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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 05:35

 

On progresse dans le viol politiquement correct de la langue française.

 

A l’occasion d’une manifestation Nuit Debout à Toulouse, un ami a vu sur une pancarte le pronom que nous attendions tous, qui nous manquait tant, de qui nous nous languissions : « iel ». Pour celles et ceux qui ne savent pas trop de quel genre ils sont (on ne dit plus « sexe » aujourd’hui, on dit « genre », comme les Zuniens, ça fait plus propre).

 

« Iel » me pose un problème qui n’est pas subalterne : dans ces trois lettres, « il » domine « elle ». Pourquoi pas « eil », avec le « il » enchâssé dans le « elle » ?

 

Un révolutionnaire authentique ne saurait être petit bras. On attend des suggestions hardies pour « celui-ci/celle-ci », « celui-là/celle-là », « ceux-ci/celles-ci », « ceux-là/celles-là ». Et aussi pour « quel/quelle », « lui ». On espère également un changement selon la logique de la langue anglaise pour les possessifs : « ma crayon », si le possesseur est une femme.

 

Je sais que c’est leur problème, mais les anglophones auront du mal à faire aussi bien que nous. Déjà qu’ils ont inventé le « ms » (prononcé « mz »), pour, théoriquement, ne plus avoir à dire « miss » ou « mrs », en fait pour que les femmes qui ne sont pas en couple alors qu’elles ont largement fêté sainte Catherine revendiquent haut et fort leur stigmatisation. Que faire avec « he » et « she » ? D’autant qu’existe le neutre « it » qui, pour les humains, s’applique aux enfants en bas âge. Nos amis allemands auront également du mal à nous égaler avec « er », « sie », eux aussi usant fréquemment du neutre « es ».

 

 

 

 

Pour ce qui est des Espagnols, n’en parlons même pas. Depuis le temps qu’ils nous bassinent avec « lo », « la », « le », « él », « ella », « ello », tout en se permettant de ne pas utiliser de pronom, comme ça, pour nous embêter : « vive sola », « vive solo », « tiene ocho años », on leur laisse le choix de violer leur langue « según su buen placer ».

 

Quant aux Italiens, avec leurs « egli », « esso », « ella », « essa », « lei », « è » et le pronom zéro (« fa », « è bene »), ils nous font bien rigoler !

 

Alors, « iel pleut » ?

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 05:50

 

J'avais beaucoup écrit sur Foenkinos. Enfin : la rencontre.

 

Le Mystère Henri Pick :

http://bernard-gensane.over-blog.com/2016/04/note-de-lecture-158.html

 

Charlotte :

http://bernard-gensane.over-blog.com/2014/09/note-de-lecture-136.html

 

Je vais mieux :

http://bernard-gensane.over-blog.com/note-de-lecture-123

 

Lennon :

http://bernard-gensane.over-blog.com/article-note-de-lecture-81-80551865.html

 

Les Souvenirs :

http://bernard-gensane.over-blog.com/article-note-de-lecture-87-83404093.html

David Foenkinos
David Foenkinos

Photos Raphaëlle et Rébecca Gensane

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 05:37

On pardonnera à ce très fin observateur de la réalité culturelle française d'avoir oublié un "h" à "bibliothèque".

Où en est la culture en France ?
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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 05:11

… donc parfois aberrantes, stupides, méchantes, grotesques.

 

Certaines lois françaises – toujours, théoriquement, en vigueur – datent du Moyen Âge, d’autres de la Révolution française, ou encore du régime de Vichy. Trop occupés, nos élus n’ont pas pris le temps de les abroger. Et puis, après tout, une petite saloperie peut toujours servir, d’autant que nul n’est censé ignorer la loi.

 

Ainsi, depuis Napoléon, il est interdit d’appeler son cochon Napoléon. Pendant, la guerre, mes grands-parents avaient élevés un cochon en douce. Dans un acte de résistance inouï, ils l’avaient appelé “ Adolphe ”. Mon père, âgé de 17 ans, avait été chargé de le tuer. Sans faire de bruit. Heureusement, un grand coup de masse sur le groin avait suffi.

 

Théoriquement, le pantalon est toujours interdit aux femmes, mais pas le voile. Une dérogation est prévue pour celles qui tiennent à la main un guidon de bicyclette ou un cheval.

 

 

 

 

Il est formellement interdit de s’embrasser sur un quai de gare. Il est également interdit d’y poser des explosifs. De ce côté, on espère être paré.

 

De 8 heures à 20 heures, les radios françaises sont dans l’obligation de passer sur leurs ondes 70% de musique exclusivement française. Tu parles, Charles, comme cette obligation est respectée.

