Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 07:06

 

 

Fabienne Boullier Cornaton. Grandeur et décadence d’une danseuse de flamenco. Paris : L’Harmattan, 2015.

 

Fabienne Boullier Cornaton narre dans ce livre des souvenirs vieux d’une quarantaine d’années. Nous sommes bien sûr en Espagne, et Franco est presque mort. Une jeune française formée à la rude école de la danse classique française (elle dansera chez Béjart) s’expatrie pour rejoindre les très nombreuses danseuses non espagnoles qui peuplent la scène flamenca tra los montes. La concurrence est rude, il faut accepter d’être traitée comme des « serpillères », un statut d’Intouchable, pour devenir un jour une flamenca accomplie et pour savoir, en fin de compte, comme tous les vrais artistes, ce que l'on n'a « pas envie de savoir ».

 

Pourquoi tant d’immigrées (françaises, nord-américaines, russes, australiennes) ? Parce que la bourgeoisie espagnole n’exhibe pas ses filles sur scène. Les danseurs sont souvent gitans, comme l’ange déchu Gabriel, au regard « voilé par les vapeurs d’alcool » et dont le couple bat de l’aile. Et qui, comme bien des Gitans, n’a que le flamenco pour manger.

 

Fabienne (je l’appelle « Fabienne » car nous fûmes amis il y a fort longtemps ; ma fille aînée fut son élève, encore subjuguée aujourd’hui) est douée d’une sensibilité rare qui s’appuie sur une grande culture artistique. Ecoutons-la voir littéralement la musique : « Il m’a fallu écouter le Tantum ergo de Duruflé. Je le connaissais et c’était même mon chant d’église préféré parce qu’il me faisait penser à des terres du Sud refroidies par la nostalgie du Nord, et qu’il aurait suffi de l’orner un peu pour l’arranger en fado portugais. Ce chant presque méditerranéen aux couleurs douces et chaudes, pour une célébration du soir douce et chaude où il ne se passe rien, rien que l’adoration, rien que le déclin du jour. » (Pardonne moi, Fabienne, je préfère celui de Verdi qui a peu à voir mais qui me rappelle la campagne parmesane ; ou encore celui de Schubert qui me vrille le cœur).

 

Fabienne a vécu l’inexorable transformation marchande du flamenco, de sa réalité au simulacre : « En se professionnalisant, en valorisant la performance et l’apparence, le flamenco perdait son âme, se vidait de sa substance […]. Il ne serait bientôt plus qu’une exploitation illimitée de pas, de figures et de rythmes, enfermées dans des formes sclérosées […]. »

 

Cet ouvrage m’a transporté « ailleurs », mais j’ai éprouvé un petit regret en le refermant, celui de ne pas avoir appris grand-chose sur la relation profonde – au delà de la quête personnelle – qui a pu unir cette danseuse à cette danse. Peut-être le parti pris d’une dérision modérée a-t-il fait écran. Je me suis plus approché de son mysticisme, de son amour exigeant à l’écriture, que de sa relation à Terpsichore.

 

 

 

 

Fabienne Boullier Cornaton en compagnie de Jean Tardieu et de son épouse.

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article
26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 06:47

 

L'Obs a publié un article passionnant du linguiste Sylvain Gatelais sur le nom de Noël :

 

La période des fêtes de Noël restent, même dans une société largement déchristianisée, l'un des temps forts qui rythment l'année.

 

Si la signification et les traditions varient d'un pays à l'autre, selon les individus ou les époques, personne ne contestera les origines chrétiennes de cette fête : il s'agit historiquement de la célébration de la naissance de l'enfant Jésus. Toutefois, les choses ne sont pas aussi simples.  

 

Les mots peuvent parfois considérablement fossiliser des pans entiers d'histoire humaine et culturelle. Ainsi, l'étymologie du mot "Noël" dans nos langues met moins au jour les racines chrétiennes de cette fête que de vieilles croyances ancestrales ou l'hégémonie culturelle et coloniale de l'Europe. Quelques surprises nous attendent. Bon voyage dans le temps ! 

 

Des origines latines : un mot qui célèbre la naissance

 

Dans toutes les langues romanes ("Navidad" en espagnol, "Natale" en italien, "Natal" en portugais, "Nadal" ou "Nadau" en occitan, "Nadal" en catalan et bien sûr "Noël" en français), le mot est issu de l'adjectif latin natalis qui signifiait "de naissance, relatif à la naissance" (de natus, "né").

