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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 05:20

 

 

 
Marianne évoque des nouvelles techniques de vente à l'échelle européenne : gels douche d'Espagne, biscuits de Tchéquie, sodas de Pologne. Les rois du hard discount jouent sur les différences de prix d'un pays à l'autre en Europe. D'où l'arrivée dans les rayons de produits bradés dans toutes les langues.

 

Le genre de truc, pas évident à voir. Quoi de plus banal que des flacons de gel douche, serrés les uns contre les autres, au rayon hygiène des magasins hard discount ? On connaît déjà tout d'eux : leurs marques, leur logo, leur format. Pas de quoi s'attarder des plombes dessus. Et pourtant, il y a bien quelque chose qui cloche : tout est écrit dans des tas de langues différentes, néerlandais, espagnol, italien, anglais, etc. Pour que le consommateur français y comprenne quelque chose, on y a collé à la va-vite une étiquette au dos, détaillant la composition et les précautions d'emploi.

Dans le jargon de la grande distribution, on les appelle des « produits d'importation parallèle ». Achetés le plus souvent dans des pays de l'Union européenne sous forme de lots, ils sont vendus parfois deux fois moins cher que dans les circuits classiques. À la manœuvre, des brokers . Sorte de traders experts en négoce de produits grande consommation

 

 

 

Le Site Communistes signale un acte de piraterie internationale dont on n’a pas du tout parlé dans nos grands médias. Quatre tankers chargés de plus d’1million de barils de pétrole iranien à destination du Venezuela, ont été arraisonnés dans les eaux internationales par les EU en vertu d’une « ordonnance de confiscation ». 5 autres finirent par arriver au Venezuela, sous la protection des forces armées vénézuéliennes. 

 

Cette piraterie a été organisée à partir du contrôle du détroit d’Ormuz par les forces militaires de l’OTAN, les Pays-Bas. Le Danemark et la Grèce ont indiqué qu’ils mettaient des navires de guerre à la disposition des USA, la France prêtant bien entendu son concourt, l’Allemagne, la Belgique, le Portugal et l’Italie exprimant leur « soutien politique » à ces opérations de piraterie.

 

Les États-Unis ont bénéficié du soutien direct dans ces opérations du Royaume-Uni, de l’Australie, l’Arabie Saoudite, de Bahreïn et des Émirats arabes unis.


Cet arraisonnement montre une nouvelle fois la volonté des EU de porter atteinte à l’intégrité du Venezuela.

 

 

 

Revue de Presse (336)

 

Un article original de L’Humanité  sur le drapeau britannique, “ la complainte du desunion Jack ” : C’est un motif de décoration. Ou un accessoire de mode. Ou encore un simple logo. C’est un tapis. C’est un plaid. C’est un sofa. C’est une guitare. C’est un pull-over. C’est du commerce, c’est tout ce qui se vendra sous ses couleurs. On dit aussi que c’est un drapeau, l’Union Jack. Il a ce petit nom qui dit « un pour tous et tous pour un », et c’est rare dans sa catégorie. Toutes ces croix entremêlées représentent les quatre nations du Royaume-Uni : Angleterre, pays de Galles, Écosse, Irlande du Nord. Vrai, sûr et certain - encore que, ce n’est pas pour pinailler, mais il est où, le dragon gallois ? Quatre nations, et tant d’autres qui, héritage de l’empire colonial, l’ont décliné sur toute la planète, de l’Australie aux micro-États maxi-paradis fiscaux des Caraïbes… L’Union Jack, c’est donc un drapeau qui recouvre tant de choses, mais plus vraiment un pays, en fait. Non, mais attendez, regardez-le un peu, le Royaume-Uni !

 

Après son retour triomphal dans les années 1990 à travers le mouvement de marketing culturel baptisé « Cool Britannia » et surtout la brit pop, qui, emmenée par Blur, Oasis ou Pulp, replace le Royaume-Uni sur la carte planétaire, l’Union Jack reste sous les feux des projecteurs. Du rock and roll et des pintes de bière, du glam et du rustre : un spot publicitaire pour les rois du libre-échange à l’échelle mondiale. Mais à l’époque, le ver est déjà dans le fruit, car derrière la liesse des drapeaux britanniques à la une des magazines et à la caisse des magasins, c’est bien une nation, et une seule, qui parade : l’Angleterre. On le voit bien dans le sport… En foot, chacune des nations de Sa Majesté a sa propre équipe, son hymne, son drapeau… Avec des nuances de taille entre le foot et le rugby, toutefois : pour le ballon rond, les Irlandais du Nord chantent le God Save the Queen, quand pour l’ovale, les joueurs de Belfast vibrent avec leurs potes de Dublin et jouent pour un pays qui, c’est selon, n’a jamais subi de partition ou est déjà réunifié… Mais au bout du compte, quel que soit le jeu, c’est l’Angleterre qui domine outre-Manche. Et qui impose au Royaume-Uni ses codes, ses manières et surtout son idéologie.

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22 août 2020 6 22 /08 /août /2020 05:13
Par Gilles Questiaux

 

 

19 Août 2020 , Rédigé par Réveil Communiste

 

 

C’est un média qui relaye les messages de propagande capitalistes et impérialistes, en les présentant comme de l’information objective.

 

On le reconnaît notamment à ce qu’il participe aux campagnes mondiales qui ciblent un pays non occidental : cette année nous avons eu droit à la Biélorussie, Hong Kong, le Xinjiang, la Bolivie, et dans un passé récent aux campagnes infructueuses contre la Russie, la Corée, la Chine le Venezuela, l’Iran, Cuba, la Syrie, ou victorieuses en Ukraine, en Libye, en Birmanie, en Irak, etc.

 

Une seule cause anti-impérialiste a eu une certaine ouverture dans les médias, mais de moins en moins, celle de la Palestine, sans doute parce que la situation est verrouillée, et peut servir à montrer de manière répétée et redondante qu’il n’y a pas d’autre alternative à l’Empire que la défaite.

 

Ces médias peuvent aussi se révéler dans leur participation unanimiste à des campagnes politiques considérées par leurs propriétaires comme de grande importance, comme la campagne en faveur du oui au TCE en 2005.

 

Un média mainstream est ou bien : 

 

Un média capitaliste, qui appartient à des capitalistes qui le financent et dépensent beaucoup d’argent pour ça, et qui fait sous ses diverses variantes la promotion idéologique du capitalisme par la diffusion des idéologies libérales qui sont variées, mais largement à notre époque autour d’un consensus libéral-libertaire qui va allouer aux conservateurs traditionalistes un rôle de repoussoirs, comme les barbons ridicules des comédies de Molière. 

 

Comme par hasard, les médias professionnels de droite qui doivent assumer ce rôle peu flatteur (le Figaro, certains titres de la presse éco) en deviennent un peu plus crédibles que les autres, tant que le portefeuille n’est pas directement en jeu.

 

La quasi totalité des médias privés, qui ont une notoriété dans le grand public, et bien diffusés sont de tels médias.

 

Ou bien c’est un média d’État d’un État capitaliste relevant de la sphère impériale occidentale où l’information est encore plus verrouillée, et qui a surtout une mémoire plus longue : alors que les médias privés considèrent souvent qu’en ce qui concerne le communisme la partie est gagnée, la messe est dite et qu’il n’y a plus à s’en occuper, les médias d’État comme Arte ou France Culture organisent la prison mémorielle où ils veulent le placer, en falsifiant, salissant, ou détournant l’histoire révolutionnaire. Ces médias font aussi la promotion des intellectuels gauchisants inoffensifs qui ont tout à tour leur moment de célébrité.

 

 

Et un média mainstream c’est de toute manière un média occidental (nord américain, européen, océanien) qui recycle avec une tonalité compassionnelle dans le langage des ONG les préjugés occidentaux néocoloniaux, et qui est nourri exclusivement par les récits émanant des agences de presse occidentales qui produisent la plus grande partie de l’information accessible au grand public : Reuters, AP, AFP. Il n’y a plus en dehors de quelques grandes capitales occidentales, à domicile, presque plus aucun correspondant étranger attitré de ces médias qui pourrait produire une information originale.

