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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 05:57

 

Les Echos du 3 août 2014 révèlent qu’un décret sur la « mise en situation en milieu professionnel » devrait prochainement être publié.

 

Ce dispositif est l’une des conséquences de la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale.

 

Mi juillet, Pôle emploi a signé une convention avec la Fondation FACE pour mettre en place 5000 de ces « mises en situation ». La Fondation FACE regroupe plus de 4000 entreprises privées ou publiques. Elle a été fondée en 1993 par 15 grandes entreprises dont GDF-SUEZ, LCL, AXA, DANONE, CASINO, RENAULT, la RATP…

 

L’objectif affiché est de faire « découvrir un métier ou un secteur d’activité » aux chômeurs ou salariés d’une entreprise d’insertion. Ceux-ci seraient soumis aux conditions de travail de l’entreprise d’accueil sans contrat de travail et sans en être salariés. Ils conserveront leur indemnisation ou salaire précédent sans pouvoir refuser des positions comme le travail de nuit.

La durée de ces « mises en situation » devrait être d’un mois renouvelable une fois.

 

Pour le rapporteur de la loi sur la formation professionnelle, le député PS Jean-Patrick Gille cette durée aurait dû être de 15 jours renouvelables une fois. Pour le Ministre du travail, François Rebsamen des garde-fous existent.

 

De son côté, la CGT dénonce le fait que « certaines entreprises vont user ou abuser de main-d’œuvre gratuite et d’autres vont utiliser l’immersion pour accroître à bon marché la période d’essai ». 

 

 

Un nouveau dispositif sans contrat de travail ni salaire
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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 06:10

Deux données en passant :

 

le nombre de jeunes âgés de 25 à 35 ans se lançant dans la construction ou l’achat d’un logement a diminué de 10% en un an.

 

50% des auto-entrepreneurs n’auto-entreprennent actuellement rien ou quasiment rien. Il y a en fait 500 000 chômeurs partiels ou totaux de plus que ce que l’on veut bien nous dire.

 

Ce, dans un pays qui n’a jamais été aussi riche et qui, depuis 1981, aura été gouverné quinze ans durant par des sociaux-démocrates.

 

Partout dans le monde, a fortiori en France, le curseur s’est déplacé à droite car les partis de droite se sont eux-mêmes déplacés vers l’extrême droite. Ce qu’avaient génialement envisagé les théoriciens du libéralisme économique à tout crin, puis leurs meilleurs élèves aux commandes, tels Margaret Thatcher ou Ronald Reagan.

 

Dans un document de 1978, alors que le pouvoir de Giscard vacille, on voit Mitterrand dans une ville ouvrière du nord de la France, accueilli par une fanfare ouvrière qui joue “ L’Internationale ”. À la tribune, il s’exprime sur la planification, le programme de nationalisations à mettre en œuvre, « plus audacieux que celui du général De Gaulle ». Et puis on le voit chanter l’hymne de la révolution prolétarienne (19e minute), une rose à la main. Dans cinq ans, il choisira « L’Europe » – c’est-à-dire le capitalisme financier – contre les travailleurs. Il sera aidé dans sa tâche par Jacques Delors, ancien employé de banque qui vient du syndicalisme chrétien, et Pierre Bérégovoy, fils d’un russe blanc prolétarisé, ouvrier (fraiseur) dès l’âge de 16 ans, résistant, membre fondateur du PSU. Leur protégé François Hollande aura deux obsessions principales, identique à celles d’Anthony Blair avant lui : l’alignement de la politique française sur celle des États-Unis et la réduction du « coût du travail » par le biais d’une politique économique de l’offre, directement inspirée de la « reaganomics », elle-même produite par la pensée de Friedman et Hayek.

 

Les reniements de la social-démocratie, ou l’avenir à reculons

 

En France comme ailleurs, la mouvance social-démocrate, lorsqu’elle a accédé aux responsabilités, a joué un rôle déterminant dans la prise du pouvoir quasi totale de la grande bourgeoisie d’affaires, dans le progrès des idées réactionnaires, dans l’acceptation de l’inexorabilité du recul des droits des travailleurs. À quelques nuances sans importance près, le rôle de la social-démocratie aura été le même que celui des partis conservateurs.

