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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 06:15

"Je suis né dans un quartier privé de Buenos Aires. Privé d'eau, d'électricité et de téléphone !

 

"Arriver dans la surface et ne pas pouvoir tirer au but, c’est comme danser avec ta soeur. "

 

"Beaucoup disent de moi, "tu es dieu", et moi, je leur réponds "vous dites n’importe quoi". Dieu est Dieu et moi, je suis un simple footballeur. "

 

"Jusqu’à aujourd’hui, j’ai vécu 40 ans qui en valent au moins 70. Ma vie a été bien remplie : je suis sorti de Fiorito (son bidonville) pour atteindre le toit du monde, là haut, tout en haut de la célébrité. Mais une fois arrivé là, j’ai dû me démerder tout seul. "

 

"J'aurais pu être moins bon que Pelé. "

 

"Au début, la drogue te rend euphorique. C’est comme gagner un championnat. Tu te dis : demain, je m’en fous puisqu’aujourd’hui, j’ai remporté le championnat. "

 

"Jouer à huis clos, c’est comme jouer dans un cimetière. "

 

"Blatter m'aime comme un fils... Comme un fils de pute. "

 

"Je me suis fâché avec le pape. Je suis allé au Vatican : le plafond était recouvert d'or. Et après, on nous dit que l'église se préoccupe des plus pauvres. Mais, putain, mec, vends le toit ! Fais quelque chose ! "

 

"À chaque fois que Cristiano met un but, il regarde la caméra pour nous vendre un shampoing."

Maradona dans le texte
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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 06:20

De l'équipe du Robert

 

Alain Rey était un conteur intarissable et passionnant. Dans les médias, lors de nos comités éditoriaux ou en privé, de sa voix si caractéristique, il nous charmait en racontant l'histoire des mots ou en expliquant son travail, ses découvertes, ses questionnements.

Et nous n'avions jamais envie qu'il s'arrête. Alors, ce mois-ci, nous avons choisi de lui rendre hommage avec des extraits d'entretiens, à travers dix mots qui sont autant de prétextes pour évoquer son œuvre immense et sa conception éminemment moderne de la langue.

(C'est nous qui soulignons.)

 

10. Néologie

On appelle néologie l'ensemble des nouveautés, mots ou sens qui enrichissent une langue. Et parce que la langue évolue, les dictionnaires doivent évoluer aussi. La recherche et l'intégration de ces nouvelles « manières de dire » étaient une évidence et une priorité pour Alain Rey. Un véritable travail de fourmi ! « La mise à jour d’un dictionnaire est beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît. Il ne suffit pas d’intégrer des mots nouveaux, il y a des sens nouveaux à l’intérieur de mots anciens, il y a des expressions nouvelles… Nous faisons un gros travail collectif de documentation, dans la presse, la littérature, jusqu’aux dialogues de films, pour être au contact de la langue contemporaine. Cela devient une habitude, et lorsque j’entre dans un supermarché, je regarde quels sont les mots nouveaux dans les publicités… » (La Liberté, 4 novembre 2017).

 

9. Littérature

Riches de milliers d'extraits d'œuvres classiques ou contemporaines, le Petit Robert et le Grand Robert ont une dimension puissamment littéraire. Pour l'amoureux des lettres que fut Alain Rey, l'ajout de citations ne servait pas qu'à illustrer les définitions. « L'usage littéraire va au fond de l'esprit des mots […]. Il y a un rapport intime à l'essence du mot qui n'est révélable que par la littérature […]. Et on a la chance en français d'avoir une littérature et une poésie de très grande qualité, et parfois de génie, qui sont à peu près continues depuis les origines de la langue », expliquait-il au micro de Laure Adler (Hors-Champs, France Culture, 2014). Et parmi les grands noms de la littérature, Alain Rey ne cachait pas sa préférence. « Mon auteur français favori, c’est Rabelais : création absolue, liberté totale, capacité à cacher une philosophie derrière des conneries enfantines, mélange de la narrativité et de la liste. C’est un grand lexicographe, Rabelais. » (Le Monde, 8 septembre 2019)

 

8. Francophonie

Alain Rey a toujours défendu l'idée d'une langue multiple. « Le français est l’une des dix langues les plus parlées de l’humanité, qui en compte six mille. Il est la patrie de tout francophone, même si chaque communauté entretient avec lui un rapport différent. C’est ce qui fait sa richesse, et c’est pourquoi il serait faux d’avoir une vision nationale” du français. […] Un Suisse de Lausanne, un Québécois, un Acadien de Louisiane pense sa langue différemment d’une personne qui pratique un bilinguisme obligatoire – un Créole, un Haïtien – ou encore d’un Africain, qui parle trois langues. Les expressions en “français d’Europe” ne sont pas les mêmes que les expressions en “français hors d’Europe” – celles du Maghreb ou d’Asie sont encore mal connues. N’oublions jamais que, s’il est devenu la langue d’une nation grâce aux rois francs, le français était, à l’origine, un dialecte dans une forêt de dialectes. La francophonieest un héritage historique pérenne. Elle donne une unité à la vie multiforme de la langue française. » (Site du ministère de la Culture, 2016)

 

7. Analogie

L'une des grandes forces des dictionnaires Le Robert, tels qu'ils furent imaginés par Paul Robert puis développés par Alain et Josette Rey et l'équipe de lexicographes, c'est l'analogie, réseau hypertexte avant l'heure, constitué par des milliers de liens entre les mots. Le linguiste nous en expliquait la puissance : « Un dictionnaire analogique n’isole jamais un mot, il le considère toujours dans un ensemble de mots. L’analogie est un renvoi perpétuel d’un mot vers tous les autres auxquels il peut faire penser par association d’idées. On peut comparer les différentes définitions, les différents sens, synonymes ou pas, plus ou moins spécialisés ou étendus. Tous ces mouvements, combinés à des citations littéraires et poétiques, dessinent l’usage du mot, mais un usage vivant et vibrant. » (Le Temps, 2 décembre 2017)

 

6. Échange

Parmi les néologismes qui apparaissent chaque année, on trouve des emprunts à d'autres langues. Aux journalistes qui s'inquiétaient du nombre d'anglicismes intégrant la langue française, Alain Rey rappelait que les échanges entre les langues ont toujours existé. « Quand on veut critiquer l’évolution de la langue, on dit que le français est envahi, mais cela a été le cas déjà au xvie siècle par l’italien, au xviie par l’espagnol. Depuis le xixe, c’est l’anglais. Mais on oublie de dire que les langues des pays voisins, et du coup du monde entier, ont été aussi consommatrices de mots français. Si on compte tous les mots qui sont des gallicismes dans les autres langues, on s’aperçoit qu’il y en a tout autant que des mots étrangers dans la langue française. C’est un échange perpétuel. » (Le Temps, 2 décembre 2017).

