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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 06:59

http://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/apie/onglet-donnees-et-images/iconographie/visuel_donnees_et_images_small.jpgUn enfant de CM1 me demande de l’aider à apprendre la leçon qui suit, dont je donne le texte en intégral :

 

« Organiser et traiter les données


Pour résoudre certains problèmes, on va avoir besoin de trier les informations. Pour cela, il faut :


1) Déterminer les données utiles et donc repérer celles qui ne servent pas.


2) Bien tout observer : certaines informations peuvent être prises dans des schémas, des graphiques, des dessins.


3) Clarifier une masse importante d'informations en réalisant un tableau pour regrouper les données importantes dont on aura besoin. »

 

Je suis impressionné par l’aridité de ce texte, son abstraction.

 

-       C’est quoi, des données ?

-       Regard de merlan frit.

-       C'est quoi des informations ?

-       Merlan frit.

-       Qu’est-ce qu’une donnée qui ne sert pas ?

-       Merlan frit

-       Qu’est-ce qu’un schéma ?

-       Merlan frit.

-       Qu’est-ce qu’un graphique ?

-       Merlan frit.

-       Qu’est-ce qu’un dessin ?

-       Ça, je sais, je sais dessiner tout de même !

-       Que signifie « clarifier » ?

-       Merlan frit.

-       Qu’est-ce qu’une « masse » d’informations ?

-       Merlan frit.

 

L’enfant n’est pas un gogol. Le texte de la leçon n’est pas du maître. Il a été récupéré je ne sais où.

 

Comme un clou chasse l’autre, demain on passera à autre chose et il ne restera strictement rien de cette leçon.

 

Décidément, l’enseignement des « données » en CM1 est aussi aberrant que l’enseignement de l’histoire en CM2 (link).

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 14:16

On savait qu’outre son rire niais, Ali Baddou, agrégé de l’université, qui côtoya François Mitterrand, était affublé d’un autre défaut : il omet (pardon shunte) les liaisons en français (link). Ali Baddou dit : « Céungranévénement », « céun bon livre » (comme les journalistes de Canal +, Ali Baddou ne lit jamais de mauvais livre, ne voit jamais un mauvais film).

 

En outre, ce fils de diplomate marocain se vautre dans l’anglicisme le plus caricatural. Je l’ai entendu dire à son chroniqueur économique, le banquier Fiorentino, avec qui je ne partirai pas deux jours en camping (link) : « Vous êtes en amour avec Angela Merkel ». Ceci n’est bien sûr pas du français, surtout pour un agrégé.

 

À Baddou et son rire niais, je conseillerai de ne pas s’arrêter en si bon chemin et je propose, lorsqu’il présente la météo, la phrase suivante : « Il veut être pleuvant cet après-midi, oui, des chats et des chiens ».

 

http://www.fromageetdessert.com/wp-content/uploads/2010/04/sabots1.jpg

 

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 06:25


Kostas Karyotakis (1897-1928), ou le suicide d’un buveur d’eau. À trente ans, il essaie en effet de se noyer. En vain. Il écrit, avant de réussir sa mort en se tirant une balle en plein cœur : « Je conseille à tous ceux qui savent nager de ne jamais se suicider en se jetant à la mer. Pendant dix heures, je me suis battu contre les vagues. J’ai avalé une quantité énorme d’eau. »

 

 

Ses idées suicidaires lui vinrent peut-être de la syphilis dont il était affecté. Cela dit, il écrivit une œuvre pessimiste, pleine de désillusions, marquée par l’expressionnisme et le surréalisme. Sur la photo qui le représente suicidé, sa tête repose bizarrement sur un canotier.

 

(Impatienta doloris)

 

http://www.mlahanas.de/Greeks/NewLiteratur/KostasKaryotakis3.jpg

 

 

Yasunari Kawabata (1899-1972) fut un des grands écrivains du XXè siècle, premier prix Nobel japonais (en 1968).


