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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 06:10

 

Le Monde Diplomatique de janvier 2016 est bien sombre. Peut-on s’en étonner ?

 

Dans son éditorial Serge Halimi estime que le FN « verrouille l’ordre social » :

 

Tout profite à l’extrême droite française : une économie en panne, un chômage dont la courbe s’envole au lieu de s’inverser, la hantise du déclassement et de la précarité, une protection sociale et des services publics menacés, un « projet européen » aussi savoureux qu’une gorgée d’huile de ricin, une vague migratoire que gonfle le chaos de plusieurs Etats arabes, des attentats de masse dont les auteurs se réclament de l’islam… Sans oublier, depuis près de trente ans, un Parti socialiste qui partage avec la droite à la fois la responsabilité de politiques néolibérales désormais cadenassées par les traités européens et le projet de se maintenir indéfiniment au pouvoir (ou, pour la droite, d’y revenir) en se présentant, élection après élection, comme le barrage ultime contre le Front national (FN).

 

 

Benoît Bréville déplore le « haro sur Schengen » :

 

Plus d’un million de demandes d’asile ; des dizaines de bateaux accostant chaque jour sur les plages grecques ou maltaises ; un nombre record de morts en Méditerranée ; des pays qui envoient l’armée pour surveiller leurs frontières… D’une ampleur exceptionnelle, la vague migratoire de 2015 a sérieusement enrayé le fonctionnement de l’Union européenne. Entre les mois d’août et octobre derniers, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie ont toutes rétabli des contrôles à leurs frontières pour bloquer l’arrivée de réfugiés.

 

 

Jean-Jacques Gandini redoute un « état d’exception permanent » :

 

Après plus d’un mois d’état d’urgence, le bilan apparaît bien maigre : une seule mise en examen pour terrorisme et aucune information judiciaire. Alors que les meilleurs connaisseurs réclamaient davantage de moyens techniques, humains et financiers pour la justice, le gouvernement français a donné tout pouvoir à une police sans boussole, au mépris de l’efficacité et des libertés fondamentales.

 

 

En Amérique latine, la gauche est « en panne » (Renaud Lambert) :

 

Défaite cinglante au Venezuela, virage à droite en Argentine, crise économique et politique au Brésil, manifestations de rue en Equateur : la gauche est à la peine en Amérique latine. Les manigances de Washington ne suffisent pas à expliquer un tel essoufflement. De la Caraïbe à la Terre de Feu, les forces progressistes se trouvent une nouvelle fois confrontées à leurs vieux démons.

 

 

Le même Renaud Lambert estime que le continent n’a jamais « résolu sa dépendance aux matières premières » :

 

Lorsque les Etats-Unis éternuent, l’Amérique latine s’enrhume », disait-on autrefois. Les miasmes ne descendent plus du nord : ils traversent le Pacifique. Mais la menace demeure. Dès les années 1950, l’économiste argentin Raúl Prebisch avait analysé les dangers de cette dépendance vis-à-vis des soubresauts d’économies étrangères — le Royaume-Uni, les Etats-Unis, puis la Chine.

 

 

 

Yoletty Bracho et Julien Rebotier réfléchissent à la révolution bolivarienne :

 

Au cours des seize années qui ont suivi l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez, en 1999, la révolution bolivarienne a créé les conditions de sa propre mise à l’épreuve, par le bas, à travers la promotion du « pouvoir populaire ». Cette mobilisation, l’Etat chaviste ne l’invente pas. Il lui reconnaît une place qui devient progressivement significative. Surgissent au premier plan de nouveaux citoyens : ils ont la peau mate, comme Chávez ; ils sont pauvres et vivent dans les quartiers populaires. Si le chavisme n’est pas parvenu à opérer les transformations structurelles nécessaires à un Etat rentier son legs historique pourrait être d’avoir élevé cette frange de la population au rang de catégorie centrale de la vie politique.

 

 

Selon Angelina Montoya, l’Argentine est en pointe en matière de transsexualité :

 

Il y a quelques années, M. Mauricio Macri, aujourd’hui président de l’Argentine, comparait l’homosexualité à une « maladie ». Son ton a changé : il sait que douze années (2003-2015) de gauche au pouvoir ont transformé le pays, notamment sur la question des identités civiles et sexuelles.

 

 

 

Alvaro Garcia Linera invite à ce propos la gauche à tirer « sept leçons » :

Les révolutions ressemblent moins à des Escalators sans fin qu’aux vagues qui déferlent sur le rivage. Elles se dressent, avancent, paraissent suspendues dans leur mouvement, puis retombent, avant de se lever à nouveau. Les étapes de ce mouvement continu dépendent de la vigueur des mobilisations populaires, qui détermineront l’avenir de notre continent. Or les forces progressistes se trouvent confrontées à diverses difficultés qu’il faudra dépasser.

 

 

Pour Gregory Wilpert, il y a « un avis de tempête au Venezuela » :

 

Après dix-neuf victoires sur les vingt scrutins organisés depuis l’élection d’Hugo Chávez, en 1998, le terme « défaite » avait presque disparu du vocabulaire de la gauche vénézuélienne. Sa déroute face à la droite lors des législatives de décembre 2015 la prive-t-elle du contrôle du pays ?

 

 

 

Pour Rachel Saada, et quoiqu’en pense la majorité des médias, le code du travail est garant de l’emploi :

 

Feu sur le droit et sur le code du travail, qui angoisseraient patrons et salariés et seraient responsables du chômage ! Ils doivent être réduits, ramenés à quelques grands principes, entend-on partout. Pourtant, avant de chercher à les déconstruire, il serait judicieux de voir comment ils se sont construits. Rien n’est là par hasard. Comme dans un écosystème, chaque élément est utile à certains, et le tout, utile à tous.

 

 

Martine Bulard se demande si la Corée sera un jour réunifiée :

 

Soixante-trois ans après la fin de la guerre qui a divisé la Corée en deux, aucun traité de paix n’a été signé pour normaliser les relations entre les deux pays. Au Sud, les dirigeants conservateurs imaginent une absorption du Nord sur le modèle de la réunification allemande. L’histoire coréenne ne présente pourtant que peu de points communs avec celle de l’Allemagne.

 

 

Tandis que Sung Ilkwon repère un « virage autoritaire à Séoul » :

 

Quelques 40 000 personnes ont manifesté sur l’immense place de la mairie de Séoul, le 5 décembre 2015, pour protester contre la répression menée par la présidente Park Geun-hye, au pouvoir depuis février 2013. Le 14 novembre, à l’appel de 118 organisations affiliées à la Confédération coréenne des syndicats (Korean Confederation of Trade Unions, KCTU), 130 000 Coréens s’étaient en effet rassemblés pour dénoncer la réforme du droit du travail, la reprise en main des manuels scolaires d’histoire et l’accord de libre-échange avec la Chine. La police avait utilisé des canons à eau, faisant une trentaine de blessés, dont un grave.

 

 

Laura-Maï gaveriaux nous parle de la « Tunisie abandonnée » :

 

Marginalisées de longue date, les régions intérieures de la Tunisie continuent d’être livrées à elles-mêmes et n’ont guère tiré profit de la révolte de 2011. Une situation qui alimente colère et désenchantement, dans un contexte marqué par les incertitudes politiques et la persistance de la violence.

 

 

Une Tunisie où Thierry Brésillon voit se profiler « une alliance conservatrice à l’ombre de la menace djihadiste » :

 

En dépit de la douceur exceptionnelle de ce début d’hiver, une humeur maussade flotte dans l’air de Tunis. La vie continue, mais la joie des semaines qui suivirent la chute du régime de M. Zine El-Abidine Ben Ali, en janvier 2011, s’est dissipée. La Tunisie a connu une année 2015 éprouvante, durant laquelle elle a subi trois attentats majeurs revendiqués par l’Organisation de l’Etat islamique (OEI) contre des cibles emblématiques du tourisme et de l’Etat. Conséquence : la saison touristique s’achève sur un bilan catastrophique. Les entrées de janvier à novembre ont diminué de 26 % et les recettes, de plus de 33 % par rapport à l’année précédente. La croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait être quasiment nulle. Et, pour l’année 2016, rien ne permet d’espérer que la conjoncture offrira des perspectives d’amélioration sociale à des Tunisiens épuisés par l’augmentation des prix et par la persistance d’un chômage massif.

