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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 05:27

Claude France (de son vrai nom Jane Joséphine Anna Françoise Wittig), née le 9 mars 1893 à Emden (Allemagne) et morte le 3 janvier 1928 à Paris XVIe, était une actrice française. Elle joua dans l’entre-deux-guerres pour L’Herbier, Duvivier ou Maurice Gleize (La Madone des sleepings). Toujours des rôles d’aventurière ou de femme fatale. C’est elle qui aurait dénoncé Mata Hari pour prouver qu'elle méritait bien sa nouvelle nationalité. À force de changer d’amants, elle finit par ne plus savoir qui elle est. Elle s’asphyxie au gaz dans son hôtel particulier à 34 ans après avoir manifesté son « dégoût des trahisons sentimentales » dans un mot d’adieu.

 

Sur la photo, cette grande amoureuse a un doux visage.

La dédicace dit ceci : « A Jacque, à mon Prince Charmant en souvenir de la Princesse Elise qu'il a traité (sic) avec tant de désinvolture ! affectueusement. Claude France. oct 1924 ».

 

(Impatientia doloris)

 

http://2.bp.blogspot.com/_SFCtB2aOcNM/S1rvurS7SWI/AAAAAAAAAfo/M_B80Id5Yu4/s400/claude+france+autog.JPG

 

 


Les sectes n’ont pas le monopole des suicides collectifs, sauf à considérer, par exemple, que les nazis et leurs sympathisants constituèrent une secte à l’échelle d’une nation. Au moment de la défaite de 1945, les Allemands encore hitlériens sont coincés entre l’enclume de la ploutocratie juive anglo-saxonne et le marteau des diables bolchéviques. Alors, ils s’auto flinguent. À Schönlanke, devant l’arrivée imminente des rouges, 500 des 1939 habitants se tuent par pendaison, noyade, balle, poison. 1000 habitants de Stolp font de même, ainsi que 600 de Lauenburg, 500 de Grünberg. En avril 1945, 6000 Berlinois, dont une majorité de femmes, se donnent la mort, par peur ou déshonneur.

 

(Subtractio pudor).

 

http://69.img.v4.skyrock.net/690/pat72216/pics/2829542012_1.jpg

 


Anthony Francis Furst, alias Anton Furst (né le 6 mai 1944), fut un remarquable dessinateur et décorateur de cinéma britannique qui obtint un Oscar pour avoir dessiné la Batmobile et dessiné le célèbres décors de Gotham City dans le Batman de Tim Burton en 1989. Avant cela, il avait participé aux décors de Full Metal Jacquet de Kubrick.Il se suicida en 1991, en décor extérieur, en se précipitant du haut d’un parking aérien à Los Angeles.

 

Impatienta doloris)

 

http://quityourdayjob.com.au/wp-content/uploads/2010/04/furstgotham.jpg

 

 

Né en 1840, Gall fut un héros qui finit collabo. Guerrier exceptionnel et fidèle lieutenant de Sitting Bull, il finira par se soumettre en préconisant l'assimilation à la culture blanche.

 

En décembre 1865, au cours de l’attaque d’un camp hunkpapa par l’armée, dans le nord du Territoire du Dakota, le scout arikara Bloody Knife lui enfonce à trois reprises une baïonnette dans la poitrine, le laissant pour mort. Gall réussit cependant à ramper jusqu’à un camp ami où il est soigné. Comme Sitting Bull, il refuse de s’installer sur une réserve et poursuit la résistance sur les territoires de chasse reconnus aux Lakotas par le traité de 1868.

 

Gall joue un rôle essentiel dans la victoire indienne sur la Little Bighorn River le 25 juin 1876. Dès le début de la bataille, avant que la contre-attaque indienne ne s’organise, plusieurs de ses femmes et de ses enfants sont tués par les hommes du 7ème régiment de cavalerie. C’est Gall qui mène l’attaque contre le détachement du major Marcus A. Reno. 
Au printemps 1877, il accompagne Sitting Bull dans sa fuite au Canada. Il se rend à Poplar River, dans le Territoire du Montana, en janvier 1881. Il est mis aux fers. Son attitude fière est qualifiée de "romaine"  par des officiers qui le conduisent au fort.

 

Gall s’installe sur la réserve de Standing Rock. Au bout de quelques années, gagné par le découragement et sous l’influence de l’agent James Mc Laughlin, il commence à s’assimiler à la culture blanche, préconisant l’agriculture et l’éducation des jeunes Indiens dans les écoles blanches. Contrairement à Sitting Bull, il refuse de participer au "Wild West Show" de Buffalo Bill. Quand l’administration américaine veut réduire la Grande Réserve Sioux, il finit par accepter de signer l’accord. Il boit, grossit, il porte des vêtements de Blanc.

Il se suicide en 1894, d’un abus d’alcool.

(Pudor).

 

http://nsm01.casimages.com/img/2007/12/20//071220091430181071531610.jpg

 


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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 14:50

http://www.sens-original.com/site/medias/fumee_tabac.jpgEn quelques mois, Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche sont passés de 5 à 17% d’intentions de vote. Alors, comme disait le grand Sacha (qui était un mélenchoniste crypto) : « Faisons un rêve ».


Le rêve, pas si délirant que cela, qu’Hollande et le candidat de la gauche arrivent en tête du premier tour. Le président de la Corrèze en serait tellement estomaqué qu’il n’aurait plus la force de faire campagne pour le second tour. Et le candidat very dangerous l’emporterait à la barbe de Barbier, de Giesbert, d’Elkabbach et de Denisot qui, ne sachant plus comment le prendre à contre-pied, s’est lancé tout récemment dans des insinuations crapuleuses sur sa feuille d’impôts.

 

Ai-je besoin de préciser que je ne fume pas ? Même pas des Gauloises.

