Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 novembre 2022 5 25 /11 /novembre /2022 06:01

Je ne le connais pas personnellement mais je sais de source sûre (il est le cousin d'une amie) que c'est un type bien. Il a écrit et chanté ce qui suit :

 

Depuis le temps que je patiente dans cette chambre noire
J'entends qu'on s'amuse et qu'on chante
Au bout du couloir
Quelqu'un a touché le verrou
Et j'ai plongé vers le grand jour
J'ai vu des fanfares, des barrières
Et des gens autour

Dans les premiers moments
J'ai cru qu'il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue, je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule
Je vais bien finir par l'avoir
Cette danseuse ridicule

Est-ce que ce monde est sérieux?

Est-ce que ce monde est sérieux?
Andalousie, je me souviens, les prairies bordées de cactus
Je ne vais pas trembler devant ce pantin, ce minus!
Je vais l'attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil
Ce soir la femme du torero dormira sur ses deux oreilles

Est-ce que ce monde est sérieux?

Est-ce que ce monde est sérieux?
J'en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou pour que je m'incline

Ils sortent d'où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier?
J'ai jamais appris à me battre contre des poupées

Sentir le sable
Sous ma tête, c'est fou comme ça peut faire du bien
J'ai prié pour que tout s'arrête
Andalousie, je me souviens

Je les entends rire comme je râle et je les vois
Danser comme je succombe
Je pensais pas qu'on puisse autant
S'amuser autour d'une tombe

Est-ce que ce monde est sérieux?

Est-ce que ce monde est sérieux?

Si, si hombre, hombre
Baila, baila
Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar
Venga, venga a bailar

La Corrida, par Francis Cabrel
Partager cet article
Repost0
15 novembre 2022 2 15 /11 /novembre /2022 06:01

Nous les Gensane, on n'est pas du genre à se vanter. Mais enfin, tout de même...

Mon père fut un très grand instituteur. Lorsque je fus son élève en CP dans les années 50, la classe comptait une soixantaine d'éléments, dont une bonne vingtaine de fils d'immigrés polonais. Ils ne devaient pas entendre – et encore moins lire – beaucoup de français à la maison. Dans la cour de l'école, nous parlions chti, les Polonais nous insultaient dans leur langue. Dans la classe, le français était de rigueur. Et de qualité.

La rentrée se faisait le 1er octobre (nous sortions le 13 juillet). Il fallait bien que les gosses aident au ramassage des patates dans le Nord et aux vendanges dans le Sud. Au bout de six semaines, après la Toussaint, le meilleur tiers de la classe lisait couramment. Au premier janvier, tous les élèves de mon père savaient lire. Encore une fois, mon père était un instit' exceptionnel, auteur d'une méthode de lecture dont il n'était pas peu fier. Tous les enfants de France ne carburaient pas au même régime mais rares étaient ceux, y compris dans le pays minier, qui avaient des difficultés en entrant au CM1.

Mon père aurait pu faire mieux encore. Il m'avait appris à lire en moins d'un mois, alors que je n'avais que 3 ans et demi, mais il avait renoncé car cela m'occasionnait des cauchemars. J'avais donc désappris, ne souhaitant qu'une chose, m'a-t-on dit : me remettre dans le bain.

Alors quand je vois qu'aujourd'hui la situation de la lecture en France est catastrophique, ça me fout les boules. Selon les classements internationaux (Progress in International Reading Literacy Study), notre pays se retrouve très loin derrière un peloton de tête mené par la Russie, Singapour et Hong-Kong. Et il est le seul pays avec les Pays-Bas à avoir régressé en 15 ans. La France est 34ème sur 50 pays étudiés, ne devançant que la Belgique au sein du monde francophone. La Finlande est devant nous, mais aussi la Pologne. Á noter que, chez nous, les filles font moins mal que les garçons, comme presque partout ailleurs dans le monde.

La lecture est un marqueur social de premier ordre. Qui ne sait pas lire ou qui ne comprend pas spontanément ce qu'il lit ne progresse pas. Il décroche, d'abord à l'école puis au travail.

On assiste enfin, en France comme dans le reste du monde, à un décrochage des parents.17% des parents des élèves interrogés n'aiment pas lire.

PS : Raphaëlle et Rébecca ont appris à lire à l'école, comme tout le monde. Je n'ai pas eu, une seconde, la tentation de leur apprendre avec le manuel de mon père. Á chacun son métier…

 

Les Gensane et la lecture
Les Gensane et la lecture
Partager cet article
Repost0
12 novembre 2022 6 12 /11 /novembre /2022 06:01

Par Michel Feltin-Palas

 

Din ch'Nord, on dit cela toutes les cinq minutes, deul' cafe au guernier :

 

"Faut dire"; "Ast'heure"; "La vela ti pas
 
 

Le futur monarque était loin de s'exprimer comme les héros de Corneille et de Racine. Jugez plutôt. 


Le nom du Docteur Jean Heroard ne vous dit sans doute rien. Pourtant, ce médecin a légué à la postérité un document exceptionnel. A partir de 1601, date de la naissance du futur Louis XIII, Heroard est attaché à la personne du fils d'Henri IV et de Marie de Médicis. Chaque jour ou presque, il note avec minutie les moindres détails de l'existence du royal enfant, qu'il s'agisse de sa santé, évidemment, mais aussi de ses jeux, de son alimentation, mais aussi - c'est ce qui nous intéresse ici - de sa manière de parler.

