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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 15:00

http://www.autre-jeunesse.com/wp-content/uploads/2010/05/tyrannie3.jpgLes individus ne constituent une classe que pour autant qu'ils ont à soutenir une lutte commune contre une autre classe; pour le reste, ils s'affrontent en ennemis de la concurrence (Karl Marx).

 

Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi : le terrorisme. Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats. L'histoire du terrorisme est écrite par l'État; elle est donc éducative. Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique (Guy Debord).

 

On ne ment jamais tant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse (Georges Clémenceau).

 

On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n'en fait pas davantage sans (André Malraux).

 

On croit mourir pour la patrie; on meurt pour des industriels (Anatole France).

 

Où finissent les lois, la tyrannie commence (William Pitt).

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 06:00

Jean-Joseph Cesari fut, pour la French Connection, le "chimiste". Personne ne savait mieux que lui transformer la morphine-base en héroïne. Il amassa une immense fortune, tomba une première fois en 1964. Après sept ans de prison, il se remit à l’ouvrage et fut de nouveau incarcéré. Il n’eut pas la patience d’attendre une lointaine libération et se pendit à l’aide d’un torchon à un barreau de sa cellule. Il écrivit à sa femme : « Mon amour, je t’ai aimée, je ne peux pas faire autrement, je te demande pardon. »

En fait, il était drogué à l’amour !

 

(Subtractio).

 

http://www.e-monsite.com/s/2008/01/10/morphine/yiuxqdbwqu5oppqsnqt4.jpg

 

Nicolas de Chamfort était vraisemblablement le fils naturel d’un chanoine. Républicain de la première heure, il donna toutes ses économies à la Révolution. Incarcéré, puis relâché sous la terreur, il fit de nouveau l’objet d’un mandat d’arrestation. Il s’isole dans un cabinet de toilettes et se tire un coup de pistolet dans la tempe. Il se rate. Il prend un rasoir et se tranche la gorge. Il se rerate. Puis il se taillade la poitrine, les cuisses, les mollets, les testicules et s’effondre en hurlant. Il mourra quelques mois plus tard d'une humeur dartreuse. Il souffrait depuis longtemps d’une maladie vénérienne. La femme qu’il adorait mourut subitement après deux ans de vie commune.

Bref, il en bava.

Parmi ses innombrables maximes :

«  En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. »

 

(Subtraction).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/82/Chamfort.jpg/220px-Chamfort.jpg

 

 

 

Thomas Chatterton n’inventa pas le sparadrap. Il fut un poète qui émerveilla Vigny. Ayant attribué ses œuvres à un moine médiéval du nom de Rowley, il fut accusé à tort d’être un faussaire par certains de ses contemporains les plus influents. Il fut reconnu comme un poète de talent, malgré son décès à l'âge de 17 ans. Il préféra se suicider à l’arsenic plutôt que de mourir de faim, devenant ainsi pour les romantiques le symbole de l’homme de génie non reconnu.

 

(Impatienta doloris).

 

http://vincentlucienvargas.unblog.fr/files/2010/12/chatterton.jpg

 

 

 

Chaval fut le dessinateur humoristique préféré de mon enfance. Il devient neurasthénique après la mort de sa femme en 1967, il finit par se suicider à 52 ans le 22 janvier 1968 à Paris, suicide au gaz après avoir calfeutré la porte et affiché cet avis « Attention, Danger d'Explosion ».

 

(Tædium vitæ).

 

http://eddieapons.midiblogs.com/media/00/02/681267173.jpg

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 18:45

 

http://fb.img.v4.skyrock.net/fb7/categene/pics/2468112841_1.jpgDans un article récent, j'évoquais ceux que mon père, dans les années cinquante, dénommait les "invertis" ( Les «avertis» ). Aujourd'hui, des écritures peuvent parfois être inverties. J'ai sous les yeux une note d'Aurélien Ferenczi sur le film Harvey Milk (Télérama n° 3221).


