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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 05:45

Je reprends ici un article du Blog de Descartes

 

« Le désordre est le meilleur serviteur de l’ordre établi. » (Jean-Paul Sartre)

Dieu sait que je ne suis pas du genre à demander à tort et à travers des démissions, et encore moins à crier « qu’ils s’en aillent tous ». Je trouve d’ailleurs ce genre de comportement assez infantile, parce que les démissions amènent rarement des améliorations – on sait ce qu’on perd et on ne sait pas ce qu’on gagne – et parce que le cri « qu’ils s’en aillent tous » est souvent proféré par des vieux chevaux de retour qui, on ne sait pas pourquoi, s’excluent un peu vite du « tous » et ne songent en fait qu’à prendre la place des partants. Mais il y a des moments ou mes convictions vacillent. C’est le cas par exemple lorsque je regarde l’affaire des déclarations de Frédérique Vidal sur « l’islamogauchisme ». Une affaire qui révèle le degré de n’importe quoi qu’on a atteint dans la gestion des affaires publiques sous la présidence d’Emanuel Macron.

Frédérique Vidal doit démissionner. Non qu’elle se soit trompée sur la réalité – l’islamo-gauchisme, et d’une façon générale le préjugé que les minorités opprimées ou supposées telles ont du fait de cette oppression le droit d’imposer leur loi aux autres –  est malheureusement une réalité bien présente dans le système universitaire et dans les milieux de la recherche français. On se souvient de l’affaire des « Suppliantes », qui avait vu des groupes « racialistes » soutenus par le principal syndicat étudiant « de gauche » empêcher la représentation à la Sorbonne de l’œuvre de Sophocle au prétexte que la mise en scène serait « raciste ». On avait pu apprécier à l’époque la timidité des réactions – et je pèse mes mots – des autorités universitaires (1), sans commune mesure avec celles qu’a provoquée la sortie du ministre. Non, la faute de Frédérique Vidal est d’un autre ordre : c’est d’avoir confondu le scientifique et le politique, et partant de là, de ne pas jouer un véritable rôle de ministre.

Frédérique Vidal pense que l’islamo-gauchisme est une menace ? Que certains enseignements ou recherches relèvent plus du militantisme que de l’activité scientifique ou académique ? Veut-elle objectiver et mesurer le phénomène ? Dans ce cas, elle a à sa disposition un corps de fonctionnaires, l’inspection générale de l’enseignement supérieur et la recherche, dont la mission est précisément de faire ce type d’investigations. Et ce type d’investigation n’a rien de « scientifique » : il s’agit d’établir simplement des faits. Ce dont il s’agit, ce n’est pas d’une « étude scientifique » comme celle qu’elle se propose de confier au CNRS, mais bien une inspection ministérielle pour constater les faits et proposer des solutions – et éventuellement des sanctions. Et non seulement le ministre est légitime pour ordonner une telle inspection, c’est son devoir : si les faits qu’elle évoque sont exacts, alors c’est la neutralité du service public – dont le ministre est garant – qui se trouve menacée.

Je ne peux comprendre qu’un ministre puisse commettre une erreur aussi élémentaire. Autrefois, avant de sortir pareille proposition, un ministre aurait discuté cela avec son cabinet, demandé l’avis de la direction générale compétente… mais aujourd’hui, dans le royaume du « pourquoi pas » qu’est devenu notre pays, on annonce d’abord et on réfléchit ensuite. Un ministre devant un micro se sent obligé de dire ce qui lui passe par la tête, sans qu’il y ait un processus de réflexion collective et d’analyse préalable. Et comme on leur tend souvent le micro, les bourdes s’accumulent au point que la parole d’un ministre ne vaut plus rien. Les ministres n’ont toujours pas compris qu’ils ne sont pas des personnes privées, mais les chefs d’une administration. Qu’ils n’ont plus d’opinion personnelle, mais expriment une position institutionnelle. Un ministre ne peut pas dire « j’aime ceci » ou « je n’aime pas cela ».

Certains s’imaginent que la déclaration de Frédérique Vidal n’est qu’un rideau de fumée pour détourner l’attention de la problématique de la condition étudiante qui devrait être, si l’on croit certains, sa principale préoccupation. C’est là encore un aperçu de l’extension infinie du n’importe quoi dans la gestion des affaires publiques. Vidal est ministre de l’enseignement supérieur, pas ministre de la condition étudiante. Son mandat, c’est de s’assurer que les universités proposent aux citoyens une formation de haut niveau, que les instituts de recherche préservent et enrichissent le potentiel scientifique et technique de la nation. Mais pourquoi diable le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche – tout comme les autorités universitaires, d’ailleurs – doivent s’occuper de l’état mental des étudiants ?  Depuis quand le bonheur ou la dépression des étudiants est son problème ? On voit là la dérive clientéliste de la politique du « care » : le ministre de l’enseignement supérieur ne s’occupe pas de l’enseignement supérieur, mais des personnes qui le fréquentent. Son rôle n’est pas de s’assurer qu’ils bénéficient de lieux d’enseignement et d’enseignants de qualité, mais aussi de les soigner, de les nourrir, de leur trouver un travail, de les envoyer chez le psy… et pourquoi pas un petit ou une petite amie, puisqu’on y est ?  Le ministre de l’enseignement supérieur doit-il créer des bordels universitaires pour résoudre la misère sexuelle des étudiants ?

Il arrive un moment où l’on est obligé de se frotter les yeux et de se demander si l’on ne rêve pas. Et si les ministres sortent en permanence de leur rôle, ce n’est pas mieux ailleurs. De ce point de vue, la réaction du CNRS à la déclaration de Frédérique Vidal mérite d’être soulignée comme exemple de contribution citoyenne au grand n’importe quoi. Voici le texte de la déclaration publiée à cette occasion :

« L’islamogauchisme », slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique. Ce terme aux contours mal définis, fait l’objet de nombreuses prises de positions publiques, tribunes ou pétitions, souvent passionnées. Le CNRS condamne avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique, indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques. Le CNRS condamne, en particulier, les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de « race », ou tout autre champ de la connaissance. »

On ne sait s’il faut rire ou pleurer. Si l’on comprend bien les rédacteurs de cet étrange texte, c’est mal de «délégitimer » les « travaux sur le terme de race », alors que le terme « race » ne correspond, de l’avis de la plupart des spécialistes, à aucune « réalité scientifique ». Par contre, hors de question de « légitimer » les recherches sur le terme « l’islamogauchisme » au prétexte que celui-ci « ne correspond à aucune réalité scientifique ». Ici, le CNRS « condamne » ceux qui délégitiment tout champ de la connaissance », tout en délégitimant un « champ de connaissance » particulier. Vous avez dit contradiction ?

Qu’une institution scientifique parmi les plus importantes du pays tienne un langage contradictoire quant à la légitimité d’une recherche, c’est en soi consternant. Mais ce n’est pas là le plus grave. Le plus sérieux est que le CNRS dans cette déclaration s’érige lui-même en législateur et en juge, se permettant de « condamner » ceux qui ne se conformeraient à sa vision du monde. Or, le CNRS est, jusqu’à nouvel ordre, un établissement public administratif, financé par le budget de l’Etat, c’est-à-dire, l’argent des contribuables. Comment un tel organisme peut-il « condamner » telle ou telle position sans manquer à son devoir de neutralité ? Imagine-t-on le Commissariat à l’énergie atomique « condamner » la décision de fermeture de la centrale de Fessenheim, le Musée du Louvre « condamner » la politique budgétaire du ministère de la culture ?

Universitaires et chercheurs aiment parler de la sacro-sainte « indépendance académique ». Ils oublient que toute liberté implique une responsabilité. Si le citoyen-contribuable permet aux membres des institutions de recherche et d’enseignement supérieur de se gouverner elles-mêmes, c’est parce que ces institutions acceptent en retour de faire leur propre police, s’engagent à maintenir un haut niveau académique et à sanctionner elles-mêmes les charlatans et les faussaires. Et parmi ceux-ci, ceux qui prétendent asservir la recherche à des considérations idéologiques. Quand on constate que non seulement les brebis galeuses ne sont pas sanctionnées mais, pire, qu’elles prennent le pouvoir, alors le pouvoir politique, le seul qui détient un mandat du peuple souverain, est parfaitement légitime pour intervenir. Si l’Université ou le CNRS ne veulent pas voir le pouvoir politique leur dire quels sont les « champs de la connaissance » qui sont légitimes et ceux qui relèvent du militantisme – voire du charlatanisme – ils n’ont qu’à faire leur police eux-mêmes.

C’est pourquoi, si Frédérique Vidal doit partir dans la charrette, la place à côté d’elle doit être réservée au président du CNRS. Ce serait une façon salomonique – à défaut d’être jupitérienne – de rappeler un peu tout ce beau monde à ses devoirs. Un ministre ne peut pas se permettre de dire n’importe quoi, le président du CNRS non plus.

