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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 05:20

Par Philippe Arnaud

 

David Pujadas annonce, en dissimulant à peine sa satisfaction, que le taux de 75 % d'impôts sur le revenu des personnes physiques (promis par François Hollande) allait être supprimé à compter du 1er janvier 2015. En quoi cette présentation est-elle frauduleuse ? En quoi trompe-t-elle sciemment les téléspectateurs ?

 

1. Elle les trompe en ce qu'elle vise à placer le téléspectateur "moyen" dans la peau de quelqu'un qui voit ses revenus taxés à 75 %. Imaginons un Français qui gagne 1700 euros nets par mois.

 

[N.B. Ce chiffre est important à deux titres, d'abord parce que le salaire médian des Français est de 1675 euros bruts – je précise bien "bruts" – par mois. Ce qui veut dire que la moitié des Français gagne moins que 1675 euros bruts par mois. Je préciserai plus loin en quoi ce chiffre est important à un deuxième titre].

 

Je reprends mon propos. Mettre le Français "moyen" dans la peau du contribuable taxé à 75 %, cela veut dire, pour celui qui gagne 1700 euros nets par mois (je précise que ce salaire est bien plus élevé que le salaire médian), lui faire exécuter ce calcul élémentaire : 75 % de taxation sur 1700 euros, cela donne 1275 euros d'impôts, c'est-à-dire qu'il ne lui reste plus que 425 euros par mois pour vivre. Diantre ! A ce niveau-là, on est dans la misère (le RSA est à 499 euros). Le Français "moyen" a donc de la compassion pour le Français plus riche qu'on taxe à 75 % en se disant : comme moi, il doit tirer la langue...

 

 

2. Or, et c'est ici que réside la première malhonnêteté, c'est que l'on ne vit pas avec des proportions mais avec de l'argent réel : quelqu'un qui gagne 1000 euros par mois et qu'on taxe à 75 % n'a plus que 250 euros pour vivre. Quelqu'un qui gagne 10 000 euros n'a plus que 2500 euros, quelqu'un qui gagne 100 000 euros n'a plus que 25 000 euros. Mais ce n'est pas du tout la même chose !

 

En effet, 250 euros, c'est la moitié du RSA, c'est-à-dire l'indigence complète, 2500 euros, c'est 800 euros de plus que le salaire médian, c'est un revenu correct, 25 000 euros, c'est plus de cinq fois le traitement d'un professeur de faculté en fin de carrière ! Or, les besoins des humains sont à peu près identiques et les prix les mêmes pour tout le monde. Avec 250 euros, on est dans la misère noire, avec 25 000 euros, on vit confortablement.

 

3. Où est la deuxième malhonnêteté ? Elle est en ce qu'on se garde bien de préciser que la taxation à 75 % (à partir d'un million d'euros) s'entend à partir du premier euro gagné au-dessus de un million mensuel. Celui qui gagne 1 million et 1 euro n'est taxé à 75 % que sur cet euro et pas sur le million qui précède ! [Précision : un gain de 1 million d'euros annuels, cela veut dire 83 333 euros par mois, soit plus de 16 fois le traitement d'un professeur de faculté en fin de carrière...].

 

4. Où est la troisième malhonnêteté ? Elle est en ce qu'on cherche à faire pleurer sur ces "pauvres riches" (si l'on peut dire...) alors que, si l'on imagine la supposition implicite que les journalistes cherchent à faire passer (c'est-à-dire qu'on taxe la totalité du million d'euros), que leur resterait-il ? Il leur resterait 250 000 euros par ans, c'est-à-dire 20 833 euros par mois. C'est quoi, 20 833 euros par mois ? Divisons ce chiffre par 12 : cela donne 1736 euros.

 

5. 1736 euros, c'est un chiffre proche de celui que nous avions choisi au début de ce billet (1700 euros), et qui était lui-même supérieur au montant du salaire brut (1675 euros). Donc en prenant les trois quarts des revenus de celui qui gagne un million d'euros (par an), puis en divisant de nouveau cette somme par 12, on obtient, in fine, un chiffre (1736 euros) qui ferait le bonheur de plus de la moitié des Français...

 

6. Dernière précision : le patron le mieux payé de France, Maurice Lévy, patron de Publicis, gagne 4,5 millions d'euros par an.

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 05:07

Serge Halimi souhaite que la presse s’émancipe : « La presse française nourrit-elle d’autres projets que ceux de réduire ses effectifs et de chercher son salut loin du journalisme ? Une telle orientation paraît sans issue, alors que l’ambition éditoriale continue de représenter une destination d’avenir. Le 20 août 2013, Libération chercha à relancer sa diffusion flageolante grâce au slogan promotionnel suivant : « Quand tout va vite, une seule solution : aller plus vite encore. » Une mauvaise solution, apparemment. Un an plus tard, les ventes du journal poursuivaient leur dégringolade, et ses dirigeants annonçaient la suppression de plus du tiers des effectifs du quotidien. Dans le même temps, ils exigeaient que les rescapés produisent davantage de « contenus » avec moins de journalistes. Les rebelles éventuels étaient mis en garde par le nouveau directeur général Pierre Fraidenraich : « C’est ça ou la mort. » Ce sera sans doute l’un et l’autre. »

 

 

Lamia Oualalou voit les évangélistes à la conquête du Brésil : « En 2002, l’élection d’un représentant du Parti des travailleurs à la présidence du Brésil avait provoqué un séisme politique. En octobre 2014, une défaite de cette formation en déclencherait un second. Or la candidature inattendue de Mme Marina Silva parvient à rassembler les opposants à l’actuelle présidente Dilma Rousseff : une partie des classes moyennes, le patronat et les Eglises évangéliques, particulièrement puissantes dans le pays. »

 

 

