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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 07:46

 

 

Dans Res Publica, Michel Zerbato revient sur le mort de Rémi Fraisse : « La gendarmerie, en action sous la responsabilité de l’État, a tué Rémi Fraisse. Même s’il semble s’agir plus d’un accident que d’une bavure, cela reste un drame, et c’est intolérable !
 Les causes immédiates de cette tragédie sont certes à chercher dans l’appareil d’État : comment sont formées les forces de l’ordre ? quel rôle leur fait-on jouer ? 
Mais, au delà, on peut en trouver les causes profondes dans la nature même de la société capitaliste. L’État gère la société pour le compte de la classe dominante, mais quand celle-ci ne peut plus accorder même des miettes pour faire semblant d’intégrer le travail à la société, les politiques néolibérales excluent une part sans cesse plus large de la population de l’accès à la richesse produite. En tentant, sous couvert de réformes, de sauver les intérêts du capital en crise, ces politiques écartent les dominés du débat politique et, ce faisant, détruisent à petit feu la République, car la légalité ne s’accorde plus nécessairement avec la légitimité républicaine.

 

Alors la société civile se sépare de l’État, et la société entre dans le cercle vicieux suivant lequel la non-démocratie réelle induit toujours moins de démocratie formelle. Il en résulte un déboussolement qui fera les uns se réfugier dans l’abstention, d’autres, les “ casseurs ”, tomber dans la violence, d’autres encore aller à la rencontre de messies, Élus de la société civile, ou écouter les sirènes autoritaires, voire totalitaires. »

 

Dans Le Grand Soir, Pierre Verhas, militant internationaliste belge, a publié une longue enquête sur la Palestine, son « peuple vivant » et son « État virtuel ». Il pose la question de l’existence de deux États : En Occident, on n’évoque que la solution à deux Etats : Israël d’avant 1967 avec quelques « réajustements » et la Palestine sur les territoires occupés comprenant la Cisjordanie et Gaza. Tous ceux qui expriment leur scepticisme sur le réalisme de cette solution, sont taxés de bellicistes, d’ignares, voire d’antisémites.

 

Or, créer un Etat palestinien aux côtés de l’Etat d’Israël est une aberration. Voici, écrit Verhas, ce qu’en pensent Michèle Sibony de l’Union française Juive pour la Paix (UFJP) et Michel Warschawski au nom du Centre d’informations alternatives :

 

« Près de vingt ans de négociations… comme s’il n’était pas légitime de s’interroger sur le sens de ces négociations et leur résultat : démantèlement de l’intégrité territoriale de la Cisjordanie, séparation de celle-ci et de la bande de Gaza, colonisation massive, mur de séparation, annexion de Jérusalem-Est, siège de Gaza, puis bombardements, invasion et crimes de guerre, peut-être même crimes contre l’humanité. Tout cela ne s’est-il pas passé à l’ombre de négociations tronquées où les droits des Palestiniens n’ont pas été pris en compte mais progressivement réduits, et où les faits du terrain imposés par Israël ont été progressivement entérinés par la communauté internationale ? Et comment ne pas s’interroger sur la perspective de deux États, alors que la carte qu’Israël dessine sous nos yeux depuis dix ans est celle d’un grand État juif de la mer au Jourdain avec quelques enclaves palestiniennes isolées, destinées à lui servir de bassin de main-d’œuvre sans droits ? »

 

Figurez-vous que la mafia calabraise s’est invitée dans le chantier du TGV Lyon-Turin. Le projet ayant été dénoncé par la Cour des comptes comme ayant été « au-delà de sa pertinence ». La présence de la N’drangheta est, selon Politis, Le Canard enchaîné  et Arte, parfaitement logique dans la mesure où ce chantier d’une longueur totale de plus de 250 km va représenter une mise de fonds d’au moins 26 milliards d’euros.

 

Le Magazine littéraire nous informe que les Éditions José Corti ont publié Les Terres du couchant, un texte inédit de Julien Gracq. Je cite un court passage de ce roman d’un écrivain qui, décidément, savait écrire :

 

« En ces jours-là, le monde nous faisait cortège, chaud comme une bête, touffu comme un bois noir, plein de peurs et de merveilles – nous étions conduits – de grands signes se levaient pour nous sur la route, comme à celui qui s'est mis en chemin derrière une étoile – et tout autour de nous était calme, majesté, silence – un monde tendu à nous comme sur une paume, tout rafraîchi de palmes sauvages, fouetté de grands vents qui brassaient à pleins bras son écume verte, incliné, tout entier comme une voile qui prend l'alizé vers sa destination cachée, dans un roulis de long-courrier, un balancement d'équinoxe. »

 

 

Toujours prêt à attiser la jalousie des petits contre les grands, Le Grand Soir nous donne le menu du repas qui a réuni Jean-Pierre Jouyet et François Fillon :

 

Homard bleu grillé à la vinaigrette de corail 98€

Tourteau en fines feuilles de calamar 33€

 Chariot de fromages frais et affinés 34€

 Cœur de poire rôti à la vanille36€....

 Vin 38 euros pour un verre....

 

On ne sait toujours pas qui a réglé l’addition chez Ledoyen.

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 07:27

 

Le thème (la thématique, mieux encore : la problématique, comme on dit désormais à tire-larigot) de ce numéro est l’écologisme des pauvres.

 

Dans son éditorial, Paul Ariès se demande à quoi rêvent les milieux populaires. Il faut s’en prendre, dit-il, à une des expressions majeures du racisme social qui voudrait qu’il n’y ait rien à attendre des gens ordinaires. Les milieux populaires sont regardés de haut par la « bonne société », mais aussi par des écolos bobos, éternels donneurs de leçons.

 

 

Les Zindigné(e)s ont longuement rencontré Joan Martinez-Alier, professeur d’économie et d’histoire sociale à l’université de Barcelone, auteur de L’écologisme des pauvres, une étude des conflits environnementaux dans le monde (livre paru en 2002). Martinez-Alier souligne que « dans beaucoup de conflits environnementaux, écologiques, contre l’extraction minière en plein air, contre la construction de barrages hydroliques, contre la déforestation ou contre la plantation de monocultures d’arbres comme les eucalyptus pour l’exportation de cellulose, les paysans pauvres et les indigènes se placent du côté de la défense de la nature. »

 

On peut lire également de Martinez-Alier “ La croissance verte est une utopie ”.

