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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 07:03

http://www.lefrelonvert.com/wp-content/uploads/2010/11/the-bridge-on-the-river-kwai.jpgUn twitteronaute, qui n’a pas mis le nez à la fenêtre, apparemment, ce matin, me salut par un :

 

 

« Hello, le soleil brille, brille, brille ».

 

Grand merci de ranimer mes vieux neurones et mes souvenirs du début des années soixante quand j’ai fréquenté le lycée de York.

 

À l’origine, nous avons une marche composée par un lieutenant anglais en 1914. Apparemment sans paroles. Le petit format se vendit à des millions d’exemplaires. Cette marche fut utilisée par des soldats britanniques et canadiens pour des défilés militaires.

 

Elle fut immortalisée dans le film de David Lean, Le pont sur la rivière Kwai (1957). Avant cela, l’air avait été siffloté par Michael Redgrave dans Une femme disparaît (1938). Comme toutes les scies musicales, des paroles jaillies d’on ne sait trop où ont habillé cette musique. Neuf fois sur dix très vulgaires.

 

Les seules paroles militaires à mettre entre toutes les oreilles à militariser sont :

 

Cheer up, and the same to you!

Good luck, in every thing you do!

Cheer up, the skies will clear up!

And Britain's boys will come home once again!


Here's a health to the boys in Navy blue!

The Army and the Airforce, too!

Here's a health to the Women's Volunteers,

They all deserve three hearty cheers!

 

Pendant la guerre, et après dans la cour du lycée de York, on préféra nettement cette version :

 

Hitler has only got one ball,

Goering has two, but very small;

Himmler is very sim'lar,

And Goebbels has no balls at all.

 

Avec plusieurs variantes :

 

Hitler has only got one ball,

The other is on the kitchen wall, [ou in the Leeds Town Hall pour les Anglais du Nord, ou in the Albert Hall pour les Anglais du Sud]

His mother, the dirty bugger,

Chopped it off when he was small.

She threw it, over West Germany

The wind blew it into the deep blue sea

Where the fishes got out their dishes and ate scallops and bollocks for tea

 

 

Hitler: he had but one left ball,

Mussolini: he had none at all,

Stalin: he was three-ballin',

And that's the dictator's rise and fall !

 

Qu’Hitler ait été monorchide (son monocouillisme a été avancé par certains comme source de sa personnalité délirante et, pourquoi pas, de son antisémitisme !) n’est pas réellement attesté. Pour Lance Armstrong, Mao, Franco ou Bruce Lee, pas de problème.

 

Pendant la guerre du Vietnam, des jeunes Étatsuniens appelés sous les drapeaux chantèrent ceci :

 

Re-up, and buy a brand new car.

Re-up, show what a fool you are.

Re-up? I'd sooner throw up.

I'd sooner throw up than re-up today.

 

 

On arrête là pour aujourd’hui.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 10:51

En mars 2011, j'ai eu le grand plaisir de rendre compte dans ce blog d'Alex, de Pierre Lemaitre (link).

 

Ce livre m'avait espanté, comme on dit à Toulouse. Même si, par inclination politique et par intérêt pour le monde du travail et la psychologie sociale, mon roman préféré de lui est Cadres Noirs (link).


 

Alex a été récemment traduit en anglais et a reçu un accueil très chaleureux de la critique d'outre-Manche, dont on sait qu'elle ne s'en laisse pas compter dans le domaine du polar ou du roman noir.

 

Ci-dessous, un extrait d'un article du Times d'aujourd'hui.


Continue à nous étonner, cher Pierre.

 

Meet Pierre Lemaitre, the new Stieg Larsson

Pierre Lemaitre in Paris last month
Laura Stevens/The Times.

  • Pierre Lemaitre
    Pierre Lemaitre in Paris last month Laura Stevens/The Times

Ten years ago, Christopher MacLehose stood on a subway platform in his lunch hour, handing out copies of a book by an author unknown in the UK.