Islamo-gauchisme : carrière médiatique d'une notion polémique

 

Quant à « l’islamogauchisme », il n’est pas inutile de rappeler que le terme a été forgé par Pierre-André Taguieff, lui-même universitaire et… directeur de recherches honoraire au CNRS. A l’époque, si ma mémoire ne me trompe pas, la vénérable institution n’avait pas cru nécessaire de sanctionner un éminent sociologue au prétexte que le terme « ne recouvrait aucune réalité scientifique ». La formule elle-même est intéressante : c’est quoi une « réalité scientifique », et c’est quoi la différence avec une « réalité » tout court ? Karl Popper nous donne la règle pour savoir si un énoncé est « scientifique » : il faut et suffit que l’énoncé en question soit « falsifiable », c’est-à-dire, qu’on puisse concevoir une expérience – même imaginaire – dont le résultat pourrait mettre l’énoncé en question en défaut. Ainsi, par exemple, l’énoncé « il existe un dieu tout puissant créateur de la terre et du ciel » n’est pas un énoncé scientifique, puisqu’aucune expérience ne peut le mettre en défaut. Cela n’implique pas que l’énoncé soit vrai ou faux, simplement que ce n’est pas une matière pour les scientifiques. Mais à ma connaissance il n’y a aucune méthode pour savoir si un terme « recouvre une réalité scientifique ». Et ceux qui considèrent que le terme est mal défini devraient faire attention à ne pas utiliser des termes qui le sont encore plus mal…

L’islamogauchisme recouvre, n’en déplaise à certains, une réalité : celle d’une gauche qui, faisant jouer le mécanisme idiot de « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » tend à caresser dans le sens du poil l’islam politique le plus obscurantiste, le plus rétrograde. De Michel Foucault chantant les louanges de l’ayatollah Khomeini à Jean-Luc Mélenchon défilant à l’appel d’une organisation liée aux Frères musulmans, en passant par les candidates voilées du NPA, le terme recouvre une réalité qui a été décrite d’une façon assez cohérente. C’est déjà un bon point de départ, même si cette description ne remplit pas – encore ? – tous les critères pour être reconnue comme « scientifique ».

Il n’est pas inutile d’ailleurs de se demander pourquoi la déclaration de Frédérique Vidal a fait autant de bruit. Car si l’islamogauchisme était un objet inexistant, comme les licornes, le fait que la ministre lance une mission pour le rechercher ne devrait défriser personne. Si cela provoque autant de bruit, c’est parce que la galaxie qui vit de la charlatanerie sociologique organisée sait parfaitement la précarité de sa position. Poser la question de l’asservissement de la science au militantisme, c’est poser la question de la légitimité de tous ces gens. Les honnêtes travailleurs doivent-ils continuer à payer des impôts pour rémunérer des politiciens déguisés en scientifiques ? On peut comprendre qu’une telle question dérange…

Descartes

(1) Il est effrayant de constater qu’à l’époque ce coup de force des associations « antiracistes » et des syndicats étudiants n’avait donné lieu qu’à des protestations feutrées, alors que la demande de Frédérique Vidal a provoqué une levée de boucliers allant jusqu’à la conférence des présidents d’université. Comme quoi l’université française connaît ses priorités…

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25 février 2021 4 25 /02 /février /2021 06:28
 

Nous sommes en juin 1968 à Amiens.

Le 12, le quotidien local Le Courrier Picard publie un communiqué de l’ORTF Amiens-Picardie. La station régionale explique pourquoi elle est en grève. Elle annonce que des tracts seront distribués dans la ville et que le soir, à 21 heures, un grand meeting-gala se tiendra au cirque municipal (une construction en dur bien connue des Amiénois pouvant contenir 6 000 spectateurs). Interviendront le journaliste sportif François Jannin (spécialiste de la natation et ardent militant syndicaliste), Michel Drey, également du service des sports, le présentateur Gérard Klein, dont les sympathies de gauche sont discrètes mais connues, et le chanteur Jo Dassin.

Le 13 juin, jour du gala, Le Courrier Picard apporte d’importantes précisions. Jacques Dutronc (disons anar de droite), Françoise Hardy, Marie Laforêt et Éric Charden (clairement de droite) seront de la fête. Il est signalé que Joe Dassin fera malheureusement faux bond.

Tout cela pour dire que, alors que le mouvement était en phase de recul, qu’Hubert Beuve-Méry, le patron du Monde, retour de Madagascar, avait traité les manifestants de « voyous » et que Bertrand Girod de l’Ain venait de comparer, dans l’édition du 12 juin, la Sorbonne à un « bateau ivre », d’importantes vedettes de la chanson, nullement en phase avec les soixante-huitards, surfaient sur la vague encore quelque peu tourbillonnante d’événements qui avaient sidéré De Gaulle et que Pompidou n’avait pas vu venir.

Ces vedettes viendront toutes seules et rapidement à résipiscence.

 

Document transmis par mon ami et camarade Claude Dewaele

 

Mai 68. Dutronc, Hardy et quelques autres
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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 06:13

 

 

Et je ne suis pas le seul. Je l’ai rencontré il y a une quarantaine d’années, comme tout le monde (même si le concept d'islamophobie-gauchisme n'est apparu que vers 2000). Á ceci près que, s’il s’agissait bien d’islamisme radical, il ne s’agissait pas forcément de gauchisme mais, en France, d’une posture d’extrême gauche hors parti communiste. Dans ce contexte, la figure de Michel Foucault, lui qui fut l’un des plus importants intellectuels des années 60-80, s’impose. En 2009, il était l’auteur en sciences humaines le plus cité au monde.

 

Foucault est né dans la grande bourgeoisie poitevine. Ses parents occupaient le plus bel hôtel particulier de Poitiers. Par une ironie dont l’histoire a le secret, cet hôtel fut racheté par le ministère de la Justice à cette famille dont le plus illustre rejeton avait écrit Surveiller et punir, naissance de la prison.

 

Son positionnement politique fut toujours très à gauche. Ayant pu assister à quelques-uns de ses cours à l’Université de Vincennes en 1970, je peux attester ses prises de position sans faille.

 

En 1978, cela dit, après le massacre de la place Jaleh à Téhéran, il se rend dans le pays. Le régime du Chah avait réprimé dans le sang une manifestation d’étudiants (provenant pour beaucoup d’institutions religieuses) qui fit plusieurs milliers de morts. Foucault écrivit alors plusieurs articles pour le Corriere della Serra. Sans soutenir explicitement Khomeini, Foucault est alors solidaire de l’alliance – qui ne durera pas – entre les religieux et les communistes visant à abattre le Chah, suppôt de l’impérialisme étasunien. Une fois le chah expulsé du pays, Foucault – qui avait rendu visite à Khomeiny dans les Yvelines – se dit ému par les projets du régime des mollahs : « Je me sens embarrassé pour parler du gouvernement islamique comme “ idée ” ou même comme “ idéal ”. Mais comme “ volonté politique ”, il m'a impressionné. Il m'a impressionné dans son effort pour politiser, en réponse à des problèmes actuels, des structures indissociablement sociales et religieuses ; il m'a impressionné dans sa tentative aussi pour ouvrir dans la politique une dimension spirituelle. » (Michel Foucault, “ Á quoi rêvent les Iraniens, Le Nouvel Observateur, no 727, 16- 22 octobre 1978, pp. 48- 49).

 

Mais Foucault va surtout être émotionné par la violence de la révolution, par un passage à l’acte cathartique : « La force, celle qui peut faire soulever un peuple non seulement contre le souverain et sa police, mais contre tout un régime, tout un mode de vie, tout un monde ».  Le 11 février 1979, au lendemain de la prise de pouvoir par Khomeiny, il exulte : « La révolution a eu lieu en Iran. Cette phrase, j’ai l’impression de la lire dans les journaux de demain et dans les futurs livres d’histoire. (…) L’histoire vient de poser au bas de la page le sceau rouge qui authentifie la révolution. » Foucault a trouvé dans cette révolution un événement historique qui transcende la théorie. Il est fasciné par ces « hommes aux mains nues » qui se sont levés pour « soulever le poids formidable qui pèse sur chacun de nous, mais, plus particulièrement sur eux, ces laboureurs du pétrole, ces paysans aux frontières des empires : le poids de l'ordre du monde entier. C'est peut-être la première grande insurrection contre les systèmes planétaires, la forme la plus moderne de la révolte et la plus folle. » Décédé en 1984 du sida, Foucault verra se déchaîner un régime condamnant à mort par pendaison ou lapidation les homosexuels et les femmes infidèles.

