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9 décembre 2022 5 09 /12 /décembre /2022 06:01

On évoque de possibles coupures d'électricité dans les prochains mois. Le boy de Rotschild entretient l'inquiétude en restant dans le flou. Pas d'électricité quand il fait froid, je ne connais pas, mais cela ne doit pas être drôle. En revanche, j'ai bien connu l'absence d'électricité quand il fait chaud. Ce n'était pas drôle non plus.

 

Vers 1983, la situation en Côte d’Ivoire commença à se dégrader. Le cours des matières premières (café, cacao) ayant chuté, le pays s’endetta et fit de moins en moins face à ses échéances. Pour les expatriés, la situation demeurait stable, si ce n’est qu’ils étaient désormais au beau milieu d’un peuple qui n’y croyait plus. Les Ivoiriens eurent la grande sagesse de ne pas nous considérer, nous les étrangers, comme des boucs émissaires. Mais les dernières années furent plus moroses que les premières. Nos collègues ivoiriens avaient vu leurs salaires bloqués, au point de devoir exercer des métiers d’appoint (directeur des études dans des institutions privées, entrepreneurs, planteurs etc.) aux dépens de leurs travaux d’universitaires.

 

En 1984, il y eut une pénurie d’électricité qui dura trois mois. Située dans la zone tropicale humide, la Côte d’Ivoire recevait bon an mal an entre 1500 et 2000 millimètres d’eau par an (700 pour la France). Des barrages et des centrales hydrothermiques avaient donc été construits, fournissant la quasi-totalité des besoins en électricité. Une année, il ne plut pas. Les responsables alertèrent le président de la République Houphouët-Boigny et lui demandèrent la permission de réduire la distribution. Réponse du “ vieux sage [ben voyons] de Yamoussoukro ” : « En Côte d’Ivoire, on ne coupe pas l’électricité ». Moralité, le 3 janvier, tout s’arrêta pendant des heures. Des gens furent bloqués dans des ascenseurs, le plastique et le métal se solidifièrent dans les usines, la viande pourrit dans les chambres froides des grossistes et des détaillants.

 

Des semaines durant, nous vécûmes avec une demi-heure de courant par jour. J'habitais une tour d’une dizaine d’étages. J'avais la chance d’être au premier car, à partir du quatrième, l’eau n’arrivait plus puisque les pompes censées la propulser fonctionnaient évidemment à l’électricité. J'avais collé du ruban adhésif sur la porte du frigo pour ne pas l’ouvrir à mauvais escient. À la Fac, les partiels se tenaient, comme d’habitude dans des amphis souterrains, sans électricité (les étudiants avaient apporté des lampes de poche), sans climatisation, donc dans une chaleur humide indescriptible. Le stoïcisme des étudiants fut extraordinaire.

 

Les commerçants libanais avaient importé de Chine des mini-ventilateurs portables à pile permettant aux élèves de s’aérer quelque peu. Les Japonais, quant à eux, avaient envoyé des dizaines de groupes électrogènes qui faisaient un boucan d’enfer jour et nuit. J’avais, en cette circonstance, engueulé l’attaché commercial de l’ambassade de France car je savais que Renault fabriquait ce type de produit. Ce monsieur, vraisemblablement payé à ne pas faire grand chose, n’avait pas percuté et alerté notre grande entreprise ­– à l’époque – nationale. Après six semaines de ce régime, nous étions épuisés. Les gens râlaient tant et plus car ils savaient que la patinoire de l’Hôtel Ivoire (une patinoire sous les tropiques où les bourgeoises se rendaient en manteau de fourrure !) avait fonctionné jusqu’au dernier moment. Pour donner un ordre de grandeur, cette patinoire consommait autant d’électricité que le Burkina Faso, pays voisin, peuplé de cinq millions d’habitants à l’époque. Nous fûmes d’autant plus furieux qu’un soir, alors que la ville était, comme d’habitude, plongée dans le noir absolu, le stade Houphouët-Boigny (situé près du Pont Houphouët-Boigny) brilla de mille projecteurs : l’équipe ivoirienne de football rencontrait celle du Ghana, pays limitrophe, nettement plus pauvre, et il n’était pas question d’annuler le match ou de le jouer dans le noir.

 

Au bout de trois mois, Houphouët se résolut à acheter (ou louer) à une entreprise française une centrale à gaz qui redonna du courant à tout le pays. J’avais un peu moins souffert que ma femme et mes enfants de cette épreuve car je m’étais rendu une quinzaine de jours en France, en plein février, pour participer à un colloque et donner quelques conférences sur George Orwell, dont un des romans était au programme des concours de recrutement. Jamais de ma vie, je n’ai autant apprécié le froid.

 

Couper l'électricité
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6 décembre 2022 2 06 /12 /décembre /2022 06:01
Je reprends ce texte de mon ami Michel Taupin, publié sur sa page Facebook
 
Marguerite Yourcenar se méfiait de la charité : "La charité est une vertu que les éloges mortuaires prêtent sans exception à tous les défunts, ce qui est déjà suspect. ” Quant au philosophe et syndicaliste, Georges Sorel, en 1908, il avait fort bien repéré d'où la charité nous parlait : "Les catholiques sociaux […] veulent améliorer le sort des pauvres, non seulement par la charité, mais par une foule d’institutions propres à atténuer les douleurs causées par l’économie capitaliste."
 
Le Théléton, la charité, le bien public
 
On brade la France, on pille ses richesses, on détruit la Santé et l’Enseignement publics, on ruine les services publics de transports et d’énergies, on pirate les ressources de la Sécurité Sociale dont celles des retraités, payées par leurs propres cotisations, et qui sont largement suffisantes pour assurer aux anciens une retraite décente à 60 ans, on continue de dépouiller la recherche scientifique qui était naguère l’un des fleurons de notre pays, tout ce qui faisait la fierté et l’originalité de la France, et conquis au prix du sang par le peuple, est saccagé, privatisé, dans un seul but : satisfaire au-delà de leurs espérances, la cupidité sans fond des actionnaires, et exaucer les diktats d’une Europe vassalisée au capitalisme étasunien… et dont aucun des vrais décideurs n’a mandat des peuples.

Alors, nos gouvernants à la solde de leurs patrons, les milliardaires du CAC40 qui ont fait main basse sur les médias et qui ont la nostalgie de l’Ancien Régime ancrée au corps, nous balancent à la figure leur condescendance arrogante, leur morgue méprisante, en un mot leur charité humiliante qui n’a rien de généreux et si éloignée des valeurs humaines que sont le partage, la dignité et la fraternité : le téléthon !

Recourir à la charité des citoyens est un leurre qui a pour but de palier les insuffisances des acteurs publics dont ces mercenaires patentés pillent les ressources depuis des décennies.

Recourir à la charité c’est favoriser la concentration de ces pouvoirs, renforcer leur position dominante dans la société et développer leurs capacités d’influence.

Recourir à la charité c’est autoriser ceux qui détiennent les pouvoirs économiques à privatiser plus encore la gestion des biens communs.

Recourir à la charité est un aveu criant d’abandon par notre système politique, de la gestion de l’intérêt commun au profit mégalomaniaque de quelques uns.

Recourir à la charité publique c’est culpabiliser les petites gens pour forcer leur générosité.

Recourir à la charité c'est la substituer au devoir sacré d’un État de garantir une vie digne et décente à chacun de ses citoyens.

Comme la charité, le téléthon fait appel à la pitié…. Je ne me bats pas pour cela mais pour la Dignité !

 

Charité bien ordonnée...
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4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 05:42

Par Francis Carrier (Huffington Post)

 

Pourquoi est-ce devenu si difficile de se déplacer quand on vieillit ? Pourquoi le numérique devient-il un obstacle au lieu de nous aider à nous déplacer sans problème ?

Pour illustrer mon propos, je vais vous raconter un trajet que j’ai fait depuis la banlieue parisienne où je vis pour aller à Roubaix. Je devais intervenir lors d’un séminaire sur la vieillesse. Pour cela j’avais prévu de faire un aller-retour dans la journée.

La dématérialisation des titres de transport : une exclusion supplémentaire

Remarque préalable : je suis un ancien ingénieur en électronique, je suis encore alerte et je suis équipé d’un smartphone, d’un ordinateur et d’un abonnement internet.

Inutile de vous dire que de nos jours, acheter un billet de train si on n’a pas le kit du parfait internaute, on peut tout de suite rester chez soi… Et voyager en regardant la télé.

C’est le cas de la commune où j’habite en proche banlieue de Paris. Une petite gare dans laquelle on pouvait ,il n’y a pas si longtemps, acheter des billets de train et se faire conseiller sur son trajet. Tout cela est bien fini. C'est ainsi que je me retrouvai un matin à la gare de Bièvres, à la recherche de l’automate pour acheter mon premier ticket de transport pour le RER.

Quelques jours auparavant je m’étais débattu avec le site de la SNCF pour avoir un trajet Paris-Roubaix au meilleur prix. Lors de la réservation on m’avait demandé bien sûr si j’avais plus de 60 ans, comme si la SNCF allait déployer pour moi une assistance particulière, mais cela ne devait être que pour ses statistiques.

Je paye, je charge mon QR code sur mon téléphone en me disant que j’étais paré pour mon voyage nordiste. Pauvre Pérette, tu es bien naïve !

J’achète donc mon billet Bièvres-gare du Nord avec changement à Massy. Pour payer ce fut un peu compliqué, mais j’y suis arrivé.