 

5. Société

Une langue vivante, c'est une langue qui évolue, notamment parce qu'elle suit les évolutions de la société. Les dictionnaires contemporains se doivent de suivre ces évolutions. Répondant à 20 minutes, Alain Rey prenait l'exemple de la féminisation des noms de métiers et de fonctions. « La féminisation est une nécessité sociale parce que la langue n’est pas faite pour dominer la société, c’est la société qui fait la langue. Il n’y a rien de plus démocratique que la langue. C’est pour ça que je suis hostile aux puristes académiciens qui gueulent comme des putois quand il y a une nouvelle façon de s’exprimer. S’il n’y avait pas de nouvelles façons de s’exprimer, le français serait figé, et s’il était figé, il serait en péril, ce qui n’est pas le cas. » (20 minutes, 18 octobre 2017)

 

4. Étymologie

L'étymologie étudie l'origine et l'histoire des mots, qu'Alain Rey nous a magnifiquement racontées dans son Dictionnaire historique de la langue française. « L’histoire de la langue française peut se lire et se présenter comme un roman. […] Dans les mots qui sont décrits par le Dictionnaire historique de la langue française, il y en a qui réservent des surprises. » Il donnait ainsi l'exemple de son mot préféré, luciférienne, dérivé de Lucifer. « Le mot Lucifer, qui a abouti à vouloir dire “le démon, le diable”, était en fait un mot de la lumière. Lucifer, en latin, c’est le porteur de lumière. Donc le mythe de Lucifer est un mythe fondamental de toutes les croyances, et c’est le christianisme qui en a fait le nom du diable. On peut se demander pourquoi. La réponse est simple. Le dieu de la lumière, c’est le dieu de croyances païennes et les croyances païennes évidemment sont rejetées. De même, l’ancien archange Lucifer va devenir un démon parce qu’il refuse de se soumettre au Christ. » (Vidéos de présentation du Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 2016).

 

 

3. Culture

Chaque langue est étroitement liée à une culture : « Les mots, mais aussi les expressions, les constructions, les façons de dire sont le reflet de la conception du monde dans chaque langue et donc dans chaque civilisation », commentait Alain Rey dans l'émission Un livre, un jour en 2005. C'est pourquoi, dans le Dictionnaire culturel en langue française, le lexicographe et son équipe se sont attachés à décrire non seulement la langue, mais aussi « le passage de la vision du monde qui est induite par l'existence de la langue française dans laquelle nous pensons – parce que les mots sont hérités et nous sommes bien obligés de nous en servir – à des façons de voir plus générales qui nous viennent de l'extérieur grâce à la traduction et qui peuvent être formulées en chinois, en arabe, en japonais, en anglais, en allemand, en espagnol… Et je mettrais en priorité les langues européennes qui nous entourent parce que les interférences entre ces langues et le français sont multiples et constantes. » (Un livre, un jour, France 3, 2005)

 

2. Transmission

Dialoguant avec toutes les générations, Alain Rey savait transmettre sa passion au plus grand nombre. Beaucoup l'ont connu grâce à ses chroniques matinales sur France Inter. Les plus jeunes l'ont découvert en tant qu'invité d'un célèbre youtubeur. « Squeezie m’a raconté qu’il cherchait des mots que ses copains rappeurs et lui ne connaissaient pas pour mettre dans les raps, et aussi pour dire aux jeunes qu’il y a des mots qui leur sont inconnus mais qui sont intéressants, qui disent des choses. Je leur ai donné des mots pour faire un rap, ils ont fait pareil pour que je fasse un slam. Il se trouve que ceux qui regardent ça sont des millions, apparemment. C’est une manière de montrer aux jeunes que ce n’est pas seulement l’ennui d’apprendre le mot français avec sa grammaire, mais que ça peut être aussi un plaisir parce que ça permet d’enrichir son expression, de faire des poésies en mettant un mot que les copains ne connaissent pas. » (20 minutes, 18 octobre 2017)

 

1. Dictionnaire

Sans surprise, nous terminons ce classement par le mot dictionnaire,nom des ouvrages auxquels Alain Rey a consacré sa vie. « Dictionnaire, entendons par là le livre des dictiones en latin, c'est-à-dire les manières de s'exprimer » (Un livre, un jour, France 3, 2005). Dans les colonnes de Lyon Capitale, en décembre 2018, il résumait ainsi le pouvoir de ces recueils : « […] les dictionnaires offrent des parcours labyrinthiques qui permettent ce que les Anglais nomment la sérendipité, c’est-à-dire de trouver des choses auxquelles on n’avait pas pensé. Le dictionnaire n’est pas un cimetière ni un conservatoire des idées ou des mots d’avant. Le dictionnaire est un observateur du monde qui l’entoure. Son rôle sera toujours d’empêcher les mots de mourir. Les mots ont une énergie intérieure. Ils se modifient, se métamorphosent sans arrêt. Le dictionnaire est le reflet de cela. »

Les dix mots préférés d'Alain Rey
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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 06:17
 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
Un article très original de Rolling Stone sur Rubber Soul des Beatles.Album enregistré il y a exactement 55 ans (putain, 55 ans !). Quand j'ai vu la pochette pour la première fois, je me suis dit : ils nous emmènent dans un autre monde même si, on l'a su après, l'effet bizarroïde de la photo avait été obtenu par le plus grand des hasards. Quand j'ai écouté le disque, j'ai pensé, après plusieurs musicologues anglais beaucoup plus avertis que moi : il y a plus d'inventions dans ces 45 minutes de musique que dans toute l'œuvre de Schubert. Et on n'imaginait même pas Revolver et Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band ! Quant à la signification du titre (une âme en caoutchouc), on s'est longtemps perdu en conjectures. Je crois qu'on continue toujours, d'ailleurs. Très facétieux, j'avais pensé, en pure perte, à un jeu de mots de lycéens boutonneux : Rubber's Hole : un trou dans la capote.
Rubber Soul
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Rubber Soul était la musique la plus extravertie qu’ils aient jamais faite, mais aussi la plus chaleureuse, la plus amicale et la plus directe sur le plan émotionnel. Dès sa sortie en décembre 1965, il a coupé en deux l’histoire de la pop – nous vivons tous dans le futur que cet album a inventé. Aujourd’hui comme hier, chaque artiste pop veut s’approprier sa magie. « Au début, nous devions prendre ce qu’on nous donnait, nous ne savions pas comment obtenir plus de basses. Nous apprenions la technique sur Rubber Soul. On était plus précis sur la réalisation de l’album, et on a repris la pochette et tout le reste« .

Rubber Soul est l’album où les moptops ont grandi. C’est aussi là qu’ils fumaient beaucoup d’herbe, donc tout au long des chansons, l’humour sauvage et l’émotion profonde vont de pair, comme George Harrison et les chapeaux de cow-boy. (Aucune rock star n’a jamais eu l’air moins stupide dans un chapeau de cow-boy que George sur la couverture arrière). En plus de tout le reste, Rubber Soul est leur meilleur album chanté. Les harmonies de Paul McCartney sur « Norwegian Wood » sont aussi robustes que John ne l’a jamais été, tandis que les chœurs de John sur « Drive My Car » et « You Won’t See Me » prouvent qu’il peut être aussi doux que Paul. Ce sera toujours mon disque préféré des Beatles – même si Revolver est en fait un peu meilleur. (J’ai fait la paix avec cette contradiction).

