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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 14:37
On parle (et on écrit) toujours trop
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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 05:52

La gendarmerie est la force armée chargée de missions de police parmi les populations civiles. En outre, elle exerce des fonctions de prévôté au sein des armées sur les théâtres d'opérations extérieurs. Les gendarmes sont aussi appelés « soldats de la loi ». En France, ils sont placés sous l'autorité des ministères de l'Intérieur et de la Défense.

 

 

Les gendarmes et nous

À la fin du XIIème siècle, les gens d'armes furent créés comme une troupe d'élite, d'abord chargée de protéger le roi et les princes. Après la Révolution française, la maréchaussée fut rebaptisée “ gendarmerie nationale ” : elle n'était plus au service du roi mais de la nation.

 

Elle dut alors, par exemple, protéger les voyageurs des bandits de grand chemin.

 

Il semble que nous ayons fait un très grand pas en avant : désormais, les gendarmes se cachent au coin des bois pour rançonner les voyageurs. Malheur aux traficants de drogues qui commettraient un excès de vitesse ! Leur compte serait bon.

 

Quant à la dignité du pauvre type qui a accepté l'ordre de se planquer dans une poubelle...

 

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 11:12
Nous ne voulons pas vivre dans un monde TAFTAÏEN !
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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 06:08

Pendant que son père imagine le continent africain décimé par un virus effroyable (on n'en meurt pas instantanément mais après des hémorragies internes et des phases d'étouffement abominables), Marion (dite “ Marine ”) Le Pen fricote avec ses amis naturels de La Falanja espagnole (Manuel Andrino en l'occurrence).

 

 

Ce qu'il y a de bien avec l'ADN, c'est que l'erreur est 1 sur 10 milliards. L'ADN du “ Rassemblement bleu Marine ” est là. Pas dans les corons d'Hénin-Beaumont.

 

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 05:32

Assassinat : meurtre commis avec préméditation

 

Depuis juin 2013, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont donné mandat à la Commission pour négocier dans la plus grande discrétion avec les États-Unis un accord en vue de créer le plus grand marché du monde (50% du PIB mondial). Cet accord a plusieurs noms (TAFTA, TTIP, PTCI). En anglais comme en français, la dénomination de cet accord est très avenante : « accord » ou « partenariat ».

 

Point besoin d’être un grand clerc politique pour observer que les Etats-Unis et l’Europe ne négocient pas dans la même perspective. Pour l’exécutif européen, il s’agit, comme de bien entendu, de pousser toujours plus avant la logique de la domination de la finance et des grandes entreprises. Pour les Etats-Unis, il s’agit de contrebalancer l’influence économique chinoise et, accessoirement, des autres grandes puissances émergentes (Inde, Brésil).

 

Les deux objectifs principaux de cet accord de libre-échange sont de démanteler les droits de douane (aujourd’hui inférieurs à 3%), mais surtout de faire sauter un maximum de normes et de régulation favorables aux citoyens consommateurs.

 

 

Jamais les peuples européens (ni le peuple étasunien) n’ont été consultés sur la nécessité de ces bouleversements. Pour ne citer qu’elle, la représentation nationale française a été soigneusement tenue à l’écart des négociations, auxquelles sont en revanche associés des experts non élus et des représentants de groupes de pression et d’intérêt (lobbyistes), comme ceux de l’armement, de l’industrie pharmaceutiques ou de l’agroalimentaire.

 

À l’intérieur même de l’Union européenne, les visées ne sont pas les mêmes. Le Royaume-Uni, en tant que pays des milliardaires, veut favoriser la Bourse et les banques de Londres. L’Allemagne vise de nouveaux marchés privés aux États-Unis. La France s’intéresse aux marchés publics étasuniens.