Le vote à droite est une réponse à la colère sociale (Owen Jones) : « Tandis qu’en Ecosse le référendum sur l’indépendance a cristallisé le rejet de la politique austéritaire imposée par Londres, plus au sud le même sentiment gonfle les voiles de la formation antieuropéenne de M. Nigel Farage. Un nom sème l’effroi au sein de l’élite politique britannique : celui de l’UKIP (United Kingdom Independence Party, Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni). Lors des élections européennes de mai 2014, ce parti contestataire emblématique d’un populisme de droite a infligé une humiliante défaite aux trois formations dominantes : non seulement aux partis conservateur et libéral-démocrate, au pouvoir, mais également au Parti travailliste, dans l’opposition. C’est la première fois depuis un siècle qu’une formation détrône travaillistes et conservateurs lors d’un scrutin national. M. Nigel Farage, le dirigeant de l’UKIP – qui cultive soigneusement une image d’homme du peuple au verbe haut et amateur de bière –, avait prédit un « tremblement de terre politique » ; sa prophétie s’est réalisée. »

Le Monde Diplomatique (75)

Jean-Luc Racine décrit les tribulations du couple indo-afghan : « Parmi tous les acteurs régionaux en Afghanistan– du Pakistan à l’Iran en passant par la Chine –, l’Inde est le moins visible. Pourtant, les relations entre les deux pays sont anciennes. Et même si elles n’ont pas toujours été au beau fixe, elles sont devenues plus étroites après la chute du régime des talibans en 2001. New Delhi a considérablement investi, politiquement et économiquement, dans ce territoire. L’arrivée d’un nouveau président à Kaboul pour remplacer M. Hamid Karzaï ne devrait pas changer la donne. »

 

 

Sanjay Basu et David Stuckler pensent que l’austérité tue : « Rigueur ou relance ? Si, depuis le début de la crise financière de 2007, les gouvernements européens ont choisi, les experts poursuivent leurs délibérations… avec d’autant plus de prudence qu’ils font rarement partie des premières victimes des coupes budgétaires. Soumettre les politiques économiques aux critères d’évaluation de la recherche médicale permettrait toutefois de trancher la question.

 

 

Adieu aux armes en Corse (Pierre Poggioli) ? : « Le 24 juin 2014, le Front de libération nationale corse (FLNC) annonçait sa décision unilatérale d’enclencher un processus de démilitarisation et de normalisation progressive. Après le démantèlement des mouvements irlandais et basque, cette annonce signe la fin de la lutte armée en Europe occidentale. Mais pour Pierre Poggioli, responsable clandestin dans les années 1980, les solutions politiques restent bien incertaines. »

 

Pour Olivier Pironet, en Cisjordanie l’Intifada n’est pas loin : « En bombardant Gaza durant cinquante jours, les Israéliens ont provoqué des dégâts sans équivalent depuis 1967, avec plus de deux mille morts, dont cinq cents enfants. Dans le même temps, en Cisjordanie, l’Autorité palestinienne maintient sa coopération sécuritaire avec l’armée d’occupation, malgré l’absence de progrès dans la construction d’un véritable Etat. »

 

 

Jean-Marie Chauvier rappelle qu’en octobre 1993 le libéralisme russe est apparu au son du canon : « Dans la genèse d’un nouveau pouvoir autoritaire en Russie, on occulte trop souvent un épisode-clé. Dès 1993, la population mesure les effets de la « thérapie de choc » imposée après l’effondrement de l’URSS par les idéologues du marché. Une majorité de députés tente d’imposer une autre voie. Mais, fort du soutien des gouvernements occidentaux, le président Boris Eltsine lance l’assaut contre le Congrès. »

 

 

Pour Mark Weisbrot, en Argentine, les fonds vautours ont été tenus en échec : « Doit-on autoriser une poignée de spéculateurs à prendre en otage quarante millions d’Argentins ? A cette question la justice américaine vient de répondre « oui », semant le trouble jusque dans les rangs des investisseurs. En fragilisant les mécanismes qui permettent aux Etats d’alléger le fardeau de la dette, cette prise de position menace de déséquilibrer l’ensemble du système financier. »

 

 

Ibrahim Warde  explique que leplan Marshall pour les «  printemps arabes  » aura été sans lendemain : « En élisant une nouvelle Assemblée nationale le 26 octobre, les Tunisiens porteront les espoirs du « printemps arabe ». Confrontées au chaos libyen, à la guerre syrienne ou à l’autoritarisme égyptien, les populations ne se font plus d’illusions quant aux promesses des Occidentaux. Annoncée main sur le cœur dans une cité balnéaire française en 2011, l’aide économique internationale n’est jamais arrivée. »

 

 

Pour Alain Gresh, la voix de la France est désormais enfouie sous les bombes : « Il était une fois un pays. Ce n’était pas une superpuissance mais, dans un monde coupé en deux, il proclamait à la fois son attachement au camp occidental et son refus de la vassalisation. A Phnom Penh, en 1965, le président Charles de Gaulle dénonçait l’intervention américaine sans issue au Vietnam ; à Paris, en juin 1967, il condamnait l’attaque israélienne contre ses voisins arabes. Longtemps après, l’écho de cette voix résonnait encore. Chacun se souvient du discours flamboyant du ministre des affaires étrangères français Dominique de Villepin au Conseil de sécurité des Nations unies, le 14 février 2003. La France, prévenait-il, opposerait son veto à une résolution autorisant une action militaire contre l’Irak. Avec plus d’une décennie de recul, des dizaines de milliers de morts, un Etat irakien à la dérive, cette harangue sonne toujours juste. »

 

Jean Gadrey  se demande s’il fautvraiment payer toute la dette : « Impossible d’échapper à l’annonce d’une hausse de la dette publique : unanimes, les médias détaillent alors les sacrifices qui « s’imposent ». Toutefois, lorsqu’un collectif démontre que plus de la moitié de ces créances n’ont pas à être remboursées, le silence est total... »