 

Pour les manifestants et les autres, qu’ils sachent qu’il est interdit de prendre en photos des véhicules de police ou des policiers. Même en petit, au fond de la photo.

 

Un petit tour chez nos étranges étrangers. En Suisse, les personnes résidant en appartement ne doivent pas tirer la chasse d’eau ni prendre un bain après 22 heures.

 

Au pays de la National Rifle Association, dans le Massachusetts plus précisément, il est interdit de se battre au pistolet à eau. En Alaska, le pays de Sarah Palin, un mari peut battre son épouse, mais pas plus d’une fois par mois. En Oregon, il est interdit aux femmes de faire de la musculation.

 

Sic transit…

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 05:32

 

 

Lorsqu’on est en présence d’une rédaction aussi brillante et foisonnante que celle de Télérama, le seul hebdo de télévision français lu par des gens qui n’ont pas la télé, on est facilement énervé par des marqueurs du parisianisme journalistique qui consistent à utiliser des termes raffinés et à se vautrer dans les anglicismes. Le problème, c’est que, dans le premier cas, il est commis des erreurs sérieuses du genre solécisme, et que, dans le second cas, l’anglais est écrit un peu n’importe comment.

 

Lisez, du début jusqu’à la fin un numéro de Télérama et vous trouverez au moins une dizaine de fois “ attester ” construit de  manière intransitive (« cela atteste de la valeur de la pièce ») alors que ce verbe est transitif. Un brillant et foisonnant journaliste de Téléréma ne saurait écrire « cela montre la valeur », « cela témoigne de la valeur », « cela est une preuve de la valeur », tournures beaucoup trop frustes et rustres pour des plumes aussi délicates.

 

Quant aux anglicismes maltapropos, j’en signalerai un seul. A Télérama, on n'écrira pas que tel acteur de Stratford, que le Wensleydale, que telle coupe de costume pour homme sont « typiquement britanniques ». On brille et on foisonne en écrivant qu’ils sont « so british ». Notez que les produits ou les gens dont on parle seraient turcs ou portugais, on serait un tout petit peu emmerdés, tout téléramien qu’on est. Non seulement, ce maniérisme est crétin et prétentieux, mais en plus il est incorrect. En anglais, les termes désignant la nationalité, même utilisés comme adjectifs, commencent systématiquement par une majuscule : « He is French, a French boy, a British cheese » etc. En allemand, ce sont les substantifs qui commencent par une majuscule : « das Auto, die Kanzlerin ». La pratique a été la même en anglais jusqu’au XVIIIe siècle. A noter que l’anglais met également une majuscule aux noms de mois, même lorsqu’ils sont écrits en abrégé (« January, Jan. »), ce qui n’est pas le cas du français. On trouvera également une majuscule au début de noms ou adjectifs associés à un nom propre (« The Sahara Desert », le désert du Sahara, « Central Asia », l’Asie centrale), devant des noms suivis d’un nom propre (« Queen Elizabeth », la reine Elisabeth, « General De Gaulle », le général De Gaulle – “ De ” et non “ de ” car il ne s’agit pas d’un patronyme noble), d’un titre associé à un nom propre (« The President of the United States of America », le président des Etats-Unis d’Amérique), des noms de rue (« Fifth Avenue », la Cinquième avenue), de tous les mots qui composent le titre d’un roman, d’un film, d’une œuvre musicale (« The Loneliness of the Long Distance Runner », La Solitude du coureur de fond ; « The Great Swindle », Au revoir là-haut ; « Music for the Royal Fireworks », Musique pour les feux d’artifice du roi), des noms d’organisme ou d’institution (« the European Space Agency », l'Agence spatiale européenne).

 

Pendant qu’on y est – je laisse  provisoirement de côté Télérama – je vous emmène faire un tour du côté de chez Pujadas. Le brillant et foisonnant présentateur des nouvelles de France 2 a succombé à un petit snobisme partagé par beaucoup d’autres : il ne souhaite plus aux téléspectateurs une « bonne soirée » mais une « belle soirée ». Pourquoi pas ? Mais alors allons-y franco : « je vous souhaite une belle année et une belle santé », « je vous souhaite beau vent », « A table et bel appétit ! », « beau Dieu ! », « j’ai jugé beau de faire car c’est pour de beau », « c’est beau à savoir », « j’ai tiré le beau numéro ».

 

Allez, belle nuit !

