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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 06:49

 

Pour Naomi Klein, dans le Gardian, repris par Le Grande Soir, C’est le ralliement des Démocrates au néolibéralisme qui a offert la victoire à Trump : « Voici ce que nous devons admettre : énormément de gens souffrent. Avec les politiques néolibérales de dérégulation, privatisation, d’austérité et de business transnational, leur niveau de vie a brutalement chuté. Ils ont perdu leurs boulots, perdu leurs retraites. Pour leurs enfants, ils anticipent un avenir encore pire que leur précarité actuelle.

 

Pendant ce temps, ils ont assisté à l’avènement de la classe de Davos, un réseau hyper-connecté de milliardaires de la banque et de la technologie, de dirigeants élus excessivement proches de ces intérêts, et de stars hollywoodiennes qui font paraître tout cela odieusement glamour.

 

Pour les gens qui voyaient leur statut et leur sécurité comme un droit de naissance – à savoir des hommes blancs pour la plus grande part – toutes ces pertes sont intolérables. »

 

 

Selon L’Humanité, la crise du siècle est à venir avec les réfugiés climatiques : « Selon les estimations de l’ONU, 250 millions de personnes, seront, d’ici 2050, forcées de s’exiler à cause des bouleversements du climat. Un enjeu humanitaire et géopolitique majeur, pourtant soigneusement mis de côté dans les négociations internationales.

 

Les changements environnementaux sont devenus l’un des principaux facteurs, sinon le principal, de migrations et déplacements de populations dans le monde. Ce préambule annonce l’ampleur d’un phénomène dont l’accélération met désormais la question des réfugiés climatiques au centre des enjeux humanitaires. »

 

 

Dans son blog, Jean-Emmanuel Ducoin évoque la pauvrophobie en France : « Une intuition véritable ne venant jamais sans confirmation vérifiable, une étude du Crédoc pointe, cette semaine, les nouveaux contours d’une “pauvrophobie” à la française. Riverains, collectivités locales, dégradation des centres d’accueil, chasse aux sans-abri : les actes contre les démunis se multiplient. Nous parlons bien de la France, où, ces six dernières années, plus d’un million de personnes supplémentaires sont passées sous le seuil de pauvreté. Désormais, 8,5 millions de nos concitoyens, près de 14% de la population, vivent avec moins de 900 euros par mois. Les plus pauvres sont de plus en plus pauvres. Et les plus riches, de plus en plus riches… Et pourtant. Oser demander pour oser vivre, n’est-ce pas être habité par un reste d’espérance ? Oser ne rien donner pour oser vivre aveuglément, n’est-ce pas être empoisonné par un manque d’espérance ? »

 

 

 

 

 

 

 

Dans Les Lettres Françaises, Baptiste Eychart rend compte du livre de Farid Ameur sur le KuKlux Klan : « Le bilan historique et moral des activités du Ku Klux Klan est incontestablement désastreux pour les coupables, mais aussi plus généralement pour un pays qui a affiché une consternante complaisance à leur endroit. D’une certaine manière, les convulsions actuelles du racisme blanc aux États-Unis s’expliquent par une diffusion extrêmement large des idées du Klan qui, malgré son caractère secret et élitiste, sut marquer le pays de son empreinte idéologique. Cette empreinte idéologique ne relevait en rien d’un discours un tant soit peu sophistiqué ou construit : la nullité intellectuelle et culturelle de l’idéologie du Klan est à remarquer et l’organisation n’eut aucun vrai penseur, un paradoxe pour une organisation vantant la supériorité biologique des Blancs sur les Noirs. Mais cette nullité exprimait si bien les aspirations conscientes et inconscientes des vaincus de la Guerre de Sécession de telle sorte qu’elle permit au KKK de prospérer durant plus d’un siècle. »

 

Sur la page d’accueil de son site, Orange (privatisée) nous informe : « Après Jean-Michel Maire, Enora Malagré entendue par la brigade des stupéfiants.

 

Le 8 novembre dernier, le chroniqueur star de “Touche pas à mon poste”, Jean-Michel Maire, se retrouvait à la Préfecture de police, interrogé par la brigade des stupéfiants de Paris. En cause, l'apparition de son nom dans « le fichier de quelqu'un qui a été mis sur écoutes », dans une affaire de trafic de drogues. Après avoir passé la nuit en garde à vue, Jean-Michel Maire avait nié avoir un quelconque lien avec le supposé dealer, malgré son passé de cocaïnomane. »

 

Je vais vous faire un aveu : je ne sais absolument pas qui sont ces gens.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 06:33

Elle est la première jeune fille noire à vouloir entrer dans l'université où elle a réussi à s'inscrire.

1957, Caroline du Nord, Etats-Unis
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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 06:37

Bouclé avant les élections aux Etats-Unis, le mensuel se demandait si Hillary Clinton n’allait pas perdre à cause de l’écologie. Avec un colistier « bien connu pour son soutien sans faille au lobby pétrolier et à la fracture hydraulique », Clinton a peut-être perdu quelques voix précieuses dans cette mouvance.

