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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 10:00

http://www.vialupo.com/henri4/images/vert-galant.jpg

 

 

 

L'ADN d'Henri IV n'en finit pas de livrer ses secrets : il correspond à celui de Louis XVI.

 

On a pu soupçonner Mazarin d'être le père de Louis XIV, Louis XIII ne détestant pas les hommes et le roi Soleil étant né 20 ans après les épousailles de ses parents.

 

Hé non, Louis XVI descend directement et bourgeoisement de son ancêtre.

 

Souvenons-nous, en cet an neuf, de la blague qu'on racontait dans notre enfance : tous les gens appellent le curé "Mon père", sauf ses enfants qui l'appellent "Mon Oncle".

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 07:08

http://s4.e-monsite.com/2011/04/03/03/resize_550_550//Tiemele-reduit.jpgJean-Baptiste Tiémélé est né en 1933 à Agboville, près d’Abidjan. Il vit en France depuis 1948. Acteur de théâtre et de cinéma, il est également écrivain. Il a tourné avec Antonioni et Francis Girod et a travaillé auprès d’Armand Gatti et Roger Blin.


Il a publié une dizaine d’ouvrages, dont Chansons païennes en 1969, d’où est tiré le poème suivant :

 

 

À LA FÊTE DES IGNAMES

 

 

S'il existe ailleurs

Un autre monde

Ancêtres qui m'écoutez

Invisibles

Prenez-en compte

Ma peine

Ma peine profonde :

Mes fils, partis à la dérive,

Connaissent milles misères quotidiennes.

Leurs cris angoissés de par les mers

Me parviennent

M'arrchent le cœur

M'étourdissent.

Protègez-les désormais.

Dites-leur que je les attends

Avec tous les souvenirs

Autour de ce nvoufou d'igname

Auquel je vous supplie de goûter en premiers.

Dites-leur qu'aucun voyage n'est infructueux

Que leur mère les espère

– L'eau lustrale à la main –

Pour combler l'absence.

Ce vin de palme que je verse

Ce nvoufou que je répands

Sont des produits du patrimoine que vous m'avez légué,

Acceptez-les.

À l'écoute de votre message
sur l'aile de l'oiseau voyageur,

Dès aujourd'hui je demeure.

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 06:46

http://4.bp.blogspot.com/-Z9S2RI92Bzw/ULm1cNVwGHI/AAAAAAAACug/p44xlGOaHVE/s1600/darkness13.JPGBon, d’accord, j’y publie un article dans la dernière livraison de décembre 2012. Mais ce n’est pas une raison pour que je n’en parle pas. Christophe Triollet a créé ce fanzine en 1986 et il le fait vivre avec courage et talent. Il est juriste et s’intéresse aux problèmes liés au contrôle des images.

 

 

Ce numéro 13 (bourré d'informations, comme les autres) est centré sur la censure au cinéma, principalement en France et au Royaume-Uni. L’éditorial de Triollet a pour titre : “ Toute censure n’est-elle pas inévitablement politique ? ”. En France, la commission de censure siège à huis-clos, sans aucune retranscription des débats. Au Royaume-Uni … je vous laisse lire mon article. Mais, comme partout ailleurs, il y a plus fort que la politique : l’argent : « Si tout acte de censure décidé par le pouvoir exécutif est par nature d’ordre politique, la préservation d’intérêts privées, économiques et financiers, en limite considérablement la portée. Le marché dicte dorénavant ses choix et l’industrie cinématographique n’en a plus d’autres que de les suivre. »

 

Pour la route, un récent exemple d’autocensure molle, de politiquement correct : regardez l’affiche du film Intouchables, telle qu’elle a été placardée sur les murs de notre pays et telle que nous la retrouvons sur le DVD. Deux types hilares. Il est impossible de se représenter que l’un des deux est tétraplégique (lequel, d’ailleurs ?). Pour l’étranger, les auteurs du film ont accepté des affiches où l’on voit Cluzet en fauteuil.

