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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 07:12

Pierre Lemaitre m'informe que son roman Cadres noirs va être porté à l'écran avec Albert Dupontel et Sandrine Bonnaire dans les rôles principaux. La réalisation sera de Manuel Boursinhac (La Mentale).

J'en suis ravi pour lui et pour les spectateurs qui seront plongés dans son univers si personnel.

link

 

 

Cadres noirs
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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 06:15

http://www.yasamaugrasi.com/wp-content/uploads/Stefan-Lotte_Zweig.gifJ'ai préféré qu'il fût là plutôt que dans la rubrique "En finir !".

 

Stefan Zweig se suicide en exil, au Brésil, en 1941. En 1916, effrayé par la Première Guerre mondiale qui oppose des pays pour lui amis, il écrit Jérémie, une tragédie dans laquelle il clame son refus du militarisme.

 

Sa vie durant, Zweig eut la prescience de sa mort tragique et de son exil.

 

Zweig avait placé dans la bouche de ses personnages cette lugubre prémonition : « […] au long de l’infini des routes de souffrance, nous sommes éternellement les éternels vaincus, esclaves du foyer dont nous sommes les hôtes. » Comment en effet, cet athée – à tout le moins agnostique – cet homme totalement étranger à la synagogue, cet Autrichien qui, contrairement à son ami Einstein, n’avait que faire du sionisme et de la création d’un État juif, avait-il écrit, vingt ans avant la politique d’anéantissement des Juifs, sa compassion pour les malheurs à venir d’un peuple dont il ne s’estimait en conscience nullement partie prenante ?

Donc il nous faudra vivre au vaste exil du monde,

Rompre et manger le pain qu’anront salé nos larmes,

Il faudra nous asseoir aux escabeaux de honte,

Au foyer de l’ennemi dormir un somme d’angoisse.

[…]

Il nous faudra boire à des eaux lointaines,

Nos lèvres nostalgiques en brûleront d’amertume,

Des arbres nous verseront leurs ombres inconnues,

Et le vent se fera la voix de nos angoisses.

[…]

Nous irons par des routes étrangères,

Le vent nous poussera de pays en pays,

Les peuples nous arracheront patrie après patrie,

Sans laisser nos sandales adhérer à la terre.

 

(Trd. : Louis-Charles Baudouin)

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 05:46

On passe sur l’histoire bien connue de Rodolphe de Habsbourg (le fils de Sissi l’anorexique) qui se tuera après avoir suicidé Maria Vetsera, sa maîtresse de 17 ans pour nous intéresser à Patrick Haemers, l’ennemi public n° 1 en Belgique, dans les années 90, avant Dutroux, donc. Haemers est né en 1952 à Bruxelles et s’est pendu à la prison de Forest en 1993. Il fut longtemps à la tête de la « bande à Haemers », après avoir passé une enfance dans un milieu aisé. Il est arrêté une première fois en 1978 pour une affaire de viol. Il réalise cinq ans plus tard son premier gros coup : il prend 28 personnes en otages dans un centre de tri postal et dérobe 9,5 millions de francs belges. Il réalise d’autres braquages, dont certains très violents. Il est arrêté, réussi à s’évader de prison. Il accède à la vraie célébrité en enlevant l’ancien premier ministre Van den Boynants le 14 janvier 1989. Il le séquestre pendant un mois dans une villa du Touquet. Ils fait croire à un enlèvement politique et le libère après versement d’une rançon de 63 millions de francs belges. Il s’enfuit au Brésil d’où il est extradé et se suicide peu avant son jugement.

 

(Furor)

http://asp.gva.be/dossiers/-e/eeuw/img/1989/Haemers.jpg

  

Sur la photo, Haemers en compagnie d’un complice et de sa femme.

 

 

Pete Ham (1947-1975) et son groupe Badfinger furent cocoonés, tant qu’ils le purent, par les Beatles. Paul McCartney écrivit pour eux le grand succès “ Come and Get It ”. En proie à des dépressions chroniques, Ham se pend à l’âge de 28 ans alors que les membres du groupe se battent comme des chiffonniers autour de la répartition des bénéfices.. À noter que son camarade Tom Evans se suicidera de la même manière en 1983 après avoir tenté de prolonger la vie du groupe. Le grand succès écrit par Pete Ham aura été “ Without You ” : (link).

 

 

(Impatienta doloris).

 http://poeticchampions.files.wordpress.com/2010/09/peteham.jpg

 


 

Romy Schneider l’incarna magnifiquement : Marthe Hanau (“ La banquière ”) naquit à Paris le 1er janvier 1886. Elle créa des sociétés d’investissement fictives et détourna au moins 100 millions de francs, flouant des milliers de petits épargnants. Des journaux proches du cartel des gauches furent éclaboussés. Bien qu’elle ait soudoyé plusieurs hommes politiques, elle fut arrêtée en décembre 1928. Elle entama une grève de la faim, parvint à s’évader, fut de nouveau arrêtée en 1932 et libérée sous caution. Elle fut néanmoins condamnée à trois ans de prison ferme, ce qu’elle ne supporta pas, et se suicida en avalant des barbituriques à la prison de Fresnes en 1935.

