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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 05:38

L’Humanité revient une fois encore sur la criminalisation des luttes sociales :

 

Détention provisoire, prison avec sursis et peines de prison ferme : les sentences prononcées contre les manifestants poursuivis pendant le mouvement contre la loi travail sont parfois lourdes et rendues de manière expéditive. Le résultat de la stratégie de tension du gouvernement.

 

« La régression que l’on vit n’est pas que sociale, elle se retrouve aussi au niveau de la justice. On a l’impression d’être revenu à une justice bourgeoise d’avant 68 », s’indigne Me Élise Brand, avocate au barreau de Caen. L’un de ses clients a écopé de trois mois de prison ferme et de 1 500 euros d’amende pour... outrage et organisation d’une manifestation non autorisée. Depuis le début de la mobilisation contre la loi travail en mars dernier, les procédures judiciaires contre les manifestants se sont multipliées partout en France, avec parfois à la clé des peines très lourdes. Si le ministère de la Justice ne fournit que ses données arrêtées début juillet, alors que de nombreux procès doivent encore se tenir, ces chiffres donnent une idée de l’ampleur de la répression.

 

Au 7 juillet, la chancellerie recensait 909 gardes à vue, 796 poursuites ayant donné lieu notamment à 158 peines prononcées et 180 classements sans suite. Preuves de la sévérité des jugements, 32 peines de prison ferme ont été prononcées, ainsi que 36 peines de prison avec sursis simple et 23 peines de prison avec sursis et mise à l’épreuve. À la CGT comme à SUD, on essaie d’établir ses propres statistiques. « On n’a jamais vu autant de camarades interpellés en manifestation, et cela donne lieu à plus de poursuites que pendant le mouvement contre la réforme des retraites en 2010 », estime Céline Verzeletti, membre de la direction confédérale de la CGT. Au-delà du nombre de procédures, les militants dénoncent également la lourdeur des peines. D’autant que, de l’aveu même du garde des Sceaux, « en prenant seulement les gardes à vue de Paris, 72 % d’entre eux n’avaient jamais été condamnés et étaient même complètement inconnus des différents services de la chancellerie ».

 

Toujours à propos de criminalisation, le Cégétiste Miguel Fortea s’exprime à propos d’une chemise déchirée vue 1 milliard 700 millions de fois sur internet : « De quelle violence parle-t-on ?" Il ne s'agit pas que d'une chemise arrachée, lui a fait remarquer un avocat des parties civiles. "Non, a enchaîné le délégué syndical, il y avait 2.900 emplois sur la table." » L’homme à la chemise, normalien et énarque, travaille maintenant chez Bolloré.

 

 

 

Orwell plus vivant que jamais. Le Monde nous apprend que pour améliorer la sécurité, les chauffeurs d’Uber devront prendre des selfies. La société étasunienne de transport urbain a expliqué que ses chauffeurs devront bientôt prendre des photos d’eux-mêmes afin de confirmer leur identité. Ces contrôles inopinés visent à empêcher que plusieurs personnes n’utilisent le même compte. Pour le moment, ils ne concerneront que les Etats-Unis mais ils seront aussi mis en place dans les autres pays où la plate-forme est présente.

 

« Nous voulons être certains que le chauffeur qui conduit est le chauffeur dont nous avons vérifié les antécédents judiciaires », justifie Joe Sullivan, le responsable de la sécurité de l’entreprise, interrogé par le Washington Post. Le dirigeant assure cependant que le phénomène est peu fréquent. Il concernerait essentiellement des proches. Mais utiliser le compte d’un autre peut aussi être un moyen de contourner les règles de sécurité, en permettant à une personne refusée ou exclue par Uber de transporter des passagers.

 

 

Selon Le Canard Enchaîné – et là il faut bien dire que la campagne électorale pour l’élection présidentielle est bien lancée et à un haut niveau, Macron a affublé Hollande du surnom de sociopathe, tant il est indifférent à ce qui l’entoure. Hollande aurait surnommé Macron “ Couac 40 ”.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 05:39

Á première vue, comme ça, avec sa coiffure savamment désordonnée et ses manières brut de décoffrage, on peut le prendre pour un ruffian. L’impression est trompeuse. Il vient de la grande bourgeoisie et descend du roi George II. Il a fréquenté les meilleures écoles (l’école européenne de Bruxelles, le collège d’Eton et l’université d’Oxford) et parle couramment quatre langues.

 

Lui qui a été chargé de négocier la sortie du Royaume Uni de l’UE – sortie qui, je prends tous les paris – n’aura pas lieu selon les espérances des Britanniques qui ont voté pour le Brexit – a travaillé pendant seize ans pour la Commission européenne et a été député européen.

 

Ses gaffes longuement mûries sont le plus souvent répugnantes : « Si vous votez Tory, votre femme aura de plus gros seins et vous augmenterez vos chances d'avoir une BMW », « les djihadistes sont des branleurs qui pratiquent la masturbation intensive ».

 

Malgré la forte antipathie que suscite en moi ce sire qui joue au bouffon, j’avoue avoir ri avec admiration devant son dernier limerick. Inventé par les Britanniques, le limerick est un poème de cinq vers rimés selon le schéma aabba. Il est entendu que les deux premiers vers ont trois accents, et riment entre eux, que les deux suivants ont deux accents, riment entre eux et que le dernier a trois accents, et rime avec les deux premiers.

 

Le limerick est généralement salace. On dit qu'il y a trois sortes de limericks : ceux que l'on peut dire aux dames ; ceux que l'on peut répéter aux curés ; et les vrais. Un des plus célèbres, qui rappelle un peu l’histoire du Petit Chaperon rouge, est celui de la jeune dame du Niger (en gras les syllabes accentuées) :

 

 

There was a young lady from Niger,

Who smiled as she rode on a tiger;

They came back from the ride

With the lady inside,

And the smile on the face of the tiger.

