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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 05:08

 

 

Les lecteurs de ce blog savent que je ne suis pas du genre conservateur. Sauf lorsqu’il s’agit de conserver ce qui est bon. Non à l’obsolescence programmée, non à la transformation du château de Versailles en style art-déco !

 

George Orwell est donc entré dans La Pléiade. Sous l’autorité de Philippe Jaworski, un grand traducteur, apprécié et respecté dans l’anglistique française. Mais en cette occasion, peut-être parce qu’il a voulu trop bien faire, celui-ci s’est parfois fourvoyé.

 

1984 a été traduit une première fois en français en 1950 par une institutrice et traductrice martiniquaise, Amélie Audiberti, l’épouse du dramaturge Jacques Audiberti. Elle forgea plusieurs néologismes qui, de par son intuition, sont passés dans la langue française. Le plus connu étant “ novlangue ” (newspeak) qu’elle utilisera logiquement au féminin contre d’autres utilisateurs qui masculiniseront le mot langue. Le terme de novlangue est largement sorti du petit monde des spécialistes d’Orwell. Chacun a une idée de ce qu’il recouvre, donne un sens à ce terme, même sans avoir lu 1984. Dans l’actualité récente, l’utilisation de ce vocable a reçu de vrais coups de fouet. Grâce, en particulier, à Donald Trump, ou au président de la République française, à sa manière un peu perverse. Ainsi les conseillers de Trump, qui voient des foules devant leur héros alors qu’il y a trois pelés et un tondus, ont admis l’existence de “ faits alternatifs ” lorsqu’ils décrivent un monde parallèle. Quant au banquier éborgneur,  son mensonge est consubstantiel à, nourri par, sa structuration du “ en même temps ”. Je doute que le “ néoparle ” de Jaworski, ou encore le “néoparler ” de la traduction de Josée Kamoun de 1918 (que je n’ai pas lue mais qui est très critiquée) s’imposent face à la trouvaille originale.

 

 

Le coup de génie d’Audiberti sera de garder “ Big Brother ” sans, surtout, le traduire en “ Grand Frère ”, ce que feront – ce qui était leur droit le plus strict – les traducteurs allemands ou espagnols. Jaworski a adopté une position rigide : « Je suis traducteur, donc je traduit ». Fort bien, mais on ne traduit pas toujours. Ou alors on traduit “ UNESCO ” ou “ Pravda ”. Il ne sert à rien de tenter de forger “ Grand Frère” alors que des dizaines de millions de francophones comprennent et utilisent “ Big Brother ”. Et j’ajouterai que le monde de 1984 étant un monde décalé où les horloges sonnent 13 heures, il est bien plus terrifiant – pour ne pas dire terrorisant – pour un francophone d’utiliser “ Big Brother ” que “ Grand Frère” qui fait sympa et protecteur.

 

 

Deux linguistes toulousaines, Anne Le Draoulec et Marie-Paule Perry-Woodley, ont repéré, dans le droit fil du point Godwin, un point Orwell, qu’elles ont défini ainsi : « Plus une discussion sur la langue dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant la novlangue ou George Orwell s’approche de 1 ».

 

Quant à Amélie Audibert, elle mourra à 89 ans, dans la plus grande discrétion, après avoir traduit Asimov, Elizabeth Bowen, John Wyndham et de nombreux autres. Elle n’aura reçu aucune reconnaissance de son très bon travail autour de Nineteen Eighty-Four.

 

Retraduire 1984

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 05:08

 

 

 

Il y en a bien d’autres, mais celles-là, je les aime et les utilise, dans mon for intérieur bien sûr.

 

Á tout seigneur, tout honneur :

 

Fuck

 

On le met à toutes les sauces. A l’origine, il s’agit de « faire l’amour », mais dans un registre ordurier, obscène. Il date du XVe siècle. Son origine est allemande (« ficken »). Une légende veut que fuck vienne de « Fornication under the consent of the king » (Fornication avec le consentement du roi », mais ce n’est qu’une légende.  Les Canadiens ont franchisé le mot : « j’ai fucké cette histoire ». Comme le mot français «putain », son sémantisme s’est adoucit à mesure qu’il était utilisé par de plus en plus de gens, de plus en plus jeunes et de plus en plus âgés. Lorsque je me trouvais dans ma famille anglaise de la petite bourgeoisie au début des années soixante, jamais je n’aurais utilisé ce mot. On l’intercale désormais un peu partout : «Go the fuck to the baker’s » : (tu vas chez le boulanger, bordel). Aujourd’hui, c’est du petit lait, surtout dans le cinéma : il apparaît 569 fois dans Le Loup de Wall Street de Scorsese (3,3 fois par minute). « Fuck you » reste quand même une des insultes les plus violentes de la langue anglaise (va te faire foutre).

 

 

For fuck’s sake

Littéralement « par souci de la baise ». Par extension « putain de merde ».

 

 

Shut the fuck up

« Ferme ta putain de gueule ».

 

 

What the fuck

Renforce « what » : « C’est quoi, ce bordel ? ». Souvent réduit à « WTF ».

 

 

 

Ass (États-Unis) ou Arse (Grande-Bretagne)

« Ass » est d’abord « un âne », puis « le cul ». Et, par extension, « abruti », « crétin ». L’anglais des États-Unis nous a envahi de « assholes » (trous du cul »). Une expression plutôt ordurière qui, elle aussi, a tendance à s’atténuer.

 

 

 

Badass

Littéralement « mauvais cul ». Ce vocable qui est passé dans le français assez récemment, signifie « dur à cuire » ou « emmerdeur ».

 

 

Ass (arse)-licker

Sans problème un « lèche-cul ».

 

 

Fat ass

Toujours sans problème « gros cul ».

 

 

 

Bastard

Á l’origine « bâtard ». Au fil des jours, « salaud ». « Bloody bastard » : « sale con ». « Lucky bastard » : «gros veinard ». Plus fort que « bastard », le Britannique utilisera « scumbag » (« sac à merde »), donc «fumier ».

 

Á placer dans une conversation pour faire croire qu’on est savant : expliquer qu’un bâtard est un pain de 450 grammes entre la baguette et le pain d’un kilo. Et pour passer pour un immense philologue, dire que les Picards appellent ce pain un joko (« Ech joko ch'est un pain ed deus lives. »).

 

 

 

Bollocks

S’est également beaucoup atténué depuis que son sens est passé de « couilles » à « conneries », «mensonges».

 

 

 

« Shit »

« La merde » (allemand Scheiß). Est désormais utilisé en français dans la sens de « résine de cannabis». Les Anglais disent toujours « he had the shit this morning » (« il a eu la chiasse ce matin »). Á connaitre également : « I don’t care a shit » : « je n’en ai rien à foutre ». Mais le sens peut s’inverser : « This chocolate is the shit » : « ce chocolat est à tomber par terre ».

 

 

Bullshit

Vient des États-Unis. Littéralement « merde de taureau ». Affaiblissement du sens puisque le mot est presque exclusivement utilisé dans le sens de « connerie ». « To bullshit » signifie «raconter des conneries », « déconner ». « Cow dung » (bouse de vache) n'a pas connu la gloire.

 

 

 

 

 

Crap

Tout proche de « shit ». Pour l'anglais, « crap » signifie : « conneries », « daube », « saloperie ». Comme adjectif, il signifiera « merdique » et comme verbe « chier ».