Hé ho, la rédac de Télérama !
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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 05:27

 

Professeur émérite à l’université Paris 8, Pierre Dommergues est mort le 4 juillet 2015 à l'âge de 84 ans. Il avait été, entre autres choses, l’un des trois principaux fondateurs du Centre universitaire expérimental de Vincennes (avec Hélène Cixous et Bernard Cassen). Travailleur boulimique, visionnaire, il fut un extraordinaire passeur de la culture et des écrivains des Etats-Unis. A Vincennes, il invita Chomsky, Marcuse, Zinn, le Living Theater et le Bread and Pupper Theater. L’université Paris 8 lui rendra hommage le mois prochain.

 

Il fut un précurseur des échanges ERASMUS en parvenant à imposer que les étudiants acquittent les droits d’inscription dans leur université d’origine (combien d’étudiants français auraient-ils pu suivre un cursus aux Etats-Unis sans cette règle ?). Il fut l’un des premiers à ouvrir l’université au monde du travail.

 

Il analysa avec pertinence les mouvements sociaux et les combats de minorités (noires et indiennes en particulier) outre-Atlantique.

 

Il mena en parallèle une importante carrière journalistique, au Monde  et au Monde Diplomatique au premier chef.

 

Plusieurs de ses ouvrages sont toujours de référence, quarante ans après leur publication.

 

En 1984, il publia (en collaboration) Les syndicats français et américains face aux mutations technologiques (Anthropos-Encrages, Paris). Je propose ici de larges extraits de l’introduction qu’il rédigea pour cet ouvrage.

 

 

 

Les technologies nouvelles se développent non pas en période d’expansion ou de récession mais en période de crise économique, industrielle et sociale – sur le plan national et international.

 

C’est, dans la seconde moitié des années 1970, au moment où s’enclenchent les processus de « désindustrialisation  », où les industries traditionnelles perdent leur compétitivité, notamment dans le domaine de l’acier, du textile, du caoutchouc et de l’automobile, au moment où les politiques de « restructuration » se mettent en place que les technologies nouvelles se développent, non seulement dans les industries de pointe en pleine expansion, mais aussi dans les industries traditionnelles menacées.

 

Les technologies nouvelles volent à la rescousse d’une productivité défaillante dans les industries traditionnelles et assurent le développement exponentiel des industries de haute technologie (information, biotechnologies). Ces technologies suscitent l’inquiétude dans la mesure où elles sont liées soit à un redéploiement industriel qui s’accompagne de fuites de capitaux et de licenciements, soit au développement d’une industrie nouvelle qui se crée, aux Etats-Unis, en marge des syndicats.

 

Pour de nombreux travailleurs, les mutations technologiques sont d’abord un moyen utilisé par le patronat pour organiser, à son profit, la sortie de crise. Elles apparaissent comme un mode supplémentaire d’exploitation qui s’ajoute aux instruments classiques : liberté de licenciement, renforcement de la discipline de travail, sous-traitance avec les pays du tiers monde, etc. Elles constituent un maillon essentiel d’un redéploiement mené aux dépens des travailleurs. La seconde condition est plus encourageante : l’introduction des technologies se fait au moment où le fordisme est à bout de souffle et où, pour être parfaitement efficaces, les techniques nouvelles impliquent une participation active des travailleurs. L’échec du fordisme (réappropriation du savoir-faire par l’employeur, fragmentation du travail, etc.) s’est manifesté au cours des deux dernières décennies [1960-1980] par l’accroissement des grèves (sauvages) chez les OS, de l’absentéisme, voire du sabotage (dans l’industrie automobile aux Etats-Unis), et surtout par la réduction de la qualité des produits. La concurrence internationale exige un accroissement de la productivité, des normes de qualité plus élevées ainsi qu'une souplesse accrue de la production. Pour atteindre ces objectifs, de nouvelles relations sociales doivent être élaborées. A la rigidité de la gestion sociale de type tayloriste doit se substituer une gestion sociale plus souple. La crise économique est une crise industrielle ; mais la crise industrielle est aussi, et essentiellement, une crise sociale. La sortie de la crise passe par la modernisation des outils de production et des rapports sociaux.

 

L’optimisation des techniques nouvelles exige le renouvellement des relations industrielles. « Piège », diront les uns, « occasion », répliqueront les autres. L’ambiguïté est incontestable. C’est pourtant l que se situe la brèche. Là que les syndicats peuvent intervenir.

 

La nouvelle flexibilité peut se faire aux dépens des travailleurs ; elle peut aussi être investie par ces derniers. Les risques ne sont pas négligeables : un nouveau paternalisme est en train de naître aux Etats-Unis, prenant comme modèle la gestion à la japonaise. Fondé sur l’équilibre incertain entre la sécurité de l’emploi (pour une fraction des travailleurs), la mobilité dans le travail, l’intégration dans des équipes et la réceptivité aux idées des travailleurs, le nouveau management s’appuie sur les cercles de qualité, généralement créés en accord avec les syndicats maison. Aux Etats-Unis, la stratégie des cercles de qualité se développe le plus généralement en marge – ou même contre – les syndicats.

