’elle revendique sous l’avalanche de reproches un mois après son article militant, à quelques jours de l’expiration de son visa.

 

Comment croire en effet à la sincérité de son amour (tardif et brisé) qu’elle clame dans une vidéo (ci-dessus) sous l’avalanche des reproches et dont les mots sont en contradiction avec le ton de son article, lequel est consacré à trouver, sinon des excuses, tout au moins des « justifications » aux actes sanglants ? Comment parier un yuan sur son objectivité quand pas un mot de son article n’est de nature à irriter les tueurs ?

 

Si les mots « terroristes » ou « terrorisme » reviennent 17 fois dans son article, c’est toujours, entre guillemets.

 

Et qui se douterait, à la lire, que des combattants Ouïgours ont rejoint Daesh en Syrie ? 


Pour y retrouver leur langue et la maison dont ils ont été expropriés ? Par horreur de l’autorité, poussés à bout par l’impossibilité d’obtenir un passeport ? C’est cela-même ; évitons, avec l’Obs, de les confondre avec les terroristes qui ravagent la Syrie et qui envoient en Europe leurs métastases.

 

3- Si Ursula Gauthier avait écrit sur les attentats terroristes de Paris (janvier et novembre) ce qu’elle a écrit sur les attentats au Xinjiang, elle aurait eu à en répondre devant la Justice française et elle aurait été licenciée par son journal, avec l’approbation des médias et dans le silence de RSF.

 

Car, rappelons-nous Charlie Hebdo, ce n’est pas si vieux  

 

Des fous du même métal que les fanatiques ouïgours se sont livrés à un massacre odieux à Charlie Hebdo. Et, dans la France saisie d’effroi et de pitié, pas une seule Ursula Gauthier ne s’est avisée d’écrire ce qu’elle écrit des massacres aveugles en Chine. Pas un seul journaliste n’a mis alors des guillemets à terroristes !

 

En janvier 2015, le gouvernement français a demandé qu’une minute de silence soit observée dans les écoles. Les cas de non respect ont été signalés. Ecoutons la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, le 14 janvier 2015, à l’Assemblée nationale (Questions au gouvernement) ici :

 

 « S’agissant de la minute de silence elle-même c’est une centaine d’incidents qui nous ont été remontés. Les jours qui ont suivi nous avons demandé la même vigilance, et c’est une nouvelle centaine d’évènements et d’incidents qui nous ont été remontés. Parmi eux une quarantaine ont d’ailleurs été transmis aux services de police, de gendarmerie, de justice, parce que pour certains il s’agissait même d’apologie du terrorisme. Nous ne pouvons pas laisser passer cela. » 

 

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a publié une circulaire demandant aux procureurs de la République de faire preuve d’une « extrême réactivité » et de « fermeté ». 

 

  • Un enfant de 8 ans a été conduit au commissariat pour ne pas avoir voulu « être Charlie » et pour avoir parlé de terroristes, mot dont il s’est avéré qu’il ne connaissait pas la signification.
  •  
  • Un basketteur professionnel, Akin Akingbala, pivot nigérian de l’équipe de Rouen, a été mis à la porte de son club sportif le 17 février pour un message privé repris sur le réseau social Twitter. Celui-ci, écrit à l’origine par un journaliste britannique, disait en anglais « Je ne suis pas Charlie, je suis Ahmed, le policier mort.... ». 
  •  
  • Le mensuel Le Monde Diplomatique de Janvier 2015 signale que la répression va de « l’inculpation de jeunes pour des dessins (oui !) à la condamnation à Grenoble à six mois de prison ferme d’un déficient mental » 
  •  
  • Un homme de 28 ans qui avait crié à l’adresse de policiers : « Ils ont tué Charlie, moi j’ai bien rigolé », a été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu, en Isère. 
  •  
  • Le quotidien Ouest France du 14 janvier 2015 nous apprend que « Plus de cinquante procédures pour apologie du terrorisme ont été ouvertes en France depuis l’attentat à Charlie Hebdo il y a une semaine, d’après le ministère de la Justice ».
  •  

Les rigolos, les ivrognes, les bravaches, qui se défoulent avec des plaisanteries de mauvais goût sur le sujet sont jugés sans tarder. Une dizaine de condamnations - plutôt lourdes - sont prononcées dans les jours qui suivent.

 

C’était la France traumatisée de janvier 2015, celle qui sentait le Patriot act, celle où un message privé, un mot dans la rue, un article pouvaient vous conduire devant un tribunal.

 

Pour Ursula Gauthier, si la Chine « une société qui n’éprouve que peu de sympathie pour le reste du monde » (mais qu’elle adôôôre, découvre-t-elle en bouclant ses valises) s’est associée en novembre à la douleur de la France c’est pour obtenir « en retour le soutien de la communauté internationale dans ses propres démêlés avec sa minorité la plus remuante : les Ouïgours du Xinjiang ». 

 

D’où le titre de l’article d’Ursula Gauthier dans l’Obs : « Après les attentats, la solidarité de la Chine n’est pas sans arrière-pensées ».

A croire que le rassemblement des chefs d’Etat pour Charlie Hebdo à Paris était dépourvu d’arrière-pensées.

 

Si la presse française traverse une crise grave, si elle est obligée pour subsister de se vendre à des industriels et à des banquiers, de solliciter des aides financières importantes de l’Etat, la conjoncture n’explique pas tout : la profession est largement discréditée et nous venons de mieux comprendre pourquoi, grâce à Ursula Gauthier. Le péché mortel d’un journaliste est de croire qu’il est intellectuellement supérieur à tous ses lecteurs, que ceux-ci n’ont aucun moyen de vérifier ce qu’il écrit ni de sentir, sous la présentation partielle et partiale des faits, un discours engagé et un coeur froid.

 

Et ces silences !

 

Comment faire comprendre au lecteur la nervosité de Pékin face aux terroristes islamistes et aux séparatistes si l’on ne lui dit pas que le Xinjiang est la seconde région productrice de pétrole du pays, qu’il fournit un tiers de la consommation nationale en gaz naturel, qu’il est le premier producteur de charbon avec 40% des réserves nationales. On y trouve le plus grand gisement d’uranium du pays. Ajoutez à cela les passages de gazoducs et d’oléoducs et vous en saurez plus sur le Xinjiang.

 

Ah, vraiment, il n’est pas besoin d’avoir la nostalgie de la Révolution culturelle, du Grand Timonier,Grand Commandant en Chef et Grand Pilote, de vouloir importer en France le système politique, médiatique, policier, judiciaire, culinaire (je fais référence aux insectes grillés et aux brochettes de scorpions, pas à la Tsingtao) chinois pour se démarquer de cette journaliste et pour ne pas rejoindre la meute qui regrette son expulsion alors qu’il urge surtout de dénoncer ce qu’elle écrit et son manque de probité qui est pointé par une grande partie des Internautes... sur le site de l’Obs.