 

 

Aux Etats-Unis, le discrimination électorale est de retour (Brentin Mock) : « Les élections de mi-mandat du 4 novembre 2014 se joueront, comme souvent aux Etats-Unis, dans une poignée de circonscriptions où les deux grands partis sont au coude-à-coude. Afin de mettre toutes les chances de leur côté, les républicains cherchent à écarter les « mauvais » électeurs des urnes. Ils usent pour cela de multiples astuces, parfois à la frontière de la légalité. »

 

 

Pendant ce temps, au Kenya, les habitants de la côte sont exclus du banquet démocratique (Gérard Prunier) : « Prisée des touristes pour ses plages et ses safaris, la côte kényane subit depuis plusieurs mois une vague d’attentats meurtriers. Ces crimes, demeurés impunis, commencent à faire fuir investisseurs et agences de voyages. La recrudescence des violences serait due au terrorisme islamiste venu de la Somalie voisine. Mais cette explication, trop aisée, masque les fractures politiques et sociales qui déchirent le pays. »

 

 

L’été de la révolte se prolonge à Hongkong (Nahan Siby) : « Comment Pékin peut-il se sortir de l’impasse démocratique à Hongkong ? Les manifestations – les plus importantes depuis la rétrocession de cette ex-colonie britannique à la Chine – ne faiblissent pas, malgré la répression. Les Hongkongais réclament l’élection au suffrage universel du chef de l’exécutif. Les dirigeants chinois en acceptent le principe… à condition de pouvoir sélectionner les candidats. »

 

Pour Carlos Pardo, le système de production cinématographique involue : « Même des réalisateurs remarqués en sont victimes... Avec l’arrivée de producteurs venus des affaires, le conformisme des sociétés de financement ne laisse guère de place à l’épanouissement de cinéastes originaux. Les nouveaux auteurs doivent oublier l’idée de vivre de leur création et apprendre la débrouille. »

 

 

Au niveau international, Stephen F. Cohen ne voit que des hérétiques et des faucons : « Nous assistons à la plus dangereuse confrontation entre la Russie et les Etats-Unis de ces dernières décennies, la pire sans doute depuis la crise des missiles de 1962. La guerre civile en Ukraine, précipitée par le changement illégal de gouvernement à Kiev en février, pourrait en effet conduire à une bataille frontale opposant l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et la Russie. Longtemps impensable, un tel scénario devient concevable. Et plusieurs éléments indiquent que cette nouvelle guerre froide serait encore plus grave que la première  – à laquelle la planète n’a survécu que de justesse. L’épicentre de la tension ne se situe plus à Berlin, mais à la frontière même de la Russie. En Ukraine, une région vitale pour Moscou, les mauvais calculs, les accidents et les provocations pèseront plus lourd que ceux dont le monde a été témoin il y a quelques décennies en Allemagne. »

 

À noter, un très intéressant supplément “ Supplément Secours populaire français ”

Pas plus que d’autres, les jeunes n’échappent aux préjugés ; dans beaucoup de discours politiques ou médiatiques, ils sont ainsi caractérisés comme consuméristes et égoïstes. La simple observation du terrain montre pourtant que nombre d’entre eux manifestent un grand sens de la solidarité. C’est le cas jusque dans les camps de réfugiés syriens du Liban ou parmi les étudiants précarisés en France. Notion relativement récente, la jeunesse fait l’objet d’appropriations déformantes qui en brouillent l’image.

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 05:05

 

Pour Frédéric Lebaron (Mémoires des Luttes), l’Europe est bloquée par le fondamentalisme de marché :

Les réformes « structurelles », en pesant fortement à la baisse sur le coût du travail et sur les dépenses publiques sociales, vont accentuer encore la dynamique déflationniste. Loin de servir les intérêts objectifs du patronat, comme le croient beaucoup de patrons imprégnés d’une vision purement microéconomique, elles vont conduire à la faillite d’un grand nombre de petites et moyennes entreprises. Elles contribueront sans aucun doute à radicaliser de nouvelles couches de la population – contre l’Europe, mais aussi contre les immigrés, les Roms, les minorités de toute sorte – et elles pourraient conduire au pire, à moins qu’une alternative sociale crédible ne voie vraiment le jour.

L’enchaînement déflationniste annonce en tout cas une accentuation du processus de désarroi idéologique massif qui caractérise la société européenne bloquée. Le « trou d’air » européen risque ainsi de devenir le « trou noir » de l’économie mondiale.

 

Capitaine Martin, dans Résistance, évoque l’extermination silencieuse des éléphants d’Afrique : L’ivoire est la cause du funeste destin qui menace la plupart des éléphants d’Afrique. C’est ce qui ressort d’une étude menée par la National Academy of Sciences (académie nationale des sciences) selon laquelle au moins 7 % des spécimens encore existants ont été tués chaque année depuis 2010. Les défenses des pachydermes servent à nourrir le marché illégal et très florissant de l’ivoire dont Hong-Kong est la plaque tournante.

Le roi Juan Carlos avait défrayé en 2012 la chronique en se blessant lors d’un safari au Botswana. Ce spectacle d’un monarque chassant les éléphants d’Afrique alors que la crise économique frappe de plein fouet les Espagnols avait provoqué à l’époque un véritable malaise dans la péninsule ibérique. Ironie du sort, Juan Carlos était alors le président d’honneur de WWF Espagne.

