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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 17:38

Quand on est une soubrette de l’impérialisme étasunien dans sa tête, on écrit dans la langue du maître.

 

Suite à la déclaration – qui ne mange pas de pain – d’Obama sur « nous sommes la dernière génération qui peut encore faire quelque chose pour sauver la planète », Ségolène s’est fendue d’un tweet à l’adresse du Président des Etats-Unis :

 

@POTUS congratulations to président Obama for his engagement before Paris#COP21.French parlement transition energetique bill

 

Dans ce message, on relève une ou deux fautes par mot.

 

-       Deux fautes dans « président » qui ne prend pas d’accent mais où la majuscule s’impose.

 

-       « For » : « congratulations » est plutôt suivi de « on » que de « for ». Faute légère.

 

-       « Engagement » en anglais signifie « engagement » au sens d’obligation, et surtout « fiançailles ». Oh Michelle… Le seul mot que Ségolène aurait dû utiliser spontanément était « commitment ».

 

-       « Parlement » en anglais se dit « Parliament ».

 

-       « Energetique » n’existe pas avec cette orthographe. Ségolène à genoux aurait dû écrire « energy transition ».

 

Quand je pense que, jeune salarié, je payais des impôts pour que Ségolène apprenne l'anglais à l'ENA... Cela dit, l'anglais de François est pire !

 

 

 

 

PS : puisque nous sommes dans la langue anglaise ou ce qui s'y apparente, trois brèves remarques qui n'ont rien à voir avec la correspondance de Ségolène Royal.

 

Ainsi donc, il a été découvert à la Réunion, un morceau de l'épave d'un Boing 777. Je note au passage que les journalistes branchés ne disent pas "Sept-cent-soixante-dix-sept" mais "triple sept". Ces mêmes journalistes branchés ont imédiatement parlé d'un "flaperon", comme si toute la francitude connaissait ce vocable depuis la plus tendre enfance. Or ce mot ne figure pas dans mon Gros Robert (2001), ni dans mon édition du Shorter Oxford (1990) qui fait tout de même 2 500 pages. Flaperon est un mot-valise apparu depuis peu dans la langue anglaise. Il est composé de "flap" (rabat) et "aileron", emprunt direct récent (mais je ne sais pas exactement de quand) au français. Félicitons les anglophones qui savent créer des vocables compréhensibles par tous, sans trop se creuser la tête. Et ne félicitons pas les francophones, beaucoup moins réactifs dans ce domaine.

 

Par ailleurs, les championnats du monde de natation se déroulent dans la ville russe de Kazan. Depuis ma plus tendre enfance, j'avais toujours entendu parler de "Kazan" se prononçant comme du "zan". Les journalistes de la branchitude, colonisés dans leur tête comme Ségolène, nous parlent de "Kazanne", ce qui, évidemment, fait plus yankee. Ils doivent sûrement connaître le grand cinéaste Elia Kazanne et l'actrice française Alexandra Kazanne. Avec leurs primes, ils s'achètent peut-être des manteaux ou des toques astrakhannes.

 

J'en ai absolument ras la casquette des journalistes sportifs qui nous parlent de la "troisième meilleure performance de l'année". Pour des raisons fort respectables, les anglophones disent "third best performance". Ils doivent éprouver un léger besoin de se sécuriser en imaginant l'inimaginable, à savoir la "third worst performance". Mais nous, en bons cartésiens (si on ne s'auto-congratule pas, ce ne sont pas autres qui le feront), nous ne concevons pas un instant ce que pourrait être la "troisième plus mauvaise performance".

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 06:00

Un dossier très nourri sur la situation en Grèce (« Le révélateur grec »). À commencer par un article de Yannis Varoufakis : “ Leur seul objectif était de nous humilier ” : 

Soucieuse d’éviter le défaut de banques françaises et allemandes déjà fragiles, qui avaient prêté des milliards à des gouvernements grecs aussi irresponsables qu’elles, l’Europe a décidé d’accorder à Athènes le plus important plan d’aide de l’histoire. A une condition : que le pays procède à une consolidation budgétaire (phénomène plus connu sous le nom d’austérité) d’une ampleur jamais imaginée auparavant. Sans surprise, l’opération a provoqué une chute du revenu national sans précédent depuis la Grande Dépression. C’est ainsi que s’est enclenché un cercle vicieux : la déflation. conséquence directe de l’austérité, a alourdi le fardeau de la dette et propulsé l’hypothèse de son remboursement dans le domaine du chimérique, ouvrant la voie à une crise humanitaire majeure.

Pendant cinq ans, la « troïka » des créanciers – le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et la Commission européenne représentant les Etats membres qui avaient prêté à Athènes – s’est entêtée dans cette impasse, pour laquelle les spécialistes de la finance ont un nom : extend and pretend, ou stratégie du « comme si ». Cela consiste à prêter toujours davantage à un débiteur insolvable comme s’il ne l’était pas, afin de ne pas avoir à enregistrer des pertes sur ses titres. Plus les créanciers s’obstinaient, plus la Grèce s’enfonçait dans la crise économique et sociale, et moins elle devenait réformable. Pendant ce temps, les pertes potentielles des créditeurs gonflaient et gonflaient encore.

 

 

A lire également l’article de Serge Halimi : “ L’Europe dont nous ne voulons plus ” :

Un mouvement jeune et plein d’énergie entendait transformer une nation et réveiller le Vieux Continent. L’Eurogroupe et le Fonds monétaire international (FMI) ont écrasé cette espérance.

Au-delà du choc que les événements grecs représentent pour certains des partisans du projet européen, trois enseignements s’en dégagent. D’abord, la nature de plus en plus autoritaire de l’Union à mesure que l’Allemagne y impose sans contrepoids ses volontés et ses obsessions. Ensuite, l’incapacité d’une communauté fondée sur une promesse de paix à tirer la moindre leçon de l’histoire, même récente, même violente, dès lors qu’il lui importe avant tout de sanctionner les mauvais payeurs, les fortes têtes. Et enfin, le défi que pose ce césarisme amnésique à ceux qui voyaient dans l’Europe le laboratoire d’un dépassement du cadre national et d’un renouveau démocratique.

 

 

Pour Renaud Lambert, “ le système a absorbé le virus ” :

Aux yeux de M. Schaüble et de ses collègues européens, le militantisme libéral de Londres – des nouvelles entraves au droit de grève à l’encadrement de l’audiovisuel public – justifie certaines concessions ; pas les options politiques de Syriza, pourtant modérées. Au contraire : « Une grande partie des dirigeants européens partagent le sentiment qu’assouplir les règles pour satisfaire un gouvernement de gauche en Grèce créerait un dangereux précédent et fragiliserait sans doute la zone euro davantage qu’une défection du pays », rapporte le journaliste américain Jack Ewing (...).

 

 

Pour François Denord (et al.), L’ordolibéralisme allemand est une cage de fer pour le Vieux Continent :

 

« Si quelqu’un voulait encore une preuve du danger que font peser les référendums sur le fonctionnement des démocraties modernes, la voilà », fulminait le site de l’hebdomadaire Der Spiegel le 6 juillet 2015, après l’annonce des résultats de la consultation grecque. La sidération provoquée en Allemagne par ce « non » retentissant s’explique par la collision frontale entre deux conceptions de l’économie et, plus largement, des affaires publiques.