 

 

 

Ça ne s’arrange pas au Bénin, qui « carbure à la contrebande » (Sabine Cessou) :

 

Pionnier de la démocratie en Afrique, le Bénin est en campagne pour l’élection présidentielle de février prochain. Mais, si l’alternance est une tradition dans ce petit pays frontalier du Nigeria, l’économie s’affranchit des règles et repose sur un trafic d’essence à grande échelle. Symptôme d’un Etat fragilisé.

 

 

Pour Frédéric Lemaire et Dominique Plihon, Bruxelles « rallume la mèche » en matière de finance :

 

Selon ses promoteurs, la mise en place d’une union des marchés de capitaux d’ici à 2019 devrait améliorer le financement des entreprises et stimuler l’investissement dans l’Union européenne. Mais ce projet, défendu par le lobby bancaire et élevé au rang de priorité par la nouvelle Commission européenne, fait craindre le retour de la crise financière.

 

 

Anne-Cécile Robert décrit le parcours sans fin de la directive maternité à Bruxelles :

 

Un certain mystère entoure l’enlisement, depuis sept ans, de la directive harmonisant le congé maternité dans l’Union européenne. Pour une fois, la Commission n’est pas en cause : ce sont les gouvernements des Etats membres qui, au sein d’une instance méconnue – le Comité des représentants permanents , ont enterré le projet, au risque de susciter une crise institutionnelle.

 

 

La meilleure de l’année, peut-être : un socialiste (Bernie Sanders) se lance à l’assaut de la Maison blanche (Bhaskar Sunkara) :

 

Les primaires pour l’élection présidentielle américaine de novembre 2016 débuteront le 1er février. Côté démocrate, Mme Hillary Clinton est donnée favorite, mais son adversaire socialiste Bernie Sanders a réalisé une percée remarquée au cours des derniers mois. S’il suscite l’opposition des médias et de l’establishment de Washington, ses idées ont su catalyser une part du mécontentement populaire.

 

 

Gilles Bouvais explique comment s’est créé en Allemagne un syndicat de détenus :

 

Certes, bagnes et travaux forcés appartiennent au passé. Pour autant, le travail n’a pas disparu de l’univers carcéral. On le présente désormais comme un outil de réinsertion. Mais un détenu est-il un travailleur comme un autre ? Quels sont ses droits, et qui les défend ? En Allemagne, ces questions ont franchi les murs des maisons d’arrêt depuis la création d’un syndicat de prisonniers.

 

 

A lire, de Guy Scarpetta, un article sur la « fulgurance » de Tadeusz Kantor :

 

Négligé par les célébrations officielles, le metteur en scène polonais Tadeusz Kantor n’en demeure pas moins une référence mythique dans le théâtre d’aujourd’hui. Mais quelle mémoire pouvons-nous garder d’un art qui a disparu en même temps que son créateur ?

 

 

Le Monde Diplomatique (90)

Gérard Mordillat analyse la financiarisation du cinéma (« Le sujet ! le sujet ! le sujet ! ») :

 

Une nécessité absolue de l’œuvre littéraire ou cinématographique s’est perdue. Chaque année, des centaines de livres, de films, de téléfilms sont écrits, produits et réalisés ; mais à quel besoin impérieux cette profusion répond-elle ? Une nécessité profondément politique, au sens de « qui concerne la cité » ? Une nécessité intime, où la vie même des auteurs serait en jeu ? Une nécessité intellectuelle de porter le fer dans la plaie ? Non. Désormais, une seule et unique nécessité domine la création : la nécessité financière. La presse publie régulièrement le classement des meilleures ventes, des meilleures entrées, comme un palmarès où l’excellence se mesure sur l’échelle du profit.

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 06:43

 

 

« En 2020, on comptera donc 25 millions de seniors, soit deux fois plus que les moins de 20 ans » (Le Monde, 6 septembre 2000).

 

 

A l’origine, « senior » est en anglais un comparatif qui signifie « le plus vieux des deux » (« John Smith senior ». A partir du XVIe siècle, le mot « senior » est apposé à la personne qui, dans une communauté, a la plus forte ancienneté. Aux Etats-Unis, « senior » s’applique aux étudiants de dernière année (« senior year » : la classe de terminale). Le terme a donc diverses acceptions. Dans les universités, la « senior common room » est la salle des professeurs. Un « senior executive » est un cadre supérieur. Dans les affaires, un « senior partner » est un associé majoritaire. Dans les institutions politiques, un « senior minister » est un ministre d’Etat. En Angleterre, le sens de « personne âgée » date du moyen âge.

 

 

 

Le mot a été emprunté à l’anglais vers 1890. D’abord dans le domaine sportif (un senior est plus âgé qu’un junior), puis, par le biais de la publicité, dans le sens de retraité ou même d’actif en fin de carrière professionnelle. Le marché de l’emploi étant ce qu’il est, on est désormais « senior » à partir de 50 ans. Dans les pays de langue anglaise, l’expression « l’emploi des seniors » s’exprime par « jobs for older people ». Lorsque, dans un long document, Manpower utilise des dizaines de fois le mot « senior » (« Comprendre et recruter les seniors », « Aider les seniors à faire le bon choix »), on ne sait jamais très bien à qui on a affaire. Là est le problème : les entreprises, comme les responsables politiques, cherchent des expédients pour prendre en charge les personnes plus ou moins âgées, afin que les dernières années de leur carrière professionnelle ne soit pas un enfer. En français, le mot « senior » est devenu un terme négatif, de défensive, contrairement à des expressions à la fois plus volontaristes et plus douces telles « les tempes grises », le « troisième âge » (voir l’expression canadienne « l’âge d’or » : « J'ai eu le privilège de participer à plusieurs soupers de l'âge d'or. »

 

Préférer : personne âgée, troisième âge, aîné, doyen, salarié âgé, âge d'or.

 

PS : Joël Martin, la Comtesse du Canard Enchaîné, me donne ce conseil :

 

Ne pas confondre "l'écho des seigneurs" et "les queues des seniors".

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 06:09

 

On commencera 2016 en citant Maxime Vivas dans Le Grand Soir, qui s’est intéressé de près à la vraie carrière d’Ursula Gauthier, correspondante de L’Obs en Chine et expulsée de ce pays. Je reprends la conclusion de son long article, fort bien argumenté :

 

« Il y a quelque chose de glaçant dans le raisonnement d’Ursula Gauthier pour qui des ouvriers chinois qui extraient du charbon au Xinjiang sans être originaires de cette région chinoise ne méritent pas plus de compassion (ou alors, qu’elle l’exprime enfin !) que celle que manifestait chez nous l’extrême droite dans les pogroms meurtriers anti-italien de 1893 à Aigues-Mortes, ou dans le racisme anti-polonais dans le Nord ou dans les récentes exactions corses contre les lieux de culte musulmans.

Malgré une hostilité envers la Chine que ses articles précédents attestent, Ursula Gauthier aurait sans doute obtenu une fois de plus la prolongation de son visa, si elle ne s’était avisée de tracer les frontières de la Chine, de délivrer des droits du sol, d’insinuer qu’il y a des Chinois moins Chinois que d’autres (les Han) et qui feraient bien de rester chez eux, de déguiser en patriotes (jusqu’à les absoudre) des terroristes vérolés par le nationalisme, le racisme, l’intégrisme religieux, la sauvagerie, le mépris de la vie des autres Chinois. »

 

 

Sur son blog, Jean-Emmanuel Ducoin nous rappelle ce que Gramsci disait du nouvel an :

 

« Chaque matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de l’esprit. […] La  date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante. »

 

 

Pour Bernard Cassen, dans Mémoires des Luttes, il existe un fil rouge entre climat, réfugiés et terrorisme :

 

« Le lien de cause à effet est évident entre, d’un côté, les guerres qui, de l’Afghanistan au Proche-Orient, ont créé les conditions locales d’émergence d’un terrorisme islamiste qui se projette également dans d’autres zones géographiques et, d’un autre côté, les immenses déplacements de population en cours et à venir : 3 millions de réfugiés prévus en Europe dans les prochaines années, sans parler des millions qui se trouvent entassés dans des camps en Turquie, en Jordanie et au Liban. Mais ces réfugiés des zones de conflits ne font que s’ajouter à ceux en provenance des zones de misère, en premier lieu d’Afrique. Même si, par miracle, le Proche-Orient retrouvait la paix, ces flux sont potentiellement sans limites car ils renvoient à la situation de non développement et d’explosion démographique de bon nombre d’Etats africains. »

 

 

 

Le déversement des boues rouges ayant de nouveau été autorisé dans les calanques de Marseille, Politis cite Eric Gilli, de l’université Paris 8 : « un phénomène d’aspiration d’eau de mer permet à ces boues de remonter de quelques kilomètres à l’intérieur de l’aquifère des Calanques. On les retrouve donc dans la rivière souterraine qui alimente la source de Port Miou près de la zone des rejets ». Politis précise qu’il s’agit d’un phénomène en cours d’extension qui a également des effets très nocifs sur la faune maritime. Au nom, argument classique, de la préservation de l’emploi. La multinationale ALTEO, va donc continuer à polluer la mer alors qu’il existe des solutions techniques pour arrêter les rejets et traiter les effluents à terre. Mais le changement de technologie (promis depuis des lustres) représenterait un investissement que refusent ses actionnaires.