Revue de Presse (100)

Dans son blog, Jean-Emmanuel Ducoin rend compte du dernier livre d’Emmanuel Carrère, Le Royaume « l’écrivain doit toujours savoir d’où il parle pour écrire. Le Royaume se termine par la plus déchirante des interpellations, celle qui concerne la fidélité. Pas la fidélité à la foi ou aux origines, non, la fidélité en l’écriture. Que demander de plus à un écrivain de ce rang-là ? »

 

L’Humanité rend hommage au poète Charles Dobzinski qui vient de mourir à 85 ans : « Ami d’Aragon, de Tristan Tzara, de Pablo Neruda, de Miguel Angel Asturias, de Guillevic et de bien d’autres voix majeures de son siècle, Dobzynski fut aussi un homme passionné par les sciences, en particulier l’astronomie, et par le temps où il lui fut donné de vivre en prenant tous les risques de l’espérance. Si, comme le disait Adorno, « le poème exprime le rêve d’un monde où tout pourrait être différent », il est aussi le lieu où le cœur et l’esprit assument la douleur des échecs et peuvent sans cynisme tirer enseignement des plus tragiques déconvenues. Pour Charles Dobzynski, l’espérance fut au premier chef celle qu’il plaça en un socialisme à visage humain, ainsi qu’en une paix juste au Proche-Orient. Si nous avons à cœur de saluer un poète qui s’en va, c’est que sa langue continue de donner vie : « La langue que je parle n’est pas morte, / Sa source est l’alphabet de l’univers. »

 

Les médias ont longuement rendu compte du mariage de George Clooney avec une brillante avocate anglaise. Comme c’est ma centième revue, je prends le droit de narrer une anecdote presque personnelle. Il y a une quinzaine d’années, ma fille aînée travaillait à Roissy pour Air France. Elle vaquait à ses occupations lorsque le beau George se dirigea vers elle et lui demanda, en français, où se trouvait le salon VIP. Ma fille lui dit que ce salon était situé à l’autre bout de l’aéroport et elle se proposa de l’accompagner. George et la chair de ma chair déambulèrent ainsi pendant dix bonnes minutes en discutant en français et en anglais de la pluie et du beau temps. George était vêtu d’un t-shirt et d’un bermuda qu’il aurait pu avoir acheté chez Tati. Pas de gardes du corps, pas de photographes et pas de lunettes noires pour cacher ce que l’on veut voir découvrir. Tout le monde reconnut Clooney mais personne ne se jeta sur lui pour lui arracher des lambeaux de bermuda. Preuve que l’hystérie vis-à-vis des stars est une fabrication.

 

Quand je pense que j’ai failli être le beau-père de ce brillant jeune homme !

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 05:23

Je publie ci après la lettre ouverte d'un jeune universitaire à sa ministre (publiée par Mediapart). Derrière cet acte spectaculaire, il y a toute une profession épuisée, écœurée, désillusionnée. Ce que cette lettre ouverte révèle est très grave. Sur le coup, ce qui m'a peut-être le plus frappé, c'est que ce maître de conférences évoque à peine les conditions matérielles détestables dans lesquelles il travaile (plus de PQ dans les toilettes, la température glaciale l'hiver dans les salles de cours etc.). Comme si, désormais, cette tiers-mondialisation allait désormais de soi.

 

Lettre ouverte d'un ancien Maître de conférences à Geneviève Fioraso, Secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.

Le 2 octobre 2014

 

Madame la Secrétaire d’Etat,

Recruté en 2010 comme maître de conférences à l’université de Lorraine, je me suis finalement résolu à envoyer ma lettre de démission à mon président en avril dernier. C’était, je m’en souviens, un jour où vous parliez à la radio pour redire, avec moult chiffres à l’appui, que l’université en France était sur la voie du progrès, c’est-à-dire de l’excellence et de la justice sociale. Pendant quatre ans d’exercice à Nancy, j’ai vu tout le contraire : une détérioration croissante des conditions de travail jusqu’à l’impossibilité de faire correctement mon métier d’enseignant-chercheur. 

Si chacun peut apprendre en ce monde, nul ne peut se vanter d’y enseigner avec facilité. Enseigner est un métier passionnant et frustrant, dont vous avez pu brièvement prendre, en début de votre carrière, la mesure. Mais il n’est aujourd’hui plus question de pédagogie : plutôt que des enseignants, nous sommes devenus avant tout des gestionnaires de diplômes. La multiplication des formations professionnalisantes, le manque de personnel administratif conjugués au nombre insuffisant d’enseignants-chercheurs statutaires conduit chacun de nous à prendre en  charge la responsabilité d’un diplôme ou d’une année avec toutes les charges que cela comporte : élaboration des maquettes des enseignements, construction et suivi des emplois du temps, recherches d’enseignants vacataires, rédaction des multiples dossiers de financement, organisation des sélections et recrutements des étudiants, levée de la taxe d’apprentissage auprès des entreprises, organisation des « portes ouvertes », suivi des dossiers de demande de VAE, multiples réunions sur le fonctionnement du campus, et j’en passe…

Toutes ces tâches n’ont pas de lien direct avec la pédagogie et la transmission du savoir aux étudiants. Nous sommes devenus des super « chefs de service administratif ».

J’aurais bien aimé me former aux nouvelles techniques numériques comme Moodle, me lancer dans les délices de l’innovation pédagogique ou tout simplement avoir le temps de mieux préparer mes cours. Mais non, toujours dans l’urgence, nous n’avons plus le loisir de laisser maturer nos idées, ces germes d’innovations dont vous faites sans cesse la promotion et qui ne peuvent grandir que dans une certaine disponibilité d’esprit qui est le propre des êtres civilisés. 

Vous avez dû entendre déjà une autre plainte qui monte des bas-fonds de l’université, université que vous connaissez finalement peu en pratique : les tâches administratives nous asphyxient aussi comme chercheur. La deuxième part de notre métier, théoriquement la moitié de notre temps de travail,  est réduite à la portion congrue, toujours renvoyée à plus tard, toujours morcelée, si bien qu’on ne peut guère mener une réflexion approfondie. L’immense majorité des Français croit encore que le « prof de fac » est en vacances de juin à octobre. Avec la semestrialisation et une rentrée universitaire début septembre, la plupart des enseignants-chercheurs ne quittent leur bureau que le 21 juillet pour le retrouver le 25 août. Temps de vacances bien méritées, mais plus celui d’écrire un article scientifique de fond ou encore moins un livre.