S’il y a un thème, c’est la curiosité, la plus Beatlesque des émotions, et plus particulièrement la curiosité à l’égard des femmes, le plus Beatlesque des mystères. Rubber Soul a les filles les plus cool de tous les disques des Beatles. « Girl », « I’m Looking Through You », « If I Needed Someone » – ce sont des femmes complexes et déroutantes, un peu comme celles avec lesquelles les Beatles se sont retrouvés dans la vie réelle. Pas de fin romantique heureuse ici, à l’exception notable de « In My Life » – mais même lorsque les filles sont en avance sur elles, les garçons passent l’album à s’efforcer de suivre.

Est-ce que quelqu’un avant Rubber Soul a chanté des personnages féminins comme ça ? Non, personne. D’abord, ces femmes ont un travail, et nous sommes en 1965. Le scénographe de L.A. qui engage Paul comme chauffeur, la femme indépendante trop occupée par sa carrière pour répondre à ses appels téléphoniques, la fille de Chelsea qui se lève tôt le matin pour aller travailler, même si John dort dans sa baignoire. Fin 1965, ma mère, enseignante en huitième année dans une école publique du Massachusetts, a été licenciée parce qu’elle était enceinte (de moi), parce que c’est comme ça que les choses se passaient à l’époque. L’idée même que les femmes puissent faire carrière était une controverse sociale. Mais pas pour les plus grandes pop stars du monde.

La femme Rubber Soul reste debout tard, buvant du vin sur son tapis après minuit, jusqu’à ce qu’il soit temps de se coucher. Elle parle des langues qu’il ne peut pas traduire. (« I love you » en français est juste « je t’aime ». Ce n’est pas si difficile.) Elle n’est pas impressionnée par le charme des Beatles – quand vous dites qu’elle est belle, elle fait comme si c’était entendu. Elle est cool. Pourtant, même les chansons tristes sont drôles ici (y compris le machisme auto-parodique de « Run for Your Life », une chanson que Nancy Sinatra a transformée en un classique des gangsta). J’adore le moment dans « Wait » où la copine de Paul demande sans détour s’il a été fidèle sur la route. « J’ai été bon/Je suis aussi bon que je peux l’être » – Bien sûr. Et « Wait » est la chanson qui explique totalement pourquoi Paul était le Beatle préféré de Bill Clinton.

Même la version américaine est un classique – c’est le seul album des Beatles où le LP américain honteusement massacré pourrait dépasser l’original britannique, ne serait-ce que parce qu’il s’ouvre sur le magnifique enchaînement de « I’ve Just Seen A Face » et « Norwegian Wood ». Étant donné l’impact de l’album au cours des 50 dernières années, il est surprenant de constater à quel point les sessions ont été rapides et frénétiques. Les Beatles ne sont pas entrés en studio avec une vision mystique et cristalline à exprimer – ils sont entrés avec une date limite. Ils devaient fournir des produits pour la saison de Noël 1965, ce qui signifiait qu’ils devaient les produire en quatre semaines frénétiques, du 12 octobre au 12 novembre. Ils se sont donc terrés à Abbey Road 24 heures sur 24, déversant de la musique aussi vite qu’ils le pouvaient, sans rien retenir. Ils étaient prêts à essayer n’importe quelle idée, qu’elle soit brillante (le sitar, l’harmonium) ou non (la jam instrumentale R&B de six minutes, qu’ils ont sagement supprimée). Ils ont écrit sept de ces chansons en une semaine.

Mais le dos au mur, travaillant sous cette pression, les Beatles ont produit un album qui était bien en avance sur ce que tout le monde avait fait auparavant. Comme ces gars atteignaient de nouveaux niveaux de fluidité et d’inspiration musicale, ils sont tombés sur des découvertes qui ont changé la façon dont la musique a été faite depuis. C’était un chef-d’œuvre accidentel, mais qui a fait réaliser aux Beatles jusqu’où ils pouvaient aller. Après cela, ils se sont lancés à plein temps dans la création de chefs-d’œuvre.

Tout comme George n’avait jamais joué de sitar auparavant, Ringo Starr n’avait jamais joué avec autant de ferveur. « Drive My Car » occupe une place importante dans sa légende, avec «Rain ». (Écoutez-le à la dernière mesure avant le refrain – à chaque fois qu’il joue, Ringo frappe avec quelque chose de différent). Son jeu de tambour sur « In My Life » est une pure empathie fraternelle – on dirait qu’il donne à John le courage de passer à la ligne suivante. Il est impossible d’imaginer « In My Life » sans Ringo, ce qui n’est qu’une des raisons pour lesquelles toutes les reprises tombent à plat. Ringo a même obtenu son premier crédit d’auteur-compositeur pour la chanson « What Goes On ». En 1966, lorsqu’on lui a demandé quelle était sa contribution, il a répondu : « environ cinq mots ».

 

Vous pouvez entendre l’esprit d’équipe qui se cache derrière l’album dans le badinage pendant les sessions « Think For Yourself » du 8 novembre, qui se sont déroulées tard dans la nuit. John, Paul et George sont debout autour du micro, répétant des harmonies à trois voix, mais riant trop fort pour bien faire. John, tenant une guitare, trébuche sur les mots. « OK, je pense que je l’ai peut-être maintenant« , annonce-t-il. « J’ai quelque chose dans la tête, vous savez, et tous les murs de Rome ne pouvaient pas m’arrêter ! » Tous les trois entretiennent un flot ininterrompu de bavardages. John glisse dans une voix de faux prêcheur. « C’est Jésus, notre Seigneur et Sauveur, qui a donné son seul pain pour vivre et mourir ! » Paul et George lui crient au visage : « Pourquoi une telle fureur ? Quelle est cette fureur qui vous saisit ? » Ils halètent de rire jusqu’à ce que John marmonne : « Je ne peux pas continuer, je ne peux vraiment pas. Allez, faisons ce fichu disque. » Ils essaient une autre prise. Ils n’ont pas réussi celle-là non plus.

George Martin est prêt pour un autre essai. John regarde autour de lui et demande : « Paul ? » Où est Paul ? Il s’est glissé dans la salle de bain pour prendre une petite bouffée d’herbe en cachette – jouant toujours les vilains écoliers, les Beatles n’osent pas s’allumer devant M. Martin, même s’ils ne le trompent pas une minute. Quand Paul revient, sa voix semble un peu plus étourdie. « Je viens d’arriver de l’Olympe. J’ai allumé la torche ! »

On peut l’entendre dans les voix des Beatles ce soir – ils s’épanouissent en compagnie les uns des autres, s’accordant sur une longueur d’onde que personne d’autre ne peut obtenir. La date de sortie est dans moins d’un mois, mais ils n’ont pas l’air inquiets. En fait, vous pourriez même penser qu’ils s’amusent. Lorsque John se rend aux toilettes, il chante l’une des premières chansonnettes du groupe, celle que George a chantée sur leur premier album, « Do You Want to Know a Secret ? Bien que cette chanson ait été écrite il y a à peine trois ans, son innocence timide semble avoir disparu à jamais.