 

Il y avait une jeune dame du Niger

Qui souriait en chevauchant un tigre

Lorsqu'ils revinrent de la promenade

La dame était à l'intérieur

Et le sourire aux lèvres du tigre.

 

 

En mai dernier, Boris Johnson (dont l’un des arrière-grands-pères était turc) remporte un concours de limericks, et les 1 000 livres qui vont avec, à l’initiative du Spectator (dont il fut autrefois le rédacteur en chef). Ce en solidarité avec l’humoriste allemand Jan Böhmermann, poursuivi en Allemagne, par Angela Merkel à la demande d'Erdogan. Böhmermann avait suggéré que l’autocrate turc avait des penchants pédophiles et zoophiles. Pour défendre l’humoriste allemand, Johnson avait déclaré : « Si quelqu'un veut faire une blague sur l'amour qui fleurit entre le président turc et une chèvre, il devrait pouvoir le faire, dans n'importe quel pays européen, y compris en Turquie. C'est formidable qu'un leader politique britannique montre que la Grande-Bretagne ne va pas s'agenouiller devant le présumé califat à Ankara ». Et il en avait rajouté une couche en disant que les chèvres turques étaient agréables à regarder et qu’il appréciait la Turquie puisque sa machine à laver était turque. Il se lança alors dans ce limerick apparemment improvisé où il évoque un jeune « branleur » (wankerer, rime riche avec Ankara) qui s'envoie en l'air avec une chèvre. Sans imaginer que, quelques mois plus tard seulement, il rencontrerait Erdogan en tant que ministre des Affaires étrangères.

 

 

There was a young fellow from Ankara

Who was a terrific wankerer

Till he sowed his wild oats

With the help of a goat

But he didn’t even stop to thankera.

 

 

Il y avait un jeune type d’Ankara

Qui était un formidable branleur

Jusqu’à ce qu’il s’envoie en l’air

Avec une chèvre

Mais il ne s'arrêta même pas pour la remercier.

 

 

Désolé que ma pauvre traduction affaiblisse cette petite merveille.

 

Un limerick de Boris Johnson
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 05:31

 

On le sait, sur sa page d’accueil, Orange (privatisée) fait systématiquement dans le “people” sans intérêt, se hissant péniblement au niveau du France Dimanche et autre Ici Paris  d’il y a cinquante ans.

 

Tout récemment, Orange se proposait de nous révéler les véritables noms et prénoms de quelques “ stars ”. Parmi elles, la journaliste Léa Salamé. Hé oui, dans le monde merveilleux d’Orange privatisée, une journaliste peut être une “star”. Sur cette journaliste, Orange nous donne les informations capitales suivantes : « Née d'un père libanais et d'une mère arménienne, Léa salamé a choisi de changer non pas de nom de famille mais de prénom, très jeune, ce qu'elle expliquait à L'Hebdo Magazine, en 2015. “ En France, on prononçait Hala, Allah, et je subissais des méchancetés inouïes parce qu'on liait mon prénom à celui d'Allah. C'était hyper violent à mes oreilles. Alors, à 12 ans, je décide de changer de prénom ” »  (Léa Salamé lors de la conférence de presse de rentrée de Radio France à Paris, le 31 août 2016).

 

Orange laisse ensuite la parole à ceux qui s'empressent de réagir à ce petit texte. Et c’est là que tout part en vrille. A titre personnel, je n’éprouve pas – on s'en doute – une sympathie débordante pour cette personne plutôt brillante, qui est aussi une “fille de” et une femme de réseaux bien de droite. Je me retrouve assez bien dans cette réaction d’un usager de la page d’accueil : « Hargneuse, discourtoise, partisane, ego démesuré, ne laisse pas parler sans interrompre. Elle pose la question fait la réponse et agresse si la réponse ne lui convient pas ».

 

Le problème est que la plupart des autres commentaires ne sont pas du même tonneau, aucun intervenant n’ayant le courage de signer de son nom. Un “ Alves ” (qui pourrait être d’origine portugaise) réagit ainsi : « elle a honte de ses origines ? qu'elle S...... ». “ Reine ” lui emboite le pas en mettant sa propre faute sur le dos de Léa : « ce n'est pas en changeant de prénom que l'on cache d'où on vient. Elle est raciste ? ».

 

“ Briegtredo ” va plus loin : « Son prénom ? Était çe fatma ??? Lol. On s'en branle de çette meuf et de ses émissions à la con. Quelle nôus donne pas des leçons cette grosse conne », elle qui, selon p2m commence à « épaissir aux hanches et devrait faire attention à son régime libanais ».

 

Avec Calme [sic] 263, on entre dans le vrai vif du sujet : « Enfin on reconnait la famille qui a le meme sang la famille de Benguigui , LANG, Sarkosy Eli Cemoun Ben a ordures tous des batisés aux sécateurs. Les bras m en tombent !!!!!! ».

 

Même musique, en mezzo voce, chez Macgyver77 : « Tout en partageant bon nombres des avis précédents, ce qui est étonnant, toutes chaines confondues ce sont de plus en plus les origines des présentatrices ....Elles sont souvent halées au prénom Halal ....Il doit faire bon en France ou l'ORTF organisme de télé FRANCAISE les paierai moins cher ? ».

 

Loldujour fait dans la concision : « une bougne un point c'est tout ! ». Tout comme Toupourie : « On voit bien que c'est pas une Gauloise, pas besoin de la C.I ».

 

A1C5 a la fibre patriotique de Gringoire (je me demande si les gens d'Orange connaissent cette publication) : « qu'on la vire de tous ces médias corrompus, et que l'on expulse de notre beau pays qu'elle sali ».

