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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 14:58

RP2.jpgChris HEDGES nous propose d’occuper Wall Street (Truthdig)

 

 

Il n’y a plus d’excuses. Soit vous vous élevez contre le pillage opéré par la classe criminelle de Wall Street et contre la destruction de l’écosystème qui permet l’existence de la race humaine, soit vous devenez un complice passif d’un crime inouï. Soit vous goûtez à la liberté et à la révolte et vous vous laissez séduire par leurs parfums, soit vous sombrez dans le désespoir et l’apathie. Soit vous êtes un rebelle, soit vous êtes un esclave.

Être considéré comme innocent dans un pays où le droit ne signifie plus rien, où les entreprises privées ont pris le pouvoir par un coup d’État, où les pauvres et les travailleurs des deux sexes sont réduits au chômage et n’ont pas assez à manger, où la guerre, la spéculation financière et la surveillance intérieure sont les seules occupations de l’État, où il n’y a plus d’habeas corpus, où vous, en tant que citoyen, n’êtes rien de plus qu’un outil aux mains des puissances du privé, un outil qu’on utilise puis jette, c’est se montrer complice de ce méfait épouvantable.

 

Cécile Rousseau (L’humanité) dénonce l’Injustice salariale au Crédit mutuel

 

Depuis une semaine, une partie des 6400 employés du groupe bancaire sont en grève, à l’appel de l’intersyndicale. Ils protestent contre les augmentations substantielles uniquement attribuées aux cadres supérieurs.

Ces cadres avaient reçu une augmentation de salaire de 30% entre 2009 et 2010. La banque, qui défend son image mutualiste avec une certaine éthique, change son fusil d’épaule. D’après Paul Rica, délégué CGT, «  la banque a créé une société anonyme extérieure dans laquelle elle détache des cadres de la direction, on les soupçonne de vouloir cacher leur rémunération, sans passer par une publication légale  ».

 

Par Thierry Brun - 7 octobre 2011 (Politis)

Les fonds de pension se sont bien relevés

En 2010, l’encours des 300 plus grands fonds de pension mondiaux avait augmenté de près de 11%, atteignant la somme de 12500 milliards. Les États-Unis restent le pays où l’encours des fonds de pension est le plus important, représentant environ 34 % du marché. Le Japon, avec 18 % de parts du marché, atteste la poussée de la région Asie Pacifique. Les Pays-Bas comptent pour 6 % de parts de marché, le Royaume-Uni et le Canada pour 5 % chacun. Un fonds de pension japonais (Government Pension Investment, ça doit être du japonais, ça) est en tête avec 1432 milliards de dollars d’actifs en 2010. Vient ensuite la Norvège avec son Government Pension Fund-Global (ça doit être du norvégien, ça ; 550 milliards d’actifs) puis les Pays-Bas avec ABP, un fonds de pension pour les fonctionnaires et les enseignants (318 milliards d’actifs).

 

Alan Woods, La Riposte, propose un article intéressant sur Beethoven à l’écoute (si je puis dire) des idées révolutionnaires : « Beethoven fut l’ami et le contemporain de la Révolution française, et lui demeura fidèle même à l’époque de la dictature jacobine, lorsque des humanistes aux nerfs fragiles, du type de Schiller, lui tournaient le dos et préféraient détruire des tyrans sur des scènes de théâtres, au moyen d’épées en carton. Beethoven, ce génie plébéien, méprisait fièrement les empereurs, les princes et autres magnats – et c’est le Beethoven que nous aimons pour son optimisme inébranlable, sa tristesse virile, le pathos inspiré de sa lutte et cette volonté d’acier qui lui permettait de saisir le destin à la gorge. » Igor Stravinsky.

Son attitude à l’égard des princes et des nobles qui le payaient a été saisie dans un tableau célèbre. On y voit le compositeur, sur une promenade, aux côtés du poète Goethe, de l’Archiduchesse et de l’Empereur. Mais alors que Goethe ôte son chapeau et s’écarte respectueusement sur le passage du couple royal, Beethoven l’ignore complètement et poursuit son chemin. Suffoquant dans l’atmosphère bourgeoise de Vienne, il écrivit ce commentaire désespéré : « Tant que les Autrichiens auront leur bière brune et leurs petites saucisses, ils ne se révolteront jamais ». (Beethoven se trompait. Vingt ans après sa mort, la jeunesse et la classe ouvrière viennoises se sont soulevées, lors de la révolution de 1848.)

L’univers musical de Beethoven ne flatte pas l’oreille. On ne le siffle pas en tapotant du pied. C’est une musique accidentée, une explosion et une révolution musicale qui traduit l’esprit de l’époque. Il n’y a pas seulement la variété, mais également le conflit. Beethoven utilise fréquemment la direction sforzando – qui signifie « forcer ». C’est une musique violente, pleine de mouvements, de soubresauts et de contradictions.

 

A la semana próxima

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 14:56

http://nawaat.org/portail/wp-content/uploads/2011/05/repression.jpgHier, au journal de 13 h de France 2, il était question de la  prochaine libération du soldat Gilad Shalit, ce qui m'inspire les  réflexions suivantes :

 

1. Ce soldat est présenté comme franco-israélien, ce qu'il est, certes,  du point de vue de la nationalité, mais ce qu'il n'est pas du point de  vue militaire. Car, que je sache, il n'existe pas de service militaire  "franco-israélien". Le service militaire (qui n'existe plus en France)  n'est accompli que dans un seul pays, en France ou dans l'Etat d'Israël.  Ce que fait un soldat dans un pays ne regarde pas l'autre ! En tout cas,  il ne le regarde pas d'un point de vue positif mais seulement négatif,  si ce soldat commet des crimes de guerre donnant lieu à des poursuites  internationales.

 

2. En dépit du battage qui a été fait sur cette affaire depuis cinq ans,  on a peine à distinguer en quoi cet enlèvement a suscité de l'émotion.  En tant que soldat, Gilad Shalit aurait fort bien pu être tué, blessé ou  estropié, ce qui aurait été bien pire. Le paradoxe aurait été,  d'ailleurs, qu'on n'en aurait parlé que sous forme d'un entrefilet (qui  n'aurait jamais été renouvelé).

 

3. A la fin du reportage, Elise Lucet, la journaliste a eu un mot pour  les autres Français retenus prisonniers un peu partout dans le monde.  Mais elle n'a pas eu un seul mot pour Salah Hamouri, jeune homme retenu  depuis des années, /sans aucune preuve/ [je souligne], dans les geôles  israéliennes, qui a à peu près l'âge de Gilad Shalit, mais qui a le  tort, lui, d'être Franco-Palestinien...

 

Autre  nouvelle, traitée en fin de journal : l'arrêté municipal du maire  UMP de Nogent-sur-Marne, qui interdit, sous peine d'amende, le "glanage"  en fin de marché (le glanage est le ramassage des fruits et légumes  laissés au rebut par les commerçants. La même amende est prévue pour  ceux qui fouillent dans les poubelles à la recherche d'aliments jetés  (et qui, parfois, n'ont pas même été consommés). La justification du  maire - lors d'une interview - était une justification de "salubrité  publique" ! Comme si les intéressés avaient le choix...

 

Y a-t-il un rapport entre ces deux informations, apparemment éloignées  l'une de l'autre ?

 

Je vois le rapport dans le personnage (et le gouvernement) au pouvoir  depuis 2007.

