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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 05:33

… et au mathématicien Joël Malaval. Ils ont publié récemment un exercice de mathématiques pour classes terminales aussi xénophobe qu'aberrant, comme l'a expliqué Jean-Michel Hureau dans les colonnes du Grand Soir.

Honte aux éditions Nathan !

 

Outre son aspect immoral, inepte, irréaliste et cynique, cet exercice comporte un aspect morbide que son auteur n’avait peut-être pas imaginé. En effet, lors du 4ème voyage, il y a 131,1 migrants ce qui laisse à penser qu’une jambe ou un bras doit traîner dans le bateau. Dés lors, le résultat est faux. Mieux, lors du 6ème voyage, plusieurs morceaux de migrants des précédents voyages se sont reconstitués pour former le 161ème dont 160 sont entiers, supposés vivants, et un amas de morceaux équivalent à 1,051 migrants. Il n‘est pas précisé si les morceaux sont rapatriés pour être embarqués au voyage suivant ou donnés en pâture aux requins puisqu’il est demandé d’arrondir à l’unité seulement au 8ème voyage. L’auteur aurait-il trouvé un moyen d’organiser une filière d’immigration en pièces détachées ? Reste à savoir comment reconstituer un être vivant à partir des morceaux. On ne connaît pas non plus le taux moyen de mortalité à chaque voyage ce qui limiterait l’effet de l’immigration clandestine et donc en réduirait l’impact sur des esprits encore en formation. Certes, cela augmenterait la difficulté mais puisque l’auteur se voulait réaliste en illustrant l’exercice d’une magnifique photo, autant rendre encore plus abject le caractère de sa production.

 

D’autant plus qu’on peut se demander quelle est la réponse attendue puisqu’au bout de 8 semaines, 194,87171 migrants sont arrivés dont seulement 193 sont entiers si on ne tient pas compte des morceaux accumulés. Et comme il n’est pas précisé comment arrondir à l’unité, le résultat peut tout aussi bien être 194 que 195. En fait, même mathématiquement, cet exercice est aberrant.

 

PS : Suite aux innombrables protestations, l'ouvrage a été retiré du commerce et sera remboursé. Une nouvelle version sera disponible « très prochainement », selon l’éditeur qui présente ses « vives excuses aux associations d’aides aux migrants, réfugiés, et demandeurs d’asile », auxquelles il assure son « soutien très actif ».

 

Honte aux éditions Nathan !
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Published by Bernard Gensane - dans culture culture et politique
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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 05:50

Un article de Renaud Février (L'Obs). Extraits.

 

Une photo historique, pleine de mystères.

 

Cette photo d'une rue déserte est un morceau d'histoire de la photographie. On la doit à Louis-Jacques-Mandé Daguerre, l'un des pionniers de la discipline. Il s'agit de l'une des toutes premières photos du monde. Et plus précisément, d'un daguerréotype, plaque de cuivre, polie comme un miroir et recouverte d'une couche d'argent.

 

L'image a été prise depuis la fenêtre de l'atelier de l'artiste, au 5 rue des Marais, à proximité de l'actuelle place de la République à Paris, à 8 heures, un matin d'avril ou de mai 1838. On peut y observer l'entrée du boulevard du Temple.

 

 

Si cette photo est admirable c'est parce qu'il s'agit de "la première photographie connue où figurent des êtres humains", selon l'historien Larry J. Schaaf, auteur d'un article publié dans l'ouvrage collectif Tout sur la photo, Panorama des mouvements et des chefs d'œuvre (Flammarion).

 

A première vue, la rue semble déserte. Mais si l'on y regarde de plus près, on aperçoit des passants, et même des voitures et des charrettes qui se pressent ce matin-là sur le boulevard. Malheureusement, le procédé du daguerréotype nécessite un temps de pose d'une durée de 7 à 20 minutes. Ce qui réduit en l'occurrence la foule "à l'état de fantôme", comme le résume Larry J. Schaaf. Et regardez de plus près encore... Un homme est bien visible, en bas, à gauche de l'image.