Le changement de RER à la gare de Massy a été ma première surprise. Pour passer du RER B au RER C, il faut rejoindre une immense passerelle qui est bien à 10 m au-dessus des voies et que l’on ne rejoint que par des escaliers et un escalator. Qui bien sûr était à l’arrêt.

J’aurais eu une valise, je pense que je serais déjà arrivé en piteux état tout en haut des escaliers.

Bien que le département ait supprimé les billets cartonnés pour le métro, il semble que pour les RER ce ne soit pas encore le cas. J’avais pourtant par précaution acheté ma carte Navigo Easy, que j’avais préchargé pour faire des trajets, mais qui s’est avérée inexploitable pour prendre un billet pour le RER.

Je passe donc mon portillon avec mon billet réglementaire et accède à mon nouveau RER direction Gare du Nord.

Des contrôles, des contrôles… Pas beaucoup d’assistance

À mon arrivée dans la gare je me suis retrouvé dans un passage souterrain qui donne accès aux différentes voies. Je repère sur les écrans celle de mon TGV INOUI pour Lille et arrive devant 2 portillons électroniques qui contrôlent l’accès aux quais. Je sors mon smartphone, recherche mon QR Code et l’approche vers le lecteur censé me délivrer mon passage.

Que nenni ! J’avais beau présenter de toutes les façons mon écran à ce méchant portillon, rien n’y faisait. Habitué à contourner les obstacles, je me suis dirigé vers le deuxième portillon me disant que celui-ci ne devait pas fonctionner. Une dame était déjà à l'œuvre et visiblement s’évertuait comme moi à faire lire son pass magique !

Oui, il faut bien dire, que parfois, la technique ressemble à de la magie : on ne sait pas trop quand ça va marcher et on réessaye tel un magicien amateur jusqu’à ce que la formule magique fonctionne. En essayant de nouveau de tromper le cerbère électronique, je m’aperçois que mon téléphone fait apparaître mes cartes de paiement dès que je l’approche de l’écran. Est-ce à dire que le portillon souhaiterait me refaire payer un billet que j’ai déjà acheté ?

Miraculeusement, la dame passe de l’autre côté et me propose son aide pour franchir le passage interdit. Qui dira que l’électronique supprime les contacts humains, parfois il les favorise. À deux nous essayons toutes les façons pour faire céder le portillon mais en vain. Jusqu’à ce qu’un monsieur de la sécurité, qui devait observer depuis quelques minutes notre manège ne s’approche de nous et au miracle, utilise son badge super-magique pour me laisser passer ! Merci la sécurité !

Sur les quais, il faut rattraper le temps perdu et remonter les 2 rames de TGV pour trouver la bonne place. Ouf ! C’est bon…

Arrivé à Lille, je réalise que le trajet que j’ai acheté pour aller jusqu’à Roubaix m’oblige à une attente de 45 minutes pour prendre ma correspondance, alors que le métro de Lille va à Roubaix centre toutes les 5 minutes.

J’aurais aimé le savoir avant d’acheter mes billets mais au diable l’avarice, je pars pour m’acheter un billet de métro.

À Lille c’est très différent, ce sont des petites cartes passe-passe. J’achète un aller-retour pour mon trajet et j’obtiens une petite carte indiquant trajet unitaire. Me serais-je trompé ? Nulle trace de mon achat qui devrait m’indiquer 2 trajets.

Personne pour me renseigner, je recherche donc l’accès aux quais.

Accès contrôlé par 2 personnes qui vérifient la validité du billet. À l’arrivée à Roubaix, dernière épreuve, vous n’allez pas me croire, l’escalator qui permet de sortir des profondeurs est… en panne.

J’intervenais sur une table ronde pour indiquer qu’il était temps de laisser les vieux s’exprimer sur leurs attentes, mais je ne pouvais m’empêcher de ruminer sur les difficultés que j’avais rencontrées pour atteindre mon but.

 

Les joies du numérique dans les transports publics quand on est vieux

Une mise en échec de plus en plus fréquente qui touche à notre autonomie

Mon retour a été ponctué de la même façon de difficulté sans fin pour trouver une machine qui accepterait mes moyens de paiement pour accéder au RER. Avec mes 2 cartes bleues, mon téléphone qui me permet de payer dans tous les supermarchés, je suis pourtant bien équipé !

Inutile de vous expliquer les épreuves que rencontrent les personnes qui ont des difficultés à se déplacer. À moins d’être masochiste, il vaut mieux rester chez soi que d’utiliser les transports en commun.

Lorsque je prends ma voiture, j’ai un abonnement liber-T qui permet de franchir tous les péages dans toute la France, quel que soit le gestionnaire, et de payer un grand nombre de parkings dans les grandes villes.

Je ne peux m’empêcher de me demander pourquoi ce système ne pourrait pas s’appliquer aux individus qui le souhaitent pour les différents types de transports publics ?

Au lieu d’annoncer comme une grande victoire la suppression des billets du métro parisien, ne pourrait-on pas avoir un pass universel avec un décompte sur internet qui nous permette de s’affranchir de toutes ces machines qui ne veulent pas s’adapter à nous et nous mettent en situation d’échec ?

Puisque nous sommes à l’heure du numérique, ne doit-il pas être à notre service au lieu de devenir une difficulté de plus pour pouvoir se déplacer ?

Comment peut-on accepter qu’un système génère plus d’exclusion et ne soit pensé que pour le bénéfice des sociétés de transport en supprimant les frais de personnel.

Toutes ces entreprises bénéficient largement de l’argent public, il me semble. La suppression des guichets, les portiques de contrôle qui fleurissent partout, l’abandon des titres de transport lisibles ne pourraient-ils pas aussi bénéficier aux utilisateurs ?

Allons un effort… Sauter les portillons, ce n’est plus de mon âge.

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2 décembre 2022 5 02 /12 /décembre /2022 05:30

 

Les agents de nettoyage de la gare de Perrache à Lyon ont entamé ce lundi 21 novembre leur septième semaine de grève. Employés par le sous-traitant « Arc-en-Ciel », ces salariés ont appris que la Métropole de Lyon (à majorité NUPES) voulait les remplacer en découvrant l’existence d’un appel dans ce sens, qui date du 26 juillet.

 

Sous-traitance et exploitation

Depuis la fin de la régie publique de l’entretien il y a plus de 30 ans, les salariés du nettoyage de la gare de Perrache sont ballottés d’un patron à l’autre, au fil des appels d’offres et de la reprise du marché par différentes entreprises. Si les emplois ont été maintenus jusqu’à présent, car la convention collective des entreprises du nettoyage l’impose, aucune évolution professionnelle n’est possible pour ces salariés. Leurs employeurs successifs refusent en effet de reconnaître leur ancienneté sur le site ou de leur donner accès à des formations qui permettraient de faire évoluer leurs salaires. A titre d’exemple, le salarié ayant le plus d’ancienneté sur le site de Perrache, y travaille depuis 33 ans, est à un an de la retraite… mais plafonne toujours au SMIC ! De plus, le recours aux employeurs privés n’a fait qu’aggraver leurs conditions de travail : pour être compétitives pendant les appels d’offres, les entreprises réduisent au maximum les équipes sans réduire pour autant la charge de travail. A chaque nouveau contrat, les agents du nettoyage voient donc leurs conditions de travail se dégrader.

 

Plusieurs mobilisations ont donc eu lieu ces dernières années pour protester contre cette situation. La Métropole, qui est dirigée depuis 2020 par un président EELV et par une alliance entre des partis membres de la NUPES, a réagi par la répression. En juin 2021, elle a nommé un inspecteur chargé du « contrôle qualité » sur le site de Perrache. Celui-ci a immédiatement multiplié les provocations contre les salariés, qu’il a soumis à une surveillance constante et à qui il a interdit de communiquer avec les usagers. La pression a été telle qu’un salarié a fait une tentative de suicide ! Un mouvement de grève a alors éclaté pour obtenir le renvoi de cet aspirant garde-chiourme et mettre en lumière leurs conditions de travail déplorables. La fermeté de leur mobilisation et l’écho rencontré par leur lutte leur ont permis d’obtenir satisfaction : le contrôleur mis en cause a quitté les lieux. La Métropole a encaissé cette défaite, mais a mûri un plan pour se débarrasser de ces salariés au statut protégé.

 

L’hypocrisie de la Métropole

L’appel d’offres publié cet été par la Métropole est uniquement destiné aux entreprises d’« insertion ». Ce n’est pas un hasard. Comme on l’a vu, la convention collective du secteur assure une continuité de l’emploi aux agents du nettoyage. L’entreprise entrant sur un marché a l’obligation de reprendre à son compte les contrats des salariés déjà présents sur le site... sauf justement s’il s’agit d’une entreprise sous convention d’« insertion ». En recourant spécifiquement à un tel appel d’offres, l’objectif de la Métropole est de se débarrasser des salariés trop « remuants » et ses représentants l’ont eux-mêmes expliqué aux travailleurs grévistes.

 

Face aux revendications des grévistes, qui exigent que leurs emplois soient garantis, la Métropole rétorque que c’est à leur employeur « Arc-en-Ciel » de reclasser ses 22 salariés à plein temps. Sans surprise, les représentants de l’entreprise ont déclaré le 4 novembre qu’aucun contrat ne serait prolongé au-delà de décembre 2022 si « Arc-en-Ciel » perdait le marché de Perrache. Ils ont renvoyé la balle à la Métropole, en affirmant que celle-ci reste la véritable employeuse des agents de nettoyage.

