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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 08:22

Réponse demain.

Petite devinette : qui est ce jeune homme ?
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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 06:30

Très vraisemblablement, en tout cas. Cette œuvre est intitulée “ American Gothic ”. Le peintre est Grant Wood. Il s'agissait, selon l'artiste, d'un tableau réaliste, censé dépeindre la vie rurale dans le Middle West.

 

Les deux modèles lui étaient très familier. La femme n'est autre que sa sœur Nan, l'homme est son dentiste. Lorsque Wood exposa ce tableau (peint sur de l'aggloméré) en 1930 à l'Institut d'art de Chicago, il fut accusé d'avoir caricaturé le monde rural et d'avoir stigmatisé la réaction de paysans face au modernisme de la civilisation urbaine.

Le tableau le plus célèbre des États-Unis

Nous sommes dans l'Iowa (où l'artiste passa le plus clair de sa vie) devant une maison de style gothique, habitée par de vrais gens. Le tableau représente un fermier et sa fille. Sûrement pas mariée. La jeune femme est vêtue d'un tablier à la mode au XIXe siècle, passé sur une robe noire. La fourche, tenue par le personnage masculin qui porte un bleu de travail typique du XXe siècle et qui en reprend les trois branches, symbolise les durs travaux des champs. Au-dessus de l'épaule droite de la jeune fille, on distingue un pot de fleurs posé sur le pas de la porte vitré. C'est l'élément féminin – et domestique – du tableau. Avec la petite broche représentant un visage de femme.

 

Le peintre présenta son tableau au concours de l'Institut d'art, remporta la médaille de bronze et  300 dollars en liquide. Le tableau reçut un accueil mitigé, surtout de la part des habitants de l'Iowa qui n'apprécièrent pas de se voir caricaturés de la sorte. Gertrude Stein, l'amie de Picasso, fut très laudative.

 

Depuis, cette œuvre a accédé au rang de mythe. Elle a été reproduite et parodiée d'innombrables fois. Dans un des épisodes des “ Simpsons ”, la famille possède l'original du tableau peint sur un mur. Bart l'efface par mégarde en nettoyant le mur. Il découvre alors la phrase suivante : “ Si vous pouvez lire ceci, vous avez frotté trop fort. Signé, Grant Wood. ”

 

 

Le tableau le plus célèbre des États-Unis
Le tableau le plus célèbre des États-Unis
Le tableau le plus célèbre des États-Unis
Le tableau le plus célèbre des États-Unis
Le tableau le plus célèbre des États-Unis
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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 07:15

Ma préférée, c'est quand même celle de la pagaille suédoise !

Quelques photos historiques
Quelques photos historiques
Quelques photos historiques
Quelques photos historiques
Quelques photos historiques
Quelques photos historiques
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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 06:55

Elle a d’abord joué les nunuches (Sissi) sous la férule de sa mère tyrannique, proche – pas que géographiquement – d’Hitler et de Bormann, puis les femmes toniques et sans problèmes, et enfin les femmes ravagées et traînant des valises de problèmes. Elle fut l’actrice fétiche de Sautet avant d’être harcelée par la presse à scandales de l'époque (on ne disait pas people, mot qui ne veut rien dire). On sut tout de ses amours, de son ancien mari suicidé, de son ablation du rein, de ses indélicatesses avec les impôts, du drame effroyable de son fils empalé alors qu’il voulait escalader la grille de leur propriété, de l’alcool, des cigarettes, des médicaments.

 

Au matin du 29 mai 1982, Romy Schneider est retrouvée morte dans son appartement parisien. Elle avait 43 ans. La police retrouve sur son bureau un mot d'excuse pour sa fille ayant la rougeole et un autre pour décommander une séance de photographie.

 

Suicide, excès, on ne le saura jamais.

 

Le magistrat Laurent Davenas préfère classer l'affaire sans autopsie pour, dit-il, « qu'elle garde son secret avec elle ». Il écrira dans un livre de souvenirs : « Ce corps, réduit par la vie à l’état de dépouille, je ne pouvais me résoudre à en faire une carcasse, palpée, manipulée, éventrée […] ».