 

Cet homme, la jambe levée se fait en réalité cirer les bottes ou les souliers par un second personnage, plus petit. Peut-être un enfant. "Ces personnages, immobiles par nécessité, ont sans le savoir pris la pose pendant plusieurs minutes, alors que la foule des passants est trop mouvante pour que son image puisse être capturée par l'appareil", explique Françoise Ravelle, dans "Paris vu par les pionniers de la photo" (Parigramme).

 

Joint par "l'Obs", André Gunthert, le rédacteur en chef de la revue "Etudes photographiques", renchérit, exalté :

 

"C'est involontaire. C'est un sujet imprévu qui apparaît. C'est contraire à la production même des images de l'époque où quand on représente un sujet, c'est forcément volontaire, que cela soit dans la peinture ou la sculpture. La photo du boulevard du Temple est en cela très emblématique de l'art de la photographie."

 

D'autres personnages ?

La photo du boulevard du Temple fut offerte à Louis Ier de Bavière, au sein d'un triptyque, également composé d'une photo de statues et d'un second cliché du boulevard du Temple, pris celui-ci à midi, sans qu'aucun personnage ne se soit arrêté suffisamment longtemps pour apparaître sur l'image.

 

En 2010, l'article d'un journaliste américain a fait resurgir la photo sur le devant de la scène. Ce journaliste scientifique de la radio publique américaine NPR, Robert Krulwich, avait en effet consacré un article à une photo prise à Cincinnati en 1848, qu'il pensait être la plus ancienne photo d'un être humain. Un lecteur avisé lui a toutefois signalé la photo de Louis Daguerre, plus vieille de 10 ans, à laquelle le journaliste a donc également consacré un article, relayé par Slate.fr à l'époque.

 

Poussé par la curiosité, un autre lecteur de Robert Krulwich, Charles Leo, analyse l'image plus en profondeur, la "nettoie" pour révéler plus de détails, avant d'en faire une version colorisée et annotée. Publié sur son blog, le travail de cet amateur, patron d'une entreprise spécialisée dans les illustrations en 3D d'architecture, auquel les internautes sont invités à collaborer, permet de révéler que l'homme qui se fait cirer les bottes et son cireur ne sont pas seuls sur la photo. Au total, une petite dizaine de personnes seraient même visibles sur le cliché, si on en croit Charles Leo.

 

(Charles Leo)

 

Á commencer par une ou deux personnes, assises sur un banc à droite, mais également deux ou trois personnes sur le trottoir de gauche, dont un jeune enfant avec un chien. Il croit aussi distinguer une calèche sur la route, ainsi qu'un chat ou un enfant à une fenêtre. Il fait par ailleurs l'hypothèse que l'homme dont on dit qu'il se fait cirer les chaussures pourrait en réalité être en train d'actionner une pompe à eau, comme l'attesteraient les deux formes rondes, des seaux, à côté de lui.

 

Une théorie qui n'est pas privilégiée par les spécialistes de Daguerre, pour qui c'est un jeune arbre, placé juste devant le cireur de chaussures qui porterait à confusion. Quant aux formes rondes, peu de chance qu'il s'agisse de seaux, car ils sont également présents sur l'autre photo du boulevard présente dans le triptyque. Or cette fois, aucun personnage n'est présent à côté d'eux.

Reste qu'un détail a échappé à ce lecteur attentif : les daguerréotypes prennent des photos… en miroir ! Voilà donc la vue que Daguerre avait en réalité de la fenêtre de chez lui :

 

Les ombres partent donc bien vers l'ouest et nous sommes bien le matin.

 

Une photo pionnière, mais pas "première"

 

L'histoire de la photo du boulevard du Temple est magnifique. Mais la légende est peut-être un peu trop belle pour être totalement vraie. Le cliché a en effet peu de chance d'être réellement la première photo sur laquelle figure un être humain. Car même en mettant de côté les revendications de divers inventeurs de l'époque (comme celle du Français Hippolyte Bayard, qui assure avoir réalisé des autoportraits dès 1837), dont les œuvres ne sont malheureusement pas parvenues jusqu'à nous, plusieurs photos pourraient bien détrôner le boulevard du Temple dans ce "concours". Elles sont toutes attribuées à Daguerre.

