Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 08:01

Dans son éditorial, Paul Ariès dénonce le « déni de l’effondrement » : « La publicité  faite à l’accord conclu le 12 novembre 2014 entre les Etats-Unis et la Chine est une mauvaise farce. Mauvaise farce car cet accord est en retrait par rapport aux objectifs antérieurs. Mauvaise farce car cet accord anticipe l’échec de la Convention Climat-Paris 2015. Les grandes puissances ont choisi de passer par-dessus les institutions internationales, dont l’ONU.

 

Les Zindigné(e)s ! consacrent un dossier aux « Oubliés de la République, les Amérindiens de Guyane. Les Zindigné(e)s poursuivent leur enquête sur le maldéveloppement planétaire. Les pays du Sud sont dans ce domaine un miroir grossissant de ce qui ne va pas à l’échelle mondiale. Paul Ariès, à cette occasion, s’entretient longuement avec Yves Gerry, à l’occasion de la sortie de son livre Les abandonnés de la République.

 

Le sociologue Thierry Brugvin réfléchit à une forme de « relocalisation fédéraliste et sociale contre la mondialisation néolibérale » :  Actuellement, contre la mondialisation néolibérale, plusieurs courants largement antagonistes font la promotion de la relocalisation. Cette dernière préoccupe autant l’écologie sociale, que les partisans de l’autonomie économique de gauche (la démondialisation de Montebourg), que d’extrême droite.

 

 

Les Zindigné(e)s ! se sont entretenus avec Stéphane Lavignotte, théologien et pasteur progressiste, militant à la Maison verte, sur l’écologie. « C’est dans cette histoire que je mets mes pas, commente Stéphane Lavignotte. C’est à la fois une responsabilité et une liberté. » La parution de son dernier ouvrage Les religions sont-elles réactionnaires ? (Textuel) est une belle occasion de nourrir le dialogue pour construire avec les croyants une Objection de croissance amoureuse du bien vivre.

 

 

Le nucléaire civil et militaire : un danger pour l’humanité ?, demande Denis Lalanne. Quels sont les liens entre nucléaire civil et nucléaire militaire ? Nombreux, répondront certains mais d’autres répliqueront que cela ne remet pas en cause nos choix pour construire la société mondiale de demain. Une erreur. Les liens historiques, technologiques, industriels, sociétaux et politiques façonnent nos rapports humains.

 

Éric Dupin explique pourquoi les « défricheurs » ont un bel avenir.

 

Les Zindigné(e)s ! s’entretiennent avec André Tosel (auteur de Pour une culture du futur, sur la possibilité de construire une contre-hégémonie : La contre-révolution conservatrice mondiale est ressortie vainqueure du 20e siècle. Comment se construit l’hégémonie ? Qu’est-ce que l’imaginaire néolibéral ? Comment nous y opposer ?

 

Que sont la gauche et la droite devenue, demande le philosophe Michel Weber ? Il faut être aveugle et sourd aux réalités politiques actuelles et aux revendications populaires pour s’interdire de prononcer la banqueroute de la gauche. Partout la droite progresse et, si elle ne gouverne pas, d’autres se chargent pour elle d’appliquer sa politique résolument néolibérale. Cette faillite est totale : idéologique, morale et politique. La banqueroute de la gauche.

 

Pour Laurent Paillard, l’Éducation nationale est le champ d’une concurrence liberticide et biaisée : L’idéologie néolibérale présente la concurrence libre et non faussée comme une théorie économique. Si on la prend pour ce qu’elle prétend être, on ne peut être que confondu par le simplisme et la naïveté de cette « théorie ».

 

Nicole Delépine (oncologue) se demande s’il faut dépister systématiquement le cancer de la prostate : le dépistage des cancers de la prostate par le dosage des PSA 1 est inutile et dangereux pour les hommes qui le pratiquent : « Cette donnée acquise de la science ne mériterait pas qu’on la rappelle si je n’avais été stupéfiée d’être sollicitée, il y a quelques jours, par une pétition en sa faveur lancée par on ne sait quel groupe d’intérêt ».

 

Yann revient sur le meurtre de Rémi Fraisse : Que vaut, en démocratie proclamée, la vie d’un jeune homme en pleine santé morale, attentif au monde qui l’entoure, révolté de voir ce dernier sombrer lentement sous les coups redoublés d’une économie dévoreuse de tout ce qui justement fait la vie ? Peu de choses, probablement.

Les Zindigné(e)s ! n° 20
Partager cet article
Repost0
20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 06:17

Y a-t-il une entreprise plus française que Christofle ? Pas sûr. Cette orfèvrerie fut fondée par Charles Christofle en 1830. Très vite, elle se spécialisa dans l’argenture et la dorure. Ses successeurs introduisirent la galvanoplastie. Depuis Christofle est synonyme de qualité, d’excellence française, de l’époque où l’on ne travaillait pas plus pour gagner plus mais où l’on avait le culte du travail bien fait.

 

Ces temps-ci, la société Christofle s’est lancée dans une campagne de pub avec un slogan, je vous le donne en mille, mâtiné d’anglais. Avec Christofle, on vit des « Silver Moments ». « Instants Argentés » ? C’était l’horreur ! En plus, en français, on pouvait jouer sur le double sens d’« argent » (le métal et la monnaie), ce qui n’est pas possible avec l’anglais. Faut tout leur dire à ces concepteurs neuneux.