 

 

Les Zindigné(e)s s’est intéressée au mouvement social et à la nouvelle constitution en Bolivie. Un des objectifs de ces luttes est de « faire connaître d’autres défaites à l’imaginaire néolibéral. »

 

 

Mondialité du bien commun contre mondialisation du capital. Débat lancé en France par Bernard Cassen en 1996, rappelle la revue. Selon Roger Martelli, « La mondialisation est un phénomène à double face : une interconnexion croissante des activités à l’échelle planétaire, qui dessine une communauté mondiale de destin ; une manière particulière de bâtir et de “ réguler ” cette interconnexion, sous les auspices conjugués de la “ concurrence libre et non faussée ”. »

 

 

Dans “ Fonds vautours, version extrême du capitalisme financier ”, Éric Toussaint explique que « Les fonds vautours sont l’avant-garde, suivie des bataillons, qui ont pour nom Goldman Sachs, JP Morgan, Citibank, Santander, etc. Je considère qu’il y a aussi, derrière tout cela, l’intention sournoise des États-Unis d’intervenir dans la région. La dette externe est un puissant instrument de subordination de l’Amérique latine, un instrument qui vise à obliger la région à se réengager dans des politiques néolibérales. C’est ce qui se passe actuellement en Europe, laboratoire de la nouvelle offensive des politiques néolibérales. » Pour Toussaint, la lutte contre ces fonds sera longue : « Renoncer à sa souveraineté en tant que pays débiteur est un problème fondamental. Dès lors, selon moi, les Doctrines Drago et Calvo, qui posent que la justice locale est compétente en cas de conflit avec des investisseurs étrangers, doivent être réintroduites. En outre, le décret de 2007 du président Rafael Correa est un exemple à suivre. Enfin, je considère que les actes souverains unilatéraux basés sur le droit international sont seuls à même de permettre aux pays d’obtenir le respect des intérêts de leur population. »

 

 

La mort est-elle réactionnaire, demande Jean-Paul Damaggio : « Est-ce seulement par anti-franquisme viscéral que Manuel Vazquez Montalban a répété cette phrase : la mort est réactionnaire ? Mais pourquoi certains se sont-ils mis à crier en 1936 : Viva la muerte ? Pour ces derniers, extirper le communisme (qui en 1936 était très faible en Espagne) méritait tous les sacrifices. Or les adeptes du sacrifice dépassent le cadre circonstanciel de la guerre d’Espagne prouvant par la même que la réaction de Manuel est beaucoup plus globale. […]C’est parce que la mort est réactionnaire qu’il faut dénoncer le productivisme qui n’est qu’une vie frelatée avec par avance une date périmée de consommation ! Les associations de consommateurs, à qui se je rends hommage, sont une bonne chose pour diminuer les dégâts du système mais il reste à le changer ! »

 

Le même Damaggio (“ La mort est un marché ”) nous rappelle que tous les cimetières, et incinérateurs, du monde n’ont pas le même aspect.

 

 

Dans “ Chiens du monde et chiens immondes ”, Christophe Blanchard explique que Médor devient le révélateur du bon goût social car il est devenu un produit de consommation à part entière.

 

 

 

À l’occasion de la parution du livre de Julian Mischi Le communisme désarmé, Les Zindigné(e)s pose le problème de la perte des milieux populaires par ce parti. La réflexion sur les rapports de classe est de plus en plus délaissée. Les nouveaux visages des classes populaires sont de moins en moins pris en compte.

 

 

Dans “ La normalisation touristique du temps libre ”, Rodolphe Christin se demande pourquoi le tourisme est-il un objet consensuel si peu attaqué alors qu’il est loe prur produit du capitalisme triomphant.

 

 

Michel Lepesant réfléchit à la “ démocratie des minoritaires ” : « Faut-il vraiment se féliciter de l’échec électoral du Front de gauche ? Faut-il vraiment se réjouir du récent ralliement « théorique » d’Attac à l’objection de croissance ? Faut-il vraiment croire que Dominique Méda ait abandonné toute mystique de la croissance ? Faut-il voir dans toutes ces déclarations la promesse de lendemains politiques qui chanteront dans une convergence où l’on retrouverait pêle-mêle des écosocialistes, des antiproductivistes, des objecteurs de croissance ? »

 

 

Florent Bussy (“ La consommation est-elle totalitaire ? ”) s’interroge sur le sens que la consommation prétend donner à la vie humaine et sur la manière dont elle s’impose et s’institue comme fin ultime des individus.

 

 

Pour Laurent Paillard, les professions dites libérales sont bien mal nommées. Pourquoi les notaires (revenu mensuel moyen 17 000 euros) battent-ils aujourd’hui le pavé ?

 

 

Frédéric Héran, sur les traces d’Ivan Illich, fait la différence entre la vitesse généralisée et la vitesse globale. Va-t-on plus vite en ville à vélo qu’en voiture ?

 

 

Pour Yann Fiévet, Les gourous veillent au gain : Le néolibéralisme économique démontre partout où les hommes lui donne libre cours son incapacité à résoudre les crises les plus graves. A cela rien de vraiment étonnant : en libérant de leurs carcans supposés « les forces de l’économie » l’on ne fait le plus souvent que nourrir la tendance naturelle du capitalisme à produire les inégalité auxquelles s’alimente l’accumulation du capital indispensable à la survie du système. Pourtant, vaille que vaille, le « prix Nobel d’économie » récompense presque tous les ans un théoricien de l’orthodoxie néoclassique, adepte forcenée de la croyance en le Marché libérateur. La cuvée 2014 ne fait pas exception à la règle d’or : c’est le français Jean Tirole qui reçoit l’onction suprême cette année. Comment ne pas y voir un gourou de plus ?

 

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 06:27

 

 

Pragna Patel, repris par Respublica :

L’infiltration des principes de la Charia au Royaume-Uni

Au cours des dernières années, le Royaume-Uni a vu se multiplier les demandes de concessions à des codes juridiques religieux au sein du système juridique ; certains éléments de la sphère publique n’ont été que trop heureux d’accueillir ces demandes. Une partie de ces demandes émane en particulier, mais pas seulement, de porte-parole ou d’institutions influents de l’islam et peut se rattacher directement à la montée de l’islam politique, et plus généralement à l’essor de l’intégrisme dans toutes les religions.
Les intégristes musulmans ont mis en place une sorte de manœuvre en cisaille sous couleur de tolérance religieuse ; il s’agit en réalité d’un coup de force dans lequel le contrôle de la sexualité féminine est l’objectif central. D’une part, ils visent à normaliser les codes religieux de chacun au sein du système juridique, et de l’autre, ils cherchent à institutionnaliser un système juridique parallèle en instaurant des forums religieux alternatifs pour régler les litiges en matière familiale. Ce processus – une sorte de « chariafication » insidieuse de l’appareil judiciaire – consiste à rendre la loi et les politiques publiques compatibles avec la charia.

 

Jean-Emmanuel Ducoin, dans son blog (que je cite régulièrement), évoque le dernier livre de la psychanalyste Claude Halmos Est-ce ainsi que les hommes vivent ?: Elle décrit dans un livre terrifiant les ravages psychologiques engendrés par les difficultés économiques et la paupérisation. Des millions de personnes en France. «Qui s’intéresse à ce phénomène?, demande-t-elle. Personne! C’est comme si tout le monde avait peur de dire cette réalité sociale, comme si elle était trop désespérante, trop honteuse. Il ne cesse pourtant de prendre de l’ampleur...» Ce cri d’alarme devrait être enseigné de toute urgence à Sciences-Po, à l’ENS, à l’ENA. Pour que les nouveaux jeunes (sic) aient de bonnes raisons d’exalter leur propre jeunesse.

 

L’Humanité évoque la mort de Pierre Daix. Pierre Daix, c’est aussi le siècle de Picasso, d’Aragon, l’aventure journalistique du quotidien Ce soir, dont il fut le directeur, des Lettres françaises où il fut le bras droit de leur directeur, Aragon. C’est une vie de critique d’art et de romancier, auteur d’une quinzaine de romans, de biographies et d’essais, au total d’une cinquantaine de livres.