Mais John a un peu changé les paroles, en claquant des doigts quand il chante à haute voix. « Voulez-vous tenir un pénis ? Doo-wah-ooo ! »

Les Beatles ont fait une dernière nuit blanche : une session marathon de 18h à 7h, le 11 novembre. Ils se sont montrés à la hauteur de l’événement en se présentant avec deux de leurs plus grandes chansons d’amour désenchantées : « You Won’t See Me » de Paul et « Girl » de John. Leurs voix semblent fatiguées, mais cela ne fait qu’ajouter le ton rugueux et dylanique qu’elles espéraient. À l’aube, tout était fini sauf le mixage.

Quelques semaines plus tard, ces quatre visages apparaissaient sur les racks de disques, sur la photo de couverture déformée de Robert Freeman. Pour la première fois, le nom du groupe n’apparaissait nulle part. Les quatre enfants effrayés qui avaient l’air si malheureux un an plus tôt, sur la couverture de Beatles for Sale ? Aujourd’hui, ils débordent d’arrogance. Ils ne se soucient pas vraiment de savoir si vous préférez les anciennes ou les nouvelles chansons. Ce sont es hommes adultes, pleins d’émotion et au sommet du monde.

Rob Sheffield
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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 06:17

 

Ce mercredi 4 novembre, Bénédicte Robert, rectrice de l’académie de Poitiers, aurait pu décider de mettre fin à huit mois d’acharnement institutionnel l’affaire des « 4 de Melle ». Alors même que la communauté éducative se recueille encore pour honorer la mémoire de Samuel Paty, le ministère de l’Éducation Nationale n’hésite pas à attaquer et à sanctionner l’usage d’une liberté d’expression qu’il célèbre bien ironiquement dans les médias depuis plus de deux semaines. Jean-Michel Blanquer et ses plus proches collaborateurs sont aujourd’hui pris en flagrant délit d’hypocrisie !

 

Sylvie Contini est sanctionnée d’une mutation d’office, Cécile Proust est exclue de ses fonctions pour une durée de 15 jours (donc sans traitement), Aladin Lévêque écope d’un abaissement d’échelon et Sandrine Martin d’un blâme. Le rapport de l’enquête administrative préconisait de sanctionner les « 4 de Melle » parce qu’ils restaient dans leur « logique de combat de la réforme », c’est chose faite et les sanctions sont particulièrement lourdes ! Nous ne pouvons qu’être une nouvelle fois indignés face à cet acharnement répressif.

 

Cela fait à présent huit mois que l’affaire des 4 de Melle défraie la chronique et qu’elle suscite l’indignation, non pas seulement de la communauté éducative, mais de l’ensemble des secteurs professionnels. Pour rappel, trois d’entre eux avaient été suspendus à titre conservatoire pour s’être mobilisés contre les E3C et pour avoir dénoncé les faits graves commis par leur administration : pressions et intimidations hiérarchiques, violences physiques sur élèves, étages intégralement barricadés lors de la passation des épreuves de contrôle continu avec portes coupe-feu sanglées et sorties de secours condamnées, mise en danger d’élèves enfermés dans les salles d’examen et non évacués lorsque ces derniers étaient en proie à des malaises. L'administration s’est rendue coupable de l’intégralité de ces actes, et ce sont les enseignants qui se retrouvent incriminés ! Leur suspension de 4 mois, décidée en mars, avait été prolongée de 4 mois supplémentaires en juillet, décision inédite dans l’éducation nationale, et une quatrième collègue avait été ajoutée à la liste des réprimés, convoquée à un conseil de discipline alors qu’elle n’avait pas été suspendue.

 

L’affaire des 4 de Melle est devenue emblématique de l’acharnement répressif que subissent, dans l’éducation nationale, les personnels qui osent contester les réformes.

 

C’est pourquoi pas moins de 1500 personnes sont venues les soutenir devant le rectorat de Poitiers le 12 octobre, jour du premier conseil de discipline, sans compter les nombreux rassemblements qui ont eu lieu partout en France devant les rectorats et les DSDEN. C’est un soutien syndical d’une ampleur inédite qui a été apporté aux 4 de Melle et à tous les personnels victimes de répression : ce jour-là, étaient présents tous les représentants de l’IS nationale de l’Education (CGT, FO, FSU, Sud éducation), ceux de l’IS Fonction Publique, mais aussi les Confédérations Syndicales Solidaires, CGT, FSU et FO : du jamais vu dans un tel cas de répression !

 

Des réprimés d’autres secteurs professionnels, regroupés depuis mi-septembre dans un collectif interprofessionnel contre la répression sont, eux aussi, venus témoigner leur soutien aux enseignants Mellois: Julien du comité de soutien d’Anthony Smith, inspecteur du travail, Éric Bezou de la SNCF, Yann Gaudin de pôle emploi, Alexandre El Gamal de la RATP, Gaël Quirante de la Poste, Anissa Amini, aide-soignante en EHPAD, Boris Mollet, travailleur social.

 

La mobilisation a, sans conteste, contribué à faire reculer le rectorat de Poitiers. Fragilisé par son ampleur inédite mais aussi par les nombreuses irrégularités et contradictions soulevées lors des conseils de discipline, le rectorat s’est parfois vu contraint de modifier, voire d’abandonner, des chefs d’accusation en cours de séance !

 

Lors du premier conseil de discipline, à savoir celui de Sylvie Contini, l’administration, forte de son arrogance, n’a pas hésité à louer le sérieux de l’enquête administrative et a nié toute responsabilité concernant les décisions ayant mis en danger la sécurité des élèves au lycée Joseph Desfontaines de Melle lors de la passation des épreuves d’E3C.

 

Lors des conseils de discipline suivants, cette même administration a fini par se désolidariser officiellement des méthodes de l’enquête administrative dont elle faisait l’éloge en début de semaine, reconnaissant explicitement que cette dernière n’a pas pu permettre l’objectivation des faits reprochés aux enseignants. Elle a même fini par reconnaître et condamner fermement les débordements dont certains de ses représentants se sont rendus coupables lors des passations d’épreuves.

 

 

 

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https://twitter.com/StylosRouges93

Fascisme plus vraiment rampant dans l'Éducation Nationale

 

Sans cesse mis en difficulté, le rectorat de Poitiers a dû se résoudre à proposer des sanctions de plus en plus basses sur l’échelle des sanctions disciplinaires au fur et à mesure de la semaine, ce qui explique leur gradation dans les décisions finales. La différence dans les sanctions apportées ne fait que symboliser le recul progressif de l’administration ; en effet, cette différenciation n’est en rien justifiable puisque les dossiers des quatre enseignants sont, sauf différences très mineures, identiques. Ici, seul l’ordre de passage justifie l’ampleur de la sanction ! Plaisante justice que celle que le hasard et l’aveuglement bornent…

 

Après une semaine de conseils de discipline et pas moins de 32h de séances cumulées (chacun des conseils de discipline ayant duré plus de 7 heures !), aucune proposition de sanction de la rectrice de l’académie de Poitiers n’obtient d’avis majoritaire. Mieux encore, pour Aladin Lévêque, c’est l’avis d’absence de sanction qui obtient la majorité. Le désaveu est de taille pour Mme la Rectrice de l’académie de Poitiers quand on sait à quel point ces procédures sont normalement gagnées d’avance pour l’administration qui y est à la fois enquêtrice, accusatrice et juge.

 

Désavouée par ses propres procédures, Bénédicte Robert n’en a pas moins décidé de passer en force et d’appliquer ces sanctions qu’aucun des conseils de discipline n’a validées !

