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5 juillet 2022 2 05 /07 /juillet /2022 05:01
 

Ci-dessous un texte plutôt polémique de Gilles Questiaux, mais avec tellement de grain à moudre !

 

Que faut-il "cesser de faire", pour renouer avec la classe ouvrière? Les points sur les « i » !

 

Que faut-il donc « cesser de faire » pour cesser de braquer préalablement les ouvriers contre ses discours et pour avoir une petite chance d'être entendu par eux?

Cesser de participer à la lutte antiraciste bourgeoise. L’éradication du racisme passe par la constructions du socialisme international, la dénonciation moralisatrice du racisme dans le cadre capitaliste ne fait que le renforcer et le diffuser dans de nouveaux peuples et de nouveaux groupes sociaux . L’antiracisme convenu et bien pensant consiste à le dénoncer partout sauf précisément où il se manifeste actuellement en réalité. En cette saison, c’est le racisme antirusse qui est à la mode, mais pas de le combattre. Les seules victimes de mépris raciste en définitive, ce sont les prolétaires exploités quelque soit la couleur de leur peau, leur religion ou leur origine.

Cesser de prôner le féminisme bourgeois  qui ne sert qu’à offrir des places privilégiées à des femmes de pouvoir particulièrement perverses qui appartiennent à des réseaux bourgeois. Cesser de cautionner la délation et le lynchage moral pratiqué par le mouvement « me too » , comme si de mauvais procédés pouvaient servir une bonne cause. Le mouvement féministe américain a ainsi lâché la proie pour l'ombre, le droit à l'avortement pour les contorsions sémantiques.

Cesser de participer politiquement à la « marche des fiertés », le droit à différence étant un acquis, il faut cesser de suivre les surenchères des groupuscules prétendant représenter les minorités, sexuelles ou autre. Si tant est qu’on veut qu’il demeure un acquis.

Cesser de prêcher la critique du genre, c’est à dire déconstruire l’identité sexuelle et la polarité homme femme qui structure naturellement l’humanité (on remarquera que la nature qui est portée aux nues par le discours écologique est déconstruite et annihilée par les mêmes dans le domaine de l’humanité). Quand on permet à des enfants de dix ans de changer de sexe, comme en Espagne, on est déjà sorti de l’humanité.

Cesser de ranimer les querelles de mémoire. La mémoire identitaire ce n’est que des discours de ressentiment qui se nourrissent mutuellement, et qui sont en grande partie mythiques. Et s’ils ne sont pas inventés ça ne change rien : le culte mémoriel de la Shoah n’a fait que renforcer l’antijudaïsme et l’antisémitisme partout.

Ne plus marcher dans les coups culturels de la culture postmoderne. L’art et la culture du capitalisme à son nouvel age est une escroquerie, bonne à jeter à 100 % (et ironiquement, il le reconnaît lui même). Lorsque sur la bourse du travail d’une petite ville où l’on vient d’inaugurer un dispendieux centre d’art contemporain, où le tissu économique est sinistré et la pauvreté galopante, la CGT arbore pendant des mois le grand calicot « la culture en danger », on comprend d’un coup la déréliction où est tombée la classe ouvrière.

Remettre en question le militantisme associatif éthique qui couvre tout le spectre moral qui va de la naïveté à l’hypocrisie en passant par le narcissisme, qui se caractérise par sa totale propension à se faire récupérer par les campagnes impérialistes, et qui ne sert en fait qu’à recycler les politiciens battus dans les urnes et à placer les enfants incompétents ou paresseux de la bourgeoisie.

Et faire tomber du cocotier le syndicalisme étudiant qui ne sert absolument à rien à part gêner par des parodies de mouvements sociaux les études des étudiants d'origine populaire, fournir des cadres aux bureaucraties politiques de la gauche bourgeoise et à prôner les illusions sur la fin du travail. Sauf tout le respect dû aux étudiants, et aux lycéens, ceux qui n’ont pas encore d’expérience de la vie ne doivent pas s’imaginer pouvoir donner des leçons politiques au monde entier, s’ils veulent être respectés et pris au sérieux.

Cesser d’invoquer le réchauffement climatique chaque fois que le thermomètre dépasse 35 degrés. Là non plus aucune action écologique globale et rationnelle ne sera menée avant que le socialisme n’ait pris le dessus sur le capitalisme au niveau mondial.

Cesser de d'insulter la police en bloc à chaque bavure et d’accepter pendant ce temps là que les quartiers populaires se fassent gangrener infiltrer et dominer par les dealers dans la complète indifférence.

Cesser de défendre les sans papiers. Les ouvriers intégrés de toute origine ne les aiment pas, ils disent : « j’ai des papiers, alors pourquoi pas eux ? » et donc cesser d’encourager les migrations qui ruinent le Tiers Monde et la classe ouvrière. Il n’y a absolument rien de progressiste à aider les gens à venir se faire exploiter en Europe et à encourager de nouveaux candidats au mode de vie occidental à périr en mer ou sur les barbelés.

Il y a d’ailleurs une différence entre défendre des travailleurs sans papier qui exigent leur légalisation et qui font grève pour cela, ce qui peut être discuté, et faciliter l’entrée illégale de main d’œuvre comme le font les activistes gauchistes avec leur arrogante bonne conscience.

Cesser de participer à l’Union sacrée autour du régime fasciste de Kiev. Ce n’est pas parce que des nazis sont gay frendly, philosémites, artistes postmodernes et vegan (au moins devant les caméras mainstream occidentales) qu’ils ne sont pas des nazis et des criminels. La banalité du mal s’habille aujourd’hui en jaune et bleu. Quand la gauche s’aligne sur la bataillon nazi Azov tous les repères sont perdus.

On pourrait penser que les soi-disant « antifas » seraient satisfaits de voir la Russie dénazifier l’Ukraine par l’action directe ; mais pas du tout ! Sans doute sont-il frustrés de ne pas pouvoir le faire eux-mêmes ?

On voit que pour régénérer la gauche ouvrière et révolutionnaire il faudrait la purger de bon nombre de ses militants actuels. Mais ça s’est déjà fait dans le passé. Et le retour du réel y pourvoira.

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3 juillet 2022 7 03 /07 /juillet /2022 05:01

Repris du blog de Bertrand Renouvin

 

Depuis le second tour des élections législatives, les déclarations d’Emmanuel Macron et le discours médiatique dominant entretiennent de graves confusions sur les institutions de la Ve République.

 

Quant à la fonction présidentielle, la Constitution de 1958 permet plusieurs types de conduites politiques – une forte inflexion présidentielle ou un rôle plus nettement arbitral – qui dépendent de la personnalité de l’élu et de la conjoncture. Le quinquennat a éliminé cette souplesse et favorise une attitude résolument anticonstitutionnelle : le président élu sur un programme de gouvernement joue le rôle dévolu au Premier ministre et régente l’Assemblée nationale par les directives adressées au parti dominant.

 

Cette dérive autocratique a été particulièrement nette entre 2007 et 2012 avec Nicolas Sarkozy et lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Les principaux médias, fascinés par le détenteur du Pouvoir, ont accepté cet état de fait, qui détruisait le principe fondamental de séparation des pouvoirs et la fonction présidentielle. Le fait majoritaire paraissait alors consubstantiel à un système de “gouvernance” dans lequel les élections législatives sont couplées avec la présidentielle.

