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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 05:55

http://pauledel.blog.lemonde.fr/files/2011/10/celan-01_05.jpgPaul Celan (1920-1970) est un poète et traducteur roumain de langue allemande. Il était né Paul Pessach Antschel au sein d'une famille juive allemande à Cernauti en Roumanie. Il fut naturalisé français en 1955. Son nom d'écrivain est l'anagramme de son patronyme Ancel (en roumain). Il est peut être le plus grand poète de langue allemande de l'après-guerre. Son œuvre est totalement novatrice.

 

Après un voyage en Israël, Paul Celan est mort à Paris, probablement après s'être jeté du pont Mirabeau.

 

La continuation, autrement, du crime contre l’humanité.

 

COURONNÉ DEHORS

 

COURONNÉ DEHORS,

craché dehors dans la nuit.



 

Sous quelles


étoiles ! Seul


l'argent du coeur-marteau battu à gris. Et


la Chevelure de Bérénice, ici aussi, – j'ai tressé
,

Je tresse, je détresse,


Je tresse.



 

Gouffre de bleu, en toi


je repousse l'or. Avec lui aussi,celui


dissipé chez les catins et les filles,


je viens et je viens.

Vers toi,


aimée.



 

Aussi avec blasphème et prière. Aussi avec


chacune, au-dessus de moi,


des massues vrombissantes : elles aussi


fondues en un, elles aussi


phallique nouée vers toi,


Gerbe-et-Parole.



Avec des noms, imbibés


de tout exil.


Avec noms et semences,


avec des noms, plongés


dans tous



les calices qui débordent

de ton sang royal, homme, – dans tous

les calices de la grande

rose du ghetto, depuis laquelle


tu nous regardes, immortel


de tant de mots sur les chemins des matins mortes.



 

(Et nous chantions la Varsovienne.


Du jonc aux lèvres, Pétrarque.


Aux oreilles de la toundra.)

 



Et monte une terre, la nôtre,


celle-ci.


Et nous n'envoyons


aucun des nôtres en bas,


vers toi,


Babel.

 

(traduction de Martine Broda)

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 17:17

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/9/2/6/3596971353629.jpg

 

Mes parents ont acheté leur premier poste de télévision en 1964. J’avais seize ans. Comme ils n’y connaissaient rien, ils avaient fait confiance au vendeur du coin qui nous avait apporté un Grandin. C’était au temps où l’industrie française produisait des télés. Par la suite, les entrepreneurs « citoyens » ont démissionné.

 

 

   C’est bien, Grandin, demandai-je au commerçant ?

   Impeccable, me dit-il. Et puis ça appartient à Frank Alamo. Hé oui, il est le fils de l’industriel Grandin.

 

Je n’étais pas un fan de yé-yé français, mais pour moi Alamo était le plus mauvais de tous. Après “ Biche, ma biche ”, il avait osé adapter plusieurs succès des Beatles en français, et c’était catastrophique. En bon fils à papa de Neuilly, il avait pu se permettre une médiocre carrière de chanteur jusqu'en 1969.

 

 

Il est mort après une « longue maladie ». Avec beaucoup de courage. Son père avait péri dans un naufrage, son frère avait été assassiné, et sa mère était morte, elle aussi, de cette même longue maladie neurologique.

 

 

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 09:28

Je suis en train de lire le beau livre de Félicité Herzog, Un Héros, consacré à son père Maurice Herzog, très grand alpiniste, homme politique de droite et homme d’affaires. Je rendrai compte de cet ouvrage très prochainement.

 

Ce livre m’a ramené vers mon enfance, dans les années cinquante, quand nous avions deux héros vivants pour de vrai : Herzog et Alain Bombard. Bombard traversa l’Atlantique sur une coquille de noix en ne se nourrissant que de plancton. Il perdit 40 kilos. Par choix, Herzog, au sommet de l’Annapurna, perdit ses doigts de main et de pied. Bombard reprit du poids. Les extrémités d’Herzog ne repoussèrent pas. Bombard fut toute sa vie un homme de gauche que j’eus le plaisir de côtoyer brièvement en mai 68 (link).