 

À l'origine, il s'agissait d'une locution composée d'un nom et d'un adjectif (Dies Natalis : "jour de naissance"). C'est au latin (natalica : la fête célébrée pour une naissance) que l'on doit aussi les mots celtes : "Nollaig" en gaélique, "Nedeleg" en breton...

 

 

L'origine du mot célèbre donc clairement une naissance. On pense immédiatement à celle du Christ. Pourtant, certains historiens ont depuis le XVIIIe siècle émis l’hypothèse que le choix du 25 décembre par l'Église (on ignorait la vraie date de naissance du Christ) traduisait une volonté de concurrencer une autre fête romaine, cette fois païenne : la grande fête de la naissance du Soleil Invaincu (Dies Natalis Solis) qui mettait fin aux Saturnales (qui, comme leur nom l'indique, célébraient le dieu Saturne). On doit cette idée aux écrits du moine syrien Jacob Bar-Salibi (XIIe siècle) et, bien que toujours très populaire de nos jours, elle reste controversée. Ces fêtes des Saturnales commençaient le 17 décembre et s’achevaient le 24 : le barrières sociales disparaissaient durant quelques jours et les rôles étaient inversés (les esclaves jouissaient ainsi d'une relative liberté et dînaient même à la table des maîtres), on s'échangeait des cadeaux et on faisait bombance. 

 

Lire la suite ici.

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article
25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 07:10

Pour Marie-Antoinette. Et le bon Louis, il mangeait quoi pendant ce temps-là ? Cela se passait en 1788. Bientôt, la pilule serait plus dure à avaler que les dix plats de rôts.

 

QUATRE POTAGES

Le riz,

Le Scheiber,


Les croutons aux laitues,


Les croutons unis pour Madame.

 

DEUX GRANDES ENTRÉES

La pièce de bœuf aux choux, 
La longe de veau à la broche.

 

SEIZE ENTRÉES

Les pâtés à l'espagnol,


Les côtelettes de mouton grillées,


Les hatelets de lapereaux,

Les ailes de poulardes à la maréchale,


Les abatis de dindon au consommé,


Les carrés de mouton piqués à la chicorée,


Le dindon poële à la ravigote,


Le ris de veau au papillote,


La tête de veau sauce pointue,

Les poulets à la tartare,

Le cochon de lait à la broche,

La poule de Caux au consommé,

Le caneton de Rouen à l'orange,

Les filets de poularde en casserole au riz,


Le poulet froid,
 

La blanquette de poularde aux concombres.

 

QUATRE HORS-D'ŒUVRE

Les filets de lapereaux,


Le carré de veau à la broche,


Le jarret de veau au consommé,


Le dindonneau froid.

 

DIX PLATS DE ROTS

Les poulets,


Le chapon pané,


Le levraut,


Le dindonneau,


Les perdreaux,


Les lapreaux.

 

SEIZE PETITS ENTREMETS

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article
24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 06:57

Louis XV, dit "le Bien-Aimé", avait un solide coup de fourchette lorsqu'il consomma ce repas ordinaire à l'âge de 47 ans.

 

A 34 ans, il fut sauvé d'une grave maladie par un médecin juif, ce qui était inacceptable. On renvoya l'excellent Isaïe Cervus Ullmann à ses chères études et on fit endosser la guérison par un obscure médecin chrétien. Louis XV fit de Jeanne Poisson, fille d'un financier, sa maîtresse la plus célèbre sous le nom de Madame de Pompadour. Il eut par ailleurs une quinzaine de maîtresses favorites (dont quatre sœurs) et une bonne fournée d'enfants adultérins.

 

Il mourut de la variole dans des souffrances effroyables, empuantissant le château de Versailles. Il ne fut pas embaumé, le seul roi de France à ne pas recevoir cet hommage. Lorsque sa dépouille fut profanée en 1793 à la basilique Saint-Denis, son corps nageait dans une eau infecte, en état de putréfaction avancée. Il fut jeté dans une fosse commune sur de la chaux vive.

 

Valéry Giscard d'Estaing descend de Louis XV par les soubrettes.