 

La Métropole exerce en effet une véritable autorité sur ces salariés, qu’elle fait muter à sa convenance, sur simple demande aux sous-traitants, ou auxquels elle refuse la mise en place de dispositifs recommandés par la médecine du travail. En dépit des faits, la Métropole continue pourtant à affirmer que la gestion salariale des sous-traitants n’est pas de sa responsabilité. Questionnés par les grévistes, ses représentants ont même poussé le cynisme jusqu’à leur répondre : « pour vous, il y aura le Pôle Emploi ». En acceptant de jouer selon les règles du capitalisme, la nouvelle majorité métropolitaine se retrouve donc à appliquer la même politique d’exploitation et de répression que la majorité de droite qui l’a précédée. Certains de ses représentants ont même déclaré que l’actuelle majorité NUPES n’a « pas vocation » à remettre en place une régie publique du nettoyage !

 

Les agents de la propreté de la gare de Perrache continuent leur lutte, en faisant preuve de la combativité et de la résolution qui leur a attiré l’hostilité des dirigeants écologistes de la Métropole. Leur détermination doit être un exemple pour tous les salariés qui subissent aujourd’hui des conditions de travail déplorables, et qui vivent sous la menace de l’inflation et des licenciements. Seul un mouvement de grève reconductible dans un maximum de secteurs pourra empêcher que les travailleurs ne continuent à payer le prix de la crise et des politiques d’austérité.

 

Vous pouvez soutenir les grévistes de Perrache à travers leur caisse de grève disponible à cette adresse.

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1 décembre 2022 4 01 /12 /décembre /2022 06:01

Que l’on soit un boy de la Banque Rothschild ou pas, lorsqu’il s’agit de constituer un gouvernement, en particulier si l’on ne dispose pas de la majorité absolue à l’Assemblée nationale, on doit ratisser large. En nommant Caroline Cayeux ministre, le boy a puisé dans le vivier de la droite la plus dure et y a trouvé une milliardaire. Et aussi, pour des raisons sur lesquelles je ne m’étendrai pas, une vieille femme (elle a mon âge !). La Renaissance en marche, quoi…

 

Avant d’atterrir au gouvernement, Caroline Cayeux avait été maire de Beauvais (la ville de la rebelle Jeanne Hachette), conseillère, régionale, sénatrice, présidente de la Fédération des villes de France et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires.

 

Un mot sur la fondation de cette agence. Voulue par le boy de Rothschild (pour le bien de tous les Français, cela va de soi), elle a été pensée par le cabinet EY, connu sous son ancien nom Ernst & Young et associés, cabinet d’audit financier et de conseil d’origine anglaise. Membre du Big Four, ce cabinet était en 2020 le troisième réseau mondial en termes de chiffre d’affaires. D’après Wikipédia, il a été impliqué dans une copieuse liste de scandales comptables et financiers. Il s’est par ailleurs fait remarquer par ses conditions de travail : horaires déments, salaires faibles, rotation du personnel importante, harcèlement, condamnations aux prud’hommes. McKinsey, pas toute seul dans la sphère d’influence préféré du boy.

 

Madame Cayeux avait pris sa carte au RPR après la victoire de la gauche en 1981. En 1988, elle devient secrétaire départemental par intérim du RPR de l’Oise après le départ de Jean-François Mancel. Tout un programme, ce Mancel ! Président de l’Association des amis de l’Azerbaïdjan, adepte de la « diplomatie du caviar ». On lui reproche en 1997 d’avoir rempli ses caddies au supermarché avec l’argent du contribuable. Il rembourse partiellement et l’affaire est classée. En 2002, la Cour de cassation le condamne pour conflit d’intérêts (président du conseil général, il fait attribuer des marchés à une de ses sociétés) à 18 mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende.

 

Caroline Cayeux a donc été nommée ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales dans le gouvernement Borne le 4 juillet 2022. Elle a dû démissionner le 28 novembre, soupçonnée par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique d’« évaluation mensongère » dans sa déclaration de patrimoine et de « fraude fiscale ». Elle aurait donc menti et, en trichant dans sa déclaration d’impôt, volé les Français. Pour ne parler que de son patrimoine immobilier – on n’a pas eu accès au reste pour l’instant – elle l’a estimé à 3 millions 900 000 euros. La Haute autorité l’a évaluée au double de cette somme. Nous sommes loin d’un simple différend technique.

 

Soyons juste : Madame Cayeux sut faire preuve de rigueur. Ainsi, alors qu’elle était maire de Beauvais depuis trois ans, elle écarta son premier adjoint en 2004 à la suite de fausses déclarations d’heures supplémentaires pour un agent de la ville.

 

Il ne s’agit pas d’accabler les bourgeois systématiquement, mais il faut bien dire que beaucoup de ceux qui appartiennent à cette classe s’imaginent en êtres différents, supérieurs. Ce n’est donc pas la faute de Caroline Fournier si elle est née dans le XVIe arrondissement, de Pierre Fournier, directeur d’un grand laboratoire pharmaceutique, président de l’Ordre national des pharmaciens de 1979 à 1987, et d’une mère héritière du constructeur automobile Panhard.

 

En 1969, à l’âge de 21 ans, jeune enseignante, elle est nommée chargée de mission au cabinet d’Yvon Bourges (de la droite pompidolienne dure), secrétaire d’État aux Affaires étrangères puis ministre du Commerce et de l’artisanat. Á la mort de son père, elle est administratrice de plusieurs sociétés financières du groupe Didot-Bottin (dictionnaire Vidal, fauteuils de spectacles, alcools de fruit, casinos). Elle siège aux côtés de Philippe Marini, influent homme politique de la droite de droite. En 2013, celui-ci marquera son opposition aux lois relatives à la transparence de la vie publique, affirmant qu’elles engendrent « un climat de suspicion permanente autour des élus ». Sans trembler, la Haute autorité estimera en 2014 que Philippe Marini avait sous-évalué son patrimoine immobilier, notamment un immeuble dans le Ve arrondissement de Paris.

 

Il est, cela dit, un aspect de la personnalité de cette éminence de la République qu’on ne saurait passer sous silence. On oubliera rapidement le fait – qui a dû plaire au boy – qu’en tant que sénatrice elle avait proposé des amendements visant à élargir les droits des chasseurs (c’est par pur hasard qu’elle est propriétaire de forêts en Sologne où, selon son entourage, « elle travaille ses réseaux en y organisant des parties de chasse »). Plus intéressant selon moi, car nous ne sommes plus dans le matériel, elle a affirmé en novembre 2012 son opposition au mariage pour les homosexuels. Elle le qualifie de « dessin contre nature » et de « caprice ». Elle ajoute – en s’enfonçant – à l’occasion d’un entretien pour la chaîne Public Sénat : « J’ai beaucoup d’amis parmi tous ces gens-là et, franchement, c’est un mauvais procès qu’on me fait et ça m’a beaucoup contrariée ». La communauté homosexuelle, et tous ceux pour qui les mots ont un sens, dénoncent l'expression « ces gens-là », ce qui n’empêche pas Caroline Cayeux d’enfoncer le clou en citant la philosophe Chantal Delsol (qui se définit comme une anticommuniste primaire) : « Avec cette excellente philosophe, je pense que l’exigence du mariage homosexuel et l’adoption des enfants qui va avec, n’est pas un simple dessin qui va contre la nature. C’est plus grave parce qu’on ne débat pas sur la question des limites : tout ce que je veux, et tout de suite, et qu’elles qu’en soient plus tard les conséquences ». Une plainte sera déposée après une réaction outrée de tout un aréopage de personnalités, et classée.

 

Est-il nécessaire de relever que Caroline Cayeux est chevalier de la Légion d’honneur, officier dans l’Ordre national du mérite et dans l’Ordre des arts et des lettres ?

 

Pour nous résumer, immense et douteuse fortune, accointances nauséabondes, idées rétrogrades.

 

 

PS qui n’a rien à voir, ou plutôt qui a tout à voir (Le Blog d’El Diablo) :

Le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, mis en examen pour «prise illégale d'intérêt» en septembre dernier, est soupçonné d'avoir «participé» en tant que haut fonctionnaire, entre 2009 et 2016, à des décisions relatives à l'armateur MSC (italo-suisse MSC, (second au monde en tonnage), lié à sa famille, selon des éléments de son interrogatoire révélés ce 29 novembre.

D'après ces éléments, les magistrats instructeurs lui reprochent d’avoir «participé», entre 2009 et 2012, en tant qu'administrateur à huit délibérations des instances dirigeantes de STX France (aujourd’hui Chantiers de l’Atlantique) et du Grand port maritime du Havre (GPMH), tous deux liés à MSC. 

Ils soulignent ensuite qu'entre 2012 et 2016 à Bercy, aux cabinets de Pierre Moscovici puis d'Emmanuel Macron, il a notamment «persisté [...] à émettre des avis ou donner des orientations stratégiques ayant trait» à des dossiers impliquant MSC. Or, la mère d’Alexis Kohler est cousine de Rafaëla Aponte, épouse du fondateur du groupe Gianluigi Aponte, un lien familial «simple» mais au «5e degré», «éloigné», s’est défendu l’intéressé devant les juges. 

