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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 17:16

Une courte et bonne synthèse de Bernard Cassen qui explique comment la finance est au pouvoir en Europe, grâce à la BCE.

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 07:08

Selon Challenge, le marché et l’industrie automobiles dans notre pays sont l’exemple le plus flagrant de l’accélération de la désindustrialisation d’une activité « typique d’un pays pauvre ». La part de petits véhicules, produits à l’étranger est désormais majoritaire : 54% du marché contre 42% pour les autres pays européens les plus développés. Ford, qui avait de la jugeote, avait décidé de donner à ses ouvriers des salaires décents pour qu’ils puissent acheter … des Ford. L’austérité salariale, la précarité sont telles que les travailleurs ne contribuent plus au renouvellement du parc automobile. Il leur reste le plus souvent la possibilité de se payer des petits modèles, d’occasion.

 

Or les petites voitures françaises sont désormais produites à l’étranger, tandis que les « produits » à forte marge bénéficiaire sont de plus en plus l’apanage des constructeurs allemands, japonais ou chinois (Volvo appartient au groupe Geely). Challenge précise : « Quant aux limousines de "haut de gamme" tricolores, elles n'existent plus, après l'arrêt de la Citroën C6 qui ne se vend plus qu'au compte-gouttes. De plus ni PSA ni Renault ne se son lancés dans la production de 4x4 "haut de gamme", alors que, chez leurs concurrents, ces modèles ont tendance à remplacer les limousines de même catégorie. » Par ailleurs, obéissant à un ordre étasunien, PSA (Peugeot) a dû abandonner son marché iranien, ce qui a grevé ses finances.

 

Dans le domaine automobile, il semble que la lutte des classes ait atteint un stade sans précédent, avec la destruction de la production et la disparition de la classe ouvrière qui va avec. En 2005 (je cite toujours Challenge), Peugeot produisait dans son usine de Rennes 260 000 berlines 407. Elle en produit aujourd’hui moins de 90 000. Les Twingo et les Clios sont largement fabriquées en Slovénie. La 208 est produite en partie en Slovaquie. Les Dacias sont fabriquées en Roumanie. Renault (qui possède six usines en France et douze dans le reste du monde) vient d’inaugurer un important complexe près d’Oran, moins important, cependant, que celui de Tanger inauguré en 2012. À cette occasion, le banquier milliardaire Macron  a déclaré : « La France ne doit pas avoir peur de produire à l’étranger car cela crée de l’adhérence avec notre économie. Mais à la condition que nous gardions la propriété intellectuelle. » Que l’adhérence est belle quand elle est inspirée par le Medef (et que la propriété industrielle est belle lorsqu'elle est cédée pour trois fifrelins aux Chinois et aux Indiens ! 80% des Renault sont désormais fabriquées hors de France. En dix ans, la production de voitures Renault en France est passée d’1 million 300 000 à 470 000, celle des Peugeot d’1 million 900 000 à 800 000, alors qu’à l’étranger leurs productions sont restées identiques.

 

 

Dans un article de novembre 2014, Les Échos expliquait la stratégie de « réduction des coûts » de PSA. La recherche elle-même serait délocalisée : « Le constructeur va sous-traiter au Maroc une partie de R&D, via la société d’ingénierie Altran. Cette dernière va mettre à disposition son centre d’ingénierie pour gérer des tâches non « cœur de métier », comme la conception assistée par ordinateur sur des pièces de design, le calcul scientifique, la documentation technique. » Le groupe mettra de surcroît en compétition les sites français et les sites étrangers : « PSA a déploié son programme « usine excellente » (lire Les Echos du 27 octobre), qui rationalise les coûts des usines françaises. Dans le même temps, le groupe entend doubler le sourcing « low-cost » (issu d’Europe de l’Est notamment) de ses usines européennes, et chargera davantage ses sites slovaques et espagnols, plus compétitifs. Enfin, les stocks, très coûteux, sont comprimés. Fin octobre, l'ensemble des usines françaises était au chômage technique. » Après Aulnay, Rennes est menacée de fermeture.

 

L’État a accordé des prêts considérables à PSA, a pris 14% du capital de l’entreprise, ce qui n’a pas empêché la réduction de deux tiers du nombre des travailleurs depuis une quinzaine d’années. Malgré, par dessus le marché, de grasses subventions : 140 millions au titre du CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi) et 125 millions au titre du CIR (Crédit d’impôt recherche). En France, la production des véhicules Peugeot a diminué de 40% entre 2005 et 2013 tandis qu’elle augmentait de plus de 50% dans le reste de l’Union européenne (principalement l’Espagne, la Slovaquie et le République Tchèque). On vérifie ainsi tous les jours que l’un des principaux objectifs du Traité de Rome était bel et bien de mettre en concurrence les travailleurs des pays européens.

