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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 06:34

Je reprends ici un travail du site Ballast sur un florilège de citations de George Orwell. Quel visionnaire, cet Orwell ! Même quand il se trompe, il le fait de manière géniale.

 

Malheur à la postérité ! Deux courants se réclament à grands cris de l’écrivain britannique, piétinant ainsi la mémoire qu’ils jurent honorer : les libéraux «antitotalitaires » et les néorépublicains – on les croise partout, du Figaro à quelque Comité féru du « pluralisme des idées », du peu décent  Causeur à la très médiatique Natacha Polony. Cet abécédaire, que nous avons confectionné à partir de son œuvre et de sa correspondance, se propose de rappeler le tranchant et la cohérence du romancier militant, combattant dans une organisation marxiste et partisan résolu de l’abolition du capitalisme. Une boîte à outils, des pistes laissant au lecteur le soin d’aller plus loin.

 

 

 

 

 

Animaux : « Je vis un petit garçon, de dix ans sans doute, mener un énorme cheval de trait dans un chemin étroit, le fouettant à chaque fois qu’il renâclait. Je compris tout à coup que si ces animaux prenaient conscience de leur force, nous n’aurions plus aucun pouvoir sur eux, et que les hommes exploitaient les animaux un peu comme les riches exploitent le prolétariat. Je me mis à analyser la théorie marxiste du point de vue des animaux. » (Préface à l’édition ukrainienne de La Ferme des animaux, 1947)

 

Bourreau : « La plupart des gens sont pour la peine capitale, mais rares sont ceux qui accepteraient de prendre la place du bourreau. » (Le Quai de Wigan, 1937)

 

Colonialisme : « Hitler n’est que le spectre de notre propre passé qui s’élève contre nous. Il représente le prolongement et la perpétuation de nos propres méthodes, exactement au moment où nous commençons à en avoir honte. » (« Notes en chemin», 1940)

 

Doctrines : « La seule chose au nom de laquelle nous pouvons combattre ensemble, c’est l’idéal tracé en filigrane dans le socialisme : justice et liberté. Mais ce filigrane est presque complètement effacé. Il a été enfoui sous des couches successives de chicaneries doctrinales, de querelles de parti et de “progressisme” mal assimilé, au point de ressembler à un diamant caché sous une montagne d’excréments. » (Le Quai de Wigan, 1937)

 

Ennemi fasciste : « Le fascisme n’a pas de contraire réel excepté le socialisme. On ne peut pas se battre contre le fascisme au nom de la “démocratie” parce que ce que nous appelons démocratie, dans un pays capitaliste, ne peut exister que tant que les choses vont bien ; dans les moments de difficulté, elle se transforme immédiatement en fascisme. » (Lettre à Amy Charlesworth, 30 août 1937)

 

Faire le jeu de : « Il y a une expression qui est fort en vogue dans les milieux politiques de ce pays : “Faire le jeu de”. C’est une sorte de formule magique ou d’incantation, destinée à cacher les vérités dérangeantes. Quand on vous dit qu’en affirmant telle ou telle chose vous “faites le jeu” de quelque sinistre ennemi, vous comprenez qu’il est de votre devoir de la boucler immédiatement. » (« La politique et la langue : “Faire le jeu de” », 9 juin 1944)

 

Guerre : « La guerre est le plus puissant de tous les facteurs de transformation. Elle accélère tous les processus, elle efface les différences secondaires, elle est révélatrice de la réalité. Et en premier lieu, elle amène les individus à prendre conscience qu’ils ne sont pas entièrement des individus. » (The Collected Essays, Journalism and Letters of George Orwell)

 

Honnêteté : « En ce moment, la seule attitude pour un honnête homme, que son tempérament le porte plutôt vers les Tories [les conservateurs, ndlr] ou plutôt vers les anarchistes, c’est d’œuvrer pour l’avènement du socialisme. Cela seul peut éloigner de nous la misère du présent ou le cauchemar du futur. » (Le Quai de Wigan, 1937)

 

Impérialisme : « Après cinq années passées dans la police impériale des Indes j’en vins à nourrir pour l’impérialisme que je servais une haine féroce dont j’aurais du mal à expliquer clairement les raisons. […] Pour avoir la haine de l’impérialisme, il faut en avoir été un des rouages moteurs. » (Le Quai de Wigan, 1937)

 

Justice : « Je n’ai jamais pu pénétrer à l’intérieur d’une prison sans avoir l’impression (impression partagée par la plupart de ceux qui y entrent en visiteurs) que ma place était derrière les barreaux plutôt que devant. Je pensais alors — je le pense encore — que le pire criminel que la Terre ait connu est moralement supérieur au juge qui décide d’une pendaison. » (Le Quai de Wigan, 1937)

 