 

Daix est au cœur des contradictions de l’époque et du PCF. En 1953, à la mort de Staline, c’est lui qui va voir Picasso pour lui demander un portrait à mettre à la une des Lettres. Le portrait va déclencher une campagne dans le PCF, pas tant contre Picasso que contre Aragon et, derrière lui, contre le secrétaire général du parti, Maurice Thorez, alors soigné à Moscou. Daix sera le témoin de la terrible humiliation d’Aragon. L’affaire laissera des traces douloureuses, y compris après que Maurice Thorez, de retour, aura sifflé la fin de la récréation.

 

 

Daix a écrit sur le cubisme, sur Manet, Rodin, Gauguin, Soulages, Matisse, le surréalisme ou sur François Pinault, en tant que collectionneur d’art dont il fut l’ami. C’est ce dernier qui, la semaine passée, l’emmenait en fauteuil roulant découvrir le musée Picasso rouvert.

 

Pierre Daix, qui avait épousé la fille d’Arthur London, n’avait plus, depuis longtemps, de liens avec le PCF. Il écrira pour le Quotidien de Paris, pour le Figaro littéraire. Dans J’ai cru au matin, il continuera pourtant à évoquer ce que devrait être une révolution socialiste quand bien même, écrivait-il, « je croyais qu’octobre 1917 nous avait pour toujours dotés du soleil de l’histoire. Jamais, peut-être par contraste, l’histoire n’a paru si obscure ». Il y a quelques années, nous l’avions sollicité pour qu’il nous écrive un texte, d’une belle longueur, sur Picasso à l’occasion d’une série. Il l’avait fait avec une affabilité dont on se souvient encore. Il nous semblait entendre dans ses paroles, comme dans les Visiteurs du soir, le film de Carné, « un cœur qui bat, qui bat ».

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 06:32

Dans cette livraison de novembre 2014, Serge Halimi évoque la manière tendancieuse avec laquelle les médias français traient de l’Amérique latine, la Bolivie par exemple :

Par temps de crise, la réélection au premier tour d’un chef d’Etat ayant déjà effectué deux mandats n’est pas chose courante. Celle de M. Evo Morales, avec 61 % des suffrages, aurait par conséquent mérité d’être davantage soulignée. D’autant que son exploit électoral intervient dans un pays, la Bolivie, qui a vu cinq présidents se succéder entre 2001 et 2005. Et qu’il couronne une chute de la pauvreté de 25 %, un relèvement du salaire minimum réel de 87 %, la baisse de l’âge de la retraite (1) et une croissance supérieure à 5 % par an, le tout depuis 2006. Puisqu’il importe, nous dit-on, de réenchanter la politique, pourquoi ne pas mieux faire connaître ces bonnes nouvelles ? Serait-ce parce qu’elles ont des réformes progressistes pour explication, et des régimes de gauche pour acteurs ?

Discrets sur les succès des gouvernements latino-américains de gauche, certains grands médias le sont tout autant sur... les échecs des pouvoirs conservateurs. Y compris en matière de sécurité. Cette année, par exemple, cinq journalistes ont déjà été assassinés au Mexique, dont un le mois dernier lors d’une émission en direct à la radio. Atilano Román Tirado réclamait souvent à l’antenne que huit cents familles expropriées en raison de la construction d’un barrage soient indemnisées. Une combativité fatale là où enlèvements, tortures et assassinats sont devenus monnaie courante, en particulier pour qui remet en cause un ordre social vermoulu et mafieux.

 

 

Dans Schiller (“ Géopolitique de l’espionnage ”) établit un rapprochement entre la surveillance des citoyens et le capitalisme numérique : 

En dévoilant il y a un an et demi la machine de surveillance mise en place par les services de renseignement américains, l’affaire Snowden a démontré le peu de respect de l’administration de M.Barack Obama pour la vie privée. Mais sa portée est bien plus vaste : elle révèle les rapports de pouvoir à l’échelle mondiale et les mutations du capitalisme numérique.

 

 

 

Les Kurdes, combien de divisions  ?, s’interroge Allan Kaval :

Alors que leurs revendications n’ont jamais été clairement reconnues, les populations kurdes d’Irak et de Syrie se voient propulsées en première ligne des combats contre l’Organisation de l’Etat islamique, en particulier depuis le siège de Kobané. Un soutien unanime de façade masque mal les jeux d’influence des Occidentaux, des Turcs et des Iraniens, qui ont cimenté des alliances antagonistes et toujours combattu la cause kurde.

 

 

Un article remarquable d’Alain Supiot, “ Ni assurance ni charité, la solidarité ” :

Obligation envers les autres membres, la solidarité témoigne de la solidité d’une communauté. C’est pourquoi l’affaiblissement des mécanismes de sécurité sociale, telle la baisse des prestations familiales concoctée par le gouvernement français, affecte la cohésion nationale. Par l’égale dignité des citoyens qu’il met en œuvre, ce principe juridique forme le socle du développement humain. Bien qu’elle doive l’essentiel de sa fortune à la pensée sociologique et politique, la notion de solidarité a une origine juridique. Elle a d’abord désigné (dans le code civil de 1804) une technique du droit de la responsabilité utilisée en cas de pluralité de créanciers (solidarité active) ou de débiteurs (solidarité passive) d’une même obligation. C’est seulement à la fin du XIXe siècle qu’elle a acquis un sens juridique nouveau : celui d’organisation collective permettant de faire face aux risques liés au machinisme industriel, et de faire peser sur ceux qui de fait les créent une responsabilité objective, indépendante de toute faute. Ont ainsi été institués des régimes de solidarité que Jean-Jacques Dupeyroux a justement décrits comme des « pots communs (...) où l’on cotise selon ses ressources et où l’on puise selon ses besoins  ». Parce qu’elle ne se laisse jamais dissoudre dans un pur calcul d’intérêt, la solidarité est un facteur de résistance, pour le meilleur et pour le pire, à l’empire du marché. Lui donner force juridique permet de limiter l’extension de la compétition économique à tous les domaines de la vie.

 

 

 

Pour Laurent Bonnefoy, les chiites reviennent sur la scène yéménite :

La prise de Sanaa par la rébellion houthiste le 21 septembre dernier met fin à la domination des Frères musulmans et de leurs alliés tribaux sur le système politique né du soulèvement révolutionnaire de 2011. La chute soudaine de la capitale yéménite aux mains d’un mouvement d’obédience chiite, sans grande résistance de l’armée, représente pour beaucoup une surprise et génère des interprétations contradictoires.

 

 

Martine Bulard étudie le libre-échange dans le Pacifique :

Conçu par les Etats-Unis, le traité transpacifique de libre-échange « serait incomplet sans la Chine », a lancé début octobre le vice-ministre des finances chinois, à la surprise générale. Jusqu’à présent, Washington a fait de ce pacte une arme pour contenir le géant asiatique. Pékin lui-même est resté à distance, préférant lancer sa propre alliance. Il y a fort à parier que les deux capitales évolueront en parallèle.