 

Moins lyrique – mais tout autant d’extrême gauche que l’auteur de Folie et déraison, Jean-Paul Sartre va voir dans Khomeiny, dans la mesure où il aura renversé l’homme-lige de l’impérialisme étasunien, celui qui pourra faire émerger un régime anti-colonialiste et anti-impérialiste. Lui aussi se branchera spirituellement sur Neauphle-le-Château. Il inscrira l’action de Khomeiny dans la continuité des mouvements d’émancipation révolutionnaire des années cinquante. Décédé en 1980, Sartre n’aura pas le temps de voir à l’œuvre une théocratie religieuse condamnant à mort les hérétiques.

 

Avec Simone de Beauvoir et son Comité international du droit des femmes, Sartre aura tout de même le loisir de patronner et d’encourager une délégation de femmes à Téhéran, comprenant notamment Sylvie Caster, Catherine Clément, Martine Franck, Françoise Gaspard, Paula Jacques, Katia Kauppe, Maria-Antonietta Macciocchi, Michèle Manceaux, Hélène Védrine. Ces militantes se verront opposer des raisonnements de ce style : « On ne peut parler de façon absolue d'égalité des sexes. La nature ne l'a pas voulu non seulement pour la race humaine, mais pour aucun règne, qu'il soit végétal ou animal... Le premier droit d'une femme est d'avoir un mari (...) pour être mère (...). On ne peut priver une femme de ces droits et la condamner à avoir la vie de prostituée ou de maîtresse...Si le voile est bon pour la révolution, il est bon pour la télévision aussi. » Certaines de ces militantes accepteront de porter le voile pour rencontrer l’ayatollah. D’autres refuseront sur le conseil ferme de Simone de Beauvoir. Avec beaucoup de lucidité, l'autrice du Deuxième sexe avait précédemment envoyé un message de soutien à la militante féministe Kate Millett : « Aujourd'hui la condition des femmes en tant que telles est en question, et c'est ce qui motive notre émotion. Jusqu'ici toutes les révolutions ont exigé des femmes qu'elles sacrifient leurs revendications au succès de l'action menée essentiellement ou uniquement par des hommes. Je m'associe au vœu de Kate Millett. Et de toutes mes camarades qui se trouvent en ce moment а Téhéran : que cette révolution fasse exception ; que la voix de cette moitié du genre humain, les femmes, soit entendue. Le nouveau régime ne sera lui aussi qu'une tyrannie s'il ne tient pas compte de leurs désirs et ne respecte pas leurs droits. » Il faut dire qu’en tant que citoyenne des États-unis et homosexuelle, Kate Millett était particulièrement exposée aux fureurs islamistes. Pour Khomeiny, « les femmes musulmanes ne sont pas des poupées, elles doivent sortir voilées et ne pas se maquiller, elles peuvent avoir des activités sociales, mais avec le voile ». Il annonce que les employées des agences gouvernementales doivent porter le hijab islamique, sous peine de se voir refuser l'accès à leur poste. Des centaines de  milliers de femmes descendront dans la rue tête nue le 8 mars 1979. Pour la dernière fois.

 

 

 

 

 

 

L’islamo-gauchisme existe et je l’ai rencontré
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23 février 2021 2 23 /02 /février /2021 06:00

 

Chaque voiture-radar rapporte plus de 200 000 euros par an à l’État. Á raison de six heures par jour, conduite par le salarié d’une société privée. Pour ne plus y revenir, l’information selon laquelle le frère de l’ancien ministre de l’Équipement et des Transports, le vicomte Gilles-Marie-Ghislain-Louis Gauteron de Robien, serait partie prenante est fausse.

 

Plus le nombre de ces voitures augmentera, ce qui est prévu, plus les déplacements des automobiliste seront anxiogènes. Je donne un exemple personnel de ce qui peut arriver. Il y a quelques années, je suis « flashé » à 40 km/heure dans une zone urbaine limitée à 30. Je reçois une amende que je paye et qu’ensuite je conteste devant la juridiction idoine. J’explique à la présidente de ce tribunal que la zone péri-urbaine par laquelle je passais était passablement animée. J’avais donc concentré mon attention, non sur la limitation de vitesse mais sur ce qui pouvait débouler à tout instant sur la chaussée. La présidente ne voulut rien entendre et confirma l’amende. « Fort bien », dis-je. « La prochaine fois, je regarderai mon compteur et tant pis pour un enfant qui se précipitera sur la route pour récupérer un ballon ou pour une vieille dame sourde et mal-voyante qui traversera la route inopinément. »

 

Ce qui compte pour nos gouvernants, ce n’est pas la sécurité routière mais la sécurité des constructeurs et gestionnaires de radars (Atos, Safran). La multiplication des radars fixes ou mobiles n’a pratiquement aucune incidence sur le nombre de morts et de blessés. Dans la mesure où la majorité des infractions concerne des dépassements de quelques kilomètres, il faut voir la règlementation comme une punition. Une punition dangereuse pour la collectivité car la hausse de la mortalité routière en France a augmenté en 2014, 2015, 2016, 2019. Cette punition rapporte 900 millions par an d’euros à l’État dont 240 sont réinjectés dans les radars. Mais 8% seulement des amendes servent à améliorer l’état des routes.

 

La propagande gouvernementale nous cite une statistique magique : 1% de vitesse en moins déboucherait sur 4% de morts en moins. Ce pourcentage nous vient de la Suède des années 1960 ! Á noter également que lorsque la maréchaussée ne parvient pas à déterminer de manière sûre la cause d’un accident, il lui est loisir d’indiquer la vitesse comme responsable. On a aujourd’hui le même phénomène – même si comparaison n’est pas raison –  avec des morts à l’hôpital qui sont déclarés COVID…

 

En 2008, Atos est gérée par l’ancien ministre Thierry Breton. Celui-ci deviendra commissaire européen d’extrême justesse : la commission chargée d’examiner sa candidature décidant à 12 voix contre qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêt entre sa participation à Atos et sa nomination comme commissaire pour le marché intérieur. Or, de 2008 à 2019, Breton (pour un salaire annuel de 6 millions d’euros – salaire fixe, part variable et rémunérations en actions) a dirigé une entreprise fournissant des solutions en télécommunication et électronique, pour la défense ou l’aéronautique, ainsi que pour des fichiers administratifs. Comme, par exemple, le fichier français TES qui contient les données personnelles et biométriques des Français pour les cartes d’identité et les passeports. Cette entreprise sévit également outre-Manche dans le secteur des services sociaux privatisés où l’on a licencié à tour de bras tout en réduisant les dépenses sociales. Autre ancien ministre des Finances, Francis Mer, a été nommé vice-président du groupe Safran en 2011. Quant à l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui a imposé la limitation de vitesse à 80 km/h, il a intégré le conseil d’administration d’Atos en octobre 2020. Tout se tient et explique pourquoi les « copains et les coquins » nous infligent 13 millions de PV pour excès de vitesse par an.

 

 

 

Automobilistes : l’arnaque à la « sécurité » va s’amplifiant

 

Les radars ne sont pas les grands responsables de la baisse de la mortalité routière. Entre 1972 et 2003, année de l’apparition du premier radar, celle-ci a chuté spectaculairement de 17 799 à 6 126, ce malgré l’augmentation importante et constante du traffic. Á l’occasion de la révolte des Gilets jaunes et de l’annonce de la limitation à 80 km/h, 581 radars ont été détruits. Dans la logique de nos gouvernants, la mortalité aurait dû faire un bond en 2019. Or elle a baissé, avec 186 morts en moins qu’en 2018. Pour la raison très simple que 70% des accidents mortels ne sont pas dûs à la vitesse.

 

Pour une meilleure sécurité routière, le flicage des automobilistes ne sert à rien. Il faut entretenir les routes, faire entrer dans les écoles une véritable culture de la conduite automobile. Il faut cesser de considérer les conducteurs comme des robots uniquement préoccupés des panneaux de limitation de vitesse (il n’est pas rare de voir cinq changements de vitesse en deux kilomètres) afin qu’ils n’écrasent pas les vieilles dames. Il faut expulser du paysage routier les voitures pièges conduite par des employés du privé. Il faut que l’État, donc les citoyens, se réapproprient pleinement la sécurité routière.

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 06:21

 

 

Ces repas ont été promis à tous les étudiants, y compris les non boursiers et les étrangers. Dans de nombreux endroits, ils ne sont pas fournis car des restaurants universitaires sont fermés puisque les contrats précaires qui y faisaient tourner les CROUS restent supprimés. Privées de subventions de l'État, les universités ont de plus en plus recours aux contractuels, précaires etc.

 

Les files d’attente s’allongent, atteignant parfois  trois heures comme à Paris.

 

Il faut toujours avoir à l’esprit que quasiment la moitié des étudiants sont, dans le civil si l’on peut dire, des travailleurs précaires. Durant le premier confinement, un étudiant sur cinq avait perdu son emploi. D’autres – ou les mêmes parfois – ont vu leurs bourses et leur APL baisser.