Koestler : « “Voilà où conduisent fatalement les révolutions.” Il n’y a rien d’autre à faire que d’être un pessimiste à court terme, c’est-à-dire se tenir à l’écart de la politique, créer une sorte d’oasis où l’on puisse, avec ses amis, garder la tête claire et espérer que dans une centaine d’années les choses s’arrangeront de quelque façon. À la base de cette position se trouve l’hédonisme de Koestler, qui le conduit à considérer le paradis terrestre comme une chose souhaitable. Mais il se peut que, souhaitable ou non, ce paradis ne soit pas possible. Il se peut qu’une certaine quantité de souffrance soit inhérente à la condition humaine, il se peut que l’homme n’ait jamais, entre deux maux, qu’à choisir le moindre, il se peut même que le socialisme ne vise pas à rendre le monde parfait mais seulement meilleur. Toutes les révolutions sont des échecs, mais il y a différentes sortes d’échecs. C’est parce qu’il refuse de reconnaître cela que Koestler s’est provi­soirement engagé dans une impasse […]. » (« Arthur Koestler », 1944)

 

Ligue : « Le mouvement socialiste a autre chose chose à faire que se transformer en une association de matérialistes dialectiques ; ce qu’il doit être, c’est une ligue des opprimés contre les oppresseurs. Il doit attirer à lui les gens sérieux et écarter les libéraux à la bouche fleurie qui veulent l’écrasement du fascisme étranger pour pouvoir continuer à toucher tranquillement leurs dividendes – le type de coquin qui présente des motions “contre le fascisme et le communisme”, c’est-à-dire à la fois contre les rats et la mort-aux-rats. […] Des classes distinctes peuvent et doivent faire front commun sans que les individus qui les composent soient sommés d’abandonner du même coup ce qui fait leur originalité. […] Ceux qui doivent aujourd’hui unir leurs forces, ce sont tous ceux qui courbent l’échine devant un patron ou frissonnent à l’idée du prochain loyer à payer. » (Le Quai de Wigan, 1937)

 

Mendicité : « Derrière tous les discours dont on nous rebat les oreilles à propos de l’énergie, de l’efficacité, du devoir social et autres fariboles, quelle autre leçon y a-t-il que “amassez de l’argent, amassez-le légalement, et amassez-en beaucoup” ? L’argent est devenu la pierre de touche de la vertu. Affrontés à ce critère, les mendiants ne font pas le poids et sont par conséquent méprisés. » (Dans la dèche à Paris et à Londres, 1933)

 

Nationalisme : « J’entends avant tout par “nationalisme” cette façon d’imaginer que les hommes peuvent être l’objet d’une classification semblable à celle des insectes, et que des millions ou des dizaines de millions d’entre eux peuvent ainsi être, en bloc et avec une parfaite assurance, étiquetés comme “bons” ou “mauvais”. […] Le nationalisme est indissociable de la soif de pouvoir. Le souci constant de tout nationaliste est d’acquérir plus de pouvoir et de prestige non pour lui-même mais pour la nation ou l’entité au profit de laquelle il a choisi de renoncer à son individualité propre. » (« Notes sur le nationalisme », 1945)

 

Outsider : « [L’écrivain] ne peut le faire qu’en qualité d’individu, d’outsider ou, tout au plus, comme un franc-tireur suspect aux yeux de l’état-major, et opérant en marge de l’armée régulière. » (The Collected Essays, Journalism and Letters of George Orwell)

 

Prendre parti : « Mon point de départ est toujours un besoin de prendre parti, un sentiment d’injustice. Quand je m’installe pour écrire un livre, je ne me dis pas : “Je vais créer une œuvre d’art.” J’écris ce livre parce que je voudrais dénoncer un mensonge, je voudrais attirer l’attention sur un problème, et mon premier souci est de me faire entendre. Mais il me serait impossible de poursuivre la rédaction d’un livre, ou même simplement un long article, si cette tâche ne constituait pas aussi une expérience esthétique. » (« Pourquoi j’écris », 1946)

 

Question économique : « J’ai toujours quelques doutes quant aux écrivains qui expliquent tout en termes de sang, de religion, de plexus solaire, d’âmes nationales et tout le reste, parce qu’il est évident qu’ils évitent quelque chose. Ce qu’ils évitent, c’est l’ennuyeuse interprétation “économique” marxienne de l’histoire. » (« L’attrait de la profondeur », 1937)

 

Révolution : « [Durant la guerre civile espagnole], il y avait la foi dans la révolution et dans l’avenir, l’impression d’avoir soudain débouché dans une ère d’égalité et de liberté. Des êtres humains cherchaient à se comporter en êtres humains et non plus en simples rouages de la machine capitaliste. Dans les boutiques des barbiers, des “Avis au public”, rédigés par des anarchistes – les barbiers étaient pour la plupart anarchistes –, expliquaient gravement que les barbiers n’étaient plus des esclaves. Dans les rues, des affiches bariolées conjuraient les prostituées de ne plus se prostituer. » (Hommage à la Catalogne, 1938)

 