 

Ce monde des médias gravite autour d’un petit nombre de titres de presse qui sont considérés comme des références de sérieux et d’objectivité, palme qu’ils ne manquent pas de se décerner à eux mêmes : le Monde, le New York Times, le Washington Post, et qui ne valent pas mieux que les autres. La seule différence étant que leurs rédacteurs principaux ont un statut des notables dans les milieux politiques décisionnels occidentaux qui dépasse celui que devrait leur apporter le niveau de leur rémunération.

 

Il y a des médias capitalistes ou d’État extérieurs à cette sphère géographique et culturelle, en Russie, en Chine, et dans la plupart des pays non occidentaux, mais leur contenu est jugé suspect à moins qu’il ne reflète servilement le contenu des grandes agences de presse occidentales, et dans ce cas il aura les honneurs d’une sélection dans « Courrier International ». Un média non-occidental n’est coopté dans le circuit de l’information mondialisée que s’il soutient les interventions de l’Occident dans le monde non-occidental, ou s’il reflète des positions caricaturalement réactionnaires.

 

C’est pourquoi les médias russes sont devenus indispensables à qui veut s’informer aujourd’hui en Occident : ce sont les seuls médias dynamiques et professionnels qui ont un intérêt objectif partiel à un dévoilement du réel. Ce qui explique les opérations de censure directe dont ils font l’objet.

 

Sinon la censure habituelle porte plutôt que sur la publication et l’édition, sur la diffusion et le référencement, comme le savent bien les animateurs de sites socialistes ou communistes de par le monde.

 

Le point le plus important à retenir est en même temps le plus banal et le plus facile à comprendre : l’information sur le réel est aliénée à des intérêts privés. 

 

La justification libérale de cet état de fait, selon laquelle un média honnête aurait plus de succès (et donc rapporterait davantage de profits à son propriétaire) et éliminerait les médias malhonnêtes ne tient pas la route une seule seconde : ces médias perdent presque tous de l’argent, à part les nouveaux médias des GAFAM, dont l’information est un produit secondaire. A part le fait que la concurrence développe au détriment de l'information sérieuse l’espace dévolu à la distraction et aux faits divers, il est patent que les médias sont les danseuses des grands groupes capitalistes, qui leur servent à distiller des messages qui favorisent leur intérêts, mais aussi dans leur croisade permanente contre tout ce qui n’est pas capitaliste et occidental (après tout ces gens peuvent être désintéressés).

 

Ce problème est ancien : les législateurs de la Libération avaient à cet effet interdit la concentration dans les entreprises de presse.

 

En gros le message mainstream est le suivant : le capitalisme produit des marchandises en abondance pour tout le monde, et une société tolérante où chacun fait ce qu’il lui plaît, et si ce n’est pas encore le cas partout, ce le sera bientôt grâce aux interventions de l’Occident. Nous ne vivons pas au sein d’un Empire mais dans une communauté internationale respectueuse de tous ses membres, et d’ailleurs cet empire qui n’existe pas est l’empire le plus bienveillant de l’histoire, auquel on ne peut reprocher qu’une seule chose : ne pas envahir assez de territoires pour y apporter la paix et la prospérité. Mais il s’affaire pour porter la démocratie et la liberté partout où le capitalisme ne règne pas, ou pas autant qu’on le voudrait, comme en Chine.

 

Toutes les information dites sérieuses qui sont diffusées doivent concourir à ce récit.

 

Lorsque des voix s’éloignent de ce consensus, elles deviennent de moins en moins audibles, sont diabolisées par la « théorie de la théorie du complot », ou s’enferrent d’elles-même dans des contradictions ou des polémiques stériles, parce qu’elles acceptent une partie des présupposés de la presse capitaliste en rejetant arbitrairement le reste.

 

Dans le passé, les médias appartenaient déjà à des capitalistes, mais l’impression reste que des messages opposés pouvaient davantage s’exprimer. C’est en partie une impression fausse, car l’information dont on a disposé sur des points cruciaux, sur l’URSS tant qu’elle existait, et qui s’est déposées dans les livres d’histoire, est encore moins fiable que le contenu de l’actu d’aujourd’hui. Mais le capitalisme avait des contradictions internes, des contradictions internationales, et il y avait une contradiction principale entre le capitalisme et le socialisme, et de part le monde un nombre non négligeable de situations socio-économiques mixtes qui reflétaient un compromis instable entre les deux systèmes. Une minorité dans la bourgeoisie occidentale, petite mais impossible à négliger, avait même fait le choix du socialisme, entre 1945 et 1975 environ, pour des raisons objectives qu’on ne peut pas développer ici sans sortir du sujet, et la bourgeoisie du Tiers Monde s’affichait volontiers marxiste.

 

Il y a avait donc grâce aux contradictions dans le réel une ouverture vers l'expression de la vérité, qui n’existe plus aujourd’hui.

 

Maintenant pour s'y orienter, on doit conjuguer les deux principes : a priori, rien de ce qu’annonce la presse capitaliste n’est crédible ; et d’autre part, qu’il est très difficile de s’en passer complètement pour s’informer de ce qui se passe vraiment. Il faut mettre au point des grilles de déchiffrement au cas par cas.

 

Ne croire en rien de ce que propage la presse capitaliste ne signifie pas croire en tout ce qu’elle ne propage pas, ou en ce qu’elle propage en lui affectant un coefficient négatif (comme les produits du blogueur Soral). 

 

La règle de bon sens est de ne pas prendre position, de ne même pas évoquer les questions sur lesquelles on n’a pas de connaissance, ou pour lesquelles on n’éprouve pas d’intérêt ou d’attirance. Ne pas en parler signifie ne même pas dire qu’on n’en parle pas et feindre l’étonnement et l’ennui en présence d’un faux débat sociétal.

 

Cela semble assez facile de conserver assez de recul de jugement, mais il est incroyable de voir à quel point le public, et notamment le public militant relativement cultivé qui se recrute dans la classe moyenne, peut être crédule, ou au moins sidéré par les informations d’officines qu’il sait pourtant clairement se situer dans le camp ennemi.

 

 

L’affaire Biélorusse est assez exemplaire d’un autre aspect de la situation actuelle : les médias capitalistes occidentaux interviennent comme des partis politiques dans les affaires des petits pays. Ils suppléent aux partis pro-empire qui n’y existent pas spontanément. En ce sens le journaliste indépendant en vient à nourrir le camp politique qui attaque les institutions ou l'État visés par les groupes de médias capitalistes. Les trouvailles du reporter free lance seront sélectionnées selon leur conformité à l’objectif. En Biélorussie l’impression qui en résulte est que le pouvoir n’a absolument aucun soutien, ce qui serait quand même bien surprenant, puisqu’on avoue maintenant qu’il en avait beaucoup auparavant (ce que l'on n'avait jamais dit).

 

Les mensonges actuels sont pour une part les aveux des mensonges précédents.

 

Le parallèle avec le mouvement en Bolivie contre le report des élections montre aussi comment un vrai mouvement populaire qui ne bénéficie pas des soutiens massifs des médias et des services occidentaux peut être occulté par les images d’une foule savamment manipulée dans une situation émotionnelle et hystérisée où on ne fait même pas semblant de vérifier les informations.

Comme disait Gil Scott-Heron the revolution will not be televised !

 

Il existait autrefois une presse liée à la classe ouvrière qui pouvait totalement ou partiellement relayer un message anti-capitaliste ou anti-impérialiste. Mais le conformisme social et l’intimidation produite sur les journalistes par des médias mainstream qui se confirment les uns les autres est telle que petit à petit ces espaces se ferment, de l’Humanité au Guardian. 

 

L’affaire Assange quant à elle est la chronique de la mise au pas du journalisme d’investigation, et témoigne de la fin des perspectives libératrices liées à l’agitation anarchisante dans le cyber-espace, au hacking et au piratage sur la toile. La persécution cruelle dont ce journaliste indépendant de grand format fait l’objet est une manière d’avertissement pour tous les autres.