  • Le portrait de M. Huet
  • C'est une petite image de 5,8 cm sur 4,5 cm. Un petit miroir aux tons laiteux qui tient dans le creux de la main. Mais pour son possesseur, "c'est le saint suaire photographique". Vers la fin des années 1980, le marchand d'art et expert Marc Pagneux achète cette image au marché aux puces de Vanves. Au dos du cadre, une inscription : "M. Huet, 1837". On distingue également les premières lettres de la signature de Daguerre. La date est surprenante, voire problématique : personne ne pensait jusqu'alors que quiconque ait pu fixer le moindre portrait avant les années 1840, le temps de pose étant beaucoup trop long. Personne n'était par ailleurs capable de retracer le parcours de la photo l'ayant conduite de Daguerre aux puces de Vanves.
  •  

 

(GINIES/SIPA)

 

Pourtant, Jacques Roquencourt et André Gunthert, le rédacteur en chef de la revue Études photographiques, dans laquelle est révélée, en 1998, l'existence de cette pièce incroyable, sont convaincus qu'il s'agit bien d'un portrait réalisé par Daguerre lui-même, avant le boulevard du Temple.

 

Ils s'appuient pour cela sur plusieurs éléments : une lettre de Daguerre à Isidore Niépce, datée du 17 janvier 1838, dans laquelle il affirme avoir réalisé des essais de portraits "dont un est assez bien réussi" ; l'aspect matériel de l'objet, qui rappelle celui des autres exemples d'essais connus et datés de l'inventeur et enfin des reconstitutions procédurales effectuées par Jacques Roquencourt, dans les conditions du procédé de Louis Daguerre et avec un objectif similaire à celui de l'inventeur du daguerréotype.

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 06:15
Photo de gauche : 1970. Photo de droite : 2017

Photo de gauche : 1970. Photo de droite : 2017

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 05:42
Les restes du corps calciné du cosmonaute Komarov, tombé du ciel en 1967

Les restes du corps calciné du cosmonaute Komarov, tombé du ciel en 1967

D. Counts, première étudiante noire à fréquenter une université réservée aux Blancs aux EU (1957)

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1938, Autriche. Une femme juive cache son visage. Le banc n'est pas pour elle.

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1884. Construction de la Statue de la Liberté à Paris.

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1888. Pays-Bas. 2 tombes, un cimetière catholique, un cimetière protestant.

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Première Guerre mondiale. Un soldat musicien écossais encourage ses camarades au moment de l'assaut.

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Le Tsar Nicolas encourage sa fille Anastasia à fumer.

Le Tsar Nicolas encourage sa fille Anastasia à fumer.

Reflets de l'histoire
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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 05:54

L'incendie du Cuba Libre à Rouen m'a rappelé la catastrophe du Pacha Club d'Abidjan. Je résidais dans la capitale de la Côte d'Ivoire depuis quelques mois quand ce drame, qualifié de "cuisant" par un journaliste qui ne l'avait pas fait exprès, endeuilla de nombreuses familles libanaises, françaises et ivoiriennes. Je reprends ici des sources de l'époque.

 

Le mercredi 9 juin 1977 à Abidjan, une discothèque prend feu: 42 personnes périssent.

 

Le Pacha Club était un grand dancing au rez-de-chaussée de la tour Nour Al Hayat ("Lumière de la vie" en arabe). L'immeuble à été construit sur le Plateau, non loin du boulevard De Gaulle, par les Ismaéliens, une secte islamique, pour honorer le prince Aga Khan.

 

Cet établissement a été ravagé en juin 1977 par un incendie qui a fait 42 victimes. Une hypothèse probable est qu'un court-circuit se soit déclenché dans les compteurs électriques à l'entrée, car une semaine auparavant, la discothèque à fermé durant deux jour pour cause de problèmes dans l'installation électrique. 


On évoque aussi l'hypothèse de l'incendie criminel puisque deux ans plus tôt, le club avait déjà connu un incendie dont l'origine n'a pas été élucidée. Une tentative de racket par le milieu libanais est envisagée.