Snobisme : « Le petit-bourgeois inscrit au parti travailliste indépendant et le barbu buveur de jus de fruit sont tous deux pour une société sans classes, tant qu’il leur est loisible d’observer le prolétariat par le petit bout de la lorgnette. Offrez-leur l’occasion d’un contact réel avec un prolétaire – par exemple une empoignade avec un porteur de poissons ivre, un samedi soir –, et vous les verrez se retrancher dans le snobisme de classe moyenne le plus conventionnel. » (Le Quai de Wigan, 1937)

 

Totalitarisme : « Les intellectuels sont portés au totalitarisme bien plus que les gens ordinaires. » (The Collected Essays, Journalism and Letters of George Orwell)

 

URSS : « Rien n’a plus contribué à corrompre l’idéal originel du socialisme que cette croyance que la Russie serait un pays socialiste et que chaque initiative de ses dirigeants devrait être excusée, sinon imitée. Je suis convaincu que la destruction du mythe soviétique est essentielle si nous voulons relancer le mouvement socialiste. » (The Collected Essays, Journalism and Letters of George Orwell)

 

Vérité : « La vérité est, bien sûr, que les innombrables intellectuels anglais qui baisent le cul de Staline ne sont pas différents de la minorité qui fait allégeance à Hitler ou à Mussolini, ni des spécialistes de l’efficacité qui, dans les années vingt, prêchaient le “punch” , le “nerf”, la “personnalité” et le “soyez un loup !” […]. Tous ces gens ont le culte du pouvoir et de la cruauté efficace. » (« Raffles et Miss Blandish », 1944)

 

Westminster : « Il n’y a aucune raison pour qu’un rapport de un à dix [entre les salaires/revenus] ne représente pas l’amplitude maximum admise. À l’intérieur de ces limites, un certain sentiment d’égalité est possible. Un homme qui gagne 3 livres par semaine et celui qui en perçoit 1 500 par an peuvent avoir l’impression d’être des créatures assez semblables – ce qui est inenvisageable si l’on prend le duc de Westminster et un clochard de l’Embankment. » (« Le lion et la licorne », 1941)

 

XXe siècle : « Le monde dans lequel nous sommes destinés à dégringoler, le monde de la haine et des slogans. Les chemises de couleur. Les barbelés. Les matraques en caoutchouc. Les cellules secrètes où la lumière électrique brûle nuit et jour et le policier qui vous surveille pendant votre sommeil. Et les défilés d’affiches avec des visages gigantesques, et les foules d’un million de personnes qui acclament le Leader jusqu’à ce qu’elles soient persuadées de l’adorer, tout en lui vouant une haine mortelle à en vomir. Tout cela va arriver. » (Un peu d’air frais, 1939)

 

 

 

 

Yacht : « Tout le monde ne peut pas avoir une Rolls-Royce. On ne peut même pas donner à toutes un manteau de fourrure, surtout en temps de guerre. […] Donc, comme on ne peut pas donner à tout le monde certains produits de luxe (des voitures puissantes, par exemple, des manteaux de fourrures, des yachts, des maisons de campagne et que sais-je encore), il est préférable que personne n’en possède. » (« Éloge du rationnement vestimentaire », février 1944)

 

Zèle : « J’ai vu les journaux de Londres débiter ces mensonges et des intellectuels zélés bâtir des constructions émotionnelles sur des événements qui n’avaient jamais eu lieu. J’ai vu, en fait, l’histoire s’écrire non pas en fonction de ce qui s’était passé, mais en fonction de ce qui aurait dû se passer selon les diverses “lignes de parti”. […] Ce genre de chose m’effraie, car il me donne souvent le sentiment que le concept même de vérité objective est en voie de disparaître du monde. » (« Réflexions sur la guerre d’Espagne », 1942)

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 06:44

Merci à Martine qui a propulsé ceci sur la toile.

 

 

Il y a des mots, des expressions, qu'on n'entend plus ou qu'on emploie moins.

 

Ils arrivent exténués, à la fin du deuxième millénaire. Le siècle, qui a commencé depuis 15 ans maintenant, risque de leur être fatal.

 

Conservez-les, un jour viendra peut-être où on ne les trouvera plus dans aucun dictionnaire, si ce n'est du vieux français...

 

Quelques exemples:

 

 

INCULPATION

 

A été expurgé du Code Pénal au profit de "mise en examen". Cela afin d'éviter une infamante présomption de culpabilité.

 

Être "en examen" ne présage pas du résultat de l'examen.

 

Aujourd'hui quand quelqu'un est MIS EN EXAMEN, on doit toujours insister sur le fait que cela ne préjuge pas de sa culpabilité.  Comme du temps où il aurait été "inculpé".

 

 

INSTITUTEUR

 

Longtemps remplacé par "MAÎTRE D'ÉCOLE". Il tend à disparaître par sa dissolution dans le concept fourre-tout de l'enseignement, au bénéfice de "PROFESSEUR des ÉCOLES".

 

 

MAÎTRESSE

 

Ne pas assimiler à la version féminine d'instituteur ("professeure des écoles") !

 

Les maris n'ont plus de maîtresse mais une "amie".