 

Cette construction, qui donnait à l’oligarchie une redoutable efficacité, s’est effondrée le soir du 19 juin et le président réélu se trouve dans un cruel embarras. Emmanuel Macron a lancé sans succès l’idée d’un gouvernement d’union nationale, l’ultimatum qu’il avait fixé aux partis n’a fait trembler personne et le gouvernement formé avant les élections législatives est condamné à une existence fantomale jusqu’aux premiers jours de juillet. Ce n’est pas une crise de régime comme on le dit souvent car les menaces qui pèsent sur les institutions ne proviennent pas du résultat des élections mais des conceptions et des pratiques anticonstitutionnelles de celui qu’on appelait Jupiter.

 

Emmanuel Macron a volontairement ignoré le premier alinéa de l’article 5 de la Constitution qui affirme que “le président de la République assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat”. L’absence d’arbitrage est la cause immédiate du chaos institutionnel provoqué par la réduction de la durée du mandat présidentiel et par la volonté de toute puissance de l’élu de 2017.

 

Emmanuel Macron ignore délibérément l’article 20 de la Constitution qui établit le principe du régime parlementaire – “le gouvernement est responsable devant le Parlement” – puisque le candidat à la réélection osait déclarer à Strasbourg le 12 avril que “nous n’avons pas un régime parlementaire”.

 

Emmanuel Macron continue de nier le rôle décisif du gouvernement qui “détermine et conduit la politique de la nation” puisque c’est à l’Elysée que les présidents des groupes parlementaires ont été conviés le 21 juin pour envisager l’action législative. Il a même aggravé son cas en affirmant qu’il avait été élu sur un programme, alors que le président selon l’article 5 ne saurait avoir de programme puisqu’il est “le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités”.

 

La situation parlementaire serait simplifiée si le président théorique de la République redevenait l’homme en charge de l’essentiel, hors du toute attache partisane, laissant le Premier ministre conduire la politique de la nation selon la majorité parlementaire qu’il pourra réunir.

 

Le retour à une pratique constitutionnelle régulière est le premier devoir qui s’impose à celui qui n’a jamais voulu être un chef d’Etat et qui pourrait encore le devenir s’il appliquait à la lettre les dispositions inscrites dans notre Constitution. Telle n’est pas la voie qui a été choisie. Par ses déclarations à l’AFP le 25 juin, Emmanuel Macron cherche encore à s’affirmer comme le maître du jeu.

 

Échec à l'autocrate
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1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 15:16
Le coup d'Etat raté de Donald Trump

Barry Grey, repris du World Socialist Website

  • Un témoignage explosif, donné mardi devant la Commission spéciale de la Chambre chargée d’enquêter sur les événements du 6  janvier 2021, a exposé les efforts de Trump pour diriger personnellement la prise d’assaut du Capitole, assassiner ses opposants et s’installer comme dictateur.
  •  

Ce témoignage est celui de Cassidy Hutchinson, ancienne assistante-principale du chef de cabinet de Trump, Mark Meadows. Son témoignage en personne était complété par des clips vidéo de dépositions précédentes. Hutchinson a clairement indiqué que les plans d’un assaut violent du Capitole le 6  janvier, dirigé par Trump lui-même, avaient été préparés bien avant l’événement.

 

Elle a déclaré qu’après une réunion à la Maison-Blanche avec Meadows le 2  janvier, l’avocat de Trump Rudy Giuliani lui avait demandé si elle était enthousiate quant aux choses prévues pour le 6  janvier. «Nous allons au Capitole. Le président va être là. Il aura l‘air puissant» lui a-t-il dit. Elle a également parlé des nombreux renseignements fournis par les services secrets, la police du Capitole et le FBI sur les organisations paramilitaires armées comme les Proud Boys et les Oath Keepers qui prévoyaient d’occuper des bâtiments gouvernementaux et de s‘en prendre au Congrès le 6  janvier.

 

L’élément le plus significatif de son témoignage cependant concernait les événements du 6  janvier même. Elle a rapporté qu’avant son discours à l’Ellipse, Trump était furieux que les services secrets eussent installé des magnétomètres et saisissaient les armes des partisans de Trump voulant aller au rassemblement.

 

Trump et ses complices, dont Meadows, Giuliani et un nombre considérable de députés et sénateurs républicains, savaient que les paramilitaires d’extrême droite présents dans la foule étaient lourdement armés et qu’ils s’apprêtaient à prendre et à tuer le vice-président de l’époque, Mike Pence et les principaux démocrates, pour empêcher une certification de la victoire de Biden.

 

Trump avait dit: «Je me fous complètement qu’ils aient des armes. Ils ne sont pas là pour me faire du mal. Enlevez ces putains de mag[nétomètres]».

 

Hutchinson a déclaré avoir entendu Meadows dire, à propos des chants des insurgés demandant de «pendre Mike Pence» et des nœuds coulants installés devant le Capitole: «Il [Trump] pense que Mike le mérite. Il ne pense pas qu’ils fassent quelque chose de mal».

 

Elle a encore révélé qu’après son discours à l’Ellipse, Trump était monté dans la limousine présidentielle, s’attendant à être conduit au Capitole. Quand le chef de ses services secrets a refusé et insisté pour qu’il retourne à la Maison-Blanche, Trump a essayé d’attraper le volant, puis a saisi l’agent des services secrets à la gorge.

 

Quand il a été ramené à la Maison-Blanche, Trump était en rage, jetant des objets tout en communiquant avec les autres conspirateurs au téléphone, et essayant désespérément de faire avancer le coup d’État.

 

Trump prévoyait, pendant que ses fantassins se déchaînaient au Capitole, d’y entrer et de prononcer sans y être invité un discours à la Chambre des députés, ce qui constitue en soi une violation de la séparation constitutionnelle des pouvoirs. Il prévoyait de suspendre le Congrès, de s’emparer du Capitole et de déclarer l’état d’urgence, préparant ainsi le terrain pour renverser l’élection et s’installer comme dictateur.

 

Hutchinson a enfin déclaré que le 7  janvier, Trump et Meadows avaient discuté du pardon des émeutiers. Dans un témoignage enregistré déjà rendu public, elle a énuméré cinq membres républicains du Congrès – Jim Jordan, Scott Perry, Andy Biggs, Louie Gohmert et Matt Gaetz – ayant demandé le pardon présidentiel suite au coup d’État manqué. Mardi, elle a révélé que Giuliani et Meadows avaient également demandé le pardon.

 

Le plan de coup d’État décrit par Hutchinson s’inspirait du Putsch de la Brasserie organisé à Munich par Adolf Hitler le 9  novembre 1923, au cours duquel il avait prévu de marcher sur la Feldherrnhalle. La différence cependant est que le complot de Trump avait une tout autre ampleur et n’était pas dirigé par un politicien fasciste débutant peu connu, mais par le président des États-Unis.

 

L’audition même s’est déroulée dans des conditions extraordinaires. La commission, présidée par le démocrate du Mississippi Bennie Thompson et la républicaine du Wyoming Liz Cheney, l’avait soudainement annoncée lundi après avoir dit qu’elle ne convoquerait pas d’autre audition avant la mi-juillet. Elle a gardé secret le sujet de l’audition et dissimulé l’identité du témoin, Hutchinson, jusqu’à mercredi matin.

 

La commission a pris des précautions extrêmes et a convoqué l’audition rapidement car elle craignait pour la vie de son témoin vedette. Lors de précédentes audiences, des témoins avaient déclaré avoir reçu de multiples menaces de mort des partisans de Trump, encouragés par l’aspirant Führer, qui dénonce régulièrement la commission comme un tribunal bidon. 

 

Il n’existe aucun précédent pour un tel coup d’État dans l’histoire des États-Unis, ni d’un autre grand pays industrialisé. Tous ceux qui ont cherché à minimiser l’importance du 6  janvier sont entièrement démasqués.