 

(Jactatio).

 


http://static.lexpress.fr/medias/172/escrocs-1-france-marthe-hanau_110.jpg

 

 

 

Louis-Rodolphe de Hanovre était le fils de Ernest-Auguste IV, prince de Hanovre et (j’aime beaucoup ce prénom féminin) d’Ortrude de Schleswig-Holstein. Il n’avait sûrement pas tout pour être heureux. Né en 1955, ce cousin de la reine d’Angleterre et arrière-petit-fils du dernier empereur d’Allemagne Guillaume II épousa en 1987 la très belle Isabelle, comtesse de Thurn Valsassina Como Vecelli. Le 28 novembre 1988, Louis-Rodolphe découvre sa jeune femme morte d’une surdose de cocaïne. Leur bébé dort dans la chambre voisine. Il prend sa voiture, roule dans la forêt et se tire une décharge de fusil de chasse dans la bouche.

 

(Pudor).

http://img57.imageshack.us/img57/2429/isabellathurn1962hi3.jpg

 

 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 06:11

Né à Vienne en 1921 de parents juifs, Erich Fried quitte l’Autriche en 1938 et émigre à Londres où il devient journaliste à la BBC. Son père est mort, torturé par la Gestapo.


Dans les années soixante, il milite contre la guerre du Vietnam. Dans les années soixante-dix, il est accusé de complicité intellectuelle avec les terroristes, alors qu’il avait qualifié la lutte de la bande à Baader d’« idiote ». Il figurera néanmoins sur la liste noire publiée par le parti chrétien-démocrate en novembre 1977.

Dans le but de nettoyer la langue allemande des séquelles du nazisme, il prône une écriture dépouillée.

Son œuvre se caractérise par la dimension ludique du travail d’écriture, comme le montre les deux brefs exemples suivants :

 

Der einzige Ausweg

Im aufgeschlagenen Stein

liegt ein Ei

Aus dem Ei

fliegt ein Vogel

Aus seinem Schnabel

ein Stein

Wer den aufbrechen kann

findet drinnen

nichts

.

.

L’unique issue

Dans une pierre fracassée

il y a un œuf

De l’œuf

s’envole un oiseau

De son bec

tombe une pierre

Celui qui peut la forcer

trouve à l’intérieur

rien

 

.

Was es ist

Es ist Unsinn

sagt die Vernunft

Es ist was es ist

sagt die Liebe

Es ist Unglück

sagt die Berechnung

Es ist nichts als Schmerz

sagt die Angst

Es ist aussichtslos

sagt die Einsicht

Es ist was es ist

sagt die Liebe

Es ist lächerlich

sagt der Stolz

Es ist leichtsinnig

sagt die Vorsicht

Es ist unmöglich

sagt die Erfahrung

Es ist was es ist

sagt die Liebe

 

Ce que c’est

C’est du non-sens

dit la raison

C’est ce que c’est

dit l’amour

C’est de la malchance

dit le calcul

Ce n’est que de la douleur

dit la peur

C’est sans espoir

dit le bon sens

C’est ce que c’est

dit l’amour

C’est ridicule

dit la fierté

C’est inconscient

dit la prudence

C’est impossible

dit l’expérience

C’est ce que c’est

dit l’amour

 

(Trad. : BG).

 

 

 

PARADIS PERDU

 

 

Lorsque j’eus perdu

Ma première patrie et lorsque

dans ma deuxième patrie

et mon premier refuge

 

 

puis dans ma troisième patrie

et mon deuxième refuge

j’eus tout perdu

je me suis mis en route

 

en quête d’un pays

qu’aucun souvenir

de pertes irrémédiables

n’empoisonnait

 

Ainsi arrivai-je au paradis

J’y trouvais la paix

Tout y était entier et neuf

Rien ne me manquait

 

Mais un gardien brandissant

son épée de feu me dit :

« Hors d’ici !

en ces lieux tu n’as rien perdu »

 

 

(Trad. : Dagmar et Georges Daillant)

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 06:02

... Ou troussait en parlant :

 

 

http://archive.photographie.com/magazine/agenda/111599/img/upload/coit.jpg

 

Çà, çà pour le dessert troussez-moi votre cotte, 


Vite, chemise et tout, qu’il n’y demeure rien 


Qui me puisse empêcher de reconnaître bien

Du plus haut du nombril jusqu’au bas de la motte.