 

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 14:24

Concernant Michèle Firk : je cite ici un article de Maurice Lemoine du Monde Diplomatique (mars 2005) :

 

" Le 7 septembre 1968, dans un petit pavillon d’un quartier populaire de Ciudad Guatemala, des policiers sonnent à la porte. Un coup de feu retentit. A l’intérieur, Michèle Firk vient de se suicider [d’une balle dans la bouche]. Compagne de Camilo Sánchez, commandant du front urbain de la guérilla des Forces armées révolutionnaires, arrêté quelques jours auparavant, la jeune femme de 31 ans tient la parole qu’elle avait donnée : ne pas parler, ne pas trahir. Enfant juive tenue au bout d’un fusil allemand, un matin d’été 1942, elle a pris sa revanche en s’immergeant dans le risque et en choisissant « la pureté de l’action ». Sa fréquentation des bidonvilles de Nanterre, son activité de porteuse de valises durant la guerre d’Algérie l’ont amenée tout naturellement à La Havane en 1963, conquise par la révolution.

 

Plus préoccupée d’action que de théorie, habitée par les paroles du Che, elle partira dans ce Guatemala « devenu le laboratoire US des techniques antiguérillas ». Et y mourra, fidèle à elle-même : « Il n’est pas honteux, au contraire, de faire de la lutte révolutionnaire l’axe de sa vie, autour duquel tout le reste ne sera qu’accessoire. » "

 

Elle avait laissé ce mot pour ses amis : « Chers camarades, ne permettez-pas que l’on fasse de moi autre chose que ce que je suis et ce que je veux être : une combattante révolutionnaire. »

 

(Subtractio)

http://www.la-breche.com/catalog/images/307.jpg

 

 

Né dans l'actuelle Kabylie, il est le fils d'un regulus maure et chrétien donatiste, Nubel. Il se révolta contre Valentinien II en 370. Le comte Romanus le condamne et lui dénie le droit de se défendre devant l’Empereur. Firmus soulève alors toute la Maurétanie Césarienne et reçoit le soutien de nombreuses tribus. Après quelques succès, comme la prise de Caesarea de Maurétanie, il est forcé de se donner la mort en 372 ou 375 après avoir été défait par Théodose l'Ancien, père de Théodose Ier. Le peuple n’oubliera jamais ce héros de l’indépendance nord-africaine.

 

(Pudor)

http://miltiade.pagesperso-orange.fr/Firmus.jpg


 

C’est en 1938 qu’Hélène Roger-Viollet et son mari Jean-Victor Fischer, tous deux passionnés de photographie et grands voyageurs, fondent rue de Seine la « Documentation Photographique Générale Roger-Viollet », aujourd’hui une des plus anciennes agences françaises. Ayant racheté la boutique du « marchand d’images » Laurent Ollivier, et les collections qu’elle hébergeait, Hélène Roger-Viollet et son mari y adjoignent la production familiale qu’ils enrichiront après-guerre par un effort continu d’acquisitions. C’est ainsi qu’ils constituent un fonds photographique unique en Europe, couvrant plus d’un siècle et demi d’histoire parisienne, française et internationale, autour de quatre thématiques principales : les grands évènements historiques, Paris, les portraits de personnalités et les reproductions d’œuvres d’art.

Le 27 janvier 1985, après 36 ans d’existence commune, Jean-Victor assomme son épouse à coups de barre de fer, lui tranche la gorge et s’ouvre les veines. Sauvé, il est emprisonné et se pend dans sa cellule de Fresnes le 26 mai, à 81 ans, pendant la promenade de son codétenu.

 

(Subtractio)

http://lefantasio.fr/images/fourre_tout/cafes1.JPG


 

Né en 1892 dans l’État de New York, le secrétaire d’État à la Défense James Forerstal était un anticommuniste convaincu. Il mit en place les transformations des forces armées des États-Unis face à la puissance soviétique en ce début de guerre froide.

Il s'opposa en vain, de même que le département d'État, à la reconnaissance d'Israël par les États-Unis estimant que les relations avec le monde arabe et son pétroleétaient plus importantes.

Suite à des problèmes de "dépression", il quitte ses fonctions le 1er mars 1949 et est mis en observation dans un hôpital militaire où il sera suicidé quelques semaines plus tard en "se" pendant à un drap attaché à un radiateur et en sautant "de lui-même" par la fenêtre du 16e étage.

(Furor)

http://www.arlingtoncemetery.net/james-forrestal-loc-photo-02.jpg

 


 

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 16:09

http://s1.e-monsite.com/2009/09/27/03/8313600sexy-vampirs-girls-wallpaper-fond-d-ecran-femmes-vampires-vampires-by-www-gothik-ws-jpg.jpgJ’en ai rencontré quelques-uns dans ma déjà longue vie. Ce sont les pires parce que, avec leur air de ne pas y toucher, ils sont les plus dangereux. Merci à Anne Crignon (Nouvelobs.com) de nous aider à les débusquer :

 

Pervers narcissiques : 20 pistes pour les reconnaître 


Nulle mention de la perversion narcissique dans le DSM IV, manuel de classification internationale des troubles mentaux. La notion se cherche. Pour certains comme Scott Peck, psychiatre américain, il ne faut pas craindre de parler de véritable déviance morale et de poser la question du mal. Pour d’autres, comme le Docteur Reichert-Pagnard, il s’agit d’une psychose sans symptômes apparents ou "psychose blanche". 

On pourrait classer le manipulateur sur une échelle de 1 à 10 selon la toxicité. Niveau 3, le tyran domestique, réfugié dans le déni, qui blesse l’autre involontairement pour s’alléger de son propre mal être ; niveau 8, le sadique qui se défoule en jouissant de  la douleur morale qu’il inflige sciemment. Quoiqu’il en  soit, même un petit "PN" fait de considérables dégâts.