 

Tout comme Orange, j’ai gardé les orthographes d’origine.

 

Honte, non pas à ces pauvres frustrés racistes, mais à ce service qu’on appelle encore public qui véhicule les pires immondices de la pensée ordinaire.

 

Quand Orange héberge le racisme
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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 05:37

 

Le Grand Soir reprend un article de Nobert Trenkle sur l’islamisme :

 

Il existe un point commun fondamental entre les fanatiques islamistes et leurs adversaires militants de Pegida et du Front National. Dans les deux cas, la force motrice est l’impulsion régressive d’évacuer la pression sociale produite par la crise à travers la discrimination d’un ennemi imaginaire. Face à cela, on s’égare complètement en en appelant à une compréhension « interculturelle » ou « interreligieuse » ; car on n’a pas affaire ici à un conflit entre différentes « cultures », mais à une polarisation agressive entre diverses identités collectives régressives au sein même du système capitaliste mondial, une confrontation qui devient elle-même un facteur de la crise globale, en ce sens qu’elle engendre une sorte d’état de guerre permanent. Il est également vain, dans cette situation, de mettre en avant les valeurs républicaines ou démocratiques de liberté et d’égalité. Ces valeurs ont perdu depuis longtemps leur force de rayonnement parce que l’exclusion sociale et raciste, la monétarisation de tous les domaines de la vie et les incessantes campagnes étatiques de contrôle, y compris dans les démocraties occidentales, les ont vidées de leur contenu.

Revue de presse (176)

Marianne nous informe qu’en ce 26 septembre 2016 s’ouvre le procès de Djemila Benhabib au palais de justice de Montréal, procès intenté par un établissement scolaire privé portant le nom d’Écoles musulmanes de Montréal. Ce procès est cruellement symbolique. D’un côté, des religieux qui encouragent au hijab dès le plus jeune âge dans un pays démocratique. De l’autre une femme libre, militante de l’égalité des sexes et de la laïcité, originaire d’un pays qui a été laminé par l’islamisme. Deux camps, deux visions de la femme, deux conceptions du monde. Beaucoup de féministes, universitaires engagées dans le débat intellectuel et politique, ayant accès à la parole publique, s’expriment très régulièrement dans les médias. Dans ce procès, leur mutisme n’en est que plus révélateur.

 

Cela fait des années que, sur ces thématiques corrélées les unes aux autres – du blasphème à la laïcité, de la liberté de conscience et d’expression à l’égalité des sexes – des féministes envoient des signaux particulièrement dangereux. Où étaient-elles ces derniers mois ? Au nom de l’inclusion et de l’ouverture inconditionnelle à l’Autre, elles défendaient le droit au burkini, caressant les militantes du voile et autres « féministes islamiques » dans le sens du poil. Elles défendaient, par exemple, le droit de la pakistanaise Zunera Ishaq à prêter le serment de citoyenneté canadienne le visage dissimulé conformément à la tradition pachtoune. Le paroxysme de l’incivilité.

 

 

Le site Action Consommateurs Travailleurs  pointe du doigt le manque dramatique de régulations mondiales :

 

Imaginez un policier au carrefour, dépourvu de l’autorité de sanctionner un automobiliste qui passe au feu rouge, n’offrant aucun recours aux piétons renversés et exigeant encore moins réparation auprès du contrevenant… Vous aurez alors un assez bon aperçu de la démission des Etats vis-à-vis du respect des droits de l’Homme par les entreprises qui chapeautent des filières d’approvisionnement internationales. Et on en vient à un jeu de dupe où les entreprises envoient la balle aux Etats nationaux qui à leur tour s’en débarrassent vers des organisations internationales dépourvues de pouvoir de contrainte. Reste alors la sanction du marché : aux entreprises de montrer patte blanche, aux consommateurs de choisir.

 

La mondialisation et la complexification des filières d’approvisionnement diluent le lien de responsabilité entre une enseigne et les travailleurs des usines de confection de vêtements.

 

Plongés dans une économie basée sur la concurrence, les Etats sont à la recherche permanente d’avantages comparatifs. Pour préserver les contrats et les investissements et attirer de nouvelles entreprises, ils sacrifient les normes sociales, environnementales ou fiscales. Ils créent des zones franches d’exportation, qui dans la grande majorité des cas sont synonymes de zones de non-droit défiscalisées. Ils sous-investissent dans l’inspection du travail, avec comme résultat des drames comme l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh. Ou encore, ils refusent d’augmenter le salaire minimum légal au niveau d’un salaire vital, laissant de la sorte les travailleuses et leurs familles vivre dans la pauvreté.

 

 

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 05:46

Guillaume Sayon, adjoint à la culture de la ville d'Avion (tout près d’Hénin-Beaumont) et membre de la direction départementale du PCF dans le Pas-de-Clais, s’interroge dans son blog sur le vrai changement :

 

Le changement réel et brutal auquel nous aspirons par millions, il est évident qu’il n’émanera pas de la farce républicaine [de l’élection présidentielle]. Il est impératif de travailler dur pour recréer de la solidarité à la base, entre nous, de nous former, d’acquérir des savoirs, de nous doter d’une puissante organisation étrangère à toutes ces manipulations malhonnêtes et surtout de lutter. Comme le font les salariés des usines liquidées, les étudiants dans leurs universités, les élus locaux contre les expulsions locatives et les fermetures de fluides … Tant que nous ne serons pas en capacité d’établir un véritable rapport de force avec ceux qui tirent les ficelles dans l’arrière-boutique, nous n’aurons que nos yeux pour pleurer. Ce qui divise notre société, ça n’est pas le dieu qu’on prie, la tenue vestimentaire que l’on porte, l’orientation sexuelle des uns et des autres ou la couleur de la peau ; ce qui nous divise et nous a toujours divisé, c’est de savoir si le matin je me lève pour échanger ma force de travail contre un salaire ou chercher à pouvoir le faire en cas d’inactivité professionnelle temporaire, ou bien si je me lève en étant propriétaire de l’usine, de la banque ou de ce complexe agro-alimentaire.