La pernicieuse logique du financement de la recherche sur contrat nous contraint à déposer en permanence des projets de recherche, de faire des tableaux de financement, de faire et défaire des retro-plannings pour ensuite remplir des évaluations intermédiaires censées justifier l’utilisation des fonds reçus. Les contraintes d’administration de la recherche achèvent d’étouffer l’esprit de la recherche : nous sommes devenus des « porteurs de projet » spécialistes en montage de dossier de financement. Les directeurs de labo sont mués en véritables chefs d’entreprise. Contraints de courir après les financements et de gérer au jour le jour les multiples problèmes administratifs, ils peinent à s’investir dans leur mission première : l’animation scientifique du collectif de recherche dont ils ont la responsabilité. La concurrence étant organisée par le ministère de la recherche lui-même, beaucoup se lancent dans la course aux « Labex » (laboratoire d’excellence), « Idex » (initiative d’excellence) ou autres « Equipex » (équipements d’excellence) et aux bénéfices symboliques associés à ces financements. Dans ce monde saturé d’excellence, grande est la tentation de s’en remettre à sa mesure quantitative : chaque financement arraché aux institutions devient un trophée brandi en réunion de directeurs de labo, où chacun cherche à montrer qui en a le plus gros (de budget). Dans ce contexte, on ne lit plus attentivement les travaux des collègues pour les discuter, on rédige des dossiers souvent à la hâte, dans le cadre politique propre à l’établissement plutôt que dans un souci de cohérence scientifique, et on se méfie des autres chercheurs qui sont autant de concurrents en lice pour obtenir ces si prestigieux financements. Je devais être naïf, mais j’avais une autre image de la « communauté scientifique ».

 

Vincent Goulet

 

Lire la suite ici.

 

Je me suis permis de déposer le commentaire suivant au bas de son article :

 

 

"Je reste néanmoins un incurable optimiste : un jour, bientôt peut-être, le monde universitaire se remettra en mouvement pour exiger sa juste place et sa juste reconnaissance dans notre société".

 

Trop tard. Il faudra attendre que la société dans son ensemble se remette en mouvement. Je pense que ce que le système a le mieux réussi, avec l'assentiment passif des universitaires eux-mêmes, c'est l'infantilisation. Dans une des plus grosses facs de lettres de France, des collègues en sont réduits (et acceptent) à faire des photocopies pour les étudiants à leurs frais (plus de papier, la machine est en panne) et ils acceptent d'être pénalisés s'ils rendent un livre avec un jour de retard à la bibliothèque universitaire. Le système a tué la dignité.

Encore une fois, nous ne sommes pas en Corée du Nord. Tout cela s'est fait et continue à empirer démocratiquement. Bien sûr, il y a désormais, comme vous le dites, des cohortes d'experts qui vous bouffent votre air. Mais la majorité des universités sont dirigées par des  collègues élus en toute connaissance de cause sur des programmes de gestionnaire, d'économies, de mutualisation, de précarisation des personnels (donc d'abaissement du niveau des étudiants), de volonté de mettre en œuvre la privatisation des universités. Pendant ce temps-là, les entreprises se gavent autour des facs et grâce aux facs.

 

Difficile de dire quand le mauvais pli a été pris. Je date le commencement de la fin dans les années 80, avec l'introduction de la nouvelle thèse et de la HDR. Cumulés, ces travaux étaient plus lourds qu'une thèse d'État (plus difficile, pour ce qui est de la HDR). Mais il fallait les réaliser en un temps toujours plus court, ce qui a induit un individualisme forcené dans l'université, le primat de la quantité sur la qualité, des universitaires épuisés à 40 ans (avec des femmes qui "oubliaient" de faire des enfants) et qui laissèrent le pouvoir aux administratifs qui, eux, travaillaient 35 heures par semaine et pas 70.

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 05:50

Une enseigne dans une ville moyenne du sud de la France. Ça ne veut pas dire grand-chose :

 

"Un pas"

 

"Femmes de vêtement citadin"

ou

"Vêtement citadin femme"

 

"Par Fleur"

 

One Step est une chaîne (appartenant aux Galeries Lafayette ?). Sur une des pages de son site, on peut lire :

 

“ Jusqu'au 1er octobre 2014, tentez de remporter le nouveau It Bag One Step en participant à notre tirage au sort à l'occasion de la Fashion Week. ”

 

Trop tard pour moi.

Méprisons la langue française (26)

Dans le métro lyonnais, une publicité pour un institut (public) d'administration des entreprises.

 

Cette ambiguïté est-elle voulue ? Pas sûr. Le jeune homme étend les bras dans le sens de la largeur. Mais "large" en anglais ne signifie pas "large". Et puis le slogan est calqué sur l'ancien "Think different".

 

L'important c'est tout de même que j'apparaisse sur la photo.

Méprisons la langue française (26)

Trop d'informations tue l'information. Sauf si la camionnette est à l'arrêt.

 

La raison sociale de l'entreprise est exprimée en anglais de Wall Street, ce qui est assez banal. Ce qui est technique et important à savoir est exprimé en français.

 

Mais ce qui me tue, c'est ce “ Since 1982 ! ”. Sans oublier le point d'exclamation, comme si 32 ans, pour une entreprise, était aujourd'hui un âge canonique.

 

Méprisons la langue française (26)
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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 05:50

Pour le site belge express.be, la Russie et la Chine ont déclaré une guerre financière totale à l'Occident.

 

Moscou et Pékin développent de nouvelles armes dans le domaine de la finance pour mener leur guerre froide contre l'Occident. Les deux superpuissances prévoient de travailler ensemble et de se concentrer sur l’affaiblissement de la suprématie du dollar comme monnaie internationale, la création de leur propre agence de notation, d’une banque de développement, et de systèmes de paiement concurrents de MasterCard et Visa.

