Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 06:12

 

 

Une dure de dure : Isabelle la Catholique.

 

Née en 1451, elle aura été, de manière autoproclamée, reine de Castille et de León, reine d’Aragon, de Majorque et de Valence, de Sardaigne, de Sicile et de Naples.

 

Quand son demi-frère Henri IV de Castille hérite du trône, elle n’a que trois ans. Elle passe son enfance auprès d’une mère totalement dépressive dans un palais délabré. Elle étudie Aristote, Thomas d’Aquin et la broderie. Et, surtout, la religion.

 

Elle devient reine de Castille, avec son époux Ferdinand, qui est roi d’Aragon. Ils offrent un exemple, certainement unique, de double monarchie, chaque souverain étant autonome, mais avec en vue l’unité prochaine de l’Espagne. Le couple est très uni (même si Ferdinand la trompe à cojones rabattues) et s’entend sur un projet de Reconquista. Isabelle mène ses troupes, 50 000 hommes, devant Grenade pour expulser les musulmans (l’occupation musulmane date du VIIIe siècle). Le siège dure six mois. Le royaume de grenade est annexé. Le pape accorde aux époux le titre de “ Rois très catholiques ”.

 

Les époux veulent que toutes leurs possessions deviennent catholiques. Inspirés par Torquemada, ils organisent l’Inquisition espagnole (elle avait été créée en France au XIIIe siècle) et proclament de nombreux auto da fé. Les Juifs sont chassés, tout comme les musulmans fraîchement convertis (morisques) car soupçonnés d’hypocrisie. Raison pour laquelle le procès en béatification d’Isabelle n’a jamais abouti. Les protestants sont également persécutés, tout comme les crypto-juifs (marranes signifie porcs). Cette Inquisition deviendra mondiale, avec des centaines de milliers de procès et ne s’achèvera qu’au XIXe siècle après les guerres napoléoniennes.

 

Isabelle va ensuite financer l’expédition de Christophe Colomb qui débouchera par la colonisation des Bahamas, puis de l’Amérique latine.

 

Isabelle meurt en 1504 d’un cancer de l’utérus. Son petit-fils Charles Quint lui fait construire une somptueuse sépulture à Grenade.

 

 

Ci-dessous, Torquemada plaide devant les souverains pour l'expulsion des Juifs d'Espagne.

Femmes au pouvoir (5)
Partager cet article
Repost0
13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 06:06
En 1973, à l'Olympia, Gilbert Bécaud mettait en scène son trouble, dans une "chanson étrange", selon ses dires, sous les applaudissements nourris des spectateurs. Cette chanson, que je ne connaissais pas, m'a fait penser à la fin du film Garde à vue avec Serrault et Ventura.
 
Dans un restaurant espagnol, au mois de janvier
Je dînais en solitaire comme un voyageur
Et, devant moi, un homme et une femme parlaient
De choses qui les intéressaient
Vraisemblablement
Avec eux, était attablée une petite fille entre neuf et dix ans
Une petite fille, oui, entre neuf et dix ans
Elle s'est levée lentement, je l'ai regardée
Elle était habillée bien curieusement
Elle était belle avec ses cheveux blonds très pâles
Elle venait d'un pays du Nord
Vraisemblablement
Devant moi, elle s'est arrêtée, la petite fille entre neuf et dix ans
La petite fille, oui, entre neuf et dix ans
Elle m'a regardé attentivement
Alors j'ai souri, gêné, étrangement
Elle, elle ne souriait pas, elle me regardait
Elle me regardait de ses yeux très noirs, très grands
Qui ne m'ont pas quitté pendant de longues secondes
Elle me fascinait
Elle me fascinait comme une femme
Comme une femme
Alors, j'ai fini par baisser les yeux
Elle s'est éloignée
Elle avait compris qu'elle m'avait troublé
Ce sont des choses difficiles à dire
Ce sont des choses difficiles... à chanter
Que s'est-il passé?
Un moment d'amour
Vraisemblablement

Partager cet article
Repost0
5 février 2021 5 05 /02 /février /2021 06:11
 

 

Un chêne de plus de 6 mètres de circonférence, 30 mètres de haut, 25 mètres d'envergure... Cet arbre avait été labellisé « arbre remarquable » en 2019.

Il avait résisté au poids des siècles et à tous les champignons. Là, les pompiers n'ont pu le sauver, il n'est désormais plus qu'un amas de branches cassées et de tronc brûlé...

La mairie de Poitiers a porté plainte. 