Méprisons la langue française (33)

PS : deux petites remarques qui n’ont rien à voir sur des faits de langue qui me hérissent. Il semble que les cadres dynamiques, du privé comme du public, affectionnent les mots qui se terminent en « du ». On ne dit plus les « attentes » (« nos attentes en matière de résultat ») mais les « attendus ». On ne se contente plus de la « remise » (d’un dossier ») mais du « rendu » de ce dossier. Quand on remplace un bon mot par un faux mot, cela cache quelque chose. Je ne sais pas trop quoi, mais je trouverai.

 

On sait que l’université française est de moins en moins républicaine et de plus en plus managériale, tant elle se décroche le cou en regardant du côté des States. On en veut pour preuve les nouveaux noms d’établissement universitaire qui fleurissent actuellement. Plusieurs établissements normands se sont récemment regroupés. Ils auraient pu appeler leur nouvelle communauté universitaire « Université de Normandie ». Pas assez Wall Street. Ils ont préféré « Normandie Université ».

 

Avec ce symbole de toute beauté :

Méprisons la langue française (33)
Partager cet article
Repost0
16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 06:25

Prétendument, le gouvernement rend aux universités les millions d'euros qu'il leur avait pris. Dans Mediapart, Pascal Maillard démonte les mécanismes de cette manœuvre au petit pied que les grands médias ont transformée en une mesure de justice, de gauche.

 

Hollande, Fioraso et la Conférence des présidents d’université (CPU) viennent de réaliser un formidable enfumage de l’Université, de la Recherche et de l’opinion publique : faire passer la restitution de 70 millions pour un sauvetage et une sanctuarisation alors que le gouvernement programme 1,6 milliards de réductions de crédits, détruit l’emploi scientifique et précarise notre jeunesse.

 

La politique de notre démocratie dévoyée se construit de plus en plus dans des jeux de rôles, des stratégies de communication et des mensonges éhontés. Plus encore que Sarkozy, François Hollande et son gouvernement excellent dans l’art de l’enfumage, et plus précisément dans cette ruse, devenue un classique, qui consiste à affoler la galerie avec une petite régression inacceptable pour masquer un insidieux coup de matraque d’une toute autre portée. Une fausse reculade du gouvernement donnera aux indignés le sentiment d’une grande victoire alors qu’ils sont les dindons de la farce. La comédie qui vient de se jouer avec le budget de l’Enseignement supérieur et de la Recherche est de ce point de vue exemplaire.

 

1. Une comédie en trois actes

Acte I : la coupe scélérate. L’action se passe au Parlement le 18 novembre dernier. Lors de la première lecture du Projet de loi de finances 2015, des amendements déposés par le gouvernement retranchent 136 millions d’euros de plusieurs lignes budgétaires de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dont 70 millions de crédits pour les universités : les députés socialistes obtempèrent en bons godillots, sans se demander s’il n’y a pas dans cette coupe une entorse à l’engagement du Président de préserver l’Enseignement supérieur et le Recherche.

Acte II : l’organisation de la protestation. L’action se déroule en trois lieux et de façon coordonnée. Au Sénat qui retoque les amendements et annule les baisses de crédit, un choix très prévisible et attendu par le gouvernement. Au ministère où Fioraso soigne sa communication : je me bats pour la préservation du budget, mais je suis solidaire du gouvernement. Autrement dit : ce n’est pas moi, mais Bercy. A la CPU où les présidents d’université exigent la restitution des 70 millions, oubliant au passage que la coupe est de 136 millions et concerne aussi la recherche, ce dont ils semblent se moquer. « L’appel de Strasbourg », initié par la présidence et signé par tous les directeurs de laboratoires et de composantes est heureusement plus vigoureux, mais il est à craindre qu’il rejoigne bien vite le cortège des enfumés.

 

Acte III : François 1er sauve l’Université. Se campant en ultime arbitre du différend, le Président fait circuler l’information, la veille de la journée de mobilisation nationale du 11 décembre (dépêche AEF puis article des Echos), selon laquelle il a décidé de restituer les 70 millions. Ce que les amendements gouvernementaux avaient imposé, le prince décide de le défaire, réduisant le Parlement à une simple marionnette. Le 12 décembre au soir, à l’occasion d’un dîner organisé à l’Elysée, François Hollande déclare devant un parterre de présidents d’université comblés : "Le budget des universités, dans une période de contraintes budgétaires, doit être sanctuarisé. C'est une promesse qui est tenue. Je me réjouis que, suite à une intervention que j’ai faite, le Parlement ait rétabli les 70 millions".

 

Comme dans toute bonne comédie, le concert final des satisfécits peut commencer et le dîner de dupes se dérouler joyeusement sous les ors de la République. Le président de la CPU ira même jusqu’à minimiser l’incident : une « maladresse du ministère du budget », dira-t-il sur France-Info. La France est rassurée : le Président veille au grain, les chercheurs vont pouvoir continuer à chercher, les enseignants à enseigner et les étudiants à étudier. Il n’en est évidemment rien : la France est enfumée, avec le concours de ces puissants mandrilloptères que sont devenus les médias. 