Les épouses conservent parfois l'amant, mais seulement à cause de la connotation romantique : les moins romantiques n'ont également qu'un ami.

 

 

MORALE

 

À force d'être inemployée a disparu. Ne demeure qu'"ordre moral", mais attention : connoté de « fascisme ». Toutefois personne ne se réclame du "désordre moral". La morale n'est plus enseignée, elle est remplacée par "éducation à la citoyenneté".

 

 

MOURANT

 

Il n'y a plus de mourant mais des malades en "phase terminale".

 

Afin d'éviter une regrettable confusion ne dites pas à votre fils qu'il est en terminale mais qu'il va passer son bac !

 

Pour désigner un mort doit-on parler d'un individu "en phase terminée" ?

 

 

PATRIOTE

Totalement absent du vocabulaire politique et civique.

Désigne aussi un bon citoyen américain et un missile étasunien.

 

 

PATRON

 

Nous n'en avons plus, ni même des chefs d'entreprise, mais des DIRIGEANTS D'ENTREPRISE.

 

Le CNPF en a pris acte en devenant le MEDEF.  Seuls quelques cégétistes utilisent encore le terme de "patron" ce qui prouve bien qu'il est désormais péjoratif...

 

 

PAUVRE

 

N'existe plus. C'est un "défavorisé", un "plus défavorisé", un "exclu", un "SDF" à la rigueur un "laissé pour compte". Dans les années 80, il subsistait uniquement dans l'appellation "nouveau pauvre"; ce fut le chant du cygne.

 

 

PROVINCE

 

Dire "en RÉGION". On ne dit plus "provincial" mais "RÉGIONAL".

 

 

RACE

 

A été abolie au profit "d'appartenance ethnique". Sinon, vous êtes raciste, fasciste, nauséabond … On peut néanmoins dire "black" en anglais et en banlieue.

 

 

SERVANTE, BONNE

 

Aujourd'hui c'est une "employée de maison". Quand elle s'occupe de "personnes âgées" elle devient "auxiliaire de vie".

 

 

SÉQUESTRÉ

 

Aucun cadre, aucun chef d'entreprise n'est séquestré, il est "retenu contre son gré".

 

 

VANDALE

 

A laissé place à "jeunes en colère" ou "paysans en colère". L'ampleur des dégâts distingue les vandales des autres.

 

 

VANDALISME

Impolitesse, injures, agressions, bris de matériel, racket sont regroupés sous le terme "incivilités". On ne dira plus que ce sont des "sales gosses" mais qu'ils "manquent de civilité". À noter la louable tentative de Jean-Pierre Chevènement d'introduire la bénigne expression" SAUVAGEON". Il dû battre en retraite devant « l'insurrection des consciences ».

 

 

 

VOL

 

Terme réserve aux gagne-petit et aux obscurs. Pour les politiques on parlera "d'enrichissement personnel". Ce qui est condamné unanimement par les collègues contrairement à l'enrichissement impersonnel, qui, lui, ne bénéficie qu'au parti, mérite la compréhension, ce que les juges n'ont pas encore compris.

 


VOYOU

 

En voie d'extinction. On ne connait que des individus "connus des services de polices", des "récidivistes", des multi-délinquants".

 

Cet été, j’ai adoré les campings qui ne veulent plus qu’on les appelle campings parce que ça suscite instantanément dans l’esprit des gens l’image de Franck Dubosc en moule-boules ou de Roger et Ginette à l’apéro avec casquette Ricard et claquettes Adidas. Donc les professionnels de la branche demandent que l’on dise désormais «hôtellerie en plein air ».

 

 

Les mots qui disparaissent

 

Je me suis habituée au fait qu'à l'école les rédactions sont des «productions écrites », les sorties en groupe des « sorties de cohésion » et les élèves en difficulté ou handicapés des « élèves à besoins éducatifs spécifiques ».

 

Mais cette année, sans discussion aucune, la palme est attribuée au Conseil supérieur des programmes en France et à sa réforme du collège.

 

Donc, demain l’élève n’apprendra plus à écrire mais à « maitriser le geste graphomoteur et automatiser progressivement le tracé normé des lettres ».

 

Il n’y aura plus de dictée mais une « vigilance orthographique». Quand un élève aura un problème on tentera une « remédiation ».

 

Mais, curieusement, le meilleur est pour la gym … Oups pardon !!! pour l’EPS (Education physique et sportive). Attention, on s’accroche : courir c’est « créer de la vitesse », nager en piscine c’est « se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé et traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête », et le badminton est une « activité duelle médiée par un volant ».

 

 

Les précieuses ridicules de Molière, à côté, c’est de l’urine de jeune félidé (je n’ose pas dire du pipi de chat).

 

Alors, les amis, ne perdons pas ce merveilleux sens du burlesque et inventons une nouvelle catégorie : la « personne en cessation d’intelligence » autrement dit, le con.

 

Signé Martine, mère d’une élève.

 

 

Ah non, re-pardon… Martine « génitrice d’une apprenante ».