C'est ainsi que, grâce à lui, on dispose d'un "témoignage unique du processus d'acquisition du langage par un enfant", comme l'indique Gilles Siouffi, professeur en français classique et moderne à Sorbonne Université, dans un livre très pédagogique consacré à l'histoire de la langue française. Et n'imaginez pas que le petit Louis échangeait exclusivement avec des aristocrates. Tout dauphin qu'il fut, il était entouré chaque jour de domestiques, d'artisans, de gouvernantes... On a donc grâce à cette somme de 2674 pages laissée par Heroard une bonne idée de la manière dont on parlait français au début du XVIIe siècle.

Conclusion ? Oubliez Racine et Corneille ! Car autant le savoir : les vers de Bérénice et du Cid ont à peu près autant de rapports avec la langue de tous les jours de cette époque qu'une page de Le Clézio avec les commentaires d'un match de foot au bar du coin en 2022. Vous ne me croyez pas ? Alors lisez plutôt, en sachant qu'Heroard a pris soin de transcrire les propos de l'enfant de manière phonétique.

- La voyelle -o est souvent prononcée "ou" : boune pour "bonne", loun pour "long", soun pour "sont". Louis dit également mousseu et non "monsieur" : "Mousseu Dupont est bien doux ; mousseu de Souvré l'est pas tant.

- Le "ne" est allègrement oublié dans les négations : "Parce qu'il est dimanche, j'écris rien qui vaille" ; "Le dites pas au Roi mon père". L'oubli de l'adverbe est si fréquent qu'il ne peut être considéré comme un oubli exceptionnel. "Il s'agit là d'un phénomène très général, quasi systématique, qui a été aussi remarqué dans les témoignages d'oral "adulte" que l'on conserve de l'époque", précise encore Gilles Siouffi dans les pages détaillées qu'il consacre au journal d'Heroard dans la somme Mille ans de langue française.

- Beaucoup de consonnes finales ne sont pas prononcées : "fils", par exemple, se résume à [fi].

- Le -s à l'intérieur de certaines syllabes disparaît parfois : on dit juque et non "jusque", rete et non reste.

- Le pronom impersonnel est régulièrement omis. On ne dit pas "il faut dire", mais "faut dire".

- La syntaxe n'est pas toujours académique : "J'y veu allé moi à la guerre". De temps en temps, en revanche, elle suscite franchement l'admiration, a fortiori chez un enfant qui n'a pas encore 9 ans : "Ha! Si je y eusse été avec mon épée, je l'eusse tué!", s'écrit-il ainsi le 14 mai 1610, peu après l'assassinat de son père par Ravaillac.

- Le sujet et le verbe ne sont pas systématiquement inversés dans les phrases interrogatives. Le très correct "Où prend-on donc des guides ?" côtoie le très familier "Papa vient ?". Parfois encore, le dauphin recourt à la syllabe "ti" (abréviation de "t-il") : "La vela ti pas" ; "Le Roi mon père a-ti couché ici?"; "Y a-ti longtemps ?". Le recours à cette particule a été "fréquent pendant une période limitée de l'histoire du français", souligne Gilles Siouffi.

- On s'autorise une grande liberté pour les suffixes, qu'il s'agisse de mots féminins (une pigeonesse, une souriçoire) ou de diminutifs (une souriette, un coeuret).

- A 3 ans, le petit Louis a encore du mal à rouler les -r, note Heroard. Ce qui nous semble anecdotique est en réalité un grave problème pour lui car il s'agit alors de la seule prononciation jugée élégante dans le milieu aristocratique de l'époque. Corollaire : celui-ci jugerait sans doute ridicule la diction des pièces de théâtre classiques par les acteurs de 2022.

- Comme les ados d'aujourd'hui, Louis mange aussi certaines syllabes : "Je ne saurais ast'heure parler au Roi mon père pour vous."

- A noter enfin qu'il n'ignorait pas les grossièretés, comme l'illustre cette phrase adressée à l'un de ses domestiques : "Vous êtes un valé de merde !".


Qu'en conclure ? Deux erreurs d'interprétation sont à éviter. La première consisterait à croire que les propos retracés dans le journal d'Heroard sont représentatifs de ceux de l'ensemble de la société française de l'époque. Tel n'est pas le cas dès lors que le jeune Louis dont le médecin rapporte les propos réunit trois caractéristiques singulières : il s'agit d'un enfant ; il est le futur roi de France et il souffre de certaines difficultés de prononciation. Impossible, donc, d'en déduire qu'il s'exprimait comme tous les francophones de son époque.

La seconde erreur consisterait à l'inverse à penser que ce journal ne nous renseigne en rien à ce sujet. D'une part, on l'a dit, ce document contient de nombreuses conversations entre le futur Louis XIII et son entourage, composé en partie de Français ordinaires. D'autre part, on est certain qu'il a été retranscrit avec fidélité. "Le goût d'Heroard pour le discours direct témoigne de son souci d'objectivité et de son grand scrupule ; plusieurs fois, il rature, pour mieux restituer le mot exact", souligne Gilles Siouffi. C'est ainsi que quelques correspondances étonnantes peuvent être relevées entre le français parlé de cette époque et celui d'aujourd'hui. "Non, je crois pas tout ce que vous me dites " est l'une des nombreuses phrases que nous pourrions entendre de nos jours dans la rue, au bureau ou en famille.

Tout cela doit enfin nous amener à réviser l'image que nous avons de la langue du "grand siècle", telle qu'elle a été véhiculée par nos études des grands textes littéraires. Des oeuvres qui se situent loin, très loin, de la langue orale telle qu'elle était pratiquée au quotidien.

Comment parlait Louis XIII
Partager cet article
Repost0
9 novembre 2022 3 09 /11 /novembre /2022 06:01

J'y ai enseigné pendant 20 ans. Comment aurais-je réagi à cette initiative incongrue qui met à mal le principe de laïcité ?