 

Ah, madame Gauthier, comme vous nous dites bien que vous vous en f... des 50 mineurs massacrés à la machette, 50 prolos qui travaillaient pour nourrir leur famille, mais qui, aux yeux « d’assassins que craignent les panthères et dont tremble un poignard quand leurs mains l’a touché » (Aragon) présentaient les défauts rédhibitoires qui attisent les haines et qui leur ont été signifiés par des cris : « On est chez nous ! » et « Allahou akbar ! ». Probablement, comme vous diriez.

 

Maxime Vivas

 

PS. Il y a quelque chose de glaçant dans le raisonnement d’Ursula Gauthier pour qui des ouvriers chinois qui extraient du charbon au Xinjiang sans être originaires de cette région chinoise ne méritent pas plus de compassion (ou alors, qu’elle l’exprime enfin !) que celle que manifestait chez nous l’extrême droite dans les pogroms meurtriers anti-italien de 1893 à Aigues-Mortes, ou dans le racisme anti-polonais dans le Nord ou dans les récentes exactions corses contre les lieux de culte musulmans.

 

Malgré une hostilité envers la Chine que ses articles précédents attestent, Ursula Gauthier aurait sans doute obtenu une fois de plus la prolongation de son visa, si elle ne s’était avisée de tracer les frontières de la Chine, de délivrer des droits du sol, d’insinuer qu’il y a des Chinois moins Chinois que d’autres (les Han) et qui feraient bien de rester chez eux, de déguiser en patriotes (jusqu’à les absoudre) des terroristes vérolés par le nationalisme, le racisme, l’intégrisme religieux, la sauvagerie, le mépris de la vie des autres Chinois.

 

Mais, puisqu’elle rentre en France, je conseille à l’Obs (par gentillesse) de ne pas lui commander des articles sur le terrorisme, calqués sur sa vision pékinoise du problème.

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 06:15

Autrefois, Lyon se dénommait Lugdunum, qui ne signifie nullement “ lyon ”, même si les Lyonnais se sont accaparés le royal animal. En tout état de cause, à Lyon, on ne sait pas vraiment résister à l'invasion de la langue des Zuniens.

 

Voilà le type d'affiche que l'on peut voir en plein centre de la capitale des Gaules et de la Résistance française. Au fait, j'oubliais : Jean Moulin n'était pas lyonnais.

 

Sur la photo, le glandu Bruno, “ drogué à Lyon ”, se dit “ robolutionnaire ”. Le premier qui pourra me dire ce que signifie ce mot gagnera son poids en quenelles ou en Jésus. Quand la com' ne communique rien !

Méprisons la langue française (41)
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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 07:19

L'auteur de cette analyse, Michael C. Behrent, est étasunien. Il part donc des réalités de son pays pour une étude qui n'a pas vocation universelle mais qui a le mérite de nourrir un débat d'une importance extrême. A ce sujet, j'avais publié en 2008 une recension d'un livre très important de Thomas Franck, Pourquoi les pauvres votent à droite.

 

 

 

 

« Si l’on aide les plus pauvres, alors c’est moi qui vais me retrouver tout en bas » : selon des chercheurs américains, la « peur de la dernière place » 
expliquerait l’opposition des citoyens modestes aux politiques de redistribution.

 

Depuis au moins une décennie, la politique américaine se caractérise par un double paradoxe : bien que les inégalités et la pauvreté augmentent, la politique fiscale n’a jamais autant favorisé les plus riches. Et le Parti républicain, la force politique derrière ces réductions d’impôts, a bénéficié d’un soutien populaire considérable.





Garder son statut 
d’« avant-dernier »


 

Deux économistes ont récemment proposé une explication insolite à ce paradoxe (1). Les raisons que l’on avance habituellement pour expliquer cette tendance à voter contre son propre intérêt économique sont, selon Ilyana Kuziemko (Princeton) et Michael I. Norton (Harvard), insatisfaisantes. Une perspective marxiste insisterait sur l’hégémonie idéologique de la classe dominante et la « fausse conscience » des classes populaires. Ceux qui s’inspirent de Thorstein Veblen privilégient plutôt la disposition des classes populaires à imiter la « classe de loisir », notamment sa « consommation ostentatoire », plutôt que de s’identifier à leurs semblables. D’autres encore expliquent que les clivages ethniques et raciaux peuvent fausser la solidarité entre les membres objectifs d’une classe sociale. Enfin, beaucoup d’Américains évoquent spontanément le mythe « Horatio Alger », ce romancier populaire dont les livres racontent invariablement l’épopée d’un jeune homme d’origine populaire qui obtient la fortune par son travail et sa ténacité : les classes moyennes et populaires soutiendraient les baisses d’impôts pour les plus riches parce qu’ils parient sur la possibilité que ces impôts pourraient un jour les concerner. I. Kuziemko et M.I. Norton avancent cependant une explication tout autre. Selon eux, les hommes sont motivés moins par un désir de réussir que par une crainte d’échouer complètement. Nos économistes baptisent ce phénomène la « peur de la dernière place » (« last place aversion »). Selon leur modèle, l’utilité économique n’est pas simplement déterminée par une volonté d’accumuler les richesses, mais par son positionnement relatif vis-à-vis d’autrui. Nous considérons la grandeur de notre maison non pas comme une valeur absolue, mais en la comparant à celles de nos voisins. Autrement dit, des phénomènes psychologiques tels que la honte et la gêne, qui se révéleraient aussi importants que le seul intérêt matériel.


 

Les deux économistes prétendent que le caractère déterminant de la peur de la dernière place augmente à mesure que le revenu diminue et que cette dernière place se fait plus proche.


 

À cette aune, si ceux qui se trouvent dans la tranche salariale légèrement au-dessus de la tranche la plus basse sont portés à voter contre leur intérêt économique (celui-ci étant compris comme simple désir d’augmenter son revenu), c’est parce que des politiques de redistribution risqueraient de donner un coup de pouce aux plus infortunés qu’eux. La redistribution, en somme, menace leur statut d’« avant-derniers ». I. Kuziemko et M.I. Norton montrent très clairement que ces considérations se révèlent déterminantes, par exemple, dans les attitudes envers le salaire minimum. Selon leurs recherches (2), ce sont précisément les Américains qui gagnent entre 7,26 et 8,25 dollars par heure – soit un peu plus que le salaire minimum actuel (7,25 dollars) – qui sont les plus susceptibles de s’opposer à ce que le salaire minimum augmente.


 

Pour prouver leur thèse, I. Kuziemko et M.I. Norton ont fait une expérience en forme de jeu. Chaque joueur s’est arbitrairement accordé un « revenu », échelonné selon une différence constante (1,75, 2, 2,25 dollars, etc.). À chaque tour, les joueurs doivent faire un choix. Ils peuvent soit opter pour une augmentation certaine de leur salaire de l’ordre de 25 cents, soit participer à une loterie qui leur donne 75 % de chance d’augmenter leur salaire de un dollar (soit quatre fois plus que l’augmentation « normale »)…, mais 25 % de chances de voir leur salaire diminuer de 2 dollars. Si tous les joueurs choisissent l’augmentation garantie, les plus pauvres resteront les plus pauvres, même si leurs salaires augmentent régulièrement. Pour pouvoir se déplacer vers le haut dans la distribution salariale, les plus pauvres doivent risquer la loterie – et, bien entendu, s’en sortir vainqueurs.