Le numéro 2 de l'Elysée en examen pour «prise illégale d'intérêt» et «trafic d’influence passif»

L'affaire est née après la parution d'articles de Mediapart en mai 2018. Une information judiciaire a été ouverte en juin 2020. A ce jour, il y a eu au moins 50 auditions et dix perquisitions. 

Devant les magistrats, le secrétaire général de l’Elysée a assuré d’emblée n’avoir «jamais considéré être en situation de conflit d’intérêts». Mais de manière paradoxale, il a martelé avoir tout fait, «dès novembre 2008», pour se trouver loin du dossier MSC. 

Il explique n’avoir participé à aucune décision concernant le groupe, à l’époque STX-GPMH ; avoir averti sa hiérarchie de ses liens familiaux ; avoir demandé à quitter son mandat d’administrateur de STX ; enfin, avoir exprimé dans ses votes en conseil d’administration la position de l’Etat plutôt que la sienne. 

Lorsqu'il était à Bercy, Alexis Kohler assure avoir organisé un déport du dossier MSC «informel», avec Pierre Moscovici (2012-2014) puis via «une lettre» avec Emmanuel Macron (2014-2016). Les magistrats indiquent n’avoir retrouvé «aucun écrit ou note de l’Agence des participations de l’Etat, du Trésor ou du ministère faisant état du lien familial avec la famille Aponte» ou organisant cette mise à l’écart du dossier MSC entre 2010 et 2016. 

A l’issue des 15 heures d’interrogatoire, Alexis Kohler concède un «débat sur [son] degré de formalisme» pour avertir de son déport des dossiers MSC, mais se dit cependant «choqué et indigné» de la «mise en cause» de son «intégrité». Il est mis en examen pour «prise illégale d'intérêt», et témoin assisté pour «trafic d’influence passif». 

Sollicités ce 29 novembre par l’AFP, son avocat n'a pas souhaité réagir alors que l'Elysée a affirmé «ne pas pouvoir commenter une enquête en cours». «On peut se féliciter que la justice avance et fasse son travail, même s'il est dommage que cela prenne autant de temps», a répondu de son côté l'avocat d'Anticor, Maître Jean-Baptiste Soufron.

 

 

Caroline Cayeux : une personne trouble
Caroline Cayeux : une personne trouble
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30 novembre 2022 3 30 /11 /novembre /2022 05:26

Les violences physiques et mentales faites aux femmes sont devenues un sujet particulièrement topiques. Il faut s'en réjouir. La violence faite aux femmes – et aux moyens d'y mettre un terme – occupe une part importante de l'information transmise par l'ensemble des médias.

 

Si cette campagne aboutit à réduire le phénomène, tant mieux. 

 

Ce dont on parle beaucoup moins, c'est la dépendance économique des femmes vis-à-vis de leur conjoint et les différences de salaires qui se résorbent à la vitesse d'un escargot. En 2019, le salaire des femmes était inférieur de 22% à celui des hommes (contre 28% en 2000). Un tiers de cet écart s'explique par des différences de durée du travail. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à interrompre leur parcours ou à réduire leur temps de travail à la naissance des enfants. Par ailleurs, elles travaillent plus souvent que les hommes dans des secteurs d'activité peu rémunérateurs. Enfin, le nombre de femmes à la tête d'une famille monoparentale augmenté de 25% entre 2006 et 2018. Une sur trois vit sous le seuil de pauvreté.

 

Il faut également parler de la violence faite aux travailleuses (et aux travailleurs), dans les entreprises. Les techniques nouvelles (informatique, robotique) facilitent la tâche du patronat pour imposer une productivité toujours en hausse à des salarié(e)s qui doivent accepter des grilles salariales de plus en plus médiocres et des statuts qui protègent de moins en moins.

 

Amazon France est un bon exemple des nouvelles conditions d'exploitation des travailleurs. Une entreprise ne réalise pas aujourd'hui, au niveau mondial, des bénéfices de 33 milliards d'euros (contre 600 millions en 2016) en faisant dans la dentelle.

 

Je reprends ici un rapport de 217 pages du Comité d'hygiène et de sécurité de l'entrepôt de Montélimar qui emploie 256 salariés. En un an, 44% des travailleurs (il faut dire “ collaborateurs ”, désormais) ont consulté un médecin pour des problèmes de santé liés à leur emploi. Le personnel médical a constaté une multiplication de troubles musculo-squelettiques. Le nombre d'accidents du travail chez Amazon est le double de la moyenne française (9% contre 4,5%). 74% des employés ressentent des douleurs physiques, 70% se disent victimes de stress et 70% de cadres se disent victimes d'insomnie.

 

Dans l'entrepôt écossais de Gourock, les employés effectuent une moyenne quotidienne de 22,5 kilomètres alors qu'un postier parcourt 13 kilomètres. Ces employés peuvent travailler jusqu'à 12 heures par jour (en France, la durée maximale légale est de 10 heures), ils sont payés 8,17€ de l'heure pour 40 heures hebdomadaires. Pour les heures supplémentaires – innombrables – les salariés ne sont payés 150% de l'heure qu'à partir de la quarantième heure.  

 

On hésite à évoquer les poses-pipi contrôlées de manière humiliante. Dans un entrepôt de 65 000 mètres carrés, il peut falloir 10 minutes pour se rendre aux toilettes. Un journaliste infiltré dans un entrepôt du Staffordshire témoigne : « Pour ceux d’entre nous qui travaillaient à l’étage supérieur, les toilettes les plus proches sont à quatre étages. Les gens faisaient pipi dans des bouteilles, parce qu’ils vivaient dans la peur d’être sanctionnés pour le temps perdu, et de perdre leur emploi, parce qu’ils avaient besoin d’aller aux w.c.. »

 

La violence faite aux salariés
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26 novembre 2022 6 26 /11 /novembre /2022 06:01

Á Lyon, comme dans beaucoup d’autres villes, j’imagine, on assiste actuellement à un tournant de civilisation étonnant : les piétons sont des cibles pour les trottinettistes hors-la-loi et massacreurs qui ont pris le pouvoir sur nos trottoirs, sans vergogne et impunément. Ils foncent vers les piétons, sans ciller, en les regardant droit dans les yeux et en intimant, pour certains, l’ordre de se pousser, de ne pas perturber leur trajectoire. Certains ont débridé leurs engins de mort, ce qui est totalement interdit, et peuvent, sans problème, atteindre des vitesses de 50 km/heure.

 

Dans le même temps, la tendance est désormais, chez les parents bobos écolos, d’amener leurs enfants posés sur des vélos cargos électriques (deux enfants par engin), en s’affranchissant bien souvent du Code de la route : les enfants ne sont pas casqués, les feux de signalisation ne sont pas respectés du fait de l’autorisation pour les deux roues de tourner à droite quand les automobiles ne le peuvent (ils ne sont pas très patients, les pôvres !), les trottoirs sont colonisés, en particulier pour emprunter des rues à sens unique. Rappelons qu’il est interdit aux cyclistes de rouler sur les trottoirs, sauf s’ils ont moins de huit ans. Ils peuvent les utiliser, mais en tenant leur vélo en main.

 

Les engins de déplacement électriques (trottinette électrique, hoverboard, gyropode, monoroue) doivent circuler sur la piste cyclable lorsqu'elle existe. En l’absence de piste cyclable, les trottinettistes électriques peuvent emprunter les trottoirs, à condition de ne pas dépasser 6 km/heure et de ne pas gêner les piétons. Il faut avoir 12 ans pour utiliser une trottinette électrique, ne pas dépasser 25 km/heure, porter un casque, rouler avec des feux de position et ne pas transporter de passager.

 

Toujours dans le même temps, les automobilistes, dans un nombre toujours croissant de grandes villes, portent ceinture comme la loi l’exige, sont protégés par des airbags et des systèmes de frein ABS et ont interdiction de dépasser 30 km/heure. La bonne conscience de la boboïtude...

 

La circulation urbaine selon les bobos écolos à Lyon
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25 novembre 2022 5 25 /11 /novembre /2022 06:01

Je ne le connais pas personnellement mais je sais de source sûre (il est le cousin d'une amie) que c'est un type bien. Il a écrit et chanté ce qui suit :

 

Depuis le temps que je patiente dans cette chambre noire
J'entends qu'on s'amuse et qu'on chante
Au bout du couloir
Quelqu'un a touché le verrou
Et j'ai plongé vers le grand jour
J'ai vu des fanfares, des barrières
Et des gens autour

Dans les premiers moments
J'ai cru qu'il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue, je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule
Je vais bien finir par l'avoir
Cette danseuse ridicule

Est-ce que ce monde est sérieux?

Est-ce que ce monde est sérieux?
Andalousie, je me souviens, les prairies bordées de cactus
Je ne vais pas trembler devant ce pantin, ce minus!
Je vais l'attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil
Ce soir la femme du torero dormira sur ses deux oreilles

Est-ce que ce monde est sérieux?

Est-ce que ce monde est sérieux?
J'en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou pour que je m'incline

Ils sortent d'où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier?
J'ai jamais appris à me battre contre des poupées

Sentir le sable
Sous ma tête, c'est fou comme ça peut faire du bien
J'ai prié pour que tout s'arrête
Andalousie, je me souviens

Je les entends rire comme je râle et je les vois
Danser comme je succombe
Je pensais pas qu'on puisse autant
S'amuser autour d'une tombe

Est-ce que ce monde est sérieux?

Est-ce que ce monde est sérieux?