 

Thibault Fayner, maître de conférences en arts du spectacle à l'université de Poitiers, a récemment adressé cette circulaire – en écriture inclusive, naturellement – à tous les collègues de ce qui fut mon UFR, avec l’accord de la Doyen.n.e actuel.le : 

 

« J'ai le plaisir de vous annoncer qu'à partir du lundi 14 novembre, une séance hebdomadaire de méditation sera proposée à l'UFR Lettres Langues.

 

Ces séances se dérouleront de 13h à 13h45, en salle de pratique C313. Elle sont ouvertes toutes et tous (personnels, étudiant.e.s) Merci de prévoir une tenue souple (jogging, par exemple). 

 

La méditation est proposée par l'équipe du Dojo Soto Zen de Poitiers.

 

Cette proposition est à l'essai jusqu'aux vacances de décembre. Si cela rencontre votre intérêt, elle sera prolongée au second semestre.

 

Calendrier des prochaines séances :

 

- lundi 14 novembre ;

- lundi 21 novembre ;

- lundi 28 novembre ;

- lundi 5 décembre ;

- lundi 12 décembre.

 

Bonne fin de semaine.

 

Bien à tout le monde, »

 

 

Le problème est que le Dojo en question est une pratique religieuse qui se présente en ces termes :

 

« Au Dojo Zen Sōtō de Poitiers, la pratique de zazen est quotidienne et on vit comme dans un temple. La séance matinale est suivie d'une cérémonie et d'une soupe de riz prise de façon traditionnelle dans le dojo.

 

Le maître est présent sur place et des moines et des nonnes y habitent de façon permanente.

 

Le dojo est ouvert à toute personne en quête d'authenticité, désireuse de découvrir ou d'approfondir cette voie.

 

Les enseignements sont donnés par Maître Michel Jigen Fabra, qui a reçu la transmission de Maître Roland Yuno Rech et la certification de l'école Zen Sōtō. »

 

 

Je vais peut-être retourner dans ma fac pour y donner un cours de néodruidisme. Avec l'accord de la doyenne, bien sûr...

 

 

Zénitude à l'UFR de Lettres et Langues de l'Université de Poitiers

PS : André Lacroix, universitaire, m'écrit ceci : " La pleine conscience se propose comme une solution apaisante.


Depuis quelques années, cette institution bouddhiste fait l’unanimité : chez les Verts, au Parlement européen, mais aussi au Congrès des États-Unis et à Davos, haut-lieu des élites financières. Tous ensemble pour méditer zen ? Élisabeth Martens, enseignante de pratiques de santé taoïstes, ne conteste pas l’efficacité de la pleine conscience, mais dénonce l’imposture de cette institution religieuse qui s’est discrètement liée aux pouvoirs et aux élites. »
(4e de couverture du livre d’Élisabeth Martens, La méditation de pleine conscience. L’envers du décor)."

 

Et il m'invite à aller découvrir ceci :

“ http://tibetdoc.org/index.php/accueil/nos-publications/651-presentation-du-livre-la-meditation-de-pleine-conscience-l-envers-du-decor-paru-chez-investig-action-2020

Partager cet article
Repost0
29 octobre 2022 6 29 /10 /octobre /2022 06:01

Le 26 août 2022, le ministère de l’Éducation nationale a publié une note de service très préoccupante : « Agir sur l'organisation du temps scolaire pour identifier un temps périscolaire favorable à l'accès aux acteurs sportifs locaux. Il s'agit, pour les collèges qui souhaitent s'inscrire dans cette expérimentation pour l'année scolaire 2022-2023, d'organiser des créneaux horaires permettant aux élèves volontaires de participer aux activités physiques et sportives proposées par les clubs et associations sportives/socio-sportives de leur territoire. L'offre sportive peut également reposer sur la mobilisation de l'association sportive. Les chefs d'établissement garantissent ainsi jusqu'à deux heures d'activité physique et sportive par semaine aux élèves volontaires, sur des temps identifiés en fonction de la nature de l'activité et des autres paramètres partagés par les membres du groupe projet placé sous la direction du chef d'établissement en relation avec le projet d'EPS de l'établissement et le comité d'éducation à la santé, à la citoyenneté et à l'environnement (CESCE). En tout état de cause, les créneaux horaires dédiés à ces deux heures de sport supplémentaires ne peuvent être alternatifs à un enseignement optionnel. »

 
Dans une perspective tout à fait libérale, l’idée est de mettre en concurrence le sport scolaire et un dispositif expérimental mis en œuvre par les clubs. Il y a donc transfert de biens et de responsabilités publics vers des acteurs privés.
 
Les inégalités entre les régions, les villes de France, vont se creuser du fait de la mainmise, plus ou moins importantes d’acteurs privés, sur les activités sportives scolaires. Seule l’éducation physique scolaire – quatre heures hebdomadaires sont préconisées – peut permettre à tous les enfants de France de pratiquer un sport. Quelle que soit leur origine et leur lieu de vie.
Le banquier jet-skieur détruit l’enseignement de l’EPS dans les établissements publics
Partager cet article
Repost0
25 octobre 2022 2 25 /10 /octobre /2022 05:01
 

Paradoxalement, dans la société capitaliste occidentale surprotégée, où la gent féminine semble émancipée, quand les féministes et les instances politiques et médiatiques parlent de la femme, c’est toujours comme un être singulier, une personne infériorisée, aliénée, fondamentalement différente de l’homme (toute ressemblance avec le monde musulman, pourtant fustigé pour sa misogynie, serait une pure et fortuite coïncidence). Ironie de l’histoire, le meilleur allié du patriarcat, c’est le néo-féminisme, qui perpétue les mêmes stéréotypes phallocratiques (encore prégnants dans les pays islamiques) et prônent les mêmes traitements différentialistes sexués, réservés exclusivement à la femme, au plan social et judiciaire, tels qu’ils ont cours dans les pays musulmans.