 

 

 

Cunt

Le mot « cunt » est peut-être le mot le plus vulgaire de la langue anglaise, en tout cas 100 fois plus vulgaire que le français « con ». A tendance à s’atténuer. On l’entend couramment dans les séries grand public : «You’re a cunt », « tu es un vrai connard ». Á l’origine, il s’agit, comme en français, du sexe de la femme («la chatte ») puis, dans un mouvement naturel de partie pour le tout, « une pétasse ».

 

 

Pussy

Beaucoup plus gentil que « cunt » (« What’s New, Pussy Cat ? », délicieux film de Clive Donner et merveilleuse chanson de Burt Bacharach créée par Tom Jones). Donc « le minou ». Pour un homme, « a pussy », c’est un type qui n’en a pas.

 

 

Twat

Entre « cunt » et « pussy », l’anglais dispose de « twat », « chatte » et, par extension, « idiot », « connard ».

 

 

 

Dick

Diminutif de Richard (Dick Rivers, ah, ah !). Tout simplement « la bite ». Par extension « connard ». « A dickhead» est une tête de nœud ».

 

 

Cock

Á l’origine « un coq ». Par extension « la queue », puis « connard ». « Cocksucker » sera donc le « suceur de bites » ou « l’enculé ». « Knob », qui signifie la même chose, a tendance à s’effacer.

 

 

Goddam

Vient de « God » (Dieu) et « damn » (« satané »). On le traduira par « nom de Dieu », « bordel de Dieu ».

 

 

Hell

D’abord « l’enfer ». Souvent accouplé à « bloody », un enfer sanglant qu’on pourra traduire par « bordel de merde». Et puis on l’utilise à toutes les sauces : « a Hell of a lot of people » (« des tas de gens »), « to shoot like hell» (« crier comme un malade »), « Get the hell out of here ! » (« dégage ! »), « who the hell do you think you are ? » (« tu te prends pour qui ? »), « go to hell » (« va te faire foutre »), « to give somebody hell » (« passer un savon à quelqu’un »).

 

 

 

Slut

Très fréquent dans les séries télévisées : « chienne », « salope ».

 

 

Bitch

Un peu plus doux que « slut ». Á l’origine, la femelle du chien. « Son of a bitch », « fils de pute », est assez violent.

 

 

 

Whore

Quasi littéraire. Très ancien vocable qui vient du vieil-allemand. « Putain », « prostituée ».

 

 

Tramp

D’abord « un clochard ». Par extension « une femme qui traîne partout », « une traînée », une « Marie-couche-toi-là ».

 

 

 

Hooker

Une « whore » aux États-Unis.

 

 

Fag

Signifie à la fois « une clope » et « un pédé ». On dit aussi « faggot », à ne pas confondre avec « fagot », le fagot. Savoureuse allitération avec « fag hag », « une fille à pédés ».

 

 

Motherfucker

Très populaire. Littéralement « baiseur de mères ». Par extension « fils de pute ».

 

 

Turd

Littéralement « étron ». Par extension « grosse merde ».

 

 

Wanker

Mot qui date des années 1940 : « masturbateur ». Un « branleur », « une branleuse », « un glandeur ». On dit aussi « tosser ».

 

 

Pain in the ass (arse)

Popularisé par les séries étasuniennes. Littéralement « une douleur dans le cul ». Donc « un emmerdeur », «un type gonflant », « un casse-bonbons ».

 

Quelques insultes en anglo-étasunien

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 05:10

 

 

Je reprends ici un article de RT qui répond à la question.

 

Le Premier ministre a profité de l'obtention du Nobel de chimie par la généticienne Emmanuelle Charpentier pour faire l'éloge de l'attractivité internationale de la recherche française. Cette dernière a pourtant financé ses travaux en Allemagne.

 

 

« Sincères et chaleureuses félicitations à Emmanuelle Charpentier. Pour ce prix Nobel, pour les travaux révolutionnaires qu’elle a conduits avec Jennifer Doudna mais aussi pour la recherche française dont on consacre, à nouveau, l’excellence et l’attractivité internationale» : c'est en ces termes que Jean Castex a, le 7 octobre, tenu à féliciter la généticienne française Emmanuelle Charpentier et son acolyte américaine, pour leurs travaux ayant permis de mettre au point une technique permettant d'éliminer et d'ajouter des fractions de matériel génétique, avec une extrême précision.

 

Un message dans lequel le chef du gouvernement n'hésite donc pas à lier un tel accomplissement aux efforts consacrés à la recherche scientifique française.

 

 

Toutefois, la formule de Jean Castex s'est rapidement heurtée au discours tenu dans la foulée par la lauréate en personne, plus nuancée que le chef du gouvernement quant au soutien dont bénéficient les chercheurs en France. 

«Je pense que la France aurait du mal à me donner les moyens que j'ai en Allemagne [...] Les circonstances m'ont amené à Berlin», a notamment déclaré Emmanuelle Charpentier. «La recherche scientifique a besoin d'être soutenue par le gouvernement, par tous les fonds publics et privés. Ca ne l'est pas assez dans le monde [et particulièrement] en France. [...] C'est pas en donnant de l'argent qui permet de payer un étudiant en thèse pour trois ans qu'on peut vraiment faire de la recherche solide», a encore insisté celle qui se définit comme «une scientifique mobile» ou encore «un électron libre». 

Ainsi que le rappelle l'AFP, la Française, installée en Allemagne, a trouvé en 2012 avec l'Américaine Jennifer Doudna, une technique d'édition du génome baptisée CRISPR-Cas9, comparée à des ciseaux moléculaires, apte à éliminer et à ajouter des fractions de matériel génétique avec une extrême précision. 

«Le mécanisme est facile d'emploi, peu coûteux, et permet aux scientifiques d'aller couper l'ADN exactement là où ils le veulent, pour par exemple créer ou corriger une mutation génétique et soigner des maladies rares», peut-on lire dans la revue Sciences et avenir. «Le but ultime [de cette technique] révolutionnaire est de corriger des maladies génétiques humaines», expliquait en 2016 Emmanuelle Charpentier, qui est désormais la troisième chercheuse française à obtenir le prix Nobel de chimie. 

Les ciseaux moléculaires posent cependant d'importantes questions éthiques sur de potentielles dérives eugénistes, comme l'avait souligné Emmanuelle Charpentier elle-même.

 

Un prix Nobel de chimie français qui n'exerce pas en France. Pourquoi ?

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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 05:09

Un peu technique mais à lire absolument au moment où le banquier éborgneur est en train de détruire le service public, dans l'enseignement supérieur comme partout ailleurs.

 

 

Chères et chers collègues,

 

Au sortir du confinement, nous vous avons proposé de répondre à une consultation en ligne sur l’état de l’enseignement supérieur et de la recherche et ses perspectives d’avenir. En moyenne, un peu plus de 2500 personnes ont répondu à chaque question. Voici comme promis la synthèse des résultats. Le mail ci-dessous en donne un bilan général et vous trouverez ci-dessous une fiche de synthèse contenant les éléments chiffrés les plus significatifs.