 

Elle devait tourner une quatrième fois avec Delon.

 

Sa mère lui survivra 14 ans.

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

 

Autre star fracassée : Jean Seberg.

 

On retrouva son corps décomposé sur la banquette arrière d’une petite voiture stationnée dans une rue de Paris. La légendaire vendeuse du Herald Tribune dans À bout de souffle finit par craquer face aux harcèlements du FBI, selon la thèse de son mari Romain Gary. Nous étions en 1979 et Jean soutenait effectivement des Noirs d’extrême gauche (les Black Panthers). Elle avait 40 ans. Elle vivait depuis longtemps sous antidépresseurs et avait déjà tenté de se suicider. Elle ne tournait plus. Le FBI l’a-t-il aidée à ingurgiter tout ce qu’on a retrouvé dans son sang ?

 

(Æquivocus)

 

 

 

 

Né en 1878 à Brest, Victor Ségalen fut médecin, romancier, poète, ethnographe, sinologue et archéologue. À l’exotisme « rance » de Loti, il préférait la « perception du Divers, la connaissance que quelque chose n’est pas soi-même. »

 

Après une première dépression nerveuse à cause d’un amour malheureux, il lit Nietzsche et publie au Mercure de France où il rencontre Huysmans, Gourmont. Il soutient sa thèse de médecine en 1902, un travail sur « L´observation médicale chez les écrivains naturalistes » qui traite des névroses dans la littérature contemporaine.

 

En 1903, il part pour Tahiti comme médecin de la marine de deuxième classe. En 1905, il épouse la fille d’un médecin brestois qui lui survivra 49 ans. Il est médecin militaire sur la ligne de front en 1915. Après un tour du monde qui l’a mené sur les traces de Rimbaud en Afrique de l’est, puis en Chine où il est devenu un authentique sinologue, il rentre en Bretagne en 1919. Profondément neurasthénique, il est hospitalisé au Val-de-Grâce.

 

Le 21 mai 1919, alors qu’il est en convalescence dans sa Bretagne natale, il part en promenade. On le retrouve mort deux jours plus tard au lieu-dit forestier du Gouffre, un exemplaire d’Hamlet à portée de main. Ses amis disent de lui qu’il s’est convié sereinement au « festin du suicide ».

 

L’université de Bordeaux 2, où il a fait ses études, porte son nom, ainsi que l’UFR de lettres et sciences humaines de Brest.

 

(Tædium vitæ).

 

 

 

 

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 06:11

Mon plus vieil ami (vivant) est anglais.

 

Il m'a fait parvenir ces petites difficultés qui, malheureusement pour lui, n'en sont pas pour moi. Chacun son truc. L'une des gracieusetés de la langue anglaise réside dans l’accentuation  à l’intérieur des mots. Un accent mal placé et, hop !, ce que vous dites devient incompréhensible ou absurde et vous passez pour légèrement débile. Mieux vaut parler avec l’accent de Maurice Chevalier ou, pire, de Jacques Delors (Sarkozy et Hollande ne parlent pas anglais : ils ahanent car ils sont restés au stade de la lallation) en plaçant bien les accents que de produire un anglais “ authentique ” en dérapant à tout bout de champ au niveau intonatif.

 

Pour ce qui est des paradoxes (« wise » pouvant signifier une chose et son contraire), nous sommes en plein dans le génie de la langue. Donc : total respect.

 

Quant à « up » et les verbes à particules en général, un ouvrage est essentiel pour y voir plus clair : Verbes prépositionnels et verbes à particule d'un de mes autres vieux amis : Patrick Gettliffe (éditions Ellipses).

 

 

1) The bandage was wound around the wound.

2) The farm was used to produce produce.


3) The dump was so full that it had to refuse any more refuse.


4) We must polish the Polish furniture.

5) He could lead if he would get the lead out.

6) The soldier decided to desert his dessert in the desert.

7) Since there is no time like the present, he thought it was time to present the present.

8) A bass was painted on the head of the bass drum.


9) When shot at, the dove dove into the bushes.


10) I did not object to the object.

11) The insurance was invalid for the invalid.

12) There was a row among the oarsmen about how to row.


13) They were too close to the door to close it.