Quand on veut faire dans le politiquement correct, on écrit parfois de pures horreurs. Au lieu de nous dirent simplement ceci : "Harvey Milk lutta en particulier contre le sénateur républicain John Briggs, dont la sinistre Proposition 6 exigeait que soient immédiatement renvoyés des écoles et lycées les enseignants homosexuels des deux sexes", Ferenczi utilise l'expression "enseignants gays et lesbiens".


Si on a bien compris, Mademoiselle Smith est un "enseignant lesbien". Tout cela parce qu'aujourd'hui le mot "homosexuel" est mis au ban des médias français (comme Noirs ou Arabes).


Notons, par souci de précision historique, que la Proposition 6 ne visait pas à licencier tous les enseignants homosexuels mais ceux qui, homos ou hétéros, faisaient du prosélytisme pour les droits des homosexuels (le gouverneur conservateur Ronald Reagan s'opposa à ce texte).

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 06:19

 

http://www.musee-fossiles.com/uploads/images/Fossiles%20La%20Voulte/pieuvre.jpgCherchez sur une carte Saint-Paul de Vence. Vous risquez de chercher longtemps car ce charmant petit village rendu célèbre par Montand et Signoret n’existe pas.

 

Vence existe. Au pied du col du même nom. Cette cité de près de 20000 habitants connut des résidents célèbres : Matisse, D.H. Lawrence, Célestin Freinet qui y créa son école, et l’un de mes maîtres en anglistique, Émile Delavenay, traducteur du Zéro et l’infini  de Koestler et qui travailla avec Orwell à la BBC pendant la guerre.

 

Et puis, il y a Saint-Paul, un gros village de 3000 habitants, où vécurent Chagall, Lurçat, Freinet (avant qu’il en soit chassé par le maire pour « bolchévisme »), et où Mylène Farmer et Aldo Maccione (sont-ils bolchéviques ?) coulent des jours heureux.

 

« Saint-Paul de Vence » est une invention de journalistes, qui s’est tellement fossilisée qu’elle a fini par être officiellement accréditée : depuis cette année, pour ne pas être confondue avec les autres Saint-Paul (il en existe neuf en France , aucune autre dans les Alpes Maritimes), la commune est officiellement dénommée « Saint-Paul de Vence ».

 

 

Lorsque Giscard est élu président de la République en 1974, le grand public découvre que sa résidence parisienne se trouve dans le XVIe arrondissement, près de l’avenue Foch, rue Bénouville. On mentionne aussi le château de sa famille, en Auvergne, et celui d’Authon, appartenant à la famille de sa femme Anne-Aymone Marie Josèphe Christiane Sauvage de Brantes. Une manière de bling-bling, quoi, mais tellement prout-ma-chère ! Mais « Rue Bénouville », ça fait un peu nul. Bénouville est un gros village du Calvados dont tout le monde se fiche. Alors, les journalistes – tout comme le rédacteur de Wikipédia récemment – vont rebaptiser cette petite artère de 100 mètres de long en « Rue de Bénouville ». Ce qui sied évidemment davantage à un président qui a failli s’appeler « de la Tour Fondue » et que De Gaulle surnommait en privé « Monsieur de Puipeu ». Il existait autrefois un homme politique français du nom de Pierre Guillain de Bénouville. Ancien Camelot du roi, ami d’André Bettencourt et de François Mitterrand, il fut un authentique résistant sur qui, malheureusement, plane toujours une vapeur de trahison vis-à-vis de Jean Moulin. Bénou (je préfère l’appeler comme ça dans l’intimité) est à peu près aussi noble que je suis « Gensane de la Croix de Pierre de Toulouse ». Ce catholique traditionaliste, administrateur de la société Dassault-Bréguet, dut se sentir extrêmement flatté. Si tant est, évidemment que l’anoblissement – voire l’ennoblissement – de la rue giscardienne avait quelque chose à voir avec lui.

 

Il est un homme politique que les journalistes ont, totalement contre son gré, tendance à anoblir, c’est Arnaud Montebourg. Faut-il y voir une dérive arnaldienne dans la mesure où Arnaud signifie « l’aigle qui gouverne » ? Le fait est que le père de Montebourg, fonctionnaire de son état, était le fils d’un Algérien, préfet du temps de la colonisation tout de même (je l’ai dit 100 fois dans les pages de ce blog : on ne vient jamais de nulle part).

