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11 avril 2015 6 11 /04 /avril /2015 05:33

Depuis l'épreuve de philosophie du baccalauréat qui m'a amené à plancher sur un sujet consacré à l'esthétique en 1966, je ne m'étais plus jamais posé la question.

 

Heureusement, une affiche dans le métro lyonnais, placardée par une manifestation officielle, a remis les choses en place dans un mon pauvre esprit embrouillé.

 

Que ceux qui s'étonnent que les usagers du métro n'accèdent pas spontanément à la culture m'écrivent. Ils ont gagné leur poids en gravillons du Bhoutan !

 

Merci encore à la “ Biennale internationale Design Saint-Étienne ” !

Qu'est-ce que le beau ?
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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 05:56

Un ami qui connaît un peu ce milieu, me brosse un bref et partiel tableau de l'édition.

 

Céline Thoulouze était responsable du domaine français chez Fleuve éditions. Cécile royer-runge était directrice de Livre de Poche. Sophie de Closets remplace Olivier Nora en tant que PDG de Fayard, mais était directrice Éditoriale chez Fayard. Véronique Cardi dirigeait Les Escales (la maison d’édition qu’elle a fondée en 2011 et la collection Feux croisés/Plon (pôle littérature étrangère). Béatrice Duval était directrice générale adjoint des Presses de la Cité avant qu’Antoine Gallimard la nomme à la direction de Denoël en 2011. Hélène Fiamma dirigeait la collection des classiques GF chez Flammarion et a remplacé Benoîte Mourot. Juliette Joste était directrice éditoriale du département français de Belfond (où elle est remplacée par Céline Thoulouze). Emmanuelle Heurtebize était directrice éditoriale chez 10-18 (remplacée par Carine Fannius avant de devenir Directrice générale de la littérature étrangère et bien sûr de la Cosmopolite (où elle remplaçait Marie-Pierre Gracedieu partie chez Gallimard, où elle-même remplaçait Christine Jordis). Sophie Charnavel était directrice littéraire chargée des documents chez Flammarion avant de rejoindre Fayard où elle a succédé à Sophie de Closets au poste de directrice éditoriale. Caroline Lamoulie était responsable éditoriale chez J’ai Lu avant de diriger Ombres noires, où elle succède à Nelly Bernard. Nathalie Zberro était éditrice à L’Olivier avant de rejoindre les éditions Rivages pour y diriger la collection de littérature étrangère”.

 

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 07:00

Connaissez-vous le parc à thème Jeju Loveland ?

 

Ça m’étonnerait !

 

Ce parc, que je n'hésite pas à qualifier d'interactif, est situé sur l'île de Jeju, en Corée (du Sud, évidemment). Cette île a été choisie parmi de nombreuses autres car, après la guerre de Corée, elle était la destination préférée des jeunes couples pour leur lune de miel.

 

Crée en 2004, Jeju Loveland est plein de surprises.

 

Je vous laisse découvrir cette petite merveille créée en 2004, en sachant qu'une aire de jeu pour les enfants vient d'y être ouverte.

 

Sans vouloir orienter votre lecture, il me semble que les personnages sculptées ont plutôt des têtes d'Occidentaux. Pour le reste ...

 

 

Un parc à thème différent
Un parc à thème différent
Un parc à thème différent
Un parc à thème différent
Un parc à thème différent
Un parc à thème différent
Un parc à thème différent
Un parc à thème différent
Un parc à thème différent
Un parc à thème différent
Un parc à thème différent
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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 06:37

Un peu de douceur dans ce monde de brutes.

 

Il s’agit de Winnie l’Ourson, “ Winnie-the-Pooh ”, dans les bras de son propriétaire Christopher Robin Milne. La photo fut prise en 1927.