 

 

Lire la suite ici.

Partager cet article
Repost0
15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 06:31

Gabriel Colletis demande dans Mediapart : Le meilleur choix pour le développement de la région toulousaine passe-t-il aujourd’hui par l’entrée d’un consortium chinois dans le capital d’une société d’exploitation dont les prérogatives sont loin d’être négligeables ?

 

Après avoir cédé la majeure partie du port du Pirée aux Chinois (lesquels se sont empressés d’y installer une zone de droit dérogatoire au droit du travail) et vendu déjà quelques îles comme le lui avait suggéré un magazine allemand, la Grèce a également entrepris de vendre ses aéroports régionaux. Simple coïncidence avec la mise en vente des aéroports régionaux de l’Hexagone ?

 

 

« Maul zu, Frau Merkel ! » (Bouclez-la, Madame Merkel ! » C’est en substance ce que Jean-Luc Mélenchon a répondu à Angela Merkel qui  n’a pas manqué de faire savoir une fois de plus que les réformes engagées par la France (et l’Italie) étaient insuffisantes. Mais pour placer sa banderille, elle s'est retranchée derrière la Commission européenne : « La Commission a dit de façon claire que ce qui est jusqu’à présent sur la table n’est pas encore suffisant. »

 

Paris aurait bien des raisons d’expliquer à Frau Merkel de balayer devant sa porte avant de se permettre de donner des leçons de gestion à l’Europe entière. Dans sa dernière livraison, la revue Books (une revue française avec un titre anglais, mais passons) prédit le “naufrage annoncé du modèle allemand ”.

 

Books relativise les performances du modèle allemand : « Entre 2000 et 2013, sa croissance n’a été que de 1,1% par an – au coude à coude avec la France. Au total, le pays arrive treizième des dix-huit nations de la zone euro ».

 

En matière d’investissement, l’Allemagne se retrouve derrière la France, l’Espagne et l’Italie. Et l’état de ses infrastructures s’en ressent. Près de 10 000 ponts auraient besoin d’être remplacés et les deux tiers du réseau de chemin de fer sont considérés comme vétustes. Le canal de Kiel qui relie la mer du Nord et la Baltique a dû être fermé pendant plusieurs semaines suite à des pannes diverses.

 

 

 

L’Obs.fr nous dit que les météorologues britanniques [traditionnellement les meilleurs depuis le XIXe siècle] définissent la canicule comme une température de 1,6 degré au-dessus des moyennes estivales de la période 1961-1990, et une canicule extrême, comme celle de 2003, par des températures de 2,3 degrés au-dessus des mêmes moyennes. Des événements qui se seraient produits deux fois par siècle au début des années 2000 peuvent aujourd'hui être attendus deux fois tous les dix ans.

 

A l'heure où les négiciations internationales se dé&roulent à Lima sous l'égide de l'ONU, l'étude des météorologues britanniques vient apporter de l'eau au moulin des précédents rapports. Reste à savoir quelles mesures pourront être décidées afin de se préparer aux conséquences du réchauffement global...

 

 

 

Le Monde.fr nous dit que jamais en 30 ans le fossé entre riches et pauvres n’a été aussi prononcé qu’actuellement dans les économies avancées. Dans les 34 pays membres de l’OCDE, le revenu des 10 % de lapopulation les plus riches est 9,5 fois plus élevé que celui des 10 % les plus pauvres. Dans les années 1980, ce rapport était de 7 à 1.

 

 

Selon L’Humanité.fr : À Béziers, Robert Ménard ose tout. Le nouvel édile, soutenu par le Front national, vient d’annoncer son intention de rebaptiser la rue du 19-mars-1962, date des accords d’Évian, en rue du Commandant-Hélie-Denoix-de-Saint-Marc, l’un des militaires ayant participé au putsch des généraux visant à faire tomber la République en avril 1961.

 

Car ce n’est pas tant le résistant, déporté à Buchenwald, décoré de la grand-croix de la Légion d’honneur par Sarkozy en 2011, que le maire de Béziers entend honorer par ce geste. Mais bien le « soldat splendide de l’Indochine et d’Algérie, qui tint sa parole d’officier légionnaire en tentant de sauver l’Algérie française », comme l’a justifié Ménard en annonçant cette décision « réparatrice », vendredi dernier.

 

Le site “ Égalité & Réconciliation, gauche du travail et droite des valeurs, pour une réconciliation nationale ! ”, que connaît bien Alain Soral, se félicite de cette initiative et rappelle que le ministre solférinien Le Drian a rendu hommage à Saint-Marc – en des termes prudents, certes – lors de son décès en 2013.

 

Partager cet article
Repost0
10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 06:31

maudite-guerre.jpg

 

Le 11 novembre 2014, François Hollande a inauguré le mémorial Notre-Dame-de-Lorette dans le Pas-de-Calais. Trois adolescents y ont pris la parole, dont Emma Muyssen, une élève de terminale au lycée Fénelon à Lille.