 

L’enjeu d’une telle consultation est de savoir où “nous” en sommes, c’est-à-dire “où en est le Nous” de la communauté scientifique. Tout, dans la dynamique amorcée il y a une quinzaine d’années, concourt à briser la collégialité et à faire diverger les intérêts. La rhétorique de la “co-construction”, le système d’allocation des moyens, les dispositifs de précarisation subjective et objective, entretiennent notre atomisation. Le sondage en porte la trace : la défiance vis-à-vis des représentants élus, y compris des instances collégiales, est spectaculaire ; les intercesseurs traditionnels comme les sociétés savantes ne sont plus considérés par les répondants comme des acteurs ayant pris la mesure des problèmes majeurs auxquels nos métiers font face ; la majorité des répondants, eux-mêmes titulaires à 75%, reconnaissent aux titulaires une part de responsabilité dans le développement de la précarisation. Ces résultats sont le signe d’une prise de conscience individuelle qu’il s’agit maintenant d’articuler collectivement : nous constatons en nous-mêmes combien la mécanique de dépossession nous englue dans des positions professionnelles et éthiques divergentes et contradictoires, empêchant l’affirmation d’un dessein qui dépasserait les clivages entre corps de métier, statuts, entre disciplines et établissements. Redisons-le ici : cette fragmentation n’est pas un à-côté de ces réformes, mais elle en est le cœur. Reconnaître cette situation douloureuse fait donc partie du diagnostic à poser pour savoir quoi construire.

 

Il est d’autant plus intéressant de voir que plusieurs propositions recueillent des taux d’assentiment supérieurs à 90 voire à 95% et agglomèrent des groupes dont les réponses divergent sur d’autres sujets. Sans surprise, un tel rassemblement s’opère sur la question des recrutements sur des postes pérennes, sur celle des moyens budgétaires en général et sur le rejet de la LPPR. Notons que la concentration d’une éventuelle hausse des moyens financiers sur l’ANR, qui induirait un surcroît de précarisation, fait l’objet d’un rejet tout aussi massif que la LPPR elle-même. Le consensus est également écrasant pour affirmer que la précarisation n’est aucunement neutre du point de vue de la démarche scientifique collective et en obère la qualité, un constat diamétralement opposé au point de vue du ministère et de la direction du CNRS. Il en va de même pour affirmer la centralité de l’élection, le cas échéant panachée avec des modes de désignation autre que la nomination, dans la composition des instances supervisant les normes de probation savante. 

 

Ces premières convergences sont autant de bornes sur lesquelles la dynamique d’atomisation vient buter : tout en étant conscients de la déconstruction effective de l’intérêt commun dans les réformes, nous réaffirmons notre volonté de rester une communauté solidaire dont les pratiques sont fondées sur l’égalité statutaire, sur le règlement démocratique du dissensus, sur l’exigence de rigueur, la patience et l’écoute. L’élaboration d’une méthode de répartition des moyens, non bureaucratique et scientifiquement fondée, prenant en compte les spécificités disciplinaires, en constitue l’illustration concrète. Nous voulons l’autonomie avec les conditions matérielles qu’elle présuppose. Mais dans le même temps, nous réfutons le sophisme qui voudrait que l’autonomie savante soit l’irresponsabilité, car c’est dans les mêmes proportions que les répondants déclarent vouloir repenser leurs pratiques pour tenir compte de la crise écologique et climatique, qui impose un nouveau fonctionnement savant, plus lent, plus raisonné, plus intègre, plus lucide sur lui-même - en un mot, plus en phase avec l’idéal qui n’aurait jamais dû cesser d’être celui de la science.

 

Cette convergence de principes fournira la trame des réflexions que nous vous invitons à lancer sur vos lieux de travail et dans vos villes à partir de cet automne. Les journées “Refonder l’université et la recherche” du 25-26 septembre le coup d’envoi de cette réagrégation théorique d’un “Nous”.

 

Le collectif RogueESR

 

 

Synthèse du sondage

 

Les répondants

 

2500 personnes ont répondu au sondage ; 52% des répondants sont enseignants ou enseignants-chercheurs titulaires (dont trois présidents d’université ou d’établissement), et 24% sont chercheurs titulaires. 14% sont doctorants (contractuels, vacataires ou non-financés). Les personnels administratifs et techniques représentent 9% des répondants. Sur le plan disciplinaire, 42% des sondés exerçant une profession académique sont issus du domaines des Lettres, Langues et SHS, 19% des sciences biomédicales et 39% du groupe science, technologie, ingénierie et mathématiques. 44% se sont déclarés femme, 54% homme. 19% ont moins de 35 ans, 60% ont entre 36 et 55 ans, 21% ont 56 ans ou plus.

 

Situation sanitaire dans l’enseignement supérieur

 

Les premières questions du sondage demandaient une appréciation de la situation sanitaire du supérieur en période de déconfinement et en prévision de la rentrée. 70% des personnes interrogées ont fait part de leur pessimisme sur la rentrée, jugeant l’organisation d’une rentrée satisfaisante difficile voire impossible. La perspective du télétravail (“distanciel”) est jugée négativement par 57% des répondants, et seulement 13% expriment une opinion positive sur cette éventualité. 80% des répondants jugent que l’enseignement et l’évaluation à distance répondent à d’autres finalités que l’enseignement et l’évaluation “en présentiel”. Enfin, 85% jugent impossible ou difficile d’organiser une rentrée respectueuse des normes sanitaires requises sans recrutements supplémentaires, non-prévus par le ministère.

 

Bilan des politiques menées depuis 15 ans

 

Le bilan scientifique tiré de la vague de réformes amorcées il y a une quinzaine d’années dans toute l’OCDE confirme leur échec aux yeux des scientifiques : il ne sont qu’un tiers à considérer que la qualité des publications scientifiques a augmenté, dans le monde et en France (34% et 35%) ; une courte majorité absolue parle de stagnation voire de régression. Ce sentiment de stagnation et de régression est plus marqué concernant la France (54%) que concernant le reste du monde (50%).

 

Sans surprise, un grand consensus se dégage sur la question des moyens : neuf répondants sur dix jugent les moyens alloués à la recherche et à l’université insuffisants ou très insuffisants (89% pour la recherche, 91% pour l’université). Mais le consensus est tout aussi marqué sur la question du mode de management promu par les réformes, jugé négatif par 94% des répondants pour la recherche et 89% pour l’université. Dans ce contexte où 80% des répondants se déclarent suffisamment bien, voire très bien, informés sur le contenu de la Loi de Programmation Pluriannuelle pour la Recherche (LPPR), le volet managérial et statutaire de la LPPR est expressément rejeté à 81%.

 

Emploi et précarité

 

Trois questions visaient à estimer l’ampleur de la précarisation des professions scientifiques, par corps de métiers (enseignants et/ou chercheurs, personnels administratifs, personnels techniques). Au final, ces questions ont surtout permis de prendre la mesure de l’invisibilisation de cette question, avec à chaque fois plus de 30% des répondants se déclarant incapables d’estimer l’ampleur de la précarité sur leur lieu de travail - un constat qui souligne l’urgence de bilans sociaux sincères à tous les échelons, et d’une communication sur ce sujet. Cette invisibilisation de la précarité n’empêche pas 64% des répondants d’affirmer que les cursus universitaires ne seraient pas viables sans les enseignants précaires ; ils sont 70% à penser que des tâches vitales au fonctionnement de l’ESR reposent sur des personnels non-titulaires 85% des répondants pensent que la précarité d’une partie des personnels affecte la production scientifique de l’ensemble ; et 40% déclarent avoir vu des recherches dans leur unité affectées par le turn-over des précaires. En conséquence, ils sont plus de 90% à rejeter les termes avancés par le ministère dans ses négociations avec certains intercesseurs syndicaux et avec les sociétés savantes (augmentation du budget de l’ANR en échange d’un soutien au volet RH de la LPPR). Enfin, seuls 6% des répondants jugent que le ministère a été à la hauteur des difficultés rencontrées par les précaires durant le confinement.

 

Concernant la prise en compte de ces difficultés par les représentants de la communauté, si les deux tiers des répondants pensent que les syndicats ont suffisamment pris la mesure du problème, un tiers seulement considère qu’il en va de même des sociétés savantes, et moins d’un quart des répondants considère que les instances élues des universités et organismes ont perçu l’importance de ce sujet.