 

Pourquoi Winnie ? Parce que l’enfant rendait souvent visite à une ourse noire canadienne du zoo de Londres du nom de Winnie, tandis que Pooh était le nom d’un cygne qui comptait parmi ses connaissances animalières. Winnie n’était autre que l’abréviation de la ville de Winnipeg, dont était originaire le premier propriétaire de la vraie ourse, le lieutenant Harry Colebourn. Celui-ci confia l’ourse au zoo de Londres alors qu’il était appelé sur le front en France. Il l’avait introduite dans le pays clandestinement. À la fin de la guerre, le zoo récupéra l’animal officiellement.

De quoi cette peluche est-elle le nom ?
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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 06:51

Elle, je l’aime pour son nom : Sophonisbe. Et puis elle fut reine de Numidie, ce pays dont je pensais, quand j’étais en 6ème, qu’il était particulièrement pluvieux.

 

Fille d’Hasdrubal et nièce d’Hannibal (j’ai monté plusieurs fois à vélo le col Agnel  – 21 km – en me demandant par quels prodiges Hannibal avait pu passer par là avec ses éléphants !), elle dut épouser Syphax, roi de Numidie, sur ordre de son père, pour des raisons diplomatiques.

 

En 203 avant JC, après la défaite de Syphax et d’Hasdrubal lors de la bataille des Grandes Plaines, elle épousa dans la foulée le roi Massinissa, allié des Romains. Scipion exigea qu’elle lui soit livrée. Sophonisbe prévint qu’en ce cas elle se donnerait la mort. Massinissa fit parvenir à Sophonisbe une coupe empoisonnée qui l’accepta en ces termes : « J’accepte ce présent nuptial. Il est le bienvenu si mon mari ne pouvait absolument rien faire de plus agréable pour sa femme. » Sophonisbe s’empoisonna donc pour éviter la honte d’être livrée aux Romains.

 

On comprend que cette histoire ait pu inspirer Corneille.

 

(Pudor)

 

 

 

 

 

Ali Pacha, qui avait pris le pouvoir en 1788, avait pour objectif de réduire les autonomies locales, chrétiennes et musulmanes. Il s’attaqua aux Souliotes, qui le repoussèrent, aidés par les Vénitiens et des chefs musulmans indépendants.

 

À la fin de la guerre russo-turque, Ali reçut l’ordre de détruire la communauté souliote mais échoua dans un premier temps.

 

Il recommença en 1798 et vainquit par la ruse en montant les familles les unes contre les autres. Il bloqua les Souliotes dans leurs montagnes jusqu’en 1803. Ceux-ci acceptèrent de se rendre à condition de pouvoir s’exiler en Russie via Corfou.

 

Le clan Botsaris décida de quitter la région pour se mettre sous la protection des armatoles locaux. Arrivés au bord de l’Archéloos, il ne put le franchir, le pont stratégique de Korakas ayant été bloqué; le clan se retrancha alors dans le monastère de Seltsos, où il fut encerclé et assiégé à partir de la mi-janvier 1804, jusqu'au 21 avril. Les troupes d'Ali donnèrent l'assaut final, des dizaines de femmes et enfants se jetèrent dans l'Achéloos pour échapper aux soldats.

 

Le peintre Ary Scheffer immortalisa cette scène dans un tableau visible au Louvre.

 

(Subtractio).

 

 

 

 

 

 

Elle eut Jean Vilar comme professeur, Gérard Philipe comme partenaire (dans Le Cid) et Roger Planchon comme époux. Françoise Spira naquit le 7 décembre 1928. Elle fit partie de l’équipe fondatrice du TNP. De 1962 à 1965, elle dirigea l’Athénée. Malgré une belle carrière au cinéma, et surtout au théâtre, Françoise Spira ne parvint pas à surmonter ses problèmes personnels. Le 3 janvier 1965, après avoir assisté à une représentation de Nicomède au TNP, elle ouvrit le gaz, chez elle, à Neauphle-le-Château. Elle s'était vêtue d’une robe de cachemire rouge et or, avait répandu des pétales de rose autour de sa chaise et avait posé sur ses genoux un livre de philosophie au chapitre intitulé “ La Vérité ”.

 

(Impatienta doloris).