 

Cette première alerte n'a eu aucun effet sur les gérants. Des murs recouverts de mousse synthétique, de la moquette, des poutres en bois, du revêtement plastique inflammable au plafond, toutes sortes d'ornements prêts à flamber avec une allumette, le club était une salle close accessible par un escalier montant qui semblait agencée pour provoquer une catastrophe.

 

Elle a eu lieu le jour où elle était le plus fréquentée. Les examens du bac venaient d'être passés et beaucoup de jeunes étaient venus danser pour se relaxer. La salle était bondée, plus de cent personnes s'y trouvaient quand l'incendie s'est produit.

 

On est assis à des tables tout autour de la piste ou les danseurs se collent l'un contre l'autre. Deux niches sont même ménagées dans un mur pour les soupirants fortunés. 


Malheureusement se sont ceux qui n'auront aucune chance de s'en sortir, l'incendie a été si rapide que seuls ceux qui étaient debout ont eu le temps de s'échapper.

 

Dans le silence inhabituel dans lequel se trouvait plongée la ville le lendemain, des parents sont entrés au matin dans la chambre de leur enfants pour la trouver vide: ils avaient fait le mur pour aller au Pacha Club. Ils ne sont pas revenus.

 

Une personne nous raconte qu'elle se trouvait avec d'autres dans un théatre, l'Ascott. Deux de ses amis sont partis à l'entracte pour le Pacha. Ils y sont morts.

 

Un autre qui revenait d'un séjour dans un pays voisin et qui ne fréquentait jamais les boites de nuit, a cependant décidé d'y accompagner sa soeur et son ami pour passer un peu de temps avec elle. Ils y sont restés tous les deux.

 

Deux marins restés à bord d'un navire dont l'équipage est allé se divertir au Pacha racontent une histoire similaire: personne n'est revenu. Seul le commandant est mort dans l'incendie en fait, les autres étaient hospitalisés. Le dernier à quitter le navire contrairement au personnel du club.

 

D'autres encore avaient hésité, puis avaient décidé de ne pas y aller. Ils ont eu raison.

 

Lorsque les pompiers sont arrivés, il leur a été impossible de pénétrer dans la salle. Une chaleur de plus de 1200 degrés les stoppait. Ils n'ont pu qu'asperger les flammes pour éteindre l'incendie avant de pouvoir atteindre les victimes. Il leur a fallu 2 heures pour en venir à bout, c'est le plus grand sinistre survenu à Abidjan jusque là.

 

Quand ils pourront enfin entrer, ils trouveront 40 corps carbonisés, tous entassés près de la sortie.

Il y a 40 ans, l'incendie du Pacha Club à Abidjan

Ce qui s'est passé selon le témoignage de rescapés...

Vers 1h10, de la fumée arrive par la porte d'entrée. La musique continue cependant et personne ne s'en inquiète. Peu a peu, les gens commencent à réagir. Cependant le personnel leur demande de ne pas s'inquiéter.


Puis la fumée devient noire et prend de l'importance. On se décide enfin à sortir, mais l'entrée est envahie par les flammes qui se propagent dans la salle avec une rapidité stupéfiante.

 

Un rescapé, d'origine libanaise raconte:

 

Vers 1h20 j'ai senti une odeur de brûlé, je me suis immédiatement précipité vers la porte. Mais j'ai vu dans les escaliers des langues de flammes qui montaient vers la salle. J'ai donc fait demi tour, j'ai suivi un groupe qui enjambait le comptoir pour passer par une issue de secours située derrière le bar.

 

La foule est aveuglée, on tousse.


Le personnel invite à sortir par la petite porte derrière le bar. On leur demande de rester calme, ce qu'ils font, mais soudain, les gens se sentent asphyxiés et c'est la panique générale.. On se pousse, on hurle, il n'y a plus qu'une mêlée indescriptible devant la petite porte. Un dicton est populaire chez les ivoiriens, c'est: "Chacun pour soi, Dieu pour tous". 


Il n'y avait plus maintenant ni garçon ni fille, juste des forcenés voulant survivre à tout prix.