 

 

PREMIER SERVICE

 

2 Oilles : une au coulis de lentilles, une à la paysanne.

2 potages : un aux laitues, une chiffonnade

8 Hors d'oeuvre : Une galantine d'oseille, d'haricots à la bretonne, d'harengs servis à la moutarde, de maquereaux à la maître d'hôtel, une omelette aux croûtons, de morue à la crème, d'harengs frais à la moutarde, de petits pâtés.

 

DEUXIEME SERVICE

 

4 Grandes entrées : un brochet à la polonaise, une hure de saumon au four, une carpe au court bouillon, une truite à la Chambord

4 Moyennes : de soles aux fines herbes, de truites grillées sauce hachée, de perche à la hollandaise, de perches au blanc, de lotte à l'allemande, de raie au beurre noir, de saumon grillé,

 

TROISIEME SERVICE

 

8 plats de Rost : de soles, de filets de brochets frits, de limandes frites, de lottes frites, de truites, de carrelets au blanc, une queue de saumon, de soles.

4 salades

 

QUATRIEME SERVICE :

8 entremets chauds : de choux fleurs au parmesan, de pain aux champignons, de rotties aux anchois, un ragoût mêlé, d'artichauts frits, d'haricots verts, de choux- raves, d'épinards.

4 froids : un buisson d'écrevisses, un gâteau à la Bavière, un poupelin, une brioche

 

 

Ci-dessous Marie-Louis O'Murphy, dite Mlle de Morphise, maîtresse non officielle du roi. Les sœurs de cette belle, peinte par Boucher, furent des prostituées notoires.

 

A table ! (5)
Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article
18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 06:07

Repas offert à Catherine de Medicis en 1549. J'aurais bien essayé les hérons, les grues, les paons et les cygnes.

 

Est-ce parce qu'elle mangeait trop qu'il fallut dix ans à Catherine pour faire un enfant ? Elle en eut dix en douze ans, dont trois rois de France. Son rôle dans le massacre de la Saint-Barthélémy fait toujours l'objet de controverses. Excellente cavalière, elle imposa le caleçon aux dames de la cour lors des promenades à cheval. La maîtresse (platonique ?) de son mari, Diane de Poitiers, avait dix-neuf ans de plus qu'elle. Ah, les Poitevines du Dauphiné !

 

 

 

Brouet de cannelle –

Potage à la bisque de pigeonneaux

Huîtres frites - Grenouilles – Hochepot


Crêtes et rognons de coq aux fonds d'artichauts


Salmis de hérons - Chapons hachés
Grues et troubles rôtis


Paons flanqués de cygnes


Rognons au fenouil


Rille à la garbure gratinée à la purée de noisette


Petits poulets au vinaigre


Cochons et rennerons rôtis


Myrobolants confits –

Moëlle de bœuf au sucre candi


Gelée de bœuf au vin d'Alicante


Aigles rôtis


Poires à l'hypocras


Bécasses et perdreaux aux truffes


Oublies –

Echaudés –

Poussins à l'orange

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article
16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 06:26

Classement établi par un jury international ne comportant pas de Britanniques.

 

Il y a une trentaine d'années, j'ai enseigné Middlemarch de George Eliot à des étudiants de Côte d'Ivoire. En présence de ce pavé de 1 000 pages, ils avaient bien voulu accepter mon jugement selon lequel il s'agissait du plus grand roman britannique. Dans la vraie vie, George Eliot s'appelait Mary Ann Evans. Elle avait choisi un pseudonyme masculin pour que les “ professionnels de la profession ”, et le public, la prennent parfaitement au sérieux (un peu comme George Sand). Publié dans les années 1870, Middlemarch est sans conteste le tableau le plus subtil de l'Angleterre victorienne. Je me réjouis pour les mannes d'Eliot qu'un jury international l'ait classé en tête de cette formidable liste.

 

 

 

 

A noter qu'une telle liste eût été impossible avec le roman français : outre les trois premiers romans, fort justement classés en tête, écrits par deux femmes, les écrivaines sont omniprésentes dans ce classement. En particulier Jane Austen, pour trois de ses livres, assurément la romancière préférée des étudiants anglicistes français. Bravo à Virginia Woolf (4 titres) et aux sœurs Brontë (trois titres). On pourra évidemment chipoter : Rushdie ou Defoe derrière Winterson ou Zadie Smith. McEwan devant Fielding ou Forster. D.H. Lawrence un peu loin. Mais l'important est que cette liste existe et qu'elle nous incite à lire ou relire des dizaines de chefs-d'œuvre.