 

 

 

 

En 2007, une étude menée par Richard Wiseman de l’université de Bristol impliquant 3 000 personnes a montré que 88% des résolutions de la nouvelle année échouaient. Concernant le taux de succès, il serait amélioré sensiblement lorsque les résolutions sont rendues publiques et qu'elles obtiennent le soutien des amis. Et comme n’a pas dit François Mitterrand, « trop de bonnes résolutions tuent la bonne résolution ».

 

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 06:02

Sans CO2, la vie sur terre, telle que nous la connaissons, n'existerait pas. Entre autres bienfaits, le CO2 permet la biomasse à travers la photosynthèse. Sans CO2, pas de chlorophylle.

 

 

Il y a une trentaine d’années, j’enseignais à l’université d’Abidjan. Je côtoyais journellement une bande de djeuns docteurs, spécialisés en physique de l’atmosphère, ce qu’on appelle plus communément la météorologie. Déjà à l’époque, on parlait du réchauffement, des émissions de gaz carbonique. Un peu pour se donner bonne conscience, les Blancs d’Afrique disaient que la cause principale du problème était les émissions de méthane des bovidés africains, en clair les pets des vaches, ainsi que les brûlis effectués par les paysans. Assurément, cela entrait en ligne de compte. J’avais personnellement du mal à imaginer que trois pets de zébu pouvaient polluer davantage que les usines de la Ruhr.

 

Lorsque je demandais à mes amis si nous nous dirigions vers une catastrophe écologique, eux qui avaient Bac + 10 me répondaient qu’ils n’en savaient rien, qu’il leur était impossible de trancher.

 

Aujourd’hui, on tranche, au nom du politiquement correct, d’un réel fascisme intellectuel. Ainsi, une chaîne de télévision publique a-t-elle viré un de ses collaborateurs qui pensait à contre-courant.

 

Je n’ai personnellement aucune opinion parce que je n’ai aucune compétence. Je propose ci-après les analyses d’un scientifique suisse à qui je ne conseillerais pas de fréquenter les couloirs de France 2.

 

En matière de sciences, le scepticisme est un devoir. Cette forte assertion n'est pas de moi mais d'un ancien directeur de recherches au CNRS, ancien élève de Pierre-Gilles de Gennes, et qui tient le blog Pensée unique.

 

Un entretien de Werner Munter et Laurent Grabet pour Le Matin.ch

 

Il y a une semaine, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pointait une nouvelle fois d’un doigt accusateur l’homme et le CO2 qu’il produit comme principaux coupables du réchauffement climatique. Pour Werner Munter, spécialiste mondialement reconnu des avalanches, qui se penche compulsivement sur le phénomène depuis trois ans, «ces gens sont des imbéciles qui répètent en boucle des bêtises, le savent et sont payés pour ! » Le Bernois nous a longuement reçus pour étayer ces accusations entre une tranche de viande séchée et deux verres de Cornalin. Son diagnostic climatosceptique, loin d’être celui d’un hurluberlu, est partagé par d’éminents scientifiques dont deux Prix Nobel. Il nous l’explique.

 

Vous affirmez que l’homme n’a rien à voir avec le réchauffement. Pourquoi ?

 

Précisons tout d’abord que je ne conteste pas le réchauffement lui-même. Je l’ai d’ailleurs constaté en tant que guide de montagne en voyant les glaciers reculer. Celui qui nous fait face par exemple a perdu 100 m depuis que j’ai acheté cet appart en 1989. En 2005, le pilier Bonatti des Drus s’est effondré à cause du réchauffement du permafrost. Ce que je remets en cause, ce sont les causes de ce réchauffement. Elles n’ont rien à voir avec l’homme ou avec le CO2 comme on nous le serine. Je suis arrivé à cette conclusion pour trois raisons.

 

Quelles sont ces raisons ?

 

La première, c’est tout simplement l’analyse des données climatiques reconstituées sur des millions d’années. Rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons. Ces optima correspondent à des cycles naturels. Au Moyen Age, il était par exemple possible d’aller en vallée d’Aoste depuis Arolla avec les troupeaux car le glacier n’existait plus. Lors des deux premiers optima, le Sahara était une savane avec des lacs, des arbres et des éléphants. Avant cela, pendant des centaines de milliers d’années, il a fait plus chaud qu’aujourd’hui. Et parfois jusqu’à 7 degrés plus chaud! Or le GIEC se concentre sur les 150 dernières années. Autant dire qu’il regarde autour de son nombril. Les reconstructions paléoclimatiques montrent aussi que, pendant des centaines de millions d’années, il n’y a pas eu de corrélations entre le CO2 dans l’atmosphère et la température sur terre.

 

Votre second argument ?

 

La concentration de CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un poison – dans l’atmosphère est négligeable. Il y en a un peu moins de 0,5‰ dans l’atmosphère, et au maximum 5% de cette quantité est imputable à l’homme. Pour un million de molécules d’air, il y a seulement 20 molécules de CO2 produites par l’homme. Et chaque année, notre industrialisation rajoute 4 molécules de CO2 pour chaque million de molécules d’air, mais la moitié est absorbée par les océans et les plantes. Et on veut nous faire croire que cette infime proportion due à l’homme est une catastrophe? J’ai beaucoup de peine à le croire (rires).

 

 

 

Pourquoi dès lors la thèse officielle fait quasi consensus ? Vos collègues scientifiques ne sont pas tous des imbéciles !

 

Ces théories visent à nous culpabiliser. Quand des scientifiques comme ceux du GIEC disent qu’ils veulent sauver la planète, je dis qu’ils ne sont pas crédibles. Ils mentent pour préserver des intérêts économiques dont les leurs. Car il y a tout un business derrière la lutte contre le réchauffement. Il y a une volonté de faire peur aux gens par exemple en dramatisant la montée des océans, alors que ceux-ci ne s’élèvent que de 2 à 3 mm par an! C’est aussi une manipulation intellectuelle de parler de CO2 en tonnes plutôt qu’en proportion. Des tonnes, ça impressionne, mais rappelons que l’atmosphère pèse 5 000 000 000 000 000 tonnes !

 

Votre dernier argument est que la thèse officielle contredit les lois de la physique. C’est-à-dire ?

 

Celle de la thermodynamique en particulier. Pour faire simple: la terre fait 15° en moyenne. L’atmosphère censément polluée de CO2 est grosso modo à -30° à 10 km d’altitude. Qu’elle réchauffe la Terre qui est bien plus chaude qu’elle est une aberration. La thermodynamique nous dit que la chaleur va toujours vers le froid et jamais dans le sens inverse, ce que correspond à notre expérience quotidienne.

 

Finalement, comment expliquez-vous ce fichu réchauffement ?

 

Je n’ai pas de réponse car trop de facteurs entrent en jeu. Par contre, j’ai des hypothèses. Je soupçonne par exemple les variations de l’intensité du rayonnement solaire – qui répondent à des cycles – de jouer un rôle central, tout comme les processus nucléaires complexes et méconnus qui sont à l’œuvre au centre de notre Terre. Quoi qu’il en soit, c’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat. La nature est bien plus forte que l’homme, nous ne sommes pas les maîtres de la Terre!