 

Concernant la responsabilité de cette situation, 96% des répondants attribuent une responsabilité forte à écrasante au ministère, mais également 75% aux directions des universités et organismes de recherche et aux agences de pilotage. A l’inverse, 85% jugent que les précaires n’ont aucune responsabilité ou une responsabilité minime dans leur situation, tandis qu’ils ne sont que 9% à dédouaner de la même les personnels titulaires du sort fait aux précaires (rappelons que 76% des répondants sont eux-mêmes titulaires).

 

Bureaucratie ou démocratie

 

Le sondage confirme l’état très inquiétant de la démocratie universitaire et scientifique : 83% des sondés se jugent insuffisamment associés aux décisions budgétaires de leur établissement d’exercice, et 60% ne sont pas associés du tout. 60% des sondés sont insuffisamment associés aux décisions pédagogiques à l’université, et 67% aux décisions scientifiques.

 

Si le principe même de l’existence d’une instance d’évaluation comme le HCERES est critiqué par la moitié des répondants, contre un quart qui le juge positif, son mode de composition actuel, sans élection, ne satisfait que 2,4% des répondants. Les deux tiers des participants (65%) défendent soit l’élection intégrale, soit le panachage entre élection et tirage au sort.

 

Nous avons également demandé aux répondants d’estimer le nombre d’évaluations qu’ils devaient rendre chaque année pour ces instances, ce qui a fait apparaître un gouffre entre les 2,4% de répondants rendant 10 évaluations ou plus, avec un pic à 60, et le reste de la communauté, à commencer par les 55% de répondants pour qui la réponse est aucune.

 

Plus de 90% des répondants attribuent au ministère une responsabilité forte à écrasante dans cette situation, à parité avec les directions des universités et des organismes de recherche, tandis qu’ils ne sont “que” 86% à mettre en cause les agences et le HCERES. A noter également que 37% des répondants considèrent que les personnels scientifiques titulaires occupant des fonction de pilotage ont une responsabilité dans cette évolution.

 

Répartition des moyens

 

L’estimation des coûts de production d’un article scientifique, hors salaires, témoigne de la possibilité de répartir rationnellement les moyens de sorte que tous les chercheurs puissent travailler, en évitant la chronophagie, la bureaucratie et le conformisme inhérents aux appels à projets. Ainsi, les répondants reconnaissent une gradation des besoins depuis les lettres et sciences humaines (quelques milliers d’€) jusqu’aux sciences du vivant (centaine de milliers d’euros €), selon une croissance qui suit la part de travail d’expérimentation nécessitant du matériel coûteux. Le nombre de signataires moyens suit la même progression entre disciplines. La variabilité des réponses témoigne de ce qu’une distribution strictement déterminée par le champ disciplinaire demeure, possiblement, légèrement sous-optimale. Cependant, elle constitue une première approximation qui permettrait de répartir efficacement l’essentiel des moyens.

 

Publications

 

Le diagnostic sévère porté sur l’évolution qualitative des publications trouve son corollaire dans le fait que la moitié des répondants (50%) avoue publier épisodiquement ou régulièrement des travaux inaboutis. 14% déclarent aussi l’avoir fait “une fois”. Plus des deux tiers (68%) disent ne pas avoir le temps de suivre l’état de la recherche dans leur domaine.

 

Concernant le financement des publications, près des deux tiers des répondants (64%) n’ont jamais fait payer de frais à leur institution pour publier un article dans une revue. Concernant les revues en Open Access, ils sont 53% à n’avoir jamais payé pour être publié, sur 85% de répondants ayant déjà publié en Open Access. Ce modèle de prédation reste donc largement extérieur aux pratiques scientifiques en France. Il est d’ailleurs jugé négativement par 89% des répondants. 

 

A contrario, 57% des répondants se sont déjà procuré des publications sur des sites de piratage et 63% souhaiteraient que les associations savantes reprennent le contrôle des publications, quitte à en supporter les coûts (ils ne sont que 6% à s’y opposer).

 

Les métiers scientifiques et la crise écologique

 

La dernière série de questions visait à sonder la communauté scientifique sur la prise en compte de la crise écologique dans la formulation des priorités d’une politique scientifique.

 

Il en ressort que 84% des répondants pensent que la crise écologique et climatique doit entraîner une modifications des pratiques scientifiques ; 76% pensent que les pratiques actuelles induisent des déplacements trop nombreux et 81% estiment que la réduction de l’empreinte carbone des activités scientifiques doit devenir une priorité dans l’établissement des politiques universitaires et de recherche. 

 

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RogueESR est un collectif de membres de la communauté académique. Il rassemble celles et ceux qui font vivre ses institutions au quotidien, et qui souhaitent défendre un service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, ouvert à toutes et tous.

 

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Résultats de la consultation sur l'état et l'avenir de l'enseignement supérieur et de la recherche
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22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 05:24

 

 

André Gardies. Blanche, châtelaine du Gévaudan. TDO Éditions, 2020.

 

Comme je le disais il y a peu à la personne qui est la plus proche d’André Gardies, il est une crème d’homme qui aime les gens. La quête de l’humain, de l’humanité chez Gardies, a ceci de touchant que, bien que franchement ancrée dans le passé, elle n’a rien de bisounours car elle est attentive aux fêlures, aux décalages, aux attentes, aux frustrations qui structurent nos vies présentes et futures.

 

Un jeune écrivain qui n’est pas le plus recensé de France obtient un statut d’auteur en résidence dans un château de la Lozère qu’il a connu de loin lorsqu’il était enfant. Il réalise  ainsi une double fantasme : il est payé pour écrire et il devient en quelque sorte le personnage principal de son propre récit dans un lieu romanesque.

 

Comme souvent, tout est décalé chez Gardies. On roule en 2 CV, les employées de maison sont des “servantes ” (qui disent “ que Monsieur m’excuse ”) et on va aux champignons. Mais le récit va tourner autour de la relation très originale qui s’établit non sans peine entre le romancier trentenaire et la sémillante comtesse quinquagénaire. Ils deviendront amants (pardon : ielles deviendront amant.e.s ; pas d’affolement, André n’a pas succombé aux horreurs de l’écriture inclusive !) après des hésitations, des tensions, des retours au vouvoiement, des prises de distance. La comtesse s’appelle Blanche Maufroid. On ne saurait attendre trop d’ardeur débridée, de feu ravageur, chez une personne dont le nom suggère une étendue de neige hostile. Quant à Paul Fréval, c’est une autre que la comtesse qui jouira en fin de récit de son frais vallon.

 

 

En Lozère, la vie de la comtesse a retrouvé du sens avec le combat – sûrement d’arrière-garde – qu’elle mène contre les éoliennes. J’ai regretté que l’auteur n’exploite pas davantage ce filon car cela lui aurait permis de donner plus de relief aux personnages secondaires, aux acteurs de la vraie vie. Cela dit, le procès est instruit : “ Elle m’a démontré que le réseau hydrographique, les sources, les nappes phréatiques, seraient bouleversés. Que les tourbières s’assècheraient. Que les microclimats en seraient modifiés. Et puis encore la pollution sonore, les ondes néfastes, le danger que représentent les éoliennes abandonnées ou en panne avec leurs énormes pales qui pourraient se détacher. Et le pire, a-t-elle martelé, sous prétexte d’écologie, c’est la recherche du profit qui commande. ” J'ajoute qu'une éolienne c'est 15 000 tonnes de béton et de ferraille qu'on sera incapable de déterrer et de démanteler.