  

Les Chinois ont créé leur propre agence de notation.

 

Dagong attribue la note AAA à la Chine actuellement, et la note A à la Russie. En revanche, les Etats-Unis n’obtiennent qu’un A-. Ces cotes se fondent sur des données fondamentales telles que le ratio dette-PIB, qui sont plus favorables en Russie et en Chine.

 

Une autre mesure prise par la Russie et la Chine pour saper la puissance financière de l'Ouest est la mise en place d'une banque de développement privée en concurrence directe avec le FMI.

 

La Russie envisage également la création d’une « Union économique eurasienne » dans laquelle le rouble servirait de monnaie d'échange centrale. De son côté, la Chine souhaite développer l'usage du renminbi dans les transactions internationales.

 

 

 

Dans Le Grand Soir, Capitaine Martin estime que les États-Unis sont à l’origine de la création de l’État Islamique :

 

Après avoir armé l’État islamique en Syrie, les États-Unis voient débouler les hordes barbares djihadistes sur l’Irak. La déstabilisation de ce pays, tout comme de la Syrie, fait partie du projet de démembrement du monde arabe sur des bases ethniques, confessionnelles ou tribales. Les multinationales n’ont cure de la confusion générée par cette situation, le principal étant pour elles de contrôler les champs pétroliers... et qu’Israël survive en tant qu’État juif. De la chute du bloc socialiste au 11 Septembre, une dizaine d’années aura ainsi été nécessaire pour instituer un ennemi de substitution au communisme, le terrorisme. Le cadre, c’est la stratégie du chaos, fait de désinformation systématique diffusée par des officines officielles, de mesures liberticides contre leurs propres concitoyens, d’occupations armées et de mainmise politique sur des peuples ayant perdu leurs initiatives civiques et leurs immunités. La doctrine, c’est la préemption militaire où faire fi des lois et de l’éthique est légitimé et où les justifications et les preuves sont délibérément manipulées pour fonder le massacre des néo-barbares dans une guerre totale du camp du bien contre l’axe du mal. Au terrorisme tout court, les États-Unis répliquent par le terrorisme d’État.

 

 

Évariste, dans Res Publica, brosse le portrait de l’école d’aujourd’hui, « au service du néolibéralisme » :

Nous sommes bien loin d’une école dont le but est de transmettre à tous et toutes les savoirs émancipateurs qui permettent l’autonomie de la pensée du futur citoyen et libèrent des pensées formatées par la logique du profit, des églises, de l’obscurantisme et plus généralement des pensées du prêt-à-porter existant dans la société civile.

Nous sommes bien loin d’une école qui promeut les principes de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de solidarité, de sûreté, de souveraineté populaire, d’universalité et de développement écologique et social.

 

 

Encore dans Le Grand Soir, Jean Ortiz, en réponse à la plainte de François Hollande qui a voulu nous convaincre qu’il n’était « pas facile » d’être président de la République, évoque les difficultés de millions de Français :

 

c’est pas facile de rester calme quand un président se fout de ta poire

c’est pas facile de se taire lorsqu’il faudrait crier

c’est pas facile d’être caissière et de se syndiquer

c’est pas facile de manger de la viande une fois par mois

c’est pas facile d’assister au festin des nantis

c’est pas facile de sortir de la pensée unique

c’est pas facile d’échapper à TF1

c’est pas facile d’être « de gauche » sans relever de l’impôt sur les grandes fortunes

c’est pas facile de tenir ses promesses

c’est pas facile de ne pas trahir le peuple pour le Cac 40

c’est pas facile de gouverner « à gauche » sous les ovations du Medef.

 

 

Cela n’empêche pas Gérard Depardieu, selon le site Glamour, de boire jusqu’à 14 litres de boissons alcoolisées par jour, d’où ses problèmes d’incontinence urinaire dans les avions. Je le cite :

 

« Ça commence avec du champagne ou du vin rouge, avant 10h00. Puis encore du champagne. Puis du pastis, peut-être une demi-bouteille. Puis le repas, accompagné de deux bouteilles de vin. Dans l’après-midi, champagne, bière, et encore du pastis vers 17h00, pour finir la bouteille. Plus tard, de la vodka et/ou du whisky. »

Revue de Presse (99)
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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 05:56

De l’autonomie à la mise sous tutelle ? Contraintes budgétaires des universités

 La revue Savoir / Agir consacre son numéro 29 aux réformes universitaires. Nous en publions ici un article portant sur les conséquences de la loi d'autonomie sur le fonctionnement quotidien des universités. Odile Henry et Jérémy Sinigaglia reviennent ici notamment sur les conséquences du nouveau système d'allocations des moyens, le mal nommé système SYMPA, qui a contribué en quelques années à la faillite de nombreuses universités françaises.

 

Il n’y a même pas besoin que quelqu’un nous mette la pression, car une grande majorité de collègues sont prêts à beaucoup de choses pour que ça continue à tourner, c’est comme ça qu’on tient les gens

 

G. Maître de conférences en mathématiques [1]

 

En novembre 2011, huit universités sont déclarées en faillite et placées sous la tutelle de leur rectorat. Comment expliquer ces situations de déficit budgétaire ? Quels sont les mécanismes responsables de ces difficultés financières ? Mais aussi, comment réagissent les équipes de direction des universités ? Quelles mesures mettent-elles en œuvre pour sortir de ces logiques d’endettement ? Ce sont ces questions qui ont guidé notre enquête [2]. On fait l’hypothèse que la situation de déficit budgétaire des universités est une conséquence directe du passage aux Responsabilités et compétences élargies (RCE) prévues par la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) du 10 août 2007, qui s’inscrit plus largement dans les réformes néolibérales du monde universitaire depuis le processus de Bologne[3] et la stratégie de Lisbonne[4].

