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20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 06:49

Quand une entreprise du CAC 40 est en difficulté (ou prétend l’être), elle baisse les salaires, licencie mais ne touche surtout pas aux dividendes des actionnaires.

 

Même chose à l’université d’Aix-Marseille (pardon : “ Aix-marseille Université, une université à l'ambition internationale ”) qui a décidé de recruter un certain nombre d’ATER (attachés temporaires d’enseignement et de recherche) sur des contrats courant du 1er octobre au 31 août. Ces enseignants-chercheurs seront donc pays onze mois au lieu de douze. Je ne connais pas à fond la législation concernant ces contrats, mais il me semble bien qu'ils sont annuels et pas saucissonables à merci.

 

Deux pis-aller sont envisagés. Soit déduire un douzième du service de ces personnels, soit payer en vacations les heures non couvertes par le contrat de 11 mois au titre du mois de septembre durant lesquels les ATER ne sont pas officiellement employés.

 

Notons qu’en général des examens ont lieu en septembre. Ces ATER ne pourront pas les faire passer. Un surcroît de travail  pour les titulaires.

 

Je me souviens qu’il y a vingt ans, en Grande-Bretagne, pays pionnier en la matière, des contrats de neuf mois étaient proposés (imposés) aux enseignants sur postes temporaires. Toujours en Grande-Bretagne, les universitaires n’étant pas fonctionnaires, les régimes de retraite varient d’une université à l’autre.

 

De Pécresse en Fioraso, nous n’avons pas encore tout vu.

 

 

 

PS : La précariastion chez les jeunes enseignants se généralise. A Paris 3, une mesure récente va un peu dans ce sens : les postes d'ATER "statutaires" (donc pas sur supports vacants) sont désormais remis au concours tous les ans (même un ATER pouvant de par son statut prétendre à occuper un tel poste 3 ou 4 ans doit ... recandidater), sans qu'on demande aux composantes si elles souhaitent renouveler le contrat de cette personne ou pas. Parallèlement à cela, les postes d'ATER "statutaires" sont remis en jeu dans la campagne d'emplois tous les ans, et feront donc aussi l'objet des batailles entre composantes que l'on connaît déjà pour les postes de MCF et de PR - ou seront eux aussi "gelés"...Les contrats de plusieurs années qui permettaient à des thésards sans contrat  doctoral de travailler dans des conditions pas trop mauvaises vont donc probablement disparaître.

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 06:33

 

 

Je suis courroucé, exaspéré, furibond, irrité, hérissé, horripilé par l’utilisation abusive, surfaite, envahissante et usurpatoire de deux vocables de notre bonne vieille langue : « technologie » à la place de « technique » et « problématique » à la place de « problème ».

 

Le dérailleur ou le fil à couper le beurre sont des techniques, pas des technologies. À l’origine, la technologie (mot apparu dans notre langue au XVIIe siècle) était une dissertation sur un art, un exposé des règles d’un art. Au XIXe siècle, le sens évolua légèrement : science des techniques et des objets techniques. La technologie, c’est du logos, c’est-à-dire un discours.

 

Il fallut, évidemment, que l’anglo-étasunien, cette langue de tous les abus et de tous les commerces, s’en mêlât. Donc, au XXIe siècle, technologie (technology) désigna une technique de pointe, complexe, élaborée (sophistiquée, n’est-ce pas ?)

 

Par extension, on ne dira plus technique mais technologique, techniquement mais technologiquement. Par conservatisme et purisme, peut-être, on a gardé École polytechnique et polytechnicien.

 

Les neuneux des médias mettent de la problématique partout. On peut parler de la problématique des lacets de chaussures, de la problématique des taxis sans chauffeur, de la problématique de l’heure d’été sur la lallation des nourrissons. Alors, faisons simple : un problème est une question à résoudre. Pro, devant soi, et ballein, jeter. Cette acception fut la seule jusqu’au XVIIe siècle (Descartes). Au XVIIIe siècle signifia quelque chose ou une personne que l’on explique mal. Dans la seconde moitié du XXe siècle (après 1968, en particulier) est survenu le sens de difficultés affectives ou professionnelles : « Quel est ton problème ? », « Cette attitude pose problème ». Il faudra évoquer un de ces jours le remplacement de « Pas de problème ! » par « Pas de souci ! ». Alors que les soixante-huitards (dont je fus et suis – j'ai fêté mes vingt ans le soir des barricades !) voyaient des problèmes partout et voulaient problématiser du matin au soir, leurs enfants et petits-enfants lissent ou évacuent les difficultés grâce aux soucis. En ces temps de difficultés et d'horizon bouché, c'est beaucoup plus tranquille.

 

L’expression « pas de problème » date des années 1930, comme calque de l’anglais no problemproblem signifie moins problème que difficulté. L’expression s’est encore affaiblie pour signifier tout simplement « oui » :

 

- Tu peux me rendre un service ?

- Pas de problème !

 

Le mot problématique date du XVe siècle (avec l'orthographe probleumaticque) : quelque chose auquel on ne peut apporter de solution, difficile à résoudre, douteux. Puis, toujours en tant qu'adjectif, mystérieux, énigmatique, suspect. Le substantif problématique vient de l’allemand Problematik (quand la philosophie d’outre-Rhin dominait la pensée occidentale) : une technique qui consiste à bien poser un problème. D’où problématiser (problématisation) : présenter sous la forme d’un ensemble de problèmes.

 

Camus, qui s’y connaissait en vocabulaire et en précision, avait élégamment utilisé les deux termes dans une même phrase de L’homme révolté : « Si, dans le monde sacré, on ne trouve pas le problème de la révolte, c’est qu’en vérité on n’y trouve aucune problématique réelle, toutes les réponses étant données en une fois. » En ces temps de défoulement du religieux, cette phrase de 1951 nous apporte quelques lumières.

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 06:09

Je suis tombé tout récemment sur ce texte de Didier Daeninckx de 2000 :

 

11 novembre 1918 : le drapeau rouge flotte sur Strasbourg et l’Alsace proclame la République des soviets…

 

Un jour, venant de Strasbourg où j’étais allé repérer les décors d’une nouvelle, je me suis arrêté devant la plaque d’une importante voie de la capitale alsacienne, la « rue du 22 novembre ». Je ne saurais dire pourquoi cette dénomination avait attiré mon attention, mais j’avais demandé à un passant à quel événement elle faisait référence. « A la Libération, en 1944 », m’avait-il répondu. Un simple coup d’oeil sur un livre d’histoire régionale m’apprit que les troupes du général Leclerc avaient fait leur entrée fulgurante dans Strasbourg le 23. La plaque émaillée bleu comportait une grossière coquille historique, ou alors elle commémorait un autre fait marquant. Un ami alsacien émit l’hypothèse que ce 22 novembre avait à voir avec l’armistice de 1918. Je lui rétorquai que dans ce cas, l’erreur ne portait plus sur une journée mais sur onze, la fin des hostilités ayant eu lieu le 11 novembre à midi.

 

Une visite dans les archives de la bibliothèque nationale et universitaire, place de la République, l’ancienne Kaiserplatz, me donna la surprenante solution : Strasbourg avait bien été libérée le 22 novembre 1918, mais pas de l’armée allemande ! Les troupes françaises avaient mis fin à un soviet de soldats, d’ouvriers, de paysans… Une telle affirmation demande à être étayée, et il faut revenir à la fin du mois d’octobre de cette année-là pour y voir plus clair. L’Allemagne impériale a perdu la guerre, mais quelques généraux ultras, dont Ludendorff veulent tenter un baroud d’honneur en prenant appui sur la puissante flotte de guerre. La troupe refuse de marcher. A Kiehl, sur la Baltique, les marins se mutinent et se constituent en Soviet. Les syndicats ouvriers les rejoignent, et des détachements d’insurgés, drapeaux rouges en tête, se rendent dans les villes voisines pour gagner les habitants à leur cause. Une quinzaine de milliers d’Alsaciens et de Lorrains sont alors incorporés dans la Kriegsmarine, et nombre d’entre eux participent à ces événements. Certains décident de soulever leurs deux provinces natales soumises à une véritable disette, et qui sont agitées de forts mouvements de mécontentement.