 

Paul Ariès est interrogé sur son dernier ouvrage, Une histoire politique de l’alimentation : « L’humanité s’est humanisée à travers sa table en interposant entre elle même et ce qu’elle mange et boit toute une série de choix (entre ce qui est consommable et ce qui ne l’est pas, entre ceux qui ont droit au banquet et les autres, entre divers modes de cuisson, etc.), de valeurs (entre celles reconnues aux divers aliments et aux diverses façons de cuisiner, d’assaisonner, de manger), d’objets (du bâton à fouir à la broche et à la marmite), de savoirs et de savoir-faire (en matière de chasse et de cueillette, de stockage, de conservation, d’assaisonnement, de cuisson), de cultures (des cultures populaires aux cultures aristocratiques en passant par les aspects religieux ou scientifiques), de rituels (domestiques, religieux ou politiques), transformant ainsi les nutriments, qui concernent le seul corps biologique, en aliments. L’histoire de l’alimentation est donc d’abord celle de cette mise à distance, de cette ritualisation et symbolisation qui concourent au vivre ensemble.

 

L’humanité pourrait tout aussi bien se déshumaniser en déshumanisant sa table. Nous n’avons toujours pas appris, en plusieurs millénaires, à garantir le droit au banquet à l’ensemble de l’humanité, ce qui supposerait de concevoir une nouvelle symbolique, une nouvelle ritualité, d’autres pratiques. Au contraire, nous mangeons de plus en plus n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand, n’importe où, avec n’importe qui et pour n’importe quelle raison. Nous n’acceptons plus que la communauté puisse avoir son mot à dire sur nos façons de manger, et déjà de gaspiller, car nous ne savons plus ce que manger veut dire. Nous nous imaginons, contre tout ce que nous apprend l’histoire de l’humanité, que la table serait une affaire individuelle dont nous n’aurions pas à rendre compte ni anthropologiquement, ni socialement ou culturellement, ni, bien sûr, politiquement. »

 

 

Jean-Louis Pasquinet explique pourquoi la loi El Khomri annonce le retour au marchandage : « Á l’origine le droit du travail devait encadrer la concurrence vers le moins offrant au niveau du tarif (revenu) entre entreprises et travailleurs, car autrefois, ce qui dominait dans les relations de travail c’était le marchandage, ce sont les ouvriers qui discutaient avec les négociants et qui allaient ensuite chercher les travailleurs (l’exploitation des ouvriers par les sous-entrepreneurs ouvriers, dits marchandeurs). Une loi de 1848 l’interdit. »

 

 

Arriva le jour où, selon Jonal Eyal, « les chimpanzés prirent l’ascenseur » : « Les classes dominantes peuvent faire prévaloir leurs intérêts sur l’intérêt général sans risque direct pour leur position sociale. Les conséquences sont ces ravages sociaux et environnementaux que nous connaissons aujourd’hui. »

 

 

Eva Lacoste s’est intéressée à l’oléoduc de la discorde aux États-Unis : « Dans le Dakota du Nord, les Sioux se mobilisent contre la construction d’un oléoduc qui menacent leurs terres et leurs ressources en eaux. Nouvelle étape d’un processus de spoliation et d’humiliation qui a jalonné le XIXe siècle et marqué la fin d’un monde. »

 

 

 

Jean-Mark Sérékian revient sur la « folie fossiles des sixties » : « Comment les années 1960 s’inscrivent dans l’Histoire contemporaine du pétrole ? Au moment où la terre livrait ses derniers secrets et où les taux de croissance de production du pétrole atteignaient des sommets, survenait le pic des découvertes des grands champs pétrolifères, réserves sur lesquelles se fait et s’épuise l’essentiel de la production actuelle. »

 

Les Zindignées donnent la parole à Lokengo Antshuka Ngonga suite à la publication de son ouvrage Consensus politique et gestion démocratique du pouvoir en Afrique : « La démocratie consensuelle aurait le mérite de consolider la décentralisation érigée un peu partout en Afrique en système politico-administratif de gestion de la chose publique et de contribuer davantage au développement harmonieux de l’Afrique par le bas, à partir des communautés locales, en rapprochant l’autorité des citoyens. »

 

 

L’utopie, pour quoi faire, demande Florent Bussy ? « Les utopies n’ont pas été pensées, le plus souvent, comme des programmes auxquels soumettre la réalité de l’histoire, mais come des expériences (de pensée ou pratiques). Sous l’écroulement du communisme réel, les utopies ont été amenées à renoncer au désir de constituer des systèmes globaux. »

 

 

Dans “La propagande du quotidien”, Jean-Luc Debry, en s’inspirant du livre d’Éric Hazan de 2006, dénonce les constructions langagières qui permettent à l’idéologie libérale de s’imposer en tant que telle dans les discours diffusés au quotidien jusque dans l’intimité du sujet moderne.