 

Sortir de la honte 
d’être dernier


 

Il s’avère que les individus les plus susceptibles de tenter leur chance à la loterie sont les derniers et les avant-derniers de la distribution salariale. Les derniers ne se contentent pas, en somme, de gagner davantage (ceux que leur offre l’augmentation garantie), ils aspirent à sortir de la honte d’être les derniers. Les avant-derniers, eux, jugeant (avec raison) que les derniers risqueront la loterie pour tenter d’améliorer leur sort, doivent également prendre un risque pour ne pas se trouver dépassés et donc relégués en dernière position. Les individus placés plus haut dans la distribution salariale choisissent très majoritairement l’augmentation certaine de 25 cents, preuve, selon les chercheurs, que les joueurs sont motivés moins par une envie de monter dans la distribution salariale que par la peur de se retrouver tout en bas.


 

Ce modèle n’explique pas à lui seul, selon I. Kuziemko et M.I. Norton, les raisons pour lesquelles des populations à moyen ou bas revenu votent contre leurs intérêts économiques. Ils évoquent aussi le fait que les Américains évaluent mal la réalité des inégalités actuelles, estimant en moyenne la part de la richesse détenue par les 20 % des Américains les plus riches à 59 %, quand en réalité elle est de 85 %. À l’inverse, ils surestiment largement leurs chances de mobilité sociale ascendante.


 

Il est intéressant de noter que les conclusions des deux économistes confirment l’intuition de certains philosophes et penseurs politiques. La « passion pour l’égalité » évoquée par Alexis de Tocqueville ressemble par exemple à s’y méprendre à la « peur de la dernière place » : « Quelque démocratique que soient l’état social et la constitution politique d’un peuple, on peut donc compter que chacun de ces citoyens apercevra toujours près de lui plusieurs points qui le dominent et l’on peut prévoir qu’il tournera obstinément ses regards de ce seul coté… C’est pour cela que le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande » (De la démocratie en Amérique, vol. II, 2e partie, chapitre XI). Les recherches de I. Kuziemko et M.I. Norton nous rappellent ainsi que, même dans le domaine économique, les passions comptent tout autant que les intérêts.

 

NOTES

(1) Ilyana Kuziemko et Michael I. Norton, « Last place aversion », New York Times, 19 septembre 2011.
(2) Ilyana Kuziemko et al., « “Last-place aversion”. Evidence and redistributive implications », NBER Working Paper Series, n° 17234, Août 2011.

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 07:18

Dans Res Publica, Evariste estime que le processus de décomposition de la gauche de la gauche est engagé :

 

De nombreux secteurs de la gauche de la gauche ont abandonné l’idée que la lutte des classes reste le moteur de l’histoire, estimant qu’un électeur vaut un électeur – ce qui est un contresens pour tout militant voulant œuvrer contre le mouvement réformateur néolibéral et pour une transformation culturelle, sociale et politique. D’autres secteurs ont abandonné la classe populaire ouvrière et employée au profit des pauvres, de préférence de culture musulmane, d’où leur propension au communautarisme, au clientélisme et même à une simplification abusive de la doctrine sociale des églises. Les sondages à la sortie des urnes nous renseignent énormément sur ces dérives.

 

Près de la moitié des ouvriers et des employés votants votent aujourd’hui pour le FN, soit 5 fois plus que pour la gauche de la gauche ! Pire, les partis néolibéraux obtiennent deux fois plus de votes ouvriers et employés que la gauche de la gauche.


 

 

Evariste estime que pour refonder la gauche de gauche, il faut, entre autre, «  rompre définitivement avec le communautarisme diviseur importé des pays anglo-saxons et utiliser le principe de laïcité pour unifier le peuple comme l’a fait Jean Jaurès, fondateur et premier directeur de l’Humanité. »

 

 

Politis, et d’autres organes de presse, citent Gérard Longuet qui, lorsqu’il était étudiant, savait parfaitement manier le manche de pioche, mais pas pour piocher : « Nous avons des Français qui ont des poils dans la main, il faut le savoir. ’C’est trop dur’, ’c’est trop loin’, ’c’est pas ce que je veux’, ’comprenez moi j’ai été formé pour faire du théâtre et on me propose de faire du commercial’... »

 

Relancé sur cette expression de « poil dans la main », il a insisté : « C’est une vérité. » « Tous les employeurs qui vous disent ’il y a des jeunes qui viennent pointer chez moi et qui me disent surtout ne me proposez rien j’attends plusieurs mois avant de...’ », a ajouté le sénateur de la Meuse. Manuel Valls, qui s’est dit « ouvert à toutes les propositions pour lutter contre le chômage », a-t-il bien entendu le sénateur de la Meuse ?

 

 

Jusqu’à l’élection de François Hollande à la présidence de la République, les recteurs étaient obligatoirement titulaires d’un doctorat d’Etat ou d’un doctorat nouveau régime et d’une habilitation à diriger les recherches. Selon le site Le Café Pédagogique, Najat Valaud-Belkacem, contre l’avis des plus hautes instances consultatives de l’Education nationale, va permettre que soient désormais nommées recteurs des personnes non titulaires du doctorat. Décidément, la ministre nivelle par le bas à tous les étages.

 

 

L’Etat français signe de plus en plus de partenariats publics/privés avec des firmes transnationales. L’Humanité revient sur celui signé avec Microsoft : « Sur le site Internet du ministère de l’Éducation nationale, une photographie marque l’événement. Najat Vallaud-Belkacem et Alain Crozier, le président de Microsoft France, viennent de ratifier un « partenariat » retentissant. Pour 13 millions d’euros, le géant du logiciel promet de mettre en place des formations, une mise à disposition de matériels, et même un algorithme d’analyse de la réussite des élèves. Microsoft est devenu l’une des pièces maîtresses du plan de développement du numérique dans l’éducation nationale… « Un traité d’occupation », dénonce Rémi Boulle, vice-président de l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Avec plusieurs syndicats de l’enseignement, il dénonce une collusion d’intérêts scandaleuse, qui fait les affaires de l’entreprise privée. Mais sûrement pas celle des élèves et d’une école indépendante des intérêts financiers. »

 

 

 

Je ne sais trop s’il s’agit d’un signe des temps, mais il vient de s’ouvrir à Paris, selon Le ParisienTV, le premier centre anti-poux. Ce centre s’appelle “ Bye Bye Nits ” (adieu les lentes). Il est vrai que quand on s’attaque aux poux, pour 79 euros la séance, il faut s’exprimer en anglo-ricain : on pense ainsi cacher le stigmate alors qu’on le révèle plus que jamais.

 

 

A titre personnel, j’aurai enfin une pensée émue pour Julien Lepers et Nathalie Kosciusko-Moriset, arrière-petite-fille d’un des membres fondateurs du Parti communiste français. Les voici donc tout deux exclus du système. Vont-ils fonder un syndicat ?