Ses œuvres les plus connues internationalement sont ses romans comme Pays de neige, Le Grondement des montagnes.

 

Il ne se remit peut-être jamais des fiançailles rompues sans explications par celle qu’il aimait, Itō Hatsuyo.

En 1970, il est bouleversé par le suicide de son disciple et ami Mishima. En 1972, il est hospitalisé pour une appendicite. Il ne recouvrera jamais vraiment la santé. Il se suicide au gaz (et non par seppuku) à 72 ans.

 

(Tædium vitæ).

 

 

http://globedia.com/imagenes/noticias/2012/9/17/grullas-yasunari-kawabata_6_1379216.jpg

 

 

 

Destin très étonnant que celui d’Alexandre Kazakov (1891-1919). Il fut avec Guynemer l’un des plus grands aviateurs de la Première Guerre mondiale. En 1914, il sert d’abord dans la cavalerie avant d’intégrer l’école de pilotage de Sébastopol. Il abat de très nombreux avions allemands, parfois de manière un peu rustique, comme quand il accroche un grappin à l’avion ennemi. Lorsque Nicolas II abdique, c’est la débâcle dans l’armée russe. Kazakov se replie avec son unité et remporte sa dix-septième et ultime victoire le 13 septembre 1917. Lorsque la révolution bolchévique éclate, la guerre contre les Allemands s’arrête. Kazakov rejoint les Russes blancs en lutte contre les bolcheviques. Il participe à la prise d’Arkhangelsk aux côtés des Anglais venus lutter contre l’armée rouge. Les Britanniques considérant que la victoire bes rouges est inévitable, il cesse d’armer les troupes blanches. Écœuré, le 3 août 1919, Kazakov décolle de la base de Berezniki et se laisse tomber comme une pierre.

 

(Pudor)

 

 http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6b/Aleksandr_Kazakov.jpg

 

 

 

 

Génie foudroyé, Heinrich von Kleist. Pas facile d’être romantique en ce temps-là. Il aime une femme qui souffre d’un cancer incurable. Elle est mariée, bien sûr, sinon ce serait trop banal. Lui et Henriette s’installent dans une pension où ils rédigent leurs dernières volontés. Dans la bonne humeur, au cas où. Avant cela, en 1803, il s’était engagé secrètement dans l’armée française avec l’espoir de mourir en combattant contre les Anglais.

 

En 1810, il espère une coalition entre la Prusse et l’Autriche contre Napoléon. Il écrit alors Le Prince de Hombourg  en l’honneur de la famille de Hohenzollern.

 

Il adresse à Henriette les Litanies de la Mort. Ils se donnent rendez-vous à Wannsee, où ils se donnent la mort : Kleist tue Henriette puis retourne l'arme contre lui.

On peut lire sur sa tombe un vers tiré du Prince de Hombourg : « Nun, o Unsterblichkeit, bist du ganz mein » (Maintenant, ô immortalité, tu es toute à moi !).

 

Avant de mourir, il avait écrit à une parente : « J’ai trouvé une amie dont l’âme vogue comme un jeune aigle [son nom, Vogel, signifie oiseau en allemand]. […] Tu comprendras que mon seul souci soit de trouver, en même temps que ma joie, un abîme assez profond pour m’y précipiter avec elle. »

 

(Impatienta Doloris).


 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d4/Grabstein_Kleist_-_Vogel.JPG/220px-Grabstein_Kleist_-_Vogel.JPG
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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 14:23