 

 

Sur les antennes de RTL, Jean-Pierre Chevènement analyse la situation à Alstom :

 

Il souhaite que l'État « monte au capital, ne se contente pas des droits de vote que Monsieur Bouyges lui a accordés pour une durée limitée. Je pense que Monsieur Bouygyes a 28% et il serait honnête de le désintéresser complètement, c'est-à-dire que l'État soit à 28% et aille un peu plus loin peut-être, parce que ce qui est en jeu c'est tout l'équilibre des accords passés avec General Electric. » Pour Jean-Pierre Chevènement, il est clair que les dirigeants d'Alstom ont cherché à prendre les pouvoirs publics par surprise. « Ça c'est inacceptable, et nous ne pouvons pas avoir confiance dans les dirigeants d'Alstom. On a nationalisé Renault pour moins que ça à la Libération. »

 

Jean-Pierre Chevènement réfute les justifications avancées par l'entreprise pour transférer son site de production. Comme il le rappelle, le site de Belfort est la plus vieille usine de locomotives de France, depuis plus de 140 ans et « tout le savoir-faire, les ouvriers, les techniciens, les ingénieurs, on ne va pas les déplacer comme ça. » Il pense plutôt que cette manœuvre est la suite logique d'un mouvement de revente à General Electric, lancé avec la revente de la branche énergie de l'entreprise. « Dans tout cela, il n'y a que félonie, traîtrise, coups tordus, mensonges... Il est temps qu'une volonté politique s'affirme. »

 

 

Dans le Grand Soir, Jérôme Duval montre à quel point la France est indulgente avec le Panama, délicieux paradis fiscal :

 

Sarkozy a obtenu la sortie du Panama de cette liste grise. Tout d’abord en signant le 30 juin 2011, une convention fiscale entre la France et le Panama « en vue d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion et la fraude fiscales en matière d’impôts sur le revenu ». Actant cette décision, le pays est naturellement sorti de la liste noire française des paradis fiscaux qui est mise à jour tous les ans au 1er janvier (Notons au passage, qu’en janvier 2014, Jersey et les Bermudes sortent de cette même liste noire, après avoir été inscrits pendant seulement six mois !).

 

Tout comme Noriega, qui reçut la Légion d’honneur des mains de François Mitterrand en 1987, le multimillionnaire et ancien président du Panama de 2009 à 2014, Ricardo Martinelli, a été décoré le 14 juillet 2013 par François Hollande qui l’a élevé au rang de Grand-Croix de la Légion d’honneur. Actuellement visé par une douzaine d’enquêtes pour détournement de fonds, crimes financiers, distribution de pots-de-vin et poursuivi pour avoir fait surveiller illégalement plus de 150 opposants en utilisant des fonds publics, Martinelli, en cavale, est visé par un mandat d’arrêt.

Revue de Presse (175)
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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 05:22

 

Francis Daspe est co-auteur avec Paul Vannier du livre « Manifeste pour l’école de la 6° République » (éditions du Croquant, août 2016). Il est également responsable de la Commission nationale Education du Parti de Gauche et Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée. 

La loi Travail El Khomri constitue un projet global qui infuse son esprit et ses effets dans tous les domaines de l’activité. C’est ainsi qu’une déclinaison est actuellement en préparation dans l’éducation nationale : le PPCR ou « parcours professionnels, carrières et rémunérations ».
CHAMUSSY/SIPA

 

Pour tenter de dissuader les convergences interprofessionnelles, les concepteurs de la loi Travail dite El Khomri n’ont eu de cesse de répéter qu’elle ne concernait que le secteur privé. Il est certes vrai que le service public en général, et l’éducation nationale en particulier, possèdent leurs propres dispositifs pour procéder à la casse de ce qui tient lieu de droit social et de code du travail : les statuts des personnels et les garanties collectives qui vont avec. La diversité des formes de précarité, de la part d’un Etat se comportant trop souvent en patron pas très regardant et si peu vertueux en la matière, en atteste aisément. Le décret du 20 août 2014 du ministre Benoît Hamon, alors bras armé de la bien-pensance libérale avant de devenir frondeur pour revenir dans le giron de la primaire socialiste, avait sérieusement écorné les statuts des enseignants.

 

La loi Travail El Khomri constitue un projet global qui infuse son esprit et ses effets dans tous les domaines de l’activité. C’est ainsi qu’une déclinaison est actuellement en préparation dans l’éducation nationale : le PPCR ou « parcours professionnels, carrières et rémunérations ». Les points communs avec la loi El Khomri sont si nombreux que la consanguinité ne fait pas l’ombre d’un doute. Protocole ne satisfaisant pas à la règle de l’accord majoritaire, le PPCR vise à amplifier la dérive d’une gestion managériale accentuée par la remise en cause des statuts nationaux.