 

 

Hélène Marquié s’interroge sur « ce que le genre fait à la danse et réciproquement ». En quoi le genre affecte-t-il la danse et que peuvent s’apporter mutuellement les études en danse et les études de genre ? Hélène Marquié est l’autrice de Non, la danse n’est pas un truc de filles !

 

 

Romain Pudal (auteur de Retour de flammes, les pompiers des héros fatigués, explique pour quoi “ les pompiers sont victimes d’injonctions paradoxales”, des pompiers à qui on demande de gérer toute la misère du monde.

 

 

Enfin Yann Fiévet pense que les primaires en France ne sont rien d’autre qu’une « belle affaire » : «  La récente rentrée nous a fait pénétrer dans un long tunnel, le tunnel des Primaires. Nous usons ici de la majuscule pour nommer un fait dont le contenu, osons le parier, s’avèrera insignifiant. Les « grandes formations » et les petites s’adonnent désormais à cet exercice venu d’ailleurs et gonflé comme la bouée de sauvetage d’une politique tellement dévoyée au fil des scrutins électoraux et de la lancinante succession des gouvernements monochromes. Chez Les Républicains, on ne compte pas moins de huit candidats officiels à la candidature dont une seule femme, sans doute pour bien respecter la phallocratie politique durable en notre pays. Au Parti Socialiste les positions ne sont pas encore arrêtées mais l’on piaffe d’impatience de les connaître enfin. Quant aux « écolos », ils ne pouvaient être en reste puisque depuis leur origine ils nous ont habitués à leur incessante zizanie interne. Semaine après semaine les médias de masse vont tenter de nous intéresser à tout ce qu’il faut savoir de cette chose inconsistante quand tant d’autres objets de la marche du monde valent cent fois plus que l’on s’y penche avec sérieux. Et nous allons faire un peu semblant d’être captivés car il paraît que nous tenons là… la modernité de la démocratie ».

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 06:48

Aujourd’hui : Le Grand Soir et les Etats-Unis. De nombreux articles très intéressants sur ce site. Je n’avais que l’embarras du choix.

 

Michel Taupin, dans le Grand Soir, décrit ainsi les Etats-Unis : Un pays qui dépense des fortunes démentielles dans les guerres et l’armement, plus que tous les autres pays du monde rassemblés, un pays qui détient le record du monde des millionnaires (20 millions) mais qui plonge dans la pauvreté déjà près de 46 millions de ses habitants, un pays dont le nombre d’analphabètes (3,2 millions), augmente impitoyablement, un pays qui vit dans une violence quotidienne inouïe et où la population s’entretue (300 millions d’armes à feu et 30 000 morts par an), un pays dont la dette publique abyssale s’approche des 20 000 milliards de $ et dont le paiement des intérêts représente à lui seul un budget de 450 milliards par an (le second après les dépenses militaires), un pays dont la dette des entreprises privées est de 17 000 milliards et celle des ménages de 13 000 milliards de $, soit une dette totale de 50 000 milliards de $, autant dire une catastrophe géante en prévision, une bombe atomique au-dessus de nos têtes qui éclatera si les taux d’intérêts augmentent un tant soit peu, un pays malade jusqu’à l’os de son racisme, de son inculture, de ses sectes religieuses, du génocide amérindien, un pays qui ne peut survivre que par le pillage des ressources des autres pays qu’il "démocratise", un pays dont justement le "système démocratique" particulièrement discriminant, oublie près de 60% de son peuple.

 

 

 

Le Grand Soir reprend un article d’Ignacio Ramonet pour Mémoires des luttes du 21septembre 2016 où l’ancien directeur du Monde Diplomatique expliquait pourquoi Trump avait de bonnes chances de l’emporter. Par parenthèse, début octobre, Michael Moore arrivait aux mêmes conclusions sur son blog. Pour Ramonet, « Depuis la crise dévastatrice de 2008 (dont nous ne sommes pas encore sortis), plus rien n’est comme avant nulle part. Les citoyens sont profondément déçus, désenchantés et désorientés. La démocratie elle-même, comme modèle, a perdu une grande part de son attrait et de sa crédibilité. Tous les systèmes politiques ont été secoués jusqu’aux racines. En Europe, par exemple, les séismes électoraux inédits se succèdent, depuis la victoire de l’extrême droite en Autriche jusqu’au Brexit anglais ou la récente défaite de la chancelière allemande Angela Merkel dans son Land de Mecklembourg-Poméranie.

 

Mais le bouleversement ne se limite pas à l’Europe, il suffit de voir l’écrasante victoire électorale, en mai dernier, de l’inclassable et tonitruant Rodrigo Duterte aux Philippines... Tous les grands partis traditionnels sont en crise. On assiste partout à l’ascension de forces de rupture, soit des partis d’extrême droite (en Autriche, pays nordiques, Allemagne, France), soit des partis populistes et anti-système (Italie, Espagne).