 

 

 

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 06:59

 

 

Je ne parle pas de politique, naturellement. Vous me connaissez. J’évoque ce dimanche 3 septembre 1967 à 5 heures du matin quand les Suédois se sont mis à rouler à droite (Högertrafik, dans la langue du pays).

 

Parmi les raisons qui ont motivé ce changement copernicien, le fait que les autres pays constituant la Scandinavie roulaient à droite. Pendant quarante ans, la population avait refusé ce changement, comme en 1955, lors d’un référendum remporté massivement par les partisans de la conduite à gauche.

 

Mais en 1963, le parlement vota pour la conduite à droite. Il mit sur pied une commission technique, la Commission nationale sur la circulation à droite (Statens Högertrafikkomission) pour étudier tous les problèmes techniques que ce changement occasionnerait.

 

Peu de temps avant le Jour J (Dagen H), des poteaux et des feux de signalisation emballés de noir furent installés à tous les croisements. Des lignes blanches furent dessinées et recouvertes provisoirement de noir. Les arrêts de bus furent reconstruits du bon côté des routes. Les tramways furent remplacés par des bus. Les bus déjà en service furent remplacés par d’autres bus munis de portes sur le côté droit.

 

Le 4 septembre, on dénombra 125 accidents de la circulation. Aucun mortel. De nombreuses personnes âgées préférèrent s’arrêter de conduire. La pagaille, telle qu’on la voit ci-dessous ne dura pas trop longtemps.

Quand la Suède a viré à droite

L’Islande opèrera son changement le 26 mai 1968. Seules de toute l’Europe, le Royaume-Uni et l'Irlande résistent.

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10 février 2015 2 10 /02 /février /2015 06:35

Chez les “ gaullistes ”, il n’y a pas que le suicide du ministre Boulin qui pose problème. Souvenons-nous de l’étoile filante Aymeric Alain André Gérard Simon-Lorière. Il était né le 30 juin 1944 dans une famille aisée d’industriels parisiens. Études à la Faculté de droit de Paris et à Sciences-Po. En 1970, il intègre le cabinet de Michel Debré, ministre de la Défense.

 

À 29 ans, il est élu député RPR du Var. Il est le benjamin de l’Assemblée nationale. Il est alors victime d’un accident de voiture. Handicapé, il tente néanmoins de ravir au très puissant Maurice Arreckx la mairie de Toulon. Il échoue  dans sa tentative. Arreckx fera par la suite plusieurs années de prison pour abus de bien sociaux.

 

Le 21 avril 1977, il est retrouvé mort à son domicile, non pas d'une balle dans la t^ete, mais de deux !

 

(Pudor).

 

 

 

 

 

 

 

 

Les circonstances de sa mort sont bien connues, mais on y revient tout de même. Socrate fut accusé d’impiété et de perversion de la jeunesse (« ne pas reconnaître les mêmes dieux que l’État, […] introduire des divinités nouvelles et […] corrompre la jeunesse »). Sans parler de ses amours … socratiques. L’un de ses accusateurs n’est autre que Platon. Il est condamné par 280 voix contre 221.

 

Avant son exécution, il reste enchaîné pendant un mois dans la prison des Onze. Très serein : « Les dieux me préparent une mort paisible, la seule que j’eusse pu désirer. » Des amis lui proposent de le faire évader. Il refuse : il ne veut pas « montrer aux étrangers Socrate proscrit, humilié, devenu le corrupteur des lois et l’ennemi de l’autorité. » Et puis, surtout, il veut affirmer la primauté de la vertu sur la vie, le bienfondé de la philosophie en tant qu’apprentissage de la mort.

 

Le jour venu, il boit la ciguë. Avant que le poison fasse vraiment effet, environ trois heures, il discute avec ses disciples de l’immortalité.

 

Sa dernière recommandation est passée à la postérité : « Criton, nous devons un coq à Asclépios ; payez-le, ne l’oubliez pas. »

 

(Liberum mortis arbitrium).

 

 

 

 

 

 

On était ado et on chantait naïvement (elle aussi, semble-t-il) « Dominique nique-nique ».