 

 

100. The Code of the Woosters (PG Wodehouse, 1938)
99. There but for the (Ali Smith, 2011)
98. Under the Volcano (Malcolm Lowry, 1947)
97. The Chronicles of Narnia (CS Lewis, 1949-1954)
96. Memoirs of a Survivor (Doris Lessing, 1974)
95. The Buddha of Suburbia (Hanif Kureishi, 1990)
94. The Private Memoirs and Confessions of a Justified Sinner(James Hogg, 1824)
93. Lord of the Flies (William Golding, 1954)
92. Cold Comfort Farm (Stella Gibbons, 1932)
91. The Forsyte Saga (John Galsworthy, 1922)
90. The Woman in White (Wilkie Collins, 1859)
89. The Horse’s Mouth (Joyce Cary, 1944)
88. The Death of the Heart (Elizabeth Bowen, 1938)
87. The Old Wives’ Tale (Arnold Bennett,1908)
86. A Legacy (Sybille Bedford, 1956)
85. Regeneration trilogy (Pat Barker, 1991-1995)
84. Scoop (Evelyn Waugh, 1938)
83. Barchester Towers (Anthony Trollope, 1857)
82. The Patrick Melrose novels (Edward St Aubyn, 1992-2012)
81. The Jewel in the Crown (Paul Scott, 1966)
80. Excellent Women (Barbara Pym, 1952)
79. His Dark Materials (Philip Pullman, 1995-2000)
78. A House for Mr Biswas (VS Naipaul, 1961)
77. Of Human Bondage (W Somerset Maugham, 1915)
76. Small Island (Andrea Levy, 2004)
75. Women in Love (DH Lawrence, 1920)
74. The Mayor of Casterbridge (Thomas Hardy, 1886)
73. The Blue Flower (Penelope Fitzgerald, 1995)
72. The Heart of the Matter (Graham Greene, 1948)
71. Old Filth (Jane Gardam, 2004)
70. Daniel Deronda (George Eliot, 1876)
69. Nostromo (Joseph Conrad, 1904)
68. A Clockwork Orange (Anthony Burgess, 1962)
67. Crash (JG Ballard 1973)
66. Sense and Sensibility (Jane Austen, 1811)
65. Orlando (Virginia Woolf, 1928)
64. The Way We Live Now (Anthony Trollope, 1875)
63. The Prime of Miss Jean Brodie (Muriel Spark, 1961)
62. Animal Farm (George Orwell, 1945)
61. The Sea, The Sea (Iris Murdoch, 1978)
60. Sons and Lovers (DH Lawrence, 1913)
59. The Line of Beauty (Alan Hollinghurst, 2004)
58. Loving (Henry Green, 1945)
57. Parade’s End (Ford Madox Ford, 1924-1928)
56. Oranges Are Not the Only Fruit (Jeanette Winterson, 1985)
55. Gulliver’s Travels (Jonathan Swift, 1726)
54. NW (Zadie Smith, 2012)
53. Wide Sargasso Sea (Jean Rhys, 1966)
52. New Grub Street (George Gissing, 1891)
51. Tess of the d’Urbervilles (Thomas Hardy, 1891)
50. A Passage to India (EM Forster, 1924)
49. Possession (AS Byatt, 1990)
48. Lucky Jim (Kingsley Amis, 1954)
47. The Life and Opinions of Tristram Shandy, Gentleman (Laurence Sterne, 1759)
46. Midnight’s Children (Salman Rushdie, 1981)
45. The Little Stranger (Sarah Waters, 2009)
44. Wolf Hall (Hilary Mantel, 2009)
43. The Swimming Pool Library (Alan Hollinghurst, 1988)
42. Brighton Rock (Graham Greene, 1938)
41. Dombey and Son (Charles Dickens, 1848)
40. Alice’s Adventures in Wonderland (Lewis Carroll, 1865)
39. The Sense of an Ending (Julian Barnes, 2011)
38. The Passion (Jeanette Winterson, 1987)
37. Decline and Fall (Evelyn Waugh, 1928)
36. A Dance to the Music of Time (Anthony Powell, 1951-1975)
35. Remainder (Tom McCarthy, 2005)
34. Never Let Me Go (Kazuo Ishiguro, 2005)
33. The Wind in the Willows (Kenneth Grahame, 1908)
32. A Room with a View (EM Forster, 1908)
31. The End of the Affair (Graham Greene, 1951)
30. Moll Flanders (Daniel Defoe, 1722)
29. Brick Lane (Monica Ali, 2003)
28. Villette (Charlotte Brontë, 1853)
27. Robinson Crusoe (Daniel Defoe, 1719)
26. The Lord of the Rings (JRR Tolkien, 1954)
25. White Teeth (Zadie Smith, 2000)
24. The Golden Notebook (Doris Lessing, 1962)
23. Jude the Obscure (Thomas Hardy, 1895)
22. The History of Tom Jones, a Foundling (Henry Fielding, 1749)
21. Heart of Darkness (Joseph Conrad, 1899)
20. Persuasion (Jane Austen, 1817)
19. Emma (Jane Austen, 1815)
18. Remains of the Day (Kazuo Ishiguro, 1989)
17. Howards End (EM Forster, 1910)
16. The Waves (Virginia Woolf, 1931)
15. Atonement (Ian McEwan, 2001)
14. Clarissa (Samuel Richardson,1748)
13. The Good Soldier (Ford Madox Ford, 1915)
12. Nineteen Eighty-Four (George Orwell, 1949)
11. Pride and Prejudice (Jane Austen, 1813)
10. Vanity Fair (William Makepeace Thackeray, 1848)
9. Frankenstein (Mary Shelley, 1818)
8. David Copperfield (Charles Dickens, 1850)
7. Wuthering Heights (Emily Brontë, 1847)
6. Bleak House (Charles Dickens, 1853)
5. Jane Eyre (Charlotte Brontë, 1847)
4. Great Expectations (Charles Dickens, 1861)
3. Mrs Dalloway (Virginia Woolf, 1925)
2. To the Lighthouse (Virginia Woolf, 1927)
1. Middlemarch (George Eliot, 1874)