 

En 1980, la victoire inattendue de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis avait fait entrer le monde dans un cycle de quarante ans de néolibéralisme et de globalisation économique. Une éventuelle victoire de Donald Trump le 8 novembre prochain pourrait, cette fois, faire entrer le monde dans un cycle géopolitique nouveau dont la caractéristique idéologique principale, que l’on voit poindre un peu partout et notamment en France, serait : l’autoritarisme identitaire.

 

 

Pour Paul Ariès, la victoire de Trump, c’est la victoire du protofascisme sur la corruption des élites... démocrates et républicaines.

 

Seul Bernie Sanders aurait pu faire gagner l’Amérique des pauvres contre l’Amérique des riches !

 

A défaut d’un grand projet émancipateur les naufragés du système ne pouvaient que voter pour celui qui transpire la haine, les pauvres ne pouvaient que se tromper de colère. Ils ne pouvaient qu’ajouter la lèpre au choléra.

 

Marine Le Pen, comme Trump, ajouterait le choléra à la peste. Les candidats des deux droites, ceux des républicains et ceux de la fausse gauche socialiste, ne peuvent qu’enfanter la haine ! Défendre à la fois la justice sociale, écologique et politique c’est la meilleure arme contre Trump/Le Pen.

 

 

Pour le philosophe communiste Georges Gastaud, Trump ne fait que dévoyer dans un sens fascisant cette légitime aspiration des peuples au progrès, à la solidarité et à la sécurité intérieure et extérieure. D’une autre façon que le libre-échangisme cultivé jusqu’au bout par Obama et Clinton, le protectionnisme bourgeois proposé par Trump représente lui aussi à terme un grave danger pour la paix mondiale.

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 06:57

 

La journée du 8 novembre a vu l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Sur les médias que je suis (France Inter, France 2 et France 3), les journalistes n’ont pu cacher à la fois leur effroi, leur incompréhension de ce vote et leur mépris à la fois du candidat Trump mais aussi de son électorat – en tant que cet électorat était formé d’une bonne partie de “petits Blancs”, c’est-à-dire de gens (pas forcément “Blancs”, d’ailleurs) ayant peu fait d’études, travaillant dur, et ne rechignant pas à la peine – pour des salaires à peine décents – et qui, d’un point de vue “sociétal” (rapports hommes/femmes, sexualité, autorité, police, justice, traitement de la délinquance, modalités de l’enseignement, conception de l’art, etc.) sont plutôt traditionnels, si ce n’est traditionalistes. Cet électorat est aussi, pour une part, en France, celui du Front national.

 

Remarque 1. Contrairement à ce qu’on imagine, une partie de cet électorat ne hait pas les très riches (représentés, aux États-Unis, par Donald Trump ou Bill Gates, en France par Bernard Arnault ou Vincent Bolloré). Elle a plutôt, pour eux, un mélange de répulsion/fascination : elle les sent très loin d’elle, elle les voit redoutables, d’une autre espèce que la sienne, vaguement dédaigneux, mais elle les admire, elle les envie, elle voudrait avoir leur vie, enfin la partie de leur vie la plus spectaculaire : une maison de 30 pièces avec piscine, un yacht, des voitures de luxe, des repas dans des “Trois étoiles”, etc.

 

Remarque 2. En revanche, ce que déteste, ce que hait cette classe (et d’une haine viscérale, comme j’en témoignerai ci-après), c’est la classe moyenne instruite (incomparablement plus proche d’elle, financièrement, que cette dernière ne l’est des très riche), la classe des enseignants, des cadres de la fonction publique, des journalistes, des avocats, des journalistes et lecteurs de L’Obs, de Libération, de Télérama (et notamment des pages culture de ces magazines) et des journalistes et lecteurs du Monde diplomatique. En gros ce qu’on appelle les “intellos”.

 

J’avais eu un aperçu de cette animosité à l’issue d’une réunion sur les retraites, il y a une dizaine d’années, à la mairie de Saint-Cyr-sur-Loire, où avait été invité un conférencier qui plaidait, à l’époque, pour la “réforme” des retraites. A la fin de sa conférence, je lui avais dit tout le mal que je pensais de cette réforme en général et des fonds de pension en particulier. Et un spectateur m’avait, à la fin, interpellé en me disant : « Vous, les enseignants, vous critiquez toujours tout ! ». A quoi je lui avais rétorqué : « Je ne suis pas enseignant ! ». Passant alors d’emblée au tutoiement, il m’avait lancé : « Tu pues le prof... ».

 

Remarque 3. Cette hostilité à fleur de peau, cette antipathie est liée, parfois, à de mauvais souvenirs scolaires, à des humiliations, en classe, au moment du rendu des compositions, des interrogations orales, des rencontres parents-professeurs, des “orientations” (le problème de l’orientation ne se pose jamais pour les “bons” élèves...). Elle est liée, aussi à la condescendance, au mépris (d’autant plus douloureusement ressenti qu’il est enveloppé dans des bons sentiments) avec lequel les “intellectuels” parlent à cette catégorie sociale ou parlent d’elle.