 

Jeanne-Paule Marie Deckers (sœur Luc-Gabriel) naît à Bruxelles en 1933. Elle intègre les dominicaines en 1959 dans un couvent de Waterloo, gratouille une guitare et compose et interprète un des plus grands succès des années soixante : “ Dominique ” (six mois en tête des meilleures ventes aux États-Unis). Comme elle a fait vœu de pauvreté, elle renonce à ses droits d’auteur et d’interprète. Son ordre s’en mettra plein les fouilles.

 

Sa chanson est un hommage à saint Dominique :

 

Dominique, nique, nique


S'en allait tout simplement,


Routier pauvre et chantant.


En tous chemins, en tous lieux,


Il ne parle que du Bon Dieu,


Il ne parle que du Bon Dieu.

 

Le nom d’artiste de Sœur Sourire lui est imposé. Elle le trouve ridicule.

 

En 1966, après avoir suivi des cours à l’Université catholique de Louvain, elle renonce à ses vœux. Mais l’administration fiscale belge ne renonce pas à lui réclamer de l’argent sur ce qu’elle n’avait jamais touché. Sa maison de disques, Philips, ne lui vient pas en aide, malgré les sommes considérables que Sœur Sourire lui a fait gagner.

 

Elle poursuit sa carrière sous le nom de Luc Dominique. Elle écrit des cansons très engagées contre le machisme, l’Église catholique et en faveur de la pilule contraceptive. Ce qui lui barre définitivement l’accès aux scènes du Québec où elle était très populaire.

 

Elle tombe amoureuse d’Annie Pécher (sic), thérapeute d’enfants autistes. Vivant dans une grande précarité, les deux amies sombrent dans la dépression et l’alcool.

 

Le 27 mars 1985, les deux compagnes ingurgitent une bouteille de cognac et des barbituriques. Elles s’allongent en écoutant le concerto pour piano n° 1 de Tchaïkovski et elles meurent.

 

Le même jour, la SABAM (la SACEM belge) perçoit à l’insu de la chanteuse 571 658 francs belges, beaucoup plus que la somme de 99 000 francs qu’elle devait au fisc.

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

 

 

 

 

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 06:42

À ce qu’on dit, Fernande Segret, dernière maîtresse de Landru, sa fiancée « officielle », ne se remit jamais de la mort de son amant. Landru la couvrit de bijoux qu’il avait subtilisés à ses victimes.

 

Après l’exécution de Landru, elle tenta de poursuivre une carrière d'artiste lyrique. S'estimant offensée par le portrait que Claude Chabrol faisait d'elle dans son film Landru, elle intenta un procès à la société de production, qui dut lui reverser 10 000 francs de dédommagement.

 

Elle se retira dans l’hospice de Flers (Orne), où elle eut de sérieux ennuis de santé. Le 21 janvier 1968, à 75 ans, elle se jeta dans les douves du château de la ville. « Je souffre trop, je vais me tuer », avait-elle écrit. Dans sa chambre se trouvait une photo de sa mère et une de Landru. Elle avait choisi de mourir le jour anniversaire de la demande en mariage que ce dernier lui avait faite.

 

(Valetudinis adversæ impatienta)

 

 

 

 

 

Auteur de De la brièveté de la vie, Sénèque est né à Cordoue vers 2 avant JC.

 

Il fut le précepteur de Néron. Il composa l'éloge funèbre prononcé par Néron à la mort de Claude, ainsi que bon nombre des discours du nouvel empereur. Il fut l'un des principaux conseillers de l’empereur durant les cinq premières années du règne.