That writer became one of the best-selling novelists of his generation. His name was Stieg Larsson.

Now, MacLehose has done it again. The publisher who brought Larsson to Great Britain says that in Pierre Lemaitre he has unearthed another master of crime fiction destined to become a household name.

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 06:34

http://mydago.com/wp-content/uploads/2011/09/exil.jpg

 

 

 

Haroune Hachim Rachid, poète palestinien, né en 1927 à Gaza. Il a émigré en 1948 au Caire, puis à Tunis. Principaux recueils : Avec les exilés(1927), Le retour des exilés (1956), Psaumes de la terre et du sang(1970).

 

 

NOUS REVIENDRONS UN JOUR

 

Nous reviendrons un jour


Nous reviendrons un jour dans notre quartier et nous jouirons de nos espérances les plus douces.


Alors patience, ô cour, ne te laisse pas gagner sur la voie du retour, par la lassitude.


(Haroune Hachim Rachid)




 

Nous reviendrons...

Un exil douloureux.


Immérité.


Alors que nous avons été chassés de chez nous, par les sauvages.


Qu'ils nous ont pris jusqu'au goût de vivre.


L'air que nous respirions.


Les bienheureux oliviers, qu'ils cultivent à notre place.


Monstres qui méritaient bien les camps de concentration,

qui n'ont d'ailleurs jamais existé,

comme l'a démontré un savant comme Abou Mazen, Mahmoud Abbas.


Ton nom, Haroun, est simplement celui du frère de Moché,

un imposteur, tu sais, comme ne le dit pas le Coran.

Haroun, Aharon.


Celui qui donna aussi son nom à un vénérable calife,

trop civilisé pour ce paysan qu'était Charlemagne.


Lui qui ne connaissait pas même la mesure du temps,

et qui resta interdit, comme un teckel ou un basset,

devant les deux horloges offertes pour ne pas laisser perdre les heures.


Fils de la servante de Sara.


Faisant tranquillement comme si elle était la princesse.


Comme si tout, dans la maison, lui appartenait.


Ne se souciant guère d'un soi-disant Dieu, lui aussi un imposteur,

qui donna quantité de foi à l'ignoble Israël une terre qui n'appartenait à aucun des deux.


"Nous reviendrons un jour"

Gospels désespérés,

esclaves traînés d'Afrique vers la terre des Indiens d'Amérique, légitimes propriétaires.

Leur chant ravageur et ravagé.


"We will overcome, someday..."


Cette terre où l'on nous a humiliés, elle est nôtre.


Nous y serons un jour les maîtres, avec ces blancs si pâles qui ne méritent que la mort la plus lente, dans les souffrances qui correspondent à leurs innombrables crimes.

 

 

 

Traduction Abdellatif Laâbi

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 07:10

 

 

 

Pourquoi l'immeuble central a-t-il été coupé en deux ?Avec quelle technique, quelle trancheuse ? Au pied de cet immeuble, sur la droite, une vespasienne ? Si c'est le cas, pourquoi cette sorte de tourelle ?

 

Toutes les fenêtres sont ouvertes. Donc il fait beau. Chaud sûrement. Tous les bourgeois sont engoncés dans leur costard-cravate. Un personnage porte une casquette vert-pomme !

 

Dans les sacs, du coton ?

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 07:06

 

1. Le plus long palindrome de la langue française est « ressasser ».


2. « Squelette » est le seul mot masculin qui se finit en « ette ».


3. « Institutionnalisation » est le plus long lipogramme en « e » (il ne comporte aucun « e »).


 4 L'anagramme de « guérison » est « soigneur ». Et vice et versa.


 5. « Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave.


6. Le mot « simple » ne rime avec aucun autre mot. Tout comme « triomphe », « quatorze », « quinze », « pauvre », « meurtre »,
« monstre », « belge », « goinfre » ou « larve ».


7. « Endolori » est l'anagramme de son antonyme « indolore », ce qui est paradoxal.