 

Ce témoignage explosif soulève toute une suite d’autres questions. Compte tenu du degré de préparation des putschistes, pourquoi a-t-on laissé le Capitole sans protection? Pourquoi la police et l’armée au Capitole ont-elles pratiquement cessé leurs activités, et qui en a donné l’ordre?

 

Une autre question se pose: si Trump avait réussi le 6  janvier, à quoi aurait ressemblé l’Amérique le 7  janvier? Tout porte à croire qu’il aurait déclenché l’arrestation et l’assassinat en masse de ses opposants politiques.

 

Enfin, il y la question de savoir ce que faisait le Parti démocrate pendant tout cela. Biden a été pratiquement silencieux avant, pendant et après le coup d’État du 6  janvier. Il n’a rien dit pendant des heures alors que les fascistes de Trump saccageaient le Capitole et que les démocrates étaient recroquevillés dans leurs bureaux et bunkers d’urgence. Lorsqu’il a finalement pris la parole, ce fut pour demander à Trump, l’organisateur du coup d’État, de rappeler ses sbires.

 

Les démocrates avaient accès aux mêmes renseignements que la Maison-Blanche sur les intentions de Trump et de ses alliés. Mais ils n’ont rien fait pour avertir la population de ce qui se passait, et encore moins pour prendre des mesures et y mettre fin. Aujourd’hui encore, Biden refuse de parler des récentes révélations et les démocrates refusent de demander l’inculpation de Trump et des poursuites contre lui.

 

Le Parti démocrate a cherché à réhabiliter le Parti républicain, plaidant pour l’«unité» avec ses «collègues» et ses «amis». Son principal souci est de façonner une sorte d’unité avec les Républicains et de maintenir le système bipartite afin de poursuivre la guerre impérialiste contre la Russie et les préparatifs de guerre contre la Chine.

 

En conséquence, Trump et ses complices restent libres de continuer leurs complots visant à détruire les droits démocratiques et à établir une dictature fasciste.

 

Le Parti de l’égalité socialiste exige que Trump soit inculpé et jugé pour tentative de coup d’État fasciste. Un tel procès doit révéler l’ensemble de la conspiration et pas seulement le rôle de Trump. Qui d’autre était impliqué au Parti républicain, à la Cour suprême, dans l’armée, la police, les agences de renseignement et dans les gouvernements des États?

 

Un tel procès ne mettrait pas seulement en prison le gangster Trump et ses collègues nervis, mais démasquerait la complicité des démocrates et l’échec du système capitaliste même, qui se dirige tête baissée vers la dictature et la guerre mondiale.

 

(Article paru d’abord en anglais le 29 juin 2022)

 

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30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 05:01

Cette brillante universitaire (physicienne) vient d’être nommée ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Depuis sa prise de fonction, elle n’a pas chômé !

 

En bonne groupie du banquier éborgneur et emmerdeur, son objectif est la destruction de l’Enseignement supérieur républicain. Au nom de « l’excellence », bien sûr.

 

Elle a fait ses armes à la présidence de l’université Paris-Saclay. En deux ans, elle y a opéré la fusion de trois universités, quatre grandes écoles et sept organismes de recherche regroupant 48 000 étudiants et 9 000 enseignants chercheurs. Résultat : ce conglomérat est passé de la 14ème à la 13ème place du classement – très controversé – de Shanghai. Á échelle cosmique, il fallait bien un tel bouleversement pour un résultat aussi magistral.

 

Ce progrès fulgurant dans le classement international s’est opéré – comme je l’ai dit – par la destruction de l’esprit républicain et l’accroissement du nombre d’étudiants « qui ne sont rien » et que le banquier éborgneur et emmerdeur croisera chaque fois qu’il passera par une gare.

 

Je cite ici une analyse du bureau de la section SNESUP de Paris-Saclay : [Cette mutation a été réalisée] « au prix de l’exclusion de licences non sélectives, maintenant dans l’école universitaire de premier cycle qui délivre des diplômes non estampillés université Paris-Saclay pour ne pas écorner “ la marque ” Paris-Saclay. Et au prix d’une grande souffrance au travail due à la perte de sens et de lien humain, à la complexification des procédures. » En d’autres termes, que du malheur pour la majorité des étudiants, l’interdiction d’exciper de la qualité de diplômé de Paris-Saclay, une dégradation des conditions de travail, une augmentation de la précarité par, entre autres, la multiplication de “ chaires professeur junior  ” avec des rémunérations librement fixées par les établissements, la légitimation de la sélection et, au bout du compte, l’interdiction d’exciper de la qualité de diplômé de Paris-Saclay.

 

Ce que Retailleau a fait à Paris, elle compte bien le réaliser au niveau national.

 

 

 

Connaissez-vous Sylvie Retailleau ?
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24 juin 2022 5 24 /06 /juin /2022 05:01
Le Macro-Lepénisme, selon Emmanuel Todd (2020)

 

https://twitter.com/CharliB97783485/status/1539277211991146496?s=20&t=IQgZw5-UCy1hNGY7mfr-ng

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22 juin 2022 3 22 /06 /juin /2022 05:01

Des Français ont élu 89 députés d'un parti fondé par des collabos, des miliciens et des Waffen-SS.

 

Est-ce pour cela, est-ce pour freiner la Résistible Ascension de ce parti que Jean-Luc Mélenchon a proposé – certes maladroitement, à mes yeux en tout cas – que la gauche de gauche fonctionne sous un seul étendard à l'Assemblée nationale ? Je ne sais, mais je finirai par le savoir.

 

 

Si le Rassemblement National m'était conté...
Si le Rassemblement National m'était conté...
Si le Rassemblement National m'était conté...
Si le Rassemblement National m'était conté...
Si le Rassemblement National m'était conté...
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17 juin 2022 5 17 /06 /juin /2022 05:01

Ce 12 juin, sur les plateaux de télévision, invitée à exprimer son point de vue sur le premier tour des élections législatives, Rachida Dati fut, comme à l’accoutumée, cinglante, hargneuse, d’une extrême autorité, en particulier face à Clémentine Autain, qui n’est pourtant pas née de la dernière pluie.

 

Rachida Dati est l’un des personnages politiques français les plus fascinants qui soit. C’est une personne toujours limite, toujours aux limites. Elle se considère – à juste titre selon moi – comme une « fille de France » car elle est un remarquable exemple, non pas d’« intégration » puisqu’elle est née en France où elle a toujours vécu, mais de réussite sociale. Née dans une famille pauvre (elle a 10 frères et sœurs) de Saône-et-Loire, elle est parvenue à 42 ans au sommet de l’État, première femme d’origine immigrée à occuper un poste de ministre régalien.

 

Ses parents, M’Barek Dati et Fatima-Zohra, étaient arrivés en France deux ans avant sa naissance. Rachida passe son enfance à Chalon-sur-Saône dans le quartier calme et verdoyant des Prés-Saint-Jean. Bien que membre d’une famille musulmane, elle est scolarisée dans un collège privé catholique tenu par des religieuses du Saint-Sacrement. Après avoir frôlé l’exclusion (déjà les limites), elle obtient un baccalauréat D en 1983.

 

Pour soulager financièrement ses parents pendant ses études, elle occupe de nombreux emplois, souvent pénibles : veilleuse de nuit, femme de ménage, vendeuse, aide-soignante sans la qualification (toujours les limites). Elle échoue deux fois en première année de médecine et se réoriente en sciences économiques à l’université de Dijon. Elle y est une des responsables de la MNEF. Puis elle s’inscrit en 1988 à l’université Panthéon-Assas, où elle obtient une licence et une maîtrise de sciences économiques.