 

http://www.vumagzine.com/wp-content/uploads/2011/01/I-Love-Pop-Music-1.jpgLe site Topito (http://www.topito.com/) poursuit son combat contre la disparition de la langue française. De manière humoristique et plutôt efficace. On l’a vu traduire en français le nom de grandes marques (y compris des marques françaises qui s’expriment dans le sabir de Wall Street), et, évidemment, les versions traduites sonnaient moins bien. Plus récemment, il s’en est pris aux titres de chansons ou au nom de groupes de la musique populaire anglo-saxonne (http://www.topito.com/top-artistes-albums-traduits-francais). Et là, on désopile. La pauvre Amie Maison de Vin s’en est retournée dans sa tombe. Tout comme l’actrice – j’aime bien celle-là – Reese Avecunecuillère, qui n’est pas encore morte. Si je vous parle du groupe des Garçons de Plage (en gros des types qui vous louent des chaises longues) ou de celui des Gens du Bourg, ça fait beaucoup plus nul que Beach Boys ou Village People. Je vais essayer de fournir deux ou trois éléments d’explication.

 

Attention ! Ne stigmatisons pas (on l’a fait suffisamment) la langue anglaise ou sa variante, le patois étatsunien, parce qu’il s’agit d’elle et de lui. Supposons que nous soyons à la fête à Neuneu et que l’animateur annonce le chanteur suivant en ces termes : « Et maintenant, Jojo va nous chanter “ Obier, obier, mon obier ”. Plus nul que ça, on est mort. En revanche, si le même animateur annonce : « Et maintenant, Jojo va nous interpréter le chef-d’œuvre bien connu “ Kalinka ”, alors là, la classe est absolue. Je vous propose la traduction de cette chanson russe du XIXè siècle :

 

 

Obier, obier, mon obier,

Dans le jardin, il y a des baies de framboises, ma petite framboise !


Sous le pin, sous la verdure,


Allongez-moi pour (y) dormir
Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,


Allongez-moi pour (y) dormir.

 

Plus cucudge que ça, on meurt. Bien sûr, ce n’est parce que c’est affligeant en traduction (surtout littérale) que ça l’est dans la langue originale. Parfois ça marche dans les deux langues : “ Étrangers au paradis ” vaut bien “ Strangers in Paradise ”. En revanche, “ Partis avec le vent ” est infirme comparé à “ Gone withe the Wind ”. Ne parlons pas d’“ Embrasse moi beaucoup ” (ou “ Baise-moi à fond ”, ma connaissance en espganol est limitée), nul, comparé à “ Besame Mucho ”.

 

Le problème avec le sabir atlantique, c’est qu’il est dominant. Quantitativement et, je dirais, qualitativement. Quand j’étais ado, dans la petite sous-préfecture picarde où je vivais, il y avait un magasin qui marchait très bien, à l’enseigne des “ Surplus Américains ” (c’était une chaîne). L’économie étatsunienne nous fourguait ses vieilleries, ses merdes, ses poubelles, à des prix corrects (mais sans plus), et l’on achetait. Justement parce que c’était “ américain ”. Vous imaginez “ Les Surplus Belges ” ou, pire, “ Les Surplus Auvergnats ” ? Gros claquage sur les cuisses et succès assuré ! Ce qui était tout bonnement extraordinaire, c’est que le mot surplus qui, normalement, connote négativement, devenait positif parce qu’il était associé à Américains. C’est cela la communication, la publicité. Du mensonge. Je n’emploie pas ce terme dans une optique morale : le mensonge est consubstantiel à la publicité. Tout comme à l’information en temps de guerre, mais c’est un autre débat. Et l’on ne ment pas sans les mots. Le mensonge n’étant jamais qu’un décalage par rapport à la vérité, s’exprimer dans un idiome décalé – en français, en sabir ou en franco-sabir – annule le mensonge selon la règle mathématique qui veut que moins par moins égale plus. Dans les années soixante, un whisky très banal avait lancé une campagne de promotion en France en anglais. Le slogan publicitaire (je n’insiste pas sur le mot slogan) était : « X, the Scotch we drink in Scotland ». Déjà, « X, le whisky que nous buvons en Écosse » eût été beaucoup plus prosaïque. Mais en plus, c’était faux. Cette marque n’était pas la préférée des Écossais, et certainement pas la marque dominante. Mais la petite touche exotique véhiculée par la langue anglaise créait à la fois du mystère et une sorte de caution. De l’évidence.