 

- Elle est liée aussi à ce que le genre de vie, les valeurs, les loisirs, les distractions de cette classe intellectuelle ne font pas rêver les classes populaires. Celles-ci ne vibrent pas pour les dernières sculptures de Damien Hirst ou de Jeff Koons, et ont vaguement l’impression qu’on se moque d’elles lorsque des “intellos” se pâment à la lecture de Télérama. Elles veulent de la consommation de luxe, des suites dans des hôtels, des repas à La Tour d’Argent, de la vie à grandes guides. D’où la popularité, la fascination du Loto, qui promet des gains autrement fabuleux, autrement mirifiques que les trois francs six sous des augmentations collectives gagnées par les mouvements sociaux.

 

 

 

 

Tant que la gauche, sans rien renier de ses valeurs, de ses idéaux, ne saura pas parler aux gens dans la langue de leurs rêves, la droite aura encore de beaux jours devant elle...

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 06:38

Pour ceux ceux – de plus en plus rares heureusement – qui ne savent pas à quoi peuvent servir les TAFTA et autres CETA, nous sommes désormais en présence, après d’autres exemples, de cas de figure d’école où l’on voit de grandes entreprises attaquer en justice l’expression démocratique des peuples. Et sans y aller avec le dos de la cuiller.

 

Pour une raison qu’il devrait normalement être interdit de discuter, les édiles de Florence ont adopté une procédure d’octroi de licence pour protéger la ville contre un déferlement de petites entreprises centrées sur le tourisme. Alors que, contre une franchise de 30 000 euros pas mois, MacDonald’s aura la possibilité d'implanter un restaurant de 500 mètres carrés à deux pas de la basilique Saint-Pierre de Rome (en attendant un Hard Rock Café qui va s’installer dans les locaux d’une ancienne librairie spécialisée dans les ouvrages religieux !), Florence a décidé qu’elle ne mangerait pas de ce pain bénit et refuse l’installation d’un restaurant au pied du Duomo. Prise par le maire de centre-gauche en juin dernier, la décision a été confirmée par la commission pour la protection des sites. Ayant prévu deux millions de repas par an sous la coupole de Brunelleschi, le géant zunien n’a pas aimé cette expression démocratique. Le maire Dario Nardella a reconnu à MacDonald’s le droit de candidater (Florence compte déjà neuf MacDo), mais il a rappelé qu’il avait, pour sa part, le droit de refuser cette candidature.

 

 

 

 

 

 

Dans la Piazza (et non pizza) del Duomo se dressent des bâtiments qui ont plus de dix siècles d’existence. Le but des élus – soutenus par une pétition de 25 000 citoyens – est de préserver ce site ô combien historique et, accessoirement, de continuer à favoriser les restaurants locaux, toscans, contre la restauration rapide pour randonneurs.

 

Le géant zunien se dit victime d’une « discrimination » et d’une « réglementation mettant en péril la liberté d’entreprendre ». Le pôvre...

 

 

Source

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 06:35

Le site Mirador s’intéresse à la BNP et à la fuite de capitaux et le blanchiment d’argent en Argentine :

 

Jeudi 22 septembre, la justice argentine confirme la sortie illégale de 805,4 millions d’euros du pays entre 2001 et 2008, à travers des filiales que la banque française BNP Paribas possède dans des paradis fiscaux. Dix-neuf personnes sont dès lors mises en examen par la justice : cinq cadres français et quatorze membres de la filiale argentine. Ces derniers sont accusés d’avoir fait fonctionner un bureau clandestin destiné au blanchiment d’argent en réalisant des transferts financiers vers des paradis fiscaux ou des opérations de change illégales.

 

BNP Paribas s’est installée en Argentine durant les années de dictature militaire (entre 1976 et 1983). Déjà en 1995, la justice détecte les premières manœuvres concernant des fuites des capitaux. Mais, à l’époque, l’enquête n’aboutit pas. En 2007, alors qu’ils enquêtent sur une affaire de corruption, de falsification de médicaments et de détournement d’argent public, les enquêteurs tombent sur un document indiquant l’existence « d’un compte en dehors du système » chez BNP Paribas Genève. La personne de contact en Argentine est un employé d’un bureau de BNP Paribas de la City de Buenos Aires. Une perquisition est alors menée dans ce bureau qui fonctionnait depuis janvier 200, sans autorisation de la Banque Centrale de la République argentine. Le bureau était placé dans l’orbite de la branche banque privée de la BNP mais il ne figurait pas dans l’organigramme officiel communiqué par la banque à la BCRA. Ce qui laisse peu de doutes sur l’implication de BNP dans ces opérations frauduleuses. Selon le juge en charge de l’affaire « l’oubli de la BNP résulte d’une décision délibérée des autorités de la banque de soustraire les activités de ce bureau au contrôle de la BCR ».