 

LE TERRAIN DES CONTRE-PROPOSITIONS

 

Certes c’est un terrain miné : l’expérience des cinq dernières années aux Etats-Unis a été marquée par une pratique des « concessions collectives » qui se sont substituées aux « conventions collectives ». Les travailleurs américains ont dû accepter, le plus souvent, des réductions de salaires et d’avantages sociaux sans compensation – ni sur le plan de l’organisation du travail ni sur le plan de la sécurité de l’emploi. Quelques conventions nouvelles ont néanmoins entrouvert des portes : en échange d’un soutien de l’Etat, Chrysler accepte à son conseil de direction un représentant du syndicat de l’automobile, en l’occurrence son président. Easter Airlines, en 1983, distribue des actions à ses travailleurs, en échange de concessions sur les salaires.

 

 

Hommage à Pierre Dommergues

C’est un terrain incertain. Aux Etats-Unis, une partie importante des industries de technologie de pointe se sont développées en marge des syndicats : une caractéristique de la « réussite » de la vallée du silicium – comme de la douzaine d’autres technopoles américaines nées dans son sillage – n’est-elle pas que les entreprises ne sont pas « syndicalisées » ? Par suite, l’écart se creuse entre ingénieurs, cadres, financiers en forte demande, et les OS en blouse blanche, surtout des étrangers et des femmes. Ainsi se renforce la division de classes et se développe la tendance à la réduction, voire la disparition de la classe moyenne, qui est un des piliers de l’équilibre social aux Etats-Unis.

 

Partout, en France comme aux Etats-Unis, les conventions collectives acquièrent une importance nouvelle ; en plus de la lutte (mise en sourdine, moins en France qu’aux Etats-Unis) pour le maintien des avantages acquis (salaires et prestations sociales), les syndicats cherchent à élargir le champ des négociations dans quatre directions :

 

  1. organisation et conditions de travail (ce qui implique une remise en cause de la fragmentation du travail et un contrôle sur les cadences) ;
  2. droit de regard sur les problèmes d’emploi ;
  3. concertation sur les conditions d’introduction des technologies nouvelles ;
  4.  et même participation aux décisions d’investissement (grâce, en particulier, à l’utilisation aux Etats-Unis des fonds de retraite comme source d’investissement).

 

Ces contre-propositions rencontrent de fortes réticences aujourd’hui en France et aux Etats-Unis, comme hier en Allemagne lors de l’introduction de la cogestion. Tout compromis est négociable à condition que ne soient pas menacées les « prérogatives patronales ». Or les quatre contre-propositions principales entament le pouvoir patronal.

 

 

Photo BG.

 
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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 05:33

 

Depuis Vatel (qui s’empala sur son épée) plane sur les grands cuisiniers qui ratent quelque chose ou qui perdent une étoile une véritable malédiction. Avant Bernard Loiseau, on a ainsi vu le grand chef Alain Zick se suicider en 1966 à l’âge de 38 ans.

 

Zick eut pour clients le duc de Windsor et Jean-Paul Belmondo. Après avoir été rabaissé – de manière totalement injuste à ses yeux – par le Guide Michelin, Zick se tua d’une décharge de fusil de chasse dans la poitrine. Benoît Violier, grand cuisinier français exerçant en Suisse,  se tua en 2016 à l’âge de 44 ans, en partie pour la même raison.

 

(Pudor)

 

 

 

 

 

 

Né en 1913, Sándor Zöld  fut ministre de l’Intérieur dans la Hongrie communiste de 1950 à 1951 après avoir été l’un des dirigeants de la résistance communiste contre les nazis. Le 19 avril 1951, à l’occasion du congrès du parti, Mátyás Rákosi, critique violemment son ministre. Sans faire son autocritique, Zöld, le lendemain, abat à coups de revolver sa femme, ses trois enfants et leur gouvernante avant de se tuer. Il fut renvoyé du gouvernement à la date du jour de sa mort.