 

Un autre rescapé raconte:

 

Ce fut l'enfer. Dans la fumée, dans les cris, tandis que les revêtements en plastique s'écroulaient, les gens se précipitaient vers les issues de secours. Mais les portes étaient fermées à clé.

 

Les gens se piétinaient. Toute la salle était en flamme, la chaleur extrême faisait voler les vitres en éclats.

 

Le premier rescapé:

 

A ma sortie j'avais les poumons pleins de fumée, il m'a fallu un moment pour les vider. 


Tous ceux qui sont restés dans la salle deux ou trois minutes après moi sont mort asphyxiés avant d'être brûlés.

 

Ceux qui parviennent à franchir la petite porte ne sont pas encore tirés d'affaire. Il se retrouvent sur une terrasse au premier étage. Certains sautent, puis on amène deux échelles, mais le feu semble se propager à tout l'étage et les autres sont obligés de sauter quand même.

 

Les membres du personnel, et d'autres rescapés, sont rentrés à plusieurs reprises dans le tunnel derrière le bar pour aider d'autres personnes à sortir.

 

Un des premiers sortis, qui s'est rendu compte que sa soeur était toujours à l'intérieur, est retourné dans la salle pour la retrouver. Il n'est jamais ressorti. (Il s'agissait d'Edgar Debraban à ce qu'on m'a rapporté).

 

Aux 42 victimes du désastre, d'autres se sont ajoutées. Une femme qui avait déjà perdu son mari dans un accident deux mois plus tôt, y a perdu ses deux enfants. Elle s'est suicidée. Une autre qui s'est trouvée aussi dans le même cas est devenue folle.

 

Cette tragédie nous laisse plus que perplexe. Alors qu'un incendie s'est déjà produit dans le passé, on tapisse la salle de produits inflammables, et apparemment, aucun extincteur n'est disponible près de l'entrée. On voit aussi que la seule issue de secours soit pour le personnel.

 

Il y a 40 ans, l'incendie du Pacha Club à Abidjan
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 05:31
Vous attendez un enfant : choisissez bien son prénom
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20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 05:37

Je les aime bien, dans ce magasin Lyon Cycle Chic où ils s'occupent de mon vélo. Ils sont sympathiques, compétents, rapides.

 

Dans un prospectus (pardon : un « flyer »), ils me demandent si je connais le « gravel». C’est un mot que j’ai dû apprendre en 4ème ou en 3ème et qui signifie tout bêtement « gravier ». Hé oui ! La vente est une science qui consiste à identifier des besoins et, plus souvent encore, à en créer. Les Zuniens du cycle ont donc imaginé un nouveau concept : un cycle pour rouler sur le gravier. Sur internet, on apprend que le « Le gravel est une pratique du vélo qui mixe [sic] des passages sur route ainsi sur des sentiers, des pistes et des chemins. »

 

Selon le site Top vélo, « Cette pratique est issue du continent américain [en fait, des États-Unis] et les constructeurs tendent à développer celle-ci en Europe. Le mot Gravel [sic pour la majuscule] (comprenez gravier en français [re-sic pour l'ordre de l'explication]) exprime donc une capacité à évoluer sur des itinéraires qui en découlent. Chemins, sentiers, routes forestières … Votre capacité à imaginer sera votre seule limite d'évolution ! Les amateurs de longues chevauchées seront comblés. Du coup, sur le plan de l'approche philosophique [appelons-en à Kant !], vous trouvez ici une clientèle de cyclistes dont l'origine (en termes de pratique) est diverse et variée (VTT, vélo route, VTC, ...). »

 

Les randonnées peuvent être longues. Il faut donc se munir d’une sacoche à provisions. Nos concepteurs zuniens y ont pensé : c’est le « bikepacking ». Pour les spécialistes de ce type de sacoche, « Le bikepacking est au vélo ce que le sac à dos (backpacking) est à la rando ». Cette tendance est née aux États-Unis en 2000 et elle est arrivée en Europe « portée par le développement de la randonnée légère de longue durée à vélo. » On peut la comparer, nous dit-on, au « fast-hiking » (tout bêtement « marche rapide ») qui n’admet que des sacoches d’un volume d’environ 35 litres. Les « fast-hikers » adoptant logiquement un type de sac « Issu du Trail Running [sic, les majuscules], possédant un confort suffisant pour une utilisation » sur une longue distance.