 

 

 

PS : à propos des APL : la mère d’une de mes amies, âgée de 101 ans, coule ses derniers jours heureux dans une maison de retraite. L’administration vient de lui supprimer 200 euros d’APL. Mon amie, qui n’a pas eu une carrière professionnelle rectiligne, touche une retraite de 500 euros par mois. Son mari, heureusement, perçoit mensuellement 2400 euros. Elle et lui devront donc désormais se priver de 200 euros de plus pour aider leur mère et belle-mère.

 

La (sur)vie de millions de Français : à un bout de la chaîne, des jeunes, à l'autre bout, des vieux.

 

L’arnaque des repas à 1€ pour les étudiants
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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 06:14

Je reprends ici le blog de Jean Lévy.

 

On se demande souvent pourquoi la France, un pays doté d’une Sécurité sociale, d’instituts de recherche et d’un groupe pharmaceutique mondial, n’a pas réussi à produire de vaccin et ne parvient pas à contribuer à la fin de l’épidémie de Covid. L’explication est simple : derrière le volontarisme affiché du gouvernement et son zèle quand il s’agit de nous priver de liberté pour des raisons sanitaires, ce qui nous arrive n’a pas du tout infléchi le cap fixé par la bourgeoisie aux gouvernements successifs depuis 15 ans.

1 – Economies réclamées à l’Assurance maladie en 2021 : 4 milliards… comme en 2019

A l’automne dernier, le Parlement a voté la loi de financement de la Sécurité sociale déposée par le gouvernement. Chaque année, elle donne des objectifs budgétaires aux différentes branches de la sécu, dont l’Assurance maladie, pour l’année suivante. 

Eh bien pour 2021, c’est 4 milliards d’économie qui sont réclamés à notre système de santé. Comme en 2019, comme si de rien était. 

Le « quoi qu’il en coûte » n’était donc, on le sait, qu’un mensonge de plus. Macron et ses semblables n’ont jamais eu l’intention d’infléchir le processus amorcé depuis plusieurs décennies et intensifié depuis environ 15 ans, quand Sarkozy est arrivé au pouvoir, quand Hollande a mené une politique d’austérité et quand Macron a été désigné par sa classe sociale pour achever de tout péter. 

2 – Les crédits publics pour la recherche et développement dans la santé ont baissé de 28% depuis 2011

En 2000, la France était le premier système de santé du monde. 20 ans plus tard, on patauge dans le chaos semé intentionnellement par nos dirigeants. Chaque hôpital a dû traquer toute source d’économie pour tenir les milliards réclamés chaque année. Chaque centre de recherche a dû se serrer la ceinture. Parmi ce qu’il reste de la recherche publique, l’institut Pasteur (qui collabore avec le groupe privé Merck) a échoué dans sa recherche vaccinale. Cela s’explique par des raisons scientifiques mais aussi par le sous dimensionnement de notre recherche publique. Dans une note, le Conseil d’Analyse Économique (qui conseille le Premier ministre) nous apprend qu’entre 2011 et 2018, les crédits publics pour la Recherche et Développement dans la santé ont baissé de 28% !

3 – Les dividendes versés aux actionnaires de Sanofi ont été multipliés par 11,5 depuis 2000

L’Etat s’est désengagé de la recherche pharmaceutique. Sanofi, filiale de l’ex-groupe public ELF, a pour passion principale la distribution de dividendes. L’entreprise multinationale continue à l’heure actuelle de licencier des chercheurs en France : 364 rien que cette année. Il faut dire qu’elle s’en fout prodigieusement de l’intérêt des citoyens, de quelque nationalité qu’ils soient. Comme toutes les entreprises capitalistes, elle est prête à tout pour augmenter ses profits, y compris à organiser des pénuries pour mieux négocier ses prixDepuis 2000, les dividendes distribués aux actionnaires ont été multipliés par 11,5, alors que ses profits n’étaient multipliés « que » par trois. Pour 2021, l’entreprise a annoncé un versement de dividende autour de 4 milliards d’euros !

Désormais, Sanofi est en retard dans la « course aux vaccins », qui oppose des multinationales qui travaillent dans le plus grand secret, sans échanger leurs données de recherche. Quelle absurdité ! Nous avons des centaines de chercheurs qui travaillent chacun dans leur coin pour Astra Zeneca, Pfizer, Moderna, Sanofi et ne coopèrent pas. Chacun agit ainsi car la recherche sanitaire est parasitée par le système des brevets, qui donne la propriété intellectuelle à quelques grandes multinationales. Et ce alors que l’humanité fonctionne à l’arrêt et que des millions de personnes meurent ! Et il faudrait continuer à dire que le capitalisme est le système le plus efficace ?

On pourrait faire autrement

Nos États capitalistes se soumettent aux règles du jeu de l’industrie pharmaceutique parce qu’ils le veulent bien. On pourrait faire autrement. L’Etat pourrait produire lui-même, dans des usines réquisitionnées, le vaccin de Pfizer, de Moderna ou d’Astra Zeneca, en mettant fin à cette dictature du brevet pharmaceutique. La loi lui en donne le droit : en cas d’urgence sanitaire, le gouvernement peut obtenir d’office une licence d’exploitation d’un produit pharmaceutique. Le code de propriété intellectuelle le prévoit à l’article L613-19. Des médecins et des politiques le demandent déjà. Ce mouvement de levée des brevets pharmaceutiques pourrait se faire au niveau mondial, pour faire en sorte que ce ne soit pas seulement les pays riches qui soient en mesure de donner suffisamment aux labos pour être livrés les premiers.

C’est que l’urgence dirait de faire, ainsi que le bon sens. Mais ce n’est pas ça qui gouverne Emmanuel Macron. Même en pleine épidémie mondiale, lui et ses proches ont d’abord en tête les intérêts de leurs amis. Serge Weinberg, président du Conseil d’administration de Sanofi, est celui qui a permis à Macron de devenir millionnaire en travaillant pour la banque d’affaires Rothschild. Comme le dit l’économiste Eloi Laurent, il est faux de dire que nous vivons en dictature sanitaire. Ce ne sont pas des considérations sanitaires, la volonté de sauver des vies et de protéger les plus faibles en améliorant notre système de santé qui guident le gouvernement. Nous vivons, comme avant, dans une dictature de classe, où l’objectif, même en plein Covid, reste de donner aux riches.

L'assassinat, à petit feu, de la Sécurité sociale
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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 06:06

En 2017, les pauvres qui ont voté Le Pen (j'exclus les vraiment convaincus) l'ont fait sur la base un peu simplistes : on a tout essayé sauf le FN, alors il faut  donner sa chance à Marine. En 2022, je vous fiche mon billet qu'il en ira tout autrement car ces même pauvres voteront Le Pen par conviction, même si c'est par dégoût des autres : on est dans la mouise, on n'a plus rien alors on enfonce ce que Marine appelle “ l'establishment ”. Marine Le Pen à 51% ne relèverait dès lors plus de la science-fiction.

 

Le problème est que Marine, son père et tout ceux pour qui le château de Montretout est le saint-Graal (hé oui, on peut dire vouloir le bonheur du peuple et habiter dans un château) ont déjà eu leur chance car cela fait près de quarante ans qu'ils administrent des coins de France. Il n'est pas difficile d'imaginer comment ils gèreraient le carré entier.

 

Je reprends ici un article du Grand Soir de mai 2012 signé Maxime Vivas et Éric W. Farides sur les villes gérées par l'extrême droite. C'était hier. Sera-ce demain ?

 

Des électeurs :

 

«  On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». 

 

Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement «  des laboratoires du FN ».

 

Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, Marignane, Toulon et Orange, «  villes expérimentales » des méthodes à élargir au pays tout entier.

 

Constatons le carnage en matière de finances, emploi, social, culture, sécurité, démocratie, droits des travailleurs et respect des lois de la République.

 

A Vitrolles

 

Catherine Mégret est élue maire le 9 février 1997(1). La dette de la ville augmente. La Chambre Régionale des Comptes de Provence Alpes Côtes d’Azur s’inquiète du budget municipal.

 

Une prime de naissance de 5 000 francs est octroyée aux familles françaises. Catherine Mégret est condamnée pour discrimination à la prime de naissance.

 

En juin 1997, le Lycée Pierre Mendès-France refuse d’inscrire Sofia Touzaline, lycéenne née en France de parents Algériens. Une conseillère d’orientation du lycée rapporte avoir entendu le proviseur dire, à propos des élèves de l’internat : «  Il faut faire le tri ; les gris d’un côté, les blancs de l’autre ». Le MRAP et SOS-Racisme se portent parties civiles. En 1998, la proviseur est suspendue de ses fonctions par le recteur d’académie d’Aix-Marseille.

