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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 13:26
Un père pleure à Gaza
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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 05:59

Il y a quelques années, les syndicats qui ne prônent pas le « dialogue constructif » et la « réforme » – en d’autres termes la collaboration avec le patronat et l’État-patron – ont éprouvé quelques difficultés à trancher une question épineuse : fallait-il intégrer les instances, les rouages, la bureaucratie de l’Union européenne ? Entrer, c’était l’aléa de se voir infecter par le poison libéral. Ne pas entrer c’était risquer d’être constamment hors du coup, de ne pouvoir peser sur rien et laisser le champ libre aux syndicats « modérés » qui en seraient ressortis légitimés, en particulier aux yeux de la grande masse des non syndiqués. Le syndicat auquel j’appartiens, la fédération à laquelle il est rattaché furent parmi les derniers à accepter de jouer le jeu de « l’Europe », en se disant que, si la cuiller est longue, on peut s’attabler avec le diable.

 

J’ai toujours pensé que, vu la puissance de feu des milliers de banquiers, de groupes de pression multiples et variés harcelant sans relâche les représentants du peuple, les moyens dérisoires des forces syndicales ne feraient pas le poids. J’estimais par ailleurs – et je n’ai pas changé d’avis – que plus on s’affaire, plus on se croit utile et intéressant dans les sphères ouatées si loin de la vraie vie, moins on a d’envie et d’énergie pour descendre dans la rue et lutter dans les entreprises. Ce sont des habitudes que l’on perd très vite.

 

Pour rendre plus concret ce que j’avance ici, je vais revenir ici sur la lutte récente des cheminots français, son échec relatif par absence de perspective européenne. Cette absence n’est pas étrangère à la personnalité de la responsable syndicale suprême de l’Union européenne.

 

Pendant la grève des cheminots français, le silence de la Confédération européenne des syndicats fut assourdissant. Alors que cette CES prétend œuvrer en faveur d’un « syndicalisme européen », militer pour des « euro-manifestations », elle n’a rien fait pour, par exemple, aider à la convergences des luttes en France, en Allemagne et en Suède. En 2010, les autorités suédoises ont mis fin au monopole de l’opérateur national, les Statens Järnväger. Les rails sont toujours la propriété de l’État mais des entreprises privées comme Veolia (sa filiale Connex) opèrent désormais dans les chemins de fer, ainsi que dans les transbordeurs et les taxis. En Allemagne, les cheminots ont en ligne de mire la semaine de 37 heures. La CES ne s’est nullement intéressée à ces mouvements, n’a affiché aucune solidarité.

 

La CES regroupe des syndicats socialistes, mais aussi des démocrates-chrétiens et des libéraux. En France, la CES unit la CGT, la FSU mais aussi FO, l'UNSA, la CFDT ou la CFTC. Alors que les patrons sont tous du même côté de la barrière, les syndicats sont fortement désunis de part et d’autre des piquets de grève, ou lorsqu’il s’agit de négocier avec les patrons. Il ne faut donc pas s’attendre à trouver la CES à la pointe des luttes. Son objectif est d’aplanir, de concilier, d’aseptiser, de construire une Europe qui laisse libre cours aux menées du capital.

 

Cette CES est dirigée par une française qui n’a jamais milité dans un syndicat français : Bernadette Ségol. Elle est favorable au « dialogue social », entre « partenaires sociaux », naturellement. Elle croit en la construction d’une Europe unie, avec « une dimension sociale », créatrice de « prospérité et de compétitivité ». Organiser les luttes au niveau européen n’est pas vraiment sa tasse de thé.

 

 

Connaissez-vous Bernadette Ségol ?

Né en 1949, Bernadette Ségol (dont le nom, belle antiphrase, signifie « le loup victorieux ») est depuis mai 2011 Secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats et depuis novembre 2011, vice-présidente du Mouvement européen (président Jean-Marie Cavada). Son slogan, aussi choc que subversif, est : « L’Europe, c’est vous ! » Bernadette Ségol a étudié la philosophie à l'Université de Toulouse. De 1974 à 1985 elle a œuvré au sein de la Fédération internationale des travailleurs du textile, de l'habillement et du cuir. En d’autres termes, elle n’a jamais travaillé dans la vie active, et a occupé des postes de cadres dans la machine associative.