 

Bref, ces produits peuvent être déclinés, démultipliés à l’infini. Ce qui permet de nourrir la conversation entre initiés :

 

  • J’aime bien mon packing de 35 litres.
  • Avant, j’avais le même que le tien mais je suis passé au 14 litres.
  • Pour un trail [les Français sont forts : l’anglais dit « trail running », le mot important, décrivant l’action, étant « running » ; on l’élimine, pardon : on le squeeze] de 4 heures, c’est un peu juste, quand même.
Les Portes Ouvertes de Cycle Chic
Le Gravel, vous connaissez ?

Le 5 et 6 mai prochain toute l’équipe Lyon Cycle Chic vous invite à découvrir ou redécouvrir le Gravel durant notre journée porte ouverte ! Venez échanger autour du thème du Gravel avec nos partenaires.

VENDREDI 5 MAI

THÈME RANDONNÉE

Venez découvrir notre sélection de produits vélo de randonnée, sacoches traditionnelles, sacoches bikepacking, accessoires.Venez partager votre expérience et échanger autour de votre futur rando ! 

VENDREDI 5 MAI AU SOIR

THÈME GRAVEL CHIC

Venez déguster « The Veritable Cyclist Beer » Vélosophe autour d’une soirée consacrée au Gravel à partir de 20h au magasin ! 

SAMEDI 6 MAI

THÈME GRAVEL

Une sortie Gravel vous attend au départ du magasin Lyon cycle chic pour une durée de 2h maximum (Mini petit déjeuner à 8h00 et Départ à 8h30 de Lyon cycle chic). Venez tester nos vélos ! Nos  stands partenaire seront sur place pour échanger autour de cette pratique aux facettes multiples !

Atelier «méca» sur les basiques à connaitre pour partir randonner en toute sérénité.

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 05:30
Quelques statues
Quelques statues
Quelques statues
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Quelques statues
Quelques statues
Quelques statues
Quelques statues
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Quelques statues
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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 05:39

Dans les années cinquante, mes parents possédaient un florilège des dessins de L'Assiette au beurre. L'un d'entre eux s'est fiché à jamais dans un coin de mon cerveau. Un correspondant l'a retrouvé pour moi.

Souvenir de L'Assiette au beurre
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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 05:35

Erin Torkelson Weber. The Beatles and the Historians. An Analysis of Writings About the Fab Four. McFarland and Company. Jefferson, North Carolina, 2016.

 

55 ans après l’enregistrement de “Love Me Do”, des centaines de livres et des dizaines de milliers d’articles consacrés aux Beatles (du plus frivole au plus savant), il est de plus en plus difficile et stimulant d’écrire de manière novatrice sur le plus important groupe de musique populaire du XXe siècle. Récemment, le sociologue Laurent Denave s’est intéressé à la « valeur » – y compris marchande – des Beatles (Rennes, P.U.R., 2016). Ici, Erin Torkelson Weber prouve que l’historiographie des Beatles n’est pas une mince affaire. Á noter, pour ne plus y revenir – mais l’historiographie pourrait se pencher sur ce fait qui n’est peut-être pas anodin – que l’écrasante majorité des ouvrages sur les “Fab Four” ont été écrits par des hommes. Ce qui n’est donc pas le cas d’une étude – inspirée, méthodologiquement parlant, par Marc Bloch – qui fonde en un tout dynamique l’histoire des faits conscients et celle des faits inconscients de la vie et de l’œuvre des Beatles.