 

En 2013, le Medef et le syndicat collaborateur CFDT ont signé l’ANI (accord devenu loi sous le gouvernement Ayrault). Rédigé dans un charabia innommable (« Améliorer l’effectivité de la portabilité de la couverture santé et prévoyance pour les demandeurs d’emploi »), cet « Accord national interprofessionnel pour un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi et des parcours professionnels des salariés » est bel et bien, dans le cadre de la concurrence libre et non faussée, une machine à supprimer des emplois et à tirer les salaires vers le bas. Les travailleurs, de plus en plus recrutés sur des emplois non stables, sont en permanence soumis au chantage de la délocalisation. Qui survient toujours en fin de compte. PSA a détruit 2 000 emplois par an depuis douze ans sur le sol français, y compris des emplois de cadre.

 

Et il aura fallu un tollé pour que l’ancien PDG de PSA renonce à sa retraite – complémentaire – (dite chapeau) de 21 millions d’euros sur 25 ans alors qu’il touchait, statutairement, 310 000 euros par an. Cet éminent responsable, au salaire d’1 million 300 000 euros par an, s’était fait attribuer cette retraite dorée par le conseil d’administration de l’entreprise alors qu’il venait de geler les salaires des travailleurs. Toujours la lutte des classes …

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 06:35

Pas de commentaire, bien sûr. Si, un, tout de même. C'était hier et pourtant j'avais oublié l'extraordinaire vacuité des slogans de campagne de Lionel Jospin. Normal qu'il ait perdu. Et pourtant, il était conseillé par l'immense Séguéla. Il me semble que, s'il avait gagné, cela n'aurait rien changé à nos vies.

Le parti socialiste, c'était mieux avant …
Le parti socialiste, c'était mieux avant …
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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 06:24

Entre deux suicides de ses agents pressés (ouaf !), Orange demande à des créatifs de sa Propaganda Staffel de concevoir des slogans publicitaires mensongers (pléonasme). L'ami Robert Chaudenson a répertorié ceux des 25 dernières années. Il faut dire qu'avec Orange, il n'est pas toujours à la noce. Pour ce qui me concerne, je réside dans le centre de la troisième ville de France. Mon ordinateur rame le matin et le soir dès que cinq utilisateurs sont connectés dans mon immeuble. La télé bogue une fois par jour. Je reste chez Orange par paresse et par bête fidélité. De toute façon, Numericable va le bouffer un de ces jours.

 

1988 : « Un avenir d'avance »

1990 : « Gardez le contact »

1994 : « Et le monde est plus proche »

1995-1996: « Et si vous communiquiez avec les outils d'aujourd'hui »

1996-1999: « Nous allons vous faire aimer l'an 2000 »

2000 : « Bienvenue dans la vie .com »175,176

2000-2001 : « Communiquer est une force »

2001-2002 : « The Future's bright, the Future's Orange » / « Le futur, vous l'aimez comment ? »

2001-2003 : « Votre e-potentiel va vous surprendre »

2001-2003 : « Ce sera toujours à nous d'en faire plus »

2004-2006 : « Communiquons plus »

2004-2006 : « Notre raison d'innover, c'est vous »

2006 : « Le futur et toutes les raisons d'y croire »

2006-2008 : « Open »

mi-2008-2010 : « Together we can do more » / « Plus loin ensemble »

2010 : « La vie change avec Orange »

2012 : « Le service Orange, satisfait quand vous l'êtes ».

La réclame débile d'Orange
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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 16:36
Bernard Arnault, à droite d'Attila
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 06:58

Je caricature peut-être un peu. En tout cas, je ne blasphème nullement.

 

Que la lutte des classes était belle quand on pouvait asservir physiquement et mentalement l'ouvrier de la sorte !

L'usine selon Macron et Gattaz
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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 08:57

Ici, la vidéo in extenso de la mort de Coulibaly. Deux ou trois petites choses assez étranges y sont à voir.

 

Cette vidéo a été reprise de France 3. Il s'agit d'un document filmé par un vidéaste amateur muni d'un téléphone portable, et non par un professionnel du service public.

 

Avant de regarder ce document, vous devez certifier que vous êtes majeur.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 06:34

Quand il a vu les documents ci-dessous, mon ami Maxime s'est exclamé : “ Les trous du-cul ! ”

 

Oui, ai-je rétorqué, mais ces trous du-cul créent de l'emploi.

 

Sartre aurait disserté pendant des pages sur ma mauvaise foi.

 

Maxime a raison : ces petits marquis roses vivent sur une autre planète, pensent que leur chair et leur âme sont d'une essence supérieure à la nôtre. Pour parler vulgairement, ils ne se prennent pas pour de la merde. Même la mairesse de Paris depuis peu (Madame Depuipeu), par la grâce de Delanoe (j'adore quand Canteloup fait dire à Delanoe “ Mon Anne ”), a un porte-coton.

 

Que la monarchie est belle sous la République faucialiste !

Nos Solfériniens mieux servis que des monarques
Nos Solfériniens mieux servis que des monarques
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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 11:44
Qui sont et que font ces femmes ?