 

 

Frédéric Ojardias évoque le sort d’un village sud-coréen menacé :

L’établissement d’une base navale sur l’île touristique de Cheju, en Corée du Sud, suscite une forte opposition locale, qui accuse le gouvernement d’offrir à l’armée américaine un avant-poste stratégique face à la Chine.

 

 

Pour Isabelle Schömann, l’Europe n’est pas un continent de droit (“ L’Europe condamnée par l’Europe ”) :

Les politiques d’austérité se révèlent nuisibles socialement et ineptes économiquement ; elles s’avèrent également contraires aux valeurs mêmes des sociétés démocratiques. Plusieurs institutions internationales viennent de le rappeler, au premier rang desquelles le Conseil de l’Europe, qui veille au respect des droits fondamentaux sur le Vieux Continent depuis 1949.

 

 

On le sait, le football américain n’est pas un sport de tout repos (“ Plaquages, lésions et dollars par millions ”, Olivier Appaix) :

Les Etats-Unis comptent quatre grandes fêtes populaires : Thanksgiving, Noël, le jour de l’indépendance et… le Super Bowl. Pourtant, si la finale du championnat de football américain constitue bien un moment de ferveur, ce sport se trouve aujourd’hui au centre d’un scandale. Victimes de lésions cérébrales, des milliers d’anciens joueurs réclament des compensations à la ligue nationale.

 

 

 

André et Louis Boucaud analysent l’évolution de la situation politique en Birmanie (“ Valse-hésitation des dirigeants birmans ”) :

Un pas en avant, un pas en arrière. Le 6 octobre, le gouvernement birman, sur lequel les militaires gardent la haute main, a procédé à de nouvelles libérations de prisonniers politiques ; mais quelques semaines plus tard, des journalistes ont été placés en détention, rejoignant ceux arrêtés cet été. De même, le président annonce un cessez-le-feu avec les guérillas ethniques, alors que, sur le terrain, les combats continuent.

 

 

Warda Mohamed décrit la situation des Rohingyas, apatrides birmans :

Depuis 1982, les Rohingyas ne sont plus officiellement birmans. Apatride, cette minorité musulmane visée par des campagnes haineuses est privée de droits élémentaires. Depuis l’indépendance de la Birmanie en 1948, les pouvoirs en place ont mené des politiques de délégitimation conduisant au nettoyage ethnique de « l’une des ethnies les plus persécutées du monde », pour reprendre une formulation de l’Organisation des Nations unies (ONU).

 

 

Dakar explose de partout (Sabine Cessou, “ A Dakar, restaurants chics et bidonvilles poussent comme des champignons ”) :

Embouteillages sans fin, immeubles vertigineux poussant à la va-vite, spéculation immobilière… Dakar se transforme à grande vitesse. La capitale du Sénégal, qui doit accueillir le Sommet de la francophonie fin novembre, devient une grande métropole. Avec ses zones d’ombre.

 

 

Un article technique mais important de Sanou Mbaye : “ L’Afrique francophone piégée par sa monnaie unique ” :

Réunis à Paris le 3 octobre 2014, les responsables africains de la zone franc ont confirmé leur attachement à ce lien monétaire. Pourtant, l’écart grandit avec les pays disposant de leur propre devise et connaissant des alternances politiques sans intervention de l’ancienne puissance coloniale. Il révèle les entraves au développement que représente une monnaie unique sans mécanisme de solidarité ni politique harmonisée.

 

 

Jacques Bouveresse revient sur l’œuvre de Karl Kraus (“ Le carnaval tragique ”) :

Dramaturge, poète, satiriste et journaliste, l’Autrichien Karl Kraus (1874-1936) n’a cessé de dénoncer la corruption des mœurs de son temps. Ce pourfendeur de l’intelligentsia européenne a laissé derrière lui une œuvre considérable, dont « Les Derniers Jours de l’humanité » constitue l’élément central. Consacrée aux horreurs de la première guerre mondiale, cette pièce frappe aujourd’hui par ses accents prophétiques.

 

 

Les États sont-ils condamnés en Europe (Paul Dirkx : “ Etats en miettes dans l’Europe des régions ”) ?:

Le référendum sur l’avenir de la Catalogne du 9 novembre ne sera finalement que consultatif. La volonté séparatiste qui progresse dans plusieurs régions riches d’Europe pourrait conforter paradoxalement la machine supranationale de l’Union européenne. Car, en défendant des identités aux contours toujours plus étriqués, certains mouvements régionalistes favorisent la destruction d’espaces de solidarité établis.

 

 

Une réflexion de Léa Ducré et Sarah Perrussel sur l’incarcération en France (“ Prison hors les murs, la réponse oubliée ”) :

Depuis quinze ans, le placement extérieur permet à des condamnés en fin de peine de vivre et de travailler en dehors de la prison. Toujours considérés comme des détenus, ils préparent leur retour à la liberté. Moins coûteuse, plus adaptée à la réinsertion dans la société et plus humaine, cette solution de rechange à l’incarcération reste pourtant très marginale en France.

 

 

Quand le capitalisme tue les solidarités (Martin Thibault : “ Métro, boulot, chrono ”) :

Impératif de rentabilité, mise en concurrence des salariés, rationalisation de l’activité : le secteur public connaît lui aussi les dynamiques d’intensification du travail qui affectent les entreprises privées. A la Régie autonome des transports parisiens (RATP), par exemple, les logiques gestionnaires se sont imposées d’autant plus aisément qu’elles sont allées de pair avec un travail de sape des cultures de résistance.

 

 

Du mieux dans les relations entre Cuba et les Etats-Unis (Patrick Howlett-Martin : “ Dégel sous les tropiques entre Washington et La Havane ”) :

L’Union européenne a décidé de revoir sa « position commune » qui, depuis 1996, prévoit le gel de ses relations avec Cuba. Un mouvement similaire de détente vis-à-vis de l’île semble se dessiner de l’autre côté de l’Atlantique. Le 11 octobre 2014, un éditorial du très influent New York Times enjoignait ainsi à Washington d’en finir avec l’embargo imposé à l’île depuis… 1962.

 

 

De nombreux dirigeants latino-américains ont sûrement lu La princesse de Clèves, eux (Ericka Beckman : “ Quand les présidents étaient poètes ”) :

S’il renonce rarement à faire parler les canons, le pouvoir économique repose en général sur des formes plus subtiles de légitimation. Dont la production littéraire, comme en Amérique latine au XIXe siècle. Président et poète ? Aux yeux d’un citoyen moderne, l’association pourrait sembler incongrue. Au début du XXe siècle, les deux fonctions allaient souvent de pair en Colombie. Si le nom de Bogotá suggérait déjà la misère latino-américaine, il évoquait également les belles-lettres. Surnommée l’« Athènes de l’Amérique du Sud », la capitale abritait un grand nombre d’écrivains réputés, tel Miguel Antonio Caro, président du pays de 1892 à 1898. Particulièrement étroit en Colombie, ce lien entre mondes des lettres et de la politique s’observe ailleurs, de François René de Chateaubriand (1768-1848) en France à Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) en Allemagne. En Amérique latine, toutefois, il donne naissance à un terme soulignant le rôle central des hommes de lettres dans les projets de construction nationale : celui de letrado, par lequel on désigne au cours du XIXe siècle l’élite de la région. Capables de rédiger avec la même aisance des Constitutions et des romans, des accords diplomatiques et des traités de grammaire latine, les letrados occupent indistinctement les sphères désormais isolées de la politique et des arts. Et ce à une période charnière de l’histoire latino-américaine.