 

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 06:35

 

Et si l’état d’urgence devenait permanent, demande Jean Ortiz dans les colonnes du Grand Soir ?

 

La France se serait adressée au Conseil de l’Europe pour le prévenir qu’elle pourrait être amenée à ne pas respecter la Convention européenne des Droits de l’Homme. Que nous prépare-t-on au nom de la lutte anti-terroriste ? En 1956, Guy Mollet avait sollicité les pleins pouvoirs pour « faire la paix » en Algérie. Il y fit la guerre. François Hollande a répété lors de l’hommage de la nation aux victimes du 13 novembre, que « nos soldats » continueraient leurs missions... c’est-à-dire continueraient à bombarder en Syrie et ailleurs. A rajouter la mort à la mort, à sombrer dans une spirale sans fin.

 

Seuls la démocratie, l’épanouissement des droits humains, la solution politique, négociée, des conflits, peuvent contribuer durablement à la paix, à faire reculer l’intolérance, la violence, le racisme. L’OTAN n’est pas l’ONU : crions-le ! La haine de la France, d’une certaine France, tombe aussi du ciel, dans le sillage des bombes, des sales guerres à odeur de pétrole, et de nos relations coupables avec les pétromonarchies qui soutiennent, arment et financent les terroristes, ainsi que de notre inféodation à Washington...

 

 

 

 

Dans Mediapart, Ludovic Lament déplore l’absence d’accord sur une taxe Tobin européenne :

 

Les négociations sur une taxe sur les transactions financières continuent de patiner. À peine dix États ont fini par s’entendre sur l’assiette de la taxe. « Une étape fondamentale », pour Michel Sapin. « Un saut de puce », selon des ONG, alors que l'entrée en application d'une telle taxe est encore repoussée.

 

Certains s’attendaient à un accord triomphal, en plein milieu de la COP21. Mais le miracle n’a pas eu lieu, à l’issue de deux réunions des ministres des finances lundi soir et mardi matin à Bruxelles : le chantier d’une taxe sur les transactions financières (TTF) reste toujours aussi incertain, plus de quatre ans après la présentation, en septembre 2011, d’une directive par la commission.

 

 

Sur le site Mémoires de Luttes, Christophe Ventura, très pessimiste, pronostique que le vrai changement n’est pas pour demain :

 

Actuellement, les forces conservatrices gardent la main et disposent d’armes fantastiques pour nous contenir : les Etats, les médias, l’extrême droite, la surveillance de masse (sujet trop peu intégré par les forces traditionnelles de la gauche dans le renouvellement de leurs pratiques, de leur projet et de leur approche de la question du pouvoir), l’auto-surveillance de masse, c’est-à-dire l’ivresse que nous procure le désir de consommation et de mobilité individuelle et sociale nourri par le développement de technologies toujours plus efficaces et agréables, telles les applications numériques qui nous fournissent quotidiennement de nouveaux services individualisés. Le pouvoir étourdissant de ce désir nous anesthésie et nous plonge de facto dans un état d’adhésion/servitude passive au système.

 

Le site aufeminin.com revient sur le procès de Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison pour avoir tué son mari qui la battait, ainsi que ses enfants :

 

L’affaire Jacqueline Sauvage remonte au 10 septembre 2012. Alors âgée de 66 ans, elle avait abattu son mari de trois balles dans le dos, à leur domicile dans le Loiret. Cette femme était victime de violences depuis 47 ans : coups, abus sexuels, etc. Ses filles auraient, elles aussi, subi ces violences. La veille du meurtre, le fils du couple, victime de son père également, s’était suicidé par pendaison. Ce procès remet sur le tapis le débat de la présomption d’innocence pour les femmes battues. Les violences faites aux femmes concerneraient 1 femme sur 3 dans le monde et 1 sur 5 en France, d’où la lutte acharnée des associations et des organismes contre ce fléau.

 

Plusieurs sites, dont mesopinions.com ont lancé des pétitions pour demander la grâce de François Hollande.

 

 

Je termine sur une note plus légère. La bourde de Sarkozy sur la salade et la rhubarbe a rappelé au linguiste Robert Chaudenson, sur son blog, un extrait de cette chanson peu connue de Georges Brassens, “ Lèche-cocu ” :

 

Et nous, copains, cousins, voisins,

Profitant (on n'est pas des saints)

De ce que ces deux imbéciles,

Se passaient rhubarbe et séné

On s'partageait leur dulcinée,

Qui se laissait faire docile.

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 06:35

 

Pour Barbara Romagnan, députée PS du Doubs qui s’exprime dans Mediapart, «  il n’y a pas de demi français. »

 

Par la proposition de déchoir certains binationaux de la nationalité française, on jette la suspicion sur celles et ceux qui ont deux nationalités et seraient ainsi moins Français que les autres. De plus, beaucoup de nos concitoyens ne font pas forcément le choix de leur double nationalité. Ils sont nés en France, ont grandi en France, parfois, ils ne se sont jamais rendus dans le pays où sont nés leurs parents mais héritent de cette deuxième nationalité par le droit du sang. C’est le cas du Maroc, qui n’autorise pas à abandonner sa nationalité.

 

Enfin, il s’agirait d’une remise en cause fondamentale d’un principe fondateur de la République française : le droit du sol. En proposant une mesure qui distingue les Français selon qu’ils sont nés exclusivement français ou nés français avec une deuxième nationalité, on introduit le droit du sang dans la détermination de l’appartenance à la nation. Pour sa part, Patrick Weil, dans Libération, observe que « Le gouvernement semble depuis quelques semaines ne pas savoir ni vouloir connaître que depuis 1938 tout Français binational – né français ou naturalisé – peut déjà être déchu de sa nationalité française, s’il «se comporte en fait comme le national d’un pays étranger». C’est l’article 23-7 du code civil. 

 

L’Obs nous apprend qu’une société indépendante va lancer début janvier une chaîne de téléachat consacrée aux armes et baptisée GunTV. Ce lancement intervient dans un contexte polémique, marqué par la récente succession de tueries par armes à feu. La dernière en date, mercredi, à fait 14 morts à San Bernardino, en Californie.

 

« Nous avons vu une occasion de répondre à un besoin, pas d'en créer un », a déclaré au Guardian Valerie Castle, cofondatrice de la chaîne. « Je ne crois pas que cela va mettre plus d'armes dans les rues. »

 

Toujours dans L’Obs, L'histoire du rock n'a pas été édifiée par des saints. Et assurément, Jesse Hugues, 43 ans, leader de ces "Eagles of Death Metal" rendus tristement célèbres avec la tuerie du 13 novembre au Bataclan, n'en est pas un. Non parce qu'il entonnait avec sa bande "Kiss the Devil" ("Embrasse le diable"), avant que le public du Bataclan franchisse le Styx sous les tirs des terroristes.

