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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 06:08

En quelle langue les chiens aboient-ils ?

 

Nous sommes ici en pleine arbitrarité du signe, comme disent les linguistes. Qui, en France, a jamais entendu un chien dire exactement "ouah-ouah" ? Personne.

 

Les chiens albanais font ham-ham (les cochons de ce riant pays font hunk-hunk). Les chiens grecs font gav-gav. En Slovénie, c'est plutôt hov-hov, en Ukraine haf-haf. En Indonésie gong-gong et en Italien bau-bau.

 

On note que tous ces chiens aboient en deux syllabes. Lloyd et Mitchinson relèvent une exception, due au froid peut-être : voff pour les chiens islandais.

 

Des études savantes ont été réalisées afin de comparer la manière dont s'expriment les chiens et leurs maîtres. Edifiant : tel maître, tel chien, comme on dit. Les chiens imitent leurs maîtres pour être plus proches d'eux. Ils imitent leur phrasé, mais aussi leur attitude. Un terrier appartenant à une jeune famille sera volontiers intenable. S'il est la propriété d'une vieille dame, il sera plus lent et fera de longues siestes pendant la journée.

 

Souvenons-nous du labrador de Giscard : carrément de droite.

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 15:37

http://www.integralpersonality.com/IPBlog/Images/Imperialisme.jpgUn petit mot en passant sur l’anglais, langue "facile", "évidente" : Actuellement, Canal + déroule une bande-annonce (pardon : un teaser) sur un feuilleton (pardon : une série) que la chaîne va bientôt programmer. Il s’agit de The Event. L’événement, donc, comme on dit à Hénin-Beaumont ou à Monclar d'Agenais. Mais quand un titre de film est dans la langue de la CIA, du Financial Times et du CAC 40, on le laisse dans la langue de la CIA, du Financial Times et du CAC 40. C’est tellement "facile" et "évident". Et tellement "branché".

 

L’acteur qui a été recruté pour lire cette annonce fait deux fautes de prononciation dans le mot "event", un mot de cinq lettres et deux syllabes. Par miracle, il place l’accent tonique où il convient.

 

Les médias bousillent donc le travail des profs de français, mais aussi celui des profs d’anglais.

 

Event s'écrit en phonétique : /ɪˈvent/

 

La prononciation est ici :

http://www.wordreference.com/enfr/event

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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 06:22

Que portent les chiens du Saint-Bernard autour de leur cou ?

 

Ils n'ont jamais porté le moindre tonnelet d'eau-de-vie pour secourir les marcheurs en hypothermie. Le petit tonneau fut inventé par le peintre anglais Edwin Landseer, un des artistes favoris de la reine Victoria (ils sculpta les lions de la colonne de Nelson). En 1831, auteur de nombreux tableaux animaliers, Landseer peignit Mâtins des Alpes réanimant un voyageur en perdition. Il affubla l'un des deux saint-bernard d'un petit tonneau. L'image est restée.

 

Originaires d'Asie, ces gros toutous peuvent détecter une présence jusqu'à six mètres sous la neige grâce à leur truffe humide. Contrairement aux autres chiens, ils possèdent un sens de l'orientation extrêmement développé et savent si une personne est vivante ou morte sous la neige.

 

 

 

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 06:00

Une nouvelle rubrique (culturelle, cela va sans dire) pour ce blog.

 

Rien à voir avec le départ du kleiner Mann. En 1997, l'anthropologue François de Negroni et la journaliste Corinne Moncel publiaient au Castor Astral Le suicidologue : Dictionnaire des suicidés célèbres. Un ouvrage d'une érudition folle et, en dépit ou peut-être à cause du sujet, très drôle. 1567 entrées, des débuts de l'humanité à nos jours. Classées selon de brefs diagnostics en latin : Taedium vitae (la lassitude de vivre), valetudinis adversae impatienta (la maladie intolérable), impatienta doloris (la souffrance morale insupportable, furor (la folie furieuse), jactatio (l'affirmation d'une conviction), pudor (l'auto-punition), nulla justa causa (sans motif valable), liberum mortis aritrarium (le droit laissé à un condamné à mort de se tuer lui-même, subtractio (la fuite), aequivocus (l'ombre d'un doute).

 

J'ai lu cet ouvrage deux fois, à une dizaine d'années d'intervalle. Du début jusqu'à la fin. Globalement, j'en ai surtout retenu que le suicide, comme tous les actes de la vie, est peut-être plus politique et social que personnel. Sinon, comment expliquer le nombre effarant de suicidés japonais, mais aussi, grecs ou romains. Autour de la Méditerranée antique, on n'hésitait pas à se passer au fil de l'épée dès qu'on avait fait un pet de travers ou qu'on s'était écarté d'un pouce des codes moraux de l'époque. Le moment où la France a connu le moins de suicidés durant la période contemporaine fut celui de l'Occupation. La vie matérielle était trop dure pour que les problèmes personnels prennent le dessus. Aujourd'hui, pour la même raison, c'est dans la bande de Gaza que l'on compte le plus faible taux de suicidés au monde.