 

Emma ne sait pas sur quels critères elle a été choisie. Dans les jours qui précèdent la cérémonie, elle rencontre elle l’historien Damien Baldin, connu … pour ses recherches sur les animaux domestiques. Elle découvre qu’il ne lui sera pas permis de rédiger le discours qu’elle prononcera devant le Président de la république et qu'elle devra lire un texte imposé.

 

Elle s'en explique au journal l'Humanité : « J'aurais aimé faire plus partager mon émotion à travers un texte auquel j’aurais pu contribuer en y ajoutant ne serait-ce que quelques mots sur des choses me semblant importantes. J’aurais ainsi pu faire ressentir l'horreur de ce charnier dans lequel avaient été envoyés des millions d’hommes pour des raisons qui bien souvent les dépassaient, ne pouvant même pas percevoir l’avancée en termes militaires. Les Etats menant la guerre avaient le droit de vie ou de mort sur ces hommes. Aucun responsable ne fut jamais jugé pour ce « crime contre l’humanité ». Pourtant 18,6 millions d’êtres humains furent broyés par les mâchoires d’acier de la guerre, autant d’individus ont souffert du froid, de la saleté, de la faim, des bruits continus des obus, traumatisés par la vision de l’horreur, des corps déchirés et de cette mort de masse inhumaine. Des centaines d’entre eux seront fusillés, coincés entre les balles ennemies et celles de leur propre pays, pour avoir dit non à ce charnier, pour avoir tenu à leur humanité, pour avoir voulu voir l’ennemi comme un être humain, pour avoir voulu vivre. »

 

 

On fait savoir à la lycéenne qui voulait évoquer les fusillers pour l'exemple (que Lionel Jospin avait réintégrés dans leur honneur en 1998), qu'il faudrait obtenir l'aval de l'Élysée, ce qui n'était guère envisageable.

 

Pour finir, Emma a prononcé le discours imposé pour ne pas mettre son établissement scolaire dans l’embarras. 

 

 

PS : En illustration, le monument aux morts de Gentious dans la Creuse, avec cet orphelin qui maudit la guerre. Les monuments aux morts d'inspiration pacifistes sont très peu nombreux.

 

 

Partager cet article
Repost0
8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 06:00

Dans le Monde Diplomatique, un article très intéressant (si, si !) de Dominique deVillepin sur la diplomatie française qui « gesticule mais ne dit rien » : Iran, Syrie, Russie, Israël-Palestine : la diplomatie française semble s’être placée à la remorque des néoconservateurs américains. Réagissant de façon brouillonne aux événements les plus médiatisés, elle y répond par des interventions armées et des leçons de morale. M. Dominique de Villepin, qui inspira l’opposition de la France à la guerre d’Irak, récuse cette orientation générale. Et il suggère un autre cap. La France est mal dans sa peau. Elle est tentée de se détourner de la politique étrangère d’indépendance, d’influence et d’équilibre incarnée par le gaullisme, au profit de l’affirmation progressive d’une ligne militariste, moralisatrice et occidentaliste. Militariste, non tant parce que la France multiplie les interventions, en Libye, au Mali, en Centrafrique ou en Irak, car le premier mouvement peut être légitime, mais surtout parce qu’elle les mène en première ligne, parfois seule, sans réelle stratégie. Trop souvent, pour quelques heures, la certitude de l’impuissance laisse place, dans une étrange unanimité, à l’illusion de la victoire. Au scandale d’images intolérables, la logique médiatique substitue le spectacle de la guerre. La morale en est la justification. La panoplie de réponses aux crises se réduit au triptyque condamnation, sanction, exclusion. La morale remplit le vide laissé par la diplomatie, fragilisée en régime démocratique par la difficulté à accepter la raison d’Etat, le secret et l’affirmation d’intérêts supérieurs nationaux. Nous ne parlons qu’à ceux qui nous ressemblent et rejetons tous les autres – ainsi de l’Iran et de la Russie – au risque d’encourager une spirale d’isolement et une dérive autoritaire.

 

 

Plus léger, je lis ceci dans Le Parisien.fr :

 

« Une Winchester de la série Au nom de la loi, cadeau personnel de Steve McQueen, des revolvers et pistolets rares, des fusils de chasse : Alain Delon a mis aux enchères lundi soir, la collection d'armes qu'il s'est constituée au fil des années et de ses rôles de flic ou de voyou. […]La Winchester à canon court de la série TV Au nom de la loi que Steve McQueen avait offerte à l'acteur français, a été adjugée 19.000 euros (hors frais). »

 

Si on a bien compris,  Steve McQueen a offert la célèbre Winchester à Alain Delon qui, il n’y a pas de petits profits, l’a vendue aux enchères pour 19 000 euros.

 

Ceci est faux. Qui ment ? Delon, Le Parisien ou les deux ?

 

Le souvenir de cette Winchester m’est revenu soudainement avec cette histoire. En 1963, dans une vente aux enchères organisée par Télé 7 Jours, Bécaud avait acheté l’arme pour 15 000 francs.

 

Ce fait-divers est moins important que les 3 millions de chômeurs et les 8 millions de pauvres. Mais pourquoi raconter des fadaises de la sorte ? Et qu’en pense Gaya Bécaud le fils de Gilbert ?