 

 

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 06:25

 

 

Ceci n'est pas un article iconoclaste, provocateur, de Maxime Vivas (publié à l'origine par Le Grand Soir) : c'est du vrai journalisme, celui d'un observateur et d'un analyste qui ne se contente pas de répéter confortablement la doxa de la gent à laquelle il appartient, celui d'un homme de culture qui est allé sur place et qui prend suffisamment de recul pour ne pas livrer à ses lecteurs une information prédigérée.

 

 

 

 
 
Celle qui appelle gentiment « minorité remuante » les auteurs d’attentats aveugles !
 
 
 

Pour lire sans a priori ce qui va suivre, il faut avoir remarqué que l’auteur d’un article sur les EU (un film, un livre, des inondations, le Grand Canyon du Colorado...) n’a jamais à préciser au préalable qu’il se démarque du génocide des Peaux Rouges ou des massacres de l’armée étasunienne au Vietnam (ou en plein d’autres endroits, il n’en manque pas).

 

De même, il devrait être possible d’écrire sur l’engagement russe en Syrie sans commencer par une longue dénonciation du goulag. Par conséquent, il devrait être admis d’écrire sur un événement précis survenu en Chine sans être obligé de prendre ses distances avec la Révolution culturelle, Mao, le culte de la personnalité, le système politique, médiatique, policier, judiciaire chinois, sans jurer que l’auteur n’y voit pas un modèle dont il souhaiterait l’importation en France.

 

Oui, il devrait être permis d’éviter pareil préambule mais, en vérité, il est préférable d’y faire une halte, faute de quoi les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs attaquent sur une étiquette, sur une supposée allégeance politique, pour ne pas avoir à contre-argumenter sur le fond.

 

Parlons maintenant d’Ursula Gauthier.

 

Le 18 septembre 2015, des extrémistes ouïgours (que le ministre sarko-socialiste Kouchner appela les « Yoghourts ») habitants du Xinjiang, République autonome chinoise « géographiquement plus proche de Kaboul que de Pékin », armés de couperets et autres armes blanches, ont assassiné une cinquantaine de mineurs Han travaillant dans une mine de charbon. La chasse policière aux terroristes s’est soldée par la mort de 28 d’entre eux.

 

Alors que la Chine est sous le choc, Ursula Gauthier, correspondante de L’Obs à Pékin, nie le caractère terroriste du pogrom anti-mineurs puisque, à ses yeux, ce qui s’est passé au Xinjiang n’avait rien de commun avec les attentats parisiens de janvier et novembre : il s’agissait d’une réplique à la politique de la Chine qui brime ses minorités ethniques.

 

Le monde entier a exprimé son émotion après les attentats du 13 novembre à Paris. La Chine aussi, mais Ursula Gauthier décèle dans ce pays (et dans lui seul) une « arrière-pensée ». Arrière-pensée qui vise ici à créer « un amalgame entre la lutte contre le terrorisme international et la répression contre la minorité ouïgoure, dans le Xinjiang ».

 

Ces partis pris de la journaliste ont indisposé les autorités de Pékin et le visa de presse d’Ursula Gauthier ne lui a pas été renouvelé. Elle doit quitter la Chine.

 

L’immuable ONG pro-étasunienne Reporters sans frontières dénonce le « lynchage médiatique » et la« campagne de diffamation et d’intimidation » visant la journaliste. Son patron, Christophe Deloire (un Ménard-bis, à croire qu’ils en font l’élevage, à RSF) demande au gouvernement français « une défense ferme », etc.

 

La plupart des médias hexagonaux se déclarent solidaires de la journaliste de l’Obs, mais se gardent de publier l’article qui a ulcéré Pekin.

 

Le magazine Challenge  ici s’étonne de l’adhésion du peuple chinois à la réaction chinoise : « Chine : 95% des internautes "soutiennent l’expulsion" de la journaliste française Ursula Gauthier, selon la presse officielle.


Selon un pointage réalisé lundi soir, 202.318 votes sont en faveur de la décision d’expulsion, soit 94,4% du total.


La plupart des internautes chinois n’ont cependant pas pu lire l’article de la journaliste, non traduit intégralement en mandarin et désormais inaccessible dans sa version française sur le web en Chine, où les autorités maintiennent une stricte censure des contenus en ligne. » 

 

La plupart des citoyens français ne l’ont pas lu non plus. Il n’est même pas sûr que tous les journalistes qui font corps l’ont lu. Probablement des extraits. Pour combler cette lacune, LGS vous invite donc à lire l’article dans son intégralité ici.

 

A présent, nous allons en examiner quelques détails ensemble.

 

Ursula Gauthier  : « Or, aussi sanglante qu’elle ait été, l’attaque de Baicheng [le 18 septembre 2015] ne ressemble en rien aux attentats du 13 novembre [en France]. Il s’agissait en réalité d’une explosion de rage localisée ». En effet,  « Poussé à bout, un petit groupe de Ouïgours armés de hachoirs s’en était pris à une mine de charbon et à ses ouvriers chinois han, probablement pour venger un abus, une injustice, une expropriation ... »

 

Traduire « s’en était pris » par « ont massacré plusieurs, dizaines de... ». Comprendre dans le « probablement » que la journaliste n’en sait rien, mais il importe de nous persuader que les tueurs répondaient à une possible agression antérieure sur laquelle les historiens nous en diront plus un de ces quatre, mais dont il semble établi que les ouvriers saignés à l’arme blanche n’étaient pas responsables.

 

Et encore : « Mais pour Pékin qui refuse de reconnaître sa propre responsabilité dans la montée de l’exaspération de ses minorités, la multiplication récente des incidents sanglants au Xinjiang ne peut être que l’œuvre d’une organisation djihadiste internationale. » 

 

Si vous êtes joueur, remplacez dans la phrase ci-dessus, Pékin par Paris, Xinjiang par Bataclan et calculez à quelle heure le RAID va débarquer chez vous, vous plaquer à terre et vous déboiter l’épaule devant vos enfants.

 

Et encore : « Le hic, c’est que de nombreux experts doutent que l’ETIM [mouvement terroriste ouïgour] soit ce groupe cohérent et dangereux décrit par la Chine. Certains vont même jusqu’à douter de son existence. Après les attentats du 11 septembre, George Bush, désireux par dessus tout de nouer une alliance avec Pékin, avait accepté d’inscrire l’ETIM sur sa liste des organisations terroristes. Aujourd’hui, il ne figure plus sur cette liste ». 

 

Notez : de « nombreux experts » (Lesquels ?) doutent de l’existence de ce groupe naguère inscrit sur la liste des organisatioins terroristes par G. W. Bush dont on connaît la faiblesse, la naïveté et le refus de créer une CIA ou une NSA pour lui ouvrir les yeux.

 

Ursula Gauthier invoque aussi comme explication « la radicalisation de jeunes poussés à bout par la répression impitoyable qui écrase tous les aspects de la vie des Ouïgours : culture, langue, religion, accès à l’éducation, au travail, voire à un simple passeport »

 

Le problème est que ce genre d’affirmations a déjà été avancé pour le Tibet et que les observateurs pour qui le goût de la vérité journalistique l’emporte sur la sinophobie ont démontré qu’elles étaient fausses (Voir mon livre : « Le dalaï lama pas si zen » , éditions Max Milo, 2011). Elles entrent en contradiction avec d’autres informations. Par exemple, dans son livre publié chez Denoël, « Les Chinois sont des hommes comme les autres » , Zheng Ruolin, grand ami de la France où il a vécu une vingtaine d’années, révèle que dans le Xinjiang, quand l’assemblée des élus se réunit il faut 5 interprètes pour qu’ils se comprennent. Cinq langues pratiquées, donc.

 

L’article d’Ursula Gauthier est un article à charge contre le gouvernement chinois. Et pourquoi pas ? C’est son droit. Il n’a jamais été exigé (et c’est heureux) aux correspondants de presse occidentaux d’adhérer au PCC.

 

Cette correspondante de l’Obs a même le droit (tenez-vous bien), de trafiquer un peu la réalité, de manipuler le lecteur, de parer des atours de l’information un texte de propagande que des terroristes ne renieraient pas. En France, on est habitué à ça. Le Grand Soir, Acrimed, Investig’action (pour ne citer qu’eux) en font régulièrement la démonstration.