 

 

Sébastien Fontenelle revient sur le scandale des aides à la presse (“ Aides à la presse, un scandale qui dure ”) :

Instaurées en France dès la fin du XVIIIe siècle pour « encourager la libre communication des pensées entre les citoyens », les aides de l’Etat à la presse n’étaient destinées qu’aux publications d’intérêt général. Elles profitent désormais aux groupes puissants, sans que leur contribution au débat démocratique saute aux yeux. Pourtant, les procureurs les plus inflexibles de la réduction des dépenses publiques restent cois…

 

 

Serge Halimi explique qu’il vaut mieux diriger Closer que le Diplo (“ Le poids des euros, le choc des critères ”), d’un certain point de vue :

Fin 2013, les chiffres publiés par le ministère de la culture et de la communication ont signalé que le magazine Closer avait, l’année précédente, reçu une aide publique trois fois supérieure à celle du Monde diplomatique. La publication qui se consacre aux potins sur les célébrités se hissait ainsi au 91e rang des titres aidés par le contribuable, tandis que ce mensuel n’accédait alors qu’à la 178e place. L’injustice parut sans doute insoutenable puisque l’année suivante, tandis que Closer progressait de trois places… Le Monde diplomatique disparut du classement.

 

 

Evelyne Pieiller  se demande si le monde est sous la coupe des oracles (“ Oracles, mode d’emploi ”) :

L’invention de l’avenir naît avec la modernité, alors que la croyance en la fatalité avait longtemps enfermé la pensée. Aujourd’hui, écrivains et experts rivalisent pour imposer dans le débat public leur vision du futur.

 

 

Gilles Balbastre s’en prend à ceux qui veulent alléger le code du travail, donc mettre en péril les protections des travailleurs (“ Combien de pages valez-vous ?    ”) :

 

 

 

Le Monde Diplomatique (76)

La scène a fait le tour du Web. Le 18 septembre 2014, sur le plateau de l’émission « Des paroles et des actes », M. François Bayrou tempête contre les « obstacles que nous avons mis sur le chemin de tous ceux qui travaillent ou le voudraient. Tiens ! Je vous donne un petit exemple ». Il tire de sa serviette une fine brochure qu’il pose délicatement sur une table. « Voilà ! Ça, c’est le code du travail suisse. 4 % de chômage. » Il se baisse à nouveau et brandit un épais volume. « Et ça [rires du public], c’est le code du travail français. » Il lâche l’ouvrage, qui tombe dans un bruit sourd. Applaudissements du public. « Trois mille pages. Regardez, c’est illisible. Si on n’a pas le bon sens de faire qu’on ait un texte qui fasse qu’un chef de PME, une femme d’artisan puissent savoir à peu près ce qui est écrit... Autrement, ça bloque tout ! Ils ont peur ! Ils ne peuvent pas embaucher ! »

Devant les caméras de France 2, le président du Mouvement démocrate (MoDem) parade, satisfait. Mais avait-il vraiment fait preuve d’originalité ce soir-là ?

Non seulement M. Bayrou avait répété son numéro chez Laurent Ruquier dans « On n’est pas couché », le 16 mars 2013, puis dans les colonnes du Point, le 3 juin 2014, mais s’en prendre au code du travail figure depuis longtemps au rang des passe-temps favoris d’une bonne partie de la classe politique, des représentants du patronat et des éditorialistes. « Il est probable que la multiplication des protections juridiques des salariés dissuade les entreprises », estime le journaliste François Lenglet (RTL, 14 août 2014). « Il y a ceux qui disent qu’à force de protéger les salariés, eh bien on finit par décourager l’emploi. Autrement dit, notre réglementation du travail, notre code du travail seraient tellement contraignants, touffus, obsolètes qu’ils finiraient par décourager les investisseurs et l’emploi », rapporte son confrère Benoît Duquesne (Public Sénat, 15 février 2014).

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 06:14

Jacque Sapir, dans son blog Russeurope évoque la correspondance cachée de Hollande avec la Commission européenne :

Ce que cette lettre révèle, car de bonnes âmes,  Mediapart pour les nommer, en ont publié le texte obtenu par des fuites venant soit de Bruxelles soit de Paris, c’est l’arrogance d’une Commission européenne. Mais, pourquoi donc cette dernière prendrait-elle des gants ? Après tout, c’est bien François Hollande qui signa le Traité sur la stabilité et la gouvernance, le TSCG, qui met la France sous la tutelle de Bruxelles, c’est à dire en fait de l’Allemagne. Ce que François Hollande redoute, tout comme un mauvais élève craint le courroux de ses parents et cherche à leur cacher une mauvaise note, c’est d’être confronté aux conséquences de ses actes. Ce traité, le fameux traité « Merkozy », négocié par Mme Merkel et Nicolas Sarkozy, organise la soumission institutionnelle de la France à un pouvoir étranger. Il est aujourd’hui facile d’affirmer qu’il n’est pas question que Paris modifie son budget pour satisfaire tant Bruxelles que Berlin. Mais, le mal est fait. Soit nous nous plierons à cette règle inique et nous l’entérinerons, soit nous allons au conflit ouvert tant avec Bruxelles qu’avec Berlin, qui a refusé les 50 milliards d’investissements quémandés, toute honte bue, par le triste duo Macron-Sapin.

 

Le Monde Diplomatique est formel : “ Loués soient nos mécènes ! ” : La baisse continue des budgets de l’Etat consacrés à la culture consacre les plus grandes fortunes du monde.

En France, l’attachement à la peinture, qui constitue aussi un investissement lucratif, permet aux milliardaires de polir leur image parfois peu avenante et de faire ainsi oublier sur quelles vies humaines sont édifiées leurs fortunes.

Les plus grandes fondations charitables étasuniennes ont ainsi été créées au début du XXe siècle par des patrons rapaces, les “ barons voleurs ”.

Dès lors que la presse française dépend largement des prévenances de ces industriels et de ces banquiers, il n’est pas étonnant qu’elle se pâme aussitôt quand l’un d’entre eux prend la pose devant une œuvre d’art qu’il vient d’acquérir ou un beau bâtiment qui gravera son nom dans la postérité urbaine.

Ainsi en est-il, par exemple, de la Fondation Louis Vuitton que la capitale devra à l’admirable générosité de Bernard Arnault, grand amateur d’art et de beauté, en même temps que première fortune de France.