14) The buck does funny things when the does are present.


15) A seamstress and a sewer fell into a sewer.

16) To help with planting, the farmer taught his sow to sow.

17) The wind wasn't strong enough to wind the windmill sails.

18) Upon seeing the tear in the painting I shed a tear.

19) I had to subject the subject to a series of tests.

20) How can I intimate this to my most intimate friend ?

 

 

 

 

Let's face it - English is a crazy language. There is no egg in eggplant, nor ham in hamburger; neither apple nor pine in pineapple. English muffins weren't invented in England or French fries in France. Sweetmeats are candies while sweetbreads, which aren't sweet, are meat. We take English for granted. But if we explore its paradoxes, we find that quicksand can work slowly, boxing rings are square and a guinea pig is neither from Guinea nor is it a pig. 

And why is it that writers write but fingers don't fing, grocers don't groce and hammers don't ham ? If the plural of tooth is teeth, why isn't the plural of booth, beeth? One goose, 2 geese. So one moose, 2 meese ? One index, 2 indices ? Doesn't it seem crazy that you can make amends but not one amend? If you have a bunch of odds and ends and get rid of all but one of them, what do you call it ?

If teachers taught, why didn't preachers praught? If a vegetarian eats vegetables, what does a humanitarian eat ? Sometimes I think all the English speakers should be committed to an asylum for the verbally insane. In what language do people recite at a play and play at a recital ? Ship by truck and send cargo by ship ? Have noses that run and feet that smell ?

 How can a slim chance and a fat chance be the same, while a wise man and a wise guy are opposites ? You have to marvel at the unique lunacy of a language in which your house can burn up as it burns down, in which you fill in a form by filling it out and in which, an alarm goes off by going on.

 English was invented by people, not computers, and it reflects the creativity of the human race, which, of course, is not a race at all. That is why, when the stars are out, they are visible, but when the lights are out, they are invisible.


 

PS. - Why doesn't 'Buick' rhyme with 'quick' ?


 You lovers of the English language might enjoy this. There is a two-letter word that perhaps has more meanings than any other two-letter word, and that is 'UP.  '
It's easy to understand UP, meaning toward the sky or at the top of the list, but when we awaken in the morning, why do we wake UP ?
At a meeting, why does a topic come UP ?
 Why do we speak UP and why are the officers UP for election and why is it UP to the secretary to write UP a report ?
 We call UP our friends.
And we use it to brighten UP a room, polish UP the silver; we warm UP the leftovers and clean UP the kitchen.
 We lock UP the house and some guys fix UP the old car.
 At other times the little word has real special meaning.
 People stir UP trouble, line UP for tickets, work UP an appetite, and think UP excuses.
 To be dressed is one thing, but to be dressed UP is special.
 A drain must be opened UP because it is stopped UP.
 We open UP a store in the morning but we close it UP at night.

We seem to be pretty mixed UP about UP !
 To be knowledgeable about the proper uses of UP, look the word UP in the dictionary.
In a desk-sized dictionary, it takes UP almost 1/4th of the page and can add UP to about thirty definitions.
If you are UP to it, you might try building UP a list of the many ways UP is used.
It will take UP a lot of your time, but if you don't give UP, you may wind UP with a hundred or more
. When it threatens to rain, we say it is clouding UP.
When the sun comes out we say it is clearing UP.
 When it rains, it wets the earth which soaks it UP.
 When it doesn't rain for awhile, things dry UP.

One could go on and on, but I'll wrap it UP,
 for now my time is UP,
 so... it is time to shut UP ! 
Now it's UP to you what you do with this,

but whatever you do …

don't screw up !!

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 06:09

Sylvain Tesson est le fils de Philippe Tesson (nobody's perfect) et collabore aux antennes d'extrême droite de Radio Courtoisie (re nobody's ...). C'est aussi une personnalité hors du commun, grand voyageur devant l'éternel (authentique Wanderer, comme on dit) qui a, par exemple, traversé l'Himalaya à pied. C'est un vrai écrivain qui a obtenu le prix Goncourt de la nouvelle et le Médicis essai. Je me suis bien diverti avec ses Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit), récemment réédité en Pocket. L'oeuvre d'un homme qui aime trop ses chiens et les chemins déserts pour avoir foi en l'humanité ?