 

Sur le désamour de Néron pour Sénèque, Tacite écrivit ceci :

 

« La mort de Burrus brisa la puissance de Sénèque, parce que la politique du bien n'avait plus le même pouvoir, maintenant que l'un de ceux que l'on pourrait appeler ses chefs était mort et que Néron penchait vers les hommes du pire. Ces mêmes hommes lancent contre Sénèque des accusations variées, lui reprochant de chercher encore à accroître ses richesses, déjà immenses, et qui dépassaient déjà la mesure convenant à un particulier, de vouloir s'attirer la faveur des citoyens et, par la beauté de ses jardins et la magnificence de ses villas, surpasser même le prince. On lui faisait grief aussi de sa gloire d'homme de lettres et de composer plus fréquemment des poèmes depuis que Néron s'était mis à les aimer. Ennemi affiché des divertissements du prince, il dépréciait son habileté à conduire les chevaux, se moquait de sa voix chaque fois qu'il chantait. Jusqu'à quand n'y aurait-il rien de beau dans l'État qui ne passât pour être l'œuvre de cet homme ? Assurément, Néron était sorti de l'enfance et était dans la force de sa jeunesse ; qu'il renvoyât son instituteur, puisqu'il avait pour l'instruire des personnages suffisamment illustres, ses propres ancêtres. »

 

Sénèque demande à Néron d'être relevé de sa charge d’« ami du prince » et propose de lui restituer sa fortune, immense et bien mal acquise. Néron refuse, mais en 64, bien que Sénèque se soit retiré de la vie publique, Néron, qui a fini par le haïr, tente vainement de l'empoisonner.

 

En 65 65, il est compromis dans la Conjuration de Pison, à laquelle il n’avait vraisemblablement pas participé. Il est condamné à mourir. Il se donne la mort en s'ouvrant les veines sur l'ordre de Néron. Tacite n’était pas loin :

 

« Ensuite le fer lui ouvre les veines des bras. Sénèque, dont le corps affaibli par les années et par l'abstinence laissait trop lentement échapper le sang, se fait aussi couper les veines des jambes et des jarrets. Bientôt, dompté par d'affreuses douleurs, il craignit que ses souffrances n'abattissent le courage de sa femme, et que lui-même, en voyant les tourments qu'elle endurait, ne se laissât aller à quelque faiblesse ; il la pria de passer dans une chambre voisine. Puis, retrouvant jusqu'en ses derniers moments toute son éloquence, il appela des secrétaires et leur dicta un assez long discours. [...] Comme le sang coulait péniblement et que la mort était lente à venir, il pria Statius Annaeus, qu'il avait reconnu par une longue expérience pour un ami sûr et un habile médecin, de lui apporter le poison dont il s'était pourvu depuis longtemps, le même qu'on emploie dans Athènes contre ceux qu'un jugement public a condamnés à mourir. Sénèque prit en vain ce breuvage : ses membres déjà froids et ses vaisseaux rétrécis se refusaient à l'activité du poison. Enfin il entra dans un bain chaud, et répandit de l'eau sur les esclaves qui l'entouraient, en disant: « J'offre cette libation à Jupiter Libérateur. » Il se fit ensuite porter dans une étuve, dont la vapeur le suffoqua. Son corps fut brûlé sans aucune pompe ; il l'avait ainsi ordonné par un codicille, lorsque, riche encore et très puissant, il s'occupait déjà de sa fin. »

 

(Liberum mortis arbitrium)

 

 

 

 

 

 

Pas facile d’être la fille de Georges Simenon. Surtout quand, comme Marie-Jo, on éprouve une passion œdipienne débordante pour son père.

 

Elle l'aimait trop. A 8 ou 9 ans, elle voulait qu'il lui achète une alliance comme celle qu'il portait au doigt, et il avait accepté... Blessée par la guerre parentale, en quête d'une impossible fusion avec son père, affolée aussi par des secrets qui n'appartenaient qu'à elle, Marie-Jo se suicidera à 25 ans, après avoir voulu être incinérée avec son bijou. Simenon dira avoir goûté ses cendres, les trouvant «salées». Ravagé par ce drame, mais soutenu par sa compagne Teresa dans sa dernière citadelle suisse donnant sur le lac Léman, il publie en 1981 une sorte de longue lettre posthume à la jeune morte, Mémoires intimes.