Si, si hombre, hombre
Baila, baila
Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar
Venga, venga a bailar

La Corrida, par Francis Cabrel
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20 novembre 2022 7 20 /11 /novembre /2022 06:01
 

Je reprends un article du 24 mai 2013 publié par Vladimir MARCIAC (un pseudo?) dans les colonnes du Grand Soir

 

Quatre-vingts Français ont participé au dernier forum de Doha (Qatar) dans la troisième semaine de mai 2013. Les Britanniques étaient vingt-quatre. Les Américains, quarante-sept.

 

Parmi nos compatriotes, Enrico Macias, Michelle Alliot-Marie, Pascal Boniface, François Fillon, l’ancien préfet Daniel Canépa, le patron de Skyrock, Pierre Bellanger, Patrick Balkany, Eric Woerth, les députés de droite Patrick Ollier, Pierre Lellouche, Alain Marsaud, Maurice Leroy et Patrice Martin-Lalande. Pour les Solfériniens ou solférino-compatibles : Jean-Vincent Placé, Malek Boutih, Chantal Guittet, Jean-Luc Drapeau, Hubert Védrine, et d’autres dont nous brûlons de découvrir le nom.

 

Sylvie Andrieux et Jérôme Cahuzac étaient restés en France (ils craignent la lumière).

 

« Ici, les discussions sont généralement très riches, elles réunissent des gens de très haut niveau », jure Pascal Boniface, contredit par Chantal Guittet, députée. A l’issue d’une visite organisée du souk, elle est dans ses petites babouches : « Je pensais qu’on allait nous demander de participer à des tables rondes. En fait, on fait surtout du tourisme (…) On pouvait même venir avec nos conjoints ! »

 

Si autant de Français étaient présents, ce n’est certes pas parce que l’émir a tout payé, avion, repas et hébergement. N’est-ce pas ? Enrico Macias a chanté (authentique !) : « Donnez, do-do-do-donnez, donnez, donnez-moi-a-a… », mais avec un temps de retard : c’était déjà fait.

 

Neutres, objectifs, libres et informés, ils sont, ces quatre-vingts qui ont vu que le Qatar est un pays démocratique. Certains se lanceront dans un vigoureux (et désintéressé) contre-Qatar-bashing en clouant le bec de leurs contradicteurs (gauchistes, droits-de-l’hommistes et laïcards) par un imparable : « Permettez, j’y suis allé ! ».

 

Sans les attendre, l’ancien Premier ministre François Fillon s’est laissé emporter dans une intervention publique : « Vous avez développé, ici au Qatar, un modèle exemplaire », a-t-il lancé. Modèle ! Exemplaire !

 

Malek Boutih, interviewé le 23 mai par le JDD a déclaré : « On lui [au Qatar] reproche de ne pas être une démocratie et de maltraiter ses travailleurs immigrés. En tant qu’ancien président de SOS racisme, je reconnais que la critique est fondée et qu’il y a beaucoup de choses à dire sur ce plan ». Beaucoup de choses ? Il n’en dit pas une seule, pas une, tout le reste de ses paroles étant une défense du Qatar contre ses détracteurs. 

 

Faut-il que la France boycotte le Qatar, que le groupe parlementaire d’amitié avec le Qatar se dissolve ? Certes pas. La France ne peut se couper de tous les pays qui se démarquent de nos valeurs. L’isolement serait au bout.

 

Mais il est dommage qu’aucun des 80 invités ne relève ce que l’ONU reproche au Qatar (liste non exhaustive) :

- discrimination raciale, lapidation, flagellation, torture,

- absence de loi contre la violence faite aux femmes au foyer et leur séquestration,

- coups de fouet pour « relations sexuelles illicites » ou consommation d’alcool,

- arrestations, sévices et exploitation sexuelle des enfants,

- vente d’enfants, prostitution des enfants, oeuvres pornographiques mettant en scène des enfants,

- migrants humiliés, insultés, brutalisés par la police, placés en centre de rétention « simplement en raison de leur statut de migrants. »,

- traite d’êtres humains.

Dommage aussi qu’ils n’aient pas lu dans Le Courrier International  une traduction d’un article New York Times (19 avril 2013) qui signale que « Les travailleurs étrangers sont les esclaves modernes de leurs patrons qataris ».

 

Dommage qu’un article du Point (28 février 2012) fasse si peu de bruit quand il nous apprend qu’un poète qatari vient d’être condamné à 15 ans de prison pour avoir critiqué la famille régnante » (un premier jugement le condamnait à la prison à perpétuité).


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dommage aussi le silence de 66 personnalités françaises de la culture, décorées en 2010 du prix « Doha capitale culturelle arabe » (assorti d’un chèque de 10.000 €) par l’ambassadeur du Qatar en France, son Excellence Mohamed al-Kuwari. Parmi les méritants récipiendaires : le dessinateur Jean Plantu (pour qui Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, c’est kif-kif), Amirouche Laïdi, président du club Averroes, les poètes André Miquel, Bernard Noël et Adonis. Sans oublier Jack Lang, Jean Daniel, Dominique Baudis, Edmonde Charles-Roux, Renaud Donnedieu de Vabres et Anne Roumanoff.

 

Parions que tous ont ainsi accepté tacitement leur muselière.

 

Dommage aussi que nos belles âmes, complices enthousiastes de la poussée antichinoise de 2008 contre le passage de la flamme olympique à Paris, tous ces gens favorables à l’absence de la France à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, se pâment devant cet émirat, cette théocratie obscurantiste et oppressive qui accueillera la Coupe du monde de foot en 2022, sans que quiconque ne tousse.

 

Dommage que la France de Normal 1er, qui se montra si méprisante envers le Venezuela à l’occasion de la mort de son président, ne veuille pas voir la différence entre la démocratie foisonnante de Caracas et la confiscation du pouvoir par les roitelets de Doha.

 

Dommage aussi que le Qatar soit une des pièces maîtresses de la politique guerrière des USA qui y possède la plus grande base militaire du monde.

 

Dommage que le gros de la classe politico-médiatique française soit atlantiste.

 

 

 

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19 novembre 2022 6 19 /11 /novembre /2022 06:01

Les virages politiques après le 17 novembre et la suite du mouvement

 

Après le 17, le NPA a fait un demi-tour complet, LO a rectifié le tir et après avoir pesé le pour et le contre et n’avoir rien choisi, comme c’est son habitude quand elle est prise par son essence centriste, a fini par reconnaitre l’importance du mouvement et appeler à le soutenir, tout en avançant chichement ses ressources et ses militants car « ils ne pouvaient pas abandonner leurs tâches quotidiennes ».

 

Les autres partis, ont fait des déclarations de circonstances plus dirigés à leurs futurs électeurs car les élections européennes se profilaient à l’horizon. La semaine courait, le gouvernement était sonné, Macron silencieux, et dans son parti qui ne se caractérise pas précisément par son indépendance ni la qualité de ses parlementaires, se faisaient sentir quelques voix dissidentes, vite étouffées. La presse aux ordres insistait sur « la violence » des Gilet Jaunes, attirant ainsi justement ceux qui voulaient en découdre. Il y avait eu quelques morts et blessés dans les barrages et le Ministre de l’Intérieur utilisait cela pour dissuader les Gilets Jaunes « pacifiques ». En attendant le samedi suivant, il préparait son petit plan.

 

Car « l’Acte 2 » comme les Gilets Jaunes le dénommaient, avait commencé par un appel à « monter sur Paris », aller aux Champs Élysées et au Palais de l’Élysée, où les syndicats n’ont jamais osé aller. La Préfecture aux ordres de Christophe Castaner déclara qu’on « ne permettrait pas d’entrer dans l’avenue la plus belle du monde ». Les Gilets Jaunes qui n’ont pas le sens des hiérarchies d’un « syndicat de dialogue » […] déclarèrent que, comme citoyens ils avaient le droit d’aller partout et qu’ainsi ils le feraient.

 

 

A Paris, le 24, ils ont donc marché pour arriver à l’Arc de Triomphe occupé par les CRS qui jouaient au chat et à la souris avec les manifestants en jetant des bombes lacrymogènes dans toutes les directions. L’après-midi, les Gilets Jaunes ont constaté que les cordons de CRS avaient reculé de 500 mètres, laissant complètement libre le passage aux manifestants dont le nombre s’était accru. Les Gilets Jaunes occupèrent les Champs Élysées.

 

A 17 heures précises on a vu arriver des camions lance-eau, des centaines des CRS, un nuage encore plus dense des gaz lacrymogènes mais surtout la décision manifeste de dégager les Champs Élysées, opération qu’ils ont pu réaliser sans aucune sorte d’opposition.

 

On ne peut pas s’opposer à une armée de CRS, sans direction, ni coordination, ni éléments contondants, bref, avec la seule volonté et à mains nues. En 10 minutes tout était fini sauf la provocation de Castaner, ministre de l’Intérieur qui, elle, a continué par le biais des médias déchaînés contre « la violence » des …Gilets Jaunes !

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La lutte pousse tout vers la gauche et le mouvement se radicalise

 

 

La CGT a commencé à subir la pression de la base et plusieurs syndicats sont allés de leurs déclarations d’appui au mouvement des Gilets Jaunes. De même la contestation dans les partis de gauche a grandi. Les directions n’appellent pas à manifester avec les Gilets Jaunes bien tout en envoyant leurs militants au compte-gouttes plus pour observer le mouvement que pour y participer réellement.