 

De l'aphorisme, Tesson dit ceci : " C'est un cadeau de l'inconscient à l'esprit. Si on le cherche, il est perdu. Si on le convoque, il se cache. S'il advient, il faut l'accueillir. "

 

Florilège :

 

Le liquide de la naissance mélangé à la poussière de la mort donne la boue de la vie.

 

Cimetière : la Terre ne rend pas.

 

Flammes : grimaces de la douleur du feu.

 

Le rythme infernal des batteries de poulet.

 

Qui instruit le procès des arbres qu'on abat ?

 

Au moins les lettres d'amour ne transmettent pas de maladies.

 

Sur les revolvers, il faudrait inscrire : "Tuer fume".

 

Sans le rossignol, peut-être que le soleil ne se lèverait pas.

 

Maison hantée : le bail des vampires.

 

Ce papa écrevisse qui disait à ses enfants d'aller de l'avant.

 

Pourquoi la pluie qui tombe du ciel n'est-elle pas bleue ?

 

Deux ailes mais pas de queue : difficile de voler lorsqu'on est un ange.

 

C'est tout de même grâce au progès qu'il y a des avions à réaction.

 

Origine du monde : le plus remarquable est que Courbet ait réussi à terminer son tableau.

 

La peinture : hommage de la lumière au silence.

 

Je doute tellement de moi que je ne fais confiance à aucun miroir.

 

 

 

 

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 06:42

Nostradamus, juste avant de mourir : "Demain, je ne serai plus de ce monde".

 

Mary Surratt, juste avant d'être pendue : " S'il vous plaît, ne me laissez pas tomber ".

 

James French avant de passer sur la chaise électrique : “ Un bon titre pour les journaux de demain : French Fries ”.

 

Barnum : “ La recette a été bonne ce soir au Madison Square Garden? ”

 

Lord Byron : “ Maintenant, je vais dormir. Bonne nuit. ”

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dominique Bouhous : « Je vais ou je vas mourir, l'un et l'autre se dit ou se disent. »

 

Mao Tsé Toung : "Je me sens un peu malade. Appelez les docteurs."

 

Humphrey Bogart : "Je n'aurais jamais dû remplacer le whisky par le Martini."

 

Carl Panzram (tueur en série) à son bourreau : "Magne-toi, connard, j'aurais eu le temps d'en pendre dix pendant que tu glandes."

 

Jésus : Tout est accompli ! Père, je remets mon esprit entre tes mains …” 

 

Robert Brasillach au peloton qui va l'exécuter : “ Bon courage. ”

 

Balzac : “ Appelez Bianchon [un de ses personnages, médecin], seul Bianchon peut me sauver ! ”

 

Maupassant : “ Des ténèbres, oh, des ténèbres ! ”

 

Rabelais : “ Tirez le rideau, la farce est terminée. ”

 

Montaigne : “ Ce n'est pas la mort que je crains, mais de mourir. ”

 

Berlioz : “ Enfin, on va jouer ma musique ! ”

 

Napoléon : “ Mon fils … Tête de l'armée … France …”

 

Socrate : “ Criton, à Asclépios, nous sommes redevables d'un coq. ”

 

Danton : “ Tu montreras ma tête au peuple, elle en vaut bien la peine. ”

 

Charlie Livingston : “ Vous m'avez amené ici pour être exécuté, pas pour faire un discours. ”

 

Commandant du vol AF 447 : “ Putain, on est mort ! ”

 

Saddam Hussein : “ je vous ai sauvés du dénuement et de la misère et j'ai détruit vos ennemis. ”

 

Boudas (au pied de la guillotine) : “ J'ai froid, donnez-moi mes chaussettes. ”

 

Ravachol (au pied de la guillotine) : “ Vive l'anarchie ! ”

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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 06:28

Né en 1922 à Paris, Marcel Mouloudji était le fils de Saïd Mouloudji, un Kabyle né en Algérie, et de la Bretonne Eugénie Roux. Il est décédé en 1994 à Neuilly-sur-Seine. À l’occasion des vingt ans de cette disparition, les éditions musicales Mercury viennent d’éditer un magnifique coffret de 300 chansons (13 CD) qui déroule la carrière si riche et attachante de ce créateur hors normes.