La première approche, qu’incarnaient début juillet les dirigeants grecs, reflète un mode de gouvernement proprement politique. Le suffrage populaire prime sur la règle comptable, et un pouvoir élu peut choisir de changer les règles. La seconde, à l’inverse, subordonne l’action gouvernementale à la stricte observance d’un ordre. Les politiques peuvent agir comme ils l’entendent pourvu qu’ils ne sortent pas du cadre, lequel se trouve de facto soustrait à la délibération démocratique. Le ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble personnifie cet état d’esprit.

 

 

Laurent Bonelli s’est intéressé aux djhadistes partis combattre à l’étranger :

Quels points communs entre un militant de gauche se rendant en Espagne en 1936 pour défendre la république et un individu qui part combattre aux côtés de l’Organisation de l’Etat islamique ? Sur le plan des objectifs, aucun. Mais l’observation des étapes de leurs parcours révèle quelques similitudes qui éclairent les ressorts d’un engagement. Et, dans le cas des djihadistes, les risques liés à leur retour.

 

 

Agnès Sinaï explique pourquoi les conflits peuvent avoir une origine climatique :

Ne pouvant plus nier les effets des activités humaines sur le climat, les dirigeants de la planète vont se retrouver à la fin de l’année à Paris pour la 21e conférence des Nations unies sur le climat (COP21). Mais ils ne semblent pas prendre toute la mesure du problème, alors que les accidents se multiplient. Les mauvaises récoltes en Chine, par exemple, pourraient avoir attisé les « printemps arabes ».

 

 

Sahar Khakifa étudie la représentation des femmes arabes dans les médias occidentaux :

Des créatures faibles et opprimées disparaissant sous un tchador ou une burqa. Telle est l’éternelle représentation des femmes arabes que proposent les médias occidentaux, en mélangeant allègrement les contextes et les nationalités. Ces femmes seraient-elles donc hors de l’histoire ? Et si elles ne le sont pas, comment expliquer la grande régression qu’ont connue leurs droits au cours des dernières décennies ?

 

 

Pour Benoît Bréville, les fast-foods d’aujourd’hui nous illusionnent autant que ceux d’avant :

Mois après mois, les ventes de McDonald’s s’effondrent. Associée à la malbouffe et à l’obésité, la multinationale pâtit également de la concurrence de marques qui se présentent comme différentes : elles proposeraient des aliments naturels, traiteraient leurs employés avec respect, favoriseraient le commerce équitable, etc. Apôtres de ces nouvelles manières de consommer, les chaînes Starbucks et Subway sont parvenues à conquérir la planète.

 

 

Pas très rationnel, l’usage de la voiture à Moscou (Hélène Richard) :

La généralisation rapide de l’automobile après la chute du mur de Berlin a eu raison du réseau routier de la capitale russe. Moscou figure aujourd’hui parmi les villes les plus embouteillées au monde, avant Istanbul ou Rio de Janeiro. Chaque véhicule y dispose de quatre fois moins d’asphalte que dans les grandes villes occidentales. Il est loin, le temps où Nikita Khrouchtchev promettait à ses concitoyens de faire en Union soviétique « un usage plus rationnel des voitures que les Américains »…

 

 

 

Sergio González Rodríguez donne son témoignage sur la torture au Mexique :

Des protestations ont émaillé la visite du président mexicain Enrique Peña Nieto en France, lors des festivités du 14 juillet. Actes de torture, massacres, disparitions : diverses organisations ont dénoncé la responsabilité de l’Etat dans ce qui constitue le quotidien des Mexicains.

 

 

Pour Michel Didier, les bergers sont les prolétaires de l’élevage :

La présence du loup dans les montagnes françaises est une bonne nouvelle pour la biodiversité. Mais le retour de ce prédateur a révélé la vulnérabilité des troupeaux et la fragilité d’un mode d’élevage devenu très extensif. Sensibles à la préservation du pastoralisme et à la majesté des paysages, les promeneurs ignorent généralement ce que les alpages doivent à la persévérance des bergers.

 

 

Pour Pierre Souchon, Disneyland est toujours un vrai paradis :

Les révélations de LuxLeaks ont donné un coup de projecteur sur les pratiques de contournement de l’impôt chez Disney. Embarrassantes, ces informations sont occultées dans le parc d’attractions de Marne-la-Vallée, où prospère la vision d’une entreprise consensuelle, soudée autour de valeurs communes. Un vrai conte de fées...

 

 

Pierre Daum explique comment les musulmans sont ségrégués en France :

Décrit tantôt comme une menace pour l’identité nationale, tantôt comme une idéologie guerrière, l’islam fait l’objet d’attaques incessantes dans les médias ou de la part de dirigeants politiques. Mais on aborde rarement cette religion dans sa pratique quotidienne : qu’est-ce qu’être musulman dans une société qui condamne les immigrés et leurs descendants à la ségrégation ? Exemple à Montpellier.

Les habitants de la Paillade, selon l’ancien nom que tout le monde continue d’utiliser, se retrouvent entre eux : quinze mille personnes, pour la plupart issues des immigrations postcoloniales. Et, parmi elles, une proportion importante de familles venues du sud du Maroc. En juin 2000, lors de l’inauguration de cette ligne de tramway, Georges Frêche, le maire de l’époque (décédé en 2010), avait lancé une plaisanterie qui avait fait beaucoup rire les élus municipaux : « Ici, c’est le tunnel le plus long du monde [il parlait du passage souterrain situé à l’extrémité de la place de la Comédie]  : vous entrez en France et vous ressortez à Ouarzazate ! » Et, pour ceux qui auraient encore pu douter de la connotation raciste de son propos, il avait ajouté en désignant une passagère qui portait le foulard : « Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n’a que les oreillons ! »

 

 

Martine Bulard est allée se promener « sous bonne garde en Corée du Nord :

Il a fallu deux ans pour obtenir un visa d’entrée en tant que journaliste en République populaire démocratique de Corée. Ce sésame ne signifie pas pour autant liberté de mouvement, ni même choix du programme, et encore moins discussions spontanées dans la rue. A quelques exceptions près, les autorités décident de ce que vous devez voir. Mais elles ne peuvent pas tout cacher...

 

 

Julien Mercille revient sur la crise immobilière en Irlande et sur le rôle des médias :

Le Parlement et le Sénat irlandais ont décidé en novembre 2014 la création d’une commission d’enquête sur l’implosion de la bulle immobilière en 2008. Il s’agissait d’« enquêter sur les raisons pour lesquelles l’Irlande a connu une crise bancaire systémique, notamment sur les facteurs politiques, économiques, sociaux, culturels, financiers et comportementaux, ainsi que sur les décisions qui y ont contribué ». Dans le cadre de leurs travaux, les parlementaires ont auditionné en mars 2015 le chercheur canadien Julien Mercille sur la responsabilité des médias. Voici un extrait de son intervention.

 

Peu avant de mourir, Boris Vian écrivit En avant la zizique et par ici les gros sous. Les choses n’ont pas changé (David Commeillas) :

Avec l’essor des smartphones, l’écoute légale de musique en ligne, sans téléchargement, connaît un succès croissant. Se pose maintenant la question de la qualité de l’offre, mais aussi de la répartition équitable des gains, à la fois entre les artistes et les maisons de disques et entre les artistes eux-mêmes.