 

La suppression des droits de douane dans l’agriculture (aujourd’hui 12%) impliquerait la disparition de la paysannerie telle que nous la connaissons au profit des fermes usines chères au patron de la FNSEA, Xavier Beulin, qui préside, à titre personnel, aux destinées d’un conglomérat de 7 milliards d’euros et que nos braves paysans ont réélu à une écrasante majorité en avril dernier. Pauvres paysans dont les poulets au grain seront balayés par les carcasses chlorées d’outre-Atlantique…

 

Un objectif capital de ce partenariat est d’abolir un maximum de barrières non tarifaires, en d’autres termes de réduire à peau de chagrin tout ce qui protège encore un peu le consommateur et le citoyen face aux diktats des marchandises. Seront mis à mal les réglementations sanitaires, le droit du travail, les appellations protégées. Place aux délocalisations compétitives et au dumping social et fiscal (ne jamais oublier que le premier sens de « dumping » est « mettre à la décharge ». Place à la marchandisation de ce qui ne l’est pas encore tout à fait : éducation, culture, santé.

 

Les négociateurs promettent un gain de 0,5% de croissance annuelle et la création de 400 000 emplois en 2027. Nous n’en sommes plus aux promesses mirifiques de Jacques Delors dans les années 80, avec ces 2% de croissance annuelle et ses 15 millions d’emplois impulsés par la création de l’euro.

 

Plus grave, peut-être, les interdictions d’exploiter (le gaz de schiste, par exemple) pourront faire l’objet de recours devant des tribunaux ad hoc, des cours arbitrales, comme celle qui a accordé des centaines de millions d’euros à Bernard Tapie. Une décision démocratique d’un premier pays pourra ainsi être contestée dans un second pays par une entreprise d’un troisième pays. Ce type de démarche a cours depuis plusieurs années. Des entreprises européennes ont engagé des poursuites contre l’État égyptien pour faire baisser le salaire minimum ou, au Pérou, contre la limitation des émissions toxiques.

 

Philip Morris a attaqué l’Australie pour sa législation anti-tabac, au nom de la propriété intellectuelle (sic !), après avoir été débouté par la Cour suprême du pays. Et tant pis pour les 15 000 Australiens qui meurent chaque année par la nicotine. La société suédoise de production et de distribution d’électricité Vattenfall – qui appartient à l’État – a attaqué l’Allemagne suite à sa décision de fermer deux centrales nucléaires après la catastrophe de Fukushima. Avec d’autres consortiums, elle réclame 15 milliards d’Euros de dommages et intérêts au pays d’Angela Merkel.

 

En d’autres termes, le politique, donc la démocratie seront entièrement soumis aux exigences du commercial. Le sort de l’humanité ne se jouera plus dans les urnes, dans les assemblées populaires, mais dans des tribunaux arbitraux.

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 05:12
Europe : une publicité mensongère et dégoulinante

Publicité mensongère car les électeurs ne choisiront pas le gouvernement de l'Europe.

 

Dégoulinante car cette photo, qui se veut politiquement correcte, nous dit que l'Europe s'occupe de la diversité (les Noirs) et de la différence (les handicapés).

 

Une lecture un peu cynique de cette mise en scène serait de dire que pour les femmes noires qui veulent faire leur vie avec un Blanc il ne reste que des handicapés, et que pour les handicapés qui veulent connaître l'amour, ils doivent être heureux de trouver des femmes noires à cette fin.

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 07:42

J'avais oublié que les entreprises françaises se débattaient dans des carcans insupportables. Heureusement que le journal L'Opinion et son fondateur Nicolas Beytout, ce grand humaniste né, comme il convient, à Neuilly-sur-Seine, s'est rappelé à mon bon souvenir par une campagne citoyenne.

 

À titre personnel, Beytout est un enchaîné, victime du manque de liberté d'expression sévissant dans notre pays. Ces dernières années, il n'a pu entretenir des relations quasi clandestines qu'avec Europe 1, TF 1, France Info, RTL, Sciences-Po, France Inter, Le Figaro, Les Échos, LVMH, la Commission trilatérale, le Groupe Bilderberg, la Fondation de France, le Comité d'éthique du Medef et le Musée d'Orsay. Sans parler de L'Opinion, journal qu'il a fondé.