 

(Jactatio)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un de mes deux ou trois écrivains préférés : Stefan Zweig. Plongez-vous dans son Joseph Fouché ou Le Monde d’hier, que je relis une fois tous les deux ans. En 1934, les nazis organisent l’autodafé de son œuvre. Face à la violence institutionnelle, il ne peut pas lutter, ni intellectuellement, ni physiquement. Il retourne la violence contre lui-même. Humaniste, anti-mitariste (il fut l’ami de Romain Rolland, voir leur Correspondance), dire de ce juif qu’il était assimilé ne rime à rien puisqu’il était et se sentait plus allemand que les Allemands. A sa première femme Friderike, il avait proposé un suicide partagé, qu’elle avait refusé. En 1941, la défaite des Britanniques en Indonésie l’achève. Dans Le Monde d’hier, qui sera publié peu de temps après sa mort, il est au désespoir : « Né en 1881 dans un grand et puissant empire [...], il m'a fallu le quitter comme un criminel. Mon œuvre littéraire, dans sa langue originale, a été réduite en cendres. Étranger partout, l'Europe est perdue pour moi... J'ai été le témoin de la plus effroyable défaite de la raison [...]. Cette pestilence des pestilences, le nationalisme, a empoisonné la fleur de notre culture européenne. »

 

Il se réfugie au Brésil. Il croyait en ce pays pour qui il écrivit Brésil terre d’avenir et en qui il voyait un contrepoids à la folie fasciste. Il a encore la force d’écrire Le Joueur d’échecs. Sa seconde épouse, Lotte, est malade. Il est moralement détruit par le cours des événements. Des amis proches de Zweig se sont déjà suicidés, dont Walter Benjamin. Il rend visite à George Bernanos qui ne parvient pas à lui redonner le moral. Le 22 février 1942, il se tue, en compagnie de Lotte, en s’empoisonnant au Véronal. Les Brésiliens lui accorderont des funérailles nationales alors qu’il avait expressément demandé à ne pas en bénéficier.

 

Juste avant le grand voyage, il écrivit pour ses amis ce texte bouleversant : « Avant de quitter la vie de ma propre volonté et avec ma lucidité, j'éprouve le besoin de remplir un dernier devoir : adresser de profonds remerciements au Brésil, ce merveilleux pays qui m'a procuré, ainsi qu'à mon travail, un repos si amical et si hospitalier. De jour en jour, j'ai appris à l'aimer davantage et nulle part ailleurs je n'aurais préféré édifier une nouvelle existence, maintenant que le monde de mon langage a disparu pour moi et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même. Mais à soixante ans passés il faudrait avoir des forces particulières pour recommencer sa vie de fond en comble. Et les miennes sont épuisées par les longues années d'errance. Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde. Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir l’aurore, après la longue nuit. Moi, je suis trop impatient, je pars avant eux. »

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

 

 

FIN

 

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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 05:49

 

David Foenkinos. Le Mystère Henri Pick. Paris : Gallimard, 2016.

 

David Foenkinos continue de faire entendre une petite musique qui, mine de rien, en dit long sur notre société. L’argumentaire de son nouveau roman est original et n’aurait sûrement pas été renié par le Borges de Pierre Ménard, auteur du Quichotte, pour qui le réel était « une forme de chaos régi par une vérité occulte » (Annick Louis), ou l’Oulipien Marcel Benabou (Pourquoi je n’ai écrit aucun de mes livres). Dans la presqu’île de Crozon, vers la fin des terres bretonnes, un bibliothécaire recueille tous les livres refusés par les éditeurs. Sort du lot un livre exceptionnel écrit par un vendeur de pizzas du nom d’Henri Pick, mort deux ans auparavant et qui, selon sa veuve n’a jamais rien écrit à part, peut-être, la liste des commissions. L’ouvrage devient un énorme phénomène littéraire jusqu’à ce qu’un chroniqueur, licencié par Le Figaro Littéraire, furète sérieusement dans cet étrange miracle.

 

Le tropisme qui caractérise peut-être le plus l’œuvre de Foenkinos, c’est le flottement perpétuel entre fiction, réalisme, réalité et réel. Son jeu sur ces catégories fonde son appréhension du monde. Ces hésitations peuvent déboucher sur des lieux communs : Berlin, « cette ville à la fois moderne et marquée par les cicatrices du passé ». Foenkinos ne chronique plus la littérature, mais le monde de la littérature, comme lorsqu’il narre cet épisode mille fois rapporté du ratage de Gallimard et de Gide refusant La Recherche du temps perdu. On peut aussi regrette ses maniérismes quand il impose au lecteur des notes infrapaginales qui servent à authentifier un récit qui n’a, évidemment, jamais besoin de l’être puisque nous sommes dans du roman. Par ailleurs, il use et abuse de l’intertextualité, sans qu’on sache toujours s’il s’agit d’une exigence de réalité ou d’une franche ironie. Ainsi, un de ses personnages « fut à l’origine de la publication de la publication du premier roman de Laurent Binet, HHhH, extraordinaire livre sur SS Heydrich ». Cela peut être franchement maladroit quand, par exemple, il oriente le travail du lecteur, son imaginaire, bref lorsqu'il travaille à sa place : « Si Magali avait connu Pasolini, elle aurait pu penser au film Théorème, à son héros qui fait vaciller les âmes par la simple puissance de sa présence fantomatique. » Ou quand il évoque Julliard, « le fameux [sic : anglicisme] éditeur qui avait publié Bonjour Tristesse » (pourquoi, allusion ostensible à des noms connus oblige, ne pas évoquer – autre exemple – Les Grandes familles de Maurice Druon ?).