 

En effet, par leur action d’essentialiser les violences commises contre les femmes, leurs mobilisations exhortant les pouvoirs publics à protéger les femmes, à voter des lois spécifiques pour les femmes, elles perpétuent le schéma patriarcal qui infériorise et infantilise la femme. Aux yeux des néo-féministes différentialistes, toute femme, tel un enfant consubstantiellement immature et vulnérable, serait, de par sa nature même, congénitalement en danger, susceptible d’être victime de la prédation masculine.

 

Somme toute, par leur politique féministe essentialiste, les néo-féministes détachent les femmes de la communauté humaine universelle pour les assigner à des statuts particuliers inférieurs, réduites à une minorité à protéger du fait de leur « faiblesse congénitale », leur « vulnérabilité innée ». Ce faisant, elles les placent dans une condition infrahumaine, d’extranéité sociale, c’est-à-dire d’étrangères à la communauté humaine. Comme cela a également cours dans les pays musulmans où la femme est soumise à un statut d’éternelle mineure nécessitant sa protection par un mâle. En Occident, par l’État.

 

Par ailleurs, le néo-féminisme bourgeois contemporain, « intoxidentalisé », c’est-à-dire intoxiqué par l’idéologie misandre et l’arrogance légendaire occidentale, cultive une politique victimaire. Rappelons que, selon le dictionnaire Le Robert, le terme misandre désigne « une femme qui a de la haine ou du mépris pour les hommes ». Dès le début de notre siècle, les dérives du féminisme avaient déjà été dénoncées par Élisabeth Badinter, dans son ouvrage Fausse route. Dans ce livre, publié en 2003, elle fustigeait le « féminisme guerrier », la guerre des sexes, le féminisme misandre, victimaire.

 

Aujourd’hui, les féministes différentialistes instrumentalisent les violences conjugales. Les violences faites aux femmes sont devenues l’arme du féminisme punitif. Sur ces violences résiduelles, elles assènent leurs argumentations victimistes. À chaque violence commise contre une femme par un homme, indécemment instrumentalisée, les féministes brandissent leurs accusations flanquées de leurs immanquables revendications pécuniaires.

 

En effet, dans le dessein de réclamer financement public et subventions privées, le féminisme « martyrologique » a besoin d’assombrir la condition conjugale réservée aux femmes par les hommes. Pour vivre pécuniairement, il a surtout besoin de victimes pour ne pas succomber à la mort associative. Faute de victimes médiatiquement « visibilisées », parfois fabriquées à fins de règlement de compte politique, le féminisme victimaire finirait par tomber dans les oubliettes sociétales. Ainsi, derrière le discours de dénonciation de la violence sexiste, outrancièrement instrumentalisée, s’affairent des associations féministes vénales, financées généreusement par les fonds publics, autrement dit par l’argent du contribuable.

 

Globalement, le féminisme victimaire fonctionne sur un schéma binaire : femme victime (toute femme) /homme bourreau (tout homme). Or, les chiffres des homicides contre les femmes sont en baisse régulière. Les homicides dont les victimes sont des femmes sont en baisse constante (moins 25% depuis 10 ans). En France, 90 tuées en 2020 (79 tuées en 2022), contre 146 en 2019 (cette baisse considérable du nombre de morts est intervenue dans un contexte de crise sanitaire et social, sur fond de confinement, censé avoir accentué les violences intrafamiliales et conjugales, thème amplement relayé par les médias pour éluder les véritables violences sociales et politiques infligées à l’ensemble du peuple par le gouvernement, notamment par l’explosion du chômage, l’augmentation de la précarité et de la paupérisation, la recrudescence de la surveillance et du contrôle social, la répression policière et la militarisation de la société).

 

En réalité, d’un point de vue fondamentalement humain, en matière pénale, statistiquement, dans l’ensemble des pays, les premières victimes des violences en général sont largement les hommes. Les femmes ne constituent qu’un très faible pourcentage en matière de violences, à plus forte raison d’homicides. Certes la violence létale est majoritairement perpétrée par les hommes, mais les principales victimes de cette violence sont essentiellement les hommes eux-mêmes. « Selon les données fournies par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, dans le monde, 78,7% des victimes d’homicide sont des hommes, et dans 193 des 202 pays ou régions répertoriés, les hommes étaient plus susceptibles d’être tués que les femmes ».

 

De fait, au sein de la société capitaliste mondiale contemporaine, chaque année plus de 750 000 personnes meurent de violences liées à des conflits armés et à la petite ou grande criminalité dont une grande majorité 490 000 en dehors des zones de guerre, c’est-à-dire dans la société civile, victimes de la criminalité inhérente au capitalisme. Le féminisme ne dénonce jamais ce génocide perpétré par la société capitaliste criminogène et belligène.

 

En vérité, les violences conjugales impliquent parfois les deux sexes. La conception angélique selon laquelle les femmes seraient toujours les victimes et les hommes toujours les agresseurs est fallacieuse. Dans un couple, certes l’homme peut faire preuve, in extremis, de violence, mais la femme manifeste également une réelle violence verbale et psychologique, voire physique. Cette violence est minimisée, voire ignorée, par les féministes. Un tiers des victimes de violences physiques dans le couple sont des hommes. Officiellement, 20% des hommes sont victimes de violences conjugales, un chiffre en réalité sous-évalué du fait du tabou lié à la difficulté pour les hommes de se confier, d’être crus.