 

- Pour l'affaire Gilad Shalit, il faut souligner l'engagement  pro-israélien (qui prolonge et complète son engagement pro-américain) de  Nicolas Sarkozy, engagement qui s'est traduit par le refus du président  de la République de recevoir la mère (française) de Salah Hamouri, alors  qu'il a reçu à plusieurs reprises les parents de Gilad Shalit. La  différence de traitement des médias entre Gilad Shalit et Salah Hamouri  est donc aussi, pour une part, le reflet de la différence d'engagement  du président de la République.

 

- L'arrêté anti-glanage du maire UMP de Nogent-sur-Marne est aussi un  reflet de la préférence ouverte (et cyniquement affichée) du président  de la République envers les riches (et même les très riches) et de son  mépris, de son aversion corrélative envers les pauvres. Cette attitude a  tout naturellement été déclinée, à tous les niveaux de la société (les  niveaux inférieurs imitant le niveau supérieur) : c'est le licenciement  d'un employé de supermarché qui s'était servi de melons dans une  poubelle du magasin, c'est l'éviction de la cantine scolaire, par le  maire de droite de Thonon-les-Bains, des enfants de chômeurs, c'est la  taxation des indemnités d'accidents du travail, c'est la suppression de  la demi-part supplémentaire (sur la déclaration de revenus) aux parents  ayant élevés seuls en enfant, etc.

 

Philippe Arnaud, retraité.

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 05:54

http://villeneuvmodels.asso-web.com/uploaded/classement%2009/classement.pngPourquoi les universités françaises font-elles si pâle figure dans les classements internationaux, celui de l’université de Shanghai (le plus célèbre), en particulier ? Pas seulement parce que les établissements sont en voie de tiers-mondisation du fait des restrictions budgétaires depuis vingt ans : chaque année, les universitaires doivent faire plus à moyens constants. Pas uniquement du fait de la LRU qui, en mettant les universités en compétition les unes par rapport aux autres, obligent les personnels à concentrer leur énergie sur des activités débilitantes qui les détournent de la recherche et d’un enseignement de qualité ? La raison principale est peut-être que ces classements favorisent – et donc finissent par imposer – le modèle anglo-étatsunien d’enseignement supérieur.

Disons tout de suite que les présidents d’université, au sein de la CPU, leur groupe de pression, ne remettent nullement en cause ces classements pour la bonne raison qu’ils partagent l’idéologie qu’ils sous-tendent : concurrence libre et non faussée, universités au service des intérêts du patronat. Cela dit, un nombre croissant de présidents s’émeuvent, non pas des classements, mais de l’utilisation qu’en font les médias et les politiques. Pour ceux-ci, en effet, l’obligation de figurer en bonne place dans les hit-parades est devenue une fin en soi : pour le grand public, tout classement est “ lisible ”, simple (simpliste) et permet une articulation rapide et évidente sur n’importe quelle réforme débouchant … sur un meilleur classement. De la tautologie à l’état pur.

Mais parce que, comme l’exprime si bien la Conférence des présidents d’universités, « le grand public accepte facilement ces classements parce qu’ils proposent des informations simples, prêtes à consommer », cette logique va plomber l’université française pendant un bon moment. Au nom d’une prétendue “ transparence ”.

Pourquoi ces classements sont-ils biaisés ? Au premier chef parce que, pour ce qui est de la recherche, ils favorisent les universités anglophones dans la mesure où les travaux publiés dans d’autres langues que l’anglo-étatsunien sont moins cités, et surtout moins publiés. De très nombreux chercheurs du monde entier proposent d’abord leurs articles (en langue “ anglaise ”) à des universités étatsuniennes ou britanniques avant de se rabattre sur des supports nationaux en cas d’échec. À noter que les critères bibliométriques utilisés pour évaluer la recherche privilégient les travaux en sciences “ dures ” aux dépens de ceux effectués en sciences humaines. On n’omettra pas de mentionner les stratégies de petite cuisine utilisées par les chercheurs aux fins de publication et de citation : au lieu d’écrire un article de fond, il vaut mieux produire un article polémique – qui suscite d’autres articles polémiques écrits par des copains ou des coquins, ce qui crée de la citation et de l’autocitation à tout va. Cette effervescence sans intérêt scientifique affole les ordinateurs de Shanghai. Enfin, parce que les classements mondiaux privilégient largement la recherche par rapport à l’enseignement. C’est pourquoi, par exemple, les efforts considérables mis en œuvre par les universités françaises pour former les étudiants aux nombreux concours de recrutement ne sont quasiment pas pris en compte par les classements internationaux. 

Lorsque les responsables d’une université découvrent leur classement annuel, il leur est difficile, surtout si celui-ci est en baisse (« dégradé », comme on dit dans les agences de notation), de ne pas se concentrer sur ce qui risque de payer à court terme, parfois au détriment de ce qui fait la raison d’être de l’université républicaine de service public.

Depuis quelques années, la Commission européenne (qui veut à tout prix classer), tente d’élaborer, par le biais du projet U-Multirank, un classement qui prendrait en compte d’autres critères que ceux dont raffolent les médias. Ce sera très compliqué car aucun indicateur ne peut respecter, prendre en compte, la diversité de tous les établissements.

La Conférence des présidents d’université comprend en son sein un « Comité Qualité, Évaluation et Rankings (sic, le mot ranking ne signifie rien d’autre que classement mais il est tellement plus inoffensif !) ». Tant que l’université française s’en tiendra à cette logique imposée à la fin des années 1980 par Jospin, Allègre et lang dans le but, prétendument neutre, d’« évaluer les compétences » pour, toujours prétendument, combattre l’élitisme des humanités, l’accent sera mis sur les compétences et non sur les savoirs. Dans une optique blairienne bien connue. Il s’ensuivra un bouleversement méthodologique radical : selon l’excellent raccourci d’Angélique del Rey, les enseignants, les chercheurs et les étudiants devront être évalués pour mieux apprendre, et non apprendre pour être évalués (link)

 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 13:38

... À l'Université de T...

 

Un directeur d'UFR concocte actuellement un "règlement" qui  imposera aux enseignants-chercheurs 5 demi-journées de présence obligatoire par semaine à  l'université, sinon retrait de salaire.

Selon de mauvaises langues, ce LRUiste aurait publié deux articles en dix ans. De quoi se poser en modèle, donc.

 

Question : sauras-tu deviner de quelle université il s'agit ?

 

 

 

Tours.jpg

 


 


 


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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 14:45

RevuedepresseDans Le Sarkophage n° 26, Aurélie Trouvé (d’ATTAC) demande qui doit payer les dettes. « Le capitalisme financier utilise les dettes publiques comme épouvantail. L’Union européenne, le G20, le FMI organisent un vaste processus de démolition des acquis sociaux. Tel un jeu de dominos, les populations européennes tombent une à une sous le joug des plans d’austérité. »

 

Selon Caroline Michel (Le Nouvel Observateur), “La privatisation du rail a déjà commencé : Dans "F. G. V., faillite à grande vitesse", en catimini, l' État est en train de confier au privé la gestion de nos voies ferrées, sur le modèle des autoroutes. La privatisation est arrivée par là où on ne l’attendait pas : les voies. Pour financer les 2.000kilomètres de lignes promises par le Grenelle de l’environnement, l’État, qui n’a plus un sou en caisse, doit faire appel à des capitaux privés. Tous les projets qui démarreront après 2016 ont été confiés à des concessionnaires. On y retrouve les mêmes acteurs que dans les autoroutes : Vinci, Eiffage et peut-être, demain, Bouygues. Les investissements sont partagés entre public et privé, mais seules les entreprises touchent les bénéfices.