 

Le 8 novembre, la population de Strasbourg apprend la proclamation de la République des conseils de Bavière. Le lendemain, des milliers de manifestants envahissent la place Kléber pour acclamer les premiers détachements de marins arrivés du nord de l’Allemagne. Des dizaines d’officiers sont dégradés en public. Un train d’insurgés est bloqué au pont de Kehl, et un commandant loyaliste fait ouvrir le feu. Le soldat Fir est abattu. Ses camarades prennent le contrôle de la ville jumelle de Strasbourg, de l’autre côté du Rhin, puis traversent le fleuve. La bourgeoisie allemande de Strasbourg ne cesse de faire appel aux troupes françaises, afin de mettre un terme aux troubles. Un slogan court les quartiers bourgeois : 

 

« Plutôt Français que rouges ! ».

Quand l'Alsace aurait pu devenir soviétique

Les marins révolutionnaires alsaciens se forment en Conseil de soldats de Strasbourg, et exigent du gouverneur Von Rohden la libération des détenus, la liberté de presse et d’expression, la levée de la censure sur le courrier, le droit de manifester. Les prisons ouvrent leurs portes, les Conseils se rendent maîtres des bâtiments publics et toutes les marques d’autorité comme les insignes, les grades sont supprimées. La ville se hérisse de drapeaux rouges dont l’un va même flotter sur la flèche de la cathédrale !

 

Toutes les forces sociales tentent de s’assurer le contrôle du mouvement en se fondant dans le Conseil des ouvriers et soldats, présidé par le secrétaire du syndicat des ouvriers brasseurs, Rebholz, qui annonce l’abdication de Guillaume II, à Berlin, et proclame l’avénement d’un pouvoir populaire. Les murs de la ville se couvrent d’affiches « Nous n’avons rien de commun avec les États capitalistes, notre mot d’ordre es : ni Allemands ni Français ni neutres. Le drapeau rouge a triomphé ». Une trentaine de commissions organisent la vie quotidienne : transports, finances, ravitaillement, démobilisation, justice… Des grèves radicales éclatent, comme celle des cheminots.

 

Le dirigeant social-démocrate strasbourgeois Jacques Peirotes fait appel au Grand Quartier Général français et demande aux généraux de « hâter leur entrée à Strasbourg, la domination des rouges menaçant de prendre une fin tragique ». L’entrée dans la ville était prévue pour le 25, mais son appel est entendu. Les troupes marchent sans relâche et pénètrent dans les faubourgs le 22 novembre 1918. Le Conseil des ouvriers et soldats déclare qu’il « a rempli sa mission, même si, compte tenu des circonstances, il n’a pu réaliser son idéal politique ». Il décide de remettre l’autorité militaire entre les mains du commandement français. Le général Gouraud fera savoir qu’il ne reconnaît ni le Soviet des ouvriers et soldats, ni aucune des mesures qu’il a édictées. Le 22 novembre, le premier acte symbolique de l’armée française sera d’occuper le Palais de justice où siégeait le « Soviet de Strasbourg ». La troupe s’empare des usines, les décrets sociaux sont annulés, les salaires ramenés à leur niveau de septembre 1918, les « agitateurs » sont expulsés. On choisit les sous-préfets parmi les officiers, des commissions de contrôle de la population, présidées par un officier du 2ème Bureau sont mises en place.

 

 

 

Il en sera de même dans toutes les villes des deux provinces perdues en 1870. Car le Soviet de Strasbourg n’a pas été une création unique : le premier Conseil a vu le jour à Haguenau, le 9 novembre suivi dans la soirée par Mulhouse. A Saverne les soldats se mutinent, comme à Sélestat. A Colmar le Conseil siège à la mairie, et le futur Feldmaréchal Rommel viendra s’y plaindre des vexations dont sont victimes ses officiers ! Partout sur le front des Vosges on fraternise, on manifeste, drapeaux rouges en tête. En Lorraine, les nombreux immigrés italiens se joignent au mouvement. A Metz, le Conseil siège à l’hôtel de ville sur lequel flotte un drapeau turc dont on a passé le croissant au minium… Des Conseils prennent les usines en charge, on occupe les mines, comme à Knutange. A Algrange, Hagondange, Rombas, les grèves éclatent. A Thionville c’est un acteur, Seelow, qui dirige le conseil, un aumônier militaire à Sarrebourg, un pasteur à Neuf-Brisach…

 

Un jour que j’évoquais cette épopée et le nom de cette ville de garnison, Neuf- Brisach, mon ami Rémy Fisch, délégué mineur des potasses d’Alsace, m’a interrompu.

 

– Neuf-Brisach ! Maintenant, je comprends mieux ce que me racontait mon père… Il nous disait des choses bizarres, lors des banquets familiaux, mais tout le monde se moquait de lui… Il parlait des soviets et chantait une chanson, « Hop là », en faisant valser les chapeaux, les casquettes…

 

Je l’ai suivi à Soultz, sur laquelle veille la masse imposante des collines du Vieil Armand et il m’a traduit les paroles de Joseph Fisch qui, toute sa vie, ne s’est exprimé qu’en alsacien et en allemand :

 

– Quand j’ai été mobilisé, en 1917, je travaillais aux fortifications du Vieil Armand. Le 9 novembre 1918, on nous a rassemblés pour nous envoyer sur le front de l’Est. On a fait étape à Neuf-Brisach. Là, il y avait un rassemblement de six mille soldats. La première chose que j’ai vue, c’est un officier supérieur allemand dégradé devant tout le monde, obligé de rendre son épée et ses distinctions. L’atmosphère était surchauffée. La foule entonnait des chansons populaires pleines de joie. Certains chantaient des airs révolutionnaires. La manifestation parcourait la ville et dès qu’on rencontrait un gradé, on l’arrêtait et on disait : « Hop là, donne tes galons, sinon tu prends une claque ». Après, ce qu’on a eu en tête les copains et moi, c’était de ficher le camp le plus vite possible, et rentrer chez nous, à Soultz. Quand on est arrivé, le 10, on est tombé sur un défilé qui venait de la gare, musique en tête. La population de Soultz portait en triomphe Richard Heisch. C’était un responsable socialiste internationaliste, libéré de prison sous la pression du Conseil de Colmar. Heisch était tenancier de bistrot. Il a pénétré dans son troquet et, hop là, il a sauté sur une table et harangué les soldats allemands pour les appeler à partir, pour la paix entre les peuples. J’avais dix-huit ans, je n’oublierai jamais ces journées-là.

 

Je crois aujourd’hui que si la plaque de rue strasbourgeoise signale le jour mais reste silencieuse sur l’année, c’est pour faire oublier la force de ce qui se disait là, au coeur d’une l’Europe meurtrie.

 

 

 

Après l’abrogation des soviets, une politique de vigoureuse francisation fut mise en place. Il était désormais interdit de parler allemand ou le dialecte alsacien à l’école ainsi que dans les services publics. Des enseignants uniquement  francophones enseignèrent le français dans les écoles communales.

Le peuple alsacien fut divisé en 4 classes : A B C et D

Classe A : personne dont les parents auraient été Français si l’annexion n’avait pas eu lieu en 1871. Ils étaient titulaires d'une carte qui permettait de circuler dans toute l’Alsace et la Moselle.

Classe B : personne ayant un seul parent « français de souche »

Classe C : étrangers qui n'étaient pas de nationalité allemande, autrichienne, ou d'un pays allié allié à l'Allemagne ou à l'Autriche pendant la guerre.

Classe D : citoyens d’origine allemande, autrichienne ou d’un pays allié. Il leur était interdit de circuler en dehors de la ville.

Une politique d’épuration fut mise en place par les autorités françaises. 112 000 résidents alsaciens, décrétés « Allemands » ou insuffisamment francophiles, furent expulsés.