 

Du coup, je me suis replongé dans l’exploit d’Herzog. J’ai recherché les photos que je connaissais depuis toujours. Ce qui m’a frappé, c’est qu’aucune ne montre Herzog au sommet de l’Annapurna. Lorsqu’il brandit le drapeau tricolore, il est sur un devers de neige et de glace, pas au sommet. Un devers très pentu qui donne l'impression (je n'y étais pas) que le sommet n'est pas tout proche (pensons au Mont Blanc, au Kilimandjaro, par exemple) :

 


  

 

Que s’est-il passé exactement ?

 

En revanche, lorsque, trois ans plus tard, Edmund Hillary conquiert l’Everest, la photo qu’il prend de son sherpa Tenzing est sans ambiguïté : Tenzing est vraiment au sommet de la montagne.

 


  

 

Une fois redescendu au camp de base, Hillary dit à ses collègues : « We knocked the bastard off ! » (on l’a eu, ce salaud !). Le Népalais Tensing Norgay dut énormément apprécier cette saillie. Dans la culture populaire locale, l’Everest est une femme. En tibétain, la montagne s’appelle Chomolungma, ce qui signifie “ déesse des vents ”. Mais Tensing apprécia peut-être encore moins que Hillary minimise son rôle dans l’ascension. Raison pour laquelle il fit cette mise au point :

 

« ... I must be honest and say that I do not feel his (Hillary's) account, as told in The Ascent of the Everest, is wholly accurate. for one thing, he has written that this gap up the rock-wall was about fourty feet high, but in my judgement is was little more than fifteen. Also, he gives the impression that it was only he who really climbed it on his own, and that he then practically pulled me, so that I "finally collapsed exhausted at the top, like a giant fish when it has just been hauled from the sea after a terrible struggle". Since then I have heard plenty about that "fish", and I admit I do not like it. For it is the plain truth that no one pulled or hauled me up to the gap. I climbed it myself, just as Hillary had done; and if he was protecting me with the rope while I was doing it, this was no more than I had done for him. In speaking of this I must make one thing very clear. Hillary is my friend. He is a fine climber and a fine man, and I am proud to have gone with him to the top of Everest. But I do feel that in his story of our final climb he is not quite fair to me: that all the way through he indicates that when things went well it was his doing, and when things went badly it was mine. For this is simply not true. Nowhere do I make the suggestion that I could have climbed Everest by myself; and I do not think Hillary should suggest that he could have, or that I could not have done it without his help. All the way up and down we helped, and were helped by, each other - and that was the way it should be. But we were not leader and led. We were partners. »

 

Des partenaires, des associés ? Il se prenait pour qui ce petit homme ?

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 15:18

Jean-Marie-Anne-Hippolyte Haÿ de Bonteville fut un libertin impénitent, aimant inviter de belles jeunes filles à admirer sa collection de gravures grivoises. Comme évêque de Grenoble, Haÿ de Bonteville passe presque tout son temps à Paris ou dans sa maison de campagne de Fougères. Il est invité par le Parlement du Dauphiné à revenir résider dans son diocèse. Le 6 octobre 1788, il se suicide (en se tirant une balle dans la bouche) dans son château d’Herbeys, après avoir tenu un double rôle dans les événements prérévolutionnaires du Dauphiné en juin 1788. Il avait 47 ans. Pas fréquent des fins d'éminence comme celle-ci !

(Subtractio)


http://i67.servimg.com/u/f67/13/87/66/66/melend10.jpg


Hayati Can (né en 1973 à Istanboul) et plusieurs de ses camarades devaient être incarcérés dans une prison mouroir turque. 314 militants d’extrême gauche entament une grève de la faim en mai 1996. Le gouvernement laisse pourrir la situation, si bien que 11 prisonniers meurent. Le gouvernement cède au 69e jour de jeune. Mais, pour Hayati (nom qui signifie “ ma vie ” en arabe), il est trop tard. Ce marxiste-léniniste de 23 ans succombe. Il s’est agi de la grève de la faim la plus meurtrière de la période moderne.