 

Trois derniers pour la route, qui n’ont rien à voir. Dans nos écoles, nos braves professeurs s’ingénient à expliquer aux enfants pourquoi « après que » est suivi de l’indicatif, alors que « avant que » gouverne le subjonctif. On dit « après qu’il est venu » parce qu’au moment où on le dit, il est effectivement venu. On dit « avant qu’il soit venu » parce qu’au moment de l’énoncé, il n’est pas encore venu et qu’il peut ne pas venir. Neuf fois sur dix, les journalistes de radio et de télévision (là où ça fait le plus mal) fossilisent après que + subjonctif.

 

Chez les nœux-nœux des médias, on est plus compétent quand on fait du marketing que de la commercialisation, on est meilleur journaliste quand on donne des news et non des nouvelles (ce doit être parce que les news sont plus neuves que les nouvelles), on est plus dynamique quand on offre un best of et non un florilège, et l’on est plus prétentieux quand on mentionne un site dédié à la sclérose en plaques et non consacré. Parmi les chaînes télévisées, Canal + me semble très en pointe dans ce massacre de notre langue.

Mais la chaîne massacre également l’anglais : quand on est inculte, il n’y a pas de frontière linguistique. Au lieu de parler de perdant, ce qui fleure bon les années cinquante, j’imagine, et qui fait vraiment pauvre type (Poulidor était un perdant face à Anquetil), la chaîne utilise et affiche à l’écran le mot “ looser ”. Or ce substantif n’existe pas en anglais. On peut uniquement trouver “ looser ” (avec une prononciation légèrement différente) en tant que comparatif de l’adjectif loose : flasque, mou, desserré, branlant, approximatif (comme la science de la bande à Denisot). Un perdant, en anglais, c’est “ a loser ” (« I’m a Loser », célèbre chanson des Beatles), du verbe irrégulier “ to lose ”, perdre. Une perte se dit a loss (un seul o). Ces mots viennent du vieil anglais losian (toujours un seul o).

« Sympathisons avec les perdants », dit le roi Henri IV chez Shakespeare, « car rien ne peut sembler déloyal aux vainqueurs. »

 

La prochaine fois, nous parlerons des conséquences tirées par les gens des médias et de nombreux hommes politiques, à commencer par Sarkozy. Réfléchissons une seconde : comment peut-on tirer des conséquences, par exemple celles d'une vague géante qui fait 200000 morts ?

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 05:37

http://d4.img.v4.skyrock.net/d4c/halliday-25/pics/2929775889_1_3.jpgEn 1970, j’ai publié mon premier article en anglais dans un hebdomadaire de grande qualité (New Society), qui a forcément disparu puisqu’il fallait faire de la place pour des journaux comme le Sun et autres torche-culs. Le rédacteur en chef m’avait demandé cinq feuillets sur le yéyé en France. J’ai perdu cet article et je ne me souviens plus exactement de son contenu. J’ai cependant toujours en mémoire le paragraphe consacré à Johnny où je développais l’idée – nous étions en 1970 – qu’il n’avait strictement rien créé d’original, mais qu’il changeait de peau (d’apparence de style musical) à peu près tous les six mois. À ce moment-là de sa carrière, il était hippy comme Jésus-Christ.

 