 

Cette analyse, Gardies la place dans un journal intime que tient le romancier tout au long du récit. Je dirai que, autant André s’était remarquablement acquitté de récits seconds dans d’autres livres, autant cette fois-ci il ne m’a pas convaincu. D’abord, ce journal est rédigé dans un style académique quasi parfait. Plus pur encore que celui du Journal de Claudel ! Si ce journal avait été intégré dans le récit premier, celui-ci aurait gagné en vérisimilitude, en dynamique. Ou alors il fallait pousser la logique jusqu’au bout et donner aussi la parole à la comtesse car c’est bien elle le personnage principal de ce roman dont elle est la colonne vertébrale. Ce n’est pas Paul Fréval à l’idiosyncrasie somme toute plus classique.

 

J’ai toujours énormément aimé le style d’André Gardies, un humaniste qui met son style au service de son prochain, en l’observant du dedans et du dehors et en lui donnant toujours raison ou ses raisons : “ Depuis deux ou trois hivers, Blanche Maufroid se sent gagnée par l’accablement des jours monotones et sombres comme si l’énergie qu’avait forgé et entretenu sa vie parisienne s’étiolait. ” Ou encore : “ Il sait qu’il faut laisser aux mots le temps de prendre forme, de monter, de franchir le mur du silence. C’est si fragile une douleur qui tente de se formuler, si craintive aussi quand elle sent le moindre danger et – comme la tortue –  rentre sa tête à l’abri de la carapace. ”

 

 

Pour ceux qui ne connaissent pas André Gardies de visu (ou de auditu), je leur conseille d’écouter cet entretien récent à la radio FM Plus (https://www.radiofmplus.org/arret-aux-pages-gardies/).

 

Blanche, châtelaine du Gévaudan, est le 11ème roman d’André Gardies. En 18 ans.

Note de lecture 190

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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 05:09

 

Il fallait bien que le Scrabble fût lui aussi touché par le politiquement correct. Selon Le Monde, l’Association étasunienne des joueurs de Scrabble envisage d’interdire 225 mots racistes ou sexistes lors de ses compétitions.

 

C’est Cesar del Solar, programmateur informatique et champion de Scrabble, qui a suggéré que l’on ne tienne plus compte des “ N words ” (comme “ nigger ”), suggestion reprise par John Chew, le président des scrabbleurs étasuniens : « « On nous dit, quand on entre pour la première fois dans un club de Scrabble, que les mots n’ont pas de signification sur un plateau de Scrabble. La plupart des gens l’acceptent sans problème. Mais d’autres n’acceptent pas que le “N word” soit traité comme s’il n’avait aucune signification. Ces gens finissent par ne plus faire partie de notre communauté, et c’est un problème fondamental que nous devons régler. Quand des gens meurent dans les rues dans un contexte de tensions raciales et que ce mot [N word] a encore tant de pouvoir, il faut se dire que nous jouons à un simple jeu et que nous devons faire ce que nous pouvons pour aider, à notre façon. » 

 

Hasbro, la société qui possède les droits du Scrabble en Amérique du Nord (10 milliards de dollars de capitalisation en 2020), a d’ores et déjà apporté son soutien à l’initiative. Hasbro avait déjà supprimé des termes antisémites dans les années 1990. Et d’autres termes comme « blow job » (fellation), « mindfuck » (fausse piste, dans une œuvre de fiction, par exemple Les Diaboliques). La société envisage également de supprimer – rien à voir avec la négritude – « Baldie » (tondu), « lesbo » (gouine), « fatso » (gros lard), « Bohunk » (qui vient d’Europe centrale, Bohémien), « Haole » (Hawaïen), « Culchie » (Irlandais). Mais également « Jesuit » (sic), « papis » (sic), « graybeard » (vieux mec), « jailbait » (Lolita avec qui il est illégal d’avoir des relations sexuelles). Ces mots d’usage courant figurent dans les dictionnaires depuis des dizaines d’années.

 

 

L’ancien champion du monde de Scrabble Wellington Jighere, premier Africain à s’être imposé dans cette discipline, n’a pas emboité le pas : « C’est juste un mot. Le simple fait de le jouer sur un plateau de Scrabble ne veut pas dire que le joueur entend être offensant ».

 

Nous sommes dans 1984, avec cette idée totalitaire et désespérément crétine qu’en supprimant un mot on supprime le référent, qu’en supprimant un mot utilisé par des racistes (« nigger ») on supprime le racisme – ou, à la rigueur, on lutte contre ce comportement.

 

Dans le Scrabble “ français ”, il est interdit, en compétition, d’utiliser les mots « chinetoque » ou « négro » mais pas « salope », « ritale » ou « enculé ».

 

 

Scrabble et politiquement correct

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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 05:12

 

 

 Dans son blog, Régis de Castelnaud donne une lecture juridique et politique de l’article de Valeurs Actuelles consacré à Danièle Obono. Valeurs Actuelles est un journal réactionnaire animé par la haine des fonctionnaires et des droits sociaux des travailleurs et dont l’objectif est de se faire le porte-parole de la droite la plus extrême. A priori on n’aurait aucune raison particulière de prendre sa défense face aux réactions de tous bords après la publication de sa « fiction » sur Danièle Obono. Mais les attaques contre ce journal ne sont pas une offensive contre sa ligne politique – Emmanuel Macron qui soutient Danièle Obono contre VA partage en effet une partie des orientations néolibérales de ce journal et pratique un autoritarisme qui ne doit pas déplaire à sa rédaction.  Mais l’offensive contre VA est une offensive contre la liberté d’expression et son corollaire, la liberté de la presse, régie par la loi de 1881. Les excuses de la rédaction de VA et le front unique Macron-Mélenchon indiquent les limites de ce qui est dicible et le prochain qui s’essaiera à la critique un peu virulente y regardera à deux fois. L’ouverture – étonnante – d’une enquête par le parquet constitue clairement une affirmation de la volonté du pouvoir de soumettre toute expression au bureau de vérification des énoncés politiquement corrects – aujourd’hui, c’est VA et demain Mélenchon ou un autre qui s’étonnera de récolter les fruits empoisonnés de ce qu’il a semé. Ceux qui, comme les dirigeants de LFI, dénonçaient hier l’instrumentalisation politique de la justice quand ils en étaient les victimes appellent aujourd’hui à la répression contre la liberté de la presse. On ne peut réclamer pour soi-même l’application d’un principe que l’on dénie pour les autres.