Pour les botanistes, ce chêne était une référence car il produisait toujours des glands. 

Une légende pas vraiment authentifiée attribue la plantation de cet arbre à Jean de La Fontaine (“ Le Chêne et le Roseau ”) à l’occasion d’une visite à ses cousins Irland, propriétaires des terres environnantes. Dans la fable, c'est le vent du nord qui fait mourir l'arbre :

L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au Ciel était voisine
Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.

D'autres arbres historiques ont disparu pour des motifs criminels ces dernières années. Un chêne de 800 ans a été incendié en 2016 dans le Morbihan, ainsi qu'une Aubépine tricentenaire brûlée à Limoges en 2017, ou encore un platane en juin 2020 en Alsace.

En France, on s'en prenait aux enfants. On assassine maintenant des arbres.

 

PS : J'ai vécu pendant 10 ans à trois kilomètres de cet arbre.

Ensauvagement : détruire par le feu le chêne de Jean de la Fontaine
Ensauvagement : détruire par le feu le chêne de Jean de la Fontaine
Partager cet article
Repost0
4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 06:18

 

Un des mots les plus utilisés par les médias neuneux et les politiques médiocres est “ compliqué ”. Il s’agit là d’une de ces nombreuses simplifications qui appauvrit la langue française dans son sémantisme, et donc la pensée qui va avec. Ce type de phénomène est toujours, pour partie, idéologique. Ces assassins de notre langue utilisent “ compliqué ” en lieu et place, selon les contextes, de : complexe, alambiqué, recherché, ardu, nébuleux, difficile (je vous passe difficultueux), délicat, épineux, emberlificoté, byzantin, ardu, subtil, raffiné. Parmi deux ou trois dizaines d’autres termes.

 

En fait, le plus souvent, on nous balance “ compliqué ” pour signifier “ difficile ”. Mais en utilisant ce terme de manière floue, on opacifie la réalité et on on l’atténue lorsqu’elle est hostile. Dire « ce sera compliqué pour Jacques de se sortir de cette situation », c’est beaucoup plus doux et moins dramatique que « ce sera ardu ou épineux ».

 

Et pourtant, l’adjectif compliqué n’est pas inintéressant en soi. Mais les neuneux et les médiocres nous en ont fait oublier toutes les subtilités. Á noter, pour commencer qu’il est toujours postposé. On ne dit pas « une compliquée situation » mais « une situation compliquée ». Le mot a plusieurs sens, le premier renvoyant à des éléments qui entretiennent entre eux des rapports multiples, variés et difficiles à appréhender. Il peut qualifier des mots concrets (« un plan de masse compliqué ») ou abstraits (« une représentation compliquée »). « Compliqué » peut avoir une connotation morale (« ce type a une tournure d’esprit vraiment compliquée »). Il peut être positif : « ce tour de magie est compliqué » ou ambigu (« elle est compliquée, ton histoire ! », « cette colonne baroque est d’un compliqué ! »).

 

J’en viens à ce qui a motivé ce billet. Une couverture récente du magazine La Croix nous informe que l’Islam (Islam avec une majuscule, on se demande pourquoi) « c’est compliqué », et que l’équipe de l’hebdomadaire catholique va nous expliquer le « pourquoi » de cette complication. Nous sommes ici dans une affirmation péremptoire, dans l’absolu et dans la simplification. L’islam est-il plus ou moins compliqué que le catholicisme ou le pentecôtisme ? Que représente l’« islam » de cette couverture ? Une religion, une population, une politique, une présence au monde ? Peut-être une menace. Mais la grande complexité de ce titre choc est atténuée par l’utilisation de l’adjectif « compliqué » qui ne veut pas dire grand-chose, donc qui veut tout dire mais sans le dire tout en le laissant entendre. Écrirait-on que le luthérianisme avec ses 95 thèses était « compliqué » ? Non, bien sûr. Remplacez « islam » par « politique étrangère de Joe Biden » ou « gestion de la crise sanitaire par le banquier éborgneur » et vous aurez des propositions  qui cachent les drames du monde, qui en évacuent les ressorts dialectiques, qui produisent un discours qui ne ramène qu’au discours car nous sommes, non pas dans l’analyse ou l’information, mais dans dans la communication.