 

Du point de vue juridique, le discours féministe véhicule l’idée selon laquelle les violences conjugales ne seraient pas suffisamment jugées ni condamnées. Or, l’histoire des annales pénales prouve le contraire. Depuis le XIXe siècle, les violences conjugales sont toujours sévèrement punies, la violence de l’époux constituant par ailleurs un facteur aggravant, donnant lieu à une condamnation sévère.

 

Loin de nous l’idée de nier l’importancede la violence commise contre les femmes par leurs conjoints, en particulier les assassinats des femmes, il convient néanmoins de replacer cette violence et ces meurtres dans le contexte actuel du développement exponentiel de la violence protéiforme générée par le système capitaliste belligène en pleine putréfaction. Comment définir et qualifier ces meurtres de masse perpétrés fréquemment par des jeunes adolescents à peine pubères, notamment dans les établissements scolaires, dans la plus grande démocratie du monde, les États-Unis, mais aussi dans de nombreux pays civilisés occidentaux ? Selon les statistiques publiées par la police fédérale (FBI), les États-Unis ont enregistré plus de 21 500 homicides en 2020, soit près de 59 par jour. Un grand nombre de ces homicides est perpétré par des enfants âgés de 10 à 19 ans. Depuis 2012, il y a eu 3865 fusillades de masse. Cette année, depuis le début de l’année 2022, presque 220 fusillades sont survenues aux États-Unis. Soit plus d’une fusillade par jour. L’an dernier, il y a eu 692 fusillades, commises également par des adolescents. 25 mineurs meurent chaque semaine par balle et 91% des enfants tués dans le monde par des armes à feu, le sont aux États-Unis. Cette violence juvénile et infantile est autrement plus dramatique et meurtrière. Pourtant elle ne suscite pas le même émoi, le même effroi, la même indignation, la même fureur.

 

Aujourd’hui, le féminisme vindicatif tente de prendre en otage le droit en s’arrogeant le monopole de la représentation de la souffrance légitime. Or, il n’en est rien. Aucun durcissement du code pénal n’est susceptible d’apporter un adoucissement de la société. Même l’existence de la peine de mort n’a jamais enrayé la criminalité, comme la société étasunienne criminogène l’illustre.

 

Contre cette dérive judiciaire féministe, les opposants (les juges et les avocats) à « l’exceptionnalité juridique féminine », notamment la codification du féminicide, invoquent le principe d’égalité devant la loi. Selon les juristes opposés à toute « exceptionnalité judiciaire » et codification, l’institutionnalisation du féminicide vise à s’appliquer à une catégorie de la population. Or, cette application porte atteinte au principe d’universalisme du droit et d’égalité des citoyens devant la loi pénale. L’incrimination spécifique du féminicide a pour objectif de sanctionner plus diligemment et plus sévèrement les auteurs du crime. Toujours est-il qu’avec cette spécification juridique, à situation identique, l’auteur d’un meurtre ou de violences perpétrées contre une femme se verrait appliquer un traitement judiciaire distinct et une condamnation plus lourde que le coupable de forfaits identiques commis à l’encontre d’un homme. Au final, cela reviendrait à considérer le meurtre d’une femme plus répréhensible que celui d’un homme. Ce qui serait, au plan humain et moral, inacceptable.

 

Cela confirme l’exception d’extranéité dont les féministes veulent se prévaloir devant les tribunaux pour échapper à la justice de droit commun s’appliquant à tous les justiciables, sans distinction de sexe. Rappelons que le concept d’extranéité est originellement un terme juridique désignant un individu ou groupe d’individus qui, dans une société donnée, ne bénéficie pas de l’accès aux droits et devoirs de de celle-ci mais se voit appliquer les lois de sa société d’origine. En l’espèce, les néo-féministes militent, en vertu de ce statut d’extranéité auto-attribué, excipé comme un droit, pour bénéficier d’une justice rendue en fonction de leur sexe d’origine, c’est-à-dire féminin, et non pas du droit universel.

 

En tout état de cause, la question des violences contre les femmes n’est pas un problème féminin (féministe) mais un dramatique problème de société. Encore une fois, il n’est pas dans les projets de la nature humaine de s’autodétruire : le ver n’est pas enfoui dans la tête de l’homme mais tapi dans le giron de cette société capitaliste criminogène. Le mal n’est pas d’abord dans l’homme, mais dans la société. Le capital, comme le féminisme, met sur le compte de la psychologie de l’homme la malice des faits sociaux. Par cette opération de manipulation consistant à condamner uniquement le Mâle, elle exonère le Mal de la société capitaliste, autrement plus meurtrier et génocidaire : l’exploitation et l’oppression salariales, les guerres, les famines, les exodes, etc.

 

Aussi, les féministes misandres ne contribuent-elles nullement, par leurs gesticulations stériles et leur combat sectaire, à féconder le débat, à sensibiliser l’ensemble des membres de la communauté humaine à cette cause sociale universelle. « La théologie morale, c’est l’impuissance mise en action. Toutes les fois qu’elle s’attaque à un vice, elle a le dessous », notait Marx. Autrement dit, les exhortations morales échouent lamentablement à vaincre le mal. Telle est la situation du féminisme moraliste bourgeois. Le féminisme veut changer les hommes sans changer la société. Or, la société de classes, fondée sur la propriété privée des moyens de production, engendre toujours avec elle l’exploitation, la division des classes, la domination politique et sexuelle, la guerre, la violence, le crime.

 

Fondamentalement, toutes les victimes, de sexe masculin ou féminin, méritent un traitement judiciaire égalitaire. Toutes les victimes de violences physiques et létales méritent une empathie identique de l’ensemble de la communauté humaine. Aucun homme, ni aucune femme, ne doit être répertorié comme violent en raison de son appartenance sexuelle. La « genrification » en matière judiciaire est nuisible à la société.