 

Dans La Riposte, Jean Estivill (du Parti de gauche) estime qu’“ Encadrer les loyers, c’est possible ”.

« Qu’en est-il des loyers ? J’ai sous les yeux une feuille de paie d’une toute jeune sténodactylo en 1953. Elle gagne 30000 francs anciens par mois, son loyer est de… 1500 anciens francs pour un appartement de 40 m2 à Ivry-sur-Seine ! Une secrétaire ne doit consacrer pour se loger que le vingtième de sa paie, 5 % contre 40 % actuellement.

La Riposte revient sur le cynisme de l’appel des seize milliardaires :

« L’appel des seize » est avant tout l’expression du cynisme de ses signataires et de leurs amis dans les médias. Ils écrivent : « Cette contribution n’est pas une solution en soi : elle doit s’inscrire dans un effort plus global de réforme, tant sur les dépenses que sur les recettes. » Voilà une des clés de cette affaire. L’« effort global de réforme » comprend le saccage des retraites et de la sécurité sociale, la destruction progressive de l’Education nationale et de l’ensemble des services publics, la réduction massive du nombre de fonctionnaires, la pression constante sur les salaires et les conditions de travail. Les 200 millions offerts à titre « exceptionnel » représentent une minuscule ristourne sur les dizaines de milliards que la politique du gouvernement rapporte à ces parasites.


 

 

29% des Français renoncent à se soigner faute d'argent, nous dit Clotilde Cadu, dans Marianne.

 

D’après le dernier Baromètre Cercle Santé – Europ Assistance, 29% des Français ont renoncé à un soin au cours des derniers mois. En 2010, ils étaient 23% à avouer renoncer à se faire soigner faute d’argent. Et en 2009, ils n’étaient pas plus de 11%... Et ce ne sont plus seulement les soins dentaires et optiques, faiblement remboursés, sur lesquels ils font l’impasse : en 2011, 22% des renoncements aux soins se font sur le dentaire et l’optique et 12% sur les soins courants.

 

Entre les franchises médicales, les dépassements d’honoraires et le coût des mutuelles, les Français qui tirent la langue dès le 5 du mois finissent par rogner sur leur budget santé, devenu un poste de dépense annexe. 


 

Un petit tour du côté du Herald Tribune (que savait si bien vendre Jean seberg dans A bout de souffle) :

225 000 dollars, c’est le prix d’un bien immobilier à Manhattan. Si peu ? La même somme, à Paris, donne droit à un placard et un bidet. Et bien, à Manhattan, ça donne une place de parking. Pas un parking, avec box et rideau de fer. Non. Deux lignes jaunes dans un sous-sol.

Car dans le même numéro de l’International Herald Tribune, on lit un article, sur les malheurs des athlètes. On s’en fiche ? Les forcenés* qui ne vivent que pour la gagne peuvent mourir ? Certes. Lisons quand même : un athlète en mouvement peut inhaler 10 à 20 fois plus d’air qu’un mollasson. Ce qui signifie qu’un athlète inhale 10 à 20 plus d’éléments polluants qu’un mollasson.

Or l’université de Brisbane en Australie a démontré que les athlètes pouvaient souffrir de lésions aux poumons similaires à celles dont souffrent les mollassons vivant dans des zones notoirement polluées. D’où la recommandation aux joggeurs et cyclistes de ne surtout pas suivre de près des camions et des voitures diesel. Car les particules fines émises par ces amis de l’environnement sont si fines qu’elles passent allègrement la barrière des poils du nez et se logent dans le nid douillet des poumons. Là, les plus petites se faufilent entre diverses barrières et pénètrent dans la circulation sanguine.

Bah ! Si vous êtes athlète et très riche, il vous suffira d’acheter une forêt pour votre jogging du matin.

 

*J'aime beaucoup ce mot qui vient de fors et sen, et qui signifie donc "qui est hors de sens", autrement dit : dingue.

 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 15:00

http://media.paperblog.fr/i/178/1785781/peut-moraliser-capitalisme-breves-notes-criti-L-1.jpegMediapart vient de publier cette très bonne analyse de Jean Fabbri, ancien secrétaire-générale du SNESUP :

 

Universités: une politique alternative est vitale

 

Jean Fabbri, ancien secrétaire général du Syndicat national de l'enseignement supérieur (2005-2009), mathématicien, dresse le bilan –mauvais– de la loi LRU, votée en 2007. Il expose ici cinq propositions «pour un changement».

 

«Effacer Mai 68», tel fut le leitmotiv de Jacques Attali, Alain Finkielkraut et Luc Ferry, inspirateurs du candidat Nicolas Sarkozy dès 2005 (1) et des lignes de force de la loi Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) votée en août 2007, en même temps que le paquet fiscal (loi Tepa). Il y a bien en effet une spécificité française à des évolutions mondiales qui concernent l'enseignement supérieur et la recherche.

Pour ceux qui sont arrivés au pouvoir en 2007, les enjeux idéologiques se mêlaient étroitement aux affichages économiques, dessinant une vision utilitaire des savoirs comme de la culture. Recherche et enseignement supérieur ont donc été sommés de se conformer davantage encore à une exigence de rentabilité rapide, tant côté des découvertes, qui ne deviennent profits que lorsqu'elles passent en innovations, que du côté de la formation, censée ne viser qu'à une insertion professionnelle rapide. Pour comprendre ce qui se produit en France dans l'ensemble de l'enseignement supérieur, il faut élargir la focale hors du monde académique et hors de nos frontières.

 

 Les mondes universitaires sous l'angle international

 

Chaque phase d'émancipation politique ou de bond économique s'est accompagnée d'un élan universitaire: édification des universités en Afrique de l'Ouest lors des indépendances des années 60, formidable accroissement des activités scientifiques en Chine dans les quinze dernières années, accès élargi aux savoirs dans tous les pays du Maghreb dont la jeunesse étonne par sa détermination.

 

Moins connus que les palmarès et classements universitaires mondiaux, le plus souvent d'initiative privée, qui se sont multipliés ces dernières années, un aperçu politique de l'enseignement supérieur mondial apparaît dans les travaux coordonnés par des institutions internationales. Ceux-ci explicitent d'intéressants principes (2) et donnent de bonnes nouvelles, telles l'augmentation de la part d'une génération poursuivant des études supérieures: monde entier de 19 à 25%, Europe de l'ouest et USA de 63 à 71%, Europe centrale et orientale de 41 à 62%, Asie orientale et Pacifique de 15 à 25% (entre 1998 et 2007). Les formations privées –et payantes– qui étendent leur place partout (Afrique, Amérique latine, pays d'Europe de l'Est...) avec des contenus allégés tempèrent certes cet optimisme. La question universitaire croise donc tous les aspects de la mondialisation. Celle de la science avec laquelle elle est liée n'est pas contestable, c'est le quotidien de l'activité des chercheurs connectés (via Internet en particulier) à leur communauté au cœur des disciplines, indifférents aux frontières nationales. Mais la logique libérale de la mondialisation –«économie d'échelle», concentration de capitaux (qui porte ici le nom de masse critique de chercheurs)– est-elle vraiment la plus pertinente dans le domaine de la formation comme de la recherche (4)?