 

Comment, en effet, écrire l’histoire des Beatles, mais surtout l’histoire de leur histoire, alors que deux membres du groupe sont toujours en vie et alimentent leur propre saga, alors que, du vivant du groupe (quatre « garçons » qui s’aimaient mais entre lesquels s’exacerbaient des tensions qui n’étaient pas que créatrices), chaque Beatle, mais également plusieurs proches du groupe, offraient leur propre discours, souvent en pleine contradiction ? Et puis, comment produire une histoire exigeante si l’on n’établit pas rigoureusement le départ entre le mythe et la réalité ? L'autrice donne ainsi un exemple de mentir-vrai qui avait totalement échappé à tous les spécialistes (dont j’ai pu être). Durant la nuit du 9 octobre 1940, dans Liverpool bombardé par la Luftwaffe, Mimi Smith passe entre les bombes pour faire la connaissance de son neveu John qui vient de voir le jour à la maternité d’Oxford Street. Mimi, qui élèvera le futur fondateur du groupe, relatera cet épisode clé à Hunter Davies, l’auteur de la première biographie des Beatles, « autorisée » et néanmoins très bonne, en 1968. De ce “fait”, les exégètes tireront la conclusion que Lennon aura trouvé dans cet ADN historique la volonté de lutter pour la paix. Il faudra attendre une quarantaine d’années pour que des historiens sérieux découvrent que, cette nuit-là, l’aviation allemande n’avait pas pointé le bout de son nez. En outre, Torkelson Weber taille des croupières au mythe selon lequel Alfred Lennon aurait obligé son fils âgé de six ans à choisir entre vivre avec lui en Nouvelle-Zélande ou rester avec sa femme en Angleterre, ce choix ayant durablement perturbé l’enfant. Or ce chantage n’eut jamais lieu.[1]

 

 
Note de lecture (166)

 

L’autrice déconstruit l’histoire du groupe en une série de discours distincts les uns des autres. Sa thèse est que ces constructions intellectuelles, émotionnelles, furent l’œuvre des Beatles eux-mêmes, ainsi que de leur entourage immédiat (George Martin, Brian Epstein au premier chef), des journalistes et auteurs qui les ont approchés et longuement interrogés, et aussi de leurs admirateurs.

 

Pour le malheur des historiens, McCartney et Starr sont toujours vivants et, tel le fantôme de Hamlet, ils peuvent à tout instant donner leur opinion sur leur histoire qui s’écrit. Du vivant des deux autres se construisit tout d’abord une version propre, enchanteresse, de la vie du groupe : quatre amis sympas, farceurs, propres sur eux, des cœurs à prendre (le mariage et la paternité de Lennon fut longtemps cachés), un duo de créateurs extraordinaires travaillant main dans la main (au moment précis où le groupe accéda à la notoriété internationale, Lennon et McCartney s’aidaient mais n'écrivaient plus ensemble) et puis, à l’arrière plan, George attendant qu’on lui demande un solo de guitare ébouriffant et Ringo toujours prêt à balancer un roulement de batterie entre deux vannes. Jamais l’homosexualité de leur imprésario Brian Epstein n’était évoquée, pas plus que la violence physique dont faisait parfois preuve John, ou encore la prise régulière d’amphétamines (en attendant des drogues plus dures). Il fallut attendre la sortie de Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band en 1967, un disque sur la couverture duquel les “premiers” Beatles assistent à leur enterrement, pour que le mythe s’effiloche. L’album était présenté comme le disque du groupe du Sergent Pepper, ce qui, avec le recul, préfigurait la mort du vrai groupe.

 

Avant cela, le film A Hard Day’s Night avait propagé l’image et le reflet inversé de la Beatlemania en construisant quatre « garçons dans le vent » : John l’intello sarcastique, Paul le charmeur, George l’homme tranquille et Ringo l’affable bien de chez nous. Le second film Help ! renforça ces stéréotypes. Dans les faits, George, bien qu’il ait composé l’une des chansons les plus poujadistes des années soixante (“Taxman”), s’était prononcé contre l’intervention étasunienne au Vietnam deux ans avant l’offensive du Tet, et Paul était nettement plus avant-gardiste que John, en matière musicale comme dans d’autres domaines. Les cinq ans passés au contact de la famille de sa “fiancée » Jane Asher avaient contribué à sa très grande ouverture d’esprit. De plus, Paul n'attendrait pas la période “ouvriériste” de John pour critiquer les États-Unis, un pays à qui « il manquait la BBC », un pays pourri (« lousy ») où «tout Noir est un nègre crasseux » (mars 1966).