 

Marianne

« Huit politiques français ont accepté de se déguiser pour une émission de D8 où ils se plongent incognito dans le quotidien des Français ». On découvrira donc « à la rentrée 2015 », les nouveaux visages (et les nouvelles vies) de Thierry Mariani, dans la peau d’un handicapé-moteur, de Bernard Accoyer, brancardier aux urgences, de Julien Dray, prof de lycée, de Michèle Alliot-Marie, gardienne de la paix en province et de Geoffoy Didier déguisé, avec cheveux longs et barbe façon d'Artagnan, en footballeur des années 1990. Samia Ghali, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône et maire du 8e secteur de Marseille, va endosser le rôle d’une mère divorcée de deux enfants, « à la recherche désespérée d’un logement ». Espérons que les Français ne soient pas dupes et ne se ruent pas sur leurs écrans. De toutes façons, la plus grande des émissions de téléréalité politique et d'immersion, ils la suivent chaque jour en vrai. Car il paraît – mais c'est à vérifier – qu'il y a des ministres déguisés en socialistes à la tête de l'Etat. Et une opposition qui prétend avoir des idées pour faire mieux qu'eux à l'avenir...

 

Je lis dans Gala (hé oui ! le responsable d’une revue de presse doit tout lire) une nouvelle qui m’a navré : Antoine Berge, le compositeur du générique de l’émission qui aida les enfants à aller au lit entre 1962 et 1973 est décédé jeudi 23 octobre. Il avait 87 ans. Bonne nuit les petits, c’était aussi un générique. Emblématique et caractéristique, la mélodie du générique jouée au pipeau avait été composée par son interprète, Antoine Berge, et adaptée d’un morceau de Pergolèse (dont le vrai nom était Draghi, comme celui d’un célèbre banquier), “ Que ne suis-je la fougère ”. Pour cela, le flûtiste n’avait touché que 29 francs, et avait attendu 2009 pour attaquer ses anciens patrons pour droits d’auteurs insuffisants. Berge était Diplômé de la Guilde française des faiseurs de pipeaux. Lui, c’était au sens propre …

 

On finit sur la dénonciation d’une privilégiée péruvienne. À 118 ans, la doyenne du Pérou et peut-être du monde, Andrea Guttierez, recevra finalement sa première retraite de 42 dollars. L’Obs précise qu’elle avait précédemment essuyé deux refus. En France, on est plus ferme : on vient de mettre à l’asile une dame de 98 ans qui ne pouvait plus payer son loyer.

Revue de Presse (104)
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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 06:59

Selon la revue de cinéma Première, Une ville polonaise a refusé de décorer une aire de jeux pour enfants avec l'effigie de Winnie. Pourquoi ?

 

Le conseil municipal de Tuszyn, vient de refuser de décorer un terrain de jeu pour enfants avec Winnie l'Ourson. Les édiles de la ville considèrent que l'ourson est le symbole d'une "sexualité ambiguë" et est "à demi-nu", en ne portant qu'un t-shirt rouge. "C'est complètement inapproprié pour les enfants", estime un conseiller municipal. "Il ne porte pas de pantalon ni de sous-vêtements parce qu'il n'a pas de sexe", s'emporte un autre. "C'est un hermaphrodite" (rappelons qu'un hermaphrodite possède bien des organes génitaux).

 

Alan Alexander Milne, le créateur de Winnie l'Ourson dans les années 20, serait sans doute le premier surpris de cette censure et de ces propos réactionnaires et violents. Devenu un personnage de l'écurie Disney, Winnie (dont le plus gros péché est son goût immodéré pour le miel et la procrastination) a eu droit à de nombreuses apparitions sur petit et grand. Qu’en sera-t-il en Pologne de Donald, Riri et Fifi qui ne portent pas non plus de pantalon ?

 

Disney, qui se retourne dans sa tombe, a donc trouvé" plus réac que lui.

 

 

 

 

L’Humanité estime que la réponse des autorités étasuniennes aux manifestations de Ferguson est proprement militaire. Les Etats-Unis développent de nouvelles armes non létales qu’ils n’hésitent pas à déployer face aux manifestants.

 

Plus de 2000 soldats de la Garde nationale ont été déployés autour de Ferguson. Des militaires, en tenue de camouflage et armés de fusils d'assaut, ainsi que des agents du FBI, ont été mobilisés en renforts aux policiers. Un arsenal guerrier qui ne s’arrête pas là. Les soldats sont accompagnés de véhicules blindés, qui étaient utilisés en Irak car ils sont conçus pour résister aux mines. D’où leur nom d’ailleurs : MRAPs, Mine Resistant Ambush Protected Vehicles, véhicules d’embuscade résistants aux mines.

 

Mais c’est le déploiement de LRAD (Long Range Acoustic Devices) qui frappe le plus. Ce sont des canons à son, aptes à envoyer de manière très précise des ondes audio à plus de 8 kilomètres de distance, au dessus du seuil de la douleur. Jusqu’à 149 décibels, ces sons provoquent une violente souffrance, des maux de crânes terribles et entraînent un risque de dommages irréversibles. Utilisée pour la première fois lors d’une manifestation contre le G20 à Pittsburg en 2009, cette arme de répression a causé à une enseignante une perte d’audition irréversible, ainsi que des troubles de l’équilibre et des nausées permanents. Ce canon à son a été utilisé plusieurs fois à Ferguson depuis les premières manifestations en août dernier.  L’Etat du Missouri a acheté deux LRAD en avril.

 

Historiquement, nous rappelle Bernard Cassen sur le site de Mémoires des Luttes, la notion de réforme a été associée au progrès, à l’émancipation des travailleurs, à la conquête de droits. Aujourd’hui, à l’inverse, dans le vocabulaire de ce que l’on peut appeler l’Internationale néolibérale, le mot signifie en réalité « contre-réforme », c’est-à-dire démantèlement des services publics et de la protection sociale, privatisations, extension de la précarité baptisée « flexibilité », etc. Ce mot de « réforme », parfois complété par l’épithète « structurelle », revient de manière obsessionnelle dans le discours européen actuel, les gouvernements étant sommés par la Commission européenne de « réformer » toujours davantage. Avec les résultats catastrophiques que l’on connaît.

 

La transfusion de sens subie par le mot « réforme » a également dénaturé le mot « gauche », avec des conséquences encore plus graves. C’est en effet une catégorie politique structurante – dont les antécédents remontent à la Révolution française – qui se trouve privée de toute pertinence si l’on accepte que la social-démocratie fait encore partie de la gauche. En essayant de définir cette notion, Frédéric Lordon écrit que, en dernière instance, elle consiste en le refus de la souveraineté du capital. 
Or la construction européenne – œuvre conjointe de la social-démocratie et de la démocratie chrétienne – a sacralisé la liberté absolue de la finance qui se traduit symboliquement par l’indépendance de la Banque centrale européenne.

 

Ce faisant, elle a puissamment contribué, dans les faits, à la disparition de toute différence entre la droite et la gauche dite « de gouvernement » avec un double résultat : d’une part, en menant des politiques que pratiquement rien ne distingue de celles de ses adversaires proclamés, la social-démocratie fait la preuve de son inutilité politique et électorale et se condamne au déclin, voire à la disparition ; d’autre part, elle discrédite pour l’opinion l’idée de gauche elle-même, les citoyens mettant dans le même sac tous ceux qui se revendiquent d’elle.