 

 

Dominique Pinsolle se demande comment faire la révolution à l’ère de l’interconnection du monde :

« Le pouvoir ne réside plus dans les institutions. Il réside désormais dans les infrastructures de ce monde» De ce constat, le Comité invisible tire dans son dernier livre une conclusion pratique aussi simple que séduisante : les révolutionnaires doivent s’organiser pour bloquer les flux qui parcourent et composent notre univers, dont la structure serait désormais celle d’un réseau aux dimensions planétaires. Bonne nouvelle : cet ensemble de nœuds interconnectés serait particulièrement vulnérable, et quelques actions bien ciblées suffiraient à le déstabiliser. Sous l’effet de son développement réticulaire, le capitalisme se trouverait ainsi menacé par des groupes d’individus ingénieux décidés à pirater des serveurs informatiques, à bloquer des raffineries, à occuper des places au cœur des métropoles, etc.

 

 

 

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 05:11

 

Je reviens un instant sur le baccalauréat. Après l’épreuve de français et Flaubert, la natation.

 

Plusieurs personnes de mon entourage ayant présidé des jurys sont d’accord sur un point : ne pas obtenir le bac aujourd’hui est, pour les candidats, une activité à plein temps pendant 10 mois. Il faut en effet beaucoup de méthode et d’acharnement pour rater cette épreuve quand on voit que tel élève ayant eu un 5 généreux en philo à l’écrit devient un authentique penseur avec un 14 au repêchage ou que tel autre, qui n’avait pas du tout les points nécessaires, reçoit néanmoins la peau d’âne car il a déjà redoublé une fois et que tripler, vu sa médiocrité, ne servirait à rien. De nombreuses universités ont désormais beau jeu d’organiser des modes de sélections aussi illégaux que biaisés et incompréhensibles pour le pékin de base.

 

Mais il est des épreuves où les examinateurs savent faire preuve de rigueur, pour ne pas dire de vacherie. Par exemple dans l’épreuve de natation, facultative donc source de bonus dès lors que le candidat obtient au moins 11/20. Il y a en France des jeunes de 17/18 ans qui brillent dans bien des domaines sportifs. Mais il ne faut tout de même pas les favoriser autant que des philosophes nullards en leur accordant des 20/20 parce qu’ils réalisent dans les bassins ou dans les stades des temps que les profs d’EPS rêveraient d’égaler. Alors on s’efforce, par exemple, de leur faire perdre des points en leur demandant, avant qu’ils se mettent à l’eau, de prévoir quel sera leur temps à l’arrivée.

 

Connaissant d’assez près le monde de la natation depuis quelques années, je pense pouvoir affirmer que Florent Manaudou n’aurait pas forcément décroché la meilleure note. Je cite le texte officiel :

 

Le 800 mètres est obligatoirement effectué en crawl. La performance chronométrique est notée sur 12 suivant le barème ci-dessous.

 

GARCONS

NOTE

FILLES

12'46

12

14'00

12'54

11.5

14'10

13'02

11

14'20

13'10

10.5

14'30

13'18

10

14'40

13'26

9.5

14'50

13'34

9

15'00

13'42

8.5

15'10

13'50

8

15'20

14'00

7.5

15'32

14'10

7

15'44

14'20

6.5

15'56

14'30

6

16'08

14'40

5.5

16'20

14'50

5

16'32

15'00

4.5

16'44

15'10

4

16'56

15'20

3.5

17'08

15'32

3

17'20

15'44

2.5

17'35

15'56

2

17'50

16'08

1.5

18'05

16'20

1

18'20

 

Par ailleurs, il existe 4 critères techniques et de gestion de l'épreuve notés sur deux points chacun :

 

  • Les virages. Pour obtenir ces points, le candidat devra maîtriser le virage « culbute ».
  •  
  •  
  • La régularité. L'écart entre les différentes portions de 100 mètres doit être le plus faible possible. Un écart de moins de 4 secondes entre le 100 mètres le plus rapide et le 100 mètres le plus lent permet d'obtenir les deux points. Le premier et le dernier 100 mètres ne sont pas pris en compte dans ce calcul.
  •  
  •  
  • La gestion de l'effort. Le candidat doit nager les 100 derniers mètres plus rapidement que les autres 100 mètres (mis à part le premier 100 mètres qui n'est pas pris en compte).
  •  
  •  
  • L'échauffement. La préparation réalisée avant la course est notée sur deux points. Elle doit notamment être suffisamment longue, avec une intensité progressive et une prise de repères techniques.
  •  

La note obtenue lors de cette épreuve pratique est ramenée sur 16 points tandis que l'entretien avec le jury est noté sur 4 points.

 

Photo : BG, dr.

 

 

 

L’épreuve de natation au baccalauréat
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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 06:01

Jean-Paul Vespini. Gino le Juste. Bartali, une autre histoire de l’Italie. Toulouse, Editions Le Pas d’Oiseau, 2014

 

L’historien Jean-Paul Vespini a écrit une bonne quinzaine de livres sur le cyclisme. Cet ouvrage consacré à Gino Bartali tranche sur le reste de sa production en ce qu’il nous propose une histoire de l’Italie, celle des années fascistes et de l’après-guerre, par le biais de cette biographie consacré au cycliste de légende.

 

Bartali fut très discret sur cet aspect fondamental de son existence : au risque de sa vie, il joua un rôle réel dans la résistance au fascisme et contribua à sauver plusieurs centaines de Juifs, d’où son accession (post mortem) au rang de « Juste parmi les nations ». Profondément catholique, proche de Pie XII, il entra dans l’ordre du Carmel à l’âge de 20 ans. Il refusa par ailleurs de porter la chemise noire, contrairement à la majorité des cyclistes professionnels de l’époque.

 

Aujourd’hui, le sport professionnel est conditionné, écrasé par le capitalisme financier et les grands médias. Dans l’Italie des années vingt et trente, le sport subit la loi d’airain du totalitarisme dont il est le serviteur zélé. Et l’on a peine à imaginer à quel point, même pour un très grand sportif populaire, il put être difficile de résister aux desiderata fascistes, tout sportif étant, directement ou indirectement, sous les ordres du Duce. Lorsque les cyclistes italiens courent à l’étranger, ils sont étroitement chaperonnés par une éminence fasciste qui a rang de général. En 1937, Bartali domine dans l’épreuve de la tête et des épaules. Relevant de maladie, il n’avait pas souhaité prendre le départ de la grande boucle. Sous la menace du président du Comité national olympique italien, il s’était finalement aligné. Il fait une lourde chute et perd la tête du classement. Son chaperon, le journaliste de la Gazzetta dello Sport, ainsi que son directeur sportif, lui demandent d’abandonner. L’ordre vient du Duce, qui ne veut pas d’un Italien « battu sur la terre de France ». En 1938, le Duce lui interdit de participer au Giro (qui eût été une formalité pour lui) afin qu’il se réserve pour le Tour de France. Il écrase ses adversaires dans les Alpes. A l’arrivée à Briançon, de nombreux supporters italiens l’acclament. Le général Antonelli  écarte la foule en s'écriant : « N'y touchez pas, c'est un Dieu ! » Après la victoire à Paris, le régime fasciste exulte : « Le nom de Bartali est lié à celui de l’Italie, dans lequel tout au long des routes de France on a reconnu, dans l’athlète victorieux, le représentant de la jeunesse mussolinienne. » Et puis cette victoire fait un peu oublier celle d’Ottavio Bottechia en 1924, un antifasciste notoire peut-être assassiné par des nervis mussoliniens.