 

 

J’évoquais les déboires de Winnie l’Ourson la semaine dernière. C’est au tour de l’ours Paddington d’être victime de la censure britannique, beaucoup plus féroce et beaucoup plus stupide, ce qu’on ne sait pas toujours, que la censure française. Voici ce qu’en dit le site Darkness Fanzine :

 

En classant le film Paddington “ Guide Parental ”, le Bureau britannique de classification des films vient de provoquer l'indignation de Michael Bond, le créateur du célèbre ours anglais de la littérature enfantine. Le BBFC justifie sa décision, expliquant avoir décelé « de légères références sexuelles » dans une scène comique au cours de laquelle Mister Brown, le père de famille qui accueille l'ourson chez lui à Londres, est déguisé en femme et se fait draguer par un autre homme ! Plus encore, le BBFC aurait également identifié des « comportements dangereux » – notamment lorsque l'ours se cache dans un réfrigérateur ou fait de la planche à roulettes derrière un bus – et même de « légères menaces » pour la scène durant laquelle Paddington est poursuivi par une taxidermiste (interprétée par Nicole Kidman – il y a des pourchassés qui ont de la chance) qui veut le transformer... en trophée !

 

 

 

 

Après que sa décision eut suscité une vague de protestations dans tout le pays, le BBFC, tout en confirmant la classification « Guide Parental », a néanmoins accepté de requalifier la mention « légères références sexuelles » en « simples insinuations sexuelles ».

Hugh Bonneville, qui incarne Mister Brown dans le film, a estimé avec humour que « le seul danger était que les enfants fassent pipi de rire dans leur culotte ».

Partager cet article
Repost0
7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 10:34

En 1936, la firme Guiness s'apprête à inonder l'Allemagne nazie de sa bonne bière. A cette fin, elle prépare une campagne publicitaire (“ C'est le moment de boire une Guinness  ”).

Si on buvait une Guinness ?
Partager cet article
Repost0
6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 07:56

Des travailleurs d'avant les luttes syndicales, des travailleurs livrés pieds et poings liés au patronat voyou, sous l'œil indifférent des politiques.

 

Les photos qui suivent ont été prise par Lewis Hine, sociologue et photographe. Aux États-Unis, vers le début du XXe siècle. Elles auraient pu être prises en France, au Royaume-Uni, en Allemagne et dans bien d'autres pays.

 

Je les adresse à ceux qui pensent que les luttes syndicales ne servent à rien, alors qu'elles ont grandement fait progresser la cause de l'humanité. Et, à un degré moindre, à ceux qui, syndicalistes, pensent que le syndicalisme n'est pas, n'est plus, un sport de combat. Ils sont malheureusement de plus en plus nombreux, jusque dans les organisation qui, dans leurs statuts, prônent la transformation sociale.

Des travailleurs chers à Gattaz
Des travailleurs chers à Gattaz
Des travailleurs chers à Gattaz
Des travailleurs chers à Gattaz
Des travailleurs chers à Gattaz
Des travailleurs chers à Gattaz
Des travailleurs chers à Gattaz
Des travailleurs chers à Gattaz

PS : un lecteur instituteur me remet en mémoire ce très beau poème de Victor Hugo :

 

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
« Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! » 
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? Que veut-il ? »
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !

Partager cet article
Repost0
4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 06:37

 

Jacques Drillon est linguiste, stylisticien, musicien, écrivain. Un homme de culture au sens parfait du terme. Il a publié récemment un texte aussi savoureux qu’argumenté : “ Non, défendre la langue Française n’est pas réac . ”

 

J’ai adoré. En particulier, ce passage : « La soif d'anglais, c'est le syndrome du crocodile, cousu sur les polos des banlieusards ou les chemisettes des bourgeois, et qui signifie seulement: vêtement cher. En être ou ne pas en être, là est la question. Voyez la hâte piteuse avec laquelle nous avons dit Beijing pour Pékin. Comme nous aimons perdre ! Comme nous aimons notre servitude ! Quelle fierté nous tirons de notre propre abaissement ! Comme elle était heureuse, Christine Ockrent, de pouvoir interroger en anglais Shimon Peres, qui parle parfaitement le français ! Quelle impatience dans l'humiliation ! »

 

Effectivement, beaucoup, chez nous aiment perdre, jouissent de perdre, appellent, sinon l’humiliation, du moins la soumission intéressée, cette inclinaison totale du corps quand la tête touche le sol, que les Chinois (patience, on va revenir à la Chine dans un instant) appellent « kowtow » (叩頭), un vocable qui est passé dans la langue anglaise au XIXe siècle, quand les Anglais s’occupaient beaucoup de la Chine.

 

Je voudrais insister ici sur l’adoption, via les desiderata de l’empire étasunien, de l’orthographe « Beijing » en lieu et place de Pékin. En soi, cette adoption n’avait rien de scandaleux : Composé de (běi, « nord ») et (jīng, « capitale »). D’où 北京, « la Capitale du Nord », en opposition à l’ancienne capitale dans le sud du pays, devenue 南京 (nánjīng).