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 06:38
Monique Lauray nous a quittés

 

 

En 2011, j’avais déjà évoqué  cette artiste magnifique, ancienne employée de France Télécom où elle avait été la collègue de mon beau-père, avant d’aider son mari garagiste dans leur village de Montaut-les-Crénaux, sa principale source d’inspiration, sa Montagne Sainte-Victoire.

 

Monique est partie, sereine, après une « longue maladie », à l'âge de 63 ans. Elle a peint jusqu’à son dernier souffle, de la main gauche car la droite ne répondait plus.

 

Elle ne l'évoquait que très rarement, mais son nom de jeune fille était Ingres. Dans son cas, bon sang ne mentait pas.

 

Elle était cotée depuis longtemps mais répugnait à faire de l’argent avec son œuvre. Comme d’autres, j’avais convoité ce tableau saisissant inspiré par la chanson “Nuit et Brouillard” de Jean Ferrat. Elle m’avait dit qu’elle ne ferait jamais d’argent avec les victimes des camps de concentration et avait offert le tableau au Musée National de la Résistance.

 

 

Monique Lauray nous a quittés

 

De même, elle avait offert à la veuve de Jean Ferrat un chaleureux portrait du chanteur qu’elle admirait au plus haut point. Je la cite (dans un texte de février 2011):

 

« Par sa musique sublime, son écriture rebelle et poétique, le choix de ses textes, Ferrat m’accompagne très souvent dans ma peinture et m’inspire. Sa voix, son charme, la force et le talent avec lesquels il porte ses chansons me touchent. Qu’elles soient graves ou tendres, j’aime de ses chansons en saisir l’âme, en vivre ses émotions.

 

Profondément humain, éveilleur de conscience, avec le désir ardent de combattre l’injustice et le malheur il nous rappelle que la liberté est une quête permanente au prix de la vie. Des poètes tombés, aux peuples soulevés, femmes en lutte, victimes du racisme, au nom de l’idéal … « il ne chante pas pour passer le temps ».

 

Envoûtant et charmeur dans ses chansons d’amour, il nous conte aussi la beauté de la nature, nous mettant en garde de nos actions destructrices, nous parle de l’amitié, du temps qui passe et des moments simples de la vie.

 

Et si instinctivement je m’évade par la couleur, préférant la palette flamboyante à la tristesse du monde, je n’en suis pas moins sensible. Alors, à mon très modeste niveau, j’essaie à ma manière, pour ma prochaine exposition de lui rendre hommage, tant il me manque.

 

Monique Lauray nous a quittés

Aux siens, à son mari Bernard en particulier, j’adresse mon souvenir le plus ému.

 

PS : on peut admirer certaines de ses œuvres ici.

Monique Lauray nous a quittés
Monique Lauray nous a quittés
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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 06:34

J’aurais dû dire « le prénom », mais comme j’avais beaucoup aimé le film…

 

Prononcer et écrire correctement le nom d’une personne est le commencement de la civilisation. Prendre des privautés avec ces marqueurs est un indice manifeste d’irrespect. Une vraie griffe. Je me souviens d’un homme âgé qui méprisait l’un de ses gendres. Jamais il ne le nomma si ce n’est par l’appellation « mon gendre », ce qui, dans la pratique collective était devenu « mongendre ». Le vieil homme disait : « comment allez-vous mongendre ? », ou encore « mongendre n’est pas très bien aujourd’hui ». Alors, nous lui emboitions le pas. Moi le premier : « Tu as acheté une nouvelle voiture, mongendre ? ». Je n’ai jamais connu ni son nom ni son prénom. Il aurait dû protester mais n’osa pas, au point que sa femme, lorsqu’elle parlait de lui à son père, disait « Papa, veux-tu que mongendre t’emmène à l’arrêt de bus ? »

 

Aujourd’hui, avec la profusion de prénoms de toute nature, avec les audaces de parents qui se croient « libres » de triturer et d’adapter, on trouve toutes les orthographes. Je suis tombé récemment sur un Batyste et un Kévinne. WTF (je connais le “djeuns” sur le bout des doigts), n’est-ce pas ? Tant que ce sont les “propriétaires” de ces noms qui font n’importe quoi, il n’y a pas grand-chose à dire. Mais quand ce sont des “étrangers”, alors là, ça ne va plus.

 

La Fédération Française de Natation est une adepte de ces désinvoltures. Cela fait un bon quatre ans que ma petite dernière est engagée dans des compétitions natatoires. Elle a participé à ce jour à 200 épreuves. Elle figure donc dans les tables de la Fédération. Pas sous le nom de Rébecca Gensane mais sous celui de Rebecca. J’imagine que Francis Luyce, le président de cette fédération, n’apprécierait pas qu’on orthographie son nom « Luisse » ou, à l’espagnol, « Luis ». En bon père et donc en tant que co-auteur de ses jours, j’ai envoyé plusieurs courriels, très respectueux, très pédagogiques, expliquant que « Rebecca » était une orthographe italienne ou anglaise et qu’en bon français « re » se prononçait « reu», donc que l’accent aigu était une nécessité. On se retrancha d'abord derrière des problèmes d’informatique et on finit par ne plus me répondre.