Albert Schweitzer – futur lauréat du prix Nobel de la paix – fut fiché comme «dangereux autonomiste» bien que de nationalité française. La police le surveilla jusqu'en 1920.

 

 

 

 

 

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 06:18

 

 

La firme Google, dont il se dit de plus en plus que, si elle n’est pas à proprement parler une création de la CIA, elle n’est pas hostile à l’agence de renseignement, veut gouverner le monde. Elle a déjà réussi à ne payer quasiment pas d’impôts grâce à une exterritorialité fiscale extrêmement élaborée. Elle vise, par delà des investissements massifs dans de nombreux secteurs de pointe, à avoir toujours une longueur d’avance sur les principales puissances économiques et politiques et à imposer ses propre choix à la planète entière.

 

L’objectif prioritaire, disons mental, de Google est d’enfoncer dans les esprits des humains qu’elle produit des outils indépassables, incontournables, uniques. Chacun sait que son moteur de recherche est un instrument exceptionnel. Mais il n’est pas le seul. J'ai découvert récemment les « vaches suisses », Swiss Cows. Ce moteur jouit de la discrétion bien connue de la nation helvète : il ne laisse aucune trace du passage de l’utilisateur car il n’enregistre et ne collecte aucune donnée. Autre moteur de recherche puissant quoique, selon moi, moins convivial : ixquick. Il y en a d’autres.

 

Google fournit désormais d’innombrables services mais je ne suis pas a priori compétent pour juger de leur valeur. Il en est un, en revanche, où je puis me permettre d’apporter mon grain de sel, c’est l’outil de traduction. Tout récemment, je faisais des recherches (disons que je broutais de manière aléatoire) sur les avions de la Malaysian Airlines qui ont la fâcheuse habitude de se planter ou de disparaître. Sans être complotiste, il faudra bien qu’on revienne sur ces accidents dramatiques. Chaque jour s’envolent et atterrissent des dizaines de milliers d’avions. Mais trois de la Malaysian Airlines ont connu un sort dramatique en quelques semaines. Le vol qui m’intéressait particulièrement était celui dont on avait perdu la trace pendant des heures, très bizarrement a proximité de la base étasunienne de Diego Garcia, l’une des plus puissantes et performantes au monde, capable de détecter un moucheron à 6 000 mètres d'altitude. Sur internet, on rencontre des articles selon lesquels des passagers auraient pris le contrôle d’un avion visant à s’écraser sur la base et donc que les autorités militaires étasuniennes auraient abattu préventivement. Une autre hypothèse serait celle du suicide du pilote. Enfin, et je sais que c’est la plus complotiste de toutes, on évoque la possibilité d’une capture par les militaires de Diego Garcia d’un avion qui aurait transporté des ingénieurs chinois spécialisés dans les énergies nouvelles. La base de Diego Garcia serait alors devenue, pour tous les passagers, un second Guantanamo.

 

Bref, en me promenant sur la toile, je tombe sur le titre suivant :

 

“ Argentina and UK Falklands spat spiced up by Russian jets ”.

Une traduction “ Google ”

Pour ceux dont l’anglais est un peu lointain, j’explique et traduis ce titre.

 

Argentina, c’est l’Argentine. UK, c’est le Royaume-Uni (United Kingdom), cette entité politique qui comprend l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Écosse, l’Irlande du Nord ou Ulster, quelques confettis bien utiles comme Jersey, Guernesey, l’Île de Man, et des territoires plus ou moins lointains comme Gibraltar, les Îles Caïman, Sainte-Hélène, ainsi que les Falklands que les Argentins dénomment “ Malvinas ” et réclament. Le drapeau du Royaume Uni est l’Union Jack, apparu en 1603 lors de l’union de l’Écosse et de l’Angleterre. Ce titre nous rappelle donc en passant que les Falklands/Malouines, qui comptent environ 600 habitants mais qui seraient entourées de nappes de pétrole prometteuses, appartiennent au Royaume-Uni.

 

Spat peut être soit le prétérite du verbe cracher (to spit), soit une demi-guêtre, soit un naissain (une larve d’huître), soit, dans son usage étasunien, une querelle. Faites comme moi, promenez-vous dans les dictionnaires, vous n’en reviendrez pas.

 

Spiced up. Spice, mot d’origine française, signifie épice ; il est devenu un verbe (épicer). L’anglais use et abuse de la particule up qui, à force d’être utilisée a fini par ne plus servir à grand-chose. “ To fry up ” signifie frire, alors que “ fry ” suffit amplement (comment se faire cuire des œufs sur le plat à moitié ?).

 

Russian signifie russe et rien d’autre.

 

Jet signifie jet, giclée, avion à réaction, brûleur, gicleur, moteur à réaction, réacteur. Accessoirement jais (la couleur).

 

On traduira donc le titre qui nous intéresse de la manière suivante :

 

« La querelle qui oppose l’Argentine aux Falklands (qui appartiennent au Royaume-Uni) est envenimée [pimentée] par des avions à réaction russes. »

 

L’article explique en effet que la Russie pourrait fournir à l’Argentine, en échange de bovins et de blé, des avions de chasse Sukhoi capables de survoler la capitale des Falklands Port Stanley.

 

Le rendu de cet article par le traducteur Google ne manque pas d’épices :

 

« L'Argentine et les Malouines du R-U ont craché épicé vers le haut par les gicleurs russes. »

 

Si Google domine le monde avec cette rigueur, nous sommes morts.

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 06:35

Dans un long article sur la laïcité, Télérama cite le philosophe Henri Pena-Ruiz, auteur d’un récent Dictionnaire amoureux de la laïcité : « La laïcité promeut en même temps trois principes : la liberté de conscience, l’égalité des droits entre croyants et athées, et le fait que l’État se consacre au seul intérêt général. Cet universalisme est bon pour tous : il unit  sans soumettre et préserve la sphère publique des communautarismes. Être laïque, c’est refuser tout privilège, aussi bien à l’athéisme qu’aux religions, ainsi traités à égalité. » Pena-Ruiz ajoute : « Il ne faut pas remettre en cause l’émancipation laïque, sous prétexte que l’émancipation socio-économique est en panne. Ce n’est pas la laïcité qui stigmatise les citoyens musulmans. L’action pour la justice sociale et contre le racisme doit permettre d’y remédier. »

 

De son côté, Élisabeth Badinter, dans Marianne, reproche à la gauche d’avoir abandonné la laïcité : « Le complexe de culpabilité face à des populations symbolisant les anciens colonisés a été le plus fort dans cette génération de socialistes qui ont ainsi favorisé, dans leurs propres rangs, la montée du communautarisme, cette idée que tous les rituels culturels ou religieux, y compris les plus intégristes, sont respectables et doivent être respectés. 

 

A cette époque, je me suis sévèrement fait taper sur les doigts pour délit d’« ethnocentrisme » par Danièle Mitterrand et Jack Lang parce que je combattais l’acceptation de la polygamie et de l’excision ! Nous n’en sommes heureusement plus là, mais il me semble aussi désolant que la gauche accorde un tel pouvoir aux curés, aux imams et aux rabbins : c’est religieux, c’est sacré ! »

 

Élisabeth Badinter précise le sens de son combat : « Je suis d’abord, philosophiquement, universaliste. Je crois aux bienfaits des valeurs universelles : on a toujours intérêt à mettre en avant nos ressemblances plutôt que nos différences. Je ne crois pas à la différence heureuse.
Ensuite, je suis juive : l’histoire familiale m’a appris que l’on avait tout intérêt à ne former qu’une seule humanité. Je regrette d’ailleurs que, en réaction à l’abdication de la laïcité face à l’intégrisme musulman, la partie communautariste des juifs se soit renforcée, développant le port de la kippa en public, et que certains catholiques réagissent de même, comme on vient de le voir à propos des crèches dans les mairies.
Enfin, je suis féministe et je me méfie extraordinairement du pouvoir des religieux et de leur vision de la femme. Que l’on impose aux femmes de cacher leurs cheveux parce que des hommes les tiennent responsables d’un désir sexuel qu’ils ne savent pas maîtriser me fait bondir. Il m’est insupportable que la gauche l’accepte, notamment au sein de l’école publique, censée avoir pour objectif de développer la raison et de lutter contre les préjugés !