 

Un deuxième grand discours sur les Beatles commença en avril 1970, lors de la sortie de l’album solo de Paul, McCartney, quand il annonça sa volonté de « prendre un peu de repos » par rapport au groupe. Ce fracas entrait en contradiction avec l’image d’un groupe encore soudé qui avait peu de temps auparavant produit l’excellent album Abbey Road après avoir chanté 42 minutes sur le toit de l’immeuble Apple, en plein centre de Londres. Et puis il y eut l’entretien historique de Lennon dans Rolling Stone en janvier 1971 (“Lennon Remembers”). Avec Jan Wenner, pas particulièrement savant en Beatleologie. 150 pages (!) où Lennon balaya toute la production des Beatles en la qualifiant de « malhonnête ». Il évoqua l’homosexualité d’Epstein et méprisa tout son entourage professionnel, à commencer par George Martin le producteur qui se serait servi des Beatles pour sa gloriole. Wenner goba. Paul n’eut pas la force de contre-attaquer, craignant que John « lui rentre dedans » et tomba en dépression. Lennon affirma avoir écrit 50, puis 70% d’“Eleanor Rigby”, jaloux qu’Allen Ginsberg ait fait découvrir cette création unique en son genre à Ezra Pound.

 

L’assassinat de John en 1980 marqua un tournant dans la littérature consacrée au Beatles avec, désormais, une majorité d’auteurs n’ayant eu aucun contact avec les chanteurs où leur entourage. Ce fut donc le temps des sources secondaires. Replaçant le développement du groupe dans son contexte politique et culturel, l’ouvrage le plus influent du genre fut celui de Philip Norman Shout ! The True Story of the Beatles, publié en 1981. Norman lui aussi sous-estima l’apport de Paul, brossant de surcroît le portrait d’un Machiavel avec un don indéniable pour la mélodie. Chaque ligne consacrée à George était négative (Harrison est tout de même l’auteur de “Something”, “Here Comes the Sun” et du triple album All Things Must Pass), quelques lignes étaient consacrées à Ringo, pourtant l’un des meilleurs batteurs pop du XXe siècle. Les dix mots de français que Paul avait insérés dans “Michelle” trahissait sa « volonté d’ascension sociale ». L’Album blanc, porté à bout de bras par Paul, était qualifié de « sucré, fade et écœurant ».

 

On passa aux choses sérieuses avec les travaux du Britannique Mark Lewisohn qui put forcer la porte des studios d’Abbey Road, un endroit mieux gardé que Fort Knox, et écouter la totalité du travail des Beatles, chaque chanson, chaque prise. Il en résulta The Complete Beatles Recording Sessions: The Official Story of the Abbey Road Years avec une longue interview de Paul McCartney. Quoi de plus factuel que ces bandes qui rendaient justice à McCartney en tant que créateur ? Les deux auteurs-compositeurs faisaient désormais la paire, à égalité. Paul publia Many Years from Now (sous la plume de Barry Miles), un ouvrage qui prit le contre-pied de l’interview de Wenner dans Rolling Stone. Le preneur de son Geoff Emerick fit paraître Here, There and Everywhere, My Life Recording The Music of The Beatles, dans lequel il expliqua que si Paul n’avait pas pris le pouvoir après le suicide de Brian Epstein en 1967, John, fortement sous l’emprise de drogues dures et de Yoko Ono qui voulait qu'il quitte ses amis, aurait fait sombrer le groupe et jamais Sgt Pepper et les albums suivants n’auraient vu le jour.

 

La morale de l’histoire est qu’il y aura toujours un conflit – productif heureusement – entre ceux qui font l’histoire et ceux qui l’écrivent. Ceux qui auront été des légendes de leur vivant porteront, nous dit Erin Torkelson Weber, « le poids de l’histoire sur leurs épaules ».

 

 

 

 

[1] Toujours à propos de Lennon, mon collègue et ami François Poirier, grand spécialiste de Liverpool, se montrait dubitatif quand on évoquait devant lui les marins de Liverpool ramenant des États-Unis des disques de rock que John aurait « découverts » au milieu des années 50. Cette épiphanie fut pourtant relatée cent fois.

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