 

Hugues n'est pas le dernier à brandir sa Bible... Mais aussi son flingue. Quand il ne milite pas pour Donald Trump qui vomissait, au lendemain du drame : « Regardez Paris, avec les lois sur le port d'armes (...) personne n'avait d'armes sauf les méchants... S'ils avaient eu des armes (...), la situation aurait été très, très différente. »

 

Le chant, le canon... et l'église. Ou du moins la "Universal Life Church World" qui l'a ordonné révérend le 7 décembre 2012. Ce qui n'empêche pas ce Républicain spirituel (il écrit pour ce parti des discours quand il ne bénit pas George W. Bush) d'entrer en dévotion permanente pour sa petite amie, Tuesday Cross, ancienne actrice porno.

 

 

L’Obs rapporte que La cour d'assises du Loir-et-Cher a confirmé jeudi en appel la condamnation de Jacqueline Sauvage à 10 ans de réclusion.

 

Le 10 septembre 2012, elle avait tué son mari de trois coups de fusils dans le dos, après plusieurs années d'un enfer conjugal fait de coups et d'abus sexuels sur elle et ses enfants.

 

« La légitime défense n'est pas soutenable. Aux violences de son mari, elle aurait dû répondre par un acte proportionné, immédiat et nécessaire. Face à un coup de poing qui se solde par trois jours d'ITT, elle tire trois balles », a dénoncé l'avocat général.

 

Me Nathalie Tomasini, avocate de la défense, avait au contraire demandé aux jurés de « prendre la mesure des conséquences irréversibles des violences faites aux femmes », et de « repousser les limites de la légitime défense appliquée aux situations de violences conjugales » en prononçant la relaxe de l'accusée.

 

« Fracassée pendant 47 ans, psychologiquement et physiquement, Jacqueline Sauvage présentait les syndromes post-traumatiques des femmes battues », a plaidé Me Tomasini. « Elle savait mieux que quiconque qu'il pouvait, ce soir-là, passer à l'acte et mettre à exécution les menaces de mort qu'il avait proférées toute sa vie. »

 

Les trois filles de Jacqueline Sauvage avaient été violées et battues comme l'était leur mère. Leur frère, également victime des violences de son père, s'est suicidé la veille du jour où leur mère a finalement tué son mari.

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 07:01

 

Dans son éditorial, Paul Ariès enjoint de voter des budgets en déséquilibre pour lutter contre l’austérité. Il appelle les villes de gauche à cesser d’habituer les citoyens au discours austéritaire et « à à voter systématiquement des budgets en déséquilibre ». Je regrette que l’excellent Paul termine son intervention par un surprenant « déséquilibre » de la langue française : « Nous vous proposons d’offrir un abonnement de six mois à votre meilleur amiE au tarif préférentiel de 20 euros ».

 

Le mensuel fait le procès de la « tyrannie des modes de vie » : « aucune dynamique de rupture n’est possible sans en finir avec la tyrannie des modes de vie qui sont ceux du capitalisme. » Selon le philosophe Mark Hunyadi, « l’éthique individualiste, en valorisant l’individu, favorise en fait le système. On protège les droits individuels, mais ce faisant on permet au système de se déployer, un système qui engendre en retour des modes de vie qui s’imposent à nous sans que quiconque y ait consenti. »

 

Pour Thierry Brugvin, la décroissance écosocialiste n’est ni la récession ni l’austérité : « Une critique classique de certains détracteurs de la décroissance consiste à affirmer que la décroissance serait synonyme de récession ou d’austérité. Donc, que la décroissance ne serait pas vraiment enviable, car elle engendrerait notamment une croissance du chômage et de la pauvreté. Certains décroissants, se situant politiquement dans le courant néolibérale (à droite), sans parfois même le savoir et crient parfois « Vive l’austérité ! ». C’était le cas d’un numéro du mensuel « La Décroissance ». D’autres décroissants crient aussi « Vive la récession ! » Comme s’il s’agissait d’une politique de décroissance. Or, il s’agit d’une récession, donc une décroissance économique involontaire. Tandis que la décroissance est une récession volontaire. »

 

Jean-Marc Sérékian, à l’occasion de la COP 21, dresse le sombre tableau de la France à l’ère du capitalisme du désastre : « Pour les plus critiques, la messe est dite. La question ne se pose même plus, ces négociations sommitales ostentatoires et ultra-médiatisées sous le signe de la finance omniprésente s’annoncent comme une énième vaste et affligeante fumisterie; « Le résultat de la Cop 21 est écrit… depuis 1972 ». « S’il s’agit de bien accueillir les convives (…) de superviser des débats qui tournent en rond, la Cop 21 peut être très bien « réussie ». Sur le fond par contre, on voit mal comment on pourrait réussir des négociations qui n’ont jamais eu vocation à aboutir. Car les grandes puissances économiques et les classes dirigeantes ont choisi, et depuis longtemps, la course aux profits plutôt que la protection des ressources ».

 

Bernard Perret recherche « les nouvelles voies de la démarchandisation » : « développement de la gratuité des échanges non monétaires, l’autoproduction et la mutualisation des biens. » Bernard Perret est l’auteur d’ Au-delà du marché. Les nouvelles voies de la démarchandisation, Institut Veblen.

 

Jacques Leclercq (auteur de Néo-nazis et ultra droite, L’Harmattan), dans le cadre du combat de l’extrême droitisation de la pensée, propose une analyse des textes et de la carrière d’Alain Soral, de Chevènement à Le Pen, en qui il voit le seul moyen de lutter contre « la déferlante capitaliste et ultralibérale ». Tout cela dans la nostalgie de l’aile « gauche » du parti nazi (« Röhm, communiste soutenant Hitler, et chef des fameux SA ». Pour l’anecdote, Soral s’appelle Alain Bonnet, il a pris le nom d’actrice de sa sœur Agnès et il déclarait en 2003 à Mireille Dumas : « Quand on regarde les drames familiaux il n’y a que des monstruosités. Et moi j’assume de venir de cette monstruosité là. Par contre, je ne veux pas rester un monstre. C’est-à-dire qu’on m’a programmé pour être un monstre mais je veux échapper à cette fatalité ; j’ai fait un énorme travail et je pense y être parvenu. » Ce qui n’excuse pas tout.

 

 

Les Zindigné(e)s ! n° 29

Yannis Youlountas dénonce le « vieux mal européen et la tentation de l’extrême-droite » : « L’Europe actuelle s’avère toujours plus capitaliste, néo-colonialiste, productrice d’armes, autoritaire, raciste et mortifère. J’ajoute perverse. Oui, perverse. En effet, quand on fait souffrir d’un côté et qu’on empêche de fuir de l’autre, le tout en culpabilisant les victimes et en faisant de beaux discours souriants et vaniteux, on se comporte de façon perverse, tant à l’égard des migrants que des Grecs, par exemple, dans une direction comme dans l’autre. Cette Europe est sans doute le (petit) continent le plus pervers à l’égard des autres dans toute l’histoire de l’humanité. Une perversité qui se vérifie dans l’articulation de trois symptômes :

1 – son exploitation criminelle de beaucoup d’autres régions du monde (mainmise sur leur économie, exploitation des richesses naturelles, exploitation de la main d’œuvre, maintien des populations dans la misère, soutien à des régimes autoritaires, soutien à des guerres et vente massive d’armes).