 

Et il se trouve que les kiosques lyonnais qui affichent la “ une ” de La Croix ont disposé la “ une ” d’Historia au dessus de celle de l’organe catholique. Là, rien n’est compliqué, tout est clair. La France, notre France, est celle des « 100 tribus gauloises », ces Arvernes, ces Parisii qui ont créé les « territoires » (mot très chargé d’idéologie comme l’a récemment démontré Fabrice Aubert). On passe sur le fait qu’il n’y a pas eu 100 tribus gauloises en Gaule pour retenir que ces tribus n’avaient vraisemblablement pas conscience de constituer un tout pouvant projeter un territoire français. Bien compliqué, tout cela.

Compliqué
Compliqué
Partager cet article
Repost0
30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 06:09

Repris du site Des livres et moi.

Astérix et l'art classique
Astérix et l'art classique
Astérix et l'art classique
Astérix et l'art classique
Astérix et l'art classique
Astérix et l'art classique
Astérix et l'art classique
Astérix et l'art classique
Astérix et l'art classique
Astérix et l'art classique
Partager cet article
Repost0
27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 06:10

Je découvre, 56 ans après, que la chanson “ Nathalie ” de Gilbert Bécaud n'avait rien d'un mythe imaginaire ou évanescent.

 

A Léningrad, l'hiver n'en finit pas

Et nos glissades le long de la Neva

Nous font oublier le froid

Est-ce qu'un jour tu reviendras ?

A Léningrad, je vis avec maman

Des camarades me sortent de temps en temps

Au musée, au restaurant Je viens d'avoir 19 ans 3.

A Novgorod, j'entre à la faculté

Au mois d'Octobre, petite mère est effrayée

Mais vous serez fier de moi

Quand j'aurai fini mon droit

Avec maman, quand le cœur est au gris

Après l'dîner, on se passe "Nathalie"

Ça la fait un peu pleurer

Et moi ça me fait danser

Rappelle-toi la place était vide

Et dans ce temps-là, maman était guide

Pouchkine elle en parle tout l'temps

C'était son bon temps

J'voudrais bien aller à Paris

Voir les magasins et les rues la nuit

Mais pour avoir un pass'port

Crois-moi c'est du sport

A Léningrad, les longues nuits de Juin

On se régale de rock américain

On chante aussi tes succès

En français et en anglais

Envoie-nous des cartes postales

De la Tour Eiffel, du Château d'Versailles

Et une diapo couleurs

De mes petites sœurs

Moi j't'envoie une photo de moi

Ma jupe est trop longue

Mais ici c'est comme ça

Est-ce que j'ressemble à maman

Il y a 19 ans ?

A Léningrad, tout le monde t'attend

A Léningrad, c'est bientôt le printemps

Si tu revenais avec lui

Elle serait contente Nathalie.

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 06:26

 

 

Pas d’affolement : on ne va pas évoquer les actifs financiers, les obligations boursières, les créances, mais plutôt la manière dont il convient d’écrire les titres d’ouvrage. On parlera donc littérature et cinéma.

 

Dans une autre vie, j’ai, pendant environ 40 ans, corrigé 150 mémoires de maîtrise et de DEA et une vingtaine de thèses et de dossiers pour l’habilitation à diriger des recherches. Je crois qu’autrefois j’aurais aimé rejoindre les rangs des imprimeurs, d’authentiques savants appréhendant des centaines de normes, de règles, des techniciens à la croisée des mondes manuel et intellectuel.

 

Il faut s’efforcer de respecter les règles en matière d’édition comme il convient de respecter les feux de circulation. Cela rend la vie plus simple. Si j’écris « J’adore les misérables » ou « On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset »,  ou bien « II faut qu’une porte soit ouverte ou fermée » du même Alfred, je risque d’installer la confusion chez mes lecteurs.

 

Comme presque toujours, le mal vient d’outre-Manche et d’outre-Atlantique (je ne parle pas de l’outre-Rhin car la langue allemande est un cas à part). Les Grands-Bretons et les Étasuniens ont tendance à mettre des majuscules un peu partout (What’s New Pussycat ? contre Quoi de neuf Pussycat ?, For Your Eyes Only contre Rien que pour vos yeux, “ Let It Be Me ” contre “ Je t’appartiens ”). Nous, non, mais nous sommes contaminés par ce qui n’est pas notre grammaire, notre culture, nos traditions.

 

Alors faut-il écrire « J’ai vu l’avare de Molière », « J’ai vu L’avare de Molière », « j’ai vu l’Avare de Molière » ou « j’ai vu L’Avare de Molière » ? Sans oublier que, depuis que nous disposons de traitements de texte, il vaut mieux mettre le titre de l’œuvre en italiques. Nous écrirons donc : « J’ai vu l’Avare de Molière ». Ça marche aussi pour la sculpture ou la peinture : « Quelle est l’influence de Camille Claudel dans le Baiser de Rodin ? ». Ou encore : « J’aimerais bien revoir la Joconde ».