 

 

Dans son blog, Descartes ironise sur la nomination de François Bayrou au Plan : Qu’est ce qu’il y connaît, François Bayrou, aux « enjeux démographiques, économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires, technologiques et culturels » de notre pays ? Bien peu de choses. Mais surtout, qu’est ce qu’il y connaît à la coordination de travaux de cette nature ? A-t-il, au cours de sa vie, été l’auteur d’un quelconque rapport, livre, article, conférence qui laisse deviner la moindre capacité à réfléchir ou à organiser une réflexion prospective autour de sujets complexes ? A-t-il une seule fois dans sa vie dirigé une équipe engagée dans une telle réflexion ? Non. Lui connaît-on une seule prise de position intellectuelle sur ces sujets ? Pas davantage. S’il a écrit de nombreux ouvrages (souvent avec des journalistes ou en collaboration) son œuvre se limite à des tracts politiques, et ne contient aucun ouvrage de réflexion. De son passage au gouvernement, on ne retiendra comme mesure forte que la tentative de permettre aux collectivités locales de financer sans limitations l’enseignement confessionnel que lui avait soufflée le lobby de l’enseignement dit « libre » et qui n’était en rien la manifestation d’un engagement personnel, comme on a pu le constater lorsque le projet a avorté. »

 

Pour Marianne.fr, Marx est le meilleur penseur de notre temps : « L’histoire pose des jalons, des points d’appui, mais à chaque époque, à chaque problème, il faut des solutions nouvelles. L’alternative Empire/Commune, proposée par Marx dans La Guerre civile en France, porte cependant plus loin que l'époque dans laquelle elle s’inscrit, car elle nous interroge sur les modalités d’organisation de la société. En 1871, c’est soit la monarchie, instrument des classes dominantes, soit la République, défendue par la Commune. Je crois que notre époque nous place face à une alternative du même type, entre une Ve République de plus en plus autoritaire, qui s’apprête peut-être à tomber entre les pires mains qui soient, et une société qui aspire à s’organiser plus directement, à devenir vraiment démocratique et républicaine. Ici encore, la Commune est un jalon, car elle a créé un lien plus direct entre représentant et représenté. Mais il faut aller plus loin, et la société fourmille d’idées, dont le RIC est seulement l’exemple le plus emblématique.

 

 

 

Le site Regards.fr établit un bilan – très provisoire – des personnalités proches du banquier éborgneur mises en cause par la justice : deux condamnations (Stéphane Trompille pour harcèlement sexuel et Mustapha Laabid pour abus de confiance). Dix mises en examen : Alexandre Nardella et Michel Mercier (détournement de fonds publics), Thierry Solère (mis en examen pour fraude fiscale, détournement de fonds publics et trafic d’influence), Richard Ferrand (prise illégale d’intérêt), Alexandre Benalla et Vincent Crase (violences), M’Jid El Guerrab (violences avec arme), Olivier Dussopt (corruption et prise illégale d’intérêt), Jean-Jacques Bridey (détournement de fonds public), Laura Flessel (possible fraude), Françoise Nyssen (violation des règles de l’urbanisme), Muriel Pénicaud (soupçons de favoritisme).

 

 

Revue de Presse (339)

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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 04:12

 

Lettre ouverte à M. de Castex

Introduction : Lors de votre discours de politique générale, devant conduire au soutien des « play mobils », le premier ministre a à plusieurs reprises (25 fois) développé le concept de territoires, pour montrer comment sa politique, allait se matérialiser à partir de « l’expérimentation des territoires ». L’objet de ce papier est une fois de plus de dénoncer les mots utilisés, qui s’inspirant du « libéralisme  », sont uniquement utilisés en vue de masquer les « maux du Capitalisme mondialisé »… Commençons…

 

Qu’est-ce qu’un Territoire ? Etymologiquement, le territoire n’est pas l’espace sur lequel vivent les hommes de la démocratie, dénommés citoyens et qui de fait habitent dans des communes, fondement de la démocratie et de la République. Le « territoire » est d’abord l’espace de vie et de survie des animaux. Ceux-ci d’ailleurs définissent leur territoire par une trace olfactive, que chaque animal peut reconnaitre. C’est par ce réflexe que le chien fait sentir son territoire, en vue d’éloigner les intrus. Ramener l’humain à une bête est l’exercice préféré des libéraux (le versus humain de la bête porte le nom de « prolétaire  »).

 

Les territoires humains : Je ne conteste pas que l’homme a aussi été utilisateur du «  territoire », mais alors il faut remonter à Neandertal et non à « l’homo-numéricus »…de la « start-up Nation ». Du temps de Neandertal, l’homme vivait en effet sur des « territoires  ». Ce territoire était utilisé pour chasser, pêcher et cueillir des fruits, tant que les ressources du « territoire » pouvaient être exploitées. Une fois usé, le « territoire  » était abandonné et la tribu cherchait un autre « territoire » expliquant le « nomadisme permanent » de Neandertal et parfois les « guerres tribales » (appropriation du territoire).

 

Le territoire est-il écologique ? C’est tout l’inverse. Le Territoire par son appellation démontre que l’on ne sait pas gérer les ressources offertes et que l’on ne sait que l’exploiter sur le court terme, principe de fonctionnement des marchés. De plus, les « territoires sont anonymes », Il n’y a aucune plaque de dénomination des territoires. De fait, les territoires sont substituables, comme des produits, du moment qu’il peuvent être exploitées et ceci renvoie à la mondialisation…qui exploite les territoires.

 

Terroir ou territoire ? On n’a l’impression d’une bataille de détails, mais la politique est une bataille de détails. Le « terroir » n’est pas un « territoire  ». Le « Terroir  » se définit justement comme le contraire du territoire. Le terroir, n’est pas un espace d’exploitation, mais un espace productif local géré sur le long terme. Un terroir, c’est une marque, une manière de produire spécifique et non uniforme comme une marchandise peut l’être. En vin, le Rosé de Bandol n’est pas le « Gabernet d’Anjou » et le rouge de Bordeaux n’est pas le rouge du Limousin et il en est de même pour le fromage, la viande et autre charcuterie… Le terroir est de fait une marque de fabrique…ce que n’est pas le territoire.

 

Dans agriculture, il y a culture : Avant d’être production de nourriture, l’agriculture est une culture. C’est une « culture de savoirs faire locaux », produit d’une Histoire plus que centenaire, qui se transmets de génération en génération, et dont les artisans de la terre sont les maitres d’ouvrage et maitres d’œuvres. Il aura fallu Mosanto et le « capitalisme mondialisé » pour déboucher là aussi sur l’uniformisation rentable transformant l’agriculture en marchandise enveloppé de glyphosate…et autres pesticides destructeurs de paysans et de spermatozoïdes…Pour rompre, il nous faut donc regarder chaque champs comme un tableau de Renoir… et non comme un tableau Excel de réalisation de profits. La culture comme l’agriculture, visant à nourrir l’humanité, n’a de fait pas de prix et surtout pas de prix marchand…Heureusement que la grotte de Lascaux, n’est pas côté en Bourse…Les populations n’y auraient plus accès.

 

De la Commune : Dès lors que l’on comprends la différence entre «  terroirs » et « territoires », on perçoit mieux alors la fonction de la Commune depuis 1789, la Commune, fondement de la République et de la Démocratie depuis 1789, support à la citoyenneté (« on n’est pas d’un Pays, mais on est d’une Ville où la rue artérielle limite le décor  » / Le Stéphanois-Bernard Lavilliers. Le « terroir  » est de gestion communale, donc des « citoyens associés », les territoires sont affaires « d’affairistes du marché mondialisé », des « tours du business » des « Métropoles du marché », dont l’objectif est de « vendre  » la marchandise uniforme au prix mondialisé. Il suffit d’ouvrir la télé et de zapper sur les « chaines mondialisées » pour constater, quel que soit la chaine, que le programme est partout le même, quel que soit le Pays. Ne change que la langue, pardon, je devrais dire la traduction…Dans le « Capitalisme mondialisé » toute spécificité est une ineptie qui coute chère et doit donc être supprimée, c’est le rôle et la fonction des Métropoles du Business.