(Jactatio)


 http://www.dunyabizim.8m.net/Hayati%20CAN.jpg


Jeanne Hébuterne (un nom du Pas-de-Calais qui signifie “ la citerne d’Herbode ”) fut la compagne de Modigliani. Elle fut elle-même un peintre de talent.

Le père de Jeanne était caissier. Et très catholique. Il voit donc d'un très mauvais œil la relation de sa fille avec un peintre juif qu'il juge dépravé. Contre l'avis de son père, Jeanne s'installe avec Modigliani à Montparnasse.

Le 29 novembre 1918, à la maternité de Nice, Jeanne met au monde une petite fille. Modigliani meurt d'une méningite tuberculeuse, à 35 ans, le 24 janvier 1920. Les parents de Jeanne refusent, par haine, d'honorer la dépouille du peintre qui avait demandé à Jeanne de l’accompagner dans la mort. Le lendemain matin, Jeanne se jette par la fenêtre du 5e étage de l’appartement de ses parents. Elle était enceinte de neuf mois. On la surnommait “ Noix de coco ”.

(Furor)

 http://www.artsunlight.com/NN/N-M0005/N-M0005-122-jeanne-hebuterne-with-necklace.jpg

 

 

 

Que se passe-t-il quand on croit que Ronald Reagan est le Messie ? On devient golden boy et l’on se suicide. Avant cela, on gagne des milliards dans le coton. On roule en Jaguar et on boit du Dom Pérignon. Et puis un jour, on perd 60 000 dollars en trois minutes, une petite perte, certes, mais dont on ne se remet pas. Le lendemain, le 20 août 1982, on se tire une balle dans la tête après avoir écrit ce petit mot : « Il fallait le faire. Être lucide est stupide. » On s’appelait Philip Hehmeyer.

(Pudor)

 

http://ebid.s3.amazonaws.com/upload_big/8/8/7/1322878491-10997-45.jpg

 

 

Un mot sur Ernest Hemingway. À 61 ans, il se tire une décharge en pleine bouche. La boîte crânienne explose. Il avait évoqué cette technique avec des amis : « C’est un hara-kiri avec un fusil. Le palais est la partie la plus tendre de la tête. » Il était devenu impuissant et à moitié aveugle. Son père lui-même s’était suicidé. Sa petite-fille Margaux (drôle de nom pour une alcoolique invétérée) se suicida à 41 ans, le 1er juillet 1996, jour anniversaire du suicide de son grand-père. Son frère s’était également suicidé, ainsi que sa sœur.

(Impatienta doloris).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e1/Ernest_Hemingway_1923_passport_photo.TIF.jpg/200px-Ernest_Hemingway_1923_passport_photo.TIF.jpg

 

Bon, et puis il y a finir et finir :

 

humour-noir5.jpg 

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 06:11

http://static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2012/1/24/1327426108230/Jules-Supervielle-007.jpg« Je suis né sous les signes jumeaux du voyage et de la mort », disait Jules Supervielle.

 

Né en 1884 à Montevideo en Uruguay dans une famille basque, Supervielle alternera toute sa vie les séjours entre la France et son pays d’origine.

 

Peu après sa naissance, ses parents lui font faire une première traversée de l’océan pour le présenter à sa famille restée au pays. Ses parents meurent accidentellement à Oloron-Sainte-Marie, dans des circonstances imprécises. Il est recueilli pendant quelques années par sa grand-mère maternelle, puis par son oncle Bernard qui l’emmène à Montevideo et le considérera comme son propre fils.

 

À l’âge de neuf ans, il apprend par hasard qu’il n’est que le fils adoptif de ses oncle et tante. Cette révélation aura sur son psychisme de profondes répercussions. Il a peur de se regarder dans la glace, croyant ne voir que l’image de son double.

 

Supervielle est mort à Paris en 1960.

 

Adieu à l’estancia

Adieu, chardons fleuris, azur frais des pampas,

Bois lointains que l’aurore inondait d’espérance,

Et familier jardin où tout sera silence,

Jardin des souvenirs et des blonds mimosas !