 

Citer le nom d’une œuvre obéit à des règles simples mais précises. Autrefois, on soulignait les titres : la Femme de trente ans (et nom 30). Maintenant, les italiques des traitements de texte permettent d’écrire sans ambiguïté : “ Le Chêne et le Roseau ” compte parmi les Fables de La Fontaine. Á noter que Roseau prend une majuscule car il est en miroir par rapport au chêne. Pour les journaux, revues, pour les émissions qui constituent une œuvre, les italiques s’imposent : France-Soir, Initiative Communiste, Affaires sensibles.  Pour les sites internet, nous sommes encore en plein flottement : pour l’instant, j’écris Le Grand Soir et non Le grand Soir (ou Le Grand Soir, ou encore Le grand soir).

 

 

Les textes courts – articles, chansons, chapitres, contes – qui font partie d'un ensemble et qui ne constituent pas des publications isolées sont le plus souvent mis entre guillemets : “ Un cœur simple ” de Flaubert fait partie du recueil Trois contes (et non 3 Contes).

 

Seul le premier mot d’un titre d’œuvre prend une capitale initiale : Voyage au bout de la nuit, Du contrat social, l’Éducation sentimentale. Les noms propres conservent leur majuscule : Michel Strogoff, Madame Bovary, Babbitt.

 

Si le titre commence par un adjectif ou un adverbe, on ne met pas de capitale après le premier substantif : Vingt Ans après.

 

Si le titre constitue une phrase à lui seul, seul le premier mot prend une capitale : Autant en emporte le vent, Touchez pas au grisbi !. Si le titre ne constitue pas une phrase, on capitalise le premier substantif : les grandes Espérances. Á noter l’exception des Fleurs du Mal, Baudelaire ayant exigé cette seconde capitale. Si un adjectif est placé entre l’article et le substantif ou après le substantif, il commencera par une capitale : les Trois Mousquetaires, la Vingt-cinquième heure, les Femmes Savantes, le Courrier Picard.

 

Lorsqu’un titre contient une comparaison ou une symétrie, les substantifs qui le composent commencent généralement tous par une capitale : Crime et Châtiment, le Zéro et l’Infini.

 

Si le titre contient un mot composé, le deuxième élément commence par une capitale : le Procès-Verbal, l’Affaire Saint-Fiacre.

 

On ne met jamais les titres en abrégé : Madame Bovary, Madame de.

 

Pour ce qui est des chiffres, il faut respecter les choix des auteurs : l’Assassin habite au 21, 1984 (version française, Nineteen Eighty-Four, version originale),  Quatrevingt-treize, (Hugo ne s’était pas vraiment expliqué sur cette graphie : « J’ai déjà fait observer que Quatre-vingt ne veut pas de trait d’union. C’est un seul mot. Ne pas l’oublier. »)

 

 

Attention à la Bible et au Coran : « J’ai lu la Bible », mais « J’ai une bible à la maison » ; « Passe-moi ton exemplaire du Coran », mais « Tu trouveras des corans en solde chez le bouquiniste ».

 

Problème de l’article contracté : « J’ai assisté à une représentation du Cid » (et non pas de le Cid), « J’aime le Baudelaire des Fleurs du Mal », « J’aime l’humour des Joyeuses Commères de Windsor », « J’ai une édition du XIXe siècle des Trois Mousquetaires », « Je pense aux “ Petites madmaselles ” de Bécaud », « Il nous a parlé du Rouge et le Noir » (et non du Noir), « Je n’ai pas trop aimé sa critique de les Salauds vont en enfer ».

 

Pour ce qui est des films, les règles peuvent être différentes. Lorsque le titre commence par un article défini, seul le premier substantif prend la majuscule : les quatre Filles du docteur March, le Rideau déchiré, la Femme du boulanger. Si un adjectif précède le substantif, il commence par une majuscule : le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain. Mais l’adjectif ne porte pas la majuscule lorsqu’il suit le substantif : la Lettre écarlate. Lorsque l’article commence par un article indéfini, les mots qui suivent ne portent pas la majuscule : Une si jolie petite plage. Si le titre est une phrase, aucun des mots qui suit l’article ne porte la majuscule : Le cave se rebiffe, Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause !. Si un titre est composé de plusieurs substantifs au même niveau, ils portent tous la majuscule : Le Bon, la Brute et le Truand. Mais dans Diabolo menthe, le statut de menthe est inférieur à celui de diabolo.