 

On retrouvera le fanzine sur internet ici : link.

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 06:28

http://mydago.com/wp-content/uploads/2011/09/exil.jpgAbdallah Barroudi est le plus ancien exilé politique marocain. Il est né en 1936 et vit en France depuis 1963.

 

En 1991, il écrivit une lettre ouverte à Hassan II dans laquelle il accusa le roi d’être directement responsable de la mort de Mohammed V, son père. Celui-ci ne s’était pas réveillé d’une banale opération de la cloison nasale. Je n’avais personnellement jamais entendu parler de l’hypothèse de la responsabilité d’Hassan. Je cite un extrait de cette lettre au vitriol :

 

« Le groupe de spécialistes ayant opéré Mohamed V, le 26/2/1961, était composé de médecins et d'anesthésistes français ainsi que de 3 docteurs marocains, dont notamment Taïbi Benhima, alors ministre de la Santé, et le professeur Al-Hadi Messouak. Les patriotes marocains, après une très longue enquête, ont réussi, grâce à des intermédiaires, à avoir le témoignage de l'un des membres de la famille de Taïbi Benhima et surtout celui du professeur Messouak, sur la façon exacte dont vous avez assassiné Mohamed V. Même si l'affection de ce dernier était bénigne, il fut néanmoins décidé de l'opérer sous anesthésie généralisée. Mais comme il souffrait d'une insuffisance cardiaque, il fut de même mis sous assistance respiratoire. Au cours de l'opération, vous avez fait irruption à l'improviste dans la salle d'opération, et vous avez intimé l'ordre au groupe médical de quitter le bloc opératoire. Le professeur français (toujours vivant et toujours votre "ami", profitant, depuis des décennies, de vos cadeaux et de vos libéralités "royaux") qui dirigeait l'opération, étonné par votre irruption et votre ordre, vous répliqua que celle-ci, étant parvenue dans une phase cruciale, ne pouvait être interrompue sans comporter des risques pour le patient. Et pour l'histoire, je vous remets ici en mémoire votre réplique : "c'est moi qui suis le patron ici !". Le groupe médical s'exécuta et alla s'installer dans la salle d'attente voisine, et vous étiez resté 20 minutes exactement à l'intérieur du bloc opératoire, où Mohamed V était étendu sur sa table d'opération. Quand vous étiez ressorti, le collectif médical ayant regagné le bloc opératoire, constata que Mohamed V était sans vie. Il était alors 13 heures 30 environ. Le diagnostic unanime tomba comme un couperet, frappant de stupeur les personnes présentes, qui saisirent l'ampleur du drame, dans la mesure où elles constatèrent que le décès du patient fut provoqué par asphyxie, puisque c'est vous-même qui aviez coupé son alimentation en oxygène ! Sitôt votre crime inexpiable consommé, en tant que première phase de votre coup d'Etat dynastique, la deuxième phase s'enclencha tout de suite après, conformément à un plan diabolique. que vous aviez probablement mijoté et "ruminé" des mois, sinon des années auparavant pour accéder au pouvoir suprême. En effet, le groupe médical, sitôt revenu auprès du patient, fut enfermé à clef par vos soins à l'intérieur du bloc opératoire, où il devait se morfondre pendant 5 heures auprès du cadavre de Mohamed V ! Pendant ces longues heures dramatiques, vous n'avez pas perdu votre temps, car sur tout le territoire marocain, vous avez fait mettre en place tout un dispositif policier et militaire, pour enrayer toute éventuelle surprise. De même, vous avez dépêché vers les grandes villes un certain nombre d'avions et d'hélicoptères pour y aller chercher à la hâte les soi-disant oulamas, devant constituer le conseil pour préparer la légitimation de votre crime inexpiable et de votre coup d'Etat dynastique. Vos "amis" à Paris et à Washington, qui ont, depuis fort longtemps, tablé sur votre avenir politique, et qui savent parfaitement quel triste sire vous êtes, ont accueilli avec faveur la perspective de votre "intronisation" . »

 

Pour Baroudi, le poète,

 

 

Dans son errance et sa bohème

et exilé en terre lointaine

de sa mémoire et de sa douleur,

se saisit de la lance de son cœur

et du boomerang de sa voix

et descendit dans l'arène.