 

La communauté éducative ne peut tolérer un tel abus de pouvoir ! La mobilisation a déjà fortement contribué à faire reculer le rectorat de Poitiers : il faut aujourd’hui la poursuivre pour qu’aucune sanction ne soit prise contre nos collègues.

 

Nous demandons au ministre de l’Éducation Nationale ainsi qu’à la rectrice de l’académie de Poitiers de bien vouloir entendre et reconnaître l’unanimité du soutien apporté aux 4 enseignants de Melle en abandonnant toute sanction contre eux. Nous exigeons aussi d’avoir la garantie que plus jamais ce ministère ne remettra en question les droits syndicaux et les libertés démocratiques.

 

Les 4 de Melle n’en resteront pas là et useront de tous les recours qui leur sont offerts pour dénoncer ces méthodes et faire annuler ces sanctions. Et nous les soutiendrons dans toutes les démarches entreprises ! Vous pouvez dès à présent leur apporter un soutien financier en participant à la caisse de solidarité : https://www.lepotcommun.fr/pot/n9i5n24r

 

Le comité de soutien aux 4 de Melle

#SoutienAux4deMelle #SoisProfEtTaisToi

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 06:06

 

 

Loïc Rochard. Sous la moustache, le rire. L’humour de Georges Brassens. Paris : Cherche Midi, 2020.

 

J’aime la manière dont Georges Brassens explique pourquoi il est devenu un créateur, qui n’est pas sans rappeler l’Orwell en pleine possession de ses moyens reconnaissant qu’il avait bâti une œuvre parce qu’enfant il aimait se raconter des histoires : « Mes chansons font partie d’une espèce de monde factice que j’ai dans le crâne depuis l’adolescence. Comme rien ne me plaisait, je me suis fait un guignol à moi. […] Si on trouve dans mes chansons l’ironie, la cocasserie, la dérision de soi-même, c’est pour atténuer un peu la rigueur d’une philosophie que d’aucuns trouvent certainement un peu sommaire, mais qui n’en est pas moins impitoyable pour notre temps. » Dire le monde avec ironie et bienveillance, colère et générosité.

 

Trouver un équilibre entre la conscience qu’on a, à juste titre, de sa personne et de son œuvre et, dans le même temps, être capable de déboulonner sa propre statue par l’humour et l’autodérision, en particulier dans ses propres textes, voire – ce qui n’est pas l’objet de cette étude – dans ses musiques. Ainsi, pour écrire celle du “ Bricoleur ” (où la femme pense caresser au lit le doux membre de son mari alors qu’elle tombe sur son vilebrequin), il fallait être capable de dire au public : « Écoutez-moi bien, car cette musique, je n’en écrirai plus jamais une identique. »

 

Alfonse Bonaffé, son professeur de français au collège, fut le premier à analyser la grandeur et la singularité de Brassens (dans la collection “ Poètes d’aujourd’hui, Seghers) : « Tous les défis et les sarcasmes et les gauloiseries de Brassens recouvrent un fond d’angoisse et de désarroi. Il s’évertue à mettre les salles en joie afin de mieux masquer qu’il est une âme en peine. […] Il a choisit de réagir à son angoisse par le rire ». L’important est que le monde du music hall, puis le grand public, l’acceptèrent tel qu’il était.

 

Comment être profond et vrai sans verser, selon ses mots, dans le « trivialisme systématique », comment recréer le merveilleux de l’enfance avec ses images « qui cachent des valeurs de contrebande » en idolâtrant la moquerie ?

 

D’abord en se moquant de soi-même, comme il l’a fait de manière sublime dans “ Marinette ” :

 

Quand j’ai couru chanter ma p’tite chanson pour Marinette,

La belle, la traîtresse était allée à l’Opéra.

 

La première fois que j’entendis cette chanson “ dans le poste ”, j’avais 8 ans. Jamais je n’aurais pu concevoir que le chanteur préféré de ma mère, institutrice de l’école laïque, ait pu écrire : 

 

Avec mon pot d’moutarde j’avais l’air d’un con, ma mère,

Avec mon pot d’moutarde j’avais l’air d’un con !

 

C’était l’époque de “ Cerisiers roses et pommiers blancs ”…

 

Qui, avant Brassens, avait su, avait osé opposer deux mondes culturels aussi étrangers l’un à l’autre que celui des « p’tites chansons » et celui de l’Opéra aux mains des belles et des traîtresses ? Dans son célèbre traité, Bergson avait expliqué qu’à la source du rire il y avait toujours un décalage. Brassens serait ce décalage à lui tout seul. Comme quand il se narre en amant pitoyable en renversant le cliché à deux sous du théâtre de boulevard :

 

J’ai beau demander grâce, invoquer la migraine,

Sur l’autel conjugal, implacable elle me traîne.

 

Ou quand il propose ces trouvailles stylistiques qui ont déjà franchi plusieurs générations : 

 

Chez l’épicer pas d’argent pas d’épices

Chez la belle Suzon, pas d’argent pas de cuisse

 

Á tous ces empêcheurs d’enterrer en rond

 

Le marchand nous reçut à bras fermés.

 

Brassens misogyne ? Ça lui est arrivé. Mais comme Brel, c’est bien souvent en amoureux qui « s’est fait tout p’tit » qu’il s’est offert sans armes à nos yeux :

 

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,

Je suis derrière…

 

Pour Brassens, la femme n’est pas l’avenir de l’homme mais sa consolatrice éternelle et amusée jusque dans les situations les plus extrêmes :

 

Gloire à la bonne sœur qui par temps pas très chaud,

Dégela dans sa main le pénis du manchot !

 

Une de ses chansons les plus drôles restera “ Les funérailles d’antan ”. Brassens sut tenir à distance la mort grâce à d’innombrables trouvailles de forme et de fond : les morts bouffis d’orgueil, mourir plus haut que son cul, y’a un mort à la maison si le cœur vous en dit, on s’aperçut que le mort avait fait des petits.

 

Dors en paix, Georges, mais en clignant d’un œil. Tu donneras raison à Pagnol pour qui le rire est dans le Rieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

Note de lecture n° 192
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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 05:56

 

 

Repentance

 

Le verbe « repentir » date de 1080. Il signifie ressentir le regret d’une faute ou subir les conséquences d’un acte (Le Robert).

 

Au XIIe siècle sont apparus deux substantifs très proches l’un de l’autre : la « repentance » (1112) et le «repentir » (1170). Le premier signifiant le regret de ses fautes, de ses péchés : « Le vice laisse comme un ulcère en la chair une repentance en l’âme qui toujours s’égratigne et s’ensanglante elle-même » (Montaigne). Le second impliquant un sentiment de douleur morale accompagné d’un désir d’expiation ou signifiant le regret d’une action : « Voici dix années bientôt qu’elle avait fait ce beau coup, et pas une heure ne s’était écoulé sans qu’elle en eût le repentir » (Zola). En art, le repentir est une correction apportée à un tableau en cours d’exécution. La racine de « repentir » est le latin poenitere qui signifie causer de la peine.