 

Depuis trente ans, nous sommes dans la certitude qu’il n’est rien à attendre de la social-démocratie dans la lutte contre le pouvoir du système bancaire et des grandes entreprises, une social-démocratie qui, dans le même temps, s’aligne au millimètre près sur les forces impérialistes du nord de la planète. En revanche, la collaboration de classe, le « dialogue », le « gagnant-gagnant » (concept né aux Etats-Unis dans les années soixante) ont toujours été à l’ordre du jour.

 

Les socialistes français ont cédé le pouvoir politique, donc le pouvoir du peuple, à la finance, soumettant par la-même le social et l’économique aux désidérata d’une hyperbourgeoisie conquérante, de plus en plus puissante, au point de faire payer par un peuple courbé, désemparé, les errements irrationnels des forces économiques débridées.

 

Certains chez les sociaux-démocrates français ont décidé qu’il ne fallait plus faire semblant de tenir un discours de gauche avant de mettre en pratique des politiques de droite. C’est le cas, par exemple, de l’actuel Premier ministre Manuel Valls qui, en 2009, proposa de débaptiser le parti socialiste. Pour lui, le mot « socialisme » était « dépassé » : « Il faut transformer de fond en comble le fonctionnement du PS, nous dépasser, tout changer : le nom, parce que le mot socialisme est sans doute dépassé; il renvoie à des conceptions du XIX° siècle ». Il suggérait même de remplacer le mot « parti » par « mouvement ». On imagine que les Français auraient pu alors « choisir » entre l’Union pour un Mouvement Populaire à “ droite ” et le « Mouvement démocrate » à “ gauche ”. La belle affaire ! Dans les faits, la bipolarisation à la française n’a rien à envier à celles qui se pratiquent outre-Rhin, outre-Manche ou outre-Atlantique.

 

Les reniements de la social-démocratie, ou l’avenir à reculons

 

N’accablons pas les Solfériniens. Le mal est profond et vient de loin. Hostile à la Révolution d’Octobre, le mouvement social-démocrate devint rapidement et ouvertement contre-révolutionnaire. Bien avant cela, en 1898, Rosa Luxemburg s’opposa, au sein du mouvement social-démocrate allemand, au théoricien Eduard Bernstein qui remettait en cause l’orientation marxiste du SPD et proposait l’abandon de sa ligne révolutionnaire afin d’attirer les classes moyennes. La victoire de Luxemburg ne sera que provisoire. En novembre 1918, c’est le chef de gouvernement social-démocrate Friedrich Ebert qui écrasera l’extrême gauche allemande en signant un pacte avec les dirigeants de l’armée pour réinstaller l’ordre dans le pays. Des membres des Corps francs, désormais acquis à la réaction, anéantiront la révolte spartakiste de Berlin et assassineront Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht. Les députés sociaux-démocrates voteront les crédits de guerre contrairement aux députés bolchéviques qui seront déportés en Sibérie. Au même moment, Clémenceau, l’une des idoles du solférinien Valls, prévoira un « plan général pour l’isolement économique du bolchevisme en Russie en vue de provoquer sa chute ». Il s’agira d’occuper les ports et d’établir un « cordon sanitaire » : étouffer l’économie soviétique et isoler l’Europe de la contagion des idées révolutionnaires. L’importance donnée à l’occupation du Donbass montrant bien que les objectifs économiques impérialistes importaient largement autant que les visées idéologiques.

 

Les reniements de la social-démocratie, ou l’avenir à reculons

 

Non contente de s’opposer aux mouvements révolutionnaires dans l’Europe du XXe siècle, la social-démocratie est devenue un pilier de l’exploitation capitaliste, du colonialisme et de l’impérialisme. C'est pourquoi les  français ont accepté la réintégration dans l’OTAN et son primat absolu en matières d’alliances et de stratégies. 