 

Revenons à nos moutons, à nos traductions littérales. Je vous propose, ainsi qu’au site Topito, quelques variations sur ce thème (chanteurs, chansons, groupes).

 plui

Blonde sur Blonde (ou Blond sur Blond)

La tête (ou la fellation) Murray

L’âme de caoutchouc

La route de l’abbaye

Positivement la quatrième rue

Séquelles

Eaux boueuses

Comme les larmes passent

La demande des majestés sataniques

Jeannot l’éclair sautant

Une ombre de pâle plus blanche

Affrontement

Les cinq de David Clark

Grosse Mère de la Ville des Épines

Heureux tout au-dessus

Le Couloir de la célébrité du roulement et du bercement

Les Aberrations (ou les Nœuds)

La Société pour la préservation de la place du village gazonnée

Sarah Longue et Grande

La rue en cul-de-sac

Les Qui affichent complet

Des Images de lys

Et ton oiseau peut chanter

Jouis ensemble

L’excursionniste de jour

Tout le monde a quelque chose à cacher sauf moi et mon singe

Bon jour Ensoleillement

Pluie

Débandade (ou Toboggan)

Boîte d'allumettes

Raton laveur rocailleux

Quelque chose

Parce que

Pour toi bleu

Le bonheur est une arme à feu chaude

Hé, hé, hé !

Tarte au miel

Je pleurerai à la place

Marthe ma chère

Mesquin Monsieur Moutarde

À tout moment tout à fait

Un après 909

L’écrivain de livres brochés

Paméla en polyéthylène

Cochonnets

Fille

Tourte au miel

Raton laveur rocailleux

Truffe de Savoie

Billet pour voyager

Tors-toi et crie

Oui c’est

Allant mieux

S’il te plait fais-moi plaisir

Je veux être ton homme

Tout secoué

Nounours

La ligue du sumac

Les Mamans et les Papas

L’homme de l’orgue de barbarie

Guillaume Furie

Vincent le Tailleur

Martin Sauvage

Falaise Richard

Sabbat Noir

Mené Zeppelin

Petit Richard

Camionnette Morrison

L’Orchestre à Cordes Incroyable

Petites Figures

Les bleus Lunatiques

Circulation

Crème

Le Movement

Le Champ de Printemps Poussiéreux

Machine Molle

Jus d’Orange

Les Spéciaux et la Folie

Entre les boutons

Pissenlit

Sauvetage émotionnel

Tatou toi

Sinistrose et morosité

le salon du vaudou

 

 

 

 

 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 06:28

http://www.placeaupeuple2012.fr/wp-content/uploads/2012/03/ridan-2-copie.jpgCette fois-ci, je triche un peu, avec “ Ulysse ”, du chanteur Ridan. De son vrai nom Nadir Kouidri, cet artiste n’a pas connu l’exil. Il est né en Seine-et-Marne en 1975. Ancien rappeur, il a abandonné ce genre musical, trop mercantile et trop communautaire à ses yeux.


Ridan est très engagé. Sa chanson “ Ah, les salauds ! ” n’est pas piquée des hannetons (link).

Lors de la dernière élection présidentielle, il a soutenu Jean-Luc Mélenchon.

À partir du célèbre poème de Du Bellay, il nous a offert ceci :

 

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d'usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

 

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village,

Fumer la cheminée et en quelle saison

 

Mais quand reverrai-je, de mon petit village,

Fumer la cheminée et en quelle saison,

Mais quand reverrai-je ?

 

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison

Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,

Que des palais Romains le front audacieux,

Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,

 

Plus mon Loir Gaulois, que le Tibre latin,

Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,

Et plus que l'air marin la douceur angevine.

 

Mais quand reverrai-je, de mon petit village,

Fumer la cheminée et en quelle saison,

Mais quand reverrai-je ?