 

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 11:15

Ce n'est pas d'aujourd'hui, ni même d'hier, que les gendarmes mobiles et les CRS sont appelés à "maintenir l'ordre", à castagner comme on voudra. Ils sont entraînés physiquement à cela, et même psychologiquement (si, si). Il faut, en effet, avoir accepté et enduré un vrai conditionnement pour balancer deux grenades dans une caravane en insultant les occupants ou tirer dans le dos d'un manifestant une grenade offensive (selon certains experts, quasiment à bout portant, l'enquête le dira). Sans ciller. Sans état d'âme.

 

Un blogueur nous aide à faire un peu d'histoire en nous ramenant à Brest, il y a soixante-quatre ans.

 

 

Revenons un peu en arrière, nous sommes le 17 avril 1950, les ouvriers dockers et ceux de la reconstruction de Brest ont décidé de manifester pour une augmentation de salaire. Si, si, je vous jure que cela existait… Soudain, des coups de feuMazééclatent, les forces de l’ordre viennent de faire usage de leurs armes. Il y aura une quarantaine de blessés et un homme ne se relèvera pas, il est mort d’une balle en pleine tête. Il s’appelait Édouard MAZE. Photo de gauche.

À la demande de la CGT, le cinéaste René Vautier qui venait de terminer Afrique 5O, un brûlot dénonçant la politique coloniale, est appelé pour réaliser un documentaire sur l’événement. Le film sera projeté 88 fois dans les rues de Brest, la 89è lui est fatale. Il ne reste pas trace du film. Des auteurs de BD aux éditions Futuropolis (Kris et Davodeau – Lulu femme nue) ont repris l’histoire sous le titre « Un homme est mort » qui est emprunté à un poème de Eluard en hommage à Gabriel Péri:

Un homme est mort qui n’avait pour défense 
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oubli
Car tout ce qu’il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd’hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre
Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amies
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux

Tutoyons-nous son espoir est vivant.

Paul Éluard

Soixante-dix ans plus tard, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Une marée-chaussée de plus en plus militarisée, aux ordres d’un pouvoir empêtré dans ses conflits648x415_a-demonstration-was-organized-this-weekend-to-protest-against-the-construction-of-the-dam-sivens-ind’intérêt, fait usage de moyens disproportionnés pour défendre le pré carré d’une poignée de producteurs de maïs assoiffés qui vendraient leur mère pour un verre d’eau… Oui, à nouveau, un homme est mort. Sacrifié sur l’autel du productivisme en défendant quelques arpents de bois face aux appétits féroces d’industriels agricoles qui n’ont plus de paysans que la caricature. Un homme est mort et je suis en colère. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 06:46

Ma fille de douze ans ne peut faire une phrase sans utiliser l’onomatopée “ blablabla ”, aujourd’hui très tendance chez les tout djeuns : « Alors la prof nous a dit qu’il fallait réviser la première leçon, et aussi la seconde, blablabla. »

 

Je me trouvais il y a quelques jours en Autriche dans une grande fête familiale réunissant des Allemands et des Autrichiens. Tout allait bien jusqu’au moment où j’entendis un djeuns allemand d’une quinzaine d’années terminer une phrase par « blablabla ». Fuck la mondialisation libérale, me dis-je ! Non seulement, les mômes du monde entier se pâment devant Violetta mais en plus ils sont affectés par la même paresse langagière. Sans ce concerter.

 

Le Grand Robert n’est pas tendre avec ce vocable : il a repéré dans Céline en 1937 (dans Bagatelles pour un massacre) ce qu’il qualifie de « verbiage sans intérêt, destiné à endormir la méfiance. » Il propose bratin ou boniment comme synonymes. Il cite Jacques Prévert : « … et pendant ce temps-là, ce temps sans temps comme la guerre du même nom, ce temps mort séquestrant les vivants, qu’est-ce qu’on entend, le blablabla, le bleu blanc rouge, le glas glas glas des trafiquants d’armes, trafiquants d’âmes […]. » Par parenthèse, qui oserait écrire en ces termes aujourd’hui sur les guerres menées par Hollande ? Il cite aussi Sollers : « On fait une œuvre littéraire ou on n’en fait pas une. Tout le reste est bla-bla. » (Femmes).

 

Avant ces occurrences, Le Grand Robert cite Claudel dans un emploi interjectif plus ancien : « Blah ! Blah ! Blah ! » (1929). Claudel est peut-être allé chercher cette orthographe dans l’anglais. Puisque « Blah », dans le sens de paroles sans intérêt, est apparu en 1918. Ce « blah » pouvant être une apocope du mot français “ blasé ”, que les Britanniques ont repris comme tel et qu’ils utilisent plus souvent que nous, un peu par snobisme.

 

Une autre possibilité serait d’aller chercher l’origine de ce mot plus loin dans le temps, dans l’Écosse du XVIe siècle, avec “ blather ” (d’origine scandinave), fréquentatif du verbe “ blabben ”, signifiant bavarder. Ou encore dans l’anglais “ blab ”, également du XVIe siècle, signifiant manger le morceau, laisser échapper un secret ou jaser. “ A blabbermouth ” (XXe siécle) est une grande gueule.

 

Les djeuns nous poussent vers la tombe tout en nous instruisant. Et nous avons la confirmation que les langues française et anglaise sont intimement entremêlées (intertwined, pour reprendre un mot que j’adore prononcer et entendre).

 

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 06:32

 

 

Dans son édito, Paul Ariès prône la création d’un Observatoire national de la gratuité du service public et des biens communs. À l’heure où le système veut nous persuader que tout doit être payant, à commencer par l’air que nous respirons et l’eau que nous buvons, Ariès estime que la gratuité est l’arme absolue contre le capitalisme et le productivisme.

 

Christian Pince (en grève de la faim), Patrice Canal et Françoise Blandel dénoncent le projet de barrage de Sivens dans le Tarn.

 

 

Pour le CADTM (“ Le Mali, l’aide, la dette ”), les « aides » accordées au Mali alourdissent sa dette. Ainsi l’aide promise par la France est constituée de 36% de prêts.

 

Le dossier de ce numéro 18 est consacré à la préservation des territoires et des biens communs. Il s’agit de critiquer le troisième acte de la décentralisation voté le 27 janvier 2014 qui vise à créer 12 grandes métropoles (une métropole étant une ville ayant fondé ou colonisé d’autres villes – Thierry Brulavoie) en remettant en cause la compétence générale des communes. Chaque métropole consacrerait la « politique de la ville entrepreneuriale » (Guillaume Faburel). Les citoyens seraient soumis à une « conception économiste et appauvrie des territoires » (Christian Sunt).

 

La publication dirigée par Paul Ariès milite pour une refonte globale du système judiciaire : gratuité de la justice, fin de la loi du talion (Hélène Erlingsen-Creste, autrice de L’abîme carcéral). D’autant que, selon Gilles Sainati, la République exemplaire promise par Hollande passe par cette chirurgie qui doit séparer définitivement la justice de l’exécutif.

 

Pour le psychiatre Mathieu Bellahsen, la notion de « santé mentale » (“ une des faux-semblants de l’émancipation ”) s’inscrit dans le mouvement de reterritorialisation des progressismes d’antan vers les canons de l’économie concurrentielle.