 

La social-démocratie – en France ou ailleurs – n’est pas monolithique. Sa force réside dans ses courants attrape-tout, ses « débats » « théoriques » oubliés dès que les portes du pouvoir sont franchies. On voit alors des figures quasi gauchisantes mettre en œuvre des politiques de droite, en opposition avec les intérêts des citoyens qui les ont élues. Au niveau des institutions européennes, ce n’est plus de la caricature mais de la singerie : dans le microcosme bruxellois, les sociaux-démocrates soutiennent ouvertement les conservateurs qui, à l’occasion, leur renvoient l’ascenseur. Le Parti socialiste européen et le Parti populaire européen œuvrent de concert pour se partager la gestion des instances de l’Union européenne.

 

À lui seul, François Hollande incarne à merveille ces dérives. Apparatchik en chef – avant d’accéder à l’Élysée – d’une machine qui ne tournait que pour elle-même, il fut capable, durant la campagne pour l’élection présidentielle, de proclamer lundi à Paris que son ennemi était la finance, avant de concéder mardi à Londres qu’il n’était pas dangereux. Un vrai social-démocrate n’a aucun objectif réel. Bernstein a gagné, pour qui le mouvement était tout alors que l’objectif final n’était rien. Contrairement à Baudelaire, Hollande ne hait pas le mouvement qui déplace les lignes. « Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup », faisait remarquer à Hollande la fille de Jacques Delors, sa sœur en social-démocratie.

 

Les reniements de la social-démocratie, ou l’avenir à reculons

 

La social-démocratie européenne (à l’exception de celle des pays nordiques) ne fut tournée vers le progrès que lorsqu’elle fit campagne et gouverna avec les communistes. Souvenons-nous du Front populaire, ou du Frente Popular (alliance de neuf partis) en Espagne. Mais la tendance lourde était bien de gouverner sans ou contre les communistes. Avant Laurent Fabius en 1983, on avait vu le socialiste italien Pietro Nenni s’allier aux communistes dans les années trente, puis gouverner avec la démocratie chrétienne après la guerre.

 

Dans l’Europe d’aujourd’hui, aucun des partis socialistes, social-démocrates et travaillistes ne s’oppose aux agressions du capital contre les conquis sociaux des travailleurs. Au contraire, ils s’en font les relais, ils les assument.

 

Depuis une centaine d’années, les moments forts du reniement social-démocrate européen furent l’hostilité à la Révolution d’octobre, la « non-intervention » durant la Guerre civile espagnole, le refus de l’alliance avec les communistes pour lutter contre le fascisme et le nazisme, l’acceptation de l’OTAN (le socialiste belge Paul-Henri Spaak, anti-militariste dans sa jeunesse, en fut le deuxième Secrétaire général à l’époque de la guerre froide), la continuation du colonialisme (spécialité bien française avec Guy Mollet ou Max Lejeune), la rupture des socialistes allemands avec le marxisme en 1959, le vote pour le traité de Rome de 1957, celui de Maastricht, enfin celui de 2004 pour une constitution pour l’Europe (les fsocialistes français votant contre une bonne partie de leur électorat). La Troisième voie Blair/Giddens fut érigée en modèle acceptable alors qu’elle jugeait obsolète toute idée de redistribution.

 

Ce n’est pas leur faire injure que de dire que les sociaux-démocrates français n’hésitent pas à se compromettre à titre personnel avec les forces capitalistes. De plus en plus nombreuses sont les personnalités éminentes sociales-démocrates, dans le parti ou dans les syndicats, qui offrent leurs services à l’hyperbourgeoisie, entre deux mandats électoraux ou en fin de vie active. Au banquet des affaires, la soupe est bonne. Il n’est plus question de « changer le monde » mais de toucher des jetons de présence, en veillant bien sûr à la « citoyenneté » de l’entreprise et à « l’humanisation » du capital.