 

J'ai traversé les mers à la force de mes bras,

Seul contre les Dieux, perdu dans les marais

Retranché dans une cale, et mes vieux tympans percés,

Pour ne plus jamais entendre les sirènes et leurs voix.

 

Nos vies sont une guerre où il ne tiens qu'à nous

De nous soucier de nos sorts, de trouver le bon choix,

De nous méfier de nos pas, et de toute cette eau qui dort,

Qui pollue nos chemins, soit disant pavés d'or.

 

Mais quand reverrai-je, de mon petit village,

Fumer la cheminée et en quelle saison, mais quand reverrai-je ?

 

Mais quand reverrai-je ?

Mais quand reverrai-je ?

Mais quand reverrai-je ?

Mais quand reverrai-je ?

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 07:10

http://www.hberlioz.com/Photos/goethe.jpg

Aujourd’hui, deux fois moins d’enfants français apprennent l’allemand que dans les années soixante-dix. Je ne connais pas la situation outre-Rhin, mais le pessimisme m'habite. L’allemand, cela sert à faire des affaires avec les Allemands. Ils sont très flattés quand on leur parle dans leur langue. Et puis, cela permet aussi, accessoirement, ce qui n'est pas rien, de lire Zweig, Mann ou Werfel dans le texte.

 

Je me disais tout cela récemment parce que j’étais retombé sur quelques vers admirables de Goethe, géant parmi les géants : l’un des deux “ nocturnes du promeneur ”, que le poète écrivit  en quelques minutes dans une petite maison en bois, dans les bois. Ce court texte fut mis en musique par Schubert.

Je propose ma traduction, qui vaut ce qu’elle vaut.

 

Über allen Gipfeln

Ist Ruh,

In allen Wipfeln

Spürest du


Kaum einen Hauch;


Die Vögelein schweigen im Walde.


Warte nur, balde
Ruhest du auch.

 

 

 

Sur toutes les cimes

Le calme

Au faîte de tous les arbres

Tu ressens à peine un souffle ;

Les oiseaux se taisent dans les bois.

Attends, bientôt toi aussi tu te reposeras.

 

 

 Germanophones ou francophones, nous mourrons tous un jour. Espérons que ce sera dans cette sérénité.

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 06:29
http://www.legrandecart.net/wp-content/uploads/2012/09/les-mots-en-droit.jpgPatrick Kuchard a répertorié les 600 mots les plus fréquemment utilisés dans la langue française.

On trouve :

60 000 entrées dans le Petit Robert.

75 000 entrées dans le Grand Robert.

 

Le relevé le plus exhaustif tournerait autour de 600 000 ou 700 000 mots. On a pu proposer aussi le chiffre de 1 million de mots en incluant les termes techniques, scientifiques et médicaux.

Enfin, il faut savoir que les 600 mots les plus fréquents représenteraient 90 % de n’importe quel texte français, mais qu’il en faudrait quelques milliers pour représenter 95 % de n’importe quel texte.

 

Combien de mots sont utilisés par un individu « moyen » dans sa vie quotidienne ?

De 300 à 10 000, selon les estimations.

D’après l’interprétation de l’échelle Dubois-Buyse, le vocabulaire fondamental du français écrit est, en fin de 3e, de 3 725 mots.

Certaines distinctions sont particulièrement intéressantes, et permettent de tenter un dernier bilan :

Vocabulaire quotidien et pratique : de 300 à 3 000 mots environ, selon l’individu.

Vocabulaire « de base » ou fondamental (vocabulaire actif) : 800 à 1 600 mots pour un élève de collège ou de lycée et quelques 3 000 mots pour l’individu moyen.

Vocabulaire « passif » ou dit « de culture générale » : entre 2 500 et 6 000 mots pour un élève de lycée et quelques 30 000 mots pour un public cultivé.