 

Les dispositifs de la nouvelle évaluation des enseignants équivalent en effet à l’inversion de la hiérarchie des normes de la loi El Khomri. Les quatre rendez-vous de carrière et le bilan professionnel annuel ramènent au niveau de l’établissement les procédures d’évaluation dans la logique de l’autonomie (de l’entreprise/établissement…) et de la gestion managériale. Il y a par ailleurs plus que des ressemblances avec le décret Chatel qui modifiait l’évaluation des enseignants dans ce sens et qui avait été abrogé en 2012 après une forte mobilisation. Les enseignants seraient évalués sur la base d’une grille de « compétences professionnelles » floues. La seule cohérence de ce référentiel réside dans l’acceptation des réformes comme celle du collège : le but est bien de favoriser l’intériorisation de mesures pourtant contestées par la grande majorité des enseignants. C’est donc ouvrir la porte à l’arbitraire, aux antipodes de la liberté pédagogique. La maîtrise des ces compétences devrait être régulièrement revalidée. Alors que  pour les élèves les compétences du socle commun, dès lors qu’elles ont été validées une fois, sont considérées comme définitivement acquises…

 

Le PPCR sert aussi de levier à l’application de l’austérité en procédant à un véritable enfumage sur la revalorisation salariale promise par le gouvernement après de longues années de gel du point d’indice et de fonte du pouvoir d’achat. La revalorisation indiciaire, déjà indigente, est par ailleurs cosmétique. Elle s’effectue en réalité sur le mode d’un autofinancement par les personnels eux-mêmes. Les gains annoncés seront compensés par l’allongement du déroulement des carrières qui acte la réforme des retraites conduisant à un départ plus tardif, le contingentement de plus en plus rigoriste des promotions aux échelons et  la création d’une classe exceptionnelle réservée à une infime minorité qui aura donné des gages d’une implication docile. Au même moment, le recrutement de contractuels,  moins onéreux mais davantage taillables et corvéables à merci en raison de l’absence de statut protecteur contre les pressions managériales,  est favorisé après que l’assèchement de l’attractivité du métier ait été méthodiquement planifié.

Derrière le PPCR, c’est l’imposition à la hussarde du new public management qui apparaît en filigrane. Les implications sur l’exercice au quotidien du métier sont considérables : c’est rien moins que l’identité enseignante qui est bousculée et menacée, la liberté pédagogique menacée, tout ceci au nom de l’imposition de la pédagogie officielle de la prétendue refondation. La loi El Khomri est bien une pièce majeure du dispositif de casse du pacte social et républicain. Sa transposition à l’école par le PPCR constitue une étape supplémentaire dans la (re)conquête de l’hégémonie culturelle contre le salariat dans son ensemble : le primat de l’individualisation sur les garanties collectives doit devenir la norme et rentrer dans les consciences.

 

C’est une raison de plus pour être en grève interprofessionnelle jeudi 15 septembre contre la loi El Khomri, et plus particulièrement pour le monde de l’éducation après la mobilisation en demi-teinte de la semaine précédente contre la réforme du collège.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 05:06

Sylvie Braibant vient de publier un très bon article sur TV5 Monde. Extraits :

 

Le 4 septembre 2016, mère Teresa devient sainte. Les hommages et les images pieuses pleuvent sur cette icône albanaise devenue indienne. Mais les critiques se font aussi entendre pour évoquer celle dont les méthodes managériales étaient rudes et les idées ultra-conservatrices, bien peu émancipatrices pour les femmes.

 

Mère Teresa, sainte, pour l'éternité des éternités. Une sanctification achevée au terme d'une canonisation hagiographique dont le Vatican a le secret. "Si jamais je deviens une sainte, ce sera sûrement une des ténèbres. Je serais en permanence absente du paradis, afin d'aller allumer une torche pour ceux plongés dans les ténèbres sur terre", écrivait en 1959 celle qui avait en tout cas le don de voir l'ascension de son destin et de sa popularité.

 

Le paradis et les ténèbres

 

D'un côté de la balance, une empathie extrême pour les plus démunis de cette “sainte des caniveaux” ; une stakhanoviste de la charité, nom qu'elle donna à sa congrégation de missionnaires aux saris blanc bordés de bleu, aujourd'hui au nombre de 5 000 réparties dans 132 pays ; l'édification de maisons pour les lépreux, les mères célibataires, les malades mentaux ou encore ceux du sida. Ce qui lui vaut un prix Nobel de la Paix en 1979 et une canonisation express en 2003, à peine cinq ans après son décès.

 

Sur l'autre plateau de la balance, un penchant certain pour la mortification, une exaltation de la religion sans jamais s'attaquer aux racines de la pauvreté, un refus de s'inscrire dans le social, un rejet viscéral de la contraception et de l'avortement – même en cas de viol, le mépris du divorce, des liaisons parfois dangereuses avec des donateurs ou des chefs d'Etat.

 

Des positions qui se faisaient entendre dans ses mots. Dans son discours de récipiendaire à Oslo en 1979, elle lance d'abord ceci : « Je suis sûre que cette récompense va conduire à un amour compréhensif entre les riches et les pauvres ».  Ou encore : « Nous ne sommes pas là pour faire du travail social ! »

 

Puis cela : « L'avortement est la plus grande force de destruction de la paix aujourd'hui, par le meurtre d'innocents enfants, un meurtre commis directement par la mère elle-même. Que signifie de s'entretuer ainsi ? Même si les mères oublient leurs enfants tués, moi je n'oublierai pas ces millions d'enfants non nés parce que tués. Et personne ne parle d'eux. Pour moi, les pays qui légalisent l'avortement sont de pauvres nations ».

 

Pas question donc de remettre en question l'ordre social ou moral. Il y avait même chez elle, une certaine complaisance à la contemplation de la misère du monde : « Il y a quelque chose de très beau à voir les pauvres accepter leur sort, à le subir comme la passion du Christ. Le monde gagne beaucoup à leur souffrance ».

 

Contre le droit à l'avortement et contre l'autonomisation des femmes

 

Dans une charge polémique (datant de 2003 et republiée par le site Slate en décembre 2015), le journaliste Christopher Hitchens (aujourd'hui décédé) tente de détruire l'icône et sa sanctification, et va jusqu'à dénoncer une imposture de l'Eglise catholique en général et de Jean-Paul II en particulier dans l'édification de cette sainte.