En Europe, en matière de formations supérieures, le processus de Bologne des années 90, désormais intégré aux orientations de l'Union européenne, est encore présenté comme une logique d'harmonisation des diplômes. Pourtant, partout les traditions nationales prévalent et s'est juste superposée une logique administrative simplifiée pour les étudiants bénéficiaires d'échanges internationaux dans un paysage contrasté : l'Allemagne ouvrant largement ses frontières aux étudiants d'Europe de l'Est, en France le durcissement des critères de visa étant un frein. Mais c'est côté enseignants-chercheurs que le constat européen est le plus homogène: précarité des débuts de carrières.

 

Le prétendu modèle des «universités d'excellence» propagé par les classements internationaux, le battage médiatique autour de ces hiérarchies qui drainent des financements importants et des flux d'étudiants perturbent les pays émergents (5) et dans une moindre mesure des pays d'Europe de l'Est. Ces procédés classant contestés ont des effets aussi délétères en France où, pour se hisser dans le classement, des regroupements à marche forcée du type Aix-Marseille université, Bordeaux université... s'opèrent sous les yeux, en juillet 2011, à la demande du ministère (6) d'une délégation d'«experts de Shanghai» (7).

 

En France

 

Quand le gouvernement met en œuvre successivement une loi (2007), un «plan campus» (2008), puis les «initiatives d'excellence» (Idex, 2010) concentrant sur quelques sites universitaires des financements annoncés comme conséquents (même si le dispositif Partenariat Public Privé, au lieu d'être un financement réel, est une rente pour les groupes du BTP), on croit discerner un volontarisme au service d'une ambition collective, mais se lit en creux le sacrifice de toutes les universités qui n'en bénéficient pas (8). Le campus de Saclay est emblématique de cette démarche. L'opération, décidée à l'Elysée, qui vise à déplacer et à regrouper en banlieue parisienne un ensemble de laboratoires publics et privés et de formations et écoles, s'inscrit dans l'aménagement du Grand Paris et la relance du BTP. Au niveau des régions –et c'est nouveau–, les préfets apportent leur concours zélé aux recteurs pour contraindre les universités aux concentrations et fusions rapides.

 

L'absence de régulation scientifique dans ces dispositifs technocratiques (9) et discrétionnaires fait peser le plus lourd des dangers: le conformisme scientifique. L'éventail des thématiques de recherche s'est réduit depuis que les laboratoires passent leur temps à concourir pour des financements des régions, de l'Agence nationale de la recherche, des projets européens. La loi LRU conduit à fabriquer une pseudo identité pour chaque université, d'une couleur scientifique réputée la faire briller au détriment des autres: à côté, ce choix de créneaux scientifiques produit des pôles thématiques flous, dans lesquels tout ce qui reste de la recherche est réputé entrer ou bien est sacrifié, et l'équilibre recherche collective/individuelle (cette dimension étant importante en sciences humaines et sociales) est rompu.

 

Les implantations d'équipements scientifiques, celles de campus universitaires, avaient contribué jusqu'ici tant à la mobilisation sur de très larges champs thématiques d'une communauté de chercheurs qui s'agrandissait qu'à des avancées de démocratisation puis de massification de l'enseignement supérieur dans une forme d'équité géographique. Changement de cap en 2006: sous l'acronyme PRES (Pôle de recherche et d'enseignement supérieur), une loi (10) a engagé un processus conditionnant le soutien budgétaire de l'Etat et le maintien des structures de recherche et de formations les plus élevées (masters, thèses) à la constitution de regroupements dans lesquels les régions se sont trouvées impliquées bien au-delà des compétences dévolues par les lois de décentralisation et d'une réelle capacité d'expertise. L'opération Idex est venue accélérer une recomposition dont le rythme était jugé trop lent par les intérêts économiques qui fixent aujourd'hui les priorités de l'action publique (voir la RGPP). La logique d'hyperconcentration des financements sur un petit nombre de thématiques scientifiques et de sites universitaires qui ressort au début de l'été 2011 dessine ainsi un paysage bouleversé: 5 grands campus au mieux, une dizaine de sites secondaires… et une très large partie du pays où l'Etat n'apporte plus qu'un soutien limité. Ainsi, dans le même mouvement où le pouvoir politique a mis en avant le terme d'autonomie dans l'argumentaire de la loi LRU, sa pratique relève d'un pilotage de plus en plus direct, cassant le  rôle régulateur de l'Etat. Qui va financer la recherche fondamentale et les disciplines sans valorisation technologique? L'élaboration d'une politique alternative est vitale

 

Les missions de formation

 

La durée et le coût des études, mis en regard du moment d'entrée dans la vie active et du salaire, tendent à faire oublier tous les autres enjeux de la formation des nouvelles générations. La multiplication imposée des stages (voire de l'apprentissage), dans des conditions où ceux-ci sont trop peu intégrés et cohérents avec les cursus, aggrave la vision utilitariste. La primauté accordée aux «compétences» sur les savoirs, dans la réécriture à l'été 2011 des arrêtés organisant les trois premières années universitaires (le cycle licence), est une régression inédite. S'ajoute à celle-ci le refus de donner un cadre strict à la répartition des formes d'enseignement (cours/TD/TP) lorsqu'on sait que les effectifs réduits favorisent les échanges et les questionnements. Quant au lien structurel entre recherche et enseignement, qui est la singularité de l'enseignement universitaire, il tend à être gommé au sein de parcours étudiants de plus en plus individualisés et atomisés. Cette fragilisation de la cohérence des cursus a des effets sur certaines disciplines (philosophie, allemand, italien…) dont l'existence est menacée dans nombre d'universités, comme sur la dimension égalitaire du traitement sur le territoire national de l'ensemble des étudiants. Cela altère la valeur nationale des diplômes.

 

Direction des universités: une conception féodale?

 

La loi LRU a marqué un coup d'arrêt d'une évolution actée par les lois Faure (post-68) et Savary (post-81) dans la démocratisation universitaire. Elle réactive des pratiques mandarinales vivaces, sclérosant tant les champs scientifiques que la vie collective. Les thèmes idéologiques de l'efficacité, du volontarisme managérial –à l'image de la figure «présidentielle» tant rebattue (bien au-delà des partis de droite)– ont préparé le terrain. Certes, les présidents sont élus par les conseils d'administration (CA), mais ceux-ci sont des chambres d'enregistrement (11), une fois l'élection du président effectuée, tant les déséquilibres (en particulier en faveur du patronat) sont considérables, loin d'«ouvrir l'enseignement supérieur sur le monde réel» (11). Même si des représentants des collectivités locales siègent dans les CA, tout se joue ailleurs et sans débat. Les exécutifs régionaux (Centre, Paca, Languedoc…) imposent leurs vues: modalités, rythme et contours des fusions et des priorités scientifiques. On aurait pu croire que les élus des collectivités territoriales, pour l'essentiel issus du PS, expriment au sein des universités des positions globales et locales cohérentes avec le vote d'opposition des parlementaires de toute la gauche (PC-PS-Verts) sur la loi LRU. Il n'en a rien été: questionnés par nos soins, les responsables au PS des questions universitaires ont reconnu n'avoir jamais été  en capacité de rendre cohérentes (13) et solidaires des personnels les prises de position sur ces enjeux.