 

Ce tableau peut paraître sombre, mais il faut tenir compte du renouvellement incessant des contradictions, et des efforts renouvelés aussi d’une partie des professions médiatiques d’être à la hauteur de leur déontologie, en créant des espaces indépendants. Le monde des réseaux sociaux et notamment Youtube offre aussi malgré la censure arbitraire qui s’y exerce des opportunités de communication et de diffusion des médias non-capitalistes.

 

Et on peut, en attendant mieux relayer au maximum Réveil Communiste et ses blogs associés !

 

GQ, 14 août 2020

 

PS, 15 août 2020

Commentaire de Bruno Drweski :

Les médias russes Rt et Sputnik sont fondamentaux certes, mais presstv iranien, télésur vénézuéliennes, CGTN chinoise pour ce qui est de la Télé et internet sont aussi très intéressant ainsi que les sites internets de nombreux journaux des pays du tiers monde. Par ailleurs, le gros problème des médias alternatifs est la monopolisation des informations par quelques agences de presse occidentales qui empêchent d’avoir accès aux informations importantes à la source.

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18 août 2020 2 18 /08 /août /2020 05:01

Michel Rosenzweig, dans le Grand Soir, estime que la France est entrée dans une forme de dictature sanitaire :

 

Si  ce régime est imposé aujourd’hui dans des conditions sanitaires saines, qu’en sera-t-il lorsque les autres coronavirus reviendront bientôt ?

 

Au moindre rhume, aux moindres symptômes grippaux, que fera t-on ?

 

Si ces contraintes limitantes drastiques sont imposées alors qu’elles ne se justifient pas aujourd’hui, à quelles mesures aurons-nous droit à la saison des grippes ?

 

Dans ces conditions, il est clair que ce régime sera maintenu sans aucune limite de temps.

 

C’est un peu comme si on avait érigé un immense barrage face à une hypothétique vague démesurée, un tsunami dont la survenue est loin d’être certaine.

 

C’est un peu aussi comme le désert des Tartares avec sa forteresse érigée contre un ennemi qui ne venait jamais.

 

Nous avons basculé dans un univers de précaution absolue visant l’asepsie et le risque zéro pour préserver la vie et nous sommes en réalité entrain de perdre la vie.

 

Car la vie n’est pas la survie.

 

Lorsque vous marchez dans une rue commerçante de votre quartier et qu’un inconnu masqué vous fonce dessus pour vous prévenir que la police vient de verbaliser deux personnes pour non port du masque alors que rien n’indique qu’il est obligatoire dans ce secteur, vous réalisez qu’il se passe quelque chose qui n’a strictement rien à voir avec la santé.

 

Lorsque vous prenez les transports en commun et que des patrouilles de police sanitaire arpentent la plateforme en dévisageant les passagers, vous comprenez que ce monde est devenu invivable.

 

Lorsque vous entrez dans votre bistrot familier et qu’on exige de vous de mettre votre masque pour faire 2m50, et qu’en vous installant, la serveuse masquée vous présente un carnet dans lequel vous êtes invité à indiquer votre nom et votre numéro de téléphone pour être autorisé à manger, vous comprenez que rien ne sera jamais plus comme avant et que la joie, le plaisir de sortir, la convivialité, les échanges et les partages dans ces conditions, c’est terminé.

 

Je suis désolé pour toutes les personnes qui approuvent ce régime de dictature sanitaire, sincèrement, car je pense qu’elles ont perdu leur sens commun, leur bon sens, leur faculté de juger et de discriminer.

 

Revue de presse (335)

 

Le site Communistes présente quelques conséquences socio-économiques de la pandémie :

 

La crise économique, qui a commencé avant la pandémie et qu’elle a aggravée, produit des effets destructeurs sur l’emploi avec plus de 600.000 emplois supprimés depuis le début de l’année, la baisse des salaires, la montée en flèche de la précarité et tout particulièrement pour la jeunesse...et ce n’est qu’un début. Dans le même temps le pouvoir avec Castex comme VRP se répand en exonérations de « charges » pour les patrons et il y en a d’autant plus qu’ils sont plus gros ! Il est vrai que la situation est propice pour le capital dans l’accélération des restructurations et dans les concentrations du capital. La course à la rentabilité du capital, dans une concurrence exacerbée entre les monopoles des centres impérialistes nécessite ces restructurations et concentration du capital. Dans le même temps, les dépenses militaires s’envolent et le patron d’Airbus vient de déclarer récemment que sa société devrait miser beaucoup plus sur le militaire dont les débouchés s’élargissent: belle perspective !

 

Patronat et pouvoir avec leur armée d’idéologues accélèrent la bataille des idées. Elle vise à rechercher les voies d’une adhésion des salariés à la stratégie du capital. D’articles en déclarations, de colloques en université d’été, tout particulièrement celle du Medef qui sera ouverte par Castex, se profile l’idée qu’il conviendrait de donner quelque « pouvoir » de codétermination de la politique des entreprises aux salariés. Ce sont des vieilles lunes du patronat, l’expérience le montre tous les jours : lui et lui seul décide de la stratégie en fonction d’un seul objectif le taux de profit maximum, tout le reste n’est que de la littérature. Ce qu’il veut, c’est modifier le rapport de force en sa faveur pour aller plus loin dans l’exploitation du travail salarié.

 

 

Le site Regards.fr revient sur une victime de la police, un homme de 34 ans père de trois enfants, dont on a fort peu parlé :

 

 

Pendant le confinement, Mohamed avait bien son attestation lorsqu’il est sorti vers 22h, mais nous avions en plus un couvre-feu. L’arrestation a été très musclée. Beaucoup de témoignages concordent en ce sens. Il hurlait parce qu’il avait déjà eu des problèmes avec la police – un arrêt cardiaque lors d’une arrestation – et avait peur. Ils s’y sont mis à tous les trois pour le menotter et le mettre dans la voiture à plat-ventre. Ils s’y sont repris à trois fois pour fermer la porte, alors que sa tête dépassait. Un policier est monté derrière pour le maintenir. Mohamed avait la trace de deux genoux sur son cou. Il est mort d’une rupture de la corne thyroïdienne. Deux autopsies confirment cela. Les policiers ont mis neuf minutes pour arriver au commissariat. De là où ils partaient, si vous mettez trois minutes, c’est déjà le bout du monde. Surtout à cette heure-là. Quand Mohamed est arrivé au commissariat, il était bleu, il bavait. Trois policiers nationaux, qui témoignent dans l’affaire, ont appelé immédiatement les pompiers, mais ils n’ont pas réussi à le réanimer. Pour revenir au début de la soirée, Mohamed, sa femme et leurs trois enfants avaient eu un problème de dégâts des eaux à leur domicile. Ils étaient allés chez la mère de sa compagne, mais l’appartement était trop petit pour que tous y dorment, donc Mohamed partait dormir chez un copain. C’est comme ça qu’il se retrouve dehors pendant le couvre-feu. La famille a été prévenu le lendemain de son décès. Ils ont été complètement effondrés.

 

 

PS : Je ne suis pas responsable de la pub pour Intermarché.

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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 05:07

Le 24 juillet, j'ai publié mon 5 000ème article sur la plate-forme overblog. A ma grande honte, j'avoue que cela m'avait échappé. Tout n'est pas de mon cru, mais tout de même...

 

Bientôt 14 ans que cette plate-forme et moi sommes compagnons.

 

Deux mots sur Overblog. Il s'agit d'une plateforme d'hébergement de blogs. Elle permet aux usagers de créer et gérer des blogs. La société a été créée en 2004 à Toulouse par Frédéric Montagnon, Gilles Moncaubeig et Julien Romanetto.

 

En , Overblog a fusionné avec Wikio et Ebuzzing pour construire le groupe leader européen du média social et former le Wikio Group, renommé plus tard Ebuzzing Group. En , OverBlog a été racheté par le groupe Webedia (groupe Fimalac) pour 5 millions d'euros.

 

La plateforme est principalement financée par les revenus publicitaires et les services payants. Une partie de ses revenus publicitaires sont reversés aux auteurs des blogs sous forme de « droits d'auteur ». Personnellement, je n'ai jamais rien touché et cela ne m'a pas empêché de vivre.