 

En 1992, financée par l’entreprise Matra (Lagardère), elle suit les cours pour obtenir une maîtrise en administration des affaires. Elle ne parvient pas à son objectif. Elle réussit néanmoins à se rapprocher de Jacques Attali à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. En 1996, elle obtient une maîtrise en droit public en bénéficiant de la validation des acquis professionnels. Cette validation, apparue en 1985, permet d’accéder directement à une formation universitaire sans avoir le diplôme requis, en faisant valider une expérience professionnelle, même développée hors de tout système de formation.

 

Après Attali, elle se rapproche de Simone Veil et d’Albin Chalandon et entre à l’École nationale de la magistrature où elle est admise sur dossier. Elle sort de l’École 116ème sur 154 en 1999. Problème de “ limite ” : en 2007, Le Canard enchaîné indique qu’elle aurait produit un faux curriculum vitae pour intégrer l’ENM, arguant qu’elle était titulaire d’un MBA européen du groupe HEC-ISA, cultivant une certaine forme d’ambiguïté ayant pu induire des examinateurs en erreur. Libération reprit l’information en ces termes : « un CV qui indique, pour l’année 1993, « M.B.A. du groupe H.E.C. » avec la mention « ancienne élève de l’Institut supérieur des affaires ». En réalité, comme L’Express l’a révélé, la Garde Sceaux n’a jamais obtenu le diplôme. Rachida Dati l’a d’ailleurs confirmé, tout en soulignant qu’elle n’avait jamais prétendu l’avoir…Le Canard écrit que « le document (…) a provoqué un véritable branle-bas de combat (…) au ministère de la Justice », provoquant le coup de fil du porte-parole du ministère. Il a expliqué au journal que « la formule “ancien élève de l’Institut supérieur des affaires” signifiait clairement qu’elle n’avait pas obtenu le diplôme final ». Le Canard Enchaîné se demande alors pourquoi mentionner « M.B.A du groupe H.E.C. », soulignant « l’ambiguïté » cultivée par la ministre.  » Le directeur d’HEC déclara que Rachida Dati n’avait pas obtenu son diplôme, alors qu’elle avait validé tous les modules parce qu’elle n’avait pas assisté au séminaire de clôture de l’année.

 

En 1987, Dati effectue un stage en tant que chargée d’études auprès de la direction comptabilité-finance du groupe Elf-Aquitaine qu’Albin Chalandon (époux de la princesse Salomé Murat puis de Catherine Nay, soit dit en passant) avait présidé jusqu’en 1983.

 

En 1994, Dati devient contrôleuse de gestion et secrétaire générale du bureau d’études sur le développement urbain à la Lyonnaise des eaux, puis, de 1995 à 1997, conseillère technique à la direction juridique du ministère de l’Éducation nationale.

 

Elle est nommée juge au tribunal de grande instance de Péronne en 1999. Elle semble avoir reçu un blâme – encore des limites – du procureur de Péronne pour avoir manqué de respect aux fonctionnaires du greffe. Par ailleurs, se rendant souvent à Paris, elle est convoquée par le premier président de la cour d’appel d’Amiens qui lui reproche d’organiser son temps de manière très personnelle. Est-ce pour cela qu’en 2007 la ministre Dati décidera de la suppression du tribunal de Péronne ? Elle se rapproche de Marceau Long, vice-président du Conseil d’État, plus haut fonctionnaire de France, et se porte candidate à cette institution. Qui trop embrasse mal étreint, elle est malheureusement refusée.

 

De 2004 à 2005, Dati est directrice générale adjointe aux conseil général des Hauts-de-Seine, chargée des marchés publics. Elle sous-traite ses dossiers à un cabinet d’avocats et se fait, taper sur les doigts par son supérieur. Le Point indique en 2008 : « Des âmes charitables affirment qu’à l’heure de la curée, Rachida Dati, qui connaît les histoires de la famille et du département des Hauts-de-Seine pour s’être occupée, pendant quelques temps en 2005, du secteur sensible des marchés publics, saura, le cas échéant, se rappeler aux bons soins de son protecteur. »

 

En 2009, elle fonde une société de conseil, La Bourdonnais consultant, qu’elle dissout en 2010 pour accéder, à titre dérogatoire (les limites) à la profession d’avocat. Magistrate, elle est mise en disponibilité le 11 mars 2019 à la cessation de son mandat de maire.

 

Deux mots sur sa vie privée. En novembre 1992, elle se marie avec un homme « avec lequel elle n’avait rien à partager », selon ses dires, pour se libérer des pressions récurrentes de sa famille, très traditionnaliste en la matière. Après un mois, elle demande l’annulation de ce mariage, qui est prononcée en 1995. En 2009, elle donne naissance à une fille à laquelle elle donne le prénom de sa mère, Zorah. Le nom du père n’est pas rendu public. Cinq jours après avoir accouché, elle reprend ses fonctions au ministère. La réforme du statut des juges d’instruction ne saurait attendre. En 2012, elle assigne l’homme d’affaires Dominique Desseigne en justice, lui réclamant une pension alimentaire de 6 000 euros pour la petite Zorah. Desseigne refuse, affirmant que Dati, à l’époque, avait (les limites) huit amants (parmi eux « un animateur télé, un ministre, un PDG, un Premier ministre espagnol, l'un des frères de Nicolas Sarkozy, un procureur général qatarien et l'héritier d'un empire de luxe »). En 2014, le tribunal de grande instance de Versailles juge que Desseigne est le père de l’enfant. Zorah reçoit 2 500 euros de pension. « Zorah a les yeux de son père », avait dit Dati. Desseigne a les yeux bleus…

 

Selon Le Parisien, Rachida Dati aurait souhaité se présenter aux élections européennes de 1994 sur la liste de Michel Rocard. Elle y renonça sagement avant le vote des militants socialistes. La même année, François Bayrou, ministre de l’Éducation nationale, la nomme chargée de mission pour la question du voile à l’école. Elle devient auditrice de justice en 1997 et est nommée dans la juridiction d’Amiens en 1999.

 

En 2002, elle est conseillère de Nicolas Sarkozy. Elle travaille sur le projet de loi sur la prévention de la délinquance. Elle est ensuite nommée conseillère technique au cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances. En 2005, elle est directrice générale adjointe des services du conseil général des Hauts-de-Seine après seulement un mois en tant qu’administratrice. Elle adhère à l’UMP en décembre 2006. Le 14 janvier 2007, elle est nommée porte-parole de Nicolas Sarkozy pour la campagne pour l’élection présidentielle. Elle fréquente alors les très élitistes Institut Montaigne, Le Siècle, le Club XXIe siècle 58 qu’elle a co-fondé mais qu’elle a dû quitter car elle en faisait un groupe de pression sarkozyste (encore les limites !) et l’Association Bleu Blanc Rouge dont le but est de « rapprocher la banlieue du monde du travail ».

 

Après l’élection de Nicolas Sarkozy, elle est nommée ministre de la Justice. Six semaines après sa nomination comme chef de cabinet, Michel Dobkine, un des magistrats les plus expérimentés du pays, démissionne, officiellement pour des rasions personnelles. Il est suivi par trois autres membres importants du cabinet. Ces démissions font suite à la publication d’un projet de loi instaurant des peines minimales pour les récidivistes et réformant l’excuse de minorité. La loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs (comme l’un de ses frères condamné à trois reprises pour divers délits graves) et des mineurs est adoptée par le parlement en janvier 2007. Cette loi modifie l’ordonnance de 1945 relative à l’enfance délinquante.