 

Voici quelques pistes pour reconnaître ces prédateurs, inspirées des travaux de spécialistes tels que Jean-Claude Bouchoux, psychanalyste et Isabelle Nazare-Aga, thérapeute comportementaliste (1) :

 

1. Il ou elle vampirise l'énergie de l'autre : l'expression "se faire bouffer" prend tout son sens.

2. Il ou elle est dénué(e) d'empathie, fait preuve de froideur émotionnelle.

3. Il ou elle souffre d'insatisfaction chronique, il y a toujours une bonne raison pour que ça n'aille pas.

4. Il ou elle use de dénigrement insidieux, sous couvert d'humour au début, puis de plus en plus directement.

5. Il ou elle est indifférent aux désirs de l'autre.

6. Il ou elle s'inscrit dans une stratégie d'isolement de sa proie.

7. Il ou elle fait preuve d'égocentrisme forcené.

8. Il ou elle vous fait culpabiliser.

9. Il ou elle est incapable de se remettre en cause ou de demander pardon (sauf par stratégie).

10. Il ou elle s'inscrit dans un déni de réalité.

11. Il ou elle joue un double jeu : le pervers narcissique se montre charmant, séducteur, brillant – voire altruiste – pour la vitrine ; tyrannique, sombre et destructeur en privé. 

12. Il ou elle est obsédé(e) par l'image sociale.

13. Il ou elle manie redoutablement la rhétorique : le dialogue pour dépasser le conflit tourne à vide.

14. Il ou elle alterne le chaud et le froid, maîtrise l'art de savoir jusqu'où aller trop loin.

15. Il ou elle est psychorigide.

16. Il ou elle souffre d'anxiété profonde, ne supporte par le bien-être de son partenaire. 

17. Il ou elle ressent le besoin compulsif de gâcher toute joie autour de lui.

18. Il ou elle inverse les rôles et se fait passer pour la victime.

19. Il ou elle use d'injonctions paradoxales et contradictoires : la cible perd ses repères, son esprit devient confus, même quand il est des plus brillants. Paul-Claude Racamier, inventeur de la notion de pervers narcissique, parle d'un véritable "détournement de l'intelligence". 

20. Il ou elle éprouve un soulagement morbide quand l'autre est au plus bas.

 

(1) : Les pervers narcissiques, Jean-Claude Bouchoux (Editions Eyrolles) et Les manipulateurs et l'amour par Isabelle Nazare-Aga (Editions de l'Homme).

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 07:13
http://reflexions.ulg.ac.be/upload/docs/image/jpeg/2009-06/simenon_bibliotheque.jpgUne petite note en passant.

 

 

Cette phrase toute simple, extraordinaire, n’est pas de moi, bien sûr. On dirait du Salvador Dali écrivant, ou du Tzara, je ne sais.

 

Cette phrase est de Georges Simenon. Vers la fin de la Lettre à mon juge, rien ne va plus pour le personnage/narrateur qui va tuer sa maîtresse avant de se suicider. Alors, ce matin-là, le temps est « mou ». Un temps d’automne, ni bon ni mauvais. Vous voyez : il m’a fallu huit mots pour paraphraser et, ce faisant, j’ai tué l’image.

 

Je ne suis pas un spécialiste de Simenon. Je suis en train de le lire dans la Pléiade. Quel mec, ce Simenon ! J’en parle à un ami, auteur de quelques grands romans policiers. Il me dit que, cet automne dernier, il a relu une trentaine de Simenon.

 

Je ne suis pas assez armé pour dire ici en quoi consiste le miracle Simenon. J’avais été sidéré, en dévorant ses bouleversants Mémoires intimes, dans les années 1980 par la prodigieuse tonicité de sa langue, sa précision. Il en va de Simenon comme de Verlaine ou de Gide (qui fut un de ses premiers et plus grands admirateurs). Chaque mot écrit est celui qu’il fallait écrire. On ne saurait le changer, l’altérer, le déplacer.

 

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 07:41

Renée Falconetti naît à Paris en 18892 et devient célèbre en 1928 dans le rôle de Jeanne d’Arc que lui confit Theodor Dreyer pour son film muet La Passion de Jeanne d’Arc. Le tournage fut un supplice, Dreyer l’obligeant par exemple à s’agenouiller sur un sol pierreux et lui ordonnant de réfréner toute expression du visage. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle s’exile au Brésil, puis en Argentine. Elle tombe sous la coupe d’un gourou qui l’initie aux méthodes orientales d’abolition du moi. Le 12 décembre 1946, elle ingurgite du poison, refuse tout soin médical et meurt. Sa tombe est visible au cimetière de Montmartre.

 

(Imapatienta doloris)

 

http://clarte.eu.com/reliques2008/Operationreliques_fichiers/image066.jpg

 

 

 

Les gens de ma génération (et ceux d’avant) se souviennent tous des plumes et des crayons Baignol et Farjon. C’était au temps où nos objets usuels n’étaient pas fabriqués en Chine. Roland Farjon (né en 1910 à Boulogne-sur-Mer) était l’un des héritiers de la famille. Pour imiter son père, vice-président du Sénat, il fait de la politique au sein d’un parti furieusement anticommuniste. En 1939, il part joyeux au combat, est fait prisonnier. Il est délivré par Pétain dont il épouse la cause. Jusqu’en 1941, quand il entre dans la Résistance. Il  devient l’un des responsables militaires de l’un des
mouvements les plus actifs, l’OCM. Mais, en octobre 1943, il est arrêté par la Gestapo. Que se passe-t-il alors ? Trahit-il
ses camarades qui vont tomber les uns après les autres ? Selon certains, il aurait donné 1800 résistants en se faisant passer pour un faux prisonnier.


Malgré, ou à cause des
soupçons dont il est l’objet, il s’engage dans un maquis où il se conduit avec panache. Cherche-t-il à faire une fin glorieuse ? Donne-t-il simplement cours à sa vaillance naturelle ? En tout cas, il fait preuve d’un grand courage. Et il poursuit le combat jusqu’à la fin en s’engageant ensuite dans une unité de fusiliers-marins. Mais le passé le rattrape. Un juge
d’instruction est chargé d’enquêter sur sa présumée trahison. C’est insupportable pour ce jeune héros. En juillet 1945, il disparaît. Deux jours plus tard, on retrouve son corps dans la Seine. Sur la passerelle du pont de Saint-Cloud, on retrouvera une lettre d’adieu pour sa femme : « Je meurs en soldat, jamais je n’ai trahi, mais je ne peux supporter cette incarcération. Je mourrai tout à l’heure en pensant à toi, à notre amour, à nos chéris, pardonne-moi. »


Mais était-ce vraiment son corps ? Farjon n’a-t-il pas maquillé son suicide pour fuir la Justice, son pays et la vengeance de ceux qu’il a peut-être trahis ? Certains, et pas des moindres, affirmeront l’avoir rencontré après juillet 1945. Ils affirmeront même que Farjon a trouvé refuge en Amérique du Sud.