 

Avec le transfert de la masse salariale et de la gestion des personnels par l'adoption des Responsabilités et compétences élargies (RCE), les dirigeants des établissements d'enseignement supérieur ont acquis un statut patronal, voire plus: un président, Jean-Claude Colliard, le dit sans mystère: «Ici à Paris 1, les personnels n'étaient pas très favorables à la loi LRU. Elle existe, il faut vivre avec, et nous avons adopté une charte destinée à prémunir l'université des dérives possibles que contiennent cette loi, notamment concernant le pouvoir féodal du président.» (4). Dans le contexte actuel, ce pouvoir se calque sur le modèle dominant: augmentation considérable des emplois non statutaires (+30% en 3 ans), logique de salaire dit «au mérite» et de primes, extrêmement discriminatoires, qui sert avant tout à asseoir le pouvoir local. Par-delà les tempéraments individuels, la figure de président d'université se mue en président-manager. Comme ailleurs, un dirigisme tatillon appuyé sur des «indicateurs» abscons (15) nourrit au sein des universités une envahissante technostructure interne ou externalisée vers des sociétés d'audit, de conseils et de service (16).

 

Pour un changement

 

Quelques balises devraient guider ceux qui souhaitent, en rupture avec la situation actuelle, œuvrer pour un enseignement supérieur français apportant sa contribution aux évolutions démocratiques de la société dans un cadre international ouvert.

 

1) Différence assumée avec l'enseignement secondaire

 

C'est une des clefs pour motiver les nouveaux étudiants dans une transition progressive qui s'appuie sur leurs acquis et stimule leur curiosité. Le lien recherche-formation ne doit-il pas être affirmé comme une spécificité incontournable du post-bac? L'enjeu n'est pas mince: recrutement d'enseignants-chercheurs, refus de  sélection pour l'accès au master, il interroge aussi les modalités construites en marge du monde académique: université de tous les savoirs, comme universités populaires, brassage des générations… C'est sous l'angle de cette différence que la convergence des filières «prépas-Ecoles» et universitaires prend sens.

2) Indépendance de l'expertise

 

La question vient en force après les drames des industries du médicament, ceux liés aux OGM, au nucléaire comme les impasses économiques et financières largement imprévues par le monde académique. Il est bien de la responsabilité de l'Etat d'assurer l'existence de pharmaciens, médecins, chimistes, spécialistes de la physique nucléaire et des matériaux… indépendants des industries et lobbies économiques qui parasitent ces secteurs. La clef est le financement d'une recherche scientifique publique puissante et d'enseignements lucides sur les enjeux sociaux, environnementaux et éthiques que porte seul le service public.

 

3) Reconnaissance sociale et culturelle

 

Les qualifications et les diplômes universitaires nationaux du service public doivent peser dans l'accès à l'emploi, dans les salaires comme sur la nature du travail et déborder aussi sur la vie sociale et culturelle.

4) Coopération et émulation

 

Ces deux principes de l'élaboration des savoirs doivent prévaloir dans l'organisation du supérieur et la répartition équitable des moyens qui implique le soutien au pluralisme scientifique, aux régions excentrées et aux étudiants. La collégialité fondée sur l'élection de conseils représentatifs pluralistes ouverts sur l'ensemble de la société est la clef tant de la direction des universités que de leur régulation nationale et internationale.

 

5) Nouvelles technologies maîtrisées

 

Si l'Internet a rendu possibles (et nombreuses!) des formations entièrement «à distance», en France comme à l'étranger, dans lesquelles Etats comme étudiants y voient avantages (pour les uns les coûts réduits en locaux et personnels, pour les autres une temporalité choisie), il faut limiter ces dévoiements et mettre ces moyens technologiques au service de la vitalité et de la richesse des échanges humains collectifs.

 

(1) Article de N. Sarkozy sur la recherche et les universités dans le journal Le Monde en date du  21 septembre 2005.
(2) 2009 World Conference on Higher Education, 5 - 8 July 2009 Paris : Higher Education as a public good is the responsibility of all stakeholders, especially governments. Faced with the complexity of current and future global challenges, higher education has the social responsibility to advance our understanding of multifaceted issues, which involve social, economic, scientific and cultural dimensions and our ability to respond to them. 
(3) Voir le triplement des frais d'inscription en Grande-Bretagne décidé pour la rentrée 2011.
(4) Pour la recherche c'est vrai pour de gros équipements, télescopes, accélérateurs de particules, réalisés en coopération.


(5)Souligné par nombre de représentants  lors du sommet de l'UNESCO de 2009.
(6) Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche.
(7) Le classement dit de Shanghai est le plus connu des palmarès universitaires depuis 2003.


(8) Dans le jargon du MESR, « qui n'ont pas été sélectionné après les appels d'offres ».


(9) Le jury des Idex mis en place par Valérie Pécresse et son successeur Laurent Wauquiez en est une caricature.
(10) Loi appelée « pacte recherche » qui prétend s'inspirer des Etats Généraux organisés par la communauté scientifique dans un cadre de lutte à Grenoble en octobre 2005.
(11) Une large prime majoritaire (analogue au scrutin municipal) marginalise les listes minoritaires d'enseignants. 
(12) Argument de Valérie Pécresse lors de la discussion parlementaire en juillet 2007.
(13) Absence de cohérence qui ne tient pas qu'à des problèmes d'organisation entre la périphérie et les instances nationales du PS comme on s'en doute.
(14) Septembre 2010, dans le mensuel du Snesup, c'est nous qui soulignons.
(15) Au niveau parlementaire avec la Lolf, à celui du MESR, ces indicateurs n'ont fait l'objet d'aucune concertation et le biais qu'ils induisent n'est jamais pris en compte. Ainsi le taux de réussite à un examen, s'il doit permettre d'augmenter une dotation budgétaire, peut aisément être amélioré par une politique sélective.


(16) La certification des comptes est une opération rendue obligatoire par la  loi et passe par ce type de société.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 06:14

http://www.voxnr.com/c_images/icono/0602/limonov.jpgCela fait vingt ans que je me délecte à lire les livres d'Emmanuel Carrère. De la Moustache à d'Autres vies que la mienne (qui m'a vrillé) en passant par L'adversaire ou Un roman russe, j'ai dégusté ses ouvrages page à page, en retardant tant que je pouvais le moment où j'arriverais au mot Fin.


Carrère a un gros défaut, c'est d'être le fils de sa mère et d'être écrasé par cette présence tutélaire. Madame Carrère d'Encausse sut avoir des intuitions remarquables à propos de la fin de l'ex-URSS (L'empire éclaté). Mais, par idéologie, par anticommunisme primaire, elle se fourvoya dans des pronostics hasardeux sur les mutations souhaitables que devraient connaître la Russie et les autres républiques dans les domaines politique et économique. Elle affirma que le capitalisme offrirait rapidement et tout naturellement le salut à ces pays. On sait bien que la privatisation de l'URSS a permis aux mafias, qui existaient déjà sous Brejnev, de prendre le contrôle de toute l'économie et de renvoyer à un bon siècle une véribale démocratisation.