 

En 2009, Dati met impulse une réforme de la carte judiciaire qui supprime et transfère un grand nombre de tribunaux de petite ou moyenne taille vers des tribunaux plus importants. Elle rencontre l’hostilité de la très grande majorité des personnels de justice. Cette réforme est saluée par le Cour des Comptes qui aime bien les économies.

 

Dans son souhait de renforcer la lutte contre la récidive des mineurs, Rachida Dati fixe à treize ans le nouvel âge de la responsabilité pénale. Elle entre par ailleurs en conflit avec les magistrats lorsqu’elle mute contre son gré, à la Cour de cassation, le procureur général d’Agen Bernard Blais à huit mois de sa retraite. En novembre 2008, 500 magistrats dénoncent, dans une pétition, les « pressions personnalisées et inadmissibles » exercées par la garde des Sceaux. Ils déplorent son manque de présence comme quand elle n’assiste pas à la rentrée solennelle des avocats du barreau de Paris pour au dîner de 2008 offert aux ministres de la Justice des pays francophones.

 

Rachida Dati est élue au conseil municipal de Paris en 2008, puis comme maire du 7ème arrondissement. En 2012, elle annonce vouloir se présenter contre François Fillon aux élections législatives, puis renonce. Elle fonde le collectif « Á droite … toutes ! » afin de renforcer la présence des femmes à l’Assemblée nationale. Avant les élections municipales de 2014, elle affirme sa volonté d’être tête de liste à Paris mais s'efface car, selon elle, « le système et les médias ont déjà choisi Nathalie Kosciusko-Morizet ». Elle est réélue maire d’arrondissement mais est suspendue en 2015 du groupe Les Républicains à la suite d’arriérés non réglés de cotisations au parti pour une somme de 6 500 euros (les limites…).

 

En vue de la présidentielle de 2017, elle soutient Nicolas Sarkozy, puis François Fillon. Lors du deuxième tour, elle déclare qu’elle votera Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. Elle soutient ensuite Laurent Wauquier lors du congrès des Républicains de 2017.

 

Auparavant, en 2013, elle avait été critiquée suite à sa mission lors des élections en Azerbaïdjan qu’elle avait jugées « libres et équitables ». En 2017, on la vit voter contre l’ouverture d’une enquête parlementaire sur la corruption qu’aurait exercée le gouvernement azerbaïdjanais pour acheter des soutiens à l’étranger, notamment au Conseil de l’Europe.

 

En 2013, Rachida Dati est, aux dires des Échos, consultante pour GDF Suez. Selon divers médias, elle aurait proposé en 2012 plusieurs amendements favorables aux fournisseurs d’énergie. On la verra signer dans Les Échos un article demandant l’arrêt des subventions des énergies renouvelables et se prononcer pour une réouverture du débat sur les gaz de schiste. Lorsque la journaliste Élise Lucet, dans un numéro de “ Cash Investigation ”, l’interroge sur de possibles conflits d’intérêt, elle refuse de répondre et la traite de « pauvre fille ».

 

Elle intervient sur des problèmes de radicalisation dans les prisons, sur la gestion de la crise migratoire, sur l’établissement de contrôles aux frontières extérieures de l’UE. En 2018, elle se présente en vain à la fonction de représentante du Parlement pour la désignation du futur parquet européen. Elle réagit très vivement à un vote massif contre elle, critiquant l’hostilité des députés « à la création du parquet européen » et des postures purement politiciennes de députés de gauche et verts. Elle fait même allusion à des réflexes de « mépris social ».

 

En 2019, elle annonce qu’elle est candidate à sa réélection pour les Européennes, mais elle renonce pour se concentrer sur sa candidature aux municipales de 2020 à Paris. La droite est très divisée. Le candidat LAREM, Benjamin Griveaux doit se retirer après la publication de vidéos salaces. Dati est battue par Hidalgo en ne recueillant que 34% des voix.

 

En tant que maire du 7ème arrondissement, Rachida Dati lance un projet de “ Club des ambassadeurs ” afin de réunir les diplomates étrangers résidant dans son arrondissement. Pour financer ce projet, elle aurait, demandé 400 000 euros à l’ambassadeur du Qatar en France, qui aurait refusé.

 

Revenons aux limites. Entre 2009 et 2013, alors qu’elle est députée européenne, elle est rémunérée 300 000 euros par an comme avocate de la filiale hollandaise de Renault-Nissan. Les dirigeants de Renault ayant succédé à ceux qui avaient choyé Rachida ont déclaré que « la réalité des travaux de consultant n’a jamais été démontrée ». En juillet 2021, Rachida est mise en examen pour « corruption passive et recel d’abus de pouvoir ».

 

Jusqu'ici, la fille de M’Barek et de Fatima-Zohra s'est globalement sortie de tout. Mais avec cette mise en examen elle a peut-être franchi les limites…

 

 

Rachida Dati, une forceuse de destin
Rachida Dati, une forceuse de destin
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14 juin 2022 2 14 /06 /juin /2022 05:01

Ci-dessous un texte de Simon Cottin-Marx et Gilles Jeannot repris par le site LVSL.

 

 

« Ubériser l’État » ? Il ne s’agit pas d’un slogan visant à critiquer la libéralisation du service public, mais du mot d’ordre que se sont donnés les réformateurs actuels de l’État et de l’administration. À l’heure du scandale McKinsey, où l’influence des cabinets de conseil sur l’autodestruction des services publics et des institutions n’est plus à démontrer, un pan entier du processus de privatisation de nos biens communs reste encore à découvrir pour un large public. Rendre visibles et compréhensibles les doctrines actuelles d’auto-sabordage des services publics par la nouvelle génération de managers des administrations, voilà la tâche que se sont fixés Gilles Jeannot et Simon Cottin-Marx, tout deux sociologues et auteurs de La privatisation numérique. Destabilisation et réinvention du service public (Raisons d’Agir, 2022). Dans cet extrait du chapitre 5 consacré à Stuart, l’entreprise de livraison par vélo rachetée par le groupe La Poste, les deux auteurs détaillent ce que la remise en question du salariat – seule définition valable de l’ubérisation – dans le secteur de la logistique, implique de détérioration, en termes d’accès aux services publics et de conditions de travail.

 

« Ubérisons l’État avant que d’autres ne s’en chargent ! » La formule claque. Tirée d’un mémoire de fin d’études de jeunes ingénieurs entrant dans le Corps des mines, elle a suscité un fort intérêt dans les milieux de la réforme de l’État : le mémoire est devenu un article ; l’article, un livre [1]. La lecture en est plus décevante : l’ubérisation est définie seulement à partir de « plateformes numériques de confiance » qui seraient « centrées sur le client » sans aucune allusion à la mise en cause du salariat, pourtant souvent implicite dans le terme. Ubériser signifie pour les auteurs rendre « adressables », ajustées à chaque administré, les données de l’État. Ils citent alors le service mes-aides.gouv.fr, qui calcule si les utilisateurs sont éligibles aux aides sociales (allocations familiales ou assurance chômage), créé par les services de la modernisation de l’État ou une offre comparable à destination des entreprises, développée par la start-up Finamatic.

 

« Ubérisation » désigne aujourd’hui dans le sens commun un aspect bien particulier du numérique. « Remise en cause du modèle économique d’une entreprise ou d’un secteur d’activité par l’arrivée d’un nouvel acteur proposant les mêmes services à des prix moindres, effectués par des indépendants plutôt que des salariés, le plus souvent via des plateformes de réservation sur internet », nous dit le Larousse. En d’autres termes, l’ubérisation, c’est la multiplication d’emplois au statut dégradé rendue possible par les capacités d’intermédiation entre offre et demande de services par les plateformes numériques. Par conséquent, de manière toute pratique, ubériser l’État consisterait à remplacer les fonctionnaires par une armée de travailleurs attendant, au pied de leur voiture, de leur vélo ou de leur ordinateur, une mission payée à la tâche quelques euros. En ce sens plus précis – et plus inquiétant –, voit-on se dessiner une ubérisation de l’État ou des services publics ?