Et face aux gladiateurs,

du sang et du néant,

il arma le souffle de son poème

et les versets de son combat,

pour semer dans le ventre de la nuit,

les germes et l'étincelle de la vie,

et proclama,

dans son exaltation en fusion :

que la lueur et la lumière soient

et que "mon espérance demeure.

 

 

On peut écouter le poète lors d’une conférence sur le colonialisme en 1992 ici : link

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 10:56

http://media.melty.fr/article-1170035-ajust_614/gerard-depardieu-n-a-jamais-cache-son-amour.jpgPour finir, Torreton a été assez modéré dans sa lettre. Le Nouvel Obs vient de recenser quelques débordements de celui qui, pour moi, restera à jamais comme un acteur phénoménal. Ce qui résume l'individu, c'est l'obscénité. Depardieu est un type qui blesse délibérément. C'est un Fasltaff triste qui nous impose son ventre comme son ami Sarkozy nous impose ses mollets.

 

Cérémonie des César, le 21 février 2004 : alors que Julie Depardieu est récompensée comme meilleure actrice dans un second rôle, son monstre sacré de père s'incruste sur la scène du Châtelet, dans un état qui suscite l'interrogation. Malaise dans la salle.

 

En 2005, celui qui interprète le guerrier gaulois Obélix donne un coup de boule à un photographe lors d'un séjour à Florence, en Italie. Il sera condamné trois ans plus tard à 800€ d'amende.

 

Encore en 2005, Gérard Depardieu se fait remarquer sur le plateau de BBC 1, d'abord en allumant une cigarette, puis en écrasant son mégot sur la moquette. L'acteur se livre ensuite à des attaques contre la télévision anglaise.

 

En 2010, lors d'un entretien pour l'émission Sept à huit, l'artiste fait un nouveau numéro : "Je ne suis pas comme Monsieur Coffe à vendre ses Leader Price pour un paquet de pognon, j'en ai rien à foutre !" Outre le célèbre cuisinier, Nicolas Hulot subit également les foudres de Gérard Depardieu. (

 

C'est également en 2010 que Gérard Depardieu, interrogé sur son fils Guillaume, décédé deux ans plus tôt, répond à une journaliste en ces termes peu amènes : "Pourquoi je t'en parlerais, salope !"

 

Septembre 2010, un mois faste pour le côté obscur de Gérard Depardieu. Sur le plateau du Grand Journal, il donne à Martine Aubry le surnom "haleine de bière". Et, deux ans avant de se plaindre du mot "minable" employé par Jean-Marc Ayrault au sujet de son exil en Belgique, il traite les opposants à la réforme des retraites de "trous du cul".

 

Le même mois, dans une interview pour la presse autrichienne, l'acteur s'en prend à une cible inattendue : la comédienne Juliette Binoche. ("Je me demande pourquoi elle est si respectée depuis tant d'années. Elle n'a rien. Absolument rien !")

"Je suis une ordure", confesse l'acteur à plusieurs reprises sur le plateau de l'émission "Ce soir ou jamais", en mai 2011.

 

Août 2011 : Gérard Depardieu est débarqué d'un vol Paris-Dublin pour avoir uriné dans la cabine. Le mois suivant, le comédien raconte sa version des faits sur CNN, expliquant avoir utilisé une bouteille pour se soulager. Ce qui ne l'a pas empêché de tacher la moquette de l'avion.