 

Je préviens les quelques bègues hargneux et courageusement anonymes qui ont exigé (et obtenu) ma censure sur le site nouvelobs.com à l'occasion de mon article sur Le roi bègue : je compte deux suicidés dans ma famille très proche (pas de bègue, on a les douleurs qu'on peut). C'est sûrement pour cela que j'ai pu lire cet ouvrage avec autant de recul et de ferveur.

 

Arlette Accart : elle fut en 1949 l'une des deux premières speakerines de la télévision française. Sa carrière cinématographique ne laissa guère de souvenirs. Elle se suicide à 30 ans au gaz en 1957. (Imapatienta doloris).

 

Architopel : conseiller du roi David, puis de son fils Absalon, qu'il encourage à se révolter contre son géniteur. Il l'enjoint à abuser publiquement des concubines du roi. Il se pend en 1033 avant J.-C. quand Absalon est défait par David. (Pudor).

 

Chris Acland : batteur de rock anglais, de musique saturée (pour le groupe Lush). Il se pend dans le jardin de ses parents à l'âge de 30 ans. Il était le petit-fils d'un baron. Le groupe ne survivra pas à cette mort. (Impatienta doloris).

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 06:07

On continue notre cheminement culturel en compagnie de John Lloyd et John Mitchinson.

 

Qui a inventé le champagne ?

 

Désolé, cher Dom Pérignon, mais le champagne est une invention anglaise. Les Anglais se sont entichés du vin à bulles au XVIe siècle. Ils importèrent de la région de Champagne des tonneaux de vin ordinaire, clair, un peu vert et y ajoutèrent du sucre et de la mélasse pour le faire fermenter. L'inventeur de la recette, authentique bienfaiteur de l'humanité, fut le docteur Christopher Merret, qui eut bien du mérite (ouaf !).  Les Anglais mirent également au point les bouteilles très résistantes nécessaires à ce breuvage explosif, ainsi que les bouchons de liège en forme de champignon qu'on aime faire sauter jusqu'au plafond.

 

La méthode champenoise fut décrite en Angleterre en 1662. Ce sont les Français qui, en 1876,  affinèrent la boisson, en particulier en mettant au point le champagne sec ou brut, afin, à l'époque, de l'exporter outre-Manche.

 

En 2004, le Royaume-Uni était le premier importateur de champagne au monde (34 millions de bouteilles), vingt fois plus que les Espagnols.

 

Quant à Dom Pérignon (1638-1715), il consacra une bonne partie de ses effortsà supprimer les bulles du vin fermenté ! On lui doit, cela dit, des recherches fructueuses sur des mélanges de raisins en provenance de différents terroirs. On lui doit également le muselet, le fil de fer qui maintient le bouchon.

 

La célèbre "coupe" de champagne n'a pas été modelé, comme le veut la légende, sur l'un des seins de la reine Marie-Antoinette. Elle fut conçue en Angleterre en 1663.

 

Si l'on consulte l'article 275 du Traité de Versailles, on s'effare en lisant ceci :

 

 

« L’Allemagne, à la condition qu’un traitement réciproque lui soit accordé en cette matière, s’oblige à se conformer aux lois, ainsi qu’aux décisions administratives ou judiciaires prises conformément à ces lois, en vigueur dans un pays allié ou associé et régulièrement notifiées à l’Allemagne par les autorités compétentes, déterminant ou réglementant le droit à une appellation régionale, pour les vins ou spiritueux produits dans le pays auquel appartient la région, ou les conditions dans lesquelles l’emploi d’une appellation régionale peut être autorisé ; et l’importation, l’exportation, ainsi que la fabrication, la circulation, la vente ou la mise en vente des produits ou marchandises portant des appellations régionales contrairement aux lois ou décisions précitées seront interdites par l’Allemagne et réprimées par les mesures prescrites à l’article qui précède. »

 

C’est merveilleux : la Première Guerre mondiale s’est soldée par 8 millions de morts (plus de deux millions de Français). Sans compter les 40 millions de victimes de la grippe espagnole qui a suivi (il est certain que cette grippe n'avait rien d'espagnol, et il est possible que le virus, venu de Chine, ait été importé par des soldats étatsuniens ; 1 milliard de personnes furent affectées !). Ce qui n’a pas empêché, au contraire, les dirigeants français de se préoccuper de nos appellations contrôlées, celle du champagne au premier chef.  La “ méthode champenoise ” est donc protégée dans le monde entier, sauf – je vous le donne en mille – aux États-Unis. Comme ce grand pays n’a pas ratifié le Traité de Versailles, dont il était pourtant l’un des initiateurs (parce qu’il trouvait qu’il faisait la part trop belle aux exigences françaises), on trouve outre-Atlantique du “ Californian Champagne ”.