 

Très emblématique de ces reniements aura été – à l'étranger – la carrière de l’Espagnol Javier Solana.. En 1964, il rejoint clandestinement le Parti socialiste ouvrier espagnol interdit par la dictature franquiste. Il émigre un temps aux États-Unis où il milite contre la guerre du Vietnam. Après le retour de la démocratie en Espagne (auquel il a fortement contribué), il est ministre de la Culture. À ce titre, il instaure la gratuité des visites de musée. Il est ensuite ministre de l’Éducation, puis des Affaires étrangères. En 1995, alors que l’Espagne préside le Conseil de l’Union européenne, Solana convoque la Conférence de Barcelone dont l’objectif est de faire du bassin euro-méditerranéen « une zone de dialogue, d’échanges et de coopération en vue de garantir la paix, la stabilité et la prospérité. » Ce diplomate classique va devenir un diplomate plus musclé. Fin 1995, il est nommé Secrétaire général de l’OTAN, lui dont la mère avait pour cousin le responsable de la Ligue pour le Désarmement des Nations et qui, dans le passé avait rédigé un texte intitulé 50 raisons de dire non à l’OTAN ! Sous l’impulsion de Solana, le Parti socialiste espagnol devient franchement atlantiste. Le 5 février 2003, au conseil de sécurité des Nations Unies, il soutient le discours mensonger – et à court terme meurtrier – de Colin Powell selon lequel l’Irak possède des armes de destruction massive. En la circonstance, il se démarque du leader de son parti José Luis Zapatero pour s’aligner sur la position du chef du gouvernement conservateur José María Aznar, favorable à une intervention étasunienne en Irak. Le 15 février 2005, alors qu’il est responsable de la politique étrangère européenne, il s’oppose au plan du président de la Communauté autonome du Pays Basque Juan José Ibarretxe prévoyant que le Pays Basque serait « librement associé » à l’Espagne et jouirait d’un système légal séparé et d’une représentation au sein de l’Union européenne.

 

Les reniements de la social-démocratie, ou l’avenir à reculons

 

Une autre figure emblématique des pires reniements de la sociale démocratie est assurément Gerhard Schröder. D’origine modeste, il débute dans la vie comme apprenti vendeur puis ouvrier du bâtiment. Il suit des cours du soir, accède à l’enseignement secondaire et supérieur et devient avocat. À ce titre, il défend Horst Mahler, une des figures de proue de la Fraction armée rouge. Au crédit du chancelier Schröder, l’opposition ferme de l’Allemagne à la guerre de Bush en Irak. Pour le reste… Celui qui fut “ l’ami des patrons ” batailla cinq ans contre son parti pour faire voter la loi Hartz IV (Peter Hartz, l’un des conseillers de l’ombre des Solfériniens) qui fera nettement reculer les droits sociaux (réduction de la durée d'indemnisation du chômage de trente-deux à douze mois, diminution des indemnités versées aux chômeurs de longue durée qui refusent un emploi en dessous de leur qualification). Après sa défaites aux élections de 2005, Schröder est engagé par la société russe Gazprom pour présider le conseil de surveillance du consortium germano-russe North European Gas Pipeline chargé de la construction et de l’exploitation du gazoduc Nord Stream. Cette nomination cause quelques remous outre-Rhin : en sa qualité de chancelier, Schröder avait approuvé le tracé du gazoduc et s’était porté caution d’un prêt bancaire d’un milliard d’euros à Gazprom. Par ailleurs, Schröder a été conseiller des banques Goldman Sachs et Rothschild Investment Bank. Depuis 2009, il est membre du directoire du groupe pétrolier russo-britannique TNK-BP. Il touche à ce titre 200 000 euros par an. Il n’est pas le seul socialiste allemand à goûter aux délices du monde des affaires. L’ancien ministre de l’Intérieur Otto Schily, autrefois avocat de Gudrun Esslin et proche des milieux anarchistes, conseille le trust financier Investcorp (New York, Bahrein, Londres). Il y côtoie l’ancien chancelier autrichien conservateur Wolfgan Schlüssel, le vice-président de la Convention européenne Giuliano Amato ou encore M. Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Enfoncée (si je puis dire), l’ancienne ministre socialiste Frédérique Bredin, un temps directrice générale de Lagardère Active avant d'être nommée inspectrice générale des finances.