 

Par le biais de ce journal, Nicolas Beytout lance une "grande pétition nationale", proposant "aux entrepreneurs, dirigeants, politiques, salariés et citoyens de s’engager sur 7 grandes priorités pour libérer l’entreprise et le travail, restaurer la confiance et moderniser le pays." Cette pétition sera soumise au président de la République, l'"ennemi de la finance".

On me demande de “ libérer l'entreprise ”
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 05:37

Ce qui suit m’a été inspiré par le récent livre de Bernard Cassen (et al.), Le parlement européen, pour faire quoi ?, Bellecombe en Bauges, Éditions du Croquant, 2014. Quand on voit ce qui s’écrit actuellement sur le Parlement européen, on se dit que cet ouvrage très didactique tombe à pic.

 

Ainsi, on a pu lire que les électeurs européens pourront, grâce au traité de Lisbonne de 2009, désigner le président de la Commission. Ce qui n’est pas exact mais qui permet aux partis dominants de l’assemblée européenne (PPE et PSE) de bipolariser, donc de simplifier les enjeux de cette élection.

 

L’ouvrage de Bernard Cassen (et al.) rappelle que les chefs d’État et de gouvernement vont proposer au Parlement un candidat à la présidence de la Commission, sans oublier que le Conseil européen a le droit de proposer un candidat indépendant, ce qui n’entre pas dans les prérogatives du Parlement.

 

Ce qui est sûr, c’est que l’Union européenne n’a aujourd’hui plus du tout la cote. L’euro lui-même, ne fait plus l’unanimité. Lucides, les Européens ont bien compris que les places fortes financières (qu’on appelle aujourd’hui, de manière doucereuse, « les marchés ») font la loi, que les inégalités – à l’intérieur des pays et entre les pays – ne font que se creuser et que l’« austérité » est devenue une politique, une fin en soi.

 

Depuis 2012, tous les sondages concordent, seuls environ un tiers des Européens a une vision positive du Parlement. C’est peut-être le même tiers qui pense que, grâce à cette grande assemblée, sa voix est prise en compte.

 

Dès les années cinquante, les « pères » de l’Europe (Spaak, Schuman, De Gasperi, Monnet – un antigaulliste de droite) ont conçu l’union européenne comme une machine à contenir les mouvements communistes et à empêcher le socialisme. Aujourd’hui, la « crise », qui n’en est pas une puisque, par définition, il ne peut s’agir que d’un moment bref et paroxystique, est, selon les auteurs, « le prétexte rêvé pour mettre à mal les système sociaux et sonner la fin de la parenthèse keynésienne et des États-Providence. » En 2013, pour n’évoquer que ce problème, le Parlement européen a invité les États à « constituer des pensions professionnelles complémentaires par capitalisation » et à repenser la répartition « en tenant compte de l’espérance de vie », même si ce n’est pas la faute des vieux s’ils sont vieux. La même résolution recommandait de « bannir [sic, anglicisme horrible] toute fixation d’âge pour un départ obligatoire à la retraite afin de permettre aux personnes qui le peuvent et qui le souhaitent [tu parles, Charles !] de continuer de travailler au-delà de l’âge légal de départ à la retraite.

 

 

Avec le Traité sur la stabilisation, la coordination et la gouvernance » (TSCG) et la règle du Two Pack qui vise à coordonner, toujours dans la même direction libérale, les politiques économiques, l’Union européenne est devenu un « système de surveillance » des États membres. L’Allemagne de Merkel a imposé ses desiderata. Ainsi, alors que le traité de Maastricht posait que les questions de salaires, les conventions collectives étaient l’apanage des États membres, avec le TSCG, cela devient – illégalement – du ressort de la Commission. Cette nouvelle règle européenne doit être, on le sait, inscrite dans les constitutions des pays.

 

Sans le moindre débat démocratique, à l’intérieur des pays, ou même dans les instances européennes, l’Union européenne a inscrit dans le marbre le dogme de la « concurrence libre et non faussée » (un pléonasme car si une concurrence est faussée, il s’agit d’un marché truqué), les restrictions budgétaires menant à l’affaiblissement des secteurs publics, et la déréglementation du marché du travail. Depuis la fin de l’Union soviétique, l’UE est le seul endroit au monde où des principes économiques dogmatiques sont institutionnalisés.