 

Dans son très remarquable ouvrage consacré à Limonov, Emmanuel Carrère, qui pardonne tout à sa maman, revient sur le wishful thinking de la Secrétaire perpétuelle de l'Académie française qui, comme beaucoup d'éminences, aime à prendre ses désirs pour des réalités. Madame Carrère d'Encausse a bien conscience d'avoir proféré une grosse ânerie autrefois. Alors, selon son fils, elle en remet une petite couche en se prenant les pieds dans le tapis : bon d'accord, la Russie est gouvernée par des mafieux mais, comme ils envoient leurs enfants dans les meilleures écoles suisses, la prochaine génération de dirigeants sera policée.


Bon sang, mais c'est bien sûr, Madame le Secrétaire perpétuel ! Allez, Emmanuel, un petit effort. Faites-vous violence. Admettez :

1) que votre mère a un niveau en analyse politique aussi élevé que celui du Café du Commerce, mais sans alcool,

2) que vous êtes bien plus génial qu'elle et que votre œuvre, qui s'est constituée loin de tout réseau mondain, restera.

 

Comme votre Limonov qui, de magistrale manière, nous montre à quel point le pays de vos ancêtres maternels est déglingué, certes, mais à peine plus que les autres pays de notre planète.

 

Je cite pour terminer cette note un passage de ce livre qui m'a particulièrement plu. Pour ce qui est du discours indirect libre, Carrère en connaît un rayon :


Sur tout cela, Édouard [Limonov] était d'accord. La popularité de Gorby, comme disaient ceux qui commençaient à appeler Mitterrand Tonton, l'avait dès le début agacé : le chef de l'Union soviétique n'est pas là pour plaire à des petits cons de journalistes occidentaux, mais pour leur faire peur. […] [Limonov] n'a pas aimé la glasnost, ni que le pouvoir batte sa coulpe, ni surtout que pour complaire à l'Occident, il abandonne des territoires acquis au prix du sang de vingt millions de Russes. Il n'a pas aimé voir, chaque fois qu'un mur s'effondrait, Rostropovitch se précipiter avec son violoncelle et jouer, l'air inspiré, les suites de Bach sur les décombres. Il n'a pas aimé, trouvant dans une boutique de surplus un manteau de soldat de l'Armée rouge, s'apercevoir que les boutons en laiton de son enfance avaient été remplacés par des boutons en plastique. Un détail, mais, selon lui, ce détail disait tout. Quelle idée pouvait bien se faire de lui-même un soldat réduit à porter des boutons d'uniforme en plastique ? Comment pouvait-il se battre ? À qui pouvait-il faire peur ? Qui avait eu l'idée de remplacer le laiton brillant par de la merde moulée à la louche ? Certainement pas le haut commandement, plutôt un connard de pékin chargé de réduire les coûts, au fond de son bureau, mais c'est ainsi que les batailles se perdent. et que les empires s'effondrent. Un peuple dont les soldats sont fagotés dans des uniformes au rabais est un peuple qui n'a plus confiance en soi et n'inspire plus de respect à ses voisins. Il est déjà vaincu.

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 15:00

 

http://a10.idata.over-blog.com/300x300/0/38/73/31/repertoire-4/tunisie.jpgDans ce numéro d’octobre 2011, Serge Halimi revient sur la situation en Tunisie (“ L’ivresse des possibles ” : « Un peu moins d’un an après le suicide de Mohammed Bouazizi à Sidi Bouzid, qui a allumé la mèche des révoltes arabes, la Tunisie se rend aux urnes. Confuse, la campagne électorale se déroule sur fond d’urgence sociale. Une fois le dictateur renversé, la révolution est-elle terminée ? En Tunisie, à l’heure où plus de cent partis, majoritairement inconnus, cherchent à se faire une place dans l’Assemblée constituante qui sortira des urnes le 23 octobre, tout paraît possible, tout semble ouvert. L’assemblée élue pourra se prévaloir d’une impeccable légitimité démocratique : scrutin proportionnel, paritaire (même si 95 % des têtes de liste sont des hommes) ; réglementation rigoureuse des dépenses de campagne, des sondages, de la publicité politique. Représentative, la Constituante sera également souveraine. Elle déterminera l’équilibre des pouvoirs, la forme du régime (présidentiel ou parlementaire), la place de la religion dans les institutions du pays et même, si elle le désire, le rôle de l’Etat dans l’économie. Allégresse et vertige de la page blanche ; espérance d’une démocratie arabe et musulmane : « Si ça ne prend pas ici, ça ne prendra nulle part », résume devant nous une militante du Pôle démocratique moderniste (PDM) assez confiante dans les capacités de la Tunisie à conserver son rôle d’éclaireur de la région. »

 

 Dans les pays arabes qui se libèrent, Akram Belkaïd redoute les privatisations après les révolutions : « L’absence de véritable aide internationale fragilise la quête d’une troisième voie, entre dirigisme et capitalisme débridé, dans les pays arabes. Elle les livre à l’influence d’institutions financières dont la crise, au Nord, n’a pas bousculé les certitudes. »

 

 Un point d’histoire intéressant par Irene L. Gendzier : “ Quand Washington hésitait à reconnaître Israël ” : « Singulier retournement de l’histoire. En 1948, c’est la perspective d’une déclaration israélienne d’indépendance qui inquiétait Washington : n’allait-elle pas susciter une réaction antioccidentale dans les pays arabes et compromettre ses intérêts  Si, à l’époque, le département d’Etat, le ministère de la défense et la Central Intelligence Agency (CIA) se montrent préoccupés, ce n’est pas le cas de Clark Clifford, le conseiller juridique de Harry Truman. A l’image de l’entourage proche du président démocrate, celui-ci insiste sur le fait qu’après tout l’Etat en question existe déjà, et qu’il vaut mieux le reconnaître avant que l’Union soviétique ne le fasse. Il réussit à convaincre la Maison Blanche. En quelques mois, l’administration américaine fait volte-face, estimant qu’elle bénéficiera davantage d’un soutien à la création d’Israël. »

Pour quand un État palestinien, demande Alain Gresh : « En 1948 – qui s’en souvient ? – , les Etats-Unis avaient hésité à reconnaître Israël. En 2011, ils n’hésitent pas à bloquer l’adhésion de l’Etat palestinien aux Nations unies. Ce veto, encouragé de fait par l’Union européenne, vise, une fois de plus, à « reporter » la décision et à parier sur une reprise des négociations bilatérales – dont l’échec est inscrit dans le mépris d’Israël envers le droit international. »

 

Hervé Kempf évoque le “ printemps des étudiants au Chili ” :  « L’Amérique latine aussi avait son « modèle » : le Chili, pays le plus avancé sur la voie néolibérale. Mais ce parangon de stabilité chancelle. Aiguillonnée par les étudiants, la population exige une autre politique. Et n’hésiterait plus, dit-on, à évoquer le souvenir d’un certain Salvador Allende. »

 

… Pendant qu’en Argentine, selon Cécile Raimbeau, les “ piqueteros ” s’impatientent : « Avec la moitié des voix – et une avance de quarante points sur ses adversaire – , Mme Cristina Kirchner, la présidente argentine, a remporté haut la main la primaire du 14 août (destinée à sélectionner les candidats à la présidentielle du 23 octobre). Sauf surprise de taille, elle devrait effectuer un second mandat, après avoir pris la suite de son mari. Leur politique ne fait pourtant pas l’unanimité. »

 