 

« Mère Teresa n'était pas une amie des pauvres. Elle était une amie de la pauvreté. Elle disait que la souffrance était un cadeau de Dieu. Elle passera sa vie à combattre le seul traitement connu contre la misère – l'autonomisation des femmes et leur émancipation d'une existence de bêtes de somme à la reproduction obligatoirement compulsive. Et elle était une amie des pires des riches, qui profita des biens mal acquis de l'atroce famille Duvalier en Haïti ou des largesses du banquier Charles Keating, du scandale éponyme. Où sont allés tout cet argent, toutes ces donations ? A sa mort, son hospice de Calcutta était aussi délabré que de son vivant – malade, elle préférera se faire soigner dans des cliniques privées californiennes – et son ordre refusera toujours l'audit.

 

L'envers du décor vu de Calcutta

 

Aroup Chatterjee, médecin originaire de Calcutta et établi au Royaume Uni, a publié au printemps 2016 un livre à charge contre la future sainte : Mother Teresa, The Untold Story (Mère Teresa, l'histoire non dite). Interrogé par New Asian Writing, il explique pourquoi, lui, médecin, il s'est lancé dans cette aventure qui lui a valu pas mal de coups : « Quand je suis arrivé à Londres, je me suis rendu compte que Calcutta était devenue synonyme de Teresa et plus inquiétant encore, que tout le monde était convaincu que  Calcutta était infestée par la lèpre et d'autres maladies contagieuses et que seule Teresa nous secourait : qu'elle nous nourrissait, qu'elle nous habillait, qu'elle nous envoyait à l'école, et même qu'elle s'occupait de notre crémation quand nous mourrions. Alors qu'à Calcutta même, où j'ai grandi, presque personne ne la connaissait. Mon livre est une enquête et une analyse autour de sa vie de ses idéaux. Pour ma part je pense qu'empêcher des femmes violées d'avorter est fautif ; que les inciter à ne pas recourir à la contraception est fautif ; qu'utiliser des seringues usagées sur des pauvres est fautif ; que vendre des enfants abandonnés à des couples catholiques est fautif. Je dispose de preuves sur la vente d'un enfant par Mère Teresa à des Belges après falsification de son dossier. Et elle affirme elle-même avoir converti 29 000 personnes. Ce ne sont pas des suppositions mais des faits. »

 

Miracle or not miracle ?

 

Le processus même de sa béatification fut mis en cause. Le futur saint doit avoir obtenu deux miracles, l'un pour la béatification, l'autre pour la canonisation, signes de sa proximité avec Dieu. Dans le cas de Mère Teresa, il y aurait eu la guérison en 1998 d'une Indienne qui souffrait d'un cancer, puis celle en 2008 d'un Brésilien atteint de tumeurs au cerveau. Même si pour les membres de sa congrégation, elle était déjà sainte depuis le jour de sa mort le 5 septembre 1997.

 

Des faits fortement contestés par ses détracteurs  : "Un an après sa mort en 1997, une jeune Bangladaise atteinte d’un cancer, Monica Besra, se rend dans un centre des Missionnaires de la charité, l’organisation fondée par Mère Teresa. Elle raconte à Libération qu’elle a « immédiatement été frappée par un rayon de lumière qui émanait du portrait de Mère Teresa ». Elle se couche quelques heures plus tard, une médaille bénite par la « sœur des pauvres » apposée sur son ventre, et se réveille… guérie : “Mère Teresa était revenue pour me soigner” ».

 

C’est ce témoignage, retenu par le Vatican, qui a permis à la religieuse d’être béatifiée. Un témoignage douteux, contesté par les médecins de la jeune Bangladaise, comme le gynécologue Ranjan Mustafi : « J’ai examiné Monica Besra en mai 1998 à l’hôpital de Balurghat et j’ai diagnostiqué une méningite tuberculeuse. Elle a ensuite suivi un traitement antituberculeux pendant neuf mois, d’où sa guérison. C’était un problème médical qui a été soigné par la science, rien de plus. »

 

Mais le 4 septembre 2016, ces broutilles qui font tâche seront définitivement effacées par le pape François, comme elles l'ont été par les hagiographies filmiques (elle fut même incarnée par Geraldine Chaplin dans Mother Terese - In the name of God's poor de Kevin Connor), les innombrables reportages ou documentaires évoquant l'action et la vie de Mère Teresa.

 

 

PS : À propos de mère Teresa, voici ce qu’en disait Anal Edamaruku, Secrétaire Général de l’ Association Rationaliste Indiene et président de Rationalist International :

« On considère l’Inde, et spécialement Calcutta, comme le principal bénéficiaire des célèbres “bonnes oeuvres” de Mère Teresa envers les pauvres, et qui ont fait d’elle la catholique la plus fameuse de notre temps, un Prix Nobel de la Paix, et une sainte vivante. Mais quand j’examine ce qu’elle a fait ici, je pense que l’Inde n’a aucune raison de lui être reconnaissante » a déclaré Sanal Edamaruku, Secrétaire Général de l’Association Rationaliste Indienne et Président de Rationalist International, dans une intervention faite à l’occasion de la béatification de Mère Teresa aujourd’hui. Et il poursuit :

« Mère Teresa a fait une mauvaise réputation à Calcutta, donnant de la métropole indienne, belle, attachante, vivante, et culturellement riche, l’image même de la saleté, de la misère, du désespoir et de la mort. Présentée comme un immense cloaque, elle est devenue la toile de fond de son oeuvre de charité très spéciale. Son ordre n’est que l’une parmi quelque 200 organisations caritatives qui s’efforcent d’aider les habitants des bas-fonds de Calcutta à construire un avenir meilleur. Sur le terrain, il n’est ni très visible, ni très actif. Mais d’énormes campagnes, comme celle qui fut faite autour de cette histoire sans aucun fondement de son école pour 5000 enfants des bas-quartiers, ont donné à ses institutions une énorme publicité internationale. Et suscité des dons énormes !