Adieu, ma meule d’or comme une grappe mûre

Que le bœuf sous le joug, regarde tout rêveur,

Chaumine qui t’ouvrais, l’été, fraîche et obscure,

Et qui pendant l’hiver es chaude comme un cœur !

Mes chers eucalyptus, il est tard, je vous quitte,

Adieu, mes vieux amis au feuillage profond,

Vous, le parfum léger et l’âme de ce site,

Je vous laisse mon Rêve épars sur votre front…

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 05:46

http://fr.canoe.ca/divertissement/musique/nouvelles/2008/10/22/Gauthier_1300.jpg
Ceci est une chanson magnifique de 1972. Elle dit l’exil intérieur, mais aussi l’ancrage dans une terre, la quête d’une identité.

 

Claude Gauthier est né en 1939 à Lac-Saguay, dans les Laurentides, au nord de Montréal. “ Le plus beau voyage ” est un hymne d’amour à une terre, et aussi un hymne politique.

 

 

 

J'ai refait le plus beau voyage

De mon enfance à aujourd'hui

Sans un adieu, sans un bagage,

Sans un regret ou nostalgie

 

J'ai revu mes appartenances,

Mes trente-trois ans et la vie

Et c'est de toutes mes partances

Le plus heureux flash de ma vie!

 

Je suis de lacs et de rivières

Je suis de gibier, de poissons

Je suis de roches et de poussières

Je ne suis pas des grandes moissons

Je suis de sucre et d'eau d'érable

De Pater Noster, de Credo

 

Je suis de dix enfants à table

Je suis de janvier sous zéro

 

Je suis d'Amérique et de France

Je suis de chômage et d'exil

Je suis d'octobre et d'espérance

Je suis une race en péril

Je suis prévu pour l'an deux mille

Je suis notre libération

Comme des millions de gens fragiles

À des promesses d'élection

Je suis l'énergie qui s'empile

D'Ungava à Manicouagan

 

Je suis Québec mort ou vivant

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=YGcmYIUl8Dc

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 14:45

Claude Vigée : un poète d’une extrême finesse. Il est né Claude Strauss en 1924 en Alsace où il a connu un premier exil intérieur entre le dialecte alsacien, le français et la culture juive. Chassé par la guerre, il séjourne à Toulouse où il milite dans un mouvement de résistance juive, puis se réfugie aux États-Unis en 1943 où il devient professeur de littérature française à l’université Brandeis. Il s’installe en Israël en 1960. Il revient vivre à Paris en 2001.

 

Pacifiste, Claude Vigée a participé à une anthologie de poèmes pacifistes dans laquelle a paru un poème sur la guerre du Liban, La voix des jeunes soldats morts.

En 2008, son œuvre poétique intégrale est publiée aux éditions Galaade  sous le titre Mon heure sur la terre, titre tiré de l'un de ses poèmes. Ce volume est salué par la Bourse Goncourt de la Poésie.

 

Dormir, ne plus savoir,

Contre la tentation de la mort enfantine

Je me rassemble des quatre coins de la terre

Pour me faire un foyer de lumière durable,

Pour accéder au feu doré de la parole

Qui dépasse tout souvenir

Et rend, comme un beau corps, la mémoire inutile.

 

(Canaan d’exil, 1962).

 

http://blog.andree-buchmann.eu/images/Vigee3.JPG

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 05:39

http://www.fourmilab.ch/etexts/www/tdm80j/figures/fig2.gif« Lille devra se racheter en Champions’ League car elle a pris un mauvais départ en championnat domestique » (France Info).

 

 

Et le journaliste de France Info, il ne serait pas un peu domestique sur les bords ?

 

Domestique vient du latin domesticus, qui vient de domus la maison. Le sens de domestique en tant qu’adjectif, dans notre langue, est tout ce qui a rapport à la maison, à la famille : travaux domestiques, animaux domestiques. Sainte-Beuve parle de « la vie domestique, régulière et intime. » Il n’y a pas d’autre sens.

 

Pour les journalistes anglo-saxonisés de France Info, si. En anglais, domestic a d’abord le sens qu’il a en français : domestic life, c’est la vie privée, et non domestique. Domestic chores, ce sont les travaux ménagers. Domestic science teaching, c’est l’enseignement ménager.