 

Il n’y avait pas plus de problèmes d’informatique que de beurre en broche. Et quand bien même : tous ces types de problème ont leur solution (d'autant qu'aux niveaux départemental et régional le prénom est correctement orthographié).

 

Mais lorsque ce qui est en cause est la fantaisie cavalière, évidemment nous sommes dans l’humain et tout devient plus difficile.

 

Je propose ci-dessous un extrait des classements (on dit « rankings » à la Fédération Française de Natation) de ce début d’année où figure ma fille. Vous constatez que je ne vous ai pas raconté de bobards (ce n'est pas le genre de la maison), mais surtout que ma démarche n’est pas celle d’un parano car il est d’autres victimes que ma Rébecca. Voyez cette pauvre Lea RAYNAUD (qu’accompagnent Lea LOUSTAU et Lea DESMARES mais pas Léa TECHER ni Léa LAPOTRE, ou encore Celia BONJEAN. Plus bas, vous auriez trouvé Zoe LEFEVRE, Chloë PAQUIER mais Chloe DALLET et Chloé POUSTIS. Ou encore Oceane BATAILLE mais Océane BECKMANN.

 

D’accord, ce n’est pas Mosarre qu’on assassine, mais tout de même…

La Fédération Française de Natation et le « nom des gens »
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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 06:23

Michel Bernard. Deux remords de Claude Monet. Paris : La Table Ronde, 2016

 

Michel Bernard n’est pas de ses écrivains qui encombrent les plateaux de télévision, qui – c'est un exemple – affublés d’un chapeau ridicule en forme de tuyau de poêle, viennent nous infliger leur marronnier obligatoire. J’avoue que je n’avais lu de lui que Mes Tours de France, ceux de son enfance en particulier, et Les Forêts de Ravel qui raconte la Grande guerre du musicien à qui il manquait pourtant deux kilos et quelques centimètres pour être enrôlé, et qui nous lèguera une des œuvres pianistiques les plus stupéfiantes, son Concerto pour la main gauche, œuvre commandée par le grand pianiste allemand Paul Wittgenstein, frère du philosophe, revenu manchot de la guerre. On me dit que Le Corps de la France, chant d’amour pour notre pays dans la débâcle de 1940, et La Tranchée de Calonne, pays de la Meuse éternelle, sont deux chefs-d’œuvre. Je n’en doute pas un instant.

 

Deux remords (re-morts ? Pardon…) de Claude Monet nous parlent des guerres de 70 et de 14, de la folie compulsive de la création picturale, des rapports entre le monde politique et l’art. Bernard saisit Monet dans son rapport à son ami le peintre Frédéric Bazille, mort durant la guerre de 1870. La première partie du livre, “Frédéric”, qui met en scène les efforts acharnés du père du peintre pour ramener la dépouille de l’artiste foudroyé – qui était allé chercher à la guerre « un brevet de virilité » – en terre consacrée protestante dans le sud-est de la France, est bouleversante. Pourquoi Bazille ? Parce que Monet n’acceptera de donner à l’État des Nymphéas (il en peignit 250) qu’à la condition qu’il lui achète, pour l’exposer au Louvre, Femmes au jardin, une œuvre qui relia intimement, dans son vécu et son imaginaire, Bazille à Camille, sa première femme très aimée.

 

Bien que ce roman ne comporte aucun dialogue, la présence des personnages est totale, mais sans le moindre voyeurisme. Bernard est un styliste subtile, léger et profond, à la palette infinie. Quatre exemples :

 

« Il avait alors marché vers Beaune, transi, son sac de voyage à la main, tandis que le vent levait les pans de sa redingote et lui aurait enlevé son chapeau, si, comme les soldats, il ne s’était enveloppé la tête d’un mouchoir. »

 

« Ses galons neufs de sous-lieutenant faisaient poindre des reflets d’or insolites parmi les silhouettes en noir dans le jour sans soleil. En deux endroits marqués de larges taches sombres durcies par le gel, le sang avait imbibé le tissu de l’uniforme : sur une manche trouée par une balle, sur sa capote et sa chemise déboutonnées, à l’endroit de la blessure au ventre dont il était mort. »

 

« Frédéric n’était pas surpris que Monet se soit exilé. Rien n’aurait pu empêcher cette tête de lard, ce fou de couleurs, fier, obstiné, sûr de sa main et de son destin. »

 

« Oui, cette lumière laiteuse, filtrée par les voilages de tulle relevés, venue du jardin sous la neige était là sur la toile. »

 

Rarement je n’ai observé une telle adéquation entre le fond et la forme, au point que j’ai l’impression de lire le livre comme je regarderais un tableau, et de voir les mots du texte comme s’ils étaient des objets réels.