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 06:53

De même que l'on s'accorde (très injustement) à dire que le pire accent est celui des Bourguignons, l'on admet communément que le plus beau, le plus pur ou le plus plat – au choix – est celui des Tourangeaux.

Vous avez certainement entendu au moins une fois quelqu'un asséner que l'accent de Tours est le plus neutre de France et que « ça se vérifie ». Les plus chicaneurs évoquent parfois ceux de Blois ou d'Angers, mais c'est bien de Tours qu'il s'agit.

Un non-accent dépouillé des « euu » et « eing »

Cette réputation du parler beau des Tourangeaux vient de loin. D'au moins 1569, selon les recherches de Claudine Bavoux, auteure d'un savant « Le Français des dictionnaires : l'autre versant de la lexicographie française » qui, dans un texte du docteur Tolet (un inconnu lyonnais), a retrouvé cette ode à Tours :

« La Francoise a son vieux parlé tourangeau, lequel le temps passé se disait la cresme de la langue française. »

 

Deux siècles plus tard, Alfred de Vigny ne dit pas autre chose des habitants de Tours :

« Leur langage est le plus pur français, sans lenteur, sans vitesse, sans accent ; le berceau de la langue est là, près du berceau de la monarchie. »

 

Au XIXe siècle, une des premières études menées sur les pratiques du français conclut aussi que la langue parlée à Tours peut être considérée comme le français de référence.

Par français de référence, on entend celui dépouillé de tous les « euu » ou « eing » superflus dont à peu près tout le monde agrémente ses mots. Ce sont aussi les « é » confondus avec les « ai », les « o » pas ronds, les « r » roulés et autres jolies prononciations régionales en moins. En résumé, l'accent de Tours, c'est le non-accent.

 

 

Une région loin des frontières étrangères

La ville profite toujours de cette renommée pour attirer les étudiants étrangers dans ses écoles de langue où l'on promet d'enseigner « la langue française avec le plus bel et le plus pur accent ». Le directeur de l'Institut de Touraine, l'un des plus anciens centres de langue de la ville, s'amuse – « Après tout, ce n'est pas si différent du Bordelais qui s'enorgueillit de ses vins » –, mais admet que l'accent de Tours ne veut plus dire grand-chose aujourd'hui :

« Effectivement, il vaut mieux apprendre le français à Tours qu'à Aix-en-Provence pour un étudiant étranger. C'est même plus facile. Mais aujourd'hui, l'accent de Tours n'est pas très loin de celui de Paris. »

 

Patrick Vannier, du service du dictionnaire à l'Académie française – lui avait surtout entendu parler de l'accent d'Angers –, nous explique les raisons de cette absence de particularités :

« Tours et Angers sont situées dans des régions centrales. Loin des frontières, ces villes ne connaissent pas l'importation d'un accent étranger, contrairement à l'Alsace ou la Méditerranée dont la langue est mâtinée d'allemand et d'espagnol. »

 

Le linguiste rappelle toutefois que c'est à l'histoire de la région que Tours doit la réputation de sa langue. Pendant une petite centaine d'années, la Touraine a été une sorte de grande capitale où Louis XI, François Ier et les autres ont aimé vivre, construire des châteaux et organiser de belles fêtes :

« La vie intellectuelle et politique était riche. Les poètes de la Pléiade venaient de là. Ils se retrouvaient dans les châteaux de la Loire. La cour royale s'y transportait. La langue de la cour a toujours été considérée comme un modèle. A cette époque, une grande partie du langage de Paris est considéré comme très populaire. »

 

Jules Ferry, la radio, la télé, et l'uniformisation du parler

Ce sont pour toutes ces raisons qu'au XVIe siècle, avec la diffusion des dictionnaires et le désir d'unifier la langue pour le royaume, on commence à s'écharper sur les accents, raconte Patrick Vannier :

« Il faut alors aussi unifier la prononciation, d'autant que le français est une langue sans concordance entre le son et la graphie. Il faut donc préciser dans le dictionnaire la façon dont on prononce les mots, la phonétique.

 

Cela a fait l'objet de débats entre grammairiens ; certains réclamaient une prononciation proche de l'étymologie alors que les autres privilégiaient l'usage. C'est à cette époque qu'on fixe les prononciations, la norme et la référence, mais cela a évolué au fil des temps. Les résistances locales sont fortes et elles n'ont pas été contrebalancées par les normes. »

 

Puis ont débarqués Jules Ferry, la radio et la télévision avec pour même conséquence : la plupart des Français essayent désormais de prononcer les mots de la même façon.

Ce qui constituait au départ une véritable exception – parler sans l'accent – a été progressivement gommé et ce que l'on nommait l'accent de Tours est aujourd'hui l'accent français moyen. Qui évolue constamment.

Patrick Vannier parle des articulation « désomais moyennes » de nos voyelles alors qu'avant, elles « étaient beaucoup plus écartées, distinctes ». Un exemple ?