Corruption, fin de règne au Cameroun, selon Thomas Deltombe : « Vingt et une candidatures (sur les cinquante-deux déposées) ont été validées par la commission électorale camerounaise en vue de l’élection présidentielle du 9 octobre. Soutenu par Paris depuis vingt-neuf ans, le régime autocratique de M. Paul Biya est passé maître dans l’art de contourner les règles internationales concernant les libertés fondamentales. »

 

Naïké Desquesnes et Nicolas Jaoul évoquent le défi maoïste et la répression en Inde : « Alors que le premier ministre Manmohan Singh et son gouvernement doivent faire face à une vague de protestation contre la corruption, les opérations militaires contre la guérilla maoïste et les peuples tribaux suscitent une grande indignation. Même la Cour suprême a dû rappeler au pouvoir les valeurs constitutionnelles. Malgré leurs méthodes, souvent violentes, les naxalites reçoivent l’appui d’intellectuels de gauche de plus en plus nombreux. »

 

Éric Alterman se demande si Barack Obama fait semblant de virer à gauche : « Critiqué pour sa stratégie du compromis avec les républicains et ses mauvais résultats en matière d’économie et d’emploi, M. Barack Obama change de ton et propose d’augmenter les impôts des riches. Cette annonce, qui a peu de chances de déboucher sur des résultats concrets, vise-t-elle à remobiliser les électeurs de gauche dans la perspective du scrutin de 2012 ? »

 

Selon Vicken Cheterian, l’industrie militaire russe est en étét de choc : « Longtemps délaissée, l’armée russe doit se contenter de technologies vieillissantes tandis que de nouveaux producteurs d’équipements militaires menacent les exportations russes. Le président Dmitri Medvedev a lancé un vaste plan d’investissement. »

 

Tristan Coloma revient sur l’explosion du site nucléaire de Marcoule : « L’explosion d’un four sur le site nucléaire de Marcoule (Gard), le 12 septembre, a fait un mort et quatre blessés. Après la catastrophe humaine et écologique de Fukushima en mars, l’accident propulse l’atome au cœur de la campagne présidentielle française : cette industrie, à la rentabilité incertaine, divise les candidats. Une page se tournerait-elle en France, pays le plus nucléarisé du monde par rapport au nombre d’habitants. Et qui, de Golfech à Tricastin, avait jusqu’ici fait de l’énergie atomique le pilier stratégique de son indépendance ? »

 

Laurent Cordonnier est très pessimiste pour ce qui est de la bouée que l’Europe a lancé à la Grèce : « Dire une chose et son contraire, tout en bénéficiant du statut d’oracle : c’est le privilège des « marchés ». Télescopage révélateur, les voici qui dénoncent d’un même souffle la ruine de l’économie grecque, étouffée par l’austérité, et la désinvolture italienne, qui en ralentit la mise en œuvre. Ne peut-on imaginer une autre « règle d’or » que celle qui consiste à s’affranchir à ce point du joug de la raison ? »

 

Jean-Marie Harribey se demande si l’on peut sortir de la crise : « Alors que, en pleine bourrasque financière et boursière, l’Union européenne est menacée d’explosion, que les Etats-Unis s’agitent pour éviter la récession qui pointe, que l’Asie craint l’essoufflement, il n’est plus beaucoup de voix pour vanter la mondialisation. Pour autant, l’idée d’une « démondialisation » soulève des objections de fond que détaille le texte ci-dessous. L’affaiblissement des sociétés sous les coups de boutoir de la finance a atteint un point limite : les structures de l’économie tremblent, et le voile idéologique qui brouillait ses représentations s’est déchiré. Les chantres de la mondialisation ont donc dû mettre une sourdine à leurs dithyrambes en faveur de l’efficience des marchés, et un débat a pris corps autour de l’antithèse : la démondialisation. Il a ceci d’original qu’il n’oppose pas les fervents de l’orthodoxie aux « antis » mais traverse les rangs des économistes et politiques qui s’étaient élevés contre la dictature des marchés financiers, en particulier au moment du combat contre le projet de traité constitutionnel européen. »

 

Édouard Sill est allé voir pêcher les thoniers espagnols au large de la Somalie, sous protection militaire : « La pêche n’est pas forcément une activité de tout repos. Bateaux attaqués, équipages séquestrés, les pirates jouent les trouble-fête au large de la Somalie. Au point que des navires de guerre ont même été déployés pour protéger les thoniers. Mais la situation profite également aux sociétés privées de sécurité, qui entendent élargir leur influence. »

 

Jean-Claude Sergeant (qui étudie la presse britannique depuis cinquante ans) revient sur la fin du News of the World, ce joyau qui un temps, tira à plus de 7 millions d’exemplaires !: « Il arrive que l’arbre révèle la forêt. En juillet 2011, les Britanniques, scandalisés, découvraient la nature des pratiques journalistiques de l’hebdomadaire « News of the World ». Mais cette dérive en éclairait d’autres : concentration de la propriété des médias, marchandisation de l’information, connivences politiques. Une conception de la presse qu’incarne à lui seul le magnat Rupert Murdoch. Ce fut l’enquête de trop. Le 5 juillet 2011, News Corp., le troisième empire médiatique mondial, propriété de M. Rupert Murdoch (dont les cinquante-trois mille employés œuvrent sur quatre continents), vacille : la révélation qu’un journaliste de News of the World,principal tirage de la presse dominicale britannique (deux millions sept cent mille exemplaires), a eu accès à la messagerie vocale de Milly Dowler, petite fille de 13 ans assassinée en 2002, provoque un sursaut d’indignation parmi le public. Les Britanniques apprennent que le piratage a également concerné les boîtes vocales de familles de militaires tués en Afghanistan. Si ce type d’intrusion dans la vie privée de personnalités à forte notoriété était connu depuis longtemps, le recours à ce mode d’immixtion dans l’intimité des simples particuliers frappés par l’affliction dépasse les bornes de l’acceptable, déjà largement repoussées par la presse populaire du pays. »

 

Alain Garrigou met en garde contre les sondages concernant le parti socialiste et ses primaires : « Les sondages sur la primaire du Parti socialiste (PS) n’existent pas. C’est simplement impossible. Car, pour qu’il y ait sondage, il faut des sondés. Or de qui pourrait-il s’agir ? Des sympathisants ? Ils n’iront pas tous voter. Des électeurs probables ou certains ? Ils n’iront pas tous voter. Dans ces conditions, parmi les « personnes interrogées », les sympathisants-décidés-à-voter-lors-de-la-primaire-qui-de-surcroît-se-rendront-aux-urnes-pour-la-présidentielle... font figure d’oiseaux rares. Un cas d’école : le 27 août 2011, Le Monde publie une énième enquête sur les intentions de vote à la primaire socialiste, concoctée par les instituts Ipsos et Logica Business Consulting. L’enquête, précise le quotidien du soir, a été menée auprès de 3 677 personnes, interrogées par téléphone et sélectionnées « selon la méthode des quotas ». Un très honorable échantillon représentatif ? Pas vraiment, suggère la (discrète) notice détaillée : seules 404 personnes – celles qui avaient déclaré leur intention de voter à la primaire – ont finalement été retenues ; et parmi elles, 363 ont exprimé un avis. L’échantillon a fondu comme neige au soleil, et la marge d’erreur grossi comme champignons après la pluie. Impossible dès lors d’appliquer les méthodes aléatoires ou dites « des quotas » : la représentativité des sondés effectifs laisse songeur… »