 

(Pudor)

 

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Petit-fils de rabbin, Paul Federn fut un des plus anciens disciples de Freud. Il poussa la dévotion jusqu’à donner à sa propre fille le nom d’Anna. Il aura comme analysant Wilhelm Reich.


Il émigre en 1938 aux États-Unis. Il s’intéresse aux applications sociales de la psychanalyse et défend l'ouverture de centres ambulatoires. Son ouvrage La psychologie du moi et les psychoses comporte néanmoins des prises de positions, qu'on qualifierait aujourd'hui d'eugénistes, ainsi que d'originales prescriptions techniques concernant le traitement de la schizophrénie. Comme, par exemple, pour le premier point : « Les individus psychotiques ne font pas de bon parents et ne supportent pas facilement le renversement inconscient de la situation œdipienne dans la paternité. Pour ces raisons, et aussi en raison de l'hérédité, la stérilisation par vasectomie ou ligature des trompes est indiqué. » Le 4 mai 1950, fatigué de vivre, il se tire une balle en pleine tête. Il laisse un mot à ses enfants : « Attention, il reste une balle dans le pistolet. »

 

(Taedium vitæ, valetudinis adversæ impatientia)

 

http://www.psicoterapiaintegrativa.com/therapists/images/S_Paul_Federn.jpg

 

 

 

Georges Figon, l’affaire Ben Barka, toute mon adolescence ! La Vème République dans ce qu’elle a eu de plus grenouillant et méprisable du temps de De Gaulle. Figon, ce truand minable et caractériel sera un temps la coqueluche du Tout-Paris de gauche (Sartre, Duras). Deux mots sur l’affaire Benbarka : 


Alors qu'il est chargé d'organiser la participation des mouvements révolutionnaires du tiers-monde à la Conférence tricontinentale qui devait se réunir à La Havane en 1966, Ben Barka se rend à Paris pour un rendez-vous avec des cinéastes ayant un projet de films sur la décolonisation : le journaliste Philippe Bernier, le prétendu producteur Geoirges Figon et Georges Franju. Pour le convaincre du bien-fondé de ce projet, Georges Figon avait auparavant convaincu Marguerite Duras de donner son accord de principe pour être scénariste du film et Franju comme réalisateur. Le 29 octobre 1965, à 12 heures30, devant la brasserie Lipp où il devait retrouver ses interlocuteurs, Ben Barka est interpellé par deux policiers français, l'inspecteur principal Louis Souchon (chef du groupe des stupéfiants à la Brigade mondaine) et son adjoint Roger Voitot, qui le font monter dans une voiture au côté de Le Ny, homme de main de Georges Boucheseiche, truand anciennement associé à la gestapo, proche de Focart, conseillier direct de De Gaulle. Prétextant qu'il doit rencontrer une haute personnalité, les policiers emmènent Ben Barka dans la propriété de Boucheseiche à Fontenay-le-Vicomte. Le 30, le général Oufkir et le colonel Dlimi se rendent dans cette propriété. Le 31 octobre 1965, sa disparition est signalée aux autorités françaises par son frère qui dépose une plainte. Dès lors, Ben Barka ne sera plus jamais revu.


Le 2 novembre 1965, Deux journalistes de L’Express (pas celui de Barbier, le vrai), Jacques Derogy et Jean François Kahn, publient un article intitulé “ Les étranges coïncidences de l’affaire Ben Barka ”. L’Express titre en Une : “ J’ai vu tuer Ben Barka, un témoignage de George Figon ”, recueilli par les même Jacques Derogy et Jean François Kahn.

17 janvier 1966. Cerné par la police qui a ordre de le retrouver, Figon se suicide. La grande presse relaie le procureur qui parle de suicide. En 1972, après une série de disparitions troublantes (les trois avocats de la partie civile, un témoin reporter-photographe), Thami Azemmouri, celui par qui l’affaire a été dévoilée, est découvert suicidé chez lui, pendu à une chaîne de bicyclette.

 

(Æquivocus)

 

http://www.maroc-hebdo.press.ma/Site-Maroc-hebdo/archive/Archives_695/ph_695/Figon.jpg

 

Problème collatéraux :

 

André Le Ny a fait partie des truands ayant agi à la solde des Marocains. Il était dans la fameuse Peugeot 403 qui a servi à l’enlèvement de Ben Barka. Après l’exécution de leur mission, il a pu rejoindre le Maroc où il a dirigé un hôtel de passe. Il a été condamné à perpétuité, par contumace à Paris, en 1967. Il a été exécuté dans des circonstances non élucidées alors qu’il était en résidence surveillée.


C’est dans la maison de Georges Boucheseiche, à Fontenay Le Vicomte, que Ben Barka a été torturé après son enlèvement. Boucheseiche a fui au Maroc, le 4 novembre 1965. Le 8 novembre, un mandat d’extradition est lancé contre lui. Il a été condamné à perpétuité par contumace dans le cadre du procès de 1967. Il est mort, en 1972, au Maroc dans des circonstances mystérieuses alors qu’il était en résidence surveillée.


 

Le général Mohamed Oufkir a été reconnu coupable par la justice française dans le rapt de Ben Barka. Officier de l'armée française, il a été, dès l’indépendance, nommé aide de camp de Mohammed V.
Promu colonel puis général de division, il se distingue par une fermeté anti-populaire durant son parcours, précisément lors du soulèvement du Rif en 1958 et les événements de Casablanca du 23 mars 1965. Cette répression exécutée avec zèle lui vaut le surnom de « Boucher ». En 1965, année de la mort de Ben Barka, Oufkir est nommé ministre de l'Intérieur. Après la tentative du coup d’Etat du général El Madbouh, le 10 juillet 1971, Oufkir est nommé commandant en chef de l'armée et ministre de la Défense. Le 16 août 1972, il tente de renverser la monarchie en attaquant le Boeing royal qui ramenait Hassan II de France. La tentative échoue et, le 23 août, on annonce officiellement le suicide du général.