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article
8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 06:30

Menu antique

 

« Écoute le menu : le marché n’en aura point fait les frais. Des pâturages de Tiburviendra un chevreau bien gras, le plus tendre du troupeau ? Il n’aura pas encore brouté l’herbe ni osé mordre aux branches des jeunes saules :il a plus de lait que de sang ; des asperges de montagne que, laissant là son fuseau, la fermière a cueillies ; puis de gros œufs, encore tout chauds du nid, avec les poules qui les ont pondus ; des raisins conservés une partie de l’année, aussi beaux qu’ils l’étaient à leurs ceps ; des poires de Signia et de Syrie et, dans les mêmes corbeilles, des pommes au frais parfum, rivales de celles du Picenum : tu n’auras pas à les redouter, maintenant que le froid a séché l’automne et qu’elles n’offrent plus l’inconvénient d’un suc âcre encore. »

 

Juvénal XI 64-76

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article
29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 06:51

Né en 1909, Frank Gardiner Wisner (les familles Wisner et Sarkozy sont alliées) fut directeur des opérations de l'OSS en Europe du Sud. Il fut ensuite l'un des principaux fondateurs de la CIA, aux côtés d’Allen Dulles et de Richard Helms. Son rêve était de débarrasser le monde de la peste bolchévique. Il créa Radio Free Europe, une station de propagande émettant derrière le rideau de fer.

 

Il sombra dans la folie après l'opération avortée de Budapest et la sanglante répression soviétique, qui causa des centaines de morts et de disparus, ce dont il se sentit toujours coupable. Il démissionna, subit en vain des séances d’électrochocs, déclara « ne plus discuter qu’avec son revolver » fut interné, et se suicida d’un coup de revolver dans la tempe. Il fut enterré au Cimetière national d’Arlington, brave parmi les braves.

 

(Furor)

 

 

 

 

 

La photo de Gisèle Freund est bien connue : Virginia et son mari Leonard Woolf sont d’une tristesse infinie. Moins, cependant, que celle de leur chien qu’ils ont contaminé.