 

Rompu aux faits divers, le motard Gérard Depardieu se distingue deux fois en 2012 : en août, en frappant un automobiliste coupable de "faute de conduite", puis en qualifiant sa réaction "d'un peu disproportionnée" ; et en novembre, en ayant un accident alors qu'il conduisait en état d'ébriété.

 

"Gloire à Ramzan Kadyrov !" Invité en octobre 2012 à l'anniversaire du très controversé président de la Tchétchénie, l'interprète de Cyrano de Bergerac fait dans le lyrique sur la scène de Grozny.

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 06:39

Le poète Attila József naquit en 1905 à Budapest et mort en 1937 au bord du lac Balaton. Son enfance se déroula dans des conditions d’extrême pauvreté : son père, ouvrier, abandonna la famille quand l’enfant avait trois ans. Il parvint néanmoins à suivre un cursus secondaire et universitaire. Membre du parti communiste, il en fut exclu pour « crime d’idéalisme ». Il devint schizophrène et se jeta sous un train à l’âge de 32 ans. Quelques années plus tôt, il s’était étendu sur des rails mais avait vainement attendu un convoi bloqué par un autre suicide. « Quelqu’un est mort pour moi », avait-il alors écrit.

 

L’UNESCO décréta 2005 comme l’année mondiale d’Attila József. Il ne voulait qu’un seul lecteur :

 

Je ne veux qu'un lecteur pour mes poèmes :

Celui qui me connaît – celui qui m'aime –

Et, comme moi dans le vide voguant,

Voit l'avenir inscrit dans le présent.

Car lui seul a pu, toute patience,

Donner une forme humaine au silence.

 

 

L’optimisme n’était pas son fort :

 

Seul peut devenir un homme, celui

qui est orphelin de cœur et de corps,

qui sait que la vie déposée en lui

est un simple supplément à la mort.

 

(Impatienta doloris)

 

http://szeretetkuldo.zsozirisz.hu/hangosvers/images/jozsef_attila1.jpg

 

 

 

Plus connu que le poète hongrois, Judas Iscariote qui vendit son maître pour trente sesterces. Son nom venait peut-être d’Issachar, signifiant « homme du salaire ». La Bible n’étant qu’une belle histoire écrite sur les bases du téléphone arabe, il existe trois versions de la mort de Judas. Selon le Nouveau Testament, il se pendit après avoir rendu les trente sesterces à ses commanditaires (Matt. 25/7). Mais dans les Actes des Apôtres, il serait tombé dans son champ acquis avec le salaire du crime et ses entrailles se seraient répandues. Enfin, dans l’apocryphe Évangile de Judas, Jésus lui aurait demandé de le débarrasser de son enveloppe charnelle.

 

(Pudor)

 

http://www.nostra-aetate.org/ratzinger/judas.jpg  

 

 

En 1857, le chef Maori Kahika s’allonge par mégarde sur le lit où vient de se reposer sa femme, alors en période de règles. Lorsqu’il apprend que la couche est impure, le chef tombe en prostration et meurt deux jours plus tard. Ce phénomène de thanatomanie a été observé à de nombreuses reprises en Nouvelle-Zélande ou en Polynésie. Je cite l’Universalis :

 

« Décrite par Marcel Mauss dans son étude intitulée Définition de la suggestion collective de l'idée de mort, la thanatomanie est un comportement par lequel, dans une société primitive (notamment en Australie et en Nouvelle-Zélande), un individu qui a péché ou croit avoir péché et qui est enchanté ou se croit enchanté se laisse mourir, souvent très vite, parfois à une heure qu'il a prévue.