Laurent Delahousse a récemment consacré un bon documentaire aux admirateurs de Johnny, à ceux qui le miment, l’incarnent à la perfection. À noter qu’incarner vient d’un terme latin ecclésiastique, ce qui signifie que prendre la chair de l’autre (la personne ou le corps en anglais) est une démarche très forte parce que mystique, magique. Et touchante. “ Devenir ” Johnny Hallyday (ou Elvis Presley, ou Claude François, ou Dalida), ce n’est pas se prendre pour Napoléon. Cela ne relève pas de l’aliénation mais de l’amour pour l’être incarné et pour soi-même. Une question que l’on peut se poser est : pourquoi Johnny et pas Aznavour, Brel ou McCartney ? La raison me semble être qu’Hallyday, ou plus exactement son personnage public, est un être à la fois ordinaire et extraordinaire. Ordinaire parce qu’il n’y a aucun génie créatif en lui, parce qu’il a le QI du Français (du Belge ?) moyen ; parce qu’il a eu son lot de souffrances comme tout le monde ; parce que politiquement il est de droite, mais de manière simple, basale.  Extraordinaire parce qu’il est l’une des plus grandes bêtes de scènes de l’histoire de la chanson française avec Maurice Chevalier, Mistinguett et Piaf ; parce qu’il sait fabuleusement chanter : écoutons-le dans du Brassens, par exemple ; parce que, s’il n’a jamais été beau, il a une gueule ; parce qu’il est doué d’un instinct rare : regardons-le, face à Rochefort, dans L’homme du train ; parce qu’il est crédible : un artiste capable d’ameuter un million de spectateurs doit être cru.

 

Il y a quelque chose de profondément honnête, de libre en lui. Et, en même temps, il change de peau comme de chaussettes. Le mystère, à mes yeux, est qu’il le fait plutôt mal. Je voudrais en donner un seul exemple, celui de sa reprise de “ The House of the Rising Sun ” (“ Le pénitencier ”). Il s’agit à l’origine d’une ballade anglaise sur laquelle des auteurs étatsuniens ont plaqué des paroles. Son enregistrement le plus ancien date de 1934. Mais la chanson va devenir mondialement célèbre en 1964 grâce à la version enregistrée par les Animals, avec le fameux “ riff ” d’Alan Price.


Les paroles originales (que les Animals vont modifier pour des raisons de censure possible) ne sont pas tristes. J’en traduis quelques-unes :

 

Il y a une maison à la Nouvelle Orléans

Qu’on appelle le Soleil Levant,

Bien des pauvres filles s’y sont perdues

Mon Dieu, moi la première.

Si j’avais écouté ma mère,

Je serais toujours chez moi aujourd’hui.

J’ai laissé un vagabond

M’emmener sur des chemins de traverse.

Dis à ma petite sœur

De ne jamais faire ce que j’ai fait.

Dis lui d’éviter cette maison de la Nouvelle Orléans.

Ma mère était couturière,

Elle a cousu ce blue jeans neuf.

Mon chéri est un poivrot.

La seule chose dont un poivrot a besoin,

C’est une valise et une malle.

J’ai un pied sur le quai

Et un autre dans le train.

Je m’en retourne à la Nouvelle Orléans,

Un boulet et des chaînes aux pieds.

Ma course est presque achevée.

Je retourne passer le reste de mes jours

À l’ombre de la Maison du Soleil Levant.

 

Alors que, dans une version antérieure à celle des Animals, Bob Dylan avait gardé une narratrice féminine prostituée et un bordel (en modifiant quelque peu les paroles, cela dit), Alan Price et ses amis vont faire du personnage principal un garçon, et de la Maison du Soleil levant un bar où l’on picole. Suivant l’exemple de son père (il n’y a pas de père dans la version originale), le garçon devient alcoolique et retourne inexorablement vers ce qu’il appelle son « péché » et son « malheur ».

 

Comme c’est son droit le plus strict, Johnny Hallyday (plus exactement Vline Buggy et Hughes Auffray) ne traduit pas les paroles, il les adapte. Il va complètement déréaliser la situation* en utilisant ce terme étrange de pénitencier, un mot en usage au XIXe siècle (le pénitencier de l’Île de Ré). Il met en scène un criminel de haut vol, condamné à perpétuité, emportant pour toute relique  la robe de mariée de sa mère, ce qui suggère une sexualité, des fantasmes un peu décalés. Le criminel s’adresse à une fille à qui il a fait pleurer des larmes de honte et à qui il demande pardon. Alors que la version originale traitait de la prostitution féminine et que celle des Animals évoquait la déchéance due à l’alcool chez les garçons pour qui la repentance est impossible, on a, avec Halliday, une cote mal taillée, une chanson qui se veut coup de poing mais qui est à la fois abstraite, irréelle et surréaliste.