Ainsi, un collégien de 6e disposerait d’environ 6 000 mots (y compris les listes fermées et les mots outils) tandis que le vocabulaire du public cultivé irait jusqu’à 30 000 mots. La plupart des Français utilisent donc moins de 5 000 mots pour s’exprimer et se faire comprendre !

Ainsi, le vocabulaire de Guy de Maupassant a été évalué à une fourchette allant de 12 000 à 15 000 mots (avec toute son œuvre comme corpus). À titre de comparaison, Shakespeare a utilisé environ 25 000 mots.

 

Voici les mots les plus courants et les plus utilisés de la langue française

Adjectifs

bleu

 

Adjectif

super

 

Adjectif

autre

 

Adjectif

bizarre

 

Adjectif

difficile

 

Adjectif

drôle

 

Adjectif

étrange

 

Adjectif

facile

 

Adjectif

grave

 

Adjectif

impossible

 

Adjectif

jeune

 

Adjectif

juste

 

Adjectif

libre

 

Adjectif

malade

 

Adjectif

même

 

Adjectif

pauvre

 

Adjectif

 

 

Noms communs

aide

 

Nom commun

chef

 

Nom commun

enfant

 

Nom commun

garde

 

Nom commun

gauche

 

Nom commun

geste

 

Nom commun

gosse

 

Nom commun

livre

 

Nom commun

merci

 

Nom commun

mort

 

Nom commun

ombre

 

Nom commun

part

 

Nom commun

poche

 

Nom commun

professeur

 

Nom commun

tour

 

Nom commun

fois

 

Nom commun féminin

madame

 

Nom commun féminin

paix

 

Nom commun féminin

voix

 

Nom commun

 

Verbes

abandonner

 

Verbe

accepter

 

Verbe

accompagner

 

Verbe

acheter

 

Verbe

adorer

 

Verbe

agir

 

Verbe

aider

 

Verbe

aimer

 

Verbe

ajouter

 

Verbe

aller

 

Verbe

amener

 

Verbe

amuser

 

Verbe

annoncer

 

Verbe

apercevoir

 

Verbe

apparaître

 

Verbe

appeler

 

Verbe

apporter

 

 

 

 

 

Ci-dessous, les mots les plus utilisés de la langue anglaise : (link)

 

Les noms 
Les noms les plus communs sont time (temps), person (personne) et year(année, an), suivis par way (chemin, route, voie) et par day (jour, journée), par contre month (mois) est classé 40e... 
Il est à noter que beaucoup de ces mots ont plusieurs sens, way et part (part, partie, pièce) par exemple, qui ont respectivement 18 et 16 manières différentes de les interpréter. 
Ils forment bien souvent aussi des parties d’idiomes ou de phrases, ainsi la fréquence d’apparition élevée de time peut s’expliquer par son emploi dans des phrases adverbiales comme like on time, in time, last time, next time, this time, etc.

 

Les verbes 
Comme d’aucun aurait pu le pressentir, les verbes les plus communs expriment des concepts basiques. 
On peut remarquer que les 25 verbes les plus fréquents en Anglais sont des mots monosyllabiques ; les premiers verbes pluri-syllabiques sont become en 26e position, et include en 27e. 
De ces 25 verbes, 20 sont des mots de l’ancien Anglais Anglo-Saxon, et 3, get, seem et want, viennent de l’ancien Norvégien, introduits dans la langue au tout début du Moyen Âge. Seulement tryet use proviennent du Français. 
Il semblerait que pour exprimer des actions et des évènements, l’Anglais préfère utiliser des mots courts et anciens...

 

Les adjectifs 
Ici aussi, on peut noter que le top des adjectifs est composé de mots monosyllabiques. De plus, 17 mots de la liste sont issus de l’ancien Anglais Anglo-Saxon, seulement different, large et importantproviennent du Latin. 
Si l’on s’attache à la signification des mots, on remarque que great est plus utilisé que big, pourtant synonymes. On peut l’expliquer cependant en prenant en compte le côté informel de l’utilisation de great, car il prend souvent le sens de very good. 
Little est à la 7e position, ce qui est surprenant quand on le compare à small qui est en 15e position. 
Et badapparaît de façon inattendue très loin dans le classement, à la position 23... Est-ce peut-être parce que les Anglais utilisent un nombre important de synonymes pour exprimer les bad things ?

