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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 11:11

Toujours pertinent, Philippe Marlière propose cette défense très argumentée de Gérard Filoche, attaqué de manière très petite, mais politiquement cohérente, par la Nomenklatura solférinienne.

 

 

Après une erreur d’arbitrage manifeste, John McEnroe avait pour habitude d’apostropher vivement l’inepte individu perché sur la chaise haute : « You can’t be serious ! » Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire intérimaire du Parti socialiste, vient de « déférer » devant la Haute autorité du parti Gérard Filoche, dirigeant socialiste et membre du Bureau national du PS. Cambadélis reproche à Filoche d’avoir tenu des propos « inqualifiables » et « intolérables » à l’encontre de Christophe de Margerie, le PDG du groupe Total, décédé accidentellement il y a quelques jours. « You can’t be serious, Camba »…

 

Les propos de Gérard Filoche sont qualifiables et s’ils sont intolérables à ceux qui gouvernent ou dirigent le parti, c’est parce que l’ex-inspecteur du travail a énoncé quelques vérités politiques qui dérangent. En d’autres termes, Valls, Cambadélis et les élus socialistes qui appellent aujourd’hui à purger le PS de son socialiste indésirable, sont en train de fabriquer de toute pièce un procès en sorcellerie de gauche. Accusé Filoche, levez-vous : le premier ministre et la direction du parti vous reprochent d’être socialiste, de penser, d’agir et de vous exprimer en tant que socialiste fidèle à ses idéaux socialistes ! En 2014, le PS juge ses dévoués dirigeants pour délit d’opinion de gauche.

Il faut relire ce tweet qui a mis ces dirigeants du PS en émoi et provoqué l’habituelle tempête dans un verre d’eau médiatique. Il n’insulte ni ne diffame, ni la mémoire, ni la personne privée de M. de Margerie. Ce message va à l’essentiel (normal, c’est un tweet) : il remarque ironiquement que l’oligarchie politique et économique du pays accuse le coup, et sous-entend que derrière les louanges particulièrement appuyées dont M. de Margerie a fait l’objet depuis l’annonce de sa mort, il y a la défense d’une entreprise, d’un système aux ramifications économiques et géopolitiques importantes.

 

 
Que reproche-t-on à Gérard Filoche ? D'être socialiste
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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 05:34
De la misère ordinaire (2)
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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 15:53

La réponse nous est brièvement donnée par ATTAC (source : Le Grand Soir)

 

Le « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en l’honneur d’Alfred Nobel », improprement appelé prix Nobel d’économie, vient d’être attribué au Français Jean Tirole. Alors qu’un déluge de commentaires élogieux en forme de « cocoricos » se propage dans les médias, Attac déplore ce choix qui s’inscrit dans la lignée des prix attribués à Hayek, Friedman et autres économistes néolibéraux en grande partie responsables de la crise actuelle.

 

Présenté comme « un des économistes les plus influents de notre époque » par la Banque de Suède, Jean Tirole est récompensé par « son analyse de la puissance des marchés » et ses recommandations en faveur d’une déréglementation dans les domaines de l’industrie, de la finance et du travail.

 

C’est ainsi que Jean Tirole, dont on peut penser que le nouveau ministre de l’économie Emmanuel Macron est un admirateur fervent, propose une réforme du marché du travail, dont l’une des mesures doit être d’alléger le code du travail et, en particulier, de supprimer les contrats à durée indéterminés (CDI).

 

 

Ce n’est pas tout : Jean Tirole est depuis longtemps un fervent partisan d’un marché mondial des permis d’émission de gaz à effet de serre. Le prix et la concurrence seraient ainsi les principaux instruments mobilisés pour limiter les émissions. Pourtant le marché européen du carbone est un échec retentissant en même temps qu’un nouveau théâtre de spéculation !

 

Dans le domaine de la finance, Tirole s’est illustré par une approche – fondée sur la théorie des jeux et de l’information – selon laquelle la stabilité des marchés peut être obtenue par la transparence de l’information et la concurrence sur les marchés.Ignorant le caractère fondamentalement instable des marchés, Jean Tirole a cautionné les politiques de dérégulation financière et encouragé les autorités de régulation à négliger la nécessité d’une régulation globale de la finance.