 

 

Le site Mirador évoque par ailleurs les centaines de millions de travailleurs ignorés des multinationales :

 

Une étude réalisée pour le compte de la Confédération syndicale internationale, portant sur 50 multinationales étasuniennes, européennes et asiatiques, estime que celles-ci emploient pas moins de 116 millions de personnes dans le monde entier. Seulement 6% d’entre elles sont des salariés directs des entreprises concernées. Les 94% restantes sont reléguées dans la pénombre de leurs chaînes d’approvisionnement, parmi les fournisseurs et sous-traitants, souvent avec des salaires bien moindres et des conditions de travail au rabais.

 

 

Avec environ 160 000 employés en France et 381 000 au niveau mondial, Carrefour est déjà l’un des plus importants employeurs privés de la planète. Mais, en réalité, si l’on tient compte de la main d’œuvre des divers fournisseurs et sous-traitants du groupe, l’effectif de Carrefour devrait plutôt être évalué à 3,3 millions de personnes. Soit près de dix fois plus. La firme française est loin d’être seule dans ce cas, comme le souligne une étude réalisée par la Confédération syndicale internationale, intitulée “Scandale. Dans les chaînes d’approvisionnement globales de 50 entreprises mondiales”. 2,3 millions pour Apple contre seulement 98 000 officiellement, 5,7 millions pour Coca-Cola (contre 129 000), 4,1 millions pour Nestlé (officiellement 339 000), 2,5 millions pour Nike (officiellement seulement 48 000 !), ou encore 10 millions pour Walmart (contre tout de même 2,2 millions de salariés directs).

 

 

Dans Marianne, la députée Isabelle Attard se prononce contre le fichier liberticide mis en place en catimini par le gouvernement :

 

Il y a une inadéquation totale entre le moyen choisi et le but officiellement recherché. On nous dit qu'il s'agit de lutter contre les faux papiers. Mon avis est que le gouvernement souhaite disposer d'un tel fichier pour en savoir plus sur la population, au cas où... Le plus grave est que le contexte sécuritaire actuel, les attentats, l'état d'urgence, permettent au gouvernement de faire passer ce texte sans aucun débat, sans aucune délibération.

 

Avec ce genre de fichiers, des détournements ont toujours eu lieu. Aux Etats-Unis, le gouvernement s'est servi du Patriot Act pour surveiller la population, notamment des personnalités écologistes qui ne représentaient aucune menace terroriste. En France, François Hollande avoue, dans Un président ne devrait pas dire ça, s'être servi de l'état d'urgence pour mater des militants écologistes pendant la COP21. Donc comment avoir confiance avec ce fichier ? En cas d'attentat, le risque sera fort de recourir à ce fichier. Et quand les données auront fuité, il ne sera plus possible de revenir en arrière.

 

 

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 06:20

Après l'exécution d'Olympe de Gouges, le procureur de la Commune de Paris, Pierre Gaspard Chaumette, évoqua une « virago, l’impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son ménage, voulut politiquer et commit des crimes [...]. Et vous voudriez les imiter ? Vous sentirez que vous ne serez vraiment intéressantes et dignes d’estime que lorsque vous serez ce que la nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes soient respectées, c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »

 

Celle qui avait dénoncé les excès sanglants de la Révolution et la place indigne faite aux femmes par les révolutionnaires fut exécutée après un procès de dix minutes où elle parvint néanmoins à défendre magnifiquement sa cause sans l'aide d'un avocat qui lui avait été refusé. Par peur de perdre sa place, son fils, adjudant-général, la renia.

 

Deux ans auparavant, Olympe, croyant qu'elle trouverait auprès de la reine de France une oreille emphatique, adressa à Marie-Antoinette une lettre où elle réclamait l'égalité entre les hommes et les femmes. Cette lettre fut jointe à sa célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, rédigée, en le pastichant, sur le modèle de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

 

Olympe croyait, peut-être, en la solidarité spontanée, “de femme”, de la reine de France.

 

Madame,

 

 

 

Peu faite au langage que l’on tient aux Rois, je n’emploierai point l’adulation des Courtisans pour vous faire hommage de cette singulière production. Mon but, Madame, est de vous parler franchement ; je n’ai pas attendu pour m’exprimer ainsi, l’époque de la Liberté : je me suis montrée avec la même énergie dans un temps où l’aveuglement des Despotes punissait une si noble audace. Lorsque tout l’Empire vous accusait et vous rendait responsable de ses calamités, moi seule, dans un temps de trouble et d’orage, j’ai eu la force de prendre votre défense. Je n’ai jamais pu me persuader qu’une Princesse, élevée au sein des grandeurs, eût tous les vices de la bassesse.