 

Mais dans ce cas précis se posent trois problèmes spécifiques  :

 

1- Ursula Gauthier escamote la réalité d’un terrorisme ouïgour. Les autorités chinoises, en butte à une minorité de Ouïgours musulmans contaminés par les propagandistes d’Al Qaida à travers leurs centaines de kilomètres de frontière poreuse avec le Pakistan (et une autre, plus courte, avec l’Afghanistan) doivent faire face à un terrorisme réel, sanglant, appuyé depuis l’étranger. Les EU déploient (financent), via la National Endowment for Democracy (NED) plusieurs programmes en direction du Xinjiang (comme en direction du Tibet d’ailleurs, ces deux régions voisines étant chacune un talon d’Achille de la Chine). La plupart des figures historiques de la CIA ont siégé un jour ou l’autre au Conseil d’administration ou à la direction de la NED, dont John Negroponte, nommé ensuite ambassadeur en Irak occupé, puis, de retour aux EU, big chief de tous les services de renseignements US (à ce titre, c’est lui qui avait la charge de nommer le directeur de la CIA).

 

  • La responsabilité d’un commando ouïgour est établie dans l’attaque d’un poste de police le 4 août 2008 au moment des jeux Olympiques de Pékin dans le Xinjiang : 16 morts.
  •  
  •  Le 28 octobre 2013, un commando ouïgour commet un attentat sur la place Tian’anmen à Pékin : 5 morts et 40 blessés.
  •  
  • Le 1er mars 2014, un commando ouïgour commet un attentat à la gare de Kunming, capitale du Yunnan : 29 tués au couteau et 130 blessés.
  •  
  • Le 18 septembre 2015 donc, c’est l’assassinat d’une cinquantaine de mineurs.
  •  

Policiers, touristes et promeneurs, voyageurs, travailleurs, telles sont les catégories de victimes dont on serait étonné d’apprendre qu’elles ont commis  un abus, une injustice, une expropriation au Xinjiang avant d’être rassemblées par pas-de-chance sur le lieu de leur mort.

 

2- Dans une vidéo, Ursula Gauthier se défend ici en disant qu’à aucun moment elle n’a approuvé le terrorisme. Certes, mais à aucun moment elle ne l’a dénoncé, à aucun moment elle n’a exprimé de la compassion envers les victimes, à aucun moment elle n’a eu une once de compréhension pour le gouvernement chinois qui prend des mesures (trop nombreuses, trop tatillonnes, trop brutales ?) pour préserver sa population des attentats et massacres aveugles contre des innocents.

 

A aucun moment elle n’a des mots d’amitié pour le peuple chinois, sentiment qu’elle revendique sous l’avalanche de reproches un mois après son article militant, à quelques jours de l’expiration de son visa.

 

Comment croire en effet à la sincérité de son amour (tardif et brisé) qu’elle clame dans une vidéo (ci-dessus) sous l’avalanche des reproches et dont les mots sont en contradiction avec le ton de son article, lequel est consacré à trouver, sinon des excuses, tout au moins des « justifications » aux actes sanglants ? Comment parier un yuan sur son objectivité quand pas un mot de son article n’est de nature à irriter les tueurs ?

 

Si les mots « terroristes » ou « terrorisme » reviennent 17 fois dans son article, c’est toujours, entre guillemets.

 

Et qui se douterait, à la lire, que des combattants Ouïgours ont rejoint Daesh en Syrie ? 


Pour y retrouver leur langue et la maison dont ils ont été expropriés ? Par horreur de l’autorité, poussés à bout par l’impossibilité d’obtenir un passeport ? C’est cela-même ; évitons, avec l’Obs, de les confondre avec les terroristes qui ravagent la Syrie et qui envoient en Europe leurs métastases.

 

3- Si Ursula Gauthier avait écrit sur les attentats terroristes de Paris (janvier et novembre) ce qu’elle a écrit sur les attentats au Xinjiang, elle aurait eu à en répondre devant la Justice française et elle aurait été licenciée par son journal, avec l’approbation des médias et dans le silence de RSF.

 

Car, rappelons-nous Charlie Hebdo, ce n’est pas si vieux  

 

Des fous du même métal que les fanatiques ouïgours se sont livrés à un massacre odieux à Charlie Hebdo. Et, dans la France saisie d’effroi et de pitié, pas une seule Ursula Gauthier ne s’est avisée d’écrire ce qu’elle écrit des massacres aveugles en Chine. Pas un seul journaliste n’a mis alors des guillemets à terroristes !

 

En janvier 2015, le gouvernement français a demandé qu’une minute de silence soit observée dans les écoles. Les cas de non respect ont été signalés. Ecoutons la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, le 14 janvier 2015, à l’Assemblée nationale (Questions au gouvernement) ici :

 

 « S’agissant de la minute de silence elle-même c’est une centaine d’incidents qui nous ont été remontés. Les jours qui ont suivi nous avons demandé la même vigilance, et c’est une nouvelle centaine d’évènements et d’incidents qui nous ont été remontés. Parmi eux une quarantaine ont d’ailleurs été transmis aux services de police, de gendarmerie, de justice, parce que pour certains il s’agissait même d’apologie du terrorisme. Nous ne pouvons pas laisser passer cela. » 

 

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a publié une circulaire demandant aux procureurs de la République de faire preuve d’une « extrême réactivité » et de « fermeté ». 

 

  • Un enfant de 8 ans a été conduit au commissariat pour ne pas avoir voulu « être Charlie » et pour avoir parlé de terroristes, mot dont il s’est avéré qu’il ne connaissait pas la signification.
  •  
  • Un basketteur professionnel, Akin Akingbala, pivot nigérian de l’équipe de Rouen, a été mis à la porte de son club sportif le 17 février pour un message privé repris sur le réseau social Twitter. Celui-ci, écrit à l’origine par un journaliste britannique, disait en anglais « Je ne suis pas Charlie, je suis Ahmed, le policier mort.... ». 
  •  
  • Le mensuel Le Monde Diplomatique de Janvier 2015 signale que la répression va de « l’inculpation de jeunes pour des dessins (oui !) à la condamnation à Grenoble à six mois de prison ferme d’un déficient mental » 
  •  
  • Un homme de 28 ans qui avait crié à l’adresse de policiers : « Ils ont tué Charlie, moi j’ai bien rigolé », a été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu, en Isère. 
  •  
  • Le quotidien Ouest France du 14 janvier 2015 nous apprend que « Plus de cinquante procédures pour apologie du terrorisme ont été ouvertes en France depuis l’attentat à Charlie Hebdo il y a une semaine, d’après le ministère de la Justice ».
  •  

Les rigolos, les ivrognes, les bravaches, qui se défoulent avec des plaisanteries de mauvais goût sur le sujet sont jugés sans tarder. Une dizaine de condamnations - plutôt lourdes - sont prononcées dans les jours qui suivent.

 

C’était la France traumatisée de janvier 2015, celle qui sentait le Patriot act, celle où un message privé, un mot dans la rue, un article pouvaient vous conduire devant un tribunal.

 

Pour Ursula Gauthier, si la Chine « une société qui n’éprouve que peu de sympathie pour le reste du monde » (mais qu’elle adôôôre, découvre-t-elle en bouclant ses valises) s’est associée en novembre à la douleur de la France c’est pour obtenir « en retour le soutien de la communauté internationale dans ses propres démêlés avec sa minorité la plus remuante : les Ouïgours du Xinjiang ». 

 

D’où le titre de l’article d’Ursula Gauthier dans l’Obs : « Après les attentats, la solidarité de la Chine n’est pas sans arrière-pensées ».

A croire que le rassemblement des chefs d’Etat pour Charlie Hebdo à Paris était dépourvu d’arrière-pensées.

 

Si la presse française traverse une crise grave, si elle est obligée pour subsister de se vendre à des industriels et à des banquiers, de solliciter des aides financières importantes de l’Etat, la conjoncture n’explique pas tout : la profession est largement discréditée et nous venons de mieux comprendre pourquoi, grâce à Ursula Gauthier. Le péché mortel d’un journaliste est de croire qu’il est intellectuellement supérieur à tous ses lecteurs, que ceux-ci n’ont aucun moyen de vérifier ce qu’il écrit ni de sentir, sous la présentation partielle et partiale des faits, un discours engagé et un coeur froid.