 

En vérité, historiquement, les violences envers les femmes et les hommes ont considérablement baissé. La condition de la femme contemporaine ne ressemble aucunement à l’ancienne sinistre époque où elle était totalement asservie. Le temps est à la poursuite de ce progrès et non à la stigmatisation des hommes jetés en pâture par un certain féminisme misandre comme les coupables tout désignés de la violence résiduelle encore prégnante au sein de la société.

 

Le féminisme misandre, dans sa guerre des sexes, pour polluer la lutte des classes par ses divisions entre femmes et hommes et diversion politique, rivalise d’ingéniosité pour jeter l’opprobre sur tous les hommes, accusés de tous les maux de la société.

 

Dans la conception féministe fanatique, chaque homme porte sur ses épaules le poids des violences commises contre les femmes, en vertu de la présomption de culpabilité de la globalité de la gent masculine. Et doit faire ainsi pénitence de ces péchés criminels perpétrés contre les femmes. Mieux : repentance, pour s’absoudre de ces violences conjugales et « féminicides ».

 

Comme nous l’avions souligné dans notre précédent texte consacré aux dérives du néo-féminisme (1), le féminisme contemporain s’est pitoyablement dévoyé. Aujourd’hui, l’émancipation de la femme se réduit à s’ingénier à singer les comportements masculins, emprunter les pires travers des hommes, comme si le modèle masculin était le prototype idéal à égaler, à surpasser.

 

Par leur volonté effrénée d’égalisation, d’identification au modèle masculin, les femmes se doivent d’avoir les mêmes aspirations, occuper les mêmes emplois, embrasser les mêmes carrières, adopter la même mentalité de prédation, les mêmes mœurs de domination. Une femme qui ne se conforme pas ces conventions sociales masculines bourgeoises est taxée d’archaïque, de conservatrice. Le néo-féminisme sectaire intoxidentalisé est totalitaire car il est contre la liberté individuelle féminine, la diversité en matière de choix dans la structuration de l’identité de la femme. Toute femme se doit d’intégrer le modèle dominant occidental dans la construction de sa féminité. En l’espèce, il ne s’agit nullement d’une émancipation féminine, mais d’un asservissement à l’archétype du féminisme libéral et libertaire outrancièrement idéologique, propagé tel un virus par l’Occident sénile et décadent.

 

Nous savions, grâce à Freud, que le cerveau de l’homme n’est que l’appendice de son sexe. Avec le néo-féminisme intoxidentalisé spectaculairement vagissant, nous découvrons que les questions sexuelles sont devenues le fil d’Ariane obsessionnel de l’activité militante des féministes contemporaines : focalisation sur les conduites sexuelles, discours apologétique sur la théorie du genre, campagne idéologique d’hétéro-phobie sur fond de misandrie pathologique, promotion pédagogique de l’homosexualité dans les établissements scolaires, sexualisation du vocabulaire, genrification grammaticale, etc.

 

Aujourd’hui, parmi les stratégies d’occultation de la violence de classe contre le prolétariat figure l’instrumentalisation des violences faites aux femmes. Cette médiatisation des violences sexistes a pour dessein d’occulter les violences sociales, de dépolitiser les rapports sociaux de domination pour focaliser la conflictualité sur les prétendus rapports de pouvoir asymétriques qui régiraient les relations entre femmes et hommes. La lutte des classes est remplacée par la guerre des sexes.

 

Le néo-féminisme outrancier, favorisé par le capital, s’intègre dans le processus de désagrégation de la communauté humaine, aujourd’hui divisée socialement en deux classes antagonistes (bourgeoisie et prolétariat), en de multiples segments : ethniques, religieux, communautaires, sexuels, identitaires, dans le dessein de briser l’élément social essentiel, l’appartenance de classe. En lieu et place de la lutte des classes sont ainsi favorisés la lutte des races, les conflits de religions, les tensions communautaires et, bien évidemment, la guerre des sexes, chère aux néo-féministes hystériques et belliqueuses, toujours promptes à en découdre avec le mâle mais jamais avec le capital, à livrer bataille aux hommes mais jamais aux institutions bourgeoises. Tout cela pour le plus grand profit du capital qui peut continuer à nous livrer sa guerre sociale en paix, et nous livrer paisiblement sur les lignes de front dans cette période de guerre généralisée en préparation.

 

Soutenir, comme le proclament les féministes, qu’il existerait une « Question femme », c’est-à-dire une problématique féminine, c’est cautionner la conception sociologique bourgeoise selon laquelle la société est formée, depuis toujours, d’une juxtaposition de communautés spécifiques, ostracisées ou opprimées par d’autres communautés supposément dominantes. Aussi, « dans l’intérêt générale de l’unité nationale, afin de préserver la cohésion sociale, l’objectif politique serait d’œuvrer collectivement, par-delà les différences religieuses ou ethniques, et les clivages sociaux, à l’instauration de réformes démocratiques aux fins d’harmoniser la cohabitation entre les différentes communautés ». Cette mystification bourgeoise, défendue par des mouvements communautaires disparates et hétéroclites, prônant un meilleur aménagement des conditions sociales (toujours à l’intérieur du capital) et une optimale intégration démocratique de chaque membre d’une communauté dans la nation ou la République, selon la terminologie bourgeoise, participe de la politique de dissolution du prolétariat dans de multiples segments et, corrélativement, du maintien et de pérennisation de la société d’exploitation capitaliste. Elle arrange grandement le capital. C’est la raison pour laquelle il soutient le féminisme. Le féminisme (l’antiracisme, l’écologisme) est un excellent dérivatif. C’est le meilleur antidote contre la lutte des classes. Le meilleur poison pour anéantir politiquement le prolétariat, c’est-à-dire sa conscience de classe et sa combativité révolutionnaire.