8. « Délice », « amour » et « orgue » ont la particularité d'être de genre
masculin et deviennent féminin à la forme plurielle.


9. « Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne
prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x]



« Oiseau » est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes
les voyelles.


 

http://www.vox-populi.net/IMG/jpg/sarko_langue_francaise.jpg

 

 

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 07:14

Nous sommes dans l'immédiat après-Première Guerre. Les chèques postaux existent déjà. Que signifie “Banque, Change, Titres, Coupons ” au-dessus du bureau de poste ? Une banque indépendante, une annexe du service public ?


Mon point barthésien, ce coup-ci, c'était l'enseigne “ HÔTEL ”. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne le vois pas autrement que borgne.

 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 07:06

http://www.thierryrambaud.com/images/photos/AbdellatifLaabi.jpgAbdellatif Laâbi, né à Fès en 1942, est un traducteur et poète marocain. Il a fondé en 1966 la revue Souffles. Son combat lui vaut d'être emprisonné de 1972 à 1980. Il s'exile en France en 1985. Il reçoit le Prix Goncourt de la Poésie en 2009 et le Grand Prix de la Francophonie de l’Académie française en 2011.

 

Il est professeur de français à Rabat quand ont lieu les massacres du 23 mars 1965 contre des enfants et leurs parents qui manifestent pacifiquement contre une réforme de l'enseignement jugée injuste. Il s’engage dans les rangs du PLS (Parti pour la libération et le socialisme), ancien parti communiste marocain, puis à partir de 1972 dans le mouvement clandestin d'extrême gauche Ila Al mamane.

En janvier 1972, il est arrêté et torturé. En 1973, , il est condamné à dix ans de prison. Il est enfermé à Kenitra.

 

 

Il se surprend à dire :

Mon pays, ce n'est pas une terre ingrate

qu'on transporte à la semelle de ses souliers

Ce n'est pas ce soleil de plomb

indifférent aux râles des emmurés

Ce n'est pas la main de mon père

me prodiguant la bénédiction

Ce n'est pas la tombe de ma mère

conduisant mes pas d'aveugle

au trésor du plus haut silence

Ce n'est pas cette foule

changeant d'allégeance

à la moindre démonstration de force

au moindre feu d'artifice

de la ficelle hideuse d'atavismes

Mon pays est là où la liberté

n'a qu'un seul sens

fer rouge de l'indomptable dignité

 

(L’Écorché vif, 1986)

 


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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 10:09

http://www.blup.fr/wp-content/uploads/2007_04_30_virgule.gifSous la plume de la nouvelle directrice du Monde, Natalie (the English way, pas grave, prérogative de ses parents) Nougayrede, je lis ceci :

 

« Mais, ce qu’il faut retenir est l’ampleur de ce bouleversement au Vatican… ».

 

Je vous vois venir, je vous connais comme si je vous avais fait : « que vas-tu nous casser les pieds avec une virgule ? ».

 

On assiste aujourd’hui à deux nouveaux travers langagiers. À l’oral, on escamote les liaisons : « céunbonfilm, « Céungranévénement ». Je l’ai déjà dit, Ali Baddou, de Canal + et agrégé de l’université française, est un grand spécialiste de ce relâchement (link).

 

À l’écrit, il est désormais très tendance de placer une virgule après « mais ». Je ne sais pas du tout d’où vient cette ânerie. « Mais » est une conjonction de coordination (« Mais où est donc Ornicar ? »), un mot-outil qui unit deux phrases, deux sous-phrases, deux éléments de même fonction syntaxique et, le plus souvent, de même nature grammaticale.

 

On ne voit pas très bien au nom de quoi, dans la phrase citée, « mais » et « ce » devraient être séparés par une virgule. On le comprendrait fort bien si la phrase commençait par « pourtant », « cependant », « néanmoins ». Des adverbes.

 

Puisque Natalie Nougayrede connaît très bien la langue anglaise, qu’elle essaye avec « but ».