 

Barthes disait que le monde avait été créé pour terminer dans un livre. Le monde de Michel Bernard se termine dans un tableau, en un tableau. En témoigne cette métaphore d’un Bazille comparé par son père à un cep, jaillissement de la création : « Il reconnaissait en lui la force vitale du cep planté sur un sol caillouteux. En obligeant la vigne à chercher l’eau et la substance nourricière profondément dans la terre revêche, on obtenait d’elle le raisin essentiel, puissant, concentré, source d’un vin aux saveurs étonnantes et complexes où le goût du fruit passait celui de l’alcool.»

 

L’auteur nous fait pénétrer dans l’univers fascinant de ces génies de la peinture : Monet, Manet, Renoir, Pissaro, Sisley. Á l’exception d’Edouard Manet dont le père est haut fonctionnaire, ils vivent, des années durant, d’expédients, le dernier tableau vendu ne leur permettant même pas de régler leurs dettes courantes. Bazille, qui vient d’un milieu aisé, achète Femmes au jardin pour aider financièrement son ami. Nous sommes dans un monde de grande contiguïté : Camille préfère se voir dans les tableaux de Renoir plutôt que dans ceux de son mari. La malheureuse Camille, dont une grossesse a redonné vie à un cancer latent de l’utérus et qui souffrira jusqu’à sa mort. Monet peindra à tour de bras pour lui acheter des médicaments : « De la beauté à vendre pour sauver sa femme ».

 

 

 

 

Après la mort de Camille, Monet trouve du réconfort auprès de son vieil ami Clémenceau, qui sera le seul à connaître le secret de Femmes au jardin. Les quatre femmes si gracieuses, si “nymphéennes” dans un souffle léger, accrochées par une ombre propice au milieu d’une verdure et de bouquets de fleurs lénitifs ne sont en fait que deux personnes, Camille étant représentée trois fois.

 

Monet avait donné ce tableau à la France en amour de Camille et en souvenir de Bazille et de ces millions d’hommes morts « à sa place », et pour toux ceux qui avaient « travaillé et rêvé sur ce morceau de terre, dans cette partie du monde, pour en faire sous le ciel changeant une des plus belles œuvres humaines, le plus beau des jardins ».

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 06:30
Les djeuns au musée
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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 06:30

L'ami Philippe Arnaud a retrouvé cette analyse de Julien Gracq. La lucidité du grand esprit de Saint-Florent-le-Vieil est saisissante (pardon : "incroyable"). Dès 1974, alors que les ordinateurs personnels sont envisagés mais n'existent pas, alors que les tablettes et tous les "i-" quelque chose n'ont pas encore germé dans les esprits, alors que nous ne sommes pas encore submergés par les images, les sons et les trois dimensions, Gracq envisage ce monde multi-médias que les humains ne contrôlent plus mais dont ils ne sont plus qu'un élément parmi d'autres.

 

 

Tout comme la couche d'air qui nous entoure protège les Terriens contre la continuelle agression cosmique, il existait, il a longtemps existé autour d'eux une couche de non-savoir, de non-chaloir, de non-lire, de non-voyager, qui protégeait leur quiétude d'esprit contre le bombardement tellurique continu des Nouvelles, et qui l'a protégée plus longtemps encore contre celui, plus corrosif encore, des Images. On commence à s'apercevoir, maintenant que notre civilisation la dissipe, que cette couche isolante était vitale. Physiquement, l'homme ne vit pas nu, spirituellement aussi c'est un animal à coquille. Et les effets de ce mortel décapage sont devant nous : érosion continue et intense de toutes arêtes vives, de toute originalité – réduction progressive du refuge central, du for intérieur — contraction frileuse de l'esprit tout – entier exposé sur toute sa surface, comme une pellicule fragile, aux bourrasques cinglantes qui soufflent sur lui de partout, irritation à fleur de peau, état de prurit et de gerçure. On est « mal dans sa peau » : certes c'est bien dit ! à condition de savoir l'entendre. L'esprit longtemps en a eu une, et épaisse, et sainement cornée : il n'a plus qu'une muqueuse.

 

Julien Gracq, Lettrines 2, éditions José Corti, 1974, page 66. [Les italiques sont de Gracq].

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 06:50

Un mur en béton coiffé de barbelés. 10 km de long. Surnommé “le mur de l'inégalité”.

 

Le quartier riche s'appelle Las Casuarinas. Le quartier pauvre Vista Hermosa.

Á Lima, le mur de la honte
Á Lima, le mur de la honte
Á Lima, le mur de la honte
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 06:22

Bormes-les-Mimosas est une charmante bourgade de 8 000 habitants au sud du massif des Maures dans le Var. Le Fort de Brégançon y est situé.

 

Je vous vois venir : on doit y voter à droite plein pot. En fait, plus que ça encore : aux dernières élections municipales, trois listes de droite ont entièrement raflé la mise.

 

Bizarrement, juste en face de l’Hôtel de ville, se dresse un monument « à la gloire de la Révolution française ». Vous avez bien lu : ce monument n’est pas dédié « à la République française », mais à la Révolution, sans laquelle, on le sait bien, il n’y aurait pas eu de République.