 

 

Pendant la guerre, Bartali sera l’auxiliaire du cardinal de Florence Elia Dalla Costa, nommé, en novembre 2012, Juste parmi les nations pour avoir contribué à sauver de très nombreux Juifs. Sous couvert de ses entraînements de coureur cycliste, Gino va servir de messager pour Dalla Costa, acheminant des faux papiers dans le tube de selle et à l’intérieur du guidon de son vélo. Il n’est de meilleur clandestin que celui qui ne se cache pas. Gino accomplit plus de quarante missions vêtu d’un maillot sur lequel l’inscription « Bartali » est très visible. Une lettre que Pie XII lui a adressée en guise de remerciement est interceptée. Gino est convoqué dans un lieu de détention et de torture de Florence. Il ressort libre grâce à l’intervention de deux jeunes fascistes auprès du major qui l’interroge. Il quitte Florence pour s’installer dans les Apennins. Il est arrêté en novembre 1943 en voulant chercher refuge au Vatican et reste emprisonné pendant 45 jours. Il est considéré comme déserteur mais les tribunaux de guerre ont dû plier bagage.

 

Après guerre, Bartali va traquer le dopage dans le peloton. Dans ce domaine, les sportifs italiens ont quelques longueurs d’avance. Sa popularité, comme celle de Coppi (cet anti Bartali qui a une épouse et une maîtresse légitime mère de son fils, et n’est pas très éloigné des communistes) est immense. La démocratie chrétienne voit en lui un rempart contre le bolchévisme. Pendant le Tour de France 1948, le principal responsable du parti communiste Palmiro Togliatti est victime d’un attentat. Le Premier ministre Alcide de Gasperi téléphone à Bartali, son ami qu’il a connu à l’Action catholique, et lui demande de gagner l’épreuve pour calmer les esprits en Italie. Contre Bobet et Robic, Bartali dévale les cols et gagne. Il Popolo, l’organe de la démocratie chrétienne, se pâme : « Il est protégé par la madone ». Quelques jours plus tard, Togliatti est sorti d’affaire. Comment douter de l’existence de Dieu dans ces conditions ? A la fin du Tour, il a gagné 3 millions de Francs (le salaire mensuel d’un instituteur débutant était de 25 000F) qu’il partage avec ses coéquipiers. Comment douter… ? Son ami le pape le fait chevalier de l’ordre de saint Sylvestre : « Bartali est le champion de l’Italie et de la foi. Il réunit l’amour pour la patrie et l’amour pour la religion, ces deux choses vont très bien ensemble », déclare le saint Père avant de le bénir.

 

Dans le Giro de 1949 (le Giro du siècle), Gino termine à la deuxième place, à 24 minutes de Fausto. La roue a tourné. Curzio Malaparte oppose les deux personnalités hors norme en qui il voit « deux visages de l’Italie » : « Bartali est un homme dans le sens ancien, classique, métaphysique aussi, du mot. C’est un ascète qui méprise et oublie à tout instant son corps, un mystique qui ne croit qu’à son esprit et au Saint-Esprit. Il sait qu’un seul raté dans le moteur de la Providence peut lui valoir une défaite. Il prit en pédalant. Il ne lève la tête que pour regarder le ciel. Il sourit à des anges invisibles. Fausto Coppi, au contraire, est un mécanicien. Il ne croit qu’au moteur qu’on lui a confié, c’est-à-dire son corps.  Du départ à l’arrivée, du commencement à la fin de la course, il ne cesse un seul instant de surveiller ce moteur précis, délicat et formidable qu’est son corps à lui. » Quant à Dino Buzzati, il décrira en ces termes le déclin essentiellement humain de ce champion d’exception : « Il pédalait, il pédalait comme s’il s’était senti talonné par une terrible bête, comme s’il avait su qu’en se laissant rejoindre tout espoir eût été perdu. Ce n’était que le temps, le temps irréparable, qui lui courait après. Et c’était un grand spectacle que cet homme seul, dans cette gorge sauvage, en train de lutter désespérément contre les ans. [...] C’est un vaincu, Bartali, aujourd’hui. Pour la première fois. Voilà qui nous remplit d’amertume, car cela nous rappelle intensément notre sort commun à tous. »

 

 

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 05:23

 

Sur les pierres du Parthénon
et sur l'écume de la mer, j'écris ton Non,
Sur la traite du créancier
et sur la boîte vide du médicament, j'écris ton Non,
Sur l'injonction du FMI
et sur le marbre de Paros, j'écris ton Non,
Sur la face de Merkel
et sur le mépris de Lagarde, j'écris ton Non,
Sur la Grèce revenue
et sur la Dette disparue, j'écris ton Non

Dignité


 

 

Philippe Arnaud

 

 

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 05:38

Comment s’inspirer de Podemos, demande Pablo Iglesias en première page du Monde Diplomatique de juillet 2015 ? :

 

Crise financière, paupérisation massive, discrédit des professionnels de la politique : tout aurait dû conduire à un regain de la gauche en Europe. Et pourtant elle piétine presque partout. Cela explique sans doute que les regards se tournent vers l’Espagne, où le parti Podemos a fait preuve d’inventivité stratégique. Un pari que présente ici son secrétaire général.

 

L’attitude de Berlin vis-à-vis d’Athènes lors des négociations ne m’a pas surpris. Même si la Grèce est un Etat faible, le gouvernement Tsipras remet en question le mode de fonctionnement de l’Union européenne sous hégémonie allemande. L’ampleur de la provocation est donc sans commune mesure avec la taille du pays. Par ailleurs, Podemos apparaît désormais comme un acteur politique important en tant que candidat au pouvoir dans la quatrième économie de la zone euro. Or nos camarades grecs nous l’ont dit : nos bons résultats dans les sondages ne constituent pas nécessairement une bonne nouvelle pour eux. Nos adversaires craignent en effet que toute victoire enregistrée par Syriza dope nos propres résultats, qu’elle nous alimente en oxygène. Leur objectif ne se borne donc pas à tenir en échec le gouvernement grec : il s’agit également de barrer la route à d’autres menaces, comme celle que nous représentons à leurs yeux. Mettre Syriza sous pression revient à faire de même avec Podemos, à démontrer qu’il n’y a pas d’alternative. « Vous voulez voter Podemos ? Regardez ce qui se passe en Grèce » : voilà, en substance, le refrain que l’on sert aux Espagnols à l’heure actuelle.