 

Et ces silences !

 

Comment faire comprendre au lecteur la nervosité de Pékin face aux terroristes islamistes et aux séparatistes si l’on ne lui dit pas que le Xinjiang est la seconde région productrice de pétrole du pays, qu’il fournit un tiers de la consommation nationale en gaz naturel, qu’il est le premier producteur de charbon avec 40% des réserves nationales. On y trouve le plus grand gisement d’uranium du pays. Ajoutez à cela les passages de gazoducs et d’oléoducs et vous en saurez plus sur le Xinjiang.

 

Ah, vraiment, il n’est pas besoin d’avoir la nostalgie de la Révolution culturelle, du Grand Timonier,Grand Commandant en Chef et Grand Pilote, de vouloir importer en France le système politique, médiatique, policier, judiciaire, culinaire (je fais référence aux insectes grillés et aux brochettes de scorpions, pas à la Tsingtao) chinois pour se démarquer de cette journaliste et pour ne pas rejoindre la meute qui regrette son expulsion alors qu’il urge surtout de dénoncer ce qu’elle écrit et son manque de probité qui est pointé par une grande partie des Internautes... sur le site de l’Obs.

 

Ah, madame Gauthier, comme vous nous dites bien que vous vous en f... des 50 mineurs massacrés à la machette, 50 prolos qui travaillaient pour nourrir leur famille, mais qui, aux yeux « d’assassins que craignent les panthères et dont tremble un poignard quand leurs mains l’a touché » (Aragon) présentaient les défauts rédhibitoires qui attisent les haines et qui leur ont été signifiés par des cris : « On est chez nous ! » et « Allahou akbar ! ». Probablement, comme vous diriez.

 

Maxime Vivas

 

PS. Il y a quelque chose de glaçant dans le raisonnement d’Ursula Gauthier pour qui des ouvriers chinois qui extraient du charbon au Xinjiang sans être originaires de cette région chinoise ne méritent pas plus de compassion (ou alors, qu’elle l’exprime enfin !) que celle que manifestait chez nous l’extrême droite dans les pogroms meurtriers anti-italien de 1893 à Aigues-Mortes, ou dans le racisme anti-polonais dans le Nord ou dans les récentes exactions corses contre les lieux de culte musulmans.

 

Malgré une hostilité envers la Chine que ses articles précédents attestent, Ursula Gauthier aurait sans doute obtenu une fois de plus la prolongation de son visa, si elle ne s’était avisée de tracer les frontières de la Chine, de délivrer des droits du sol, d’insinuer qu’il y a des Chinois moins Chinois que d’autres (les Han) et qui feraient bien de rester chez eux, de déguiser en patriotes (jusqu’à les absoudre) des terroristes vérolés par le nationalisme, le racisme, l’intégrisme religieux, la sauvagerie, le mépris de la vie des autres Chinois.

 

Mais, puisqu’elle rentre en France, je conseille à l’Obs (par gentillesse) de ne pas lui commander des articles sur le terrorisme, calqués sur sa vision pékinoise du problème.

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 06:15

Autrefois, Lyon se dénommait Lugdunum, qui ne signifie nullement “ lyon ”, même si les Lyonnais se sont accaparés le royal animal. En tout état de cause, à Lyon, on ne sait pas vraiment résister à l'invasion de la langue des Zuniens.

 

Voilà le type d'affiche que l'on peut voir en plein centre de la capitale des Gaules et de la Résistance française. Au fait, j'oubliais : Jean Moulin n'était pas lyonnais.

 

Sur la photo, le glandu Bruno, “ drogué à Lyon ”, se dit “ robolutionnaire ”. Le premier qui pourra me dire ce que signifie ce mot gagnera son poids en quenelles ou en Jésus. Quand la com' ne communique rien !

Méprisons la langue française (41)
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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 07:19

L'auteur de cette analyse, Michael C. Behrent, est étasunien. Il part donc des réalités de son pays pour une étude qui n'a pas vocation universelle mais qui a le mérite de nourrir un débat d'une importance extrême. A ce sujet, j'avais publié en 2008 une recension d'un livre très important de Thomas Franck, Pourquoi les pauvres votent à droite.

 

 

 

 

« Si l’on aide les plus pauvres, alors c’est moi qui vais me retrouver tout en bas » : selon des chercheurs américains, la « peur de la dernière place » 
expliquerait l’opposition des citoyens modestes aux politiques de redistribution.

 

Depuis au moins une décennie, la politique américaine se caractérise par un double paradoxe : bien que les inégalités et la pauvreté augmentent, la politique fiscale n’a jamais autant favorisé les plus riches. Et le Parti républicain, la force politique derrière ces réductions d’impôts, a bénéficié d’un soutien populaire considérable.





Garder son statut 
d’« avant-dernier »


 

Deux économistes ont récemment proposé une explication insolite à ce paradoxe (1). Les raisons que l’on avance habituellement pour expliquer cette tendance à voter contre son propre intérêt économique sont, selon Ilyana Kuziemko (Princeton) et Michael I. Norton (Harvard), insatisfaisantes. Une perspective marxiste insisterait sur l’hégémonie idéologique de la classe dominante et la « fausse conscience » des classes populaires. Ceux qui s’inspirent de Thorstein Veblen privilégient plutôt la disposition des classes populaires à imiter la « classe de loisir », notamment sa « consommation ostentatoire », plutôt que de s’identifier à leurs semblables. D’autres encore expliquent que les clivages ethniques et raciaux peuvent fausser la solidarité entre les membres objectifs d’une classe sociale. Enfin, beaucoup d’Américains évoquent spontanément le mythe « Horatio Alger », ce romancier populaire dont les livres racontent invariablement l’épopée d’un jeune homme d’origine populaire qui obtient la fortune par son travail et sa ténacité : les classes moyennes et populaires soutiendraient les baisses d’impôts pour les plus riches parce qu’ils parient sur la possibilité que ces impôts pourraient un jour les concerner. I. Kuziemko et M.I. Norton avancent cependant une explication tout autre. Selon eux, les hommes sont motivés moins par un désir de réussir que par une crainte d’échouer complètement. Nos économistes baptisent ce phénomène la « peur de la dernière place » (« last place aversion »). Selon leur modèle, l’utilité économique n’est pas simplement déterminée par une volonté d’accumuler les richesses, mais par son positionnement relatif vis-à-vis d’autrui. Nous considérons la grandeur de notre maison non pas comme une valeur absolue, mais en la comparant à celles de nos voisins. Autrement dit, des phénomènes psychologiques tels que la honte et la gêne, qui se révéleraient aussi importants que le seul intérêt matériel.


 

Les deux économistes prétendent que le caractère déterminant de la peur de la dernière place augmente à mesure que le revenu diminue et que cette dernière place se fait plus proche.


 

À cette aune, si ceux qui se trouvent dans la tranche salariale légèrement au-dessus de la tranche la plus basse sont portés à voter contre leur intérêt économique (celui-ci étant compris comme simple désir d’augmenter son revenu), c’est parce que des politiques de redistribution risqueraient de donner un coup de pouce aux plus infortunés qu’eux. La redistribution, en somme, menace leur statut d’« avant-derniers ». I. Kuziemko et M.I. Norton montrent très clairement que ces considérations se révèlent déterminantes, par exemple, dans les attitudes envers le salaire minimum. Selon leurs recherches (2), ce sont précisément les Américains qui gagnent entre 7,26 et 8,25 dollars par heure – soit un peu plus que le salaire minimum actuel (7,25 dollars) – qui sont les plus susceptibles de s’opposer à ce que le salaire minimum augmente.