Le caractère global et systémique de la crise a montré qu’il s’agissait là d’une erreur tragique… démontrant par là le caractère inadapté et dangereux des analyses de Jean Tirole et du courant de pensée qu’il représente : un néolibéralisme dogmatique pour lequel la fonction économique essentielle de l’État est d’étendre la logique des marchés à l’ensemble des domaines de la vie sociale.

 

ATTAC
Communiqué 13 octobre 2014.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 05:18

J'ai bien dit “ ordinaire ”. J'ai donc exclu les images les plus choquantes. Je crois que, parfois, le presque banal est plus troublant que l'horrible. Parce que plus proche de nous.

 

Je commence par cette pietà indienne.

De la misère ordinaire (1)
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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 05:50

Dans le civil, Thierry Mandon est consultant en stratégie d’entreprise et gestion des ressources humaines. Si j’étais méchant, je dirais qu’il sauve des emplois (c'est ce qu'il dit à sa femme lorsqu'il rentre à la maison) lorsqu’un employeur prévoit de licencier 1 000 travailleurs et qu’il en préserve 50.

 

Actuellement, ThierryMandon est secrétaire d’Etat à la réforme de l’Etat et à la simplification. À ce titre, il est chargé de piloter une réforme d’importance : examiner de manière très minutieuse les missions des ministères. Certaines de ces missions « pourront être transférées au privé, d’autres au collectivités, au secteur de l’économie sociale, ou conservées par l’Etat mais gérées différemment. »

 

Encore une grande réforme solférinienne.

 

 

Après la RGPP de Sarkozy/fillon, Hollande et Valls ont décidé de faire le ménage, fortement encouragés par Bruxelles qui exige des coupes toujours plus importantes. Thierry Mandon ne cache pas que les budgets seront plus limités qu’à l’époque de la RGPP.

 

Un “ tabou ” (pour parler comme la droite dure) va sauter : certaines missions régaliennes de l’État (défense, police, justice) seront privatisées. Certaines missions guerrières seront sous-traitées, à l’exemple de ce qui se fait depuis plusieurs décennies aux États-Unis.

 

Ce ne sera pas facile : on a vu les résistances opposées à la privatisation du permis de conduire, à celle de la collecte de l’écotaxe.

 

 

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 06:02

“ Les mises en scène d’assassinats abjects dans des circonstances horribles par des psychopathes apolitiques ne peuvent, en aucun cas, servir de prétexte à des manipulations haineuses. ”

 

Je tire cette phrase d'un article très éclairant publié récemment par la Fondation Frantz-Fanon.

 

 

Les décapitations filmées d’otages occidentaux en Irak et d’un randonneur français en Algérie suscitent légitimement un sentiment d’horreur et une condamnation unanime et sans appel. Ces assassinats insensés ne peuvent être le fait que de criminels pervers au service d’une idéologie déviante. Ces mises en scène macabres viennent à la suite d’images tout aussi insoutenables montrant des exécutions de masse d’hommes désarmés. L’émotion produite par ce théâtre de la cruauté est cependant froidement manipulée par des médias et des relais politiques en Occident. La qualification sans cesse reprise de « barbaries », perpétrées par des « barbares », répond à la volonté de déshumaniser les auteurs de ces atrocités. Hors du limès de la Civilisation, ils ne relèvent plus du droit commun et ne sont plus passibles des lois ordinaires. Il s’agit pour la propagande blanche, conforme à ses usages établis et ses traditions éprouvées, de dénoncer l’irréductible barbarie de « l’autre » présenté comme totalité indistincte pour mieux soumettre ou exterminer, au-delà des criminels, toute une société. Ou comme dans les cas de l’Irak et de la Syrie de détruire des Etats.

Ces assassinats médiatiques sont représentés par les organes de propagande comme des actes irrationnels d’une radicale altérité, quasiment non-humaine. Mais bien davantage, des échelles du Levant à celles de Barbarie, ces atrocités seraient inhérentes à une sphère ethnico-religieuse, l’Islam, qui malgré des nuances langagières, reste intrinsèquement dangereuse, quasi-incompréhensible et systématiquement opposée à un Occident dont, par essence et définition, les valeurs humanistes sont définitivement supérieures à toutes les autres.

Dans un amalgame éhonté mais clairement assumé, les musulmans d’ici et d’ailleurs, suspectés de connivence « culturelle » avec les assassins, sont sommés par des policiers de la pensée de se désolidariser publiquement de ces crimes. Il leur est enjoint d’approuver la nouvelle guerre moyen-orientale de l’Occident et les bombardements « vengeurs » décidés par la Civilisation.