 

Aujourd’hui, on peut dire que repentance a effacé repentir. Il s’agit le plus souvent d’excuses officielles d’un gouvernement, d’un État. Á propos de l’esclavage (les anciennes puissances coloniales) ou de la pédophilie (le Vatican). Lorsque le pape se repent, l’ironie est d’autant plus dramatique que le repentir est clairement d’inspiration catholique. Dans la Genèse, on trouve que « l’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre » tandis que Jérémie avoue : « Je me repens du mal que j’avais pensé lui faire ».

 

Le mot avait disparu jusqu’à retrouver une nouvelle jeunesse au XXIe siècle. Il a profité de la mode actuelle des mots en “ ance ” comme « gouvernance », très vieux vocable tombé dans l’oubli avant d’être réactivé dans l’univers anglo-saxon en lieu et place de « gouvernement ». Les djeuns ont embrayé récemment en créant la « gênance ». La « gênance de la bravitude », je ne vous dis que ça !

 

Avec  la repentance, il y a quand même, malgré tout, de la mise à distance. On peut d’autant plus être dans la repentance à propos de l’esclavage que celui-ci a été aboli il y a deux siècles par les puissances esclavagistes elles-même. Quant au pape, il n’est pas personnellement coupable de pédophilie. Il se repent pour les autres.

 

 

Les mots chéris des médias et des politiques (27)
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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 06:04
Beaucoup sont passées dans la langue française.
 
Il y en a bien d’autres, mais celles-là, je les aime et les utilise, en mon for intérieur bien sûr.
 
Á tout seigneur, tout honneur :
 
Fuck
On le met à toutes les sauces. A l’origine, il s’agit de « faire l’amour », mais dans un registre ordurier, obscène. Il date du XVe siècle. Son origine est allemande (« ficken »). Une légende veut que fuck vienne de « Fornication under the consent of the king » (Fornication avec le consentement du roi », mais ce n’est qu’une légende. Les Canadiens ont franchisé le mot : « j’ai fucké cette histoire ». Comme le mot français «putain », son sémantisme s’est adoucit à mesure qu’il était utilisé par de plus en plus de gens, de plus en plus jeunes et de plus en plus âgés. Lorsque je me trouvais dans ma famille anglaise de la petite bourgeoisie au début des années soixante, jamais je n’aurais utilisé ce mot. On l’intercale désormais un peu partout : «Go the fuck to the baker’s » : (tu vas chez le boulanger, bordel). Aujourd’hui, c’est du petit lait, surtout dans le cinéma : il apparaît 569 fois dans Le Loup de Wall Street de Scorsese (3,3 fois par minute). « Fuck you » reste quand même une des insultes les plus violentes de la langue anglaise (va te faire foutre).
 
For fuck’s sake
Littéralement « par souci de la baise ». Par extension « putain de merde ».
 
Shut the fuck up
« Ferme ta putain de gueule ».
 
What the fuck
Renforce « what » : « C’est quoi, ce bordel ? ». Souvent réduit à « WTF ».
 
Ass (États-Unis) ou Arse (Grande-Bretagne)
« Ass » est d’abord « un âne », puis « le cul ». Et, par extension, « abruti », « crétin ». L’anglais des États-Unis nous a envahi de « assholes » (trous du cul »). Une expression plutôt ordurière qui, elle aussi, a tendance à s’atténuer.
 
Badass
Littéralement « mauvais cul ». Ce vocable qui est passé dans le français assez récemment, signifie « dur à cuire » ou « emmerdeur ».
 
Ass (arse)-licker
Sans problème un « lèche-cul ».
 
Fat ass
Toujours sans problème « gros cul ».
 
Bastard
Á l’origine « bâtard ». Au fil des jours, « salaud ». « Bloody bastard » : « sale con ». « Lucky bastard » : «gros veinard ». Plus fort que « bastard », le Britannique utilisera « scumbag » (« sac à merde »), donc «fumier ».
Á placer dans une conversation pour faire croire qu’on est savant : expliquer qu’un bâtard est un pain de 450 grammes entre la baguette et le pain d’un kilo. Et pour passer pour un immense philologue, dire que les Picards appellent ce pain un joko (« Ech joko ch'est un pain ed deus lives. »).
 
Bollocks
S’est également beaucoup atténué depuis que son sens est passé de « couilles » à « conneries », «mensonges».
 
« Shit »
« La merde » (allemand Scheiß). Est désormais utilisé en français dans la sens de « résine de cannabis». Les Anglais disent toujours « he had the shit this morning » (« il a eu la chiasse ce matin »). Á connaitre également : « I don’t care a shit » : « je n’en ai rien à foutre ». Mais le sens peut s’inverser : « This chocolate is the shit » : « ce chocolat est à tomber par terre ».
 
Bullshit
Vient des États-Unis. Littéralement « merde de taureau ». Affaiblissement du sens puisque le mot est presque exclusivement utilisé dans le sens de « connerie ». « To bullshit » signifie «raconter des conneries », « déconner ». « Cow dung » (bouse de vache) n'a pas connu la gloire.
 
Crap
Tout proche de « shit ». Pour l'anglais, « crap » signifie : « conneries », « daube », « saloperie ». Comme adjectif, il signifiera « merdique » et comme verbe « chier ».
 
Cunt
Le mot « cunt » est peut-être le mot le plus vulgaire de la langue anglaise, en tout cas 100 fois plus vulgaire que le français « con ». A tendance à s’atténuer. On l’entend couramment dans les séries grand public : «You’re a cunt », « tu es un vrai connard ». Á l’origine, il s’agit, comme en français, du sexe de la femme («la chatte ») puis, dans un mouvement naturel de la partie pour le tout, « une pétasse ».
 
Pussy
Beaucoup plus gentil que « cunt » (« What’s New, Pussy Cat ? », délicieux film de Clive Donner et merveilleuse chanson de Burt Bacharach créée par Tom Jones). Donc « le minou ». Pour un homme, « a pussy », c’est un type qui n’en a pas.
 
Twat
Entre « cunt » et « pussy », l’anglais dispose de « twat », « chatte » et, par extension, « idiot », «connard».
 
Dick
Diminutif de Richard (Dick Rivers, ah, ah !). Tout simplement « la bite ». Par extension « connard ». « A dickhead» est une tête de nœud ».
 
Cock
Á l’origine « un coq ». Par extension « la queue », puis « connard ». « Cocksucker » sera donc le « suceur de bites » ou « l’enculé ». « Knob », qui signifie la même chose, a tendance à s’effacer.
 
Goddam
Vient de « God » (Dieu) et « damn » (« satané »). On le traduira par « nom de Dieu », « bordel de Dieu ».
 
Hell
D’abord « l’enfer ». Souvent accouplé à « bloody », un enfer sanglant qu’on pourra traduire par « bordel de merde». Et puis on l’utilise à toutes les sauces : « a Hell of a lot of people » (« des tas de gens »), « to shoot like hell» (« crier comme un malade »), « Get the hell out of here ! » (« dégage ! »), « who the hell do you think you are ? » (« tu te prends pour qui ? »), « go to hell » (« va te faire foutre »), « to give somebody hell » (« passer un savon à quelqu’un »).
 
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Slut
Très fréquent dans les séries télévisées : « chienne », « salope ».
 