 

Directeur général de la Sûreté nationale en 1965, Ahmed Dlimi est l’un des principaux acteurs de l’enlèvement de Ben Barka. Le juge d’instruction Louis Zollinger, avait lancé un mandat d'arrêt international contre lui. La justice française l’a acquitté.
Après la mort du général Oufkir, Ahmed Dilimi est devenu l’homme fort du régime.
C’est dans un accident de la circulation, pour le moins suspect, que ce natif de Sidi Kacem a trouvé la mort, le 25 janvier 1983, dans la palmeraie de Marrakech.

 

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 15:32

Victor Escousse et Auguste Lebras étaient épris de théâtre. Escousse publia sa première pièce en 1831. Il était âgé de 19 ans. La seconde fut un échec. Il écrivit alors, avec son ami Auguste Lebras, âgé de 18 ans, une pièce qui connut un échec retentissant. Ces catastrophes poussèrent les deux jeunes gens à se suicider. Ils s’asphyxièrent volontairement au domicile de Victor.

 

Escousse laissa la note suivante : « Escousse s'est tué parce qu'il ne se sentait pas à sa place ici-bas ; parce que la force lui manquait, à chaque pas qu'il faisait en avant ou en arrière ; parce que l'amour de la gloire ne dominait pas assez son âme, si âme il y a ! Je désire que l'épigraphe de mon livre soit :

Adieu, trop inféconde terre,

Fléaux humains, soleil glacé !

Comme un fantôme solitaire,

Inaperçu j'aurai passé.

Adieu, les palmes immortelles,

Vrai songe d'une âme de feu !

L'air manquait : j'ai fermé mes ailes.

Adieu ! »

 

Lebras écrivit à ses parents : « Je meurs et pourtant ne me plaignez pas car mon sort doit exciter plus d’envie que de pitié. »

 

Musset fit référence à la mort d’Escousse dans son poème Rolla, publié en 1837 :

 

Quand on est pauvre et fier, quand on est riche et triste,

On n'est plus assez fou pour se faire trappiste ;

Mais on fait comme Escousse, on allume un réchaud.

 

(Pudor/Impatientia doloris)

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/31JhjNBrxkL._SL500_AA300_.jpg

 

 

 

Sergueï Essenine naquit le 21 septembre 1895 et se pendit le 28 décembre 1925. Il  était le troisième enfant d'un couple dont les deux filles aînées étaient mortes en bas âge. Alexandre Essenine, son père, travaillait comme garçon boucher à Moscou. Ses premiers vers connus remontent à 1909, quand il avait 14 ans. Il se maria à trois reprises, dont une fois avec la danseuse Isadora Duncan, de 18 ans son aînée. Pour le pouvoir soviétique, cela fait de lui un poète décadent et contre-révolutionnaire.

 

Duncan et Essenine voyagent tous les deux en Europe et c’est durant cette période qu’Essenine connaît une grave dépression nerveuse. Sa santé physique et mentale décline et il évoque le suicide. Lors de son séjour à Paris, il est sujet à une grave crise due à l’alcool. Il est admis dans un hôpital psychiatrique. En 1923, il retourne à Moscou et quitte Isadora. Il ressent de plus en plus une incapacité à écrire comme un vrai poète : « Je n’écris plus de poésie, je ne fais que des vers ».

 

Avant de se pendre, il écrivit un poème avec son propre sang :

 

Au revoir, mon ami, au revoir,

Mon tendre ami que je garde en mon cœur.

Cette séparation prédestinée

Est promesse d’un revoir prochain.

Au revoir, mon ami, sans geste, sans mot,

Ne sois ni triste, ni en chagrin.

Mourir en cette vie n'est pas nouveau,

Mais vivre, bien sûr n'y est pas plus nouveau.

 

L'hypothèse de l'assassinat a été avancée par ses amis et des chercheurs produisant un certain nombre d'indices pour le moins troublants : une enquête et une expertise médicale bâclées concluant trop rapidement au suicide, une heure de décès non établie, l'une fixée le 27 en fin de soirée, une autre contradictoire, au petit matin du 28, des traces de coups sur le visage du poète, la présence d'agents du gouvernement cette nuit-là à l'Hôtel d'Angleterre.

 

À Leeva, une « ligue du suicide » se constitua en 1928 parmi ses jeunes admirateurs : treize d’entre eux se donneront la mort pour l’imiter !

 

(Impatienta doloris)

 

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/essenine/essenine4.jpg

 

Essenine sur son lit de mort

 

 

Du cinéaste Jean Eustache, on connaît tous La Maman et la putain et Mes petites amoureuses.

 

Il naît à Pessac en 1938. Il passe un CAP d'électricien en 1951. Il arrive à Paris en 1957 et travaille à la SNCF comme ouvrier spécialisé. Refusant de partir en Algérie, il fait une tentative de suicide en s'ouvrant les veines et passe un an en hôpital psychiatrique. Il épouse Jeanne Delos avec qui il a deux fils. Par l'intermédiaire de sa femme qui travaille comme secrétaire aux Cahiers du Cinéma, il rencontre Godard. Il réalise son premier court métrage : La Soirée. Il se sépare de sa femme en 1967. Il se lit avec Françoise Lebrun qui sera actrice dans La Maman et la putain en 1972, une histoire inspirée de sa vie réelle (Grand prix spécial du jury à Cannes).

 

Mes petites amoureuses ne rencontre aucun succès.

Jean Eustache se suicide le 5 novembre 1981chez lui en se tirant une balle dans la bouche.

 

(Impatienta doloris)

http://4.bp.blogspot.com/_yv8WSsLDWy0/TLXrDI48MjI/AAAAAAAAAfE/BpTw7wEbkrA/s1600/jean-eustache.jpg

 


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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 07:12

Cela faisait un moment que l’on n’avait pas feuilleté le tellement utile Suicidologue de François de Negroni et Corinne Moncel. Sûrement parce que les vivants nous accaparaient un peu trop.