 

De la Mondialisation : La mondialisation, ou plus exactement le « Capitalisme mondialisé », n’a jamais reçu aucun accord des peuples. Les Peuples n’ont jamais été consultés pour savoir s’i ils étaient d’accord sur le contrat politique commercial qu’impose la mondialisation…Et quel contrat ??? car il faut le lire pour en comprendre la violence politique sous-jacente : « Parler de mondialisation, c’est évoquer l’emprise du capitalisme sur l’espace économique mondial. Cette emprise ne se réduit pas au triomphe d’un bloc d’États sur un autre, ni même à celui d’un système économique sur ses concurrents. Elle tend en effet à transcender la logique d’un système interétatique à laquelle elle substitue une logique de réseaux transnationaux. La mondialisation est avant tout un processus de contournement, de délitement et, pour finir, de démantèlement des frontières physiques et réglementaires qui font obstacle à l’accumulation du capital à l’échelle mondiale. Elle consacre le retour en force d’une régulation marchande qui tend à se diffuser à l’ensemble de la vie économique, dans un double mouvement qui va de l’international vers le national et du monde financier vers le monde du travail ». Jacques ADDA- La mondialisation de l’économie.

 

Si la mondialisation est un « processus de contournement », il faut donc trouver ou créer des institutions qui permettent de contourner les règles de la Nation (la loi porteuse de l’intérêt général), dont l’ossature est structurée par les communes et les départements. C’est le rôle dévolue aux Régions et Métropoles.

 

Les nouvelles institutions du « marché libre et non faussé » : Le marché ne veut ni communes ni Départements. Réfléchissant en termes d’exploitation, il ne veut que des « territoires  » à exploiter, comme en Neandertal, contrôlés par des Régions (à taille de marché) et des métropoles dont la «  gouvernance » (Gouvernement de la finance) définit les politiques d’austérité pour les peuples. Rappelons qu’à aucun moment donné les citoyens n’ont eu à voter sur ces nouvelles institutions dans leurs principes et missions.

 

Liberté, Egalité, Fraternité le contrat politique de la Nation : La France s’est constituée par un contrat politique qui s’intitule : « Liberté, Egalité, Fraternité » dont la conception et la rédaction est de Robespierre le « fameux sanguinaire » … Ce contrat politique poursuit le développement de l’Etat, mais sur des logiques Républicaines, et non féodales et royales. C’est de ce contrat politique que naissent les lois, définies comme porteuses de l’intérêt général. Il ne peut donc en République y avoir de dérogation sectorielle ou «  territoriale » à l’application de la loi. La loi s’applique à toutes et tous ou ne s’applique à personne. Ainsi s’exprime et se matérialise le concept «  d’égalité ».

 

Le territoire comme espace d’expérimentation : Ce que souhaite le premier ministre est une véritable rupture du contrat politique de la Nation. Il utilise le concept de territoire, pour remettre en cause, la force et l’égalité de la loi. Le Premier ministre n’a cessé de parler d’expérimentation des territoires, renvoyant à un texte de fond que j’ai écrit en 2018. J’insiste auprès des lecteurs de l’importance de ce texte, qui décode un texte d’élus de droite dit « appel de Marseille » sur les « libertés locales » et que je vous joint en insistant sur sa lecture nécessaire : https://www.legrandsoir.info/le-coup-d-etat-invisible-2eme-partie-libertes-locales-ou-democratie-locale.html

 

Le « Territoire » ou le no man land des profits : La mise en avant permanente des « territoires  » en lieu et place des communes, visent à retrouver la dynamique de la préhistoire, adapté à la « mondialisation ». Le Territoire est en fait un espace dédié au tout marchand, au tout marché, au tout profit, fondé sur la compétitivité, la concurrence et le « libre-échange », expliquant les flux commerciaux mondiaux et le nomadisme de survie des prolétaires sur le « territoire de la Métropole » et du « nomadisme migratoire permanent » des populations appauvries du fait du « libre échange », car il n’y a pas de migrant heureux. Les Métropoles sont d’ailleurs souvent représentées par des « tours du business », souvent de nuit (car illuminé) mais sans présence humaine visible. Le Territoire est donc bien un « no man land » dédié au seul profit financier, expliquant son mode de gestion fondé sur la « Gouvernance  » (Gouvernement de la Fiance).

 

De la différenciation : Monsieur de Castex dans son intervention précise : « au cours de son discours de politique générale prononcé ce mercredi devant l’Assemblée nationale, le nouveau Premier ministre Jean Castex a assuré vouloir ’ressouder la France.’ Pour cela, l’homme fort de Matignon affirmé qu’un ’droit à la différenciation’ des territoires serait ’consacré dans une loi organique.’

 

Ressouder en différenciant, voilà qui est fort, ou comment marier l’eau et le Feu…

 

La ’confiance dans les territoires suppose que le droit à la différenciation soit consacré dans une loi organique’ et passe ’par une nouvelle étape de la décentralisation’, ainsi que ’sur une évolution profonde de l’organisation interne de l’Etat’, a détaillé le chef du gouvernement. »

 

La population « tube à essai » : Le « droit à la différenciation », au-delà du fait qu’il s’agit d’une mise en cause directe des principes de la République et de l’égalité citoyenne devant la loi, transforme de fait les populations résidentes en « tube à essai  ». Il s’agira pour l’essentiel de revenir sur les droits sociaux fondamentaux des populations. Au lieu d’un SMIC, défini Nationalement, il y aura des SMIC différenciés par territoire, en fonction de la «  spécificité » défini par le seul MEDEF, c’est vous dire si les profits seront eux préservés et défini pour ce qui les concernent à une échelle mondiale. La mondialisation, c’est la planification des profits mondialisés, ce qui suppose une précarité généralisée au niveau des territoires. Rappelons-nous ici cette sentence de Victor HUGO : « c’est de l’enfer des pauvres, qu’est fait le paradis des riches », il faut donc, pour que les profits continuent de grandir et s’accumuler, faire en sorte que les pauvres se massifient et s’accumulent dans les « territoires précarisés » comme les blancs américains avaient parqué les indiens dans des « réserves »…On connait la suite.

 

Ouverture : Les mots utilisés en politique, ne sont pas innocents, mais de plus, il sont l’anticipation des matérialités sociales à venir. En utilisant le concept de « territoire » en lieu et place des communes, le Premier ministre, dans sa déclaration de politique générale, envoie un message politique fort. Il faut en finir avec les capacités de résistance des populations qui s’expriment dans les communes. Il faut en finir avec la solidarité, qui est la fonction essentielle des communes, dans leurs gestions du « bien commun ». Le seul cap de cette politique est le libéralisme naturel, d’origine, qui renvoie aux « forces de la nature » et de la nécessité pour chacun de se battre en permanence contre autrui, pour survivre sur les « territoires  ». Pourtant Monsieur de Castex, Non, les citoyens français n’habitent pas sur des territoires, mais dans des communes, ce qui définit leur contrat politique avec la Nation. Et toute décision prise contre les communes et l’unicité de la République, dialectique de la démocratie, est un coup d’état des marchés sur la République.

 

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11 septembre 2020 5 11 /09 /septembre /2020 06:44

 

Que se passe-t-il lorsqu’on part de “ Watergate ” pour arriver à “ Penelopegate ” ?

 

On a opéré une troncation, une ablation, ce qu’on pourrait appeler une aphérèse, en supprimant le début du mot “Watergate ” pour y adjoindre le mot Penelope (pauvre Madame Fillon !). Heureusement que le célèbre hôtel de Washington où les Républicains ont espionné la Convention démocrate en 1968 ne s’appelait pas “ L’Hôtel des trois faisans ” ou “ Chez Gégène ” car je ne sais ce que, linguistiquement, on aurait pu en sortir. Ce qui n’a pas empêché l’ambassade de Lybie d’y installer son siège.

 

Quand les médias – et les politiques à leur traîne – ont chopé un tic qui leur plait bien, ils ne le lâchent plus. Pour la petite histoire, le Watergate a été construit par une société immobilière italienne. Son nom tient au fait qu’il est situé près d’une écluse (gate = grille). “ Watergate ” signifie “ écluse ” ou “ vanne ”. L'hôtel de la vanne. Bof !