Mère Teresa a récolté des millions et des millions de dollars (certains disent des milliards) au nom des indiens pauvres - et bien plus encore au nom des pauvres des autres "égouts" partout dans le monde. Où est allé tout cet argent ? Il n’est certainement pas utilisé pour améliorer le sort de ceux à qui il était destiné. Les religieuses vont leur distribuer quelques bols de soupe, et donner un refuge et des soins à quelques malades et souffrants. Et pourtant l’ordre le plus riche au monde n’est pas vraiment généreux, car il vise à leur apprendre le charme de la pauvreté : “La souffrance des pauvres est quelque chose de très beau, et la noblesse de cet exemple de misère et de souffrance est une grande leçon pour le monde” a dit Mère Teresa. Devons-nous être reconnaissants pour un tel sermon, venant d’une milliardaire excentrique ? 


La belle histoire de ses Maisons pour les mourants a tiré des larmes au monde entier. La réalité, pourtant, est scandaleuse : dans ces petites maisons primitives et surpeuplées, de nombreux malades doivent partager leur lit avec d’autres. Sans souci de l’hygiène, alors que nombreux sont ceux qui sont atteints de tuberculose, du SIDA ou autre maladie hautement infectieuse. Les patients sont soignés avec de belles paroles et des médicaments insuffisants - voire périmés, administrés avec de vieilles aiguilles, lavées à l’eau tiède.

On peut y entendre les cris de ceux à qui l’on extirpe des vers de leurs plaies ouvertes sans anesthésie. Par principe, on n’administre pas de calmants puissants, même dans les cas graves, car selon la curieuse philosophie de Mère Teresa, “C’est le plus beau cadeau pour un être que de pouvoir participer à la souffrance du Christ”.

Un jour elle a tenté de réconforter un malade qui hurlait de douleur en lui disant : “Vous souffrez, cela veut dire que Jésus vous embrasse !” L’homme devint furieux et répondit en hurlant : "Alors dites à votre Jésus qu’il arrête de m’embrasser !” Devons-nous éprouver de la reconnaissance parce que nous sommes les victimes de cette charité d’un genre très spécial ? Pouvons-nous tolérer que des gens ignorants et sans défense soient utilisés comme figurants dans le drame religieux, inhumain et cruel, de la souffrance du Christ ?

Quand Mère Teresa a reçu le Prix Nobel de la Paix, elle a profité de l’occasion que lui offrait son discours prononcé à Oslo et diffusé par les télévisions du monde entier pour déclarer que l’avortement était le mal le plus grand au monde, et elle a lancé un appel enflammé contre la régulation des naissances. Elle a reconnu que son oeuvre de charité n’était qu’une partie du grand combat contre l’avortement et le contrôle des naissances. Cette position fondamentaliste est une gifle envers l’Inde et les autres pays du Tiers Monde, pour lesquels le contrôle des naissances est l’un des leviers les plus importants du développement et des transformations sociales. Devons-nous être reconnaissants à Mère Teresa de mener son offensive de propagande contre nous avec l’argent qu’elle a collecté en notre nom ?

Mère Teresa n’a pas servi les pauvres de Calcutta, elle a servi les riches d’Occident. Elle les a aidés à surmonter leur mauvaise conscience en obtenant d’eux des milliards de dollars. Certains de ses donateurs ont été des dictateurs et des criminels, qui ont ainsi tenté de se blanchir. Ce n’est pas pour rien que Mère Teresa les a encensés. Mais la plupart de ceux qui l’ont soutenue, pourtant, étaient des gens honnêtes ; ils l’ont fait de bon coeur et avec de bonnes intentions, mais ils ont succombé à l’illusion que la "madone des bas-fonds" allait sécher toutes les larmes, mettre fin à la misère, et faire cesser toutes les injustices dans le monde. Ceux qui tombent amoureux d’une illusion refusent le plus souvent de voir la réalité en face

 

 

Sainte (?) Mère Teresa
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13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 05:33

Au palmarès du politiquement correct, l'UFR anthropologie, sociologie et science politique vient de battre tous les records en décidant que le masculin ne serait plus le genre de référence.

 

Cette (cet ?) UFR est dirigée (dirigé ?) par un directrice : le (la ?) professeur (professeuse ?) des universités (universitées ?) David Garibay.

 

Pendant que ces éminences font mumuse, l'université lyonnaise impose depuis des années à ses personnels des conditions de travail uniques dans notre pays, au niveau des obligations d'enseignement en particulier, les universitaires de Lyon 2 acceptant de travailler en gros un tiers de plus que leurs collègues de France. Mais David, qui, sur la photo, a une bonne tête d'homme viril, est directrice. L'honneur est sauf (sauve ?).

 

Notez également qu'Anne Joëlle Bottemer, responsable des services administratifs et financiers (là où se situe désormais le pouvoir dans les universités depuis Pécresse/Fioraso) est “ cheffe ”. “ Chef ” vient du latin “caput” (capute ?). Son féminin est “chef” (chez les infirmières, les gardiennes de prison en particulier). Depuis 1916, le français connaît “cheftaine” (chez les scouts),  qui vient de l'anglais “chieftain” (chef de clan), qui vient lui-même du vieux français “chevetaine”, féminin de “chevetain”.

 

Si les technocrates qui nous gouvernent savaient que nos langues sont nées avant eux et que leur richesse est incommensurable et inépuisable ...