 

Reste l’interprétation. La version des Animals connaissant un énorme succès, Johnny va la dupliquer. Il utilise exactement les mêmes instruments, les mêmes harmoniques, la même orchestration. Il est coutumier du fait : je pense par exemple à “ 24000 baisers ”, emprunté à l’Italien Celentano, “ Noir c’est noir ”, adapté du “ Black is Black ” des Espagnols Los Bravos, ou “ Je veux te graver dans ma vie ” (“ Got to Get You into My Life ”) des Beatles. Le clip des Animals (vu plus de 11 millions de fois) était très singulier (link). Un décor froid, des couleurs jaunes, des croix stylisées. Le batteur et Alan Price jouent très sobrement. Avec ce qu’ils ont dans les doigts, vu ce qu’ils ont créé, ils n’ont pas besoin d’en faire des tonnes. Quand ils ne sont pas immobiles, Eric Burdon et les deux guitaristes se déplacent en procession, à un rythme d’enterrement. Burdon chante avec un coffre de prolo de Newcastle, qu’il est. Le résultat est à la fois macabre et grisant. On est pris à la gorge, jusqu’au moment où, trente secondes avant la fin, le guitariste Hilton Valentine sourit de toutes ces dents : « Ohé, les copains, ceci n’est qu’une chanson. » Johnny est filmé en noir et blanc (vu 950000 fois link). Au début, dans les graves, sa voix est mal assurée. Puis elle perce l’écran au fur et à mesure qu’il s’approche de nous dans un décor minimal : un fond blanc, des chemins noirs et blancs en éventail. Chaque fois qu’il parvient jusqu’à nous, la mise en scène le renvoie au fond de l’image après l’avoir fait disparaître comme s’il tombait dans une trappe de pendu. Il ne pourra pas se libérer. Le clip se termine, sans qu’on comprenne bien pourquoi, mais c’était la mode, sur une vision kaléidoscopique de Johnny démultiplié.

 

Neuf caméléons au lieu d’un…

 

*La reprise par Claude François de “ If I had a Hammer" ” offre un autre exemple de déréalisation. La version originale de 1949, écrite par Pete Seeger (membre du Parti communiste des États-Unis) et Lee Hays (militant syndicaliste) est un appel à la justice, à la liberté, à la fraternité. Le marteau étant le maillet d'un juge progressiste (link). Pete Seeger est l'auteur, entre autres petits chefs d'œuvre, de “ Where Have All the Flowers Gone ? ” (“ Que sont devenues les fleurs ? ”, immortalisé par Marlene Dietrich et Joan Baez (link).


Les paroles de Vline Buggy et Claude François mélangent tout de manière ambigüe :


Si j'avais un marteau
Et si j'avais une cloche
Si j'avais une chanson (à chanter)
Je ne voudrais rien d'autre
Qu'un marteau, une cloche (et une chanson)
Pour l'amour de mon père
Ma mère, mes frères et mes soeurs
Oh! oh! Ce serait le bonheur.

C'est le marteau du courage
C'est la cloche de la liberté
Mais la chanson, c'est pour mon père
Ma mère, mes frères et mes soeurs
Oh! oh! Pour moi, c'est le bonheur
C'est ça, le vrai bonheur
Si j'avais un marteau
Si j'avais un marteau.

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 06:17

Merci à Michèle, "boyaux-rouge comme moi", de m'avoir fait connaître ce poème chanté par Marc Ogeret :

 

Enfer-les-Mines

Charade à ceux qui vont mourir Égypte noire
Sans Pharaon qu'on puisse implorer à genoux
Profil terrible de la guerre où sommes-nous
Terrils terrils ô pyramides sans mémoire

Est-ce Hénin-Liétard ou Noyelles-Godault
Courrières-les-Morts Montigny-en-Gohelle
Noms de grisou Puits de fureur Terres cruelles
Qui portent çà et là des veuves sur leurs dos

L'accordéon s'est tu dans le pays des mines
Sans l'alcool de l'oubli le café n'est pas bon
La colère a le goût sauvage du charbon
Te souviens-tu des yeux immenses des gamines