Voyez ce traquenard qui se pique sans botte,

Et me laissez à part tout ce grave maintien,

Suis-je pas votre cœur, êtes-vous pas le mien,

C’est bien avecque moi qu’il faut faire la sotte.

— Mon cœur, il est bien vrai, mais vous en prenez trop,

Remettez-vous au pas et quittez ce galop,

— Ma belle, laissez-moi, c’est à vous de vous taire.

— Ma foi vous vous gâtez en sortant du repas,

— Belle vous dites vrai, mais se pourrait-il faire

  De voir un si beau con et ne le foutre pas ? 

 

 

Photo : Frédéric Delangle

 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 05:47

http://mydago.com/wp-content/uploads/2011/09/exil.jpgJosé Herrera Aguilera est né en 1909 à Guadalajara et est mort à Gen ève en 1977. Il était le fils du IIe président de la République espagnole en exil, Emilio Herrera.

 

Il est l’auteur, entre autres de Dimanche, vers le sud (Hacia el sur se fue el domingo), publié en français par Seghers et de ¿Por qué no estamos en España? (Pourquoi ne sommes-nous pas en Espagne ?).

 

Le très court poème suivant exprime la condition des travailleurs espagnols émigrés, sans nom, et même sans voix :

 

GARE EN EUROPE

 

Exportation d’esclaves

La valise sur l’épaule

Les Espagnols arrivent

 

Mordus par les lézards

 

Sans soleil ni famille

Va dehors et travaille

Et envoie des devises

 

Gare à toi !

Si tu parles au retour

Disant à tes voleurs

Que tu veux une patrie !

 

Également né en 1909, on pourrait mentionner, dans la même veine, Arturo Serrano Plaja lorsqu’il chantait de manière dramatique l’exil intérieur des travailleurs de ce qui était à l’époque une terre de grande misère, l’Andalousie :

 

De mes yeux, je les ai vus,

misérables, exilés,

marchant par les grands chemins

ces paysans andalous,
hommes, femmes et enfants,

marchant je ne sais vers où,

cheminant perdus,

de mes yeux, je les ai vus
au bord de ces grandes routes

qui coulent telles des fleuves vers Cordoue...

 

 

(trad. : BG).

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 14:38

http://ruminances.unblog.fr/files/2010/05/cochon.jpgQuand j’étais lycéen, de Malherbe les profs ne m’avaient parlé que de son épuration nécessaire à ses yeux de la langue française (« Enfin Malherbe vint », avait dit Boileau), et ils ne m’avaient fait lire que la “ Consolation à Monsieur du Périer ” qui avait perdu sa fille âgée de cinq ans (« Et rose elle a vécu ce que vivent les roses »). Ils ne m’avaient point dit que Malherbe lui-même ne se faisait guère d’illusions sur l’influence des poètes : « c’était une sottise de faire le métier de rimeur [et] qu’un poète n’était pas plus utile à l’État qu’un bon joueur de quilles. »

 

Mais, surtout, ils n’avaient jamais évoqué le Malherbe gros cochon (même si fin rimailleur) qui aimait tant se masturber (pas qu’intellectuellement) en écrivant des vers particulièrement salaces. Voici donc aujourd’hui cette vigoureuse évocation du cul de Nérée et de l’explosion de foutre qu’il provoqua.

 

Sitôt que le sommeil au matin m’a quitté, 


Le premier souvenir est du cul de Nérée, 


De qui la motte ferme et la barbe dorée, 


Égale ma fortune à l’immortalité. 


Mon vit, dont le plaisir est la félicité,

S’allonge incontinent à si douce curée,

Et d’une échine roide au combat préparée, 


Montre que sa colère est à l’extrémité. 


La douleur que j’en ai m’ôte la patience, 


Car de me le mener c’est cas de conscience, 


Ne me le mener point ce sont mille trépas. 


Je le pense flatter afin qu’il me contienne, 


Mais en l’entretenant je ne m’aperçois pas, 


Qu’il me crache en la main sa fureur et la mienne. 

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 05:40

http://1.bp.blogspot.com/-l-v0dOIRn4s/TkQffZHrgbI/AAAAAAAAAMg/A0fObh_HOkU/s1600/seghers.jpgD’origine anversoise, Pierre Seghers est né à Paris en 1906. Il compte parmi ses ancêtres trois grands peintres flamands du XVIIe siècle. Il se définissait comme éditeur, poète et résistant (dès 1940). Il est mort en 1987.

 

En tant qu’écrivain, il est l’auteur de trois œuvres de référence : Le Livre d’or de la poésie française, La Résistance et ses poètes, Le Livre d’or de la poésie française contemporaine. Une bonne partie de son œuvre poétique personnelle a été rassemblée dans Le Temps des merveilles, d’où est tiré le texte qui suit, où il évoque l’antifasciste allemand Jean Bauer :

 

FIDÉLITÉ

 

Mon ami loin de son pays, avec sa femme

– C’est dans les fermes qu’elle va, pour des journées. Chacun

la croit couturière. Mais elle a traversé l’Amérique

Quand l’Allemagne l’avait chassée ; on sait là-bas

Son nom, le vrai ; on la connaît, dix mille têtes

Criaient vers eux au meeting de Minnesota.