 

En , OverBbog est financé à 50 % par la publicité, le reste se subdivisant entre services payants et marque blanche, la grande majorité des blogueurs ne paye rien.

 

L'entrée au capital du groupe TF1 (26 % de la SAS) a permis le développement du logiciel et l'infrastructure technique d'une nouvelle version.

 

À la suite de la fusion avec Wikio / eBuzzing en octobre 2010, le nouvel ensemble augmente son capital de 4 millions d'euros pour déployer un groupe de média social. La société dispose de bureaux à Paris, Toulouse, Rome, Milan, Londres, Bâle Hambourg, Düsseldorf, Madrid et emploie plus de 160 personnes. Elle totalise alors plus de 30 millions de visiteurs uniques. Une nouvelle levée de fonds de 25 millions de dollars est organisée à l'été 2011 mettra finalement fin au projet controversé pour se concentrer sur le développement global de la plateforme.

 

En avril 2014, OverBlog se fait racheter par le groupe Webedia (groupe Fimalac), possédant entre autres PureMédiasAlloCiné et CanalBlog, pour moins de 5 millions d'euros.

 

Lors de sa cession à Xebedia en avril 2014, le site enregistre plus de 50 millions de visiteurs uniques par mois.

 

Créé à l'origine par une poignée de copains toulousains, overblog est donc devenu un élément constitutif d'un empire considérable.

 

J'ai créé ce blog il y a 14 ans car j'avais claqué la porte de mon blog Nouvelobs. J'y avais été censuré de la manière la plus méprisable possible pour un seul écrit totalement anodin. Le nouvelobs m'avait permis de continuer à écrire mais ne m'affichait plus sur sa page d'accueil. Deux ou trois censeurs et censeuses aussi jeunes qu'incultes avaient donc décidé de me tester pour une durée indéterminée. Ce que j'avais refusé.

 

Je n'ai jamais connu ce désagrément chez overblog même si, à deux ou trois reprises, des lecteurs m'ont "signalé", ce dont j'ai été averti.

 

Pourvu que ça dure...

 

5000 articles !
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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 05:34

 

 

J’ai lu récemment ce fort livre du très grand érudit italien Nicola Gardini Vive le latin. Histoires et beauté d’une langue inutile. Si cet ouvrage avait existé quand, moi-même, j’étudiais la langue, je ne me serais pas traîné aussi lamentablement pendant six ans dans l’étude de ce que j’ai vécu comme une plaie. Les quatre mauvais profs sur six qui me l’enseignèrent y firent pour beaucoup.

 

Alors, pour vous mettre l’eau à la bouche, je citerai ce court passage sur le vocabulaire sexuel des Romains, puisé dans Catulle ;

 

Parties du corps : mentula (bite ou bitte, membre viril) ; cunnus (con, sexe féminin) : culus (cul) ; verbes : futo (foutre et dérivés – confutuo, ecftuta, defututa, diffututa ; le substantif fututio (coup) est également attesté ; pedico (être sodomisé) ; irrumo (mettre dans la bouche, se faire sucer) ; on trouve aussi les substantifs irrumator et irrumatio ; truso (pousser vivement, baiser) ; glubo (peler, écorcer, employé métaphoriquement pour avoir un rapport sexuel ; fello (sucer) ; perdepso (pétrir à fond, malaxer, métaphore pour posséder sexuellement) ; voro (engloutir, c’est-à-dire recevoir dans la bouche ou le derrière ; on trouve aussi l’adjectif vorax (vorace). Autres substantifs : scortum (prostituée) ; scortillum (traînée), pathicus (homosexupassif) ; cinaedus (même sens, le mot se trouve encore chez l’Arioste.

 

Dire le sexe dans la Rome antique
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13 août 2020 4 13 /08 /août /2020 07:02

Je reproduis ici un article de Denis Collin à propos d’un entretien d’Hakim El Karoui au Figaro.

 

Brillant politiste, Hakim El Karaoui poursuit deux objectifs : faire de la société française un paradis de l'ultralibéralisme et créer un "islam de France". Pour ce qui est de l'islam, il n'y va pas par quatre chemins :  selon lui, la sunna, basée sur les hadîths (dires, écrits et propos rapportés du prophète Mahomet), « n'est pas compatible avec le système de valeurs de la France contemporaine. »

 

 

On l'a vu frayer avec une bonne partie de la classe politique française : Raffarin, Royal, Delanoë, Chirac, Dati. La banquier éborgneur est à une encablure.

 

 

 

 

 

 

Ancien conseiller de Raffarin et Thierry Breton, ancien direc­teur chez Rothschild, ancien sou­tien de Mme Royal, mais tou­jours bien ancré à droite, Hakim El Karoui a fondé les Young Mediterranean lea­ders » (tiens, tiens …) et fut l’éphémère conseiller de Ben Ali au moment où le dic­ta­teur fai­sait face à la révo­lu­tion. Il a également publié en col­la­bo­ra­tion avec l’ultra­li­bé­rale « Fondation Montaigne » un rap­port inti­tulé « Un islam fran­çais est pos­si­ble » (2017) et fondé en 2019 une « Association Musulmane pour l’Islam de France ». Militant libé­ral et mili­tant musul­man, peut-être un des faux-nez des « frères », cet homme confie au Figaro du 31 juillet un entre­tien titré « Les retrai­tés doi­vent contri­buer à l’effort de guerre sani­taire ». Déjà le titre est tout un pro­gramme : faites payer les vieux en bais­sant les pen­sions. Ceux qui n’ont pas eu le bon gout de mourir dans l’épidémie de Covid vont passer à la caisse.

Pour ce mon­sieur, le gou­ver­ne­ment a fermé la société pour pro­té­ger les vieux. Les jeunes géné­ra­tions ont payé et vont payer encore plus demain cet élan de soli­da­rité. Quand on lui rap­pelle que de très nom­breu­ses per­son­nes âgées ont été écartées des hôpi­taux, il affirme que « c’est le contraire ». Avec ce sens de la « vérité alter­na­tive », cet homme a toute sa place au gou­ver­ne­ment. Mais le plus impor­tant vient ensuite : « Les enfants et petits-enfants des baby-boo­mers disent la même chose. À la dette cli­ma­ti­que, il faut ajou­ter la dette finan­cière et sociale. La géné­ra­tion du baby-boom, qui a fait peu d’enfants, aurait dû épargner pour le finan­ce­ment de ses retrai­tes, sachant que le nombre d’actifs par retrai­tés allait s’effon­drer. Non seu­le­ment elle ne l’a pas fait, mais elle a endetté l’État sans mesure. Les baby-boo­mers ont inventé la soli­da­rité à l’envers : des pau­vres endet­tés (les jeunes) vers les riches qui vivent à crédit (les baby-boo­mers). » Tout est dit, en quel­ques phra­ses. Les « baby-boo­mers » sont les res­pon­sa­bles de la situa­tion actuelle, il va fal­loir les faire payer. Les retrai­tes sont trop élevées et non finan­cées – c’est encore une des affir­ma­tions gra­tui­tes et pure­ment men­son­gè­res de ce mon­sieur. Et de plus, ces affreux qui ont eu le tort de naître en gros entre 1942 et 1958 lais­sent une dette cli­ma­ti­que.