 

Peut-on twitter jusqu’au vertige se demande Mona Chollet ?: « Dès sa création en 2006, Twitter propose aux internautes de propager des messages courts à travers le réseau Internet et vers les téléphones mobiles. Très simple et gratuit, ce service touche désormais des centaines de millions d’utilisateurs. Deviendra-t-il bientôt, conformément à l’ambition de ses concepteurs, le « pouls informationnel de la planète » ? »

 

Une étude intéressante de Bernard Umbrecht sur Faust et l’alchimie capitaliste : « Œuvre emblématique de la culture allemande, « Faust » a suscité au fil du temps des curiosités et des interprétations très diverses. Plutôt négligée en République fédérale d’Allemagne (RFA) naguère, mais interprétée en République démocratique allemande (RDA) comme symbolisant la construction d’une société nouvelle, la pièce prend aujourd’hui une autre dimension, à la lumière de la crise : Faust, premier entrepreneur de la mondialisation, est devenu un héros globalement négatif. »

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 14:57

http://www.martinfrost.ws/htmlfiles/fatah_munich.jpgFrance2 a reprogrammé hier, dimanche 2 octobre, Munich, ce film important de Steven Spielberg. Il s’agit d’un film très efficace, fort bien fait, et globalement acceptable d’un point de vue moral : le réalisateur ne noircit pas totalement la cause palestinienne. Il offre une réflexion sur le terrorisme, d’où qu’il vienne. Pour Spielberg, répondre à la terreur par la terreur, y compris par le terrorisme d’État n’est pas une solution, et les démocraties devraient y réfléchir à deux fois avant d’utiliser les mêmes armes que leurs adversaires usant de violence plus ou moins aveugle.

 

Ironiquement, le réalisateur avait installé dans l’équipe du tournage un ordre franchement liberticide en interdisant aux acteurs et aux techniciens d’utiliser leur téléphone portable sur les plateaux et d’accorder des interviews pendant les prises de vue. « Je ne peux rien vous dire, sinon ils vont me briser les jambes », déclara un acteur britannique à un journaliste venu l’interroger. Spielberg, terroriste à sa manière.

 

De nombreux partisans de la cause israélienne se sont montrés très critiques vis-à-vis du film, de l’image qu’il donnait de la classe politique de leur pays et des services secrets du Mossad, commanditant des meurtres de sang-froid. Par exemple, la scène qui montre l’assassinat particulièrement barbare d’un écrivain palestinien, spécialiste des Contes des Mille et Une Nuits, juste après qu’il a diverti et instruit un petit public de touristes érudits, est insoutenable et fait détester la cause d’Israël.

 

Cela dit, le point de vue narratif du film est totalement israélien. Les personnages élaborés étant systématiquement israéliens ou pro-israéliens, ils sont les seuls à pouvoir susciter la sympathie du public. Nous finissons par ne pas être horrifiés par les personnages joués par Mathieu Amalric et Michael Lonsdale, deux Français vénaux, complices du Mossad, mais jouant un jeu double, triple ou quadruple. Les Palestiniens, que l’on voit uniquement en train de tuer fanatiquement, apparaissent forcément comme des individus sans épaisseur, de second ordre. En revanche, le personnage principal étale ses tourments quant à la légitimité même de sa mission, fait l’amour à sa femme enceinte de sept mois (audimat, coco, audimat !) et partage de forts conviviaux repas avec ses complices. On ne voit jamais les Palestiniens manger, discuter politique, téléphoner à leur chère et tendre, bref avoir des conduites banalement humaines.

 

Même s'il s’est, comme le générique nous en avertit, « inspiré de faits réels », le film sait prendre des libertés avec la réalité historique. Ce qui est la prérogative, mais aussi la responsabilité la plus stricte du créateur. Nous, spectateurs, avons le droit de séparer le bon grain de l’ivraie, de débusquer les stratégies narratives qui, dans un film politique, sont forcément politiques. Il faut attendre le mot Fin pour apprendre que les Israéliens ont échoué à éliminer TOUS  les tueurs des otages. Le film ne dit pas non plus que plusieurs sportifs assassinés lors de l’action du commando furent tués par des rafales de mitraillettes ALLEMANDES, les autorités du pays ayant décidé, en accord avec Tel-Aviv, de ne pas laisser décoller l’avion qui devait emmener les Palestiniens vers une destination arabe. Il n'apparaît pas non plus calirement dans le film que les autorités allemandes (politiques et policières) firent preuve, durant ce drame, d'un amateurisme confondant.

 

Autre exemple très significatif de travestissement de la réalité, donc de distorsion de la vérité : l’épisode où l’on voit les tueurs du MOSSAD arrêter in extremis une opération pour ne pas tuer la fille de Mahmoud al-Hamchari, correspondant de l’OLP à Paris, qui se trouve en compagnie de son père dans leur appartement. Dans les minutes qui ont précédé, la famille al-Hamchari nous a été présentée comme sympathique, familiale, dirais-je. Un père – vieilli dans le film – assis studieusement à sa table de travail, son épouse, française, “ innocente ” (comme aurait dit Raymond Barre), même si elle soutient la cause palestinienne, et une gamine d’une douzaine d’années faisant ses gammes au piano. Après avoir attendu que la mère et la fille aient définitivement quitté l’appartement, les agents du MOSSAD font sauter un téléphone qu’ils avaient précédemment piégé, blessant gravement le diplomate. On nous dit un peu plus tard que le diplomate est mort de ses blessures à l’hôpital (dans les faits, il a agonisé un mois durant). Par ailleurs, dans la vraie vie, la petite al-Hamchari avait moins d’un an. Elle ne pouvait donc jouer aucun rôle dans la diégèse du film, ni servir à montrer l’humanité des tueurs. La responsabilité d’al-Hamchari fait encore débat, l’OLP ayant toujours nié que son représentant à Paris ait eu quelque responsabilité dans la prise d’otages de Munich.

 

Signalons enfin que les derniers commanditaires de l'attentat de Munich furent assassinés 19 ans après les faits.

 

PS : Spielberg n'a jamais contacté la veuve de Mahmoud al-Hamchari, ni avant, ni pendant, ni après le tournage.

 

 

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 06:00
http://4.bp.blogspot.com/_Vkrceahx6Gw/TQYHiIQzPUI/AAAAAAAAAXg/xC49Mgax9ts/s1600/napoleon1.jpgDans une première scène, Bonaparte se fait mesurer la taille par son valet, qui est tout étonné de trouver deux pouces de plus qu'avant. Gros plan sur les pieds du Premier Consul : il s'est hissé sur la pointe des pieds. Il paraît que ce cher Napo avait l'habitude de tricher au jeu.
Dans une autre scène, située à une époque où Napo commence à se demander si ça vaut le coup de se faire sacrer empereur, il demande à ce même valet :
"Crois-tu que je ferais un bon empereur ?", lequel lui répond :
"Oui, avec des talonnettes".

Curieux, non ?

Bonaparte n'était pas un nabot. Il mesurait 5 pieds, deux pouces et trois lignes, donc un bon mètre 68, c'est-à-dire deux centimètres de plus que la moyenne nationale pour l'époque.

Merci à Patoun' d'avoir revu ce grand film sur un homme pas si petit.
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