 

Mon ami seul dans la montagne vit avec elle.

– Il fait son bois et son tabac et des travaux

De paysan. Tous les fermiers des hautes terres

L’ont adopté pour l’un des leurs. Il est savant

Pour les brebis et les canards et pour les fièvres…

 

Il est savant : il a des mains comme leurs mains.

Il a bêché, semé, sarclé, taillé les arbres,

Construit son lit, refait son toit… est-ce bien lui

Qui labourait un autre sol, la Caroline,

Qui écrivait pour l’avenir un chant sacré,

Lui qui semait dans chaque tête un blé vivace,

Lui qui faisait gronder la foule avec l’espoir ?

 

Ici traqués, ils ont repris de longue haleine

Le beau travail avec les mots qui germeront.

Ils sont tous deux des inconnus qui recommencent.

Partout, toujours, ils pétriront le nouveau pain.

 

 

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 06:51

http://www.miguelhernandezvirtual.com/biblioteca%20virtual/coetaneos/fotos/21/imagen1.jpg

José Herrera Petere est né en 1909 à Guadalajara et est mort à Gen ève en 1977. Il était le fils du IIe président de la République espagnole en exil, Emilio Herrera.

 

Il est l’auteur, entre autres de Dimanche, vers le sud (Hacia el sur se fue el domingo), publié en français par Seghers et de ¿Por qué no estamos en España? (Pourquoi ne sommes-nous pas en Espagne ?).

 

Le très court poème suivant exprime la condition des travailleurs espagnols émigrés, sans nom, et même sans voix :

 

GARE EN EUROPE

 

Exportation d’esclaves

La valise sur l’épaule

Les Espagnols arrivent

 

Mordus par les lézards

 

Sans soleil ni famille

Va dehors et travaille

Et envoie des devises

 

Gare à toi !

Si tu parles au retour

Disant à tes voleurs

Que tu veux une patrie !

 

(Traduc. : Alfonso Jimenez)

 

 

Également né en 1909, on pourrait mentionner, dans la même veine, Arturo Serrano Plaja lorsqu’il chantait de manière dramatique l’exil intérieur des travailleurs de ce qui était à l’époque une terre de grande misère, l’Andalousie :

 

De mes yeux, je les ai vus,

misérables, exilés,

marchant par les grands chemins

ces paysans andalous,
hommes, femmes et enfants,

marchant je ne sais vers où,

cheminant perdus,

de mes yeux, je les ai vus
au bord de ces grandes routes

qui coulent telles des fleuves vers Cordoue...

 

 

(trad. : BG).

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 16:15

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a8/Nelly_Sachs_(timbre_allemand).jpg/220px-Nelly_Sachs_(timbre_allemand).jpgNée au sein d'une famille juive allemande en 1891, Nelly Sachs commence à écrire des poèmes à 17 ans. Elle échappe au nazisme en mai 1940, grâce à son amie suédoise Selma Lagerlöf, et trouve refuge à Stockolm, ville où elle résidera jusqu'à sa mort. Son œuvre, née des persécutions racistes, fait d'elle l’une des grandes poétesses du xxe siècle. Elle obtient le Prix Nobel de littérature en 1966. Elle partagea ce prix avec Shmuel Yseph Agnon. Elle mourut en 1970,  quelques semaines après son ami Paul Celan.

 

 

 

 

 

CHŒUR DES ERRANTS

 

Nous les errants, 

nos chemins nous les traînons derrière nous comme des paquets - 

nous sommes vêtus 

d’un lambeau de pays où nous faisions halte - 

nous nous nourrissons 

avec la casserole de la langue, apprise sous les larmes.

 

nous les errants, 

à chaque carrefour une porte nous attend 

derrière elle un chevreuil, Israël des animaux aux yeux d’orphelin  

disparaît dans ses forêts bruissantes 

et l’alouette jubile au-dessus des champs dorés. 

Là où nous frappons aux portes 

s’arrête une mer de solitude. 

Ô vous, gardiens armés de glaives flamboyants, 

les grains de poussière sous nos pieds d’errants 

déjà commencent à faire monter le sang en nos petits-enfants 

 

o nous errants devant les portes de la terre, 

d’avoir tant salué les lointains, 

nos chapeaux sont épinglés d’étoiles. 

Comme mètres pliants reposent nos corps sur la terre 

et mesurent tout l’horizon - 

o nous les errants, 

vers rampants pour les souliers à venir, 

notre mort sera posée comme un seuil 

devant vos portes fermées à double tour ! 

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