 

La municipalité décrète la fin des repas de substitution sans porc dans les cantines scolaires. Alain Darmuzey, directeur d’école du Liourat et surveillant de cantine est relevé de ses secondes fonctions par Catherine Mégret, car il a refusé de lui serrer la main.

 

L’association pro-FN « Fraternité française » (2) reçoit de fortes subventions. La mairie ferme des centres aérés et la mission prospection de «  Vitrolles Emploi Formation ». L’association Vitrolles-Kiffa est jetée hors de ses locaux. Des subventions aux syndicats et associations humanitaires sont supprimées. La municipalité tente de s’expliquer : «  Les vraies associations (…) reçoivent une aide financière (…). Pour elles, les subventions ont augmenté de 40%... ».

 

La mairie limoge la directrice du cinéma Les Lumières pour avoir proposé des courts-métrages portant sur la prévention du sida. En contrepartie, l’équipe de Bruno Mégret «  s’est efforcée d’obtenir la construction d’un vaste complexe cinématographique de type multiplexe dans la zone commerciale ». Le FN-MNR remplace les cinémas d’art et d’essais par de la malbouffe culturelle produite à la chaîne.

 

Catherine Mégret tient des discours racistes dans le journal Allemand Berliner Zeitung : « les immigrés l’esprit colonialiste ; les immigrés [... ], ils font je ne sais combien de gamins, qu’ils mettent dans la rue. Ils font des gamins pour toucher des allocations, ils ne les élèvent même pas. [...] Vous interrogez n’importe qui, à part une personne de mauvaise foi, on va vous répondre qu’effectivement il y a des différences entre les races, il y a des différences entre les gènes. C’est ce que disait M. Le Pen. ».

 

La mairie licencie des agents sociaux et certains contractuels municipaux (150 agents sur 1 000 en 4 mois). En Août 1997, la Justice annule 31 licenciements car «  le motif d’économie avancé pour justifier la délibération du 30 août 1997 ne peut être regardé comme établi ». L’arrivée de la nouvelle équipe signe le départ de cadres municipaux consécutif aux méthodes FN.

 

En novembre 1997 «  Dans la nuit du 4 au 5, vers 3 h 30, un commando d’une dizaine d’hommes vêtus de noir, cagoulés et armés de battes de base-ball attaque le piquet de routiers grévistes du carrefour de l’Anjoly. Le matraquage fait trois blessés et des dégâts matériels... ».

 

En décembre 1997, 5 conseillers de Vitrolles sont mis en examen pour «  complicité de violence en réunion, avec arme et préméditation » et «  complicité de destruction de biens » après l’agression des routiers grévistes.

 

«  Il faut faire de la répression, c’est-à -dire il faut punir, poursuivre, attraper ceux qu’on connaît » affirme Catherine Mégret au Berliner Zeitung. Les éducateurs de rue et agents de prévention sont remplacés par des policiers. Bruno Mégret se vante d’avoir multiplié par deux les effectifs de la police, d’armer les policiers municipaux, de développer la vidéo-surveillance, le «  patrouillage », les brigades d’interventions rapides… L’augmentation du nombre de policiers municipaux n’améliore pas les chiffres de l’insécurité. Ni la sérénité. Les policiers de Mme Mégret sont surnommés les «  ninjas » à cause de leur tenue et de leurs gros bras.

Les animateurs du bar musical Le Sous-Marin sont accusés par la mairie de création de fausse monnaie et de trafic de drogue. Ils sont contraints de s’installer à Gardanne. Puis, Catherine Mégret est condamnée pour «  effractions et voie de faits » (murage du bar musical) et pour diffamation à l’encontre de l’association culturelle Productions du Sous-Marin.

 

La mairie redéfinit «  l’identité provençale » : la rue Nelson Mandela est rebaptisée Place Provence, un blason modifie du drapeau de la ville qui devient «  Vitrolles-en-Provence ».

 

La municipalité rénove les églises et les lieux de cultes. Bruno Mégret affirme que la municipalité «  a entrepris de valoriser nos racines (…). La chapelle de vie au sommet du Rocher a été rénovée ainsi que les cheminements qui y conduisent. Dans le Vieux Village, la réhabilitation intégrale de l’église Saint-Gérard a été lancée ». Le 15 février 1998, Bruno Mégret annonce sur France 2 qu’il n’y aura pas d’emploi-jeunes à Vitrolles.

L’équipe municipale pratique ouvertement la discrimination sociale. Bruno Mégret affirme sur son blog : «  La municipalité a entrepris de donner systématiquement la priorité aux Français dans la limite des possibilités légales. (…). Les emplois au sein de la mairie sont accordés en priorité aux Vitrollais français. Les certificats d’hébergement et les mariages blancs supprimés. Quant aux aides sociales, elles s’efforcent, dans la limite des lois actuelles, de privilégier systématiquement nos compatriotes. Bien que la ville possède peu de logements HLM depuis que l’ancien maire PS a bradé le parc immobilier de la SAVEM, l’équipe Mégret a cherché à favoriser systématiquement les Français dans l’octroi des logements ».

 

L’élection du 24 juin 2002 est annulée par décision du Conseil d’Etat suite à un tract diffamatoire reprochant à un candidat d’avoir «  abusé sexuellement d’une personne en position de faiblesse psychologique ».

Un conseiller municipal FN est rayé des listes électorales par le tribunal d’instance de Martigues car il ne réside pas à Vitrolles.

 

Catherine Mégret est accusée de détournement de fond public : elle a fait envoyer aux frais de la commune des lettres aux maires de France pour appuyer la candidature de son mari Bruno Megret. Ce non-respect des règles de financement de campagne électorale à un coût : plus de 74 000 €. En 2006, elle est condamnée à cinquante milles euros d’amende, à un an d’inéligibilité et de frais divers ainsi qu’à huit mois de prison avec sursis. Quatre anciens cadres de la municipalité ont également été condamnés à des peines allant de trois à quatre mois de prison avec sursis et à une amende de 1.500 euros.

 

En mars 2009, le communiste Richard Dubré, secrétaire de la section de Vitrolles et membre du secrétariat fédéral du PCF est agressé au poignard.

 

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«  Attendant la proclamation des résultats de l’élection législative de la 9e circonscription des Bouches-du-Rhône, il se trouvait sur le parvis de l’hôtel de ville, lorsqu’une quinzaine de gros bras du FN du Var lancent des grenades lacrymogènes avant de se lancer contre le militant communiste qu’ils montraient du doigt. (…). Un des agresseurs s’approche et le poignarde. La lame est passée à deux centimètres du foie. Le militant, hospitalisé, a deux côtes cassées. Un véritable miracle. Le criminel a été reconnu sur les photos prises pendant l’agression. Il devait être interpellé mardi dans la journée ». (L’Humanité, 31 mars 1999).

 

Bruno Mégret est satisfait de la gestion de la ville et de l’ambiance démocratique qui y règne. Sur son site, on peut lire : «  Aucun bouleversement, aucune violence, aucune atteinte aux libertés, aucune mise en cause des droits des Vitrollais ».

 

 

A Marignane

 

Le maire Daniel Simonpieri (3), augmente les impôts locaux. La Chambre Régionale des Comptes de Provence-Alpes Côte-d’Azur s’inquiète du budget de la ville.

 

Le Conseil municipal décide, le 24 juin 1996, de réserver les cantines scolaires aux seuls enfants dont les deux parents peuvent prouver qu’ils travaillent. Le 27 novembre, le tribunal administratif ordonne «  le sursis à exécution », c’est à dire «  la suspension de l’exécution » de cette délibération.

 

Le complexe de loisir prévu est remplacé par un supermarché.

 

Le 4 septembre 1996, Jean-Christian Tarelli, premier adjoint au maire demande à la directrice de la bibliothèque municipale d’interrompre les abonnements aux quotidiens Libération et La Marseillaise et à l’hebdomadaire L’Evénement du jeudi, pour les remplacer par trois publications proches de l’extrême-droite : Présent, Rivarol, National-Hebdo. L’achat de certains ouvrages par la bibliothèque municipale sera refusé «  pour des raisons économiques ». En revanche, début 1997, soixante-quinze livres rédigés par des auteurs du Front national ou d’extrême-droite sont commandés sans que les bibliothécaires en aient été avertis. Notons aussi la suspension des abonnements aux «  journaux de gauche » dans la bibliothèque pour les remplacer par des «  journaux d’extrême-droite ».

 

Raymond Lecler, ancien directeur de cabinet de la mairie fait un constat des dérives du maire : « remboursements illégaux » ; «  5510 francs pour un repas de Jumelage » et «  4608 francs en frais de séjour pour déplacement au congrès du FN à Strasbourg »… Daniel Simonpieri affirme avoir payé de ses deniers la facture de l’hôtel Hilton et porte plainte pour diffamation.