 

Il faudrait des pages pour résumer une telle vie et une telle œuvre. Quelques mots sur sa fin : juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale, elle écrit Between the Acts qui sera publié après sa mort. Woolf est de plus en plus dépressive. Sa maison est bombardée, la critique accueille sa biographie de Roger Fry du bout des doigts. En cas d’invasion de l’Angleterre, elle craint pour son mari qui est juif. Le 28 mars 1941, elle enfile un manteau dont les poches sont bourrées de pierres, elle entre dans la rivière et meurt noyée, peut-être en pensant à l’Ophélie d’Hamlet. On retrouvera son corps trois semaines plus tard. Son marie enterrera ses cendres dans le jardin de leur maison de campagne. Virginia avait 59 ans.

 

Woof laissera une courte lettre à son mari où elle explique qu’elle devient folle, qu’elle ne s’en sortira pas, qu’elle entend des voix et ne peut plus se concentrer. Elle l’assure qu’il l’a rendue parfaitement heureuse mais qu’il ne peut pas la sauver. Elle ne veut pas gâcher sa vie davantage. Elle termine par « Je ne pense pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l’avons été. »

 

 

 

Dearest, I feel certain that I am going mad again. I feel we can't go through another of those terrible times. And I shan't recover this time. I begin to hear voices, and I can't concentrate. So I am doing what seems the best thing to do. You have given me the greatest possible happiness. You have been in every way all that anyone could be. I don't think two people could have been happier till this terrible disease came. I can't fight any longer. I know that I am spoiling your life, that without me you could work. And you will I know. You see I can't even write this properly. I can't read. What I want to say is I owe all the happiness of my life to you. You have been entirely patient with me and incredibly good. I want to say that—everybody knows it. If anybody could have saved me it would have been you. Everything has gone from me but the certainty of your goodness. I can't go on spoiling your life any longer. I don't think two people could have been happier than we have been. V.

 

(Impatienta doloris)

 

 

 

 

 

 

Cela se passait en 1096 : Les soldats du comte de Flonheim arrivent à Worms le 18 mai 1096. Peu de temps après, le bruit court que les Juifs ont empoisonné les puits et qu’ils auraient noyé un chrétien. L’évêque de Worms tente de protéger les Juifs en les hébergeant dans son palais que la population locale et les croisés prennent d’assaut. Refusant le baptême censé les sauver de l’enfer, 800 juifs sont massacrés par les 10 000 hommes du comte, à l’exception de quelques-uns qui se suicident. A la même époque, d’autres Juifs seront massacrés à Mayence ou Cologne.

 

Un des grands massacreurs de l’époque ne fut autre que l’Amiénois Pierre l’Hermite qui sévit à Nicée, Antioche, Jérusalem. Il avait été marié, fait deux enfants à sa Béatrix avant de se convertir.

 

(Substractio)

 

 

 

 

 

En finir ! (96)
Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article
25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 06:44

Ou : comment massacrer deux langues en un seul mot !

Méprisons la langue française (40)
Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article
23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 06:25

Ce mot est, aujourd’hui est mis à toutes les sauces. Or l’abus de sauce tue la sauce :« Qatar-bashing : 3 critiques fallacieuses à déconstruire »

 

« Bashing » est principalement utilisé dans les pays de langue anglaise pour évoquer des conduites homophobes : « Gay-bashing attacks on the rise in city, could double last year’s total ». Il s’était répandu dans les années soixante-dix en Grande-Bretagne par l’entremise des skinheads pour stigmatiser les Pakistanais ou les attaquer physiquement (« Paki-bashing »). Le sens premier de « to bash » est donner un coup (de poing). Par extension maltraiter, rudoyer et, au sens figurer, dénigrer de manière systématique. C’est ce dernier sens que le franglais a favorisé : « Arrêtons le " France bashing " », Le Monde,‎ 22 janvier 2013. On remarque que l’antéposition du complément (« Hollande bashing » au lieu de « l’acharnement contre Hollande ») est une construction qui ne correspond pas au génie de la langue française.

 

Utiliser « bashing » par paresse en toute circonstance appauvrit la langue et banalise, en la masquant, la violence du comportement.

 

On préfèrera

 

-       au sens propre : tabassage, matraquage, volée de bois, ratonnade, brutalités, expéditions punitives,

-        

-       au sens figuré : dénigrement, débinage, lynchage médiatique, persiflage, charge systématique, curée, jeu de massacre.

 

Repost 0
Published by Bernard Gensane - dans culture
commenter cet article

  • : Le blog de Bernard Gensane
  • Le blog de Bernard Gensane
  • : Culture, politique, tranches de vie
  • Contact

Recherche