Né en 1935, le juge israélien Dov Eitan doit démissionner pour s’être prononcé contre l’occupation du Liban. Il accepte en 1988 d’assurer la défense en appel de John Demjanjuk, un Ukrainien accusé d’avoir été kapo à Treblinka (link). Il lui a été reproché d'avoir dirigé les installations de gazage et d'avoir massacré plus de 100000 Juifs. Une semaine avant le début de l’audience, le 29 novembre 1988, Eitan se jette du 15e étage d’une tour.

(Furor)

http://photo.europe1.fr/infos/international/john-demjanjuk-reuters-930620-539027/9641495-1-fre-FR/john-demjanjuk-REUTERS-930620_scalewidth_630.jpg

En photo : Demjankuk

Empédocle vécut probablement entre 490 et 435 avant J.-C. Sa vie est mal connue et a parfois un caractère légendaire manifestement dû à sa personnalité quelque peu excentrique. Il fut un personnage important d'Agrigente, défenseur de la démocratie. Il fut banni et termina sa vie dans le Péloponèse. D'après la légende, Empédocle se jeta dans les fournaises de l'Etna en abandonnant sur le bord une de ses chaussures, preuve de sa mort. Après avoir escaladé le volcan, Hölderlin écrivit : « Je me suis souvenu du grand Sicilien qui, malgré son téméraire goût de vivre, se jeta dans les flammes admirables. »

(Taedium vitae)

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/79/Empedokles.jpeg/200px-Empedokles.jpeg


La pauvre Anglaise Peg Entwistle devint célèbre après son suicide à l’âge de 24 ans. Au théâtre, elle brûlait les planches ; au cinéma, elle ne tourna qu’un seul film que le public n’alla pas voir. Le 18 septembre 1932, elle s’élance du haut de la dernière lettre de l’inscription géante HOLLYWOOD (une chute de 30 mètres). Le même jour, le facteur lui apporte une proposition pour un rôle de … femme suicidaire ! Elle était resté marié deux ans à l’acteur Robert Keith qui n’avait pas daigné l’informer qu’il avait déjà été marié et qu’il avait un enfant de six ans.

Avant de sauter dans le vide, elle écrivit le petit mot suivant : « J’ai peur. Je suis lâche. Je suis désolé pour tout. Si j’étais passé à l’acte il y a longtemps, cela aurait épargné bien des souffrances. »

(Impatienta doloris)

http://sheltershelter.files.wordpress.com/2011/03/topless2-63162956_std.jpg


Pablo Escobar est né en 1949 en Colombie. En quelques années, il contrôle le cartel de Medellin, responsable de la commercialisation de 80% de la cocaïne aux Etats-Unis. En 1986, il tente d'entrer dans la vie politique colombienne en proposant de rembourser la dette nationale colombienne, soit environ 10 milliards de dollars. Il est alors la 7e fortune mondiale (heureusement que les 6 premiers avaient gagné leur argent honnêtement à la sueur de leur front !). Il redistribua une partie de ses gains en construisant par exemple 3000 logements sociaux à Medellin. Sa devise en affaires était très simple : « Tu soudoies quelqu'un par ici, tu soudoies quelqu'un par là et tu payes un banquier amical pour t'aider à blanchir l'argent. »

Le 15 février 1990, un sommet anti-drogue réunit à Carthagène les présidents Bush (États-Unis), Barco (Colombie), Paz Zamora (Bolivie) et Garcia (Pérou). En avril, l'armée colombienne cerne le siège de Pablo Escobar. Il y aura 510 morts, mais ce dernier réussira à s'échapper.

Pablo Escobar avait créé un véritable groupe armé autour de lui, environ 3000 tueurs, les sicarios, qui pouvaient être de tout âge. En 1992, à Medellín, 6662 personnes ont été tuées dans des affrontements armés, auxquelles il faut ajouter 1292 cadavres non identifiés et 967 habitants portés définitivement disparus, soit un total de 8921 morts. Pablo Escobar disait : « Je préfère une tombe en Colombie qu'une cellule de prison aux États-Unis et que jamais l'autorité ne mettra fin à ma vie. » Un suicide serait donc à l'origine de son décès. Il se serait tiré lui-même un projectile derrière l'oreille droite alors qu'il courait en traversant le toit pour passer du toit de la maison à un toit d'une maison voisine.

(Subtractio)

http://www.ltdexperience.com/wp-content/uploads/2011/12/Pablo-Escobar.jpg

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 07:03

http://4.bp.blogspot.com/-NqlNqSpHrak/ThInjGJSzcI/AAAAAAAAAE4/MZtokrmUKDw/s1600/esclavemarcelverdier.jpgCela se passe aux États-Unis. La lettre est en anglais, puis dans une traduction en français. La chute n'est pas piquée des vers :

 

Dayton, Ohio,

 

August 7, 1865

 

To My Old Master, Colonel P.H. Anderson, Big Spring, Tennessee

 

Sir: I got your letter, and was glad to find that you had not forgotten Jourdon, and that you wanted me to come back and live with you again, promising to do better for me than anybody else can. I have often felt uneasy about you. I thought the Yankees would have hung you long before this, for harboring Rebs they found at your house. I suppose they never heard about your going to Colonel Martin's to kill the Union soldier that was left by his company in their stable. Although you shot at me twice before I left you, I did not want to hear of your being hurt, and am glad you are still living. It would do me good to go back to the dear old home again, and see Miss Mary and Miss Martha and Allen, Esther, Green, and Lee. Give my love to them all, and tell them I hope we will meet in the better world, if not in this. I would have gone back to see you all when I was working in the Nashville Hospital, but one of the neighbors told me that Henry intended to shoot me if he ever got a chance.