 

 

Selon Philippe Descamps, la Conférence Paris Climat 2015 est mal partie :

 

En Occident, la sobriété s’oppose frontalement à l’austérité, qui apparaît comme un subterfuge pour répartir plus inéquitablement encore les richesses. Le chemin de la décroissance de nos émissions de gaz carbonique passe par des investissements massifs dans l’habitat, les transports publics, les énergies renouvelables — à la hauteur, par exemple, des sommes mobilisées pour renflouer les banques en 2008... Tant la recherche d’une efficacité énergétique que l’amélioration concrète des conditions de vie peuvent créer de nombreux emplois, réduire les nuisances et générer dans chaque foyer des économies substantielles.

La sobriété conduit aussi à définir le bien-être autrement : moins de matière, plus de main-d’œuvre ; moins de machines, plus d’intelligence. Taxer le kérosène pour réduire l’usage intempestif de l’avion ; renchérir le transport maritime pour entraver la dérive du libre-échange et favoriser les circuits courts ; renoncer à certaines ressources du sous-sol.

 

Nada Maucourant évoque « l’autre combat des femmes Kurdes » :

 

Elle est devenue l’un des emblèmes de la lutte acharnée des Kurdes contre l’Organisation de l’Etat islamique (OEI). Helly Luv, de son vrai nom Helan Abdulla, multiplie les chansons pop pour exalter le sentiment patriotique. Avec un succès international. Réalisé en 2015, le clip de Revolution appelle à défendre le Kurdistan contre des envahisseurs dont le spectateur comprend qu’il s’agit des troupes de l’OEI. En tenue de combat et talons dorés, cheveux rouge sang et keffieh vermillon, la chanteuse, qui porte des bracelets en balles de mitrailleuse, arrête à elle seule la progression d’une colonne de chars. Dans une autre vidéo, celle de la chanson Risk It All, elle apparaît entourée de guerrières aux yeux maquillés, leurs mains aux ongles vernis brandissant des kalachnikovs. Ces images illustrent bien le charisme prêté aux guerrières du Kurdistan. Nul doute que leur diffusion planétaire contribue à renforcer l’intérêt récurrent et enthousiaste pour les combattantes kurdes.

 

… Tandis que Florence Beaugé revient sur la condition des femmes en Tunisie :

Elles vivaient sur une image : celle de la femme émancipée, bénéficiant depuis la présidence de Habib Bourguiba d’un statut unique dans la région. Le code du statut personnel (CSP), adopté dès 1956, avait fait d’elles une exception dans le monde musulman : interdiction de la polygamie, de la répudiation et des mariages forcés, droit au divorce. Elles votaient depuis 1959, pouvaient avorter depuis 1973, et plusieurs étaient devenues ministres. M. Zine El-Abidine Ben Ali vendait partout cette image de « la » femme tunisienne.

Au lendemain de la chute du dictateur, en janvier 2011, il a fallu admettre qu’il y avait non pas « une », mais « des » Tunisiennes, et surtout qu’il existait un gouffre entre les textes et les usages. A quelques kilomètres de Tunis et de ses brillantes femmes médecins, avocates ou chefs d’entreprise, se battent pour survivre des femmes analphabètes, dont le sort a pour noms pauvreté, précarité et violence. Dans le contexte d’une économie chancelante, de conflits sociaux à répétition et d’épisodes sanglants réguliers, les Tunisiens ont pris la mesure du conservatisme de leur société. A Tunis, dans les milieux libéraux, on n’évaluait pas jusque-là l’ampleur du phénomène.

 

 

Furibarde parce qu’écoutée, l’Élysée ne fait rien (Serge Halimi) :

 

Le 24 juin dernier, M. Barack Obama a sans doute recouru à quelques civilités de son cru lorsqu’il a, une nouvelle fois, promis au président François Hollande qu’il n’espionnerait plus les conversations téléphoniques de son « partenaire indispensable ».

Est-ce parce qu’il redoutait des poursuites judiciaires françaises, une amende de quelques milliards d’euros (comme celle que la BNP Paribas a réglée au Trésor américain), l’arrêt des négociations de libre-échange avec l’Europe, la mise en cause de l’Alliance atlantique ? Assurément pas. Pour un président des Etats-Unis, rien n’est en effet plus malléable et moins redoutable qu’un socialiste français. D’ailleurs, peu après la révélation de l’espionnage par les services de renseignement américains de trois chefs d’Etat français successifs, M. Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a réagi avec une placidité admirable : « Il faut qu’on garde la mesure de tout cela, il faut qu’on cadre les choses. On n’est pas là pour déclencher des ruptures diplomatiques ; il y a trop de liens. » Puis il s’envola pour Washington afin d’y discuter du grand marché transatlantique. Ses interlocuteurs avaient sans doute déjà une petite idée de l’exposé qu’il ferait...

 

 

 

Dans “ Michel Onfray ou l’amour de l’ordre ”, Evelyne Pieiller tente de recadrer le philosophe de plus en plus inclassable :

 

« Qui se cache derrière l’intellectuel le plus populaire de France, bête noire de Manuel Valls ? » Question judicieuse que celle posée par Le Point, l’hebdomadaire où officie son ami Franz-Olivier Giesbert, à l’occasion de la parution du dernier ouvrage de Michel Onfray, Cosmos. La pensée et les opinions du personnage ont assez de rayonnement pour faire de ses essais des best-sellers ; il lui suffit d’apparaître en couverture d’un magazine pour en redynamiser les ventes. Mieux encore, quand il dénonce la « terreur idéologique activée par cette mafia qui se réclame de la gauche » et affirme préférer « une analyse juste d’Alain de Benoist à une analyse injuste de Minc, Attali ou BHL », ou « une analyse juste de BHL à une analyse injuste d’Alain de Benoist », le premier ministre lui-même se sent tenu de réagir. A l’évidence, M. Valls a été perturbé par la référence à Alain de Benoist, principal représentant de ce que l’on a nommé la Nouvelle Droite, cofondateur jadis du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece). Car si Onfray, qui se dit de gauche, et même proudhonien, peut être d’accord avec un homme dont le chef du gouvernement estime qu’il a « d’une certaine manière façonné la matrice idéologique du Front national », alors « ça veut dire qu’on perd les repères ». En bref, concluait sobrement un autre membre du gouvernement, M. Jean-Marie Le Guen : « Mais où va-t-on ? »

 

 

A lire, un dossier sur la Grèce, ou comment la sauver :

En apparence, le projet est simple. Depuis cinq mois, les créanciers d’Athènes s’emploieraient à sauver la Grèce de la banqueroute. Au fil des négociations, une autre ambition s’est toutefois dessinée : discréditer un projet politique identifié comme « radical ». En conditionnant leur soutien à de nouvelles mesures d’austérité, les interlocuteurs de M. Alexis Tsipras l’ont placé entre les deux mâchoires d’une tenaille. Soit le premier ministre grec défend son programme de campagne et s’expose alors à des représailles financières, soit il cède à ses « partenaires », au risque de perdre sa majorité parlementaire et de voir son parti imploser.

 

Pour Cecilia Valdez, un bâillon a été posé sur la colère en Espagne :

 

La manœuvre visant à casser le thermomètre pour faire chuter la température n’a jamais fait la démonstration de son efficacité. C’est toutefois celle qu’a choisie Madrid pour enrayer les mobilisations que connaît le pays depuis mai 2011 : l’occupation des places, la distribution de tracts ou le collage d’affiches seront désormais interdits. Au risque de souffler un peu plus sur les braises.