 

Pourquoi disions-nous « Pékin », au moins depuis le XVIIe siècle ? Parce que les Chinois ont changé la prononciation du terme en palatalisant le [k] devant un [i], ce qui a donné [], (noté j en pinyin, le système de transcription du mandarin depuis 1958). Les autres Européens avaient transcris comme nous : Pechino [pekino] en italien, Peking en allemand et en néerlandais, Pequim (prononciation semblable à celle du français) en portugais, par exemple. Jusque dans les années soixante, lorsque les Anglais nommaient la capitale chinoise, ils disaient « Peking » [pi:kiŋ]. Pour des raisons politiquement correctes, il a fallu, toute affaire cessante, passer à « Beijing ». Cette graphie fut reconnue par l’ONU, et par la France, alors que, normalement, en français, elle devrait se lire « béjingue », ou quelque chose d’approchant. Le politiquement correct connut néanmoins ses limites : Canton resta Canton et ne devint pas réellement Guangzhou. Bref : un joyeux bordel. D’ailleurs, s’il faut faire plaisir aux Chinois, cessons d’évoquer les Îles Paracels (probablement riches en pétrole et en gaz naturel), anciennes colonies française, et parlons de « Xisha ». Et tant pis pour les Vietnamiens qui rêvent de récupérer « Hoàng Sa ».

 

 

Je vous demande, moi, comment les Chinois nomment Paris, comment les Japonais se débrouillent de Buenos Aires, comment les habitants du Boutan (Bhutan ?) prononcent Ferkessedougou ? Vous savez comment les Flamands nomment Lille ? Moi, je sais, et cela n’a rien à voir avec « Lille », et grand bien leur fasse. Et au nom de quoi devrions-nous persister à dire « Londres » et non pas « Londonne » d’autant que le nom de la capitale anglaise vient du latin « Londinium » ? Dans la même veine, j’en ai ras le bol d’entendre parler des Emirati et des Qatari. Il s’agit de désinences anglaises reprises de l’arabe. Ou alors il faut désormais écrire « les Saoudi » et « les Algéri ».

 

Les Allemands nomment notre pays Frankreich (et non pas « Frantz »), ce qui est d’ailleurs un peu bizarre puisque « Reich » signifie empire, par extension royaume, domaine. Nous disons « Espagne » et non pas « Espagna ». Les Allemands ne se gênent pas avec « Spanien » (et tout se complique car, en hébreu, « séfarade » signifie « Espagne »).

 

Devrons-nous cesser de dire « Varsovie » pour quelque chose comme « Varchava » ? Moscou pour « Moskva », Prague pour « Praha » ? Les Anglo-Saxons (comme on dit, car très peu d’entre eux sont effectivement anglo-saxons) nous ont donc bassiné avec « Beijing » mais ils se sont bien gardés de toucher à « The Hague » qui, euphoniquement, n’a rien à voir avec l’original néerlandais. Ni à « Norway » (Norge, qui signifie – bien vu les Anglais – « le chemin du Nord »), « Finland » (Suomi), « Ireland » (Èire), « Wales » (Cymru). Devrons-nous cesser de dire « Lettonie » pour « Latvia » (comme les Anglais … et les Lettons) ? Allons-nous écrire « Chad » pour « Tchad », « Peru » pour « Pérou », « Ecuador » pour « Équateur » ?

 

Décidément, nous ne sommes pas sortis de l’auberge.

Partager cet article
Repost0
3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 06:10

Dans le numéro de décembre 2014, Serge Halimi se met en quête de l’ « ennemi intérieur » : Dans la nuit du 25 au 26 octobre, une grenade offensive de la gendarmerie a tué Rémi Fraisse, un manifestant de 21 ans. Le gouvernement français a attendu deux jours avant de réagir. Il s’est montré plus prompt à saluer la mémoire d’un patron de compagnie pétrolière décédé dans un accident d’avion. De son côté, le président socialiste du conseil général du Tarn a jugé carrément « stupide et bête » de mourir pour des idées. A vrai dire, son idée à lui – achever la construction d’un barrage réclamé par les notables de son département – ne l’a jamais exposé au même type de danger ; elle vient même de favoriser sa réélection au Sénat. Néanmoins, il est désormais probable que la grenade tirée par les gendarmes aura également tué ce projet de barrage. En France, doit-on mourir dans une manifestation pour faire triompher ses idées ?

 

Encore un mode de fonctionnement néfaste qui nous vient du monde anglo-saxon : La charité contre l’Etat (Benoît Bréville) : Depuis trente ans, les gouvernements occidentaux usent de multiples artifices pour réduire leurs dépenses. L’un d’eux consiste à sous-traiter les services sociaux à des bénévoles et à des associations, tout en encourageant la charité privée. Si le Canada, la France et le Royaume-Uni, par exemple, suivent cette méthode, c’est aux Etats-Unis qu’on trouve le modèle le plus avancé. Désormais majoritaire au Congrès, la droite américaine en a fait un pilier de sa stratégie politique.