 

Le pire de cette gauche communautariste est d’avoir accepté le concept d’« islamophobie » – qui a flanqué en l’air le principe de laïcité, car s’élever contre des signes religieux devenait un crime – et l’invention de ce terme au sens propre insensé de « racisme antimusulman ». D’où l’intimidation, qui a fonctionné sur de plus en plus de gens à gauche, se taisant par peur d’être dénoncés parce que la laïcité, devenue synonyme d’islamophobie, a été abandonnée à Marine Le Pen. Cela, je ne le pardonne pas à la gauche. »

 

Convergences révolutionnaires explique comment PSA (Peugeot, pour les anciens) met ses propres usines en concurrence : « Ce sont quatre sites PSA qui sont mis en concurrence pour l’attribution de la fabrication annuelle de 200 000 moteurs essence de dernière génération. Il s’agit de Tremery en Moselle, de la Française de Mécanique dans le Nord, et à nouveau de Vigo et Trnava. PSA a multiplié les déclarations pour faire monter les enchères, indiquant que seraient pris en compte les coûts salariaux de chacun des sites, mais aussi le montant des aides publiques. Une manière d’exercer aussi son chantage sur les collectivités, pour obtenir les subventions les plus importantes. Pour chacun des sites, l’enjeu est bien sûr. »

 

Revue de Presse (117)

Enfin, Christine Clerc (qu’on appelait autrefois « la petite sœur des riches ») explique, citée par Closer, le virage libéral de François Hollande : « “ Le fait que Julie Gayet reste dans l'ombre lui permet de ne se soucier que de sa seule image ”, constate Christine Clerc qui souligne également que François Hollande est “ plutôt libéré depuis le départ de Valérie Trierweiler ”. Et d'ajouter : “ La situation précédente, où il était contraint de s'afficher avec sa compagne journaliste alors qu'il en aimait une autre, était bien plus intenable pour lui que le fait qu'il n'y ait pas de première dame effective ”. »

 

M’est avis que, là, je divague un peu...

 

Je rappelle que cette revue de presse est diffusée par Radio Mon Païs, radio toulousaine militante et peut être écoutée ici.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 06:25

Et comme toujours, dans ces circonstances, les plus faibles sont les premières victimes !

 

La Faculté des Langues de l’Université de Nantes demande à ses enseignants de chômer une semaine pour combler le déficit budgétaire de l’université. Les plus précaires d’entre eux, les vacataires, seront les premières victimes de cette mesure.

 

Cette situation n’est pas tombée du ciel hier matin. Une de mes vieilles amies, enseignante à Nantes, m’avait alerté il y a deux ans déjà, sur les graves problèmes auxquels cette institution était confrontée.

 

Lorsque, dans les années 1980, je rédigeais ma thèse sur Orwell sous la direction d’un des professeurs de cette université, j’étais à cent lieues d’imaginer une telle évolution. Mais pour qu’un monde s’écroule, trente ans sont largement suffisants.

 

Dans leur très grande majorité, les établissements universitaires sont aujourd’hui dirigés par des enseignants qui ont accepté (quand ils ne l’ont pas souhaitée) la loi Pécresse de privatisation de l’Université française, puis la logique fiorasienne et solférinienne qui en a découlé. Dans certaines universités, on en est actuellement à 50% d’enseignants hors statut. On pourra aller jusqu’à 80 ou 90%, cela ne changera rien à la logique infernale de tiers-mondisation de l’Université, où, désormais, les comptables ont pris le pouvoir contre les pédagogues, les chercheurs et les étudiants.

 

Ci-dessous le courriel du doyen de la Faculté justifiant l’injustifiable après la décision prise par le Conseil de cette institution.

 

 

Chers collègues,

 

Le conseil de gestion de notre Faculté, réuni en formation plénière le jeudi 27 novembre 2014, a accueilli, en préambule, le 1er Vice-Président de l’Université de NANTES, Monsieur Mohamed BERNOUSSI, ainsi qu’une délégation étudiante venue exprimer plusieurs doléances autour du déroulement de ce début d’année universitaire. La suite de la séance a été principalement consacrée à définir la réponse à donner aux demandes de la présidence concernant la situation financière de la FLCE. La Faculté enregistre, en effet, un gros déficit pour l’année 2014.

 

Si le budget de fonctionnement est équilibré, voire légèrement excédentaire, le déficit quant à lui, avoisine 300 000 €. Il est, entre autres, le résultat d’une consommation en Heures Complémentaires dépassant largement la dotation attribuée par la présidence. Pour mémoire, la FLCE touchait, en 2011, une dotation de 800 000 €. Elle en a reçu a peu près 500 000 en 2014 et elle en recevra environ 500 000 en 2015. Sur les trois précédentes années, des gels de postes ont affecté la composante et plusieurs congés de maladie ont contribué au sous-encadrement. Dans le même temps, nous avons vu augmenter le nombre d’étudiants (environ + 400). L’Université de NANTES, dans une très difficile situation financière, a fixé des seuils pour l’ouverture des cours. Les cours dont les effectifs n’atteignent pas ces seuils ne sont pas accompagnés d’une dotation.

 

 

Pour répondre à ces difficultés, nous avons tous ensemble travaillé, depuis plus de deux ans, dans le sens de la rationalisation des maquettes, en supprimant entre autres trois LV1, en mutualisant des cours, en n’en ouvrant pas certains, en diminuant le nombre des CM.

 

Nos efforts ont seulement permis d’endiguer le déficit mais, en aucune manière, de le réduire à la hauteur des attentes de la présidence. En cette fin d’année, la pression est montée d’un cran. Notre budget de fonctionnement a été mis sous surveillance et nous avons été vivement invités à réduire nos dépenses de 10% en heures de cours dès le semestre prochain.

Le conseil a avancé plusieurs propositions qui ont fait l’objet de discussions, de débats, de votes. Parmi les décisions, voici celle qui m’amène vers vous.

 

La semaine du 16 au 21 mars ne sera pas travaillée pour les enseignants. Les services des enseignants titulaires seront réduits et les vacataires ne seront pas payés pour cette semaine de cours. Le conseil a voté le principe d’une communication transparente autour de cette mesure, vis-à-vis des étudiants qui seront informés avant et pendant la dite semaine, des enseignants, des personnels, de la présidence et de l’extérieur. Nous travaillerons ultérieurement pour la mise en place de ce dispositif de communication.

 

Ces économies ne suffiront pas pour résorber le déficit. La composante devra continuer ses efforts en 2016, notamment avec d’autres mutualisations pour éviter de maintenir des cours ouverts sous les seuils, tout en garantissant de meilleures conditions de travail aux étudiants dans certains groupes trop chargés. Elle devra aussi mettre en place, pour 2017, une offre de formation moins coûteuse, en harmonie avec la future COMUE.

 

En attendant, nous avons des valeurs à défendre, des objectifs à atteindre, des projets à développer.

 

La FLCE est consciente des difficultés conjoncturelles au niveau national et local. Toutefois, la mise en place de principes de gestion plus stricts et la réalisation d’efforts ne signifient, en aucune façon, son acceptation pleine et entière des sacrifices que l’enseignement supérieur et la recherche publics doivent supporter.

 

Je suis à votre disposition pour toute information complémentaire.

 

Bien à tous.

 

Didier DELORME, Doyen de la FLCE

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 06:35

 

Cette livraison de février du Monde Diplomatique est à l’image de l'époque que nous vivons : dure.