Bitch
Un peu plus doux que « slut ». Á l’origine, la femelle du chien. « Son of a bitch », « fils de pute », est assez violent.
 
Whore
Quasi littéraire. Très ancien vocable qui vient du vieil-allemand. « Putain », « prostituée ».
 
Tramp
D’abord « un clochard ». Par extension « une femme qui traîne partout », « une traînée », une « Marie-couche-toi-là ».
 
Hooker
Une « whore » aux États-Unis.
 
Fag
Signifie à la fois « une clope » et « un pédé ». On dit aussi « faggot », à ne pas confondre avec « fagot », le fagot. Savoureuse allitération avec « fag hag », « une fille à pédés ».
 
Motherfucker
Très populaire. Littéralement « baiseur de mères ». Par extension « fils de pute ».
 
Turd
Littéralement « étron ». Par extension « grosse merde ».
 
Wanker
Mot qui date des années 1940 : « masturbateur ». Un « branleur », « une branleuse », « un glandeur ». On dit aussi « tosser ».
 
Pain in the ass (arse)
Popularisé par les séries étasuniennes. Littéralement « une douleur dans le cul ». Donc « un emmerdeur », «un type gonflant », « un casse-bonbons ».
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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 06:08

 

 

Les people.

 

Je crois que c’est Philippe Bouvard qui est involontairement responsable d cet emprunt ridicule. Il y a bien longtemps, il tenait une rubrique dans Paris Match qu’il avait intitulé “ Les Gens ”. Il ne s’agissait bien sûr pas du garçon boucher ou de la couturière du coin mais du “ Tout-Paris ”, de tous ces parasites dont il faisait la chronique. De manière un peu vacharde, en trouvant toujours le bon équilibre entre la perfidie pardonnée et la démagogie subtile.

 

Je ne sais plus qui transforma, il y a quelques trois décennies, ces “ gens ” en “ people ”. Pas Bouvard qui ne parla jamais un mot d’anglais.

 

Á noter – néocolonialisme quand tu nous tiens – qu’il existe à Dakar une chaîne francophone intitulée Dakar People TV, qui n’a pour l’instant pas cassé trois pattes à un canard.

 

En anglais, “ people ” n’est pas a priori laudatif. “ People ”, c’est “ les gens ”. C’est un mot pluriel au singulier : « There are lots of people around ». Sauf lorsqu’on singularise des peuples : « there are dozens of peoples in Indonesia » (il y a des douzaines de peuples en Indonésie), « The peoples of the East » (les Orientaux).

 

Lorsque Lady Diana (« the Princess of the people ») est morte, il y eut de par le monde une émotion gigantesque. Ça dura ce que ça dura malgré les efforts de la presse people mais un an plus tard il n’en restait quasiment rien. La raison, me semble-t-il, est que cette personne n’était qu’une image, à la rigueur une icône. Qu’en tant que princesse, elle n’avait rien créé. En tant que personne, elle valait toutes les personnes, ni plus ni moins. Mais en tant que « people » elle n’était que du vent. Comme tous les « people ». Le «people » est le produit de notre imaginaire, une construction qui a peu à voir avec la réalité.

 

Dans la presse « people », la tactique pour nous les offrir sur un plateau est que, plus ils sont connus, plus ils souffrent, donc plus ils nous ressemblent et plus nous pouvons nous assimiler à eux.

 

Le mot « people » est un substantif et aussi un qualificatif : « il y avait une ambiance très « people ». » Le «people » est devenu un fait de société avec la « peoplelisation ».

 

Les mots chéris des médias et des politiques (26)
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21 octobre 2020 3 21 /10 /octobre /2020 05:08

 

 

Les lecteurs de ce blog savent que je ne suis pas du genre conservateur. Sauf lorsqu’il s’agit de conserver ce qui est bon. Non à l’obsolescence programmée, non à la transformation du château de Versailles en style art-déco !

 

George Orwell est donc entré dans La Pléiade. Sous l’autorité de Philippe Jaworski, un grand traducteur, apprécié et respecté dans l’anglistique française. Mais en cette occasion, peut-être parce qu’il a voulu trop bien faire, celui-ci s’est parfois fourvoyé.

 

1984 a été traduit une première fois en français en 1950 par une institutrice et traductrice martiniquaise, Amélie Audiberti, l’épouse du dramaturge Jacques Audiberti. Elle forgea plusieurs néologismes qui, de par son intuition, sont passés dans la langue française. Le plus connu étant “ novlangue ” (newspeak) qu’elle utilisera logiquement au féminin contre d’autres utilisateurs qui masculiniseront le mot langue. Le terme de novlangue est largement sorti du petit monde des spécialistes d’Orwell. Chacun a une idée de ce qu’il recouvre, donne un sens à ce terme, même sans avoir lu 1984. Dans l’actualité récente, l’utilisation de ce vocable a reçu de vrais coups de fouet. Grâce, en particulier, à Donald Trump, ou au président de la République française, à sa manière un peu perverse. Ainsi les conseillers de Trump, qui voient des foules devant leur héros alors qu’il y a trois pelés et un tondus, ont admis l’existence de “ faits alternatifs ” lorsqu’ils décrivent un monde parallèle. Quant au banquier éborgneur,  son mensonge est consubstantiel à, nourri par, sa structuration du “ en même temps ”. Je doute que le “ néoparle ” de Jaworski, ou encore le “néoparler ” de la traduction de Josée Kamoun de 1918 (que je n’ai pas lue mais qui est très critiquée) s’imposent face à la trouvaille originale.

 

 

Le coup de génie d’Audiberti sera de garder “ Big Brother ” sans, surtout, le traduire en “ Grand Frère ”, ce que feront – ce qui était leur droit le plus strict – les traducteurs allemands ou espagnols. Jaworski a adopté une position rigide : « Je suis traducteur, donc je traduit ». Fort bien, mais on ne traduit pas toujours. Ou alors on traduit “ UNESCO ” ou “ Pravda ”. Il ne sert à rien de tenter de forger “ Grand Frère” alors que des dizaines de millions de francophones comprennent et utilisent “ Big Brother ”. Et j’ajouterai que le monde de 1984 étant un monde décalé où les horloges sonnent 13 heures, il est bien plus terrifiant – pour ne pas dire terrorisant – pour un francophone d’utiliser “ Big Brother ” que “ Grand Frère” qui fait sympa et protecteur.

 

 

Deux linguistes toulousaines, Anne Le Draoulec et Marie-Paule Perry-Woodley, ont repéré, dans le droit fil du point Godwin, un point Orwell, qu’elles ont défini ainsi : « Plus une discussion sur la langue dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant la novlangue ou George Orwell s’approche de 1 ».

 

Quant à Amélie Audibert, elle mourra à 89 ans, dans la plus grande discrétion, après avoir traduit Asimov, Elizabeth Bowen, John Wyndham et de nombreux autres. Elle n’aura reçu aucune reconnaissance de son très bon travail autour de Nineteen Eighty-Four.

 

Retraduire 1984
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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 05:08

 

 

 

Il y en a bien d’autres, mais celles-là, je les aime et les utilise, dans mon for intérieur bien sûr.