 

Un article très intéressant de Dominique de Villepin (si, si !) sur la diplomatie française qui « gesticule mais ne dit rien » : Iran, Syrie, Russie, Israël-Palestine : la diplomatie française semble s’être placée à la remorque des néoconservateurs américains. Réagissant de façon brouillonne aux événements les plus médiatisés, elle y répond par des interventions armées et des leçons de morale. M. Dominique de Villepin, qui inspira l’opposition de la France à la guerre d’Irak, récuse cette orientation générale. Et il suggère un autre cap. La France est mal dans sa peau. Elle est tentée de se détourner de la politique étrangère d’indépendance, d’influence et d’équilibre incarnée par le gaullisme, au profit de l’affirmation progressive d’une ligne militariste, moralisatrice et occidentaliste. Militariste, non tant parce que la France multiplie les interventions, en Libye, au Mali, en Centrafrique ou en Irak, car le premier mouvement peut être légitime, mais surtout parce qu’elle les mène en première ligne, parfois seule, sans réelle stratégie. Trop souvent, pour quelques heures, la certitude de l’impuissance laisse place, dans une étrange unanimité, à l’illusion de la victoire. Au scandale d’images intolérables, la logique médiatique substitue le spectacle de la guerre. La morale en est la justification. La panoplie de réponses aux crises se réduit au triptyque condamnation, sanction, exclusion. La morale remplit le vide laissé par la diplomatie, fragilisée en régime démocratique par la difficulté à accepter la raison d’Etat, le secret et l’affirmation d’intérêts supérieurs nationaux. Nous ne parlons qu’à ceux qui nous ressemblent et rejetons tous les autres – ainsi de l’Iran et de la Russie – au risque d’encourager une spirale d’isolement et une dérive autoritaire.

Le Monde Diplomatique (77)

Owen Jones explique comment le socialisme existe outre-Manche, mais seulement pour les riches : Selon la Cour de justice de l’Union européenne, un Etat peut restreindre les prestations sociales des migrants intracommunautaires « inactifs », soupçonnés de courir après les allocations – ce qui est qualifié de « tourisme social ». Une fois de plus, l’image du pauvre est associée à celle du profiteur. Une autre catégorie de la population bénéficie pourtant davantage des largesses publiques, comme le montre l’exemple britannique.

 

Serge Quadruppani revient sur le drame de Sivens (« Résistance dans la vallée ») : Tué par une grenade de la gendarmerie près de Sivens, le militant écologiste Rémi Fraisse s’opposait à un barrage emblématique d’une dérive productiviste. L’entêtement à défendre un modèle d’aménagement suranné se heurte à des mobilisations de plus en plus fortes, comme dans le val de Suse, en lutte contre le projet de liaison ferroviaire entre Lyon et Turin.

 

Laurent Geslin et Sébastien Gobert  sont inquiets quant au Donbass : De chaque côté de la ligne de front, l’arrivée de nouvelles armes laisse redouter une reprise des combats dans le Donbass. La victoire des partis ukrainistes à l’ouest et l’incapacité de la « communauté internationale » à rechercher un compromis poussent chaque camp à miser sur la force. Séparées de Kiev depuis six mois, les régions contrôlées par les rebelles s’organisent en ordre dispersé.

 

Pour Anne Frintz, La jeunesse burkinabé a bousculé la « Françafrique » : Fin octobre, quarante-huit heures de manifestations ont eu raison de la tentative du président Blaise Compaoré de se maintenir une fois encore au pouvoir. Son renversement ouvre une incertaine période de transition, observée comme un test dans toute l’Afrique. Rassemblés en masse pour défendre un Etat de droit et une meilleure redistribution, les Burkinabés espèrent l’organisation d’élections libres et incontestables.

 

Alain Vicky décrit une Afrique du Sud colosse économique aux pieds d’argile : “ L’Afrique du Sud dans la bulle de la consommation à crédit ” : Première puissance économique du continent, l’Afrique du Sud est un colosse aux pieds d’argile. En août 2014, la faillite de l’African Bank Investments Limited (ABIL) a révélé l’hypertrophie du secteur des crédits à la consommation. Tout à sa folle quête d’un confort au-dessus de ses revenus, la nouvelle classe moyenne noire entraîne dans une dangereuse spirale spéculative une société gangrenée par les inégalités.

 

Selon Rafael Barajas et Pedro Miguel, le Mexique est d’abord victime d’un libéralisme totalement débridé : “Au Mexique, le massacre de trop ” : Trafic de drogue, assassinats, extorsion et, désormais, gestion portuaire… L’emprise des organisations criminelles sur l’Etat mexicain semble ne connaître aucune limite. Le massacre de quarante-trois étudiants au mois de septembre dernier a cristallisé la colère de la population. Rarement celle-ci était descendue aussi massivement dans la rue pour dénoncer l’alliance entre pouvoir politique et cartels.

Quand, dans un pays, un groupe de policiers arrête quarante-trois étudiants, les fait disparaître et les remet à un groupe criminel organisé lié à la drogue pour que ce dernier, en guise de « leçon », les assassine, un constat s’impose : l’Etat s’est mué en narco-Etat, un système où crime organisé et pouvoir politique sont désormais indissociables.

Quand ces mêmes forces de l’ordre mitraillent des étudiants, en tuent six et en blessent grièvement six autres ; quand elles s’emparent d’un de ces jeunes, lui arrachent la peau du visage, lui enlèvent les yeux et le laissent étendu dans la rue pour que ses camarades le voient, une autre évidence apparaît : ce narco-Etat pratique une forme de terrorisme.