 

Pour prouver leur thèse, I. Kuziemko et M.I. Norton ont fait une expérience en forme de jeu. Chaque joueur s’est arbitrairement accordé un « revenu », échelonné selon une différence constante (1,75, 2, 2,25 dollars, etc.). À chaque tour, les joueurs doivent faire un choix. Ils peuvent soit opter pour une augmentation certaine de leur salaire de l’ordre de 25 cents, soit participer à une loterie qui leur donne 75 % de chance d’augmenter leur salaire de un dollar (soit quatre fois plus que l’augmentation « normale »)…, mais 25 % de chances de voir leur salaire diminuer de 2 dollars. Si tous les joueurs choisissent l’augmentation garantie, les plus pauvres resteront les plus pauvres, même si leurs salaires augmentent régulièrement. Pour pouvoir se déplacer vers le haut dans la distribution salariale, les plus pauvres doivent risquer la loterie – et, bien entendu, s’en sortir vainqueurs.


 

Sortir de la honte 
d’être dernier


 

Il s’avère que les individus les plus susceptibles de tenter leur chance à la loterie sont les derniers et les avant-derniers de la distribution salariale. Les derniers ne se contentent pas, en somme, de gagner davantage (ceux que leur offre l’augmentation garantie), ils aspirent à sortir de la honte d’être les derniers. Les avant-derniers, eux, jugeant (avec raison) que les derniers risqueront la loterie pour tenter d’améliorer leur sort, doivent également prendre un risque pour ne pas se trouver dépassés et donc relégués en dernière position. Les individus placés plus haut dans la distribution salariale choisissent très majoritairement l’augmentation certaine de 25 cents, preuve, selon les chercheurs, que les joueurs sont motivés moins par une envie de monter dans la distribution salariale que par la peur de se retrouver tout en bas.


 

Ce modèle n’explique pas à lui seul, selon I. Kuziemko et M.I. Norton, les raisons pour lesquelles des populations à moyen ou bas revenu votent contre leurs intérêts économiques. Ils évoquent aussi le fait que les Américains évaluent mal la réalité des inégalités actuelles, estimant en moyenne la part de la richesse détenue par les 20 % des Américains les plus riches à 59 %, quand en réalité elle est de 85 %. À l’inverse, ils surestiment largement leurs chances de mobilité sociale ascendante.


 

Il est intéressant de noter que les conclusions des deux économistes confirment l’intuition de certains philosophes et penseurs politiques. La « passion pour l’égalité » évoquée par Alexis de Tocqueville ressemble par exemple à s’y méprendre à la « peur de la dernière place » : « Quelque démocratique que soient l’état social et la constitution politique d’un peuple, on peut donc compter que chacun de ces citoyens apercevra toujours près de lui plusieurs points qui le dominent et l’on peut prévoir qu’il tournera obstinément ses regards de ce seul coté… C’est pour cela que le désir de l’égalité devient toujours plus insatiable à mesure que l’égalité est plus grande » (De la démocratie en Amérique, vol. II, 2e partie, chapitre XI). Les recherches de I. Kuziemko et M.I. Norton nous rappellent ainsi que, même dans le domaine économique, les passions comptent tout autant que les intérêts.

 

NOTES

(1) Ilyana Kuziemko et Michael I. Norton, « Last place aversion », New York Times, 19 septembre 2011.
(2) Ilyana Kuziemko et al., « “Last-place aversion”. Evidence and redistributive implications », NBER Working Paper Series, n° 17234, Août 2011.

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 07:18

Dans Res Publica, Evariste estime que le processus de décomposition de la gauche de la gauche est engagé :

 

De nombreux secteurs de la gauche de la gauche ont abandonné l’idée que la lutte des classes reste le moteur de l’histoire, estimant qu’un électeur vaut un électeur – ce qui est un contresens pour tout militant voulant œuvrer contre le mouvement réformateur néolibéral et pour une transformation culturelle, sociale et politique. D’autres secteurs ont abandonné la classe populaire ouvrière et employée au profit des pauvres, de préférence de culture musulmane, d’où leur propension au communautarisme, au clientélisme et même à une simplification abusive de la doctrine sociale des églises. Les sondages à la sortie des urnes nous renseignent énormément sur ces dérives.

 

Près de la moitié des ouvriers et des employés votants votent aujourd’hui pour le FN, soit 5 fois plus que pour la gauche de la gauche ! Pire, les partis néolibéraux obtiennent deux fois plus de votes ouvriers et employés que la gauche de la gauche.


 

 

Evariste estime que pour refonder la gauche de gauche, il faut, entre autre, «  rompre définitivement avec le communautarisme diviseur importé des pays anglo-saxons et utiliser le principe de laïcité pour unifier le peuple comme l’a fait Jean Jaurès, fondateur et premier directeur de l’Humanité. »

 

 

Politis, et d’autres organes de presse, citent Gérard Longuet qui, lorsqu’il était étudiant, savait parfaitement manier le manche de pioche, mais pas pour piocher : « Nous avons des Français qui ont des poils dans la main, il faut le savoir. ’C’est trop dur’, ’c’est trop loin’, ’c’est pas ce que je veux’, ’comprenez moi j’ai été formé pour faire du théâtre et on me propose de faire du commercial’... »

 

Relancé sur cette expression de « poil dans la main », il a insisté : « C’est une vérité. » « Tous les employeurs qui vous disent ’il y a des jeunes qui viennent pointer chez moi et qui me disent surtout ne me proposez rien j’attends plusieurs mois avant de...’ », a ajouté le sénateur de la Meuse. Manuel Valls, qui s’est dit « ouvert à toutes les propositions pour lutter contre le chômage », a-t-il bien entendu le sénateur de la Meuse ?

 

 

Jusqu’à l’élection de François Hollande à la présidence de la République, les recteurs étaient obligatoirement titulaires d’un doctorat d’Etat ou d’un doctorat nouveau régime et d’une habilitation à diriger les recherches. Selon le site Le Café Pédagogique, Najat Valaud-Belkacem, contre l’avis des plus hautes instances consultatives de l’Education nationale, va permettre que soient désormais nommées recteurs des personnes non titulaires du doctorat. Décidément, la ministre nivelle par le bas à tous les étages.

 

 

L’Etat français signe de plus en plus de partenariats publics/privés avec des firmes transnationales. L’Humanité revient sur celui signé avec Microsoft : « Sur le site Internet du ministère de l’Éducation nationale, une photographie marque l’événement. Najat Vallaud-Belkacem et Alain Crozier, le président de Microsoft France, viennent de ratifier un « partenariat » retentissant. Pour 13 millions d’euros, le géant du logiciel promet de mettre en place des formations, une mise à disposition de matériels, et même un algorithme d’analyse de la réussite des élèves. Microsoft est devenu l’une des pièces maîtresses du plan de développement du numérique dans l’éducation nationale… « Un traité d’occupation », dénonce Rémi Boulle, vice-président de l’April, l’association de promotion et de défense du logiciel libre. Avec plusieurs syndicats de l’enseignement, il dénonce une collusion d’intérêts scandaleuse, qui fait les affaires de l’entreprise privée. Mais sûrement pas celle des élèves et d’une école indépendante des intérêts financiers. »

 

 

 

Je ne sais trop s’il s’agit d’un signe des temps, mais il vient de s’ouvrir à Paris, selon Le ParisienTV, le premier centre anti-poux. Ce centre s’appelle “ Bye Bye Nits ” (adieu les lentes). Il est vrai que quand on s’attaque aux poux, pour 79 euros la séance, il faut s’exprimer en anglo-ricain : on pense ainsi cacher le stigmate alors qu’on le révèle plus que jamais.

 

 

A titre personnel, j’aurai enfin une pensée émue pour Julien Lepers et Nathalie Kosciusko-Moriset, arrière-petite-fille d’un des membres fondateurs du Parti communiste français. Les voici donc tout deux exclus du système. Vont-ils fonder un syndicat ?

 

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 06:35

 

Et si l’état d’urgence devenait permanent, demande Jean Ortiz dans les colonnes du Grand Soir ?

 

La France se serait adressée au Conseil de l’Europe pour le prévenir qu’elle pourrait être amenée à ne pas respecter la Convention européenne des Droits de l’Homme. Que nous prépare-t-on au nom de la lutte anti-terroriste ? En 1956, Guy Mollet avait sollicité les pleins pouvoirs pour « faire la paix » en Algérie. Il y fit la guerre. François Hollande a répété lors de l’hommage de la nation aux victimes du 13 novembre, que « nos soldats » continueraient leurs missions... c’est-à-dire continueraient à bombarder en Syrie et ailleurs. A rajouter la mort à la mort, à sombrer dans une spirale sans fin.