Adieu disent-ils les mineurs dépossédés
Adieu disent-ils et dans le coeur du silence
Un mouchoir de feu leur répond Adieu C'est Lens
Où des joueurs de fer ont renversé leurs dès

Etait-ce ici qu'ils ont vécu Dans ce désert
Ni le lit de l'amour dans le logis mesquin
Ni l'ombre que berçait l'air du Petit Quinquin
Rien n'est à eux ni le travail ni la misère

Ils s'en iront puisqu'on les chasse ils s'en iront
C'est fini les enfants qu'on lave à la fontaine
Tandis que chante sous un ciel tissé d'antennes
La radio des bricoleurs dans les corons

Ils n'iront plus le soir danser à la ducasse
L'anthracite s'éteint aux pores de leur peau
Ils n'allumeront plus la lampe à leur chapeau
Ils s'en iront

Ils s'en iront puisqu'on les chasse

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/51/Hénin-Beaumont_-_Fosse_n°_6_des_mines_de_Dourges_(1).jpg

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 15:00

Cela fait des dizaines d'années que les excellents joueurs de rugby néo-zélandais nous bassinent avec le Haka, cette danse "guerrière" censée impressionner, déstabiliser l'adversaire. J'ai cherché à savoir ce qu'il y avait sous les grimaces et les bondissements disgracieux.

 

Dans sa version actuelle, le Haka ne casse pas trois pattes à un canard. Aux joueurs du courtois Lièvremont, peut-être.

 

KA MATE KA MATE

C’est la mort C’est la mort

KA ORA KA ORA

C’est la vie C’est la vie

KA MATE KA MATE

C’est la mort C’est la mort

KA ORA KA ORA

C’est la vie C’est la vie

TENEI TE TANGATA PUHURUHURU

Voici l’homme chevelu

NANA I TIKI MAI WHAKAWHITI TE RA

Qui fait briller à nouveau le soleil pour moi

UPANE UPANE

En haut de l’échelle En haut de l’échelle

UPANE KAUPANE

En haut de l’échelle Tout en haut

WHITI TE RA

Le soleil brille!

 

Personnellement, j'aurais ajouté KIRI TE KANAWA

 

http://www.cafaitdubuzz.net/wp-content/uploads/2011/09/Coupe-du-monde-de-Rugby-2011-le-premier-Haka-de-la-Nouvelle-Zélande-face-au-Tonga-.jpg

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2 octobre 2011 7 02 /10 /octobre /2011 05:51

 De quoi allons-nous mourir en 2030?

-       de la tuberculose

-       du sida

-       du paludisme

-       du tabac

-       de mort violente

 

Selon l’OMS, le tabac tient actuellement la corde. Il tue 5 millions de personnes par an. Ce chiffre doublera d’ici une vingtaine d’années. 1 milliard 300 millions de personnes fument régulièrement. 84% des fumeurs vivent dans les pays pauvres, alors que le nombre de fumeurs ne cesse de décroître dans les pays riches. Aux États-Unis, 1 individu sur 4 fume, contre 1 sur deux en 1950. Au Niger ou au Vietnam, les familles de fumeurs consacrent un tiers de leurs revenus au tabac. Il aura fallu attendre 1964 pour qu’en Grande-Bretagne les autorités acceptent officiellement que le tabac était cancérigène. Le tabac est interdit au Bhoutan depuis 2004. Ce qui est bien gentil, mais les Népalais qui résident dans ce pays sont considérés officiellement comme des citoyens de seconde zone.


 

http://www.carfree.com/cft/cigarette.jpg

 

Quelle est la maladie la plus communément soignée au Royaume-Uni ?