 

Et puis, il y a les tristement célèbres groupes d’intérêts, les lobbies (l’expression française est beaucoup plus précise que l’expression globish), qui campent, non pas aux portes du Parlement, mais dans l’enceinte du Parlement même. À Bruxelles, le mot lobbyiste n’est pas une insulte. Ces groupes sont interdits dans le système politique français, ainsi que dans la plupart des autres pays européens. Ils sont institutionnels à Bruxelles. Muni du coupe fil adéquat, le lobbyiste peut assister aux réunions des commissions parlementaires et à celles des groupes politiques. 4200 d’entre eux sont accrédités (contre 762 députés européens et 2000 assistants parlementaires). Tout aussi institutionnelle est la Cour de justice de l’Union européenne qui produit le droit et dont la jurisprudence défend systématiquement les intérêts des entreprises dans la perspective du capitalisme financier.

 

 

Chaque nouveau traité a augmenté les compétences du Parlement depuis un demi siècle. En proportion avec la défiance des citoyens qui s’abstiennent de plus en plus aux élections européennes. 42,78% en France en 2012, après l’embellie de 1994 due à la liste – déjà populiste – de Villiers/Pasqua. Plus de 70% d’abstentions en Bulgarie et en Roumanie. Il faut dire que dans un système démocratique « ordinaire » l’élection des représentants du peuple influe peu ou prou sur la nature de l’exécutif. Ce qui n’est nullement le cas dans les institutions européennes. Il y a disjonction entre l’élection des parlementaires et la désignation d’un pouvoir exécutif. Par ailleurs, on le voit de plus en plus clairement, le Parlement est dominé par le consensus mou de deux grandes formations politiques (socialistes et conservateurs), que rien de fondamental ne distingue réellement qui se partagent les meilleurs fromages.

 

Le traité de Lisbonne prévoit qu’un commissaire européen doit approuver ce traité, ce qui exclut la présence d’un commissaire de la gauche de gauche. Lors des toutes prochaines élections l’abstention atteindra peut-être 60% en France et le Front national obtiendra peut-être le meilleur score. Les grands médias joueront les vierges effarouchées. Et puis Pujadas et Le Monde feront encore plus de risettes à Marine Le Pen (elle s’appelle en fait Marion, ce qui est tout même plus phallique mais « Bleu Marion » ça ne le faisait pas).

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 19:05
La réponse pakistanaise à Michelle Obama
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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 05:40

C’est le moins que l’on puisse dire, comme le montre Emmanuel Ratier dans une biographie du Premier ministre de la France.

 

Entretien.

 

 

Emmanuel Ratier, vous publiez aujourd’hui une véritable bombe, Le vrai visage de Manuel Valls.

 

Le personnage me paraissait avoir de la rouerie et de l’ambition. Souvenez-vous que Nicolas Sarkozy lui a demandé quatre ou cinq fois, entre 2007 et 2012, d’entrer dans son gouvernement.

 

 

Pour résumer, qui est Manuels Valls ?

 

Valls, c’est un ego démesuré au service d’une ambition maladive. En moins de trois ans, le « Petit Chose » est passé de l’anonymat (5,6 % à la primaire socialiste de 2011) à Matignon. C’est une espèce de bluff très largement reconstruit : issu de la plus haute bourgeoisie catalane par son père et d’une famille suisse enrichie dans le trafic de l’or par sa mère, ce fils d’un célèbre peintre catalan nullement anti-franquiste a grandi dans un milieu huppé, dans une maison située en face de l’île Saint-Louis. Ce qui lui a permis de fréquenter le gratin des beaux-arts mais aussi de la politique. Dès ses 18 ans, alors qu’il n’était même pas encore naturalisé français, il a passé un accord secret, appelé « pacte de Tolbiac », avec deux camarades au très brillant avenir, Stéphane Fouks, aujourd’hui pape des communicants socialistes et membre du comité directeur du Conseil représentatif des institutions juives de France, et Alain Bauer, ancien Grand Maître du Grand Orient de France et ponte de la sécurité urbaine. Son ascension doit beaucoup à ces deux hommes, avec lesquels il est demeuré étroitement lié. Comme l’indiquait Le Nouvel Observateur (4 octobre 2012) : « Dans l’ombre de moins en moins tutélaire de François Hollande, Manuel Valls, cherchant la lumière, n’en finit pas de grimper le grand escalier du pouvoir.