 

 

Chloé Maurel estime qu’il est possible de donner une existence légale à dix millions d’êtres humains :

 

En France, des dirigeants politiques ont évoqué l’idée de déchoir de leur nationalité certains militants salafistes, créant par là de nouveaux apatrides. Au même moment, le maire de New York Bill de Blasio vient de fournir une carte d’identité municipale aux sans-papiers de sa ville. Une initiative qui n’est pas sans rappeler le passeport Nansen, inventé au lendemain de la première guerre mondiale.

 

 

 

 

Pierre Rimbert explique pourquoi les tongs voyagent à l’œil :

 

Un cabinet de curiosités réunissant les idées folles de la pensée de marché souffrirait d’encombrement. La cotation en Bourse d’êtres humains voisinerait avec le paiement d’élèves pour qu’ils acceptent de lire, avec les produits dérivés sur les catastrophes climatiques ou avec la privatisation des baleines. En juin dernier, le jeu réputé infaillible de l’offre et de la demande a engendré une nouvelle bizarrerie, cette fois dans le domaine d’ordinaire peu excentrique du transport maritime : le coût du trajet Asie-Europe était… négatif.

Le prix d’un emplacement de conteneur standard sur le pont d’un navire amarré à Shanghaï et à destination de Rotterdam se reflète dans un indice, le Shanghai Containerized Freight Index (SCFI). Sur cette route Asie-Europe, l’indice gravite depuis quelques années autour de 1 000 dollars pour une boîte de trente mètres cubes, soit un volume correspondant à environ 21 000 paires de tongs. A ce tarif, chaque paire parcourt un trajet de plus de 22 000 kilomètres pour un coût inférieur à 5 centimes. Sans cette quasi-gratuité du transport, les délocalisations n’auraient pas été si nombreuses ni le dumping social si profitable. C’est pourquoi les progressistes de tout bord insistent pour taxer massivement le déplacement de marchandises à faible valeur ajoutée. Ralentir les flux pour raccourcir les circuits : revanche des sandales artisanales.

 

 

Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin estiment que les Balkans sont la nouvelle ligne de front entre la Russie et l’Occident :

Après l’Ukraine, les Balkans deviendront-ils le théâtre d’un nouvel affrontement Est-Ouest ? La Russie réinvestit dans la région, pour des raisons autant commerciales que géopolitiques. Mais, même en entretenant l’influence qu’il y exerce traditionnellement, Moscou ne peut guère fonder d’espoir sur une région qui se tourne toujours davantage vers l’Union européenne.

 

 

Allan Popelard et Paul Vannier expliquent pourquoi Panama existe sans les Panaméens :

Il y a tout juste un an, un homme d’affaires cédait la présidence du Panamá à un chef d’entreprise. Alors qu’une grande partie de l’Amérique latine revendique sa souveraineté en contestant le pouvoir de l’argent, la petite nation centraméricaine se spécialise dans le commerce de sa soumission. Finance, spéculation et conteneurs organisent ici l’espace, notamment dans la capitale.

 

 

Christelle Gérand nous parle de ces très nombreux Étasuniens qui possèdent un puits de pétrole dans leur jardin :

 

La chute du prix du baril de brut, quasiment divisé par deux en un an, n’affecte pas seulement les multinationales de l’or noir et les pays producteurs. Aux Etats-Unis, elle touche également des millions de particuliers qui possèdent des puits de pétrole sur leur terrain et les louent à des compagnies privées. Lesquelles entendent profiter de cette période de vaches maigres pour obtenir des contrats plus avantageux.

 

 

A lire une bonne synthèse de Guy Scarpetta sur le roman historique autour de l’an 2000 :

 

Autour de l’an 2000, la plupart des grands romanciers ont éprouvé le besoin de se confronter à des sujets historiques. Effet d’une date propice aux bilans ? Ou mutation durable de la littérature elle-même, qui s’approprie de nouveaux territoires ?

 

 

Pour Laura Raim, il existe une véritable Police de la pensée économique à l’Université :

L’enfermement idéologique des dirigeants européens trouve ses racines dans une bataille pour l’hégémonie intellectuelle qui ne se livre pas seulement dans les médias. Malgré ses impasses et l’échec des politiques qu’elle inspire, la doctrine économique néoclassique domine plus que jamais à l’Université. Ses promoteurs, parmi lesquels Jean Tirole joue les premiers rôles, contrecarrent toute volonté de pluralisme.

 

 

… Ce que confirme Gilles Rotillon à propos de Jean Tirole :

 

Jean Tirole, président de l’Ecole d’économie de Toulouse (TSE), est un économiste reconnu par ses pairs, comme en atteste son récent « prix Nobel », en 2014. Ses recherches sur la régulation des monopoles et des oligopoles, les imperfections de marché ou la finance, lui ont en outre valu la reconnaissance des industriels et des dirigeants politiques, à qui il fournit expertises et avis. Il a ainsi formulé des propositions de simplification des licenciements, de « contrat de travail unique » ou encore de prix unique mondial pour le carbone. En 2008, après l’éclatement de la crise des subprime, il déclarait également, lors d’une audition devant une commission de l’Assemblée nationale à propos de la régulation bancaire : « Il ne faudra pas jeter le bébé avec l’eau du bain : il est hors de question de revenir sur la titrisation ou sur l’existence des produits dérivés, car ces innovations ont des effets positifs. Il faudra en revanche prendre les dispositions techniques nécessaires pour que les abus ne puissent pas se renouveler. » Les millions de personnes qui ont perdu leur emploi, leur retraite ou leur logement à cause de la crise financière pourraient discuter cet avis ; mais du moins restait-il jusque-là dans son rôle d’économiste s’intéressant au marché du travail et à la finance.

 

 

Y aura-t-il Bientôt des yuans dans toutes les poches ? (Yfan Ding)

Première exportatrice mondiale, la Chine dépend du dollar pour ses échanges commerciaux, sa monnaie n’étant pas convertible. Une subordination financière – et politique – dont elle cherche à se dégager par une internationalisation du yuan. La monnaie chinoise est d’ores et déjà devenue la cinquième devise mondiale pour le commerce. Devenue la deuxième puissance économique du monde, la Chine doit surmonter deux obstacles : la non-convertibilité du yuan, qui implique que ses échanges internationaux s’effectuent essentiellement en dollars ; et un réseau bancaire étatisé et gangrené qui ne prête qu’aux grandes entreprises et aux collectivités locales, sans être très regardant sur la qualité des investissements. D’où un gâchis de capital sans précédent (villes nouvelles jamais habitées, investissements de prestige, surcapacités de production, etc.) et des emprunteurs locaux incapables de rembourser leurs dettes. Les petites et moyennes entreprises, elles, doivent passer par des circuits parallèles (« shadow banking »), fort chers et risqués. Pour l’heure, les énormes réserves financières de la Chine permettent d’éponger les « créances pourries » ; c’est la deuxième fois en une décennie. Mais cela ne peut durer : l’argent ainsi stérilisé pourrait être consacré à des projets plus utiles, et les réserves risquent de s’amenuiser en raison du ralentissement économique.