Selon Mauss, pour qui ce comportement est caractérisé par une action directe du social sur le psychique, c'est le désaccord entre l'individu et la société qui enlève à celui-ci sa raison de vivre, lui fait nier ses propres instincts de conservation et de vie, au point qu'il meurt sans maladie apparente. L'appui psychologique de la société religieuse dont il fait partie lui ayant été enlevé, il ne croit plus possible de continuer à vivre, le processus suicidaire et ses motivations demeurant toutefois inconscients. Dans ces conditions un individu blessé, même légèrement, par une lance qu'il croit enchantée, n'a plus aucune chance de se rétablir. Il en est de même s'il se casse une jambe, mais il se rétablira rapidement à partir du jour où il aura fait la paix avec les règles qu'il a violées. On peut rattacher à cette thanatomanie l'amok malais qui fait que, pour venger la mort de l'un de leurs proches, des individus « courent l'amok » et tuent le plus grand nombre possible de gens jusqu'à ce qu'ils soient eux-mêmes exécutés. »

 

(Pudor)

 

 

http://p3.storage.canalblog.com/32/25/818611/69807817.jpg
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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 06:38

http://vietdom.blog.lemonde.fr/files/guerre_vn2.jpgBan Tai Doan est né en 1923 au Vietnam. Il appartient à la minorité ethnique Dao. Il lutta contre l’invasion de son pays par le Japon et commença alors à écrire des poèmes en langue man à la manière des troubadours. Dans le poème qui suit, écrit en 1965, il exprime la détresse de ses compatriotes qui ont fui leur pays car ils refusaient les regroupements de population au Sud-Vietnam.

 

 

 

 

 

 

 

 

NOSTALGIE DE L’ANCIEN VILLAGE

 

 

Et tu as au cœur la nostalgie de ceux des hameaux voisins,

Parce que l’ennemi les a trompés et qu’ils ont abandonné le pays natal,

Arrachés au vieux village, aux bons amis,

Le petit frère séparé du grand, et le grand loin du petit.

Notre lit laissé vide, personne n’y dort plus.

Le battant de la porte, plus personne ne l’ouvre.

Le petit tabouret, laissé là, plus personne ne s’y assoit.

La pipe à eau est envahie par la mousse.

Le petit au cœur trop jeune écoute et suit l’ennemi

Qui parque et pousse les gens du pays sir les routes du Sud.

Les escargots des rizières dorment sous le champ aride ;

Ils attendent la main qui retiendra les eaux.

Soir et matin, en aval de l’embarcadère, passent les poissons

Qui jamais plus ne retrouveront la belle, venue laver sa tunique

Couleur de ces terres.

 

 

Ban Tai Doan a également écrit ces vers que je trouve très beaux :

 

Demain tu iras vers ta ville

Avec toi j’irai jusqu’au bout.


Moi l’homme au village tranquille


Perdu dans la brousse des monts


Mes pas resteront dans ta trace.


À jamais nos peuples ne font


Qu’un seul foyer aux mille faces


Dans la chaleur de la maison.

 

 

Photo : Le Monde.

 

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 10:28

http://www.devoir-de-philosophie.com/images_fiches_de_lecture/7296.jpgUne émission de Canal+ suggère comme cadeau de Noël les Fragments d’un discours amoureux. Excellente idée.

 

Ce livre (comme tous les autres d’ailleurs) prouve que Barthes fut d’abord un très grand écrivain, et pas simplement un « écrivant », comme il craignait sans doute de l’être. J’ai lu ce livre au moment de sa sortie. Je vais le relire.

 

Cela m’a remémoré une anecdote savoureuse. Une de mes collègues anglicistes, plus jeune que moi, rencontre un jour un sémillant universitaire issu d’une autre discipline. Ils se plaisent. Par paresse intellectuelle ou par timidité, le jeune homme se sent incapable de lui écrire des choses de son cru (oui, je sais, tout de son cru…). Alors il lui écrit des lettres en pompant (oui, je sais…) hardiment dans les Fragments de Barthes.

 

Elle ne découvrira la supercherie qu’après le mariage.

 

Ils sont toujours ensemble malgré ce plagiat sûrement constitutif de quelque chose de très profond.