Chez cet homme, la « lutte des âges » est une obses­sion. « J’avais ana­lysé en 2013 la ges­tion de la crise finan­cière de 2009 et j’avais cons­taté que les déci­sions prises (gel de l’inves­tis­se­ment public, garan­ties des ban­ques too big to fail et mon­ta­gnes d’argent déver­sées dans l’économie), avaient fina­le­ment pour seul objec­tif de pré­ser­ver la valeur des actifs de la géné­ra­tion qui avait suren­detté le monde occi­den­tal. Dans une situa­tion nor­male, ils auraient dû perdre. Et la crise aurait permis la redis­tri­bu­tion des cartes entre les géné­ra­tions. Il s’est pro­duit tout l’inverse : regar­dez l’évolution de l’immo­bi­lier à Paris depuis dix ans. »

Comment démê­ler cet édifice de men­son­ges bien digne d’un faux-cul reli­gieux libé­ral ? Tout le monde (sauf lui) sait que la liqui­da­tion en cours de l’État social modèle 1945 a été amor­tie par des trans­ferts mas­sifs (privés) des parents vers les enfants et même encore plus sou­vent des grands-parents vers les petits-enfants. En revan­che, ce qu’ont fait les poli­ti­ques publi­ques, c’est un trans­fert massif des riches­ses des sala­riés et des clas­ses moyen­nes vers les grands capi­ta­lis­tes. Quand il parle de « pré­ser­ver les actifs de la géné­ra­tion qui avait suren­detté le monde occi­den­tal », l’ami des Rothschild et conseiller de Ben Ali passe les bornes. L’immense majo­rité de retrai­tés n’a aucun actif ou pres­que, éventuellement pos­sède son loge­ment et n’a nul­le­ment endetté l’Occident. Par contre, ceux qui se sont goin­frés et ne pas­sent jamais à la caisse, El Karoui n’en parle pas du tout. Normal : ce sont ses patrons et il n’est que leur porte-plume.

El Karoui se plaint que les retrai­tés n’ont pas perdu avec la crise – je ne sais où il a vu ça – et annonce qu’il fau­drait cor­ré­ler le niveau des retrai­tes à l’acti­vité, c’est-à-dire à la crois­sance ou non du PIB. Ce qui est exac­te­ment la réforme Macron. Mais il faut démon­ter le fond de l’argu­men­ta­tion : les vieux auraient endetté les jeunes : c’est oublier que les jeunes pos­sè­dent par défi­ni­tion une dette vis-à-vis des vieux. Si on fac­tu­rait aux jeunes loups aux dents lon­gues les heures de bibe­ron, les nuits pas­sées à veiller le petit malade, les repas, les vacan­ces, l’école, et toutes ces choses qui sont payées par les parents – indi­vi­duel­le­ment ou col­lec­ti­ve­ment – la fac­ture serait salée ! Au demeu­rant les pleur­ni­chards qui se lamen­tent sur le sort des jeunes endet­tés par leurs parents oublient que d’un autre côté ils mili­tent acti­ve­ment pour l’endet­te­ment des jeunes afin de déve­lop­per les grands écoles et uni­ver­si­tés payan­tes sur le modèle amé­ri­cain. Au tarif du marché, à com­bien fau­drait-il fac­tu­rer à toutes ces pau­vres vic­ti­mes de l’égoïsme des babies-boo­mers une année d’uni­ver­sité (qui coûte tout au plus quel­ques cen­tai­nes d’euros), une année de classe pré­pa­ra­toire (gra­tuite actuel­le­ment) ou une année de grande école publi­que qui coûte quel­ques mil­liers d’euros alors qu’au tarif mon­dial c’est en dizai­nes de mil­liers d’euros qu’il fau­drait comp­ter. Les parents qui se sont sai­gnés aux quatre veines pour per­met­tre à leurs enfants de décro­cher les bons diplô­mes des meilleu­res écoles, n’en ver­ront jamais le retour, sinon dans la récom­pense toute morale de la satis­fac­tion du devoir accom­pli. En cal­cu­lant bien, on ver­rait qu’une très grande partie de l’endet­te­ment des vieilles géné­ra­tions est un endet­te­ment en faveur des jeunes géné­ra­tions. Ajoutons que les mil­liers de kilo­mè­tres d’auto­rou­tes, de câbles télé­pho­ni­ques ou électriques, les cen­tra­les énergétiques et les hôpi­taux, les monu­ments et les TGV, tout cela non seu­le­ment les jeunes en pro­fi­tent, mais encore ils en pro­fi­te­ront encore demain quand tout cela sera amorti. Où est la dette ? Qui est endetté envers qui ?

Le plus haut comi­que est atteint par El Karoui quand il évoque (sans s’étendre) la dette écologique. On pour­rait tout sim­ple­ment pro­po­ser aux pau­vres enfants de ces sinis­tres « babies-boo­mers » de vivre comme vivaient leurs parents ou leurs grands-parents qui, leur jeu­nesse durant, ont connu une vie net­te­ment moins coû­teuse en termes d’empreinte écologique. Les jeunes mal­heu­reux que feint de plain­dre notre « pen­seur » pour­raient par exem­ple renon­cer à leurs por­ta­bles, à leurs ordi­na­teurs, à toutes ces peti­tes machi­nes qui sont deve­nues les pre­miers consom­ma­teurs mon­diaux d’énergie. Les babies-boo­mers étaient bien loin d’aller tous au col­lège et au lycée. La grand majo­rité tra­vaillait à qua­torze ou seize ans au lieu de glan­der dans ces pré­ten­dus lieux d’ins­truc­tion deve­nus des « lieux de vie » où l’on sup­plie les pares­seux et les je-m’en-fou­tis­tes de bien vou­loir hono­rer le pro­fes­seur de leur simple pré­sence au cours.


Cela suffit à démon­trer la bêtise ou la vilé­nie des propos d’Hakim El Karoui. L’une n’est d’ailleurs pas exclu­sive de l’autre. Le fond de l’affaire est double : d’une part, il s’agit d’oppo­ser jeunes et vieux et selon les vieux prin­ci­pes du macrono-maoïsme, on mobi­lise, comme pen­dant la révo­lu­tion cultu­relle, les jeunes contre les vieux (vieux truc de tous les régi­mes tota­li­tai­res). D’autre part, la géné­ra­tion du « baby-boom » incarne les trois ou quatre décen­nies qui ont suivi la Seconde Guerre mon­diale, pen­dant les­quel­les le sys­tème de l’État social – c’est-à-dire la coha­bi­ta­tion d’une société encore capi­ta­liste avec de puis­san­tes ins­ti­tu­tions socia­les – a permis une impor­tante élévation du niveau de vie des sala­riés, des ouvriers et employés et comme il s’agit aujourd’hui d’orga­ni­ser le grand mas­sa­cre de la classe ouvrière et des clas­ses sala­riées en géné­ral, les sbires des puis­sants appel­lent à tirer sur les « babies-boo­mers » – qu’on se ras­sure, pas sur les babies-boo­mers richis­si­mes qui payent Macron ou El Karoui, mais sur les babies-boo­mers qui vivent sim­ple­ment de leur retraite qui n’est que le salaire dif­féré et socia­lisé.


Un der­nier point, Hakim El Karoui n’a rien inventé. Il ne fait que repren­dre la chan­son des Attali et Minc, c’est-à-dire des maî­tres de Macron. Attali fut un grand mit­ter­ran­diste devant l’éternel, El Karoui était au ser­vice de Raffarin, mais la droite et la gauche dans ces sphè­res-là, ça ne veut rigou­reu­se­ment rien dire, car ils pen­sent tous les mêmes choses et ont tous un seul but : régler son compte au mou­ve­ment social. Les tueurs sont lâchés.

 

Contre les retraites, les tueurs sont lâchés
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10 août 2020 1 10 /08 /août /2020 05:17

 

 

Le site Communistes brosse un tableau très sombre de la réalité sociale aux Etats-Unis :

 

 

Deux mois après la mort par asphyxie de George Floyd, le mouvement de contestation ne faiblit pas et connaît un rebond important. A Portland, la police fédérale a investi les rues pour réprimer les manifestants. Les dockers ou les chauffeurs de bus ont fait grève par solidarité. Trump cherche, en vain, à briser le mouvement et ne fait que raviver les colères, partout dans le pays à Los Angeles, Seattle, Richmond… les manifestations sont massives, des émeutes ont repris, des barricades se lèvent où s’affrontent les manifestants face aux balles en caoutchouc et aux gaz lacrymogènes des forces de l’ordre. Trump menace que d’autres villes seraient également soumises à une intervention fédérale pour déployer 75 000 policiers fédéraux à New York, Chicago, Cleveland, Milwaukee, Philadelphie, Detroit, Baltimore, Oakland et Albuquerque…


Les revendications, les manifestants ne remettent pas seulement en cause le rôle de la police, elles sont bien plus larges. La crise est plus profonde et le gouvernement Trump s’attend à une éruption de protestations sociales. Il prépare une répression massive. Il s’était déclaré président de «l’ordre rétabli», menaçant d’invoquer la loi de 1807 sur l’insurrection afin de qualifier les personnes qui protestent contre la violence policière de «terroristes étasuniens».