 

Mouloudji a connu une enfance très difficile : sa mère fut internée alors qu’il avait dix ans et il vécut dans une chambre de bonne avec son père et son frère. Adolescent, il rejoint les Faucons Rouges, un mouvement de jeunesse de gauche. Il restera toute sa vie marqué nettement à gauche, même s’il ne voulait pas se considérer comme un « chanteur engagé ». J’aurai l’occasion de le rencontrer une fois en 1974 à Amiens alors qu’il était venu chanter gracieusement pour des travailleurs en grève.

 

À 13 ans, il rencontre Sylvain Itkine, du groupe Octobre, puis Jean-Louis Barrault qui devient son protecteur. En 1936, il tient un rôle dans son premier film, La Guerre des gosses, première adaptation de La Guerre des boutons. À 16 ans, il connaît son premier vrai succès dans le film de Christian-Jaque Les Disparus de Saint-Agil) avec Eric von Stroheim et Michel Simon. Pendant la guerre, il vit dans la clandestinité et fréquente Sartre et Beauvoir, qui l’évoque à plusieurs reprises dans La Force de l’âge. À la Libération, il devient une figure marquante de Saint-Germain-des-Prés. Il se lance, pour des raisons – il faut bien le dire – alimentaires, dans la chanson, tout en continuant à tourner pour Christian-Jaque. Il obtient son premier grand succès en tant que chanteur en 1951 avec “ La Complainte des infidèles ”, extraite du film La Maison Bonnadieu de Carlo Rim. En 1952, il tient le premier rôle du film d’André Cayatte Nous sommes tous des assassins, un plaidoyer contre la peine de mort.

 

Mouloudji est un surdoué : il est l’auteur de la plupart de ses textes, de certaines musiques. À ses moments perdus, il peint remarquablement bien.

 

Mouloudji, 20 ans après

 

Il est l’ami de Prévert, de Boris Vian. En 1953, il crée “ Comme un petit coquelicot ”, que Raymond Asso a écrit pour lui. La chanson connaît un succès énorme. Elle est encore aujourd’hui reprise à tout va.

 

En 1954, à la fin de la guerre d’Indochine, Boris Vian écrit “ Le déserteur ”, qui se termine bizarrement pour une chanson pacifiste :

 

Si vous me poursuivez,

Prévenez vos gendarmes,

Que je possède une arme,

Et que je sais tirer

 

 

Un appel à la désertion, plus un appel au meurtre de gendarmes, c’est peut-être exagéré. Mouloudji conseille la version que l’on connaît et que Vian lui-même adoptera :

 

Si vous me poursuivez,

Prévenez vos gendarmes,

Que je n'aurai pas d'armes,

Et qu'ils pourront tirer

 

 

La France est en plein tropisme militaro-colonialiste puisque novembre de cette même année voit la Toussaint rouge, le début de la guerre d’Algérie. Chanter “ Le déserteur ” est un acte d’un courage rare (passible de dix ans d’emprisonnement).

 

Dès que Mouloudji s’approprie une chanson, elle est sienne à jamais. Un peu comme Yves Montand, Piaf et quelques très grands interprètes. Les chansons de Charles Trénet qu'il enregistre (“ Pauvre Georges André ”, “ En tournée ”, “ Les corbeaux ”, “ C'est le Rhône qui ronronne ”) deviennent “ mouloudjiennes ”. Tout comme “ Mon pote le gitan ” que Jacques Verrières avait composé suite à la disparition de son ami Django Reinhardt. On entend la nonchalance, la tendresse, une éternelle fêlure derrière le sourire. Avec lui, les feuilles mortes (quelle belle complicité avec Prévert !) sont encore plus mortes qu’avec les autres chanteurs : elles tombent avec l’infinie lenteur de la délicatesse de l’amour envolé. En revanche, une « triste ritournelle » sera prise à contre-pied par la magie du verbe :

 