 

 

Quelles sont ses origines ?

 

C’est un point essentiel. Toutes ses origines, ses ancêtres, son histoire familiale et sans doute l’histoire de ses propres parents, va à l’encontre de la légende qu’il s’est créée : une espèce de fils d’immigré loqueteux, le rejeton d’un réfugié antifranquiste. En réalité, il n’en est rien. Tout d’abord, Manuel Carlo Valls Galfetti est né le 13 août 1962 à Barcelone (Espagne) à la clinique La Ferroviaria, rue Campoamor dans le quartier d’Horta, où est enracinée la famille Valls, à quelques encablures de la propriété du père de Manuel Valls. Qu’est-ce que cela montre ? Que les Valls n’étaient nullement interdits de séjour au tout début des années 60 en Espagne. C’est un des frères de son père, gynécologue dans l’Espagne franquiste, qui supervisa l’accouchement.

 

Par son père, il est issu d’une des plus grandes familles de la très haute bourgeoisie catholique catalane. Son arrière-grand-père, Jose Maria Valls i Vicens, juriste de formation, reprit avec son frère Agusti la banque de son père, la banque Magin Valls (le nom est un hommage à Saint-Magi, le saint patron de Tarragone). Etroitement lié à l’Eglise, ce notable assuma également des responsabilités politiques, comme la vice-présidence de la Ligue de Catalogne  (catalaniste conservatrice) et fut, comme son frère, membre de la Chambre de commerce de Barcelone, dont il devint vice-président avant de mourir en 1907. Son fils, Magi Valls i Marti, donc le grand-père de Manuel Valls, fut une figure des milieux intellectuels catalans du début du XXe siècle. Il fonda et développa la banque Pons i Valls qui existe toujours, après avoir connu des vicissitudes. Mieux, pour faire valoir ses convictions catholiques, le grand-père de Valls lança le quotidien conservateur et catholique El Mati (Le Matin). Ce quotidien fut interdit par les Rouges dès le début de l’insurrection, le 19 juillet 1936. Les locaux furent aussitôt saisis et attribués au Parti socialiste unifié de Catalogne.

 

Dès le 21, y fut imprimé son quotidien, Treball.

 

 

Ce qui mettait automatiquement la famille Valls sur les listes de suspects ?

 

Exactement. J’ai retrouvé les mémoires inédits en français du père de Manuel Valls,La Meva caixa de Pandora. Ils ont été rédigés en catalan. On y découvre que le jour de l’insurrection, le prêtre de l’église Saint-Jean, située juste en face de la maison des Valls, dit spécialement la messe pour le grand-père de Manuels Valls. A noter que cette église, ainsi que le presbytère, seront incendiés par la Fédération anarchiste ibérique. C’est la famille Valls que le prêtre chargea de cacher de nombreux ornements religieux. Les hosties consacrées furent cachées derrière un miroir (toute la famille faisant une génuflexion quand elle passait devant) et les objets du culte les plus précieux en or et argent furent jetés au fond du puits du jardin  (ce qui devient une « fosse septique » dans la biographie de Valls de Hennen et Verdez !). Le père de Valls, âgé de 12 ans, fut chargé de porter le calice. Dans le même livre, le futur peintre raconte les exécutions sommaires et les assassinats perpétrés par les Rouges et comment il fut traumatisé.

 

On est donc très loin du réfugié antifranquiste ?

 

Il faut tordre le coup de la légende du père qui a « fui le régime pour se réfugier en France » et aux sorties régulières sur « l’ambiance de plomb du régime franquiste » qui aurait poussé son père à « émigrer » outre-Pyrénées. Capital (novembre 2013), par exemple, le présente comme un « petit-fils de républicain espagnol » ou, mieux encore, Le Nouvel Economiste (8 septembre 2011) comme issu d’« une famille ayant combattu le franquisme ».