 

Enfin (soyons ludiques), un petit test pour savoir combien on connaît de mots en français (link). Attention, il y a des pièges. J’en connais environ 39 000.

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 06:59

http://www.ecrans.fr/local/cache-vignettes/L450xH300/arton7140-0eef5.jpg

 

 

 

Je serai bref : il y a une telle puissance dans ces deux approches.

 

Selon Samuel Beckett : " Etre un artiste, c'est échouer comme nul autre n'ose échouer." (Trois dialogues, 1949).

 

Et puis, il y a ces quelques vers de T.S. Eliott, tirés de Little Gidding (1942), où le poète réfléchit à ce qui relie le passé, le présent et le futur :

 

 

We shall not cease from exploration
And the end of all our exploring
Will be to arrive where we started
And know the place for the first time.
Through the unknown, unremembered gate
When the last of earth left to discover
Is that which was the beginning.

 

 

Nous ne cesserons pas d'explorer

Et la fin de notre exploration

Sera d'arriver d'où nous sommes partis

Et de connaître l'endroit pour la première fois.

A travers la porte inconnue, oubliée

Quand le dernier arpent de terre à découvrir

Est celui qui fut le commencement.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 07:10

Je reprends ici un article de la Dépêche du Midi sur le nom d'une rue d'Auch, ville qui m'est chère comme on sait. Clochemerle "Here, there and everywhere" comme disaient les Beatles.

Le plus drôle, si je puis dire, ce que, il y a vingt-cinq ans, j'ai eu à Poitiers un collègue étatsunien dont le nom était Aucoin. Il descendait en ligne directe de l'Aucoin d'Auch. Il prononçait son nom quelque chose comme "okoigne". Était-il armé quand il venait à la fac ?

 

CHRONIQUE DES NOMS DE RUE

Auch. Rue Aucoin, une histoire de vengeance - Tous droits réservés. Copie interdite.
Auch. Rue Aucoin, une histoire de vengeance () 

Auch. Rue Aucoin, une histoire de vengeance 

La chronique des noms de rue continue en haute ville, où on ne se doute pas que la rue Aucoin est née après une querelle. La rue porte le nom de Louis Aucoin, qui fut le maire d'Auch de 1890 à 1900. Pendant ces dix années, il a été vivement combattu par Théodore Bouquet, un imprimeur qui publiait «La république des travailleurs». «Il le considérait comme un adversaire. Les deux étaient républicains, mais Louis Aucoin était plus modéré», explique Gilbert Sourbadère, adjoint au maire, chargé de la culture et du patrimoine. Pour venger, en quelque sorte, Louis Aucoin, l'un de ses successeurs a pris un malin plaisir à rebaptiser la rue où était cette imprimerie du nom de l'ancien maire. Théodore Bouquet s'est donc retrouvé à posséder une imprimerie dans la rue du nom de son adversaire. Cette dernière avait été déplacée dans la zone industrielle d'Engachies et a malheureusement fermé il y a quelques années. La rue Aucoin a, quant à elle, continué à garder son nom./Photo DDM, Sébastien Lapeyrère.

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 07:22

 

Kahena (la reine Kahena). Ne cherchez pas, elle est totalement inconnue du grand public français (dont moi jusqu’à il y a peu). Elle fut pourtant une figure historique de premier plan.

 

Kahena signifie “ prêtresse ” (et oui, les féministes politiquement correctes, le féminin de prêtre n’est pas “ une prêtre ” mais prêtresse !) ou “ devineresse ”. Pour les Berbères des Aurès, elle s'appelait Dyhia Tadmut, ce qui signifie “ la belle gazelle ” en tamazight.