 

-       le rhume

-       l’otite

-       la dépression

-       l’insomnie

 

Il s’agit de la dépression, qui est la quatrième maladie la plus soignée au monde, après les infections pulmonaires, la diarrhée et le sida. 7% des Britanniques sont dépressifs (9% d’étatsuniens). La maladie coûte à l’économie du pays 8 milliards de livres par an. 3% de Bangladaises souffrent de dépression. Il existe toutes sortes de médicaments pour traiter cette maladie, mais il n’est pas exclu que le meilleur remède soit encore la méthode Coué : « Allez, je me bouge, ça ira mieux demain ! »

 

http://www.artdubonheur.com/images/ressources/depression_van_gogh.jpg 

 

 

Quel pays connaît le plus fort taux de suicide ?

 

La Lithuanie. Z'avaient qu’à rester dans l’URSS ! 42 suicides pour 100000 habitants (16,2 en France). Deux fois plus qu’il y a dix ans. Personne ne sait vraiment pourquoi la Lithuanie détient ce record. Il y a de plus en plus de suicidés de par le monde. Au moins un million par an. Le taux le plus bas est détenu par Gaza. La vie est trop dure pour que ses habitants puissent se payer des problèmes personnels. Pour la même raison, c’est durant l’occupation allemande que  la France a connu le moins de suicides.

 

http://image.toutlecine.com/photos/p/e/n/pendaison-1968-01-g.jpg

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 18:58

Gontran tiend un blog des plus savoureux : http://armella.fr/blog/


Il a de saines lectures et de bons réflexes : il vient, par exemple de reproduire ma petite pochade sur Hélène de Yougoslavie et Arlette Mouchabœuf. J'en profite pour signaler que cette histoire (vraie, bien sûr) est en train de faire le tour de la blogosphhère. Même Politis.fr l'a reprise. Si l'on tape "Hélène de Yougoslavie" sur Google, j'apparais en tête de gondole. J'espère que la belle Hélène, qui ne s'appelle pas Mouchabœuf mais Jelena Karadordevic comme tout le monde, est aussi verte que l'a été Jean-Michel Aphatie qui, grâce à moi, eut longtemps les honneurs de Google (link).


En page d'accueil de son blog, Gontran a pris une très bonne initiative : il affiche un compte à rebours qui, inexorablement comme tous les comptes du même nom, annonce un événement inéluctable : le départ de Sarkozy. Au moment précis où j'écris ces lignes, nous en sommes à 219 jours, 14 heures, 45 minutes et 6 secondes.


Ces compteurs qui nous aident à vivre, il en faudrait des centaines sur la blogosphère.


Je signale, pour finir, que ce blog nous offre quelques savoureux jokons. Je vous en offre un :


Une blonde prend la décision de pratiquer l’équitation.
Bien qu’elle n’ait pas la moindre expérience, elle monte sans hésiter, sur le dos du cheval. Ce dernier, d’un bond, s’élance au galop.
Il galope longuement et à vive allure, mais la blonde commence à glisser de la selle.
Terrorisée, elle s’agrippe à la crinière du cheval, mais ne parvient pas à s’assurer une prise ferme.
Elle essaie alors de jeter ses bras autour du cou du cheval, mais en vain: inexorablement elle glisse le long du flanc du cheval.
Imperturbable, le cheval maintient sa vitesse, apparemment ignorant de la situation périlleuse de sa cavalière qui, peu à peu, perd prise.
La blonde tente alors le tout pour le tout.
Elle décide de sauter du cheval.
Malheureusement, son pied se prend dans l’étrier.
Maintenant elle est exposée au martèlement des sabots ; et sa tête heurte le sol à diverses reprises. La scène est dramatique.
Elle est sur le point de perdre connaissance.


Mais, fort heureusement, Roger, vigile chez  SUPER U, intervient et débranche le cheval.

 

 

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 13:31

 

Nous poursuivons notre périple suicidant  avec de Négroni et Moncel.

 

http://acpc.bn.pt/imagens/colecoes/n23_castelo_branco_camilo.jpgCamilo Castelo Branco fut un des grands écrivains portugais du XIXe siècle. Sa vie fut aussi  tragique que celle de ses personnages : fils naturel d'un père noble et d'une mère paysanne, il est très tôt resté orphelin. Marié à seize ans avec Joaquina Pereira, il connut d'autres passions tumultueuses, dont l'une le mena en prison : celle pour Ana Plácido qui devait devenir sa compagne. Il connut cependant une fin de vie très pénible : perclus de douleurs et devenu aveugle, il finit par se suicider à 65 ans, d’une balle dans la tête. Peu avant, il avait écrit : « Je suis un cadavre représentant un nom qui eut quelque réputation glorieuse en ce pays durant quarante années de travail. »

(Valetudinis adversae impatientia).