2 – sa haine virulente à l’égard des migrants qui, fuyant la misère, les privations de liberté, les persécutions politiques ou la guerre — dont elle est souvent la première responsable — sont violemment refoulés à ses frontières ou maltraités sur son territoire.

3 – sa propagande au sujet du reste du monde, qui se résumerait, selon elle, à quelques coupeurs de têtes et autres barbares de circonstances, alors qu’elle serait, à l’inverse, le creuset de la sagesse, de la justice et de la paix. Parmi d’autres présupposés, le soleil du sud et le manque de culture engendreraient la paresse et l’inorganisation, alors que le climat tempéré et la somme d’intelligences et d’expériences du continent s’imaginant supérieur favoriseraient la qualité de son travail et de son organisation. »

 

Geneviève Fontaine propose  « l’expérience de l’association Evaléco » qu’elle préside : « Les initiatives d’économie solidaire se proposent de mettre en acte une autre vision de la société, davantage centrée sur l’humain, où l’économie serait réencastrée dans la société et les rapports sociaux. Elle tendent à proposer une alternative à la place aujourd’hui occupée par une pensée économique basée sur un présupposé de rareté des ressources et sur la croyance dans la suprématie du marché et de ses “ lois ” ».

 

Les Zindigné(e)s ! propose un entretien avec Bernard Friot : « Emanciper le travail » (à ce propos, voir sur Youtube) : Friot propose le salaire à vie, la lutte des classes dans le domaine des modes de vie. Passionnant, comme toujours.

 

Michel Weber revisite le féminisme entre épiderme et utopie : « En bref, trois thèses complémentaires sont avancées : d’abord, le féminisme n’a jusqu’ici réussi qu’à obtenir des aménagements cosmétiques de nos sociétés moribondes, qui demeurent plus paternalistes (et infantilisantes) que jamais ; ensuite, le sens commun nous met en demeure de penser à neuf les relations entre les sexes, pas de niveler les séparations entre les genres ; enfin, seule une utopie féministe radicale pourrait répondre aux très légitimes attentes des femmes. Il est grand temps de reconnaître la puissance du vagin. »

 

Yann Fiévet explique ce qu’est le « monologue antisocial » : « L’ampleur de la décrépitude actuelle de la politique se mesure certainement à l’aune de la distance creusée entre les discours et les actes des gouvernants. MM. Hollande et Valls disent à l’envi être fermement attachés au dialogue social, croire en ses vertus « au service de la cohésion nationale », convaincus qu’ils sont que cela permettrait de réduire les inégalités tout en « renforçant notre économie ». Attend-on vraiment une autre parole de la part d’hommes politiques qui, par ailleurs, se disent toujours authentiquement de gauche ? Pourtant, la parole ne pèse rien lorsqu’elle est systématiquement contredite par les actes politiques. Pire, elle devient hypocrisie, une hypocrisie qui flirte, en l’occurrence, dramatiquement avec la tromperie. »

 

 

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 06:30

Dans sa livraison de novembre, le Diplo nous présente les trois visages du vote FN (Joël Gombin) : « Une victoire du Front national (FN) aux élections régionales de décembre 2015 dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur illustrerait la géographie électorale du parti d’extrême droite. Celle-ci n’a guère évolué depuis les élections européennes de 1984, auxquelles le FN obtint environ 10 % des voix : elle oppose un arc oriental allant du Nord aux Pyrénées-Orientales à une moitié occidentale bien plus rétive. Pourtant, le lieu commun d’un FN du Nord, social et populaire, qui séduirait les ouvriers, opposé à un FN du Sud, identitaire et économiquement libéral, davantage tourné vers les retraités, a fait florès ces dernières années. Cette opposition est loin d’être pertinente. »

 

 

Reprenant une ancienne expression d’Obama, Serge Halimi expose ce qu’est une guerre « imbécile » : « Je ne suis pas contre toutes les guerres. Ce à quoi je m’oppose, c’est à une guerre imbécile, une guerre irréfléchie, une guerre fondée non pas sur la raison mais sur la colère. » Ainsi parlait, le 2 octobre 2002, un élu de l’Illinois nommé Barack Obama. La « colère » consécutive aux attentats du 11 septembre 2001 n’était pas retombée aux Etats-Unis, et le président George W. Bush avait choisi de la rediriger non pas vers l’Arabie saoudite, d’où provenaient la plupart des membres des commandos d’Al-Qaida, mais vers l’Irak, qu’il attaquerait six mois plus tard. Les médias voulaient la guerre ; la plupart des sénateurs démocrates, dont Mme Hillary Clinton, s’y rallièrent. Et l’invasion de l’Irak créa le chaos qui servirait d’incubateur à l’Organisation de l’Etat islamique (OEI). »

 

 

Nabile Mouline décortique la genèse du djihadisme : « Effort d’élévation spirituelle, le djihad peut aussi signifier le combat contre les infidèles et les hypocrites. Ceux qui s’en réclament aujourd’hui pour justifier une conduite ultraviolente s’inspirent d’une idéologie rigoriste issue d’une double filiation : les Frères musulmans et le salafisme wahhabite, diffusé depuis l’Arabie saoudite. »

 

 

Pierre Conesa évoque les “ Cinq conflits entremêlés ” : L’engouement quasi unanime des responsables politiques pour la « guerre » traduit une grave méconnaissance de la réalité du terrain. Décidé durant l’été 2014, l’engagement militaire occidental ajoute une cinquième strate à une superposition de conflits qui embrasent l’aire arabo-islamique.

 

 

Pour Akram Belkaid, En Syrie, l’issue politique est bien incertaine : « Les pays occidentaux voudraient détruire l’Organisation de l’Etat islamique sans mener d’intervention terrestre, ce qui imposerait d’en passer par une réunification des principales factions armées syriennes et par la mise en place d’un processus politique de transition. Mais un tel scénario fait fi de nombreuses réalités. »

 

 

Les djihadistes circulent, le gouvernement français réprime les manifestants (Patrick Baudouin) : « Alors que la facilité avec laquelle circulent les djihadistes souligne l’insuffisance des moyens mis au service de la justice, le gouvernement répond par un déni de justice supplémentaire, avec la prolongation de l’état d’urgence. »

 

Le Monde Diplomatique (89)

Qu’en est-il du printemps arabe (Hicham Alaoui) ? : « Depuis la vague de révoltes qui a débuté en Tunisie en janvier 2011, le « printemps arabe » semble pris dans un étau, entre retour des Etats autoritaires et menace djihadiste. Mais l’exigence de dignité et l’aspiration à la liberté n’ont pas disparu. »

 