 

Serge Halimi nous dit qu’il faut « choisir ses combats » : Août 1914 : l’union sacrée. En France comme en Allemagne, le mouvement ouvrier chancelle ; les dirigeants de la gauche politique et syndicale se rallient à la « défense nationale » ; les combats progressistes sont mis entre parenthèses. Difficile de faire autrement alors que, dès les premiers jours de la mêlée sanglante, les morts se comptent par dizaines de milliers. Qui aurait entendu un discours de paix dans le fracas des armes et des exaltations nationalistes ? En juin, en juillet peut-être, il restait possible de parer le coup.

Un siècle plus tard, nous en sommes là. Le « choc des civilisations » ne constitue encore qu’une hypothèse parmi d’autres. La bataille qui semble s’engager en Europe, en Grèce puis en Espagne permettra peut-être de la conjurer. Mais les attentats djihadistes favorisent le scénario du désastre ; une stratégie de « guerre contre le terrorisme » et de restriction des libertés publiques aussi. Ils risquent d’exacerber toutes les crises qu’il importe de résoudre. Telle est la menace. Y répondre sera l’enjeu des mois qui viennent.

 

Laurent Bonelli analyse « les chemins de la radicalisation » des Français qui ont choisi le djihadisme : Passé la stupeur des attentats, lorsque se dissipent les sentiments d’indignation et d’impuissance et que la peine se rétracte sur l’entourage des victimes, subsiste une lancinante question. Pourquoi, dans un contexte de paix, de jeunes Français ont-ils pu s’attaquer avec une telle violence à des individus choisis en raison de leurs opinions, de leur confession religieuse présumée ou de l’uniforme qu’ils portent ? Des assassinats commis par Mohamed Merah en mars 2012 à ceux des 7, 8 et 9 janvier 2015, revendiqués par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, en passant par l’attaque du Musée juif de Belgique, le 24 mai 2014, dont est accusé M. Mehdi Nemmouche, pas moins de vingt-huit personnes ont trouvé la mort sous les balles de leurs meurtriers.

 

Faut-il parler d’islamophobie ou de prolophobie, demande Benoît Bréville : Au lendemain des assassinats perpétrés à Charlie Hebdo et dans le magasin Hyper Cacher, des élèves ont refusé d’observer la minute de silence en hommage aux victimes. Un des arguments avancés par les récalcitrants touchait aux « deux poids, deux mesures » de la liberté d’expression en France : pourquoi parle-t-on autant de cette tuerie alors que des gens meurent dans l’indifférence au Proche-Orient ? Pourquoi Charlie Hebdo pourrait-il injurier une figure sacrée de l’islam quand Dieudonné se voit interdire de critiquer les juifs ? La question est jugée si cruciale que Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, a estimé, le 15 janvier dernier, qu’il était nécessaire de former les enseignants pour y répondre.

 

Comment tarir les sources du recrutement salafiste armé, demande Pierre Conesa : Le combat contre les djihadistes ne se livrera pas sur des terres lointaines. Il ne peut se résumer non plus à une affaire de police et de justice. Lutter contre les idéologies religieuses sectaires requiert une vaste politique de contre-radicalisation s’appuyant sur la mobilisation des élites et des institutions musulmanes de France.

 

Pour de nombreux jeunes, le Prophète est la seule chose en laquelle ils croient (Pierre Souchon) : Tous deux fils d’ouvriers algériens, Wissem et Nabil ont grandi dans le même quartier, où ils ont fait les quatre cents coups. Mais l’un a fini par se tourner vers la religion et l’autre vers le syndicalisme. Retour sur des histoires parallèles.

« Deux jours. Ils ont mis deux jours à retrouver les Kouachi et à les flinguer. » Un grand soleil d’hiver éclaire l’autoroute où Wissem, 22 ans, slalome entre les voitures. « Je pense à mes frères... Tu vois ? » On voit. On voit Wissem s’assombrir, monter le son de l’autoradio et plonger dans le silence de ses souvenirs. Ses deux frères aînés sont morts avant d’être trentenaires, leurs assassins sont en liberté. Voilà un peu plus de deux ans, Bachir cambriolait une villa avec un ami. De retour de la chasse aux sangliers, un voisin passe par là et l’exécute d’une balle dans la tête. Le tireur est placé une heure en garde à vue, et l’instruction débouche sur un non-lieu. Il n’y eut pas plus de procès que de légitime défense — Bachir a été abattu alors qu’il s’enfuyait en voiture... Quelques mois plus tard, Yassine est fauché par une rafale de kalachnikov en pleine rue. « Toute la ville sait qui a fait ça. Les flics aussi, mais ils font rien : un Arabe de moins, ça les arrange... » C’est une certitude tranquille, énoncée sur le ton de la banalité, sans colère, presque, et appuyée par un rap que Wissem se met à fredonner : « Plus de jeunes à la morgue ça fait moins de jeunes à la barre / La vie que j’ai tu la connais par cœur vu que c’est partout la même / J’baiserai la France jusqu’à ce qu’elle m’aime»

 

Dominique Vidal perçoit « un antisémitisme virulent mais marginal » : L’assassinat de quatre otages par Amedy Coulibaly à la supérette kasher de la porte de Vincennes a sidéré de nombreux juifs de France. Après l’enlèvement et la mise à mort d’Ilan Halimi par M. Youssouf Fofana en 2006, puis le massacre perpétré par Mohamed Merah à l’école Ozar-Hatorah de Toulouse en 2012, nombre d’entre eux y ont vu l’expression d’une vague d’antisémitisme qui déferlerait sur notre pays.

Difficile de ne pas laisser l’émotion l’emporter sur la raison. Ce qui est moins compréhensible, c’est que beaucoup d’analystes font une confusion dans les indices qu’ils utilisent. Il convient en effet, pour mieux cerner le phénomène, de distinguer opinions antisémites et actes antisémites.

 

 

Julien Théron analyse la « funeste rivalité entre Al-Qaida et l’Organisation de l’Etat islamique » : 

La revendication de la tuerie à Charlie Hebdo par la branche d’Al-Qaida dans la péninsule arabique replace sur le devant de la scène un mouvement évincé des médias par les succès militaires de l’Organisation de l’Etat islamique. Portant les mêmes aspirations et agissant avec la même cruauté, les deux formations ont des stratégies divergentes.

 

Pour Anne-Cécile Robert, les Lumières sont attaquées : Les religions occupent de nouveau une partie substantielle du débat public alors que la philosophie des Lumières affronte des critiques radicales, y compris de la part de penseurs progressistes. Ne serait-il pas temps de revisiter une pensée fondatrice de la démocratie et de la République ?

« Comment conjoindre la liberté d’expression des caricaturistes et l’interdiction dans les écoles du port du voile, qui participe de l’expression de l’identité ? », écrit le sociologue Hugues Lagrange. Sans entrer dans le débat sur le port des signes religieux, ce type de comparaison traduit une confusion philosophique majeure. En effet, il place sur le même plan des pratiques qui relèvent de l’exercice de la raison et des comportements qui expriment une foi.

 

Philippe Leymarie relève qu’en Afrique existent d’autres foyers du djihadisme : Sur les huit conflits les plus meurtriers et dévastateurs du moment, sept se déroulent en Afrique, où la désintégration de la Libye alimente en armes les groupes djihadistes. L’Union africaine a longtemps semblé impuissante à prendre en charge la sécurité des populations, abandonnée aux initiatives franco-américaines. Mais une première force d’urgence continentale pourrait voir le jour cette année...

 

Hicham Ben Abdallah El-Alaoui  déplore la « surdité des gouvernements arabes » : En se lançant dans une guerre froide régionale, les régimes du Proche-Orient imaginent se protéger de la contagion du « printemps arabe ». La logique : exacerber les tensions avec leurs voisins pour préserver le statu quo intérieur. Leur stratégie débouche sur une impasse lourde de menaces nouvelles.