 

Les reniements de la social-démocratie, ou l’avenir à reculons

 

La porosité des sociaux-démocrates avec le monde des grandes affaires explique  que des partis socialistes au pouvoir – comme au Portugal ou en Grèce – ont pu dépouiller les peuples dont ils avaient la charge tandis que des membres éminents de l’Internationale socialiste se sont prononcés contre des expériences authentiquement de gauche au Venezuela ou en Équateur. Il n’est pas étonnant non plus qu’Hugo Chavez ait trouvé face à lui, parmi les partis d’opposition, l’Action démocratique (Acción Democrática), un parti social-démocrate créé en 1941, autrefois progressiste et anti-impérialiste, franchement conservateur depuis les années 1980 et soutenu et relayé par la Confédération des travailleurs du Venezuela (Confederación de Trabajadores de Venezuela).

 

La social-démocratie a donc choisi son camp : celui du capital. Désormais financier. A-t-on récemment entendu François Hollande prononcer les mots « ouvrier », « travailleur », voire « salarié » ? Non, parce qu’il y a chez lui comme chez ses amis politiques une négation de l’histoire, un effacement des classes sociales. La social-démocratie, c’est le règne du parlementarisme, de la gestion loyale du capitalisme, parfois de la compassion pour les plus malheureux. Et puis ce chic pour les réformes qui, profondément, ne servent à rien dans la perspective de la transformation de la société puisqu'elles entérinent ce qui a déjà été transformé : PACS, mariage pour les homosexuels.

 

On a vu des partis communistes disparaître. Comme l’italien à force d’« eurocommunisme » et de « compromis historique ». Ce parti s’est dissout en 1991 au profit du Parti démocrate de la gauche (L’Olivier), qui s’est lui-même dissout en 1998 au profit des Démocrates de gauche (le Chêne social-démocrate). Le Chêne s'est à son tour dissout pour former avec les centristes de gauche La Marguerite. En attendant les Pissenlits par la racine (en anglais, quand on est mort, on « pousse les marguerites vers le haut »).

 

Parce qu’ils ont peur du peuple, les sociaux-démocrates français auront bientôt, comme les Italiens, peur de leur ombre.

 

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 05:03

Dans le fond, le mot « vacances » a quelque chose de péjoratif. Il date du XVIè siècle, avec le sens de « manque », sous-entendu de manque de foi. Puis, le terme fut réactivé dans le langage juridique, quand les tribunaux interrompent leurs travaux : « les vacances de la magistrature ». Enfin, au XVIIe siècle, vinrent les vacances scolaires, les grandes vacances. Et aussi la notion de repos, de cessation du travail ordinaire. Donc, éventuellement, de travailler autrement : « Mes vacances, c’est d’aller travailler ailleurs », disait Colette.

 

L’idée d’un temps accordé légalement aux travailleurs date de 1907. Il faudra attendre 1936 pour que des vacances, plus exactement des « congés » soient payés aux salariés.

 

Le mot « congé » fut, peut-être préféré au mot « vacances » par les législateurs du Front populaire car il impliquait une notion plus dynamique. Ce terme vient du vieux français cumgiet, qui vient lui-même du latin commeatus : « action ou permission de s’en aller ». Il y a beaucoup de volonté dans ce vocable : prendre congé, donner congé (à un locataire). Jusqu’à en mourir : « Sans trop d’impolitesse, je voudrais prendre congé de moi-même. Je me suis décidément assez vu » (Gide).

 

Aujourd’hui, gouvernement, patronat et médias dominants s’y entendent pour défaire tous les acquis (en fait : conquis) sociaux obtenus dans de longues et âpres luttes.

 

Des congés payés de deux semaines furent accordés par le patronat et le gouvernement du Front populaire en 1936. Ces deux semaines furent lâchées par peur de perdre bien plus. L’idée tout à fait révolutionnaire de congés payés commença à faire son chemin au début des années 1920. En 1926, la CGT revendiqua le droit aux loisirs pour tous, le droit d’être payé à ne rien faire. En mai 1936, deux millions de travailleurs sont en grève, revendiquant de meilleures conditions de travail, de meilleurs salaires. Pour la première fois dans l’histoire de France, le rapport de forces est clairement en faveur des travailleurs ; le patronat est amené à accepter des négociations au niveau national. Le 8 juin 1936, une négociation tripartite (gouvernement, la Confédération Générale du Patronat français et la CGT) débouchent sur des accords largement en faveur des travailleurs : généralisation des conventions collectives, création des délégués du personnel et augmentation de 12 % des salaires. Et aussi, ce que retiendra dans les faits la mémoire collective, la semaine des 40 heures et deux semaines de congés payés.