 

I want to know particularly what the good chance is you propose to give me. I am doing tolerably well here. I get twenty-five dollars a month, with victuals and clothing; have a comfortable home for Mandy,—the folks call her Mrs. Anderson,—and the children—Milly, Jane, and Grundy—go to school and are learning well. The teacher says Grundy has a head for a preacher. They go to Sunday school, and Mandy and me attend church regularly. We are kindly treated. Sometimes we overhear others saying, "Them colored people were slaves" down in Tennessee. The children feel hurt when they hear such remarks; but I tell them it was no disgrace in Tennessee to belong to Colonel Anderson. Many darkeys would have been proud, as I used to be, to call you master. Now if you will write and say what wages you will give me, I will be better able to decide whether it would be to my advantage to move back again.

 

As to my freedom, which you say I can have, there is nothing to be gained on that score, as I got my free papers in 1864 from the Provost-Marshal-General of the Department of Nashville. Mandy says she would be afraid to go back without some proof that you were disposed to treat us justly and kindly; and we have concluded to test your sincerity by asking you to send us our wages for the time we served you. This will make us forget and forgive old scores, and rely on your justice and friendship in the future. I served you faithfully for thirty-two years, and Mandy twenty years. At twenty-five dollars a month for me, and two dollars a week for Mandy, our earnings would amount to eleven thousand six hundred and eighty dollars. Add to this the interest for the time our wages have been kept back, and deduct what you paid for our clothing, and three doctor's visits to me, and pulling a tooth for Mandy, and the balance will show what we are in justice entitled to. Please send the money by Adams's Express, in care of V. Winters, Esq., Dayton, Ohio. If you fail to pay us for faithful labors in the past, we can have little faith in your promises in the future. We trust the good Maker has opened your eyes to the wrongs which you and your fathers have done to me and my fathers, in making us toil for you for generations without recompense. Here I draw my wages every Saturday night; but in Tennessee there was never any pay-day for the negroes any more than for the horses and cows. Surely there will be a day of reckoning for those who defraud the laborer of his hire.

 

In answering this letter, please state if there would be any safety for my Milly and Jane, who are now grown up, and both good-looking girls. You know how it was with poor Matilda and Catherine. I would rather stay here and starve—and die, if it come to that—than have my girls brought to shame by the violence and wickedness of their young masters. You will also please state if there has been any schools opened for the colored children in your neighborhood. The great desire of my life now is to give my children an education, and have them form virtuous habits.

 

Say howdy to George Carter, and thank him for taking the pistol from you when you were shooting at me.

 

From your old servant,

 

Jourdon Anderson.

 

Dayton, Ohio,

 

August 7, 1865

 

To My Old Master, Colonel P.H. Anderson, Big Spring, Tennessee

 

Sir: I got your letter, and was glad to find that you had not forgotten Jourdon, and that you wanted me to come back and live with you again, promising to do better for me than anybody else can. I have often felt uneasy about you. I thought the Yankees would have hung you long before this, for harboring Rebs they found at your house. I suppose they never heard about your going to Colonel Martin's to kill the Union soldier that was left by his company in their stable. Although you shot at me twice before I left you, I did not want to hear of your being hurt, and am glad you are still living. It would do me good to go back to the dear old home again, and see Miss Mary and Miss Martha and Allen, Esther, Green, and Lee. Give my love to them all, and tell them I hope we will meet in the better world, if not in this. I would have gone back to see you all when I was working in the Nashville Hospital, but one of the neighbors told me that Henry intended to shoot me if he ever got a chance.

 

I want to know particularly what the good chance is you propose to give me. I am doing tolerably well here. I get twenty-five dollars a month, with victuals and clothing; have a comfortable home for Mandy,—the folks call her Mrs. Anderson,—and the children—Milly, Jane, and Grundy—go to school and are learning well. The teacher says Grundy has a head for a preacher. They go to Sunday school, and Mandy and me attend church regularly. We are kindly treated. Sometimes we overhear others saying, "Them colored people were slaves" down in Tennessee. The children feel hurt when they hear such remarks; but I tell them it was no disgrace in Tennessee to belong to Colonel Anderson. Many darkeys would have been proud, as I used to be, to call you master. Now if you will write and say what wages you will give me, I will be better able to decide whether it would be to my advantage to move back again.

 

As to my freedom, which you say I can have, there is nothing to be gained on that score, as I got my free papers in 1864 from the Provost-Marshal-General of the Department of Nashville. Mandy says she would be afraid to go back without some proof that you were disposed to treat us justly and kindly; and we have concluded to test your sincerity by asking you to send us our wages for the time we served you. This will make us forget and forgive old scores, and rely on your justice and friendship in the future. I served you faithfully for thirty-two years, and Mandy twenty years. At twenty-five dollars a month for me, and two dollars a week for Mandy, our earnings would amount to eleven thousand six hundred and eighty dollars. Add to this the interest for the time our wages have been kept back, and deduct what you paid for our clothing, and three doctor's visits to me, and pulling a tooth for Mandy, and the balance will show what we are in justice entitled to. Please send the money by Adams's Express, in care of V. Winters, Esq., Dayton, Ohio. If you fail to pay us for faithful labors in the past, we can have little faith in your promises in the future. We trust the good Maker has opened your eyes to the wrongs which you and your fathers have done to me and my fathers, in making us toil for you for generations without recompense. Here I draw my wages every Saturday night; but in Tennessee there was never any pay-day for the negroes any more than for the horses and cows. Surely there will be a day of reckoning for those who defraud the laborer of his hire.

 

In answering this letter, please state if there would be any safety for my Milly and Jane, who are now grown up, and both good-looking girls. You know how it was with poor Matilda and Catherine. I would rather stay here and starve—and die, if it come to that—than have my girls brought to shame by the violence and wickedness of their young masters. You will also please state if there has been any schools opened for the colored children in your neighborhood. The great desire of my life now is to give my children an education, and have them form virtuous habits.

 

Say howdy to George Carter, and thank him for taking the pistol from you when you were shooting at me.

 

From your old servant,

 

Jourdon Anderson.