 

Paul Ariès a interrogé Valérie Igounet, historienne et autrice de Le Front national de 1972 à nos jours, le parti, les hommes, les idées). Ils reviennent sur le rôle de la secte Moon dans l’histoire de ce parti et sur le basculement entre l’antisémitisme et l’islamophobie.

 

Laurent Paillard explique en quoi consiste le « beau rôle » de Najat Vallaud-Belkacem, dont la stratégie est de « dissocier les questions sociales et les questions sociétales de façon à permettre une politique extrêmement réactionnaire dans le premier domaine tout en ayant l’air progressiste grâce au second. »

 

Thierry Brugvin revient sur ce que peuvent nous apprendre les cultures populaires, « objet d’attitudes condescendantes et stigmatisantes ».

 

Enfin, Thierry Fiévet (auteur de Le Monde en pente douce) évoque le «“ grand abandon ” (de la rentrée sociale) : Plus personne ne regrette vraiment ce que l’on nommait autrefois « la rentrée sociale ». Plus personne ne la regrette car plus personne n’a gardé le souvenir de ce qu’elle signifiait profondément. Après l’été des « congés payés – autre vocable à l’usage aujourd’hui désuet – le temps du retour aux réalités nécessairement conflictuelles du monde du travail revenait comme un rituel Légitime. Quand les « classes laborieuses » commencèrent de baisser leur garde face au patronat revanchard un vocabulaire et une rhétorique plus conformes à l’air du temps apparurent. On ne parla plus que de « partenaires sociaux » car désormais nous devons tous admettre que « nous sommes tous dans le même bateau ». Nous avions donc tous oublié la rentrée sociale depuis longtemps lorsque les calendriers du Gouvernement et du patronat coïncidèrent brutalement à la fin du mois d’août dernier pour nous offrir une terrible rentrée. […] Il est bien là le grand abandon de la Gauche de gouvernement : ne plus voir en chaque salarié qu’un dossier dans un fichier à exploiter, un nom sur une liste de radiés potentiels, un candidat permanent à la fraude ou à la fainéantise. L’abandon tutoie ici l’indécence. Il est probable que nous ne soyons pas au bout de nos peines ! D’autres idéaux de la gauche vont assurément valser dans les temps qui viennent.

 

 

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 06:41

 

 

Parlera-t-on de la mort de Christophe-Gabriel-Jean-Marie Jacquin de Margerie, petit-fils d’un responsable pétainiste collabo pendant la guerre ? Peut-être, mais on évoquera d’abord, avec L’Humanité, la disparition du grand photographe suisse René Burri. Nous avons tous en mémoire son portrait de Che Guevara, fumant un cigare phallique, ou celui de Picasso, malicieux dans un tricot qui a dû inspirer Montebourg.

 

Le photographe qui vivait entre Zurich et Paris a légué, l’année dernière, toutes ses archives au Musée de l'Elysée à Lausanne, soit environ 30.000 photos, précise L’Humanité. En plus du Che, il a aussi immortalisé Fidel Castro, sa célèbre casquette vissée sur la tête et fumant le cigare également. Sa première photo,  René Burri la conservait dans son bureau, datée de 1946, quand il avait 13 ans. Elle représente Winston Churchill, de profil, dans une voiture officielle décapotable, alors qu'il effectuait une visite à Zurich.

 

« Il ne faut pas venir comme un bulldozer » quand on veut photographier une célébrité, avait-il aussi coutume de dire. De fait, il mit quatre ans pour décrocher un rendez-vous avec Picasso. Son mentor avait été Henri Cartier-Bresson, connu pour capter “ l'instant décisif ”. René Burri, lui, choisira une autre approche, plus axée sur le long terme.

 

 

Dans Le Grand Soir, Pierre Verhas analyse longuement la situation très préoccupante que connaît la Belgique où l’extrême droite est désormais au pouvoir : « Les sérieux accrochages entre l’opposition socialiste francophone et la nouvelle majorité qui comporte trois partis flamands – les nationalistes de la NV-A (Nouvelle alliance flamande), les chrétiens du CD&V, les libéraux thatchériens de l’Open VLD et un seul parti francophone, parti du Premier ministre Charles Michel, le MR – Mouvement réformateur, droite libérale – ont fait apparaître la présence au gouvernement de deux ministres proches de l’extrême-droite flamande, tous deux appartenant à la NV-A : le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jan Jambon et le secrétaire d’Etat à la Migration, Théo Francken. » Pour Verhas, la collusion entre les fascistes et le patronat est patente : « on en a déjà un élément : l’attitude de la direction de la chaîne de grandes surfaces Delhaize est symptomatique. En plus d’une restructuration qui entraînera 2 500 pertes d’emplois et la fermeture d’une vingtaine de magasins, les patrons veulent effectuer une retenue de 90 euros mensuels sur les salaires de tous les travailleurs et revoir à la baisse les augmentations barémiques à l’ancienneté. Ces mesures non concertées sont illégales. Il est évident que la venue au pouvoir de la droite ultralibérale n’y est pas étrangère : elle ne fera preuve d’aucun zèle pour défendre la légalité sociale. » Pierre Verhas conclut que « La lutte contre l’extrême-droite et pour le rétablissement de la démocratie et surtout des droits à la dignité doit être sans merci mais dictée par l’intelligence d’une stratégie à élaborer dans l’unité de celles et de ceux pour qui les principes de liberté et d’égalité sont inaliénables. »

 

Il ne faut jamais faire parler les morts, sauf quand ils étaient vivants. Alors, on terminera avec quelques citations du défunt Margerie. Sur le fait que Total ne paye pas d’impôts en France : « Je rêve de payer plus d’impôts en France » affirmait-il éploré. Et aussi : « Nous clouer au pilori est facile. Nous taxer ne résoudra rien. » Sur l’exploitation du gaz de schiste : « Ayons le courage de faire de l'exploration, et après ça on en discute ». Sur le prix des carburants (alors que le gouvernement venait de mettre en place une contribution financière de 115 millions d'euros de la filière pétrolière) : « Le super à 2 euros, cela ne fait aucun doute. La vraie question, c'est quand ? Il faut espérer que cela n'arrive pas trop vite. » Sur l’État : « En France, le vrai problème c'est l'État. 55 % du PIB est dans les mains de l'État, qui au passage a du mal à le gérer, et on ne s'occupe pas de l'entreprise, on est encore à papa-maman, à demander à l'État qu'il s'occupe de nous! »

 

Selon Valeurs Actuelles, publication objective bien connue, l’ami de Jean-Pierre Jouyet (qui n’a que des amis partout) était atypique, anticonformiste, iconoclaste, fiable et chaleureux. Pour Paris Match, « sous ses airs d’épicurien, Margerie, chaleureux, attentif, extraverti, dissimulait une résistance physique d’éléphant. »

 

Au fait, les médias ont complètement oublié de rappeler que, quelques semaines avant d’être nommé numéro un de Total, il avait été mis en examen par le juge Courroye (pourtant peu hostile aux patrons) dans le dossier irakien en octobre 2006 et avait passé soixante-quatre heures en garde à vue, sans ceinture, sans chaussures, sans lunettes.

 

Revue de Presse (103)
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