 

 

Le Mali pourra-t-il préserver son intégrité ? (Daniel Bertrand)

 

Plus de deux ans après l’intervention militaire française, le Mali peine à renouer avec la paix. Porteur d’espoir, l’accord d’Alger du 1er mars 2015 ouvre un espace pour le dialogue entre des communautés fragmentées dans un Etat en déshérence. Mais la volonté de négocier l’emportera-t-elle sur les dynamiques de conflit qu’attisent les trafics en tout genre et la raréfaction des ressources ?

 

 

Les hommes se sont-ils toujours fait la guerre (Marylène Patou-Mathis) ?

 

La violence humaine est-elle innée ou induite par le contexte ? Les recherches anthropologiques et archéologiques permettent aujourd’hui de répondre un peu mieux à cette question qui divisa les plus grands philosophes. La guerre ne semble apparaître qu’avec la naissance de l’économie de production et le bouleversement des structures sociales du néolithique, il y a environ dix mille ans.

 

 

Un mémorial de l’esclavage à Pointe-à-Pitre (Jacques Denis) : Le Mémorial ACTe (MACTe), centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage, ouvrira ses portes le 7 juillet sur le site de l’ancienne usine sucrière Darboussier, à Pointe- à-Pitre, dans le quartier de Carénage. Si les murs en moellons de l’usine ont disparu, le lieu et les témoignages des plus âgés rappellent comment, en Guadeloupe, l’exploitation industrielle prolongea l’esclavagisme.

 

 

Sébastien Lapaque revient sur l’œuvre de Panaït Istrati, roi des vagabonds :

Il fait partie de ces écrivains rares et précieux qui ont chanté les marginaux et choisi le camp des pauvres. Panaït Istrati, autodidacte né en Roumanie, fit ainsi passer un grand souffle lyrique sur la littérature française. Inclassable et intrépide, il ne renonça jamais à croire que la révolution devait être faite sous le signe de l’enfance.

 

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 05:35

 

Une petite parenthèse pour commencer : le budget du Mouvement des entreprises de France est constitué pour un tiers de subventions publiques provenant directement de nos porte-monnaie. On peut être le plus féroce avocat de l’entreprise privée et du capitalisme financier et se gaver sans vergogne de l’argent public.

 

En 1998, le Medef remplace le CNPF (Conseil National du Patronat Français). Le changement d’appellation a deux objectifs : gommer le mot « Patronat », associé à l’idée de classe exploiteuse, même si les 750 000 entreprises adhérentes se revendiquent pleinement patronales, et instiller de manière quasi subliminale dans tous les esprits que le combat de cette organisation en faveur de ses idéaux de droite est sans fin. C’est un mouvement perpétuel qui ne s’arrêtera jamais, quelles que soient les concessions du camp d’en face, les victoires remportées.

 

Même s’il est de plus en plus décomplexé, le Medef n’utilise pratiquement jamais le mot capitalisme. Il préfère le vocable « libéralisme » et laisse à certains de ses plumitifs la liberté d’utiliser le cinglant « ultralibéralisme ».

 

 

Dans les entreprises, il n’y a plus d’ouvriers, d’ouvriers spécialisés (ah, les OS des années soixante-dix !) mais des « opérateurs », des « agents », voire des « collaborateurs » (le mot « collaborateur » n'existe pas dans le Code du travail, son utilisation vise à masquer le lien de subordination enhtre employeur et employé). Pour ces opérateurs les patrons ne versent pas des cotisations (à bas la notion de salaire différé) mais des « charges ». Comme son nom l’indique, une charge est une croix lourde à porter (comme le chantait Bécaud dans les années cinquante).

 

Le Medef n’utilise jamais l’expression « lutte des classes ». Il aurait bien tort de le faire puisque aucun syndicat, qu’il soit de collaboration ou de transformation ne s’y risque plus, le parti communiste non plus. Ou alors tellement rarement. C’est le Medef qui a imposé, avec l’aide de la CFDT et des principaux partis politiques de droite et de gauche la notion de « partenaires sociaux » qui implique tout bêtement que la collaboration entre les patrons et les salariés est une obligation et qu'elle ne peut et ne doit déboucher que sur des solutions concrètes pour le bien-être de la société. De même, le Medef affectionne l’expression anglo-saxonne de « gagnant-gagnant » (win-win), comme si, à la grande distribution des prix de la vie sociale, les récompenses étaient de même valeur.

 

Pour le Medef, comme pour la droite et les Solfériniens (surtout depuis Rocard), l’entreprise est « citoyenne », ce qui sous-entend qu’elle est un espace de neutralité, en dehors de la marche du temps et de l’histoire sociale. Donc, comme Manuel Valls, on ne peut que l’« aimer ». En lui versant des dizaines de milliards d’euros sous forme de diminutions de « charges » sociales ou de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, une des plus vastes escroqueries de notre temps. Le banquier rothschildien Macron estime sans rire que « l’entreprise est la propriété de ceux qui la font ». Thierry Lepaon, avant que des travaux de rénovation l’aient ravi à l’affection de ses amis, déclarait au Nouvel Économiste (un organe très éloigné du Medf, on le sait) : « L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés et ces deux composantes doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté ». Comme le martèle le président Gattaz (chez les patrons, on préside de père en fils), « l’entreprise n’est ni de gauche ni de droite, elle est là pour l’emploi ». Certainement pas pour la croissance des dividendes.

 

C’est sous ce système d’entreprises « citoyennes » que 500 000 nouveaux chômeurs se sont inscrits à Pôle Emploi en deux ans, que les délocalisations se sont multipliées, que la désindustrialisation a frappé inexorablement, que la précarisation est devenue banale et que les conditions de travail sont de plus en plus infernales.

 

 

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 05:00

En 2008, j’ai publié sur le site du Grand Soir un article intitulé “ De la famille royale britannique ” où j’évoquais, d’une part, quelques secrets de famille et, d’autre part, le fort tropisme nazi qui traversait cette famille. Il fallait bien donner un petit éclairage sur les frasques “ chemises brunes ” du prince Harry.

 

Le quotidien britannique The Independent explique comment le duc était prêt à aller bien plus loin qu’une simple sympathie pour le régime nazi. Il aurait voulu que l’Allemagne bombarde son pays. Louis XVI eut la tête tranchée pour moins que cela. Selon le duc, ces bombardements auraient mis un terme à la guerre et donc eussent été facteur de retour à la paix. Il faudra encore attendre bien longtemps avant de savoir très précisément à quel point le duc de Windsor et d’autres membres de la famille royale furent de connivence avec l’Allemagne nazie dans la mesure où la correspondance entre les “ Royals ” et certains de leurs cousins allemands n’est pas tombée dans le domaine public.

 

Selon l’universitaire Karina Urbach, le duc de Windsor estimait que les Juifs, les communistes et le Foreign Office étaient responsables de la guerre. Il avait alors suggéré à son vieil ami le diplomate espagnol Don Javier Bermejillo que des bombardements sur l’Angleterre garantiraient la paix. Il voulait la paix « à tout prix ». Franco et Hitler furent informés de ce souhait.