 

Nos médias sont muets sur la situation, les États-Unis sont une poudrière sociale et politique. La pandémie a mis en évidence les dysfonctionnements avec toutes ses conséquences de la société capitaliste américaine et de ses institutions politiques. La recherche implacable de profits et de richesses a créé les conditions de la révolte.

 

Mais alors même que le virus se propage et que le nombre des morts augmente, le gouvernement Trump insiste pour que les travailleurs restent au travail ou y retournent et pour que rouvrent les écoles, peu importe les conséquences pour les enseignants et les élèves.

 

* chaque jour plus de 1.100 décès du covid 19. Au Texas, en Floride, en Californie, en Arizona et dans d’autres États encore, les hôpitaux sont débordés. les assurances privées font toujours la loi, les soins et médicaments sont tellement chers que les dépenses de santé sont plus élevées que dans n’importe quel autre pays riche, la pandémie met un coup de projecteur tragique sur les inégalités et sur les conséquences de l’absence d’un système de santé collectif.

 

* Plus de 27 millions d’Américains n’ont encore à ce jour aucune assurance maladie, soit 8,5 % de la population

 

* Les personnes les plus à risques ont subi de plein fouet la volonté du gouvernement de ne rien faire et montre la fragilité du système de santé US soumis aux exigences du capital.

 

L'économie américaine a plongé de 32,9 % au deuxième trimestre. La crise économique frappe et fragilise les plus précaires qui sont en première ligne de la récession et du chômage de masse.

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Les chiffres du chômage au mois de juin avaient surpris tous les économistes, le taux de chômage était "redescendu" à 11,1 % en juin, contre 13,3 % en mai mais reste bien supérieur aux 3,5 % du début d'année.

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Donald Trump, s'est félicité des chiffres, organisant même une conférence de presse improvisée. « Notre économie est en train de se remettre à vrombir », s'est-il réjoui. « Nous allons avoir un superbe troisième trimestre. La bonne chose, c'est que ces chiffres vont sortir juste avant l'élection, donc les gens pourront les voir ! »

 

* Les licenciements enregistrés au printemps ont été si massifs que le gain de 4,8 millions d'emplois en juin laisse encore des millions d'Américains sans travail. Au total, 17,8 millions de personnes étaient sans emploi en juin, soit 12 millions de plus qu'en février. Les économistes estiment que le taux de chômage réel se situerait au-delà des 16 %.

 

* Le moratoire sur les expulsions a expiré, menaçant des millions de gens d’être expulsés de leur domicile. 23 millions de familles américaines, en retard sur le paiement de leur loyer à cause de la pandémie, risque d’être expulsées de leur logement d’ici fin septembre, des expulsions pourraient avoir lieu dans près de 30 % des logements locatifs du pays. En Virginie-Occidentale près de 60 % des locataires risquent ainsi d’être expulsés.

 

Des millions de familles vont se retrouver dans la misère, sans abri et affamées. Pour les chômeurs, l’arrivée du mois d’août marque la fin d’une aide cruciale de 600 dollars par semaine, mise en place depuis avril, dans le cadre du plan de relance américain.

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“Cela pourrait entraîner une perte de revenus substantielle pour quelque 30 millions d’Américains”, a expliqué l’économiste Ernie Tedeschi. Selon ses calculs, cette mesure risque d’engendrer une baisse de 30 à 50 % des revenus de millions de chômeurs.

 

* Des milliers de salariés qui étaient au chômage technique depuis le printemps sont aujourd’hui face à un dilemme. Rappelés ces derniers jours par leur employeur, ils hésitent à revenir travailler par peur d’être contaminés. S’ils refusent : “ils risquent de perdre leurs allocations chômage”, rappelle le quotidien californien. “Les gens doivent choisir entre leur paie et leur santé”, résume l’experte en politique sanitaire Laura Stock, interrogée par le Los Angeles Times.

 

* On estime que 16 millions de travailleurs américains ont perdu l’assurance maladie fournie par leur employeur.

 

Si la crise du coronavirus a porté un coup à l'économie mondiale, elle profite à quelques-uns. Entre le 18 mars et le 19 mai 2020, la valeur nette des 600 plus grosses fortunes américaines a augmenté de 434 milliards de dollars. Cela représente 398 milliards d'euros, et un bond de 15% en seulement deux mois.

 

 

Gala nous apprend que Benjamin Grivaux et sa femme Julia Minkowski (je connais une de ses cousines, si, si !) forment toujours un couple très uni :

 

Ils sont toujours soudés, même six mois après le scandale. Selon Purepeople, Benjamin Griveaux et sa femme Julia Minkowski sont apparus complices au festival de Ramatuelle ce vendredi 7 août.

 

Six mois après la polémique qui l'avait poussé à renoncer à sa candidature aux élections municipales de Paris, Benjamin Griveaux a effectué une visite remarquée ce vendredi 7 août en se rendant au festival de Ramatuelle. L'ex porte-parole du gouvernement n'était pas seul puisqu'il était accompagné de sa femme, Julia Minkowski . L'avocate et l'homme politique ont assisté à une représentation de la pièce de théâtre Hugo au bistrot avec Jacques Weber et Magali Rosenzweig.

 

Complices et souriants , comme en témoignent des clichés de la soirée relayés par nos confrères, Benjamin Griveaux et Julia Minkowski ont pris la pose le temps d'une photo de groupe au théâtre de Verdure à Nice, avec et sans masques de protection, aux côtés de Jacqueline Franjou, présidente du festival de Ramatuelle, et Michel Boujenah, directeur artistique. Un retour discret sur la scène publique pour celui qui a intégré la Base industrielle et technologique de défense (la BITD, poste d'ailleurs renommé en raison de moqueries visant le député), chargé d'une nouvelle "mission temporaire" comme l'a annoncé le Journal officiel le mardi 4 août. " M. Benjamin Griveaux, député, est (...) chargé d'une mission temporaire ayant pour objet les moyens d'assurer aux jeunes une meilleure alimentation accessible à tous", peut-on ainsi lire dans ce décret signé par le Premier ministre Jean Castex.

 

 

Revue de presse (334)
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5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 05:07

 

Serge Halimi nous rappelle que les Etats-Unis sont en guerre avec l’Afghanistan depuis 20 ans : « Les soldats américains de 18 ans qui partent aujourd’hui faire la guerre en Afghanistan n’étaient pas encore nés quand elle fut déclenchée. En 2012, M. Donald Trump avait déjà tranché : « Il est temps de quitter l’Afghanistan (1). » Il n’est pas acquis qu’il parvienne à ses fins mieux que son prédécesseur Barack Obama. Car chacune des tentatives de désengager les États-Unis militairement d’un pays quelconque — la Syrie, la Libye, la Corée, l’Allemagne — provoque une levée de sabres à Washington. Aussitôt le lobby de la guerre se récrie : les Russes sont là ! les Russes arrivent ! Le budget militaire des États-Unis (738 milliards de dollars en 2020) a beau représenter plus de dix fois celui de la Russie, agiter le grelot de Moscou suffit pour que républicains et démocrates hurlent ensemble leur effroi. Et ils savent pouvoir compter sur le soutien éditorial du New York Times. »

 

Un article novateur sur la langue japonaise par Mizubayashi Akira : « « Langue servile » et société de soumission.Il est impossible, en japonais, de s’adresser en termes identiques à un supérieur ou à un collègue de travail, ni même de parler à son frère aîné comme à son cadet. La langue s’encastre dans une société verticale où la soumission est érigée en vertu. »

 