 

En réalité, l’amour de la peinture lui est venu d’un prêtre, l’abbé Manuel Trens. Directeur du musée diocésain de Barcelone, cet abbé officiait au couvent des dominicains de Horta, où le père de Valls servait la messe.

 

Le père de Valls a obtenu une bourse en 1949, s’est plu à Paris et c’est pour ces raisons qu’il a décidé de s’y installer définitivement en 1951, mais sans jamais couper les ponts.

 

Il n’a donc pas fui l’Espagne et n’a jamais été un anti-franquiste déclaré  ?

 

Non. La meilleure preuve est qu’il conservera des liens plus qu’étroits avec l’Espagne, s’y rendra systématiquement en vacances (en été et à Noël), y exposera sans aucun problème… et que son fils, Manuel Valls, y naîtra. Dès 1951, il expose à Barcelone, à la galerie Syra et, l’année suivante, une de ses toiles obtient le Prix de l’exposition du Collège d’Espagne, à la cité universitaire. Cette toile, Fabrique à Clignancourt, sera même une des œuvres principales du très officiel Ve Salon d’octobre à Barcelone, où il sera par la suite un exposant régulier. En 1953, une première exposition lui sera exclusivement consacrée à Barcelone. L’année de la naissance de Manuels Valls, son père Xavier Valls, profondément catholique, dessinera et fera exécuter les vitraux de la chapelle catholique privée du ministre gaulliste Edmond Michelet.

 

Et du côté de sa mère ?

 

C’est du même tonneau, si j’ose dire. Dans Pouvoir  (2010), Manuel Valls décrit un oncle métis : « Je me suis souvent dit que mon oncle était une parfaite incarnation de la culture humaine. Fruit d’une double vie de mon grand-père maternel tessinois, il était sierra-léonais par sa mère. (…) Riche de son héritage helvéto-africain, il a vécu à Londres toute sa vie qui vient de s’achever. C’est cela, pour moi, l’homme du XXIe siècle, c’est l’homme multiculturel. » Ce qui est totalement grotesque. Son père a épousé en 1958 Luisangela Galfetti, une institutrice de quinze ans sa cadette, originaire de Ludiano (Val Blenio) dans le Tessin. Elle parle le dialecte propre à ce canton de la Suisse italienne. Elle a grandi dans une famille qui a accédé à la bourgeoisie au travers de diverses aventures coloniales. En bref, des gens qui se sont enrichis grâce aux colonies. En effet, du côté de son père, la famille a choisi l’Afrique. Ugo Galfetti, avec son frère, a bâti sa fortune en Sierra Leone, à Rokupr  (près de Freetown), où il s’était installé. Ayant débuté dans le commerce de riz, de tissus et de machines, les frères Galfetti ont fini par contrôler la plupart des commerces de la ville, comme l’indique le seul livre existant sur cette histoire rocambolesque Remote Corners, A Sierra Leone Memoir, d’Harry Mitchell, paru chez Radcliffe Press en 2002. Mieux, la famille Galfetti s’est lancée dans le commerce de l’or. Ainsi le grand-père du Premier ministre socialiste, « une personne mythique » pour Manuel Valls, possédait-il, avec son frère Plinio, pas moins d’une dizaine de villas à Freetown, qu’ils abandonnèrent définitivement, chassés par l’indépendance du pays en 1961. Une histoire de colons classique, qui ressemble à celle des pieds-noirs d’Algérie. Cela n’a rien à voir avec « l’homme multiculturel » décrit par Valls.

 

Toute l’histoire de Valls, c’est cela, une réécriture de la véritable histoire. D’aucuns parleraient de révisionnisme.

 

Propos recueillis par Caroline Parmentier

 

Le vrai visage de Manuel Valls, Editions Facta.

En vente sur le site www. vraivisagemanuelvalls.com

ou à la Librairie Facta.

 

PS : Emmanuel Ratier est un journaliste d'extrême droite. Cela n'enlève rien au sérieux de son travail.

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