 

Mais l’anglais a, ce qui est son droit le plus strict, donné un sens dérivé à ce mot, dans le domaine de la politique, des affaires. Ce, depuis le milieu du XVIe siècle. On traduira – sauf si l’on est journaliste à France Info – domestic quarrels par querelles intestines, domestic economy par économie nationale, domestic flights par vols intérieurs.

 

Les journalistes aliénés de France Info nous fatiguent mais, en même temps, ils nous font réfléchir.

 

Merci France Info !

 

En illustration, Passepartout, le domestique de Phileas Fogg

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 06:16

Elisabeth Hartman obtint un Oscar en 1966 pour le rôle édifiant d’une aveugle blanche, amoureuse d’un jeune, joué forcément par Sydney Poitier dans le film A Patch of Blue (Un Coin de ciel bleu). Elle joue alors sous la direction de Coppola, de Lumet, de Frankenheimer (L’Homme de Kiev). Vers la quarantaine, on ne fait plus trop appel à elle, si ce n’est pour la voix de la souris Mrs Brisby dans le film pour enfants The Secret of NIMH. Le 10 juin 1987, à l’âge de 43 ans, elle téléphone à son analyste pour l’informer de sa décision de se suicider. Aussitôt après avoir raccroché, elle saute du cinquième étage de son immeuble. Elle souffrait de dépression chronique depuis des années.

 

(Impatienta doloris)

 

http://farm4.static.flickr.com/3423/3873187645_c34949ebd9.jpg

 


 

Walter Hasenclever (1890-1940) : Porte-parole de l'expressionnisme, Hasenclever a écrit avec Le Fils (1916) la première pièce expressionniste jouée en Allemagne. Dans cette pièce déterminante, le père symbolise tout ce qui opprime l'être humain. La révolte du fils est sans compromis ; c'est la fin de tout un système, de toute une époque qu'elle annonce. Dans ses poèmes, Hasenclever exige la « politisation de l'esprit » (Le Poète politique, 1919). Il proteste contre la guerre et met au premier plan les souffrances du peuple dans son drame Antigone (1917). Ses comédies ont un ton plus individualiste : C'est au ciel que se concluent les mariages (1929), Christophe Colomb (1932, en collaboration avec Kurt Tucholsky). Antimilitariste convaincu, il est interdit par le régime hitlérien (ses livres sont brûlés en 1933) et émigre en France – où les autorités l'interneront en 1939 au camp des Mille comme « étranger ennemi ». Jean Giraudoux intervint et lui conseilla de demander le statut d’apatride. Il se suicide d’une surdose de Véronal dans son camp d’internement lorsque les armées nazies envahissent la France. (Source : Encyclopædia Universalis).

 

(Impatienta doloris/Jactatio)

 

http://www.rowohlt-theaterverlag.de/fm/181/thumbnails/Hasenclever_Walter.451146.bmp.451148.gif

 


 

Kenji Hatanaka fut un officier japonais jusqu’au-boutiste (au fait, en reste-t-il des comme ça dans l’armée japonaise ?). Le 15 août 1945 doit être diffusé le discours de capitulation de l’empereur Hiro-Hito. Hatanaka décide de dérober la bande sonore qui se trouve dans le château de l’empereur. Il tue le général de la garde, ne trouve pas la précieuse bande, il court à la radio et exige qu’on lui donne l’antenne. Les techniciens invoquent une attaque aérienne qui rendrait inutilisables les installations. Il distribue alors des tracts devant le palais, où il est arrêté avec son complice  le lieutenant-colonel Jiro Shiizaki. Il se tire une balle dans la tête. Il avait 33 ans. Shiizaki s’éventre. Dans la poche d’Hatanaka ont trouva ce poème : « Je n’ai rien à regretter maintenant que les nuages noirs ont disparu du règne de l’empereur. »

 

(Subtractio)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e3/Major_Kenji_Hatanaka.jpg/170px-Major_Kenji_Hatanaka.jpg

 

 

 