« La terminaison au passé simple et à imparfait des verbes du premier groupe tend à disparaître. Jusqu'à la IIIe République, on les distinguait à l'oreille. On ne les distingue quasiment plus. »

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 07:19

Sous notre kleiner Mann, il faut être réactif. Alors, je réagis à l'actualité du Tour de France et j'en profite, pendant que les coureurs s'échinent, pour publier ici très paresseusement une chronique de mon ancien blog censuré (que Le Grand Soir avait reprise) sur plusieurs très bons ouvrages consacrés au sport cycliste. J'ose le dire : avec ces livres, nous sommes dans le mythe.

 

 Le très beau livre de Philippe Bordas (Forcenés. Paris : Fayard, 2008), qui montre à quel point le cyclisme relève du génie populaire et comment il a pu devenir une « province naturelle de la littérature française », me donne l’occasion d’évoquer des ouvrages qui m’ont, ces dernières années, aidé à réfléchir sur la pratique du vélo, sur le cyclisme professionnel et la place du sport dans notre société.

Ce n’est pas l’argent qui pourrit le sport (l’argent, en soi, n’est rien), c’est le sport de compétition qui pourrit l’argent. La première étape du premier Tour de France en 1903 fut remportée par Maurice Garin, le futur vainqueur de l’épreuve. Garin avait accompli une bonne partie du parcours (Montgeron-Lyon) à une vitesse plus que respectable puisqu’il était arrivé à destination avant l’unique commissaire de course, parti en train... (Déjà, lors du Paris-Brest de 1902, il avait coiffé les journalistes d’une courte tête). Les responsables de l’épreuve (le rigide Henri Desgrange en tête) cautionnèrent cette énorme tricherie. En 1904, ce fut encore pire : les quatre premiers (dont Garin, suspendu pour deux ans) furent disqualifiés.
A l’époque, les coureurs professionnels gagnaient plus que les ouvriers d’usine mais ne roulaient pas sur l’or. Ce n’est donc pas pour de l’argent que Garin et les autres magouillaient tant qu’ils pouvaient.

À la fin du XIXè siècle, la compétition cycliste est dominée par les Britanniques, inventeurs des sports modernes de l’époque. Avec Humber ou Dunlop, l’industrie du cycle est d’outre-Manche. Des Français décident de relever le défi (Terront, Michelin) sous le regard ébloui de Clémenceau, d’Alfred Jarry ou du peintre Maurice de Vlaminck (coureur professionnel de 18 à 20 ans).

Le cyclisme professionnel est nettement de droite. Dans les années soixante-dix, Le Parisien Libéré, quotidien d’une droite dure et propriétaire du Tour de France, voit la main de Moscou derrière la moindre grève de quatre vendeuses de supermarché. En Flandres, la célèbre classique Het Volk (Le Peuple, titre qui fleure bon le populisme) est organisée par le quotidien éponyme, officiellement antisocialiste. Bernard Hinault flanque son poing dans la figure de militants cégétistes victimes de licenciements qui ont bloqué sa course (pendant qu’Hinault brille, Mitterrand marginalise le parti de la classe ouvrière et ouvre un boulevard au front National). Mais, à l’inverse de Louison Bobet (le grand champion français des années cinquante), Hinault n’a jamais mimé le bourgeois et a refusé le pont d’or que lui offrait Bernard Tapie en fin de carrière. Progressiste, dreyfusard, Pierre Giffard fonde le quotidien Le Vélo en 1892 et invente la course Paris-Brest-Paris. Antidreyfusard, aussi réactionnaire que le baron de Coubertin, Henri Desgrange fonde L’auto-vélo, de couleur jaune comme le futur maillot du même nom. En 1903, afin de stimuler les ventes de son journal sur le déclin, il invente le Tour de France, avec l’aide du marquis de Dion, grand industriel. Début de la légende. Dans les années trente, les frères Pélissier ou André Leducq sont plus populaires en France que Greta Garbo. Le duel Anquetil-Poulidor dans le Puy de Dôme est l’événement le plus marquant de l’année 1964. Mais, dans les années quatre-vingt-dix, Indurain a autant de charisme qu’une pierre, tandis que, dans les années 2000, Lance Armstrong suscite moins de sympathie qu’une porte de prison. Sic transit

Je n’évoquerai pas de livres complaisants du style “ Jalabert, sa vie son œuvre ” ou “ Virenque, ses victoires, sa gloire, son plein gré ”. Je voudrais proposer ici une liste d’ouvrages authentiquement littéraires qui ont fait mon bonheur avant la suprématie des “commentateurs” de télévision, grands mélangeurs de genre (journalistes et organisateurs de courses, champions puis consultants) du style Laurent Fignon ou Christian Prudhomme, fossoyeurs de la poésie, du lyrisme, mais dénués de tout souci d’investigation.