 

Daniel Simonpieri supprime «  l’avant-veille de Noël, les subsides accordés aux Restos du coeur pour les hivers de 1993 et de 1994, par le précédent maire Laurens Delieul (divers droite) » et «  Un local et un camion avec chauffeur prêté pour aller chercher à Aubagne les quelque 1.200 repas que les volontaires de l’association distribuaient à 400 familles en difficulté ». En revanche, selon l’association marignanaise «  Alarme citoyens ! », la municipalité a porté la subvention du club de football local de 600.000 à 700.000 francs.

En 2009, Daniel Simonpiéri justifie son refus de voter des subventions au Mrap, par l’argument suivant : «  vote politique ».

 

Le 9 novembre 2011, il est condamné pour fausses factures et emplois fictifs à 12 mois de prison avec sursis, 10 000 € d’amendes et 5 ans d’inéligibilité.

 

A Toulon

 

Le 22 mars 1996, la municipalité de Toulon vote son premier budget (4). Contrairement aux engagements du maire, Jean-Marie Le Chevallier, de baisser les impôts, une augmentation de plus de 9 % est adoptée.

On constate une absence de politique cohérente et efficace en faveur des jeunes. La mairie se désinvestit des cités et coupe les subventions des associations qui agissent auprès des citoyens issues de l’immigration. La femme de Jean-Marie Le Chevallier est placée à la tête du Centre de loisirs et d’action sociale. Des associations pro-FN sont créées de toutes pièces telles que «  Jeunesse toulonnaise » destinées à organiser les colonies de vacances à la place du centre de loisirs et d’action sociale. Mal gérée, la structure est placée en liquidation judiciaire en 1999.

 

Les subventions aux associations sont revues : celle du Centre communautaire israélite est supprimée, le Secours Populaire n’obtient que 8 000 francs tandis que la Société des amis des chats bénéficie d’une subvention de 40 000 francs. La mairie maintient un budget associatif en direction des associations d’anciens combattants et des associations de pieds-noirs. Marek Halter est interdit de Fête du Livre et le groupe NTM interdit de spectacle.

 

La dérive de la municipalité contraint les opposants à en appeler à la Justice pour contester les décisions.

En 1997, Jean-Marie Le Chevallier est élu député de la 1re circonscription du Var, mais en 1998 son élection est invalidée pour triple infractions au financement de campagne.

 

Toujours en 1997, la municipalité est accusée de pot-de-vin et de monnayage d’attribution de postes administratifs : «  A Toulon (Var), c’est une histoire de pots-de-vin qui embarrasse la municipalité dirigée par Jean-Marie Le Chevallier. Son propre chef de cabinet, Philippe de Beauregard, par ailleurs conseiller municipal FN de Hyères, a en effet été mis en examen, mardi 6 janvier, pour « recel de preuve ». La justice lui reproche d’avoir, par son absence de réaction, en quelque sorte « couvert » un cas de corruption dans lequel une employée municipale, Dominique Notto, est compromise. Responsable des femmes de ménage à la municipalité, elle est accusée d’avoir monnayé, en juin 1997 - 30 000 francs en petites coupures - l’attribution de deux postes administratifs ». (L’Express, 15 janvier 1998).

 

En 1999, Jean-Marie Le Chevallier quitte le Front National. Il est condamné en 2003 pour subornation de témoins dans l’affaire du meurtre de son directeur de Cabinet, un ancien légionnaire. Ce dernier avait été tué par son amant et non par des opposants. Le maire avait fait pression sur des employés municipaux pour que la première piste n’apparaisse pas.

 

 

A Orange

 

Le 18 octobre 2011, la Chambre Régionale des Comptes de Provence-Alpes Côte-d’Azur pointe des irrégularités dans la gestion municipale à Orange. La mairie augmente «  la surtaxe » de l’eau. On constate un isolement de la ville, lié à ses difficultés pour travailler avec les communes limitrophes. La mairie finance seule les grands travaux entrepris. Elle est contrainte de provisionner à hauteur de 11 millions de francs pour payer les amendes et les pénalités.

 

Dans la ville, il s’est installé un climat de délation, de peur et d’angoisse pour le personnel municipal. Les insultes et les vociférations fusent de la part de maires adjoints.

 

Les élus d’opposition déplorent l’attitude népotique du maire et l’absence de recherche de consensus. Le neveu de l’épouse de Jacques Bompard est placé à la tête de l’Office du tourisme...

 

Jacques Bompard (5), aussitôt élu, décide de supprimer la subvention municipale de 1 million de francs permettant l’organisation des Chorégies (le plus ancien festival français : première présentation en 1869). Après plusieurs semaines de polémique, le ministère de la culture se substituera à la ville. En matière de culture, la municipalité fait des choix : elle invite le groupe Fraction Hexagone qui chante «  Une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme et une balle pour la police ».

 

Côté sécurité, on assiste à une augmentation de la petite délinquance.

 

Sous prétexte de maintenir la propreté de la voirie, le maire interdit la distribution de tracts anti-FN. L’hygiénisme sert de prétexte à l’absence de démocratie.

 

J.-Y. Le Gallou, secrétaire national du FN affirme sans vergogne «  Dans ce pays assez totalitaire, les villes FN sont un espace de liberté locale, comme lnternet à l’échelle mondiale ».

 

L’aménagement urbain est à deux vitesses : embellissement du centre ville et absence de rénovation des quartiers populaires. On assiste à une ghettoïsation des quartiers. «  En visite dans le quartier, il y a peu, pour « écouter » les doléances des habitants, le maire s’est ainsi contenté de les renvoyer vers leur logeur HLM, Mistral Habitat. « A vous de faire la police », leur a-t-il dit. Jacques Bompard a d’autres priorités : la rénovation, à grands frais, de l’avenue de l’Arc-de-Triomphe, censée assurer sa réélection en 2007. Et que nul ne vienne le contrarier dans ses projets ! ». (L’Express.fr, 25 juillet 2002).

 

La mairie limite le nombre d’enfants dans les cantines scolaires, mais le cours Aristide-Briand (entrée de la ville) avec son rond-point fleurit et ses jets d’eau fait le bonheur de certains électeurs. La mairie supprime les cars de ramassage vers les Centre Aérés, elle coupe le budget d’associations à caractère social.

En 2010, Jacques Bompart, qui avait connu une garde à vue en 2009, est mis en examen pour prise illégale d’intérêts.

 

Selon Bruno Mégret : « Jacques Bompard est le seul nationaliste du département à faire du bon boulot. Orange, sa ville, est nickel. Il y opère une gestion exemplaire que je souhaite voir étendue aux autres villes. C’est pour ça que je lui apporte mon soutien... ».

 

Le Bilan  :

 

En matière de gestion  : hausse des impôts et endettement des villes, isolement financier et abandon de projets.

 

En matière d’emploi  : répression des travailleurs et discriminations à l’embauche, mises au placard et licenciement d’agents municipaux, gestion par le stress.

En matière de politique sociale : abandons des défavorisés et des exclus, destruction du terreau associatif, attribution de subventions à la tête du client, haro sur la cantine, absence de politique en faveur de la jeunesse, logique de répression et abandon des politiques de prévention, ghettoïsation des quartiers.

En matière de culture : promotion des auteurs FN, assèchement du pluralisme culturel et promotion du foklorisme, attribution de subventions à la tête du client.

 

En matière de justice et de sécurité : dérives légalistes et magouilles politico-judiciaires, fausses factures et prises illégales d’intérêts, agression d’élus, propos racistes et xénophobes, détournements de fonds public, effractions et voie de faits, condamnations par les tribunaux, inéligibilités.

 

En matière de démocratie : népotisme et copinage, discrimination, non respect des promesses électorales. 

Sources : Critique internationale n°4 - été 1999 ; Didier-hacquart.over-blog.com/30-categorie-1080919.html 17 février 2001 ; Ere marine.fr, le site qui ne donne pas envie de voter Marine Le Pen ; Ina, 18 septembre 1997 ; L’Express, 15 janvier 1998 ; L’Express, 25 juillet 2002 ; L’Humanité, 11 novembre 2000 ; L’Humanité, 27 avril 2002 ; L’Humanité, 6 mars 1999 ; L’humanité, 25 février 1999 ; L’Humanité, 24 mars 1999 ; L’Humanité, 31 mars 1999 ; L’Humanité, 27 octobre 1999 ; La Provence.Com, 10 novembre 2011 ; La Provence.Com, 20 février 2009 ; La Provence.Com, 19 mars 2008 ; Le Monde, 26 février 1997 ; Le Monde, 02 Juillet 2009 ; Le Nouvel Observateur, 18 novembre 199 ; Le Nouvel Observateur, 7 octobre 2002 ; Libération, 30 décembre 1995 ; Libération, 17 octobre 1997 ; Libération, 6 janvier 1998 ; Libération, 9 février 1998 ; Libération, 18 octobre 2006 ; Mrap.fr (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) ; SOS Racisme.org ; Voltairenet.org ; Wikipedia.org… A lire également : Roger Martin, Main basse sur Orange : une ville à l’heure lepéniste, Calmann-Lévy, 1998.