 

 

Les blocages furent maintenus et des actions ponctuèrent la semaine avant « l’Acte 3 ». Mais Castaner ne s’endormait pas et il « interdit les Champs Élysées aux manifestants » donc aux Gilets Jaunes. On lui a répondu qu’on marcherait aux Champs Élysées le veuille-t-il ou pas.

 

La presse déchainée a fait de gorges chaudes d’une telle réponse, les « forums », les « enquêtes », les « analyses » les « programmes avec des Gilets Jaunes » se multiplièrent avec comme seule question « êtes-vous favorables à la violence ? ». Alors Castaner prépara une autre provocation. Comme les GJ allaient marcher le 1 er décembre, il fallait faire cette fois-ci une véritable scène de pillage et de casse.

 

La CGT à son tour avait eu la brillante idée d’appeler à une manifestation le même jour, à la même heure mais aux antipodes de la manif des Gilets Jaunes, craignant la convergence. Lutte Ouvrière et le Parti Communiste appelèrent à manifester …. avec la C.G.T.  Cette manif fit un échec complet. La base cegetiste n’a rien voulu savoir des manœuvres divisionnistes quand il y avait le combat et le défi des Gilets Jaunes aux injonction d’un ministre provocateur.  Il fallait se porter tous ensemble aux Champs Élysées et participer à cette lutte. Mais la direction CGT était déterminée à servir de soutient au régime et l’a fait depuis lors. Ce que faisaient là les partis de gauche est inexplicable car les travailleurs se trouvaient aux Champs Élysées, ce qui prévisible.

 

Quand les Gilets Jaunes sont arrivés à la place de l’Etoile, il y avait déjà des types masqués qui cassaient, et une fois la bagarre commencée, ils ont fait de manière à que leur empreinte reste bien marquée détruisant des commerces et des voitures. Cette caractéristique, la « violence » montrée à la télévision, allait imprégner le mouvement pendant de longues semaines à son détriment permettant l’action de la police, elle-même bien aidée par des groupes d’extrême droite et par l’infantilisme des groupes semi-anarchistes ou d’ultragauche.

 

 

Ces groupes serviront la politique de répression et d’éloignement des masses des manifestations. Elle servira aussi pour diminuer le soutien populaire et sera la seule politique possible du régime, c’est à dire, une répression violente.

 

Ces groupuscules sans aucune signification politique se disputeront entre eux contribuant encore à éloigner les Gilets Jaunes qui voulaient manifester massivement. Ces bagarres polluèrent souvent les Assemblées Générales qui ne pourraient pas s’occuper des perspectives du mouvement.

 

Ces semi-anarchistes, qui ne voient que la répression et les fascistes et qui ne comprennent pas les pièges politiques tendus dans lesquels ils tombent toujours sans qu’ils avancent d’un pas, ne peuvent jouer un rôle que sous une direction consciente de l’ensemble de la classe ouvrière. Autrement ; ils font toujours le jeu de la bourgeoisie et de la répression. La répression qui s’en est suivi rencontra l’opposition des secteurs des manifestants renforcés par des éléments qui se sont défendus et ont transformé le lieu en champ de bataille où les policiers n’ont pas toujours eu la meilleur part.

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Premières concessions du pouvoir

 

Peu après, le Primer Ministre a donc promis que les taxes sur l’essence « allaient être gelées pendant six mois » une timide mesure qui a fait rire tout le monde, spécialement les Gilets Jaunes. Macron se trouvait en Argentine où il a aussi « condamné la violence » qu'avait provoqué son ami et ministre de l’Intérieur.

 

La radicalisation du mouvement comme les revendications exprimées par les GJ de plus en plus concernant le pouvoir d’achat ne pouvaient pas plaire aux patrons et à leur expression politique, la droite. LaurentWauquiez, abandonna le navire.

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Réaction des partis devant la nouvelle situation

 

Le Rassemblement National, qui aspire à prendre cette place, ne peut pas non plus faire dans l’augmentation des salaires, tant par l’opposition du patronat que pour sa base de petits bourgeois, des petits patrons bourrés d’idées réactionnaires. Alors, à la fin du mois, elle s’est dite opposée à l’augmentation du salaire minimum.

 

Le PCF est inaudible. Ses militants on ne les voit pas, tant qu’il en reste car la politique des dernières années a détruit ce parti. Le NPA a retrouvé une nouvelle vie dans ce mouvement. Certaines de ses fractions ont soutenu les Gilets Jaunes dès le début. Hélas, la politique des anciennes directions ont produit de tels résultats qu’il n’était pas du tout en forme avant le mouvement.

 

LO fait comme toujours avec une légère participation discrète dans le mouvement à laquelle elle a mis fin au bout des quelques semaines. Elle s’est fait  remarquer surtout par ses autocollants et défend seulement la politique de son parti.

 

On voit les militants du POI dès le début mais semblent participer en tant que individus ; on ne voit pas un travail politique. Personne ne semble comprendre ce qu'est un véritable travail de masse. 

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Premières manifestations de l'internationalisation du mouvement

 

 

Avec ses batailles sur la Place de l’Etoile et des Champs Élysées, troisième journée déjà, le mouvement a traversé les frontières et un peu partout sont arrivées des demandes pour savoir ce qui se passait. Dans tous les coins du monde on observa une certaine contagion. En Belgique il y a eu des combats de rues, en Bulgarie, même en Irak. Le dictateur d’Égypte interdit la vente des Gilets Jaunes. Du Brésil, Argentine, Chili et ailleurs des questions fusaient. A Lyon, il est arrivé pour manifester avec nous une délégation du syndicat COBAS italien.

 

La  presse aux ordres, les intellectuels et les “ experts ”

 

Le gouvernement qui, tout le long du conflit, avait essayé toute sorte de tactiques pour y mettre un terme, lança une campagne à la télé et dans les journaux. C’étaient des commentaires hargneux contre la « violence » des Gilets Jaunes, sur ses « propos homophobes ou racistes », sur les opportunistes qui se mettaient en avant sans dire qu’ils étaient chassés illico presto, où l’on n’entendait qu’un seul son de cloche ou qui laissaient le passage à des savant « experts » qui affirmaient que « la chute de la croissance » ou la ruine du commerce étaient la faute des Gilets Jaunes.

 

 

Les Gilets Jaunes développèrent donc une conscience très claire de la manipulation de la presse par le gouvernement, rejet très salutaire de la presse capitaliste mais sans organiser une contre-propagande efficace. La conscience de classes avance souvent plus vite par l’expérience de la lutte.

 .

[…]

Les acquis des Gilets Jaunes (une analyse marxiste) (II)

Apparait le RIC

 

La quatrième semaine la presse relaie, comme une revendication d’un nombre des Gilets Jaunes, le RIC (référendum d'initiative citoyenne) qui semble sorti du programme de la France Insoumise. Cette revendication est aussi très proche du RIP Référendum d’Initiative Populaire du programme présidentiel de Le Pen. C’est une revendication démocratique qui dans les faits, mettra en sourdine pour plus d’un mois les revendications salariales et celles concernant les pensions.

 

Le RIC devient très rapidement populaire parmi les Gilets Jaunes car il représente l’expression politique de ceux qui n’ont pas de voix et ne sont pas représentés par les syndicats ni les partis de gauche. Le RIC, en essence, est la voix des sans voix, ou devrait l’être dans la conscience des Gilets Jaunes. C’est aussi une forme primitive de la contestation du système de représentation bourgeois et par là du système capitaliste sous une forme très confuse, primaire, embryonnaire.

 

 

Les revendications politiques comme le RIC, apparaissent à un moment où les questions de pouvoir d’achat avaient pris le dessus et Macron va essayer de l’utiliser comme diversion.

 

La tactique correcte, avancée par certains Gilets Jaunes était de donner au RIC une perspective qui rappelle la Commune de Paris avec la révocabilité des élus, le contrôle par la base des élus, leur rémunération au niveau d’un salarié qualifié, le rendu de comptes périodique devant ses électeurs, l’initiative législative et administrative de la population.

 

En fait, c’est le manque de cadres politiques de gauche en chaque lieu, capables d’expliquer et de convaincre pour arriver à unir dans les idées et les perspectives le mouvement, le porter sur les bons rails et travailler à faire la jonction avec les salariés en activité.

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La répression se déchaine

 

Les choses ainsi posées, la manifestation du 8 décembre va se dérouler au milieu d’une campagne terroriste d’intimidation de la part du gouvernement, un effort répressif d’une magnitude presque jamais vue. La police mobilise 89 000 policiers pour, selon le ministère de l’Intérieur, un peu plus de 130 000 manifestants. Des chars militaires, des chars lance-eau, des hélicoptères, des franc tireurs, et une troupe chauffée à blanc qui craint même pour sa vie ! Tel était le climat de psychose organisé par le gouvernement et la presse aux ordres.

 

 

Cette répression a été depuis toujours la réponse de tous les gouvernements bourgeois poussés par la grande bourgeoisie en plan de restructuration de sa domination et de sauvegarde de ses profits et/ou qui prépare la lutte contre ses concurrents. Ce sera aussi la seule véritable réponse du gouvernement au mouvement social, celui des Gilets Jaunes comme ceux qui viendront.