Issu d'une famille d'artistes et d'universitaires, Karl Haushoffer est né en 1869 à Munich. Il embrasse en 1887 la carrière militaire. Il épouse en 1986 Martha Mayer-Doss, issue d'une famille munichoise d'origine juive, avec qui il aura deux fils Albrecht (né en 1903), et Heinz (né en 1906). Haushofer est envoyé, par l'état major bavarois, au Japon en 1908 et 1909 pour y étudier l'armée japonaise qui vient de battre la Russie. Le 19 novembre 1909, il rencontre l'empereur Mutsuhito. Haushofer fait paraître en 1913 son premier grand ouvrage, Dai Nihon (Le Grand Japon).

Il participe à la Première Guerre mondiale et en sort avec le titre de Général de brigade. En 1919, il est nommé professeur de géographie à l’université de Munich..

Hitler rencontre Haushofer à plusieurs reprises et s'inspire de sa théorie de l'espace vital qu'il intègre dans Mein Kampf.

Parmi les étudiants de Haushofer se trouve notamment le jeune Rudolf Heiss, futur numéro deux du régime nazi (et futur suicidé). Hess protègera l'épouse de Haushofer, d’origine juive par son père, et ses fils, considérés comme “ demi-juifs ”.

Après le vol de Hess pour l'Angleterre, le 10 mai 41, il devient suspect. Son fils Albrecht (par ailleurs homosexuel), universitaire et collaborateur du cabinet Ribbentropp, est brièvement arrêté. Karl Haushofer est lui également interrogé par la Gestapo.

En 1944, après le complot du 20 juillet contre Hitler, la Gestapo interne Karl à Dachau tandis qu'Albrecht, lié aux conspirateurs, plonge dans la clandestinité. Il est arrêté quatre mois plus tard et exécuté nuitamment, en pleine rue, deux semaines avant la fin de la guerre par un commando SS.

En 1945, Haushofer est interrogé par des officiers américains. Considéré comme l'un des inspirateurs du nazisme, mais n'ayant pas participé activement à des crimes de sang, il ne sera pas accusé au procès de Nuremberg mais devra témoigner au procès de Rudolph Hess.

Karl Haushofer s’empoisonne à l’arsenic avec sa femme le 10 mars 1946 dans sa propriété bavaroise. Sa femme complète l’empoisonnement par une pendaison.

 

(Pudor)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8f/KarlHaushofer.jpg/220px-KarlHaushofer.jpg

 


 

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 05:31

http://www.npa2009.org/sites/default/files/images/ecoleprixpasmépris.preview.jpgLes lycéens veulent être populaires (Le Parisien, 12/09/12). Une manchette énorme proclame, en dehors de toute étude sérieuse : « Collégiens, lycées, ils veulent tous être populaires ».


Cette anglicanerie nous vient directement des feuilletons étatsuniens de série B qui mettent en scène des djeuns en high School, à la plage ou au bowling.

 

Ton problème Jimmy, c’est que tu n’es pas très populaire. Kevin, lui, est le plus populaire de la bande. C'est Jerry qui me l'a dit.

 

Les lycéens repérés par Le Parisien ne souhaitent pas être des vedettes de la chanson (pardon, des rock stars) ou des titulaires de l’équipe de France de handball : ils veulent qu’on les aime, ils veulent avoir des copains. Le champ sémantique du mot popular couvre – de manière très pauvre – tout cela, et d’autres choses :

 

Robert De Niro is a very popular actor : Robert de Niro est un acteur très populaire ;


Tennis is very popular among dentists : le tennis est très répandu chez les dentistes ;


Saint-Tropez was very popular in the sixties : Saint-tropez était très en vogue dans les années soixante ;


Kevin is very popular : Kevin a beaucoup d’amis ;


Lilly was a popular choice as chairwoman : le choix de Lilly comme présidente fut très apprécié ;


This colour is very popular : cette couleur se vend beaucoup ;


Emma is very popular withe the boys ; Emma a beaucoup de succès auprès des garçons :


I’m not very popular with my fiancee at the moment : je n’ai pas trop la cote avec ma fiancée en ce moment.

 

 

 

 

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