 

 

Complément : le FN contre les organisations ouvrières :

 

Sous le titre : «  Le Front national ou l’imposture sociale », la CGT a édité en avril 2011 un argumentaire sur le FN. On peut y lire :

 

«  Quant à son empathie pour le sort des salariés, il suffit de rappeler les propos de Marine Le Pen contre le mouvement social opposé à la réforme des retraites en 2010 : « Ensemble, gouvernement et syndicats jettent la France dans le chaos … La tolérance zéro doit s’appliquer à tous les émeutiers. »

 

Et la CGT de citer ce cri du coeur du concurrent malheureux de Marine Le Pen à la présidence du FN, Bruno Gollnisch, le 4 novembre 2010 : « Le sabotage de l’économie française caractérise l’action des dirigeants de la CGT … Ces blocages frappent avant tout les salariés qui se rendent à leur travail, les entreprises et menacent l’emploi … La CGT doit être rendue pénalement responsable, ses dirigeants doivent en répondre ».

 

Le FN contre la retraite à 60 ans.

 

Le 16 janvier 2011, «  Invité du dimanche » d’Aujourd’hui en France/Le Parisien, Jean-Marie Le Pen éclairait les naïfs en parlant de sa fille : «  Politiquement, à quelques nuances près, elle a les mêmes opinions que moi. »

Un an plus tard, il feint un désaccord (un !) portant sur l’âge légal de départ à la retraite : « Il faudrait peut-être que j’aie une discussion avec elle pour savoir quelle a été la motivation de sa décision. » En vérité, entre le père qui se prononçait pour la retraite à 65 ans et sa fille, la différence est entre l’annonce d’une position claire par l’un et un enfumage par l’autre. En effet, dans son projet présidentiel pour 2012, Marine Le Pen écrit :

«  L’objectif doit être fixé de revenir le plus rapidement possible au principe de 40 annuités de cotisation pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein. »

 

C’est la logique de la « retraite à la carte » : le salarié part à taux plein quand il a ses années de cotisation. Cela peut être à soixante-deux ans, soixante-cinq ans ou plus, selon l’âge auquel on a commencé à cotiser et le nombre d’années validées. Dans ce cas il n’y a pas d’âge légal de départ.

 

En janvier 2011, le site du FN indiquait :

 

«  Le FN soutiendra le maintien à 40 annuités maximum de cotisation sans considération d’âge légal de la retraite ». C’est cohérent et cela correspond à la définition de la «  retraite à la carte ».

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon précisait alors : «  Au total, la proposition de Le Pen est moins favorable aux salariés qui ont 40 années de cotisation, après 60 ans. Imaginons un salarié qui a 62 ans n’a pu valider que 35 années de cotisation. Avec Fillon il peut partir avec une décote. Avec le Front de Gauche, il peut partir sans décote. Avec Le Pen, il ne peut pas partir. Avis aux benêts qui la croient : Le Pen c’est pire qu’avec Fillon ».

 

Le vrai visage de Marine Le Pen

 

Le FN relooké ne met plus en vente des chansons nazies, des livres négationnistes, des objets évocateurs du troisième Reich. Son égérie ne manque pas une occasion de clamer «  Cachez ces bras tendus et ces croix gammées que je ne saurais voir »(6). Elle se découvre un amour subit pour les juifs et elle s’horrifie des chambres à gaz, elle qui fut muette au temps où son père y voyait obstinément un «  détail » de l’Histoire. Et la voici patriote plus que Georges Séguy, Jean Moulin et Rol-Tanguy réunis, après avoir été formatée par un père et un parti dont le chef historique déclarait : «  L’occupation allemande n’avait pas été particulièrement inhumaine, même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés ».

 

Pays à défendre, dit la fille contre « des milliers de clandestins tunisiens et demain libyens, algériens, égyptiens ou marocains, qui débarquent » et qui «  ne sont que les éclaireurs d’une nouvelle vague migratoire gigantesque » qui «  fera disparaître la population française ». Tremblez !

 

Pour un peu, on croirait que cette quadragénaire débute en politique, alors qu’elle a été candidate du FN à Paris à l’âge de 24 ans, conseillère régionale en 1998, année où elle a pris en charge le service juridique du FN avant de siéger à son Bureau politique. En dix ans, elle a été conseillère régionale du Nord-Pas-de Calais, conseillère régionale d’àŽle de France, conseillère municipale, députée européen et elle est à présent chef du parti. Et tout cela sous l’égide d’un FN façonné par Jean-Marie Le Pen qui le lui a offert en dot politique avec autorisation de repeindre les volets, mais à condition qu’il soit associé au choix de la couleur car, président d’honneur du FN, il participe à ce titre aux délibérations des instances dirigeantes du mouvement.

 

Conclusion :

 

Le FN, déguisé en berger électoral saura promptement reprendre sa peau de loup gestionnaire sous l’oeil attendri de tout ce que l’Europe compte de partis fascistes. Naguère, ce parti s’est fait les crocs sur Vitrolles, Marignane, Toulon et Orange. N’est-ce pas plus que suffisant ?

 

Notes :

1) Avec 52,48 % des voix. Elle est réélue en 2001 avec près de 46 % des suffrages.

2) L’association a été «  créée en 1988 à l’initiative de Pierre Vial et Jean-Pierre Stirbois, relancée un temps par Bruno Mégret ; elle doit sa survie à l’action de Mireille d’Ornano, vice-présidente du groupe FN de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur », in Virginie Martin, Gilles Ivaldi et Grégory Lespinasse, «  Le Front national entre clientélisme et recherche d’un enracinement social », Critique internationale n°4 - été 1999. 

3) Daniel Simonpieri (FN) est élu maire de Marignane de 1995 à 2008. Il emporte les élections de 2001 avec 62.5 %. Il appelle à voter Le Pen en 2002. En 2004, il retourne sa veste au profit du camp UDF-PR (groupe UMP des Bouches-du-Rhône).

4) En 1995, Jean-Marie Le Chevallier est élu maire de Toulon à la faveur d’une triangulaire, in Wikipedia.

5) 1972 Jacques Bompard est un des fondateurs du Front National. En 1995, élu Maire d’Orange. 2001, réélection sous l’étiquette FN avec près de 61 % des suffrages exprimés. Dans les cages d’escalier, sur les marchés, il séduit son électorat en fustigeant les fonctionnaires, les gabegies et le laxisme de l’Etat. En 2005, il adhère au MPF de Philippe de Villiers. En 2008, il est réélu au 1er tour avec près de 61 % des suffrages exprimés. En 2010, il créé le parti la «  Ligue du Sud ».

6) - Mais, chassez le naturel… Le 27 janvier 2012, jour de la commémoration de l’holocauste et du 67ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, Marine Le Pen était reçue au Parlement autrichien par Martin Graf, idéologue pangermaniste. Le soir, elle était l’invitée d’honneur d’un bal organisé à Vienne par le FPÖ, principale organisation d’extrême-droite. Plusieurs milliers de Viennois ont manifesté, tenus à distance par des centaines de policiers. Le 19 janvier, l’UNESCO, avait retiré l’ensemble des bals viennois de sa liste du patrimoine culturel de l’humanité, en raison de la présence de ce bal sur la liste proposée.

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 06:12

 

 

Hé oui, on écrit toujours trop. Surtout en campagne électorale. Mais le banquier éborgneur a fait très fort. Même Chirac n’était pas allé aussi loin.

 

Sur son site en-marche.fr, il nous expose quelles seraient les conséquences d’un vote en sa faveur. Tout y est : l’agressivité du jeune loup enfant gâté, la bonne conscience, les élans sociétaux qui ne coûtent pas un centime, les promesses démagogiques, les attaques contre les fondements républicains et les conquis sociaux.

 

Sous couvert d’un avenir meilleur pour les précarisés (« donner à chacun la possibilité de bien vivre de son travail et d’être protégé quand on n’en a pas »), le programme commence par un cadeau en trompe-l'œil aux salariés : « suppression des cotisations salariales pour rapprocher pour tous les travailleurs le salaire net du salaire brut ». Le problème est que si les salariés ne cotisent plus ils seront fort dépourvus quand la bise sera venue. Il prévoit également la suppression de la taxe d’habitation « pour 80% des Français » sans expliquer d’où il sort ce chiffre magique. Le banquier augmentera la CSG en 2018 et il baissera les APL de 60 euros par mois. Bref, « les gens-qui-ne-sont-rien », les « fainéants » vont souffert. Mais ceux qui se rendront aux urnes en 2022 voteront Le Pen.