Les plus grands auteurs ont écrit sur le vélo. Roland Barthes a fort bien expliqué pourquoi dans ses Mythologies. À titre d’exemple, pensons à un extrait d’une ode de Pablo Neruda :

J’ai pensé au soir, quand

Les jeunes

Se lavent,

Chantent, mangent, lèvent

Un verre

De vin

En l’honneur

De l’amour

Et de la vie,

Et qu’à la porte

Attend

La bicyclette,

Immobile

Parce que

Son âme

N’était que mouvement,

Et, tombée là,

Elle n’est pas

Insecte transparent

Qui parcourt

L’été,

Mais

Squelette

Froid

Qui seulement

Retrouve

Un corps errant

Avec l’urgence

Et la lumière

C’est-à-dire

Avec

La

Résurrection

De chaque jour

On pourrait commencer par Louis Nucéra et Bernard Chambaz, deux journalistes, deux écrivains qui ont refait le Tour de France avec leurs propres mollets. En 1985, Nucéra peina pendant deux mois sur les routes du Tour 1949 gagné par Fausto Coppi. Il en tirera Mes rayons de soleil (Grasset, 1987). Nucéra avait précédemment publié un ouvrage très chaleureux sur René Vietto, ancien groom de l’hôtel Majestic, communiste, figure mythique du cyclisme (Le roi René). Nucéra mourra tragiquement à vélo, à l’âge de 72 ans, fauché par un chauffard près de Nice, sa ville. En 2003, pour le centenaire du Tour, Bernard Chambaz précéda les coureurs avant de publier À mon tour (Le seuil).

Le plus savoureux chroniqueur du XXe siècle restera vraisemblablement Antoine Blondin avec son Tours de France : chroniques intégrales de “L’Équipe”, 1954-1982, (La Table Ronde). 500 pages d’anthologie. Les anars de droite peuvent être de très fins observateurs du cyclisme. En 1952, Jacques Perret (auteur du Caporal épinglé) suit le Tour pour L’Équipe. Ses articles seront réunis dans Articles de sport (La Table Ronde, 2005). Et puis il y a ce court texte (mon préféré) de Marcel Aymé, “ Le dernier ” qui raconte les mésaventures d’un cycliste nul pour l’éternité, qui ne gagne son salut que parce qu’il est nul. Pour le plaisir, j’en propose l’excipit : « Comme il enfourchait sa machine au sortir de la Porte Maillot, un camion le projeta sur la chaussée. Martin se releva, serra dans ses mains le guidon de sa bécane fracassée, et dit avant de mourir : 
 Je vais me rattraper ».

Ces quelques pages ont été reprises dans ce qui est, à mes yeux, jusqu’à présent, le plus beau livre littéraire consacré au cyclisme, À bicyclette, une anthologie établie par Edward Nye (Sortilèges, 2000), avec des textes de Samuel Beckett, H.G. Wells, Maurice Leblanc, Émile Zola, Alphonse Allais, Alfred Jarry, San Antonio, Julien Gracq, David Malouf etc.

À mi-chemin entre réalité et fiction, entre fantasme et hyperréalisme, je mentionnerai 54X13 de Jean-Bernard Pouy (L’Atalante). Ce très singulier auteur de romans policiers m’a bluffé. Le livre raconte la dix-septième étape Paux-Bordeaux du Tour 1995, racontée, en focalisation interne, par le (véritable ?) coureur Lilian Fauger, tremblotante étoile montante du cyclisme dunkerquois, qui s’échappe du peloton, quatre heures durant, après avoir dit à ses collègues qu’il allait saluer sa famille au km 83, à Caupenne d’Armagnac. Une fois le “ bon de sortie ” en poche, le coureur ne s’arrêtera pas et poursuivra son effort en tirant sur son développement 54X13. À quelques lieues du but, le patron de Fauger, sur ordre de leur commanditaire, impose au cycliste de laisser gagner un coéquipier belge. J’ai dû aller consulter mes archives pour vérifier que Jean-Bernard Pouy m’avait bien mené en bateau. Jacques Bonaffé (un gars du Nord comme Lilian Fauger) adaptera pour le théâtre ce bel exemple de mentir vrai.

En 1924, Albert Londres, qui écrit plutôt pour des journaux de droite et qui, l’année précédente, avait réalisé un reportage historique sur le bagne de Cayenne, suit le Tour, au plus près des frères Pélissier (Tour de France, tour de souffrance). Candide découvre les peines imposée par Desgrange (ainsi, lors d’étapes qui durent une dizaine d’heures, les coureurs n’ont pas le droit de se changer et peuvent porter en fin d’après-midi les trois maillots de laine enfilés le matin au départ), et invente l’expression « les forçats de la route ». Desgrange rechignera pendant des années à l’usage du dérailleur pour ne pas rendre la course plus facile. Londres découvre le dopage. La bourgeoisie sportive, qui fait courir tous ces ouvriers agricoles et autres mineurs de fond, accepte la défonce au motif que, certes, il n’est pas normal de se doper mais comme on ne saurait s’en passer… Malgré les stimulants de l’époque (caféïne, strychnine, alcool), les Pélissier abandonnent. L’Italien Ottavio Bottecchia remporte la course après avoir porté le maillot jaune de bout en bout. Bottecchia mourra trois ans plus tard, assassiné par des fascistes jaloux du succès d’un coureur démocrate.