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 06:20

Marius Jacob (1879-1954) fut un « anarchiste illégaliste ». Cambrioleur ingénieux et doté du sens de l’humour, capable de grande générosité à l'égard de ses victimes, il sera un des modèles dont Maurice Leblanc s'inspirera pour créer le personnage d’Arsène Lupin. 


 

Il s'engage à douze ans comme mousse pour un voyage qui le mènera jusqu'à Sydney où il désertera.


Fiché, compromis dans une affaire d'explosifs et quelques menus larcins, condamné à six mois de prison, Jacob ne peut se réinsérer. Il va alors choisir « un illégalisme pacifiste » (« Puisque les bombes font peur au peuple, volons les bourgeois, et redistribuons aux pauvres ! »).


Il signe ses forfaits d'une carte au nom d’Attila. Cambriolant la demeure d'un capitaine de frégate, Julien Viaud, il s'aperçoit soudain qu'il s'agit de Pierre Loti, remet tout en place et laisse un de ses fameux mots : « Ayant pénétré chez vous par erreur, je ne saurais rien prendre à qui vit de sa plume. Tout travail mérite salaire. Ci-joint dix francs pour la vitre brisée et le volet endommagé. » 


 

Il réplique au président du tribunal qui lui demandait pourquoi, lors d'un cambriolage, il avait volé un diplôme de droit sans valeur marchande : « Je préparais déjà ma défense. » On est obligé de changer périodiquement ses gardiens, car il les convertit à l'anarchisme. Il est condamné à perpétuité au bagne de Cayenne.

 

En 1936, il va à Barcelone dans l'espoir de s'y rendre utile à la CNT, mais comprenant que c'est sans espoir, il revient en France et il achète en 1939, une maison à Reuilly : « Le pays où il ne se passe jamais rien ». Il se marie. En 2004, une impasse est baptisée à son nom et une exposition lui est consacrée à l'Office du tourisme en novembre.

Après la mort de sa mère en 1941 et de sa femme en 1947, il vieillit entouré d'amis comme Jean Maitron, auteur du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, ou Robert Treno, le directeur du Canard Enchaîné.

 

En 1953, il rencontre un couple de jeunes enseignants, Robert et Josette. Profonde amitié entre les deux hommes, et passion partagée avec la jeune femme, à qui il accorde, malgré sa décision d'en finir avec la vie maintenant que son corps le lâche, une année.

Le 28 août 1954, il s'empoisonne, à l'aide d'une injection de morphine, avec son vieux chien, Négro, laissant le dernier de ses fameux mots : « (...) Linge lessivé, rincé, séché, mais pas repassé. J'ai la cosse. Excusez. Vous trouverez deux litres de rosé à côté de la paneterie. À votre santé. » C’était sa première attaque à main armée.

 

(Tædium vitæ)

 

http://raforum.info/dissertations/IMG/jpg/mjacobthese.jpg  

 

 

Figure peu banale de savant fou, Morris Jessup (1900-1959) construisit le plus grand télescope d’Afrique du Sud. On le considérait comme un des grands spécialistes des problèmes de gravitation. Mais il s’intéressa surtout aux soucoupes volantes. Il écivit La Question des O.V.N.I.s. Il provoqua la risée de ses collègues en essayant de définir la puissance capable de modifier la structure moléculaire des corps.

 

Le 20 avril 1959, il relia le pot d'échappement de sa voiture à l'intérieur du véhicule.

 

(Pudor)

 

http://www.dominiosfantasticos.xpg.com.br/jessuphoto2.jpg

 

 

Jim Jones (1931-1978) fut l’auteur d’un des suicides les plus spectaculaires et les plus solidaires de l’histoire de l’humanité. Il fonda le groupe religieux d'inspiration protestante : le Temple du Peuple », prônant l’égalité raciale et la justice sociale. Sa communauté était établie au Guyana.