 

Dans ce texte comme dans d’autres, l’ironie permet à Foenkinos de dénoncer gentiment. Ici, les codes, l’entre-soi et les magouilles du monde de l’édition. Comment ne pas sourire, mais aussi se scandaliser, quand un roman écrit par un pizzaiolo inculte devient, de manière parfaitement plausible, le phénomène littéraire du moment ? Le succès littéraire est aussi affaire de marketing, comme quand Foenkinos, par une double mise en abyme, se sert, lui qui est publié par Gallimard, de l’éditeur de chez Grasset Jean-Paul Enthoven ou de l’incontournable et prescripteur François Busnel qui traverse la moitié de la France pour interviewer la veuve de Pick pour son émission “ La Grande Librairie ” tandis que lui, Foenkinos, participera à cette même émission la veille de la sortie de son roman. C’est une des faiblesses du livre : ces figures médiatiques ne sont, justement, pas médiatisées par l’auteur ; elles sont importées telles qu’elles – leur image publique en tout cas – dans le texte. Quand le récit est branché sur le ou sur du réel, le style devient journalistique : « Sabine Richer, responsable de la région Touraine et férue de littérature américaine, parla du roman de Richard Brautigan qui était à l’origine de cette idée. » Lorsque Foenkinos passe de la fiction au réel, le récit cesse d’être pris en charge par le narrateur et l'est par une instance, une figure de l’auteur : « Pour l’instant, on le [l’enquêteur viré du Figaro Littéraire] retrouve dans une note de bas de page, mais bientôt, il aura une importance capitale dans cette histoire. » Un procédé moderne chez les grands romanciers anglais du XVIIIe siècle, mais un peu lourd en ce troisième millénaire.

 

 

 

 

Malgré quelques réserves, il apparaît rapidement que ce roman donne du sens à ce qui semble être, de prime abord, de simples faits. Il dénonce les stratégies systémiques de l’illusion, l’industrie du fard, du faux, du falsifié. Du bourdonnement (le buzz). Si un grand éditeur publiait le catalogue d’Ikea, il le hisserait au niveau de Pouchkine, suggère Foenkinos qui, par ailleurs, dénonce la télé-réalité, le quart d’heure warholien dont nous sommes tous susceptibles d’être un jour la victime même si nous ne recherchons aucune célébrité. La domination de la forme sur le fond est désormais « totale ». Un roman se retrouve en tête de gondole dans les supermarchés parce qu’il a été « refusé 32 fois » et parce que Jack Lang a l’idée d’instaurer la « Journée des auteurs non publiés ».

 

Rouche, l’enquêteur, est un vrai personnage de roman. Contrairement à Enthoven ou Nora, il n’existe pas dans la réalité. C’est lui qui va meubler les silences de cette civilisation du brouhaha et du paraître. C’est lui qui va déminer le monde piégeux où un Begbeider peut se permettre d’exister en livrant la chronique au titre racoleur “ Pick, c’est moi ”. Un faux événement a pu déstabiliser des êtres et une communauté, l’enquêteur remettra de l’ordre dans le chaos borgésien. Il n’y a pas de mystère Henri Pick car tout s’explique.

 

PS : Mes autres notes de lecture consacrées à des livres de David Foenkinos :

Charlotte

Je vais mieux

Lennon

 

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 05:41

La première est de Malick Sidibé, formidable photographe malien qui vient de nous quitter. Son cliché apporte la preuve que toutes les femmes sont voilées en Afrique. Pas comme en France !

Deux photos de vie

 

 

La seconde est celle d'un grand champion qui nous dit la chose suivante : je n'ai pas gagné le Tour de France, je ne me suis pas dopé, je ne suis pas mort, je pense souvent à Jacques Anquetil, je suis heureux et je viens de fêter mes 80 ans.