Une enquête de David Garcia sur France Inter : « France Inter, écoutez leurs préférences : Depuis quelques mois, France Inter s’enorgueillit d’être la radio la plus écoutée du pays : 6,1 millions d’auditeurs chaque jour, selon la dernière enquête Médiamétrie. Soit. Mais que valent ses émissions et, surtout, à qui sont-elles destinées ? Au fil des innovations (et des purges), la machine est devenue plus performante et moins surprenante. Sociologiquement, idéologiquement, la chaîne généraliste du service public, censée « donner une image la plus réaliste possible de la société française », semble s’adresser à une France particulière. Au point de mépriser les auditeurs qu’elle juge indignes de ses lumières ? »

 

Pierre Carles nous rappelle que Georges-Ibrahim Abdallah est en prison en France depuis plus de 30 ans pour complaire aux Etats-Unis : « La convention européenne des droits de l’homme interdit de maintenir un condamné en prison « sans aucun espoir de sortie ». Cela semble pourtant correspondre au sort du militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré en France depuis plus d’un tiers de siècle. La prolongation de sa détention doit beaucoup au climat créé par des attentats auxquels il est étranger. »

 

Christophe Trontin lève le voile sur ces chercheurs russes « Confinés dans les villes secrètes de l’atome soviétique.De la bombe H à la conquête spatiale, la plupart des grands programmes technologiques soviétiques ont vu le jour entre les murs de villes secrètes. Scientifiques, ingénieurs et ouvriers y vivaient en vase clos, dans un univers relativement préservé. Depuis la chute de l’URSS, ces cités peinent à trouver un nouveau souffle. À l’image de Sarov, un des centres de recherche sur le nucléaire militaire. »

 

Un article intéressant de Thomas Frank sur les populistes et la médecine aux Etats-Unis : « Les populistes américains contre le lobby des médecins. L’incurie des présidents Donald Trump et Jair Bolsonaro face à la crise sanitaire a conforté l’idée que les « populistes » seraient hostiles à la science, médicale en particulier. L’histoire des États-Unis et du Canada rappelle le contraire : les populistes se sont battus pour démocratiser le savoir et la santé pendant que la corporation des médecins s’employait à les réserver aux riches. »

 

Un article intéressant de Thomas Frank sur les populistes et la médecine aux Etats-Unis : « Les populistes américains contre le lobby des médecins. L’incurie des présidents Donald Trump et Jair Bolsonaro face à la crise sanitaire a conforté l’idée que les « populistes » seraient hostiles à la science, médicale en particulier. L’histoire des États-Unis et du Canada rappelle le contraire : les populistes se sont battus pour démocratiser le savoir et la santé pendant que la corporation des médecins s’employait à les réserver aux riches. »

 

Thelma Katebi nous explique ce qu’il en est d’être chanteur en Iran : « Confrontés à la censure et à l’ordre moral imposés par l’appareil théocratique, les artistes iraniens oscillent entre autocensure, obligation de composer avec l’administration ou exil, que ce soit à Londres ou, surtout, à Los Angeles. Vilipendé par les autorités, qui le qualifient d’« indécent » et qui interdisent ses concerts, le rap rencontre l’adhésion d’une jeunesse en mal d’ouverture politique. »

 

Le Monde Diplomatique (243)

 

Arthur Asseraf nous emmène aux origine de la presse arabe : « Au début du XIXe siècle apparaissent les premiers journaux en langue arabe, qui ont longtemps eu une finalité administrative. Par la suite, les pouvoirs coloniaux y ont vu un outil pour s’adresser directement aux populations autochtones et diffuser leur propagande dans l’ensemble du monde arabophone. Les titres indépendants ont bénéficié, eux, du savoir-faire de maronites syro-libanais. »

 

Pour Mohammed Lari Bouguerra, le hadj est l’autre pétrole des Saoud : « Le pèlerinage à La Mecque, cinquième pilier de l’islam, garantit une manne perpétuelle aux autorités saoudiennes. Pour recevoir un nombre toujours plus important de visiteurs, les dirigeants wahhabites n’hésitent pas à transformer la ville sainte en chantier permanent, quitte à la défigurer. L’ambition d’accueillir toujours plus de pèlerins pose de graves problèmes de sécurité et de santé. »

 

Hélène Ferrarini revient sur l’historien marxiste Walter Rodney, oublié au Guyana : « En 1980, 35 000 personnes assistaient, à Georgetown, à l’enterrement de Walter Rodney, opposant au pouvoir en place, assassiné. Quarante ans plus tard, au Guyana, on cherche en vain des traces de l’historien marxiste, qui voulait remplacer la politique ethnique de son pays par des organisations fondées sur une solidarité de classe. »

 

Cédric Gouverneur lance un cri d’alarme : « La Bolivie affronte l’agonie de ses glaciers. « Témoins par excellence des évolutions du climat terrestre, la plupart des glaciers connaissent une phase de décrue. Dans les Andes tropicales, cette fonte s’accélère depuis trente ans et hypothèque l’irrigation, la production d’électricité ou l’alimentation en eau. De grandes métropoles comme La Paz, en Bolivie, voient une partie importante de leurs ressources menacées. »

 

Philippe Baqué explique la Polémique sur la restitution des objets d’art africains : « Voilà près de trois ans que le président Emmanuel Macron s’est engagé à restituer les biens culturels africains pillés pendant la colonisation. Depuis, la promesse est prise dans un parcours d’obstacles. Tandis que les collectionneurs et musées européens freinent des quatre fers, les pays spoliés peinent à réunir les conditions nécessaires pour la réception et la conservation de ces œuvres. »

 

Un conte écrit pour Le Monde Diplomatique par Yan Lianke : « Babel jeune et innocente. Écrivain parmi les plus oniriques de son temps, Yan Lianke s’empare des maux de la société chinoise, au risque parfois d’être censuré dans son propre pays. Mais il ne cède rien à son engagement, à son humour et à sa plume. Celui qui révèle la vérité- ou tout simplement la réalité — le paye parfois de la mort. »

Mais à quoi servent donc les artistes, demande Evelyne Pieiller ? « Depuis le XIXe siècle, les artistes se demandent avec inquiétude s’ils vont pouvoir vivre de leur pratique et (ce qui n’est pas sans rapport) quel est leur rôle dans la société. Cependant, cette dernière se le demande tout autant. Parasite inspiré ? Fournisseur de supplément d’âme ? L’artiste a-t-il une spécificité qui puisse le rendre utile et utilisable ? »

 

Aurélie Catin plaide pour plus de sécurité sociale dans la culture : « Le monde de l’art et de la culture, violemment touché par la gestion de la crise sanitaire, se voit confronté aux limites d’un modèle où la rémunération est très liée à la dynamique des marchés. Étendre et renforcer le statut de l’intermittence pour aller vers le salaire à vie, conçu comme un droit politique, permettrait aux travailleurs des arts d’affranchir leurs activités du capital et des subsides étatiques. »

 

Pierre Rimbert nous met en présence de « La bourgeoisie intellectuelle, une élite héréditaire. La société, lit-on souvent, serait divisée entre les 1 % les plus riches et les 99 % restants. Mais ce résumé-choc évacue les inégalités liées aux diplômes. Et dissimule le rôle joué par la bourgeoisie intellectuelle, qui, même lorsqu’elle sert les 1 %, aime se représenter dans le camp des opprimés. Cette couche sociale issue de la « méritocratie » transmet ses privilèges à ses descendants, comme l’aristocratie d’autrefois. »

 

Agathe Mélinand nous met en présence « des usages de Bach. De 1750, date de la mort du cantor de Leipzig, à nos jours, l’héritage musical de Jean-Sébastien Bach, qui posa les bases de la tonalité, n’a jamais cessé de fructifier. Une victoire de la « musique absolue », tour à tour célébrée, interprétée, récupérée… »

 

Benoît Bréville s’adresse aux « pétitionnaires de tous les pays : PRIVES de voyages, de restaurants et de shopping, les vedettes s’ennuyaient pendant le confinement. Elles ont donc fait des concerts de salon, des entretiens par webcam, des photos #Stayhome sur Instagram et même des performances engagées sur YouTube, tels ces vingt-cinq artistes américains qui entonnèrent en chœur, depuis de luxueuses résidences, Imagine, de John Lennon : « Imagine la fin de la propriété, imagine tous les gens se partageant le monde. » Désireuses de donner leur avis sur l’actualité, d’autres célébrités se sont également découvert des talents de pétitionnaire. Deux cents artistes et scientifiques ont ainsi signé le manifeste « Non à un retour à la normale » lancé début mai par la comédienne Juliette Binoche et l’astrophysicien Aurélien Barrau, avec le soutien de Madonna, Robert De Niro et Emmanuelle Béart. « Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains. (…) La transformation radicale qui s’impose — à tous les niveaux — exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé », affirme un texte sans concession. Qui rappellera ces constats à Isabelle Adjani, Monica Bellucci ou Guillaume Canet la prochaine fois qu’ils tourneront une publicité pour L’Oréal, Christian Dior ou Caprice des Dieux ? »

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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 05:18

 

 

L’Obs nous présente Sir Jim Ratcliffe, pollueur en chef et énorme propriétaire foncier :

 

« Ce milliardaire britannique pro-Brexit, qui a fait fortune dans la chimie et le plastique en partant de rien, veut maintenant produire des gros 4x4 dans l’usine Smart de Moselle.