 

 

PS : Un ami linguiste m'écrit ceci :

 

Sur le fond, je suis entièrement d'accord avec ce que tu dis, il y a cependant bien plus grave en matière de virgule flottante, c'est celle qui abusivement sépare un verbe de son sujet ou de son objet, ça c'est de l'ordre du solécisme, et ce n'est guère explicable par des considérations intonatives qui, à la limite, peuvent expliquer le coup du "mais," : tu imagines une pause suspensive à l'oral, qu'il faut transcrire évidemment par des points de suspension ("Mais......"), dans ce cas-là, la virgule prend le rôle de ces points de suspension que plus grand monde n'utilise à bon escient (et avec Parcimoni :-D). Et ces virgules-là, mes étudiants, même des bons, ne voient en général pas où est le problème quand on leur compte un bon paquet de points-faute dans une version... Le pire, je crois, c'est dans les formes interrogatives, où ça arrive systématiquement une fois sur deux (genre "quel grand chanteur, a épousé Sheila?") et où les gens (adolescents ou adultes) sont intimement persuadés qu'il en faut vraiment une.
Bref, tout fout le camp, mon pauv' monsieur. 

 

 

 

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 07:14

Avant de lire le livre de François de Negroni et de Corinne Moncel (Le Suicidologue), je n’avais jamais entendu parler de l’histoire des noyés de la Bonne société. À bord du bateau La Bonne Société, les négriers se souciaient peu du moral de leur marchandise humaine. Les captifs réussirent à maîtriser leurs gardiens et à s’emparer du navire. Mais le reste de l’équipage parvint à mater la mutinerie. Les esclaves se jetèrent à la mer, enchaînés par dizaines plutôt que de subir la déportation. Un vrai manque à gagner pour les propriétaires.

 

(Substractio)

 

http://archives.monumerique.bordeaux.fr/Endara/06_une_vie_de_souffrance/02_souffrance.jpg

 

  

Il était grand comme trois bites à genoux, mais grâce à sa bonne tête sympathique de gendre idéal, et grâce à son talent, il fut un acteur très populaire dans les années quarante et cinquante. L’Homme des vallées perdues est l’un de ses films les plus connus.

 

Lycéen, il pratiqua le sport à un haut niveau et, n’était-ce une blessure, il aurait représenté son pays aux JO de Los Angeles en 1932 (en plongeon). Un jour, il trouva sa mère agonisante : elle venait d’ingurgiter du poison à fourmis.

 

Vers la fin des années cinquante, il devint moins séduisant et resta petit (ses partenaires féminines étaient toutes plus grandes que lui). Il se mit à boire. À 51 ans, en 1954, il se suicida en avalant des somnifères et une forte dose d’alcool.

 

(Impatienta doloris)

 

http://wildestwesterns.com/wp-content/uploads/2012/04/alan_ladd.jpg

 

 

À l’actif de l’actrice Nicole Ladmiral : un seul film (Le journal d’un curé de campagne de Bresson où elle tenait le rôle d’une jeune fille perverse) en 1948, et deux pièces : Deux sous de violette, de Jean Anhouil, avec Dany Robin en 1951, et Quarante et quatre de Jean Davray, mise en scène par Raymond Rouleau en 1952. On ne lui proposa malheureusement rien d’autre. Elle connut également une grosse déception sentimentale et se jeta sous un métro station Daumesnil le 11 avril 1958. Elle avait 28 ans.

 

(Impatienta doloris)

 

http://i2.listal.com/image/1210233/936full-nicole-ladmiral.jpg

 

 

Paul Lafargue inventa le droit à la paresse. Avec sa femme Laura, fille aînée de Karl Marx, ils avaient fixé la date de leur mort à 70 ans. Né à Cuba en 1842, Lafargue était d’origine amérindienne, bordelaise et juive. Exclu de l’université de Paris pour avoir marqué sa préférence pour le drapeau rouge, il émigre à Londres en 1865. Il se lie à Marx et Engels. En 1866, il est élu au conseil général de l’Internationale. Il participe à la Commune de Paris en 1871. Avec Jules Guesde, il fonde le parti ouvrier en 1880.