 

En 1985, elle rejoint l'Euro-FIET, structure européenne de la Fédération internationale des employés, techniciens et cadres où elle est Secrétaire régionale pour l’Europe.

 

En 2000, elle est Secrétaire régionale Europe dans le cadre d'UNI-Europa. En mai 2011, elle quitte UNI-Europa pour devenir Secrétaire générale de la CES. La même année, en novembre 2011, elle est élue vice-présidente du Mouvement européen international lors du congrès de Varsovie.

 

Mieux que Bergeron, et peut-être même mieux que Notat !

 

 

PS : Le 10 juillet, la CES et la confédération syndicale étasunienne AFL-CIO se sont réunies dans le cadre d’un dialogue fructueux sur le traité transatlantique de libre-échange. Un document (rédigé uniquement en anglais) a suivi et a déjà fait trembler le monde. Les deux confédérations veulent un traité « d’excellence » favorables « aux gens » (« the people »), une « prospérité partagée » (« shared prosperity ») et un « développement économique et social durable » (sustainable »).

Les deux confédérations sont persuadées que le développement du commerce entre les deux continents permettra la création d’emplois de qualité. Elles souhaitent que la démocratie soit « respectée » afin de garantir la « souveraineté des États » et « les droits sociaux et culturels ».

La « protection des travailleurs » (le mot « travailleur » finit par apparaître) ne devrait pas être considérée comme des « barrières commerciales ».

Les deux confédérations s’opposent à ce que des tribunaux privés (comme celui qui a fait du bien à Bernard tapie) puissent prendre le pas sur les instances juridictionnelles publiques, alors que, justement, TAFTA est fait pour cela.

Bref, du côté de Wall Street, on en tremble encore.

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 12:37
L'objectivité de la BBC
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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 05:20

Début juin 2014, s’est tenue à Toulouse une conférence économique réunissant des spécialistes du secteur de l’énergie électrique. Son sujet principal, la dérégulation et ses effets sur les investissements de long terme et la capacité de production (en quantité et en qualité).

 

Dans les années 1990, un grand mouvement de dérégulation du marché de production et de distribution de l’énergie électrique a commencé en Grande Bretagne, puis s’est étendu aux Etats-Unis (Californie) à la Nouvelle Zélande, l’Australie, l’Amérique Latine (par le biais du F.M.I). Quelques années plus tard la vague de dérégulation toucha l’U.E et sous la pression de la commission européenne. Le marché français fut en partie dérégulé. A l’occasion de cette conférence toulousaine, certains enseignements furent tirés de ces expériences.

 

  • La production et la distribution d’énergie électrique demandent de gros investissements. En effet, la construction et l’entretien des lignes, la construction de centrales, mobilisent de grosses quantités de capitaux. Aussi, c’est la puissance publique qui en assume la charge (plus ou moins directement selon les pays.). En France, E.D.F fut nationalisée après la Deuxième Guerre mondiale par le ministre communiste Marcel Paul membre du gouvernement de Libération en application du programme du Conseil National de la Résistance « Les jours heureux ». S’en suivront 48 années d’investissement et de production publics.
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  • L’investissement public de long-terme permit de construire un système performant et de lisser les coûts. L’usager ne paya alors que le coût moyen de production. La mise en place de tarifs réglementés permit de lisser le coût de l’investissement et de construire des capacités de production légèrement excédentaires à même de répondre aux besoins de la population tout en limitant la volatilité des tarifs.
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  • La dérégulation fut rendue possible par cette légère surcapacité. La privatisation et la dérégulation de ces outils permirent à de grands monopole privés de détourner les profits à leur seul intérêt. Il est remarquable qu’aucune dynamique de dérégulation n’avait été lancée, dès lors que les capacités de production nécessitaient encore de l’investissement lourd !
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Comment se prépare la privatisation d'EDF
  • Une fois la dérégulation entamée, la mise en concurrence des unités de production conduisit à une dynamique de dégraissage des capacités de production qui entraîna une pénurie énergétique (rappelons-nous des Black-out en Californie) et une montée des prix. Puis un surinvestissement pour retrouver une capacité suffisante, surinvestissement qui ne déboucha pas sur une baisse des prix, le capital privé surinvestit demandant à être rémunéré.
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  • Ces cycles de destruction/réinvestissement de capital ne permirent nullement la réorientation de la production vers des énergies plus « vertes » : les besoins en capitaux étant trop importants et/ou demandant une rémunération difficilement acceptable par l’usager devenu client.
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Il faut toujours avoir à l’esprit que les mots « planification » et « nationalisation » ne sont pas des gros mots. Bien au contraire, ils sont l’expression d’un contrôle citoyen du développement au service de tous et des barrières efficaces au saccage de l’environnement au bénéfice de la rémunération de capital privé au seul profit de quelques-uns.