 

Pour le patronat, il faut changer de logiciel, comme on dit maintenant : « libérer le travail et l’esprit d’entreprise ». Pour ce faire, le banquier envisage de baisser de 60% les dépenses publiques sans qu’on voit vraiment quel est le rapport de cause à effet, et il annonce poursuivre le travail de sape de Hollande et d’El-Khomry en l’amplifiant par une : « simplification drastique [sic] du code du travail, en favorisant (ohé la CFDT !) Les accords d’entreprise.

 

Pour venir concrètement en aide à ceux qui ne peuvent pas aller chercher du travail « de l’autre côté de la rue », il prévoit un « plan d’investissement de 50 milliards d’euros pour la formation de deux millions de chômeurs. » Pourquoi 2 millions ? Mystère.

 

« Rénover la démocratie », selon lui, consistera à réduire d’un tiers le nombre des parlementaires. Non seulement la proposition était grotesque, mais en plus elle n’a pas été tenue.

 

Le banquier de Rothschild prévoit, non pas de réformer le système des retraites, mais de s’y attaquer frontalement : « mise en place d’un système universel de retraite, avec l’égalité hommes-femmes comme « grande cause nationale ». Derrière la grandiloquence (« nous ne toucherons pas à l'âge de départ à la retraite ni au niveau des pensions »), il vise une diminution des retraites. Il lui reste 15 mois pour réussir ce très mauvais coup.

 

Pour protéger les citoyens vivent dans des zones difficiles, il promet « une nouvelle police de sécurité quotidienne qui aura le droit d’éloigner les délinquants des zones où ils commettent leurs délits ». Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que la « sécurité quotidienne » ? Jusqu’où éloigne-t-on des zones à délits ?

 

Il veut « donner les mêmes chances à tous nos enfants ». Pour ce faire, il rétablira les études dirigées pour tous les élèves. Ah bon ?

 

Avec le banquier éborgneur – petit clin d’œil aux électeurs d’extrême droite – nous serons à nouveau « fiers d’être français », une fois que les association qui « sous couvert de religion, s’attaquent à la République auront été démantelées. » Encore une fois, on ne voit pas bien le rapport de cause à effet.

 

Il veut par ailleurs « relancer une Europe protectrice ». Grâce à un budget commun, 5 000 gardes-frontière supplémentaires et la généralisation d’Erasmus. Raté !

 

Jusqu’aux promesses de 2017, grâce au banquier éborgneur, être malade eût été un plaisir : « investissement massif dans l’hôpital, doublement du nombre des maisons de santé, un auxiliaire de vie scolaire pour chaque enfant handicapé qui en a besoin ». Encore raté !

 

 

PS : ce texte a été censuré par Facebook. Mon hypothèse est qu'à terme il n'y ait plus de politique sur Facebook ou encore Twitter.

 

Quand le banquier éborgneur n’écrivait que des menteries
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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 06:33

Karim Zéribi n’est pas le seul membre de la majorité présidentielle à avoir été ou à être dans le collimateur de la Justice.

 

La députée Claire O’Petit a été condamnée pour « faute de gestion ».

 

Le député Stéphane Trompille a été condamné pour harcèlement sexuel.

 

Le député Mustapha Laabid a été condamné à huit mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité pour abus de confiance.

 

François Bayrou (l'homme qui “ oublie ” de porter son masque dans les aéroports) a été mis en examen en mai 2017, alors que, ministre des la Justice, il mettait en œuvre sa grande réforme de « moralisation », pour abus de confiance et escroqueries.

 

Thierry Solère, un temps questeur de l’Assemblée nationale, est soupçonné de fraude fiscale, de recel de violation du secret professionnel, de détournement de fichiers.

 

Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand est soupçonné de prise illégale d’intérêts. 

 

Alexandre Benalla, supplétif de la police à ses moments perdus, est soupçonné de soustraction de documents concernant un crime ou un délit. Il est mis en examen, entre autres, pour violences volontaires,  pour port public et sans droit d’insignes réglementés.

 

Gendarme réserviste, salarié du parti du banquier éborgneur, Vincent Crase est mis en examen pour les mêmes faits.

 

Le député M’Jid El Guerrab est mis en examen pour violences volontaires avec arme.

 

Le ministre Sébastien Lecornu fait l’objet d’une enquête préliminaire pour prise illégale d’intérêt.

 

Le ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti fait l’objet d’une information judiciaire pour prise illégale d’intérêt.

 

Le député Benoit Simian fait l’objet d’une enquête pour harcèlement moral par conjoint. Il a interdiction de se rendre au domicile conjugal. L’Assemblée nationale a refusé – dans un premier temps – de lever son immunité parlementaire.

 

 

Le député Jean-Jacques Bridey fait l’objet d’une enquête préliminaire pour concussion. Il est par ailleurs soupçonné de détournement de fonds publics.

 

L’ancienne ministre Laura Flessel est soupçonnée d’infractions fiscales.

 

 

Le ministre Alain Griset fait l’objet de deux enquêtes judiciaires pour soupçons d’abus de confiance.

 

Le ministre Olivier Dussopt fait l’objet d’une enquête pour corruption et prise illégale d’intérêt.

 

Le ministre Gérald Darmanin fait l’objet d’investigations dans une accusation de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance.

 

L’ancienne ministre Françoise Nyssen est soupçonnée de diverses irrégularités lors de l’agrandissement d’immeubles classés.

 

 

 

Karim Zéribi vient incontestablement de la gauche. En 1990, il intègre la SNCF, comme son père et son grand-père.

 

De 1994 à 1996, il milite activement à la CGT. Il s’implique dans la vie associative à Avignon. En 1998, il rejoint le cabinet du ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement. Une de ses missions est de diversifier le recrutement au sein de la police nationale. Il est secrétaire national du Mouvement des citoyens, le parti de Chevènement. En 2006, il intègre l’équipe de Louis Gallois à la tête de la SNCF (pardon : de « SNCF » comme il faut dire maintenant) afin d’assurer la diversité dans l’entreprise nationale. Il sera reconduit par Anne-Marie Idrac et Guillaume Pépy.

 

En 2010, il rejoint Europe Écologie Les Verts. Le 16 mai 2012, il devient député européen en remplacement de Vincent Peillon, nommé au gouvernement. En 2014, il est élu au conseil municipal de Marseille comme membre de la liste d’union de la gauche de Patrick Menucci.

 

En 2015, on le retrouve au conseil d’Orientation de la fondation Terra Nova, proche de l’aide droite du Parti socialiste, dont l’objectif est de refonder la sociale-démocratie, et qui est actuellement présidée par le banquier Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et “ plume ” de Laurent Fabius. Zéribi soutient la candidature du futur banquier éborgneur à la présidence de la République en 2017.

 

Esprit très acéré, redoutable dialecticien, il brille sur les plateaux de quelques émissions d’information vulgaires – soyons charitable : de vulgarisation – sur les antennes de RMC ou de C8. Ses hôtes : Alain Marschall, Cyril Hanouna, Laurence Ferrari, ne s’émeuvent guère lorsque, le 2 juillet 2014, la police perquisitionne son ancien local de campagne dans le cadre d’une information judiciaire pour détournement de fonds publics et abus de confiance. Zéribi est soupçonné d’avoir détourné 50 000 euros de subventions à des associations de promotion de la diversité. Il est mis en examen le 10 avril 2015 après deux jours de garde à vue. Le parquet requiert son renvoi devant le tribunal correctionnel de Marseille. Zéribi dénonce « un complot politique et une enquête bâclée ». Pas si bâclée que cela puisque les enquêteurs avaient découvert que son fils Ryan lui versait 8 000 euros de loyer mensuel pour l’occupation d’une véranda où il avait installé sa société. Ils découvraient par ailleurs que sous la véranda se trouvaient une salle de sport et une salle de bain hamam payée par la société de son fils K2C.

 

Le 9 septembre 2020, Zéribi est condamné à deux années de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour abus de confiance et abus de biens sociaux. Il est déchargé, à sa demande, de ses responsabilités à la SNCF (pardon : SNCF). L’entreprise public lui accorde néanmoins toute sa confiance en lui proposant un poste-clé à la direction des ressources humaines. Il annonce dans la foulée qu’il quitte les réseaux sociaux, pour se « consacrer à sa famille ». Il donne rendez-vous à ses 40 000 suivants « dans la vraie vie ».

 

Comme bon sang ne saurait mentir, son fils Samir (26 ans) a été interpellé lors d’un contrôle d’identité alors qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour infraction à la législation sur les armes. D’abord écroué à la maison d’arrêt de Luynes, il a été libéré et placé sous contrôle judiciaire avec obligation de pointer régulièrement au commissariat.

 

 

Justice et politique : les proches du banquier éborgneur font mieux que le RPR de la grande époque
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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 06:24
Les Français sont largement anticapitalistes !

Extrait d'un article de L'Humanité.

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