 

Jones fut brièvement affilié au parti communiste des États-Unis. Dès le début des années 1960, il adopte des enfants de différentes races qu'il appelle sa « rainbow family » (famille arc-en-ciel). Jones se dit maoïste et s’identifie à Marx. Il veut créer sa propre version du marxisme : le « socialisme apostolique ». Il pense être l’incarnation de Jésus et de Lénine. La femme du président Carter l’admire.

 

En novembre 1978, le député Leo Ryan est envoyé mener une enquête dans la communauté à la suite de plaintes déposées par des proches de membres du Temple du Peuple, selon qui la communauté était un véritable camp disciplinaire.

 

Le matin du samedi 18 novembre, le groupe de Ryan cherche à quitter les lieux lorsqu’un homme de la communauté agresse Leo Ryan avec un couteau. Le groupe de Ryan tente de fuir. D'autres membres de la communauté fidèles à Jones prennent alors un camion pour rejoindre le lieu du décollage et font feu sur le groupe qui commence à prendre place dans l’avion, tuant aussitôt Leo Ryan et 5 autres personnes. Dans la même journée, 908 habitants de la communauté, dont plus de 300 enfants, meurent dans ce qui fut appelé « un suicide collectif ».

 

 

Toutes les personnes ne sont pas mortes volontairement (plusieurs ont été abattues par des armes à feu ou des flèches). La majeure partie des membres a cependant ingurgité un mélange mortel de jus de fraise mélangé à du cyanure.

 

Il n’y a pas d’image de ce suicide collectif, mais une bande audio. Jones dit aux membres de sa communauté que l’URSS, avec laquelle il avait préalablement négocié un exil, ne les accueillerait plus à cause de l'assassinat de Ryan. Dans ces conditions, Jones et d'autres membres de la communauté déclarèrent qu'ils devaient commettre un « suicide révolutionnaire » en buvant un breuvage au cyanure mêlé à des somnifères. Seule, Christine Miller (link), membre de la communauté, exprime, son désaccord au début de la bande. D'autres membres se mettent à pleurer. Jones leur déclare : « arrêtez cette hystérie, ce n'est pas ainsi que les socialistes et les communistes meurent. Nous devons mourir avec dignité ». Jones dit alors : « N'ayez pas peur de mourir, la mort est juste le passage vers un autre plan, la mort est une amie ». À la fin de la bande, Jones conclut : « nous commettons un acte de suicide révolutionnaire en protestation contre les conditions de ce monde inhumain »

 

(Jactatio)

 

http://www.evi.com/images/thumbs/180/250/01-jones-jim.jpg

 

 

 

Dans le même ordre d’idées, Luc Jouret (1947-1994) avait créé, avec le spiritiste Joseph Di Mambro (link), une secte prospère, l’Ordre du temple solaire. Jouret pensait relier l’homéopathie au cosmos.

 

En 1993, la secte est soupçonnée de trafic d’armes et de blanchiment d’argent. Pour échapper à l’opprobre, Jouret décide de se saborder avec ses fidèles. Dans la nuit du 6 au 7 octobre, le temple de la secte s’embrase. On découvre 23 morts, la majorité tuée par balles. Quelques heures plus tard, trois chalets appartenant à la secte explosent : 25 morts. Un an plus tard, 16 autres membres meurent dans une clairière du Vercors, assassinés par deux maîtres de cérémonie qui se suicident juste après. Le 25 mars 1997, 5 autres membres de la secte se suicident au Québec.

 

(Jactatio)

 

http://farm4.staticflickr.com/3512/3959782527_53268c7959_z.jpg?zz=1

 

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 07:47

 

 

http://www.youtube.com/embed/XAXAs03xsI8?rel=0

 

Selon Wikipédia, les premières mobilisations éclair (flashmob) eurent lieu lors de la visite de De Gaulle au Québec et après l'assassinat de Robert Kennedy.

 

Ici un rassemblement musical. Il y a aussi des kissmobs :

 

http://jet-society.com/wp-content/uploads/2011/02/KISSINGFLASHMOB.jpg

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