 

En 1883, il est incarcéré à la prison Sainte-Pélagie pour propagande révolutionnaire. Il devient député de Lille en 1891 et est à nouveau emprisonné pour « provocation au meurtre » après la fusillade de Fourmies (1er mai 1891) qui avait fait neuf morts et trente-cinq blessés chez les ouvriers (il s’agissait de la première célébration française et internationale de la journée d’action du 1er mai ; huit des ouvriers tués avaient moins de 21 ans).

 

Le couple Lafargue connaît de sérieux problèmes matériels : il ne reste rien de l’héritage d’Engels. À 69 ans, en 1911, il se suicide avec sa femme (66 ans) et laisse cette lettre : « Sain de corps et d'esprit, je me tue avant que l'impitoyable vieillesse qui m'enlève un à un les plaisirs et les joies de l'existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres. » Le couple est enterré au Père-Lachaise, en face du mur des Fédérés.

 

 

(Taedium vitae)

 

http://www.marxists.org/archive/marx/photo/family/images/70jl3.jpg

 

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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 07:00

http://bibliobs.nouvelobs.com/files/depestre.jpgLe Haïtien René Depestre aura vécu quarante ans en exil. Il est l’auteur d’une œuvre romanesque et poétique considérable. Son roman Hadriana dans tous mes rêves a été couronné par le Renaudot en 1988.

Après avoir été incarcéré pour des raisons politiques, Depestre quitte son pays pour la France.


Il a 20 ans en 1946 lorsqu’il débarque à Paris, où il séjournera cinq ans. Il rencontre Éluard, Seghers, Aragon, Claude Roy, Cendrars, ainsi que Césaire, Senghor, Damas, A. Diop, E. Glissant, autour de la revue Présence Africaine. Il pense alors que poésie et politique peuvent se nourrir l’une de l’autre, avant de changer d’avis. En 1951, il est expulsé de France à cause de son combat contre le colonialisme. Suivent des années d’exil, « d’une rive à l’autre de la guerre froide ». Il résidera à Prague ; puis à Cuba, dont on l’expulse ; au Chili avec Neruda ; en URSS, en Argentine, puis au Brésil.

 

 À Cuba, il était devenu un proche de Castro et de Guevarra avant de rompre avec eux au début des années soixante-dix. Lorsqu’il quitte Cuba, il écrit ce “ Bulletin de santé ” :

 

Voici l’âge mûr du pin d’Alep

et du mimosa japonais : c’est le temps

de jeter un pont entre le passé cubain

et la neuve rumeur du vent dans mon esprit.

Le temps d’éparpiller à la mer caraïbe

les cendres des croyances avilies du siècle.

 

 

Il s’est installé à Lézignan dans les années 1980.

 

À l’occasion du “ Printemps des poètes ” en 2011, il écrit ces quelques vers :

 

Le plomb que le cerisier

met aux ailes de la barbarie

promet à ma poésie

de sortir la nuit sans escorte.

 

Dans le temps du cerisier

mon malheur d'haïtien

observe un silence d'océan.

La chance de mon destin

c'est d'avoir pu voyager en beauté

à dos de cerisier en fleurs.

 

Extrait d'En état de poésie (1980), je propose “ Le dernier de gré de l’exil ” :

 

Haïtien errant je déchire

Les larmes aux yeux de ma carte

D’éternel résident temporaire.

De nouveau d’ouest en est

A petits pas de chiens fidèle

Ma vie essaye de rattraper

Ses racines de poète assiégé.

Voyageur aux bagages remplis

de tendresse et de dérision

je vais manger la fleur bleue

le lotus qui change le pays natal

en un simple consigne d’aéroport.

Dans mon Ithaque des tropiques

Pénélope n’attend plus mes globules rouges:

chaque soir avec son corps elle refait

le joyeux travail du soir précédant.

 

 

 

 


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