 

On l’a dit, les Britanniques et étasuniens mettent des majuscules un peu partout. Les Italiens sont parcimonieux : La dolce vita. Les substantifs allemands commençant par une majuscule, ça y va outre-Rhin : das Kapital, die Entwicklung des Sozialismus von der Utopie zur Wissenschaft, die Brücke. Les Espagnols sont plus modérés : La piel que habito, Mar adentro, Abre los ojos, Cien años de soledad, Don Quijote de la Mancha.

 

E la nave va…

De la titrisation
Partager cet article
Repost0
19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 06:11
Du récit national, par Marie-Jean Sauret

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 06:32

 

Mathilde de Toscane naît en 1045. Elle est la fille du marquis Boniface III assassiné d’un coup de lance empoisonnée quand elle n’a que six ans. Sa mère, Béatrice de Lorraine, se remarie sans l’autorisation de l’empereur Henri III dont elle est la vassale. Lors de sa descente en Italie en 1055, Henri III entre en Toscane et emmène Béatrice et ses enfants avec lui en Allemagne. Mathilde et sa mère sont retenues à la cour impériale de Spire. Les deux princesses ne sont libérées qu'après la mort de l'empereur en 1056.

 

Après les morts mystérieuses de sa sœur aînée et de son frère, Mathilde devient l’héritière du château de Canossa, du marquisat due Toscane et d’une partie de la Lombardie et la Lorraine.

 

Elle étudie le latin, le français, l’allemand, mais aussi l’équitation, le maniement de la lance, de l’épée et de la hache. Sans parler de l’art de la guerre en général. Elle mène ra sa première campagne en 1067 en repoussant les Normands hors du Latium.

 

En 1057, Béatrice retourne enToscane, accompagnant le pape Victor II. Accompagnée de Godefroid II (le Barbu), le second mari de sa mère, ils font élire comme pape Étienne, le frère de Godefroid. Mais où est donc Jésus dans tout cela ? En 1069, Mathilde épouse le fils de son beau-père, né du premier mariage de ce dernier, connu sous le nom de Godefroid III le Bossu.

 

En 1073, le moine Hildebrand est élu pape sous le nom de Grégoire VII. Il entend purifier l’Église selon des normes grégoriennes : affirmer l’indépendance du clergé, imposer (mais oui !) le célibat des prêtres, créer un collège de cardinaux et interdire la simonie. Grégoire veut mettre fin au pouvoir de nomination des évêques par les princes. Dans cette querelle des Investitures, Mathilde le soutient totalement. L’empereur est excommunié. Mathilde lui propose de rencontrer le pape qui s’est réfugié dans son château de Canossa.

 

Bismarck inventa donc l’expression « aller à Canossa » (s’agenouiller devant son ennemi) en hommage à Mathilde de Toscane et à son château de Canossa. Bismarck se référait à l’épisode de la pénitence de Canossa par l’Empereur du Saint-Empire romain germanique Henri IV en 1077 qui vint s’agenouiller – après trois jours en tunique de pénitent – devant le pape Grégoire VII pour que celui-ci lève l’excommunication qui le frappait. Après la mort de Grégoire VII, Mathilde soutient son successeur Victor III, réfugié au Mont Cassin, contre l’antipape impérial Clément III (mais où donc est Jésus dans tout cela ?). Après la mort du pape, une quarantaine d'évêques et d'abbés, réunis sous la protection des milices de Mathilde, élisent l'évêque d’Ostie sous le nom d’Urbain II (un Français du nom de Eudes de Châtillon, à l’origine de la première croisade et instaurateur de la prière de l’angélus pour la conversion des musulmans).

 

En 1089, Mathilde se remarie à 43 ans avec Welf II de Bavière (dit “ Welf le gros ”), un ado de 17 ans. Le couple se séparera six ans plus tard, Welf ayant choisi le parti de l’empereur.

 

En 1077, Mathilde avait cédé, pour après sa mort, l’ensemble de ses États à la papauté. Cette donation sera à l’origine d’un conflit de 100 ans entre les papes et les empereurs (la “ lutte des Guelfes et des Gibelins ”).

 

Mathilde meurt en 1115. Elle est enterrée dans l’église de Saint-benoît de Polirone. En 1632, le pape Urbain VIII fait transférer sa dépouille dans la basilique Saint-Pierre où Bernini lui consacre un monument funéraire grandiose.