 

Selon le discours misandre des féministes occidentales, ce n’est pas l’entreprise qui est le lieu d’exploitation et d’oppression par excellence, de viol psychologique (objectivé notamment par les humiliations et harcèlements) et de vol de la force de travail (extorsion de la plus-value), mais la maison qui serait devenue l’endroit où les femmes courraient le plus grand risque, dès lors que cette maison est partagée avec un homme, qu’il soit son mari, son compagnon.

 

Voilà un exemple parmi des milliers d’autres qui illustre ces dérives féministes misandres : une universitaire-chercheuse féministe, après avoir commenté une enquête sur les femmes victimes de violences, conclut par cette observation symptomatique du climat de défiance manifesté à l’égard de l’homme et de l’institution conjugale et familiale : « toutes les données convergent pour souligner la dangerosité de la sphère familiale et conjugale pour les femmes ». « Un modèle familial hautement pathogène, car fondé sur l’emprise d’une représentation traditionnelle de la famille où domine l’appropriation des femmes ». Moralité : l’homme et la famille représentent un danger pour la femme. Conclusion implicite de cette posture féministe jusqu’au-boutiste misandre : « femmes, restez célibataires ou mariez-vous avec une femme ! ». L’objectif de ce féminisme bourgeois fondé sur la multi-sexualité (dite libérée) et la remise en cause des normes hétérosexuelles, donc la glorification des théories du genre, est de pulvériser le prototype du couple « normal » prolétaire, dernier rempart de la collectivité humaine unifiée où se construit distinctement l’identité sexuelle différenciée féminine et masculine.

 

Cette idéologie féministe misandre est dangereuse. Ce terrorisme intellectuel d’une minorité d’activistes féministes crée une nouvelle forme de bellicosité, un nouveau genre de guerre : une guerre de genre.

 

Pour paraphraser le slogan des féministes débridés hystériques, symbolisé par « BalanceTonPorc », j’appelle l’ensemble de l’humanité à lancer un mouvement international contre les dérives du féminisme intoxidentalisé, baptisé « Balançons les cochonnes féministes misandres » (dans les poubelles de l’Histoire, avec leurs commanditaires : les capitalistes et les gouvernants).

 

 

(1) 13 octobre 2022. « Offensive de l’offensant féminisme misandre et inquisitorial », les 7 du Québec

 

Source : Les 7 du Québec

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2022 7 23 /10 /octobre /2022 05:01
On ne commande à la nature qu'en lui obéissant (Francis Bacon)
On ne commande à la nature qu'en lui obéissant (Francis Bacon)
On ne commande à la nature qu'en lui obéissant (Francis Bacon)
On ne commande à la nature qu'en lui obéissant (Francis Bacon)
On ne commande à la nature qu'en lui obéissant (Francis Bacon)
On ne commande à la nature qu'en lui obéissant (Francis Bacon)
On ne commande à la nature qu'en lui obéissant (Francis Bacon)
On ne commande à la nature qu'en lui obéissant (Francis Bacon)
On ne commande à la nature qu'en lui obéissant (Francis Bacon)

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2022 3 19 /10 /octobre /2022 05:01

Selon les linguistes, qui ne sont pas d’accord entre eux, il y a entre 300 et 1 000 mots gaulois dans la langue française. Avec, naturellement, de nombreux noms de lieu.

 

Le mot gaulois vient peut-être du celtique galia (« force »), ou bien du latin gallus (d’où la désignation péjorative du « coq gaulois ». Plus vraisemblablement de Gallia, la Gaule, fondé sur le radical "gal", qui veut dire "vaillance, vigueur" et qui a donné en français actuel le mot gaillard. Jules César dépeint lui-même dans La Guerre des Gaules, les Gaulois comme « ardents et prompts à prendre les armes ». Goscinny et Uderzo se contentant des « plus braves ».

 

Comme tout se perd dans la mondialisation, les cigarettes  Gitanes et Gauloises ne sont plus fabriquées en France depuis la fermeture de l'usine de Lille en 2005, mais en Espagne, à Alicante. Par ailleurs, à la suite de la fermeture de l'usine de Carquefou au 1er janvier 2015, la production a été délocalisée en Pologne.

 

Faisons un petit tour des mots et expressions issus de la culture gauloise. Si nous utilisons si peu de mots gaulois (maximum 1 000 sur 60 000), c’est la faute des druides qui se méfiaient de l’utilisation de l’écriture, et aussi et surtout des Romains qui imposèrent leur langue.

 

Il est d'ailleurs amusant de constater que la civilisation romaine ayant pris son essor (notamment) grâce au commerce, a été à l’origine de mots désignant des choses qui se monnayaient. Contrairement à d’autres qui échappaient à la vente. Ainsi, le miel, qui se vend, est un mot romain, alors que la ruche, un bien beaucoup moins commercial, est un mot gaulois.

 

Dans la même logique, le vocabulaire noble a été annexé par les Romains, là où les choses peu reluisantes ont été laissés aux Gaulois. La boue, la suie, la glaise, la cervoise, les magouilles, et les truands sont tous des mots d'origine gauloise. Comme si les Romains les avaient autorisés pour donner à leurs adversaires une réputation peu flatteuse. 