 

Il y a cette vague répressive mais aussi apparaissent des fissures à la tête de l’État quand Macron revenant d’Argentine, supprime carrément les taxes sur l’essence, mettant en porte-à-faux le Premier Ministre qui avait signé seulement un moratoire. Cette vague répressive va durer des mois entiers provoquant des blessures très graves chez plusieurs Gilets Jaunes. Pertes des yeux, des mains.

 

 […]

.

 Nouvelles tactiques pour désamorcer le mouvement

 

Macron, va essayer toute une batterie de manœuvres pour en terminer avec un mouvement qui l’empêche de développer son agenda de contre-réformes. Il commencera par proposer en tout et pour tout 20 euros de plus pour certains smicards. Cet essai maladroit fait faillite presque avant de commencer. La suite ce sera, comme indiqué, l’accentuation de la répression policière afin d’effrayer les Gilets Jaunes et terroriser et dissuader les gens qui voudraient venir manifester. Mais cela ne dissuade pas les Gilets Jaunes bien que ce soit un frein à leur participation massive.

 

[…]

.

La CGT fait, semblant

 

Construire un mouvement d’ensemble des Gilets Jaunes, des salariés et des étudiants était dans le programme des éléments le plus conscients des Gilets Jaunes et aurait porté un coup politique terrible au régime. Cela n’a pas été facile, les Gilets Jaunes, des salariés parmi le plus pauvres, écorchés vifs par les trahisons à répétition des dirigeants syndicaux, ne voulaient pas participer aux « promenades syndicales d’un jour ». Ils se méfiant à juste titre des accointances des dirigeants syndicaux avec le pouvoir et les capitalistes. Cette contradiction entre les besoins et la conscience politique des Gilets Jaunes fait comprendre la forme et le parcours du mouvement. Sa force explique le ralliement à moitié mais chaque fois plus important, tant des partis de gauche comme des fédérations locales des syndicats.

 .

 L'extrême droite montre son vrai visage

 

 

Le 13 décembre 2018, deux jours avant la manifestation des Gilets Jaunes et un jour après l’attentat, la droite et l’extrême droite appellent séparément à « ne pas manifester ». Déjà Marine Le Pen et Laurent Wauquiez s’étaient opposés à la fausse ‘augmentation du Smic’ à la Macron, car « les petites entreprises ne pourraient la subir et seraient forcées de fermer boutique et licencier leur personnel ».

 

Naturellement les Gilets Jaunes ne voulurent pas. Une telle occasion de dénoncer l’extrême droite pour ce qu’elle est, le parti extrême des capitalistes, aurait dû laisser le champ libre à la gauche pour montrer la véritable nature de ces politiciens si elle avait été sur place. On a commencé à voir des défilés conjoints des syndicats, des étudiants et des Gilets Jaunes, l’apparition des slogans et drapeaux des partis de gauche, des manifestations de la solidarité internationaliste. La tendance générale à ce stade du mouvement est objectivement à gauche, plus encore avec l’abandon de Laurent Wauquiez et de Marine Le Pen, même si cette dernière essaie de s’accrocher bien que mal. Elle a donné le flanc pour l’attaquer facilement.

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Les oscillations du mouvement

 

Mais une chose est la tendance objective du mouvement et une autre est la conscience subjective des Gilets Jaunes. Parfois la conscience peut-être bien en retard par rapport aux revendications objectives d’un mouvement. Et c’est sur cela qui parie le gouvernement. Après que les Gilets Jaunes ont pousser en avant le rétablissement de l’ISF, l’augmentation du SMIC et le retour de la CGS pour les retraités, on voudrait les amuser avec des plans sur la comète, des illusions, des « commissions parlementaires » et des études de viabilité » et autres lapins sortis du chapeau des officines d’enfumage, confusion et tromperie du Premier Ministre.

 

Cette confusion qui s’est installée provient du faible niveau politique des masses révoltées et de l’influence des partis bourgeois, tant du Rassemblement National et des groupuscules d’extrême droite qui n’ont aucune autre lien politique avec le mouvement que leur interprétation démagogique, électorale du RIC, que de la France Insoumise qui, bien qu’en donnant une autre signification au RIC, l’utilise aussi pour ses campagnes électorales.

 

Nous soutenons une interprétation qui rejoint la pratique de la Commune de Paris et les thèses de Lénine sur les fonctionnaires et les élus d’une république socialiste. Ce combat, comme tous les combats d’idées, est long mais nous comptons avec le développement de la conscience des Gilets Jaunes qui se fait par bonds et assez rapidement.

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La fin des ronds-points

 

 

Au même moment, le ministre de l’intérieur a manifesté publiquement sa volonté de terminer avec tous les points de blocage. Castaner se convainc lui-même que sa campagne médiatique et de terreur, la « violence » qu’il provoque, vont entamer l’esprit des Gilets Jaunes. Les points de blocage réunissaient le prolétariat du mouvement et les plus actifs parmi les Gilets Jaunes. Peu à peu, ces lieux de blocage et de vie, devinrent des lieux de discussion et d’action où l’on pouvait connaitre et se faire connaitre, avancer des idées ou échanger, faire une « famille » des participants, soudant les liens entre les personnes, ce qui est toujours un sûr moyen de pérenniser un mouvement et le porter à l’avenir.

 

C’étaient aussi des endroits de propagande par l’action qui rayonnaient bien plus loin que les lieux où ils se trouvaient. Le gouvernement a vu le danger et a choisi la date proche des fêtes de fin d’année pour les démonter. Les Gilets Jaunes ne purent s’opposer au démontage car ils étaient une poignée dans ces lieux et encore leur méfiance de toute direction ou des leaders, le manque d’une organisation solide et disciplinée, les empêchèrent de se concentrer pour les défendre. Les ronds-points furent éliminés presque partout, enlevant une base d’appui au mouvement.

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La période de fin d'année et la reprise de janvier

 

En fin d’année, le gouvernement qui avait vu passer le nombre de manifestants de 120 000 à quelques 27 000 a donné le mouvement pour fini. Grande fut sa surprise quand le premier samedi de janvier il s’est retrouvé avec plus de 100 000 manifestants, avec le même esprit de combat qu’auparavant.

 

Le mouvement commença à se développer de manière assez particulière. Dans certaines villes comme Bordeaux, Toulouse les cortèges étaient très nombreux mais à Paris et Lyon ils étaient réduits du fait de la répression ou parce que certains ne distinguaient pas une manif de masses avec l’activisme des petits groupes, à travers Internet, divisaient le mouvement en trois cortèges différents. Cette ‘tactique’ voulait éviter la répression en « divisant la police » une gaminerie annoncée en plus par le Web. Naturellement les policiers se trouvaient à tous les points de rendez-vous et la masse de GJs, habitués à un même point de rassemblement, n’arrivaient pas.

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Début d'organisation des Gilets Jaunes

 

 

Dès janvier, les Gilets Jaunes ont commencé à s’organiser. Tout d’abord et presque dès le début, sont apparus innombrables sites Internet des Gilets Jaunes qui faisaient des commentaires ou publiaient des informations ou des propositions. Mais il était assez difficile de s’y orienter car on ne pouvait pas savoir qui était derrière chaque publication ou message et si les annonces d’actions étaient sérieuses ou pas. Inutile de dire que les Préfectures se sont données à cœur joie afin de désinformer et désorienter.

 

Alors, un peu partout et sans se concerter apparemment, sont apparus des appels à des Assemblées Générales, certaines annoncés lors de manifs et/ou par Internet. Plusieurs anciens militants participèrent plus ou moins activement, mais promouvant souvent leur gauchisme comme le font souvent des groupes qui suivent tous les mouvements sans bien travailler nulle part.

 

Des partis plus importants, certains simplement ne vinrent pas ou envoyèrent des observateurs qui regardaient l’apprentissage des masses du haut de leurs connaissances et ne daignaient pas y participer. Il y eut heureusement quelques exceptions : des militants du NPA et du POI qui participèrent mais sans qu’on décèle une orientation suivie. Ils prirent trop au cœur le supposé apolitisme des Gilets Jaunes ou ils n'eurent pas la force de faire plus.

 

Ces Assemblées Générales ont eu aussi besoin d’un temps d’adaptation et d’apprentissage, hélas, parfois trop long. Le temps en politique est une donnée que l’on ne peut pas négliger ni gaspiller.

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Les formes de lutte et les impasses de l'inexpérience

 

 

L’inexpérience, mais surtout les idées semi-anarchistes, caractérisèrent le mouvement. Ces idées, châtiment des trahisons de la gauche, se sont répandues même parmi les Gilets Jaunes proches de la France Insoumise. Le rejet des responsables comme de la représentation, ainsi qu’une compréhension très limitée de la démocratie directe, provoquèrent des lenteurs et des discussions sur tout et empêchèrent la souplesse tactique et les manœuvres nécessaires, ce qui est une condition indispensable d’un mouvement qui gagne.

 

L’incompréhension aussi de la nature de la presse, de l’État, des forces répressives, des lois, de la justice de classe, constitua une autre entrave mais qui en deux mois fut surmontée par la meilleure école, la lutte de classes.

 

Dans les conditions du mouvement, qui est lent, qui passe des bonnes revendications qui se ressemblent à des pièges qui paralysent, pour revenir encore sur la bonne voie et la perdre à nouveau, montre un chemin en zigzags, oscillant. La seule logique qui explique le tout est celle de « lutter, échouer ; lutter encore, échouer encore et ainsi jusqu’à la victoire ». Mais une fois de plus, les Gilets Jaunes ne connurent pas cette synthèse de tous les mouvements sociaux.