 

Néanmoins, on postule également que si ces réformes tendent à produire un appauvrissement général des universités, il n'est pas possible d'analyser de manière univoque leurs effets. La santé financière des universités et la manière dont leurs missions sont affectées par les contraintes budgétaires dépendent aussi des ressources dont elles peuvent disposer (nombre d'étudiants, liens avec le tissu économique et politique local, attractivité de leur secteur recherche, place dans les classements internationaux, etc.) et des stratégies que celles-ci leur permettent de mettre en œuvre. Autrement dit, et c'est un effet de « l'autonomie », les conséquences des récentes réformes universitaires doivent s'analyser à la fois globalement et en fonction des configurations locales[5].

 

Des mécanismes transversaux de paupérisation et des spécificités locales

 

L’état du fonds de roulement des universités (i.e. la différence entre les ressources des établissements et les dépenses liées à leurs activités) constitue le principal indicateur de paupérisation des universités. En effet, les universités doivent disposer d'un fonds de roulement permettant d'assurer 30 jours de salaires : lorsqu'elles descendent sous ce seuil deux années consécutives, elles peuvent être placées sous la tutelle du rectorat qui peut alors imposer un budget à l'équilibre. Selon un rapport de 2013 de Thierry Mandon (député PS de l'Essonne en 2013), sur les 96 universités passées aux RCE, six seraient en déficit, 38 auraient un fonds de roulement inférieur à 30 jours et pour 14 d'entre elles, il serait inférieur à 15 jours (en 2010 aucune n’était sous le seuil des 15 jours)[6]. Un tel constat semble pour le moins paradoxal : la mise sous tutelle des universités est une conséquence probable de leur autonomie.

 

 

Lire la suite ici.

 

 

A l'université Lyon 2, les enseignants et étudiants sont ici :

 

 

Les universités piégées

Des chaises de classe sont cassées, il y a des trous dans les plafonds. Les éléments de l'isolation sont bien visibles. Nous sommes à Bron, dans la banlieue de Lyon. Bron compte 40 000 habitants. Il n'y a pas de métro pour se rendre en ces lieux fréquentés par 30 000 étudiants et 1 000 enseignants titulaires.

 

La présidence de l'université et les personnels de l'administration centrale sont ici. Vue sur le Rhône imprenable :

 

 

Bref, si les universités sont piégées, c'est parce qu'elles se sont piégées. Si elles avaient lutté plus vigoureusement contre la LRU, elles n'en seraient pas là. L'Histoire ne repasse pas les plats.

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 05:40

 

Avec un grand dossier sur la dette.

 

Dans son édito, Paul Ariès revient sur le nouveau gouvernement Valls. Il y voit un « point de non retour », les Solfériniens ne pouvant pratiquer un double langage plus longtemps. Ironiquement, Ariès conclut : « Manuel Valls a raison : il faut changer le nom du parti socialiste ! »

 

Renaud Vivien estime que les programmes d’austérité sont « illégaux » : « La troïka dicte des mesures d’austérité en violation flagrante du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. » Par ailleurs, « les États, lorsqu’ils prennent des décisions au sein d’organisation internationales, sont tenus de respecter les traités de protection des droits humains. […] L’argument de l’état de nécessité lié à la crise pour justifier la suspension des engagements relatifs aux droits humains n’est pas un argument recevable. »

 

Pour Renaud Duterme, la mythologie officielle selon laquelle « la croissance économique résout le chômage, la misère, la pauvreté, les inégalités entre personnes et peuples est une globaliverne. »

 

Jérémie Cravatte brosse l’historique de la dette du Sud. « Depuis les années 1970 et leur prétendue indépendance, les pays du tiers-monde ont remboursé près de 100 fois le stock initial de leur dette extérieure publique. » Depuis, cette dette est passée de 45 milliards de dollars à 1 532 milliards de dollars.

 

Pour Owen Chartier et Pauline Imbac, les pays du tiers-monde sont victimes d’un « contratd e domination et d’endettement. »

 

 

Marie Duhamel et Damien Millet expliquent pourquoi l’Argentine vient de subir un « camouflet » : « La Cour suprême des Etats-Unis a refusé un ultime recours de Buenos Aires sur sa dette, donnant raison à des fonds spéculatifs qualifiés de vautour. L’argentine se retrouve en grande difficulté. »

 

« Qui est le plus grand criminel », demande Didier Epsztajn ? « Retirer la licence bancaire aux banques coupables de crimes ! Poursuivre en justice leurs dirigeants et grands actionnaires ! C’est possible ! »

 

Pour Christian Delarue, « le racisme a longtemps accompagné le double pillage extractiviste : il continue aujourd’hui par le système de la dette. »

 

Pour Patrick Saurin, il faut instaurer un « contrôle citoyen contre les emprunts toxiques. » « La mise sous dépendance du Sud anticipe sur la mise en dépendance du Nord. Un seul mot d’ordre : annulation des dettes immondes, refus des emprunts toxiques ! »

 

 

 

Christine VandenDaelen estime que la dette et les mesures d’austérité « ne sont pas neutres du point de vue du genre. » « La dette est sexuée, tant dans ses caractéristiques que dans ses effets. »

 

Jean-Marc Serekian demande pour sa part « ce que nous apprend notre haine de ce que nous nommons la faune sauvage. Pourquoi l’âne de la fable fut-il reconnu coupable de la peste ?

 

Paul Ariès et Roger Lenglet s’entretiennent du danger des nanotechnologies (particules ultrafines, nanoparticules).

 

 

Christine Bergé explique comment on « escamote la mémoire des irradiés en Polynésie française », avec ces essais nucléaires qui sont une « plaie sale que l’État ne parviendra pas à guérir tant que le déni empêchera la reconnaissance des dommages subis par des centaines de milliers de civils et militaires. »

 

Paul Ariès et Frédéric Héran réfléchissent à une politique en faveur du vélo, à l’occasion de la sortie du livre de l’universitaire lillois : Retour de la bicyclette.