 

 

 

Deux photos de vie
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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 05:47

Depuis mon enfance dans les années cinquante, durant laquelle j’ai côtoyé de nombreuses “ gueules cassées ”, je bénis la chirurgie plastique qui répare les êtres, leur physique, donc leur mental. Il y a une quarantaine d'années, j'ai bien connu une femme admirable dont la moitié du visage avait été emporté par une décharge de chevrotine tirée par son mari. La chirurgie plastique avait fait ce qu'elle avait pu. Pas les collaborateurs du cinéaste Cayatte qui lui avaient – en vain – couru après pour faire un film sur son drame. Mais j’avoue avoir du mal à comprendre l’essor fulgurant, ces deux ou trois dernières décennies, de la chirurgie esthétique. Chez les célébrités (artistes, politiques), mais aussi chez les anonymes. Keynes l’a dit en son temps : nous allons tous mourir. Et j’ajoute que nous allons tous vieillir ensemble, sous le regard des autres et de nous-mêmes.

 

C’est beau, un visage de vieux (non, non, ne regardez pas la photo à la droite de ce texte). D’abord parce que, dès l’âge de 40-45 ans, on a la tête qu’on mérite. Et puis parce qu’il s’y lit notre vie, notre parcours avec ses joies et ses peines. Notre visage de vieux, c’est notre visage, pas celui d’un autre, pas celui d’un fantasme. Alors pourquoi vouloir lisser nos traits jusqu’à ne plus nous ressembler, ni ressembler à personne ? Les frères Bogdanov ont passé une partie de leur enfance à Auch. Je connais des Auscitains qui les ont fréquentés enfants. Tous ont le souvenir de gosses particulièrement mignons. Ils sont devenus de tels monstres, au sens étymologique du terme (prodiges que l’on montre), que je me demande parfois si, lorsqu’ils mourront, il n’y aura pas un cercueil pour leur corps d’avant et un autre, plus petit, pour les implants.

 

De la chirurgie esthétique

 

 

La chirurgie esthétique d’aujourd’hui n’est pas motivée par les conséquences d’une maladie (ablation d’un sein ou d’un œil) mais par les conséquences naturelles et inéluctables du vieillissement. L’intervention la plus fréquente est le ravalement du visage, son resurfaçage, communément appelé lifting (en vrai anglais facelift). Il y a aussi la chirurgie des paupières qui ont tendance à tomber avec l’âge (blépharoplastie), les implants capillaires, le remodelage des seins (ou leur redrapage – mastoplexie), l’aspiration de graisse, le remodelage du nez (Aznavour, Gréco furent des pionniers en la matière). Pour les citoyens français, ces interventions doivent être effectuées en France, par des spécialistes et dans des structures agréées. Elles ne sont pas prises en charge par la sécurité sociale. Légalement parlant, la chirurgie esthétique ne saurait être “ effractive ”, au sens où il ne doit pas y avoir effraction de la peau ou d’une muqueuse. Elle ne peut pas non plus utiliser des substances non résorbables.

 

Bien sûr, la chirurgie esthétique pose le problème de l’image que nous avons de nous-même, une image en partie constituée au travers du regard des autres. Une image négative peut entraîner un sentiment de victimisation, un état dépressif, un sentiment de culpabilité ou de honte. Si elle peut aider à réparer, elle peut aussi – et c’est ce qui motive mon billet d’aujourd’hui – permettre de changer d’apparence. Il ne s’agit plus de revenir sur ce qui a défiguré mais de figurer autrement. Souhaite-t-on devenir autre parce qu’on est mal dans sa peau ? Le visage est-il un bouc émissaire qui va être trituré pour ne pas parler des vrais problèmes ? Souffre-t-on de dismorphobie, une pustule sur le nez ou des bourrelets aux hanches constituant une obsession délirante – et donc jouissive – faisant écran et détruisant toute confiance en soi ? Le problème n’est pas simple mais certainement pas insurmontable. S’il n’est pas affronté pour ce qu’il est, il peut mener à une issue fatale. Pensons à la destinée d’Eve Valois, connue sous le nom de Lolo Ferrari. Encouragée par son mari, elle subit – c’est le cas de le dire – 25 opérations de chirurgie esthétique : remodelage du visage, gonflage des lèvres et, surtout, pose d’énormes implants mammaires, chacun de ses seins pesant 2,8 kg et contenant 3 litres de sérum. Sa volonté de changer de physique allait de pair avec le souhait de devenir une artiste célèbre. Elle endura de réelles souffrances, cessa de prendre l’avion par crainte d'explosion mammaire et sa carrière fut aussi pitoyable que courte. Elle mourut dans des circonstances peu claires à l’âge de 37 ans après de longues années de dépression.