 

Pierre Rimbert perçoit un recul des libertés en France : « Soyez libres, c’est un ordre » : Chacun le redoutait, mais nul n’imaginait que le drame surviendrait ainsi : vendredi 9 janvier, le footballeur de Montpellier Abdelhamid El-Kaoutari ne porte pas le maillot « Je suis Charlie » lors de l’échauffement préparatoire au match contre l’Olympique de Marseille. Aussitôt, les réseaux sociaux crépitent. Invité le dimanche sur Canal Plus, l’entraîneur Rolland Courbis est sommé de s’expliquer. Le lendemain, la polémique enfle : trois joueurs de Valenciennes n’acceptent de revêtir le fameux maillot qu’à condition d’escamoter le « je suis » sous un bout de Scotch. Sur le plateau d’« Afterfoot », une émission-phare de RMC, le ton monte. « On se bat depuis une semaine pour la liberté d’expression, explique l’animateur Gilbert Brisbois, laissons-les s’exprimer et attendons leurs explications. » Furieux, le journaliste Daniel Riolo enchaîne : « … la liberté d’expression qui va être l’argument de tous les abrutis pour sortir toutes les bêtises ».

 

Alain Supiot dénonce « Le rêve de l’harmonie par le calcul » : L’essor de la gouvernance par les nombres n’est pas un accident de l’histoire. La recherche des principes ultimes qui président à l’ordre du monde combine depuis longtemps la loi et le nombre au travers de la physique et des mathématiques, s’agissant de l’ordre de la nature ; du droit et de l’économie, s’agissant de l’ordre social. La situation est comparable dans l’ordre religieux, où la soumission à la loi divine et la contemplation mystique de vérités absolues ont été reconnues comme deux voies différentes d’accès au divin.

 

Thierry Vincent voit dans la victoire de Syriza « Un espoir tempéré et la crainte des coups tordus » : La percée récente des forces progressistes aux élections grecques bouleverse un appareil d’Etat contrôlé depuis quarante ans par deux familles politiques. Si les dégâts de l’austérité ont convaincu une bonne partie de la fonction publique de choisir la coalition de gauche Syriza, des réseaux extrémistes s’activent autour des corps de sécurité.

 

Pour Julien Vercueil, l’économie russe est en pleine tempête : « Avis de gros temps sur l’économie russe » : A chaque saison son choc. Après l’annexion de la Crimée au printemps, l’escalade des sanctions cet été, la chute brutale du prix des hydrocarbures cet automne, l’économie russe subit l’effondrement du rouble depuis novembre dernier. Rouvrant les cicatrices des années 1990, cette crise de change laissera des traces. Car elle expose au grand jour des faiblesses structurelles longtemps sous-estimées par le pouvoir.

 

Maxime Robin nous emmène dans les Apalaches « décapitées par les marchands de charbon » : Malgré le boom du pétrole et du gaz de schiste, le charbon demeure la principale source d’énergie aux Etats-Unis. Pour en accroître la production, les compagnies minières privilégient désormais l’exploitation à ciel ouvert en arasant les sommets à l’explosif. Ce procédé, très utilisé dans les Appalaches, a des conséquences environnementales désastreuses.

 

Tandis que Michael T. Klare nous rappelle que « la guerre du pétrole se joue en mer : « Les escarmouches succèdent aux escarmouches en Asie-Pacifique. La dernière livraison de « Manière de voir » en dresse l’inventaire, plonge dans l’histoire de la région pour en comprendre les ressorts et analyse les motivations nationales contemporaines. Parmi elles, la course au pétrole — qui ne concerne pas que la mer de Chine.

 

Les Papous sont désormais minoritaires en Papouasie (Philippe Pataud Célérier) : Le président indonésien Joko Widodo, investi en octobre 2014, a été présenté comme un homme d’ouverture, un sentiment renforcé par la libération de deux journalistes français arrêtés en Papouasie. Mais leur accompagnateur papou, lui, risque la prison à vie, et son avocate est menacée de mort. Plus encourageante est la volonté de concorde entre les indépendantistes papous pour dénoncer les massacres.

 

A propos du chômage, Hadrien Clouet dénonce « le mythe des emplois vacants » : A écouter de nombreux discours sur les emplois vacants ou non pourvus, la France serait assise sur d’immenses gisements de travail salarié. De tels propos alimentent une proposition politique : renforcer le contrôle des chômeurs pour que l’aiguillon de la contrainte les tire de l’apathie. Pourtant, les chiffres mis en avant ne signifient pas ce que l’on cherche à leur faire dire, bien au contraire.

 

Pour Aurélien Bernier, pas de châtiment pour les crimes économique : En délocalisant leur production dans les pays les plus pauvres, les entreprises multinationales ne recherchent pas seulement une main-d’œuvre à bon marché. La faiblesse des lois sociales et environnementales les protège des poursuites judiciaires. Cette impunité prospère aussi faute d’instances internationales ou de tribunaux compétents en la matière dans les pays consommateurs.

 

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 06:49

Je rappelle très immodestement avoir publié il y a bientôt quinze ans un livre sur la censure au Royaume-Uni. Parmi des centaines de cas de censure dans la littérature, le cinéma, le théâtre, la chanson, j’avais relevé une décision dont Hitchcock (qui était loin d’être un agitateur  gauchiste) avait été victime. Dans la célébrissime scène de la douche de Psychose, le génial réalisateur avait utilisé, pour la bande son, le bruit d’un couteau de cuisine transperçant un gros morceau de viande. La censure demanda que les quatorze coups originels soient réduits à trois (il y en a huit dans la version française doublée), la séquence durant vingt-deux secondes au lieu de quarante-cinq.

 

Il faut dire qu’en ce moment, surtout depuis l’épisode « Charlie » qui leur a posé de nombreux problèmes, les médias britanniques (et étasuniens) font dans le politiquement correct. Le politiquement correct : cette arme de droite des gens de droite. Par exemple, la BBC refuse de qualifier Coulibaly et les deux autres frères assassins de « terroristes », au prétexte que ce vocable serait biaisé. La “ vieille dame ” préfère « gunman », qui signifie « homme armé » ou « tireur ». Une fois qu’on a dit « gunman », on est drôlement avancé. Le mot « terroriste » (oui, je sais, pour les nazis, les résistants étaient des terroristes) vient de « terreur » signifiant « peur extrême » et qui, depuis la Révolution française en particulier, est associé à l’idée de peur collective, de mesures d’exception, de violence. Un terroriste use du terrorisme comme moyen d’action. Le terrorisme est l’usage de la violence (attentats, destructions) pour atteindre un but politique. Il s’agit d’impressionner, de terroriser la population, de créer un climat d’insécurité. Jacques Derrida clarifie le problème : « Si on se réfère aux définitions courantes ou explicitement légales du terrorisme, qu’y trouve-t-on ? La référence à un crime contre la vie humaine en violation des lois (nationales ou internationales) impliquant à la fois la distinction entre civil et militaire (les victimes du terrorisme sont supposées être civiles) et une finalité politique (influencer ou changer la politique d’un pays en terrorisant sa population civile) ». Les résistants ne sauraient être inclus dans cette classification : ils ne tuent pas au hasard, ils ne tuent pas des non-combattants, ils ciblent des autorités militaires ou administratives. Leur but est d’amoindrir le potentiel de l’ennemi. Ils peuvent également s’en prendre aux collaborateurs de cet ennemi.