Je recommanderai également L’Ange de la montagne, de Christian Laborde, un hommage à Charly Gaul, vainqueur luxembourgeois du Tour 1958, peut-être le plus beau grimpeur de l’histoire. Gaul ne se remit jamais de sa gloire foudroyante, au vrai sens du terme. Il vécut un quart de siècle en ermite dans une cabane de bois dans les Ardennes, et mourut en 2005 à soixante-douze ans.

À lire aussi le très subtil Besoin de vélo de Paul Fournel. Chroniqueur pour L’Humanité, membre de l’OULIPO, attaché culturel qui nous explique dans un ouvrage très écrit pourquoi « le vélo, c’est le grain de la route. »

Je suis loin d’être un admirateur inconditionnel de Jean-Paul Ollivier (“ Paulo la science ”, pour les téléspectateurs de France 2). Ce gaulliste pur sucre n’a pas été témoin d’un seul scandale en quarante ans de journalisme sportif [il en est à son 36ème Tour en 2011]. Je mentionnerai néanmoins, dans sa très abondante production, La Tragédie du “Parjure”, le livre qu’il a consacré à la grandeur et à la décadence de Roger Rivière qui, s’il ne s’était pas brisé les reins dans une chute tragique, aurait été, dopage aidant (il se chargeait comme une mule et ne s’en cachait pas), le grand rival de Jacques Anquetil qui se dopait aussi mais plus modérément  (le “ Parjure ” est le Perjuret, la montagne où la carrière du champion s’est achevée).

Dans un genre totalement différent, je mentionnerai Le Vélo à l’heure allemande de Jean Bobet. Frère du très populaire Louison, lui-même champion de bon niveau (il gagna Paris-Nice), Jean Bobet fit une carrière remarquée de journaliste sportif (RTL, Le Monde) avant de s’occuper du centre de thalassothérapie fondé par son frère. Il fut le premier coureur cycliste à avoir obtenu une licence universitaire (d’anglais). Bobet raconte comment les grands organisateurs de courses cyclistes (Jean Leulliot, Jacques Goddet qui, sa vie durant, porta en course – ce n’est pas un hasard – un casque colonial) n’ont pas toujours su résister aux exigences de la Propagandastaffel. Il nous montre Leulliot menaçant un coureur sous-alimenté des foudres de la Gestapo s’il refuse de s’aligner dans une course qu’il organise. On ne rappellera pas qu’avant le stade de Santiago du Chili, des Juifs avaient été parqués dans un vélodrome parisien (contre la volonté du propriétaire).

À connaître également ce petit chef d’œuvre de Dino Buzatti que j’ai lu en anglais (il existe une version française) : Coppi vs Bartali at the 1949 Tour of Italy (un recueil d’articles publié au début des années quatre-vingts). Les deux plus célèbres Italiens de l’époque s’affrontent en un match au sommet. Bartali étoile déclinante, Coppi presque à son zénith. Bartali le pieux, de droite, Coppi et sa liaison illégitime dans un pays où, à l’époque, on ne peut pas divorcer, plutôt de gauche, assurément la plus grande étoile sportive italienne du XXe siècle (des admirateurs embrassaient la route sur son passage, des femmes lui jetaient des pétales de rose). Un passage m’a particulièrement marqué : les coureurs doivent prendre le bateau pour traverser le Golfe de Gênes. Un bon nombre d’entre eux refusent et font le trajet en voiture : non seulement ils n’ont jamais pris le bateau, mais surtout ils croient que des sirènes vont s’en prendre à eux.

Je termine donc par le livre coup de poing de Philippe Bordas : Forcenés. Le quatrième de couverture donne le ton : « Le cyclisme n’a duré qu’un siècle. Ce qui s’appelle encore cyclisme et se donne en spectacle n’est que farce, artefact à la mesure d’un monde faussé par la pollution, la génétique et le biopouvoir. Je veux donner l’entr’aperçu d’un monde avant sa fin. Mettre un peu d’ordre parmi mes forcenés. Rien n’obsède comme ces histoires fabulées, ces mythologies usinées par le peuple, ces étincelles d’Eurovision. Ce que Walter Benjamin nomme “ illuminations profanes ”. Ces croyances minimes, ces noblesses inventées. »

Étymologiquement, un forcené (de for et sen) est hors du sens, de la raison. C’est un fou. Le fou au style le plus pur fut sûrement Jacques Anquetil, auquel Bordas consacre quelques pages admirables. Anquetil fut le maître de l’espace-temps : il passait des nuits à contempler les étoiles et était capable de planifier à la minute près, sans GPS, un voyage en voiture de 500 kilomètres. Ce « pur-sang au corps d’enfant » mourut de deux cancers. Anquetil ne fit jamais rien comme tout le monde. En témoigne sa vie privée, où la réalité dépasse très largement la fiction ; aucun auteur de scénario n'aurait osé inventer de telles circonstances personnelles. Il fut le sportif professionnel le mieux payé de France. En novembre 1966, De Gaulle remet la Légion d'honneur à la fine fleur du sport français. Il y a là le patineur Calmat, le joueur de Rugby Crauste, les athlètes Delecour et Jazy. Et Anquertil. Sans se concerter, ils regardent le cycliste en pensant : il est au-dessus de nous.