 

Á tout seigneur, tout honneur :

 

Fuck

 

On le met à toutes les sauces. A l’origine, il s’agit de « faire l’amour », mais dans un registre ordurier, obscène. Il date du XVe siècle. Son origine est allemande (« ficken »). Une légende veut que fuck vienne de « Fornication under the consent of the king » (Fornication avec le consentement du roi », mais ce n’est qu’une légende.  Les Canadiens ont franchisé le mot : « j’ai fucké cette histoire ». Comme le mot français «putain », son sémantisme s’est adoucit à mesure qu’il était utilisé par de plus en plus de gens, de plus en plus jeunes et de plus en plus âgés. Lorsque je me trouvais dans ma famille anglaise de la petite bourgeoisie au début des années soixante, jamais je n’aurais utilisé ce mot. On l’intercale désormais un peu partout : «Go the fuck to the baker’s » : (tu vas chez le boulanger, bordel). Aujourd’hui, c’est du petit lait, surtout dans le cinéma : il apparaît 569 fois dans Le Loup de Wall Street de Scorsese (3,3 fois par minute). « Fuck you » reste quand même une des insultes les plus violentes de la langue anglaise (va te faire foutre).

 

 

For fuck’s sake

Littéralement « par souci de la baise ». Par extension « putain de merde ».

 

 

Shut the fuck up

« Ferme ta putain de gueule ».

 

 

What the fuck

Renforce « what » : « C’est quoi, ce bordel ? ». Souvent réduit à « WTF ».

 

 

 

Ass (États-Unis) ou Arse (Grande-Bretagne)

« Ass » est d’abord « un âne », puis « le cul ». Et, par extension, « abruti », « crétin ». L’anglais des États-Unis nous a envahi de « assholes » (trous du cul »). Une expression plutôt ordurière qui, elle aussi, a tendance à s’atténuer.

 

 

 

Badass

Littéralement « mauvais cul ». Ce vocable qui est passé dans le français assez récemment, signifie « dur à cuire » ou « emmerdeur ».

 

 

Ass (arse)-licker

Sans problème un « lèche-cul ».

 

 

Fat ass

Toujours sans problème « gros cul ».

 

 

 

Bastard

Á l’origine « bâtard ». Au fil des jours, « salaud ». « Bloody bastard » : « sale con ». « Lucky bastard » : «gros veinard ». Plus fort que « bastard », le Britannique utilisera « scumbag » (« sac à merde »), donc «fumier ».

 

Á placer dans une conversation pour faire croire qu’on est savant : expliquer qu’un bâtard est un pain de 450 grammes entre la baguette et le pain d’un kilo. Et pour passer pour un immense philologue, dire que les Picards appellent ce pain un joko (« Ech joko ch'est un pain ed deus lives. »).

 

 

 

Bollocks

S’est également beaucoup atténué depuis que son sens est passé de « couilles » à « conneries », «mensonges».

 

 

 

« Shit »

« La merde » (allemand Scheiß). Est désormais utilisé en français dans la sens de « résine de cannabis». Les Anglais disent toujours « he had the shit this morning » (« il a eu la chiasse ce matin »). Á connaitre également : « I don’t care a shit » : « je n’en ai rien à foutre ». Mais le sens peut s’inverser : « This chocolate is the shit » : « ce chocolat est à tomber par terre ».

 

 

Bullshit

Vient des États-Unis. Littéralement « merde de taureau ». Affaiblissement du sens puisque le mot est presque exclusivement utilisé dans le sens de « connerie ». « To bullshit » signifie «raconter des conneries », « déconner ». « Cow dung » (bouse de vache) n'a pas connu la gloire.

 

 

 

 

 

Crap

Tout proche de « shit ». Pour l'anglais, « crap » signifie : « conneries », « daube », « saloperie ». Comme adjectif, il signifiera « merdique » et comme verbe « chier ».

 

 

 

Cunt

Le mot « cunt » est peut-être le mot le plus vulgaire de la langue anglaise, en tout cas 100 fois plus vulgaire que le français « con ». A tendance à s’atténuer. On l’entend couramment dans les séries grand public : «You’re a cunt », « tu es un vrai connard ». Á l’origine, il s’agit, comme en français, du sexe de la femme («la chatte ») puis, dans un mouvement naturel de partie pour le tout, « une pétasse ».

 

 

Pussy

Beaucoup plus gentil que « cunt » (« What’s New, Pussy Cat ? », délicieux film de Clive Donner et merveilleuse chanson de Burt Bacharach créée par Tom Jones). Donc « le minou ». Pour un homme, « a pussy », c’est un type qui n’en a pas.

 

 

Twat

Entre « cunt » et « pussy », l’anglais dispose de « twat », « chatte » et, par extension, « idiot », « connard ».

 

 

 

Dick

Diminutif de Richard (Dick Rivers, ah, ah !). Tout simplement « la bite ». Par extension « connard ». « A dickhead» est une tête de nœud ».

 

 

Cock

Á l’origine « un coq ». Par extension « la queue », puis « connard ». « Cocksucker » sera donc le « suceur de bites » ou « l’enculé ». « Knob », qui signifie la même chose, a tendance à s’effacer.

 

 

Goddam

Vient de « God » (Dieu) et « damn » (« satané »). On le traduira par « nom de Dieu », « bordel de Dieu ».

 

 

Hell

D’abord « l’enfer ». Souvent accouplé à « bloody », un enfer sanglant qu’on pourra traduire par « bordel de merde». Et puis on l’utilise à toutes les sauces : « a Hell of a lot of people » (« des tas de gens »), « to shoot like hell» (« crier comme un malade »), « Get the hell out of here ! » (« dégage ! »), « who the hell do you think you are ? » (« tu te prends pour qui ? »), « go to hell » (« va te faire foutre »), « to give somebody hell » (« passer un savon à quelqu’un »).

 

 

 

Slut

Très fréquent dans les séries télévisées : « chienne », « salope ».

 

 

Bitch

Un peu plus doux que « slut ». Á l’origine, la femelle du chien. « Son of a bitch », « fils de pute », est assez violent.

 

 

 

Whore

Quasi littéraire. Très ancien vocable qui vient du vieil-allemand. « Putain », « prostituée ».

 

 

Tramp

D’abord « un clochard ». Par extension « une femme qui traîne partout », « une traînée », une « Marie-couche-toi-là ».

 

 

 

Hooker

Une « whore » aux États-Unis.

 

 

Fag

Signifie à la fois « une clope » et « un pédé ». On dit aussi « faggot », à ne pas confondre avec « fagot », le fagot. Savoureuse allitération avec « fag hag », « une fille à pédés ».

 

 

Motherfucker

Très populaire. Littéralement « baiseur de mères ». Par extension « fils de pute ».

 

 

Turd

Littéralement « étron ». Par extension « grosse merde ».

 

 

Wanker

Mot qui date des années 1940 : « masturbateur ». Un « branleur », « une branleuse », « un glandeur ». On dit aussi « tosser ».

 

 

Pain in the ass (arse)

Popularisé par les séries étasuniennes. Littéralement « une douleur dans le cul ». Donc « un emmerdeur », «un type gonflant », « un casse-bonbons ».

 

Quelques insultes en anglo-étasunien
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