Écoutez la triste ritournelle

Des amants errants

En proie à leurs tourments

Parce qu’ils ont aimé

Des femmes infidèles

Qui les ont trompés

Ignominieusement

 

 

 

Au début des années soixante, la vague yé-yé fait du dégât. Mouloudji quitte Philips (qui joue la carte « djeuns ») pour Vogue, où il crée une cinquantaine de chansons. Il fonde son propre label où enregistrent Nicole Louvier et Graeme Allwright. Certains de ses textes jouent habilement de l’humour et de la dérision : “ Les Beatles de 40 ” (ici par les 4 Barbus), “ Tout fout l’camp ” :

 

Y a plus de vrais hommes

Y a plus de drapeau

Y a plus d'Afrique

Y a plus d'colonies

Y a plus d'bonniche

Plus d'savoir-faire

Plus d'tradition

Plus qu'des affaires

 

 

Durant toute sa carrière, Mouloudji aura servi les autres tout en restant subtilement lui-même. Enfant prodige au cinéma dans les années trente, il interprétera plusieurs chansons marquantes de films à succès : la “ Ballade en si bémol ” écrite par Sacha Guitry pour son film La vie d’un honnête homme (1953) avec Michel Simon dans un rôle savoureux de frères jumeaux, l’extraordinaire “ Un jour, tu verras ”, paroles de lui-même, musique de Georges Van Parys, pour le film Secrets d’alcôve (film à sketchs de 1954 avec Jeanne Moreau, Vittorio de Sica et … Mouloudji), “ Si tu m’aimais ”, paroles de René Clair, pour le film Les grandes manœuvres du même René Clair en 1955, “ La complainte de la butte ” (paroles de Jean Renoir pour son film French Cancan. Mouloudji chanta Boris Vian : outre “ Le déserteur ”, “ J’suis snob ”, “ Valse jaune ” (ici avec Stéphane Grapelli). Il chanta François Sagan (“ Les jours perdus ”), Léo Ferré, avec qui il écrivit “ Le cirque ”, “ La jeune fille à la frange ”, Rue de Crimée ” et “ Cache-cache ”. Outre Prévert, il chanta Bruant (“ Le chat noir ”), Bernard Dimey (“ Un soir au Gerpil ”), la chanson “ Barbara ” et la chanteuse Barbara (le très poignant “ Dis quand reviendras-tu ? ”). Il fut proche de génies de la musique comme Van Parys, Crolla, Legrand.

 

Il envisageait de rééditer ses œuvres sur CD mais la maladie l’en empêcha. Il mourut le 14 juin 1994. Il est enterré au Père-Lachaise.

 

 

 

PS : ici, un entretien avec deux des enfants de Mouloudji.

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 06:58

Ci-dessous un sondage sur les airs de musique que les amoureux aiment se passer durant leurs ébats.

 

J'avoue que le “ Boléro ” en troisième position me plait bien. Vu que Ravel n'a pas trop connu les femmes (ni les hommes), il a dû y mettre, outre son génie, toute sa libido.

 

Relations sexuelles et musique
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 06:16

J'imagine qu'elle ne fait pas que cela dans la vie, mais elle adore détourner des titres d'auteurs et de romans célèbres, se constituant ainsi, pour notre plus grand plaisir (et amusement), une bibliothèque imaginaire.

 

Elle a commencé à jouer avec Rimbaud et Rambo. Elle assume le graveleux (Les 3 mousses queutards d'Alexandre du Mât) et le débile (Lacan Coyote).

 

Elle détourne des panneaux d'autoroute :

Clémentine Mélois, la détourneuse

Des parfums :

Clémentine Mélois, la détourneuse

Des prénoms pour bol :

Clémentine Mélois, la détourneuse

Mais surtout des titres de livres :

Clémentine Mélois, la détourneuse
Clémentine Mélois, la détourneuse
Clémentine Mélois, la détourneuse
Clémentine Mélois, la détourneuse
Clémentine Mélois, la détourneuse
Clémentine Mélois, la détourneuse
Clémentine Mélois, la détourneuse
Clémentine Mélois, la détourneuse
Clémentine Mélois, la détourneuse
Clémentine Mélois, la détourneuse
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