 

Dayton, Ohio,

7 août 1865

A mon ancien maître, le colonel P.H. Anderson, Big Spring, Tennessee

Monsieur: J’ai reçu votre lettre et j’ai été content de découvrir que vous n’aviez pas oublié Jourdon, et que vous voudriez que je revienne pour vivre à nouveau avec vous, en me promettant de faire mieux pour moi que ce que quiconque pourrait faire. Je me suis souvent senti mal à l’aise à votre sujet. Je pensais que les Yankees vous avaient pendu depuis longtemps, pour avoir hébergé les rebelles [les C

onfédérés] qu’ils avaient découverts dans votre maison. Je suppose qu’ils n’avaient pas entendu parler de vous, allant chez le colonel Martin pour tuer le soldat de l’Union qui avait été laissé dans son étable par sa compagnie.

Bien que vous m’ayez tiré dessus à deux reprises avant que je vous quitte, je ne vous voulais pas de mal et je suis heureux de constater que vous êtes encore en vie. Cela me ferait du bien de revenir dans cette chère vieille maison, et de voir Mlle Mary et Miss Martha, et Allen, Esther, Green et Lee. Transmettez leur à tous mon affection, et dites leur que j’espère que nous nous rencontrerons dans un monde meilleur, si ce n’est dans celui-ci. Je serais bien revenu vous voir tous quand je travaillais à l’hôpital de Nashville, mais un des voisins m’avait dit que Henry [le colonel, NdT] avait l’intention de me tuer s’il en avait l’occasion.

Je vous que vous sachiez à quel point votre proposition représente une bonne opportunité pour moi. Je me débrouille assez bien ici. Je gagne 25 $ par mois, plus la nourriture et l’habillement ; j’ai un foyer confortable pour Mandy, – les gens d’ici l’appellent Mme Anderson – et les enfants – Milly, Jane et Grundy – vont à l’école et travaillent bien. Le professeur dit que Grundy est fait pour être prédicateur. Ils vont à l’école du dimanche, et Mandy et moi allons régulièrement à l’église. Nous sommes considérés avec respect. Nous entendons parfois des gens dire, « Ces gens de couleur étaient des esclaves là-bas dans le Tennessee. » Les enfants se sentent mal à l’aise quand ils entendent ce genre de propos, mais je leur dis que ce n’était pas une honte dans le Tennessee d’appartenir au colonel Anderson. Beaucoup de noirauds auraient été fiers, comme je l’étais, de vous appeler maître. Maintenant, si vous m’écriviez pour me dire quelle rémunération vous me donneriez, je serais plus à même de décider s’il serait à mon avantage de revenir.

Quant à ma liberté, dont vous dites que je peux l’avoir, il n’y a aucun gain possible de ce côté puisque j’ai obtenu mes papiers d’émancipation en 1964 auprès du Prévôt Général de Nashville. Mandy dit qu’elle aurait peur de revenir sans quelques preuves que vous être disposé à nous traiter avec justice et bonté, et nous avons convenu de tester votre sincérité en vous demandant de nous envoyer nos appointements pour la période pendant laquelle nous vous avons servi. Ce qui nous permettra de solder de vieux comptes et de nous fier à cotre sens de la justice et à votre amitié à l’avenir. Je vous ai servi fidèlement pendant 32 ans, et Mandy pendant 22 ans. À 25 $ mensuels pour moi, et 3 $ la semaine pour Mandy, les arriérés de salaires devraient s’élever à 11608 dollars. Si on ajoute les intérêts pour la période pendant laquelle nos appointements ne nous ont pas été versés, et si on déduit ce que vous avez payé pour notre habillement, et trois visites du médecin pour moi et l’extraction d’une dent pour Mandy, le solde montrera ce à quoi nous avons droit en toute justice. Envoyez s’il vous plait l’argent via Adams Express aux bons soins de V. Winters, Esq., Dayton, Ohio. Si vous ne payez pas nos loyaux services d’autrefois, nous ne pourrons avoir que faiblement confiance en vos promesses pour l’avenir.

Nous sommes certains que le Créateur dans sa bonté vous a ouvert les yeux sur tout le tort que vous et vos ancêtres avez causé à moi-même et à mes ancêtres, en nous faisant travailler pour vous pendant des générations sans récompense. Ici, j’empoche mon salaire chaque samedi soir ; mais sans le Tennessee, il n’y avait jamais de jour de paye pour les nègres pas plus que pour les chevaux ou les vaches.

 Le jour viendra certainement où ceux qui privent les travailleurs de leurs droits devront rendre des comptes.

Passez le bonjour à George Carter, et remerciez-le de vous avoir pris le pistolet avec lequel vous me tiriez dessus.

Votre vieux serviteur,

Jourdon Anderson

Traduit de l’anglais par Djazaïri

 

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 16:06

Pour l'instant, l'ambiance est plus ordinaire. En chemin, entre les bouleaux, on surprend un lièvre. L'endroit lui était-il aussi propice autrefois ? Pas sûr. Un faucon plane, en quête d'une proie. Et puis soudain, entre chien et loup, un autre oiseau décolle. Son attitude ne laisse aucun doute.

Le vol de la bécasse, le soir au-dessus du terril...

 

http://www.pays-du-nord.fr/upload/image/Amelie/charlesdelcourt_terril_harnes2.jpg

 

Un jour, il faut descendre … Un terril se dévale, ou alors, ce n'est pas amusant. Le danger accentue le plaisir. Il y a plein de crevasses où se tordre les guibolles. Il faut se lancer franchement dans la matière molle, rebondir plutôt que courir, et jusqu'en bas crier tandis que les scories glissent, s'entrechoquent, crépitent.*

 

Un voyage, c'est d'abord un désir, plus qu'une réalité. Et dès lors que le désir est fort, la plus curieuse des réalités est acceptable.

 

À certains passages à niveau, plus aucun train ne passe. Les rails s'effacent peu à peu. le sol ressemble à une vieille ^peau tannée, comme une peau d'hippopotame.

 

*Ce passage m'a fait chaud au cœur. J'ai en effet peaufiné ma science de la bicyclette vers 1955 sur un terril désaffecté d'Hénin-Liétard, situé à deux pas du lycée de garçons. Toute ma vie, à chaque fois que j'ai raconté cela, on m'a regardé d'un air dubitatif. On n'aurait pas dû !

 

Avec l'aimable autorisation des auteurs et des éditions Après La Lune

 

Image-2-1.jpg

 

 

 

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