 

Jeune et jolie, l'actrice Catherine Deneuve parvenait à faire passer de profondes choses avec une grande économie d'expressions du visage (comme sa sœur d'ailleurs). Après quelques resurfaçages, l'un ayant rendu une de ses lèvres asymétrique, elle a beaucoup plus vieilli qu'au naturel et présente un masque assez étrange, pour le coup totalement inexpressif.

 

 

De la chirurgie esthétique

 

Elle fut belle, elle aussi. Mais après quelques interventions malencontreuses, Carla Bruni a les yeux écarquillés (parvient-elle à les fermer pour dormir ?), les pommettes surélevées, le nez écrasé. Je ne parle pas des nombreux implants dentaires qui font de sa bouche une fausse perfection.

De la chirurgie esthétique

 

Emmanuelle Béart fut la seule à regretter publiquement de s'être fait charcuter. Elle serait sûrement toujours très belle aujourd'hui sans une opération voulue à l'âge de 27 ans.

De la chirurgie esthétique

 

La reine de la couillonnade chirurgicale restera incontestablement la Duchesse d'Albe. Elle fut la personne la plus titrée sous un régime qui reconnaît les titres : cinq fois duchesse, dix-huit fois marquise, vingt fois comtesse, vicomtesse, comtesse-duchesse et connétable, quatorze fois Grand d'Espagne. De son vrai nom : María del Rosario Cayetana Paloma Alfonsa Victoria Eugenia Fernanda Teresa Francisca de Paula Lourdes Antonia Josefa Fausta Rita Castor Dorotea Santa Esperanza Fitz-James Stuart y Falcó de Silva y Gurtubay. Tout de même. Qu'est-ce qu'il lui prit de se faire massacrer de la sorte ? Peut-être se sentait-elle dans le trop et le bidon ? Elle en aurait alors remis quinze couches. Yo no sé.

De la chirurgie esthétique

 

La plus grande couillonnade commise par un homme fut l'apanage, à répétition, de Mickey Rourke qui, non content de se faire rectifier le portrait sur des rings de boxe, subit le massacre de la chirurgie esthétique. Il y a sûrement chez lui un très fort penchant morbide. Ainsi, il a fait une demande en mariage en menaçant sa douce de se faire hara-kiri. Il s'est par ailleurs fait tatouer une tête de tigre sur l'épaule gauche, un crâne de taureau sur le biceps droit, un trèfle sur le bras droit et des babioles sur les doigts des deux mains.

De la chirurgie esthétique
De la chirurgie esthétique

 

Pour revenir à des transformations moins spectaculaires, on mentionnera la surprise des journalistes de France Info qui accueillirent un beau matin un personnage politique méconnaissable, un peu irréel, tendu, luisant, lisse : Rachida Dati.

De la chirurgie esthétique

 

Pourquoi Meg Ryan, vers la quarantaine, a-t-elle voulu devenir une poupée gonflable, après de nombreuses opérations, tandis que sa carrière était déjà déclinante ?

De la chirurgie esthétique

 

Même Sophia Loren s'y est mise, à pas d'âge (elle n'a que 82 ans). Il est vrai que son vrai nom est Scilicone !

 

De la chirurgie esthétique

 

Elle affola récemment une bonne partie de la représentation nationale française mais elle avoue ne plus se reconnaître. Pauvre Pamela Anderson !

De la chirurgie esthétique

 

Donatella, la sœur du couturier Gianni Versacce, est devenue, à coups de pulpes dans les lèvres et quelques lissages de peau, un créature irréelle. Elle fait plus que son âge (60 ans).

De la chirurgie esthétique

 

Autrefois, on allait voir le film D'où viens-tu Johnny ? Maintenant, on se demande où va Johnny. J'ai toujours peur que, durant un concert, vu qu'il est tiré de la bouche aux oreilles, tout explose.

De la chirurgie esthétique

 

On terminera sur ces quelques massacrés (pardon : massacré-e-s) plus ou moins célèbres. Le dernier exemple est celui d'un mannequin coréen qui s'est administré lui-même des produits frelatés pour avoir la peau la plus lisse possible :

De la chirurgie esthétique
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PS : vous ne voudriez tout de même pas, j'espère, que les sharpeïs se fassent eux aussi ravaler !

 

 

 

PPS : avec la mauvaise foi qui le caractérise, l'ami Maxime Vivas a publié dans les colonnes du Grand Soir un exemple de transformisme édifiant qui m'aurait échappé. Il est vrai qu'un banquier de chez Rothschild peut devenir ministre de l’économie d’un président socialiste, voire devenir lui-même président socialiste (du courant MEDEF).

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Published by Bernard Gensane - dans culture
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