 

Oui, Madame, lorsque j’ai vu le glaive levé sur vous, j’ai jeté mes observations entre ce glaive et la victime ; mais aujourd’hui que je vois qu’on observe de près la foule de mutins soudoyée, et qu’elle est retenue par la crainte des lois, je vous dirai, Madame, ce que je ne vous aurais pas dit alors. Si l’étranger porte le fer en France, vous n’êtes plus à mes yeux cette Reine faussement inculpée, cette Reine intéressante, mais une implacable ennemie des Français.

 

Ah ! Madame, songez que vous êtes mère et épouse ; employez tout votre crédit pour le retour des Princes. Ce crédit, si sagement appliqué, raffermit la couronne du père, la conserve au fils, et vous réconcilie l’amour des Français. Cette digne négociation est le vrai devoir d’une Reine. L’intrigue, la cabale, les projets sanguinaires précipiteraient votre chute, si l’on pouvait vous soupçonner capable de semblables desseins. Qu’un plus noble emploi, Madame, vous caractérise, excite votre ambition, et fixe vos regards. Il n’appartient qu’à celle que le hasard a élevée à une place éminente, de donner du poids à l’essor des Droits de la Femme, et d’en accélérer les succès. Si vous étiez moins instruite, Madame, je pourrais craindre que vos intérêts particuliers ne l’emportassent sur ceux de votre sexe.

 

 

 

 

 

Vous aimez la gloire ; songez, Madame, que les plus grands crimes s’immortalisent comme les plus grandes vertus ; mais quelle différence de célébrité dans les fastes de l’histoire ! l’une est sans cesse prise pour exemple, et l’autre est éternellement l’exécration du genre humain. On ne vous fera jamais un crime de travailler à la restauration des moeurs, à donner à votre sexe toute la consistance dont il est susceptible. Cet ouvrage n’est pas le travail d’un jour, malheureusement pour le nouveau régime. Cette révolution ne s’opérera que quand toutes les femmes seront pénétrées de leur déplorable sort, et des droits qu’elles ont perdus dans la société. Soutenez, Madame, une si belle cause ; défendez ce sexe malheureux, et vous aurez bientôt pour vous une moitié du royaume, et le tiers au moins de l’autre. Voilà, Madame, voilà par quels exploits vous devez vous signaler et employer votre crédit. Croyez-moi, Madame, notre vie est bien peu de chose, surtout pour une Reine, quand cette vie n’est pas embellie par l’amour des peuples, et par les charmes éternels de la bienfaisance. S’il est vrai que des Français arment contre leur patrie toutes les puissances, pourquoi ? pour de frivoles prérogatives, pour des chimères. Croyez, Madame, si j’en juge par ce que je sens, le parti monarchique se détruira de lui-même, qu’il abandonnera tous les tyrans, et tous les cœurs se rallieront autour de la patrie pour la défendre. 

 

Voilà, Madame, voilà quels sont mes principes. En vous parlant de ma patrie, je perds de vue le but de cette dédicace. C’est ainsi que tout bon citoyen sacrifie sa gloire, ses intérêts, quand il n’a pour objet que ceux de son pays.

 

Je suis avec le plus profond respect, Madame, Votre très-humble et très-obéissante servante, De Gouges.

 

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 05:49
Quand la ministre de l'Education nationale reçoit une leçon d'histoire, science qu'elle semble ne pas maîtrisée...Á Sarkozy et ses Gaulois, Najat Vallaud-Belkacem a récemment répondu ceci :
 
« La ministre de l'Éducation que je suis connaît parfaitement les premières phrases de ce livre, Le Tour de France par deux enfants, d'Ernest Lavisse, sous la IIIe République, qui commence par : « Autrefois, notre pays s'appelait la Gaule et les habitants les Gaulois ». 

Bien imprécis et faux, tout cela.

Cette phrase n'est pas la première du Tour de la France par deux enfants, livre qui n’est pas d'E. Lavisse, mais de G. Bruno, pseudonyme – inspiré du philosophe dominicain Giordano Bruno – d'Augustine Fouillée (née Augustine Tuillerie, décidément !). Publié en 1877, inspiré par la pédagogie de Jean Macé, ce “livre de lecture courante” sera vendu à des millions d'exemplaires, réédité 500 fois jusqu'en 1950. Il commence par une évocation de la guerre de 1870 : « Par un épais brouillard du mois de septembre, deux enfants, deux frères, sortaient de la ville de Phalsbourg en Lorraine. Ils venaient de franchir la haute porte fortifiée qu'on appelle Porte de France. » Deux frères fuient l'occupation allemande par la Porte de France de Phalsbourg, à l'ouest, et non évidemment par la Porte d'Allemagne, au sud-est.