 

La privatisation, au sens large, porte ici sur la diffusion des modèles économiques du privé. Alors que la vague du new public management en France et dans une grande partie de l’Europe a principalement contribué à diffuser des méthodes d’organisation du travail issues du privé [2], il s’agit ici de transferts de modèles salariaux. Cette initiative apparaît ainsi comme la pointe avancée d’une dégradation de l’emploi public dans ce secteur. L’ubérisation s’est principalement développée dans le transport et la logistique, bien sûr le secteur des taxis mais aussi celui de la livraison de repas à domicile et tout un ensemble de prestations sur le « dernier kilomètre ». C’est donc du côté de la logistique qu’il faut chercher d’éventuelles applications de l’ubérisation aux services publics.

 

Aux États-Unis, quelques expérimentations de prise en charge par Uber (ou son principal concurrent Lyft) de missions de service public ont été tentées. La première a eu lieu en 2016 dans le comté de Pinellas, en Floride. Suite à un référendum rejetant une croissance du budget des transports publics, le comté a offert de subventionner à hauteur de cinq dollars des trajets en VTC Uber partant de ou arrivant à certaines gares routières. L’opération a été financée en supprimant une ligne de bus fortement déficitaire. Par la suite, d’autres expérimentations ont été engagées avec Lyft dans de petites villes de Floride ou de Californie, à Salt Lake City ou à Detroit [3].

 

Cependant, ces expériences sont à la fois d’ampleur très restreinte (démarrage de la première expérimentation avec quarante trajets subventionnés par jour, expérimentation limitée à deux mille trajets en tout à Detroit [4]) et plutôt complémentaires de l’offre publique : il s’agit dans de nombreux cas de subventionner l’accès des usagers aux gares des lignes de transports publics lourds. Ces expérimentations apparaissent ainsi moins comme la privatisation d’un service public que comme une tentative de donner des gages face à une stratégie forte d’intrusion dans les législations locales, de manière à les aligner sur les intérêts de ces deux compagnies. Uber et Lyft ont en effet déployé plus de lobbyistes que tout le reste de l’économie numérique réuni pour peser sur les législations locales de transport. Ils ont payé les amendes des chauffeurs lorsque leur offre ne respectait pas la législation locale. Ils ont pu suspendre leurs services pour réagir à des législations trop contraignantes comme à Houston ou à Austin. Ils ont enfin incité leurs consommateurs à faire pression sur les pouvoirs publics pour que ces derniers se conforment à leurs exigences [5]. 

 

Cette manière d’agir sur les autorités publiques pour accélérer encore la dérégulation et l’ouverture des marchés rejoint les pratiques d’un certain pan de la finance pour une dérégulation mondiale analysée par Marlène Benquet et Théo Bourgeron [6]. Une actualisation de l’efficacité de cette pression est, en Californie, le vote favorable à la proposition référendaire exemptant les VTC et les livreurs d’une loi de cet État qui, en 2019, requalifiait de nombreux travailleurs indépendants en salariés [7].

 

En France, c’est en mars 2017, autour du rachat par La Poste de l’entreprise de livraison à vélo Stuart que la question d’une intrusion de l’ubérisation au sein de la sphère publique s’est posée le plus directement. L’entreprise Stuart a été créée en 2014 par deux entrepreneurs soutenus par des entreprises du e-commerce comme PriceMinister ou Vente-privée.com. Elle cherche à se placer sur la logistique du dernier kilomètre et trouve rapidement des contrats de livraison avec des commerces traditionnels comme Monoprix, Carrefour ou Franprix. L’entreprise, présente initialement à Paris, à Londres, à Madrid et à Barcelone, s’est étendue progressivement à de grandes villes françaises comme Lyon ou Toulouse. Ces financeurs ont été rejoints en 2016 par le groupe La Poste pour une première mise de fonds de 20 millions d’euros, puis le reste de l’entreprise sera racheté en mars 2017 pour 13 millions d’euros.

 

La livraison à vélo constitue la partie la plus dégradée du travail ubérisé et condense les deux dimensions de cette économie numérique. Leur confrontation directe est rendue tangible par le récit d’une réunion d’information pour les nouveaux recrutés, que rapporte le livreur Jérôme Pimot : « tout commence dans un open space de 400 m2 en plein Marais, baby-foot, paniers de fruits, canapés, bar-cafétéria. Je suis là pour une réunion d’information pour devenir livreur à vélo chez Frichti, la nouvelle start-up de livraison de repas sur Paris. Avec moi, une vingtaine de mecs de mon âge, entre vingt et trente-cinq ans, dix noirs, sept Marrons, trois blancs, tous plus au moins le même style : survêt’ Nike, sacoche, casquette, maillot de foot, doudoune. On déambule comme une meute ébahie dans cet open space au milieu des employés de la boîte. Posés sur les canapés design, à moitié allongés mais pas trop, en tailleur façon yoga, d’autres jeunes de notre âge, quasiment tous blancs, tous un Macbook dernier cri en main, tous très stylés, avec les dernières fringues branchées sur le dos, des hipsters dans toute leur splendeur, regardent passer la meute. Nous entrons dans un bocal vitré. Entassés sur des tabourets, collés les uns aux autres, sans un verre d’eau, on attend. De l’autre côté de la porte vitrée qui se referme derrière nous, les gagnants de la transition numérique nous observent du coin de l’œil, ceux qui maîtrisent les nouveaux codes de la « start-up nation », ceux qui peuvent côtoyer le baby-foot sans vraiment y jouer, ceux qui sont en France depuis plusieurs générations et qui ont pu faire des études de marketing, d’informatique ou de digital networking [8]. »

 

Des enquêtes par questionnaires, menées par une équipe de chercheurs autour de Laetitia Dablanc, permettent d’appréhender les conditions économiques du service et le profil de ces nouveaux travailleurs. Les entreprises se rémunèrent sur un pourcentage du prix du repas (entre 25 et 30 %) et sur une tarification de la livraison au consommateur (environ 2,5 euros) : chaque course rapporte en moyenne cinq euros plus un ou deux euros de pourboire. « On voit que la seule variable du modèle économique sur laquelle la plateforme peut vraiment agir est la rémunération du livreur [9]. » Les entreprises cherchent alors à susciter l’inscription de très nombreux livreurs et par là une concurrence qui permet de faire monter les exigences et de baisser les prix. 

 

Cela conduit à une évolution du profil des travailleurs. En 2016, ils sont 65 % à travailler pour Deliveroo et 20 % pour Stuart. En 2018, Uber Eats prend 25 % sur la part de Deliveroo. Si la figure mise en avant par les entreprises de travailleurs à temps partiel ou d’étudiants qui cherchent un revenu d’appoint sur les créneaux qui les arrangent a bien existé, la baisse des tarifs unitaires et le privilège donné par l’algorithme aux coursiers qui restent tout le temps disponibles a conduit à réduire leur part (de 41 % en 2016 à 16 % en 2018) au profit d’auto-entrepreneurs à temps plein. 

 

Le turnover augmente aussi – de 32 % à 47 % des coursiers déclarent moins de six mois d’activité. Un nouveau phénomène a ensuite vu le jour : la sous-traitance, par ces autoentrepreneurs, de leur compte à des travailleurs sans papiers. Même si l’activité est illégale, c’est un tiers des personnes interviewées qui se déclarent concernées. La proportion monte à la moitié dans la dernière version de l’enquête.