 

Lire la suite ici.

 

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 09:55

 

 

Je reprends in extenso un article du Grand Soir du 4 octobre 2014.

 

 

 

Un député vénézuélien et sa compagne assassinés
Un député vénézuélien et sa compagne assassinés
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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 05:47
Du “ foot business ” ou des paysans ?
Du “ foot business ” ou des paysans ?
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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 10:06

On prend désormais conscience, chaque jour davantage que le monde de la finance, le CAC 40 et ses équivalents dans les autres pays, ont déclaré la guerre aux peuples et aux États. Ce qui est arrivé à la Grèce peut survenir dans tout pays, à tout moment. L’« Europe », qui est gérée désormais officiellement par des banquiers, a écrit la partition de ces prédations présentes et à venir.

 

L’article 123 du Traité de Lisbonne stipule que : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales des instruments de leur dette est également interdite. »

 

En clair les états signataires s’interdisent de se financer directement à taux zéro – ou même à 1% – auprès de leur banque centrale ou de la BCE. Ils sont obligés de s’adresser aux banques privées qui leur proposent les taux qu’elles décident (3, 5 ou 10%) tout en se finançant actuellement elles mêmes à un taux quasi nul auprès de la BCE. Cette nouvelle donne a obligé notre pays a emprunter 1 300 milliards d’euros depuis 1980 pour rembourser les seuls intérêts de notre dette. Si cet article du Traité de Lisbonne n’avait pas existé, la dette publique de la France serait inférieure à ce qu’elle était en 1980. En novembre 2011, dans une réunion de militants socialistes, François Hollande répondait en vrai solférinien, c’est-à-dire de manière dilatoire et en ménageant la chèvre et le chou à la question de savoir s’il fallait supprimer cet article.

 

Cette situation dure en France depuis 1973.
Cette même année, notre pays privatise la création monétaire. Sous l’autorité du président Georges Pompidou, ancien fondé de pouvoir de la banque Rothschild, le ministre de l’Économie et des Finances, Valérie Giscard d’Estaing (fils d’un inspecteur des finances banquier) modifie les statuts de la Banque de France à qui il est désormais interdit de prêter à l’État. Cette modification est opérée par la loi ° 73-7 du 3 janvier 1973, dite « loi Rothschild »). En 2011, la France était endettée à hauteur de 1 700 milliards d’euros. Elle avait déjà payé plus de 1 400 milliards d’euros d’intérêts depuis quarante ans. Ses créanciers étant à 65% étrangers, en grande partie des banques privées et de gros clients des marchés financiers.

 

Cela dit, l'article 19 de la loi de 1973 autorise l'État à emprunter à la Banque de France, mais il empêche le Parlement de se saisir de cette initiative : « Les conditions dans lesquelles l'État peut obtenir de la Banque des avances et des prêts sont fixées par des conventions passées entre le ministre de l'Économie et des Finances et le gouverneur, autorisé par délibération du conseil général. Ces conventions doivent être approuvées par le Parlement. »

 

Les pays européens suivent l’exemple français en 1992. L’article 104 du Traité de Maastricht étend à toute l’Europe la règle française :

 

« Il est interdit à la BCE. et aux banques centrales des états membres, ci-après dénommées “ banques centrales nationales ” d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la BCE, ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

 

Cette pratique est constitutionnalisée par le Traité de Lisbonne qui reprend, à la virgule près, l’article 104 du Traité de Maastricht.

 

En 2005, 53% du peuple français rejettent par référendum le Traité constitutionnel européen et ses dispositions, donc, entre autres, l’article 123. En 2008, le président de la République française, Nicolas Sarkozy fait voter par les deux chambres réunies en Congrès un traité « simplifié » qui bafoue le résultat de 2005. La droite, le centre et les Solfériniens votent selon les vœux de Sarkozy.

 

Le schéma ci-dessous montre que l’État doit pour la période du 1er janvier 1976 au 31 décembre 2006, 0,5 milliard au titre du capital et 1142, 2 milliards au titre des intérêts cumulés de la dette. Des intérêts qui engendrent de nouveaux intérêts.