 

Quelques exemples :

 

Agnières, aloyau, ambassade, Ardenne, ardoise, Argenteuil, arpent, Arverne, Aubrac, Aure, Autheuil Auvergne, Auxois, Auzance, bagarre, barboter, barder, barge, barre, baume, Bayeux, bec, beigne, berceau, Bernay, bief, Bièvre, bille, blé, boisseau, borne, bouc, boue, bouleau, bourbe, Bourbon, bouse, braguette, braie, brailler, Bram, bran, brasser, breuil, Buzancy, Cachan, Caen, Cahuzac, Cantal, canton, Carpentras, cervoise, Chaillot, , Chalençon, Châlons, chant Chaource, char, charpente, charrue, Chassagne, chat-huant, chemin, chemise, chêne, claie, cloche, combe, Condé, Corbeil, crème, dague, daim, Digne, Doubs, douve Drac, dragée, Dreux, dru, écobuer, entamer, érable, Essonne, gaillard, galetier, galoche, garenne, Genève, glaner gobelet, gober, gone, if, jabot, jachère, jaillir, jarret, lande, limon, lise, Lisieux, loche, Loir, Lyon, magouille, marcotte, margouillat, Milan, Mine, morve, mousse, mouton, Nesle, Nièvre, Noé, Nogent, Nontron, Nouvion, Noyelles, Ognon, Orne, Paris, quinze-vingts, raie, reblochon, Riom, Rouen, ruche,, Savoie, soc, sombrer, souche, soue, suie, talus, tanche, Tavel, tonne, toque, trogne, Troyes, truand, vanne, vassal Vercingétorix, Vexin, Vincennes, Vouvray.

 

 

Mots français d’origine gauloise
Partager cet article
Repost0
18 octobre 2022 2 18 /10 /octobre /2022 05:01

Utiliser l’écriture inclusive est, soyons poli, une connerie. L’utiliser mal est une connerie au carré.

 

Ici, une affiche apposée sur sa porte d’entrée par le.a tenancier.e d’un café qui a malheureusement quelques problèmes avec sa clientèle. En plus – mais ne l’accablons pas – ce commerçant, ne sachant pas ce qu’est une anacoluthe, nous en offre une délicieuse. Le premier qui la trouve gagne son poids en gravillons.

 

Ça part mal avec le titre de l’affiche. En effet, « cher.es » et « voisin.es » ne marchent pas car on ne saurait, en écriture inclusive ou ailleurs, ne faire porter la marque du pluriel que sur le féminin. Il aurait fallu écrire « Che.è.r.e.s voisin.e.s ».

 

Les tenanciers de cet établissement sont « conscients ». On en déduit qu’il ne s’agit que d’individus du sexe masculin. D’autant qu’il se sont « engagés » à développer la vie de quartier. Ces tenanciers ont recruté trois « salariés » (que des hommes, donc) et des « comédiens.nes » (quid du mot « comédiennes » ?), des « musiciens.nes » (quid du mot « musiciennes » ?) et des créateurs « plasticiens.nes » (quid de créatrices plasticiennes ?).

 

Si l’anglicisme « impacter » n’avait pas figuré dans cette annonce, nous aurions été déçus. Le verbe « impacter » est apparu en français au début des années soixante. Il signifiait (et signifie toujours) « solidariser avec force » (par exemple un organe et une prothèse). Par contamination de l’anglais – ou, plus exactement du deuxième sens qu’il a en anglais, le premier étant le même que celui du français – il nous est désormais balancé à toutes les sauces, avec le sens de « toucher », « faire impression sur ».

 

Apprécions également « in fine », à la place de « pour finir, au bout du compte », que les professeurs de droit ont constamment à la bouche. C'est leur tic, leur nin-nin...

 

Ha, les « problématiques » ! Dans le français du XXIe siècle, il n’y a plus de problèmes mais des « soucis » ou des « problématiques ». Croyez-moi : la bombe atomique sur Hiroshima fut un sacré « souci ». En tant que substantif, « problématique » est un terme de didactique signifiant « la présentation d'un problème ». Ainsi, une dissertation pose une problématique que l'auteur doit résoudre par une argumentation. Le Robert cite L’Homme révolté de Camus : « Si, dans le monde sacré, on ne trouve pas le problème de la révolte, c’est qu’en vérité on n’y trouve aucune problématique réelle, toutes les réponses étant données en une fois ». Alors faut-il écouter Camus ou un de mes voisins qui évoquait récemment la « problématique de l’ascenseur de l’immeuble » qui, par un frottement suspect, faisait un bruit de grincement de dents tout aussi suspect ?

 

En résumé : massacre de la langue française par appauvrissement et à-peu-près. Et puis tribut, payé à la bien-pensance, qui ne mange pas de pain : « Un lieu ouvert à toutes les communautés [c’est quoi, des communautés ?], tous les âges [il ne manquerait plus que ça !]. un lieu de vie, d’échange, de partage, de tolérance et de respect.

 

Quand les commerçants auront-ils intégré qu'utiliser l'écriture inclusive ne leur fera pas gagner un client, ni même un centime ?

 

Bon courage, l’Alma Bar.

Encore un petit coup d’inclusiv.e !
Partager cet article
Repost0
16 octobre 2022 7 16 /10 /octobre /2022 05:01

Pendant la Seconde Guerre mondiale, André Verchuren, alors de nationalité belge même si résidant en France, entre dans la Résistance à l'âge de 24 ans. Il aide des aviateurs alliés, abattus au-dessus de sa région, à se cacher. En juin 1944, il est dénoncé, arrêté par la Gestapo, torturé et envoyé au camp de Dachau dans le Train de la mort, convoi no 7909, le 2 juillet 1944. Durant sa période de détention à Dachau, il est notamment affecté au personnel travaillant aux fours crématoires.

 

Le 14 juillet 1944, il provoque les SS en faisant chanter “ La Marseillaise ” à ses camarades de Block.

 

Il lui faudra des années pour que ses doigts retrouvent leur agilité d'avant la guerre.

 

Il ne parlait quasiment jamais de son séjour en camp de concentration. En tout cas, jamais aux médias. 

 

Il fit danser la France entière
Partager cet article
Repost0