 

 

 

http://www.royalcollection.org.uk/egallery/images/collection_large/404934.jpgNé en 1769, Robert Castlereagh fut élu au parlement irlandais grâce aux largesses de sa famille. Nommé gouverneur de l'Irlande, sa terre natale, il y exerça la plus odieuse dictature; devenu ministre en 1811, il enleva à l'Irlande toute existence politique. Il assista à la rédition de Napoléon à Fontainebleau. Partout, il se rendit particulièrement odieux. Il finit par s’en émouvoir. Son homosexualité fut découverte. Le 12 août 1822, il se trancha la gorge avec un canif. Sous les yeux de son docteur.

 

Lord Byron écrivit ces quelques vers :

 

Jamais la postérité n’aura sous les yeux

Un tombeau plus noble que celui-ci

Ici gisent les ossements de Castlereagh

Voyageur, arrête-toi, et pisse.

 (Pudor)

 

 

Caton d’Utique fut gouverneur de la Sicile, que les partisans de César commandés par Curion l'obligèrent à évacuer. Il se prononça pour Pompée, et remporta une victoire sur les troupes de César à Dyrrachium. À la nouvelle de la défaite de Pharsale, et peu après l'assassinat de Pompée, il rassembla les restes de l'armée républicaine et se rendit en Afrique. Après la défaite de Thapsus, Caton ne voulut pas « survivre à la liberté » : il s'enferma dans Utique (au nord de l’actuelle Tunisie) et s'y perça de son épée. Avant de se frapper, il lut et médita le Phédon de Platon. Il ne mourut pas sur le coup. Il tomba de son lit. Alertés par le bruit, son fils et son médecin s’empressèrent de remettre en place les entrailles et suturèrent la blessure. Caton agrandit la plaie, déchira à pleines mains ses boyaux et mourut. Bel exemple de stoïcisme !

 

(Pudor).

 

http://www.histoire-en-questions.fr/personnages/cesar/caton.jpg

 

 

 

Comme Primo Levi (sur lequel nous reviendrons), Paul Celan ne put survivre aux camps de concentration.  Paul Pessach Antschel était issu d’une famille juive d’expression allemande. Il sera naturalisé français en 1955. Pour certains, il aura été le plus grand poète de langue allemande de l’après-guerre. En 1942, ses parents qui refusaient de se cacher, furent envoyés dans un camp d’internement en Transnistrie où son père mourut du typhus et sa mère vraisemblablement d’une balle dans la nuque. En 1943, Paul fut envoyé dans un camp de travail forcé en Moldavie. Il fut libéré par les Russes en 1944, change son nom en Paul Aurel, Paul Ancel, et finalement Paul Celan, et vécut à Bucarest comme traducteur et éditeur.

En 1947, il quitta la Roumanie pour l’Autriche où il publia son premier livre Le sable des urnes (Der Sand aus den Urnen). Il s’installa finalement à Paris, où il occupa la fonction de lecteur d'allemand et de traducteur à l’ENS. Dans les faits, il contredit la fameuse formule d’Adorno, selon laquelle « Écrire un poème après Auschwitz est barbare...» Personne ne témoigne pour le témoin, écrivit-il (Niemand zeugt für den Zeugen).

 

Paul Celan se jeta dans la Seine dans la nuit du 19 au 20 avril 1970. On ne retrouvera son corps que le 1er mai. La continuation, par d’autres moyens, du crime contre l’humanité. Il avait cinquante ans.

 

(Impatienta doloris).

http://2.bp.blogspot.com/_Fhaok59bfHg/TLXZJG5FCMI/AAAAAAAAAHQ/nZywf4p9bJc/s1600/celan_paul_gr.jpg

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