Il n’y a dette publique que parce que les banquiers en ont décidé ainsi

99,95% de la dette représentent les intérêts cumulés depuis 1976. Si notre pays avait pu se financer à des taux situés entre 0 et 1%, sa dette serait totalement négligeable.

 

La politique monétaire des pays européens (qui ne peuvent plus battre monnaie) est donc décidée par les banques privées, dont beaucoup ne sont pas européennes.

 

Tout est désormais verrouillé. Les dirigeants n’ont plus aucune marge de manœuvre en matière économique et financière. Les citoyens n’ont plus aucun droit de regard, ne peuvent plus exercer le moindre choix quat à leurs conditions de vie individuelles et collectives.

 

 

 

 

PS : Benat, un correspondant, m'envoit les précisions suivantes :

 

 

L'origine de la loi de janvier 1973 se retrouve en 1913 aux Etats-Unis.
(Le tandem Pompidou-Giscard a dû attendre le décès du Général De Gaulle pour opérer).


(Extraits)


4 mars : début de la présidence américaine démocrate de Thomas W. Wilson (fin en 1921).


14 mai : création de la Fondation Rockefeller


23 décembre : Federal Reserve Act. Instauration du Système fédéral de Réserve, contrôlant l’ensemble du système bancaire.
La loi vise à rendre plus élastique l’émission de monnaie par la création de douze banques fédérales de réserve et laisse, sous contrôle fédéral, les activités bancaires aux mains des intérêts privés. Les banques nationales sont autorisées à créer des filiales à l’étranger pour concurrencer le Royaume-Uni.


(les « Démocrates » avec Wilson (1913-1921) qui supprime les barrières douanières.)


Un peu d'histoire.


Et aussi.


Le témoignage d'Aaron Russo.


Son documentaire (Freedom to fascism) :


Pour mémoire, l'ultra libéralisme de Pompidou en juin 1967.
 

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 05:35

François Asselineau, président de l'Union Populaire Républicaine, démontre par A + B qu'un changement de politique est statutairement, consubstantiellement, impossible en Europe. Contrairement à ce que postule, par exemple, Jean-Luc Mélenchon.

 

Asselineau fut (est ?) un proche de Charles Pasqua. On pourrait lui suggérer de mettre en équation le rapport entre les peines encourues par Pasqua suite à ses mises en examen et les peines dont il a effectivement écopé.

 

Je rappelle à cette occasion la démonstration mathématique que j’ai faite récemment dans ma conférence sur « les 10 raisons de sortir de l’UE »  (à partir de 4’30’’).

Je rappelle que, pour « changer d’Europe », il faudrait modifier de fond en comble les traités (supprimer par exemple l’article 63 du TFUE pour empêcher les délocalisations).

Dans ces conditions, il est fondamental de calculer la probabilité statistique d’avoir 27 États d’accord au même moment sur un « changement d’Europe » radical.

Si l'on postule – pour simplifier - que, la probabilité que les électeurs élisent une majorité de gauche social-démocrate est de 50% dans chaque État de l’UE (et qu’elle est de 50% pour choisir une majorité de droite libérale), alors, la probabilité que les 27 États de l’Union européenne aient une politique unanime pour changer les traités européens dans un sens « de gauche social démocrate » est donc actuellement de (0,5) 27   =  0, 75 x 10-8 

Soit l’équivalent de 6 heures tous les 100.000 ans…. Autant dire rien.

Et encore cette estimation est-elle largement surévaluée puisqu’elle fait abstraction des divergences d’intérêts nationaux entre les 27 États, divergences qui font que les partis sociaux-démocrates (de type PS français, SPD allemand, PSOE espagnol, Labour britannique, etc.) sont très loin d’avoir les mêmes programmes !

Et si l'on postule, maintenant, que, la probabilité que les électeurs élisent une majorité de type « Front de gauche » est de 15 % dans chaque État de l’UE (ce qui est un taux très largement surestimé), alors, la probabilité que les 27 États de l’Union européenne aient une politique unanime pour changer les traités européens dans le sens voulu par le « Front de gauche » français est donc actuellement de (0,15) 27  = 5,685 10-23 = 0,000 000 000 000 000 000 005 685 chances sur 100.

Soit l’équivalent probabiliste de 1,8 seconde tous les 10 trillions d’années (10 milliards de milliards d’années).

Changer l'Europe : une impossibilité mathématique
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