 

La nature, aussi sauvage que préservée, des fjords d’Islande fait facilement glisser le visiteur dans une douce mélancolie : « Sur toute la planète, l’être humain a endommagé, d’une façon ou d’une autre, une bonne partie de la nature qui l’entoure. C’est pour cela que les lieux laissés vierges par l’homme ont un caractère unique. »

 

Celui qui s’exprime ainsi au micro d’une radio locale de cette île de glace est un Britannique filiforme de 67 ans à la mèche rebelle, qu’on imagine volontiers prof à Cambridge ou Oxford. Sauf qu’il est milliardaire, n’a rien d’un rêveur et est devenu le plus gros propriétaire foncier d’Islande, pas seulement pour préserver les saumons sauvages qu’il adore pêcher : « Je pense que de tels lieux vaudront de l’argent car les individus aiment voyager là où les paysages sont restés intacts. »

 

Le Grand Soir révèle que « Le gouvernement britannique refuse de communiquer des informations sur la juge d’Assange, qui a 96% d’antécédents en matière d’extradition.

 

Le ministère britannique de la justice bloque la publication d’informations élémentaires sur la juge qui doit statuer sur l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis dans ce qui semble être une application irrégulière de la loi sur la liberté de l’information.

 

Declassified a également découvert que la juge, Vanessa Baraitser, a ordonné l’extradition dans 96% des affaires qu’elle a présidées et pour lesquelles des informations sont accessibles au public.

 

Baraitser a été nommée juge de district en octobre 2011 au Chief Magistrate’s Office de Londres, après avoir été admise comme avocate en 1994. Aucune autre information à son sujet n’est disponible dans le domaine public.

 

Baraitser a été critiquée pour un certain nombre de ses jugements à ce jour concernant Assange, qui est incarcéré dans une prison de sécurité maximale, HMP Belmarsh à Londres, depuis avril 2019. Ces décisions incluent le refus de la demande de libération sous caution d’urgence d’Assange pendant la pandémie de Covid-19 et le fait de le faire asseoir derrière un paravent de verre pendant l’audience, plutôt qu’avec ses avocats. »

 

Assange est père de deux enfants. Leur mère est sa compagne et avocate Stella Morris (BG).

 

 
Revue de presse (333)

 

Pour le blog Lien Social, « Le soin n’est pas que médical :

 

 Moins visibles que les soignants, c'est à bas bruit que les travailleurs sociaux répondent à la misère et à la détresse, aux angoisses et aux craintes des exclus d’un monde qui ne tourne plus vraiment rond. L'occasion d'un coup de projecteur et d'un hommage mérités.

Nous, travailleurs sociaux, sommes également du personnel soignant. Soignant d’une société qui produit des exclus et d’un monde qui ne tourne plus vraiment rond.

Nous sommes soignants des injustices et des disparités, en soins palliatifs des systèmes qui dysfonctionnent. Nous sommes soignants des fragiles et de ceux qui ont besoin de protection. Nous soignons des enfants, des personnes handicapées, des grands exclus ou des personnes exilées. Comme autant de maux d’une société qui écrit sur le fronton de ses mairies l’égalité et la fraternité, nous soignons pour que chacun puisse y envisager sa place.

Nous n’avons ni gyrophare, ni blouse blanche. Nos services de réanimation s’appellent Centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), 115 ou Foyer de l’enfance. Ils sont ouverts 365 jours par an, 24h/24h et accueillent celles et ceux pour qui il est soudainement devenu vital de trouver un abri.

La misère et la détresse ne se confinent pas. Les angoisses et les craintes non plus. Pour respecter les consignes sanitaires, les portes des établissements se ferment mais elles laissent béantes les blessures et les peurs. Elles imposent un huis clos précaire où cohabitent des personnes qui ne sont pas choisies, et restreignent les soupapes que constituent les contacts extérieurs. De soignants, nous devons alors pompiers.

Il y a peu de profession qui puissent se targuer d’un tel engagement de ses acteurs. Le dévouement des soignants dans les hôpitaux – s’il doit être applaudit- ne doit pas éclipser celui des travailleurs sociaux qui chaque jour prennent leur service sans disposer de masques ou de gel hydroalcoolique. Qui chaque jour mettent leurs angoisses personnelles en sourdine pour pouvoir recevoir et accompagner celles des autres. Qui chaque jour s’exposent dans la promiscuité des institutions sans pont aérien ni institution de campagne. Qui au nom de la continuité des missions qui leur sont confiées ne regardent ni leurs heures, ni leurs congés et font preuve d’une solidarité exemplaire au sein des équipes.

Je suis fier aujourd’hui de faire partie de cette profession. Fier de l’abnégation qu’elle représente et de la vision fraternelle de la société qu’elle véhicule. Fier de mes collègues qui se battent au quotidien pour offrir le meilleur dans les conditions les pires. »

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 05:06

Très bonne réflexion de Régis Debray sur un de ses combats de toujours.

 

« Un Français ne peut pas sacrifier de bon cœur ses traditions provinciales de galanterie et d’amour courtois, son goût des mots à double sens, ses clins d’œil et ses bises, ses sourires ambigus à la transparence morale du puritain, et à la surveillance du vocabulaire désormais de mise dans les multinationales, pour le marketing, et bientôt dans nos rues et nos mails. C’est le malheur de la France, "la patrie de la politique", disait Marx, que d’être le pays d’Europe qui, étant donné son passé, avec ses barricades et ses salons mixtes, a le moins à gagner et le plus à perdre dans l’acculturation en voie d’achèvement. [...]

 

Le succès d’une domination par le centre nerveux de la planète à tel ou tel moment se reconnaît à ceci qu’elle est intériorisée non comme une obligation mais comme une libération par les innervés et les énervés de la périphérie ; quand un nous exogène devient le on de l’indigène, sans marque de fabrique, sorti de nulle part et libre d’emploi. Quand M. Macron écoute La Marseillaise en mettant la main sur le cœur, quand M. Mélenchon met un genou à terre, quand Mme Hidalgo donne le plus bel emplacement parisien aux tulipes en bronze de Jeff Koons ou quand un dealer honore ses juges d’un "Votre honneur", ils n’ont pas tous conscience d’imiter qui que ce soit. Ils veulent être dans le ton. [...]

 

Les captations d’hégémonie, y compris picturale et musicale, épousent les rapports de force monétaires et militaires. Derrière Périclès, il y a l’hoplite, derrière Virgile, le légionnaire, derrière Saint-Thomas, le Chevalier, derrière Kipling, la Royal Navy et derrière Hollywood, la Silicon Valley et Marilyn Monroe, le billet vert et dix porte-avions. [...] Une emprise est parachevée quand on prend l’autre pour soi et soi-même pour un autre. Quand le particulier peut se faire prendre pour un universel. Quand les journaux de notre start-up nation cessent de mettre en italiques running, cluster, prime time, ou mille autres scies de notre globish quotidien. »

 

Régis Debray sur l'acculturation en France
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