 

Petit-fils de la reine Victoria, Charles Edouard de Saxe-Cobourg et Gotha, fut un intercesseur très actif entre le duc de Windsor et les autorités nazies. Parce qu’il avait avoué ses sympathies pour l’Allemagne en 1917, le roi Georges V l’avait radié de l’ordre de la Jarretière et en avait profité pour changer le nom de la famille en Windsor. Dès 1918, Charles Edouard afficha ses sympathies pour les mouvements paramilitaires d’extrême droite allemands. Il devint membre du parti nazi en 1935 et général dans la SA (Obergruppenführer). En 1936, Hitler envoya Charles Edouard en Angleterre pour prendre la présidence de la Société d’amitié anglo-germanique. Il assista aux funérailles de son cousin germain Georges V revêtu de l’uniforme de l’armée allemande et en profita pour envoyer à Hitler des rapports sur la sympathie grandissante que vouait l’aristocratie britannique au régime nazi. Comme il ne faisait pas pleine et entière confiance à son ministre von Ribentrop, Hitler utilisa Charles Edouard dans certaines missions secrètes auprès des autorités britanniques.

 

Le duc de Windsor, mieux que Louis XVI

Juste avant d’abdiquer, un mois avant l’occupation de la Rhénanie en mars 1936, le futur duc de Windsor envoya ses « vœux de bonheur » à Hitler pour son 47ème anniversaire (selon le biographe Andrew Morton dans Seventeen Carnations – The Windsors, The Nazis and the Cover-Up.

 

Après l’abdication du futur duc de Windsor, Charles Edouard accueillit le duc de Windsor et sa femme chez lui en Allemagne, où ils effectuaient un voyage non officiel. 

 

 

 

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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 05:04

Sur le site du Grand Soir, Luis Alberto Reygada explique le sabotage de l’économie au Venezuela :

 

1- contrebande de produits subventionnés au Venezuela qui sont revendus avec une marge de bénéfice très importante dans les pays voisins, principalement la Colombie (essence, produits de première nécessité, etc.) ;

 

2- accaparement, agiotage et spéculation, mis en place par ceux qui contrôlent les moyens de production et de distribution ;

 

3- développement du marché noir des marchandises et des devises étrangères, ce qui est à la fois le résultat mais aussi un facteur (car encouragé) de la situation économique.

 

A tout cela il faut rajouter toute une pléiade de « techniques » qui ont le double effet d’enrichir rapidement ses opérateurs tout en nuisant à l’économie du pays, puisque appliquées à grande échelle : du simple « rascacupos » (touriste vénézuélien qui feint des achats à l’étranger avec de fausses factures afin de revendre à son retour les dollars préférentiels non dépensés sur le marché noir local ; la marge de bénéfice est de plus de 1400%) au chef d’entreprise qui préfère revendre ses dollars préférentiels sur le marché noir au lieu d’importer les produits pour lesquels ces dollars lui ont été alloués, une multitude d’acteurs contribuent au jour le jour à alimenter l’inflation.

 

On peut espérer que Jacques Attali, qui s’est trompé à peu près sur tout même s’il parle à l’oreille des grands, se trompe également lorsqu’il expose sa vision à venir du travail et des travailleurs. Le salariat traditionnel ne concernera plus plus qu'une élite « talentueuse » ! Et nous dit Marianne, nous allons assister, selon Attali, dans les trente années à venir, à une « uberisation » générale du travail. Chacun va devenir « entrepreneur de [sa] propre vie. » La protection des uber-entrepreneurs sera basée sur le régime des intermittents du spectacle. « Le statut de demain, explique Attali, c’est le statut d’intermittent du spectacle. » Donc, commente Marianne, fini l’ennui, le burn-out, la crainte du licenciement et du chômage, les plans de sauvegarde de l'emploi... La voie est ouverte au choix, à « l’expérience », au travail à la carte ! Des lendemains qui chantent !

 

 

Critique Sociale, site d’inspiration luxemburgiste, nous rappelle que le FN est toujours une entreprise de haine :

 

Marine Le Pen a reçu en héritage une entreprise, qui se trouve être une entreprise politique de haine. Raisonnant en cheffe d’entreprise, elle cherche surtout à accroître ses parts de marché en se présentant différemment, dans le cadre d’une opération médiatique dite de « dédiabolisation ». C’est en réalité une tentative de banalisation de l’extrême droite qui est menée par Marine Le Pen, bien aidée par certains médias et « éditorialistes » qui écument les plateaux de télévision. C’est parce qu’ils vont à l’encontre de cette stratégie marketing que les propos de Jean-Marie Le Pen sont reniés par l’actuelle direction du FN. Néanmoins, sur le fond, cette opération de normalisation des apparences est menée sans renoncer aux fondamentaux d’extrême droite : la haine, le mensonge, les amalgames, etc.

 

Le FN version père était formé par une extrême droite d’il y a quarante ans qui niait les responsabilités directes de l’idéologie d’extrême droite dans les crimes contre l’humanité com­mis pendant la Deuxième Guerre mondiale par la dictature nazie, avec la complicité active de l’Etat pétainiste. Le FN version fille est beaucoup plus dépolitisé, à l’image de son électorat, et l’histoire n’y intéresse plus grand monde : il leur suffit de parler d’autre chose, tant ils sont surtout animés par une haine primaire, qui n’est pas développée dans une théorisation, et ils n’ont au fond pas de véritable idée précise de comment il faudrait exercer le pouvoir (mais il est certain que s’ils l’exerçaient, ce serait de façon autoritaire et dictatoriale).

 

Ce n’est plus un secret pour personne : les banques jouent contre leurs clients, et aussi contre leurs employés. Ce qu’explique le site Tant qu’il y aura de l’argent :

 

Dans son exercice 2013, Morgan Chase a investi 10,4 milliards de dollars dans des contrats dit BOLI (Bank Owned Life Insurance) – rien à voir avec Basile.

 

Ces placements qui font rentrer des thunes dans les caisses de la banque, c’est  aussi le pactole en cas de mort de jeunes cadres dirigeants des dites banques.

 

Avec 8 morts parmi ses cadres depuis 2013, la banque a pu toucher un peu d’argent malgré ces tragiques séparations. Les voies du capitalisme sont impénétrables …

 

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 05:29

Observons ci-dessous l'affiche d'auto-promotion de Valeurs Actuelles. On nous annonce un feuilleton tiré du roman d'André Bercoff : 2017, l'effroyable campagne. Je passe rapidement sur le fait que le choix d'André Bercoff est fortement orienté vers le sulfureux et le “ virons à droite tant qu'on peut ”. Un des derniers exploits littéraires de cet homme de lettres multi-cartes est d'avoir préfacé Apéro saucisson-pinard. L’islam, un débat qui rassemble.

 

Sur cette affiche, il y a une (pas deux) gueule  franchement patibulaire : celle de Jean-Luc Mélenchon. Il y a quatre têtes “ neutres ”, celles de Bayrou, Hollande et Valls et Royal. Une tête inclassable, apparemment celle de Taubira. Trois têtes masculines souriantes : celles de Le Maire, Sarkozy et Depardieu. Enfin une tête (la plus volumineuse) souriante, agréable et esthétique, celle de la Le Pen.

 

La seule consolation face à cette propagande de bas-étage, c'est peut-être qu'à Valeurs Actuelles, ils ont toujours peur de Mélenchon, qui donc, pour eux, n'est pas mort.

 

Les affiches de Valeurs Actuelles : mieux que sous Pétain !
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