 

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 05:28

Ci-dessous, une photos de mineurs de fond italiens en Belgique vers 1900.

À quoi servent les travailleurs immigrés ?
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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 05:18

Par Pierre Verhas

 

 

Nous sommes à l’époque de la « mémoire ». On évoque à tout moment le devoir de mémoire pour tous les malheurs qui ont frappé l’humanité depuis un ou deux siècles.

 

 

Cette année 2014 voit un nombre considérable de commémorations : le centenaire de la Première guerre mondiale, les soixante-dix ans du débarquement Allié en Normandie, la Libération de Paris, celle de Bruxelles, sans doute, au mois de décembre, l’offensive Von Runstedt, etc. Plus proche : le vingt-cinquième anniversaire de la chute du mur de Berlin en novembre. Et plus loin : la bataille de Waterloo !

 

 

Nous n’échappons pas non plus, en tant que militants de gauche, à cette pléthore de commémorations. C’est ainsi qu’à Bruxelles, afin de célébrer le quarantième anniversaire du pronunciamiento militaire du 11 septembre 1973 qui renversa dans le sang la démocratie au Chili et qui vit le suicide du Président Salvador Allende, s’est constitué début 2013 un Comité Allende 40 présidé par Sergio Rojas Fernandez, militant syndicaliste et ancien prisonnier de la junte, Monique Discalcius, journaliste, Pierre Verhas, militant socialiste, Pierre Galand, président à l’époque du Centre d’action laïque, ancien sénateur socialiste, président du Tribunal Russell pour la Palestine et responsable d’ONG, Josy Dubié, ancien sénateur écolo, ancien journaliste international qui fut le dernier à interviewer le Président Allende et d’autres militants belges et chiliens.

Allende : le devoir d'histoire

Le Comité Allende 40 organisa tout au long de l’année 2013 plusieurs manifestations en mémoire de Salvador Allende et de l’Unité populaire. Il décida de terminer sa campagne en offrant à l’Université Libre de Bruxelles un buste de Salvador Allende posé au pied de la Salle Allende qui sert aujourd’hui de salle d’expositions à l’Université. Sergio Rojas Fernandez syndicaliste emprisonné par la junte de 1973 à 1975 et expulsé du Chili vers la Belgique rappela les motifs profonds de cette action.

 

 

L’objectif n’en est pas la nostalgie, mais de faire prendre conscience à tous qu’aujourd’hui de tels événements peuvent se reproduire, surtout lorsque le capitalisme se montre de plus en plus agressif.

 

 

 

Lire la suite sur le blog de Pierre Verhas

 

Le film de l'événement

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 05:15

Ci-dessous une carte intéressante de l'INSEE. Elle montre des tendances qu'il faudrait affiner. Toulouse, bien placée, est une ville de fortes inégalités. D'ailleurs, l'immobilier – mis à part dans l'hypercentre – est en baisse. Je connais par ailleurs des Lot-et-Garonnais qui vont chômer à Bordeaux et des habitants de Rodez qui attendent des jours meilleurs à Montpellier.

 

Dans la France déglinguée d'aujourd'hui, chacun fait ce qu'il peut.

Où travailler en France ?
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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 06:42
La vérité est toujours du côté de celui qui souffre (J.-P. Sartre)
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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 10:51
La logique de la privatisation des transports
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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 05:11

Hollande sait--il que le chômage produit l'extrême droite, le fascisme, la déshérence de la démocratie ?

 

En 1932, la nazis sont à 33% des voix, les communistes à 17. En 1933, les nazis sont à 44% (et disposent des 8% du Parti national du peuple allemand), les communistes à 12, les socialistes à 18 (ils étaient à 30% en 1928).

 

En 1933, entre 15 et 20% (selon les sources) de la population allemande est au chômage. La France n'est pas très loin du plein  emploi.

Chômage et extrême droite
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