Nous sommes en 1979, en Iran. Ces femmes protestent contre le port du port du voile (intégral) obligatoire. Elles étaient des centaines de milliers.

 

35 ans après, il paraît que les mosquées en Iran sont à moitié vides, que l'athéisme progresse et qu'il n'est pas rare de croiser des couples d'hommes homosexuels dans les rue des grandes villes.

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 09:14

 

Je vais vous avouer deux choses : 

 

  • avec les miens (les miennes, plus exactement), j’ai participé à la manif’, à Lyon, comme 300 000 autres personnes. 300 000 : un chiffre jamais atteint dans la capitale des Gaules. Seule la Fête des Lumières (en l’honneur de la vierge Marie, ne l’oublions pas) rassemble davantage de participants.
  •  
  • pour la première fois de ma vie, je ne sais pas vraiment pourquoi, ni pour quoi j’ai manifesté.
  •  

Pour la liberté de la presse ? Pour la bande à Charlie ? Contre les terroristes, le terrorisme contre lequel nous serions « en guerre » ? Au moment précis où j’écris ces lignes, le sinistre Elkabbach reçoit, sur les antennes d’Europe 1, la non moins sinistre Marine Le Pen. Comme par hasard. Il n’y avait pas d’autre invité envisageable, bien sûr.

 

Pour réfléchir, je vais m’aider du superbe billet publié ce jour par Le Grand Soir sous la signature du sage Théophraste R. 

 

Depuis qu’il est au pouvoir, Hollande accable la presse d’opinion en lui refusant des subventions dont il gratifie la presse de caniveau, en particulier Closer qui a une vraie affection pour lui. Néanmoins, il propose d’aider financièrement Charlie. Son discours a vibrionné pour la démocratie, mais il a invité, pour la manif’ du siècle, les pires ennemis de la liberté : Netanayahou, dont l’armée a récemment tué une quinzaine de journalistes palestiniens, l’Espagnol Rajoy, qui a fait voter des lois aussi liberticides que celles en vigueur sous Franco, l’Ukrainien Porotchenko, dont plusieurs ministres sont ouvertement nazis, le chef du gouverment hongrois Viktor Orbàn, l'un des plus solides piliers de l’extrême droite en Europe. Quand je pense que la Le Pen aurait voulu être présente, elle qui fit plus de dix procès à Charlie et que le magazine vomissait tripes et boyaux !

 

Théophraste a bien raison de le rappeler : On peut pleurer de tout, mais pas avec n’importe qui. Pas non plus avec un Sarkozy, invité d’honneur autour des dépouilles pas encore froides des caricaturistes, lui qui avait nommé Philippe Val directeur de France Inter pour qu’il fasse le ménage, notamment en éjectant trois humoristes à succès mais dérangeants.

 

Ce qui m’a personnellement gêné dans cette manif’, ce n’est pas le silence, toujours digne, mais cette étrange communion nationale. Une de mes connaissances lyonnaises, encartée à l’UMP, avocate d’affaires, était présente. Il n’y avait plus de droite, plus de gauche, plus d’ouvriers, plus de cadres dynamiques, plus de babas cools, plus de colonels en retraite. Dans les faits, j’ai trouvé que les 300 000 étaient plutôt classe moyenne. Et j’ai vu très peu d’Arabes, alors que la manifestation empruntait pour une bonne partie un quartier où ils sont en nombre.

 

Je me suis souvenu que les manifestations de 2013 contre la « réforme » des retraites avaient rassemblé plus de deux millions de personnes. Je me suis souvenu qu’en 2005 les Français avaient voté contre le traité constitutionnel européen et que, la même année, les « quartiers » (comme on dit en langage politiquement correct) s’étaient retrouvés en état d’insurrection. Tout cela pour rien dans la mesure où rien n’a changé, rien n’a été pris en compte, sous la droite comme sous la drauche. Comme le spectacle, les affaires ont continué en laissant chaque jour sur le bord de la route toujours plus de miséreux et de paumés.

 

L’asservissement du peuple, des travailleurs, va continuer, grâce à une foultitude de relais. Alors que je défilais, je découvris, à 200 mètres de chez moi, une succursale de Menway Intérim. Aujourd’hui, on ferme des bibliothèques mais on ouvre des agences d’intérim à foison. Dans l’intitulé de cette agence, ce n’est même pas le vocable pseudo anglais « Menway » qui importe (même si, comme tout ce qui est énoncé dans la langue de Wall Street, il cache une arnaque), c’est le sous-titre : « Emploi et flexibilité ». Un triptyque avec « Employabilité » eût sans doute été trop grossier. Dans la France solférinienne, l’implicite est que l’emploi sous-tend désormais la flexibilité.

 

Si, un jour, je dois manifester contre cet esclavagisme, je saurai pourquoi je marche.

 

Grandes manifs pour grand malentendu
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