 

Kahena fut une reine guerrière berbère qui combattit l’expansion islamique en Afrique du Nord au VIIe siècle.

 

Plusieurs femmes ont écrit des livres sur la Kahena au XXe siècle (dont Gisèle Halimi) et plusieurs penseurs disent qu’elle fut une des premières féministes et une des premières reines guerrières de l’Histoire. Certains auteurs la considèrent comme juive, d'autres comme chrétienne.

 

 

Vers 690, elle inflige une cuisante défaite au général Hassan, pratique une politique de terre brûlée, ordonnant de détruire villes et richesses, ce que les habitants – nomades ou sédentaires –  n’apprécient pas vraiment.

 

Elle règne sur tout l’Ifriqiya (Libye, Tunisie, Est-Algérien) pendant cinq ans. Vaincue en 693 par Hassan Ibn en N'uman dans la dernière bataille contre les Omeyyades, elle se réfugie dans l’Amphithéâtre d’El Jem (dans la Tunisie actuelle, construit par les Romains). Elle est faite prisonnière en 702, et se transperce de son épée à Bir El Kahina. Les chefs de l'armée Omeyades envoient sa tête en trophée au calife Abd al-Malik en Syrie.

 

Une seule statue a été construite au Maghreb à la mémoire de la reine Kahena : élevée par l'association Aurès El-Kahina au centre de Baghaï, elle a été inaugurée par le président algérien en 2003. Aucune inscription en langue amazighe ne figure sur le socle de la statue, son nom étant écrit en langue arabe.

 

Certains berbères chaouis des Aurès disent qu'ils ont le « nez de la Kahina », un nez particulier d'une grande beauté, un peu comme celui de Cléopâtre.

 

(Pudor)

 

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Mike Kalina, un des plus célèbres critiques gastronomiques étatsuniens, se suicida en 1992 à 49 ans. Il était devenu une grande vedette de la télévision, particulièrement grâce à son émission “ Travelling Gourmet ” (le gourmet voyageur). En 1989, la justice le poursuivit pour avoir reçu des pots-de-vin millésimés de restaurateurs dont il célébrait les mérites. On le retrouva mort dans sa voiture après qu’il eut relié le pot d’échappement à l’habitacle par un tuyau d’arrosage. Il venait d’être père pour la seconde fois.

 

(Pudor)

 

 

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William Kane (1943-1991) fut une victime collatérale d’une guerre à laquelle il n’avait participé que de loin. Fou de jeux vidéos, cet ancien étudiant de Yale et Princeton devint un spécialiste mondial de la simulation militaire. Durant le guerre du Golfe, il dirige sur son ordinateur des missions de bombardements et de repérages de Scuds irakiens.

 

La fin de la guerre le plonge dans une dépression irrémédiable. Le 21 octobre 1991, il s’enferme dans une suite au Mirage Hotel à Las Vegas, se bourre de somnifères et s’étouffe dans un sac en plastique. Il avait eu la courtoisie d’écrire au directeur de l’hôtel que son geste n’avait rien à voir avec la qualité du service.

 

Décidément très facétieux (et fouteur de foutre), il avait fait don de son sperme à sa maîtresse la gemmologiste Deborah Hecht. Après un procès spectaculaire de plus de deux ans, la famille légitime obtint le droit de faire détruire les spermatozoïdes congelés. Il avait écrit à ses enfants à naître : « Je vous ai aimés dans mes rêves même si je ne vous ai pas vu naître. » Les guerres, ça perturbe…

 

Deborah fit appel. La cour d’appel l'autorisa à garder douze fioles sur quinze.

 

(Impatienta doloris)

 

 

http://actualite.portail.free.fr/sciences/23-02-2012/amandine-a-30-ans-les-coulisses-de-la-fecondation-in-vitro/amandine-a-30-ans-les-coulisse0.jpg


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