Fausto Coppi fut à peine plus légendaire que son soigneur Cavanna, sorcier aveugle à tête de bagnard qui « isolait les muscles longs et protégeait le foie » du campionissimo. Faust donna son âme au diable et mourut à quarante ans suite à une grossière erreur de diagnostique de ses médecins.

 

Chez les Belges, Bordas oppose Merckx, né coiffé, pur produit de la petite bourgeoisie bien-pensante bruxelloise (celle des chansons de Brel), à Roger De Vlaeminck, l’agité du bocal flamand. Celui-ci était enfant de la misère, fils d’un père drapier, syndiqué, et d’une mère gitane (selon la légende). Il serait né dans la roulotte de marchands ambulants de ses parents. Il gagna quatre fois Paris-Roubais. Il vainquit « l’Enfer du Nord ». Quand j’étais enfant, j’aimais bien que cet enfer commençât juste après la ville où j’étais né (Hénin-Liétard), comme si je résidais moi-même au paradis. Cette expression terrifiante était apparue sous la plume d’un journaliste ayant découvert les paysages en ruine de la Grande de Guerre. Merckx construisit un empire à coup de pédales. Il proposa à De Vlaeminck de rejoindre son équipe. Refusant, le Gitan voulut abattre le grand et beau jeune homme qui « n’avait pas connu la faim et fiscalisait le peloton. » Pour les prolos flahutes, Merckx devint le bourgeois, « l’ennemi à filouter. » Erik, le frère aîné de Roger, grand coureur lui aussi, finira sa vie dans un hôpital psychiatrique après la mort en course de leur ami Jean-Pierre Monserré (en 1971, alors qu’il était champion du monde en titre).

Bordas analyse longuement la sociologie des cyclistes professionnels. Il observe qu’à quelques exceptions près (Laurent Fignon, par exemple), aucun champion français ne sort de la classe moyenne. Ni d’ailleurs des cités. Il en déduit que ce sport va se tarir dans les pays développés. Les victoires reviennent de plus en plus aux teigneux des pays de l’Est (quand ils ne se font pas pincer dans des contrôles anti-dopage) ou aux Américains du Sud et du Nord. Il est loin le temps des paysans italiens ou des mineurs de fond polonais (Geminiani, Stablinski). Il est loin aussi le temps des vrais grimpeurs, sur qui, il faut le dire, plane une véritable malédiction : ils se suicident (René Pottier, Ocaña, Pantani), finissent boursouflés (Merckx), neurasthéniques (Gaul), paranos (Vietto).

Que voit-on du Tour de France ? Pas les coureurs avec qui on ne peut plus s’entretenir aux arrivées ou aux départs d’étape et que l’on ne reconnaît plus sous leur casque et derrière leurs lunettes sponsorisées. Les coureurs, nous dit Bordas, « se coupent de la rumeur du monde et des vivats de la foule par le jeu d’oreillettes et de câblages dignes du barnum autistique des présentateurs télés. » On ne voit pas non plus la vraie France puisque la caméra évite les banlieues, les zones industrielles et les supermarchés. C’est la France chantée par Sarkozy pendant sa campagne électorale, celle du Guide Bleu de Jean-Paul Ollivier : la Loraine éternelle, le Fort de Briançon, l’église abbatiale sainte Cunégonde et les troupeaux de Charolais. Un discours de « sous-parlure télévisuelle, une langue vitrifiée ».

Adieu la légende, bonjour le préconstruit.

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 15:17

Comme j'aimerais que cette photo fût authentique ! Le problème est que certains historiens fort sérieux en doutent.

 

Mozart est mort jeune, mais pas son épouse. Celle qui fut, comme d'autres femmes de sa famille, une très bonne chanteuse classique (Mozart composa pour elle sa grande messe), se remaria et vécut longtemps, dans la plus grande discrétion, avec un diplomate et écrivain danois.

 

Ce daguerrotype aurait été pris deux ans avant le mort de Constanze. Ceux qui prétendent qu'il s'agit d'un faux mettent en avant qu'en 1840 les photographes n'étaient pas capables de prendre ce type de photo de groupe car ils ne disposaient pas des objectifs adéquats.