 

Dès lors, on ne voit vraiment pas pourquoi la BBC répugne à qualifier de « terroristes » les tueurs de Charlie Hebdo et du magasin cacher. Cela tient peut-être au fait que des quartiers entiers de Londres sont gérés par des musulmans (sans parler de ceux qui sont tenus par des juifs hassidiques), tout comme plusieurs grandes villes du pays où, parfois, une charia “ douce ” (light) est en vigueur. Rappelons enfin que l’on peut être islamiste sans être terroriste, et même djihadiste sans être terroriste. Et que l'on peut être terroriste sans être islamiste, ni même djihadiste…

 

Revenons à Hitchcock. Après la guerre, il aida à la réalisation, comme conseiller technique et monteur, d’un documentaire sur la libération d’Auschwitz par les soviétiques. Ce film fut censuré pour cause de guerre froide. En 1945, le gouvernement britannique demanda au metteur en scène et producteur Sidney Bernstein (il produira La corde d’Hitchcock) de réaliser un film factuel sur la libération des camps de concentration. Pour monter des films réalisés par des équipes sur place à la libération de onze camps (cinq anglo-étasuniennes et une soviétique qui montre l’intérieur d’Auschwitz), Bernstein va faire appel au socialiste Richard Crossman pour le script et à Hitchcock pour le montage des rushes. Hitchcock recommanda la multiplication de plans fixes pour marquer la conscience des spectateurs et l’usage de cartes et de plans pour persuader de l’existence réelle des lieux de l’horreur. Il travailla rapidement, si bien que certaines de ses images seront utilisées au tribunal de Nuremberg pour identifier certains responsables des camps.

 

Tout ce travail va néanmoins moisir dans des tiroirs pendant soixante-dix ans. Dès qu'il le visionne, le ministère des Affaires étrangères estime que « diffuser un film sur ces atrocités n’est pas une bonne idée ». Si les Britanniques et les États-Uniens n’avaient libéré aucun camp d’extermination (ils libérèrent des camps de concentration), ce n’était pas de leur faute : ces camps se situaient tous dans la zone d’action de l’URSS. Mais dans le nouveau contexte de la guerre froide, il devenait aventureux de rappeler que l’URSS avait été responsable de la libération d’une bonne partie de l’Europe. Par ailleurs, il ne fallait pas « humilier » l’Allemagne si l’on voulait opposer une Europe occidentale puissante au bloc communiste.

 

 

 

 

Le film de Bernstein et d’Hitchcock sera montré – très incomplet – au Festival du film de Berlin en 1984 et devra attendre 2015 pour être enfin projeté in extenso.

 

À noter qu’en 1971, Jerry Lewis réalisa Le jour où le clown a pleuré (The day the Clown Cried), une fiction sur l’extermination des Juifs. Ce film était basé sur l’histoire vraie d’Helmut Dorque, un clown allemand antinazi à qui les SS demandaient de faire le pitre pour que les enfants aillent dans la chambre à gaz sans pleurer. Dorque mourra dans la chambre à gaz, en amusant les enfants. Pour diverses raisons, dont certaines financières, le film ne fut jamais distribué.

 

Hitchcock, les camps de concentration et la censure
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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 07:15

La libanaise Joumana Haddad n'a pas froid aux yeux. Dans sa vie professionnelle, comme dans sa vie personnelle, elle fait preuve d'un grand courage (elle se définit comme une “ femme arabe écrivaine en colère ”). Face à elle, les “ grandes ” institutions médiatiques qui font dans le politiquement correct (et dans leur froc) depuis l'assassinat des collaborateurs de Charlie Hebdo et des clients juifs de l'épicerie cacher devraient rentrer sous terre.

 

Journaliste, romancière, plasticienne, elle croule sous les distinctions. Ce qui ne l'empêche pas de militer ardemment en faveur de la liberté d'expression et des droits des femmes.

 

Elle a publié récemment J'ai tué Schéhérazade. Confessions d'une femme arabe en colère. La thèse de ce livre est très claire. La femme s'entend dire “Ta maison est ton royaume. Dans ta maison, tu élèves, tu éduques, tu cuisines, etc.” Or que fait-elle le plus souvent ? Elle élève ses garçons pour qu'ils deviennent comme son mari et son père, et ses filles pour qu'elles deviennent comme elle, des victimes, des opprimées abandonnées au pouvoir de l'homme. On nous persuade que pour réussir dans la vie il faut satisfaire l'homme. Par une femme, un repas, une paire de seins siliconés, une bonne partie de jambes en lair ! Schéhérazade est “ l'objet d'une adoration écœurante de la part des adeptes de l'exotisme orientaliste. ”
 

Et puis une Libanaise fumant le cigare ne peut être totalement mauvaise. C'est un non-fumeur qui vous le dit !

 

 

Chers Occidentaux,

 

Vos intellectuels, vos hommes scientifiques et vos philosophes vous ont trop longtemps dupés, mais il est temps de remettre les choses au point : voyez-vous, Dieu n’est pas mort.

 

Vous ne me croyez pas ? Demandez-le à Sarah-Lou, la plus jeune fille de Tignous, et à ses trois sœurs. Elles vous diront que Dieu a été tellement « chagriné » par les dessins de leur papa, qu’Il a personnellement ordonné à deux de Ses fidèles disciples d’Al-Qaeda de le tuer. Or un Dieu mort, nous le savons tous, ne peut pas sentir de chagrin. Preuve numéro un !

 

Dieu n’est pas mort. Réveillez-vous, merde ! Demandez-le à Raef Badaoui, le militant saoudien qui a récemment osé le critiquer. Même pas, en fait : il a juste critiqué quelques-uns de ses représentants. Raef vous dira que Dieu a été tellement « blessé » par ses mots, qu’Il a supplié Ses gentils wahhabites de le flageller.

 

Or un Dieu mort ne peut pas se sentir blessé. Preuve numéro deux !

 

Dieu n’est certainement pas mort. Ouvrez bien les oreilles ! Demandez-le à Amir, le garçon pakistanais de 12 ans, et à ses 131 camarades, qui ont commis le crime d’aller à l’école dans la ville de Peshawar. Ils vous diront que Dieu a été tellement « peiné » par leur soif d’apprendre, qu’Il a dû implorer Ses cléments talibans de les abattre tous. Or un Dieu mort ne peut ressentir de peine. Preuve numéro trois !

 

Dieu n’est pas mort, je vous dis ! Demandez-le à Afaf, la femme yézidi qui a eu l’insolence de ne pas être née musulmane. Elle vous dira que Dieu a été tellement « déçu » par cette identité qu’elle n’a pas choisie, qu’Il a commandé Ses charmants militants de l’Etat islamique de la violer au moins 30 fois par jour. Or un Dieu mort ne connaît pas le goût amer de la déception. Preuve numéro quatre !

 

Vous en voulez encore, des preuves ? Tenez, j’en ai plein : demandez-le à Malala Yousafzai en Afghanistan. Demandez-le à Reyhaneh Jabbari en Iran. Demandez-le aux 2 000 victimes nigérianes de Boko Haram entre le 3 et le 7 janvier 2015 ; à toutes les femmes qui n’ont pas le droit de conduire une voiture en Arabie Saoudite ; à toutes les jeunes filles dont on sectionne le clitoris en Egypte ; à toutes les sœurs et épouses qui sont assassinées par des crimes dits d’honneur en Jordanie ; à toutes les mineures qu’on marie au Yémen ; à tous les homosexuels qui sont jetés du haut des immeubles en Syrie ; à toutes les minorités qui sont exterminées en Irak. Et j’en passe.

 

Non, Dieu n’est pas mort. Il est bel et bien vivant, un peu partout sur la planète, mais surtout chez nous, dans ce bon vieux monde arabo-musulman, et ce, grâce à Ses « braves élèves » qui abondent ici. Vous me direz que vous en avez vous aussi, des types comme ça. Et vous aurez raison. Vous avez même encouragé leur prolifération, par vos politiques injustes, vos intérêts économiques, votre prostitution aux pays du Golfe : si les fanas sont prêts à tout pour leur Dieu, vous, vous êtes prêts à tout pour l’argent. Un ministre saoudien dans la marche républicaine, alors ça, c’est une caricature offensive !

 

 

 

Bref. Dieu n’est pas mort, et il revient aux fanatiques de vous prouver qu’Il est bien en vie. Vous, les Occidentaux, qui lui avez largement tourné le dos. Vous, qui Le contrariez continuellement, le pauvre. Vous, qui ne faites que Le vexer, Le contester et Le dépiter. Vous, qui Le provoquez, vous moquez de Lui, Le désenchantez. D’ailleurs il commence à y en avoir chez nous aussi, des mécréants comme vous, et de plus en plus nombreux : chrétiens et musulmans, croyants et athées. Ils luttent pour un monde arabe laïque et attendent impatiemment la fin de cette époque qu’ils disent « ténébreuse » ; mais on les tient en laisse. On les emprisonne, on les torture, on les condamne à mort. Et vous, vous fermez souvent l’œil, n’est-ce pas ?