Le Monde Diplomatique (77)

Très bel article de Laurence Campa sur Guillaume Apollinaire et ses peintres : Au début du XXe siècle, l’avenir paraît porteur de merveilles prométhéennes et de territoires nouveaux : premiers avions et premières projections cinématographiques, mais aussi découverte de l’inconscient par Sigmund Freud et de la relativité par Albert Einstein… Poètes et peintres entreprennent alors de se débarrasser des façons anciennes de raconter le monde, afin de libérer l’imaginaire.

 

 

Pour Régis Genté , l’Asie centrale est « désunie » : Perçu comme un enjeu stratégique majeur, le contrôle des anciennes républiques soviétiques d’Asie a entretenu la rivalité entre grandes puissances. Mais la percée américaine ne semble que passagère, tandis qu’il est encore trop tôt pour dire si l’expansion économique chinoise bousculera les intérêts russes. Le plus grand risque pour les cinq pays de la région, repliés sur eux-mêmes, serait de ne plus susciter d’intérêt.

 

 

Chloé Maurel connaît les rêves de moins en moins secrets du patron du Medef : Ne plus avoir besoin de « motif valable » pour licencier, c’est le rêve de M. Pierre Gattaz, président du Mouvement des entreprises de France (Medef). Pour assouvir cette demande, la France devrait dénoncer la convention n° 158 de l’Organisation internationale du travail, qu’elle a ratifiée en 1989. Lutter contre de tels reculs s’avère de plus en plus délicat pour l’agence des Nations unies.

 

 

Deng Xiaoping est devenu une vedette cathodique (Jordan Pouille) : Pour la plupart des Chinois, Deng Xiaoping reste le responsable communiste qui a ouvert le pays, l’orientant vers la prospérité et le capitalisme. Une figure que l’équipe au pouvoir entend valoriser ne lésinant pas à la dépense, elle a imaginé un feuilleton-fleuve salué par un certain succès populaire. Les téléspectateurs ont découvert un homme dans les divers aspects de la vie, loin de l’image habituelle du dirigeant-qui-sait-tout.

 

 

Camelia Entekhabifard pense que l’Afghanistan ne croit pas à la paix : Le départ de la quasi-totalité des troupes américaines et de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) d’ici au 31 décembre 2014 marque la fin d’une intervention commencée il y a treize ans, au lendemain du 11-Septembre. Aucun des objectifs proclamés par Washington n’a été atteint : ni la démocratie ni la stabilité. Et les talibans menacent le fragile pouvoir installé à Kaboul.

 

 

Pierre Rimbert élabore un projet pour une presse libre : Alors que la presse française titube, l’exigence s’affirme d’un modèle radicalement différent. Quel serait son cahier des charges ? Produire une information de qualité soustraite à la loi du marché comme aux pressions du pouvoir, loger numérique et papier à la même enseigne, inventer un mode de financement solide et juste. Surprise, les outils nécessaires à la mise en place d’un tel système sont sous nos yeux.

 

 

«Il Manifesto  est en train de payer le prix de l’engagement (Dominique Vidal) : Revue puis quotidien-phare de la gauche italienne, « Il Manifesto » a traversé de nombreuses crises au cours de ses quarante-cinq années d’existence, mais n’a jamais perdu son indépendance à l’égard des partis politiques et des puissances d’argent. Le journal traverse une nouvelle période de turbulences : menacé par des liquidateurs judiciaires, il doit trouver 1 million d’euros s’il ne veut pas disparaître.

 

 

Laurent Kestel  revient sur le parcours de Doriot (“ Comment devient-on fasciste  ? ”) : Ouvrier métallurgiste et ancien dirigeant communiste, Jacques Doriot fonde en juin 1936 le Parti populaire français. Affirmant combattre tant le communisme que le capitalisme, tant Joseph Staline qu’Adolf Hitler, il finit parmi les ultras de la collaboration. Cette dérive d’un fasciste à la française passe néanmoins par quelques chemins inattendus.

 

 

Bruno Canard  dénonce l’irruption des militaires dans le domaine de la santé (“ Des treillis sous les blouses blanches ”) : Si la guerre est une chose trop grave pour être confiée aux militaires, selon le mot de Georges Clemenceau, on peut d’autant plus s’interroger sur leur irruption dans le domaine de la santé publique. Plus l’épidémie d’Ebola avance en Afrique de l’Ouest, plus les commentaires prennent des accents martiaux. Même le directeur des opérations de Médecins sans frontières, M. Brice De le Vingne, présente la lutte contre la progression du virus en Afrique occidentale « comme une guerre ». La presse se met au garde-à-vous : « Washington : branle-bas de combat contre Ebola », « Le monde est en train de perdre la bataille contre Ebola »... La couverture médiatique confirme la loi du nombre de morts au kilomètre : une personne contaminée à New York fera de plus gros titres que mille personnes décédées au Liberia. Un laboratoire devient une « salle de guerre ». Et, lorsque la flambée s’échappe d’Afrique, les militaires en treillis rejoignent sur les photographies médecins et soignants, dont les combinaisons de protection rappellent les équipements contre les risques nucléaires, biologiques et chimiques de l’armée...

Partager cet article
Repost0