Pour Ibrahim Warde de graves périls viennent d’Arabie saoudite : « Accusée de défendre la même doctrine rigoriste que les djihadistes, l’Arabie saoudite combat les mêmes ennemis chiites. La famille royale, divisée, boude son allié américain et subit les conséquences de la guerre des prix du pétrole qu’elle a lancée. »

 

Que se passerait-il, bon sang mais c’est bien sûr, si les vaches mangeaient de l’herbe (Gérard Le Puill), : « Dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat, l’Union européenne réfléchira-t-elle à son modèle agricole, qui accompagne plus que jamais la mondialisation libérale ? En développant l’agroécologie, une idée neuve, la France pourrait réduire considérablement son empreinte carbone tout en produisant des aliments de qualité en quantité suffisante. »

 

Pour Nicolas Pinsault et Richard Monvoisin, la kinésithrapie est piégée par les mages : « L a demande de soins du corps ne cesse de croître et entraîne un engouement pour les traitements manuels. Mais l’émiettement de l’offre laisse perplexe : kinésithérapie, ostéopathie, chiropractie, biokinergie, kinésiologie appliquée ou microkinésithérapie ; même les professionnels en perdent leur latin ! Pour la personne en attente de soins, faire un choix revient à jouer à la loterie. Les raisons de ce flou sont multiples. Sur le plan pratique, la technique la plus saugrenue peut donner l’illusion d’être efficace : l’écoute, le toucher et l’empathie contribuent à produire certains bénéfices de l’effet placebo. Sans bienfaits spécifiques démontrés scientifiquement, beaucoup de gestes semblent « marcher » et satisfont les patients… à court terme. Dans ce domaine comme pour les autres pratiques médicales, seules les preuves acquises par l’expérience clinique permettent de déterminer les thérapies efficaces. Or, très peu de thérapeutes manuels s’y réfèrent : bon nombre préfèrent suivre leur ressenti, bien moins chronophage et qui semble leur conférer une sorte de don.

 

 

Pour Akram Belkaïd, il faut relire les textes saints : « Il n’est guère facile d’aborder la question de l’islam et de ses origines en échappant à l’actualité et aux thématiques récurrentes qu’elle impose, tel l’incontournable « djihad ». C’est donc un tour de force que réalise le documentaire en sept épisodes de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur consacré à l’influence majeure du christianisme sur l’islam, du moins celui des premiers temps de la révélation. Ce travail a pour premier mérite de montrer que l’étude multidisciplinaire – c’est-à-dire au-delà du seul commentaire théologique – du Coran est une science en devenir. Le livre saint des musulmans est souvent présenté comme un « texte sans contexte » en raison de sa structure littéraire complexe et de l’impossibilité de dater ses sourates (chapitres) ou même de déterminer la totalité de l’ordre chronologique de leur révélation. L’enjeu est de taille, car une meilleure connaissance du contexte historique et social dans lequel est apparue la dernière des trois grandes religions monothéistes aiderait à surmonter les défis politico-religieux contemporains.

 

 

Pierre Rimbert évoque les méthodes pendables de Volkswagen : « L’Europe n’échappe pas à la manie du déni bureaucratique consistant à supprimer les problèmes qu’on ne souhaite pas résoudre. L’Union européenne devait imposer en 2017 des tests de pollution automobile sur route plutôt qu’en laboratoire. Problème : aucun moteur diesel ne les aurait passés. Assiégés par les lobbyistes, les régulateurs des pays membres et la Commission ont décidé fin octobre, au beau milieu du scandale Volkswagen, de relever le seuil d’émission des oxydes d’azote de... 110 %. Comme le rappelle Wolfgang Münchau, chroniqueur au Financial Times (9 novembre 2015), « ces polluants tuent. Le nombre de décès imputés aux émissions des moteurs diesel dépasse largement celui des tués sur la route. On peut ainsi interpréter cette réglementation technique de l’Union comme la décision de tuer plusieurs milliers de personnes ».

 

 

 

Dans l’article de Bernard Friot et Christine Jakse sur la sécurité sociale, tout y est : « Depuis sa création en 1945, le régime général de la Sécurité sociale subit le feu des « réformateurs » de tout poil. Comment expliquer cet acharnement contre un système que l’on réduit souvent à une simple couverture des risques de la vie ? C’est qu’au-delà de l’assurance sociale, les pionniers de la « Sécu » forgeaient un outil d’émancipation du salariat géré par les travailleurs. »

 

 

Que se passe-t-il aux Etats-Unis quand des citoyens élisent leur shérif (“ Prions pour notre shérif et sa victoire aux élections ”) ? : « Tous les quatre ans, les Américains sont invités à élire leurs shérifs et leurs procureurs. Bien souvent, ils n’ont de choix qu’entre des candidats répressifs. D’ailleurs, l’inflation carcérale aux Etats-Unis est devenue telle que le sujet s’est invité ans la campagne pour la présidentielle de 2016. »

 

 

“ Qui a peur de la vérité en Colombie ? ”, demande Maurice Lemoine : « Le 23 septembre dernier, la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement se sont entendus pour conclure des accords de paix dans un délai de six mois. Un tribunal spécial devra juger les acteurs du conflit… Reste à savoir s’il aura l’audace (et les moyens) de remonter la chaîne des responsabilités jusqu’à son sommet. »

 

 

Pour Renaud Egreteau, “ La Birmanie est en liberté surveillée ” : « Lors des élections du 8 novembre, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Mme Aung San Suu Kyi a remporté la majorité absolue des sièges à pourvoir dans les deux chambres du Parlement national, ainsi que dans dix des quatorze assemblées provinciales. Un succès retentissant ; mais la junte conserve une capacité de blocage considérable. »

 

 

Après l’un des pires crimes de masse du XXe siècle, en Indonésie, c’est toujours la “ mémoire de l’impunité ” qui règne (Lena Bjurström) : « Cinquante ans après le massacre par l’armée indonésienne de centaines de milliers de citoyens communistes ou soupçonnés de l’être, les survivants et leurs familles luttent pour obtenir justice. A ce jour, aucun des responsables de cette campagne de terreur n’a été jugé. Et le gouvernement du président Joko Widodo, arrivé au pouvoir en octobre 2014, hésite à ouvrir de véritables enquêtes. »

 

 

Tierno Monénembo  explique pourquoi en Afrique les présidents à vie sont de retour : « La démocratie progresse partout en Afrique. Pourtant, de vieilles habitudes persistent dans plusieurs pays : dans l’indifférence internationale, des chefs d’Etat manipulent sans vergogne la Constitution pour prolonger leur règne. Ces dictateurs sortis des urnes se trouvent surtout en Afrique francophone, en raison d’une infernale accumulation de handicaps. »

 

 

Pablo Jensen se demande si les théories scientifiques ne pourraient pas être des croyances parmi d’autres : « Selon le juriste Alain Supiot. aucune société ne peut subsister durablement sans des croyances communes, qui sont placées au-dessus des individus et cimentent le corps social. Ainsi, c’est au nom de droits humains proclamés sacrés que la République française est censée « assujettir le bon plaisir des plus forts à quelque chose de plus fort qu’eux, qui s’impose à tous et évite que la société des hommes ne se transforme en jungle ». Au cours de l’histoire, ce sont les rites, les religions ou — grande invention de la Rome antique — un ordre juridique autonome qui ont rempli ce rôle. »