 

Constanze est à gauche sur le cliché, avec la famille de Maximillien Keller. Les partisans du faux disent qu'elle n'était pas capable de se déplacer car elle souffrait d'arthrite estropiante. Les partisans du vrai disent que l'arthrite est bien visible sur ce cliché.

 

Ce qui est indéniablement authentique, c'est la tristesse affligeante de ces braves gens. Certes, poser n'était pas une sinécure en ce temps. Mais à l'exception du personnage central qui se penche de manière facétieuse, comme ils ont l'air ravagé !

 

 

 

  Moi qui veux à tout prix que la photo soit authentique, je me rassure en observant le portrait du fils de Constanze, Franz Xaver.

 

Cet homme d'âge mûr ressemble fortement à sa mère.

 

 

 

Après un travail minutieux, l'historienne Isabelle Duquesnoy estimait, dans son ouvrage Les Confessions de Constance Mozart, que la femme de Wolfgang Amadeus s'était bien rendue chez ces amis et donc qu'elle pouvait figurer sur la photo.

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 06:09

Le commerce est – aussi – une machine à décerveler et à déculturer.

 

 

Depuis quelques années, on vend en France diverses nourritures à base de, ou parfumées à, la cranberry. Même dans les échoppes de quartier : ce matin, mon boulanger m’a proposé une tarte à la cranberry.

 

Ce qui m’horripile, c’est qu’il existe un mot français pour nommer cette sorte d’airelle que les Canadiens ou les Scandinaves utilisent pour agrémenter la viande de renne ou certains volatiles : il s’agit de la canneberge.

 

Le mot cranberry n’est d’ailleurs pas anglais mais allemand : il vient de kranbeere. Il est apparu dans les pays de langue anglaise en 1672. Le mot canneberge, dont l’origine est inconnue, est apparu en France en 1665.

 

Il faudra que j’en touche deux mots à mon boulanger.

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 06:23

Quel est le point commun entre l’Écosse, le kilt, la cornemuse, le haggis, le porridge, le whisky et le tartan ?

 

Ils ne sont pas écossais.

 

Le nom “ Scotland ” vient des Scoti, une tribu d’Irlande.

 

Ce sont les Irlandais qui ont inventé le kilt, mot d’origine danoise.

 

La cornemuse vient d’Asie centrale. On la retrouve dans l’Ancien testament (Daniel 3 : 5, 10, 15) et dans la poésie grecque du IVe siècle avant Jésus-Christ.

 

Le haggis est une saucisse grecque mentionnée par Aristophane quatre siècle avant Jésus-Christ. Dans Les Nuages, Aristophane propose peut-être la première métaphore de fellation en décrivant une saucisse qui explose dans la bouche d’un personnage. Une image que reprendra magistralement George Orwell dans Coming Up for Air.

 

Le porridge existait il y a plus de 5000 ans en Europe centrale et en Scandinavie.

 

Le whisky vient de Chine et est arrivé en Écosse via l’Irlande. Le mot vient du gaélique irlandais uisge beatha qui signifie eau de vie.

 

Les vêtements écossais furent interdits après la rébellion de 1745. Le système très complexe de tartan clanique fut introduit en 1822 lors de la visite du roi George VI à Édimbourg. La reine Victoria popularisa cette mode. Des figurines de jade portant des coiffes tartan et remontant au moins à 3500 avant Jésus-Christ ont été trouvées en Chine.

 

Les plus anciennes traces de tartan ont été retrouvées dans des tombes tochariennes de l'Ouest de la Chine, similaires aux sépultures des populations européennes de l'âge de fer (v. 800 av. J.-C.). Les cadavres inhumés, qui étaient caucasien, portaient des « twill » tissés et des motifs de tartans semblables aux motifs celtes du nord-ouest de l'Europe. Les Celtes inhumés portaient des manteaux faits d'un tissu à carreaux.

 

Les motifs de tartan ont été utilisés dans le tissage britannique et irlandais depuis des siècles ; le tartan de Northumbria est peut-être le plus ancien connu. Un prédécesseur possible de ce tartan date du IIIe siècle. Il fut trouvé près du mur d'Antonin. CeFalkirk sett est un motif à carreaux de laine blanche et marron, sans teinture, des moutons de la race Soay.

 

 

Cela dit, les Écossais, c’est ni des fainéants ni des gogols. Ils ont inventé une foultitude de choses : le timbre autocollant, la Banque d’Angleterre (et les caisses d’épargne), les pédales de bicyclette (et celles pour piano), le chloroforme, la photographie couleur, l’Encyclopaedia Britannica, le stylo à plume, l’électromagnétisme, le fusil qui se charge par la culasse, les empreintes digitales, l’insuline, la tondeuse à gazon, la marmelade, les assurances auto, la paraffine, les pneus, l’hélice, le radar, l’imperméable, le compteur de vitesse, l’acier tubulaire, le vaccin contre la typhoïde, la marine des États-Unis, le temps universel, le câble métallique et quantités d’autres objets qui nous facilitent la vie. Le marteau-pilon, par exemple.

 

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