 

Seuls la démocratie, l’épanouissement des droits humains, la solution politique, négociée, des conflits, peuvent contribuer durablement à la paix, à faire reculer l’intolérance, la violence, le racisme. L’OTAN n’est pas l’ONU : crions-le ! La haine de la France, d’une certaine France, tombe aussi du ciel, dans le sillage des bombes, des sales guerres à odeur de pétrole, et de nos relations coupables avec les pétromonarchies qui soutiennent, arment et financent les terroristes, ainsi que de notre inféodation à Washington...

 

 

 

 

Dans Mediapart, Ludovic Lament déplore l’absence d’accord sur une taxe Tobin européenne :

 

Les négociations sur une taxe sur les transactions financières continuent de patiner. À peine dix États ont fini par s’entendre sur l’assiette de la taxe. « Une étape fondamentale », pour Michel Sapin. « Un saut de puce », selon des ONG, alors que l'entrée en application d'une telle taxe est encore repoussée.

 

Certains s’attendaient à un accord triomphal, en plein milieu de la COP21. Mais le miracle n’a pas eu lieu, à l’issue de deux réunions des ministres des finances lundi soir et mardi matin à Bruxelles : le chantier d’une taxe sur les transactions financières (TTF) reste toujours aussi incertain, plus de quatre ans après la présentation, en septembre 2011, d’une directive par la commission.

 

 

Sur le site Mémoires de Luttes, Christophe Ventura, très pessimiste, pronostique que le vrai changement n’est pas pour demain :

 

Actuellement, les forces conservatrices gardent la main et disposent d’armes fantastiques pour nous contenir : les Etats, les médias, l’extrême droite, la surveillance de masse (sujet trop peu intégré par les forces traditionnelles de la gauche dans le renouvellement de leurs pratiques, de leur projet et de leur approche de la question du pouvoir), l’auto-surveillance de masse, c’est-à-dire l’ivresse que nous procure le désir de consommation et de mobilité individuelle et sociale nourri par le développement de technologies toujours plus efficaces et agréables, telles les applications numériques qui nous fournissent quotidiennement de nouveaux services individualisés. Le pouvoir étourdissant de ce désir nous anesthésie et nous plonge de facto dans un état d’adhésion/servitude passive au système.

 

Le site aufeminin.com revient sur le procès de Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison pour avoir tué son mari qui la battait, ainsi que ses enfants :

 

L’affaire Jacqueline Sauvage remonte au 10 septembre 2012. Alors âgée de 66 ans, elle avait abattu son mari de trois balles dans le dos, à leur domicile dans le Loiret. Cette femme était victime de violences depuis 47 ans : coups, abus sexuels, etc. Ses filles auraient, elles aussi, subi ces violences. La veille du meurtre, le fils du couple, victime de son père également, s’était suicidé par pendaison. Ce procès remet sur le tapis le débat de la présomption d’innocence pour les femmes battues. Les violences faites aux femmes concerneraient 1 femme sur 3 dans le monde et 1 sur 5 en France, d’où la lutte acharnée des associations et des organismes contre ce fléau.

 

Plusieurs sites, dont mesopinions.com ont lancé des pétitions pour demander la grâce de François Hollande.

 

 

Je termine sur une note plus légère. La bourde de Sarkozy sur la salade et la rhubarbe a rappelé au linguiste Robert Chaudenson, sur son blog, un extrait de cette chanson peu connue de Georges Brassens, “ Lèche-cocu ” :

 

Et nous, copains, cousins, voisins,

Profitant (on n'est pas des saints)

De ce que ces deux imbéciles,

Se passaient rhubarbe et séné

On s'partageait leur dulcinée,

Qui se laissait faire docile.

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 06:35

 

Pour Barbara Romagnan, députée PS du Doubs qui s’exprime dans Mediapart, «  il n’y a pas de demi français. »

 

Par la proposition de déchoir certains binationaux de la nationalité française, on jette la suspicion sur celles et ceux qui ont deux nationalités et seraient ainsi moins Français que les autres. De plus, beaucoup de nos concitoyens ne font pas forcément le choix de leur double nationalité. Ils sont nés en France, ont grandi en France, parfois, ils ne se sont jamais rendus dans le pays où sont nés leurs parents mais héritent de cette deuxième nationalité par le droit du sang. C’est le cas du Maroc, qui n’autorise pas à abandonner sa nationalité.

 

Enfin, il s’agirait d’une remise en cause fondamentale d’un principe fondateur de la République française : le droit du sol. En proposant une mesure qui distingue les Français selon qu’ils sont nés exclusivement français ou nés français avec une deuxième nationalité, on introduit le droit du sang dans la détermination de l’appartenance à la nation. Pour sa part, Patrick Weil, dans Libération, observe que « Le gouvernement semble depuis quelques semaines ne pas savoir ni vouloir connaître que depuis 1938 tout Français binational – né français ou naturalisé – peut déjà être déchu de sa nationalité française, s’il «se comporte en fait comme le national d’un pays étranger». C’est l’article 23-7 du code civil. 

 

L’Obs nous apprend qu’une société indépendante va lancer début janvier une chaîne de téléachat consacrée aux armes et baptisée GunTV. Ce lancement intervient dans un contexte polémique, marqué par la récente succession de tueries par armes à feu. La dernière en date, mercredi, à fait 14 morts à San Bernardino, en Californie.

 

« Nous avons vu une occasion de répondre à un besoin, pas d'en créer un », a déclaré au Guardian Valerie Castle, cofondatrice de la chaîne. « Je ne crois pas que cela va mettre plus d'armes dans les rues. »

 

Toujours dans L’Obs, L'histoire du rock n'a pas été édifiée par des saints. Et assurément, Jesse Hugues, 43 ans, leader de ces "Eagles of Death Metal" rendus tristement célèbres avec la tuerie du 13 novembre au Bataclan, n'en est pas un. Non parce qu'il entonnait avec sa bande "Kiss the Devil" ("Embrasse le diable"), avant que le public du Bataclan franchisse le Styx sous les tirs des terroristes.

 

Hugues n'est pas le dernier à brandir sa Bible... Mais aussi son flingue. Quand il ne milite pas pour Donald Trump qui vomissait, au lendemain du drame : « Regardez Paris, avec les lois sur le port d'armes (...) personne n'avait d'armes sauf les méchants... S'ils avaient eu des armes (...), la situation aurait été très, très différente. »

 

Le chant, le canon... et l'église. Ou du moins la "Universal Life Church World" qui l'a ordonné révérend le 7 décembre 2012. Ce qui n'empêche pas ce Républicain spirituel (il écrit pour ce parti des discours quand il ne bénit pas George W. Bush) d'entrer en dévotion permanente pour sa petite amie, Tuesday Cross, ancienne actrice porno.

 

 

L’Obs rapporte que La cour d'assises du Loir-et-Cher a confirmé jeudi en appel la condamnation de Jacqueline Sauvage à 10 ans de réclusion.

 

Le 10 septembre 2012, elle avait tué son mari de trois coups de fusils dans le dos, après plusieurs années d'un enfer conjugal fait de coups et d'abus sexuels sur elle et ses enfants.

 

« La légitime défense n'est pas soutenable. Aux violences de son mari, elle aurait dû répondre par un acte proportionné, immédiat et nécessaire. Face à un coup de poing qui se solde par trois jours d'ITT, elle tire trois balles », a dénoncé l'avocat général.

 

Me Nathalie Tomasini, avocate de la défense, avait au contraire demandé aux jurés de « prendre la mesure des conséquences irréversibles des violences faites aux femmes », et de « repousser les limites de la légitime défense appliquée aux situations de violences conjugales » en prononçant la relaxe de l'accusée.

 

« Fracassée pendant 47 ans, psychologiquement et physiquement, Jacqueline Sauvage présentait les syndromes post-traumatiques des femmes battues », a plaidé Me Tomasini. « Elle savait mieux que quiconque qu'il pouvait, ce soir-là, passer à l'acte et mettre à exécution les menaces de mort qu'il avait proférées toute sa vie. »

 

Les trois filles de Jacqueline Sauvage avaient été violées et battues comme l'était leur mère. Leur frère, également victime des violences de son père, s'est suicidé la veille du jour où leur mère a finalement tué son mari.

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