 

Dès qu’un nouveau problème – y compris franco-français – se signale à l’attention des médias, on le réduit en un seul mot et on y ajoute “ gate ”. C’est de la pédagogie (mot qu’affectionnent les médias et les politiques pour ne pas dire propagande) à deux balles pour neuneux. On francise légèrement en prononçant « guette » au lieu de « gueïte » et le tour est joué.

 

Des « gates », il y en a eu un paquet depuis 1968 :

 

Nous eûmes l’Angolagate lorsque des proches de Charles Pasqua vendirent des armes au président de l’Angola,

 

Le chevalgate concernant une fraude à la viande de cheval, notamment dans les lasagnes Findus,

 

Le Dieselgate, un programme informatique permettant aux constructeurs automobiles allemands de faire baisser la pollution de leurs véhicules lors des essais d’homologation,

 

Le DSKgate dont on parle peut-être encore au Sofitel de New York,

 

L’Irangate, sur l’affaire de ventes d’armes iraniennes à l’Iran,

 

Le Qatargate qui fit trembler la Fédération Internationale de Football,

 

Le Monicagate, dont une jupe et des cigares se souviennent encore,

 

Le Nipplegate qui nous fit découvrir un des illustres tétons de Janet Jackson,

 

Le Pizzagate, dans lequel Jeffrey Epstein gérait un réseau de pédophilie à Washington

 

Le Homardgate, plutôt médiocre, d’un Rugy qui, paraît-il, n’aime pas ces crustacés.

 

L’important est qu’à chaque fois le bon mot (« la fiente de l’esprit qui vole », disait Victor Hugo) fait sourire à propos de quelque chose qui peut être scandaleusement important ou banalement insignifiant. Plus de hiérarchie, tout se vaut. On hume des effluves de scandale et on en reste là.

 

 

 

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (25)

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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 05:17

Dans son blog, Pierre Verhas alerte sur les déchirements de la gauche bruxelloise à cause du voile islamique. Il relève un piège sémantique : « « Neutralité inclusive » : une manipulation sémantique de plus.

 

Remarquons que l’on se trouve une fois de plus devant le cas d’une manipulation sémantique du type de celles que dénonçait George Orwell dans son dernier roman « 1984 » par sa description de la « novlangue ». On adjoint un qualificatif à un substantif qui exprime un concept clair, ce qui a pour effet de lui donner une autre définition. Ainsi, rappelons-nous la « laïcité positive » prônée par Nicolas Sarkozy lors de son discours de Latran en 2007 où il prétendit attacher plus d’importance au curé qu’à l’instituteur. La laïcité tout court est donc implicitement négative ! Aujourd’hui, il est question de « neutralité inclusive ». Cela implique donc que la neutralité tout court est donc exclusive.

 

On ne mesure pas les conséquences de ces pratiques sémantiques. Elles ouvrent la porte au totalitarisme tout comme les tenants du « politiquement correct » qui, dans les relations intercommunautaires, imposent aussi une nouvelle sémantique depuis les drames de Minneapolis et du Wisconsin, comme l’interdiction de prononcer certains mots comme « Noirs » qui sont remplacés par « Afro-descendants ». Un éditeur n’a pas hésité à changer le titre d’un roman d’Agata Christie – cela ne date pas d’hier ! – « Les dix petits nègres ». Cela a l’air drolatique, mais c’est avant tout inquiétant : une fois de plus Orwell. On appauvrit la langue pour qu’elle soit conforme à une idéologie. L’étape suivante sera-t-elle de supprimer ou de modifier des mots « inconvenants » dans les textes des œuvres littéraires ? »

 

 

Le site Communistes déplore le consensus de la classe politique française par rapport au capitalisme : « les « crises » de l’économie capitaliste se répètent, elles sont permanentes. Aucun parti politique ne conteste le capitalisme. Les uns sont à son service pour imposer ses objectifs au peuple, les autres critiquent la politique de Macron, ils veulent améliorer le capitalisme, le rendre plus vivable mais ils lui laissent les mains libres pour continuer à exploiter le peuple. Ils se chamaillent sur sa gestion, s’écharpent parfois sur la méthode mais jamais sur le fond politique. La stratégie du pouvoir aujourd’hui consiste à agir sur les craintes: pandémie–réchauffement climatique–économie–sécurité, avec un seul but : tout faire pour anesthésier toute idée de changement possible. Notre parti porte et développe la perspective d’une société débarrassée du capital, car il n’y a pas d’autre choix pour satisfaire aux besoins du peuple. Mais pour changer de politique, il faut s’engager dans la lutte, celle qui consiste à arracher le pouvoir aux multinationales, le confier au peuple. »

 

 

Dans Res Publica, Évariste recommande de se préparer à la force des choses : « Le chemin est défini par la stratégie et non par la tactique . La prolifération des formules « anticapitaliste », « tout changer de fond en comble », « du passé faisons table rase », « révolution », « la fin du monde », « l’extinction de l’espèce à court terme», « rupture », « résistance », etc. cache de plus en plus mal une incapacité de penser ou une non volonté de comprendre le réel complexe et de voir les éléments précurseurs de la force des choses sans laquelle aucune transformation sociale et politique ne s’est construite dans toute l’histoire de l’humanité. Tout le reste n’est qu’idéalisme philosophique et politique proposant le paradis sans en déterminer le chemin pour y conduire. Et là, disons-le, un programme ne suffit pas car le chemin est défini par la stratégie. Répétons-le, jamais dans l’histoire du monde, la cause profonde d’une transformation sociale et politique ne fut une idée ni le discours d’un leader ou d’un intellectuel. Le travail intellectuel doit simplement préparer sérieusement la capacité des acteurs professionnels et militants à être efficaces lorsque la force des choses surgit des profondeurs du peuple. Voilà pourquoi le couple « luttes sociales et politiques » et « éducation populaire refondre » est indispensable pour préparer ce moment où se construira la bifurcation politique.

 

 

Enfin, le site Star Mag nous confirme qu’il se passe vraiment des choses importantes dans les grands médias français : « Il y a quelques semaines, on apprenait que Valérie Trierweiler avait été évincée de Paris Match, magazine pour lequel elle travaillait depuis trente ans.

 

Valérie Trierweiler s’était empressée de poster un message sur son compte Instagram afin de montrer son indignation. La journaliste avouait être en « état de choc » et sidérée. Celle qui est passée de la rubrique politique à la rubrique culture est toujours restée fidèle à Paris Match et ce, même quand elle était à l’Élysée. Paris Match a récemment annoncé le recrutement d’un autre célèbre journaliste qui n’est autre que Stéphane Bern.

 

Ce dernier a rejoint la rédaction en qualité “d’éditorialiste associé”. Le directeur général de la rédaction du magazine, Hervé Gattegno a donné quelques précisions dans un communiqué concernant cette arrivée : «Il sera un renfort précieux dans le suivi et le traitement des sujets liés à l’histoire, aux monarchies et aux célébrités. » Le 24 août dernier, RTL a annoncé dans un communiqué que Valérie Trierweiler tiendra une chronique hebdomadaire dans l’émission RTL Soir, animée par Thomas Sotto. La journaliste donnera rendez-vous aux auditeurs tous les mercredis à 18h30 ! Dans cette chronique, Valérie Trierweiler offrira « son regard incisif sur l’actualité » précise la chaîne de radio dans son communiqué. 

 

Revue de Presse (338)

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