 

En 1956, le gouvernement Mollet fait voter une troisième semaine de congés payés. En 1969, dans la foulée de mai 68, une quatrième semaine est accordée par un gouvernement de droite. En 1982, le gouvernement Mauroy établit la durée des congés payés à cinq semaines.

 

 

Pas de vacances, des congés payés !

Chaque fois qu’il y eut progrès pour les travailleurs, dans ce domaine comme dans d’autres, le patronat et ses affidés annoncèrent des catastrophes économiques imminentes. Qui ne se produisirent jamais, comme on le sait. Aujourd’hui, la réaction prend prétexte de la « crise » (qui n’existe pas) pour empêcher tous nouveaux acquis sociaux, pour revenir sur les anciens, prétendument car la situation économique l’exigerait. Or les pays développés (sans parler des autres) n’ont jamais été aussi riches qu’aujourd’hui.

 

En 1936, le patronat obtient des contreparties. Il fait accepter aux travailleurs de nouvelles cadences de production par le biais de méthodes d'organisation du travail destinées à augmenter considérablement les rendements horaires pour, par exemple, faire tourner à plein régime l'industrie d'armement. Le travail à la chaîne, le taylorisme sont généralisés.

 

Durant les « Trente Glorieuses », la France connaît le plein emploi et une croissance industrielle soutenue. Cette période prendra fin au milieu des années 70, au prétexte du renchérissement du pétrole et d’autres matières premières. On parle désormais d’« austérité », de « rigueur ». En 1976-1977, le Premier ministre Raymond Barre met en œuvre deux plans. Il freine la hausse des salaires, gèle les prix à la consommation pour trois mois, augmente l’impôt sur le revenu (dingue pour un homme politique de droite !) ainsi que les prix de l’alcool et de l’essence. Barre a beau être (selon Giscard qui a toujours eu le sens des formules creuses) le « meilleur économiste de France », ni l’inflation ni le chômage ne sont jugulés.

 

L’inflation est finalement contenue par la gauche dans les années 1980. Mais la croissance ralentit et le chômage s’amplifie. Le niveau de vie s’améliore, mais de façon très modérée.

 

Depuis 2002, il est coutumier, pour ne pas dire quotidien, dans l’idéologie dominante, de ringardiser les luttes syndicales, de mettre en cause la représentativité des organisations, d’opposer les catégories professionnelles les unes contre les autres et de balancer des inepties du style : « les Français disposent de trop de vacances et vivent au-dessus de leurs moyens ». Ce qui est assurément vrai pour Mamie Zinzin et quelques autres.

 

Dans plusieurs pays européens, comme la Grèce ou le Portugal, la situation est pire que dans le nôtre. Les congés sont réduits, des droits sociaux sont supprimés. L’attaque contre les congés, les jours fériés, la banalisation du travail le dimanche, la nuit (merci la CFDT !), la généralisation des CDD, l’impossibilité d’entrer dans la vie active de manière normale, les attaques répétées contre la sécurité sociale sont inscrits durablement, et pas comme des expédients, dans l’idéologie et la pratique du capitalisme financier.

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 09:48

Jusqu'à présent, pour illustrer les quelques notes que j'ai publiées sur la guerre infligée au peuple palestinien, j'ai utilisé des photographies, disons “modérées”. Je ne recherchais pas le sensationnel.

 

Mais, après tout, des photographes risquent à tout instant leur vie pour dire le martyre enduré par les Palestiniens. Ce ne sont pas ces photographes qui alimentent l'horreur quotidienne. C'est une armée, constituée en majorité de conscrits, qui a décidé de s'en prendre – de la manière la plus féroce qui soit – en priorité à des civils, enfants compris.