 

 

Femmes au pouvoir (3)
Partager cet article
Repost0
8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 06:03
 

La journée du 6 janvier 2021 devait être celle de la confirmation officielle, par le Congrès des États-Unis, présidé par le vice-président Pence, du nombre de grands électeurs attribués par le suffrage de chacun des 50 États. En général, cette séance est une formalité, où, cinquante fois, on se contente d’énumérer des chiffres. Or, cette séance ne fut pas une formalité.

 

En effet, l’actuel président Trump qui, depuis le mois de mars, refusait d’envisager une défaite et qui, depuis le 4 novembre, ne cessait de clamer – sans preuves – qu’il avait été victime d’une fraude, avait appelé ses partisans à manifester devant le Capitole, siège du Congrès, pour faire pression sur les élus, afin que ceux-ci invalident le vote du 3 novembre (au moins dans les Etats-bascules, sinon dans tous les États). Résultat : vers les 18 h, heure française, les manifestants, chauffés à blanc par les propos de Donald Trump et par leurs propres slogans, ont envahi le Capitole, vandalisé les portes et les vitres, chassé les parlementaires, et détruit du matériel de journalistes.


Je ne décris ces événements (désormais connus de tous) que pour les rapprocher d’un événement de l’Histoire de France, qui parlera peut-être à ceux qui s’intéressent à la vie politique de la Troisième République.

 

1. Le 6 février 1934, à la suite d’événements proches et lointains (Grande crise de 1929, chômage, scandales politico-financiers, affaire Stavisky, mutation au Maroc du préfet de police Chiappe, très populaire à l’extrême-droite), une grande manifestation fut organisée par l’extrême-droite à Paris. On y trouva plusieurs groupements de cette mouvance politique, l’Action française, les Camelots du roi, les Jeunesses patriotes, une Ligue d’Anciens combattants... Tous furent appelés à se rassembler place de la Concorde, face au Palais-Bourbon, siège de la Chambre des députés. La manifestation se solda par 14 morts et plus de 600 blessés et eut comme conséquences lointaines (de façon indirecte), deux ans après, la victoire du Front Populaire, et, six ans après, le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

 

2. En quoi ces deux événements peuvent-ils être rapprochés ? D’abord en ce que tous deux viennent de l’extrême-droite : le président Trump, de droite extrême sur les plan sociétal et social, refuse le libre jeu de la démocratie parlementaire, et avait appelé ses partisans à manifester. Et, parmi ces manifestants, se trouvaient des groupes armés extrémistes et quelque peu "déjantés", tels que les Proud Boys ou des complotistes, comme les QAnon.

 

3. Ces événements le sont aussi en ce que, tous les deux, ils prennent pour cible non le siège de l’exécutif (l’Hôtel Matignon, la Maison Blanche), mais le siège du législatif (le Palais Bourbon, le Capitole), empli de parlementaires réputés inefficaces, profiteurs, gavés et corrompus – ce qui est une des antiennes de l’extrême-droite.

 

4. Ils le sont enfin du fait du manque de perspective, de vue claire des événements, de plan concerté des organisateurs : le 6 février 1934, les organisateurs étaient multiples, divisés, sans vision d’ensemble (le colonel de la Rocque et ses Croix de Feu s’éclipsèrent rapidement), sans chef reconnu par tous. Ils voulaient renverser le gouvernement : mais pour mettre qui à la place ? Et pour y faire quoi ? De même, le 6 janvier 2021, le président Trump avait bien chauffé, excité, galvanisé ses partisans, en leur demandant de se rassembler devant le Capitole. Mais qu’espérait-il ? Que les Représentants et Sénateurs, pris de peur, refuseraient le verdict des urnes du 3 novembre ? Qu’ils lui offriraient quatre ans de présidence supplémentaire par un invraisemblable tour de passe-passe constitutionnel ? Il semble qu’il ait cru, que, comme par magie, tout le monde allait croire à son histoire de fraude et le maintenir au pouvoir...

 

5. Ce n’est que lorsqu’il vit que les choses se gâtaient, que les événements lui échappaient, qu’il demanda à ses partisans de se disperser et de rentrer chez eux. Mais cette attitude ressemble à celle d’un parfait irresponsable, à celle d’un chef de parti, à celle d’un chef de bande, mais certainement pas à celle d’un chef d’État : il agit comme quelqu’un qui, après avoir arrosé un feu de cheminée avec un camion-citerne d’essence, chercherait à l’éteindre avec un arrosoir...

Partager cet article
Repost0