 

Le jour fatal, elle avait téléphoné à son père en lui disant à la fin de la conversation: « Je t’aime Dad… Dis-moi aussi que tu m’aimes… — Je t’aime infiniment, ma chérie… — Non. Je veux que tu me dises, sans plus : je t’aime… Dis-moi, je t’aime. » Et le père de prononcer tendrement « Je t’aime. »

Elle a laissé une carte écrite le jour même de sa mort : « Pour mon Daddy, avec tout ce que cela aura peut-être de dur, de cruel, selon les circonstances. J’espère seulement qu’il comprendra que “ tout ” vient de moi, que je l’ai voulu et que peut-être, enfin, je cesse de me torturer moi-même. Je t’aime pour la dernière fois, sous le “ tu sais ”… et puis le “ beaucoup ” qui cache le: “…j’ai osé dire je t’aime! ” (c’est ça?…) Take care of yourself, for me, for all what I was not able to be — (By my own fault). Ta petite ? fille! Tu sais … (je rajoute un “ tu sais ”). La chose la plus extraordinaire aura été d’avoir un “ Daddy ” puis un “ Dad ”, d’avoir aimé “ l’homme ”, de loin comme une amante, d’avoir lu presque tout du “ Simenon ”, la gorge serrée, d’avoir enfin englobé “ l’être humain ” tout entier, du petit garçon à aujourd’hui, au fil des pages et de mes propres souvenirs… Un “ Monsieur ”, aussi, magnifique dans son costume de soie et qui m’enlève dans ses bras, porté par la musique… Une tendresse que jamais je n’aurai retrouvée. Marie-Jo ? » (Mémoires).

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 06:40

Ce groupe, qui vient de sortir une anthologie, a connu le succès en 1964, juste après les Beatles et les Stones. Avec les Kinks, nous n'étions pas loin du niveau des Beatles, la raison étant peut-être que la création, l'inventivité reposaient presque exclusivement sur les épaules de Ray Davies alors que les créateurs chez les Beatles furent deux, puis trois, dans une compétition permanente.

 

Je propose ici ma chanson préférée. J'ai adoré ce “ Sunny afternoon ” car je l'ai entendue pour la première fois dans un Londres presque caniculaire. Le tempo et les paroles m'incitèrent à me hâter le plus lentement possible. Et puis il y avait “ Save me, save me, save me from this squeeze /I gotta big fat mama trying to break me ”. Le pauvre !

 

 

The tax man's taken all my dough

And left me in this stately home

Lazing on a sunny afternoon

And I can't sail my yacht

He's taken everything I got

All I've got's this sunny afternoon

 

Save me, save me, save me from this squeeze

I gotta big fat mama trying to break me

And I love to live so pleasantly

Live this life of luxury

Lazing on a sunny afternoon

In a summertime

In a summertime

In a summertime

 

My girlfriend's run off with my car

And gone back to her ma and pa

Telling tails of drunkenness and cruelty

Now I'm sitting here

Sipping at my ice cool beer

Lazing on a sunny afternoon

 

Help me, help me, help me sail away

Well give me two good reasons why I oughta stay

'Cause I love to live so pleasantly

Live this life of luxury

Lazing on a sunny afternoon

In a summertime

In a summertime

In a summertime

 

Ah, save me, save me, save me from this squeeze

I gotta big fat mama trying to break me

And I love to live so pleasantly

Live this life of luxury

Lazing on a sunny afternoon

In a summertime

In a summertime

In a summertime

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 08:17

Il s'agit de Mahomet, dont il n'a jamais été formellement interdit par l'islam de montrer des représentations.

 

On dit que l'ayatollah Khomeiny aimait beaucoup ce tableau iranien.

 

Le visage est donc celui d'un adolescent qui fait penser à certains modèles du Caravage. On pourrait éventuellement parler de plagiat (“ Jeune adolescent portant une corbeille de fruits ”) :

 

 

 

Dans les deux tableaux, la bouche est sensuelle, entrouverte ; la peau et le regard sont doux. Je n'en dis pas plus quant à la virilité de ces deux jeunes hommes.

 

Qui est cet éphèbe arabe ?
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