 

Il est l’œuvre du sculpteur Hyppolite Moreau (1832-1927), dont les œuvres sont pour la plupart conservées au musées des beaux-arts de Dijon.

 

Je ne sais rien sur ce qui a motivé ce monument qui détonne quelque peu dans ce gros village où Sarkozy avait cartonné à 71% lors de l’élection présidentielle de 2012 et qui inspire à BFM-TV des reportages dignes du Prix Albert Londres.

Bormes-les-Mimosas et la Révolution française

Un correspondant (Xipetotec) m'écrit ceci :

 

Si c'était le cas (la thèse anarchiste de la "révolution bourgeoise") on trouverait ce genre de monument partout. Mais ce n'est pas le cas. Pas plus qu'il n'existe pléthore de monuments "à la République". Car à l'instar d'Adolphe Thiers, la bourgeoisie monarchiste et catholique n'a jamais été "républicaine".

Donc il s'agit évidemment d'un sujet à creuser. Merci à vous pour cette trouvaille.

Première réflexion : la Côte varoise, avant de voter massivement à droite, fut un bastion du communisme. C'est l'une des zones libérales et égalitaires qui, avec le Bassin parisien, ont fait la Révolution.

Selon la base Mérimée, l'inventaire du patrimoine, le monument a été érigé en 1892. Il s'agit peut-être d'un projet initié lors du centenaire de 1889. Peut-être à l'occasion du centenaire de la première République.

Un historique de l'orchestre La Seynoise confirme que l'inauguration coincide avec la célébration de la République. Le maire était Alexandre Vigourel, maire radical-socialiste de 1878 à 1911. L'inauguration fut suivie d'un grand banquet présidé par son ami le poète Jean Aicard, un saint-simonien, républicain très actif sous la Monarchie de Juillet (qui participa aussi aux fêtes de la République à Toulon). Aicard écrivit "Maurin des Maures" à Bormes, chez Vigourel.

Il existe un monument à la gloire de la Révolution à Aix, mais inauguré en 1792.

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 06:38

Il était allemand, il voulut essayer un parachute de sa confection. Pas de chance.

Instantanés tragiques

Un mendiant le poussa sur les rails. Il lui fut incapable de remonter sur le quai. Un photographe tenta de l'aider. En vain, mais actionna son flash à plusieurs reprises pour allerter le conducteur du métro.

Instantanés tragiques

 

Un homme est éjecté de sa voiture. Pas de ceinture de sécurité à l'époque. Il meurt électrocuté.

Instantanés tragiques

 

Budd Dwyer convoque une conférence de presse et se tue le 22 janvier 1987.

 

Le 22 janvier 1987, accusé de corruption passive, ce trésorier de l'État de Pennsylvanie  convoque une conférence de presse télévisée pendant laquelle il distribue une déclaration protestant de son innocence. Il proclame qu'il est victime de manœuvres politiciennes et qu'il refuse de servir d'exemple pour un crime qu'il n'a pas commis. Il appelle trois de ses collaborateurs, leur confie trois enveloppes contenant une lettre adressée à sa femme, la seconde une lettre adressée au nouveau gouverneur de l'État de Pennsylvanie, et la troisième contenant une carte de donneur d'organe. Puis il tire alors un revolver 357 d’une enveloppe et demande à tout le monde de se calmer en déclarant « sortez, vous pourriez être blessés » avant de se suicider d'une balle dans la bouche.

 

William Smith, l'accusateur de Budd, avoue devant la justice avoir menti sur toute la ligne. Il est en prison depuis 2010. Son fils purge une peine de 35 ans de prison pour avoir assassiné sa femme péruvienne.

 

Instantanés tragiques

 

 

A Omagh, en Irlande du Nord, la voiture rouge va exploser. L'homme et son enfant (deux touristes espagnols) en réchapperont, mais pas le photographe. L'explosion fera 28 morts et 220 blessés. Parmi les morts, une femme enceinte de jumeaux.

 

 

À 14 h 30, 40 minutes avant l'explosion, la télévision d'Ulster reçoit un appel anonyme avertissant de la présence d'une bombe devant le palais de justice, situé à environ 300 mètres du lieu réel de celle-ci. La même alerte est répétée à la télévision une minute plus tard, puis auprès d'une association caritative.

 

La zone environnante au palais de justice est bouclée et les personnes s'y trouvant sont évacuées vers Market Street, à l'endroit où se trouvait précisément la voiture piégée. Le nombre de victimes sera ainsi augmenté.

 

En 2001, Colm Murphy est reconnu coupable de cet attentat. Après 14 ans de prison, il est acquitté lors d'un deuxième procès.

 

Le neveu de Murphy a été disculpé de toutes les charges relatives à l'attentat après avoir passé quatre ans en prison en détention provisoire.

 

Les familles des victimes continuent d'accuser les deux hommes ainsi que trois autres personnes.

 

 

Instantanés tragiques
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