 

Les autoentrepreneurs de Stuart échappent-ils à cette dégradation des conditions d’emploi et de travail ? Le groupe La Poste s’est attaché à mettre en avant un modèle social « avantageux » avec la possibilité d’accéder à une complémentaire santé, à des prêts pour l’achat du vélo, à un soutien à l’inscription sur les listes de logement HLM ou à une facilitation du recrutement des plus fidèles comme postiers. Le fait que la durée de présence moyenne sur la plateforme ne dépasse pas quatre mois relativise ce modèle d’intégration vanté par la direction des ressources humaines du groupe [10]. En octobre 2020, un mouvement de sans- papiers travaillant pour Stuart et débranchés par l’entreprise de l’application suggère également que l’entreprise n’est pas à l’écart du glissement vers le travail d’étrangers en situation illégale [11].

 

 

Vers l'uberisation du service public ?

 

Une association professionnelle regroupant des micro-entreprises de coursiers et quelques opérateurs plus importants de livraison a engagé en 2017, juste avant le rachat par La Poste, une procédure judiciaire contre Stuart et contre deux autres entreprises pour concurrence déloyale. La procédure repose sur deux arguments. D’une part, cette entreprise a des contrats réguliers avec des commanditaires comme des supermarchés, elle dispose d’entrepôts comme à Châtelet [12], ce qui en fait une entreprise commissionnaire de transport qui doit se soumettre aux contraintes du secteur. D’autre part, certaines livraisons sont accomplies par des scooters et rentrent dans le cadre d’une profession réglementée : les autoentrepreneurs qui les accomplissent n’ont pas les autorisations afférentes. L’affaire en appel sera traitée fin 2021.

 

Stuart pourrait ainsi être la pointe avancée d’un mouvement plus large de développement du travail à la tâche dans le service public. Le cœur de métier du Stuart est plutôt du côté de la livraison à domicile des courses effectuées dans des supermarchés. Mais certains services postaux comme la distribution de catalogues ou de journaux peuvent être aussi pris en charge par ces auto-entrepreneurs.

 

L’ubérisation concerne une part limitée du service public, ce qui est aussi vrai dans l’emploi en général. Mais ces évolutions s’inscrivent dans un courant plus large au sein du groupe La Poste. Ainsi, depuis de nombreuses années, Chronopost propose à ses agents de quitter le groupe pour créer leur propre structure avec la promesse de se voir confier les mêmes tâches de distribution de courrier. L’entreprise peut ainsi sous-traiter jusqu’à 90 % de son activité à des entrepreneurs qui, même s’ils ont un contrat, sont payés à la tâche [13]. Au fil du temps, la fonction de dépôt de colis des bureaux de poste est supplantée par une myriade de points relais, des commerçants offrant ce service en sus de leur activité. En 2009, GeoPost, filiale de La Poste, rachète la start-up Pickup qui organise un réseau de dépôts-relais dans tout le pays. Un accord entre Pickup et Keynest autour d’une offre de consignes sécurisées pour l’échange de clés permet en outre d’établir le lien avec le développement d’Airbnb. Le fait de confier aux dirigeants de Pickup la tête de Stuart au sein du groupe GeoPost suggère alors la continuité entre le développement de ces points relais et celui de la livraison ubérisée.

Notes : 

[1] Clément Bertholet et Laura Létourneau, Ubérisons l’État… avant que d’autres ne s’en chargent, Paris, Armand Colin, 2017. Les auteurs évoquent une « auto-ubérisation » de l’État. Cependant, par de nombreux exemples de sous-traitance présentés, par la part majoritaire des personnes interviewées issues du secteur privé ou par la préface confiée à Xavier Niel, on peut s’interroger sur l’identité de ce « nous » qui est appelé à ubériser l’État. 

[2] Voir Gilles Jeannot et Philippe Bezes, « Mapping the use of public management tools in European public adminis- tration », in Gerhard Hammerschmid, Steven Van de Walle, Rhys Andrews, Philippe Bezes, Public Administration Reforms in Europe, The View from The Top, Cheltenham, Edward Elgar, 2016, p. 219-230. 

[3] Voir Aaron short, « Are Uber and Lyft the future of transit ? Not so fast », Street Blog USA, 22 juillet 2019. 

 

[4] Nous remercions Tania Aïda Apedo pour sa présentation du cas de Detroit et plus largement des expériences étasuniennes. 

[5] Voir Joy Borkholder, Mariah Montgomery, Miya saika Chen, Rebecca smith, « Uber state interference : how transportation network companies buy, bully, and bamboozle their way to deregulation », A Report of The National Employment Law Project and The Partnership for Working Families, 2018, en ligne.

[6] Voir Marlène Benquet et théo bourgeron, La Finance autoritaire. Vers la fin du néolibéralisme, Paris, Raisons d’agir, 2021. Les sommes engagées en lobbying pour faire basculer le vote en faveur du brexit (17 millions de livres) rapportées par ces auteurs sont cependant largement inférieures aux sommes dépensées par Uber et par Lyft. 
[7] Voir Anaïs Moutot, « élections américaines : Uber et consort sauvent leur peau en Californie », Les Échos, 4 novembre 2020. Les compagnies ont dépensé 200 millions de dollars en commu- nication, le niveau le plus élevé atteint pour ce type de référendum local. 

[8] Extrait du blog de Jérôme Pimot, ancien livreur à vélo chez Deliveroo, cofondateur et porte-parole du Collectif des livreurs autonomes de Paris (CLAP). 

[9] Anne Aguilera, Laetitia dablanc, Alain Rallet, «L’envers et l’endroit des plateformes de livraison instantanée », Réseaux, 212, 2018, p. 23-49. La part qui revient au livreur ne cesse de décroître au fil du temps. 

[10] Voir Lionel Steinmann, « La Poste innove pour la protection sociale des coursiers de Stuart », Les Échos, 6 novembre 2017. 

[11] Entretien avec Jérôme Pimot du CLAP, 27 octobre 2020. 

[12] Voir « Stuart s’attaque à la logistique du dernier kilomètre pour révolutionner la livraison ultra-rapide », chaîne Youtube de Kronik. 

[13] Voir Pierre Vétois et nicolas Raimbault, « L’“ubérisation” de la logistique : disruption ou continuité ? Le cas de l’Île-de-France », Technologie et innovation, 17-3, 2017, p. 1-22. 

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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 04:48

Je peux vous dire que dans le Gers, département cher à mon cœur, on connaît !

 

Marguerite est la fille de Jean-René, député La REM de la première circonscription du département. Cet ancien « proche du PS », comme on dit pudiquement, défend depuis des années une réduction de 120 000 postes de fonctionnaires. Il faut dire que ce petit-fils de préfet et d’instituteur ne s’est pas trop brûlé les doigts au contact de la Fonction publique. Il a travaillé chez Saint-Gobain, Compaq, Cisco, Apple (dont il fut le directeur-général pour la France) et Bouygues Telecom. Il a donc renoncé à – selon ses dires – une certaine aisance, pour devenir député dans le camp du banquier éborgneur et emmerdeur contre un candidat socialiste. Il a trois enfants, dont Pierre, fondateur du parti politique trans-partisan Allons enfants (qui pratique l’écriture inclusive et dont l’objectif est de « réconcilier les jeunes et la politique » – tout un programme), conseiller technique auprès du chef de cabinet de l’Élysée et conseiller municipal de Saint-Cloud.