 

Pourquoi toute cette haine à l’égard de Dieu, alors qu’Il n’est qu’Amour, Lui ? Tout ce qu’Il veut, c’est d’être aimé en retour (et idolâtré de temps en temps : mais franchement, qui Le blâmerait ?). Tant mieux s’Il est entouré de gens honnêtes comme les fanatiques pour croire en Lui, Le défendre, Le protéger, garder intacte Sa dignité, imposer Son respect et Ses valeurs. Sinon qu’en serait-il de ce monde ? Ce serait un monde de criminels ! Fini, la paix qui règne sur terre. Fini, l’entente entre les peuples, la tolérance, la décence et la liberté. Fini, l’humanité et l’humanisme. Il n’y aurait plus que des meurtriers, des pédophiles, des homophobes, des racistes, des sexistes, des ignorants, des censeurs, partout, et des guerres interminables, qui se répèteraient en boucle. C’aurait été un monde intolérable, pas vrai ?

 

Mais ne vous inquiétez pas, chers Occidentaux : les fanatiques vont vous « sauver » et nous sauver, nous les Arabes sécularistes et assoiffés de liberté. En gros et en détail. Coûte que coûte. Ils feront le nécessaire, défieront tous les obstacles (lois, droits humains, logique, savoir, justice, forces de l’ordre, etc. : toutes les foutaises, bref) et ils vous, nous, ramèneront vers Lui. Peut-être bien en lambeaux, décapités, écrasés, transpercés, égorgés, mais qu’importe ?

 

Il saura bien nous recoudre, là-bas, dans Son Royaume Eternel. Peut-être bien au prix de quelques carnages ici et là, mais qu’importe ? Il saura nous consoler et nous indemniser. A propos, savez-vous qu’Il a des rivières de vin là-haut, et des vierges autant que l’on peut en sauter ? Bon, il est vrai que ces dernières sont promises à Ses martyrs, mais ils s’arrangeront avec nous. Car un bon musulman est généreux. Ainsi le Prophète a-t-il dit, surtout à Abu Bakr Al Siddik, qui hésitait à lui accorder sa fille en mariage car elle n’avait que 8 ans. « Il faut donner sans compter », lui a-t-il dit, et voilà l’essence de l’islam. Donc les fanatiques donnent : des balles, des bombes, des coups de sabre, des coups de reins dans les flancs des femmes impies. Sans compter.

 

Faites gaffe, chers Occidentaux ! Dieu n’est pas mort du tout. Je viens de le voir en train de nettoyer son fusil à Al Riqqa. Et surtout ne laissez pas les faits vous tromper : grâce à Lui, ce monde s’en porte de mieux en mieux. Si vous ne me croyez pas, venez faire un petit tour chez nous.

 

 

Source : Libération.

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 06:54

Le Huffington post (on dit le Huff Post), que je n’ai jamais cité, donne, outre-tombe, la parole à la jeune Marion qui s’est suicidée parce que harcelée à l’école :

 

Je suis Marion, qui s'est tue à jamais pour échapper au désespoir de ne pas être entendue et soutenue au collège. Je travaillais bien en classe. J'ai osé parfois demander le silence. On m'a huée, à l'école de la République. On m'a brimée, menacée, insultée, fragilisée, et personne n'est venu à mon secours.

 

Ma disparition n'a pas suscité de vrai débat ni de remise en cause sérieuse au sein de mon collège. Pourtant, il ne faut plus que cela se reproduise. Il faut sortir du déni collectif.
Je suis Marion, et je demande : à quand une réelle prise de conscience, une politique nationale digne de ce nom, pour que les valeurs républicaines ne soient pas que des mots inscrits aux frontons de nos écoles ? Moi, j'y croyais si fort, en ces valeurs. J'y mettais tout mon cœur, ce cœur qui aujourd'hui ne bat plus.

 

Je suis Marion, tombée au combat de l'école des incivilités. Pour moi, il n'y a eu ni médaille, ni reconnaissance, ni minute de silence.

 

Citoyens, œuvrez pour que le délit de harcèlement scolaire soit créé.

 

 

 

Pour Henri Mora des Zindigné(e)s, les Center Parcs (cette orthographe – center écrit façon yankee et parc façon française – me hérisse) sont « l’enfer au paradis » : « La construction du Center Parcs des Chambarans dans l’Isère, oppose deux manières d’aborder la situation actuelle. La première cherche à continuer dans la voie désastreuse de l’économisme marchand qui broie la vie et les conditions sociales, crée du chômage et détruit l’environnement. La seconde espère pouvoir sortir de cette obsession du développement à tout prix et élaborer de nouveaux rapports humains et sociaux. »

 

 

Dans Mediapart, Martine Orange interroge le député européen Pascal Durand sur la Loi Macron. Le droit des consommateurs est touché par cette directive, par la question des normes. En Europe, le principe de précaution s’applique. Les consommateurs ont le droit de demander ce que les industriels utilisent comme substance. Aux États-Unis, c’est l’inverse. Tout ce qui n’est pas interdit est possible. Si, demain, la fracturation hydraulique est autorisée en Europe, il risque d’être impossible de demander aux exploitants quels produits chimiques ils utilisent, si ceux-ci sont bien conformes. La charge de la preuve risque d’être inversée. Ce ne seront plus les entreprises qui vont devoir démontrer que leurs produits sont sans danger mais aux associations, aux consommateurs d’apporter la démonstration qu’ils peuvent l’être, sans pouvoir avoir accès à un minimum d’informations pour le prouver.

 

 

Dans l’Humanité, Hassane Zerrouki revient sur le massacre à huis clos de 123 journalistes algériens (y compris des responsables de revue de presse) entre 1993 et 1995 :

 

Au total, 123 journalistes et employés de presse ont été assassinés par balles ou décapités. Une tragédie à huis clos. En France, hormis l’Humanité, Marianne et le SNJ-CGT, la solidarité des confrères n’a pas été au rendez-vous, ou si peu. Reporters sans frontières, alors dirigé par le triste Robert Ménard, mais aussi certains journaux – ils se reconnaîtront – mettaient insidieusement les assassinats des journalistes au compte des services algériens 
qui manipulaient les groupes islamistes ! Pire, pour se donner bonne conscience, ils parlaient de « sale guerre » et insinuaient que derrière chaque journaliste algérien 
se tenait un « flic », justifiant par anticipation les assassinats à venir.

 

 

Politis nous rappelle à propos des élections en Grèce que les marchés n’aiment pas les élections :

 

Les marchés n’aiment pas les élections. Encore moins quand elles portent au pouvoir un gouvernement de gauche. L’annonce, mercredi, par le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras de l’arrêt de certaines privatisations clés, ainsi que la réaffirmation de sa détermination à tourner la page de l’austérité, ont immédiatement été suivies d’une chute de la bourse et notamment des grandes banques.

 

L’indice général de la Bourse d’Athènes a perdu 9,24 % en une journée, et les banques un quart de leur valeur.

 

Le montant des retraits de la Banque centrale allemande s’est élevé à 11 milliards d’euros, contre 3 milliards d’euros de retraits nets en décembre. Ce qui a obligé les quatre banques grecques à recourir le 21 janvier, soit quatre jours avant la victoire du Syriza, au programme de liquidités d’urgence prévu par la Banque centrale européenne. M. Nagel, membre de la Banque centrale allemande, avait mis en garde le nouveau gouvernement grec contre un arrêt du programme de réformes en cours, en brandissant la menace de possibles « conséquences fatales pour le système financier grec », dont les banques « perdraient alors leur accès à l’argent de la Banque centrale ».

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