 

Est-il possible de « résister aux famines » (Christian David) ? 35 millions de personnes meurent chaque année de la faim, près d’un milliard sont gravement sous-alimentées.

 

Laurent Paillard pense que « le score très bas de la gauche aux élections européennes est une occasion de s’interroger sur ce qu’est le consentement au pouvoir. »

 

Yann Fiévet pense qu’il reste 500 jours pour sauver la planète : « Il nous reste cinq cents jours pour « sauver le climat ». La sentence est volontairement péremptoire. Elle émane le plus souvent des organisations non gouvernementales engagées dans la dénonciation de la grave question climatique et qui s’indignent légitimement de l’immobilisme des gouvernements politiques en la matière. Quelle est donc cette « nouvelle frontière » au-delà de laquelle le monde pourrait sombrer ou renaître ? C’est la conférence de Paris-Le Bourget prévue en décembre 2015. »

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 05:45

 

On le sait, Mohammed Ali fut un boxeur d’exception, unique, sous le nom de Cassius Clay puis de Mohammed Ali. Il changea de patronyme à l’âge de 22 ans en 1964 après avoir adhéré à la Nation de l’Islam. Il se convertira à l’islam sunnite en 1975. En 2005, il rejoindra le soufisme.

 

En 1967, champion du monde des poids lourds incontesté, il prend position contre la guerre du Vietnam et refuse la conscription. Il est dépossédé de son titre mondial et de sa licence de boxe. Il sera interdit de ring pendant quatre ans avant de revenir au sommet de la profession.

 

À l’occasion de sa conversion religieuse, il se fait d’abord appeler Cassius X, ce qui fait référence au nom d’esclave d'un de ses ancêtres (illettrés, les esclaves signaient généralement de la lettre X). Il suit en cela l’exemple de son modèle Malcolm X. Celui-ci avait d’ailleurs été le seul musulman à le soutenir à ses débuts professionnels. Puis il reçoit le nom de Mohammed Ali de la part d’Elijah Muhhammad, le chef de la Nation de l’Islam. Une lutte d’influence a lieu entre Malcolm X et Elijah Muhammad. Le boxeur prend parti pour Muhammad et confie les destinées de sa carrière sportive à Herbert Muhammad, le fils du chef musulman.

 

Ali s’appelait « Cassius Clay » parce que l’un de ses ascendants avait été l’esclave d’un dénommé Cassius Marcellus Clay. Cet individu n'était en rien un planteur lambda ou un horrible propriétaire de « bois d’ébène ». Très jeune, il déclara en effet que les Noirs faisaient partie intégrante du peuple des Etats-Unis, qu’il fallait les éduquer et qu’un jour ils accèderaient aux fonctions politiques les plus éminentes.

 

Cassius puise dans ses caisses personnelles, où il y a de quoi, pour se faire élire dans le Kentucky. Il a alors 25 ans. Il pense qu’il n’a absolument aucune chance de convaincre la petite minorité de propriétaires d’esclaves de l’immoralité de l’esclavage et qu’il vaut mieux persuader les petits Blancs qu’ils sont eux-mêmes des exploités, en concurrence déloyale avec une main-d’œuvre quasiment gratuite.

De quoi Mohammed Ali est-il le nom ?

Clay, qui sera bientôt surnommé « le lion du Kentucky », se lance dans un combat local harassant et courageux. Il fait voter un moratoire qui interdit l’importation dans son État de Noirs en tant qu’esclaves. Et il écrit beaucoup. Il veut persuader que la traite des esclaves s'apparente à terme à un suicide économique. Naturellement, il se fait traiter de fou et de traître. On tente de l’assassiner, d’enlever ses enfants. Il ne cède pas.

 

Il émancipe ses propres esclaves (dont l’arrière grand-père du boxeur, qui n’a donc pas, quoi qu’il ait pu dire, une goutte de sang blanc dans les veines) bien avant la Guerre de Sécession. Il ouvre le premier collège interracial du pays. Il soutient le candidat Lincoln et lui accorde une aide financière importante durant la campagne électorale. Il aide le président à rédiger la Proclamation d’émancipation en 1862. Il est nommé ambassadeur des États-Unis en Russie et négocie très habilement l’achat de l’Alaska.

 

En 1878, il divorce de sa femme Mary Jane, après 45 ans de mariage. Il épouse une de ses servantes âgées de 16 ans. Il a alors 84 ans. Son ancienne épouse tente, en vain, de le faire interner. Un journaliste rend visite au couple peu banal, espérant rencontrer un vieux fou tenant en laisse une femme soumise. Il écrit : « J’ai rencontré deux personnes très amoureuses. Je n’ai plus peur de vieillir. »

 

Alors qu’il a 93 ans, il tombe nez à nez, chez lui, sur quatre cambrioleurs. Il en tue un avec son pistolet. Les trois autres ne demandent pas leur reste.

 

Il meurt peu après de mort naturelle. Ses deux filles Laura et Mary seront d’ardentes militantes féministes.

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 10:18

 

Nous sommes à Stamford Hill, un quartier de Londres de 70 000 habitants, dont 15 000 juifs hassidiques et orthodoxes.

 

Tout récemment, se célébrait une fête de la Torah. Des festoyeurs bien intentionnés apposèrent cette affiche : “Il est demandé aux femmes de bien vouloir marcher uniquement de ce côté de la rue. ”

 

Durant ces célébrations, les hommes et les femmes doivent normalement être séparées. En particulier lors des danses.

 

Imaginons, à Bradford, une affiche de style rédigée en urdu par des musulmans … Et vive le communautarisme !

Quand des religieux font la loi à Londres
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