 

Il faut que cela soit su, intégré. Nous assistons à Gaza à un recul de la civilisation. Pire peut-être, à la mort de la civilisation, comme l'avait envisagé Valéry. Ce qui se fait là-bas se fera ailleurs. Les camps de concentration britanniques en Afrique du Sud lors de la guerre des Boers ont inspiré les camps de concentration nazis, et d'autres encore.

 

Comme d'autres avant eux, les Palestiniens sont condamnés à vivre comme des rats :

Photographier la guerre

A la fin de la Première Guerre mondiale, on a calculé qu'il avait fallu environ 11 kilos de plomb pour tuer un homme, un soldat, tant le gaspillage était important et remplissait les poches des marchands d'armes. Le progrès aidant, il en faut beaucoup moins aujourd'hui pour pulvériser un enfant ou, tout bonnement, pour lui “ casser ” (au vrai sens du terme, la gueule) :

Photographier la guerre
Photographier la guerre
Photographier la guerre

Pour finir, que nous dit Tarek, ce gosse au visage d'ange qui aimait se prendre en photo ?

 

Il a quinze ans. Des soldats israéliens lui ont fracassé le visage. Il raconte que son cousin Mohammed a été kidnappé par des colons (quand je pense que le poil des Solfériniens de chez nous ne se hérisse pas quand ils entendent le mot “ colon ” !) qui l'ont obligé à avaler de l'essence avant de transformer son corps en torche vivante.

Photographier la guerre

Dans un récent article publié par le Grand Soir, Sharmine Narwani écrit ceci :

 

“ Il n’y a pas de « conflit israélo-palestinien » - ce qui laisse entendre une sorte d’égalité dans la puissance, la souffrance et les éléments concrets négociables, mais il n’y a pas la moindre symétrie dans cette équation. Israël est l’occupant et l’oppresseur ; Les Palestiniens sont occupés et opprimés. Qu’y a-t-il à négocier ? ”

 

Et puis ceci :

 

“ Si les Juifs qui n’ont pas vécu l’Holocauste en ressentent encore la douleur, qu’ils s’arrangent avec les Allemands. Qu’ils exigent une portion importante de terres en Allemagne – et bonne chance à eux. ”

 

Les Israéliens ont installé la haine en Palestine pour des décennies. En fin de compte, ils perdront.

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 07:14

Cette résidence appartient à Ira Rennert, 80 ans, spécialiste des créances spéculatives. Sa fortune est estimée à six milliards de dollars. Il a vraisemblablement payé son petit nid ("Fairfield Pond) comptant. La surface au sol est de 32 hectares. Le parc s'étend sur 30 hectares. Quand Ira reçoit, il met à la disposition de ses invités 29 chambres, 39 salles de bain.

 

 

 

Le doux foyer d'un spéculateur

Récemment, Rennert a fait l'achat d'un consortium métallurgique russe. Quatorze mois plus tard, il l'a mis en faillite et envoyé au chômage 4 000 travailleurs.

 

Rennert est par ailleurs en délicatesse avec le gouvernement péruvien. L'exploitation d'une de ses mines est en train de ruiner la santé de centaines d'enfants dans le voisinage.

Le doux foyer d'un spéculateur

Ci-dessus, Rennert est photographié en compagnie de sa femme lors d'un bal annuel organisé au profit de la lutte contre les allergies alimentaires. Trois millions de dollars ont été récoltés à cette occasion.

 

Le fils de Robert Kennedy honorait cette brillante manifestation de sa présence. RFK junior étant un spécialiste en matière de droit de l'environnement, on imagine qu'il a évoqué avec Rennert le cas des enfants péruviens contaminés.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 08:48
A Gaza, c'est ainsi que les enfants vivent
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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 06:49

Comparaison n'est pas raison, mais tout de même !

Si la France était la Palestine
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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 13:54
Jacques Renaud, un élu de droite, plaisante avec le corps déchiqueté d'un enfant palestinien
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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 05:21
Le roi de Suède aux antipodes de Hollande, Fabius et Valls
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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 05:19
Existe-t-il des ennemis héréditaires ?
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