 

 

Sommes nous tous, potentiellement, des délateurs en pantoufles (Ignacio Ramonet) ?: « Beaucoup de personnes se moquent de la protection de la vie privée. Elles réclament, au contraire, le droit de montrer et d’exhiber leur intimité. Cela peut surprendre, mais, en y réfléchissant, un faisceau de signes et de symptômes annonçaient depuis quelque temps l’inéluctable arrivée de ce type de comportement qui mêle inextricablement voyeurisme et exhibitionnisme, surveillance et soumission. Sa matrice lointaine se trouve peut-être dans un célèbre film d’Alfred Hitchcock, Rear Window (Fenêtre sur cour, 1954), dans lequel un reporter photographe (James Stewart), immobilisé chez lui, une jambe dans le plâtre, observe par désœuvrement le comportement de ses voisins d’en face. Dans un dialogue avec François Truffaut, Hitchcock expliquait : « Oui, l’homme était un voyeur, mais est-ce que nous ne sommes pas tous des voyeurs ? » Truffaut l’admettait : « Nous sommes tous des voyeurs, ne serait-ce que lorsque nous regardons un film intimiste. D’ailleurs, James Stewart, à sa fenêtre, se trouve dans la situation d’un spectateur assistant à un film. » Puis Hitchcock observait : « Je vous parie que neuf personnes sur dix, si elles voient de l’autre côté de la cour une femme qui se déshabille avant d’aller se coucher, ou simplement un homme qui fait du rangement dans sa chambre, ne pourront pas s’empêcher de regarder. Elles pourraient détourner le regard en disant : “Cela ne me concerne pas”, elles pourraient fermer leurs volets, eh bien ! elles ne le feront pas, elles s’attarderont pour regarder. »

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 06:40

Toujours préciser le lieu d’où l’on parle : comme les syndiqués du Snuipp (professeur des écoles) de Haute-Garonne, je suis affilié à la FSU. Par ailleurs, je suis un parfait mécréant, depuis tout petit. Enfin, alors que je résidais encore à Toulouse, je n'ai pas voté pour l'actuelle municipalité de droite.

 

Je suis d’autant plus sidéré par la démarche de ces camarades toulousains, choqués que les édiles municipaux aient pu distribuer dans les écoles du département, parmi 16 250 livres CD, la chanson québécoise de “ La poule à Colin ”.

 

Il s'agissait pour les syndiqués, au nom d’un principe ayatollesque de défense de la laïcité, de ne pas laisser entrer dans les établissements scolaires une comptine qui parle de curé et de paroisse.

 

Le texte de la chanson :

 

Colin a une poule qui pond tout les matins

Colin a une poule qui pond tout les matins

 

Ha elle a été faire sa ponte dans la cour à Martin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

 

Ha elle a été faire sa ponte dans la cour à Martin

Ha elle a été faire sa ponte dans la cour à Martin

 

Pis Martin a pris sa fourche et lui a cassé les reins

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

 

Pis Martin a pris sa fourche et lui a cassé les reins

Pis Martin a pris sa fourche et lui a cassé les reins

 

Puis il a fait une bonne sauce pour le dimanche matin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

 

Puis il a fait une bonne sauce pour le dimanche matin

Puis il a fait une bonne sauce pour le dimanche matin

 

Puis tout le monde de la paroisse son venu saucer le pain

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

 

Puis tout le monde de la paroisse son venu saucer le pain

Puis tout le monde de la paroisse son venu saucer le pain

 

Ainsi que Monsieur le curé qui est venu saucer le sien

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

 

Ainsi que Monsieur le curé qui est venu saucer le sien

Ainsi que Monsieur le curé qui est venu saucer le sien

 

Pis trouva la sauce si bonne qui s'y trempa les mains

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

 

Pis trouva la sauce si bonne qui s'y trempa les mains

Pis trouva la sauce si bonne qui s'y trempa les mains

 

Pis des mains ben jusqu'aux coudes, des coudes jusqu'au

reins

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

 

Pis des mains ben jusqu'aux coudes, des coudes jusqu'au

reins

Pis des mains ben jusqu'aux coudes, des coudes jusqu'au

reins

 

Puis il a fait la messe avec ses paroissiens

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

 

Puis il a fait la messe avec ses paroissiens

Puis il a fait la messe avec ses paroissiens

 

À toutes ses bonnes vieilles qui en ont besoin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

 

Puis il a fait la messe avec ses paroissiens

Puis il a fait la messe avec ses paroissiens

À toutes ses bonnes vieilles qui en ont besoin

Tu l'entend pas mon Lanlire tu l'entend pas mon lapin

 

 

Que nous disent ces valeureux militants ? Au moment de poser cette question, je m’aperçois que le titre de ce billet n’est pas bon. Les ayatollahs n’ont pas peur (de Dieu, peut-être). Ces camarades, eux, sont morts de trouille : « Un curé bon vivant, des paroissiens rassemblés autour de leur berger et des vieilles qui ont bien besoin de la messe, ça peut prêter à sourire, mais nous pensons au contraire que les institutions laïques se doivent d'être exemplaires. »

 

Jean-Philippe Gadier, secrétaire départemental du syndicat, dit n’avoir « rien contre cette chanson ». Il ajoute : « On trouve simplement qu'elle est mal venue dans la période qu'on traverse. Le fait religieux est enseigné à l'école, ce n'est pas la question, il l'est dans sa neutralité. La mairie aurait été bien inspirée de ne pas faire référence qu'à une seule religion explicite. Elle devrait respecter toutes les religions dans leur neutralité. Nos écoles sont quand même multiculturelles et cette chanson ne va pas de soi, c'est un malentendu ». La voilà la sainte trouille : « malvenue dans la période qu’on traverse ».

 

Non, nos écoles ne sont pas « multiculturelles ». Elles sont les écoles de la République française. Sinon, demain, il faudra expliquer la reproduction chez les diptères, “ Le Corbeau et le Renard ” ou le “ Petit Chaperon rouge ” d’une certaine manière aux enfants d’origine judéo-chrétienne, et d’une autre manière aux enfants d’origine musulmane. Et, après-demain lorsque le camarade Gadier emmènera ses ouailles dans l’un des nombreux musées de Toulouse,  il cachera à la vue de ses élèves d’origine culturelle musulmane, les innombrables tableaux inspirés par la religion catholique. Que seraient nos musées si Jésus n’avait pas existé ? Et puis, quand il aura un moment, ce camarade relira attentivement la chanson ci-dessus (je pourrai l’y aider, éventuellement). Il s’apercevra qu’il s’agit d’un texte à l’érotisme particulièrement criard – bien plus que “ Savez-vous planter les choux ? ” (« On les plante avec le nez ») – comme quantité de comptines que nous enseignons à nos chères têtes blondes et brunes.

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