 

La mère de Marguerite est cadre chez Eli Lilly and Company, l’un des plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux, dons le siège social est à Indianapolis (so far away from Gers…). C’est d’ailleurs à cet Eli Lilly que l’État français a passé commande – des dizaines de milliers de doses – d’un produit qui se voulait miracle contre le Covid : le Bamlanivimab. Alors que sa distribution était interrompue aux États-Unis dès avril 2021, pour cause d’une efficacité insuffisante contre les variants, l’Agence nationale de sécurité du médicament lui délivrait une Autorisation de mise sur le marché (AMM) dès le mois de mars. De nombreux professionnels dénoncèrent immédiatement cette AMM. Selon eux, le Bamlanivimab n’était pas très efficace et il coûtait très cher.

 

Mais venons-en à Marguerite. Son titre de gloire, depuis plusieurs années, est d’avoir « façonné » la réforme des retraites. Le verbe “ façonner ” implique un objectif d’amélioration, de recherche de beauté, même. Acceptons-en l'augure, sans nous faire aucune illusion.

 

Marguerite, âgée de 34 ans, est actuellement directrice déléguée de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie. Elle est en couple avec Aurélien Rousseau, un “ vieux ” de 46 ans, membre du Conseil d’État et directeur du cabinet de la Première Ministre.

 

Ancienne élève de HEC (présidente du bureau des élèves), Marguerite fait des stages chez Proctor & Gamble et McKinsey. Á la sortie d’HEC, elle travaille au cabinet McKinsey & Company comme consultante junior, où elle est chargée d’auditer les comptes de la Sécurité sociale française. Nous sommes en 2013, donc, très jeune, à l’âge de 25 ans, elle a un regard très “ américain ” sur le système social français. Son “ expertise ”, comme on dit en franglais, ne pouvait donc que plaire au banquier éborgneur et emmerdeur. Elle va gérer la crise du Covid selon McKinsey, en étant rattachée à l’Élysée, puis à Matignon. Elle va superviser la force opérationnelle dont l’objectif (et la seule politique), toujours selon McKinsey, sera une vaccination de masse d’un maximum de Français. Avec des vaccins de quelle origine ? Je vous le donne en mille !

 

Il faut connaître ce genre de personnage car ces forts en thème gouvernent nos existences. Au sens premier du terme car ils les dirige, il fixe le cap. Dans l’ombre, bien sûr, qui sied tant aux éminences grises. Et puis au sens d’administrer, comme si nous étions des enfants qu’il faut régenter, coordonner, superviser. Ces personnages, les médias les chouchoutent car ils en font des références, bien sûr « techniques ». Tellement « techniques » qu’elles peuvent virevolter d’un cabinet à l’autre, d’un gouvernement à l’autre. Marguerite fut ainsi conseillère  (chargée des comptes sociaux) de Michel Sapin, ce redoutable socialiste qui avait succédé au ministère de l’Économie et des Finances au futur banquier éborgneur et emmerdeur. C’est, semble-t-il, Marguerite qui a eu l’idée d’un minimum de pension à 1 000 euros (depuis D’Artagnan, les Gersois ont du cœur) et d’une vraie égalité homme/femme dans les retraites.

 

Mais en deux mots comme en cent, la sensation du pire m’habite !

 

Connaissez-vous Marguerite Cazeneuve ?
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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 04:54

Lorsque l’on vient d’une famille qui a beaucoup souffert, deux cas de figure peuvent se présenter : soit on fait preuve d’une forte empathie pour ceux qui sont éprouvés, soit on met à distance le malheur des autres pour, en évacuant la détresse humaine, se persuader que tout le monde peut s’en sortir car l’adversité, les calamités, ne sont pas collectives mais individuelles. Je ne peux pas expliquer autrement les comportements brutaux, d’une dureté rare, de l’actuelle Première ministre.

 

Je reprends ici un texte d’El Diablo.

 

Le Premier ministre s'est vu reprocher un manque d'empathie et d'humanité après avoir invité une femme en fauteuil roulant qui lui faisait part de sa situation, à revenir vers l'emploi, au cours d'un échange sur France Bleu.

Lors d'une émission sur France Bleu le 7 juin, Elisabeth Borne a suggéré à l'une des auditrices, une personne handicapée privée de l’allocation adulte handicapée (AAH) en raison des revenus de son mari, de solliciter un accompagnement pour reprendre le travail... Et cela n'a pas échappé aux oppositions.

Visiblement émue, l'auditrice souhaitait savoir ce que le gouvernement comptait faire pour les personnes handicapées. Elle-même victime d’un « très grave accident » l'obligeant à se déplacer en fauteuil roulant, elle expliquait ne plus pouvoir travailler. « J’ai fait la demande d’AAH, mais dans la mesure où mon époux touche 1 800 euros malgré un loyer de 1 000 euros à Nice, on me dit que je n'ai le droit à rien car on dépasse les plafonds. Sans mon époux, je serais à la rue », détaille Dolorès.

« J’entends votre émotion », répond d’abord Élisabeth Borne en évoquant d'autres aides sans conditions de ressources, mais aussi un éventuel accompagnement « pour reprendre une activité professionnelle ». « J’adore quand madame la Première ministre dit de reprendre une vie professionnelle, mais vous savez quand vous arrivez en fauteuil… », réagit alors son interlocutrice, des sanglots dans la voix. Le Premier ministre concède alors que « peut-être, ce n’est pas le moment de parler de cette reprise professionnelle ».

 

La gauche a vivement réagi à cet échange, qui reflète selon elle un manque d'empathie et d'humanité de l'ancienne ministre du Travail. « Technocrate brutale, Elisabeth Borne humilie par erreur ou par goût ? », s'est interrogé Jean-Luc Mélenchon. « Elle humilie une femme en fauteuil », a dénoncé le leader des Insoumis, tout en rappelant qu'elle a aussi été à l'initiative de la réforme de l'assurance-chômage, ce qui lui aurait permis de « faire les poches » des allocataires.

Pour le Parti socialiste, Olivier Faure n'a pas été en reste. « C’est l’histoire d’une rencontre avec un bloc de glace », a-t-il attaqué, promettant que la coalition de gauche voterait la déconjugalisation de l'AAH.

La froideur des propos tenus par Elisabeth Borne a aussi fait réagir le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, qui a jugé l'échange « glacial » et le Premier ministre « insensible ».

[…]

« Tout simplement indigne », a jugé laconiquement Xavier Bertrand, président Les Républicains de la région des Hauts-de-France. François Asselineau, pour l'Union populaire républicaine, s'est aussi élevé contre un « manque d'empathie » d'Elisabeth Borne.

Comme le souligne Le Parisien, « la scène est d’autant plus dérangeante pour la Première ministre qu’Emmanuel Macron avait déjà abordé le sujet de la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé lors de la campagne pour l’élection présidentielle ». Mi-avril, le chef de l'État avait en effet critiqué sur France Info le caractère inadapté des dispositifs actuels et s'était engagé à «bouger sur ce point». « Choisissez l'amour », avait-il alors suggéré à une autre interlocutrice handicapée présente sur le plateau, qui lui faisait part de sa crainte de devenir « dépendante financièrement » lorsqu'elle aurait épousé « l'homme de [sa] vie ».

La réforme de l'AAH a donné lieu à des tensions à l'Assemblée entre la majorité présidentielle et les oppositions : en juin 2021, gauche et droite confondues avaient décidé de quitter l'hémicycle afin de protester contre le blocage orchestré par la majorité contre l'individualisation de cette allocation, créée en 1975 pour compenser l'impossibilité de travailler pour certains handicapés.

 

La glaçante Élisabeth Borne
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