Un directrice : la révolution à l'université Lyon 2
Un directrice : la révolution à l'université Lyon 2
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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 05:29

 

 

Pendant qu’on amuse la galerie avec le burkini et que le Burkina Faso est toujours dans la misère, les choses sérieuses continuent. Le ministre Le Foll pleurniche qu’il ne peut rien imposer aux capitalistes de l’industrie laitière tandis que le gouvernement irlandais s’excuse de devoir réclamer 13 milliards d’euros volés par Apple aux peuples d’Europe. Comme le dit dans son blog Robert Charvin, les Etats sont “ dévastés ”, impuissants depuis que le monde a été entièrement privatisé :

 

« Un constat fait consensus : la privatisation du monde anéantit la capacité normative des États. Les gouvernements et plus encore les parlements sont mis sous tutelle. Les élections sont le plus souvent vidées de leur sens. Les institutions publiques perdent leur pouvoir régulateur. Les frontières n’ont de signification que pour les pauvres de la planète : l’économie de marché est transnationale.

 

L’État s’est désarmé face au chômage ; il ne maîtrise plus les politiques de croissance ; il perd ses ressources fiscales et ne peut plus assurer la survie des systèmes de protection sociale. Ces pertes le délégitiment aux yeux du plus grand nombre : « elles ne sont compensées par aucun équivalent fonctionnel », souligne Habermas.

 

L’État n’est plus en mesure de maintenir une « communauté de volontés impures », selon la formule de Kant : les instincts et les perversions individuels, destructeurs de la société, ne sont plus contrecarrés par l’éthique de l’intérêt général et d’une quelconque solidarité sociale.

 

Aux yeux des citoyens, la valeur de l’État s’approche de zéro. Ils ont peur de l’insécurité sociale et des violences ponctuelles, telles que les attentats terroristes ; ils ne sont plus libres. Seuls les marchés financiers « surfent » sur un système socio-politique frappé d’anémie et en voie de démantèlement. »

 

 

En 2011, L’Obs dressait le portrait d’Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis :

 

Lactalis avance, comme un bulldozer, à la conquête de la planète lait. Sans s'encombrer d'interdits. Le social n'a jamais fait partie des priorités du groupe. En 1982, Michel Besnier avait envoyé un commando d'anciens paras pour récupérer ses camemberts contre une poignée de grévistes CGT, qui occupaient l'usine d'Isigny pour réclamer les 39 heures ! En 2011, contraint par le ministère de l'Agriculture à mettre en place des contrats commerciaux, son fils Emmanuel a soumis à ses quelque 20.000 fournisseurs de lait (20% de la collecte en France) un projet qu'ils jugent léonin. Même le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire s'est indigné que ces projets de contrat portent atteinte au droit syndical!

 

 

 

 

 

A l’occasion du décès de Marc Riboud, le même Obs raconte l’histoire de la photo “La fille à la fleur”. Il donne la parole à l’héroïne, Jan Rose Kasmir : « Aucun d'entre eux n'a croisé mon regard. J'étais comme face à un mur. Mais le photographe m'a dit plus tard qu'ils tremblaient.  Je pense qu'ils étaient effrayés à l'idée de recevoir l'ordre de nous tirer dessus. (...) Si vous regardez mon visage, je suis extrêmement triste : je venais de me rendre compte combien ces garçons étaient jeunes. »

 

De longues années s'écoulent avant que Jan Rose Kasmir prenne connaissance de la photo prise par Marc Riboud. C'est son père qui,  ô surprise, découvre l'image de sa fille dans un magazine de photo acheté en Écosse, au beau milieu des années 1980. La “Jeune fille à la fleur” fera par la suite l'objet de sollicitations médiatiques, relate-t-elle au Guardian , disant pleurer au moment de découvrir pour la première fois le cliché dans une exposition (« Cela m'a ramené à la tristesse que je ressentais à cet instant »).

 

L'icône n'a jamais cessé de s'engager contre la guerre. En 2004, elle retrouve Marc Riboud en 2004 lors d'une manifestation à Londres contre l'invasion américaine de l'Irak. Des retrouvailles immortalisées par le photographe, qui saisit alors le visage de la quinquagénaire brandissant son propre portrait daté de 1967.

 

 

Après la démission d’Emmanuel Macron, Marianne.fr nous offre un florilège de ses prises de parole choc :

 

Ça n’existe pas d’interdire le licenciement.

Le libéralisme est une valeur de la gauche.

Je n’aime pas ce terme de modèle social.

Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre.

Vous n'allez pas me faire peur avec votre t-shirt. La meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler.

Les Britanniques ont eu la chance d'avoir eu Margaret Thatcher.

Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants.

 

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 05:33

J’exagère : peut-être pas dans toutes les piscines, mais en tout cas dans la plus belle, la plus prestigieuse, le Centre Nautique Tony Bertrand.

 

Il y a trois ans, j’avais déjà remarqué que la capitale des Gaules, dans ses publications officielles, s’exprimait dans un charabia qui mélangeait du mauvais français à du pseudo anglais.

 

Est-ce parce que le maire de la ville est désormais atteint de macronite aigüe, Lyon s’exprime désormais uniquement en anglais. En témoigne cette affiche apposée à l’entrée du Centre Nautique Tony Bertrand.

Dans les piscines de Lyon, on informe exclusivement en anglais

Cette affiche n’a pas de version française : elle a été rédigée directement en anglais. Lorsque je l’ai découverte, par une superbe fin d’après-midi ensoleillée, il y a avait environ 200 clients dans la piscine, et pas un seul anglophone.

 

Puis-je faire observer que jamais un vrai anglophone n’aurait écrit « swimsuit the only authorized » ?

 

I slap you my ticket que Gérard Collomb doit être très content de ce sommet dans la communication.

 

 

PS : En 1968, sortait un film très intéressant de John Perry avec Burt Lancaster, The Swimmer. Le film sortit en français sous le titre Le Plongeon. Il vient d'être programmé à la télévision. Annoncé par Télérama sous son titre zunien, bien sûr.

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