Ce manuel ne fut pas seulement utilisé « sous la IIIème république » mais aussi sous la IVème, voire sous la Vème dans certaines écoles. Ce livre ne manque pas de qualités mais il est essentiellement moral et se permet certaines propositions qui aujourd'hui ne passeraient plus, comme celle qui veut que l'humanité serait divisée en quatre races, la blanche étant la plus parfaite. Lors de la séparation de l'Église et de l'État, toute référence à Dieu sera supprimée, cette autocensure choquant jusqu'à Jean Jaurès. La Saint Barthélémy, la Révolution française et la Commune étaient absentes d'un ouvrage sous-titré “Devoir et Patrie”.

Cela dit, dans ses manuels de Cours moyen et Cours moyen et Certificat d’Etudes, Ernest Lavisse parlait du pays mais pas du peuple : « Il y a deux mille ans la France s’appelait la Gaule. La Gaule était habitée par une centaine de petits peuples »

La ministre explicite sa pensée en ces termes : « Oui, il y a parmi nos ancêtres des Gaulois, mais aussi des Normands, des Celtes, des Burgondes… Les Niçois nous ont rejoints, les Corses, les Franc-Comtois, la Guadeloupe, la Martinique et puis après aussi des Arabes, des Italiens, des Espagnols…C’est ça la France. » 

Elle commet ce faisant quelques imprécisions. Les Gaulois étaient des Celtes, comme le rappelait Jules César dans son De Bello Galico, Commentaires sur la Guerre des Gaules. Les Franc-Comtois étaient des Gaulois (Séquanes passés sous domination romaine après la mort de Vercingétorix). Les Celtes peuplaient l'Europe du sud de l'Espagne à la Roumanie.

 

Á l'époque de ce même Vercingétorix, la Gaule comptait 10 millions d'habitants (4 millions d'habitants 2 000 ans plus tôt). Les invasions multiples et variées, comme la normande, ne concernèrent que quelques dizaines de milliers d'hommes. L'apport exogène, Germains, Normands, Sarrasins, compta pour moins de 5% de la population. Dans L'identité de la France, Fernand Braudel (pour qui la France était constituée de “France différentes cousues ensemble”) évaluait à 90% l'héritage génétique gallo-romain.

 

 

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 05:51

Décidément, nos amis alsaciens aiment la proximité de Dieu. En novembre 2014, j'avais publié un article sur l'enseignement de la finance islamique dans l'université publique de Strasbourg.

 

Un prêtre, enseignant, chercheur, fonctionnaire, va peut-être présider aux destinées de l'UNISTRA. Une question que certains se posent : un individu ayant prêté allégeance à l'Église peut-il présider une université de la République ?

 

Je propose à ce sujet la réflexion de l'association laïque EGALE.

 

L’Université de Strasbourg, est un fleuron du système d’enseignement supérieur et de recherche français, le cinquième établissement de notre pays, si l’on en croit le « Classement de Shanghai ». Or, il est envisagé l’élection au siège de président de l’UNISTRA, fonction loin d’être uniquement honorifique, d’un prêtre catholique.

 

Il n’est évidemment pas question ici de mettre en cause les capacités intellectuelles ni la moralité du candidat, Michel Deneken, spécialiste de christologie et d’ecclésiologie, ancien Doyen de la Faculté de théologie catholique. Il convient seulement de rappeler le statut de cette faculté et de ses membres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au centre : Michel Deneken

 

La Faculté de théologie catholique de Strasbourg est une création de l’Empire d’Allemagne à l’époque où celui-ci avait annexé l’Alsace. Le 5 décembre 1902, une Convention est signée, entre le Vatican et le Gouvernement impérial, une Convention en vue de l’érection d’une Faculté de théologie. Elle précise que :

 

- « la nomination des professeurs se fera après entente préalable avec l’évêque. Avant d’entrer en fonction, les professeurs auront à faire la profession de foi entre les mains du Doyen, selon les formes et règles de l’Église »

 

-  « Si la preuve est fournie par l’autorité ecclésiastique qu’un des professeurs doit être considéré comme incapable de continuer son professorat […] pour manque d’orthodoxie[…], le Gouvernement […] prendra les mesures propres à faire cesser la participation dudit professeur aux affaires confiées à la Faculté ».

 

Cette Convention fut confirmée après le retour de l’Alsace à la France, en 1923, et reste ainsi toujours en vigueur.

 

 « Je suis un fonctionnaire d’État » ne cesse de répéter Monsieur Deneken…actuel vice-président de l’UNISTRA et candidat à la présidence. Un fonctionnaire bien particulier, avec une double allégeance, à la France et au Vatican !

 

 On est en droit de s’inquiéter de la « liberté » d’un président qui a prêté allégeance à l’Église, comme on peut craindre pour la liberté des recherches acceptées par l’université si doivent être exclus par principe les thèmes non approuvés par l’Église. On peut aussi redouter de voir s’installer durablement la confusion entre science et spiritualité comme ce fut le cas, le 19 septembre dernier, lors d’un colloque scientifique organisé en présence …du Dalaï lama. Ce colloque était organisé par le même Michel Deneken qui brigue aujourd’hui la présidence de l’université.

 

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