 

Le résultat des affrontements à peu de gens est simple : la police disperse la manif, beaucoup de gens partent et le reste se fait gazer copieusement sans pouvoir répondre car il n’y a pas le nombre critique nécessaire, ni l’organisation, ni l’état major, afin de s’opposer efficacement aux charges de la police. Tout cela est difficile à combattre car l’effet télé, l’idée que tout ce qui ne passe pas aux nouvelles laisse indifférent les gens, est très répandue.

 

[…]

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Le grand débat national

 

 

Le gouvernement Macron, incité par le mouvement des Gilets Jaunes, a continué l’enfumage de la population et a décidé de monter un « Débat National » dirigé contre les Gilets Jaunes.  Il a commencé par choisir un organisme et élire Chantal Jouanno, présidente du « Débat ». Hélas, la dame touchait 14 666 euros (brut) par mois pour entendre les « doléances et diriger les débats » des GJs qui touchent 1000 euros par mois ou moins. Comme on pouvait le prévoir, la dame a renoncé, mais pas à ses émoluments qu’elle trouvait justifiés par la responsabilité de sa charge. […]

 

C’est Macron lui-même qui a commencé par une longue campagne électorale de fait sous couvert d’un « Débat National ». Les députés de son parti ont essayé de faire de même mais plusieurs se sont vus confrontés à la colère des Gilets Jaunes.

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Le mouvement et ses perspectives

 

 A partir de la troisième semaine de janvier, le mouvement des Gilets Jaunes a avancé dans son organisation : de nombreuses réunions et Assemblées Générales se sont déroulées. Elles se coordonnèrent mais ses résolutions ne s’appliquèrent qu’à ceux qui voulaient bien les suivre.

 

 

La plus importante a été l’Assemblée de Commercy qui après un débat démocratique de plus de 70 délégations venant de tout le pays, a proposé aux autres Assemblées un programme de caractère social-démocrate de gauche, le plus avancé pour l’instant.

 

Diverses Assemblées locales l’ont approuvé mais comme il n’y avait pas de porte-parole officiels, la presse l'ayant occulté, il fut peu connu.

 

Cette situation d’organisation rudimentaire avec un programme pas reconnu par tous les Gilets Jaunes, la fatigue après des mois de lutte, une répression forte, ont fait stagner le nombre de manifestants. L’activité des groupes ou irresponsables ou provocateurs qui préfèraient faire passer leur vision de choses et cherchaient dans les « actions médiatiques » parfois violentes hors du contexte et hors de la possibilité réelle d’aboutir, devint un obstacle à la jonction avec d’autres travailleurs et personnes disposés à manifester et fit le jeu du gouvernement et sa campagne de propagande.

 

Cet activisme aveugle passa au-dessus des intérêts du mouvement et éloigna certains Gilets Jaunes en cantonnant le mouvement dans une impasse qui, comme toutes les impasses antérieures, attendit sa résolution.

 

La demande de jonction du mouvement des Gilets Jaunes avec le mouvement syndical organisé était une des revendications des secteurs le plus à gauche et le plus lucides. Ces Gilets Jaunes voyaient la nécessité d’élargir le mouvement mais se trouvaient confrontés à un rejet des prolétaires parmi le plus dégoutés de l’action des directions syndicales au sein du mouvement. […]

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La conscience a-politique des Gilets Jaunes

 

Au premier abord cette conscience marquée du rejet de « la politique », des politiciens comme des « syndicats », en fait des dirigeants corrompus des syndicats et de leurs semblant des « luttes », peut sembler, à la fois, un retard produit par des années d’abandon des idées de lutte de classe. Ce qui est remarquable est que cet apolitisme s’accompagne des idées politiques définies sur les mesures à prendre pour modifier ou changer cette situation. En fait l’apolitisme s’oppose aux politiciens et aux bureaucrates et préfigure la critique d’une « nouvelle classe » potentielle qui, à partir des appareils syndicats, politiques et de l’appareil de l’État, s’enrichit, s’ankylose et devient par leur monopole du « savoir » et par les positions acquises déjà ou pour acquérir dans l’appareil bureaucratique, une nouvelle couche dominante qui use et abuse des privilèges obtenus sur la surexploitation de la classe ouvrière, de la paysannerie et de la petite bourgeoisie.

 

En fait, cet apolitisme présente au moins un double caractère, étant « réactionnaire » dans le sens où il retarde l’organisation et la prise d’une conscience de classe et politique prolétaire et il est révolutionnaire, véritablement communiste, quand il s’oppose aux futurs bureaucrates et profiteurs et exige que la démocratie soit la plus proche des « citoyens », dans le cas présent.  Quand elle exige que les représentants soient payés au niveau d’un salarié, contrôlés et révocables et que les citoyens puissent intervenir dans la préparation et la promulgation des lois. Il n’y a pas donc d’autre apolitisme qu’une conscience déformée prise dans le fond idéologique et politique de la bourgeoisie dans sa forme, mais qui est sain dans son contenu et que prépare déjà les luttes de la société socialiste.

 

[…]

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Les acquis des Gilets Jaunes (une analyse marxiste) (II)

Les avantages deviennent des entraves

 

La non organisation et la volonté de ne pas afficher des porte-parole qui avaient permis au début de rallier de nombreux travailleurs, est devenue l’obstacle majeur du mouvement.

 

L’engouement aussi de certains pour des formes d’activisme sans perspective, ou carrément l’installation dans une continuité de la lutte sans avoir consciemment une perspective et un plan pour y arriver, ont créé une situation de stagnation et de lent recul ou un sentiment de lassitude avec la conséquente perte d’appui d’une partie des Gilets Jaunes et du public qui ne voyaient pas de perspectives et qui pensaient même que le mouvement, après des mois de lutte, était rentré dans sa période de déclin sans retour.

 

Et pourtant, semaine après semaine le mouvement lutta avec la même force et détermination jusqu’au 30 mars 2019. […]

 

[…]

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Conclusion

 

À notre avis, le mouvement des Gilets Jaunes est un premier essai d’opposition prolétaire décidée à l’offensive capitaliste qui mettra en œuvre tout pour arriver à ses fins. La dérive bonapartiste du régime, coïncide avec les mêmes tendances dans d’autres pays capitalistes avancées frappés par la crise et par la concurrence féroce entre puissances capitalistes.  Cette situation se déroule aussi dans un contexte de début du réveil de la classe ouvrière internationale.

 

 

Le mouvement des Gilets Jaunes a mis en avant les revendications des prolétaires non organisés en partis ou syndicats, de ceux qui vivent des mois difficiles, qui galèrent qui n’arrivent pas à joindre les deux buts, qui sont dans la précarité, l’exclusion, dans les aides sociales.

 

Les racines très profondes du mouvement plongent dans la situation matérielle des larges masses paupérisées par le capitalisme. La nature désorganisée, semi-anarchique du début du mouvement est la résultante de décennies de trahison des syndicats, des partis de gauche anciens comme de l’incapacité de l’extrême gauche de proposer une alternative politique de masses. Ainsi, le mouvement ne peut avoir qu’une course erratique, oscillante, sujette à toutes les manœuvres et coups de la réaction sous toutes ses variantes, tant politiques que idéologiques que répressives mais qui, par ses propres caractéristiques, tend vers la gauche. La persistance du mouvement est le produit de la profondeur et de la nécessité de ses revendications comme de sa composition de classe, majoritairement prolétaire appauvrie.

 

Le début d’une lutte « apolitique et asyndicale » peut attirer les masses restées à un niveau de conscience politique très bas mais à la longue devient un frein et un obstacle. La lutte est cependant une école politique de premier ordre et met en place avec des temps divers les structures d’organisation nécessaires.

 

 

Tant le non travail politique de masses des partis de gauche et d’extrême-gauche, que le gauchisme de certains petits groupes ainsi que l’activité désorganisatrice des groupes plus intéressés dans la bagarre que dans la politique sont autant des obstacles qui apparaitront toujours dans ce type de luttes qu’à notre avis sera une des caractéristiques des luttes à venir du fait des freins que la collaboration avec la bourgeoise, les appareils politiques et des bureaucraties syndicales imposent.

 

La nécessité de construire une organisation politique disposée à faire un travail politique qui parte du niveau réel de conscience de masses et fasse un travail politique planifié, constant et résolu avançant un pas en avant de masses tout en laissant qu’elles apprennent par sa propre expérience, mais avec une claire perspective de renversement du capitalisme et de construction d’une société socialiste, est le chemin à suivre. Cette action doit être accompagnée par une explication plus approfondie de l’ensemble du mouvement. Cette explication doit être théorique par tous les moyens de diffusion possibles mais aussi à l’intérieur même du mouvement en s’adressant aux éléments le plus avancés de la masse, en les organisant, en leur donnant une perspective politique plus large.

 

En fait, le mouvement des Gilets Jaunes a non seulement montré une autre manière de lutter, mais encore a agi comme un puissant corrosif de la rouille qui a envahi les syndicats et les partis de gauche, nettoyant ou créant une salutaire distinction entre ceux qui ont définitivement perdu tout contact avec le mouvement social et les idées politiques du prolétariat et ceux qui cherchent une voie pour sortir des impasses bureaucratiques, conservatrices, sectaires ou passives.

 

C’est aussi une démonstration par les faits que la seule perspective possible pour les grandes masses est la lutte pour finir avec le capitalisme et construire une société de démocratie socialiste universelle.

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